En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Lundi 28 juillet 2014 1 28 /07 /Juil /2014 17:43

La main bleue. Elle est présentée comme un symbole de la paix entre les peuples, entre les jeunes ; elle peut être aussi et surtout connue comme l’icône de Facebook. Retenons que son usage et sa portée sont très variables d’un pays à un autre, en fonction de l’époque ou des publics concernés. Les deux exemples que je vous présente ont été réalisés par ou pour des jeunes d’un âge bien différent, il y a quelques années, le Ier en France, le second en Allemagne.  

Main bleue-Détail d'une main-Empreinte sur la ville

La première gouache. Elle a été l’œuvre d’étudiants français et étrangers participant à un atelier de créativité dans une école d’ingénieurs en 5è et dernière année. Plusieurs couches ont été faites, se superposant les unes aux autres, pour donner une image de la représentation d’une ville. Pour bien montrer sa volonté d’emprise sur la réalisation et y mettre un terme, le dernier participant a plongé ses très grandes mains dans le seau de peinture bleu-violet. Il a ainsi signé la fin de la réalisation. Plus personne ensuite n’y a touché. Ces mains ont fait office de sceau final.   

  Mains bleues-avant empreinte  

La deuxième réalisation. En fait il s’agit d’une photo des mains d’un adulte qui vient de les plonger dans un seau de peinture bleue. Ce sont celles vraisemblablement d’un homme, un des artistes qui ont fait travailler un groupe d’enfants qui ont globalement entre 5 et 10 ans. Ce cliché illustre le mois de mars du calendrier 2001 grand format de 60,2 cm sur 42,6cm d’une banque, la Sparkasse Singen Radolfzell.

Main-bleue-Calendrier 2001;Sparkasse Radolfzell

Chaque mois montre une réalisation des enfants travaillant sous les conseils des artistes ou de ces mêmes artistes travaillant avec les enfants. Ce que montre cette photo, c’est la beauté de ces mains comme œuvre d’art, avant qu’elles ne soient utilisées comme tampon.

 

Pour suivre le chemin

Main bleue-Emreinte sur la ville-Panneau complet

. Voir le pouvoir symboliquement fort du bleu sur wikipedia. C’est la couleur préférée des Français, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Bleu

. Photos Elisabeth Poulain           

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Dimanche 27 juillet 2014 7 27 /07 /Juil /2014 16:12

 

Deux étrangetés dans ce titre. D’abord « Bourgognes » écrit au pluriel. N’ayez pas d’inquiétude ; iI n’y a toujours qu’une seule Bourgogne, même à l’heure du rassemblement des régions ! Ce « s » est seulement là pour attirer votre attention sur les nombreuses facettes des vins de Bourgogne. C’est "un truc" de publicitaire.

Quant à « l’âme des vins de la Terre », j’aurais dû mettre des guillemets, ce que je n’ai pas fait, faute de place disponible dans le titre. C’est difficile à faire passer, d’abord en traduction littérale. Aussi parce que c’est un poème bien connu de Charles Baudelaire. C’est franchement de trop, surtout quand on sait que la campagne publicitaire de l’Interprofession des vins de Bourgogne, qui en est l’auteur, utilise d’abord le ressort de l’international et ensuite l’humour, pour faire vibrer les amateurs français lecteurs de revues  françaises spécialisées dans le vin ou qui présentent des numéros spéciaux sur le vin. 

Bourgognes-Nuits Saint-Georges-Peter-2004

La série court sur plusieurs années. J’ai choisi les visuels de  2004, 2005, 2006, 2007, 2008… sans volonté d’ailleurs ni possibilité de ma part de vous donner la liste complète. Il s’agit de réfléchir sur la mise en oeuvre d'une campagne de publicité. J’ai choisi aussi de vous présenter les visuels par ordre de parution chronologique afin de respecter l’influence du temps sur l’évolution de la série. C’est ainsi qu’on découvre deux déclinaisons du concept du départ, avec une année de transition.

