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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Style de Pub Orange > Le Champ de Blé, Le Déménagement en VW

28 Juillet 2015, 15:45pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le petit camping-car sur la route, au bord d'un champ de blé, Pub Orange, Cl1. Elisabeth Poulain

Le petit camping-car sur la route, au bord d'un champ de blé, Pub Orange, Cl1. Elisabeth Poulain

 Le visuel d’Orange. Datant de 2010, il n’a pas pris une ride. Comme pour le bon vin, les belles publicités non seulement ne vieillissent pas mais se bonifient avec le temps. Déjà réussies à leur parution, elles acquièrent encore plus de force avec ces quelques années passées. Bonnes, elles l’étaient, bonnes elles sont restées, en ayant gardé leur singularité perceptible.

C’est d’autant plus vrai que nous sommes en pleine période des moissons en Normandie dans le département de l’Eure, dans ces grandes parcelles sans limite autre des bois dans le fond à l’horizon, un bosquet ou un arbre de belles dimensions ici ou là. En voyant toutes ces machines œuvrer avant que la pluie annoncée pour les jours prochains arrive, j’ai repensé à ce visuel.

La pleine page d’Orange dans ce n° 1974 du Point. On y voit une camionnette qui ressemble à une Volkswagen de couleur jaune-o rangé acidulé dense, avec un canapé marron sur le toit filer sur une petite route de gauche vers la droite en traversant un champ de blé en épis, avec en arrière-plan une prairie avec des arbres et une colline haute avec une tour haute qu’on distingue à peine.

Cette scène de déménagement très bucolique joue avec réussite sur le véritable mythe du Combi Volswagen, un petit camping-car dévolu avec bonheur aux jeunes et à ceux qui le sont restés. Celui-ci est jaune et blanche pour le toit et une bande latérale basse qui chapeaute les roues. On en voyait encore beaucoup en France dans les années 89-90, en particulier dans les campings du littoral français en soirée. Le déménagement est visualisé par ce gros canapé bien harnaché sur la galerie de toit.

Le petit camping-car sur la route, au bord d'un champ de blé Pub Orange, Cl2. Elisabeth Poulain,

Le petit camping-car sur la route, au bord d'un champ de blé Pub Orange, Cl2. Elisabeth Poulain,

C’est le champ de blé en épis prêts à être fauchés qui est le véritable héros de ce visuel. C’est lui qui donne l’ancrage terrien, qui est plus qu’un décor. C’est un marqueur symbolique très fort, signe de prospérité, de bien être pour les gens et d’attachement. Le Combi signe la mobilité et vise la jeunesse en années et/ou en mentalité. La photo est une franche réussite. Les épis du devant ont la souplesse que donne la brise douce, ils ont une teinte jaune orangée mêlée d’une touche de vert très réussie. A voir les blés actuellement prêts à être fauchés, les couleurs du champ d’Orange ont été franchement tirées vers l’orange d’Orange, dont le carré Orange signe ce visuel en bas à droite.

La structure de la composition. Elle est superbe. La moitié supérieure est placée sous le signe du Combi pour un tiers environ et le champ de blé pour le reste. En seconde moitié figurent trois paragraphes en caractères de différentes tailles et le tout se termine par les mentions légales en petit, avec comme signature sur la ligne horizontale le carré orange dont la ligne médiane verticale traverse en projection haute tout le visuel sur toute la ligne…Orange en signe de conquête de l’espace terre et air…avec des personnes qui vont croiser sa route…car la voiture roule de gauche à droite !

Pour suivre le chemin

. Orange sur http://orange.com/sirius/histoire/fr/moments-forts/  Le sens de ce visuel s'explique par son titre "Le sens du service, c'est déménager votre internet Orange pendant que vous déménager tout le reste

. Voir les images des différentes versions des Combi en tapant sur VW Combi « Mes Images » ; celle qui ressemble le plus serait celle qui a été utilisée pour le film « Miss Sunshine » de 2006, mais avec des différences certaines.

. Des VW à retrouver sur http://www.becombi.com/les-demoiselles-aventurieres-8-000-km-en-combi-split/  

. Le Point, 15 juillet 2010 en page 35 du magazine.

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M comme Man > L’Homme vu par Boss > La Ligne selon Hugo Boss

22 Juillet 2015, 13:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub Homme, Hugo Boss, L'Express 26.11.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Homme, Hugo Boss, L'Express 26.11.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre d’abord. Il s’agit dans ce billet de mettre en lumière un très beau cliché d’homme fait par Hugo Boss, la Maison  Hugo Boss, en essayant de montrer la construction du visuel, pour en faire ressortir les lignes. Ces lignes font apparaître la structure de la photographie, aussi et autant composée que peut l’être un tableau de maître hollandais de la Grande Epoque classique, comme a pu l’être Samuel van Hoogarten, au milieu du XVIIe siècle aux Provinces-Unies des Pays-Bas.

Mais avant tout quelques mots sur la Maison Hugo Boss. Promis, je ne vous assommerai   pas avec de chiffres. Je ne vous en donnerai que 2 + 1 +. La Maison, créée en 1924 en Allemagne, a toujours son siège à Metzingen en Bade-Wutemberg, situé en rive droite du Rhin, face à l’Alsace en rive gauche. Elle vend actuellement 1 costume d’homme sur 6 dans le Monde. On va retrouver aussi ce chiffre 6 cette fois-ci présenté par 2, donc 66 assorti d’un %, pour viser la part de l’actionnaire principal de nationalité britannique.  Soit une double dimension européenne et mondiale.

Le + 1 + désigne la date du visuel  que je vous présente. Il s’agit d’une publicité parue dans l’Express en date du 20 au 26 novembre 2013. Pour ceux que la numérologie intéresse, il s’agit du 5ème visuel placé en tout début du n° 3255 du magazine, très orienté « Homme », avec un visuel double pour le Scotch Whisky Singleton à ambiance minérale, un autre double rouge avec Cartier et sa montre Tank MC, un 3è double rouge pour une Renault Captur, un Cross-Over urbain rouge, Azzaro pour Homme en noir et blanc avec le flacon de parfum or en page paire  et…en page impaire enfin l’Homme selon Hugo Boss en tonalités bleues.  

Ce qui frappe en premier dans le cliché, c’est la façon dont le photographe a voulu exprimer l’essence de l’Homme, sa  nature profonde en représentation visuelle, sans aucun mot autre que BOSS, HUGO BOSS en caractères droits et forts.  Ici pas de chichi, ni de décoration, ni de pose pensive ou réflexive dans un fauteuil…pas de bibliothèque, ni de tableau en arrière  fond.

On perçoit seulement des lignes, avec un très beau travail de rencontres maîtrisées entre des plans coupés. On voit d’abord le mur de pierre bleue - du Hainault belge me semble-t-il, mais sans certitude - assemblée telles des briques, sur le côté droite, à sa gauche donc. Sous ses pieds,  s’exprime la chaleur d’un parquet à lames alternées, une claire, une plus foncée, avec un jeu de lumière qui est accentué par le troisième plan, à savoir les lames larges d’un store vertical par lequel passe la lumière bleutée. C’est sur ce fond clair que se détache le nom du visuel et celui de la marque. La structure ainsi définie, comme une rencontre entre trois plans de nature, de texture et de couleurs différentes, sert de cadre très valorisant pour celui qui incarne la marque.

