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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Paysages de brouillard du petit matin -1- de l’Anjou vers la Normandie

8 Janvier 2017, 18:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Angers, traversée de la rivière Maine, en partance vers Le Mans, par l'A11, Cl. Elisabeth Poulain

Angers, traversée de la rivière Maine, en partance vers Le Mans, par l'A11, Cl. Elisabeth Poulain

Sur l'autoroute A11, sous le brouillard, le début du vallonnement léger, Cl. Elisabeth PoulainSur l'autoroute A11, sous le brouillard, le début du vallonnement léger, Cl. Elisabeth PoulainSur l'autoroute A11, sous le brouillard, le début du vallonnement léger, Cl. Elisabeth Poulain

Sur l'autoroute A11, sous le brouillard, le début du vallonnement léger, Cl. Elisabeth Poulain

Voici une succession de photos, qui vous donnent à voir autrement des paysages que vous avez l’impression de connaître et qui vous paraissent différents. La raison en est bien sûr le brouillard fréquent en cette saison hivernale, qui transforme l’humidité en nappes plus ou moins épaisses, selon le lieu, la présence d’arbres, le vent…Tout change alors, les volumes, les lignes, les couleurs, l’atmosphère de ce que vous voyez…C’est un autre monde qui s’offre à vos yeux, à votre étonnement, devant tant de différences. Voici cette première séquence en partance d’Angers, en traversant la Maine, la plus petite rivière de France, vers le Loir un affluent de la Maine, à ne pas confondre avec la Loire, le plus long fleuve de France.

Sur l'autoroute A11, vers Le Mans, le passage au dessus du Loir, Cl. Elisabeth Poulain

Sur l'autoroute A11, vers Le Mans, le passage au dessus du Loir, Cl. Elisabeth Poulain

Le vrai départ commence à Angers lors du passage sur la rivière Maine d’où l’on aperçoit les plates, ces barques de pêcheurs qui attendent des jours meilleurs pour taquiner le poisson. Parfois, la lumière du jour éclaircit le paysage, en faisant ressortir la nature autoroutière du parcours.  

A11, entre éclaircie et brouillard, sortie d'Angers vers le Mans, Cl. Elisabeth PoulainA11, entre éclaircie et brouillard, sortie d'Angers vers le Mans, Cl. Elisabeth Poulain

A11, entre éclaircie et brouillard, sortie d'Angers vers le Mans, Cl. Elisabeth Poulain

Ce sera vraisemblablement un des seuls clichés où l’on pourra voir les véhicules venant d’en face. Tout aussitôt, cette fois sur le côté, on peut percevoir une poche épaisse de brouillard qui freine la percée de la lumière. On peut néanmoins distinguer un bosquet dans la prairie, un arbre isolé, un pylône transportant l’électricité…

A11, vers Le Mans, passage au-dessus du Loir, plantation de peupleraies, Cl. Elisabeth Poulain
A11, vers Le Mans, passage au-dessus du Loir, plantation de peupleraies, Cl. Elisabeth Poulain

A11, vers Le Mans, passage au-dessus du Loir, plantation de peupleraies, Cl. Elisabeth Poulain

Voici un bel alignement comme sculpté en douceur par le vent, suivi par la seconde rivière que nous surplomberons au cours du voyage. Il s’agit cette fois-ci du Loir, à ne pas confondre avec la Loire. Une jeune peupleraie plantée en ligne signe la présence de l‘eau que nous allons fréquemment retrouver dans cette partie du trajet. Ces terres pauvres sont tout à fait adaptées à ce type d’essence arboricole qui pousse vite en fournissant du bois dont notre société a tant besoin.

 

A11, lever du brouillard vers le Mans, harmonie arboricole, Cl. Elisabeth PoulainA11, lever du brouillard vers le Mans, harmonie arboricole, Cl. Elisabeth PoulainA11, lever du brouillard vers le Mans, harmonie arboricole, Cl. Elisabeth Poulain

A11, lever du brouillard vers le Mans, harmonie arboricole, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. La rivière Maine sur http://www.wiki-anjou.fr/index.php/Maine

. La rivière Loir, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Loir_(rivi%C3%A8re)

. Le trajet Angers-Rouen par l’A-11 sur https://fr.mappy.com/itineraire/49000-angers/76000-rouen#/0/M2/TItinerary/IFRAngers%2049000-49100|TORouen%2076000-76100|GTpetrol/N151.12061,6.11309,-0.5477,47.47379/Z11/

. Le bois de peuplier sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuplier

. Voir ses avantages comparées à d’autres essences sur http://www.atlanbois.com/construire/bois-locaux-dans-la-construction/

. Photos Elisabeth Poulain, assise à la gauche de la conductrice

 

A11, Angers-Le Mans, paysage mixte péri-urbain-campagne, Cl. Elisabeth Poulain

A11, Angers-Le Mans, paysage mixte péri-urbain-campagne, Cl. Elisabeth Poulain

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Grille de porte d’entrée donnant sur une place dans une petite ville de l'Eure

28 Décembre 2016, 14:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Eure département, grille de maison, face à une place avec un kiosque à musique, Cl. Elisabeth Poulain

Eure département, grille de maison, face à une place avec un kiosque à musique, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une maison soignée, centrée sur une fausse similarité entre sa partie droite et celle de gauche, marquée en son milieu par une porte vitrée dans sa partie haute. Trois fenêtres animent le Ier étage, qui correspondent à deux fenêtres de rez-de-chaussée non identiques à celles du haut. La différence réside bien sûr à l’existence de cette porte vitrée qui n’est pas exactement centrée en dessous des deux fenêtres, et qui ne se situe pas exactement aussi en dessous de la fenêtre centrale du Ier étage. La porte est décalée vers la fenêtre de gauche. Quant aux deux fenêtres hautes et basses en partie droite, elles sont non seulement différentes entre elles mais aussi par rapport à celles du bas.

C’est la porte d’entrée qui nous intéresse dans sa partie vitrée, à cause de sa belle grille de couleur dorée. La maison elle-même est de couleur beige clair, le soubassement est constitué de briques rouges foncées ainsi que le pourtour de la porte et des fenêtres avec un léger bombé au-dessous qui confère de la douceur à l’ensemble.

La maison, sa porte et la grille, département de l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain

La maison, sa porte et la grille, département de l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain

La grille. Elle est particulièrement soignée dans une parfaite symétrie centrée sur un cœur de quatre feuilles d’acanthe fixées à un cercle lui-même rattaché à un cercle plus grande par quatre anneaux, qui sont autant de petits cercles. Pour le haut et pour le bas, le même concept a été utilisé en prenant avec quatre lianes qui structurent et confèrent à la fois force et douceur. L’ensemble est à la fois solide et harmonieux. Regardez aussi, pour finir, comment se terminent en partie centrale par deus des lianes qui se superposent au-dessus des grandes boucles pour se terminer elles-mêmes par de plus petites boucles. C’est ainsi que chaque cercle central est tenu par huit point de soudure grâce aux petites et grandes lianes.

Il reste un élément dont je ne vous ai pas parlé, qui se répète par quatre fois. On dirait des fleurs d’acanthes, qui se dressent comme de petites épées dans le creux des volutes formées par les courbes des grandes et moyennes lianes. C’est là un travail de ferronnerie absolument remarquable.

La grille de la porte d'entrée de la maison, face à la place, département de l'Eure, Cl. Elisabeth PoulainLa grille de la porte d'entrée de la maison, face à la place, département de l'Eure, Cl. Elisabeth PoulainLa grille de la porte d'entrée de la maison, face à la place, département de l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain

La grille de la porte d'entrée de la maison, face à la place, département de l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin. Il  vous faudra attendre encore un peu pour que je puisse retrouver dans quelle ville de l’Eure j’ai pris ce cliché. La seule certitude est que cette petite maison donnait sur une grande place légèrement en pente, où se tenait un beau kiosque à musique. D'en bas, face au kiosque, la maison se trouvait sur la droite, légèrement en montant la rue qui lui faisait face. Dans mon souvenir, le quadrilatère était bordé sur trois côtés, seule partie la plus haute n'avait pas de rue attenante.

