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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Salon des Vins de Loire, 30è édition, Parc-Expo-Angers, L’arrivée

6 Février 2016, 10:14am

Publié par Elisabeth Poulain

Salon des Vins 2016-Parc-Expo-Angers-Arrivée-matin-2016-02-01. Cl. Elisabeth Poulain Salon des Vins 2016-Parc-Expo-Angers-Arrivée-matin-2016-02-01. Cl. Elisabeth Poulain Salon des Vins 2016-Parc-Expo-Angers-Arrivée-matin-2016-02-01. Cl. Elisabeth Poulain

Salon des Vins 2016-Parc-Expo-Angers-Arrivée-matin-2016-02-01. Cl. Elisabeth Poulain

Chaque année à Angers, tel un rite, on se prépare pour être avant l’heure, au Parc des Expositions, toujours avant l’ouverture, pour se mettre dans l’ambiance. Aller rencontrer des vignerons, revoir ceux qu’on a plaisir à retrouver, bon pied, bon œil, sans objectif particulier, si ce n’est de humer l’air du temps perçu à travers le prisme du salon, toujours avec un petit coup au cœur, sans jamais de nostalgie. J’ai en effet commencé à arpenter les allées du Parc-Expo à sa seconde édition, avec mes étudiants, lui qui en est aujourd’hui à son 30è millésime.

Ce salon des vins s’est agrandi au fil des ans, avec à chaque édition des changements grands et petits, voulus ou involontaires, à effets immédiats ou plus lointains, perceptibles parfois, invisibles le plus souvent et qui pourtant ensemble donnent à chaque année une tonalité différente, dégageant des vibrations qui, connectées entre elles, conférent des atmosphères particulières. Un salon des vins est un monde extrêmement concentré et tonique, qui tourne sur lui-même, pour promouvoir, dans notre cas, les vins de Loire - d’autres vins aussi, d’autres boissons…- et ceux qui les font, sans lesquels il ne saurait y avoir de vin.

Chaque millésime dynamise également, en synergie le territoire sur lequel il est implanté, en liaison aussi avec tous les autres évènements du monde du vin qui se sont amarrés au fil du temps, et au risque de l’alourdir, à ce navire-amiral qu’est le Salon des Vins de Loire. Et quand on joue ainsi à un jeu de billard à un nombre impressionnant et inconnu de boules, il faudrait pas moins qu’une équipe interdisciplinaire et interculturelle d’ethnologues, d’archéologues, de sociologues et de spécialistes de gestion de systèmes… pour arriver à caractériser ce qu’est un grand salon des vins.
 

SDVL2016-Vestiaire-JeunesFemmes-Libre Dégustation-Marc Massot-Sommelier-Ligers d'Or-Cl. Elisabeth PoulainSDVL2016-Vestiaire-JeunesFemmes-Libre Dégustation-Marc Massot-Sommelier-Ligers d'Or-Cl. Elisabeth PoulainSDVL2016-Vestiaire-JeunesFemmes-Libre Dégustation-Marc Massot-Sommelier-Ligers d'Or-Cl. Elisabeth Poulain

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Arriver à l’avance est aussi une façon de saluer le lever du jour dans un lieu qui a gardé ses caractéristiques de zone industrielle, située comme toujours en marge du territoire de la ville. Avec aussi et encore des parcelles de territoire appartenant au Parc-Expo qui ne sont toujours pas fini d’aménagement. Je vise en particulier le parking n°1, situé de l’autre côté de la route de Paris et qui permet d’accéder grâce à un souterrain à la grande verrière qui forme l'entrée officielle des bâtiments. C’est par là que l’on peut accéder à Amphitéa 4000 –le nom de la salle polyvalente située en arrière de la verrière- toutes deux œuvres de l’architecte Frédéric Rolland.

L’ouverture a été marquée ce matin-là par un fin crachin intermittent qu’on aurait dit venant de Bretagne, avec un bon vent d’Ouest pour faire bonne mesure. Et l’entrée dans le salon lui-même s’est faite sans attente particulière, avec un contrôle des sacs pour cause de Vigipirate. Arriver parmi les premiers est un plaisir de connaisseur qui se déguste comme tel, tout comme le fait de reconnaître chaque année parmi les quatre jeunes femmes du vestiaire, Mélanie, la « chef » qui connait tout du métier, et que j’ai plaisir à retrouver depuis les débuts du salon.

A peine entrée dans Amphitéa, on commence à remarquer ce qui a changé par rapport à l’année précédente, avec très vite des successions de flashs visuels plus anciens qui vont se superposer les uns devant les autres au gré de la mémoire et sans qu’on le cherche. Il n’y a plus de "Bienvenue" collée en gros caractères par terre. Dommage ! Mon premier regard est toujours attiré par le côté gauche, qui s’ouvre sur les stands. Mais cette fois-ci, la première personne avec laquelle je vais parler est en partie droite dans l’espace de Libre Dégustation. C’est Marc Massot, un sommelier, très actif dans le concours des Ligers qui a eu lieu le week-end précédent l’ouverture du salon. Un concours qui a beaucoup d’importance en Loire. Tous les participants attendent la parution du journal le lendemain, avec tous les résultats.

A droite, de longues tablées revêtues de papier blanc présentent les bouteilles à la dégustation, avec une localisation particulière pour les vins primés au concours des Ligers. C’est là qu’œuvre Marc Massot qui s’occupe du service des palettes des bouteilles des vins pétillants au concours des Ligers qui a eu lieu la veille. Le concours des Ligers est une opération lourde qui globalise plus de 7 000 échantillons. « Je viens en particulier pour assurer le service de la centaine des Ligers d’Or. Cela fait 20 ans que je mène ces différentes missions. Je participais à la formation des élèves sommeliers à l’Union de la Sommellerie France-Région Val de Loire ».

 

SDVL2016-Collégiale des Domaines de Loire-Isabelle-Charrier-Solex-Do. de Pied Flond-Cl. Elisabeth PoulainSDVL2016-Collégiale des Domaines de Loire-Isabelle-Charrier-Solex-Do. de Pied Flond-Cl. Elisabeth PoulainSDVL2016-Collégiale des Domaines de Loire-Isabelle-Charrier-Solex-Do. de Pied Flond-Cl. Elisabeth Poulain

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Et très vite commence pour moi le repérage des exposants, les vignerons à ancrage lourd dans la constitution de ce qui fait la renommée des vins de Loire. Beaucoup de négociants ne sont plus là. Parmi les vignerons présents, certains occupent, si non la même place du moins le même coin et cela depuis des années. D’autres ont changé de style de stand, de lieu d’ancrage du stand, de voisins, mais pas tous. Et c’est ça aussi l’intéressant. Certains n’ont pas bougé. Il existe heureusement des points de repère et un bon nombre de visages connus.

C’est par La Collégiale des Domaines de Loire, avec Isabelle Charrier, la responsable export Europe (à gauche sur le photo) que commencent mes rencontres intra-salon. Elle est un des piliers forts de ce groupement de plus d’une cinquantaine de producteurs de vins ligériens, crée en 1988 au Puy Notre-Dame à une vingtaine de kilomètres au sud de Saumur. « Je travaille essentiellement avec des clients allemands et belges qui sont très présents et de bons connaisseurs des vins de Loire. Ils constituent le noyau fidèle de nos acheteurs étrangers. Globalement ici en Loire, la dimension export semble diminuer légèrement. Je voyais plus d’importateurs nouveaux il y a quelques années et cette impression semble générale. Prowein prend de plus en plus d’importance. Elise Dumoulin, mon assistante qui s’occupe du Grand Export, en particulier du marché nord-américain, constate toujours le poids des différences culturelles à l’égard du vin dans ces pays qui n’en avaient pas la culture. » Le partage de la culture française du vin continue aussi à se diffuser, lentement.

Une des raisons actuelle de la lenteur semble provenir de l’abondance de l’offre étrangère qui va de pair avec une curiosité accrue pour d’autres vins dans une optique de plus d’ouverture vers d’autres cultures du vin. A part La Collégiale des Domaines de Loire et Luc Bizard d’Epiré – Savennières - que j’ai vu d’ailleurs juste après, ceux que j’ai rencontrés sur le salon ne m’ont pas spontanément cité l'export.