C’est l’Homme BOSS HUGO BOSS qui est adossé contre le mur de pierre bleue par son épaule gauche, ainsi que sa jambe gauche, tandis que la droite est repliée en partie en arrière pour donner de la souplesse, en évitant la rigidité des jambes écartées. C’est aussi une façon de créer une oblique à partir du bas de la jambe gauche vers le haut. L’axe du corps est ainsi décentré de façon à lancer le regard vers le haut. Le jeune homme a les mains dans les poches, pour le rendre plus humain, en créant une ligne légèrement oblique entre la position des mains de chaque côté, un truc qui a pour effet de tirer sur sa veste à hauteur du bouton. C’est aussi une façon subtile de donner une impression renforcée d’arrondis qui se joignent en remontant vers le visage, avec les revers, puis le gilet.

La rupture vient du col blanc qui se détache sur la chemise rayée, renforcée par la cravate bleue foncée à petites impressions blanches qui surprend comme un lien entre le col si blanc qui forme le 3è étage de cette superposition entre veste, gilet et chemise. La cravate forte à points apporte de la dissonance mesurée dans cet ensemble. A noter le discret rappel de la pochette blanche très enfoncée qui ne déborde guère de la poche haute gauche pour renforcer l’asymétrie entre les deux parties de la veste, ce liseré blanc donc qui renvoie en diagonale au revers de la petite poche à rabat situé au-dessus de la poche de droite.

Le regard se porte alors sur le visage très classique de ce jeune homme. Il ne sourit pas. Il est très présent, il regarde mais sans avoir l’air d’attendre. Il occupe vraiment tout l’espace. Vous venez de voir une photo très construite qui reste dans la rétine. Du bel ouvrage vraiment…

 

Pour suivre le chemin

. Le visuel est à voir dans L’Express, n° 3255 du 20 au 26 novembre 2013, page 13

. Hugo Boss à retrouver sur http://www.hugoboss.com/fr/home  

. L’histoire du groupe https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugo_Boss  

. La newsletter du Groupe pour la France et la boutique en ligne sur http://www.hugoboss.com/fr/hommes-2/  

. Voir surtout son e-magazine très tendance, avec beaucoup de superbes clichés sur http://www.hugoboss.com/fr/magazine/  avec en particulier le cahier Boss Bottled Celebrates Men of Today http://www.hugoboss.com/fr/magazine/boss-bottled/50973.html?fdid=emag&csortb1=published&csortd1=2  

. Le Bade-Wurtemberg sur la rive droite du Rhin, la région voisine de l’Alsace située en rive gauche

. Voir sur ce blog « Quand la porte s’ouvre, Samuel van Hoogarten est là » http://www.elisabethpoulain.com/article-symbole-quand-la-porte-s-ouvre-samuel-van-hoogarten-est-la-115127901.html  

. Ainsi que le billet sur la pierre bleue du Hainaut de Belgique http://www.elisabethpoulain.com/article-la-pierre-bleue-du-hainaut-de-belgique-un-symbole-de-longevite-125321632.html  

. Photo Elisabeth Poulain

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Le sable, la plage, la mer, l’espace publicitaire pour la voiture et +

20 Juillet 2015, 14:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

Parfum Azzaro, Chrome United, M du Magazine le Monde, 14.09.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Parfum Azzaro, Chrome United, M du Magazine le Monde, 14.09.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Ce sont des visuels de publicité, qui datent de 2013 et 2014, pour un parfum et des voitures  avec plusieurs visions intéressantes et différentes, en y ajoutant la dune d’ailleurs, avec une question « et la mer, où est-elle ? ».

. Voici d’abord une publicité, pour « Chrome United, le Nouveau Parfum d’Azzaro », sur une double page de M, Le  Magazine du Monde (2013). Dans le visuel en noir et blanc  avec un peu de couleur pour le flacon, on découvre quatre copains contents, sortant de leur voiture, garée tout près dans un chemin ouvert dans la dune, courant vers l’eau. Le cliché les montre dans leur joie de vivre, pour accéder plus vite à la fraîcheur, non pas de l’eau, mais du flacon de « Chrome United », dont le parfum ressort en bleu ciel enrichi d’une pointe de gris. Le parfum est aussi attirant que l’eau dans laquelle on va se baigner, se rafraîchir, en faisant la course pour savoir qui l’aura en premier, pour le plaisir de la compétition.   

La voiture décapotable a pour objectif de servir d’ancrage dans le fond à gauche en haut, en allant vers le flacon de parfum en bas à droite. Sur cette ligne s’inscrit un certain style de vie d’une bande de copains actifs et joyeux. De la plage, on ne voit pas grand-chose, c’est surtout la dune en noir et blanc qui ressort plus que le  sable d’ailleurs. Si non, on en verrait la trace  de l’enfoncement des chaussures de nos joyeux drilles. On voit clairement que le sol est bien ferme, à l’instar de ce qui se passe pour les pneus du cabriolet. Mais là, il peut y avoir une explication pour permettre aux voitures des sauveteurs d’arriver sur la plage.   

. Le visuel de « La Nouvelle 500L Living, Plus de Place, Plus de Possibilités »  est   paru dans l’Express (2013) Spécial New-York. Je ne pense pas qu’il y ait un lien, avec le visuel. On penserait plutôt aux grandes plages du Brésil. La plage en elle-même ne permet pas de voir la mer. C’est un point commun avec la publicité précédente, de même que le choix de coloriser seulement l’objet du désir, ici la voiture verte, et non plus bleu comme pour le parfum. Pour le décor, c’est un beige couleur sable qui a été choisi, et non pas le noir et blanc.

Avec la Nouvelle Fiat 500L Living Fiat, la plage est un lieu de vie qui ressemble fort à un boulevard urbain où les gens se promènent, apportent leur chaise longue, leur fauteuil à bascule…mais sans que l’on puisse voir la mer. Sont colorisés en position statique dans l’espace entre la voiture, la plage par derrière celle-ci et les immeubles en courbe dans le fond. Par devant, on voit une foule habillée former un long ruban courbe qui semble attendre de pouvoir monter dans la 500L Living! Et le sol sous les pneus de la voiture semble être bien dur pour éviter à la 500L les problèmes que pose le sable mou.

Le troisième visuel ne peut pas vous être montré. C’est le plus récent (2014). Il va vous falloir vous contenter de ma description très sommaire. C’est un montage très élaboré effectué à partir de photos de deux photographes par une agence de communication. On voit une très grosse voiture, la Mitsubichi Outlander PHEV de couleur blanche, qui aurait réussi à se faufiler sur une plage entre des rochers qui apparaissent très petits du fait de sa grande taille à elle. C’est carrément une géante. De très petits personnages gravitent autour d’elle, certaines dans l’eau, d’autres à jouer au ballon, à faire de l’aquaplane, à pratiquer toutes activités sportives actives… qu’il est possible de faire en vacances à la plage…

La voiture est devenue l’élément phare de la plage et de la mer, plus que l’île dans la plage, c’est elle qui est devenue le phare. Clairement elle a conquis tout l’espace, les vacanciers y compris. Elle est le territoire des vacances au bord de l’eau… Le visuel est si fort qu’il n’est plus nécessaire de mettre des mots. La grande nouveauté par différence avec les deux précédents visuels est que pour la première fois, on voit vraiment la mer, une vraie mer de vacances dont l’eau bleue claire brille au soleil. C’est parlant. On voit bien le sable, les rochers, la plage, avec des vacanciers heureux qui, même ensemble pourtant, ne suffisent pas à montrer la dominante humaine ; c’est elle que l’on remarque et que l’on garde en mémoire.

