En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Jeudi 17 avril 2014 4 17 /04 /Avr /2014 16:58

Le chien rouge. C’est comme cela qu’on m’appelle depuis que je suis tout petit. Tout jeune déjà, j’étais rouge et mal fichu. On me disait que j’étais moche et moi je ne comprenais pas pourquoi. Pour ma mère-chien, qui n’a jamais voulu qu’on dise d’elle qu’elle était une chienne, c’est-à-dire une moins que rien ou pire encore, pour elle, j’étais mignon même si je n’étais pas beau. Allez comprendre. Moi j’essaie depuis toujours et je ne comprends pas ce qu’être beau veut dire. Par contre, le contraire, je connais.

Moi, le Chien rouge

Je suis grand. Ca, c’est sûr, avec de hautes pattes, un corps sans aucune courbe, tout en lignes droites et angles du même nom. J’ai trois pattes, peut-être quatre si tout va bien, mais je n’en suis pas sûr. Je n’arrive pas à me voir dans l’image que me reflète le miroir. La queue, itou. Ca veut dire que je n’en sais rien. Mon cou est si raide, que je ne peux voir en arrière. J’ai en plus de toutes petites oreilles qui font que j’entends mal. Par contre elles sifflent tout le temps sous les quolibets. Et ça, ça fait mal.

Je suis rouge de rouge, comme je vous l’ai dit, Impossible pour moi de me cacher dans la foule. Je suis repéré illico et pas seulement par ceux qui me connaissent et m’aiment bien, ceux qui ne voient plus mon rouge en somme. Les autres, tous les autres, ne voient que ma différence avec eux. Alors ils m’appellent « Moi, le chien rouge », comme si j’étais fier. Les idiots. Je ne m’en vante pas, j’essaie seulement de vivre avec cette couleur rouge, que je n’ai jamais revendiquée, celle qui fait peur tant elle inquiète.

Moi, le Chien rouge

Moi, faire peur aux autres! Les fous, s'ils savaient, c'est à moi qu'ils font peur avec leur méchanceté et leur bêtise.

Pour suivre le chemin

. Ce chien rouge est peint sur une toile qui mesure 86 x 68cm, qui n’est ni signée ni datée.

. Ce billet s’inscrit dans une série sur le rouge. Voir  par exemple l'homme en rouge et la maison rouge à Ixelles-Bruxelles http://www.elisabethpoulain.com/article-du-mur-de-pierres-a-l-homme-en-rouge-j-e-charon-un-dessin-de-picard-121419608.html     http://www.elisabethpoulain.com/photo-2168605-Vacances-BXL-09.08.06-au-13-176_JPG.html

. Photo Elisabeth Poulain


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Mercredi 16 avril 2014 3 16 /04 /Avr /2014 11:08

Ce site du département de l’Eure fait partie de ces endroits dont les paysages restent imprimés dans la rétine, tout autant que dans la mémoire. Il est vrai aussi qu’ici le plaisir de la marche se double de celui de la découverte sans l’avoir vraiment cherchée. Tous deux sont augmentés par celui de prendre des photos qui vous obligent à une alternance très irrégulière d’arrêts pour fixer des images et de reprises de marche plus rapide pour rejoindre vos compagnons heureusement patients.     

 2013-03-Rouen-France 1805 

L’Authou, la Risle et la Seine. Tous trois sont des cours d’eau qui  offrent une jolie arborescence aquatique. L’Authou  est un petit ruisseau d’eau vive qui accueillait sur ses rives de nombreux moulins en particulier dans le vallon du même nom, à l’endroit où se situe le village de Livet sur Authou. Très vite, il rejoint la Risle, une rivière dont il est un des 32 affluents, à leur confluence à Pont-Authou, au-dessus d’Amfreville-sur Iton. Puis la Risle rejoint la Seine à Pont-Audemer.

2013-03-Rouen-France 1721

A Livet sur Authou, la découverte a commencé à l’Eglise que nous avons choisie comme repère. C’est de là  que nous avons emprunté d’abord la petite route puis le chemin de randonnée qui emprunte le sentier montant dans la forêt.

2013-03-Rouen-France 1742

Les séquences paysagères se succèdent très rapidement et sans heurts. Du côté droit, un château au sommet de la petite colline caché derrière sa clôture toute nouvelle. De l’autre, une prairie en surplomb du chemin bordé d’une barrière en bois avec des arbres de hautes tiges  plantés tout au bord.