. Voir d'abord le précédent article  sur une grille de porte sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/2016/10/le-cycle-des-fleurs-la-porte-de-la-maison-la-grille-fleurie.html

. Retrouver l’admirable collection du Musée le Secq des Tournelles https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Musee-Le-Secq-des-Tournelles.htm à Rouen

. A Rouen toujours, voir aussi http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/2013/11/15/patrimoine-la-plus-belle-collection-de-ferronnerie-du-monde-est-rouen-358297.html

. La sélection « Images » faites par Google https://www.google.fr/search?q=Grille+de+ferronnerie,+fin+du+XIXe+si%C3%A8cle,+Normandie+France&biw=1366&bih=620&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0ahUKEwig66-U-5bRAhWD7BQKHYgDDtYQsAQIGQ&dpr=1

. Clichés Elisabeth Poulain

 

La grille de la porte d'entrée de la maison, face à la place,dpt de lEure, Cl. Elisabeth Poulain

La grille de la porte d'entrée de la maison, face à la place,dpt de lEure, Cl. Elisabeth Poulain

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Photos > Des histoires de ciel, de grue, de poteaux, de fils & d’atmosphères

25 Décembre 2016, 18:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Grue en mouvement, construction d'un immeuble, Cl. Elisabeth Poulain

Grue en mouvement, construction d'un immeuble, Cl. Elisabeth Poulain

Regardez le ciel. Il a une faculté étonnante de changer, de n’être jamais ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. La lumière, le temps qu’il fait, la saison jouent évidemment un grand rôle. Le jeu se corse quand survient dans votre champ visuel des poteaux, grands ou petits, simples, droits, courbés, ou en forme de tour tri-angulaire. La plus part du temps des fils électriques s‘échappent de leur sommet, plus rarement, des câbles sont enterrés. L’intéressant est de voir une partie de la diversité des situations de capter les différences d’atmosphères.

. Voici une « simple grue » qui n’a de simple que sa longue flèche dressée en hauteur au(dessus d’un chantier de grands immeubles et qui tourne en fonction des besoins. Elle a d’abord attiré beaucoup de spectateurs admirateurs, moins maintenant du fait de la durée du chantier.

Poteaux béton et bois, croisement de cables dans une petite rue, Cl. Elisabeth Poulain

Poteaux béton et bois, croisement de cables dans une petite rue, Cl. Elisabeth Poulain

. Nous voici dans une zone pavillonnaire datant d’il y a quelques années. Les maisons sont maintenant bien installées, les jardins ont poussés, seules restent les poteaux bétons et bois et les câbles bien visibles dans le ciel qui se détachent entre les maisons. Ce qui surprend est la densité des fils téléphoniques et électriques à notre époque.

Passage du tramway, réseau enterré, pelouse, Cl. Elisabeth Poulain

Passage du tramway, réseau enterré, pelouse, Cl. Elisabeth Poulain

. Cette réalisation plus récente concerne le tramway dont le réseau est enterré, et protégé par une pelouse évidemment interdite aux piétons, de par la situation médiane du passage du tram entre les deux voies réservées aux voitures.

Deux poteaux, béton et bois, sur fond de ciel bleu strié de blanc & de cables, Cl. Elisabeth Poulain

Deux poteaux, béton et bois, sur fond de ciel bleu strié de blanc & de cables, Cl. Elisabeth Poulain

. C’est le plus beau cliché sur fond de ciel bleu, qui montre un poteau béton, complété par un vieux poteau bois toujours en exercice. J’ai essayé en vain de compter sans me tromper tous les fils qui coupent la vue à cet endroit. Il y a en a plus de 30… et nous sommes en 2016. Les traines blanches que vous voyez dans le ciel sont dues aux traces d’avions à réactions qui sont passées peu de temps auparavant dans le ciel. Admirez aussi le toit de la maison avec ses cheminées et son ou ses antennes de télévision.

Deux oiseaux sur un cable, à la nuit tombante, Cl. Elisabeth Poulain

Deux oiseaux sur un cable, à la nuit tombante, Cl. Elisabeth Poulain

. Voici à l’entrée d’une ville par temps gris une tourelle électrique quatre faces de grandes dimensions. Très proche de la chaussée, elle alimente un nombre impressionnant de câbles qui vont alimenter la ville en électricité. Elle porte même sur ses deux faces visibles de la rue deux panneaux publicitaires.

Tours électriques, entrée de ville et campagne, Cl. Elisabeth Poulain
Tours électriques, entrée de ville et campagne, Cl. Elisabeth Poulain

Tours électriques, entrée de ville et campagne, Cl. Elisabeth Poulain

. Cette fois-ci, nous sommes à la campagne quand la nuit tombe. Cette grande tourelle est cette fois-ci accompagnée par un beau lampadaire contemporain. Il est alors temps de clore cette brève série consacrée aux poteaux et fils de toutes sortes qui ressortent sur fond de ciel de teintes variées, à la ville dans un quartier excentré et à la campagne.

Pour suivre le chemin

. Photos prises dans l’Ouest de la France, par des temps variés, en différentes saisons, E. Poulain.

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L’écorce du vieux chêne-La flanelle du vieil Homme-L’Illustration 1910

21 Décembre 2016, 12:14pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Flanelle Securitas, L'Illustration 16.7.1910, Annonce p1, Cl1. Elisabeth Poulain

* Flanelle Securitas, L'Illustration 16.7.1910, Annonce p1, Cl1. Elisabeth Poulain

Traduction de ce titre sibyllin, pour cause de limitation du titre à 70 caractères. Il y manque un terme important qui est celui de publicité, un terme inconnu pour l’époque où on parlait encore de réclame, en ce début du XXe siècle dans l’hebdomadaire en date du 16 juillet 1910. Le journal préférait ne pas avoir à utiliser ce terme de réclame, qui devait lui paraître un peu ‘commun’. Il utilisait le terme d’Annonces dans ces pages qui ne donnaient pas d’information en début et en fin de la revue. Les meilleures annonces étaient situées dans les premières pages, l’Annonce 1 en page impair. Sa vis-à vis au verso de la couverture et qui lui fait face, est qualifiée simplement d’Annonces sans porter de numéro de page, encore une façon de différencier les différents contenus imprimés.

Le journal universel, hebdomadaire du 10 juillet 1910, s’ouvre donc sur cette annonce très prestigieuse C’est une réclame pleine page pour « la Flanelle Securitas, LIN ET LAINE », en vente « en France, dans tous les grands magasins de nouveauté et bonnes maisons en France, à Bruxelles ; Sécuritas, Grands Magasins de la Bourse. ». La Flanelle Sécuritas était une entreprise de filature –j’imagine- implantée à Roncq dans le Nord, d’où sa diffusion dans les deux pays limitrophes.

La composition de la flanelle. Elle devait majoritairement en lin puisque ce terme est posé en premier, suivi de la laine ensuite. Pour en accentuer le caractère sérieux, un sigle un tantinet sibyllin, entre parenthèses on peut en effet lire (b.s.g.d.g.), ce qui signifie « Breveté sans garantie du gouvernement », une mention étonnante à nos yeux, directement traduite de l’anglais chic. Le tissu semblait être une innovation pour l’époque. Composé majoritairement de lin cité en premier pour assurer la solidité, il était complété par de la laine pour assurer de la chaleur et du confort à l’homme de rang qui le portait fièrement.

