C’est une nouvelle série qui commence. J’avais dans l’idée de débuter par « ‘Marcher’, qu’ils disent », ce sera ‘Manger’, qu’ils disent d’abord. Un verbe à l’infinitif pour bien montrer l’injonction et « qu’ils disent » parce que c’est ce que j’entends tous les jours à la radio, dans la rue, ce que je lis dans mon journal ou à l’écran : vous devez manger cinq fruits et légumes par jour, vous devez marcher 30 minutes chaque jour…Vous devez, vous devez, vous devez… .» Etonnez-vous que votre tête enfle chaque jour un peu, beaucoup, énormément .
.2012, l’année de la gastronomie à Bruxelles. C’est le concept choisi par la Région de Bruxelles-Capitale pour attirer les touristes venant de tous pays et animer de l’intérieur l’agglomération bruxelloise qui forme la troisième composante de l’Etat belge. C’est tout autant une grande opération touristique à effet international, européen et national qu’une belle politique de communication institutionnelle qui s’inscrit dans une vision dynamique de marketing territorial large. L’’idée centrale est que Bruxelles est au moins pendant un an la capitale mondiale de la nourriture et de la gastronomie.
Cinq niveaux d’acteurs et/ou d’organismes peuvent être distingués. Une association a d’abord été créée pour regrouper tous les professionnels volontaires intéressés - les restaurateurs, les patrons de bar en lien avec les producteurs de Champagne ainsi que les producteurs de différentes spécialisations gourmandes tels que chocolatier, brasseur..., participant à l’opération « 2012 Bruselicious ». En face d’eux, les écoliers et étudiants pour lesquels une grande exposition pédagogique est conçue et surtout, surtout tous les amateurs et curieux qui pendant toute l’année 2012 vont être les véritables vedettes d’une opération à la fois ambitieuse, originale et innovante.
. 1. « Brusselicious 2012 » organisé par La Région de Bruxelles Capitale. C’est une très grosse opération évènementielle annuelle menée par la Région de Bruxelles-Capitale, présentée sous forme d’un dépliant très attirant. La version française que j’ai sous les yeux a choisi, pour représenter la gastronomie de la ville des choux de Bruxelles dans un cornet grande taille de frites, la version flamande un cornet de moules. Au-dessus, sur deux lignes, « VisitBrussels, Sized for Events », en dessous la mention en deux lignes« Brusselicious, 2012 Année gourmande » puis « www.brusselicious.be »
Une fois dépliée, la page intérieure est composée de deux grandes parties. Les deux colonnes dépliées à gauche précisent les opérations valables toutes l’année. Quatre propositions sont faites, avec à chaque fois innovation et liberté de choisir :
. en haut, des menus Brusselicious avec à chaque saison trois ingrédients bruxellois – des choux de bruxelles par exemple- pour les trois services des menus des restaurants adhérant au programme et des bars qui proposent une dégustation de trois champagnes avant de choisir sa préférée qui vous sera servie ;
. en bas, un cycle de 24 films tous axés sur la gastronomie –tiens, coucou, revoilà le mot- à raison de 2 par mois, suivie à la fin de la projection d’une dégustation en lien avec le film. Un repas complet se déroule sur l’année. Cerise sur le gâteau, des films à public familial sont programmés le samedi après-midi. En grande photo pour faire le lien entre le champagne et le cinéma une photo d’un bar avec cinq hommes et une femme assis-e-s.
. « A table ! » présente les grandes lignes de l’expo présentée plus bas. En photo, des macarons de toutes les couleurs.
Les quatre autres colonnes sont consacrées à la description des programmations spéciales de 6 mois choisis pour rythmer l’année 2012: mars, avril, mai, juin, septembre et novembre ; chaque mois se caractérisant par une série variable d’évènements déterminés :
. Mars : Etape bruxelloise de l’Omnivore Food Festival au Heysel / Concours gastronomique du Bocuse d’Or / les artistes s’emparent des icônes bruxelloises de la nourriture,
. Avril : Chasse aux œufs / Tenue de Belgovino, le salon belge du vin / Challenge Black Russian Cocktail (vodka + liqueur de café),
. Mai : Tea World Rendez-Vous / Parcours Brusselicious dans les Musées,
. Juin : Pique-Nique chaque dimanche dans un des parcs de la ville / Culinaria Summer, avec des menus composés par quatre chefs étoilés / Brussels Wine Week / Dinner in the Sky, sur une plate-forme à 40 mètres du sol, en 4 lieux de la ville, avec aussi des grands chefs étoilés aux commandes,
. Septembre : Week End de la Bière Belge / Brusselicious Festival, avec une centaine de pavillons et les plats emblématiques des grands restaurants / Goûter Bruxelles à tendance Slow Food, avec plus de 100 activités, 70 restaurants dans 19 communes,
. Novembre : Semaine du Chocolat / Brussels Beer Challenge en sa première édition pour sélectionner les meilleures bières du monde / Festival des Fritkots (= friteries), avec un plan pour sélectionner les meilleurs dans les 19 communes de la région de Bruxelles.
La page externe qui inclut en première colonne les deux couvertures avec choux de Bruxelles d’un côté et rose flashy de l’autre, est très différente dans sa présentation. Il s’agit là de montrer l’envergure évènementielle de la découverte de la Région de Bruxelles dans sa version Bruselicious avec trois balades gourmandes axées sur le sucré, le best-of de Bruxelles et la belgitude des choses et des produits créés spécialement pour l’année (des chocolats et de la bière). Toute l’année sont proposés des repas gastronomiques sur réservation dans un tram design de couleur blanche qui permettent de découvrir la ville autrement. C’est certainement la proposition la plus innovante du programme.