2013-03-Rouen-France 1747

Des maisons sur le côté gauche sont cachées par un haut mur de briques à l’allure très urbaine qui surprend en cette pleine campagne, au moment la petite route fait un coude vers la gauche. L’endroit est sensible. Il y a ce mur d’un côté qui fait de l’ombre. Quelques maisons nouvelles se sont aussi implantées ici.

2013-03-Rouen-France 1749

En face à droite, un petit bâtiment à l’allure de grange ou d’annexe d’un vieux moulin est abandonné, portes ouvertes. Le lierre continue sa progression. On aperçoit tout près derrière la clôture nouvelle du château un bassin de retenue d’eau, qui recueille les eaux d’une des trois sources du village, qui donne naissance au « Torrent », une des composantes de l’Authou et que j'ai choisi en première photo de ce billet.

2013-03-Rouen-France 1767

L’entrée dans la forêt commence très vite avec la découverte en fond de vallon d’une implantation agricole d’importance en fonctionnement. Plusieurs granges de facture ancienne sont toujours en activité. On comprend pourquoi très peu de temps après. Il y a un élevage de chevaux.  

2013-03-Rouen-France 1769

Les chevaux broutent l’herbe nouvelle au fond du vallon enserré entre la forêt-côté soleil sur l’autre pente et  une clôture de bois doublé d’un barbelé du côté du sentier qui monte dans la forêt du côté-ombre, là où nous sommes. Le charme de cette balade au milieu des bois, entre ombre et soleil, avec des chevaux paisibles, est très fort.

2013-03-Rouen-France 1771

Les feuilles des arbres qui n’ont pas encore poussé laissent passer la lumière qui éclaire le chemin qui doit être sombre autrement. Le soleil fait rutiler la prairie aux chevaux.

2013-03-Rouen-France 1774

Ces chevaux vivent au calme. Visiblement ils n’éprouvent aucune curiosité à l’égard des randonneurs. Ils doivent un peu blasés, au contraire  d’un âne solitaire que nous avons pu voir en bas dans la prairie centrale entre les nombreux bras de l’Authou qui constitue le vrai cœur vert du village, avec les maisons situées tout autour.

2013-03-Rouen-France 1778

Un village dont les abords ainsi que le Vallon de l’Authou sont classés au titre des Monuments historiques. L’Eglise Notre-Dame (XIV) est inscrite sur la liste des Monuments historiques depuis 1936, en particulier pour son porche encadré de deux ifs imposants.  C’est par elle que notre promenade a commencé, avec en face de l'église, une très jolie maison qu'on dirait tirée d'un conte de fée.

2013-03-Rouen-France 1710  

Pour suivre le chemin, aller dans l’Eure  

. l’Authou sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Eure_(rivi%C3%A8re); c’est un petit affluent de la Risle fameuse pour sa vallée qui accueille la célèbre abbaye du Bec Bellouin sur sa rive droite alors que l’Authou est sur sa rive gauche à 6km à vol d’oiseau http://fr.wikipedia.org/wiki/Risle. A la confluence entre les deux rivières se situe le  village qui date du XIe siècle et qui porte le nom de Pont-Authou. La Risle elle-même est un affluent de la Seine dite maritime, qui court de Rouen à son embouchure dans la Manche http://fr.wikipedia.org/wiki/Seine.  

. Quelques infos sur le petit village de Livet sur Authou, dont le maire est Guy Perche,  http://www.ccrc-brionne.fr/la-ccrc-de-brionne/les-communes/livet-sur-authou/ et qui compte un nombre impressionnant de chambres d’hôtes. Les 155 habitants se nomment des Livetais. Ils vivent dans la vallée entourée de forêts, qui occupent un peu moins de la moitié du site (près de 150 hectares pour 390 ha au total de prairies traversées par le ruisseau d’eau vive. L’habitat est dispersé au point qu’il n’y a pas réellement de place du village. En tient lieu le parking de la marie qui est fermé la nuit. L’aspect champêtre domine en fond de la vallée et les bois des coteaux qui bordent le site offrent une forte présence dominante, marquée par de très jolis chemins de randonnée, offrant une grande diversité de paysages préservés.

