En quelques mots...

Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle a choisi de porter un regard analytique sur le système qui nous environne.

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  • : Ce blog vise à mettre en lumière nos comportements individuels, collectifs, nos styles de vie, attitudes face à la nourriture, au vin, à la culture dans notre société contemporaine forcément compliquée et en mutation rapide.
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Vendredi 3 juillet 2009

Un homme engagé

Théophile Alexandre Steinlen, dit Steinlen, a été un peintre pleinement engagé dans son époque (1859-1923). Né à Lausanne, il est venu à 23 ans à Paris, alors considérée comme une des capitales de l’art, et s’installe à Montmartre où il a vite fait d’abandonner sa vision bourgeoise de la vie en société et du monde de l’art. Il est né dans une famille originaire d’Allemagne qui comptait un grand-père enseignant en dessin à Vevey et un oncle qui fut l’élève de Charles Gleyre.

 

Sa vie d’artiste, au service de ses idées humanistes et politiques

D’abord étudiant en théologie pendant 2 ans à la Faculté de Lausanne, il choisit en 1879 le chemin de l’art, d’une façon déjà iconoclaste. Pour entrer en art, qui va former son engagement de vie, il se forme au dessin d’ornement industriel à Mulhouse, dans l’Alsace allemande, un haut lieu de l’industrie lourde.  2 ans plus tard, cette fois-ci marié, il rejoint à Montmartre la bande du Chat noir, le célèbre cabaret dirigé par Rodolphe Salis.

 

A Montmartre

C’est pour promouvoir ‘La Tournée du Chat noir’, que Steinlen réalise la plus célèbre de ses affiches, une lithographie en deux couleurs, rouge et noire, éditée en 1896 sur papier brun. Affichiste, un métier très contemporain, à la rencontre entre création d’art, publicité et promotion commerciale, sera une des facettes d’un homme qui toute sa vie dira ce qu’il pense, de la satire politique, la critique sociale, d’un monde dur aux miséreux, comme le dit une chanson d’Edit Piaf. A Montmartre, il travailla en particulier avec Toulouse-Lautrec.

 

Le graphisme, le dessin, le pastel

Il fut aussi illustrateur du Mirliton, la revue d’Aristide Bruant qui repris et modifia le nom du Chat noir. Il réalisa une centaine de dessins. Pour le Gi Blas Illustré, il fit plus de 700 dessins pour illustrer des textes d’écrivains. Toujours en alerte, il a dans sa poche un carnet sur lequel il prend quelques notes, sa mémoire visuel faisant le reste. De retour chez lui, il crée des croquis de rue. Par exemple il fait paraître en 1901 ‘Cent dessins en couleurs’, encre de chine et crayons de couleur, un véritable travail d’ethnographe, selon le critique Alcide Bonneau, mais un chercheur plein de tendresse pour ces travailleurs, avec toujours un regard un peu décalé, un grand sens de la composition et du mouvement.

 

La vie, la rue, les chats, les chiens

Il sait aussi intuitivement trouver des titres qui sont des trouvailles. Le  recueil de croquis s’appelle par exemple ‘Dans la vie’, par une ellipse où ce qu’il voit dans la rue est ce qu’il perçoit de la vie. En 1901, c’était un choix politique fort. Tout lui fait dessin, comme on dit ‘tout lui fait ventre’. Il dessine des livres pour enfants, se voit en chat ronronnant enveloppé en lui-même. Son monogramme s’inspire d’un graphisme au chat, mâtiné d’influence orientale. Comme un certain nombre d’artistes, il est fasciné par le chat, qui regarde, guette et griffe. Mais c’est surtout le chien qui, dans la rue, représente le petit peuple qui discute après le turbin, avant de revenir à la maison. Dans ‘Les Quatre Pattes’, ce sont eux les véritables héros. Ils sont neuf dans le froid de la nuit à montrer la solitude de la nuit l’hiver. 

 

« Il faut agir.

Le monde ne va pas ainsi qu’il devrait aller… »

Alors  Steinlen va à l’important. Il collabore avec ‘Le Chambard socialiste’ un hebdo socialo-anarchiste. Il s’engage politiquement et sur le plan artistique. Sa première exposition personnelle (1894) comprend plus de 300 œuvres à la Galerie de la Bodinière à Paris.  La citation de Steinlen  date de 1898, l’année du « J’accuse de Zola » en première page de l’Aurore (300 000 exemplaires de vendu).

 

La France, la Suède et Picasso

Il obtient la nationalité française en 1901 et fait cette année là, son seul grand voyage à l’étranger. Quant à Picasso, c’est lui qui vient à sa rencontre lors de sa première venue à Paris. Les choses s’accélèrent. Le monde de l’art explose ; chaque année voit un nouveau chef d’œuvre, de nouvelles tendances, de nouveaux noms surgir : Les demoiselles d’Avignon 1907, Le Cubisme1908, Ière aquarelle abstraite Kandinky 1910, Malevitch 1913 avec le Carré noir sur fond blanc, Roue de bicyclette, un ready-made de Marcel Duchamp … 

 

1914, c’est la guerre

Steinlen affiche ouvertement sa haine de la guerre. Son profond pacifisme se traduit en centaine de dessins montrant la réalité de ce charnier qui fit 10 millions de morts et causa des souffrances sans nom dans la population civile. En 1916, comme le peintre est trop âgé pour s’engager, il part au front et va voir la troupe épuisée, la réalité de mort, de faim, de froid dans les tranchées. Montrer pour dénoncer ce massacre. Il fit des milliers de dessins qui parurent dans la presse. 

