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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Style de pub Yaourt > Photo d’une poire > Velours & Chute de reins

30 Août 2015, 14:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl1. Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl1. Elisabeth Poulain

Le titre décrypté. Il s’agit bien de la photo d’une publicité pour un yaourt de fruit, sans que le nom de la marque apparaisse, si ce n’est en très petits caractères, en bas sur le côté gauche et en verticale montante. Sans non plus qu’on puisse penser au départ qu’il s’agit d’un yaourt.

En effet seule, une poire fait l’objet de la photo. Pas n’importe laquelle bien sûr. Il a dû falloir des jours et des jours pour trouver LA  bonne poire. Signe caractéristique, elle a une fabuleuse chute de reins. Pour bien montrer sa singularité et sa ressemblance avec une vraie chute de rein – sous entendue « de femme » -  le bas du fruit est délicatement entouré d’un tissus de velours bleu nuit.

Le tout est nimbé d’une admirable lumière qui vient de la gauche, pour donner un brillant  qui souligne la double courbe du fruit et de la chute, en mettant en valeur le pédoncule du haut par lequel s’échappent en courbe les trois mots d’explication « Velours de Fruits » écrits en arrondi. Et le tout se détache sur un fond vert foncé, une couleur un peu curieuse, à laquelle on n’aurait pas pensé.

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl.2 Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl.2 Elisabeth Poulain

Et le plus curieux est que j’avais gardé la page, non pour cette publicité, mais pour son recto intéressant d’une publicité faite par et pour une bouteille de Champagne Moet & Chardon « Esprit du Siècle », axée sur les grands millésimes en fond métal, inscrits en lignes superposées, avec une année de millésime de chaque côté de la bouteille et une étiquette rectangulaire et minimaliste en métal.

Deux visuels minimalistes conçus par des marques, l’une grand public fondée sur la rondeur complétée par un jeu visuel allusif et l’autre d'un grand nom sur le contraste entre les courbes de la bouteille de champagne et les lignes horizontales en métal argenté pour la bouteille et doré pour les millésimes… En 1999, à un moment où l’attente pour le XXIe siècle était si forte que tout devenait possible…

Pour suivre le chemin

. C’est un visuel publicitaire « fait maison » par France Glace Findus, paru dans « Elle Décoration » n° 89 en 1999

. Cliché Elisabeth Poulain

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La couleur jaune dans la ville, la vie, New York, ses taxis, Over-Blog

24 Août 2015, 13:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

Over-Blog, Capture d'écran, modèle de blog proposé, avec taxis jaunes, Cl. OB

Over-Blog, Capture d'écran, modèle de blog proposé, avec taxis jaunes, Cl. OB

Un titre compliqué parce que concentré. En développé, il se traduit ainsi : « la couleur jaune dans la ville, à New York, avec l’exemple des taxis jaunes new yorkais, qui en sont un des symboles, et qui sont aussi maintenant présents sur la plateforme d’Over-Blog ». Vous comprenez pourquoi les titres chez Over-Blog sont limités à 70 caractères ! Ils ont (vraiment) raison.  

Revenons à nos moutons, à savoir le choix de cette couleur éclatante de vitalité, pétillante de tonus et d’adaptation à la réalité urbaine d’aujourd’hui comme symbole d’une ville qui vit à 300 kms/heure, toujours porteuse d’une façon extrêmement positive d’une culture ouverte sur toutes les autres cultures sans avoir à choisir.

New York continue à être la capitale du monde, même si savons maintenant qu’il y en a plusieurs. Et la raison n’en est pas la présence du siège de l’ONU où tous les pays sont représentés. C’est New York qui porte l’organisation mondiale et non l’inverse. On n’imagine pas l’ONU autre part. New York continue à être un symbole de l’accueil fait à des milliers de milliers d’émigrants, au cours des derniers siècles, même si les Français ont été peu nombreux.  

Les Yellow Cabs. Ils sont plus de 14000 à sillonner les rues de la ville, en attendant d’être hélé par ceux qui font appel à leurs services depuis le trottoir. Outre leur visibilité, qui se traduit par un accès plus facile pour les clients, ils offrent une garantie de sérieux, du fait de l’autorisation qui leur est fournie par l’autorité municipale compétente. Avec les Yellow Cabs, on est sûr de les voir, d’être vu et d’arriver rapidement à bon port.  

Over-Blog, photo de l'équipe, avec T'shirt et Logo OB, Cl. OB

Over-Blog, photo de l'équipe, avec T'shirt et Logo OB, Cl. OB

Over-Blog a choisi comme couleurs emblématiques de son logo et pour sa mise en page le noir comme couleur principale d’impression avec des touches jaunes orangés pour attirer l’attention sur certaines cases. Outre ce design bi-chromatique, les t’shirts de l’équipe sont aussi noirs en couleur de fond avec en surimpression des lettres en jaune orangé très visibles. New York et ses taxis jaunes forment le lien, pour preuve une photo du site OB montre 7 Yellow Cabs, dont 4 de face, qui vous regardent, lorsque vous traversez la rue ! C’est dire si les 12 membres ornés de leur t'shirts au logo d'OB, de l’équipe pourront facilement être transportés dans les 4 voitures jaunes de face, dans New York.

En matière de communication, il ne saurait y avoir de hasard. Tout ce que je viens d’écrire aurait pu être une explication très partielle concernant le passé d’une grande ville, terre ouverte, terre d’accueil, toujours en phase avec l’évolution du monde. En quelques décades seulement, le centre du monde s’est déplacé vers la Côte Ouest des Etats-Unis et l’Asie. N’y aurait-il pas alors autre chose dans le choix des couleurs du logo d’Over-Blog? Une hypothèse pourrait se trouver dans un débat de 2014, encore riche d’une actualité brulante, qui a agité le monde du New-York Times, entre l’avenir de la presse numérique et celui de la presse papier. Un choc de titan entre le Nouveau Monde ouvert du numérique et le Vieux Monde cloisonné. Pour les Européens que nous sommes, New-York pourrait être vue comme une marche d’appel, pour d’un grand saut, nous rapprocher du cœur du Numérique, des deux côtés du Pacifique, dans l’hémisphère nord…Et dans cette vision, les blogs sont des trans-frontières d’un nouveau-genre…qui ont besoin pour avancer de yellow cabs d'un nouveau genre!   

New York Cy_Taxis_Manhattan_Fifth_Av.wikipedia_Joseph_Plotz_2009

New York Cy_Taxis_Manhattan_Fifth_Av.wikipedia_Joseph_Plotz_2009

Pour suivre le chemin

. Un digest sur http://frenchmorning.com/pourquoi-les-taxis-sont-ils-jaunes-new-york/  

. Plus d’infos sur http://www.taxisjaunes.net/pages/3.saga.html  

. Toujours wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxis_de_New_York  

. Pour New York, terre d’immigration https://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_aux_%C3%89tats-Unis , ainsi que sur http://tpe-new-york.e-monsite.com/pages/presentation.html  

. Sur le jaune, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolisme_des_couleurs

 . Quelques infos sur Over-Blog sur http://staff-fr.over-blog.com/2015/07/offre-d-emploi-overblog-recrute-un-lead-developpeur-php-symfony-2-h-f.html  

. Un débat intéressant à lire, sur « MediaLand, au pays des médias », le blog de deux journalistes au Monde, Alexis Delcombe et Alexandre Piquard, avec les 7 leçons qu'ils ont dégagées, pas 8   http://medias.blog.lemonde.fr/2014/05/16/new-york-times-les-8-lecons-du-memo-severe-sur-le-numerique/

. Photos, avec mes remerciements à OB pour les deux premières et Joseph Plotz pour celle prise à NY, via wikipedia  

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Savennières, Tessa Laroche, Domaine de La Roche aux Moines

21 Août 2015, 14:21pm

Publié par Elisabeth Poulain

Savennières, Vue sur le vignoble du Domaine de la Roche aux Moines et la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Vue sur le vignoble du Domaine de la Roche aux Moines et la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Quand on s’appelle Tessa Laroche, aux commandes du Domaine de La Roche aux Moines à la Roche aux Moines à Savennières et que l’on est la fille de Madame Laroche, avec un tel nom, une telle adresse, d’une certaine façon, on porte le monde sur ses épaules. Intégrer dans son nom, celui du lieu-dit du cœur de l’appellation la plus prestigieuse des vins de Loire, est une charge très lourde. La Roche aux Moines est en effet un lieu-dit déjà cité en l’an 1130 de notre ère. C’est aussi un formidable enjeu et un stimulant sans pareil, pour avancer toujours et porter haut les couleurs incarnées par le Domaine gérée au départ par Madame Laroche, sa mère toujours en relais quand sa fille est partie en prospection présenter les millésimes du domaine et maintenant par elle, qui est œnologue de formation.