. Pour se promener, voir la carte du circuit des 5 moulins à farine et des 2 lavoirs (7kms)  qui démarre à la mairie de Livet sur Authou   sur  http://www.tourismecantondebrionne.com/wp-content/uploads/2011/03/Fiche3.pdf  et consulter aussi   http://www.eure-tourisme.fr/index.php?id=diaporama_bd|u|parcours-decouverte-champs-de-bataille-1.jpg_4_1 , http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/27371_Livet-sur-Authou.html   

. Lire les 4 fiches Les Essentiels de la Connaissance de l’Eure sur le site de la Préfecture de l’Eure du DRAC http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France/La-doctrine-du-STAP-Les-Essentiels/Connaissance   79 Le vallon de l’Authou, n° 80 Les Clôtures de l’Authou, n° 81 La végétalisation…, n° 82 L’architecture... Il existe aussi un  Les Essentiels-Conseils  n° 31 sur Les recommandations portant sur le vallon de l’Authou. 

. Photos Elisabeth Poulain  

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Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 14:42

De la différence entre un pont et un ponton.On pourrait penser que le ponton est peu ou prou le fiston d’un pont que serait le papa. Que nenni ! Un pont joint deux rives, qui sans lui se regarderaient en face à face, sans pouvoir avoir de lien autre que visuel ou mobile par bateau, bac ou téléphérique. Un ponton ressemble à un pont à son point d’ancrage et au début de son envol sur l’eau avec une grande différence, c’est qu’il ne va nulle part. Il reste inachevé, sur l’eau, à un endroit jugé propice par les décideurs en fonction de ses attributions. Cette vision vaut pour le ponton classique.

Vacances-France-2013-07-31-2013-08-09 428

On parle aussi d’un appontement, un terme plus technique et moins usuel. L’intérêt est qu’il comporte la finition « ement » qui montre l’action comme le débarquement ou l’embarquement. Leurs points communs sont qu’on peut marcher dessus, avec une grande différence qui est que normalement on ne passe pas sous un ponton, alors qu’on le peut sous un pont. Sauf quand un artiste décide de faire le contraire, c’est ce qu’on appelle de l’art. Je vous dirai où  à la fin du billet. C’est ce que montre ( !) cette carte postale de 1935 qui marque le passage entre l’estacade qu’on voit à peine –mais son nom est cité- et la vedette qui quitte le port pour longer l’estuaire de la Loire de Donges pour rejoindre Paimboeuf plus en aval.  

 Estacade-Donges-Vedette de Paimboeuf-carte-postale-1935

Ses liens avec l’eau. C’est une des deux premières idées qui viennent à l’esprit. Le ponton a une connotation « eau » douce ou maritime incontestable. C’est la raison pour laquelle on en trouve dans les ports par exemple. Ces chemins de bois permettent de joindre le quai à l’accroche à laquelle est fixé le bateau. Ils sont alors mobiles en hauteur pour pouvoir s’adapter aux différents coefficients de marée. On en trouve aussi des fixes, en particulier sur les lacs et les fleuves. Ils sont alors beaucoup plus hauts et plus grands pour tenir compte de toutes les situations. Tout dépend de la localisation et des fonctions.  On voit sur cette photo une estacade très longue, si longue qu’on se pose la question de sa réelle utilité. C’est plus une construction artistique qu’une réalité.   

Estacade-Auchan-photo-tableau-2012     

A quoi sert donc un ponton ?  Ses fonctionnalités varient selon les époques. Je viens de citer l’amarrage des bateaux grands et petits, de loisir ou armés pour la pêche professionnelle ou amateur. On parlera alors plus facilement d’une estacade en bois, comme c’était le cas avec celle de Saint-Jean de Monts et encore maintenant à Fécamp.  Ces jetées en bois ont l’avantage de laisser passer les flux importants d’eau tout en cassant le courant, à l’inverse d’une jetée en pierre qui fait barrage et crée ses propres turbulences. Le ponton est alors lié au mouvement des navires en partance ou au départ. Il a une fonction associée à la mobilité, en phase finale ou initiale, des navires et des personnes tout en restant fixe.

Et il peut dire encore beaucoup plus, comme on le voit sur cette publicité prise à Madagascar ou on voit un ponton qui mène à la côte, avec  un sens inversé par rapport à tous les autres clichés. Cette fois-ci, c’est le ponton qui conduit à la terre où on voit des palmiers. C’est un ponton bien ordonné, avec des poteaux reliés entre eux par un cordon de sécurité.  

