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Le Blog d'Elisabeth Poulain

L33 Toulouse Lautrec, sur un de vin de Bordeaux, Château Malromé

6 Mai 2015, 14:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Toulouse-Lautrec, Château de Malromé, 2008, Cl. Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Toulouse-Lautrec, Château de Malromé, 2008, Cl. Elisabeth Poulain

Cette bouteille fait partie de mes « trésors » que je garde précieusement, pour un jour en faire un billet. Il y a ainsi dans un lieu tenu non secret des bouteilles vides sans honte aucune, ayant vu de mes yeux vus nombre de bouteilles vidées de leur précieux contenu chez bon nombre de vignerons cette fois-ci. Les endroits varient, selon leur tempérament et la place disponible dont ils bénéficient. On peut en voir ainsi sur la cheminée de la grande pièce, le bureau ou carrément dans une bibliothèque entre des livres, la meilleure place à mon avis…

Ces bouteilles témoignent de moments de partage d’émotion avec des amis assez chers pour goûter des vins rares, en remerciement aussi pour l’attente de ce partage, avec un avant, un pendant et un après. Une aventure complète qui montre que l’attente, l’annonce est suivi après le partage de cette émotion, par un après, un souvenir qui s’inscrit dans un temps sans cesse en mouvement, comme revisité par le temps. Les choses ne sont jamais finies quand le vin est bu, la dégustation terminée, les amis partis et les verres rangées…

Il s’agit aujourd’hui de vous parler de l’habillage de cette bouteille de vin de Bordeaux du Château de Malromé. Un habillage suffisamment curieux pour que j’achète la bouteille. Ce n’est qu’ensuite que j’ai vu le nom d’un des propriétaires d’alors du château. Il s’agit de Toulouse Lautrec – écrit avec sans tiret entre les deux noms - à qui son prénom n’a pas été donné, comme on le voit au bas de l’étiquette, une fois rentrée chez soi et la bouteille posée sur la table. Je dois dire que cela m’a étonné. Etait-ce pour une raison de place sur la photo qui remplit l’étiquette d’une façon forte ? Ecrire Henri de Toulouse Lautrec aurait nécessité plus de place. Une façon de rester concentrer sur l’essentiel, avec quatre mots seulement en tout, plus un chiffre 2008 pour le millésime sur l’étiquette et le blason en  relief de la famille.

Vin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth Poulain

L’impression ressentie vient plutôt du choix du portrait de celui qui est représenté. C’est un homme encore jeune, au col cassé et cravate nouée à la façon d’un foulard, à la barbe taillée avec une moustache qui prend des libertés, des cheveux bien lissés, des petites binocles, une oreille parfaite et un léger sourire, je n’oserais dire un demi-sourire. Cet homme au côté droit représenté porte son regard vers la gauche pour lui. Et c’est homme est Henri de Toulouse Lautrec.

L’étrangeté vient non pas du fait de montrer un visage de près, ce qui est pourtant rare, mais du fait que la photo a été coupée en deux. On ne voit que le côté droit d’Henri de Toulouse Lautrec. Je n’ai pas d’exemple en tête, surtout pour représenter un vin de château. Comme si l’unicité de la personne était mise en doute, plus même, posée comme un postulat de départ. Comme si sa dualité profonde de fils de la noblesse par son père et par sa mère était une de ses facettes de châtelain, comme si sa vie de trublion-peintre parisien, qui a voulu jeter le trouble, en était une des autres, celle dont il n’y a pas lieu de parler quand on cite le vin du Château de Malromé.

Le peintre a produit pendant sa courte vie (gravement malade, il est décédé à 37 ans) une œuvre picturale réellement fabuleuse de créativité, de novation, de folle liberté, d’une maitrise du trait et de la couleur jamais vue jusque-là. Cinq avant son décès, il écrivait à un ami : « seule la figure existe, le paysage est et ne doit être qu’un accessoire. Le paysage ne doit servir qu’à mieux faire comprendre le caractère de la figure… »

J’aime ce portrait en noir et blanc ou plutôt en gris et ivoire, dont le regard jamais ne rencontrera le nôtre, tous deux lisant dans le même sens de gauche vers la droite, chacun poursuivant la route de son côté. Et ce que j’ai apprécié aussi est le texte porté au dos sur la contre-étiquette, plus large que l’étiquette mais moins haute. Il y est rappelé très sobrement que « Malromé a été la demeure familiale de Henri de Toulouse-Lautrec qui s’est éteint au Château en 1901. Le Domaine couvre 52 hectares dont 40 sont plantés en vigne… »

Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciementsChâteau de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciements

Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciements

Pour suivre le chemin

. Les dimensions de la photo (3,6cm de large sur 9 cm de haut), celles de l’étiquette ( 4,2cm de large x 14cm de haut) et de la contre-étiquette (7cm large x 11 cm de haut)

. Découvrir le château et retrouver ses vins sur http://www.malrome.com/  ainsi que sur Facebook https://www.facebook.com/pages/Ch%C3%A2teau-Malrom%C3%A9/607908529292999?fref=ts  

. Pour le blason, voir http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/04/02/a-albi-le-blason-redore-des-toulouse-lautrec_1679098_3246.html  

. Ensuite l’artiste à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_de_Toulouse-Lautrec  pour avoir une vue globale sinon complète.

. Sur le musée d’Albi dépositaire des œuvres d’Henri de Toulouse Lautrec http://www.museetoulouselautrec.net/le-palais-de-la-berbie-et-ses-jardins.html  http://www.musees-midi-pyrenees.fr/encyclopedie/themes/peinture-sculpture/toulouse-lautrec-et-le-portrait/  

. Photos Elisabeth Poulain pour la bouteille et d'Henry Salomé sur Wikipedia pour le château, avec mes remerciements 

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Styles de Vie > Le mur entre tendances, usages & architecture

5 Mai 2015, 09:26am

Publié par Elisabeth Poulain

Traces d'une construction sur un mur latéral d'une maison, Cl. Elisabeth Poulain

Traces d'une construction sur un mur latéral d'une maison, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre tout à fait imparfait, tant le mur devient si compliqué à décrypter dans ses évolutions aussi diverses et parfois contradictoires, qu’il interroge vraiment. Un mur reste-t-il encore un mur ? Chacun sait pourtant ce qu’est-ce un mur. Est-ce encore si vrai ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

Un mur est une construction humaine destinée à séparer deux espaces. On trouve ainsi des murs qui distinguent l’espace privé de l’espace public, des murs intérieurs dans un espace construit  avec des murs pour séparer les fonctionnalités. Quand on évoque un mur vu de l’extérieur, on imagine soit un mur plein, soit  un mur avec des ouvertures, telles que des portes et des fenêtres. Quand on est à l’intérieur, de l’autre côté du mur de séparation avec l’espace public, les murs peuvent aussi être  ceux de la maison et de ses dépendances, tout en n’oubliant pas des murs mitoyens avec le ou les voisins…

Dans des temps reculés, l’élévation d’un mur entre les habitacles dédiés aux humains, par différence avec ceux des animaux, a représenté une réelle avancée, dès lors qu’il fut possible de chauffer l’espace de  la famille, sans chercher à bénéficier de la chaleur émise par les animaux.  Vint ensuite le foisonnement des murs intérieurs pour dédier un espace, peut être pas à chacun mais à des groupes identifiés, les invités, les parents, les enfants, les serviteurs... Avec maintenant le grand espace difficile à vivre et dans lequel chacun va essayer de se créer son coin à lui. Pourtant la distinction reste toujours fondamentale partout dans le monde entre les murs de prestige, d’apparat, des murs fonctionnels, des murs de service, avec encore aujourd’hui des abysses proprement abyssales entre l'avant et l’arrière…     

Le mur peut aussi simplement être un élément de séparation comme l’est le mur de clôture entre le jardin et la rue par exemple. Il peut aussi être une partie d’un ensemble construit plus complexe d’une maison, d’un immeuble ou d’un simple appentis…En commun, il possède sa verticalité qui rencontre le sol à l’horizontal le plus souvent s’il s’agit d’un logement ; en dehors, il s’adapte au sol sur lequel il est implanté.