La composition duale de chaque visuel. Dans la première série, dans le tiers supérieur de la page, figure l’homme qui incarne les vins de Bourgognes à l’autre bout du monde. Pour nous en convaincre, cet homme a un nom. L’endroit où il se trouve est identifié par son appartenance à un continent et la distance en kilomètres qui le séparent de Bourgognes. Une question de sa part indique le ressort du visuel choisi pour faire le lien avec les vins des Bourgognes. Dans la partie inférieure apparaît un verre rempli de ou d’un vin de Bourgognes avec là encore un texte d’une longueur variable en réponse à la question posée. Elle figure en haut de l’étiquette marquée du logo B, suivi en dessous par Bourgognes et l’âme des vins de la Terre.

Bourgognes-John-2005

2004-2005. La première série est fondée sur un homme du vin, jeune (le professionnel) qui se pose des questions sur les vins de Bourgognes.       

. Peter pour Nuits-Saint-Georges : « Outre-Atlantique, KM 7150,  « Depuis qu’il est vigneron, Peter ne cesse d’admirer le cratère de la Lune qui porte le nom de Nuits-Saint-Georges. Toujours pas de vignes en vue, Peter ? ». Voici la première phrase d’une très longue réponse : « Les vignerons de Bourgogne expliqueront à Peter que, c’est en fait, l’équipage d’Apollo15 qui a donné le nom de Nuit-Saint-John à l’un des cratères de la lune… » La Revue des Vins de France, novembre 2004,  page 2

. John, vigneron : « Comment des fleurs blanches peuvent-elles s’épanouir dans un verre de Bourgogne ? …La réponse : Grâce au terroir de Bourgogne, John, où le Chardonnay révèle une palette aromatique surprenante. » Le Point Spécial Vins, 8 septembre 2005, page 229   

. Andrew, vigneron : Océanie, KM 11882, « J’ai longtemps cherché un rubis profond. Je l’ai trouvé dans un verre de Bourgogne, Andrew, vigneron. » La réponse « Eh oui, Andrew… C’est en Bourgogne que le Pinot noir révèle une robe aux reflets brillants et à l’éclat de rubis. » Le Figaro Magazine, 3 septembre 2006, page 159

Bourgognes-Andrew-2005

2006. Une année de transition . Pour le Crémant de Bourgogne, il n’y a plus d’homme pour incarner ce vin, ni d’ancrage géographique du vigneron étranger, ni de distance. Le reste du visuel demeure grosso modo. Dans la cartouche du haut, figure un morceau du socle du terroir de Bourgogne en forme de volcan inversé, la pierre en bas et la vigne en haut, à l’allure d’un bouchon  au- dessus du verre placé en bas. Il y a néanmoins un texte écrit au-dessus du B de l’étiquette et en dessous de Crémant de Bourgogne : « Dans son infinie richesse, le terroir de Bourgogne offre de grands vins blancs et rouges, mais aussi un troisième type de vin au caractère pétillant : le Crémant de Bourgogne. » (Le Point, Spécial Vins, 7 novembre 2006, page 237.)  

Bourgognes-Crémant de Bourgogne-2006

2007-2008.La poursuite de la campagne et le retour des professionnels du vin, avec la disparition de l’ancrage géographique et du kilométrage jusqu’en Bourgognes, la cartouche du haut avec une photo plus grande fixée un trombone, un allègement sensible de la réponse qui ne figure plus sur l’étiquette et  la réduction de celle-ci. 

. Voici  MichEl*, SommElier*, aux allures de Schwarzenegger jeune, avec un taureau très puissant en arrière et sans barrière visible entre lui et lui. Des fruits rouges parsèment le chiclé tiré d’un classeur dont on voit les anneaux. Ce professionnel se pose la grave question de savoir « comment obtenir un rouge aussi intense et éclatant ? »** La réponse cette fois-ci figure en bas à gauche, dans l’arrondi du verre rempli : « C’est le Pinot Noir** qui donne le meilleur de lui-même sur la terre de Bourgogne. » Cette fois-ci, le « s » a disparu dans la réponse, même s’il demeure sur l’étiquette.  *(Le « E » majuscule qui figure dans le prénom et le nom est volontairement ajouté dans l’écriture par les concepteurs de l’étiquette.) **(Le rouge pour le Pinot noir figure en tant que tel dans le visuel, tout comme le bleu pour le Crémant de Bourgogne qui suit et le bronze pour le Chardonnay pour clore le billet.) L’Express, Spécial Vins, du 30 août 2007, page 84    

