En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 18:02

On connait les kiosques à musique précieusement conservés depuis le XIXe siècle même si on n’y entend plus guère l’orchestre municipal pour animer les douces soirées estivales des grandes places urbaines, les temples de l’Amour dans de grands espaces qui ne célèbrent plus guère les folies de Cupidon, les fontaines d’eau jaillissante en hommage aux grands fleuves de la France pour encadrer l’obélisque capturée en Egypte au XVIIIe à Paris Place de la Concorde, l’ Arc de Triomphe pour célébrer les victoires militaires de Napoléon, en haut des Champs-Elysées dans l’axe de la Place de la Concorde…  

 Marseile, Quai Fraternité, Ombrière, découverte, P1300336    

Restait  à inventer « un objet culturel » propre à Marseille pour animer une des plus grandes places d’Europe, qui forme l’arrière-plan du Vieux Port de Marseille. Une place rectangulaire qui n’avait pas vraiment d’identité propre, tant l’appellation de Vieux Port était et continue à être forte, comme si l’eau l’emportait sur la pierre du quai, les fonctions maritimes sur les fonctions terrestres...

Marseille, Quai Fraternité, rendez-Vous, P1300324

L’Ombrière, située sur la partie sud du Quai de la Fraternité est la réponse à ce manque. Elle est la partie visible d’un grand projet urbain concernant toute cette façade maritime du Vieux Port de cette très vieille ville de Marseille qui a gardé son grand port rectangulaire enfoncé dans la terre et la pierre  depuis l’Antiquité. C’est dans le fond, dans la largeur au contact de la terre, que s’est développée la ville à partir du XV-XVIe siècle  puis sur la rive sud dominée par Notre-Dame de la Garde. C’est là son point nodal qui vitalise tout le centre la ville…

Marseille, Quai Fraternité, Ombrière & Métro P1300335

Il faut alors faire preuve d’imagination. Une réelle nécessité, une urgence, quand on ne peut plus se baser sur le lointain passé grec et romain, quand on veut éviter de célébrer les conquêtes militaires, dépasser la prospérité du XVIIe siècle… quand les grands concerts en plein air débordent largement l’aire d’écoute des kiosques. Alors, il faut voir autrement, d’abord l’eau, puis les quais, en voyant devant tout autant que dessus, dans les airs… Il faut voir en termes d’espace et de strates et concevoir une nouvelle conception du plan d’eau, de circulation des bateaux et de leur amarrage dans le port avant de penser à ce qui va se passer sur terre, sur les quais, cette fois-ci pour les voitures et enfin, pour les piétons. 

Marseille, Ombrière, Trouble P1300347

Concevoir « le socle, socle unitaire, socle de la ville, seuil de la ville vers la mer » est la réponse de Michel Desvigne, le paysagiste concepteur du projet avec Norman Foster, l’architecte. C’est ce socle qui va porter la triple novation de ce grand aménagement de la seconde ville de France qui fait du Quai de la Fraternité un lieu de rassemblement propre à attirer les gens en doublant quasiment la surface d’un seul tenant à leurs pieds, en facilitant la circulation automobile tout en réduisant la place de la voiture et en remettant de l’ordre dans la partie aquatique du port afin que soit facilité  « le seuil de la ville vers la mer ».  Les trois acteurs concernés sont donc les gens, les voitures ensuite et les bateaux qui sont directement visés dans ce lieu de passage et de rassemblement placé sous le signe de la « Fraternité », la 3è composante  de la devise nationale « Liberté, Egalité, Fraternité. » Pour un projet d’urbanisme d’une telle hauteur d’objectifs, il fallait concevoir quelque chose de fort et d’indiscutable au plan architectural pour le quai lui-même.