On ne parle plus de l’export, comme si ce n’était plus une démarche différente de la vente en France. Les professionnels vont maintenant plutôt parler de leurs clients étrangers, les clients, sans adjectifs particuliers, désignant ceux qui sont en France. Le CFCE (Centre Français du Commerce Extérieur) est parti du salon depuis longtemps et les conférences sur les marchés étrangers ont cessé. Elles avaient lancé avec succès le cycle des formations pendant la durée du Salon. L’accès à l’information sur les marchés hors de France se fait maintenant autrement par contacts directs, présences sur des salons étrangers pour tester la demande et/ou trouver un importateur et par le numérique qui complète des déplacements dédiés.

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Luc Bizard et son maître de chai du Château d’Epiré, implanté en noble terre de Savennières, sont toujours présents au même endroit, dans la grande allée K à Amphitéa dans le fond. « J’exporte depuis toujours, ça tourne autour de 40%, un chiffre en augmentation. » me dit-il en me parlant de son année. Il est vrai que Savennières, n’est certainement pas une appellation comme une autre. Tout le monde en est bien d’accord.

D’autres au contraire ont muté et repris leur liberté hors d’un groupement d’exposants partageant un stand commun, où chacun avait son individualité. Il en va ainsi de Florent Baumard de Rochefort sur Loire qui a quitté le Grand Palais et que l’on retrouve à Amphitéa dans l’allée I, cette fois-ci dans un stand individuel.

Au coin de la Salle Amphitéa, juste avant de pénétrer dans le hall de liaison avec le Grand Palais, on retrouve comme chaque année le stand d’angle du Château de Moncontour avec Gilles Feray aux commandes pour les vins de Vouvray et de Touraine. Ce lundi matin à l’ouverture, le boss tient sa réunion hebdomadaire avec son équipe étoffée de commerciaux. Quatre autres domaines-châteaux font en effet partie des propriétés de la famille. Citons outre celui de Montcontour, le Château du Coudray Montpensier en AOC Chinon, le Château de Montfort en AOC Vouvray. Deux autres domaines complètent les vignes, celles du Domaine de Vaugondry et celles du Domaine du Petit Côteau.

SDVL-2016-Pascal Preys-vigneron-Jean-Jacques-Dutrieux-tailleur-pierre à silex-Meusnes, Cl. Elisabeth Poulain. SDVL-2016-Pascal Preys-vigneron-Jean-Jacques-Dutrieux-tailleur-pierre à silex-Meusnes, Cl. Elisabeth Poulain.
SDVL-2016-Pascal Preys-vigneron-Jean-Jacques-Dutrieux-tailleur-pierre à silex-Meusnes, Cl. Elisabeth Poulain. SDVL-2016-Pascal Preys-vigneron-Jean-Jacques-Dutrieux-tailleur-pierre à silex-Meusnes, Cl. Elisabeth Poulain.

SDVL-2016-Pascal Preys-vigneron-Jean-Jacques-Dutrieux-tailleur-pierre à silex-Meusnes, Cl. Elisabeth Poulain.

En diagonale, en face se trouve Jacky Preys, « un vigneron de père en fils depuis cinq générations, spécialiste de vins de Touraine » comme il se définit lui-même. Il est à ce point vigneron ligérien du Salon des Vins de Loire qu’il ne pourrait même pas envisager de quitter « son » coin de salon, celui qui sent l’odeur du si bon silex de Meusnes, en plus des arômes de ses vins dont l'un porte le nom de "Silex, l'odeur de la pierre à fusil". Il est bien le seul vigneron au monde à emmener avec lui, à chaque millésime du Salon des Vins de Loire, celui qui est devenu vraiment un ami, non pas vigneron, mais tailleur de silex, habitant Meusnes également. Là où se situe un des deux plus beaux gisements au monde de silex blond, le plus fin pour la pierre à fusil… Ce village de 1000 habitants environ est devenu ainsi la capitale mondiale de la pierre à fusil.

Meusnes est en effet le seul village français à posséder en plus, parmi ses habitants, les deux tailleurs de silex, Jean-Jacques Dutrieux et le compagnon qu’il a formé à cet art. Autant Jacky Preys est un Tourangeau proche de la terre de Touraine, que sa famille travaille depuis 5 générations, ancré dans la terre, fier de ses vins et fidèle au Salon des Vins de Loire, autant Jean-Jacques Dutrieux est un passionné de la pierre à fusil. Il a la pleine maîtrise de l’art de tailler des pierres à fusil, celles par exemple qu’utilisaient les Insurgés lors de Guerre d’Indépendance aux Etats-Unis, que des bateaux français approvisionnaient directement. Il adore positivement tout autant former son auditoire. Et c’est à chaque fois avec un grand plaisir que je vais l’écouter et que j’en apprends un peu plus sur la fascinante histoire de la pierre à fusil, même si cette fois-ci c’est un superbe pistolet du XVIIIe siècle que j’ai tenu en main. Une vraie merveille…même pour quelqu'un qui ne connaît rien dans ces belles pièces de musée.

En face en diagonale, se situe un stand carré, avec sa colonne érigée à quatre faces qui permettent en particulier de faire sur un côté la promotion du Domaine de la Barbinière gérée par la Famille Orion en AOC Fiefs Vendéens. Philippe le père est maintenant assisté par ses deux fils, Vincent et Alban. Actuellement en conversion en agriculture biologique, ils sont aussi des habitués du Salon, particulièrement dans cette partie d’Amphitéa. Avec Philippe Orion, nous avons parlé de la nécessaire solidité de l’ancrage dans le domaine et le temps, jointe à la ténacité et la soupplesse  indispensables à  l’adaptation, surtout en des temps où le changement fuse de partout, sans qu’on puisse prévoir où il va impacter les choses et les gens, ni de quelles façon.

 

Pour suivre le chemin

. Le Parc des Expositions d’Angers sur http://www.angers-expo-congres.com/media/plan_parc_expo_2015_bd__064482300_1622_18122014.pdf  

. L’architecte Frédéric Rolland, en ses bureaux de Paris, Angers et Pékin, qui a conçu la salle Amphitéa en 1991, son agrandissement et sa refonte en 1998, au parc-expo d’Angers http://www.frederic-rolland.com/index2.htm  

.La  Collégiale des Domaines de Loire, Isabelle Charrier sur www.collegialedomainedeloire.com  

. Luc Bizard, Château d’Epiré, Chais, www.chateau-epire.com  avec son nouveau beau site et de très belles photos, dont une en particulier avec un lièvre surpris dans les vignes…

. Florent Baumard, Domaine des Baumard, Rochefort sur Loire sur http://www.baumard.fr/

. Gilles Feray, Château de Montcontour https://www.facebook.com/chateau.moncontour avec une photo étonnante de la logistique induite par le Concours des Ligers au regard du nombre de bouteilles.

.Pascal et Jacky Preys, 41130 Meusnes dont certains millésimes sont sélectionnés en particulier par le Guide Hachette, http://www.hachette-vins.com/recherche/Pascal%2520et%2520Jacky%2520Preys%2520/all/  

. Jean-Jacques Dutrieux, tailleur de silex et conservateur du Musée de la Pierre à fusil, à Meusnes, à voir sur http://www.elisabethpoulain.com/article-jean-jacques-dutrieux-tailleur-de-silex-conservateur-de-musee-54388628.html  

. Domaine de la Barbinière, Famille Orion, AOC Fiefs vendéens, Chantonnay http://domainedelabarbiniere.jimdo.com/  

. Photos Elisabeth Poulain

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«Régate à Argenteuil» par Monet, 1872 & l’exercice en gouache, 2000

3 Février 2016, 18:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

Comme pour beaucoup d’œuvres peintes de Claude Monet, les voir une fois, c’est les garder à vie imprimées quelque part dans la rétine. Il est vrai que ces paysages du bien vivre de la seconde moitié du XIXe continuent à former et à structurer nos façons de voir les paysages de loisirs dans une nature qui semble expressément conçue à cet effet. C’est tout particulièrement le cas de la Seine et des loisirs nautiques sous l’influence anglaise tout particulièrement en amont de Paris à Argenteuil.  

