En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Les Habits du Vin

Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 20:07

      

A Cuba, dans la vieille ville de La Havane, classée au titre du Patrimoine mondial de l’UNESCO, beaucoup de vieilles et belles demeures sont peintes en couleurs. Il y a des jaunes clair adoucis d’une teinte de miel, de l’orange et aussi maintenant des bleus doux, des roses…. Certaines façades ont été restaurées telle celle qui abrite le Musée du Rhum ; d’autres ont gardé plus ou moins leurs teintes d’origine. Les murs dont je vais vous parler  aujourd’hui vous racontent une histoire différente et pourtant liée, l’un parce qu’il sert valoriser la musique et la danse cubaine dans le cadre de la Semaine du Havana Club pour son 10è anniversaire en 2004 et l’autre est une publicité pour le Havana Club 3 ans d’âge en Allemagne.

La Havane-mur-jaune-Havana-Club-Pernod Ricard-2004-DSC05515

. Le mur jaune est celui qui nous intéresse d’abord. Le mur a perdu une partie de son crépi en deux endroits vers le bas et la peinture jaune a déjà dû servir de cache-misère.   C’est le cliché qui figure en couverture d’« Entreprendre », le magazine du Groupe Pernod Ricard. Il s’agissait pour le Groupe de célébrer en 2004 le 10è anniversaire du Havana Club, comme en témoigne la taille du lettrage de la mention 10 ans qui figure en rouge éclatant. On y voit une jeune femme danser au son de la trompette dont joue le musicien. Tous deux sont habillés de blanc. Elle est éclatante de vie ; elle rit franchement sur ses talons très hauts face à lui qui est très concentré. Le couple symbolise la joie de vivre telle qu’on l’imagine aux Caraïbes et à Cuba en particulier à nouveau, en partie grâce à la musique,  à la danse et … au rhum. 

On ne sait si la scène se passe  dans la rue ou dans une cour. Il semblerait que la seconde hypothèse soit la bonne en raison de l’absence de marche. Les deux portes turquoises sont fraîchement repeintes, celle de gauche semble être la plus importante. Elle est entourée d’une  bande blanche soulignée d’un trait noir. C’est le noir aussi qui a été choisi pour finir le mur en bas, à sa rencontre avec le sol. La partie noire qui court sur le mur proche de la porte de droite de haut en bas semble être une ombre portée.

Les couleurs associés à ce jaune très doux à l’œil, outre le vert turquoise adouci, un peu de blanc en bandeau autour de la porte et du noir en séparation entre le jaune et le blanc, sont le blanc et le rouge. Le nom du magazine « Entreprendre » figure en blanc ainsi que le logo et la signature de PR, tout comme le nom de la marque Havana Club en signe de revendication forte.   La présence du rouge est moins disséminée mais plus impactant. Ce rouge doux adouci d’une pointe de jaune  est  concentré sur le dixième anniversaire, avec un « 10 »  qui occupe la moitié de l’espace en bas sur toute la hauteur des jambes du musicien. Les pieds de la danseuse sont en partie occultés par les « ans » en rouge. Le rouge constitue, avec la forme carrée et le logo du groupe, un des trois marqueurs identitaires du GrLa Havane-mur-orange-Havana-Pernod-Ricard-2004-DSC05516oupe PR.

 

. Le mur orange avec un lettrage jaune ancien et des traces de peinture verte en sous-couche. C’est la photo d’un vrai mur qui est resté dans son jus depuis un certain temps ; une façon de dire qu’il n’a pas été repeint depuis qu’il était passé du vert à l’orange. A ce moment-là, il était orné de lettres jaunes que l’on devine tout en haut  sur le mur proprement dit ainsi que sur la colonne du côté droit. Ce relief en forme de colonne avec un socle orné d’une étoile à cinq branches et au-dessus d’une plaque à coins coupés en arrondi marque la volonté d’anoblir la façade. Cela n’avait pas empêché le peintre de continuer à écrire dessus à la demande certainement de son client.  

Cette fois-ci il s’agit d’une vraie publicitéet non pas de la couverture du magazine du Groupe Pernod Ricard. Comme le signale le magazine en page 25, c’est une campagne utilisée en Allemagne. C’est la raison pour laquelle l’argumentaire  est écrit en allemand « Es lebe das Leben. (Havana Club) Cuba flüssig. »  qui est difficile à traduire. La première partie  peut se lire comme « La vie se vit. » ou plus simplement « La vie, c’est ça » , suit la photo d’une bouteille Havana Club 3 ans d’âge, puis « Cuba flüssig », qui veut dire « Cuba facilement ou aisément. » L’idée semble être que savourer un rhum Havana Club est la façon la plus naturelle de comprendre et d’aimer Cuba. Il suffit en allemand de six mots et d’une bouteille pour exprimer cette idée. Une petite phrase pourtant qui rend perplexe les traducteurs automatiques sur le Net. On comprend mieux pourquoi ce visuel est réservé au marché allemand.