Marseille, Quai Fraternité, Soleil & Ombre, P1300337

C’est là qu’intervient toute la force du projet de Michel Desvignes. Son choix s’est porté sur un sol de granit blanc pour donner la force, l’élan, une portance d’un seul tenant, uniforme. Il n’y a là aucun chichi tel que des bacs à fleur, de la statuaire ou du mobilier urbain usuel tels que des bancs ; les lampadaires oui, parce qu’ils sont indispensables, mais ils ont été repoussés au bord intérieur de la place. Cette portance blanche, qui s’impose comme une évidence, constitue la porte d’accès à l’univers bouillonnant de l’eau, des bateaux et de la danse sonore de leurs mats.  Pour border ce socle, il y a ce que Michel Desvigne appelle « le seuil », cette marche, qui ici se descend pour aller de la pierre blanche dur du socle à l’eau si changeante qui reflète les couleurs du ciel.

Pour renforcer le socle, c’est-à-dire-le quai de la Fraternité, le projet paysager et architectural a fait le pari de « la cohérence et la grandeur attendues », avec trois autres cartes majeures qui fonctionnent en synergie les unes avec les autres. Nommons la polyvalence des usages, la dimension portuaire et la stratégie du temps.

Marseille, Quai de la Fraternité, Point rendez-Vous-P1300322

. La polyvalence des usages. Le quai de la Fraternité va être amené à exercer des usages nombreux et variés qui vont évoluer dans le temps, car la ville est toujours vivante. Elle change tout le temps, même quand cela ne se voit pas.  Connaissant la suite, on peut penser que l’édification qui sera faite sur ce quai devra elle aussi être polyvalente.       

. La dimension portuaire est toujours présente à Marseille. C’est vrai qu’au Vieux Port, il s’agit  de nautisme de loisir plutôt que du transport maritime des voyageurs et des marchandises. Dans ces deux derniers cas, les hangars  de grandes dimensions étaient indissociables des opérations de chargement et de déchargement.   

Marseille, Quai Fraternité, Etals pêcheurs, P1300333

. La stratégie du temps peut s’interpréter de deux façons. Il s’agit tout autant d’être de son temps, en ce début du 3è millénaire, que de marquer le projet d’une réponse forte adaptée. Il ne s’agit plus de faire à la manière de…mais d’édifier en 2013 un bâtiment qui représente une véritable prouesse technologique de notre époque.

La réponse à toutes dimensions est « l’Ombrière » de Norman Foster qui signe  cette grande place afin que chacun puisse se l’approprier. Et ceci d’une façon magistrale, comme l’a écrit  Michel Desvignes « Seul un projet architectural permet de donner la cohérence et la grandeur attendues. » Il s’agit d’un grand hangar de 1012m2 de surface, porté par huit poteaux, constitué par 153 panneaux d’inox micro-billé pour la toiture  et d’inox poli-miroir pour le plafond réfléchissant  de ce qui s’appelle maintenant l’Ombrière du Vieux Port, tant le succès populaire a été immédiat.

Marseille, Ombrière, Sommeil, P1300357

Elle s’élève à 6 mètres au-dessus du sol-socle du Quai. L’effet visuel est saisissant, car on se voit soi et ses voisins au-dessus de soi, quand on est dessous. Ce qu’on sait moins est que cet exploit n’a été rendu possible que par l’enfouissement profond de piliers de 16 mètres dans le sol, tout près de la ligne du métro. Une coexistence délicate rendue nécessaire par l’importance de la prise au vent de la toiture. Il y a du vent, beaucoup de vent en Méditerranée. Tous les marins le savent qui sortent  en mer vers les Iles du Frioul par exemple.  

Marseille, Ombrière, Où suis-je, P1300351

Cette ombrière a un pouvoir d’attraction absolument fabuleux. Quand on arrive, on voit une masse de personnes dessous. Curieux, on y va pour découvrir que tous  regardent le plafond. Et c’est ça le plus beau : on vient ici pour voir les bateaux et la première chose que l’on fait est de s’admirer soi en haut vu d’en bas. "Parlez-moi de moi, il n'y a que ça qui m'intéresse..." chantait Jeanne Moreau.  Ce que je retiens de ce pari d’une grande ombrière unique est que cette véritable audace architecturale de Norman Foster n’a été rendue possible que parce qu’il y a eu un grand travail préalable basé sur la forte cohérence et la simplicité visible par tous mis en place par Michel Desvignes.