Claude Monet, Régates à Argenteuil, 1872, Musée d'Orsay, wikipedia

Claude Monet, Régates à Argenteuil, 1872, Musée d'Orsay, wikipedia

La toile de Claude Monet (48 sur 75cm). Elle est un magnifique symbole de l’art de vivre au milieu de la seconde moitié du XIXe siècle, en 1872. Argenteuil à l’époque représentait un bon exemple de la douceur de l’appel de l’eau et de l’art de naviguer sur la Seine, avec son voilier. Des maisons transformées en résidences de loisirs avaient vue sur la Seine et accès direct à l’eau, sans même qu’on puisse voir un sentier qui aurait permis à des promeneurs de jouir de ces scènes de vie si paisibles. A gauche, sur l’eau, on peut voir trois voiliers cherchant le vent pour revenir vers la berge, un autre à la coque verte ayant affalé ses voiles près du bord, sur la berge deux maisons de couleur ocre rouge brisent ces tonalités vertes du coteau, avec trois arbres qui donnent de la hauteur. Tout le reste est occupé par du bleu, un peu plus pâle pour le ciel, plus accentué par des vagues pour l’eau qui reflète des couleurs et notamment celles des maisons. On peut lire distinctement la signature Claude Monet en bas à droite avec des lettres inclinées dans l’autre sens.

Collection Emmaüs, Voiliers sur l'eau, au bord de la rive, gouache signée, Lili, Cl. Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, Voiliers sur l'eau, au bord de la rive, gouache signée, Lili, Cl. Elisabeth Poulain

L’exercice en gouache sur papier 16,9 sur 22cm. La peinture est collée sur un papier blanc d’un grammage un peu plus fort entourée d’un petit cadre blanc. La composition cette fois-ci est signée Lili écrit aussi en lettres inclinées vers l'arrière, dans le coin en bas à droite. On retrouve quasiment la même composition de la toile, avec moins d’éléments. On aperçoit deux voiliers et la coque blanche d’une barque avec semble-t-il un mat jaune. Les deux maisons sont également là avec leurs reflets dans l’eau. Les trois arbres sont également présents. Le travail a dû être fait rapidement, en s’inspirant de la toile du maître plutôt qu’en cherchant à copier fidèlement. La distinction entre le ciel et l’eau est moins prononcée, les reflets ocre-rouges et jaunes sont plus forts. Le tout fait une petite peinture réussie, bien qu’elle soit presque certainement un travail fait dans un atelier de peinture sous l’autorité d’un formateur. C’est la seule explication que j’ai pu trouver. L’autre hypothèse est tout simplement que Lili ait voulu refaire à sa façon sa propre régate à Argenteuil. Cette petite œuvre fait partie de la série « Collection Emmaüs ».

                                                                           *

Pour suivre le chemin 

. Claude Monet, Régate à Argenteuil, 1872, Musée d’Orsay, York Project https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Claude_Monet_042.jpg  https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gates_%C3%A0_Argenteuil  

. Claude Monet (1840-1926) sur https://en.wikipedia.org/wiki/Claude_Monet  

. Argenteuil https://fr.wikipedia.org/wiki/Argenteuil_%28Val-d'Oise%29  qui compte aujourd’hui plus de 100 000 habitants

. Collection Emmaüs à retrouver sur ce blog.

. Photo Elisabeth Poulain

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Des iris en fleur pour du Champagne Vranken, des cigarettes fines Iris

31 Janvier 2016, 10:15am

Publié par Elisabeth Poulain

Champagne-Vranken-Demoiselle-sweet-Les iris-détail-Cl. Elisabeth Poulain

Champagne-Vranken-Demoiselle-sweet-Les iris-détail-Cl. Elisabeth Poulain

L’iris serait-elle une fleur que vous pourriez associer spontanément à du vin de Champagne Vranken ou à des « Super Slim » de marque Iris, dont les paquets  curieusement ne portent pas le nom de cigarettes? Au contraire de la mention Super Slim qui était très bien mis en valeur. Mais revenons à la question, pour moi c’est clairement non. L’iris est une fleur peu utilisée dans la publicité proprement dite, contrairement à la rose qui est véritablement une star dans le monde des femmes et pas seulement pour la publicité.  Alors pourquoi, car il y a forcément une raison ?   

Champagne-Vranken-Demoiselle-sweet-Les iris-Cl. Elisabeth Poulain

Champagne-Vranken-Demoiselle-sweet-Les iris-Cl. Elisabeth Poulain

. Le cas du Champagne Vranken. Il est associé à l’iris pour la cuvée Demoiselle. Une des raisons pourrait être que cette fleur, qui a beaucoup de tenue, pourrait être associée à la jeune fille, contrairement à la rose qui ne peut être offerte qu’à la femme. La difficulté du binôme est que, contrairement à la rose, la fleur d’iris ne dégage pas de parfum particulier. Quand on vise, en parfumerie, le parfum de l’iris, c’est celui de l’irone qui est contenu dans le rhizome de l’iris, qui n’a franchement rien de séduisant à montrer visuellement. Les fleurs, ce sont autre chose.

Ces tiges d’iris exprimées en relief rehaussé en doré présentent l’intérêt de densifier l’espace du carton de présentation en lui donnant une structure dynamique. Un petit rectangle en bas au milieu fait le lien avec la marque et sa localisation « Champagne, Demoiselle, Vranken, Reims, France » figurant en lettres blanches en relief. C’est Demoiselle qui ressort en plus grand parmi ces cinq composantes. Demoiselle qui figure aussi en caractères argentés pour accompagner cette fois-ci en partie droite les fleurs d’iris en caractères d’or qui occupent un peu plus de l’espace restant une fois la colonne de Demoiselle de la partie droite. Il reste un dernier mot tout en haut du carton de deux bouteilles, en blanc aussi, c'est Sweet.

Super Slim Iris, Seita, Radom, Pologne, Cl. Elisabeth Poulain

Super Slim Iris, Seita, Radom, Pologne, Cl. Elisabeth Poulain

. Les Super Slim Iris. Ce sont des cigarettes très fines et longues qui tiennent dans une boite qui mesure 10,2cm sur 5,6cm en largeur et un peu moins de 1cm en épaisseur. Elles étaient produites par la SEITA, en Pologne où la grande entreprise française avait racheté en 1995 l’entreprise polonaise de cigarettes ZPT Radom dans une tentative d’externalisation de la production ainsi que d’implantation dans un pays d’Europe de l’Est. Le choix de la fleur d’iris très visible en trois teintes rose, rouge rosé et violet, entourées d’or répondait clairement à la volonté d’attirer les femmes avec des paquets de cigarettes moins volumineux et plus longs à mettre dans leur sac, sans que soit prononcé le nom de cigarette. C’était une façon de montrer la différence, comme il existait aussi des poudriers avec des fleurs, et cela au temps  où les dames se retiraient entre elles pour se remettre de la poudre sur le nez… ! Peut-être en profitaient-elles pour fumer une Iris parce qu’il y en avait aussi des mentholées. Ces iris-là étaient de couleur turquoise bordée d’argent. Ces paquets ont dû être achetés fin 1999 ou au début des années 2000, à Prague vraisemblablement. Depuis, elles sont restées telles qu’elles et vont maintenant enfin pouvoir partir dans un autre univers …Remarquons que la couleur turquoise va bien au teint féminin. C'est l'autre point en commun entre les deux packagings.

. Quant au choix de l’iris, une raison tient vraisemblablement dans le lien avec le célèbre tableau de Vincent Van Gogh qui a fait de l’iris une des fleurs les plus célèbres du monde. Et ceci depuis 1889 la date à laquelle le peintre a réalisé ce tableau. C’est une hypothèse, l’autre étant que la fleur de lys, qui est un des signes de la royauté française au cours de l’histoire, est en fait un iris. Un clin d’œil pour jouer de la confusion volontaire entre le lys et l’iris, cette fois-ci franchement en donnant ses lettres de noblesse à l’iris au profit d’un Champagne Demoiselle Sweet et d’Iris Super Slim.