Toutes deux président à la naissance de « grands vins au féminin », sans jamais oublier qu’un grand vin ne peut se concevoir sans une alchimie extrêmement fine entre une terre à nulle autre pareille, des vignes dont chaque parcelle a son identité propre, des soins constants en agriculture biologique depuis 2009 et une vinification au plus près de ce que le raisin peut exprimer le plus justement possible, sans forcer, comme naturellement. Alors que chacun sait ou devrait savoir que cette simplicité est le fruit d’un travail intense, qui commence par le choix des nouvelles parcelles pour de nouvelles plantations, l’attention constante aux vignes, à toutes les étapes de leur production annuelle et de leur durée de vie et une vinification la plus légère possible qui, depuis des décades, sont la signature du domaine. La certification en agriculture biologique, que je viens de citer parachève cette logique d’excellence; elle a été adoptée au niveau de l’appellation « Savennières Roche aux Moines » avec Tessa Laroche, élue présidente de l’appellation en 2009.
 

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, La Demeure & les Communs, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, La Demeure & les Communs, Cl. Elisabeth Poulain

« Mon métier est d’abord une question de gestion d’équipe. Seule, on ne pourrait tout faire. Avec moi, il y a Ludovic et Florian qui connaissent très bien le domaine, avec 10 ans de présence ici pour le premier et 6 ans pour le second. Maman reçoit aussi les clients quand je ne suis pas là. Elle adore ça. Un client peut prendre toute l’après-midi, de la fin du déjeuner jusqu’à 18h. Il y a plusieurs catégories de clients, les fidèles qui ne veulent par exemple n’être reçus que par l’une ou l’autre ou ceux qui aiment bien changer d’interlocutrice. ». Il s’agit bien sûr d’une généralité, compte tenu du fait que Tessa Laroche se déplace beaucoup en France et à l’étranger pour présenter les vins du Domaine.

Pour optimiser sa stratégie de temps, elle a adopté deux modes différenciés d'action. « Pour l’instant, je suis en « mode été », du 15 juillet à la fin août ; mon planning est plus cool. Je peux passer plus de temps dans les vignes. C’est là que je me ressource le mieux. Le reste de l’année, je me déplace beaucoup, en particulier à l’étranger, pour présenter les millésimes à nos clients. Nous exportons un peu partout, surtout aux Etats-Unis. Je vais par exemple à New York tous les ans. Pour l’Europe, je peux citer la Suisse, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas côté flamand surtout… qui ont de gros importateurs qui nous sont fidèles… Avec bien sûr des nouveaux clients chaque année, à qui je fais découvrir notre gamme.»

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, le vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain
Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, le vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth PoulainSavennières, Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, le vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, le vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain

. Son mode annuel usuel hors été. « J’essaie d’optimiser mon temps. En déplacement, je ne pars jamais plus de 6 ou 7 jours. Je veux être présente au domaine, là où il faut être, quand il le faut. Pas plus, si non, je ne suis plus là. Je n’aime pas déléguer. De toutes les façons, il y a des décisions à prendre que moi seule peut prendre. Pour cette raison, j’ai par exemple arrêté de faire certains salons. A certains moments, pour le débourrement de la vigne en mars-avril, il me faut absolument être là. Alors j’essaie d’utiliser les week-ends pour partir… Il faut aussi savoir partir pour goûter d’autres vins que les siens. Savoir déguster, c’est vraiment important. C’est ce que m’a dit ma mère depuis que j’ai 18 ans, pour être à l’écoute, avoir une palette de sensibilité plus ouverte…Quand un vin ne me plait pas, je ne me force pas. Quand j’aime pas, j’aime pas.

Pour en revenir au domaine, rien de tel pour moi que d’être dans les vignes et dans la cave. C’est ma partie ‘ancrage dans la terre’, couplée au domaine avec le fait qu’il y a toujours eu beaucoup de personnes qui sont venues et qui viennent déguster pour goûter et acheter directement ici au domaine. Notamment des Anglais, des Suédois à cause de Scania –l’entreprise suédoise présente à Angers -, des Danois, des Norvégiens… Pour certains, cela devient un rite de passage, dont la fréquence varie avec les personnes ; pour certains, c’est tous les 10 ans, d’autres plus fréquemment…Ces contacts directs avec nos clients qui viennent spécialement ici sont très importants pour un domaine. Ce rituel du mois d’août explique aussi que j’aime bien être là aussi. C’est important de connaître ceux qui dégustent nos vins. »

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Mains de Tessa Laroche, Sol, plant et grappe, Cl. Elisabeth Poulain SSavennières, Domaine de la Roche aux Moines, Mains de Tessa Laroche, Sol, plant et grappe, Cl. Elisabeth Poulain SSavennières, Domaine de la Roche aux Moines, Mains de Tessa Laroche, Sol, plant et grappe, Cl. Elisabeth Poulain S

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Mains de Tessa Laroche, Sol, plant et grappe, Cl. Elisabeth Poulain S

Des vieux millésimes des « Grandes années » de Savennières Roche aux Moines sont encore disponibles à la vente. Certains portent le nom de cuvée ; en vin doux il s’agit de la « Cuvée de l’Abbesse » et de la « Cuvée des Nonnes » en moelleux. Elles cohabitent dans la carte des vins du Domaine, avec les valeurs sûres et maintenant aussi de nouveaux millésimes avec de jeunes vignes telles que «Le Berceau des Fées ». Le temps ici ne s’apprécie pas seulement dans le cycle annuel des saisons qui signent les millésimes, les Grandes Années qui font référence indiscutable mais aussi dans une durée très longue qui date du IIIe siècle de notre ère au premier millénaire de notre histoire. Un temps si lointain qu’il en devient fascinant. Il nous renvoie à l’occupation romaine que nous avons peine à imaginer en Loire. Déjà, les vignerons savaient que le site était exceptionnel. Le plus incroyable est qu’il l’est resté grâce aux efforts de tous au fil des générations et de la législation française en particulier sur les beaux paysages à préserver.

Le domaine en lui-même est fabuleux. Il réunit dans un même lieu et sur un même plan, dans une hiérarchie réfléchie de dates de plantation, la vigne en cépage de Chenin B en ses différentes déclinaisons d’âge de parcelles. Certaines sont closes de murs à l’arrière du Château en haut du coteau. Egalement en face sur une surface étendue, sans murs cette fois-ci, allant en une double déclinaison douce vers un vallon transversal à la Loire et vers le grand fleuve sur la gauche. Si les rosiers sont bien présents en bout de rangées côté vallon, ils le sont aussi côté plateau mais cette fois-ci autrement. Ils sont placés au centre du jardin à la française avec un bassin au centre à l’arrière de la belle demeure classique.

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur la Loire et le moulin du vallon, Cl. Elisabeth Poulain
Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur la Loire et le moulin du vallon, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur la Loire et le moulin du vallon, Cl. Elisabeth Poulain

Un jardinier à demeure s’occupe des 1600 rosiers et des différentes composantes du parc et du jardin, sans oublier de citer le magnifique jardin potager sur le plateau lui-même clos de murs pour éviter les courants d’air intempestifs qui pourrait nuire aux plantations. Lui aussi adore les roses, comme « les Pierre de Ronsard" qui sont une des signatures visuelles du domaine. Elles en sont à leur seconde floraison, comme me l’indique Tessa Laroche, qui va passer une bonne partie de sa pause estivale à ôter les fleurs fanées des rosiers de la propriété.

Sur la partie haute du plateau, parallèlement au fleuve, face à l’arrière de la demeure, ce sont les arbres qui servent de coupe-vent. La vigne est de toute beauté. Dans le fond de la propriété se trouvent des parcelles de Savennières. Chacune laisse à voir des rangées perpendiculaires au fleuve, avec ces arbres pour structurer les séquences, « sans poteau électrique visible pour ne pas nuire à la beauté de ce paysage de pleine nature. » Des arbres, il y en a partout, mais certainement pas n’importe comment. Ils structurent le paysage, protègent et assurent une grande régularité climatique. Ce sont essentiellement des feuillus qui ont maintenant un âge respectable. Une parcelle de jeunes vignes est ainsi prénommée « Le Chêne . Là, le terroir est plus lourd, plus profond avec des grains plus gros. On ne peut pas dire que nous sommes envahis par les grappes !»