Une dernière remarque pour clore ce billet sur cet édifice, solidement ancré dans le sol, à quelques mètres de la mer, dans un sol de granit blanc. C'est la dimension symbolique du regard tourné vers l'éther du ciel, après avoir regardé devant et imaginé dessous. C'est aussi le changement perpétuel de ce miroir immobile et qui nous renvoie à chaque moment une image changeante de lui, de nous. Cette réussite fascine par son intelligence.

 Pour suivre le chemin  

. Connaître l’essentiel sur le vieux port de Marseille surhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Vieux-Port_de_Marseille

. Le groupement Michel Desvigne était composé de Michel Desvigne paysagiste, mandataire,  Foster + Partners architectes,  Tangram urbanistes et Yann Kersalé lumière matière

. Consulter le projet de Michel Desvigne et de Norman Foster sur http://www.lemoniteur.fr/155-projets/article/actualite/772928-michel-desvigne-presente-le-nouveau-vieux-port-de-marseille

Marseille, Ombrière, départ du bateau, P1300370

. Apprécier le projet sur http://www.marseille-provence.com/assets/plugins/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/filemanager/files/Presse_2012-03-07_dp_mipim-2012_marseille_mpm.pdf

. Voir des photos et des dessins du « Projet de semi-piétonisation  du Vieux-Port-Concertation » et l’aménagement du plan d’eau sur http://www.vieuxportdemarseille.fr/images/amenagement_plan_d_eau.pdf

. Voir aussi le dossier de concertation sur http://www.marseille-provence.com/assets/plugins/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/filemanager/files/Presse_2011-05-06_dossier-concertation-vieux-port_marseille_mpm.pdf

 

. Suivre le montage en photos de l’Ombrière grâce à Julia Z., rédacteur en chef http://projets-architecte-urbanisme.fr/vieux-port-marseille-norman-foster-ombriere/

Marseille, Ombrière, Retour du bateau, P1300599

. Retrouver la ville en perspectives http://www.playlistsociety.fr/2013/09/marseille-capitale-europeenne-de-la-culture-2013/113651/

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Architecture-Urbaniste
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Dimanche 20 juillet 2014 7 20 /07 /Juil /2014 11:15

 

Les Chemins de l’Art sacré au temps du Duché normand vous permettent de découvrir pour la première fois dans le département de l’Eure (27) des églises romanes pendant trois dimanches après-midi du mois de juillet 2014 pour cette première édition. Le  premier dimanche, le 13 juillet, ce sont six églises de l’estuaire de la Seine qui ont ainsi pu être ouvertes au public et découvertes lors de visites guidées par des spécialistes du patrimoine, de l’architecture et de l’histoire de l’art.

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 002

Les églises romanes choisies pour ce dimanche du 20 juillet. après-midi Elles sont toutes situées dans la Vallée de la Risle, non seulement pour faciliter la découverte du fait de leur situation groupée dans une vallée aux paysages protégés mais aussi pour donner à voir une large palette des réalisations des bâtisseurs du Xe siècle ainsi que leur évolution dans le temps.

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 001

. Aclou, l’église Saint-Rémi

. Boisney, l’église Saint-Aubin

. Fontaine la Soret, l’église Saint-Martin

. Launay, l’église Notre-Dame et Saint-Lubin

. Neuville sur Authou, l’église Notre-Dame

. Saint-Léger de Rôtes, l’église Saint-Pierre de Rôtes

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 004

Ces six églises sont exceptionnellement ouvertes de 15h à 19h. A 15h, 16, 17h et 18H sont organisées des visites commentées par des bénévoles connaisseurs du patrimoine de l’Eure. Il est aussi possible d’entrer et de les découvrir par soi-même, si on dispose de moins de temps par exemple, tout comme il est possible de n’en visiter que quelques-unes, celles que l’on ne connait pas, peu,  ou au contraire bien pour les retrouver avec émotion.