Murs de couvent, ville ancienne, Angers, Cl. Elisabeth PoulainMurs de couvent, ville ancienne, Angers, Cl. Elisabeth PoulainMurs de couvent, ville ancienne, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Murs de couvent, ville ancienne, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Le plus souvent aujourd'hui en France, le mur est monté en parpaings qui sont ensuite recouverts de ciment, auquel cas on n’en parle pas, sauf s’il présente quelque chose de spécial, comme une couleur particulière de peinture et/ou incrustation d’éléments de décoration. Il pouvait être aussi fait de pierre de la région pour garder l’identité régionale, de briques en Normandie et dans le Nord par exemple. La brique garde le plus souvent sa couleur rouge d’origine ; elle peut aussi être peinte en blanc quand il s’agit de mur intérieur d’ancien entrepôt. Parfois, le maçon a dessiné des motifs géométriques en utilisant des briques de couleurs différentes pour rythmer le mur. Pour l’intérieur, c’est le plâtre (placoplatre) qui est le plus souvent choisi ; il sera ensuite, au goût des occupants, peint, encollé de papier, tendu de tissus, ou revêtu d’un autre matériau…

Deux cas particuliers sont à citer, qui sont le mur de torchis et le mur de paille. Le torchis a beaucoup été utilisé dans des zones rurales, comme la Normandie où il existait de la terre d’argile, des branchages et de la paille à foison. Au fil du temps, des pierres de silex renforcèrent le remplissage. Le mur de paille est maintenant diffusé plutôt en milieu rural, dès lors que la place ne manque pas. Il est en effet gourmand d’espace pour assurer une bonne isolation. S’il offre peu d’inspiration aux publicitaires, il est intéressant à la campagne du fait de de la proximité de la ressource et de ses valeurs écologiques.

Il y a aussi ces structures recouverts de panneaux de métal, un usage hier encore réservé aux hangars des zones industrielles ou à la campagne, qui commence à investir des immeubles de bureaux et demain des résidences. Certains étudiants connaissent déjà ces conteneurs aux parois de tôles de métal renforcées utilisées comme des boîtes à vivre. C’est une réalité, au Havre en France par exemple, sans qu’on puisse dire que cet exemple ait été beaucoup suivi. Par contre, on va rencontrer le métal abondamment utilisé en tant que structure d’immeuble ou de construction haute.

S’il existe biens des murs de brique de verre, à la mode dans les années 1960, il n’y a pas de mur de verre proprement dit. On parlera alors d’une façade de verre, symbole de la transparence et de l’ouverture. La portance de l’ensemble est assurée cette fois-ci par une structure métallique qui parait s’effacer à la vue tant ses fines dimensions semblent adaptées aux parois vitrées. Du mur, il ne reste que des lignes verticales, horizontales et un jeu de parois vitrées, parfois elles-mêmes cachées par des plaques de métal en guise de pare-soleils. Ces grands espaces verticaux peuvent offrir, selon les cas, de jolies surfaces d’écran à des projections nocturnes.

Télescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth PoulainTélescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth Poulain
Télescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth PoulainTélescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth Poulain

Télescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth Poulain

De plus en plus, notre époque joue de l’association de plusieurs types de portance de la structure d’une construction. C’est le cas de la combinaison entre des murs traditionnels en béton pour assurer la structure portante d’un immeuble avec des sur-parois décoratives qui vont modifier l’image, le message et le rayonnement de la construction. Le mur proprement dit est alors dissimulé par ces sur-façades qui jouent les trouble-vues autant du dehors que du dedans, avec deux tendances actuellement. Une conséquence est qu’on ne parle plus de façade ni de mur proprement dit. La notion de mur va réapparaître à l’intérieur.

La première est la tendance « Gehry »(Bilbao...),  qui consiste  à poser en avant des sur-façades courbes, partielles et brillantes, en différents matériaux et couleurs, pour troubler le regard qui devine toujours en arrière et en partie les structures verticales et horizontales complexes d’accroche. L’autre grande tendance consiste à fixer par devant un parallélépipède une structure à creux décalée pour jouer de l’épaisseur entre le dedans et le dehors defaçon à se concentrer sur le travail intérieur. Ce sont des façons très technologiques et artistiques de créer de la valeur, où ni l’angle droit, ni l’horizontalité à l’exception des planchers, ni la verticalité ne sont plus des a priori fondamentaux. 

La tendance actuelle (2015) aborde de nouvelles façons de concevoir les espaces intérieurs où le concept de mur, cet espace reposant sur lequel bute le regard sans freiner la pensée, pour réaliser des grands espaces intérieurs où tout devient courbe et complexité, à un point fascinant et réellement hallucinant. Nous ne sommes qu'au début d'une conception architecturale numérisée proprement bouleversante au niveau mondial. Il suffit, pour s'en convaincre, de voir des exemples à l'exposition universelle 2015 de Milan (voir notes de bas de page, avec deux exemples).      

Ce billet fait partie de ces réflexions jamais abouties qui naissent à la suite de perceptions visuelles contradictoires. Citons dans notre société ouverte, la tendance des murs extérieurs à s’élever alors que les open space sont un must de l’habitat d’aujourd’hui, qui qui co-existe avec la demande de chacun d'avoir un coin à soi, la demande de vue vers l'extérieur sans vue chez soi… l'exigence des touristes de « grands paysages » sans habitations visibles, ni signes de la vie fonctionnelle d'aujourd'hui… Et ce, alors même que les frontières entre les domaines publics et privés fluctuent mais pas toujours dans le sens qu'on pense, les mutations si rapides qu'on ne sait plus de laquelle on parle, les  frontières mentales  toujours présentes et peut être d'autant plus qu'on croit les avoir éradiquées … Une affaire à suivre, donc

   

Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain
Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain

Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Mur de briques http://fr.wikipedia.org/wiki/Brique_(mat%C3%A9riau)  

. Mur de paille http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_en_paille  

. Mur de pierre sèche http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_s%C3%A8che, avec un blog intéressant à conseiller http://pierreseche.over-blog.com/article-2517735.html  

. Mur de torchis http://fr.wikipedia.org/wiki/Torchis  

. Lire d’abord « Repères pédagogiques pour le jeune public » du Ministère de la Culture et de la Communication sur http://www.culture.gouv.fr/culture/politique-culturelle/reperearchitecture.pdf . Voir les précautions à prendre avec un mur ancien sur http://www.territoires.gouv.fr/IMG/pdf/atheba_murs_dans_bati_ancien.pdf 

. Retrouver des photos vraiment étonnantes du Pavillon italien à la récente édition de l’Exposition universelle 215 à Milan, œuvre de Nemesi et Partners, en particulier celle du hall d’entrée du pavillon, où tout, à part le sol et les marches des escaliers, n’est plus qu’imbrication et rupture sur l’ensemble de la prise de vue. A voir sur http://www.archdaily.com/507990/milan-expo-2015-nemesi-and-partners-reveal-smog-eating-pavilion-for-italy/  

. Voir aussi le cliché de l'intérieur du Pavillon français, une réalisation du cabinet XTU Architectes toujours à l'Exposition universelle2015, sur  http://www.lemoniteur.fr/article/une-voute-d-abondance-representera-la-france-a-l-expo-milan-2015-24118964

. Photos Elisabeth Poulain, sans forte recherche de ma part pour trouver des photos en adéquation stricte avec le texte... 