 

1923

Steinlen meurt  d’une crise cardiaque.

 

Pour suivre le chemin

. J’ai eu la chance de découvrir, par hasard, l’exposition « Steinlen, l’oeil de la rue », au Musée d’Ixelles (Bruxelles). Cette très importante exposition qui montre des pièces rares, a été organisée conjointement avec le Musée cantonal de Lausanne (Suisse) et l’Atelier et les archives Steinlen. Une découverte majeure pour moi. 

. Voir Infos Ixelles n° 78, 01/05 > 31/05/09

. La plaquette de l’Expo n° 4 d’où sont extraites les principales informations.

. Voir aussi Wikipedia, qui citent d’autres sources.      

               

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Jeudi 2 juillet 2009

Mieux vaut vous le dire tout de suite. Nous ne sommes pas en France mais aux Pays Bas qui possède avec la France un certain nombre de différences culturelles, parmi lesquels il y a la question du tabac à fumer...

Trois cartes  de pub
Ce sont trois cartes postales doubles éditées par Free Boomerang Cards à l’intention des jeunes. Doubles, parce qu’on peut les séparer et avoir d’un côté la vraie carte postale sans texte publicitaire au verso et  une autre carte jointe en pointillé qui elle contient des informations commerciales permettant d’acheter des T’Shirts avec un texte personnalisé. Difficile de vous dire vraiment ce qui est marqué, tout est évidemment en néerlandais : 
-        le Ier est très sibyllin (pour moi): lorsque nous allons au rôle ( ??) ( = je plane),
-        le 2è :  je continue de rester avec vous (= la langue de la nana),
-        le 3è : je brûle de désir (= je crache le feu).

La marque Mascotte

Il y a deux produits Mascotte : l’un est du papier ‘Spécial’ en étiquette beige et l’autre est du ‘Gommé’ en étiquette beige. Les trois cartes visent Mascotte Spécial dont on voit que le packaging est en français. Sur la tranche, il est indiqué 50 feuilles papier à cigarettes.  Impossible de vous dire où est localisée la société, avec ces indications en français. On trouve des Mascottes par paquet de 10 ou de 25 à acheter sur le Net ; mais en aucun cas, la vente de ces accessoires liés au tabac à rouler n’est assortie de ces publicités en faveur d’objets promotionnels (T’Shirt).

Le contexte
Il faut savoir que la Commission européenne vient de prendre une décision engageant tous les Etats membres à adopter des dispositions législatives pour réglementer et/ou renforcer la protection contra l’exposition à la fumée du tabac de leurs concitoyens d’ici 2012. Trois pistes sont indiquées : adopter de telles lois si elles n’existent pas, les renforcer pour protéger les enfants par exemple, accroitre la coopération communautaire.

Le style de com
Il est très réussi, pour ce qui est, quoi qu’on en dise, directement de la pub pour le tabac et l’incitation à fumer, avec des circonstances aggravantes pour un esprit français très formaté réglementation.

A chaque fois, il y a

-        un thème : le jeune homme qui vole pour rouler le tabac dans le papier, la langue féminine qui lèche le papier pour fermer la cigarette, le rasta qui souffle le feu puissant de son énergie pour embraser le tabac déjà roulé dans le papier,

-        la prééminence de l’image sur l’écrit, avec une image choc, décalée, qui se comprend tout de suite,

-        avec à chaque fois une promesse ‘consommateur’ forte : planer et rouler, lécher et rouler, embraser et rouler,    

-        une chronologie : avec un avant –mettre le tabac et rouler le tabac dans le papier-, un léchage de papier pour fermer la cigarettes et l’embrasement,

-        des héros :  différenciés typés jeunes et plutôt masculins, la nana étant surtout là pour associer sa langue démesurée à l’acte de fumer,

-        un lien entre pub pour du papier à rouler et promo pour des T’Shirts avec à chaque fois une impression au choix de l’acheteur. Ici sont indiqués trois exemples (traduction Google) :

-        Aan de rol ? (= Le rôle?)  Plak me dan (= Sticky moi ---) Colle moi?) et Ik brand van ( J’ai ensuite ?)
- la couleur bleutée du fond en signe de pureté.


Et tout çà, for a life without tobacco, le slogan adopté par la Commission européenne, pour lutter contre le tabagisme.
 


Pour suivre le chemin

. Proposition de recommandation du Conseil relative aux environnements sans tabac:   

        http://ec.europa.eu/health/ph_determinants/life_style/Tobacco/smoke_free_en.htm
. Présentation des actions de la Commission en matière de lutte contre le tabac:  

      http://ec.europa.eu/health/ph_determinants/life_style/Tobacco/tobacco_fr.htm

. Flash Eurobaromètre sur le tabac (n° 253): http://ec.europa.eu/health/ph_publication/eurobarometers_en.htm

. Convention-cadre pour la lutte antitabac: http://www.who.int/fctc/fr/index.html 

 . Photos EP , la 4è carte de com 'Ne jouons pas à cache-cache avec le cancer,' une initiative de 1999 du Parlement européen, est une réussite graphique.

abac, suivant en cela la première convention-cadre mondail de l’OMS ratifiée par 164 Etats-membres, dont l’UE et 26 de ses Etats-membres. 

