En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Les Habits du Vin

Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 11:32

Il y a toujours un tuyau pour chaque usage. Ne me demandez pas quelle est la couleur de chacun d’entre eux. Ce type de connaissance relève de la compétence de vrais spécialistes du transport du gaz, de l’électricité, des connexions informatiques et que sais-je encore…

Bruxelles, voirie, bobine tuyau souple jaune

Il doit bien y avoir des normes européennes.  Avec, je gage, en plus certainement ou presque des spécificités par pays. Je sais bien qu’il existe des codes couleurs en électricité mais il n’y a pas que ça dans le sous-sol. C’est en tout cas ce que j’ai appris en regardant des chantiers de travaux de voirie à Bruxelles.    

Bruxelles, voirie, bobine tuyau souple orange 

Les couleurs  des tuyaux. J’en au moins huit différentes sous les yeux, à classer en deux catégories, les uniformes et les bicolores. Ce sont ceux qui portent en plus deux lignes fines d’une couleur plus claire, une au-dessous et une au-dessus. Peut-être est-ce une façon de signaler à l’opérateur de ne pas tordre le tuyau !? Dans tous les cas, il y a une raison technique. Il ne s’agit pas ici de vouloir faire joli.

Bruxelles, voirie, bobune tutau souple bleu

. Le tuyau à couleur simple. J’entends par là, celui qui porte une couleur uniforme, sans ligne de couleur différenciée...) Il est orange fort et après avoir sorti ma loupe, je peux attester qu’il ne porte pas d’autre impression de couleur au moins dans la partie photographiée.

Bruxelles, voirie, bobine, tuyau souple rouge

. Les tuyaux à nom de marque imprimé sur une seule ligne…) Le tuyau vert avec un nom de marque imprimé. Ils sont deux à avoir cette  caractéristique, l’un est jaune orangé avec un nom de marque blanc et l’autre vert mousse avec une impression noire.

Bruxelles, voirie, bobine, tuyau souple griis

. Les tuyaux à plusieurs lignes d’autre couleurs. J’en vois au moins deux, ce qui signifie qu’il en existe peut-être deux autres de l’autre côté qui n’est pas visible, même à une vue perçante. On peut voir un vert franc avec des lignes blanches, un bleu moyen avec des lignes jaunes bien visibles, puis un gris beige avec des lignes de couleur orange. Arrive enfin en véritable star, un tuyau rouge avec des lignes grises.

Bruxelles, voirie, bobine tuyau souple vert jaune

Il me reste de vous parler de tubes orangés d’un plus gros diamètre qui doivent pouvoir s’emboîter les uns dans les autres. Ils sont posés à terre dans des racks. On peut supposer que les différents câbles  dont je vous ai parlés rentrent dedans…

Bruxelles, voirie, bobine tuyeau souple vert

Et voici la récolte chromatique d'une après-midi à se promener dans le centre touristique de Bruxelles à chercher des bobines de tuyaux des yeux ou ces gros tuyaux orangés dans lesquels les plus petits tuyaux sont insérés, sans forcer, tout en admirant ce qu'il y avait à admirer. Tout ça pour dire que je n'ai pas cherché à faire un parcours spécial "bobines".

Bruxelles, gros tuyaux, voirie

Pour suivre le chemin

. Ce billet fait suite à « Bruxelles, Les couleurs de la ville, les panneaux de chantier »

Bruxelles, bocaux à bonbons, vitrine

. Photos Elisabeth Poulain prises, pour moi, en pleine période « Couleurs » à Bruxelles, qui est une ville délicieuse aussi de ce côté-là. Le même jour par exemple, j’ai photographié des bocaux de bonbons vides en verre dans une devanture. La raison ? Ils étaient faits d’anneaux accolés, avec « un rendu-tuyau amusant ».

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 12:09

 

A Bruxelles, les travaux de surface ont une couleur ou plutôt deux. C’est grâce à ce binôme visuel que les passants, les automobilistes et les deux-cycles repèrent les chantiers en cours sur l’espace public.