 Bourgognes-Michel-2007  

. FrEdEric*, œnologue* (même remarque sur le E) se pose la question désormais  rituelle : « Comment ce petit pétillement peut-il déclencher autant de fraîcheur ? »**. FrEdEric se penche sur le balcon  pour mieux admirer la fraîcheur, alors qu’un gros bloc de neige tassé s’apprête à lui tomber sur la tête. Bizarre, ce doit être de l’humour, tout comme le taureau au-dessus. J’allais oublier de vous donner la réponse « C’est le terroir de Bourgogne allié à un savoir-faire unique qui donne au Crémant de Bourgogne toute sa fraîcheur.» Cuisine et Vins de France, septembre-octobre 2007, page 9.         

 . Pour finir la série, voici l’arrivée ou plutôt le départ d’Alain, restaurateur (sans E ajouté) qui s’enfuit en courant poursuivi par une horde d’abeilles furieuses. Sa question « D’où peuvent bien surgir ces petites notes de miel ? » La réponse est  « C’est le mariage entre la terre de Bourgogne  et le Chardonnay qui donne cette palette d’arômes uniques. » Le Point, Spécial Vins, 11 septembre 2008, page 2005.

Bourgognes-Frédéric-2007

Quelques remarques sur les concepts et leurs développements pour finir.

L’idée de la Ière série d’utiliser la rotondité de la terre et le recours à des professionnels étrangers de terrainest intéressante au plan  visuel. Je retiens par exemple l’ocre rouge d’Andrew, comme une belle réussite. Encore aurait-il fallu faire extrêmement  attention aux questions posées soi-disant par des vignerons étrangers, qui sont avant tout des professionnels et encore plus au ton des réponses de publicitaires vraisemblablement de l’interprofession. Cela a été particulièrement le cas pour Peter, celui dont je ne vous ai pas donné la réponse au complet. On dirait que la réponse s'adresse à des enfants qui n’y connaissent rien en vin. Vous avez aussi remarqué que les auteurs de la campagne avaient été sensibles à cette délicate question en faisant le choix de ne pas citer de pays, en préférant parler d’hémisphère sud par exemple. Une autre hypothèse est certainement qu’ils ne voulaient donner aucun nom de région viti-vinicole étrangère, fusse-telle dans l’autre hémisphère.   

   Bourgognes-Alain-2008 

La seconde série a changé de positionnement en abandonnant le recours à des vignerons étrangers et en faisant le choix d’un humour visuel. Ce sont maintenant des professionnels, sommelier, œnologue et restaurateur, aux prénoms français (Michel, Frédéric et Alain), pour éviter de heurter la fierté professionnelle des confrères vignerons étrangers. Pourtant la réussite n’est pas franchement là. Ces trois catégories professionnelles rassemblent aussi des vrais connaisseurs du vin. Quant à l’humour visuel, il est difficile à réussir. Le scandale du sang de bœuf a créé de grandes troubles dans nos exportations vers la Chine à l’aube du passage à l’an 2000. Le bloc de neige qui vous coule dans le cou ne fera pas rire celui à qui cela arrive et quant aux abeilles en furie, mieux vaut les éviter. L’humour est toujours délicat à manier.

Le constat. A trop vouloir prouver, on prend des risques. Le ressort de la question/réponse n’est guère convainquant. Il aurait plutôt tendance à se retourner contre celui qui donne la réponse. Il aurait été beaucoup plus convaincant de laisser s’exprimer simplement le vigneron John par exemple. Celui-ci aurait pu dire « incroyable, cet arôme de fleurs blanches dans ce vin de Bourgogne », avec dans la cartouche du bas, un complément léger de réponse « oui, c’est vrai, le terroir de Bourgogne est bien connu pour ses fleurs blancs. » Et cela aurait suffi. C’est peut-être sur ce point-là que l’on voit la rapidité de la mutation de la société en un peu moins de 10 ans. Il s’agit plus de montrer, sans trop dire, dans une société sur-saturée de communication…Suggérer plutôt que vouloir trop prouver.