Pour suivre le chemin

. A retrouver sur http://www.eure.gouv.fr/Actualites/Les-chemins-de-l-Art-Sacre-au-temps-du-Duche-Normand

. Voir la plaquette du Ministère de la Culture et de la Communication, faite par  le SDAP (Service départemental de l’architecture et du patrimoine) de l’Eure, qui vous sera remise lors de votre venue dans chaque église,  sdap.eure@culture.gouv.fr

. Ces visites sont organisées sous « la direction scientifique de l’Architecte des Bâtiments de France et sous la direction liturgique de la Commission diocésaine d’ Art sacré » avec l’Association des Amis des Monuments et des Sites de l’Eure (AMSE), la Fondation du Patrimoine et la Sauvegarde de l’Art français, soutenues par la Direction régionales des Affaires culturelles (DRAC).

. Le circuit du 27 juillet prochain permettra de visiter six églises de la Vallée de la Seine , celles de Bouafles, Cuverville, Dangu, Guitry, Hennezis, La Roquette.

. Le dimanche passé du 13 juillet 2014 a permis de découvrir, avec un grand plaisir à une large palette de connaisseurs et ou de découvreurs, l’estuaire de la Seine et plus particulièrement les églises d’Aizier, de Brestot, Bouquetôt, Fiquefleur, Quilleboeuf-sur-Seine et la Trinité de Thouberville.

. Photos Elisabeth Poulain à partir de la plaquette.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Interculturel
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Dimanche 13 juillet 2014 7 13 /07 /Juil /2014 09:50

Gladys est son prénom, un prénom d’origine celte portée par des femmes à la forte personnalité. Certains sites disent même qu’elles sont des « chefs ». « Notre » Gladys, celle de Mesnil-sous-Vienne, récuserait à coup sûr ce terme qui lui semblerait inapproprié. Ce qu’elle aime par contre, c’est d’être celle de sa propre vie, en compagnie des autres, sans distinction et avec beaucoup de joie naturelle.    

Mesnil-sous-Vienne dans le Vexin normand (Eure). C’ est le nom de son village, celui d’où est originaire sa famille et où elle est revenue vivre, une fois sa retraite venue. Cette petite commune lui parle au cœur, elle y est chez elle. Elle a certainement été parmi les premières personnes à voir la petite affichette collée sur la porte de l’église annonçant une grande après-midi de gros nettoyage de l’église, avec l’aide des volontaires bienvenus. Elle en particulier.

Mesnil sous Vienne 250, Arrivée à l'église

L’église de Mesnil-sous-Vienne. D’époque romane, elle est idéalement située au bas de la colline boisée qui caractérise le paysage de cette vallée classée où serpente le ruisseau de la Lévrière. Vue d’en bas, elle est placée au fond du cimetière à gauche, en de ça de la position dominante de la mairie, une grande et belle demeure du XIXe. A droite de l’église et de la mairie se trouve  le manoir du Domaine de la Muette, avec son pigeonnier, ses anciennes écuries et ses dépendances.

L’appel aux bonnes volontés pour l’atelier du 17 juillet 2014 pour nettoyer l’église de l’intérieur et à l’extérieur. Il a été lancé sur place par Anne Belhoste-Dugas, membre du Conseil municipal et architecte. Le projet de nettoyage et en particulier du piochage pour enlever les joints au ciment s’est déroulé dans le cadre des Ateliers du Patrimoine de l’Eure dirigés chaque mois par France Poulain, ABF* de l’Eure. Ces ateliers ont pour objet de fédérer les bonnes volontés et diffuser les bonnes pratiques de protection et de valorisation du patrimoine du département. *(Architecte des bâtiments de France)

Mesnil sous Vienne 296, Eglise, Gladys au travail

Gladys est arrivée à l’heure dite  avec tout ce qu’il faut pour nettoyer. Son grand sac contenant des gants, des masques, des outils tels que grattoir, pelle à poussière,  balai…de l’eau pour se rafraîchir. Sans attendre, elle s’est attaquée à un des coins  les plus humides et les plus sombres près du bénitier. Elle a travaillé sans relâche et de façon vraiment efficace, sans papoter et sans chercher à la faire. Elle était là « pour travailler avec les autres » et c’est donc ce qu’elle a fait, en s’intégrant avec une grande facilité dans le mouvement.