Flanelle Securitas, L'Illustration 16.7.1910, Annonce p1, Cl2. Elisabeth Poulain

Flanelle Securitas, L'Illustration 16.7.1910, Annonce p1, Cl2. Elisabeth Poulain

. Le moment est arrivé de parler de l’homme justement. C’est un homme « arrivé » qui affiche son âge avec assurance et sa réussite sociale dont témoigne son attitude. Sa façon de se tenir, son léger « bedon », son bras gauche calé contre le tronc de l’arbre et l’autre replié au coude, sa jambe droite repliée négligemment sur l’autre…tous ces éléments corporels montrent qu’il exige le meilleur à savoir cette flanelle Securitas Lin et laine. Son assurance est égale à son élégance. En commençant par le bas, voici des chaussures parfaitement cirés au point qu’elles brillent de propreté cirée, sans une trace de boue ou de feuilles mortes. Le pantalon de laine à rayures est ample à la hauteur du fessier comme l’est le pantalon d’équitation et resserrés à partir des genoux de façon non pas à enfiler des bottes mais à porter des guêtres qui semblent être en cuir. La chemise à plastron est impeccable et la cravate rentrée de façon à ne pas gêner le cavalier. Reste à nommer le chapeau et les lunettes attachées par des liens qui passent sous le col de la chemise. Une moustache grise parfaitement taillée accentue le léger sourire de contentement de ce chasseur, qui se tient sa main droite posée contre le tronc d’un arbre, un chêne.

. Le chêne. Il est temps de parler de lui, car c’est en effet lui sur lequel repose le ressort de cette annonce. Il est le symbole de la force, de la résistance, de la robustesse, de la virilité…Le réel talent du dessinateur de cette « illustration Ehrmann », comme on le voit en bas vers la gauche, à hauteur de Securitas est vraiment flagrant. Dessiner le tronc d’un chêne pour en faire ressortir et sa force et son âge est une franche réussite, l’artiste a même dessiné une feuille de chêne entière pour bien montrer qu’il s’agit d’un arbre de cette espèce, en hauteur à gauche de la tête du chasseur. Sur la droite du tronc, une branche noueuse semble prolonger le bras du chasseur.

. Il y a l’homme, il y a l’arbre, il y a aussi le texte qui lie les deux. Voici ce que déclare le Ier au second : « Chêne, tu es devenu vieux grâce à ton écorce, je deviendrai vieux grâce à la Flanelle Securitas, Lin et Laine. ». L’explication tient dans le bandeau blanc en bas. Cette flanelle est en effet « Irrétrécissable, hygiénique, confortable, élégante, économique » !

Pour suivre le chemin

. L’Illustration, 16 juillet 1910

. L’entreprise Flanelle Securitas, qui faisait beaucoup de réclame, à retrouver sur http://www.ebay.fr/sch/i.html?_oac=1&_sac=1&_nkw=securitas&_sop=15

. Voir le site http://www.cotelac.fr/eshop/laine-et-lin/p11pr273.html qui en vendait encore récemment selon la formule 55% laine, 25% lin et 20% coton

. b.s.g.d.g est le sigle français directement traduit de la formule anglaise (patent without government guarantee », selon « the Oxford Dictionary of Abbreviations » à voir sur http://www.encyclopedia.com/humanities/dictionaries-thesauruses-pictures-and-press-releases/bsgdg

http://www.encyclopedia.com/humanities/dictionaries-thesauruses-pictures-and-press-releases/bsgdg

. Sur le symbolisme du chêne, voir http://1001symboles.net/symbole/sens-de-chene.html

. Le terme de publicité est utilisé sur ce visuel - et c’est suffisamment exceptionnel pour être signalé- qui indique les noms des deux créateurs du visuel : L. de PLas et G. Alexandre, tout en bas à gauche.

. Clichés Elisabeth Poulain, l'* qui précède l'intitulé signifie qu'il s'agit d'un détail....

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Le verre des Elèves Sommeliers à l’International, Côtes du Rhône, 2002

1 Décembre 2016, 19:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, Meilleur élève sommelier 2002, le verre-force-6, Cl. Elisabeth Poulain Affiche Côte du Rhône Challenge, Meilleur élève sommelier 2002, le verre-force-6, Cl. Elisabeth Poulain Affiche Côte du Rhône Challenge, Meilleur élève sommelier 2002, le verre-force-6, Cl. Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, Meilleur élève sommelier 2002, le verre-force-6, Cl. Elisabeth Poulain

Le vrai titre beaucoup plus explicite de cette grande affiche est forcément plus long. Il s’agit du « Côte du Rhône  Challenge du Meilleur Elève Sommelier International de 2002 », qui figure sur une  grande affiche de 99cm sur 68, qu’il est impossible de ne pas voir tant son rouge est éclatant. Les inscriptions  et dessin ressortent en un blanc fort, suffisamment pour dominer le rouge du fond, qui occupe beaucoup de place. Cette opération à finalité pédagogique pour faire connaître le concours est aussi une opération publicitaire, sponsorisée par Cristal d’Arques, Arcoroc Serving Solutions et UDSF, l’Union de la Sommellerie Française.

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-force-6 des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-force-6 des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Le verre du challenge. C’est lui  ou plutôt le dessin composite et intéressant qui attire l’attention sur le concours qui désigne le meilleur élève sommelier de l’année, un titre prestigieux pour des jeunes gens, filles et garçons, qui travaillent dur pour se distinguer de leurs collègues de formation et copains. Si le verre est ainsi mis à l’honneur, c’est bien parce qu’il est le réceptacle qui va permettre au dégustateur d’apprécier le précieux nectar avec respect et maîtrise, dans une approche et une analyse sensorielle intime et délicate. Ce n’est pas la bouteille, la star ; elle, elle est le contenant qui met le vin en valeur, de façon et à préserver ses qualités gustatives  et à attirer l’intérêt du dégustateur, qui alors saisit le verre….pour déguster. Dans l’apprentissage de la  culture de la dégustation, on ne saurait imaginer de goûter un vin directement au goulot, sans passer par le précieux réceptacle qui est le verre et un verre adapté au vin.

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-force-6 des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-force-6 des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Sa composition résulte un empilage en six strates + que notre regard analyse très vite en commençant par le haut juste sous la dénomination « Côtes du Rhône », centrée en position légèrement penchée sur le « du » qui lie Côtes et Rhône. C’est la partie ventrue haute du verre (1), tracée en  blanc qui contient un fond qui ne touche ses parois, dont on devine qu’il s’agit du précieux nectar (2) qui dans la réalité est de couleur rouge. En dessous, l’arrondi repose sur un œil (3), qui lui-même tient en équilibre sur un nez vu de profil (4), avec en guise de lien entre le nez et la bouche un simple trait (5) qui ressort pour accentuer l’équilibre délicat, alors que dans la réalité il s’inscrit en creux en un sillon. Et en 6ème position, mais avec deux lignes, voici la bouche et ses deux lèvres. La lèvre du dessus – 6.1- est joliment ourlée, comme si elle souriait et celle du dessous 6.2, non liée à la celle du dessus assure à elle seule la stabilité de funambule de l’ensemble. Il s’agit bien d’un verre dont la courbure ressemble un peu au célèbre verre en deux parties qui a représenté pendant plusieurs décades les Côtes du Rhône.      

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-emblème des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-emblème des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le syndicat des Côtes du Rhône sur http://www.syndicat-cotesdurhone.com/, dont le logo était un demi-verre de vin à dégustation rempli d’un superbe contenu rouge pour figurer le vin…Le logo a maintenant changé.

. Cristal d’Arques, qui a cessé sa production en 2009, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cristal_d'Arques

. L’UDSF est à retrouver sur  http://www.sommelier-france.org/ avec des informations intéressantes, en particulier sur L'Association des sommeliers Alpes-Marseille-Provence (ASAMP)

. Quant Arcoroc, on peut voir son catalogue sur  http://www.arcoroc.fr/pdf/arcoroc-catalogue-2017.pdf

. Le verre, avec peu ou pas d’informations sur les différents verres à vin…sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Verre_(r%C3%A9cipient)

. La bouteille rhodanienne à voir dans  http://www.lesateliersdebacchus.com/les-differents-styles-de-bouteilles-de-vins/ dans un article intéressant de Pauline Robin  datant de 2014, avec photo et dessin.