Domaine de la Roche aux Moines, Vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain
Domaine de la Roche aux Moines, Vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth PoulainDomaine de la Roche aux Moines, Vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain

Domaine de la Roche aux Moines, Vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain

Il y a aussi un endroit très spécial qui a donné son nom à la nouvelle cuvée dénommée « Le Berceau des Fées. » Cette fois-ci ce sont des pins qui attirent la curiosité du visiteur. Ils forment un cercle, plantés 1 par 1 pour deux d’entre eux, puis par 2, par 3 et par 4 mais cette fois-ci en quadrilatère inégal. La parcelle de 3 hectares de jeunes vignes qui donnent naissance à ce vin se situe pourtant de l’autre côté face au coteau descendant, comme un maillage entre les deux parties du domaine. C’est une autre façon pour Tessa Laroche de lier les deux parties du domaine entre elles, comme les roses qui signent l’appartenance à un paysage de femmes, sans oublier d’autres plants vigoureux comme la bignone.

Comme dans tout le domaine, de l’autre côté de la petite route, avec vue sur le grand paysage du coteau descendant de la Loire, les plants de vieilles vignes obtenues en sélection massale sont aussi rutilants de santé, en cette fin du mois de juillet. Florian, un des deux salariés de l’exploitation, est en train de couper les entre-cœurs, ces branches stériles, qui auraient tendance à trop se développer aux dépens des tiges porteuses de grappes et à nuire au bon murissement des grappes. Ces tâches, qui entrent dans le cadre de la taille d’été, sont essentielles pour conserver une forte densité d’expression au vin. « Ici on ne rogne pas les vignes pour éviter le stress de la plante surtout en période de sécheresse ».

Domaine de la Roche aux Moines, Berceau des Fées, Vues sur la Vallée Loire, Cl. Elisabeth PoulainDomaine de la Roche aux Moines, Berceau des Fées, Vues sur la Vallée Loire, Cl. Elisabeth PoulainDomaine de la Roche aux Moines, Berceau des Fées, Vues sur la Vallée Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Domaine de la Roche aux Moines, Berceau des Fées, Vues sur la Vallée Loire, Cl. Elisabeth Poulain

L’allée, qui coupe le vignoble en deux côté fleuve et vallon descendant, fait face à la propriété close de murs ; elle structure ce grand espace ouvert qui permet de voir facilement la fin de la délimitation de l’aire d’appellation au bout, puis sur sa gauche d’apercevoir l’Ile de Behuard au milieu de la Loire et dans le fond la ville de Rochefort au bord du Louet, un des petits affluents de la Loire. Deux grands pins parasol plantés sur le côté gauche marquent le début de l’allée et chaque rang de vigne avec son rosier rouge attitré. C’est le point haut du domaine repérable de loin, grâce à leur belle silhouette. De l’autre côté de l’allée des vieilles vignes, se trouvent des vignes plantées en 1983. On retrouve à chaque pas du domaine cette volonté de toujours composer avec le temps pour constamment renouveler le vignoble, en gardant un équilibre toujours à refaire entre les parcelles, leurs caractéristiques propres et l’adéquation optimale avec les plants en fonction de leurs âges, de leur mode de sélection et de la gamme des vins …

« Cette année, la véraison va se faire en une semaine, vers le 15 août environ avec un début de vendange qui va débuter vers la mi-septembre. ». On retrouve le temps, cette fois-ci dans sa déclinaison végétale pure, après une petite tornade une semaine avant. La vie dans la vigne n’est jamais un long fleuve tranquille. Il faut aussi toujours prévoir, en étant attentif à l’évolution de la société. C’est ainsi que pour répondre à des demandes de touristes français et étrangers, amateurs de bons vins et tout autant dégustateurs de grands paysages que Tessa Laroche a racheté une maison paysanne qui jouxte la propriété. Elle l’a faite entièrement rénover pour la proposer à la location en gite.

Dans le fond de la propriété du coté descendant vers le vallon, les rangées de vigne ont été plantées en 2011 cette fois-ci parallèlement à l’allée centrale et à la Loire plus bas. Il s’agit de faciliter l’écoulement de l’eau lors des pluies. Le sol est là très caillouteux, avec des teintes rouges-rosées, grisées ou vertes. On y sent vraiment la chaleur, par différence avec la température plus fraîche de la partie du vignoble située en arrière de la demeure.

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Florian, Vue sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Florian, Vue sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Florian, Vue sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Florian, Vue sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Il est alors temps de revenir à la propriété et de contourner le magnifique bâtiment technique, que l’on appelle ici « les Communs » d’une longueur étonnante, chapeauté en son milieu par une petite tourelle carrée, comme une vigie, qui permet de voir d’en haut le domaine sur tous ses côtés. C’est un exemple particulièrement réussi d’architecture dédiée au vin, rare en Loire. « Sa construction date du début du XIXe siècle, vers 1830. Il fait le pendant de la belle demeure (XVII et XVIIIe) sur sa droite, avec, en lien, les arbres qui sont aussi une des signatures de ce site exceptionnel. Vous pouvez le constater avec la photo choisie comme bandeau de présentation par les Dames Laroche sur le site du Château. 

En arrière du grand bâtiment technique, se situe l’Allée du Chai, plantée de tilleuls, qui, comme son nom, l’indique conduit au chai. C’est là que se situe le chai à barriques qui contient la récolte de 2014, qui précède la cuverie pour 50% des vendanges qui vieillissent en cuve industrielle. L’endroit est très spécial, avec une atmosphère particulière, faite de calme, de retenue et de sérieux. Il ne s’agit pas dans cette allée de mettre des fleurs, mais de rester concentré sur l’objectif professionnel qui est de faire des vins au mieux de leur nature profonde. Les tilleuls grâce à leur feuillage renforcent cette atmosphère. La proximité avec le jardin potager de l’autre côté du haut mur, qu’on ne voit pourtant pas, souligne aussi le lien de la vigne avec la croissance des plantes, le soin qui leur est porté et leur production tant attendue.

Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, Le Berceau des Fées, Cl. Elisabeth Poulain

Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, Le Berceau des Fées, Cl. Elisabeth Poulain

Le moment de « goûter en particulier un millésime 2014 du Berceau des Fées est venu. Il est pour l’instant vendu en vin de France. Il lui faut attendre encore une cinquième année d’existence pour avoir droit à l’appellation. C’est un vin de plaisir, vinifié en jus de jeunes vignes, à déguster dans les deux ans. Ce vin d’été titré à 13%, est présenté dans une bouteille cirée et mis en bouteille en 2014. Pour l’étiquette, je voulais autre chose. J’ai donc expliqué à la graphiste, Marie Carmarans, ce que je voulais et son travail m’a plu. » On comprend qu’elle savoure avec un plaisir particulier ce beau challenge qui montre une autre facette des capacités des différentes parcelles du domaine à parler la riche langue du vin.

C’est un Domaine aux Moines 2013 que nous goûtons ensuite. Il a bénéficié d’un élevage de 18 mois pour 50% en fût et le reste en cuve. Il a été mis en bouteille en mars 2015. Comme tous nos millésimes, il est très terroir, qui fait ressortir sa minéralité. Par nature, c’est un bon vin de garde, à l’acidité nécessaire. Minéralité et Acidité sont les deux constantes Mère-Fille qui sont mises en application au domaine. Bien sûr, nous nous adaptons au millésime chaque année. Plus que ça en fait, c’est le domaine qui s’adapte au mieux au changement climatique. Maintenant on ramasse les raisins dorés ; avant on botrytisait pour avoir le sucre. L’élevage est plus long… »

Comme Tessa Laroche le dit « cet été 2015, je ne pars pas en vacances. Ca m’embête. Je préfère rester au domaine. Je me ressource en étant ici, les pieds sur la terre de Savennières où chaque plant, chaque arbre...me parlent. Parmi mes travaux d’été, j’ai en particulier prévu aussi d’enlever les fleurs fanées des rosiers. » C’est ici qu’elle prend les grandes décisions qui engagent la propriété. Parmi celles-ci, citons quelques exemples, les plantations de nouvelles parcelles sur 3ha, comme pour « Le Berceau des Fées », l’arrachage d’un rang sur deux à la fin des années 2010 pour gagner en concentration, l’affectation d’une parcelle avancée sur le coteau descendant Ouest au Cabernet-Franc. « Une fois par exemple que la parcelle de cabernet ne produira plus, nous l’arracherons et replanterons en chenin. Aujourd’hui cette parcelle de 90 ans donne encore de beaux petits raisins que l’on garde. Cela nous permet de s’ouvrir sur d’autres connaissances, d’autres réactions de la terre à d’autres cépages… Je prends beaucoup de plaisir à ce que je fais. C’est vraiment ma passion. »

Cela se sent, cela se goûte dans les vins de Savennières du Château de la Roche aux Moines et... c'est bon.