Le décalage entre texte et terrain
C'est la largeur du différentiel qui m'interpelle! Quant à la réglementation, à quand l'interdiction totale de fumer en partant de la logique de l'unité de l'air? Tous les apparts ne sont pas équipés d'appareils de neutralisation de l'air.      
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mercredi 1 juillet 2009

La fascination de l’or, partout, tout le temps, toujours, encore plus

Ce métal est le signe du soleil et de la lumière. Il est vivant et marque la fécondité, le rayonnement et la richesse au moins autant au plan matériel que spirituel. Apollon est Dieu-Soleil, tout autant que Jésus Christ dont la chevelure rayonnante est cerclée d’or. L’or est partout, dans le mythe de la Toison d’or d’un bélier ailé ou dans l’ordre du même nom de la Maison de Bourgogne, le Camp du Drap d’Or de François Ier, l’Age d’or, les Noces d’or, les bijoux, les meubles, les vêtements féminins depuis plusieurs saisons, le fard à paupière, le parfum, les papiers couvrant les tablettes de chocolat… Le vin n’a pas résisté à cette orisation globale de notre société. L’évolution technologique a aussi facilité la diffusion de l’or avec la maîtrise de la technique de l’or à chaud sur les étiquettes autocollantes. La fascination de l’or peut se mesurer d’une façon très pratique sur les étiquettes. Du trait d’or en encadré, à la lettre d’or qui double souvent la lettre de couleur pour lui donner du relief, on passe à l’usage de plusieurs mots or puis au fond de l’étiquette avec parfois des lettres or par-dessus. La saturation qui guette est une preuve qu’on est peut être arrivé au bout d’un cycle et que des ruptures vont survenir. Mais ce n’est pas sûr, si grande est notre adoration de l’or. Il y aura naturellement toujours d’autres façons de magnifier l’or, comme nous le prouvent les artistes et les designers.

 

Les multiples possibilités de submimation de l'or  

. Encadrer l’ extérieur et/ou intérieur de l’étiquette pour un :

- Cheverny du Domaine des Huards de Michel Gendrier, avec un encadré extérieur et un à l’intérieur pour souligner le château. Le trait s’interrompt pour souligner le millésime.

 

. Mettre en valeur un signe graphique ou éclairer un élément de l’étiquette :

- la couronne au-dessus du V du Valençay, Cave des Vignerons réunis de Valençay, en plein centre de l’étiquette,

- le nom du vigneron, Rémi Cosson pour un Touraine Noble Joué,

 

551. Les Côtières, un Jasnières de Christine de Mianville.

 

. Marquer l’appellation, le nom du domaine, le nom de la cuvée, l’emblème du vigneron… :

- Bourgueil du Domaine des Ouches, Paul Gambier, Ingrandes de Touraine,

- Chant’Grives répété deux fois pour un Coteaux du Vendomois des Vignerons du Vendomois,

 

552. Domaine des Aubuisières, BF, un Vouvray Cuvée Silex, de Bernard Fouquet ;

 

. Diminuer l’impact visuel d’ une mention réglementaire:

- J.M. Pichet et T. Pichet du Domaine du Petit Bondieu, Restigné, Bourgueil, utilisent l’or avec beaucoup de finesse pour leurs vins de Bourgueil. La mention Appellation Bourgeuil contrôlée est écrite en lettres anglaises or sous Bourgueil écrit en grand. La cuvée Le Vendôme est encadrée avec un léger filet or à l’intérieur d’un autre en noir et l’or  réapparaît pour la mise en bouteille au domaine ainsi que pour la mention « Product of France » en bas ;

 

. Ecrire toutes les mentions d’un vin :                                             

- Coteaux du Layon, Valentin Fleur, Domaine des Hardières sur fond ivoire avec un effet marbré très léger, avec une exception le médaillon dans lequel seul le visage de Valentin est en noir et blanc ;

 

. Encadrer une étiquette de façon à suggérer l’arrondi de l’opulence pour un :
553. Sancerre, La Bourgeoise, d’Henri Bourgeois; La Demoiselle en Pouilly-Fumé est plus retenue, le cadre est plus modeste ;

 

. Dominer l’espace pour le :

554. Muscadet Sèvre et Maine sur lie, d’A. Michel Brégeon avec des mentions en noir,


- Vouvray pétillant, demi-sec, Cave des Producteurs de Vouvray,

 

. Jouer la carte du tout or avec un contraste or sur or pour :

- Le Diable Boîteux, méthode traditionnelle, de la Cave des Vignerons réunis en étiquette ovale, pour faire référence à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, propriétaire du Château de Valençay.

 

La symbolique de l’or

L’or, métal solaire, est attaché au jour. Il est du genre mâle et actif comme le feu. Sa couleur correspond à son symbole. Il est des ors jaunes, froids et légers, tirant vers l’argent ou au contraire vers la chaleur du rouge cuivré. Il y aussi des ors brillants ou des ors mats. L’or jaune classique est le plus usité, parce qu’il est le plus cohérent au niveau du symbole. L’or jaune clair l’est beaucoup moins ; il est un peu troublant comme s’il hésitait sur sa nature

entre l’or et l’argent, entre le jour et la nuit. De ce fait, il offre de la délicatesse et donne du mystère à l’étiquette :

- Pour le « Gorgeois » un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, André-Michel Brégeon et les vignerons signataires de cette démarche à Gorges, c’est un or léger qui a été retenu pour témoigner de la pureté du vin dans une recherche terroir approfondie commune au groupe.