  Estacade-Madagascar-pub-2000

Ponton, jetée, estacade…vers d’autres connexions. La dimension utilitaire peut toujours exister. Il n’en demeure pas moins qu’elle va en diminuant au profit de la dimension touristique. Aller au bord de la mer est un but ; une fois arrivé, que fait-on si ce n’est de regarder la mer d’abord immobile puis très vite en commençant à marcher au bord de l’eau. C’est un plaisir simple qui a toujours du succès. Clairement aussi, il arrive qu’on s’en lasse. Il faut trouver plus, plus de sensations marines, plus de mer, d’une mer à soi. Le ponton offre une excellente alternative. Aller au bout du chemin est une réussite en soi ; la preuve, on en parle rentré à la maison, surtout quand il y a des petits enfants. On s’en souvient plus tard. Et on reproduit ce qu’ont fait d’innombrables personnes avant soi qui est d’aller seul au bout, comme un  grand, comme si on allait vraiment voir plus ou autrement.

Le ponton offre ce plus. On va voir les bateaux accrochés tout près. C’est encore vrai lorsque le ponton est tout proche de l’eau, comme sur cette photo prise à Jachthaven Noeuwe Meer, près d-Amsterdam. On perçoit bien la différence entre le bon vieux ponton bas à gauche et le système plus récent de protection contre les hautes eaux qui barre toute la largeur de l’étendue d’eau.  

Estacade-Jachthaven-Nieuwe-Meer-Amsterdam-2005

Ce point de rencontre au-dessus de l’eau, sur le ponton, la jetée ou l’estacade est vécu comme une récompense de vie, comme la construction d’un mythe personnel tant l’eau offre une dimension symbolique forte d’apaisement ou de défi, surtout quand on est au-dessus posé sur un élément fixe. C’est pourquoi le chemin de bois sur l’eau est de plus en plus souvent montrer seul, sans personnage, de façon à ce que chacun puisse se l’approprier, en allant au bout, même si c’est pour voir la même chose que ce qu’on aurait pu percevoir 20 mètres ou 10 mètres avant.

La ligne graphique selon Michael Kenna,le grand photographe anglais. Cet artiste focalise son travail depuis des dizaines d’années sur le noir et blanc en faisant toujours ressortir la ligne graphique. On parle de lui comme un photographe minimaliste pour dire qu’il montre à voir l’essentiel en utilisant des temps de pose très long.  Il est plus que vraisemblable qu’il est à l’origine de l’engouement du grand public au plan mondial pour les photos très stylées, celles d’estacade en particulier. La publicité et la très grande série de clichés exploitée au niveau mondial –type Ikea- ont bien vite saisi l’intérêt de ces nouveaux paysages qui sont autant de voyages dans la tête, seul vers un ailleurs qui n’a pas de nom, entouré de plus en plus de gens. 

Quelques exemples. C’est ce que montrent ces clichés noirs et blancs sur une mer d’huile vendus en grand format 50 x 70 m à des prix imbattables en grandes surfaces. Tout est important dans cette composition, le chemin qui atteint l’horizon, les lattes transversales, le ciel  chargé de nuages en forme de V, le soleil couchant, la rive en face et surtout les poteaux irréguliers qui rythment l’ensemble. Il ne s’agit plus vraiment de chemin sur l’eau, où s’accrochent des bateaux, mais plus d’un aller direct vers la côte lointaine, quasiment au ciel. 

Estacade-Chris-Froome-champion-cycliste-Porto-Vecchio-2013

La publicité, comme Hermès dernièrement suivent cet attachement impressionnant pour ces constructions sur l’eau. Ce qui change c’est la prise de vue choisie par le photographe. On voit de plus en plus ces pontons en premier plan, avec parfois juste un peu d’eau entre le bord bas du cliché et le début du ponton, avec des héros qui passent devant nous. Le reste du cliché en arrière du ponton est occupé  par le plan d’eau avec un paysage dans le fond. C’est ce que ce que montre ce très bon cliché d’un champion cycliste en Corse longeant le port de Porto Vecchio. 