Bruxelles-Panneau-Travaux-Surface-3     

Le jaune et le bleu. Ce sont les couleurs des panneaux qui cachent les tranchées ouvertes sur le bitume. Il s’agit de couleurs identifiées comme telles, en alternant les deux couleurs de façon à attirer l’attention des usagers. Le premier cliché a été pris devant le Palais royal.

Bruxelles, Quartier du Canal, travaux & panneaux   

Les raisons d’être des chantiers sont nombreuses. Il s’agit de rénover un réseau de canalisations, d’enfouir des nouveaux câbles, de refaire tout ou partie de la chaussée et ou des trottoirs, de poser des rails pour le tramway…

 Bruxelles-Ring-Av-Louise-Travaux-Dimanche-1 

Les chantiers –et surtout ceux qui sont importants de par leur localisation stratégique, leurs dimensions ou leur durée – peuvent avoir lieu le dimanche y compris. Ils attirent un public d’habitués qui prend plaisir à voir les travaux et à constater leur avancée.

  Bruxelles, Quartier du Canal, travaux & panneaux 

On vient voir les hommes et leurs machines comme certains dans le midi de la France vont  voir les joueurs de boules. Ici, à Bruxelles, tous portent leur veste jaune de travail. Certains en plus poussent le raffinement jusqu’à avoir un jean bleu pour l’harmonie ! Il y en a m^me un pour avoir un pantalon jaune avec un t'shirt bleu ciel.

Bruxelles-Drapeaux-Vent -1

C’est aussi le bleu ciel cette fois-ci qui est choisi pour évoquer le vent qui fait vibrer les drapeaux verticaux fixés à des panneaux jaunes soleil, pour animer avec beaucoup de succès une place auparavant un peu triste, un peu plus loin dans le centre de Bruxelles.   

 Bruxelles, Centre, Drapeaux bleus au vent   

La ville est sans cesse en mouvement. Elle est vivante. Réaliser ces travaux est une des façons de la garder attirante et la plus douce possible à vivre…

Pour suivre le chemin

. Aller à Bruxelles découvrir les couleurs de la ville. Vour pourrez aussi particulièrement apprécier d'avoir des draps bleu et jaune, pour le fun. Cette fois-ci, il ne s'agit plus de travail, mais de repos.

Bruxelles-Draps jaune & bleu

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 17:07

 C’est assurément le fleuve le plus puissant de France. Il s’agit du Grand Rhône qu’on admire en pleines eaux, alors qu’on est en été. Il faut dire que cet été 2014 a été franchement pluvieux. La largeur du fleuve à l’endroit choisi pour le passage du bac est de 450 mètres.  

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Sentier-Rive droite aval--P1300133

L’approche du bac venant de Salin-de-Giraud par la D 30. Le site n’a rien de particulièrement remarquable en soi. Il a dû être choisi pour ses facilités d’approche venant de la petite ville, afin de permettre l’acheminement du sel extrait un peu en amont sur cette rive gauche. En face sur la rive gauche, il n’y avait quasiment rien.

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Montée-P1300134

C’est un bac qui a permis de relier les deux rives, d’abord assuré grâce à un système de rails et maintenant grâce à un moteur. Un navire spécialisé assure la traversée et la liaison entre les deux villes de Salins de Giraud en rive gauche toute proche (2000 habitants) et Port Saint-Louis plus loin en aval en rive droite. Ce grand site portuaire dépendant du port de Marseille compte plus de 8600 habitants.

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Ordre-à-bord--P1300150

Malgré des demandes répétées depuis le début des années 1930, aucune autorité compétente ne s’est prononcée positivement sur la construction d’un pont, qui aurait grandement facilité  les liaisons avec l’Est du département des Bouches du Rhône. L’environnement très fragile, mi-eau mi-terre, présente en effet un niveau de contraintes particulièrement  important.

 Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Départ-P1300140

Les photos. C’était en fin de journée. Il avait fait beau et pas trop chaud. L’air était léger. Le ciel chargé de nuages d’un bleu soutenu, tellement fort qu’il dominait le paysage. Il arrivait à ê tre plus fort que l’énorme masse d’eau qui coulait sous le bateau.

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Rive-droite-P1300142

Quant aux rives, il n’y avait que peu de choses à voir  sur les berges elles-mêmes ou juste au-dessus. La rive droite, d’où nous sommes arrivés, se cache derrière des arbres.

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Rive-gauche-amont-P1300149

Quelques grues  rive gauche en amont du bac témoignent de travaux de construction en cours. En rive aval, on distingue quelques arbres près de maisons, ce qui veut dire qu’il y a de la terre. Rive droite, le couvert végétal se poursuit vers l’aval.

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Passerelle-P1300156

 A bord, le bac n’était pas complètement rempli par les voitures. Ceux qui étaient là étaient des connaisseurs, des utilisateurs réguliers pour la plupart, avec quelques touristes. La différence entre les deux catégories tenait à ce que les habitués restent dans leur voiture alors que les touristes sortent "pour voir".

 Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Design-Couleurs-P1300151

Personne à part nous ne regardait l’eau, ni le ciel absolument fabuleux.  

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Bord-P1300154

Restait à décortiquer les lignes et les couleurs du bac lui-même. C’est là qu’est arrivée la belle surprise, avec des lignes verticales qui tranchaient sur les horizontales, en jouant du blanc vif du navire pour toutes les superstructures, le sol gris ligné de blanc pour guider le stationnement des véhicules, avec des bandes vertes d’exclusion-voiture réservées aux piétons.

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Design-Couleurs-Ciel-P1300152

Dans l’enclos technique, signalé par un poteauqui porte des numéros accolés verticalement deux par deux (01, 28, 67, 8), le sol jaune indique que l’endroit technique n’est pas accessible aux  utilisateurs du bac.  

 Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Passage-P1300145

C’est le bleu marine qui permet de dynamiser les verticales, après avoir découvert le bleu moyen très doux des poutrelles qui permettent aux voitures d’accéder au bac en montant ou descendant selon le sens d’où l’on vient et ou la rive où l’on va.  

Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Poste-P1300157

La tourelle blanche de pilotage attire bien sûr le regard sur son escalier bleu marine.

 Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Arrivée-Rive-gauche-P1300160     

A peine parti, le bac arrive déjà à sa destination en rive gauche, une grande zone de rizières que l’on aperçoit sur sa droite de la départementale D268. Avant de rejoindre très vite, guère plus loin par la N 568, l’univers de grandes zones industrielles et  commerciales en arrière de la zone portuaire de Fos-sur-Mer.

  Grand-Rhône-Bac-Barcarin-Montée-P1300161        

Quelques chiffres pour finir. Il existe deux bacs, Bac 4 (200 personnes et 32 véhicules maximum) et Bac 3 (140 personnes et 21 véhicules maximum). Ils fonctionnent 365 jours par an, avec une amplitude quotidienne de 22h pour Bac 4 (4h 20 du matin jusqu’à 22h) et de 6h30 pour Bac 3 qui renforce la capacité de traverser en matinée et l’après-midi. La traversée se fait toutes les 10, 20 ou 30 minutes. Elle est gratuite pour les voitures des Saliniers et Saint-Louisiens et coûte 4,50 E pour le véhicule des autres.

Grand-Rhône-Bac-Barbarin-Rive-gauche-Rizière-P1300167

Ce que je retiens est le choc des univers   entre le sel, le riz, les quelques maisons et les entrepôts, l’eau et la terre, les couleurs, les lignes, dans un temps très court dans un espace restraint et à très fortes contraintes naturelles, en quittant le monde du marais pour ensuite passer près de rizières en rive gauche en se dirigeant vers Fos...