 

Publicités Nouvelle Fiat Living, Land Rover Dicovery 3, Cl. Elisabeth poulainPublicités Nouvelle Fiat Living, Land Rover Dicovery 3, Cl. Elisabeth poulain

Publicités Nouvelle Fiat Living, Land Rover Dicovery 3, Cl. Elisabeth poulain

Et pour finir, avec cette fois-ci un retour en arrière en forme de boucle, un visuel à forte densité de Land-Rover en date de 2005. Son titre « Imaginez un nouvel Horizon… Un nouveau Discovery 3 ». Et c’est vraiment ce qu’on sent. Ici, tout le décor est blanc pour une Land Rover blanche dont ressortent avec force les parties noires, telles que les vitres, les pneus, des pare-chocs et les lignes…On la voit bien calée sur ses pneus, présentée de biais vers la gauche, dans le sens inverse du flacon de parfum, avec aussi une diagonale haute gauche-basse droite qui croise la ligne de la voiture, constituée de trois indications « Land Rover, garantie 3 ans, 100 000kms » en haut à gauche, au milieu devant la voiture « Imaginez un nouvel horizon » et en bas à droite, l’adresse du site de LR en France. Le fond blanc n’est pas uniforme. On perçoit très bien la ligne d’horizon légèrement bleutée à la hauteur des phares avant, qui sépare le ciel uniforme mais plus bleutée du côté du centre du magazine, du sol qui pourrait être de la neige bien damée et glacée mais pas hostile. On est pourtant sur la Lune, c’est vraiment un nouvel horizon.

                                                                          *

Résumé des ressorts. Le parfum Chrome d’Azzaro nous fait courir sur la plage pour arriver au plus vite prendre en Ier le flacon de parfum, avant les copains. Avec la Nouvelle 500L de Fiat, nous sommes téléportés au Brésil sur la plage, à attendre de pouvoir l’admirer surement, d’y monter peut-être. Mitsubishi nous fait rêver à pouvoir garer notre voiture et celle-là seulement directement sur la plage, au bord de l’eau. C’est le rêve de tous les vacanciers plagistes. Land Rover enfin, nous démontre simplement avec un seul visuel la conquête de l’espace, qu’il suffit de voir, pour se croire « Moi maître de l’Univers » ---) MMU. Et c’est sur ce ressort-là, qu’est conçue la très forte majorité des visuels qui sortent encore maintenant. Les familiales, qui répondent pourtant à de vrais besoins, sont plus difficiles à attirer en publicité. Quant au parfum Azzaro, le ressort fonctionne très bien. Une hypothèse pourrait être que la marque est portée par des jeunes hommes joyeux. En sens contraire, pour la voiture, le meilleur visuel est celui de la Land Rover, où toute trace humaine a été enlevée, à l'exception de la voiture-création humaine. Compliquée la pub!

Pour suivre le chemin

. Lire un précédent billet sur ce thème ce blog où l’on découvre des publicités « Elle et Lui » avec Renault, « Elle » pour Dior et « Elle » avec Armani sur http://www.elisabethpoulain.com/article-la-plage-le-sable-la-mer-ce-nouvel-espace-deja-conquis-par-la-pub-124878182.html

. Publicité Maison d’Azzaro pour « Chrome United, Le Nouveau Parfum », votre boutique en ligne www.azzarostore.fr dans M le Magazine du Monde, 14 septembre 2013, pages 34-35. Création maison.

. Publicité « Nouvelle 500L Living , Plus de Place, Plus de Possibilités» dans L’Express du 16 au 22 octobre 2013, page 39. www.fiat.fr .Création maison.

. Publicité « Outlander PHEV Zéro Complexe » le 4 X 4Electrique par Mitsubishi », en page 49, Le Point en date du 27 mars 2014. Création de l’agence Adkeys, à Rueil-Malmaison (92) sur www.adkeys.com

. Publicité « Land Rover, Discovery 3 » en page 22 de « Géo, Un nouveau monde : la Terre », n° 314, Avril 2005, www.landrover.fr . Création maison.

. Photos Elisabeth Poulain

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Florence Cestac > Dessin > 2 potes & leur chien partant voir Papy-Mamy

17 Juillet 2015, 15:52pm

Publié par Elisabeth Poulain

Florence Cestac, dessin, L'Ado, animal de Labo, pour le Point 03.09.2009, copyright Florence Cestac

Florence Cestac, dessin, L'Ado, animal de Labo, pour le Point 03.09.2009, copyright Florence Cestac

Florence Cestac est une grande bosseuse qui aime à brouiller les frontières qui, pour d’autres qu’elle, peuvent exister dans le domaine de tout ce qui peut s’imprimer. Libraire, elle a très vite choisie d’être aussi d’être auteur, éditeur, dessinateur de BD, de presse…spécialisée dans le télescopage d’univers en frontal, avec un très grand sens parodique. Elle est tout particulièrement une dessinatrice de BD et aussi de dessins comme croqués sur le vif montrant un humour rafraîchissant. Elle adore représenter le télescopage avec le minimum de mots et un très fort sens de la ligne et des couleurs. A ces composants de base, elle ajoute un humour visuel qui me fait franchement éclater de rire.

Sa bibliographie se présente en conséquence sans autres mots imprimés à l’écran, que ceux des titres des 62 albums qu’elle a conçus. Quant à ses dessins, elle en montre quelques-uns, soit en cartouche unique, soit en petites séries. Allez voir celle en 9 cartouches « Mon fils chéri », vous comprendrez mieux son style d’humour. Quant à sa série des « camemberts, claquos ou clacos », elle est fabuleuse. D’ailleurs vous pouvez une commander un, l’étiquette s’entend ; pour l’instant, pour la vache, il faut peut-être encore attendre, même si l’artiste habite à Pont-Audemer dans un très beau coin de Normandie. Une région de France où il reste encore des vraies vaches dans les près.

Les jeux de rôles entre les deux membres d’un couple, ou la situation très conflictuelle du positionnement adopté par les « Zados », un terme prononcé en faisant les liaisons, représentent une mine d’or pour elle. Ces presque adultes qui zappent tout le temps en jouant simultanément et avec beaucoup de stratégie à l’adulte-enfant tout en revendiquant les droits des deux, sans aucune obligation d’aucune sorte, surtout pas…Le dessin que je vous présente illustre avec beaucoup de justesse l’article, du Point « L’Ado, animal de Labo » conçu sur l’analyse avec des extraits des rapports entretenus entre les Ados et leurs parents pris au sens large. Il faut ajouter que l’auteur de cet essai n’a pas hésité à donner à son essai « l’Ado ( et le bonobo). Essai sur un âge impossible », sans majuscule à Bonobo puisque c’est un singe, un primate, membre de la famille des Hominidés.

Florence Cestac, dessin, L'Ado, animal de Labo, pour le Point 03.09.2009, copyright Florence Cestac

Florence Cestac, dessin, L'Ado, animal de Labo, pour le Point 03.09.2009, copyright Florence Cestac

Le dessin sur fond blanc. On y fait connaissance avec le chien et les deux copains qui doivent être frères ou cousins. Quoi qu’il en soit de leur situation familiale, ils ont les mêmes grands-parents, les fameux Papy et Mamy, qu’ils s’apprêtent à aller voir, avec cette merveilleuse question posée par les deux en même temps « Pourquoi notre look pose problème pour aller voir Papy et Mamy ? ». On comprend vite que la question centrale repose sur l’analyse de leur look.

Commençons par le chien. C’est bien le seul à ne pas se poser pas de question. Pour lui, la vie est claire. Ce petit molosse à pattes courtes a été choisi par son maître justement pour faire peur. Il réussit parfaitement son pari. Il est très bien dans son rôle, avec ses yeux bigleux, son regard chafouin et méchant, sa bouche baveuse tellement il serre les temps et cette bave qu’il postillonne à tout va. Ses griffes raclent le sol, en y traçant des sillons de méchanceté. Et en plus, comme si cela ne lui suffisait pas, il a un collier d’enfer, avec de grosses pointes saillantes vers l’extérieur. Le premier chien qui voudra l’attaquer en le mordant au cou le sentira passer !