Mon choix entre le mur jaune et le mur orange sur vert va clairement au second. Il a gardé trace de son passé sans chercher à devenir beau ou trop beau. Il pose la vraie question du jusqu’où faut-il relifter un vieux  bâtiment ? Faut-il changer ses couleurs au risque de tout ou de beaucoup harmoniser pour plaire au goût d’aujourd’hui?  La question n’est pas simple. Et il a autant de réponses que de situations particulières.   

Pour suivre le chemin

. Aller à la Havane, à découvrir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Havane

. Visiter le Musée du Rhum à la façade jaune adouci , à découvrir sur le site de Pernod Ricard http://havana-club.fr/fr/patrimoine-havana/musee-du-rhum-de-la-havane

La Havane-Habana-Club-Bouteilles jaunes et rouges-2004-

. Consulter « Entreprendre » le magazine des actionnaires de Pernod Ricard, n°44, printemps-été 2004, Havana Club 10 ans

. Pour 2014, Havana Club fête ses 20 ans avec une semaine multi-culturelle très dense et le slogan « Havana Club, nothing compare to Havana »à découvrir sur  http://havana-club.com/sites/default/files/whats-on-havana_october2014_fr.pdf

. Lire aussi http://www.photomazza.com/?ZONE-VARIOUS-ARTICLES-Old-Havana&lang=fr avec de beaux clichés d’aujourd’hui.

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes remerciements au  Groupe Pernod Ricard.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Architecture-Urbanisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 27 octobre 2014 1 27 /10 /Oct /2014 17:36

 

Une logique de conquête spatiale d’un nouveau type. C’est le ressort fondamental de la dynamique de la publicité. Après la conquête des esprits, des âges, des territoires urbanisés, des cultures quelque qu’en soit le type et l’endroit dans le monde, il reste toujours quelque chose de nouveau à exploiter, comme on en a fait hier avec le pétrole, maintenant avec le gaz de schiste…

La plage, Renault, LM20030618

Le regard intéressé porté sur la plage.C’est un espace par définition non construit, appartenant à tous, apparemment sans voiture du moins en France et où vont les gens pour s’asseoir, marcher, se délasser, nager, se mouiller… Ils sont vraiment au repos ou font bien semblant. Quelques-uns arrivent à lire, mais ils sont rares. Beaucoup de personnes arrêtées sans bouger à un endroit en train de regarder la mer, quelle aubaine pour les publicitaires! Voilà une cible intéressante qui profite des retombées interculturelles de la mondialisation sur les usages et pratiques différenciées de la plage au fil du temps. Le sable n’a pourtant pas été au commencement de notre histoire. C’est par l’eau qu’elle a débuté. L’usage de la plage a suivi, surtout là où le temps n’est pas forcément chaud.

La conquête spatiale en photo. Les premières cartes postales montraient la plage des estivants le plus souvent vue d’en haut, à l’instar de ce que faisaient les peintres comme Raoul Dufy. Il y avait une idée de surplomb pour bien voir et d’une certaine domination en matière  de relations à la nature et de positionnement social. On montrait la plage dans sa pratique balnéaire, de nouveaux styles de vie des lanceurs européens de la mode. Pour évoquer les vacances, rien de mieux que d’envoyer une carte postale avec des vacanciers en train de jouer au ballon, de prendre le soleil, de barboter dans l’eau. On est alors dans une cohérence de vacances, qui évoquent le vide, ne l’oublions pas. Comme ces personnes, qui vous disent qu’elles font le vide en vacances. Ce vide, où l’on ne pense à rien, est un véritable appel d’air pour les publicitaires. 

La plage, Renault, Le Monde 20030618

La nouvelle vision de la plage pour les publicitaires. Cette fois-ci, il s’agit de lier l’univers de la plage à l’univers des marques grand public telles que Renault en 2003 ou des grandes marques telles que Dior (2012) et récemment Emporio Armani en 2014. L’intéressant est de voir l’évolution en un peu plus qu’une décade. La plage devient un paysage de pub, pour des objets hors-plage, qui n’appartiennent pas à cet univers qui n’est jamais simple, avec quelques exemples. 

. Pour Renault New Deal, il s’agit de vendre un véhicule particulier neuf, Contrat Losange de 5 ans  ou 100 000 kms au barème d’avril 2003, du 1er juillet au 30 août. C’est la période de temps de validité de l’offre qui inspire Publicis, l’agence de com, en charge de la campagne, avec le slogan suivant « L’été, tout n’est pas garanti comme une Renault. ». Elle a demandé à F. Lelong de concevoir le dessin. Celui-ci existe en deux modèles, l’un en format horizontal de la largeur du quotidien « Ouest-France » et l’autre en portrait vertical pour des magazines, tel qu’une revue de programme de télévision. 