. Photos Elisabeth Poulain

 

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Trois belles bouteilles de verre granité, avec l’arbre en commun

14 Novembre 2016, 17:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, CaliforniaVodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California

Vodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California

Le titre. Il est comme toujours à la fois simple et à la fois, non pas compliqué, mais abscons. Un mot peu utilisé pour vous dire qu’il ne s’agit pas de bouteilles de vin même si deux d’entre elles le sont. Effectivement celles-ci contiennent pour deux d’entre elles du vin rosé - presque naturellement – et la troisième de la vodka.

En commun, elles n’ont que leur fonctionnalité, contenir une boisson alcoolisée – et leur verre granité, qui est peu utilisé en matière de vin, à une exception près qui est justement le vin rosé. C’est un  vin qui peut se boire frais, entre 6 et 10°, alors même le vin blanc se déguste selon les appellations entre 8 et 12°. Vin d’été par excellence, le rosé appelle la couleur, la fraîcheur et le granité assure en partie cette fonction.

Par ailleurs aucune de ces trois bouteilles ne ressemble à une  autre, de par leurs dimensions et leur style.

Vodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California, détails devant derrière, Cl. Elisabeth PoulainVodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California, détails devant derrière, Cl. Elisabeth Poulain

Vodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California, détails devant derrière, Cl. Elisabeth Poulain

. A tout seigneur tout honneur, c’est par la bouteille la plus ancienne que je vais commencer. Il s’agit de la vodka -40% d’alcool - qui est tout à fait singulière. La preuve en est que je détiens ce flacon de vodka polonaise Belvédère de 750ml, depuis la fin des années d’avant le passage à l’an 2000. La bouteille est haute et fine. Ses dimensions sont étonnantes ; elle mesure plus de 35 cm de haut, son haut col de 10 cm y compris. Sa largeur est de 23 cm.  Sa présentation extérieure est particulièrement soignée. Sa face principale, celle qui porte son nom, « Belvedere » que nous prononçons en français avec ses accents aigu d’abord et grave ensuite Belvédère, est le nom du Palais présidentiel polonais, Belvedere, venant du latin signifiant « beau à voir »,   depuis son édification en l’an 1660.

Toute la bouteille est en verre granité à l’exception d’une « fenêtre » en verre translucide qui s’ouvre entre les ramures blanches d’un arbre l’hiver pour laisser apparaître en arrière, avec un effet de loupe, le fameux palais tracé en lignes noires sur fond granité avec d’autres branches blanches pour adoucir l’ensemble.

Cabernet Elodie, Cl. Elisabeth Poulain Cabernet Elodie, Cl. Elisabeth Poulain Cabernet Elodie, Cl. Elisabeth Poulain

Cabernet Elodie, Cl. Elisabeth Poulain

. La seconde bouteille est un Cabernet, Vin de Pays du Var, « ELODIE », contenant 75cl et 12% d’alcool dont la mise en bouteille est faite par la SARL Dieudonné Elodie, Négociant Vinificateur.  Sa hauteur est de 32,5 cm de hauteur pour un tour de 23,5 cm en bas, à la hauteur  de  « Cabernet » ainsi qu’à celle du palmier. Oui c’est bien un palmier qui caractérise ce Cabernet de Cantarelle. Cette bouteille aux formes droites ne figure plus dans la gamme, tout comme le palmier qui a disparu. Le flacon possède  maintenant des formes arrondies que vous pouvez retrouver sur le site  d’Elodie Dieudonné, la jeune femme négociant-vinificateur. L’intéressant pour ce Cabernet qui devait être pâle est l’absence de couleur marquante. Le granité s’allie bien avec le grisé léger du palmier ainsi qu’avec le nom d’Elodie. Seules les lettres de Cabernet ressortent en blanc pour ce rosé léger à la très belle couleur. L’étonnant reste quand même ce petit palmier de 4,4 cm de haut  sur une bouteille de 32,5 cm environ!

Rosé de la Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une nuit, Combaillaux, Domaine des deux Soleils, Cl. Elisabeth PoulainRosé de la Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une nuit, Combaillaux, Domaine des deux Soleils, Cl. Elisabeth Poulain

Rosé de la Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une nuit, Combaillaux, Domaine des deux Soleils, Cl. Elisabeth Poulain

. La troisième bouteille  de 30,2 environ semble être une bordelaise classique, à l’exception du granité du verre et de la collerette rouge. C’est la couleur choisie pourtant pour ce Rosé de la Jasse, représenté par un bel arbre de couleur rouge, qui porte en surnom « fruit d’une nuit ». C’était un vin de pays d’Oc que j’avais acheté à Saumur lors d’une intéressante foire aux vins en 2003. Actuellement, l’arbre est toujours l’icône représentative du domaine, en lui gardant toutefois maintenant sa belle couleur verte. 

 

L'arbre sur les bouteilles de Belvedère et de vin rosé, Cl. Elisabeth PoulainL'arbre sur les bouteilles de Belvedère et de vin rosé, Cl. Elisabeth PoulainL'arbre sur les bouteilles de Belvedère et de vin rosé, Cl. Elisabeth Poulain

L'arbre sur les bouteilles de Belvedère et de vin rosé, Cl. Elisabeth Poulain

Alors que dire du lien entre l’arbre et la bouteille ?

. Les branches de la vodka Belvedere sont intéressantes parce qu’elles attirent et troublent le regard en première rencontre, en obligeant l’œil à voir ce  qu’il y a derrière et par là-même à sentir l’effet-loupe créé par  la vodka transparente dedans.

. La  blancheur et plus simplement l’absence de couleur notable sont la marque « Elodie, Cabernet, Vin de Pays du Var. Une remarque doit cependant être faite : pour apprécier plus pleinement le résultat, il faudrait pouvoir produire un cliché avec le vin dedans. Comment la couleur rosé fait-elle alliance avec tant de blanc givré ?

. Il reste à citer le rouge tonique choisi pour le Rosé de Jasse qui me semble intéressant, tout en appréciant également le choix actuel de montée en gamme avec le choix de la vraie couleur de cet arbre icône du domaine.  Il est aussi, il convient de le rappeler, un symbole fort du trio célèbre que constituent la vigne, l’olivier et la vigne.        

Pour suivre le chemin

.Retrouver la bouteille inchangée de la vodka Belvédère par exemple sur http://www.granitbleu.com/catalog/belvedere et sur https://www.uvinum.fr/spiritueux:k:vodka:m:belvedere-scandinavia

. Voir quelques éléments de l’histoire mouvementée de la société Belvédère, créé en 1997,  rachetée ensuite par la Société Marie Brizard en 2003 et qui ne figure plus actuellement dans les marques de MBWS  sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Brizard_Wine_%26_Spirits

. Découvrir le scénario digne d’un western qui montre la chute d’une star de la vodka sur un article du Figaro en date du 03.02.2013 d’Isabelle Chapron  http://www.lefigaro.fr/societes/2013/02/03/20005-20130203ARTFIG00170-le-roi-de-la-vodka-belvedere-veut-sauver-sa-couronne.php

. Le palais néoclassique Belvédère 1660  près de Varsovie, au sud sur   https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_du_Belv%C3%A9d%C3%A8re_(Varsovie)

. Elodie, Cabernet, Vin de Pays du Var, Domaine de  Cantarelle, Route de Varages, 83119 Brue Auriac, 04 94 80 96 01,  dom.cantarelle@orange.fr, présente sur Facebook également  https://www.facebook.com/Domaine-de-Cantarelle-134874396721672/  

. Fruit d’une nuit, Rosé de la Jasse, 2002, http://www.delajasse.com/lesvins/coeur-cuvee-rose-jasse/  voir aussi http://www.delajasse.com/category/presse/  

. Photos Elisabeth Poulain

Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une Nuit, Vin de pays d'Oc, Photo Elisabeth Poulain

Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une Nuit, Vin de pays d'Oc, Photo Elisabeth Poulain

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La Porta Nigra, Trèves, Allemagne, une porte & beaucoup plus...