Son maître à gauche, le petit dur en para-commando porte un treillis militaire, de grosses godasses hautes crantées écartées vers l’extérieur. Son blouson est ouvert sur un t shirt gris pour que l’on puisse admirer ses pectoraux bien saillants. Il a en outre des bracelets en cuir noir de force à chaque poignet. Sa main gauche tient une courte chaîne à gros maillon pour retenir le chien. Et son ventre est serré dans un gros ceinturon. Juju La Menace n’aime pas grand-chose, ni grand monde. Même son surnom, trouve-t-il ne répond à son potentiel de force. Il est toujours en pétard avec tout le monde. Même avec son chien, qui trouve-t-il ne mérite pas son nom de Rex La Terreur que leurs copains lui ont donné. C’est lui qu’on devrait appeler comme ça. Mais rien n’y fait.

Son pote à côté est le grand mou de service, celui qui est à droite dans le dessin. D’ailleurs quand on veut se moquer de lui, on l’appelle « La Guimauve », sans mettre devant « Dédé ». Et ce n’est pas un compliment. Dédé d’accord, ça il veut bien, mais la Guimauve, c’est non. Pourtant il est mou, si mou qu’il arrive à peine à tenir sa tête. Son cou est toujours penché en avant. Comme chaussures, à ses pieds, il a des savates. Son jeans taille basse tout plissé n’a pas de forme. Son ceinturon parme est choisi tout autant pour la couleur que pour tenir son fût, il n’a pas de fesses. Un t’shirt rayé assorti à une casquette rose informe complètent sa tenue avec un mini-blouson en jeans avec un cœur rouge et des mitaines aux mains, même en plein été. Avec son sac à épaule avec un dessin de Mickey à grandes oreilles et nez rouges, il ne passe pas inaperçu.

Récapitulons. En partant de gauche à droite, vous avez devant vous Juju La Menace, qui tient solidement en laisse Rex La Terreur et de l’autre côté Dédé La Guimauve. Les personnes qui manquent sont les heureux Papy et Mamy de ces deux jeunes gens. Ceux-ci s’interrogent gravement sur leur look qui pourrait poser problème pour aller voir Grand-Père et Grand-Mère, les grands parents comme on ne dit plus aujourd’hui, Papy et Mamy, c’est beaucoup plus chic.

Un look tellement travaillé, pourquoi cela pourrait les embêter? Surtout qu’on vient les voir parce qu’on les aime bien. En plus, on a soigné notre look à fond, dit Juju La Menace. Et qu’on vient pour leur demander des sous, faut dire ajoute Dédé La Guimauve. Tais-toi, idiot conclut Juju, avec un profond wouaf de Rex la Terreur. Il est temps d’arrêter l’interview, si, non je sens que je vais me faire interpeller, par un  T’as quelque chose à dire, Toi La Stupide ?

Conclusion. La psychologie a ses limites que le dessin ne connait pas. Il intègre beaucoup de connaissances et de sensibilité psychologiques, que Florence Cestac a complètement su saisir en dessin.

Bonobos en famille, wikipedia en anglais, Bonobo, photo Hug

Bonobos en famille, wikipedia en anglais, Bonobo, photo Hug

Pour suivre le chemin

. Le Point, 3 septembre 2009, page 58 . « L’Ado (Et le bonobo), Essai sur un âge impossible », Nathalie Levisalles auteur, Hachette Littérature, éditeur.

. Une présentation très complète et en anglais – la version est plus complète - des Bonobos et de leur grande sociabilité…sur https://en.wikipedia.org/wiki/Bonobo

. La présentation très succincte de Florence Cestac sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Cestac et plus documentée sur http://www.dargaud.com/bd/Auteurs/Cestac-Florence

. Sa bibliographie telle qu’elle la présente http://www.cestac.com/bibliographie.html . Quelques dessins http://www.cestac.com/expodessins/dessins01.html

. Clacos, claquos, calendos, autant de synonymes de camembert, sur http://alorthographe.unblog.fr/2014/06/08/camembert-clacos-calendos/ 

. Lire le petit lexique de la Bande dessinée produit par L’Académie de Rouen pour les élèves sur http://rosa-parks-col.spip.ac-rouen.fr/IMG/pdf/lexiquebd.pdf C’est toujours très bien fait

. Photo Elisabeth Poulain du dessin de Florence Cestac, copyright Florence Cestac, dans Le Point 3.09.2009, page 58, reproduit ici avec l’autorisation de l’artiste. Et la photo des bonobos vient de wikipedia, Hug photographe contributeur.

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Yves de Saint-Jean, Peintre aquarelliste > La légèreté du Val de Loire

15 Juillet 2015, 08:13am

Publié par Elisabeth Poulain

Yves de Saint-Jean, aquarelle, Village de Touraine, Cl. YDSJ

Yves de Saint-Jean, aquarelle, Village de Touraine, Cl. YDSJ

N’est pas aquarelliste qui veut. Il faut au peintre une grande capacité à saisir l’essence d’un paysage, la profondeur d’une scène naturelle, pour rejeter Instinctivement l’accessoire de l’important, pour ne garder que l’impression de la sensation fugitive d’une forme, d’un assemblage de lignes et de la cohabitation des couleurs. Avec une sureté du geste qui va de pair avec une grande vitesse. En aquarelle, on ne revient pas en arrière, on recommence autrement. Yves de Saint-Jean aime à traduire à sa façon la nature en aquarelle, celle du Val de Loire en particulier. Un Val de Loire marquée par l’eau bien sûr, celle de la Loire et de ses affluents qui couvrent environ un cinquième de la superficie de la France, en particulier celle qui est située à la confluence entre plusieurs régions, entre le Maine, la Touraine et l’Anjou. Un territoire, qui s’enrichit de ses différences en rive droite du grand fleuve, porteur d’une grande variété de paysages naturels d’une grande finesse, un peu hors de tout, comme inscrits en un temps lent, apaisé et pourtant bien réels. Là, la terre est riche, l’eau est abondante, les habitations savent s’insérer, comme s’il leur était naturel d’avoir toujours été là, sous « l’insoutenable légèreté de la lumière », comme le disait un vigneron de la Loire, situé lui, en rive sud, avant Saumur.

. « Le village de Touraine ». Il est saisi du haut d’une colline basse qui permet de voir les maisons groupées autour de l’église, enserrées de l’extérieur par un anneau d’arbres qui leur assurent la fraicheur, avec tout autour des prairies qui doivent sentir couler l’eau vive des ruisseaux. C’est l’image d’un village tel que nous l’imaginons, même s’il ne nous est pas possible de le voir « pour de vrai » comme disent les enfants. Cette eau, cette fraîcheur surtout se sentent, tout particulièrement en levant les yeux vers le ciel. Il est bleu, d’un bleu clair, léger et pourtant vif. Il est tonique aussi, il chante sa propre chanson d’air heureux. Il perçoit le vent léger dans les feuilles des arbres, tout en vibrant à la chanson de l’eau, à la grande joie du peintre, qui lui sait, sent, entend que sa création chante juste. C’est à ce moment qu’il faut alors savoir s’arrêter. Et c’est ce que fait Yves de Saint-Jean pour ce jour-là.
 