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Style de Pub > Pom d’Api, le chien & l’humour

30 Avril 2015, 13:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pom d’Api d’abord. Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’un fabriquant de chaussures pour enfants implanté à la Gaubretière en Vendée. Ce sont les arrières petits enfants qui poursuivent la saga familiale commencée par Jean-Baptiste Rautureau en 1870.  Un siècle après, Guy et Yvon Rautureau ont créé la marque qui porte ce nom en 1973, en se spécialisant sur le créneau du luxe qui est à la fois exigeant, étroit et demandeur d’un supplément d’un je ne sais quoi » qui s’ajoute à la grande qualité, l’adaptation aux besoins des pieds d’enfant, le style, la mode… Ce « plus » est notamment apporté par une communication volontairement joyeuse, colorée, qui sur-joue sur l’humour visuel, un humour que peuvent partager les enfants et leurs parents, comme en témoigne l’exemple qui suit.

Le chien « Pomme d’Api ». Ne me demandez pas quelle est sa race. Je serais bien incapable de vous l’indiquer avec certitude. Je sais seulement qu’il est de bonne taille avec ses trois couleurs noire, blanc et fauve. Il a un grand corps, de longues pattes avec des ongles bien formés. Son poitrail s’orne d’un double triangle de poils blancs qui lui l’impression de porter un grand nœud papillon bas inversé par rapport au traditionnel noir haut porté des messieurs chic le soir. Son museau est orné d’une truffe bien noire, au-dessus de canines solides. Sa barbichette blonde fait alliance contrastée  avec ses lunettes de poils noirs qui entourent ses yeux. Et pour finir, il tire  une très longue langue rose face à la caméra, en guise de clin d’œil joyeux. Pour les oreilles, je ne peux vous dire si elles sont longues, comme je le crois, elles sont cachées sous le chapeau panthère à large bord façon broussard.  

Moi le chien heureux, Pom d'Api, avec mes chaussons-chaussettes, Cl. Elisabeth Poulain

Moi le chien heureux, Pom d'Api, avec mes chaussons-chaussettes, Cl. Elisabeth Poulain

Il trône, bien assis, tel un vainqueur sur un podium fait expressément à ses dimensions, tant il est beau. On dirait qu'il sourit. Le fond du visuel est rose, presque du même rose que sa langue, mais avec des petites étoiles en plus. Il faut bien ça pour une star, tout comme la guirlande fleurie de fleurs roses avec des feuilles vertes qui se détache en bordure de la composition. Pour honorer le héros, deux chiens-copains figurent en médaillon de chaque côté en haut de la composition. Le bas étant réservé au nom de la marque, aux noms des différentes villes de France où on peut trouver les chaussures pour enfants et à l’adresse numérique.

Oh, j’allais oublier de vous parler de ses chaussettes-chaussons à semelles. Elles sont fabuleuses à qui sait les voir. Elles ont une grosse semelle en plastique noir pour le bas et au-dessus des bouts blanc, puis en remontant une bande noire et beige, une autre rouge foncée avec du noir, une rouge pétante, une bleue moyen avec des taches noires et pour finir en haut une bande ocre roux avec de l’élastique pour bien tenir la jambe, pardon Mylord, la patte…et entre les chaussettes-chaussons, on aperçoit son slip panthère, presque assorti au chapeau, avec un petit chausson que ce brave chien porte sur son poitrail, en souvenir du temps où il était petit.  Brave parce qu'il a du faire preuve d'une patience infinie envers ces hommes un peu fous qui l'ont fait poser pendant des heures sous la chaleur des lumières, avec ces tous ces "fais-ci, fais pas ça, tire un peu plus la langue, ça y est presque...allez on recommence..."

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’entreprise Pom d’Api sur http://www.pomdapi.fr/fr/content/34-fabricants-de-chaussures-depuis-1870

. Citizen K International, automne 2007

. Photo Elisabeth Poulain

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L’art de la pub > La bouteille de champagne et les volutes des arômes

29 Avril 2015, 16:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Comment associer un grand nom de Champagne – Dom Ruinart -  à sa bouteille  de vin de Champagne,  en montrant visuellement la puissance de ses arômes olfactifs ? Telle aurait pu être la problématique posée par  l’équipe dirigeante de Dom Ruinart à son service de communication. Mais commençons par le commencement, Dom Ruinart évidemment, qui est la plus ancienne maison de  Champagne, née en 1729.

Quand on a cet ancrage-là dans le temps, avec en plus la passion de la transmission, on sait tout de ses vins de Champagne. Mais il n’y a pas que cela, il y a en plus cette connaissance très forte du monde qui tourne autour du contenant qui enserre le contenu, la bouteille de Champagne et le vin de Champagne Dom Ruinart. En matière de communication, on se sait en outre le mieux à même de visualiser cette aura d’anticipation qui entoure la bouteille encore bouchée. L’image prouve la réalité de ce pouvoir d’évocation à la seule vue d’une bouteille lourde qui doit être un modèle exclusif de la Maison.  

La bouteille qui fait l’objet de cette publicité parue dans le journal Le Monde le 20 décembre 2007, est un millésime 1996. On sait que les grands champagne ont une exceptionnelle longévité. Le visuel n’a quant à lui également absolument pas vieilli. Certes le papier du quotidien a jauni. Son verso a gardé un certain  air d’actualité. Outre une publicité des Editions du Monde pour un collector en 12 BD de Black et Mortimer, on peut notamment trouver une chronique sur « un vote serré sur le travail dominical » de Patrick Rocher, une reproduction d’un billet paru 50 ans plus tôt sur « le droit de grève à la SNCF »…

Le visuel repose sur des volutes de fumée que l’on associe à des arômes qui sont bien sûr ceux du champagne Dom Ruinart. Montrer par l’image ce que peut ressentir une personne à la seule vue de la bouteille associée au nom d’un des plus grands de Champagne est une vraie réussite.  C’est un  concept très rarement utilisé par les publicitaires, à une exception notable et récente près, en raison de sa difficulté de réalisation. Pour ces dernières années, citons Hermès pour son parfum pour homme « Terre d’Hermès ».

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

La mise en lumière de la bouteille de verre à la couleur verte sombre. Le choix a été fait de privilégier le côté gauche de la bouteille avec un trait composite de lumière à largeur variable qui épouse le galbe en partant du haut vers le bas. On distingue la capuche ornée d’un ruban qui tient collé grâce à une mini-étiquette ovale à millésime et qui se termine par le nom de la marque du Champagne. Plus bas, on retrouve l’étiquette arrondie et aplatie vers le bas cette fois-ci qui porte le nom de la maison et son logo. Les volutes apparaissent surtout en partie gauche du visuel en partant du haut pour allonger la perception de la bouteille. On dirait des traits de lumière tracés avec rapidité sur un écran et reproduits ensuite, comme s’ils venaient de surgir par derrière. Le côté droit en bénéficie un peu mais sans recherche de symétrie. Ce déséquilibre visuel est volontaire, afin d’alléger la partie droite du visuel pour mettre en valeur en haut le blason qui chapeaute Dom Ruinart.