10 Novembre 2016, 18:25pm

Publié par Elisabeth Poulain

Trier-Trêves-La Porta Nigra, côté ville, détail, étages-supérieurs,Cl.FrancePoulain-NicolasWasylyszyn-2016, Allemagne

Trier-Trêves-La Porta Nigra, côté ville, détail, étages-supérieurs,Cl.FrancePoulain-NicolasWasylyszyn-2016, Allemagne

La ville de Trèves située au nord-est du Luxembourg, en Allemagne, au centre de la Région Mosellane, est tout à fait exceptionnelle, en particulier par le nombre de bâtiments appartenant au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils sont au nombre de neuf, avec toujours citée en Ier, la Porta Nigra, cette Porte noire, qui garde toujours son nom latin, depuis son édification de l’an 186 jusqu’à 200 après JC. 

Trêves-Porta-nigra-côté-ville, arches du milieu-côté campagne, Cl.1+2FrancePoulain-NicolasWasylyszyn_3 Berthold-Werner-wikipedia  Trêves-Porta-nigra-côté-ville, arches du milieu-côté campagne, Cl.1+2FrancePoulain-NicolasWasylyszyn_3 Berthold-Werner-wikipedia  Trêves-Porta-nigra-côté-ville, arches du milieu-côté campagne, Cl.1+2FrancePoulain-NicolasWasylyszyn_3 Berthold-Werner-wikipedia

Trêves-Porta-nigra-côté-ville, arches du milieu-côté campagne, Cl.1+2FrancePoulain-NicolasWasylyszyn_3 Berthold-Werner-wikipedia

Un drôle de titre. A voir ce monument, il parait réellement difficile de le qualifier de « porte ». Il est vrai qu’il  a été aussi  un sanctuaire, une  église…comme un jeu de Lego capable de se transformer en changeant de nature,, ce à quoi il ressemble plus en effet. C’est un empilement de murs sur des murs, qui garde une partie évidée en son centre et dont les pourtours sont maintenant dotés d’un toit.

C’est Napoléon Bonaparte qui fit détruire ces adjonctions religieuses, sans nuire à sa notoriété de l’époque. Voilà donc une curieuse porte redevenue porte, qui ressemble pourtant à un édifice sui generis, quelques mots de latin qui reviennent à point nommé.  Tout ça pour vous dire  que c’est un monument étonnant de complexité, de force, d’angles d’analyse…et qui n’a pas son pareil au monde. On comprend vraiment qu’il soit classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

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Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyzyn-2016

Ce monument a déjà eu plusieurs vies, en un endroit situé sur une enceinte de 6 kms de long lieu qui a toujours eu un pouvoir d’attraction réel. On le voit très nettement sur la carte placée au bas de ce billet. Il figure en blanc à droite du quadrilatère qui représente la ville sur la carte à droite. Il y avait là auparavant, un sanctuaire édifié par les Trévires Celtes. Le lieu fut choisi ensuite par les Romains, qui s’empressèrent de romaniser le lieu en l’appelant Augusta Trevororum, puis Treviris, devenu ensuite Trier en allemand, Trèves en français. C’était il y a quelques 2000 ans, en l’an 17 avant JC. Mais à vouloir trop simplifier, on risquerait d’affadir l’histoire. Retenons que Treviris est devenu la capitale de l’Empire romain d’Occident et le lieu de résidence – forcément - de l’empereur en l’an 293. De nos jours, Treviris est le nom choisi pour une aire d’accueil des camping-cars! Passons….

Trier-Trêves-Porta-nigra-couloir dehors-dedans-ouvertures doubles , Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-couloir dehors-dedans-ouvertures doubles , Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-couloir dehors-dedans-ouvertures doubles , Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-couloir dehors-dedans-ouvertures doubles , Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

L’histoire  très chahutée de Trèves, cette grande ville, se poursuivit ensuite lors de l’éclatement de l’empire carolingien, au IXe siècle après avoir été rattaché aux Francs pendant trois siècles. Du XIIe au XIXe siècle, la ville fut dirigée par les archevêques de Trier devenus également  princes électeurs. Prussienne en 1815, elle devient enfin partie intégrante de la République fédérale allemande, en 1949. 

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NiclolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NiclolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NiclolasWasylyszyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NiclolasWasylyszyn-2016

Et la Porta Nigra, dans ce raccourci étonnant, comment a-t-elle pu conserver cet aura si particulier? Les raisons en sont multiples. Citons sans forcément respecter l’ordre historique,

. l’impact visuel extrêmement puissant qui se dégage de ce véritable monument qui a été vraiment la porte d’entrée Nord proche de la Moselle. Un des étonnements est que cette porte  a gardé son nom latin, que tous peuvent comprendre, grâce à la couleur noire de ses pierres de grès pourtant plutôt blanche au départ. Dire pourtant que cette porte est restée une porte, peut-être pas. Elle a été renforcée dans ses dimensions et ses attributions  par l’adjonction d’une église doublée elle-même par un sanctuaire. Le tout est constitué par un rez-de-chaussée, sur lequel s’est greffé un Ier étage qui a déjà une forme d’église, puis un étage n°2 qui a commencé à alourdir volontairement l’ensemble. Le 3e étage ne vise réellement que la partie Ouest par laquelle vous êtes entrés. Reste à citer l’ensemble des toits qui couvrent en la protégeant cette imbrication si complexe.

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-extérieures, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-extérieures, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-extérieures, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-extérieures, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Une raison technique permet aussi d’expliquer la longévité de ce monument  à fonctionnalités multiples, d’abord porte de sortie et d’entrée intégrées dans l’enceinte entourant la ville, ensuite église et sanctuaire. Les pierres étaient accrochées ensemble par des pitons de fer  qui s’enfonçaient dans les trous qui leur correspondaient horizontalement et cela depuis des siècles. Une novation extraordinaire, pour ne pas avoir de mortier à faire pour des pierres dont certaines pouvaient peser jusqu’à  6 tonnes…Actuellement, la fascination perdure, en raison et de la force propre du bâti, de sa capacité à perdurer dans le temps, en s’adaptant ou pas à chaque fois. Il y a autant me semble-t-il de points d’intérêts qu’il peut y avoir de facettes.

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016
Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016

Mon choix des photos s’est porté sur les murs eux-mêmes et la façon dont ils ont été consolidés, rafraichis, réparés, rebouchés, au fil des siècles avec les moyens que l’on avait avec soi, quitte à mettre de la brique pourtant jamais citée. C’est la puissance sensuelle de la pierre que j’ai essayé de montrer en faisant ressortir  l’impression ressentie, avec de grands remerciements aux deux photographes…    

rier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-vus d'en haut-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016rier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-vus d'en haut-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

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Pour suivre le chemin qui mène à Trèves

Photos France Poulain et Nicolas Wazylyszyn, 11.2016, avec tous mes remerciements   

. Trèves sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A8ves_(Allemagne) et en version courte la fiche http://www.trier-info.de/francais/courtes-informations-sur-treves 

. Lire la revue du Patrimoine mondial sur http://whc.unesco.org/fr/revue/76/ et voir la fiche dédiée à la Porta Nigra  http://whc.unesco.org/fr/list/367

. En allant à Trêves, vous pourrez vous procurer une excellente documentation du RheinlandPfalz, « Carte d’Orientation, Porta Nigra » qui repliée  mesure 8,5 cm sur 5,5 cm et dépliée, avec vraiment l’essentiel 33 cm de largeur sur  34 cm de hauteur.