 

L’or cuivré
Il évoque la chaleur du soleil avec un effet très contemporain :

- pour Chant’Grives en Coteaux du Vendômois des Vignerons du Vendômois, le nom de la cuvée en or cuivré est marqué de forte façon sur un bandeau verticale et rappelé en horizontal en petit,

- Valérie Mordelet et Jean Daniel Kloecké ont inscrit leur nom de domaine Les Loges de la Folie en or cuivré avec des bulles qui s’échappent de leur Montlouis brut.


L’attirance ambiguë pour l’argent

Le métal argent a une toute autre symbolique. En France, le même mot désigne à la fois l’argent (money) et le métal (silver). Malgré cette puissance au carrée de l’argent, on n’y pense pas spontanément pour donner un effet lumière, comme si le soleil et la lumière ne pouvaient être blancs. L’argent appartient en effet au cycle de la Lune, qui est un signe froid, passif et féminin dans la symbolique du moyen-âge. Sa couleur est le blanc, son signe celui de la pureté et de la purification. Pour lui, l’or est beaucoup trop chaud et charnel.

 

- Pour tous ses vins de la Ferme de la Sansonnière à Thouarcé et en particulier pour son Bonnezeau Coteau du Houet, Mark Angeli souligne son emblème, une licorne, d’un trait d’argent à chaud ainsi que l’écu de couleur violette dans lequel elle figure tournée vers la droite en signe d’ouverture.

 

- Jacky Blot du Domaine de La Taille aux Loups a été un des précurseurs de l’argent pour ses cuvées de Montlouis (vin blanc). Il l’utilise depuis 1993 au moins pour souligner son logo en double TL, en lettres argent et ombre grise et mettre en valeur l’appellation. Il a choisi l’or pour son Bourgueil (Cabernet Franc), un vin rouge puissant.

 

- L’argent est aussi le choix du Montlouis Séduction, Méthode traditionnelle de la Cave des Producteurs de Montlouis, pour refléter la légèreté de ce vin blanc sur un fond légèrement bleuté.

 

555. Le Quincy du Domaine du Tremblay, vinifié par Jean Tatin, offre une recherche et une grande finesse chromatique sur un fond jaune pâle. Le décor mis en scène est une création des Porcelaines Philippe Deshoulières, propriétaire de la parcelle.

 

556. Langlois de Langlois-Château a sauté le pas de l’argent mat en fond d’étiquette pour une gamme qui comprend un Crémant de Loire brut rosé, en conservant la signature légère or et un fin doublage des lettres composant Langlois.

 

 












- Par contre Pierre-Jacques Druet a choisi l’argent à chaud pour la bordure de son Bourgueil Vaumoreau. Le Rabelais qui figure dans le cadre arrondi devait faire ses libations de nuit !

 

- Pour Les Vingt Poinçons de Blois, du Clos de La Briderie, un Touraine Mesland en assemblage de Cabernet Franc, Gamay et Côt, Vincent Girault utilise l’argent pour les trois mentions sur fond noir mat, le nom du Clos, le millésime et le nom de la cuvée.

 

Poursuivre le chemin

Transition du Signe du Temps (Chapitre 5) vers le Signe de la Couleur ( Chapitre 6)

Le Signe du Temps clôt le cycle classique des vins de 'Tradition', qui s’inscrit dans la pierre des châteaux pour valoriser le vin d’appellation et identifier le domaine. Il s’est poursuivi avec le papier. Il s’achève en montrant sa dimension spirituelle grâce au Signe du Temps. Comme le temps qui jamais ne s’arrête, le Signe qui porte son nom est tout autant la résultante du passé, comme nous venons de le voir, une empreinte forte de ce qui est notre actualité et la porte ouverte sur demain.

Il est donc naturel que le Signe du Temps soit également un chaînon important dans l’annonce de l’ouverture d’un nouveau cycle, le
CYCLE contemporain des Vins ouverts sur le partage d’ Emotion, constitué par les Signes de la Couleur (Chapitre 6), du Trait (Chapitre 7) et du Je-u (Chapitre 8).

 

Le prochain billet ouvrira le nouveau CYCLE des Vins d’Emotion, en commençant par le Ier des trois chapitres, celui qui est consacré à l’explosion de la couleur.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux - Communauté : Vive les belles bouteilles
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Mardi 30 juin 2009

Ce billet constitue le 11è d’une série consacré au Développement durable (Sustainable Development), dans son volet social. Faire le bonheur des gens’ apparaît en guillemets dans l ’annonce de la programmation du film réalisée par Catherine de Grissac.
Ce titre aurait mérité trois petits points pour suggérer la partie manquante, « malgré eux ?». Mais la réalisatrice est trop fine et préfère suggérer le questionnement sans m^me mettre un point d’interrogation. Catherine de Grissac a réalisé une série d’interviews dans le quartier de Malakof qui a fait l’objet d’une profonde rénovation en l’an 2 000. Son parcours : 20 ans éducatrice spécialisée à Nantes et l’envie de devenir réalisatrice ; ce qu’elle a fait avec ces témoignages de personnes touchées par l’opération d’envergure de renouvellement urbain qui a visé 4 200 habitants.

 

L’opération débute par des interviews entremêlées d’habitants, d’élus et des professionnels concernés. Le quartier dispose de nombreux atouts. Il borde la Loire, se trouve juste en face de l’Hôtel de Région, et est proche de la Gare et donc du Centre. 