Le choix des couleurs. La bouteille d’un vert sombre ressort sur le fond noir de façon inégale grâce à la lumière qui l’éclaire directement ainsi qu’aux arrondis des volutes d’arômes qui s’imbriquent les uns dans les autres. Ils font ressortir le bord externe de la bouteille, comme si ceux-ci sortaient de partout et pas seulement du haut de la bouteille. Les volutes sont aux couleurs de la lumière qui varient d’un jaune d’or pâle, à des blancs veinés de jaune léger, à du blanc qui mêle au noir surtout en partie droite. Il y a un très gros travail pour faire jouer les couleurs de la lumière, pour annoncer l’explosion maîtrisée en bouche…

De la belle ouvrage, vraiment. Aujourd’hui des millésimes anciens sont toujours offerts à la vente, pas ceux de 1996, mais de 1998. La bouteille semble identique, l’étiquette par contre est devenue ronde, les volutes d’arômes sont remplacées par des flûtes qui valsent en l’honneur des vins de Champagne Ruinart…

Pour suivre le chemin

. Retrouver Ruinart sur http://www.ruinart.com/fr-e/les-vins/#dom-ruinart-rose  

. Le Monde 20.12.2007, dernière et pleine page

. Photo Elisabeth Poulain

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Style de Pub > Le rémouleur, son chien et le pneu Hutchinson > MICH

27 Avril 2015, 14:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Plaque ronde Hutchinson, pneu vélo, pneu moto, Cl. Elisabeth Poulain

Plaque ronde Hutchinson, pneu vélo, pneu moto, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre, avec MICH d’abord. Notre histoire, celle qui touche à ce billet, concerne la publicité visant le pneu Hutchinson, réalisée par le dessinateur MICH au début du XXe siècle. Cet artiste aimait beaucoup dessiner des rémouleurs accompagnés de leur chien. Il avait commencé la série par des affiches en 1908 pour le pneu vélo de Continental. La première semble-il  concernant Hutchinson  date de 1912. On y trouve tous les éléments qui vont constituer la saga Hutchinson mais cette fois-ci sur des tôles à la durée de vie très longue qui ont été abondamment diffusées en France, ce qui explique encore aujourd’hui la poursuite de leur renommée et leur côte élevée.

Le pneu Hutchinson est « plus solide que l’Acier ». Plus qu’une qualité, c’est sa caractéristique première. C’est aussi une jolie façon de barrer la route à la concurrence,  en particulier celle de Continental pour son pneu-vélo. Seul Hutchinson est aussi résistant que l’acier (!) et cela autant pour le pneu vélo, moto et auto.

Parmi le trio des composantes visuelles, outre le pneu, il y a  Sam le Rémouleur, l’ambassadeur de la marque. Il est décrit comme « un mi-clown anglais et mi-vagabond philosophe » par des spécialistes de l’art publicitaire, Daniel Bordet et Jacques Dreux dans leur ouvrage « Les 100 plus belles images du pneu ». Il y a tout de suite après Floc, son chien fidèle, solide, un brin cabochard qui appartient à une race de terrier qui ressemblerait à un Jack Russel sans garantie ni preuve et surtout à taille variable. Les deux, le maître et son chien, sont inséparables et heureusement. Sans le chien si attentif et affectueux, le maître ne serait pas forcément drôle. Il manquerait une composante essentielle au visuel. Les rôles attribués à Sam et à Floc diffèrent selon les plaques. Le plus souvent Floc est là presque uniquement pour admirer son maître en train d’aiguiser son long couteau sur le pneu.Mais parfoisFloc est un vrai co-acteur de la plaque.

. C’est du moins le cas dans la plaque ronde sur fond jaune  qui est la plus connue de toute la série que le dessinateur a déclinée, sans que malheureusement nous ayons les dates qui ne sont pas indiquées sur les plaques. Sam, au nez rouge ainsi que ses joues, a endossé une chemise blanche sous sa salopette rouge à pois blanc, d’un rouge un peu moins foncé que son chapeau claque rouge à ruban jaune et petits carrés bleus, du même bleu que l’écriture en grosses lettres d’imprimerie HUTCHINSON en lettrages disposés en arrondi léger de façon à créer un effet visuel avec l’arrondi plus prononcé du pneu. PNEU VELO est disposé à droite de la tête de Sam, encadré de l’autre côté par PNEU MOTO. Seuls trois éléments ressortent en blanc, les yeux de Sam en bille de loto, la chemise et la lame que le rémouleur affute sur son pneu vélo. Et tout ça, sous le regard positivement admiratif de Floc, dont le poil blanc ressort en bas du visuel et dont la tête mange une partie du N de ma marque, avec un collier jaune qui renvoie au ruban du chapeau. C’est vraiment bien fait au niveau de la disposition en strates, qui se croisent avec un grand X ainsi qu’à celui du jeu de couleurs superbe. N’oublions pas le cercle blanc près du bord extérieur pour finir en douceur cette petite plaque ronde de 32 cm. La signature de MICH n’apparait pas sur cette plaque qui est la plus connue de toutes.

Plaque de propreté Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulain

Plaque de propreté Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulain

. Voici une version couleurs du Pneu Hutchinson vélo, moto et auto. Sa rareté provient du type de tôle et de son format. Il s’agit d’une plaque de propreté en chapeau de gendarme, de 18,9cm sur 6 cm. La salopette bleue à pois blancs de Sam ressort très nettement sur le fond jaune. Sa chemise est blanche tout comme le pneu plus solide que l’acier qui sert de meule à affuter et comme le poil de Floc. Pneu Hutchinson figure en bleu ainsi que le slogan alors que le lettrage de Vélo, Moto, Auto est en rouge tout comme le nez rouge et les rouges du maestro, qui font partie du personnage depuis le début. La signature indique « d’après MICH. »

. En petit format (12cm de diamètre), une petite plaque blanche et grise ronde - et rare - indiquant « Pneu Hutchinson » sans précision ni slogan. Elle était destinée à être fixée sur les devantures des revendeurs de la marque. Blanche et grise, elle montre un Sam en salopette rouge qui affute avec énergie son grand couteau sur un pneu voiture installée sur son tréteau à quatre pieds. Floc, qui regarde son maître avec amour, est attaché par une laisse, me semble-t-il, à la jambe gauche de son maître. L’ensemble ne porte pas de signature.

. La version ovale et blanche de Sam pour le pneu Hutchinson. Cette fois-ci, il s’agit de Sam faisant du vélo en salopette bleue et chapeau noir (12,8 x 18, 7 cm). Floc est tout à son aise dans le petit panier en osier jaune que son maître a aménagé pour lui devant, à côté du grand couteau dont la lame dépasse, côté coupant vers l’extérieur. Il n’est pas indiqué quel type de pneu mais le dessin montre que les deux, vélo et auto, sont visés. Sam roule à vélo et porte sur son tabouret haut de bois jaune sur son dos un pneu auto, signé MICH. 