Domaine de la Roche aux Moines, Allée du Chai, Murs, Barriques,  Cl. Elisabeth Poulain

Domaine de la Roche aux Moines, Allée du Chai, Murs, Barriques, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Retrouver, découvrir le domaine, avec de belles photos http://www.domaine-aux-moines.com/  

. Le gite en proximité immédiate avec le domaine, avec vue sur les vignes, maintenant ouvert à la location sur http://www.gite-domaine-aux-moines.com/fr/6prix.html  

. Marie Carmarans, graphiste, sur https://www.facebook.com/marie.carmarans.3  

. Manger au village de Savennières http://www.lechenin.fr/  

. La sélection massale, une définition sur http://www.larvf.com/,selection-massale-definition-dictionnaire-du-vin-vocabulaire-lexique,10355,4025349.asp  

. L’histoire de l’appellation sur http://vins-savennieres.com/IMG/pdf/l-histoire_du_vignoble.pdf  

. Le cahier des charges de l’AOC Savennières Roche aux Moines homologué par décret 2011-1626 du 23.11.2011 http://www.federationviticole.com/images/pdf/savennieres%20rm%2023%20nov%202011%20cdc.pdf  

. Parcourir avec délectation le toujours excellent billet de PhilR, de la Pipette aux Quatre Vins sur http://pipette.canalblog.com/archives/2011/05/09/21073914.html  

. L’essentiel sur Savennières http://www.dico-du-vin.com/r/roche-aux-moines-aoc-savennieres-roche-aux-moines-anjou-loire/  

. Rapidement l’histoire de l’appellation sur http://vins-savennieres.com/IMG/pdf/l-histoire_du_vignoble.pdf  

. D’autres photos de Savennières sur http://merveilleux-anjou.blogspot.fr/2012/07/savennieres-quelques-vignobles.html  

. Photos Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur le gite et le mur du domaine, Cl. Elisabeth PoulainSavennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur le gite et le mur du domaine, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur le gite et le mur du domaine, Cl. Elisabeth Poulain

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Les paysages du whisky > Glenfiddich > L’esprit pionnier & le temps

20 Août 2015, 16:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 12 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 12 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Le whisky d’abord. C’est un single malt scotch whisky, qu’on ne traduit pas en français. Cela ferait tâche en société et pourtant peu savent qu’il s’agit d’un whisky écossais -  jusque-là ça va -  bien que l’on dise souvent « un Scotch » s’il vous plait ». La suite est moins connue. Cet alcool provient d’orge malté, obtenu dans une distillerie unique, distillé deux fois dans des alambics de cuivre et qui repose ensuite trois ans au minimum dans des fûts de chêne.   

Le Scotch Whisky Single Malt est obtenu à partir d'orge maltée (1). Jusque- là, ça va. La suite montre  que d’autres conditions d’excellence sont nécessaires. Il faut ensuite que le jus soit  issu d'une même distillerie (2), distillé au minimum deux fois (3) dans des alambics de cuivre (4), titrant un minimum de 40° (5), vieilli obligatoirement en fût (6) (généralement de chêne) pendant un minimum de 3 ans (7) et exclusivement en Écosse (8) d'où son appellation de Scotch. Si je compte bien, cela fait huit conditions, plus une que l’on découvre au cours du billet et qui est propre à la marque.

Glennfiddich, c’est le nom de ce whisky écossais de la vallée de la Spey – Glennfidish speysside – au Nord-est de l’Ecosse. Les trois visuels que je vous présente présentent des points communs et des différences. La plus importante est l’âge du whisky : en bouteille verte, il s’agit du 12 ans d’âge et en bouteille couleur or, c’est le 15 ans d’âge. La bouteille est semble-t-il la même et l’étiquette aussi. Elles ont toutes deux pour objectif de mettre la date d’établissement – Est 1887 - de la distillerie en valeur grâce à un tampon saillant sur le verre juste au-dessous du col de la bouteille.

Les 4 séquences de la bouteille –or et verte- sont successivement les armes avec le blason en haut au-dessous du bouchon, l’année de fondation 1887 (Est pour estate) sur le tampon, l’étiquette avec le cerf qui a été et est toujours l’emblème, à cause de la localisation de la distillerie dans la vallée de la Deer – le cerf -  et l’âge de la cuvée, 12 et 15 ans dans l’exemple.

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 15 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 15 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Les trois visuels. Il s’agissait de rafraîchir la vision de la marque en renouvelant sa perception pour le public français, le premier pays consommateur au monde - sans toucher à la bouteille et sans nuire à la marque. Pour cela deux clés ont été utilisées.

. La première est le temps, cette fois-ci exprimée non plus en années, c’est déjà fait par deux fois sur la bouteille, l’une en inscrivant la date de création de l’entreprise et l’autre l’âge du scotch whisky. Le temps ici se traduit en « esprit pionnier » à l’instar des pionniers qui ont traversé les Etats-Unis pour conquérir la Californie. Un mythe américain pour séduire les amateurs français, qui va se traduire par l’adjonction d’un texte sur le visuel. Pour le 15 ans d’âge, c’est la durée qui va être mise en avant.

- Pour le 12 ans d’âge, il est fait appel à la mer et au marin que fut « le gendre du créateur de la distillerie, Charles Gordon, qui fut le premier à prendre la mer pour exporter son Single Malt » maintenant présent « aux quatre coins du monde. » « L’esprit pionnier » figure en grand au-dessus de de la bouteille à droite.

- Pour le 15 ans, l’intitulé du visuel est désormais le suivant « 125 ans, Les années passent, l’esprit pionnier reste »…Le texte est plus étoffé : « 125 ans que William Grant posait la Ière pierre de sa distillerie dans la vallée des cerfs. 125 années durant lesquelles Glennfiddish a su développer la gamme des Single Malts la plus récompensée au monde. 125 année de créativité et de tradition qu’incarne à merveille l’alliance des trois fûts différents dont est issu Glenfiddich 15 ans… » Voila la 9è condition propre à la marque. 

La signature a changé : le cerf est toujours là, sa dimension a été réduite, dessous apparait en caractères blancs Glenfiddich et enfin en gros caractères 125 ans. - Le second visuel du 15 ans d’âge met l’accent sur la qualité de l’eau. L’accroche a été légèrement modifiée avec un texte qui devient : « L’esprit pionnier depuis 125 ans…  

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 15 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 15 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

L’autre élément du renouvellement des visuels est l’importance donnée au paysage écossais. C’est une façon très actuelle de donner du corps à un alcool, à un vin, quelque chose que l’on boit, ou qu’on ingère dans son corps. Un procédé très efficace pour donner du sens à une publicité pour du whisky. Le cerf, c’était bien à un moment de notre histoire ; les hommes qui ont fondé l’entreprise, c’est toujours important. Le rattachement d’un paysage à un produit de marque maintenant est une formidable façon de singulariser cet alcool, qui ne pourra jamais être confondu avec un autre.

Vous ne boirez plus du Glenfiddich 15, vous goûterez toute la singularité d’un vaste paysage de grande nature, comme l’est cette colline caillouteuse dont le sentier vous mène à un sommet ou ce torrent d’eau vive qui saute de rocher en roche entre les collines près d’un pin…sans nulle trace humaine. Quant au 12 ans, vous serez le navigateur à la barre de votre navire à voile longeant les côtes heurtées de l’Ecosse…une façon aussi peut-être d’utiliser la mer pour contrer un concurrent qui en a fait sa marque de différenciation…Une affaire à suivre !

 

Pour suivre le chemin

. Visuels parus dans le Monde du 5.5.2012 pour le 12 ans d’âge, Le Figaro Magazine du 24 mai 2013 et l’Express du 30 octobre 2013 pour le 15 ans d’âge

. Retrouver l’essentiel de la gamme sur www.glenfiddich.fr  et le cadre génaral sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Glenfiddich  

. Photos Elisabeth Poulain

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Style de Pub 2009 > 500Diesel > Le télescopage pour attirer l’œil

17 Août 2015, 09:16am

Publié par Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl1-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl1-3. Elisabeth Poulain

En matière de création publicitaire, que peut-on faire pour attirer le regard de consommateurs saturés, retenir leur attention un court instant et fixer dans leur mémoire la trace du visuel qu’ils viennent de voir ? La réponse est : introduire un élément de désordre incongru capable de susciter le trouble dans l’univers publicitaire où tout fait sens. C’est cette incongruité qui provoque un télescopage d’univers, entre le message publicitaire très ordonné et un élément visuel qui détonne, étonne, questionne… Naturellement chaque cas est particulier, sans règle globale valable dans toutes les situations.

Chaque marché publicitaire a également encore en partie sa culture propre. On ne communique pas exactement pareil dans tous les pays, bien que les choses changent vite. Le jeu publicitaire peut introduire un élément de désordre dans un visuel. Il peut aussi, et c’est le cas que j’ai choisi, fonder toute sa création sur « l’étrange » qui devrait être écrit au pluriel, tant il y en a « d’étrange-s » dans cet étrange.