Vincent-van-Gogh-Iris-1889-Getty-Center-wikipedia, Elisabeth Poulain

Vincent-van-Gogh-Iris-1889-Getty-Center-wikipedia, Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Retrouver Vranken Demoiselle Sweet, sur http://www.champagnevranken.com/fr/  et sur http://www.vrankenpommery.com/fr/  

. Iris violette, chez tous les producteurs d’iris et dans toutes les jardineries . Iris rouge http://www.meillandrichardier.com/iris-a-grandes-fleurs-spartan.html  . Iris rose http://www.meillandrichardier.com/les-8-iris-a-grandes-fleurs.html  

. Le constituant odorant, l’irone, du rhizome de l’iris à retrouver dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Irone  

. Voir le portail des odeurs, senteurs et parfums … sur wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Odeurs,_senteurs_et_parfum  

. Lire l’histoire mouvementée de la fin de la SEITA sur http://www.force-ouvriere.fr/FO-FGTA-Magazine-Seita-La-peau-de  un bon article d’Alexandre Rault en date du 02.07.2014, qui permet de mieux comprendre la brutalité du déclin de l’industrie de la cigarette française.

. Vous rafraîchir l’œil avec https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_van_Gogh  

. Photos Elisabeth Poulain, wikipedia pour Les iris de Vincent van Gogh, Getty Center 

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Le bestiaire de la pub > Carpy > Le bull-dog anglais de Citotel 2012

29 Janvier 2016, 10:17am

Publié par Elisabeth Poulain

Pub Citotel-TGV Mag 2012-le bull-dog anglais "Carpy". Cl1/2. Elisabeth Poulain

Pub Citotel-TGV Mag 2012-le bull-dog anglais "Carpy". Cl1/2. Elisabeth Poulain

Ce visuel publicitaire, qui date de 2012, est paru dans « TGV magazine, un bi-mestriel conçu à l’intention de ceux qui empruntent le TGV, où les passagers anglais sont nombreux. Carpy est le petit nom que je lui ai donné.

Citotel était alors un groupe de 220 hôtels « Toujours le même…concernait l’Hôtel, le Lit, le Petit Déjeuner, l’Accueil et le Mobilier… » La suite du texte précise que pour vous qui aime la diversité, les bonnes surprises et un accueil personnalisé »… c’est Citotel qu’il vous faut en vous souhaitant la bienvenue.

Pub Citotel-TGV Mag 2012-le bull-dog anglais "Carpy". Cl2/2. Elisabeth Poulain

Pub Citotel-TGV Mag 2012-le bull-dog anglais "Carpy". Cl2/2. Elisabeth Poulain

Le héros est d’abord et surtout le chien, un jeune bull-dog anglais qui fait des plis partout quand il est couché par terre. Son prénom est « Toujours le même » en français dans le texte. Son petit nom, quand il vous sourit, est « Carpy ». Vous comprendrez après pourquoi. C’est lui qui vous accueille, avec son charme fabuleux et son grand sourire intériorisé, qui joue la carpette pour vous seul. Il est encore tout jeune. Là pour vous seul, en vous faisant un gros clin d’œil intériorisé, il arrive à se plaquer au sol pour figurer une carpette, un tapis, pour vous seul. Et tous les deux, du coup vous éclatez de rire, Carpy et vous….

                                                                              *

Pour suivre le chemin

. Retrouver le bull-dog anglais sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Bulldog_anglais  

. TGV Magazine, juillet-août 2012, en page 53

. Citotel, groupe hôtelier réunissant maintenant 300 hôtels en France et dans le reste de l’Europe, à voir sur http://www.citotel.net/  que vous pouvez aussi retrouver sur https://www.facebook.com/hotelcitotel  avec Carpy en petit cliché sur la gauche de l’écran…

. Cliché Elisabeth Poulain

 

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L'assemblage des couleurs > Conran Shop > entre Art, Pub, Com & Info

27 Janvier 2016, 17:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Sac-papier-Conran-Shop-Paris-couleurs-formes-face-avant-Cl1/3. Elisabeth Poulain

Sac-papier-Conran-Shop-Paris-couleurs-formes-face-avant-Cl1/3. Elisabeth Poulain

Sous vos yeux, vous voyez deux sacs papier qui datent d’une dizaine d’années. Ils sont identiques à l’exception de leur taille. Il y en a un grand et l’autre est forcément petit. Aucun signe ne signale au passant qu’il s’agit d’un sac publicitaire d’une singulière réussite. Il faut regarder un des deux côtés noirs identiques pour connaître la marque. Il s’agit de Conran Shop, qui donne son adresse, www.conranshop.com et le nom des capitales dans lesquelles la chaîne possédait alors un magasin, London, Paris, New York, Tokyo, Fukuoka écrits en caractères blancs.     

Et d’abord pourquoi vouloir absolument distinguer la publicité de l’art ? Parce qu’en France tout particulièrement, mais pas seulement, si l’art est « noble » par essence, la publicité dans son acceptation infériorisée (vue comme un mal nécessaire pour les non-éduqués)  ne l’est pas. Disons que dans le meilleur des cas, on peut relever une sous-catégorie de « publicité créative » pour bien mettre en valeur la dimension de la création. On parle aussi de publicité artistique, pour dire qu’elle a quelque chose que la publicité pure n’aurait pas.

Dire au contraire qu’on travaille dans la communication, la « com » pour montrer qu’on fait partie de cet univers, c’est autre chose. Celle-ci possède une dimension universelle, dans un monde qui adopte de plus en plus des codes sinon identiques, du moins proches du fait en particulier de l’influence  du numérique. La communication prend désormais le pas clairement sur la publicité propre à chaque territoire, pays ou groupes de pays.  Disons que la communication est si étroitement liée à la culture qu’elle n’exige plus de s’en différencier parce que « tout leur font ventre », l’une comme l’autre. Il arrive très vite en effet le moment où faire de la publicité devient réservé à des ventes exceptionnelles, pour désengorger les stocks.  La publicité relève alors clairement de l’univers marchand, qui ne figure pas en France au Panthéon des métiers, sauf s’il s’agit d’art justement.     

Quant à l’art, les frontières qui le séparent  de la communication, sont devenues si floues qu’il est permis de se poser la question de la nécessité de la différenciation.  L’art peut être un moyen de communiquer, en particulier pour attirer des clients saturés qui veulent du nouveau, autrement…Et l’art a besoin de se vendre pour pouvoir continuer l’aventure. La communication de son côté sait tout utiliser pour se démarquer de la concurrence, en particulier aussi l’information et l’art...

Sac-papier-Conran-Shop-Paris-couleurs-formes-face-avant-Cl2/3. Elisabeth Poulain

Sac-papier-Conran-Shop-Paris-couleurs-formes-face-avant-Cl2/3. Elisabeth Poulain

Distinguer l’info de la com au sens large relève aussi des premières problématiques posées aux étudiants en école de journalisme. Notre époque n’en est pourtant pas à ses balbutiements en matière de communication. Pourtant certaines marques savent mieux que d’autres créer de la valeur, faire de la vraie création d’art pour en faire des symboles d’une marque, Conran Shop en l’occurrence. Celle-ci associe des C de Conran multiples et variés en couleurs différenciées, dans une association chromatique franchement réussie et présentée chaque face à sa façon.

. La face avant aux multiples C imbriquées est très riche de couleurs et aussi très réussie dans sa complexité. C’est un exemple fort d’art numérique qui joue sur les formes et les imbrications de couleurs. Citons deux bleus, un rose rouge, un violet, un vert, en arrondi ou en complément d’arrondi, avec aussi du blanc et du noir, avec des points complémentaires ou en rayures. Rien n’est simple, au sens où à part les morceaux de C, tout est complexité et réussite. C’est la face « luxuriance » de la marque.

. La face arrière possède un seul C composé de plusieurs couleurs sur fond bleu, avec du bleu plus tendre, du vert, des bandes de jaune, de rose et même un peu de blanc et de noir, en s’ouvrant vers la droite, ce qui est une singularité. C’est la face « sobriété » de la marque

Ce travail graphique et chromatique est tellement réussi que Conran Shop l’a conservé globalement dans son esprit et sa complexité en variant les couleurs et en ajoutant le nom de la marque en petits caractères qui court en ruban dans la partie arrondie du bleu moyen. On le voit dans le site de la marque, sur le site de Conran Shop à Marunouchi au Japon, en visualisant les photos. C’est la première photo à l’intérieur du magasin en ouvrant…

Sans transition et pour clore ce court billet, nous vivons actuellement un moment fort de brouillage des frontières entre l’information, la communication, la publicité, la commercialisation, l'art… avec des intensités variables selon l’objet, le thème, le moment et le lieu…et des réussites franches comme Conran Shop qui sait créer des formes pour faire vibrer les couleurs.