. Un ouvrage à mettre dans la poche « Trèves, Histoire et Curiosités, Plan de la ville inclus »  

. Sur le mode de fixation des pierres entre elles, http://www.trier-info.de/francais/porta-nigra-info

.   Voir aussi les deux photos de Berthold Werner sur wikipedia, de la Porta Nigra, côté ville et côté campagne, symbole de Trèves, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, https://fr.wikipedia.org/wiki/Porta_Nigra#/media/File:Trier_Porta_Nigra_BW_3.JPGa ainsi qu’un dessin tiré des archives   www.saararcheologie.de/galerie/porta-nigra.htm.jpg

. De belles photos également sur  http://wikimapia.org/8554/fr/Porta-Nigra en particulier de l’intérieur faite par mibet, 2011, ainsi qu’un dessin tiré des archives  de www.saararcheologie.de/galerie/porta-nigra.htm.jpg

 

Trier-Carte de De Fer-1692-Palauenc05-wikimedia

Trier-Carte de De Fer-1692-Palauenc05-wikimedia

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Moi, Le GRAND chef Indien IPO aux 1000 couleurs, Un pastel à l’huile

1 Novembre 2016, 11:18am

Publié par Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth PoulainGrand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth PoulainGrand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’est toujours difficile de parler de soi, pour les autres, je veux dire. Quand on est un GRAND chef indien comme moi, il n’en va pas de même, puisque je passe mon temps en palabres de toutes sortes, des plus grandes, celles qui engagent tous les membres de la tribu à celles qui ne méritent même pas à ce qu’on en en parle, mais on le fait quand même, pour ramener le calme dans la tribu. Dans la mienne, dont je tais volontairement le nom, il faut savoir que « tout peut être parole », si un seul membre mâle le demande d’une façon formelle ou à mots couverts, pour se protéger lui ou d’autres.

Pour les femmes, c’est plus délicat puisqu’elles parlent tout le temps, ce qui n’est pas tout à fait vrai. Mais comme c'est ce que disent mes compagnons du plus petit au plus grand, du plus âgé au plus jeune, j’adopte le jugement commun. Je sais bien que les femmes, certaines femmes, et certainement la mienne, ont une intelligence à elles qui vaut bien la nôtre. Mais sage comme je suis, je n’en dis rien, sous peine de ne pas être à nouveau désigné à l’unanimité des hommes, pour rester leur chef et battre ainsi la durée de longévité du dernier grand chef, qui à mon avis ne mérite pas de majuscules, même s’il n’était pas si médiocre que ça, puisqu’il était grand chef.

Voilà pour moi. Arrive l’AUTRE, l'inconnu, l'étranger qui  ne mérite pas le nom de chef, en aucune façon, même si, je dois le reconnaître, il a été étonnant. Le seul mot qui convient est qu’il a été plus que  bizarre, inclassable. Un homme comme lui, je n'en jamais rencontré. Il a été plus qu'un homme. Tous se souviennent de lui, les enfants y compris. Il faut que je vous explique en essayant de commencer par le commencement.  Cela ne va pas être facile, car « tout est dans tout et réciproquement ». Je vais plutôt raconter l’histoire au plus près de ce que je sais, moi.

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’est un homme jeune, au nom d’homme, mais pas un nom comme chez nous, un nom qui a trois composantes, qui n’offre pas de sens pour nous qui sommes de culture indienne. Il s’appelle « Jean-Philippe Durand » et quand on lui a demandé de quelle tribu, il venait, il n’a rien compris et nous a dit « de France ». Une tribu inconnue, d’où venait-elle ? Quels étaient leurs ancêtres ? On a posé toutes les questions, qui chez nous, permettent de savoir qui sont nos voisins indiens, même lointains. Rien, rien, on  a rien trouvé. On avait pourtant même demandé à l’ancêtre le plus vieux de tous les Vieux, qui a parfois des brides de mémoire qui lui reviennent. Ca nous surprend toujours car il paraît singulièrement gaga, mais pas toujours, à se demander s’il ne joue pas de son grand âge, pour se moquer de nous, un peu. Avec ce Jean-Philippe Durand, il était aussi perdu que nous, d’autant plus qu’il était seul, sans personne pour traduire ce qu’on lui disait et comprendre ce qu’il nous disait. 

Donc va pour Jean-Philippe Durand. Ce qu’on a encore moins compris, c’est qu’il est arrivé quasiment sans vraiment de  vêtements, comme les autres Blancs, qui trainent des kilos dans ces boîtes bizarres qu’ils appellent leurs valises. Par contre, JPD avait bien des tas de petites boîtes remplies de crayons de couleurs, de papiers, de pinceaux, en somme des objets magiques qu’il ne voulait pas qu’on touche. On ne  se connaissait  pas et lui n’a rien touché non plus. Une bonne base de respect mutuel pour voir ce qui allait se passer. Pour expliquer et sa venue, sans avoir été invité et pour cause, on ne savait rien de lui  et ce qu’il transportait avec lui, il nous a dit qu’il était un artiste-peintre. Dire est une drôle de façon de parler, puisqu’on n’arrivait pas à se comprendre. Alors il a fait ce qu’on fait chez nous, comme nous et ça, ça nous a plus étonné que tout le reste jusque là…Il a commencé à dessiner sur le sable…

 « Depuis mon enfance, je me suis promis qu’un jour, je viendrai vous voir pour faire des portraits de vous ». Voilà ce qu’il nous a dit, idée après idée, sans mot qu’on puisse comprendre, sans aucune explication, voilà tout. Et comme on ne comprenait rien, ni sa langue, ni ses gestes, nous on a renoncé, mais pas lui. Et pourtant il ne nous comprenait pas plus que nous. Mais ses dessins, oui nous les avons vus, vraiment et bien compris. Il a commencé, non pas par nous, ce qui aurait été une erreur, mais par ce qui l’entourait. Et devinez par quoi, il nous a fait comprendre  qui il était, ce qu’il faisait et pourquoi il était là.

Il a commencé par le feu sur lequel cuisait un appétissant morceau d’un bison que je venais juste de tirer  à la chasse, moi le Grand Chef. J’étais fier, qu’il ne se soit pas trompé, les autres hommes, tous chasseurs comme moi aussi ; les femmes aussi étaient ravies, car il nous a montré par une mimique combien l’odeur était appétissante et les enfants ont éclaté de rire, car ils avaient aussi faim que lui, qui se frottait le ventre, pour montrer qu’il avait une grande envie de manger, tout comme les petits qui font exactement comme lui.   

Grand Chef Indien IPO, détail oeil, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, détail oeil, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Puis sans rien dire, sans regard vers nous, il est rentré dans son monde intérieur. Il a alors tracé un grand rectangle sur le sable avec un bâton dont je connais maintenant le nom, c’est un pinceau, avec des poils à un bout. Pourtant c’est l’autre côté qu’il a pris pour faire ses traits. Il nous regardé, s’est tourné pour voir le camp avec les tentes et a commencé à dessiner ce qu’il voyait, quelques tentes, le feu qui mijotait, un homme qui rapportait du bois, un autre qui revenait de la chasse…Ca, c’était pour se mettre dans l’ambiance, pour se faire la main, comme un chasseur qui ajuste son tir. Tout le monde voulait voir, on était sidéré, parce que c’était bien nous qu’il dessinait vraiment, nous, sans réellement nous voir, avec son regard qui nous transperçait…Il était au-delà dans son monde à lui, comme nous qui parlons sans mot avec le bison, que nous apprêtons à tirer. Parfois, il effaçait doucement avec un vieux chiffon - auquel il tenait, ça se voyait, ce n’était pas n’importe quel chiffon - et il recommençait, jusqu’au moment où il a décidé que le dessin était fini …Et le dernier tracé était le bon, nous l’avons tous vu, comme lui, qui l’avait su avant nous.