Il y avait ceux qui nettoyaient la pierre au sol, ceux qui curaient les joints des pierres des murs quand ils étaient en ciment,  ceux qui enlevaient  préalablement le vieux bois pourri qui maintenait l’humidité des murs, ceux qui balayaient, ceux qui mettaient en tas et ceux qui portaient les  gravats dehors… Dehors, il y avait aussi du monde d’âge et de formation très variés à  nettoyer les joints, à brosser pour enlever les mousses, à rassembler les débris en tas…. Avec un écart d’âge plus grand que le fameux  7 à 77 ans des lecteurs de Tintin. Le plus jeune avait certainement moins de 7 ans et la plus âgée plus de 77 ans. 

P1310393    

Une fois, le gros du travail fini, tous se sont retrouvés à l’extérieur, Gladys aussi, pour boire un jus d’orange ou un verre d’eau… manger un petit gâteau,  pour se féliciter du travail accompli, sans forcer, naturellement  et pourtant avec efficacité.  Gladys aussi. Et puis elle a rejoint sa petite voiture rouge, la couleur de l’énergie. Elle rentrait chez elle. Et c’est là, en dehors de l’église et du cimetière que nous avons pu échanger quelques mots sur elle, son énergie, son plaisir d’être avec les autres  après avoir passé 33 ans d’une vie tonique dans le commerce. On voit qu’elle a l’habitude de voir du monde.  C'est là aussi où elle m’a confié son besoin de continuer à être active, proche des gens et avec ses chats, deux catégories  qu’elle aime tout autant. 

Il y a ses chats, les 3 qui lui sont restés maintenant, après avoir géré une véritable colonie de 36 félins, pour laquelle elle dépensait une bonne partie de sa retraite. Comme elle me le dit : « heureusement que je me suis adressée à une association qui m’a beaucoup aidé à réguler les naissances, en douceur, sans violence. Au départ, j’avais trois chats, maintenant j’ai à nouveau trois chats et c’est très bien comme ça. »  Elle allait les rejoindre, sachant qu’elle continue à être guide l’été dans un musée, celui de la poupée ancienne au Château proche de Fleury la Forêt…A 79 ans, qui dit mieux ?      

 Pour suivre le chemin

. Voir le précédent article  http://www.elisabethpoulain.com/article-l-eglise-de-mesnil-sous-vienne-l-atelier-du-patrimoine-de-l-eure-124056283.html 

. Gladys, un prénom à retrouver sur  http://www.journaldesfemmes.com/prenoms/prenom/4104/gladys/

. Sur le village et son église, voir plus   http://mesnilsousvienne.fr/index.php/actualites/2-bulletin-municipal-2 . Vous y retrouverez les coordonnées du musée de la poupée du Château de Fleury la Forêt dans la rubrique « Aux alentours » de Mesnil sous Vienne.

Mesnil sous Vienne 325, Eglise vue du bas

. Sur « Maisons paysannes », co-coorganisateur de l’Atelier,   http://haute-normandie.maisons-paysannes.org/dpt/eure/prochains-stages-et-activites/  Anne Belhoste, architecte au Mesnil-sous-Vuenne, en est la présidente pour l’Eure.

. Sur "les Ateliers du patrimoine de l’Eure" qui se tiennent une fois par mois sous l’égide de France Poulain, ABF de l’Eure et Chef du Service territorial et du patrimoine de L’Eure, voir http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France/Les-Ateliers-du-patrimoine-de-l-Eure

. Vous documenter également grâce aux "Essentiels, Le Dire de l’Architecte des Bâtiments de France, Connaissance, Conseils et Information", sur  http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France

. Photos Elisabeth Poulain, à retrouver dans l'album "Eure-Patrimoine3." 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Lundi 7 juillet 2014 1 07 /07 /Juil /2014 16:27

C’est une bouteille spéciale qui a dû attendre plusieurs années qu’on veuille bien à nouveau s’occuper d’elle, avec tout le respect que l’on doit à ce flacon apporté  d’Allemagne par un étudiant allemand. Elle vient d’Affenthal et était utilisée pour servir du vin.