Sac-papier-Conran-Shop-Paris-couleurs-formes-face-arrière-Cl3/3. Elisabeth Poulain

Sac-papier-Conran-Shop-Paris-couleurs-formes-face-arrière-Cl3/3. Elisabeth Poulain

. Pour suivre

. Conran Shop, www.conranshop.com , vous y retrouverez toutes les villes où l’entreprise est actuellement implantée, le Royaume-Uni (3 magasins), le Japon (4 magasins) dont celui de Marunouchi et la France (1 magasin à Paris).

. Photo 2014 du magasin cité au Japon sur https://www.google.fr/maps/uv?hl=fr&pb=!1s0x60188bf9edd0cb1f:0x4945e50c7563693a!2m5!2m2!1i80!2i80!3m1!2i100!3m1!7e1!4s//plus.google.com/photos/photo/107846703557859652397/6114072016647366466!5sconran+shop+tokyo+marunouchi+-+Recherche+Google&sa=X&ved=0ahUKEwiEyruQvcrKAhUInRoKHfUqCeAQoioIazAK

 . Sur les problématiques du départ, voir un site qui a la profondeur d’un des maîtres de l’intelligence marketing, vue comme une des facettes caractéristiques de notre société http://demeteretkotler.com/2012/11/01/art-publicite-et-marketing/  

. Retrouver Xavier Terlet Consultants sur son site http://www.xtc.fr/  

. Sur la différence entre la communication et la publicité, voir http://www.lemonde.fr/orientation-scolaire/article/2011/05/03/se-former-a-la-communication-et-a-la-publicite-mieux-vaut-avoir-un-master_1514497_1473696.html  

. Sur la différence entre l’information et la publicité, voir http://www.philippe-moati.com/article-peut-on-encore-faire-la-difference-entre-publicite-et-information-75902825.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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Pourquoi j'aime bien Wikipédia

24 Janvier 2016, 16:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Etretat-Falaises-Aiguilles-wikipedia-Urban

Etretat-Falaises-Aiguilles-wikipedia-Urban

Et d’abord pour commencer une anecdote. La scène s’est passée il y a peu années   dans un groupe de travail animé par une ville pour savoir comment le groupe concevait sa vision de l’évolution du développement urbain. Pour pouvoir répondre et après-coup, on a pu constater que trois façons de répondre avaient été utilisées par les membres, des adultes ayant des connaissances :

  • Imaginer des solutions en prenant des risques de dire des bêtises ou d’être hors sujet ---) cette audace est très rare en France ;

  • se baser sur la base de connaissances préalables et se lancer ---) certains ont pu le faire, il est difficile toutefois d’avoir des connaissances sur tout et heureusement;

  • consulter avant Wikipédia, pour ne pas avoir l’air idiot-e, donner au moins une réponse crédible…rester dans le sujet, sans chercher à aller loin dans la réponse ---) L’idée est de pouvoir commencer à répondre, sans se tromper, pour montrer aussi une certaine forme d’ouverture d’esprit….

A l’exception de quelques rares personnes ayant une vraie légitimité dans le domaine technique concerné, la très grande majorité (dans un pourcentage du type 80/20) a donné une « réponse du type Wikipédia ». Cela s’est senti  non seulement à la forme de la réponse, à son contenu, parfois à des phrases réécrites telles qu’elles…et sans que cela étonne ni le groupe lui-même ni les organisateurs, comme une acceptation de fait d’un début de culture commune. Cela a été moi, je l’avoue, un grand étonnement pour moi. 

Et maintenant pourquoi moi j’aime Wikipédia. Avant il faut commencer par vous dire que je suis une grande utilisatrice de cette base de données collaborative . Clairement, sans Wikipédia, je n’aurai pas pu avancer sur la longue route qui mène à la création, puis à la gestion d’un blog, dans toutes ses dimensions avec un grand nombre de questions qui se posent quasiment tous les jours. Pour essayer de faire court, sans se perdre dans des digressions, les trois thèmes que j’ai sélectionnés, pour répondre à ce pourquoi, sont la recherche d’informations, la façon de les présenter en connexion et les photos.

Angers-Etang-St-Nicolas-hiver-wikipedia-Nonovif-2006

Angers-Etang-St-Nicolas-hiver-wikipedia-Nonovif-2006

J’ai tout particulièrement besoin de Wikipédia quand je me lance à écrire un billet, en n’ayant jamais au départ toutes les informations qui vont m’être nécessaires, puisque je découvre leur manque au cours d’écriture. On dit que l’appétit vient en mangeant : pour moi, je commence à écrire sans savoir exactement où va me mener la recherche d’informations inhérente à l’écriture, en simultanéité temporelle et ou factuelle. La différence de l’écriture numérique par rapport à la manuelle par exemple est qu’on avance en même temps qu’on écrit, tout en essayant toujours de valider le contenu, pour chercher à être précise, quitte à tout effacer si l’info obtenue à la fin fait s’écrouler toute la construction de l’argumentation sur laquelle repose l’hypothèse de départ de l’article.

Cette recherche d’informations en continu a plusieurs autres effets dont le plus important est sans conteste, non pas forcément seulement, la réponse à la question qui se pose, mais quasiment à chaque fois d’apporter des nouvelles informations qui sont autant de nouvelles portes qui s’ouvrent sur d’autres thèmes, d’autres thématiques ou des différences en complémentarité… Une autre retombée est que grâce à Wikipédia, il n’y a pas de petits sujets, car tout est lié. Les connections qui en découlent sont très souvent intéressantes, voire enrichissantes en faisant ressortir des éclairages sur d’autres cultures, d’autres thèmes, d’autres temporalités…Chaque route qui s’ouvre à votre vue, dans votre tête, apporte de nouveaux éclairages qui appellent à leur tour de nouveaux questionnements, qui concrètement vous font avancer. C’est aussi la raison pour laquelle je ne sais pas à l’avance sur quel thème je vais travailler ni à quel moment ni comment. Et je trouve cela rassurant, grâce - il est clair - aux contributeurs de Wikipédia que je remercie.

 Le pouvoir des photos. Chacun sait qu’il est étonnant. Une bonne photo vaut un long discours ; disons plus justement qu’une bonne photo au bon moment, quand vous êtes en train d’écrire, placé au bon endroit dans votre article pourra renforcer de façon incroyable le pouvoir des mots, pour prouver ce que vous êtes en train de dire. Prouver, ce peuvent être aussi renforcer, contredire, compléter, entrer en télescopage…sans limitation de portée, avec un pouvoir d’impact compréhensible partout dans le monde, chaque personne à sa façon, chaque culture aussi, chaque moment…

Great-Wall-near-Beijing-winter-wikipedia-Tille

Great-Wall-near-Beijing-winter-wikipedia-Tille

Et pour finir, puisque j’ai décidé de faire court, ce que j’aime aussi c’est le regard critique du staff envers certaines contributions, pour dire par exemple : ici il n’y a pas assez de fond, là il y a trop d’énumérations sans explication…Grâce à Wikipédia, il y a à la fois des apports sur le thème central et les thèmes dérivés, une actualisation de facto pour rester dans la course et nec plus ultra les sources qui permettent de faire des belles trouvailles. Ce sont des pépites, qui vous donnent envie d’aller plus loin, autrement, un autre jour, dans un nouveau voyage avec wikipedia d’un côté et over-blog de l’autre, pour avancer…

Pour suivre le chemin . Comment rédiger un bon article, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Comment_r%C3%A9diger_un_bon_article 

. Photos contributeurs Wikipedia, avec mes remerciements

 

 

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Du petit homme au petit chien > Qui dit quoi à qui? > Memory for Life

22 Janvier 2016, 16:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Samsung-microSD, Memory for Life, petit chien-petit garçon, Courrier International, n°1232, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Samsung-microSD, Memory for Life, petit chien-petit garçon, Courrier International, n°1232, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Le hasard fait bien les choses. Je subodore plutôt que ce sont notre cerveau et nos yeux associés qui repèrent tout à coup des choses qu’ils n’avaient absolument pas vues avant, alors même qu’il - le cerveau - fonctionne à peu près correctement. Seulement il applique un principe de précaution fondamental pour éviter de tout voir, tout analyser… sous peine d'exploser en plein vol sous la charge.