Vacances-France-2013-07-31-2013-08-09 450

L’attrait pour la mer est tel que les municipalités du littoral ont compris depuis la seconde moitié du XIXe siècle l’importance touristique de ces chemins de bois sur l’eau. Ils sont un réel plus au niveau de l’offre touristique pour se différencier des stations balnéaires concurrentes. C’est le cas par exemple à Fécamp qui a choisi de conserver les siennes des deux côtés de l’entrée du port au nom de la légitimité historique. Aux estacades hautes anciennes s’ajoutent maintenant les pontons bas mobiles de la zone portuaire réservée aux bateaux de loisirs. On peut les voir mais on ne peut y accéder; elles sont réservées aux locataires des anneaux.   

  Estacade-Forges-les-eaux-2013

Cet attrait pour l’eau, et pas seulement pour la mer, est tel que certaines municipalités de l’intérieur cherchent maintenant aussi à embellir les rives de leur rivière ou de leur plan d’eau pour en faire des haltes plaisantes. C’est le cas par exemple à Forges les Eaux traversées par l’Andelle. C’est ce que montre ce cliché d’un site très retravaillé par des paysagistes, avec sur le côté gauche un petit port de barques de pêcheurs, des fauteuils pour jouir du paysage qui font face à une avancée avec des tables et des chaises, et des bancs un peu plus loin comme dans un salon de jardin des deux côtés, comme si on était dans un grand chez soi. Comme une privatisation d'un espace ouvert au public, afin que chacun se sente chez soi.

Cet attrait se traduit aussi par une déclinaison privée, entre l’eau de la piscine placée au bord d’un grand paysage dominant une falaise et le bois au sol devant soi. La photo prise très bas permet d’associer les trois séquences, le bois d’un faux ponton aussi long que l’est le bassin et assez large pour se sentir comme sur le pont d’un bateau, puis sans séparation l’eau d’un bleu lagon de la piscine et toujours sans différenciation visuelle l’eau plus verte de la mer. C’est une façon extraordinaire de s’approprier le paysage, sans aucune frontière d’aucune sorte, cette fois vraiment seul, si on le souhaite et pas seulement dans sa tête au milieu des autres. Le must est atteint quand l'ensemble se situe par exemple sur la Côted'Azur tout au bord de la mer, sans vis à vis autre que les navires qui passent devant soi, en train de nager ou allongé dans son transat...Un vrai plaisir des Dieux.   

Pour suivre le chemin

. Voir les autres billets sur les estacades & co sur ce blog, en particulier

http://www.elisabethpoulain.com/article-style-de-vie-marcher-sur-l-eau-de-l-estacade-au-ponton-et-plus-114702338.html

http://www.elisabethpoulain.com/article-l-estacade-le-rendez-vous-avec-la-mer-le-ciel-et-l-air-du-large-114532331.html 

http://www.elisabethpoulain.com/article-l-evasion-le-chemin-de-l-estacade-absolut-vodka-les-vins-nicolas-115516009.html

. Découvrir l’œuvre de Michael Kenna, le grand photographe anglais sur son site  http://www.michaelkenna.net/commercialwork.php ainsi que sur http://www.laboiteverte.fr/les-paysages-minimalistes-de-michael-kenna/ 

. Voir ce que dit wikipedia du ponton, où on découvre le grand flou sémantique qui connote ce terme http://fr.wikipedia.org/wiki/Ponton

. Les estacades de Fécamp par Claire Chauvin avec de très belles vues aériennes de l’entrée du port sur http://www.vieux-fecamp.org/Estacades.html.

. Sources: (1) Elisabeth Poulain, (2) Carte postale, (3)  Catalogue Auchan du 26.02.2013, (4)Comptoir de Madagascar, terre aux mille passions Le MOCI 10.02.2000, (5) Discover Amsterdam, City on the water 2005, (6) Porto Vecchio Courrier de l'Ouest 29.06.2013, (7) Elisabeth Poulain, (8) Seine Maritime, le magazine des Sennomarins, mars 2013, n°85   

. Photos Fécamp, Elisabeth Poulain  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 10:41

 Ces  petites maisons de bois portaient ce nom bien spécial. On les appelait ainsi sans plus de précisions ; on ne disait ni qu’elles étaient en bois, ni qu’il s’agissait de baraques. Elles étaient toutes construites sur le même modèle, avec des variantes de taille, pour pouvoir accueillir les familles  qui avaient vu leur maison détruite par les bombardements alliés en 1944.  Le village de Saint-Maximin a été  en effet rasé à 90% par les bombardements alliés qui ciblaient l’usine souterraine d’assemblage de fusées allemandes V1 dans le village voisin de Saint-Leu d’Esserent sur l’Oise.  1225 habitants y vivaient en 1936 et un tiers en moins (seulement 823)  10 ans plus tard en 1946.  La commune est située dans le sud du département de l’Oise entre Creil au nord et Chantilly au sud.  