. 2. L’exposition « A table. Du champ à l’assiette » à Tour & Taxis. Cette exposition a été conçue par tempora s.a., une agence belge de création d’expositions pour faire découvrir de façon pédagogique la complexité de l’acte de manger décomposée en cinq séquences, à savoir « cultiver, transformer, manger, imaginer », savourer pour « gastronomie » dans le texte.
Toutes les facettes de l’acte de mangervont être utilisées tout à tour sous un aspect de « pédagogie ludique ». Citons les expositions, des films, des ateliers de cuisine et/ou de dégustation, des présentations par des « grands cuisiniers » et l’appel à des artistes qui ne disent jamais non. Le positionnement d’une telle focalisation part de ce qui se passe du « champ à l’assiette » - pour reprendre un concept utilisé par des publicitaires français en 2005 pour vanter « le bien manger » aux enfants et aux étudiants essentiellement - jusqu’à la remise d’une recette de cuisine belge. La démonstration pédagogique se fonde sur un constat non contestable : d’un côté la faim existe, les émeutes des pauvres n’ont jamais cessé et de l’autre en pays dits riches la malbouffe cause des ravages plus ou moins visibles ; on meurt de plus en plus de déséquilibres alimentaires, avec de fortes surcharges pondérales ou des anorexies morbides. Mais ça, c’est marqué en page 5 du A4 plié en trois, l’endroit le moins visible du dépliant. Ce que l’oeil retient est la croqueuse du monde.
Le visuel de la plaquette montre en effet une jeune femme blanche et très jolie, dont on ne voit que la jolie bouche rouge et les dents blanches s’apprêter à avaler le monde qui se tient au bout d’une fourchette. Cette photo se veut rieuse à l’image de la jeune dame, nouvelle Eve des temps modernes. Elle est encore tristement vraie alors que des pays à fort taux de dénutrition, où la famine existe encore vraiment, continuent à produire des aliments d’extra-luxe pour des pays riches, sans pouvoir assurer leur propre auto-suffisance alimentaire. Il y a ce que disent les quelques mots pour soulager notre bonne conscience, les mots très nombreux pour dire le plaisir infini et jamais satisfait de manger dans une sociologie du toujours plus et le visuel qui montre une vision quasiment « coloniale » des relations internationales alimentaires complètement dépassées ou qui devraient l’être.
3. L’Expo « Sweet Candy » au Musée bruxellois du Moulin et de l’Alimentation. Elle présente « une histoire sucrée de la confiserie » jusqu’au 31.08.2012. Son activité n’est pas seulement centrée sur le sucré mais c’est le thème très large que le musée a choisi pour cette année gourmande même si le lien n’est pas fait. Le choix vient essentiellement du choix de l’enfant en visiteur privilégié. En visite familiale, il ne paie pas de droit d’entrée jusqu’à 12 ans. Au menu des activités sucrées, des visites gourmandes, des démonstrations à thème selon les catégories de bonbons (guimauve, caramels, nougat, sucettes) et des ateliers pour gourmands créatifs ou des stages sur l’histoire des bonbons. Il existe aussi des conférences comme celle que fait Pierre Leclerc (Université Libre de Belgique) sur Lancelot de Casteau et les premiers traités de confiserie à la Renaissance. Un des prochains évènements annoncés aura lieu les 17 et 18 septembre prochain à Evere lors des Journées du Patrimoine au Moulin.
Quelques mots pour finir. Peut-être parce que justement on a pris conscience que l’accès à la nourriture demeure un idéal non assuré dans le monde pour des millions d’êtres humains, la gastronomie reste peut être encore plus que par un passé récent une valeur sûre du bien-être en société. Bien manger est toujours présenté comme un luxe accessible du et la sortie au restaurant demeure la première activité culturelle, en particulier des Français. Au vu de cette année 2012 de la gastronomie, les Belges à mon avis doivent partager cet engouement gastronomique.
Pour suivre le chemin
. La grande exposition a lieu encore quelques jours, jusqu’au 6 juin 2012 à Tour & Taxis à Bruxelles, à voir sur www.expo-a-table.be; le dossier de presse est à consulter sur http://www.foiredelibramont.be/wm-media/news/atable_fr.pdf
. Retrouver l’agence « tempora s.a. » sur http://www.expo-terra.be/nous-contacter/qui-sommes-nous.html
. Voyer le programme des activités du Musée bruxellois du moulin et de l’Alimentation sur www.moulindedevere.be
. Découvrer Lancelot de Casteau sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Lancelot_de_Casteau où les plats sucrés appartiennent au quatrième service.
. Photos EP à partir des plaquettes + Friterie Place Flagey. Je confirme que les frites y sont vraiment exceptionnelles.
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Comme Marco insiste, pour lui rendre un service à son tour, Guido lui demande l’impossible : obtenir de « la Signora Maria, la Grande Chef cuisinière et propriétaire du
restaurant, sa recette de la farce qu’elle met dans ses moules » à l’intention de Paola. Et Marco de s’écrier : mais tu sais bien que c’est impossible ! Le délicieux mais là aussi
ce n’est pas dit, est que Marco a bien fait appel à lui, pour se protéger d’une façon informelle, non prévue par la loi, à la vénitienne en quelque sorte, contre des agissements véritablement
contraires à toute réglementation, d’hommes d’affaires peu scrupuleux.