Rien qu’en matière de publicité, on calcule que la « pression publicitaire » varie entre 500 et 2000 publicités « vues » par jour ou qui impactent votre regard fut-ce involontairement. Un chiffre qui varie énormément selon les sources, les modalités de vie, l’intérêt qu’on porte à la publicité... Quant à savoir toujours distinguer ce qu’est une publicité d’une information, cela devient franchement difficile…« Mais revenons plutôt à nos moutons », bien que je ne veuille pas du tout vous parler  d’un mouton ou de plusieurs mais d’un chiot – le petit chien – et d’un jeune garçon, pour une publicité récente de 2014 pour une carte mémoire, Memory for Life, Samsung micro SD.

On y voit les deux héros qui sont d’abord le jeune garçon dont la tête doit être deux fois plus grosse que celle du jeune chien. Leurs couleurs de cheveux et de poil sont synchronisées, avec deux grandes différences toutefois qui portent sur leur longueur  et leur douceur. Le Ier prix est remporté par l’adorable jeune cocker ; on a envie de lui tapoter la tête, ce qui n’est pas le cas pour le jeune garçon qui a une bonne  tête sympathique mais pas au point d’y passer les mains. Il est déjà trop grand pour qu'on puisse se permettre cette familiarité.

Samsung-microSD, Memory for Life, petit chien-petit garçon, Courrier International, n°1232, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Samsung-microSD, Memory for Life, petit chien-petit garçon, Courrier International, n°1232, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Le jeune garçon est très curieux. Il voudrait bien faire ami-ami avec le toutou, en cherchant à accrocher son regard, pour le rassurer « tu vas voir, tout va bien se passer, ne t’inquiète pas, je suis là ». C’est là où la publicité se révèle être un art difficile, parce que le jeune chien semble un peu, beaucoup… terrorisé par la situation. « Qui est ce grand qui vient me voir sous son nez ? Et pourquoi veut-il faire ami avec moi ? Qui sont tous ces gens qui tournent autour ? »

Pour bien établir le lien de la mémoire à vie, la forme d’une carte mémoire Samsung est tracée en blanc de façon à lier les deux nez, celui de Sam, le jeune garçon et celui de Sung le jeune cocker qui vont grandir ensemble… C’est donc une petite histoire d’amitié entre un jeune garçon et un tout jeune chien qui se noue devant vos yeux. Le scénario est intéressant, dommage à mon goût que l’enfant n’ait pas été plus jeune, avec encore les rondeurs d’un petit d’homme, pour correspondre à ce bébé chiot, sans avoir besoin de parole, uniquement avec le regard…plus qu’avec le nez peut-être !

                                                                          *

Pour suivre le chemin

. Le visuel publicitaire « Memory for Life de Samsung microSD » par Samsung est paru en pleine page 12 de Courrier International, n° 1232 du 12 au 18 juin 2014, www.samsung.com/memorycard 

. La pression publicitaire, à voir sur http://www.definitions-marketing.com/definition/pression-publicitaire/  

. La surabondance - ou la véritable imprégnation informationnelle - sans distinction entre pub et info et vice et versa, sur http://digital-society-forum.orange.com/fr/les-forums/555-13._publicite__lattention_mise_sous_pression  

. La locution « Revenir à ses moutons » vient de  la pièce de théâtre,  La Farce de Maître Pathelin, publiée pour la première fois en 1485  sur https://fr.wiktionary.org/wiki/revenons_%C3%A0_nos_moutons  

. Photo Elisabeth Poulain à partir du visuel.

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Du chien à l'homme > Qui dit quoi à qui? La Pub La Voix de son Maître

20 Janvier 2016, 17:41pm

Publié par Elisabeth Poulain

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Un drôle de titre, comme souvent. Il s’agit cette fois-ci de voir quels sont les ressorts de quelques publicités qui jouent sur l’attachement que la personne humaine, quel que soit son âge et son genre, porte au chien en l’occurrence. Il est certainement l’animal le plus cher au cœur des gens, pas le chat qui est pourtant cité quasiment ex-aequo. Une des raisons vraisemblablement est que le chat ne joue pas de rôle social qui puisse se voir, alors que le chien exige d’aller en promenade. Promener son chien est la première activité journalière  évoquée par les urbains adultes en forme et  qui ont encore quelques disponibilité en terme de temps.   

Le chien est le plus souvent montré comme un double de l’Homme, qui à son tour se reconnait en lui. On entend parfois des « maîtres » dire de leur chien, « oui, ce chien est bien parce qu’il est le mien. C’est normal, je l’ai bien éduqué ». Le lien descendant est alors direct. Dans un second temps, l’intéressant est de montrer ensuite la réaction du chien, en tant qu’animal très proche de l’Homme, écoutant son maître, du moins c’est ce qu’on suppose.   

L’intérêt des publicitaires est d’inverser la relation pour  montrer  l’importance du chien dans la relation humaine, qui joue un rôle prononcé de miroir avec des dialogues visuels extrêmement prononcés. Le  miroir du conte de Charles Perrault demande « dis-moi que je suis la plus belle » se transforme en un « re-dis-moi que tu m’aimes ! ». Il n’en reste pas moins que la relation va de la personne au chien. Cette fois-ci pour intéresser le lecteur ou celui qui verra le visuel publicitaire, c’est le chien qui est le plus souvent le véritable héros, à quelques exceptions près où le chien ne jouera qu’un rôle figuratif à l’image d’un meuble dans une pièce.  

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Une des plus belles publicités est celle qui a été faite en 1920 pour « Radio Corporation of America » par deux entrepreneurs convaincus en 1919 de l’avenir de l’industrie du son. Une année plus tard un de leurs ingénieurs Franck Conrad put capter et diffuser les résultats par radio de l’élection présidentielle du 3 novembre 1919, qui vit le candidat républicain W. G. Harding être élu. C’est à la suite de cet évènement à la fois politique, technologique et socialement très important pour une nation qui s’était engagée dans la guerre qu’on put entendre en direct ces actualités diffusées en direct. Parallèlement les deux associés fondèrent l’entreprise Pathé Marconi, avec pour image emblématique un fox-terrier, Nipper, en train d’écouter la radio. Il regarde bien le fond du haut-parleur en cuivre et acier fixé sur socle en bois marqué Victor pour y reconnaître avec beaucoup d’attention « His Master’s Voice » fidèlement traduit en français par « la Voix de son Maître ». Il prend garde à ne pas y mettre son museau. Sait-on jamais?

Ce dessin publicitaire est si précis qu’on dirait une photo d’un fox-terrier surpris à écouter avec attention cette voix humaine. Il est issu d’une peinture qui a été faite au tout début de l’aventure de Pathé-Marconi et de RCA. Le second atout de cette publicité, outre le chien, très bien saisi, concentré sur ce qu’il entend, est d’avoir fait le lien avec le maître dont il est censé reconnaitre la voix. La preuve en est que l’ensemble s’appelle « La voix de son maître ». Une dénomination qui a échappé au monde publicitaire, au point qu’elle est passée dans le langage courant. Un modèle de psychologie canine tout autant qu’humaine…et pour les fox-terriers, un incroyable satisfecit de fidélité et d’endurance.

C’est l’exemple le plus célèbre d'un chien qui écoute avec attention la voix supposée de son maître. Il essaie de comprendre ce qui se passe. Quant à ce Victor, dont la signature apparait en gros sur le socle en bois, c’est tout simplement de marque du haut-parleur. Il n’y a pas dedans un autre chien qui s’appellerait Victor ! Et la personne qui parle n'est pas son maître, et le tout fait que c'est quand même bizarre...