Yves de Saint-Jean, aquarelle, La Masure, Cl. YDSJ

Yves de Saint-Jean, aquarelle, La Masure, Cl. YDSJ

. « La Masure ». C’est une toute petite chaumière, comme on en imagine entre rêve et éveil, qu’on découvre, comme si le hasard avait voulu que le peintre passe justement par-là, alors qu’il devait prendre une autre route…Comme si elle l’attendait pour qu’il la croque en aquarelle. Et c’est cette spontanéité que l’on sent très fortement, associée à la désignation que le peintre lui a donné.

La masure est un ancien mot français qui désigne une vieille maison pauvre. Les dictionnaires parlent d’une maison misérable et délabrée. La masure que nous présente Yves de Saint-Jean est au contraire charmante. Elle est d’une grande sobriété, un modèle d’équilibre avec sa porte au milieu, ses petites fenêtres de chaque côté. Une cheminée à droite devait chauffer la salle de séjour en bas et peut être tenir le grenier au Ier étage au sec l’hiver. Des appentis, comme il en existe toujours à la campagne, sont placés à la gauche de la maison, dans laquelle on entre par le chemin qui prend place au centre bas de l’aquarelle.

Beaucoup de détails donnent vie à cette aquarelle. Citons la couleur terre des murs, le rouge foncé du toit, les arêtes de pierre blanche de falun pour renforcer le chaînage des coins des murs et encadrer la porte et les fenêtres, les deux barreaux à la fenêtre du haut, en l’absence de volets. Des arbres de grande force, qui ont déjà atteints une maturité en phase avec la chaumière, protègent cette maison paysanne par l’arrière. L’ensemble donne une belle impression d’équilibre de vie, grâce vraisemblablement au halo bleu qui signe les ombres. C’est lui qui donne à la composition une aura exceptionnelle d’étrangeté, pas inquiétante, au contraire apaisante…Après avoir vu du haut le village de Touraine, rêver devant la masure en face à face, il nous reste à faire une nouvelle découverte en allant plein sud vers la Loire.

Yves de Saint-Jean, Aquarelle, Habitat troglodyte, Cl. Elisabeth Poulain

Yves de Saint-Jean, Aquarelle, Habitat troglodyte, Cl. Elisabeth Poulain

. Descendre dans une cavité creusée dans la pierre de falun est l’aventure qui nous attend maintenant. C’est la chaleur que nous renvoie cette aquarelle de plein été face à ce que nous pouvons voir d’un habitat troglodyte, qui est pourtant à l’intérieur réputé pour sa grande stabilité hygrométrique et sa vraie fraîcheur. Celle qui est idéale pour conserver les vins. Le joli paradoxe très bien rendu par Yves de Saint-Jean provient en particulier de ce contraste entre la fraîcheur imaginée, presque perçue de l’intérieur et la captation de la façade et le sol par le soleil et la chaleur. La chaleur se perçoit aux halos de couleurs jaunes orangées de la pierre blanche, que l’on retrouve en légèrement plus foncée pour le sol. Les fleurs de couleurs rouges orangées foncées sont perçues comme des éclats de vivacité qui renvoient aux anneaux de métal qui cerclent les barriques, particulièrement celle du fond.

En trois aquarelles d’Yves Saint-Jean, vous venez de faire un petit tour du Val de Loire en toute légèreté gracieuse, en allant du paysage le plus ample vers le plus ciblé…En descendant du Maine vers la Loire, vous avez senti l’ancrage du village dans la terre riche protégée par les arbres aux racines profondes, puis la sérénité calme de la petite chaumière dans une vision d’avant le début de la décrépitude, comme si elle était une personne, et enfin la force du soleil et de la chaleur emmagasinée par la pierre blanche de falun au fond de la carrière où a été creusée ce tout petit habitat troglodyte, qui a abrité le vigneron, sa famille et son vin… En trois aquarelles, où il faut beaucoup d’eau, très peu de couleurs-matières - juste ce qu’il faut, où il faut, comme il faut, dans un tempo très rapide - et beaucoup de talent…C'est fascinant. 

Pour suivre le chemin

. Pour en savoir plus sur Yves de Saint-Jean https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_de_Saint_Jean  

. Yves Saint-Jean, textes et aquarelles de l’ouvrage « Les Vins de Pays du Jardin de la France », Editions Vinarelles, édité pour ce qui s’appelle maintenant, le Syndicat des Vins de Pays du Val de Loire.

. Le Syndicat des Vins de Pays du Val de Loire situé à Angers sur http://www.vinsdepays-valdeloire.com/  

. Découvrir une autre aquarelle du peintre YDSJ sur les pêcheries au bord de l’Océan sur mon blog http://www.elisabethpoulain.com/article-le-paysage-et-la-pub-les-pecheries-a-carrelet-au-bord-de-l-ocean-118719676.html  

. Pour retrouver quelques données sur la Loire, https://fr.wikipedia.org/wiki/Bassin_de_la_Loire#Hydrographie  

. L’habitat troglodyte en Pays de Loire https://fr.wikipedia.org/wiki/Habitat_troglodytique#/media/File:Rochem%C3%A9nier03.JPG  

. Photos Yves de Saint-Jean, Elisabeth Poulain pour celle illustrant le cépage "chenin" à partir de l’ouvrage cité.

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Style de Pub > L’eau de Volvic > Le volcan d’Auvergne

10 Juillet 2015, 15:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Volvic, publicité 2008, parue dans Citizen K, Hiver 08-09, Cl1. Elisabeth Poulain

Volvic, publicité 2008, parue dans Citizen K, Hiver 08-09, Cl1. Elisabeth Poulain

C’est un visuel publicitaire qui fait partie de mes préférés. Il est sobre, quasiment sans mots, presque exclusivement composé d’une photo retouchée numériquement de façon à avoir le galbe ou plutôt les galbes parfaits d’un volcan d’Auvergne.

Les mots. Le Ier à retenir est Volvic, la marque d’eau minérale bien connue des Français, qui sont toujours parmi les plus gros consommateurs d’eau au monde, un chiffre en légère baisse toutefois ces dernières années.  Sous le dessin de la chaîne de volcans qui forme le logo de la marque en haut de la page à droite, se trouve la formule apparemment sibylline « l’eau est notre premier aliment ».  On comprend vite en regardant ensuite le volcan qui occupe quasiment tout l’espace.

Le volcan. Il a tout d’un vrai volcan qui a gardé son cône terminal et pour cause puisqu’à bien le regarder, vous voyez très clairement que ce volcan est un sein, qui offre des bombés différenciés selon qu’il s’agit de la partie haute plus droit, par différence avec celui du bas, plus galbé du fait du poids du lait. Le volcan d’où jaillit l’eau de Volvic montré comme la terre mère nourricière, c’est une belle réussite, plein de finesse, avec cette présentation en vertical dans la page du magazine.

J’ai testé: tous ceux à qui j’ai montré la revue tournent le magazine pour retrouver mentalement l’image du volcan, après avoir bien vu un sein. L’exercice est franchement réussi. Le visuel n’a absolument pas vieilli.  