D’abord quelques mots pour vous la décrire. Elle est faite d’un verre blanc transparent lourd. Elle n’est pas ancienne car elle porte des marques de calage sur son bord inférieur juste au-dessus de son fond, cette encoche qui permet aux machines de repérer le milieu de ce qui est le devant. Une nécessité pour coller l’étiquette au milieu ; là, il s’agit de positionner le visage du singe tourné vers nous.

Bouteille de vin2, Détail devant, Allemagne, Affentahl

Le singe justement. Il a une bonne tête souriante, avec comme souvent des yeux un peu tristes. Ses longs bras qui enserrent la bouteille sont plus longs que son corps ; quant à ses jambes, elles le sont encore plus. Ses quatre mains sont plus longues que sa tête n’est haute. Avec tout ça, ce brave singe arrive facilement à serrer fort le corps de la bouteille dans ses bras et pattes au plus près de son cœur.

Un mot sur son pelage cuivré-or. Il est dense, avec au creux des vagues de sa fourrure des traces de peinture étonnantes quand on regarde le singe par derrière en transparence, à travers les quatre mains.

Bouteille de vin3, Détail arrière, Allemagne, Affentahl

Les seules autres caractéristiques figurant en relief sur le fond de la bouteille : 0,75l puis 77, plus loin 5 et un H dans un cercle, qui attestent que la bouteille date de la fin du siècle précédent ou du début de celui-ci, le nôtre.  

Précision. Il existe bien en Allemagne, partie Ouest, un Affenthal, situé au-dessus d’Ingolstadt,  pour lequel il est très facile de découvrir la météo! Je doute qu’il y ait encore un vignoble, car cela serait dit et on verrait des photos.  Par ailleurs, il existe bien un lien entre  « Affenthal dans la région de Bade et ses vins généreux et plein de feux… ». Mais cette mention  n’est attestée que dans un ouvrage de 1833, un « Précis de Géographie universelle », dans le volume 5, de Conrad Malte-Brun !

Bouteille de vin1, Allemagne, Affentahl

La seule certitude est qu’il y a bien un singe qui grimpe à la bouteille, mais il n’est pas sûr que celle-ci vienne bien d’Affenthal ni qu’elle ait contenu du vin à l’origine. Il est certain par contre que la bouteille est récente du fait des encoches de calage qu’elle porte juste du culot. Et pourquoi un singe, si ce n'est le lien avec Affenthal, la vallée des singes?           

Pour suivre le chemin

. Retrouvez la page citée du Précis de Géographie universelle sur   http://books.google.fr/books?id=iUTO8fFHtMAC&pg=PA474&lpg=PA474&dq=Affenthal+et+ses+vins&source=bl&ots=grAIxEVjsn&sig=QILxVs2gfdQekk0B75p_ewlXgn0&hl=fr&sa=X&ei=_RO5U5zDPIGV0QXP7IGYCw&ved=0CDkQ6AEwBg#v=onepage&q=Affenthal%20et%20ses%20vins&f=false  

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Interculturel
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Vendredi 4 juillet 2014 5 04 /07 /Juil /2014 16:38

Le titre à préciser. Grâce à ce seul numéro de l’Illustration d’il y a 104 ans, il s’agit dans ce billet de vous montrer trois différentes fonctions attribuées et/ou demandées à la gente canine, peu présente d’une façon générale dans les médias ou l’art. C’est un des paradoxes vécus par les (maîtres des) chiens en France: on en parle peu, peu au regard de leur importance dans la vie sociale. On trouve relativement peu de publicité utilisant le chien comme support de communication, peu par rapport à la place qu’il tient dans le monde anglo-saxon ou par rapport au chat par exemple en France beaucoup plus présent aussi en peinture et cela depuis le XIXe siècle.