Plaque  ovale blanche, Plaque auto-moto,plaque ovale blanche, petite plaque ronde blanche, Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulainauto-moto
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. Le pneu Hutchinson pour moto (60 x 40cm) signée MICH. C’est une déclinaison intéressante des créations de l’artiste avec un jeu de couleurs renforcé par le choix du rouge pour le side-car qui fonce à toute vitesse en sautant par-dessus un pneu moto forcément. Cette fois-ci Sam, nez et joues rouges, en salopette bleue, chaussures rouges et chapeau noir, sourit pour la première fois tout en conduisant avec brio sa moto avec l’habitacle à ses côtés un Floch qui a drôlement grandi. C’est lui désormais qui affute le couteau qu’il arrive à tenir avec ses dents, alors que ses pattes de devant lui servent de bras pour s’agripper au pneu. PNEU MOTO figurent en bleu au-dessus tandis qu’HUTCHINSON est placé en bleu un peu plus sombre en dessous.

Pour finir, un mot sur le métier de rémouleur, qui n’existe plus en France tout du moins. J’en ai vu un passer dans les rues, il y a quelques années dans l’Ouest de la France, sans pouvoir affirmer si des personnes avaient encore recours à ses services. On trouve encore des cartes postales anciennes sur ceux qui exerçaient les « petits métiers », avec en particulier des clichés de rémouleurs près de leur carriole tiré par un chien…

Pour suivre le chemin

. MICH, de son nom Jean-Marie Michel Liébaux (1881-1923) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie-Michel_Li%C3%A9baux  

. Retrouver le pneu Hutchinson, une marque de l’entreprise créée à Langlé près de Montargis en France en 1853, par Hiram Hutchinson, avec Charles Goodyear, tous deux américains, sur http://www.hutchinsontires.com/fr/entreprise?mod=histoire  ainsi que sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Hutchinson_(entreprise)  pour comprendre la dimension mondiale maintenant, avec la participation de Total maintenant.

. Le rémouleur http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9mouleur  

. Le Jack Russel sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Russell_terrier  

. « Les 100 plus belles images du pneu », Daniel Bordet, Jacques Dreux, Continental, Les 100 plus belles images, Editions Dabecom 2003

. Découvrir le blog de Philogène Gagne-Petit axé sur les rémouleurs, sur https://remouleurs.wordpress.com/

 . En apprendre plus sur la vie menée par des « vrais » rémouleurs, sur http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article71  

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes remerciements à Salorges Enchères, Nantes, www.interencheres.com  

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Photos > Une porte sous un porche, deux poteaux & trois couleurs

25 Avril 2015, 15:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Porte sous un porche, deux poteaux, trois couleurs, Cl. Elisabeth Poulain

Porte sous un porche, deux poteaux, trois couleurs, Cl. Elisabeth Poulain

La porte. Je l’ai découverte, il y a déjà quelques années lors d’une balade dans une petite ville ou village au nord d’Angers, sans noter où. Peut-être a-t-elle depuis lors perdu ses couleurs ? Visiblement elle venait alors d’être entièrement refaite ainsi que les cadres des deux vitrines qui l’entourent. Il ne semblait plus y avoir de magasin à l’intérieur. Seul un panonceau était adossé à un mur, avec la mention « ici, dépôt pressing ». Dans mon souvenir, la grande baie de verre à droite, celle qui montrait le panonceau, présentait un intérieur vide.

Visiblement les nouveaux acquéreurs avaient été sensibles à l’agencement du magasin et tout spécialement à la porte qui fait l’angle de la rue passante et étroite sur le côté droit de la photo en lien avec une placette. Et cela au centre d’une petite ville ou village qui avait pris les couleurs du temps, c’est-à-dire des gris, des beiges, des teintes qui n’ont plus de nom lorsque le matériau brut est décapé à cœur. 

Elle était si étonnante, si réussie que j’ai fait en vitesse trois clichés, le second pour mieux centrer le premier, avec un 3e pour montrer le détail des verticales qui encadrent d’autres cadres, avec à chaque fois un jeu de couleurs extrêmement sophistiqué. J’ai rarement vu une porte à un seul vantail à l’abri d’un petit porche à cinq séquences, qui a bénéficié d’autant de complexité intelligente au plan de la conception et de finesse au niveau de l’harmonie des couleurs.

 

Porte sous un porche, deux poteaux, trois couleurs, Cl. Elisabeth Poulain

Porte sous un porche, deux poteaux, trois couleurs, Cl. Elisabeth Poulain

La structure est complexe. L’important réside dans la volonté des propriétaires et du concepteur d’alors de ne pas se contenter de se limiter à couper l’angle du petit bâtiment à un étage revêtu d’un enduit devenu grisâtre léger. On l’aperçoit dans le cliché n° 1 qui montre le trottoir. L’intéressant est alors de découvrir que le coin à l’étage est arrondi, ce qui peut expliquer la complexité de l’aménagement de l’entrée du bas et la volonté de ne pas présenter d’angle avec une arrête vive, même d’un angle droit.

. Un porche à faible retrait a été aménagé pour éviter de sortir directement dans la rue ; de cette façon, la porte reste abritée dans le fond et la personne qui entre ou sort bénéficie d’un espace de transition entre le dehors et le dedans et vice et versa.

. Le plafond du porche est soutenu par deux poteaux, de part et d’autre de la porte, en retrait latéral de celle-ci de façon à élargir la perception de la dimension de la porte.

Les poteaux par ailleurs sont placés à une petite distance de la paroi des murs de façon à bénéficier d’un effet visuel très positif. Cela permet d’élargir l’entrée, sans avoir à plus jouer sur les dimensions de la porte et du porche aussi.

Les trois couleurs. Ce sont le jaune, le vert et le turquoise. La réussite est évidente. Ce trio peu courant est une vraie trouvaille. Chacune des couleurs jouent avec les autres, avec à chaque fois des harmonies nouvelles. Pour montrer l’unité de l’ensemble du bas et du haut, une même bande de couleur verte encadre le bord extérieur des panonceaux intérieurs en jaune en bas et en haut, ainsi que pour le porche et la porte. Le vert turquoise tendre est réservé à la porte elle-même ainsi qu’aux vitrines en position médiane. Et le tout est un plaisir pour les yeux.

Porte sous un porche, deux poteaux, trois couleurs, détails, Cl. Elisabeth Poulain

Porte sous un porche, deux poteaux, trois couleurs, détails, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Comme seules indications, voir l’article de wikipedia présentant la Mayenne http://fr.wikipedia.org/wiki/Mayenne_(d%C3%A9partement)  ainsi que le Haut Anjou, l’ancienne province sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Anjou  

. Photos Elisabeth Poulain 2012

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Evreux > Les rives de l’Iton > La grille ouverte à la vue-fermée x 3

24 Avril 2015, 17:08pm

Publié par Elisabeth Poulain

Evreux, Vue du petit pont à la grille à partir du pont rue du Pr. Huet sur l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain partir

Evreux, Vue du petit pont à la grille à partir du pont rue du Pr. Huet sur l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain partir

Quand on se promène dans une ville ancienne, et c’est le cas d’Evreux qui a pu conserver une partie de son cœur ancien non bombardée pendant la guerre de 1940-1945, on découvre toujours des « pépites » visuelles. C’est aussi bien souvent le cas quand on suit les cours d’eau qui traversent les villes. Ou plutôt le contraire, car ce sont les villes qui se sont construites au bord de l’eau. L’eau a toujours représentée une valeur positive pour une maison située à son abord, pour les usages qu’elle rendait plus faciles et maintenant pour la vue. Elle était et est toujours garantie d’avoir un plus par rapport à des voisines proches mais sans accès direct à la rivière ou le fleuve.