Volvic, publicité 2008, parue dans Citizen K, Hiver 08-09, Cl2. Elisabeth Poulain

Volvic, publicité 2008, parue dans Citizen K, Hiver 08-09, Cl2. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Mentions portées sur le visuel « YOR France 2008, SAEME…Thonon », qui est la Société anonyme des eaux minérales d’Evian

. Citizen Hiver 08-09 en page 77

. Volvic la commune, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Volvic  

. Volvic, l’eau minérale sur http://www.volvic.fr/  , https://fr.wikipedia.org/wiki/Volvic_(eau_en_bouteille)  ainsi que sur http://www.aquamania.net/fdossier004.htm  où l’on découvre une photo de volcan vue du ciel avec son cratère bien visible, mais sans son cône

. Les volcans d’Auvergne à retrouver sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Volcans_d%27Auvergne

. Photos. Elisabeth Poulain d’après le visuel de Volvic paru dans Citizen K, Jmp48 pour le Puy Griou et Romary pour le Puy Montchal, tous deux photographes contributeurs de wikipedia

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Au port d’Amsterdam > Des immeubles de briques construits dans l’eau

4 Juillet 2015, 14:48pm

Publié par Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl1. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl1. Elisabeth Poulain

Imaginez. Vous êtes sur un quai, un jour gris de pluie fine, un matin banal, devant le Llyod Hôtel au port d’Amsterdam, juste à l’endroit d’où sont partis des milliers d’émigrants fuyant la misère en provenance d’Europe de l’Est et d’Europe centrale. Là même où ces familles, ces hommes seuls devaient attendre de pouvoir embarquer pour l’Amérique latine pour sauver leur peau et trouver l’espoir d’une vie avec un avenir devant eux.

Votre objectif du moment, aller à pied sous la pluie découvrir comment se présente une toute petite partie de la rive de l’île d’en face, la Java Eiland, en face de vous, qui êtes sur le Levantback. Ce qui tire l’œil sont ses grands immeubles de briques rouges foncées qui ont été construits directement dans l’eau de l’embouchure du Het Ij, la rivière que vous avez devant vous, sans que vous le sachiez d’ailleurs. Pour vous, c’est simplement l’eau du port fortement enrichie d’eau de pluie.

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl2. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl2. Elisabeth Poulain

Ces gros parallépipèdes rectangles ont ceci de particulier justement qu’ils n’ont absolument aucune particularité distinctive en façade. Ils se présentent sans différence autre que la hauteur des baies du rez-de–chaussée situé au ras de l’eau, plus hautes que les ouvertures des étages du dessus. A part un décroché au milieu de l’ensemble, en retrait de l’ensemble par rapport à l’eau, rien, absolument rien ne retient le regard. Et surtout pas, un pot de fleurs devant une fenêtre! Ce ne serait d’ailleurs pas possible du fait de l’absence d’espace entre le bord de la baie vitré et celui la paroi extérieure de la façade proprement dite. Une explication à ce choix architectural vient certainement du caractère fortement logistique de ce site, en phase directe avec l'eau et de la dimension du "grand fonctionnel".   

Cette partie de l’Ile de Java, en effet autrefois zone portuaire d’entrepôts, a été profondément modifiée afin de la transformer en zone dense d’habitation aux normes urbaines contemporaines. De l’autre côté de la voie d’accès à l’île, à droite par rapport à ces grands ensembles, le site a pour l’instant gardé en partie son caractère un peu bohême, artistique, avec pour voisins de front de l’eau, ceux qui habitent à l’année dans des péniches bien amarrées au quai sans volonté aucune de les quitter. En témoignent les bords de ces quais ornés de pots de plantes qui n’attendent que le printemps pour refleurir à nouveau, sans quitter ne serait-ce que de quelques centimètres leur place dans l’alignement des plantes. Ah mais… !

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl3. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl3. Elisabeth Poulain

En retrait de la rive de Java Eiland, du côté droit, il reste, face aux péniches, quelques maisons de briques ayant gardé leur vocation d’abriter des familles, qui voisinent avec des entrepôts. L’ambiance est toute différente. On peut encore marcher entre les maisons et le quai, voir l’eau du bassin à sa droite cette fois-ci, sans avoir envie d’aller voir ce qui se passe derrière les grands immeubles de l'autre côté  pour arriver à savoir si ces grands bâtiments sont des habitations ou des bureaux. Dans notre petit groupe, les réponses étaient partagées à 50/50…Il nous fallu attendre la nuit  pour le savoir ! Le dicton "la nuit, tous les chats sont gris" se révèle non adapté à la situation. il nous a en effet fallu attendre la pleine nuit pour voir apparaître de façon très colorée et vivante la diversité de chaque baie éclairée et partant, des habitants.  

Pour suivre le chemin

. Retrouver le site portuaire proche du Canal du Nord sur un cliché vu du ciel pris par la NASA où l’on distingue bien Java Eiland, son nom depuis 1990 pour l’anoblir https://fr.wikipedia.org/wiki/IJ_(Amsterdam)#/media/File:IJ_4.88665E_52.39839N.png  

. Voir la carte des deux bassins portuaires situés de part et d’autre du Verbingsdam, le quai de liaison, qui se transforme aussi en un petit pont au milieu, qui permet d’accéder à l’île juste en face du Llyod-Hotel sur http://lloyd-hotel-and-cultural-embassy.hotelsofamsterdam.net/fr/map/#map  

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, la nuit, Cl4. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, la nuit, Cl4. Elisabeth Poulain

. Lire sur ce blog dans un article précédent, la présentation de l’Hôtel Llyod, qui a abrité dans des cellules de 9 m2 des familles d’émigrants au début du XXe siècle http://www.elisabethpoulain.com/article-a-amsterdam-voguez-avec-le-llyod-hotel-41759534.html  

. Manger chez Jamie Olivier, sur le même quai, du même côté, à voir sur http://www.fifteen.nl/en/groups-en-events  ainsi que sur http://www.elisabethpoulain.com/article-diner-au-fifteen-chez-jamie-oliver-a-amsterdam-47624028.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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Coll. Emmaüs, La chaleur de l’été, Lirette, Tissus éponge bleu & jaune

2 Juillet 2015, 09:26am

Publié par Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, Lirette, la Chaleur de l'Eté, en tissus éponge et +, Cl. Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, Lirette, la Chaleur de l'Eté, en tissus éponge et +, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une tapisserie qui doit avoir maintenant plusieurs décades. Du pur « home made » certainement pas faite par une artiste, plutôt par une femme pour laquelle ces tissus usagés avaient un sens, celui d’évoquer des vacances familiales au bord de la mer. La lirette connaissait alors un regain de faveur, en lien avec la vague écologique de la re-découverte du « fait à la maison » par des mains pétris d’écologie naissante.

Ses dimensions. Elle occupe un rectangle de 34cm de hauteur sur 29 cm de largeur, ce qui permet déjà de faire une vraie composition.

Ses couleurs. Deux teintes majeures occupent tout l’espace. D’abord le jaune pour le sable brulant du bord de mer, avec des veinures différenciées pour montrer des ondulations en surface. Puis le bleu, en réalité deux bleus. L’un foncé pour la mer avec un peu de fil blanc pour montrer les reflets de lumière ; l’autre est plus doux, plus composite aussi pour le ciel toujours changeant au bord de l’Océan.

Les tissus. Beaucoup de morceaux d’éponge  ont été utilisés pour le socle, comme on le fait à la plage pour pouvoir s’allonger agréablement au soleil. Des morceaux de jeans bleu foncé et bleu plus clair marquent l’avancée dans l’eau de la mer. Puis des tissus divers et variés permettent d’alléger et de compliquer le ciel, avec des nuages étirés plus clairs et un peu de vert très clair pour évoquer le lien du ciel avec la mer.

Le cadre façon pitchpin. Il est fait d’une bordure avec deux traits noirs et une rainure proche de la composition textile. Il permet de « finir » la composition en diminuant sa dimension textile pour la faire plus pencher vers un tableau textile fort en couleurs.   