Pour suivre le chemin

. Retrouver toute l’information relative au bac de Barcarin sur  http://www.smtdr.fr/

. Voir de belles photos des bacs 4 et 3 dans le « Plan d’Intervention et de secours » du Syndicat mixte des Traversées du Delta du Rhône (smtdr) sur http://www.smtdr.fr/PIS%20Barcarin%20reduit.pdf  

. Salin de Giraud sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Salin-de-Giraud

. Port Saint Louis.fr sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Port-Saint-Louis-du-Rh%C3%B4ne  

. Photos Elisabeth Poulain à voir dans l'album "Fleuves et rivières"

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Paysages
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Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 15:50

  

Et pour un envoi postal. C’est ce qu’on peut constater en recevant un colis envoyé par la poste à la suite d’une commande. Comme vous pouvez le voir, l’expéditeur ne s’est pas contenté d’utiliser ses vieux timbres. Il a aussi pris la peine de sélectionner des timbres qui tous ont quelque chose à dire.

Une précision d’abord sur la monnaie et le pays. Il n’est marqué qu’une seule fois qu’il s’agit de francs français (F), mais l’indication « France » n’est jamais loin. On peut voir aussi l’indication « République française » pour 3 timbres qui semblent plus anciens du fait de leur graphisme. Ce sont le « IXe Centenaire de la Bataille de Hastings », « 1916, le 50è anniversaire de la Bataille de Verdun, 1966 »  et le « Château de Valençay ».

Timbres français-FRF-commémorations-symboles

Les timbres par montant, en commençant par les plus élevés.

. 1 timbre à 1,20 + 0,30 pour Louis Armand, un timbre qui a dû être fait après son décès en 1971 pour honorer sa mémoire.   

. 2 timbres à 1,20, qui sont l’Exposition mondiale de la Machine-Outil Paris 1975 et le « Sénat de la République 1875-1975 » pour fêter son centenaire. 

. Une série de  4 timbres à 1,10, le « Château d’Esquelbecq » avec un dessin au graphisme daté, « La Broderie »  avec une très jolie représentation d’une brodeuse signée par le peintre Louis Toffoli en 1980, la « Bataille de Nancy 1477-1977 » en commémoration du 500è anniversaire de cette bataille et la « cathédrale de Lodève ».

. 1 timbre à 0,60 pour le IXe centenaire de la Bataille d’Hastings.

. 1 timbre à 0,30 + 0,05 pour le 50e anniversaire de la Victoire de Verdun 1916-1966. Aujourd’hui, les auteurs de wikipedia parlent plus justement de « la Bataille de Verdun, du 21.02.1916 au 19.12.1916, qui a donc duré 9 mois, 3 semaines et 6 jours, dont l’issue a été une victoire française ». Le timbre s’inspire d’une médaille frappée en 1916, un jeton pour l’époque, avec une « Victoire », une jeune femme cheveux au vent et glaive à la main d’un côté et les deux tours de la Citadelle de Verdun de l’autre. La double innovation provient des soldats en marche dans le médaillon et du casque à terre avec les palmes, qui doit symboliser la mort de 163 000 soldats morts sur place et 215 000 blessés français, invalides le plus souvent, les blessés guérissables n’étant même plus comptabilisés.    

. Vient ensuite le seul timbre marqué avec un F pour Francs, qui est celui représentant le Château de Valençay de 25F. Il est daté de 1957, ce qui colle avec le passage au nouveau franc en 1959.  C’est la raison pour laquelle, on change d’échelle, entre la bataille d’Hastings à 0,30 + 0,05 et celui du Château de Valençay à 25 F ! Le timbre sera néanmoins utilisé tel quel ensuite pour l’affranchissement des lettres en France métropolitaine.

Timbres français-FRF-commémorations-symboles

Les 10 timbres et les choix des représentations dessinées.

. Il y a 1 hommage à un grand homme, Louis Armand, qui n’a pas été un politique. Gageons que son engagement dans la Résistance et sa grande carrière à la tête d’entreprises françaises à stature internationale sont des explications valables. 