Bourgognes-Alain-2008

Quant au dernier point qui est de mettre un « s » à Bourgogne, il ne faut jamais jouer avec les symboles. Il en va aussi également dans le monde du vin, comme veut le prouver cette campagne, où parfois Bourgogne est écrit sans "s" et parfois avec cet "s" dérangeant. Seul Bourgogne est Bourgogne. C’est là le ressort profond commun à cette série. Et pourtant le « s de Bourgognes » figure toujours dans le site actuel  de l’interprofession. Preuve que ces choix de stratégie ne sont pas faciles.   

Avec une dernière remarque. En Bourgogne visiblement, il n'existe que des hommes du vin. Point de femme! Un vide sidéral qu'aucun homme, à ma connaissance, n'a jamais remarqué. Je dois dire aussi que peu de femmes l'ont vu. Avec aussi une préférence marqué de la gent masculine pour Schwarzenegger  (= Michel le Sommelier). C'est le plus "homme" de tous!            

Pour suivre le chemin

. Voir comment l’interprofession communique maintenant http://www.vins-bourgogne.fr/

. Photos Elisabeth Poulain            

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 18:02

On connait les kiosques à musique précieusement conservés depuis le XIXe siècle même si on n’y entend plus guère l’orchestre municipal pour animer les douces soirées estivales des grandes places urbaines, les temples de l’Amour dans de grands espaces qui ne célèbrent plus guère les folies de Cupidon, les fontaines d’eau jaillissante en hommage aux grands fleuves de la France pour encadrer l’obélisque capturée en Egypte au XVIIIe à Paris Place de la Concorde, l’ Arc de Triomphe pour célébrer les victoires militaires de Napoléon, en haut des Champs-Elysées dans l’axe de la Place de la Concorde…  

 Marseile, Quai Fraternité, Ombrière, découverte, P1300336    

Restait  à inventer « un objet culturel » propre à Marseille pour animer une des plus grandes places d’Europe, qui forme l’arrière-plan du Vieux Port de Marseille. Une place rectangulaire qui n’avait pas vraiment d’identité propre, tant l’appellation de Vieux Port était et continue à être forte, comme si l’eau l’emportait sur la pierre du quai, les fonctions maritimes sur les fonctions terrestres...

Marseille, Quai Fraternité, rendez-Vous, P1300324

L’Ombrière, située sur la partie sud du Quai de la Fraternité est la réponse à ce manque. Elle est la partie visible d’un grand projet urbain concernant toute cette façade maritime du Vieux Port de cette très vieille ville de Marseille qui a gardé son grand port rectangulaire enfoncé dans la terre et la pierre  depuis l’Antiquité. C’est dans le fond, dans la largeur au contact de la terre, que s’est développée la ville à partir du XV-XVIe siècle  puis sur la rive sud dominée par Notre-Dame de la Garde. C’est là son point nodal qui vitalise tout le centre la ville…

Marseille, Quai Fraternité, Ombrière & Métro P1300335

Il faut alors faire preuve d’imagination. Une réelle nécessité, une urgence, quand on ne peut plus se baser sur le lointain passé grec et romain, quand on veut éviter de célébrer les conquêtes militaires, dépasser la prospérité du XVIIe siècle… quand les grands concerts en plein air débordent largement l’aire d’écoute des kiosques. Alors, il faut voir autrement, d’abord l’eau, puis les quais, en voyant devant tout autant que dessus, dans les airs… Il faut voir en termes d’espace et de strates et concevoir une nouvelle conception du plan d’eau, de circulation des bateaux et de leur amarrage dans le port avant de penser à ce qui va se passer sur terre, sur les quais, cette fois-ci pour les voitures et enfin, pour les piétons. 

Marseille, Ombrière, Trouble P1300347

Concevoir « le socle, socle unitaire, socle de la ville, seuil de la ville vers la mer » est la réponse de Michel Desvigne, le paysagiste concepteur du projet avec Norman Foster, l’architecte. C’est ce socle qui va porter la triple novation de ce grand aménagement de la seconde ville de France qui fait du Quai de la Fraternité un lieu de rassemblement propre à attirer les gens en doublant quasiment la surface d’un seul tenant à leurs pieds, en facilitant la circulation automobile tout en réduisant la place de la voiture et en remettant de l’ordre dans la partie aquatique du port afin que soit facilité  « le seuil de la ville vers la mer ».  Les trois acteurs concernés sont donc les gens, les voitures ensuite et les bateaux qui sont directement visés dans ce lieu de passage et de rassemblement placé sous le signe de la « Fraternité », la 3è composante  de la devise nationale « Liberté, Egalité, Fraternité. » Pour un projet d’urbanisme d’une telle hauteur d’objectifs, il fallait concevoir quelque chose de fort et d’indiscutable au plan architectural pour le quai lui-même.