Pour suivre le chemin    

. Cette lirette fait partie de ce que j’appelle ma "collection Emmaüs", dont les pièces ont pour  particularités d’avoir été achetées dans un Centre Emmaüs en France, Oxfam en Belgique... et d’y repartir ou pas, après un temps très variable pour un nouveau cycle auprès de nouveaux acheteurs…

. Photo Elisabeth Poulain     

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Des murs de briques rouges peints d’une publicité > Coca-Cola, Mc Do

30 Juin 2015, 15:42pm

Publié par Elisabeth Poulain

Visuel Coca Cola peint sur un mur de briques rouges, CCC Welcome to the XXIst century, Cl. Elisabeth poulain

Visuel Coca Cola peint sur un mur de briques rouges, CCC Welcome to the XXIst century, Cl. Elisabeth poulain

Ce sont de grands et hauts murs de briques rouges qui ont foncées avec le temps. Ne me demandez où ils étaient situés, je l’ignore. Ces murs devaient être situés dans une grande ville, là où passait beaucoup de monde à la fin du XXe siècle, vraisemblablement aux Etats-Unis pour les deux grandes marques mondiales que sont Coca Cola et Mac Do. On peut aussi émettre l’hypothèse que de tels grands murs étaient situés dans des quartiers excentrés où il y avait de grands entrepôts, peut- être même ceux des marques. Les publicités peintes. Elles sont en format « paysages » de très grandes dimensions, en longueur surtout et en hauteur.

C’est une certitude pour le visuel Coca Cola, avec un effet visuel fort, d’autant plus qu’il est placé très bas sur le mur, de façon à accroître son impact sur les passants. La présence du jeune homme souriant à cheveux longs et qui marche vite,  ne peut être un hasard. Du coup l’impact de la bouteille est encore plus fort, surtout que la brique a été repeinte en couleurs Coca Cola hors des dimensions du visuel de façon à faire ressortir le galbe blanc de la bouteille avec des tracés noir et jaune. Avec les traits rouges qui font briller la bouteille de haut en bas, on retrouve toutes les couleurs de la marque.

Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain

Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain

Le visuel McDo est issu d’un document grand format et de très belle facture célébrant la présence de « Mc Donald’s en France ». Aucune date ne figure, mais il semblerait que ce grand album ait été conçu pour célébrer le passage à l’an 2000. La dernière page -la 78- et la page 3 de couverture porte une photo signée Catherine Fuff, mais sans certitude malgré tous mes efforts. Ce sont les deux arches en or jaune du M de Mc Do qui figure au centre du cliché ; en arrière derrière, un grand rectangle rouge peint sur la brique rouge clair fait ressortir HAMB en grandes lettres blanches. On peut légitimement supposer que le visuel devait développer le mot de Hamburger en entier. Par différence avec le visuel précédent, il n’y a pas d’encadré extérieur, mais un cadre en rouge plus vif par-dessous les deux arches qui permet de faire ressortir les lettres blanches de Hamburger en grand.

Ce qui est intéressant, dans les deux cas, porte sur la volonté de longévité de ces visuels peints. A l’époque pas si lointaine de la fin du XXe siècle, Il s’agissait de continuer à communiquer sur la marque, l’un en l’associant à sa bouteille et l’autre à son logo graphique, les deux arches d’or, comme s’il fallait encore et encore continuer à communiquer de cette façon. 15 ans après beaucoup de choses ont changé dans l’univers de la publicité, à commencer par les grands visuels photographiés sur textile accrochés sur les murs et surtout pas peints. C’est une façon de pouvoir les changer le plus rapidement possible sans toucher au mur, en multipliant les accroches de façon à ancrer encore plus fortement la marque dans le changement continu, en occupant la place pour chasser le concurrent. Autres temps, autres mœurs…

Pour suivre le chemin

. Coca Cola Cy, Rapport annuel, fin du XXe siècle, commençant par ces mots « Welcome to the Coca-Cola Company of the 21st century. », photo en double page 12 et 13, www.thecoca-colacompany.com  

. Mc Donald’s en France, un album de McDonald’s France, 1 rue Gustave-Eiffel, 78045 Guyancourt France, www.mcdonalds.com  

. Voir des exemples en France sur un site intéressant http://lesmurspeints.blogspot.fr/  

. Photos Elisabeth Poulain à partir des documents propres à chacune des deux entreprises, avec mes remerciements.

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Saint-Nazaire – Port > Felice Varini < Paris - Cours Edouard VII

27 Juin 2015, 15:18pm

Publié par Elisabeth Poulain

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur un triangle rouge de Felice Varini,  wikipedia, abxbay

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur un triangle rouge de Felice Varini, wikipedia, abxbay

Le titre en commençant par l’artiste franco-suisse Felice Varini. Il est de ceux qui aiment les grands espaces construits, avec des surfaces de grandes amplitudes dans des situations complexes.

. A Saint-Nazaire, l’artiste scénographe, a pu s’exprimer sur les toit d’un grand hangar de 120 mètres de long, tout en jouant sur d’autres surfaces en seconds, triples ou plus plans successifs dans le paysage portuaire.

. C’est le cas aussi par exemple à en plein cœur de Paris IX dans un espace entre des immeubles distincts, non jointifs et non positionnés à angle droit. Le projet offrait un défi au degré maximal de complexité, propre à satisfaire un chercheur en impressions visuelles innovantes et à attirer les curieux d’un art visuel qui détonne vraiment dans un univers de rigueur où la maitrise règne en reine. Et cela à Paris, tout près du Boulevard des Capucins, entre l’Opéra et la Madeleine et du Music-Hall de L’Olympia.

Felice Varini est un brouilleur de frontières qui aime les perceptions fortes et pourtant très fines de nature à troubler nos sensations dans des espaces qui peuvent être publics ou privés et pourtant ouverts. Ce n’est pas tant parce qu’il a une double appartenance suisse et française, c’est qu’il aime jouer avec les dimensions, les plans, les éléments construits anciens ou contemporains, à partir du moment où la complexité visuelle entre en jeu. Un grand mur tout simple ne saurait lui suffire, à moins d’avoir une forte singularité, auquel cas, il ne serait pas simple. La fonctionnalité du support construit lui importe peu, du moment qu’il peut imaginer s’emparer d’une image réelle d’un toit et/ou de façades pour commencer à dire autre chose autrement.

C’est un joueur d’espaces qui aime les grandes dimensions en plans-séquences qui séparément n’offrent que peu d’intérêt en eux-mêmes mais qui ajustés par lui dans l’espace, avec de l’espace entre eux, composent un ensemble. L’important n’est pas la surface seule, verticale ou inclinée, déclinée au singulier ou au pluriel, mais l’intégration de l’espace entre ces surfaces dans son œuvre, comme une partie constitutive. C’est dire que ce créateur, ce compositeur de nouvelles images intègre l’espace qui sépare les éléments de ses compositions en tant que partie prenante d’un nouveau paysage résultant d’un rapport différent à l’espace dans le paysage.
 

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur sur plusieurs triangles rouges, Felice Varini, wikipedia Demeester

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur sur plusieurs triangles rouges, Felice Varini, wikipedia Demeester

. A Saint-Nazaire, Il y a aussi particulièrement un défi et une volonté réussie de la part de l’artiste de re-créer un point-centre de sa création d’où celle-ci va pouvoir être vue dans sa plénitude, acceptée et comprise. C’est aussi pour lui une façon d’être le maître d’un nouveau monde visuel, d’une grande dimension, existant réellement, en particulier grâce au numérique. Le point focal à Saint-Nazaire se situe sur la terrasse panoramique de l’écluse fortifiée.