Rechercher l'eau est ainsi un réflexe quasiment naturel d’un visiteur découvrant une ville. Cela a été mon cas à Evreux avec l’Iton qui irrigue la ville de ses quinze bras, qui tous s’appellent Iton, pour ne pas établir de hiérarchie et faire de jaloux. Pour complexifier encore la compréhension, certaines parties sont visibles et d’autres non qui sont couvertes pour faciliter la circulation et l’urbanisme. C’est du moins ce que j’imagine. La situation se complique encore quand on sait qu’il existe peu d’occasions de longer l’Iton, à l’exception notable de la Promenade Charles II qui borde le côté du quadrilatère de la Cité épiscopale qui va du Presbytère et de la Cathédrale à la Tour du Guet et à la Marie. Il existe heureusement quelques exceptions.

Citons en particulier l'allée Simone de Beauvoir, qui débouche dans la rue du Président Huet. Elle est de facture récente pour permettre et faciliter l’accès des voitures à un groupe d’immeubles contemporains. Vous avez là une conjonction favorable qui est de voir de près et frontalement la rive d’en face, ses lavoirs implantés sur les deux rives et à un endroit une passerelle avec des garde-corps latéraux qui permettait de joindre la rive d’en face.

 

Evreux, Vue sur la grille force 3, avec le petit pont sur l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, Vue sur la grille force 3, avec le petit pont sur l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

C’est là que se situe la grille qui constitue la fermeture ancienne, qui devait marquer la séparation entre le domaine privé, petit pont compris et la berge haute. Elle ne semble pas très ancienne. Elle est classiquement composée de deux portes en fer forgé de moyennes dimensions. Comme toute grille, elle est ouverte à la vue sur la double cour qui se situe de l’autre côté sur la rive gauche de cette partie de l’Iton, alors que vous, vous êtes en rive droite. Et l’inverse est aussi vrai. C’est d’autant plus bienvenu que le site a été aménagé pour permettre la promenade.

Pour souligner la fonction défensive de la grille fermée, ses pointes reproduisent des hauts légers de flèche, avec un léger mouvement qui évoque un éclair, un motif présent sur une grille de facture récente d’un artisan ferronnier régional. Ces pointes en hauteur se doublent de pointes identiques mais descendantes cette fois-ci situées entre les barreaux du bas. Les pointes hautes évoquent le haut des flèche traditionnelles destinées à empêcher les escaladeurs de franchir la grille par le haut, celles du bas en entre deux ne pouvant répondre à mes yeux qu’à une fonction décorative. Avec toute fois, une distinction entre ces pointes basses et d’autres qui sont fixées en position haute sur la structure horizontale médiane, ce qui est me semble-t-il rarissime.

On comprend alors le pourquoi du relèvement de la structure avec un câble horizontal. Pour renforcer la structure globale, sans rajouter de poteaux latéraux complets, un système de hausse des poteaux a été fixé en hauteur sur les poteaux latéraux et des câbles ont été tendus entre les deux, peut-être pour garder le parallélisme entre les poteaux. Peut-être aussi pour empêcher le franchissement à partir de la rive droite, Allée Simone de Beauvoir.

Evreux, vue sur le petit pont, prise du lavoir sur l'Iton, grille à gauche, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, vue sur le petit pont, prise du lavoir sur l'Iton, grille à gauche, Cl. Elisabeth Poulain

En avant et très près de ce portail a été placé un garde-corps sans ouverture possible par un portillon. L’accès à la passerelle en bois qui permettait d’enjamber ce bras de l’Iton est ainsi interdit, de la même façon qu’un garde-corps identique coupe l’accès à la rivière par l’autre rive. C’est dire qu’à cet endroit deux systèmes empêchent le passage sur le très vieux petit pont de bois en très mauvais état bordé lui-même de garde-corps, avec un garde-corps supplémentaire de l’autre côté.

L’aspect visuel est très intéressant de par la légèreté de l’ensemble, avec une multiplicité de lignes verticales et horizontales et une seule courbe descendante-remontante, celle constituée les deux vantaux de la grille elle-même. Le choix du motif ovale renforcé par une tige médiane du garde-corps s’adapte avec beaucoup de légèreté à l’ensemble. Remarquons pour finir que la tige médiane qui a pour but de renforcer la solidité de l’ensemble est peinte de couleur vert mousse pour atténuer sa présence alors que tout le reste est noir. Du bel ouvrage ! Et ce n'est pas tout; regardez maintenant le dessin des branches des arbres qui se surperpose aux lignes de la grille. Elles forment un ovale qui joue avec les lignes courbes hautes de la grille!

Pour suivre le chemin

. Découvrir l’Iton en particulier à Evreux sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Iton  

. Ainsi qu’Evreux (sur Iton) sur http://www.evreux.fr/pages/liton-587  

. Retrouver un précédent article sur ce blog parue le 30 mars 2015 sous le titre « La société d’hier > Les  murs gallo-romains > La ville d’Evreux » sur http://www.elisabethpoulain.com/2015/03/la-societe-d-hier-les-murs-gallo-romains-la-ville-d-evreux.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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Genêts jaunes sur fond de schiste noir & vert éclat, St-Nicolas-Angers

22 Avril 2015, 10:12am

Publié par Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Il est clair à comprendre –pour une fois- même s’il manque encore un mot essentiel. Il s’agit de photos, mais ça, vous le saviez déjà, la couleur appelle la photo, surtout en ce début du mois de mars 2015 qui connait parfois déjà de véritables chaleurs d’été.  

C’est le moment de la fin de l’après-midi où le soleil commence à se cacher, tout en continuant à diffuser une lumière plus douce et qui révèle mieux les coloris des fleurs dans leur environnement végétal et minéral.

La situation est très exceptionnelle. Le parc Saint-Nicolas est rattaché en réalité à trois communes membres de l’agglomération d’Angers, qui sont outre cette dernière Avrillé et Beaucouzé pour une toute petite portion en fond de ce lac comme on ne l’appelle pourtant pas ici.

Genets, Etang St-Nicolas et carrière remplie d'eau, Angers, Cl. Elisabeth Poulain Genets, Etang St-Nicolas et carrière remplie d'eau, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas et carrière remplie d'eau, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Car cet étang est en réalité un lac, qui fait plus de 4 km de long, soit pour ceux qui comptent bien une balade de plus 8 kms de long, avec seulement deux ponts très proches pour joindre les deux rives et raccourcir la promenade. Cette retenue d’eau résulte du carrières creusées par les mineurs qui débitaient les filons d’ardoise proches de la petite rivière du Brionneau nécessaires à la construction des grands édifices d’Angers, à commencer par le château, les abbayes…A cette époque médiévale, l’étang était déjà formé en proximité de l’Abbaye Saint-Nicolas proche de la rivière Maine dans lequel se jette le Brionneau. Ensuite vint l'installation d'une autre communauté religieuse plus haut en amont de Saint-Nicolas, l'Abbaye et le Prieuré de la Haye aux Bonhommes, qui aménagea également le Brionneau de façon à avoir également sa réserve de poissons. A chaque communauté son étang relié à l'autre par le Brionneau, avec une grille sous le petit pont médian pour chacune garder ses propres poissons!   

A certains endroits, le paysage rappelle la Bretagne, tout particulièrement à cause des genets qui fleurissent au printemps. La présence de la pierre, qui est ici en Anjou, du schiste noir ardoisier et non pas du granit. Néanmoins ses couleurs varient beaucoup en fonction de son exposition, de son environnement proche, des lichens qui peuvent lui donner un aspect de couleur rouille. La pierre elle-même porte des teintes variées. Qqui uant au vert, il se décline en plusieurs teintes qui toutes ont la fraicheur du printemps, avec ma préférence pour l’éclat du vert acidulé jeune pousse.