Les habitants, le plus souvent des femmes âgées, expriment leur attachement au quartier. Au départ, ils se sentent peu concernés par cette volonté affichée d’établir un dialogue « on n’a pas grand chose à dire. C’est toujours beau sur le papier avec ces couleurs ». 

 

Pour les élus, il est urgent d’intervenir pour éviter un repli du  quartier sur lui-même. Ils rapportent des propos peu amènes sur la réputation de ce  quartier dégradé. L’office HLM confirme l’existence de 300 appartements vacants alors qu’il y a des milliers de demandes. Selon le directeur du Grand Projet, il était temps d’intervenir avant l’incendie ; il faut se donner les moyens d’agir en douceur pour établir un dialogue avec les habitants concernés. L’objectif premier est de « construire et de démolir à l’échelon de la ville » et non pas en se focalisant sur le seul quartier. D’où ces nouvelles voies de circulation pour relier le quartier au reste de la ville.

 

Et ces réactions d’habitants qui expriment leur peur devant ces nouvelles rues qui vont traverser le quartier : « on ne va plus se sentir chez nous ». Une charte du relogement est mise au point pour détailler les droits au relogement dans un autre quartier des locataires. Des difficultés surgissent. Il est parfois difficile de répondre aux souhaits de ceux qui sont touchés directement par le relogement. Les craintes de ne pas trouver aussi bien sont clairement exprimées : « il y a loin du rêve à la réalité » explique une jeune femme, (dite‘la jeune femme aux oiseaux’). Elle déclare : « ça sert le cœur. On propose à une dame de 82 ans un logement loin des commerces, avec peu de bus».

 

La réponse des officiels : « il faut laisser du temps au temps, laisser s’exprimer les inquiétudes et prévoir aide psychologique et aide matérielle ». La tension monte contre cette mixité dont on rabat les oreilles aux habitants. Un monsieur : la mixité, ça vent dire quoi ? Des Bourgeois, des Parisiens qui vont venir à notre place et nous on doit partir ? Une dame : « la vraie mixité, je vois mal les voir venir au milieu de la masse prolétarienne. ». Une autre dame : « c’est triste quand même de détruire une tour pour mettre un rond-point. »  

 

Une responsable sociale intervient dans le débat : « la participation des habitants est un mythe. Je préfère qu’on parle d’information des habitants en leur disant la vérité ». La concertation prévue leur laisse quatre choix de relogement.  « Beaucoup râlent mais ne viennent pas aux réunions pour autant. Sur 40 personnes aux réunions, dit une dame, il y a 20 officiels ». Ils dénoncent pêle-mêle le manque de temps, le fait que le projet est bien lancé, le fait de ne servir à rien, le fatalisme de ceux qui ne savent pas se défendre, la réunionnite…

 

En réponse arrivent des commentaires du responsable du Grand Projet : « les gens n’exercent pas leurs droits ». Il développe sa vision de la démocratie locale, qui repose un état de fait pour accrître la citoyenneté. Son adjointe complète en disant qu’ « il faut rendre le projet plus compréhensible ». 

 

Les réactions de la salle
Les questions et ou commentaires de la salle sur le film qui a vivement intéressé les spectateurs serrés dans une salle du Centre Tati, quartier Belle Beille à Angers (49, Maine et Loire)

-        la résistance au changement, le fatalisme subi, le décalage entre la vision des décideurs et le ressenti d’exclusion des habitants, la peur des habitants, l’écart culturel, l’absence de médiateur culturel, beaucoup de bavardage de la part des décideurs,

 

+     des gens se bougent, ce dialogue n’existait pas avant, il y a eu relogement,               

 

=   la réalisatrice apporte des précisions sur les conditions de la réalisation des interviews dont le montage a été délicat et long puisqu’elle n’intervient jamais en direct. Elle doute de la réalité de fameuse démocratie participative : les gens n’ont pas eu le mode d’emploi. Ce n’est pas de la vraie participation. Il y a toute une pédagogie de la concertation à mettre en place.  

 

La démocratie participative (DP)

Un dialogue s’instaure sur les chances de succès de la DP. Pour la majorité des participants au débat, il faut un certain nombre de conditions : 

-        la concertation doit se prévoir très en amont,

-        éviter de dire « ces gens-là »,

-        ne pas faire le bonheur des gens sans une demande de leur part,

-        il faut faire ensemble, recréer du lien social,

-        avoir une bonne connaissance des populations concernées à Malakoff: 40% de chômeurs, beaucoup n’ont pas leur carte d’électeurs, seuls 67% l’ont ,

-        l’urbanisme doit créer de la fluidité fonctionnelle, c’est la seule qui fonctionne …


CEMEA

La soirée a été organisée par cette association qui a pour objet la promotion de l’Education nouvelle. Les membres interviennent dans des champs variés : l’école, l’animation, le travail social, la petite enfance, l’accompagnement culturel. Elle organise des Cafés pédagogiques en lien avec des collectifs d’associations. La soirée  a eu lieu le 15.01.2009, en présence de l’auteur, de deux dames membres de CEMEA et d’un public qui remplissait la salle.  