Marseille, Quai Fraternité, Soleil & Ombre, P1300337

C’est là qu’intervient toute la force du projet de Michel Desvignes. Son choix s’est porté sur un sol de granit blanc pour donner la force, l’élan, une portance d’un seul tenant, uniforme. Il n’y a là aucun chichi tel que des bacs à fleur, de la statuaire ou du mobilier urbain usuel tels que des bancs ; les lampadaires oui, parce qu’ils sont indispensables, mais ils ont été repoussés au bord intérieur de la place. Cette portance blanche, qui s’impose comme une évidence, constitue la porte d’accès à l’univers bouillonnant de l’eau, des bateaux et de la danse sonore de leurs mats.  Pour border ce socle, il y a ce que Michel Desvigne appelle « le seuil », cette marche, qui ici se descend pour aller de la pierre blanche dur du socle à l’eau si changeante qui reflète les couleurs du ciel.

Pour renforcer le socle, c’est-à-dire-le quai de la Fraternité, le projet paysager et architectural a fait le pari de « la cohérence et la grandeur attendues », avec trois autres cartes majeures qui fonctionnent en synergie les unes avec les autres. Nommons la polyvalence des usages, la dimension portuaire et la stratégie du temps.

Marseille, Quai de la Fraternité, Point rendez-Vous-P1300322

. La polyvalence des usages. Le quai de la Fraternité va être amené à exercer des usages nombreux et variés qui vont évoluer dans le temps, car la ville est toujours vivante. Elle change tout le temps, même quand cela ne se voit pas.  Connaissant la suite, on peut penser que l’édification qui allait faite sur ce quai allait être elle aussi être polyvalente.  C'était d'ailleurs un des axes majeurs du projet conçu par le paysagiste Michel Desvignes en accord avec l'architecte Norman Forster, tous deux se connaissant bien pour avoir réalisé le pont de Millau.       

. La dimension portuaire est toujours présente à Marseille. C’est vrai qu’au Vieux Port, il s’agit  de nautisme de loisir plutôt que du transport maritime des voyageurs et des marchandises. Dans ces deux derniers cas, les hangars  de grandes dimensions étaient indissociables des opérations de chargement et de déchargement.   

Marseille, Quai Fraternité, Etals pêcheurs, P1300333

. La stratégie du temps peut s’interpréter de deux façons. Il s’agit tout autant d’être de son temps, en ce début du 3è millénaire, que de marquer le projet d’une réponse forte adaptée. Il ne s’agit plus de faire à la manière de…mais d’édifier en 2013 un bâtiment qui représente une véritable prouesse technologique de notre époque.

La réponse à toutes dimensions est « l’Ombrière » de Norman Foster qui signe  cette grande place afin que chacun puisse se l’approprier. Et ceci d’une façon magistrale, comme l’a écrit  Michel Desvignes « Seul un projet architectural permet de donner la cohérence et la grandeur attendues. » Il s’agit d’un grand hangar de 1012m2 de surface, porté par huit poteaux, constitué par 153 panneaux d’inox micro-billé pour la toiture  et d’inox poli-miroir pour le plafond réfléchissant  de ce qui s’appelle maintenant l’Ombrière du Vieux Port, tant le succès populaire a été immédiat.

Marseille, Ombrière, Sommeil, P1300357

Elle s’élève à 6 mètres au-dessus du sol-socle du Quai. L’effet visuel est saisissant, car on se voit soi et ses voisins au-dessus de soi, quand on est dessous. Ce qu’on sait moins est que cet exploit n’a été rendu possible que par l’enfouissement profond de piliers de 16 mètres dans le sol, tout près de la ligne du métro. Une coexistence délicate rendue nécessaire par l’importance de la prise au vent de la toiture. Il y a du vent, beaucoup de vent en Méditerranée. Tous les marins le savent qui sortent  en mer vers les Iles du Frioul par exemple.  