Genets, Etang St-Nicolas, rive gauche, Angers, Cl. Elisabeth PoulainGenets, Etang St-Nicolas, rive gauche, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas, rive gauche, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Et le tout fait une belle balade de fin de journée, en revenant par un chemin bordé de cerisiers blancs en fleur près du lac et de lilas parme clair qui éclatent de l’autre côté sur le coteau pentu entre clôtures et chemin.

Pour suivre le chemin

. Le parc Saint-Nicolas d’Angers sur http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tang_Saint-Nicolas  et le Brionneau sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Brionneau_(rivi%C3%A8re)  

. Le genêt d’or sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Gen%C3%AAt  

. Le schiste d’ardoise sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Schiste  et http://fr.wikipedia.org/wiki/Ardoise  

. Voir aussi la palette incroyable des teintes des granits de Bretagne sur http://www.granitbreton.fr/fr/granit/palette.htm  

. Photos Elisabeth Poulain 2015

Genets, Etang St-Nicolas, rive gauche, vue sur la rive droite, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas, rive gauche, vue sur la rive droite, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

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Le bestiaire de la pub > Le brochet et le pêcheur > Le Crédit Lyonnais

18 Avril 2015, 14:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le pêcheur et le brochet, le Crédit Lyonnais, Paris-Match 1967, Cl. Elisabeth Poulain

Le pêcheur et le brochet, le Crédit Lyonnais, Paris-Match 1967, Cl. Elisabeth Poulain

Disons le tout d’emblée, le brochet, aussi beau, talentueux et résistant qu’il puisse être, en particulier dans sa lutte contre le méchant pêcheur, n’est pas un familier de l’univers de la publicité. Ce n’est pas à lui qu’on penserait en premier, ni même en 10e position et je dis ça au hasard. Par contre, il joue un rôle certain dans la mise en valeur du pêcheur qui pourra conter sa lutte épique aux copains le soir au coin du feu l’hiver ou l’été à la terrasse d’un bistrot de village abrité sous le grand tilleul de la place.

C’est assurément le choix du Crédit Lyonnais : montrer un client heureux tenant dans ses mains un brochet dont on ne voit que la tête. L’explication du choix du pêcheur et du brochet qui semblent dialoguer tous les deux ensemble, les yeux dans les yeux, tient en ces quelques mots « nous n’y sommes pour rien ». La banque ne vous promet pas de faire d’aussi belles prises – ce serait trop simple- mais par contre de contribuer quelque peu au bonheur du pêcheur, cela oui.

Après enquête auprès de pêcheurs forcément avertis et un petit détour par wikipedia, le plaisir de la pêche au brochet tient plus dans la dimension sportive de ce type de pêche que dans le poisson lui-même. D’abord il faut relâcher le « petit » brochet, celui qui fait moins de 60 cm tout autant que le « gros » qui lui mesure plus de 90 cm. Le pauvre est farci de contaminants de toutes sortes, au point qu’il est déconseillé de manger sa chair.

Entre les deux, si vous avez de la chance, celle qui profite aux clients de la banque, vous pourrez le rapporter à la maison, après vous être fait tirer le portrait tenant fièrement le brochet dans vos mains et les yeux dans les yeux. Il sera alors temps de mettre en pratique la célèbre recette du vrai beurre blanc du pays nantais, qui n’est guère loin de la rivière Maine en Anjou pour déguster ensuite tous réunis autour de la table, un brochet des gourmets.

Les bons conseils du Crédit Lyonnais : « 6 heures du matin…le bon coin, sous les saules : pas de bruit ; la bonne cuillère (que pensez-vous des ondulantes ?) ; un, deux, trois  lancers précis ; une touche brutale… et tout l’art d’amener jusqu’à l’épuisette…Cela, le principal, nous n’y sommes pour rien. Mais ces belles vacances au paradis des prêcheurs de brochet…là, nous y sommes peut-être pour quelque chose… »

C’était une publicité très avant-gardiste, un an avant mai 1968. Ses fondements, un concept, peu de mots, juste ce qu’il faut pour placer l’argumentaire bancaire et une photo intrigante, avec un pêcheur qui ouvre un peu les lèvres, comme le poisson...  

Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Paris-Match, n° 949 du 17 juin 1967, en double page 116-117, visuel « Publi-Service », photo Rodriguez

. Venir en Anjou particulièrement riche en brochet, figurant dans la liste 2P de la faune piscicole dans le département du Maine et Loire, tout particulièrement en Loire, mais aussi dans La Maine, dans l’Ile Saint-Aubin ainsi que dans les prairies et marais de la Baumette, à retrouver sur http://www.maine-et-loire.gouv.fr/IMG/pdf/inventaire_frayeres_49_liste_detaillee.pdf  

. Ce petit billet est une retombée de ma balade récente dans les prairies de La Baumette et de ma rencontre visuelle avec une tête de poisson bien sèche à terre. J'ai imaginé ensuite que c'était un brochet.

. Photos Elisabeth Poulain

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La beauté de la lumière, Les prairies de la Baumette, rives de Maine

10 Avril 2015, 13:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pont de la Libération ou pont de Prunier, vers les prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Pont de la Libération ou pont de Prunier, vers les prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

La Maine avec ses 12kms est une des plus petites rivières de France qui offre aussi la double singularité d’être en Anjou et de ne pas avoir de source. Pour autant, ne vous inquiétez pas pour elle. Elle va bien surtout quand elle a ses « Hautes Eaux » qui vont inonder comme chaque hiver et début de printemps ses basses prairies, celles qui font éponge justement, en accueillant son trop-plein d’eau. Quant à la source, elle n’en a pas besoin puisqu’elle est formée par la résultante entre trois rivières que sont la Mayenne, la Sarthe et le Loir, la ère à l’ouest, la seconde au-dessus d’Angers et la troisième qui vient de l’Est. Pour éviter des tensions pour savoir laquelle allait donner son nom à leur réunion, une solution diplomatique a consisté à lui donner un autre nom, la Maine. C’est donc elle qui se jette bravement ensuite dans la Loire sur sa rive droite à Bouchemaine, la bien-nommée face à Sainte-Gemme sur Loire dont le territoire est située sur la rive gauche de la Maine et en rive gauche de la Loire.

La Maine a aussi pour particularité de longer deux grandes éponges à eau que sont l’Ile Saint-Aubin, qui fait partie d’Angers, au nord sur sa rive droite et, pour équilibrer, en rive gauche, les Prairies de la Baumette, sur la commune de Sainte-Gemme sur Loire. De la même façon mais en inversé, en rive gauche au centre d’Angers, que se dresse un pic de schiste noir où s’élève le château. En rive droite, cette fois-ci, face aux prairies de la Baumette, une falaise déchiquetée domine la Maine et son lac d’inondation. Cette fois-ci, c’est une abbaye, celle de la Baumette justement, qui a donné son nom à cette grande prairie située en aval de la Maine et qui offre la particularité d’être d’un seul tenant sans un mètre de fil de fer.