Le visuel « Croire en l’étrange. 500 Diesel ». Pour être étrange, c’est étrange. On y voit un flic new-yorkais assis, à la ramasse, sur la seconde marche d’un petit escalier qui mène à un petit quai dans une vieille usine. Visiblement, il ne va pas bien. A son poignet droit, est encore attachée une paire de menottes dont l’autre est franchement ouverte. Son prisonnier s’est échappé. D’où son air effondré, la bouche ouverte en recherche d’air. La scène se passe dans une usine lépreuse, avec en arrière fond un mur de brique blanc sale, avec une porte intérieure de bois fermée. Tout suinte le temps qui passe, le vieux qui pue... Pour bien faire ressortir cette dimension, on y voit même une poubelle jaune plastique, dont la présence est toute à fait incongrue, sous les quelques marches revêtues de serpillère verte qui mènent au quai. C'est une façon de dire que l'entrepôt est habité.  
 

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl3-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl3-3. Elisabeth Poulain

Et l’étrange arrive, dans ce décor minable faite pour un looser de première, qui visiblement vient de s’échapper. C’est une Fiat Diesel 500 brillante d’un vert-gris très doux, qui étonne franchement dans un tel décor où tout suinte la saleté. D’elle, on ne voit que l’arrière, sans autre information. Il faut lire la dernière ligne du visuel écrit en blanc pour apprendre que c’est une « Série spéciale Fiat 500 by Diesel. Conso. mixtes (L/100km) et CO2 (g/km) mini-maxi : 4,2/6,3 et 110/149. www.500bydiesel.fr »

Le télescopage visuel provient d’une mise en scène très élaborée. L’ambiance oppressante est rendue par le grand mur de briques blanches structurée en vertical par des colonnes saillantes verticales de briques rouges et en horizontal par les tuyaux noirs en hauteur, le rang de deux briques rouges à la hauteur du rebord de la fenêtre et le quai aillant. La porte elle-même est une composition à elle seule. Elle devait être dotée dans sa partie haute d’une baie cintrée dont on voit encore l’arc et d’une sorte de store blanc (?) au-dessus d’une partie en bois et enfin en dessous de la porte elle-même qui s’ouvre sur l’extérieur, pour fermer vraisemblablement un entrepôt (?).

C’est un décor de cinéma d’un entrepôt des bas-fonds new-yorkais (Ier élément), avec un « cops », un flic fatigué en plan intermédiaire sur la gauche (l’élément humain en n°2), pour mettre en valeur une petite voiture de femme bien propre, bien nette. La voiture bien sûr, qui est au cœur de ce visuel construit autour d’un triple télescopage, l’univers des séries noires, le flic pour une voiture « diesel », la propreté et la brillance pour la femme, en jouant aussi sa partition entre le vieux et le sale. L'amusant est aussi de constater qu'il faut pour vendre une petite italienne (voiture), aller à New-York (l"homme et l'entrepôt) pour rendre plus attractive une marque allemande (vêtements).  Résultat de cette double complexité réussie, vous n’oubliez pas ce visuel. Et moi, ce qui m’avait intéressé, c’est le mur de briques blanches !

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl-2-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl-2-3. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le visuel est une création d’Independant ideas, une agence qui joue beaucoup avec les lignes et les couleurs pour impacter la force au cœur de ses créations, et qui est toujours l’annonceur de Fiat 500 en Italie sur http://www.independentideas.it/it/  

. Il est paru dans le numéro de Printemps 2009 de Citizen K International, en page 69. L’adresse citée au bas de la publicité n’est plus active.

. Des précisions sur cette série limitée, présentée au Mondial 2008 et qui n’existe plus. Il est encore possible d’en acheter d’occasion, à voir sur http://aebergon.perso.neuf.fr/Fiat/page_Fiat_500_by_Diesel_08.htm  

. Lire aussi une appréciation très détaillée d’un utilisateur, fan de la voiture, où l’on apprend que le « Diesel » qui fait partie de la marque est celui de la célèbre marque de jeans, sur http://www.forum-auto.com/marques/fiat/sujet6106.htm  

. Retrouver Diesel, la marque allemande, sur http://www.stylight.fr/Diesel/Vetements/Femme/  

. Voir des vêtements de marque Diesel pour femmes sur http://www.stylight.fr/Diesel/Vetements/Femme/  

. Photos Elisabeth Poulain, avec la partie basse du visuel en haut de ce billet, la partie haute en bas de l'article et le visuel entier au milieu...!   

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Collection Emmaüs > 2 Dessins > La boule, la pente & l’équilibre

11 Août 2015, 14:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.1 & 2 Elisabeth PoulainCollection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.1 & 2 Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.1 & 2 Elisabeth Poulain

Ce sont des dessins qui entrent cette fois-ci ans la collection Emmaüs, des créations graphiques très professionnelles et traitées comme telles. Ils se présentent sur papier grisé, entourés extérieurement d’un cadre noir qui lui-même fait ressortir à l’intérieur en aplat en carton d’un gris plus foncé, coupé en biseau lui-même revêtu d’un fin liseré noir. Les tableaux  mesurent 54,4 cm sur 42 cm, pour les deux dessins de dimensions 44,6cm sur 31,8 cm.

Leur thème commun est la recherche de l’équilibre, sachant que par définition l’équilibre est toujours à rechercher. Il est toujours fugace, à la merci d’un souffle d’air, d’un accrochage aléatoire, d’un regard différencié ou d’une composition à la temporalité éphémère. Ces deux compositions représentent l’équilibre d’un instant très fugace, qui peut s’évanouir aussi vite qu’il est apparu.

Le Ier tableau présente une roue dentelée en partie droite supérieure et  un petit triangle rouge inférieure. Tous deux jouent de part et d’autre avec la barre claire inclinée vers la droite. Celle-ci coupe la composition en deux en penchant vers le coté-grande roue. Elle porte à l’intérieur d’autres petites roues appareillées deux par deux sur une ligne noire en son milieu. Le tout  est incliné vers la droite sous le poids du grand cercle très composite  au cœur évidé. Sa composition très complexe est accentuée par ses courbes et ses couleurs noires, grisées et orangées.

Le second  tableau est une variante en courbe de cette composition. Comme la première, elle joue à trois éléments, deux boules qui volètent de part et d’autre d’une ligne courbe dont la présence est renforcée par l’ombrage marquée qui rend compte d’un relevé de partie supérieure sur celle du bas. Ce raffinement est poussé jusqu’à suggérer une courbe  qui se relève sur les bords extérieurs de la création. On retrouve la prééminence de la grande boule - placée en haut - qui suggère la Terre, avec ses ombrages gris, noirs et ocres foncés en côté gauche, face à la petite boule orange vif qui fait l’équilibre cette fois-ci du côté droit en bas.

Collection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.2 Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.2 Elisabeth Poulain

La juxtaposition est si intéressante qu’elle rend plus forte l’absence d’une troisième composition, sans que je puisse d’ailleurs imaginer comment elle aurait pu se présenter. Après la complexité de la roue évidée et du triangle rouge alignées d’une façon rigide, vient la grosse boule de terre associée à la petite boule de feu dans une courbe vivante, quelle aurait pu être la séquence suivante dans le développement de l’univers? La rencontre entre les deux univers, avec des pointillés dans la séparation entre la partie haute et basse, avec cette question : laquelle des deux boules va-t-elle absorber l’autre?

Ces deux tableaux ne portent aucune marque d’identification ni devant, ni derrière. L’encadrement est l’œuvre d’un spécialiste qui a choisi pour l’arrière du contreplaqué de faible épaisseur. Preuve s’il en est de l’importance que l’artiste ou l’acquéreur a attaché à ce travail très soigné.

Pour suivre le chemin . Retrouver la collection Emmaüs sur ce blog . Photos Elisabeth Poulain

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Style de Pub Orange > Le Champ de Blé, Le Déménagement en VW

28 Juillet 2015, 15:45pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le petit camping-car sur la route, au bord d'un champ de blé, Pub Orange, Cl1. Elisabeth Poulain

Le petit camping-car sur la route, au bord d'un champ de blé, Pub Orange, Cl1. Elisabeth Poulain

 Le visuel d’Orange. Datant de 2010, il n’a pas pris une ride. Comme pour le bon vin, les belles publicités non seulement ne vieillissent pas mais se bonifient avec le temps. Déjà réussies à leur parution, elles acquièrent encore plus de force après quelques années passées. Bonnes, elles l’étaient, bonnes elles sont restées, en ayant gardé leur singularité perceptible.

C’est d’autant plus vrai que nous sommes en pleine période des moissons en Normandie dans le département de l’Eure, dans ces grandes parcelles sans limite autre que des bois dans le fond à l’horizon, un bosquet ou un arbre de belles dimensions ici ou là. En voyant toutes ces machines œuvrer avant que la pluie annoncée pour les jours prochains arrive, j’ai repensé à ce visuel.