Marseille, Ombrière, Où suis-je, P1300351

Cette ombrière a un pouvoir d’attraction absolument fabuleux. Quand on arrive, on voit une masse de personnes dessous. Curieux, on y va pour découvrir que tous  regardent le plafond. Et c’est ça le plus beau : on vient ici pour voir les bateaux et la première chose que l’on fait est de s’admirer soi en haut vu d’en bas. "Parlez-moi de moi, il n'y a que ça qui m'intéresse..." chantait Jeanne Moreau.  Ce que je retiens de ce pari d’une grande ombrière unique est que cette véritable audace architecturale de Norman Foster n’a été rendue possible que parce qu’il y a eu un grand travail préalable basé sur la forte cohérence et la simplicité visible par tous mis en place par Michel Desvignes.

Une dernière remarque pour clore ce billet sur cet édifice, solidement ancré dans le sol, à quelques mètres de la mer, dans un sol de granit blanc. C'est la dimension symbolique du regard tourné vers l'éther du ciel, après avoir regardé devant et imaginé dessous. C'est aussi le changement perpétuel de ce miroir immobile et qui nous offre à chaque moment une image changeante de lui, de nous. Cette réussite fascine par son intelligence.

 Pour suivre le chemin  

. Connaître l’essentiel sur le vieux port de Marseille surhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Vieux-Port_de_Marseille

. Le groupement Michel Desvigne était composé de Michel Desvigne paysagiste, mandataire,  Foster + Partners architectes,  Tangram urbanistes et Yann Kersalé lumière matière

. Consulter le projet de Michel Desvigne et de Norman Foster sur http://www.lemoniteur.fr/155-projets/article/actualite/772928-michel-desvigne-presente-le-nouveau-vieux-port-de-marseille

Marseille, Ombrière, départ du bateau, P1300370

. Apprécier le projet sur http://www.marseille-provence.com/assets/plugins/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/filemanager/files/Presse_2012-03-07_dp_mipim-2012_marseille_mpm.pdf

. Voir des photos et des dessins du « Projet de semi-piétonisation  du Vieux-Port-Concertation » et l’aménagement du plan d’eau sur http://www.vieuxportdemarseille.fr/images/amenagement_plan_d_eau.pdf

. Voir aussi le dossier de concertation sur http://www.marseille-provence.com/assets/plugins/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/filemanager/files/Presse_2011-05-06_dossier-concertation-vieux-port_marseille_mpm.pdf    

. Suivre le montage en photos de l’Ombrière grâce à Julia Z., rédacteur en chef http://projets-architecte-urbanisme.fr/vieux-port-marseille-norman-foster-ombriere/

Marseille, Ombrière, Retour du bateau, P1300599

. Retrouver la ville en perspectives http://www.playlistsociety.fr/2013/09/marseille-capitale-europeenne-de-la-culture-2013/113651/

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Architecture-Urbaniste
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Dimanche 20 juillet 2014 7 20 /07 /Juil /2014 11:15

 

Les Chemins de l’Art sacré au temps du Duché normand vous permettent de découvrir pour la première fois dans le département de l’Eure (27) des églises romanes pendant trois dimanches après-midi du mois de juillet 2014 pour cette première édition. Le  premier dimanche, le 13 juillet, ce sont six églises de l’estuaire de la Seine qui ont ainsi pu être ouvertes au public et découvertes lors de visites guidées par des spécialistes du patrimoine, de l’architecture et de l’histoire de l’art.

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 002

Les églises romanes choisies pour ce dimanche du 20 juillet. après-midi Elles sont toutes situées dans la Vallée de la Risle, non seulement pour faciliter la découverte du fait de leur situation groupée dans une vallée aux paysages protégés mais aussi pour donner à voir une large palette des réalisations des bâtisseurs du Xe siècle ainsi que leur évolution dans le temps.