 

Chien Nipper, La Voix de son maître-wikipedia-Johnson623

Chien Nipper, La Voix de son maître-wikipedia-Johnson623

Pour suivre le chemin

. Voir « Le siècle des Echos, 1908-2008, Cent ans de Créations » dans l’année 1920 en page 22 ; ce numéro spécial des Echos est une pépite.

. Retrouver Nipper le chien sur un disque de « His Master Voice » –HMV- https://commons.wikimedia.org/wiki/File:HMV_record.JPG  

. L’histoire plus complète et bien compliquée de Pathé Marconi qui eut Nipper écoutant Victor, gravé sur la socle du hqaut-parleur comme mascotte sur http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/collections/dossiers-thematiques/publicite-et-graphisme/marques-et-personnages/pathe-marconi  

. Voir aussi un texte concis et clair sur http://www.chiens-online.com/nos-fiches-nipper-premier-chien-superstar-de-la-pub--fiche-2245-page-1.html  avec une très jolie photo d’un fox-terrier essayant d’attraper une grosse bulle de savon dans sa bouche…

. Voir de nombreuses et différentes versions intéressantes de Nipper, La Voix de son Maître sur http://www.ebay.com/bhp/his-masters-voice  

. Le fox terrier sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Fox-terrier  

. Photos Elisabeth Poulain et wikipedia, Johnson623       

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L’aubépine de Bouquetot, Eure, plantée vers 1360, Arbre remarquable

19 Janvier 2016, 10:30am

Publié par Elisabeth Poulain

Bouquetôt, Eure, l'If planté en 1360 devant l'église, arbre remarquable, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetôt, Eure, l'If planté en 1360 devant l'église, arbre remarquable, Cl. Elisabeth Poulain

Décryptage du titre en commençant le concept d’arbre remarquable. Il n’est pas facile à définir exactement car le règne du vivant ne se laisse pas si facilement caractériser tant la nature connait l’art de s’adapter et de créer du nouveau, dès lors que les circonstances s’y prêtent, avec l’aide bienveillante de l’Homme. Le concept de patrimoine naturel permet de mieux protéger ces totems de nos civilisations, que sont les arbres, un peu à l’instar des séquoias d’Amérique du Nord. Cette aubépine porte deux autres dénominations, en plus de celle qui figure dans le titre, la Belle–Epine et l’Epine de Bouquetot.

Bouquetot, Eure,  M. Joël Grainville maire, If de 1360, feuillage, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot, Eure,  M. Joël Grainville maire, If de 1360, feuillage, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot, Eure,  M. Joël Grainville maire, If de 1360, feuillage, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot, Eure, M. Joël Grainville maire, If de 1360, feuillage, Cl. Elisabeth Poulain

Cet arbre est également inscrit à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France. Wikipedia par exemple fait ressortir sa dimension culturelle en classant cet arbre au titre des « Pratiques rituelles » à l’instar du Ministère de la Culture et de la Communication. Au cours de la visite que nous avons faite dans le cadre des Ateliers du Patrimoine du SDAP, créés et animés par France Poulain, Architecte des Bâtiments de France -ABF- de l’Eure, le maire, M. Joël Grainville a évoqué le symbole de virginité, vraisemblablement en raison de la couleur blanche des fleurs de cette aubépine.

Bouquetot, Eure, Eglise classée, If de 1724, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot, Eure, Eglise classée, If de 1724, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot, Eure, Eglise classée, If de 1724, Cl. Elisabeth Poulain

L’emplacement de l’aubépine. Elle a été plantée sur le domaine public au plus près du mur bas de séparation du cimetière qui entoure l’église. Elle n’est donc liée ni au domaine religieux proprement dit ni au domaine mortuaire. Elle a ses caractéristiques propres et sa propre petite clôture plus due à son grand âge pour la protéger des voitures par exemple, ou de curieux qui voudraient grimper dedans, qu’à des pratiques rituelles. D’aucuns évoquent pour l’aubépine le caractère de marqueur de territoire en raison de sa durabilité, de son bois dur et de ses épines qui la protègent peut-être mieux que ne le ferait une clôture. C’était semble-t-il une coutume en Normandie.

Bouquetot-Eure- Eglise-Aubépine-If-Croix de cimetière avec vigne-Hêtre pourpre, Monument aux Morts Guerre 14-18, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot-Eure- Eglise-Aubépine-If-Croix de cimetière avec vigne-Hêtre pourpre, Monument aux Morts Guerre 14-18, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot-Eure- Eglise-Aubépine-If-Croix de cimetière avec vigne-Hêtre pourpre, Monument aux Morts Guerre 14-18, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot-Eure- Eglise-Aubépine-If-Croix de cimetière avec vigne-Hêtre pourpre, Monument aux Morts Guerre 14-18, Cl. Elisabeth Poulain

Le fait est que cet arbre, qui n’a rien de majestueux, ni de proprement remarquable, si on ne connait pas son âge, a gardé sa singularité tout au long de ses six siècles d’existence. Grâce aux soins attentifs des jardiniers de la municipalité dirigée par le maire, M. Joël Grainville, pour en particulier renforcer son tronc, l’aubépine continue à être la star du village. A l’intérieur du cimetière, presque sur la même ligne, mais cette fois-ci près du mur de l’église, a été planté un if de fort belle taille actuellement. La date de sa plantation est gravée dans une pierre proche : 1724. Il est d’une vigueur étonnante et cette fois-ci les jardiniers doivent canaliser sa force pour empêcher ses branches de frotter le mur…

Bouquetot, Eure, If 1360, arbre remarquable, structure de soutien, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot, Eure, If 1360, arbre remarquable, structure de soutien, Cl. Elisabeth Poulain

Et pour finir cette petite histoire, qui commence avec une aubépine plantée en 1360 en Normandie rattachée à la France en 1204, puis vous avoir parlé d’un if vigoureux mis en terre, lui, dans la Ière moitié du XVIIIè siècle, il me faut vous citer les pampres de vigne avec de belles grappes de raisin qui figurent sur la petite obélisque qui porte la croix de cimetière située à l’entrée dans le cimetière à gauche. Dans l’angle du cimetière, a été érigé le monument aux morts de la Guerre de 1914-1915 sur fond d’un hêtre pourpre majestueux, qui pousse, dans un des deux presbytères, sauf erreur de ma part … de l’autre côté de la petite route qui tourne autour de l’église.

A Bouquetot, on aime les arbres qui le lui rendent bien, ces arbres magnifiques qui aiment cette belle terre de Normandie, chacun, chacune à sa façon…

Bouquetot, Eglise, Porche, Mur de clôture cimetière, Cl. Elisabeth Poulain  Bouquetot, Eglise, Porche, Mur de clôture cimetière, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot, Eglise, Porche, Mur de clôture cimetière, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Aller voir l’aubépine qui se trouve rue de l’Eglise, devant l’Eglise à Bouquetot, tout comme la Mairie, située, elle, à l’autre bout, au 91, rue de l’Eglise, 27310 Bouquetot . Avant ou après, selon votre tempérament, consulter https://fr.wikipedia.org/wiki/Aub%C3%A9pine_de_Bouquetot  

. Les arbres remarquables en France, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbres_remarquables_de_France#Pays_de_la_Loire  et sur http://www.arbres.org/arbres_remarquables.html  

. L’association A.R.B.R.E.S.1, Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde, à retrouver sur http://www.arbres.org/actualite.html  

. L’aubépine, arbre, feuille, fleur, symboles… à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aub%C3%A9pine  

. Lire la fiche d’inventaire du Ministère de la Culture qui fait une analyse très précise du site où l’aubépine est replacée en situation dans le contexte territorial du village sur http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwinotiQ4rPKAhXHChoKHTZ0BRMQFgglMAE&url=http%3A%2F%2Fwww.culturecommunication.gouv.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F30694%2F251517%2Fversion%2F1%2Ffile%2FPCI%2B-%2BFiche%2Bd'inventaire%2B-%2BBouquetot.pdf&usg=AFQjCNGd2fiClct-bqSzJSDsHwxoLxME5A&sig2=cGYMzrI1X0vStGR-jh742w  

. Consulter les fiches de connaissances, « Les Essentiels » ainsi que « les Ateliers du Patrimoine » du STAP de l’Eure – Service territorial de l’Architecture et du Patrimoine – dirigé par France Poulain, ABF de l’Eure sur http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France/L-Unite-Departementale-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure  

. Photos Elisabeth Poulain, prises lors de la visite organisée par France Poulain dans le cadre des visites de terrain des Ateliers du Patrimoine.  