Pour suivre le chemin

  http://www.film-documentaire.fr/Faire-bonheur-gens.html,film,14627

 


Malakoff, cité HLM nantaise, construite de 1967 à 1971, a une situation privilégiée en bordure de Loire et proche du centre ville. 11 tours et 5 barres courbes appelées "bananes" se partagent ce territoire enclavé entre Loire, voie urbaine et voies ferrées. En 2000, ce quartier est choisi pour bénéficier d’un Grand Projet de Ville (GPV). Objectifs : désenclaver pour relier le quartier au centre ville, démolir et réhabiliter pour requalifier l’habitat, diversifier les constructions afin de créer la mixité sociale, renouveler l’équipement urbain... Début 2004, la banane "Pays de Galles" se vide. Cette barre sera "déconstruite" : fenêtres et portes récupérées puis tout le bâtiment démonté. Les habitants de la tour "Sicile" s’apprêtent à déménager et suivront ceux de la tour "Portugal". Ce film raconte un moment de l’aménagement d’un territoire urbain d’habitat social. Comment la décision est-elle prise ? Quels en sont les enjeux ? Qu’entend-t-on par mixité sociale ? Qu’en est-il du "faire pour" et du "faire avec" ? Comment habitants, aménageurs et acteurs sociaux vivent cette transformation ?

. Ciné Femmes, à découvrir sur :  http://www.fragil.org/focus/525

 

. CEMEA: http://cemea-pdll.org/-Qui-sommes-nous-

. Le Centre Jacques Tati à Angers, Belle Beille : http://www.centrejacquestati.fr/

 

. Opération Malakoff, à voir sur http://www.nantesmetropole.fr/1147254279225/0/fiche___article/

. Malakoff aujourd’hui avec un diaporama et la carte du nouveau quartier de face duquel se construit le nouveau pont au dessus de la Loire:

http://www.nantesmetropole.fr/34870880/0/fiche___pagelibre/

Un film de Catherine de Grissac, 2004 - France - 52 minutes - DV Cam . Faire le bonheur des gens sur
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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Lundi 29 juin 2009

 

 

L’atelier

Il est à ce point fait pour Michel Hénocq qu’on se dit qu’il ne peut y avoir de hasard. Dans un quartier ancien d’Angers, La Doutre, son atelier est situé dans une petite rue, qui se finit en escalier, comme à Montmartre, entre un cloître bordé de très hauts murs d’un côté, et des petites maisons avec quelques ateliers, transformés en garage de l’autre.  Sauf un, c’est le seul à avoir une double porte peinte en un rouge profond. Quelques marches à descendre dans l’atelier et vous êtes dans l’antre du tigre. L’amusant est que cet atelier était avant celui d’un peintre sur meuble et que cette petite rue du Tambourin débouche sur la Rue Lionnaise, avec un i comme lion, qui était une voie importante au Moyen-Age pour sortir et entrer dans la ville.

 

Le tigre

En ce moment, c’est un tigre de cirque qui occupe une partie de son atelier. Michel Hénocq l’a rencontré sur une affiche, l’a croqué en dessin, puis transcrit sur une toile, en commençant d’ailleurs sa toile par lui dans le coin supérieur gauche. C’est dire son importance. C’est un tigre avec une gueule de tigre, du genre qui en aurait beaucoup vu, à aller de ville en ville, à voir des gens qui disent ‘Oh, c’est un tigre, ben oui, c’est moi le tigre’, un peu las, solide quand même, qui garde suffisamment de confiance pour continuer sa route,  avec la volonté de se tenir droit, fidèles à ses émotions.

 

« Ceux qui découvrent ma peinture peuvent en être étonnés, choqués même de ce qu’elle ne cadre pas avec la représentation que l’on a de l’art contemporain. Mais je ne vis pas en dehors de mon époque » Michel Hénocq

 

Les images

Si on peut dire que Michel Hénocq chasse, c’est uniquement pour les images qu’il capture, emmagasine et enfouit au plus profond de lui, sans y être pour quelque chose. Ou plutôt sa sensibilité s’en nourrit pour pouvoir traduire en images ce qu’il sent et veut exprimer dans ses peintures. Ses rêves, la nuit, recréent des villes, des maisons en bois, qu’il  sait n’avoir jamais vues et qui sont pourtant là, si précises, si présentes. Il s’émerveille de ce que son esprit peut créer. Sa peinture ressemble un peu à ça, mais avec une volonté de contrôler ce qu’il fait, contrairement aux rêves et aux surréalistes.     

 

L’influence des Surréalistes

Bien sûr, Michel Hénocq a été impressionné par les Surréalistes, en particulier Georges Limbour, philosophe et poète, qui faisait ses cours sans note. Un grand bonhomme, qui avait mis sa bibliothèque à la disposition de ses étudiants. Il est toujours sensible à leur vision du monde  mais repousse leur refus du contrôle. Sa recherche d’images est sa façon d’alimenter ce hasard contrôlé. Quand il voit une tâche sur un tableau, il y voit quelque chose, ne l’enlève pas, s’en sert et ne cherche pas à savoir pourquoi.

 

Les paysages, l’érotisme, la répétition

Mais pourquoi, faire comme ça, à la limite ça ne l’intéresse pas beaucoup. Il laisse cela aux autres.  Les paysages par exemple l’ennuient. Les Impressionnistes ne l’émeuvent pas  mais voir Goya et ses peintures noires au Prado le bouleverse pendant plusieurs jours. Les Expressionnistes allemands l’intéressent aussi, en particulier Hans Bellmer et sa vision de l’érotisme qui l’ont inspiré. 