. 1 femme anonyme, La Brodeuse, pour représenter la broderie, ce qui est déjà bien. Le plus souvent cet art textile est représenté par une broderie achevée. Le double choix de Louis Toffoli et de l’Administration des Postes ont valorisé la personne qui brode, ce qui est rarissime dans la broderie.

. Une représentation allégorique de la Victoire, représentée par un corps de femme ailée, qui semble guider des soldats au fusil à l’épaule en marche sur un fond de deux tours d’un château fort avec le drapeau français qui flotte au vent      

Les 10 timbres, la représentation dessinée et  le montant. Il n’y a pas de lien entre l’importance de l’évènement, comme la Bataille de de Hastings par exemple et le montant qui était de 60 centimes. Louis Armand, autre exemple, pèse deux fois plus lourd  sans qu’il soit possible d’en tirer des conclusions. La Brodeuse sinon pèserait presque autant que le Grand Homme, même à harmoniser les deux parités du franc.

Quant aux dessins, ils sont pour la plupart dictés par le thème, comme le dessin de la cathédrale pour celle de Lodève, un dessin de l’hémicycle pour le Sénat, le portrait de Louis Armand... La Brodeuse, on l’a vu, est originale de par son dessin. Restent deux catégories, les batailles et la représentation de l’exposition mondiale de la machine-outil.

. Les Batailles. Ce sont des grandes batailles qui ont fait la France, même si on l’a vu, celle de Verdun s’appelait sur le timbre « la Victoire de Verdun ». Leur composition est riche. La composition est dense, les thématiques sont nombreuses, avec des châteaux du Moyen-Age, des combattants en armure, des drapeaux, un fleuve, la mer ou le vent, la Liberté dans ses voiles…Toutes ces représentations qui à la fois relèvent de notre imaginaire construit dès la petite école  et contribuent à créer et recréer cet imaginaire.

. Quant à l’exposition de la Machine-Outil, le challenge pour le créateur du timbre était plus tourné vers la création du mythe. Il fallait montrer l’importance de l’évènement en célébrant la beauté de la force de la machine au service de l’homme, comme dans le film de Charlie Chaplin mais cette fois-ci en positif. Une version 1975 des Temps modernes, au service de l’Homme, avec le sigle LEMO (L’Exposition Mondiale de la Machine-Outil), centrée sur l’Afrique et l’Amérique latine. L’intéressant, quand vous regardez bien la gravure d’Albert Decaris, est que vous arrivez à découvrir un homme-outil en armure sur le côté gauche au milieu…

Timbres français-FRF-commémorations-symboles

Grâce à ces 10 timbres différents, 5 horizontaux et 5 verticaux, nous avons pu voyager dans les siècles, de 1477 (Hastings) jusqu’en 1980 (La Brodeuse), en temps de guerre, en tant de paix,  en France, en Angleterre… En réalité, notre histoire commence par les vestiges de la première catédrale de Lodève du Xè siècle, fondée par les Celtes à la fin du IVè siècle. Nous avons traversé les continents. Nous sommes devenus châtelains, soldats l’épée ou le fusil à la main, sénateurs de la République ou techniciens de la machine-outil. Femmes, nous avons brandi l’étendard de la Liberté en symbole de la Victoire, pendant que d’autres s’abîmaient les yeux à broder des tissus fins.   