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Fond de carton > Trois paquets de cigarettes italiens, luxembourgeois

17 Janvier 2016, 14:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

3 paquets de cigarettes Giubek (It), Nationali Esportazione (It), Maryland (Lux), Cl.3 Elisabeth Poulain

3 paquets de cigarettes Giubek (It), Nationali Esportazione (It), Maryland (Lux), Cl.3 Elisabeth Poulain

Il s’agit bien de paquets de cigarettes, mais vides, si vieux quils n’ont pas gardé l’odeur du tabac. Plus encore, je ne peux absolument pas vous dire de quelle époque ils datent, ni quels circuits ils ont empruntés pour arriver au fond d’un vieux carton, ni pourquoi la personne, qui les a placés là, les a conservés. Des livres oui toujours, de la vaisselle qui a quelque chose de différent, au hasard des assiettes avec des fleurs… je peux comprendre qu’on les garde mais des paquets si anciens… ? Je n’ai aucune explication, surtout qu’ils ne présentent aucune valeur artistique. La seule certitude que je peux avoir est qu’ils ont été importants pour la personne qui les a gardés, en souvenir d’un moment, d’un lieu, d’un évènement, d’une personne… 

A nos yeux de maintenant, ils sont forcément vieux. Les trois rapprochés disent quelque chose et c’est là-dessus que va porter ce billet, un peu en première approche comme un archéologue qui trouverait une pierre gravée dans son jardin…ou un ethnologue qui chercherait à comprendre le choix du sphinx dans les sculptures monumentales en Egypte.  Cet exemple n’est absolument pas fortuit car cette toute petite histoire va bien commencer par un dessin du sphinx couché en Egypte, vu du côté sud, pour un paquet italien de cigarettes.

 

Cigarettes it. Giubek, Cl.1/3 Elisabeth Poulain

Cigarettes it. Giubek, Cl.1/3 Elisabeth Poulain

Le paquet de « 20 Sigarette Giubek, Monopolo di Stato, Italia ». Le papier de couleur ocre est devenu très fragile. Il a encore gardé son collant fiscal qui fermait le paquet. Le recto et le verso sont semblables, ainsi que les deux côtés latéraux. Le fond reprend le nom de la marque « Giubeck ». Le seul élément notable est donc ce sphinx que l’on voit de profil regardant vers la gauche, comme posé sur un socle tracé en vert, pour mettre en valeur trois palmiers stylisés. Ce même vert est repris pour « 20 sigarette » par deux fois sur les faces principales et une fois sur le timbre. C’est donc l’élément important, en plus du dessin.

Cigarettes it. Nazionali Esportazione, Cl.2/3 Elisabeth Poulain

Cigarettes it. Nazionali Esportazione, Cl.2/3 Elisabeth Poulain

Le paquet de « Nazionali Esportazione ». Il porte deux faces principales de couleur différentes, l’une verte et l’autre bleue, avec un dessin identique de caravelle voguant là aussi vers la gauche. La couleur est une avancée réelle d’attractivité. Sur les côtés latéraux figure la mention « 20 Sigarette Nazionali Esportazione ». Le fond reprend l’indication cette fois-ci en petits caractères. Au-dessus figure le timbre fiscal qui atteste que le paquet est au clair avec l’Administration fiscale italienne. L’autre nouveauté, qui prouve que ce paquet est postérieur au précédent dit « Au sphinx », est que le timbre porte les couleurs du drapeau italien vert à gauche, blanc au centre et rouge à droite. Elles permettent de dire que la face principale est la bleue et non pas la verte claire, pourtant assortie au vert plus foncé du drapeau.

Cig. Lux. Maryland, Cl. 3/3 Elisabeth Poulain

Cig. Lux. Maryland, Cl. 3/3 Elisabeth Poulain

Le 3è paquet porte le nom de marque de « Maryland » écrit en lettres penchées, sans dessin, ni couleur autre que du marron foncé pour le lettrage. Il ressemble fortement au Ier, au sens où il est fait de papier ocre comme celui des cigarettes Giubek mais beaucoup plus épais. Le timbre est aussi fait du même type de papier et de la même couleur. Il reprend tous les éléments de la marque et doit servir de timbre fiscal apposé par l’entreprise, du moins je l'imagine.

Ce paquet diffère des autres par plusieurs éléments. Le Ier est que la marque qui reprend la source géographique nord-américaine de provenance de ce tabac est écrite en oblique pour en accentuer l’importance. Le second porte sur le nombre de cigarettes, qui est de 25 et non pas de 20 cigarettes. Le troisième est qu’il n’y a aucun dessin. Les deux côtés sont utilisés de façon intéressante et différenciée. A gauche, cigarettes est écrit d’abord en français puis en allemand « Sigaretten » avec le prix qui s’élève à « 11 Fr ». A droite figure le nom du fabricant et sa date de création en caractères majuscules « Heinz Van Landewyck, depuis 1847, Luxembourg». C’est la raison pour laquelle, j’ai groupé les deux premiers paquets italiens. Une autre solution aurait été de citer les deux paquets au papier ocre ensemble. Mais ce paquet-là me semble postérieur aux autres.  

3 paquets de cigarettes Giubek (It), National Esportazioni (It), Maryland (Lux), Cl.3 Elisabeth Poulain

3 paquets de cigarettes Giubek (It), National Esportazioni (It), Maryland (Lux), Cl.3 Elisabeth Poulain

En conclusion, le Ier paquet italien m’a intéressé pour le sphinx et ses trois palmiers d’accompagnement, le second pour sa caravelle stylisée qui évoque la découverte du Nouveau Monde en 1492 et ses plantations de tabac et le troisième plus tard pour le célèbre tabac du Maryland. Les exportations de tabac originaire du Maryland se développèrent en particulier grâce au grand port de Baltimore qui permettait d’avoir à l’importation un lien privilégié avec le sucre et les esclaves importés des Antilles pour travailler dans les champs de tabac et, à l’export, de relier facilement cette côte-est des Etats-Unis à l’Ouest de l’Europe, pour notamment exporter ce tabac du Maryland...

Avec ces trois vieux paquets de cigarettes, vous êtes d’abord projeté en Italie. De là, vous vous retrouvez soudainement en Egypte ancienne, en Basse-Egypte, il y a des milliers d’années, juste en amont du Delta du Nil, dans ce qui est maintenant un grand désert pour revenir d’un autre coup d’aile ensuite en Italie après avoir traversé en diagonale toute la Mer Méditerranée. Ensuite vous voguez sur une caravelle pour cette fois-ci traverser l’Océan atlantique à destination de Baltimore et des plantations du Maryland. Il s’agit alors de rapporter du tabac, en revenant par le même trajet ou presque. Le point de destination a changé, puisque c’est maintenant le Luxembourg qui vous attend, dans une entreprise qui existe toujours…Un voyage fabuleux dans le temps et l’espace…Ah oui, ces trois paquets méritaient bien ce petit billet !

Pour suivre le chemin

. Sur le sphinx, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Sphinx_de_Gizeh  avec beaucoup d’informations et de très belles représentations en photos et dessins du Sphinx

. Sur l’histoire du tabac et le lien avec les caravelles, il y a relativement peu d’informations sur wikipedia - je pense à cause de l’esclavage - voir cependant http://www.tabac-liberte.com/tabac/historique-du-tabac/  

. Pour la caravelle, là aussi, peu d’informations, voir cependant https://fr.wikipedia.org/wiki/Santa_Mar%C3%ADa_(1492)  

. Pour les cigarettes Heinz van Landewyck Luxembourg, consulter le site très professionnel de l’entreprise qui existe toujours, 31, rue de Hollerich, L-1741 Luxemburg, Tel.: +352 49 39 39-1, info@hvl.lu et voir son site sur http://www.hvl.lu/fr/varietes-de-tabac/tabac-de-virginie/  

. Photos Elisabeth Poulain

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