Le silence s’est fait dans le camp, tout le monde s’était approché. Il a choisi son thème, les tentes, le feu, le rôti de bison qui sentait si bon, c’était juste pour trouver la note juste, comme un chasseur, qui ajuste sa flèche sans l’envoyer. Ensuite c’est moi qu’il a choisi de dessiner, moi et moi seul, après avoir tout effacer de son grand rectangle, pour n’en garder qu’un petit avec un fond de sable plus fin qu’ à d’autres endroits. Une des femmes, une jeune, la plus belle et la plus fine de toute notre tribu, lui a alors apporté un balai, un balai si fin qu’il ne laisse pas de trace par terre, quand on sait le manier. Lui a su avec finesse pour en faire une surface magique, sur laquelle il a posé du  bois fin débité en planche fine et par-dessus un papier, comme on en n’avait jamais vu.  

Et il a commencé à dessiner, à gratter, à repasser sur les traits, sur certains…On  voyait, sans vraiment comprendre. On avait l’impression que sa main courrait, volait, qu’il tenait plusieurs  de ses petits bâtons et à un moment…On a tous compris ce qu’il faisait. Il était en train de peindre mon visage déjà peint, avec mes yeux noirs, cerclés de jaune, mon nez rouge tout comme ma bouche, du blanc pour lier le tout, avec du bleu fort en dessous et plus doux au-dessus. Mes oreilles qui débordent et mon grand collier de GRAND CHEF de toutes les couleurs. Il a même réussi à faire la différence entre mon œil qui voit –celui avec de cils- et l’autre qui voit uniquement quand cela lui plait. Un capricieux, celui-là.

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’était bizarre, c’était à la fois moi et pas moi, puisque c’était lui qui me faisait moi. Etrange, comment un étranger, pouvait-il réussir à faire cela ? Sans aucune animosité, sans me voler mon âme, sans que les autres crient « au voleur », tous admiratifs, sans même que les femmes se mettent à caqueter. Même les petits enfants étaient silencieux tant ils étaient admiratifs. C’était la stupeur et tout à coup, nous avons tous éclaté de joie, de plaisir, de bonheur, dans un enthousiasme que nous n’avions jamais connu, quand son attitude entière nous a fait comprendre qu’il avait fini ce portrait. Il s’est simplement reculé, s’est tourné vers moi, a souri, avec un très léger clignement d’œil du même œil  que le mien qui voit  et s’est légèrement incliné vers la tribu en arrière, en respectant notre hiérarchie, le chef d’abord, les anciens, les hommes plus jeunes, les jeunes hommes, les femmes, avec le même ordre, que pour les hommes, les enfants, tous les enfants, quelque soient leur âge et leur genre, ce qui les a fait éclater de rire, un rire de bonheur, si profond que jamais je ne l’oublierai…

Et lui, il a souri, tout doucement, tout simplement. Il nous a bien montré que ce n’était pas fini, la partie haute en particulier, mais il ne tenait pas trop y toucher. Pour trancher cette délicate question, il nous a fait comprendre qu’il fallait laisser un petit enfant, fille ou garçon  décider. Il s’est alors tourné vers les enfants qui s’étaient tenus incroyablement sages, assis au premier rang derrière lui, il les a bien regardé  et est allé chercher la plus jeune des petites, sans lui parler, mais en la tenant par la main. Et il lui demandé dans sa langue à lui, s’il devait ajouter quelque chose  en haut. Le regard de l’enfant a alors dit « non, c’est bien comme ça, il ne faut plus rien faire d’autre ».

Alors il a ri, il a dit dans sa langue « je suis d’accord avec toi ». Il l’a prise dans ses bras et l’a fait tourner dans les airs comme un oiseau…Un instant magique, tout le monde a ri et il m’a remis mon portrait, sous les applaudissements de tous et de toutes. Et lui m’a salué ainsi que la petite fille et tous les enfants, qui avaient été si sages, pour  ne pas le déranger… Nous, on croyait que c’était fini, pas lui. Il a alors décidé de faire un dessin fait sur le sable avec des pierres qu’il choisissait avec soin. Il a alors recréé le premier portrait, avec des pierres de couleur différentes. Les enfants l’ont aidé. Ils avaient tout de suite su ce qu’ils devaient faire.

Puis dans un coin, pendant qu’eux terminaient ce gros travail, avec l’aide des mères, il s’est retiré en lui-même, cette fois-ci, près d’une tente, à l’abri du vent, il a sorti un carton sur lequel il a posé ce précieux papier fort, ses petites baguettes de couleurs et a recommencé le dessin de mémoire, celui que vous voyez devant vous. Cette fois-ci  aussi, on a tous su que celui-là serait le sien, l’autre le premier était pour la tribu représenté par moi, le grand chef IPO.  Le sien sur papier, il l’emporterait avec lui, pour nous avoir toujours avec lui, en signe de profonde amitié partagée. Son dessin fini, il allait partir. Ce qu’il a fait, le portrait à terre en pierre est resté intact. Tout le monde l’a respecté et une légende est née… On dit depuis que même le vent ne le recouvre pas de sable. L’endroit maintenant est devenu magique.  Et quand au premier dessin, il est le trésor de notre tribu.     

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Et c’est ainsi que nous avons découvert ce que pouvaient faire certains hommes blancs, ceux qui ont l’œil qui voient plus loin que le bison, qui ont la sensibilité de la libellule, la magie du don de l’oiseau rieur,  la douceur de l’enfance…et le respect de l’autre, dans la création ensemble de quelque chose de nouveau....

Pour aller plus loin

. Ce pastel est une création d’un grand peintre, du nom Jean-Philippe Durand, qui s’exprimait en couleurs, de Rablay -sur-Layon, Vallée de la Loire, France.

. Photos Elisabeth Poulain   

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Le cycle des fleurs > La porte de la maison > La grille fleurie

27 Octobre 2016, 17:09pm

Publié par Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Il y en a tant et tant de fleurs dans nos vies qu’on peut réellement se poser la question du pourquoi. Pourquoi tant de fleurs? Sans compter celles qui fleurissent naturellement dans la nature, celles qui poussent avec les soins d’un jardinier dans un jardin ou un parc, ou celles que vous achetez au marché ou chez un fleuriste…Celles dont je vais vous parler n’appartiennent à aucune de ces catégories. Elles ont en commun d’être, non pas étranges, mais sorties de leur contexte. Est-il par exemple vraiment utile de mettre des fleurs en métal pour constituer l’élément dominant d’une porte vitrée ? La réponse est franchement oui  et vous allez voir pourquoi.

Imaginez, devant vous se trouve la  porte d’entrée d’une maison qui date de 1931. Elle est vitrée dans sa partie haute. Plusieurs solutions s’offraient alors : choisir une porte pleine avec l’inconvénient de ne pas avoir de lumière naturelle le jour dans l’entrée. Une autre solution consistait à mettre un verre épais et formé de sortes de vagues décoratives de façon à empêcher le regard de ceux du dehors vers ceux du dedans, tout en gardant la précieuse lumière du jour.

Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Trois solutions s’offraient alors au propriétaire :

. Ne rien faire pour protéger ce verre épais spécial, ce qui était rare. Une autre solution, moins coûteuse en plus, consistait alors à choisir une imposte, de petite hauteur et  placée dans le mur au-dessus de la porte. Certaines pouvaient s’ouvrir grâce à une longue tirette. Cette solution existe toujours.

. Devant le verre en extérieur, une autre possibilité consistait à mettre des barreaux, toujours présentés verticalement, avec l’inconvénient de faire penser à des grilles d’une prison. La pose horizontale est, sauf exception, évitée, car elle aurait pu servir de début d’escalier pour faire de l’escalade, surtout s’il y avait en plus une imposte.

. Recourir à un joli motif en fer forgé posé devant la fenêtre en partie extérieure. Et devinez quoi ? Ce sont souvent les motifs incluant des fleurs qui étaient choisis. Et c’est le cas ici, dans cette villa urbaine de Normandie.

Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

La grille dite «  A la corbeille de fleurs ». Le dessin est extrêmement travaillé. Il  s’agit de mettre en valeur un bouquet de quatre fleurs seulement enrichies de feuilles arrondies de façon à densifier la création et à donner du sens. Une seule fleur supplémentaire, équilibrée par deux feuilles, figure en bas de la partie centrale de la grille. La corbeille y joue un grand rôle car c’est elle qui structure toute la composition. Toutes les lignes sont arrondies, aucune ne se termine de façon sèche. Les bords hauts du vase  s’enroulent sur eux-mêmes de façon à former eux-mêmes des sortes de fleurs. Le bas est marqué par les deux lignes qui se croisent pour être fixées au cadre structurant, tout comme les volutes du haut du vase qui permettent d’y fixer les points de soudure.

L’ovale réserve au bouquet est fixé par quatre points d’attache à la forme octogonale qui abrite déjà dans sa partie supérieure, une volute maîtresse en haut qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, encadrée par deux séries de deux volutes, l’une qui tourne aussi dans ce même sens et l’autre …vous l’avez deviné … dans l’autre.

La forme octogonale est elle-même fixée au cadre rectangulaire à chaque haut et bas ainsi que droite et gauche par trois attaches horizontales et verticales de  dimensions  réduites pour le haut et plus grandes pour les côtés verticaux, parce que la portance est plus grande.

Le cadre rectangulaire tient par quatre prolongements soudés  au rectangle extérieur lui-même fermement attaché à la porte suffisamment solide pour supporter l’ensemble, par quatre petites tiges en haut et en bas de la largeur et huit sur les  hauteurs.  Il me reste à vous parler de la façon dont est comblé l’espace entre la forme octogonale et le cadre extérieur. On dirait vraiment des écailles de poisson. On est alors loin des fleurs, mais toujours proche de la nature.

Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain

Des grilles de 1930 de ce type, il en existe forcément plusieurs modèles, dont un autre est d'ailleurs près de moi, posé contre le mur. Il est tellement lourd, qu’il n’est même pas question pour moi de le déplacer. Ce sera pour une autre fois, par quelqu'un d'autre que je remercie déjà d'avance…

Pour suivre le chemin

. Les  éléments de base sur l’architecture normande sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_de_la_Normandie

. Voir de beaux exemples de grilles, en consultant Google images, en particulier en provenance du site  http://picclick.fr/Art-antiquit%C3%A9s/Architecture-mat%C3%A9riaux/Jardin-ext%C3%A9rieur-ferronnerie/

. Photos Elisabeth Poulain, vues de la grille dehors-dedans, le jour, la nuit... 

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Jaber, peintre, Les quatre gars

25 Octobre 2016, 10:01am

Publié par Elisabeth Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber est un peintre dont on a du mal à qualifier le travail. Certains parlent d’art brut, que d’autres appellent aussi l’art singulier. Deux dénominations qui montrent que ses peintures sont en vérité inclassables par rapport aux œuvres d’autres artistes que le marché de l’art tend toujours à ranger dans une case. Vouloir catégoriser ce que fait Jaber serait franchement une erreur. C’est bien pourquoi  il ne me viendrait même pas à l’idée de tenter de la faire. Jaber peint à la façon singulière de  Jaber.

De Jaber Al Mahjoub, je ne connais que peu d’œuvres, alors qu’il est un peintre, dont on ne peut dire qu’il est prolifique, tant ce terme serait réducteur. Il me semble qu’il peint comme il respire, ou plus précisément comme si peindre lui était aussi nécessaire pour vivre que la respiration pour nous tous, lui y compris bien sûr. La grande différence est que la très grande majorité d’entre nous ne savons ni peindre, ni même ressentir ce besoin si fort de s’exprimer par la peinture. Et que produire des œuvres de Jaber, seul Jaber peut le faire.  

Ce sont souvent, me semble-t-il, des visages qu’il donne à voir, des visages d’hommes qui vous questionnent plus, sur ce que vous ressentez, vous, qu’ils ne veulent s’exprimer, eux par rapport à vous. Et alors pourquoi parler des fleurs dans le titre ? Patience, il faut d’abord que je vous montre deux autres réalisations de Jaber, avant de laisser parler les cinq fleurs du bouquet. 

Jaber peintre, Le jeune homme à l'oiseau noir, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Le jeune homme à l'oiseau noir, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

. Le jeune homme  à la tête à quatre doigts et à l’oiseau noir. C’est me semble-t-il une gouache qui mesure, cadre compris, 45cm de hauteur sur 32,5 cm de largeur. C’est un visage jeune qui pose devant vous, sans presque rien dire de lui. Son visage mélancolique est tracé à gros traits noirs sur lesquels le peintre est passé plusieurs fois. Il est représenté de biais dans une légère diagonale qui va de gauche à droite, au bout d’un long cou noir. Un trait continu forme le sourcil de l’œil gauche, qui se transforme en nez, au-dessus d’une petite bouche formée d’un trait. Deux boules de noir forment les yeux. Plusieurs couches de peintures variées superposées l’une sur l’autre représentent la peau, avec des teintes roses, jaunes, du blanc et un peu de noir.

Le visage est interrogatif. On dirait presque une marionnette enfilée au bout d’une main, dont ressortiraient quatre doigts de la main du marionnettiste, à l’exception du pouce. Le haut du visage  est courbe pour faire ressortir les doigts roses.  Le fond est d’un vert acide et tonique, jusqu’à hauteur des sourcils. Le haut de la tête ressort sur fond jaune entouré partiellement de rouge, avec du blanc et un trait noir tout autour. Comme toujours chez Jaber, il y a quelque chose de bizarre. Dans ce ciel jaune, en partie gauche en haut, c’est un petit oiseau noir qui semble s’être échappé  de la tête du jeune homme. Il s’apprête à partir, hors du champ visuel. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le jeune homme n’a pas l’air si triste, dans la partie inférieure – couleur vert pomme - du tableau. JABER a signé en lettres blanches en haut en majuscules en indiquant comme toujours l’année « 86 » pour 1986.

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

. Les quatre copains (53cmde long sur 31cm de hauteur). Ils sont joyeux, tous semblables et tous différents. En commun, ils ont un visage ovale couleur rouille, construit de la même façon. Les traits sont bleus, avec un chapeau bleu, orné d’une touche plus ou moins grande de teinte verte. Le cou est franchement vert, mais chacun a le sien. Tous pareils, tous souriant et tous différents, comme alignés sur une pente oblique qui de gauche à droite, , tel pourrait être la définition rapide de cette œuvre, sur fond bleu clair. Seul le plus à gauche, à l’air franchement rigolard, a l’honneur de porter, tracée au crayon, sa signature et l’année de réalisation« JABER 96 ».

.  Le bouquet de fleurs. Nul ne peut en douter, avec ces fleurs roses orangées, comme faites avec deux tampons, un grand rose orangé tendre et dilué et un cœur d’un rose plus dense, comme si on pouvait y deviner des pépins. Un entourage vert symbolise les feuilles sur fond jaune et des tampons-pompons verts très légers comblent les vides sur fond jaune. Voilà pour la partie haute. JABER a pour une fois signé en partie gauche son œuvre au feutre noir à la coupure entre le haut fleuri – rose-jaune-vert- et le bas bleu ciel entourant un vase d’un blanc veiné de vert et de brun au cœur violet. Le millésime 2005 figure en partie droite, de façon à équilibrer la signature du peintre.

L’étonnant est pour maintenant. Ce calme bouquet, sans personnage, porte un titre tout en haut à gauche « SOCIAL »  accompagné en partie basse de deux cœurs, celui de gauche en dessous de JABER et l’autre, à droite, en dessous de 2005. 

             

 

Jaber peintre, Le bouquet de fleurs, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Le bouquet de fleurs, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Pour suivre le chemin

. La biographie de Jaber sur http://jaber-al-mahjoub.com/?page_id=257

. Retrouver des œuvres  de Jaber sur https://www.facebook.com/bonerportos/

.Ainsi que sur  https://www.facebook.com/JABER-Collection-Art-Brut-647222115351055/   avec 15 clichés dont 3 de l’artiste

. Photos Elisabeth Poulain de la collection France Poulain, avec mes remerciements.

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