 

Dessiner le corps a été une belle aventure. Mais très vite aussi, la préoccupation première s’efface devant la technique, le poil pubien devient une question de trait à aligner. Cela devient lassant. Cela a été une façon de comprendre qu’il ne veut pas être lié par ce qu’il a déjà fait. La répétition est un piège qui détruit petit à petit la sincérité du message.


La gourmandise

Michel Hénocq a poursuivi son chemin dans la peinture par une certaine idée de la gourmandise. C’est un visage boursouflé, gonflé à la limite du craquement, composé à la façon d’un Arcimboldo, mais sans fruits, ni fleurs, ni poissons, uniquement avec des volumes en rondeur de couleur chair. Ses objectifs, exprimer la volupté, la sensualité réinterprétée au niveau érotique de façon à sortir de ce  thème en dessinant une vision très particulière de la gourmandise à l’encre de chine. A ce moment là de sa vie, un écrivain a été très important. C’est Elias Canetti, un juif de la diaspora espagnole, qui parlait 15 langues. Il était un homme inclassable, qui avait une culture encyclopédique ; il a vécu dans toute l’Europe. C’est lui qui a ouvert au peintre la porte des grosses dames.

 

Les grosses dames, la jouissance et le petit homme

Elles ont fait et font encore partie de la vie du peintre; elles sont au cœur de sa diaspora. A côté d’elles, il y a des petits hommes, comme dans l’histoire racontée par Canetti, une grosse dame  - du genre mangeuse d’homme -  suivi d’un petit homme appelé Fischerle (le petit poisson en allemand). Cette période a été très féconde pour le peintre. Il y avait un véritable boom sur l’art. Les gens achetaient trois-quatre tableaux d’un coup. C’était l’époque de la libération sexuelle, avec une explosion de jouissance, juste avant le boom pétrolier de 1991. Le peintre était jeune, il vivait à Paris. Tout était permis. 

 
L’inquiétude, le questionnement

Des grimaces, des grincements ont commencé à apparaître dans la société. Il y avait trop d’avidité de mauvais aloi. Michel Hénocq le sentait d’autant plus qu’il avait une position en retrait. Il a commencé à instiller ces vibrations, ces doutes en images. Il voyait la société courir de plus en plus vite. Il a d’ailleurs peint une toile où l’on voit courir des hommes dans le ravin et continuer à courir en tombant le long de la paroi. La situation devenait difficile, la guerre commençait en Yougoslavie, une guerre religieuse, ethnique en Europe, des charniers, qui annonçaient les prémisses de la 3è guerre mondiale. La suite, avec l’Irak, l’Iran, l’a fortement ébranlé.


Les hommes en noir

Ils ont commencé à peupler ses toiles, bien avant l’an 2000. Ils annoncent l’apocalypse, les Twin Towers ou les émeutes urbaines. Les villes sont noires, les hommes aussi, des corbeaux volent dans le ciel, des voitures noircies par le feu gisent dans les villes. Que disent ces hommes ? Que veut cette société ? Comment peut-on renouer volontairement avec la guerre, partir volontairement en exode en fin de semaine, chacun dans sa voiture, au sein d’une nature, qui reste verte pour qu’on puisse encore y aller en voiture, avec des gens qui continuent à manger, toujours encore plus, alors que le monde croule autour d’eux ? C’est  à ces moments là que le peintre a réalisé Pique Nique à Hiroshima par exemple. 

 

«  En tant qu’artiste, je ne puis me contenter de faire de l’art pour l’, je ne puis me contenter de faire de l’art pour l’art, une peinture qui se situerait hors du temps. Mais ni voyeur, ni témoin, ni moraliste, je tente par une figuration singulière, d’exprimer mes jubilations et mes colères, face aux désordres du monde présent »  Michel Hénocq

 

La Bête, la violence urbaine et les décombres

Chez Michel Hénocq, une image ne chasse pas l’autre. Certaines deviennent dominantes à un moment et repoussent les autres dans un coin, dans un fond ou peut être derrière. Les grosses dames reviennent sous forme de prostituées dont les seins sont aussi pointues que la point des obus. Elles ont des regards durs, comme des maquerelles usées. A côté d’elles, des hommes au regard vide.

 

De nouveaux acteurs viennent occuper les toiles. Le peintre vient de terminer par exemple une série de dix peintures ‘Conversations avec la Bête’. 10 pour être sûr de ne pas se répéter sur le thème du principe mâle et femelle, la Bête et l’Ange, dont on ne sait pas qui est qui. C’est une suite de ses visions érotiques du début. Une évolution et une rupture en même temps.  Les hommes en noir sont présents maintenant dans les violences urbaines et la série sur les voitures. Les carcasses de voitures, les décombres d’une façon générale sont une mine à utiliser pour Michel Hénocq qui les traduit dans les violences urbaines. Ce sont des dessins au fusain noir sur de grandes planches,  pour trouver le rythme puissant, l’imbrication des  corps entre eux, la force de cette violence en connexion qui couvre quasiment toute la surface des planches.                  

 

Le choc de la photo, le poids de la peinture

Actuellement tout le monde sait tout sur tout. On voit des gens mourir à l’écran. C’est comme au cinéma. Plus rien n’a d’importance. Ce n’est pas être tragique en disant cela. C’est un fait. Michel Hénocq est aussi un homme de son temps. Ses tableaux entrent en concurrence avec les photos. Jamais, affirme-t-il, il ne sera possible de reproduire la violence de l’avion qui s’est fracassé sur une des Twin Towers avec cette interpellation « Oh my God » ou ce sniper israélien qui vise un enfant palestinien qui se lève, attend qu’il se soit dressé et le tue.     