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Le grand évènement de ce samedi 16 juillet 1910 a été la venue à Paris du Roi et de la Reine des Belges. L’Illustration fait référence aussi à la grande semaine de l’aviation de Champagne, aux Jeux du 14 juillet dans les casernements de Chine… « De simples notes d’un touriste en Indo-Chine »  et différentes nouvelles de moindre importance permirent aussi de remplir le journal en cette mi-juillet toute tournée vers les vacances. La double page centrale est par exemple occupée par une photo très grand format de Pierre Boussot qui s’ouvre sur « Jeux d’été dans le midi : une arrivée de taureaux à Beaucaire ». C’était visiblement, du moins cela apparaît comme tel maintenant, le moment de dynamiser ce petit creux estival. Les chiens surent combler ce manque, avec trois articles qui leur sont consacrés, une véritable rareté  dans ce vénérable magazine.

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.1 « Les chiens sanitaires aux manœuvre de santé ». Ce sont eux  qui sont cités en premier, la page 39 leur étant consacrée avec quatre clichés d’excellente qualité. Ces chiens  jouèrent, on l’ignore souvent, un grand rôle quatre ans plus tard dans le grand conflit de 1914-1918. Trois photos sur les quatre qui remplissent bien la page les montrent à l’exercice.  On y voit des chiens dressés pour retrouver en cas de guerre les blessés ou les morts grâce à leur flair. Deux techniques de dressage sont utilisées, la française où le chien n’aboie pas et rapporte le képi et l’allemande où le chien reste auprès du blessé et aboie pour signaler sa localisation.

L’expérience était en cours depuis 1907 en France après observation de la technique allemande. Trois ans après le début de l’expérimentation, les résultats étaient suffisamment probants pour convaincre les officiers français en charge de la décision à prendre de venir assister à une simulation.    

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.2 «  Les chiens de Constantinople condamnés à la relégation par les Jeunes Turcs. ». Cette page 45 est entièrement  dédiée à cette photo incroyable signée « Weinberg », avec en sous-titre quatre  lignes de commentaires pour expliquer ce qu’on a sous les yeux. «  Les chiens légendaires de Constantinople, qui étaient des bêtes peu gênantes et affectueuses, viennent d’être déportés ». Le texte explique que le lieu choisi est une petite île de la Marmara, celle d’Oxias ou Oxia, surveillé par des gardiens qui doivent leur donner si peu d’eau à boire dans des bidons de pétrole qu’il leur faut « les écarter à coup de bâton ». Des amis des chiens viennent le dimanche pour les voir et peut-être leur apporter un peu de nourriture. Le texte ne le dit pas.

Par contre il insiste sur la gentillesse de ces bêtes dénutries, qui ne disposent que « d‘une chétive pitance », « ces pauvres êtres »  assaillis et piquées par des insectes et qui n’ont d’autre solution pour se protéger de la chaleur que de se plonger dans l’eau de la mer. L’auteur du texte termine par ces mots « Et ce doit être pour les malheureux un joli enfer, - quand il n’y a pas de visiteurs !  ». Le pouvoir de cette photo est si impressionnant, qu’on parle encore vraiment encore de cette mesure de relégation pour des chiens qualifiés de gentils que tous connaissaient à Constantinople. J’ai trouvé plusieurs articles parlant de  cette mesure de police encore perçue comme atroce aujourd’hui, alors qu’elle eut lieu  quatre ans avant la Grande  Guerre qui fit des millions de morts et qui frappe les esprits encore aujourd’hui. Une horreur n’efface jamais une autre.   

  DSC00744

3. « Prince, le Loulou de Mme Edmond Rostand ». C’est une histoire étonnante que raconte le journaliste, celle d’un caprice de la femme d’un homme célèbre, qui voulait un chien artiste, sachant sauter dans un cerceau par exemple, comme les chiens de cirque. Elle confia cette mission importante à un savant spécialisé en zoologie qui s’empressa de réunir un comité de scientifiques pour trouver le sujet canin ad hoc. Ce fut un loulou de Poméranie qui fut choisi tant ses qualités, son intelligence et sa sensibilité étaient exceptionnelles. Une mouche en train de voler le réveillait, il sentait le poids d’une aiguille de 0,002 grammes posée sur son flanc quand il dormait et n’aimait pas du tout, mais alors pas du tout la cuisine mal assaisonnée. Il le faisait savoir au cuisinier fautif en boudant!