La pleine page d’Orange dans ce n° 1974 du Point. On y voit une camionnette qui ressemble à une Volkswagen de couleur jaune-orangée acidulée dense, avec un gros canapé sur le toit, filer sur une petite route de gauche vers la droite en passant près d'un champ de blé en épis, avec en arrière-plan une prairie avec des arbres et une colline haute avec une tour qu’on distingue à peine.

Cette scène de déménagement très bucolique joue avec réussite sur le véritable mythe du Combi Volswagen, un petit camping-car dévolu avec bonheur aux jeunes et à ceux qui le sont restés. Celui-ci est jaune et blanc pour le toit et une bande latérale basse qui chapeaute les roues. On en voyait encore beaucoup en France dans les années 80-90, en particulier dans les campings du littoral français en soirée. Le déménagement est visualisé par le gros canapé marron bien harnaché sur la galerie de toit.

Le petit camping-car sur la route, au bord d'un champ de blé Pub Orange, Cl2. Elisabeth Poulain,

Le petit camping-car sur la route, au bord d'un champ de blé Pub Orange, Cl2. Elisabeth Poulain,

C’est le champ de blé en épis prêts à être fauchés qui est le véritable héros de ce visuel. C’est lui qui donne l’ancrage terrien, qui est plus qu’un décor. C’est un marqueur symbolique très fort, signe de prospérité, de bien-être pour les gens et d’attachement "au pays". Le Combi signe la mobilité et vise la jeunesse en années et/ou en mentalité. La photo, qui associe les deux, est une franche réussite. Les épis du devant ont la souplesse que donne la brise douce; ils ont une teinte jaune orangée mêlée d’une touche de vert très réussie. A voir les blés actuellement prêts à être fauchés, les couleurs du champ d’Orange ont été franchement tirées vers l’orange d’Orange, dont le carré Orange signe ce visuel en bas à droite.

La structure de la composition. Elle est superbe. La moitié supérieure est placée sous le signe du Combi pour un tiers environ et le champ de blé pour le reste. En seconde moitié figurent trois paragraphes en caractères de différentes tailles et le tout se termine par les mentions légales en petit, avec comme signature sur la ligne horizontale le carré orange dont la ligne médiane verticale traverse en projection haute tout le visuel sur toute la ligne…Orange en signe de conquête de l’espace terre et air…avec des personnes qui vont croiser sa route…car la voiture roule de gauche à droite !

Pour suivre le chemin

. Orange sur http://orange.com/sirius/histoire/fr/moments-forts/  Le sens de ce visuel s'explique par son titre "Le sens du service, c'est déménager votre internet Orange pendant que vous déménager tout le reste

. Voir les images des différentes versions des Combi en tapant sur VW Combi « Mes Images » ; celle qui ressemble le plus serait celle qui a été utilisée pour le film « Miss Sunshine » de 2006, mais avec des différences certaines.

. Des VW à retrouver sur http://www.becombi.com/les-demoiselles-aventurieres-8-000-km-en-combi-split/  

. Le Point, 15 juillet 2010 en page 35 du magazine.

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M comme Man > L’Homme vu par Boss > La Ligne selon Hugo Boss

22 Juillet 2015, 13:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub Homme, Hugo Boss, L'Express 26.11.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Homme, Hugo Boss, L'Express 26.11.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre d’abord. Il s’agit dans ce billet de mettre en lumière un très beau cliché d’homme fait par Hugo Boss, la Maison  Hugo Boss, en essayant de montrer la construction du visuel, pour en faire ressortir les lignes. Ces lignes font apparaître la structure de la photographie, aussi et autant composée que peut l’être un tableau de maître hollandais de la Grande Epoque classique, comme a pu l’être Samuel van Hoogarten, au milieu du XVIIe siècle aux Provinces-Unies des Pays-Bas.

Mais avant tout quelques mots sur la Maison Hugo Boss. Promis, je ne vous assommerai   pas avec de chiffres. Je ne vous en donnerai que 2 + 1 +. La Maison, créée en 1924 en Allemagne, a toujours son siège à Metzingen en Bade-Wutemberg, situé en rive droite du Rhin, face à l’Alsace en rive gauche. Elle vend actuellement 1 costume d’homme sur 6 dans le Monde. On va retrouver aussi ce chiffre 6 cette fois-ci présenté par 2, donc 66 assorti d’un %, pour viser la part de l’actionnaire principal de nationalité britannique.  Soit une double dimension européenne et mondiale.

Le + 1 + désigne la date du visuel  que je vous présente. Il s’agit d’une publicité parue dans l’Express en date du 20 au 26 novembre 2013. Pour ceux que la numérologie intéresse, il s’agit du 5ème visuel placé en tout début du n° 3255 du magazine, très orienté « Homme », avec un visuel double pour le Scotch Whisky Singleton à ambiance minérale, un autre double rouge avec Cartier et sa montre Tank MC, un 3è double rouge pour une Renault Captur, un Cross-Over urbain rouge, Azzaro pour Homme en noir et blanc avec le flacon de parfum or en page paire  et…en page impaire enfin l’Homme selon Hugo Boss en tonalités bleues.  

Ce qui frappe en premier dans le cliché, c’est la façon dont le photographe a voulu exprimer l’essence de l’Homme, sa  nature profonde en représentation visuelle, sans aucun mot autre que BOSS, HUGO BOSS en caractères droits et forts.  Ici pas de chichi, ni de décoration, ni de pose pensive ou réflexive dans un fauteuil…pas de bibliothèque, ni de tableau en arrière  fond.

On perçoit seulement des lignes, avec un très beau travail de rencontres maîtrisées entre des plans coupés. On voit d’abord le mur de pierre bleue - du Hainault belge me semble-t-il, mais sans certitude - assemblée telles des briques, sur le côté droite, à sa gauche donc. Sous ses pieds,  s’exprime la chaleur d’un parquet à lames alternées, une claire, une plus foncée, avec un jeu de lumière qui est accentué par le troisième plan, à savoir les lames larges d’un store vertical par lequel passe la lumière bleutée. C’est sur ce fond clair que se détache le nom du visuel et celui de la marque. La structure ainsi définie, comme une rencontre entre trois plans de nature, de texture et de couleurs différentes, sert de cadre très valorisant pour celui qui incarne la marque.

C’est l’Homme BOSS HUGO BOSS qui est adossé contre le mur de pierre bleue par son épaule gauche, ainsi que sa jambe gauche, tandis que la droite est repliée en partie en arrière pour donner de la souplesse, en évitant la rigidité des jambes écartées. C’est aussi une façon de créer une oblique à partir du bas de la jambe gauche vers le haut. L’axe du corps est ainsi décentré de façon à lancer le regard vers le haut. Le jeune homme a les mains dans les poches, pour le rendre plus humain, en créant une ligne légèrement oblique entre la position des mains de chaque côté, un truc qui a pour effet de tirer sur sa veste à hauteur du bouton. C’est aussi une façon subtile de donner une impression renforcée d’arrondis qui se joignent en remontant vers le visage, avec les revers, puis le gilet.

La rupture vient du col blanc qui se détache sur la chemise rayée, renforcée par la cravate bleue foncée à petites impressions blanches qui surprend comme un lien entre le col si blanc qui forme le 3è étage de cette superposition entre veste, gilet et chemise. La cravate forte à points apporte de la dissonance mesurée dans cet ensemble. A noter le discret rappel de la pochette blanche très enfoncée qui ne déborde guère de la poche haute gauche pour renforcer l’asymétrie entre les deux parties de la veste, ce liseré blanc donc qui renvoie en diagonale au revers de la petite poche à rabat situé au-dessus de la poche de droite.

Le regard se porte alors sur le visage très classique de ce jeune homme. Il ne sourit pas. Il est très présent, il regarde mais sans avoir l’air d’attendre. Il occupe vraiment tout l’espace. Vous venez de voir une photo très construite qui reste dans la rétine. Du bel ouvrage vraiment…

 

Pour suivre le chemin

. Le visuel est à voir dans L’Express, n° 3255 du 20 au 26 novembre 2013, page 13

. Hugo Boss à retrouver sur http://www.hugoboss.com/fr/home  

. L’histoire du groupe https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugo_Boss  

. La newsletter du Groupe pour la France et la boutique en ligne sur http://www.hugoboss.com/fr/hommes-2/  

. Voir surtout son e-magazine très tendance, avec beaucoup de superbes clichés sur http://www.hugoboss.com/fr/magazine/  avec en particulier le cahier Boss Bottled Celebrates Men of Today http://www.hugoboss.com/fr/magazine/boss-bottled/50973.html?fdid=emag&csortb1=published&csortd1=2  

. Le Bade-Wurtemberg sur la rive droite du Rhin, la région voisine de l’Alsace située en rive gauche

. Voir sur ce blog « Quand la porte s’ouvre, Samuel van Hoogarten est là » http://www.elisabethpoulain.com/article-symbole-quand-la-porte-s-ouvre-samuel-van-hoogarten-est-la-115127901.html  

. Ainsi que le billet sur la pierre bleue du Hainaut de Belgique http://www.elisabethpoulain.com/article-la-pierre-bleue-du-hainaut-de-belgique-un-symbole-de-longevite-125321632.html  

. Photo Elisabeth Poulain

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Le sable, la plage, la mer, l’espace publicitaire pour la voiture et +

20 Juillet 2015, 14:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

Parfum Azzaro, Chrome United, M du Magazine le Monde, 14.09.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Parfum Azzaro, Chrome United, M du Magazine le Monde, 14.09.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Ce sont des visuels de publicité, qui datent de 2013 et 2014, pour un parfum et des voitures  avec plusieurs visions intéressantes et différentes, en y ajoutant la dune d’ailleurs, avec une question « et la mer, où est-elle ? ».