Le timbre en lui-même est déjà un voyage. Celui-là est impressionnant…         

 

Pour suivre le chemin

. Louis  Armand est un ingénieur, haut fonctionnaire et résistant français, 1905-1971 qui a fortement marqué son époque  http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Armand_(ing%C3%A9nieur)

. Le château d’Esquelbecq (début du XVIIe) est situé juste à la frontière avec la Belgique, à voir grâce à de belles photos sur http://www.jepi-dunkerque.fr/article-le-chateau-d-esquelbecq-57400794.html  

. « La Broderie » de Louis Toffoli (1907-1999) est à retrouver en bon cliché sur http://www.wikitimbres.fr/timbres/1728/1980-la-broderie-toffoli  

. La Victoire de Verdun sur http://www.wikitimbres.fr/timbres/675/50e-anniversaire-de-la-victoire-de-verdun-1916-1966 et le jeton de 1916 sur http://www.cgb.fr/troisieme-republique-bataille-de-verdun,fjt_286824,a.html

La Bataille  de Verdun sur Wikipedia,  une terminologie qui me semble plus acceptable, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verdun_(1916) 

. Le Château de Valençay – Indre – dessiné par Robert Cami, à voir avec précision sur la fiche très claire d’Alex Bernardini sur http://www.alex-bernardini.fr/Ch%C3%A2teau-de-Valen%C3%A7ay-France-1957-1128.html

. L’exposition mondiale de la Machine-Outil, à voir de près avec    http://www.wikitimbres.fr/timbres/666/exposition-mondiale-de-la-machine-outil-paris-1975-1emo 

. La cathédrale de  Lodève que j'ai failli oublier, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Fulcran_de_Lod%C3%A8ve    http://www.wikitimbres.fr/timbres/611/1976-cathedrale-de-lodeve

. Photo Elisabeth Poulain  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Dimanche 10 août 2014 7 10 /08 /Août /2014 16:39

C’est une jolie histoire. Elle commence pour moi dans Wikipedia lorsque je cherchais à en savoir plus sur un sculpteur nommé Pablo Gargallo (1881-1934), un artiste espagnol originaire de l’Aragon, au très beau visage. Ii fut l’ami de Pablo Picasso d’abord à Barcelone puis ensuite à Paris où tous deux continuèrent à être proches.    

Le sculpteur. Il est surtout connu pour son travail du métal, en cherchant toujours à aller plus loin. Plus loin au sens du dépouillement, quand il n’y a plus rien à enlever d’une façon qui n’avait jusqu’alors jamais été tentée et réussie. Dans le monde de l’art, on pense à tort que tout a toujours été déjà fait. Comme Pablo-le peintre, Pablo-le sculpteur a su vraiment avancer en faisant autrement, tout en étant beaucoup moins connu. Au crédit du sculpteur, il y  a d’abord des réussites telles qu’elles ne peuvent plus être imitées. Ou des approches qui n’avaient pas été jusqu’alors tentées.

Pablo Gargallo, Le petit masque, 1911

« Le petit masque » de 1911. Il appartient à la première des deux catégories. « Tout est bon chez lui, il n’y a rien à jeter » en paraphrasant le refrain de la chanson de Brassens (« Tout est bon chez elle, il n’y a rien à jeter »). Sa forme triangulaire, pointue vers le bas, est adoucie par plusieurs courbes  pour le haut, des mèches de cheveux courts frisotés pour finir le haut qui forment autant de courbes enroulées sur elles-mêmes, au-dessus des ovales formés par les yeux et des sourcils qui se rejoignent au-dessus du nez.  

La structure elle-même est constituée par  trois lignes. Les deux horizontales d’abord. Elles sont formées par la ligne des yeux et puis par celle de la bouche très fine, réunies par les lignes verticales saillantes du nez qui vont s’évasant pour se terminer en triangle, au-dessus des lèvres. L’arcature des sourcils, qui se transforme en nez, est une forme parfaite qui annonce l'ouverture des narines.

Le désordre est apporté par la frise des cheveux qui arrondissent le haut du masque vers l’avant. Ces boucles, qui donnent le volume et le souffle de la vie, adoucissent la  maitrise de la forme. A ces boucles presque enfantines répond le petit bombé du menton tout en bas. L’entièreté du masque est tendue à cette exception qui permet de finir presque en douceur ce menton si pointu.