 
Sa diaspora

Ces hommes en noir sont toujours là, avec lui.  Ce sont chez le peintre des personnages récurrents, comme le petit enfant boursouflé, une femme bossue qui porte du bois, des femmes liées (avec des cordes ou autres liens), le diable avec son sexe turgescent… Les animaux aussi ont leur importance, qui permettent au peintre de dire sa colère. Comme il le dit lui-même, il y a chez lui un côté Jérôme Bosch qui donne à sa peinture une dimension religieuse. C’est vrai que le peintre a commencé par faire des études de philo puis de droit. Parallèlement à son métier engagé dans la société, il a toujours dessiné les ambiguïtés de la nature humaine,  dans des décors à la fois ultra-réalistes, allégoriques et dénonciateurs, du mal,  de la guerre et de la violence. Pendant des années, ses œuvres ont été exposées chez Catherine Moisan à  la  Galerie satirique.


La couleur, les dimensions

Le noir est très présent. Toutes les toiles sont précédées par de nombreuses esquisses en noir. Des noirs qu’il obtient avec l’encre de chine, l’encre, le fusain, le crayon, le charbon…C’est pourtant la couleur qui l’attire. Pour ‘Un beau dimanche d’automne’, c’est l’orange qui apporte l’éclaircie. Montrer la violence urbaine sans couleur serait un non-sens.  Imaginez par exemple ‘Sacrifice urbain’ (2006) sans les couleurs chaudes (l’orange, le rouge, le jaune) et froides (le vert, le bleu…). Comment serait-il possible montrer le feu la nuit, la voiture qui brûle, la chair blême dans cette violence chromatique? 

 

« Je retourne ainsi tout naturellement aux sources des hantises, des interdits, de l’inconscient collectif par l’intermédiaire d’allégories obsessionnelles. Non sans délectation ! »   Michel Hénocq  

   

Michel Hénocq fait le choix d’utilise des grands formats parce qu’il a beaucoup à dire, fortement et en même temps. Ne montrer qu’un des aspects d’un sujet n’a pas beaucoup de sens pour lui. Son format type est le 1m x 1, le plus souvent avec une multitude de sujets, hommes, femmes, enfants et bêtes, peu d’objet, à part la voiture et l’immeuble. Mais ‘Conversations avec la bête’ (2006)  montre deux personnages. Il est rare qu’il n’y ait qu’une seule personne. Même ‘La sauterelle’, une femme tonique au grand nez et à la fesse ronde n‘est pas seule ; elle chevauche un puissant sanglier (2002). Une étude récente montre pour la première fois deux fillettes longilignes serrées l’une contre l’autre, sans volonté de les enlever leur aspect de brindilles solitaires. C’est une rupture avec ce que faisait le peintre jusqu’alors.   


Les titres des toiles

Les titres ont toujours une grande importance, surtout chez un lettré comme Michel Hénocq. En quelques mots, ils expriment le sens de ses peintures. Parfois, ils sont à prendre au premier degré comme dans La Mère Tourière’ qui serre deux bébés maigrelets sur son ventre noir rebondi ; parfois ils relèvent de la provocation pure comme ‘Osez la guerre’ ou annonce un  mystère qui renforce le sens du titre, comme un clin d’oeil de sa part à son intention. Dans cette catégorie, sont à ranger ‘Les barbaries, le héron du Nil’ ou ‘La pierre qui pense n’a pas d’état d’âme’.

 

Aujourd’hui, demain

La vie de Michel Hénocq est de montrer sa colère en images, avec beaucoup de réflexions préalables pour transformer ces images en allégorie. Depuis ces dernières années, il sait très clairement ce qu’il veut dire et ce que ses toiles veulent dire. Ce sont des messages adressés à ceux qui pourront les déchiffrer. Il se plait à imaginer des dialogues entre eux et ceux qui les verront sur leur mur pendant 30 ou 40 ans. Ses oeuvres ont tellement de choses à dire. L’important, à ce stade de la vie de Michel Hénocq  n’est plus là d’être classé dans une école, un style ou d’être rattaché à une galerie, c’est d’être encore plus pleinement lui. Il sait ce qu’il veut dire et le dit.

 

« A-t-on peur de l’image et de ce qu’elle peut dire ou veut dire, comme on a peur de la mort au point de la cacher ? Ou bien n’a-t-on plus d’imaginaire ? » Michel Hénocq

 

Pour suivre le chemin

. Michel Hénocq a un site sur lequel il exprime ses colères : 

www.michel-henocq.fr/ -

. Ce texte fait suite a une interview que j’ai réalisée le 9 juin 2009 et qui s’est tenue en l’atelier du peintre, rue du Tambourin à Angers.  Les photos que j’ai prises à ce moment l’ont été dans un tempo très serré, tout en notant les propos du peintre. Elles témoignent de la réalité d’un instant. En un mot, elles ne sont pas l'oeuvre d'un professionel. Pour voir l’œuvre de Michel Hénocq, il convient de se référer à des photos extraites de son site ou de ses expositions.

. Les citations sont extraites de la plaquette donnée par le peintre pour expliquer sa démarche.     

. Voir aussi certaines expositions récentes, la première à Châtillon et la seconde dans l’Ouest à Saffré

www.ville-chatillon.fr/.../archive_henocq.htm

www.hang-art.fr/...04/Fiche_Henocq.html
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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