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Devant tant de qualités présentes, le scientifique M. Hachet-Souplet (son prénom ?)  décida lui-même de dresser le toutou. Loulou est devenu chien sachantréussir un grand nombre de figures imposées, telles que « saut de cerceaux et de barrières, serpentine autour des pieds en marche, marche debout en arrière, valse debout, ascension d’échelles parallèles … valse sur la boule… » J’arrête là tant Prince était un chien exceptionnel, comme son nom en témoignait. Madame fut très contente de ce choix et son petit chien aussi, qui adorait ses caresses. L’étonnant dans cet article est la rigueur de la démarche suivie par MHS pour la sélection et ensuite pour le dressage, le sérieux avec lequel le journaliste raconte l’histoire et, last but not least, l’absence totale d’information concernant l’épouse de M. Edmond Rostand (1 fois dans le titre)  dont le nom n’est cité, ni à fortiori son prénom. Dans le texte, on l’appelle par deux fois Mme Rostand ! Comblons cette désagréable omission, d'autant plus choquante qu'on connaît le nom du chien Gaillac et de la chienne Nelly, les chiens sanitaires n° 2 et 3.

Cette dame s’appelait  Rosemonde Gérard. Son nom était connu pour elle-même et pas seulement parce qu’elle était la femme de …

Mme Edmond Rostand, née Rosemonde Gérard Eugène-Pascau 1

Résumé : en un exemplaire, l’Illustration nous a parlé des chiens secouristes, qui sauvent des blessés et ou signalent les morts, des chiens envoyés en relégation de masse sur un îlot rocheux pour les exterminer par la faim et la maladie et d’un chien d’une si grande proximité avec la personne humaine qu’il était capable de reproduire avec une grande finesse ce qu’on lui avait appris tout en étant extrêmement attaché  à sa maîtresse. Et cela, il y a plus de 100 ans.   

Pour suivre le chemin qui mène aux chiens

. L’Illustration 16 juillet 1910, n° 3516, 68 année, pages  39, 45,46

*On cite toujours cet exemple de l’île d’Oxias ou d’Oxia, sans donner de chiffres. Les 80 000 chiens cités sur le Net  semblent être une estimation de toute la colonie canine d'Istanbul. L’ile de Sivri proche d'Oxia fut également utilisée à l’usage d’un mouroir à ciel ouvert. On estime à 30 000 chiens morts sur cet îlot rocheux, selon Catherine Pinget « Les Chiens d’Istanbul ». L’opération fut stoppée sur cette dernière île du fait de la survenance peu après d’un tremblement de terre, qui fut analysé par la population comme une expression du mécontentement des Dieux face à cette relégation.      

. Les chiens sanitaires, appelés aussi des chiens ambulanciers, à voir sur http://www.lesmuseauxblancs.com/pages/chiens-de-guerre/du-19e-siecle-a-nos-jours/premiere-guerre-mondiale-1914-1918.html

. Pour les chiens de guerre, découvrir « Flambeau », un admirable compagnon des soldats au front, avec des photos étonnantes  sur  http://www.pages14-18.com/B_PAGES_HISTOIRE/chiens_de_guerre/chiens-P3.htm

. Plus d’information sur l’Ile d’Oxia(s) qui a toujours eu une fonction d’isolement dans des monastères par exemple, pour la relégation de  prisonniers et pour les x milliers de chiens  relégués  sur l’île pour y mourir, sans témoins, hors les promeneurs qui venaient les voir le dimanche ou ce photographe de l’Illustration. Sur  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_1146-9447_1924_num_23_136_4477 dans l’extrait concernant « Les Iles des Princes. ».

. Découvrir Rosemonde Gérard, poétesse, descendante d’une grande famille, née le 5 avril 1871 et décédée le 8 juillet à Paris. Elle fut nommée Chevalier de la Légion d’Honneur en 1931, à voir sur   http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosemonde_G%C3%A9rar      

. Photos Elisabeth Poulain/L’Illustration et Wikipedia pour Rosemonde Gérard, la jolie dame au chien qui ne figure pas sur le tableau. Dommage!         

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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