Le pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth PoulainLe pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Le pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

La balade. Elle commence par le Pont de la Libération. C’est un ancien pont de fer ferroviaire érigé en 1908 emprunté maintenant par les marcheurs et les sportifs cyclistes. Ce nom lui a été donné parce qu’il permit à la fin de la II guerre mondiale aux Forces Américaines de passer la Maine et de prendre à revers les forces allemandes stationnées à Angers centre. Il est aussi surnommé le Pont de Prunier, du nom du site appartenant à la commune de Bouchemaine. C’est du haut du pont que se découvre l’étendue des hautes eaux qui donnent l’impression que la Maine est doublée d’un grand étang, au point aussi qu’on se demande si ce n’est pas la Loire. C’est alors la fête visuelle pour les yeux, avec des lignes contrastées de couleurs claires et pourtant vives qui brillent au soleil du printemps dans une lumière vive.

C’est le vert de la prairie qui forme la base de ce socle chromatique, le jeune vert de l’herbe qui brille au soleil et qui a envahi toute la surface, chemin y compris. Il y a pourtant des traces de pneus repérables à l’herbe couchée. Il y a ici un chemin qui ne se voit pas ; il n’est pas parallèle au fil de la rivière. Les promeneurs ne s’y trompent pourtant pas. Ils ne vont pas voir la Maine pourtant toute proche. L’eau actuellement est très proche du haut de la berge couverte de grandes herbes et lianes mais sans encore l’atteindre. Le regard se porte presque naturellement et plus volontiers de l’autre côté de la rive, celui qui s’ouvre vers « le grand paysage », un de ceux qui vous aère l’esprit, qui vous emplit d’énergie et qui délie les langues. « Ah que c’est beau » semble être la phrase la plus souvent entendue, celle qui est échangée entre des promeneurs qui se croisent et se saluent, comme si on se rencontrait en randonnée seul au monde et heureux de partager.

Rive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth PoulainRive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth PoulainRive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth Poulain

Rive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth Poulain

A votre gauche, se trouvent les premières rangées de jeunes et vigoureux peupliers d’Italie bien alignées transversalement à la rivière. Ce sont eux qui marquent le début de la promenade. Ils n’ont pas encore sorti leurs jeunes feuilles rousses du printemps. Leurs troncs presque noirs contre le soleil structurent le paysage en hauteur. D’autres rangées se laisseront découvrir le long du chemin, mais pas en aussi grand nombre, ni de la même espèce. Ceux-là plus âgés ont chacun leur forme. Dans le fond de la scène, un rideau d’arbres feuillus de hauteur inégale apparait en brun clair ; il forme la transition entre la prairie verte et la grande surface bleue claire de l’eau inondant la prairie.

Dire qu’il s’agit d’un étang serait inexact tant la frontière entre l’eau et l’herbe est difficile pour ne pas dire impossible à marquer, surtout vue de loin. Même de près, même du haut d’un mètre ou peu plus de hauteur, l’herbe est si fournie qu’on ne voit pas l’eau qui recouvre la terre. Ce n’est que lorsque le creux est suffisamment prononcé, près du rideau d’arbres, qu’on a vraiment la sensation de voisiner avec l’eau, alors même qu’on est tout près de la Maine. Une autre conséquence importante est qu’il n’est pas possible de marcher au bord de cette eau, qui a ainsi un caractère protégé. Devant vous, sur votre gauche, se poursuit la grande bande verte qui encercle de façon irrégulière toute la prairie. Chaque pas nous rapproche de la grande étendue bleue. En attendant, le regard se porte sur un arbre à terre entre le chemin et la berge ; d’autres qui ont poussé de par leur volonté propre et sans alignement, avec souvent des boules de gui accrochées dans leurs branches.

Prairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth Poulain

Prairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth Poulain

Dans la bande bleue de l’eau de la prairie inondée, vous commencez à repérer des points blancs qui semblent immobiles. En regardant mieux, vous en voyez aussi dans la prairie en arrière. Ces points blancs sont en réalité des cygnes qui hivernent ici chaque année ; cette année, la colonie semble particulièrement importante. Les cygnes de la Baumette, comme on les appelle ici, se savent très protégés dans leur environnement liquide. L’adresse est bonne, la cohabitation sans souci, les deux-pattes humains qui les admirent en marchant sont suffisamment éloignés, la chasse est interdite et le site entier est classé Natura 2000. Ne viennent ici que des paisibles amoureux de la nature, mais pas tous à pied.

En effet plus bas, à l’actuel pont ferroviaire qui relie Angers à Nantes et plus loin de chaque côté et qui traverse la Maine, il est possible d’arriver en voiture et de la garer. L’adresse est bien connue des pêcheurs qui en profitent pour ne pas avoir à porter leur matériel. L’intérêt pour eux aussi de se positionner sous le pont sur le quai en hauteur qui permet normalement de passer, sauf quand le niveau de l’eau les en empêche. C’est le cas cette fois-ci ; le passage sous le pont est sous l’eau. Il faut donc revenir par le même chemin, sans avoir pu longer la Maine en rive gauche jusqu’à Bouchemaine, passer le pont et tourner tout de suite à droite.

Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain
Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Au demi-tour, on voit bien la vanne ouverte sous un petit pont, par lequel passe le chemin, qui laisse rentrer l’eau de la Maine dans la prairie en période d’inondation. C’est tout près du grand talus de la ligne ferroviaire construite en hauteur afin justement de permettre d’assurer le passage du train. D’un côté l’eau est absolument indispensable à la survie des prairies humides, d’un autre les inondations sont une vraie gêne pour le passage des trains. Quant aux bateaux sur l’eau, des plates étaient amarrées sur l’autre rive près du pont à arche sous lequel nous n’en avons pas pu passer. Un seul naviguait, c’était un hors-bord qui remontait La Maine au milieu du chenal.

Nous n’avons pas vu de pêcheur assis au bord de l’eau en train de rêver qu’il allait enfin attraper au moins un poisson. Les périodes de crue ne sont peut-être pas propices à la pêche à la ligne. La seule trace visible au retour s’est limitée à la tête d’un poisson qui devait être de belles dimensions, justement dans les herbes couchées du chemin…Il est temps de remonter les marches qui mènent au pont de Prunier et de saluer de loin l’ancien couvent de la Baumette (XVe siècle), située sur un éperon de schiste noir, qui a donné son nom aux prairies qui sont un véritable havre de paix végétal au sud de la ville d’Angers. La Baumette, en hommage à Sainte-Baume en Provence érigée sur une falaise abrupte…

Rive droite de Maine, paroi de schiste noir, face aux prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Rive droite de Maine, paroi de schiste noir, face aux prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une promenade entre terre et eau, au milieu d’une nature paisible, sous un grand soleil avec une lumière extrêmement vive, dans un grand paysage, voisinant avec une importante colonie de cygnes que nous ne gênons pas, dans un télescopage de temps, d’aujourd’hui à la Libération d’Angers, en faisant un grand détour par la Provence, passant par trois villes et deux cours d’eau et en compagnie de gens sympas et en rencontrant d’autres qui le sont tout autant...

Pour suivre le chemin

. Photos Elisabeth Poulain

. Trouver les fondamentaux sur la rivière Maine sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Maine_(rivi%C3%A8re)

. Consulter l’analyse paysagère réalisée par Laure Aubert h. Pruniers, qui fait partie de Bouchemaine, à découvrir sur http://aubert.laure.free.fr/analyse.pdf   

. Prunier sur le site de Bouchemaine http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouchemaine  

. L’abbaye de Bouchemaine sur http://www.angersloiretourisme.com/fr/decouvrir/lieux-de-visites/abbaye-de-bouchemaine  

. Sainte-Gemmes sur Loire http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Gemmes-sur-Loire  

. L’ancien Couvent de la Baumette, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Couvent_des_Cordeliers_d'Angers#/media/File:Rene1ofNaples.jpg  

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