. Voici d’abord une publicité, pour « Chrome United, le Nouveau Parfum d’Azzaro », sur une double page de M, Le  Magazine du Monde (2013). Dans le visuel en noir et blanc  avec un peu de couleur pour le flacon, on découvre quatre copains contents, sortant de leur voiture, garée tout près dans un chemin ouvert dans la dune, courant vers l’eau. Le cliché les montre dans leur joie de vivre, pour accéder plus vite à la fraîcheur, non pas de l’eau, mais du flacon de « Chrome United », dont le parfum ressort en bleu ciel enrichi d’une pointe de gris. Le parfum est aussi attirant que l’eau dans laquelle on va se baigner, se rafraîchir, en faisant la course pour savoir qui l’aura en premier, pour le plaisir de la compétition.   

La voiture décapotable a pour objectif de servir d’ancrage dans le fond à gauche en haut, en allant vers le flacon de parfum en bas à droite. Sur cette ligne s’inscrit un certain style de vie d’une bande de copains actifs et joyeux. De la plage, on ne voit pas grand-chose, c’est surtout la dune en noir et blanc qui ressort plus que le  sable d’ailleurs. Si non, on en verrait la trace  de l’enfoncement des chaussures de nos joyeux drilles. On voit clairement que le sol est bien ferme, à l’instar de ce qui se passe pour les pneus du cabriolet. Mais là, il peut y avoir une explication pour permettre aux voitures des sauveteurs d’arriver sur la plage.   

. Le visuel de « La Nouvelle 500L Living, Plus de Place, Plus de Possibilités »  est   paru dans l’Express (2013) Spécial New-York. Je ne pense pas qu’il y ait un lien, avec le visuel. On penserait plutôt aux grandes plages du Brésil. La plage en elle-même ne permet pas de voir la mer. C’est un point commun avec la publicité précédente, de même que le choix de coloriser seulement l’objet du désir, ici la voiture verte, et non plus bleu comme pour le parfum. Pour le décor, c’est un beige couleur sable qui a été choisi, et non pas le noir et blanc.

Avec la Nouvelle Fiat 500L Living Fiat, la plage est un lieu de vie qui ressemble fort à un boulevard urbain où les gens se promènent, apportent leur chaise longue, leur fauteuil à bascule…mais sans que l’on puisse voir la mer. Sont colorisés en position statique dans l’espace entre la voiture, la plage par derrière celle-ci et les immeubles en courbe dans le fond. Par devant, on voit une foule habillée former un long ruban courbe qui semble attendre de pouvoir monter dans la 500L Living! Et le sol sous les pneus de la voiture semble être bien dur pour éviter à la 500L les problèmes que pose le sable mou.

Le troisième visuel ne peut pas vous être montré. C’est le plus récent (2014). Il va vous falloir vous contenter de ma description très sommaire. C’est un montage très élaboré effectué à partir de photos de deux photographes par une agence de communication. On voit une très grosse voiture, la Mitsubichi Outlander PHEV de couleur blanche, qui aurait réussi à se faufiler sur une plage entre des rochers qui apparaissent très petits du fait de sa grande taille à elle. C’est carrément une géante. De très petits personnages gravitent autour d’elle, certaines dans l’eau, d’autres à jouer au ballon, à faire de l’aquaplane, à pratiquer toutes activités sportives actives… qu’il est possible de faire en vacances à la plage…

La voiture est devenue l’élément phare de la plage et de la mer, plus que l’île dans la plage, c’est elle qui est devenue le phare. Clairement elle a conquis tout l’espace, les vacanciers y compris. Elle est le territoire des vacances au bord de l’eau… Le visuel est si fort qu’il n’est plus nécessaire de mettre des mots. La grande nouveauté par différence avec les deux précédents visuels est que pour la première fois, on voit vraiment la mer, une vraie mer de vacances dont l’eau bleue claire brille au soleil. C’est parlant. On voit bien le sable, les rochers, la plage, avec des vacanciers heureux qui, même ensemble pourtant, ne suffisent pas à montrer la dominante humaine ; c’est elle que l’on remarque et que l’on garde en mémoire.

 

Publicités Nouvelle Fiat Living, Land Rover Dicovery 3, Cl. Elisabeth poulainPublicités Nouvelle Fiat Living, Land Rover Dicovery 3, Cl. Elisabeth poulain

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Et pour finir, avec cette fois-ci un retour en arrière en forme de boucle, un visuel à forte densité de Land-Rover en date de 2005. Son titre « Imaginez un nouvel Horizon… Un nouveau Discovery 3 ». Et c’est vraiment ce qu’on sent. Ici, tout le décor est blanc pour une Land Rover blanche dont ressortent avec force les parties noires, telles que les vitres, les pneus, des pare-chocs et les lignes…On la voit bien calée sur ses pneus, présentée de biais vers la gauche, dans le sens inverse du flacon de parfum, avec aussi une diagonale haute gauche-basse droite qui croise la ligne de la voiture, constituée de trois indications « Land Rover, garantie 3 ans, 100 000kms » en haut à gauche, au milieu devant la voiture « Imaginez un nouvel horizon » et en bas à droite, l’adresse du site de LR en France. Le fond blanc n’est pas uniforme. On perçoit très bien la ligne d’horizon légèrement bleutée à la hauteur des phares avant, qui sépare le ciel uniforme mais plus bleutée du côté du centre du magazine, du sol qui pourrait être de la neige bien damée et glacée mais pas hostile. On est pourtant sur la Lune, c’est vraiment un nouvel horizon.

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Résumé des ressorts. Le parfum Chrome d’Azzaro nous fait courir sur la plage pour arriver au plus vite prendre en Ier le flacon de parfum, avant les copains. Avec la Nouvelle 500L de Fiat, nous sommes téléportés au Brésil sur la plage, à attendre de pouvoir l’admirer surement, d’y monter peut-être. Mitsubishi nous fait rêver à pouvoir garer notre voiture et celle-là seulement directement sur la plage, au bord de l’eau. C’est le rêve de tous les vacanciers plagistes. Land Rover enfin, nous démontre simplement avec un seul visuel la conquête de l’espace, qu’il suffit de voir, pour se croire « Moi maître de l’Univers » ---) MMU. Et c’est sur ce ressort-là, qu’est conçue la très forte majorité des visuels qui sortent encore maintenant. Les familiales, qui répondent pourtant à de vrais besoins, sont plus difficiles à attirer en publicité. Quant au parfum Azzaro, le ressort fonctionne très bien. Une hypothèse pourrait être que la marque est portée par des jeunes hommes joyeux. En sens contraire, pour la voiture, le meilleur visuel est celui de la Land Rover, où toute trace humaine a été enlevée, à l'exception de la voiture-création humaine. Compliquée la pub!

Pour suivre le chemin

. Lire un précédent billet sur ce thème ce blog où l’on découvre des publicités « Elle et Lui » avec Renault, « Elle » pour Dior et « Elle » avec Armani sur http://www.elisabethpoulain.com/article-la-plage-le-sable-la-mer-ce-nouvel-espace-deja-conquis-par-la-pub-124878182.html

. Publicité Maison d’Azzaro pour « Chrome United, Le Nouveau Parfum », votre boutique en ligne www.azzarostore.fr dans M le Magazine du Monde, 14 septembre 2013, pages 34-35. Création maison.

. Publicité « Nouvelle 500L Living , Plus de Place, Plus de Possibilités» dans L’Express du 16 au 22 octobre 2013, page 39. www.fiat.fr .Création maison.

. Publicité « Outlander PHEV Zéro Complexe » le 4 X 4Electrique par Mitsubishi », en page 49, Le Point en date du 27 mars 2014. Création de l’agence Adkeys, à Rueil-Malmaison (92) sur www.adkeys.com

. Publicité « Land Rover, Discovery 3 » en page 22 de « Géo, Un nouveau monde : la Terre », n° 314, Avril 2005, www.landrover.fr . Création maison.