Les trois visions du petit masque. Il y a d’abord celle qui apparaît dans le cliché pris dans l’  atelier du sculpteur, au 45 rue Blomet à Paris 15è, derrière lui. Il y a ensuite le cliché qui apparait dans la revue et enfin celui qui a été choisi parmi  les trois œuvres  pour figurer sur la couverture du magazine. A chaque fois le rendu est différent, à cause des yeux en particulier.

. Sur l’établi derrière l’artiste, le petit masque est vraiment chez lui, dans son environnement, seul en majesté sur son tour. Il a une place très privilégiée; c’est l’œuvre finie qui est la plus proche de Pablo Gargallo assis lui en train de travailler. L’amusant est que les deux personnages, Pablo et le petit masque, présentent leur même profil, l’un regardant vers le bas et l’autre vers le haut.

 . Le cliché de l’intérieur de la revue. Il est pris presque de face, pas tout à fait de façon à décaler légèrement l’ombre du nez vers la droite pour ne pas cacher de trop la bouche. Ce qui frappe, ce sont clairement le blanc des yeux, plus blanc que n’est le fond légèrement gris-bleuté, ce qui signifie soit que la couleur a été  retravaillée, soit que le trou a été occulté avec du papier blanc pour ne pas troubler la prise de vue. La différence de teinte agace un peu le regard.  

. Le cliché de la couverture jaune. Le masque cette fois-ci apparaît sur un fond jaune, une couleur vraisemblablement choisie pour dynamiser la couverture. La prise de vue semble la même, seule l’ombre du côté droit parait plus forte. La tige qui tient le masque a été enlevée. Cette fois-ci, la couleur du fond est peu forte, un peu de trop car elle occulte l’aspect métal rouillé du cliché de l’intérieur. Ces yeux jaunes dérangent.

Restent à retrouver les yeux du petit masque dans l’atelier. Il me semblerait bien qu’il avait de 'vrais yeux', autant que ce fut possible, sans ces vides. D’où la force de ce masque. Une autre explication est également possible. L’artiste aurait pu faire plusieurs versions du masque ; celui que l’on voit dans l’atelier n’apparait pas si petit que cela. En l’absence de dimensions, il est difficile de se prononcer.             

  Pour suivre le chemin  

. Voir le portrait attachant et détaillé que trace wikipedia de cet artiste espagnol, avec des photos qui ont  dû être mises en ligne sur le site par des héritiers du sculpteur.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Pablo_Gargallo

. La revue (13.10.1965) paraissait « tous les mercredis ». Son nom « Chefs d’œuvre de l’Art », une co-production Hachette de Paris et Fratelli Fabri Editori de Milan, n° 135. Cette revue fait partie de ma collection "Emmaüs", ce qui veut dire que je l'ai achetée dans un centre Emmaüs - second hand store - à cause justement de ce   masque si expressif, qui figurait sur la couverture.

. Sur Brassens et sa chanson, voir  http://www.brassens-cahierdechanson.fr/OEUVRES/CHANSONS/jeter.html avec les paroles du refrain de « Rien à jeter » « Tout est bon chez elle,  y a rien jeter,  Sur l'île déserte, il faut tout emporter. »

. Photo de l’atelier de l’artiste sur wikipedia. Il est difficile de vous la montrer: elle est interdite de reproduction, une rareté sur wikipedia. Une suggestion aux héritiers, qu'ils mettent aussi, svp, un cliché du "Petit Masque" et pas seulement celui du "Masque à la mèche"pour que les gens puissent le voir sur fond blanc. D'avance, mille remerciements.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Images Aléatoires

  • Oissel, Seine, rive gauche, vue sur l'aval
  • Navire Normandie, Affiche Cassandre
  • 132-Claude-Branger--Muscadet-S-M-sur-lie--Les-Gras
  • Camping, plaque publicitaire, Hutchinson, Coll.France Poulain
  • Lille-Europe-Gare, Mur plein, Paroi extérieure
  • Abbaye-Bon-Port-Aile des Moines- 240
 
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