Saint-Maximin, Baraquements-Reconstruction-Oise-1950

Quelques photos de la situation prises à la fin de la guerre. Il s’agissait pour les photographes officiels de montrer l’ampleur des destructions en guise de témoignage pour l’avenir. Ces professionnels de l‘image appartenaient au Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme. Au plan national, Ils firent environ 80 000 clichés entre 1945 et 1970 d’une grande qualité graphique, d’où ont été extraites quelques 860 photographies pour l’Oise.

Saint-Maximin, Destructions-Guerre-Oise-1950

Tous les clichés sont pris de l’extérieur.On voit des maisons préfabriquées en bois accolées deux par deux de chaque côté et qui sont dotées de deux entrées, l’une par devant, l’autre par l’arrière, de façon à accueillir quatre familles.  Les murs étaient montés en bois avec une porte au milieu et une fenêtre de chaque côté. Parfois quand le niveau le nécessitait, quelques marches de cotés permettaient d’accéder à la porte. Sur un des clichés, on aperçoit la ville dans le fond.

Saint-Maximin, Baraquements-Reconstruction-Oise-1950

Ces préfabriqués furent également utilisés pour les commerces, comme on peut le voir sur cette photo de « baraques commerciales, place du Change à Compiègne en 1947. » C’était pour les commerçants la seule façon de retrouver leurs clients dans le centre des villes. Impossible de dire à quelle date les baraquements-logements ont servi de lieux d’hébergement à Saint-Maximin. Dans les grandes villes du département de l’Oise, telle que Beauvais, la Reconstruction en dur a réellement commencé en 1950 à grande échelle, comme en témoignent les clichés qui attestent aussi des grandes superficies à nu débarrassées de leurs ruines. A Longueil-Annel en 1950, près de Compiègne, les deux types de construction étaient utilisées tant les besoins de logement étaient importants.

 Compiègne, Baraques, Commerces, Reconstruction,1947

Des témoignages seraient les bienvenus pour éclairer le passage entre l’entrée dans ces « constructions provisoires » comme les appelle l’ouvrage cité et leur durée de vie effective d’hébergement temporaire ainsi que sur leur aménagement intérieur.  D’avance merci aux lecteurs.           

Pour suivre le chemin

. Clichés à retrouver avec de superbes cartes couleur dans « La reconstruction dans l’Oise » d’Alain de Meyère et France Poulain, avec une préface de Nicolas Desforges, Préfet de Saint-Maximin,Eglise, 1950l’Oise, Les Editions de la Direction départementale des Territoires de l’Oise, 2010. 

. Saint-Maximin sur http://www.saintmaximin.eu/une-histoire-boulevers%C3%A9e et  http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Maximin_(Oise)  

. Quelques photos et des informations sur la fête communale le 24-25 et 26 juin  dans les années 50 à Saint-Maximin sur http://balladephotos.canalblog.com/albums/carrieres_de_blaincourt___eglise_mairie_foulangues__/index.html

. Saint-Leu d’Esserent sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Leu-d'Esserent

. Beauvais à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Beauvais

. Photos France Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Architecture-Urbaniste
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Lundi 7 avril 2014 1 07 /04 /Avr /2014 16:03

 

Jeudi, c’était le jour des enfants, une journée où traditionnellement les mamans faisaient une nourriture plus propre à satisfaire les goûts de leurs enfants. Est-ce le cas déjà ici ? C’est ce que nous allons tenter de voir, après les deux jours de menus déjà présentés sur ce blog, ceux du mardi et ceux du mercredi.   

Jours de France-30.12.1967-menu-jeudi-Courtelle

. Le déjeuner comporte toujours 6 plats présentés sur 5 lignes. Les voici, des hors d’œuvre variés (1), des côtes de bœuf (2) avec des pommes frites (3), une salade (4), du fromage (5) toujours au singulier et une crème au chocolat (6). 