. Photos Elisabeth Poulain

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Florence Cestac > Dessin > 2 potes & leur chien partant voir Papy-Mamy

17 Juillet 2015, 15:52pm

Publié par Elisabeth Poulain

Florence Cestac, dessin, L'Ado, animal de Labo, pour le Point 03.09.2009, copyright Florence Cestac

Florence Cestac, dessin, L'Ado, animal de Labo, pour le Point 03.09.2009, copyright Florence Cestac

Florence Cestac est une grande bosseuse qui aime à brouiller les frontières qui, pour d’autres qu’elle, peuvent exister dans le domaine de tout ce qui peut s’imprimer. Libraire, elle a très vite choisie d’être aussi d’être auteur, éditeur, dessinateur de BD, de presse…spécialisée dans le télescopage d’univers en frontal, avec un très grand sens parodique. Elle est tout particulièrement une dessinatrice de BD et aussi de dessins comme croqués sur le vif montrant un humour rafraîchissant. Elle adore représenter le télescopage avec le minimum de mots et un très fort sens de la ligne et des couleurs. A ces composants de base, elle ajoute un humour visuel qui me fait franchement éclater de rire.

Sa bibliographie se présente en conséquence sans autres mots imprimés à l’écran, que ceux des titres des 62 albums qu’elle a conçus. Quant à ses dessins, elle en montre quelques-uns, soit en cartouche unique, soit en petites séries. Allez voir celle en 9 cartouches « Mon fils chéri », vous comprendrez mieux son style d’humour. Quant à sa série des « camemberts, claquos ou clacos », elle est fabuleuse. D’ailleurs vous pouvez une commander un, l’étiquette s’entend ; pour l’instant, pour la vache, il faut peut-être encore attendre, même si l’artiste habite à Pont-Audemer dans un très beau coin de Normandie. Une région de France où il reste encore des vraies vaches dans les près.

Les jeux de rôles entre les deux membres d’un couple, ou la situation très conflictuelle du positionnement adopté par les « Zados », un terme prononcé en faisant les liaisons, représentent une mine d’or pour elle. Ces presque adultes qui zappent tout le temps en jouant simultanément et avec beaucoup de stratégie à l’adulte-enfant tout en revendiquant les droits des deux, sans aucune obligation d’aucune sorte, surtout pas…Le dessin que je vous présente illustre avec beaucoup de justesse l’article, du Point « L’Ado, animal de Labo » conçu sur l’analyse avec des extraits des rapports entretenus entre les Ados et leurs parents pris au sens large. Il faut ajouter que l’auteur de cet essai n’a pas hésité à donner à son essai « l’Ado ( et le bonobo). Essai sur un âge impossible », sans majuscule à Bonobo puisque c’est un singe, un primate, membre de la famille des Hominidés.

Florence Cestac, dessin, L'Ado, animal de Labo, pour le Point 03.09.2009, copyright Florence Cestac

Florence Cestac, dessin, L'Ado, animal de Labo, pour le Point 03.09.2009, copyright Florence Cestac

Le dessin sur fond blanc. On y fait connaissance avec le chien et les deux copains qui doivent être frères ou cousins. Quoi qu’il en soit de leur situation familiale, ils ont les mêmes grands-parents, les fameux Papy et Mamy, qu’ils s’apprêtent à aller voir, avec cette merveilleuse question posée par les deux en même temps « Pourquoi notre look pose problème pour aller voir Papy et Mamy ? ». On comprend vite que la question centrale repose sur l’analyse de leur look.

Commençons par le chien. C’est bien le seul à ne pas se poser pas de question. Pour lui, la vie est claire. Ce petit molosse à pattes courtes a été choisi par son maître justement pour faire peur. Il réussit parfaitement son pari. Il est très bien dans son rôle, avec ses yeux bigleux, son regard chafouin et méchant, sa bouche baveuse tellement il serre les temps et cette bave qu’il postillonne à tout va. Ses griffes raclent le sol, en y traçant des sillons de méchanceté. Et en plus, comme si cela ne lui suffisait pas, il a un collier d’enfer, avec de grosses pointes saillantes vers l’extérieur. Le premier chien qui voudra l’attaquer en le mordant au cou le sentira passer !

Son maître à gauche, le petit dur en para-commando porte un treillis militaire, de grosses godasses hautes crantées écartées vers l’extérieur. Son blouson est ouvert sur un t shirt gris pour que l’on puisse admirer ses pectoraux bien saillants. Il a en outre des bracelets en cuir noir de force à chaque poignet. Sa main gauche tient une courte chaîne à gros maillon pour retenir le chien. Et son ventre est serré dans un gros ceinturon. Juju La Menace n’aime pas grand-chose, ni grand monde. Même son surnom, trouve-t-il ne répond à son potentiel de force. Il est toujours en pétard avec tout le monde. Même avec son chien, qui trouve-t-il ne mérite pas son nom de Rex La Terreur que leurs copains lui ont donné. C’est lui qu’on devrait appeler comme ça. Mais rien n’y fait, lui c'est toujours Juju et Rex Rex !.

Son pote à côté est le grand mou de service, celui qui est à droite dans le dessin. D’ailleurs quand on veut se moquer de lui, on l’appelle « La Guimauve », sans mettre devant « Dédé ». Et ce n’est pas un compliment. Dédé d’accord, ça il veut bien, mais la Guimauve, c’est non. Pourtant il est mou, si mou qu’il arrive à peine à tenir sa tête. Son cou est toujours penché en avant. Comme chaussures, à ses pieds, il a des savates. Son jeans taille basse tout plissé n’a pas de forme. Son ceinturon parme est choisi tout autant pour la couleur que pour tenir son fût, il n’a pas de fesses. Un t’shirt rayé assorti à une casquette rose informe complète sa tenue, avec un mini-blouson en jeans orné d'un cœur rouge et des mitaines aux mains, même en plein été. Avec son sac à épaule avec un dessin de Mickey à grandes oreilles et nez rouges, il ne passe pas inaperçu.

Récapitulons. En partant de gauche à droite, vous avez devant vous Juju La Menace, qui tient solidement en laisse Rex La Terreur et de l’autre côté Dédé La Guimauve. Les personnes qui manquent sont les heureux Papy et Mamy de ces deux jeunes gens. Ceux-ci s’interrogent gravement sur leur look qui pourrait poser problème pour aller voir Grand-Père et Grand-Mère, les grands parents comme on ne dit plus aujourd’hui, Papy et Mamy, c’est beaucoup plus chic.

Un look tellement travaillé, pourquoi cela pourrait les embêter? Surtout qu’on vient les voir parce qu’on les aime bien. En plus, on a soigné notre look à fond, dit Juju La Menace. Et qu’on vient pour leur demander des sous, faut dire ajoute Dédé La Guimauve. Tais-toi, idiot conclut Juju, avec un profond wouaf de Rex la Terreur. Il est temps d’arrêter l’interview, si, non je sens que je vais me faire interpeller, par un  T’as quelque chose à dire, Toi La Stupide ?

Conclusion. La psychologie a ses limites que le dessin ne connait pas. Il intègre beaucoup de connaissances et de sensibilité psychologiques, que Florence Cestac a complètement su saisir en dessin.

Bonobos en famille, wikipedia en anglais, Bonobo, photo Hug

Bonobos en famille, wikipedia en anglais, Bonobo, photo Hug

Pour suivre le chemin

. Le Point, 3 septembre 2009, page 58 . « L’Ado (Et le bonobo), Essai sur un âge impossible », Nathalie Levisalles auteur, Hachette Littérature, éditeur.

. Une présentation très complète et en anglais – la version est plus complète - des Bonobos et de leur grande sociabilité…sur https://en.wikipedia.org/wiki/Bonobo

. La présentation très succincte de Florence Cestac sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Cestac et plus documentée sur http://www.dargaud.com/bd/Auteurs/Cestac-Florence

. Sa bibliographie telle qu’elle la présente http://www.cestac.com/bibliographie.html . Quelques dessins http://www.cestac.com/expodessins/dessins01.html

. Clacos, claquos, calendos, autant de synonymes de camembert, sur http://alorthographe.unblog.fr/2014/06/08/camembert-clacos-calendos/ 

. Lire le petit lexique de la Bande dessinée produit par L’Académie de Rouen pour les élèves sur http://rosa-parks-col.spip.ac-rouen.fr/IMG/pdf/lexiquebd.pdf C’est toujours très bien fait

. Photo Elisabeth Poulain du dessin de Florence Cestac, copyright Florence Cestac, dans Le Point 3.09.2009, page 58, reproduit ici avec l’autorisation de l’artiste. Et la photo des bonobos vient de wikipedia, Hug photographe contributeur.

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