Une autre façon de pouvoir appréhender ce sur-paysage rouge et blanc de Saint-Nazaire, est de laisser votre esprit et vos yeux à même d’établir un lien entre ces triangles rouges, qui surgissent de façon apparemment inopinée sur un silo à grain ou une haute tour de stockage, comme il en existe dans tous les ports. Et vous admirez le bâtiment qui n’avait jusque-là eu aucune importance à vos yeux et qui est devenu maintenant un emblème visuel de Saint-Nazaire. Une sorte de signature qui allie la reconnaissance de l’histoire et la réalité industrielle du port nazairien et l’art dans sa dimension la plus innovante et impactante sur le paysage portuaire.

Huit ans après Estuaire 2007, vous vous surprenez toujours à chercher ces pointes de flèches, comme j’appelle les triangles de Fabrice Varini. Et vous découvrez que la ville, dans le quartier portuaire, adore maintenant vraiment utiliser le rouge, comme couleur positive et tonique. Avant et juste après la seconde guerre mondiale, cette couleur aurait pu être perçue comme une provocation politique à l’égard de la classe ouvrière, très active comme il en allait alors dans toutes les villes portuaires, surtout dotées de chantiers navals.

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth Poulain

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth Poulain

. Le second exemple dont je vais vous parler se situe à Paris en retrait du boulevard des Capucins, tout près du théâtre Edouard VII et du music-hall de l’Olympia. Le Cours Edouard VII comme il est indiqué sur la plaque accrochée aux murs d’un des immeubles concernés par la transfiguration de Felice Varini. On préfère dire maintenant le Carré Edouard VII pour faire la paire avec le Théâtre Edouard VII – Café Guitry, près du Square du même nom, juste devant le théâtre.

Pour lier ensemble ces immeubles qui se ressemblent et dont chacun diffère de ses voisins, les concepteurs ont fait appel à Felice Varini qui là aussi a réussi l’exercice avec brio. Il s’agissait, du moins est-ce ainsi que je l’imagine, d'unir ces immeubles non jointifs de même facture et sans aucun élément de différenciation, si ce n’est leur orientation. Il s’est agi de les faire parler, jouer l'un avec l'autre avec des lignes intégrant l’espace entre eux, sans les alourdir, sans chi-chi inutile. Une façon virtuelle, vraiment nouvelle d’accroître une perception surprenante du pouvoir d’expression de « l’espace architecturale » non construit en ce plein cœur de la capitale à la forte densité, même pour des Parisiens blasés.

« L'espace architectural, et tout ce qui le constitue, est mon terrain d'action » constitue la premières phrase de la description que Felice Varini fait de son travail. C’est réellement une nouvelle dimension qui s’ajoute à toutes les recherches sur la perspective, le paysage… qui sont menées depuis de longs siècles et ceci dans toutes les cultures du monde. Et le rouge est sa lumière, sa couleur phare. Un rouge orangé particulièrement lumineux et fort, qui s’impose à la vue et à l’esprit de façon à les rendre captifs. Son pouvoir d’expression est si grand que je gage qu’on lui garde à vie une sensibilité particulière, de la même façon qu’on croit apercevoir maintenant du rouge Varini dans beaucoup d’endroits de Saint-Nazaire, même quand ce n'est pas le cas. C’est impressionnant quand même. Citons juste pour le plaisir le grillage d’aires de stockages dans la zone portuaire, une immense grue un peu plus loin, un bateau rouge…sans compter son site rouge, avec même un carré rouge qui précède l'adresse de son site.

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés  France  Poulain, Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés  France  Poulain, Elisabeth Poulain

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés France Poulain, Elisabeth Poulain

L’artiste pourtant n’a pas fait ce choix pour Paris. Il a sélectionné trois couleurs, le bleu, l’orange et le jaune, pour faire dialoguer les immeubles entre eux, sans les alourdir. Les visiteurs curieux sont nombreux à lever la tête pour admirer ce jeu d’acteurs entre un artiste plasticien, des murs de façades distinctes, des couleurs différenciées et des formes adaptées à chaque cas. Visiblement, il ne s’agissait pas de trouver un lien visuel identique et de le dupliquer en changeant seulement la couleur et le trait. Il lui a fallu faire autrement:

. Au bleu moyen tracé en trait fin est dévolu le pouvoir d’exprimer « cinq ellipses », une spirale brisée en pointillé dans l’espace entre les deux bâtiments que l’on aperçoit d’autant mieux que l’on a l’impression de passer dessous, comme sous une arche en spirale invisible.

. L’orange en traits plus épais est dédié à quatre grandes flèches qui partagent l’espace en tournant autour de deux fenêtres voisines, de sorte qu’elles forment « quatre triangles ».

. Le jaune est utilisé pour dessiner « un double trapèze », un carré biscornu pour former aussi « quatre triangles » visible dès l’entrée dans la Cour . Du fait du pouvoir d’attraction très fort de ces façades qui parlent une langue mystérieuse et qu’on cherche à décrypter, les visiteurs sont nombreux à marcher le nez en l’air, pour s’imprégner d’une certaine atmosphère en plein cœur de Paris. Ils marchent d’autant plus facilement que le sol est entièrement recouvert et qu’il n’ y a aucune présence végétale. Par contre, pour éviter la collision entre les lignes de façades et le sol, celui-ci est tracé de lignes rectangulaires formant des carrés réguliers, pour apaiser l'esprit dont les yeux sont occupés à regarder en l'air et parler aux pieds pour les rassurer.

Et c’est ainsi que l’on passe très facilement d’un port à l’atmosphère vraiment très portuaire à un nouvel endroit très chic en plein Paris, en se surprenant à chercher où se trouve les signes de couleurs, comme une nouvelle langue qui s'adresse à des connaisseurs…Un formidable pari de création architecturale et picturale numérique réussi dans les deux cas !

                                                                          *

. Pour découvrir Felice Varini,  se rendre sur son site au carré rouge, à la page d’accueil rouge sur http://www.varini.org/index.html

. Pour suivre le chemin menant au Port de Saint-Nazaire . Felice Varini à Saint-Nazaire pour l’Evènement Estuaire 2007 sur http://www.estuaire.info/fr/oeuvre/suite-de-triangles-saint-nazaire-felice-varini-2007/  Il existe aussi une plaquette « Estuaire 2007.2009.2011, Nantes <>Saint-Nazaire, le paysage, l’art et le fleuve, www.estuaire.info  . Voir aussi le carnet de jeux conçu pour les enfants. Pout la série des triangles, il faut trouver le point où les triangles apparaissent en continue sur http://www.estuaire.info/fr/telechargements/  Ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Suite_de_triangles  . Voir la photo prise à partir du point choisi par l’artiste sur http://www.pnlphotographies.com/saint-nazaire-la-suite-de-triangles/  . Photos Saint-Nazaire des Triangles 2007, d’après le dessin du silo d’Estuaire 2007-2009 et Elisabeth Poulain pour 2014, 2015

. Pour suivre le chemin menant au Carré Edouard VII à Paris . Le Cours, le Carré ou le Square Edouard, propriété de la SFL, à découvrir dans l’important dossier de presse très précis et très complet « Mémoires contemporaines 2 » de 8 pages sur http://www.fonciere-lyonnaise.com/Carre-Edouard-VII/upload/DP_Felice_Varini_Memoires_Contemporaines_2-V2.pdf  ainsi que http://www.servcorpconferences.fr/2012/10/04/surprenant-lart-contemporain-sinvite-dans-le-square-edouard-vii/  . Le Théâtre Edouard VII-Café Guitry à retrouver sur http://www.theatreedouard7.com/  

. Pour Saint-Nazaire, photos des contributeurs wikipedia, abxbay et Demeester, avec mes remerciements,  Elisabeth Poulain, France Poulain pour les autres. Pour Paris, belles photos d’André Morin à voir dans le site de la Foncière Lyonnaise ainsi que dans la plaquette d'Estuaire 2007.

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