Les hors d’œuvre variés ne sont pas précisés dans leur composition. Y-a-t-il des crudités ? On l’ignore ; c’est important parce que si non, à part la salade qui accompagne toujours le fromage, le menu ne comporte pas de légumes, ni rien de frais. Il est vraiment étonnant de constater la richesse et la lourdeur de ces menus, tant en calories qu’en protéines et en coûts de toutes sortes.

Jours de France-30.12.1967-menu-jeudi-Playtex

Les côtes de bœuf-pommes frites sont un grand classique en France. Ils constituent un standard de la cuisine préférée des Français et de leurs enfants. Ce qui m’amuse est que la côte de bœuf est écrite au pluriel. Le fromage écrit au singulier est toujours précédé d’une salade verte, comme si c’était un « must » obligé pour faire passer le fromage.

Tant de calories ne suffisent pas à faire le bonheur des gastronomes de l’époque. Il fallait encore terminer par quelque chose d’hyper-goutteux et de délicieusement sucré. J’ai nommé la crème au chocolat, là aussi un des desserts sucrés préférés des enfants.

Jours de France-30.12.1967-menu-jeudi-Citroneige

. 7 heures et quelques plus tard, voici ce qui prévu pour le dîner.  Il comporte 5 composantes: salade de tomates (1), cervelles de mouton frites (2), épinards à la crème (3), fromage (4) et sorbet au citron (5).

Le  repas commence par une salade de tomates, qui répète en plus léger les hors d’œuvre du midi, ce qui laisse à supposer qu’il n’y avait pas forcément des crudités au déjeuner. Suivent après des cervelles de mouton frites - après déjà les frites du midi - qui sont accompagnées d’épinards à la crème. Aaah, je pose la question « fallait-il vraiment de la crème? » encore le soir, après ces menus si riches, à tous les points de vue ? La réponse est visiblement oui, parce que ce n’est pas fini. Il y a la salade (sans fromage, toujours réservé le midi) et un dessert, un sorbet au citron.

Jours de France-30.12.1967-menu-jeudi-Camay-savon

En conclusion pour ce jour du jeudi, je n’arrive à voir de vraies différences d’avec les deux autres jours de menus dont je vous ai déjà parlés (le mardi et le mercredi), si ce n’est qu’il contient encore plus de sucre et de graisses.  C’est impressionnant.

Du côté des photos, j’ai choisi pour ce billet les publicités concernant les femmes dans leur ordre de présentation dans le magazine; ce sont elles qui préparent la cuisine, servent les membres de la famille, lavent la vaisselle et la rangent, en pensant aux prochaines courses à faire…L'étonnant est qu'elles soient aussi minces que maintenant, en faisant une cuisine aussi riche et avec tant de plats...  

 Jours de France-30.12.1967-menu-jeudi-Jalla-griffe-jaune 

Pour suivre le chemin

. Jours de France, n° 685, 30 décembre 1967, avec Jeanne Moreau dans sa robe de réveillon.

. Photos Elisabeth Poulain des publicités « femmes » du magazine  avec Courtelle, Playtex, Citroneige, Gamay, Jalla et les bas sans jarretelles de Top le Bourget, le plus beau visuel sans conteste de tous! Un gag aussi chez Jalla, avec un homme et 2 ou 3 femmes partageant la même salle de bain noire. C'est curieux.    

Jours de France-30.12.1967-menu-jeudi-Top-le-Bourget-bas

. Voir les deux autres billets sur ce blog, les photos sont dans l’album « Styles de Pub » sur ce blog.    

http://www.elisabethpoulain.com/article-les-menus-du-mardi-une-semaine-de-menus-jours-de-france-30-12-1967-122676587.html         

http://www.elisabethpoulain.com/article-mercredi-le-menu-de-jours-de-france-30-12-1967-122841500.html          

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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  • Feu d'artifices, Chantilly, Château
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  • Saumur, Bernard Althabégoïty- CAUE49-2012
  • Bruxelles, Centre, Rue, Passage piéton, Gris, Noir & Blanc
  • Angers, Mairie, vue de l'intérieur
  • Edward Baran, une composition sur le mur, Maria Baran, Bouchemaine
 
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