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 001

. Aclou, l’église Saint-Rémi

. Boisney, l’église Saint-Aubin

. Fontaine la Soret, l’église Saint-Martin

. Launay, l’église Notre-Dame et Saint-Lubin

. Neuville sur Authou, l’église Notre-Dame

. Saint-Léger de Rôtes, l’église Saint-Pierre de Rôtes

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 004

Ces six églises sont exceptionnellement ouvertes de 15h à 19h. A 15h, 16, 17h et 18H sont organisées des visites commentées par des bénévoles connaisseurs du patrimoine de l’Eure. Il est aussi possible d’entrer et de les découvrir par soi-même, si on dispose de moins de temps par exemple, tout comme il est possible de n’en visiter que quelques-unes, celles que l’on ne connait pas, peu,  ou au contraire bien pour les retrouver avec émotion.

Pour suivre le chemin

. A retrouver sur http://www.eure.gouv.fr/Actualites/Les-chemins-de-l-Art-Sacre-au-temps-du-Duche-Normand

. Voir la plaquette du Ministère de la Culture et de la Communication, faite par  le SDAP (Service départemental de l’architecture et du patrimoine) de l’Eure, qui vous sera remise lors de votre venue dans chaque église,  sdap.eure@culture.gouv.fr

. Ces visites sont organisées sous « la direction scientifique de l’Architecte des Bâtiments de France et sous la direction liturgique de la Commission diocésaine d’ Art sacré » avec l’Association des Amis des Monuments et des Sites de l’Eure (AMSE), la Fondation du Patrimoine et la Sauvegarde de l’Art français, soutenues par la Direction régionales des Affaires culturelles (DRAC).

. Le circuit du 27 juillet prochain permettra de visiter six églises de la Vallée de la Seine , celles de Bouafles, Cuverville, Dangu, Guitry, Hennezis, La Roquette.

. Le dimanche passé du 13 juillet 2014 a permis de découvrir, avec un grand plaisir à une large palette de connaisseurs et ou de découvreurs, l’estuaire de la Seine et plus particulièrement les églises d’Aizier, de Brestot, Bouquetôt, Fiquefleur, Quilleboeuf-sur-Seine et la Trinité de Thouberville.

. Photos Elisabeth Poulain à partir de la plaquette.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Interculturel
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Dimanche 13 juillet 2014 7 13 /07 /Juil /2014 09:50

Gladys est son prénom, un prénom d’origine celte portée par des femmes à la forte personnalité. Certains sites disent même qu’elles sont des « chefs ». « Notre » Gladys, celle de Mesnil-sous-Vienne, récuserait à coup sûr ce terme qui lui semblerait inapproprié. Ce qu’elle aime par contre, c’est d’être celle de sa propre vie, en compagnie des autres, sans distinction et avec beaucoup de joie naturelle.    

Mesnil-sous-Vienne dans le Vexin normand (Eure). C’ est le nom de son village, celui d’où est originaire sa famille et où elle est revenue vivre, une fois sa retraite venue. Cette petite commune lui parle au cœur, elle y est chez elle. Elle a certainement été parmi les premières personnes à voir la petite affichette collée sur la porte de l’église annonçant une grande après-midi de gros nettoyage de l’église, avec l’aide des volontaires bienvenus. Elle en particulier.

Mesnil sous Vienne 250, Arrivée à l'église

L’église de Mesnil-sous-Vienne. D’époque romane, elle est idéalement située au bas de la colline boisée qui caractérise le paysage de cette vallée classée où serpente le ruisseau de la Lévrière. Vue d’en bas, elle est placée au fond du cimetière à gauche, en de ça de la position dominante de la mairie, une grande et belle demeure du XIXe. A droite de l’église et de la mairie se trouve  le manoir du Domaine de la Muette, avec son pigeonnier, ses anciennes écuries et ses dépendances.

L’appel aux bonnes volontés pour l’atelier du 17 juillet 2014 pour nettoyer l’église de l’intérieur et à l’extérieur. Il a été lancé sur place par Anne Belhoste-Dugas, membre du Conseil municipal et architecte. Le projet de nettoyage et en particulier du piochage pour enlever les joints au ciment s’est déroulé dans le cadre des Ateliers du Patrimoine de l’Eure dirigés chaque mois par France Poulain, ABF* de l’Eure. Ces ateliers ont pour objet de fédérer les bonnes volontés et diffuser les bonnes pratiques de protection et de valorisation du patrimoine du département. *(Architecte des bâtiments de France)

Mesnil sous Vienne 296, Eglise, Gladys au travail

Gladys est arrivée à l’heure dite  avec tout ce qu’il faut pour nettoyer. Son grand sac contenant des gants, des masques, des outils tels que grattoir, pelle à poussière,  balai…de l’eau pour se rafraîchir. Sans attendre, elle s’est attaquée à un des coins  les plus humides et les plus sombres près du bénitier. Elle a travaillé sans relâche et de façon vraiment efficace, sans papoter et sans chercher à la faire. Elle était là « pour travailler avec les autres » et c’est donc ce qu’elle a fait, en s’intégrant avec une grande facilité dans le mouvement.

Il y avait ceux qui nettoyaient la pierre au sol, ceux qui curaient les joints des pierres des murs quand ils étaient en ciment,  ceux qui enlevaient  préalablement le vieux bois pourri qui maintenait l’humidité des murs, ceux qui balayaient, ceux qui mettaient en tas et ceux qui portaient les  gravats dehors… Dehors, il y avait aussi du monde d’âge et de formation très variés à  nettoyer les joints, à brosser pour enlever les mousses, à rassembler les débris en tas…. Avec un écart d’âge plus grand que le fameux  7 à 77 ans des lecteurs de Tintin. Le plus jeune avait certainement moins de 7 ans et la plus âgée plus de 77 ans. 

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Une fois, le gros du travail fini, tous se sont retrouvés à l’extérieur, Gladys aussi, pour boire un jus d’orange ou un verre d’eau… manger un petit gâteau,  pour se féliciter du travail accompli, sans forcer, naturellement  et pourtant avec efficacité.  Gladys aussi. Et puis elle a rejoint sa petite voiture rouge, la couleur de l’énergie. Elle rentrait chez elle. Et c’est là, en dehors de l’église et du cimetière que nous avons pu échanger quelques mots sur elle, son énergie, son plaisir d’être avec les autres  après avoir passé 33 ans d’une vie tonique dans le commerce. On voit qu’elle a l’habitude de voir du monde.  C'est là aussi où elle m’a confié son besoin de continuer à être active, proche des gens et avec ses chats, deux catégories  qu’elle aime tout autant. 

Il y a ses chats, les 3 qui lui sont restés maintenant, après avoir géré une véritable colonie de 36 félins, pour laquelle elle dépensait une bonne partie de sa retraite. Comme elle me le dit : « heureusement que je me suis adressée à une association qui m’a beaucoup aidé à réguler les naissances, en douceur, sans violence. Au départ, j’avais trois chats, maintenant j’ai à nouveau trois chats et c’est très bien comme ça. »  Elle allait les rejoindre, sachant qu’elle continue à être guide l’été dans un musée, celui de la poupée ancienne au Château proche de Fleury la Forêt…A 79 ans, qui dit mieux ?      

 Pour suivre le chemin

. Voir le précédent article  http://www.elisabethpoulain.com/article-l-eglise-de-mesnil-sous-vienne-l-atelier-du-patrimoine-de-l-eure-124056283.html 

. Gladys, un prénom à retrouver sur  http://www.journaldesfemmes.com/prenoms/prenom/4104/gladys/

. Sur le village et son église, voir plus   http://mesnilsousvienne.fr/index.php/actualites/2-bulletin-municipal-2 . Vous y retrouverez les coordonnées du musée de la poupée du Château de Fleury la Forêt dans la rubrique « Aux alentours » de Mesnil sous Vienne.

Mesnil sous Vienne 325, Eglise vue du bas

. Sur « Maisons paysannes », co-coorganisateur de l’Atelier,   http://haute-normandie.maisons-paysannes.org/dpt/eure/prochains-stages-et-activites/  Anne Belhoste, architecte au Mesnil-sous-Vuenne, en est la présidente pour l’Eure.

. Sur "les Ateliers du patrimoine de l’Eure" qui se tiennent une fois par mois sous l’égide de France Poulain, ABF de l’Eure et Chef du Service territorial et du patrimoine de L’Eure, voir http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France/Les-Ateliers-du-patrimoine-de-l-Eure

. Vous documenter également grâce aux "Essentiels, Le Dire de l’Architecte des Bâtiments de France, Connaissance, Conseils et Information", sur  http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France

. Photos Elisabeth Poulain, à retrouver dans l'album "Eure-Patrimoine3." 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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