« L’été, tout n’est pas garanti comme une Renault » évidemment. Dans ce premier visuel, on y voit deux vacanciers prévoyants assis sur leur drap de plage, bien tirée sur le sable tout près de l’eau. La mer est lisse, avec une toute petite vague de bordure ; l’eau bleue ciel est d’huile, le ciel est rose. Et, un énorme avion volant très bas passe au-dessus des deux plagistes. Mais ceux-ci sont prévoyants. Ils ont pensé à tout et ont des gros bouchons d’oreille anti-bruit. Quant à la plage, elle est plate de plate et est surtout vide de tout occupant. C’est l’avion qui mange tout l’espace, au- dessus de l’eau et de la plage. Tout ça pour dire qu’il vaut mieux aller acheter une Renault, qui va occuper toutes vos pensées plutôt que de vouloir rêver avec un bombardier lourd qui vous écrase sous son bruit. 

   La plage, Renault       

. L’homme jambes nues et gros blouson orange regarde fixement la mer alors qu’il pleut à verse. Ce second visuel de F. Lelong paru dans la même série de 2003 est plus parlant encore. On ne voit le vacancier que de dos  mais on devine pourtant son fort désappointement. La mer est franchement mauvaise, il y a des moutons, le ciel bas est gris, avec un gros nuage qui envoie des cordées obliques d’eau. Dans le ciel, on ne retrouve plus le gros avion qui vole trop bas, le gros nuage suffit à meubler le vide. Le sable légèrement vert n’attire plus personne. L’idée de s’y asseoir serait absurde. Ce dessin montre toute la désespérance d’un aoûtien les pieds mouillés sur le sable l’été quand il pleut au bord de la mer.  Et l’homme de rêver à une Renault où il serait bien au chaud sous la pluie. C'est le meilleur visuel de F. Lelong.

La plage, Dior, LM20121210

. Dior a également utilisé la plage (2012), mais cette fois-ci sans que l’on voit la mer, un peu moins de 10 ans plus tard. Il fait vraiment très beau, le sable, la dune dans le lointain et l’énorme ciel composent le paysage qui sert d’écrin à la jeune femme qui sert d’égérie à la marque. Elle porte une robe Dior, avec un gilet deux tons beige rose + une bande jaune vert au bas des manches, un sac à main matelassé rouge qui détonne franchement sur une plage et …des chaussures compensées si hautes qu’il doit lui être impossible de marcher surtout dans du sable. Elle regarde la mer en souriant pendant qu’un petit avion bleu à l’allure d’une grosse libellule s’apprête à la survoler. Elle devrait alors se tourner vers l’avion qui va passer juste au-dessus d’elle ou plutôt se poser à côté d’elle. Mais non, elle sourit. C'est la seule de tous les visuels.  

La plage serait alors un petit aérodrome et la jeune femme celle que vient chercher l’aquaplane. Il n’y a plus de lien entre la plage et la mer et l’objet de la publicité, ni vraiment entre la plage et celle qui aurait beaucoup de mal à vraiment marcher dans le sable. La plage est devenue une scène de théâtre non adaptée, justement pour retenir l’attention. C’est une publicité qui appartient au genre « télescopage ». C’est la seule explication que j’ai pu trouver à cette création maison Dior.

La plage, Emporio Armani, Le Monde 20140914

. Emporio Armani a également signé son propre visuel (2014) situé cette fois-ci carrément sur la plage mouillée, là où les vagues terminent leur avancée sur le sable. C’est l’endroit choisi par le concepteur du visuel. Tout est gris et noir, grise la tenue haute avec chemisier, veste et long manteau de tissu fluide. La jupe pantalon large et souple est noire, tout comme les chaussures à bride et haut talon aiguille. On voit clairement l’empreinte sur le sable mouillé de la chaussure du pied droit et le léger enfoncement du talon de la chaussure du pied gauche. Une très grande attention est portée aux lignes qui strient le sable humide, l’eau et le ciel, ainsi qu'aux variations de gris. Outre les chaussures à talon totalement incongrues pour marcher, le chapeau est impressionnant, tant ses dimensions paraissent démesurées par rapport à la silhouette de la jeune femme qui cache ainsi ses traits. La dimension « télescopage » est encore plus accentuée que dans le visuel précédent. Une telle promenade les pieds dans l’eau abîme définitivement les chaussures. Il y a là un air d’Ancien Régime, dans une photo superbe.

En 10 ans, on est passé d’une vision encore classique du séjour à la plage avec une grande serviette pour s’y placer à deux pour ensemble  rêver à une voiture Renault, à une jeune femme alerte qui attend l’avion qui va se poser sur l’eau pour venir la chercher sans qu’elle mouille sa tenue Dior ou ses pieds itou, à une autre enfin qui joue à cache-cache avec nous tout en mouillant ses souliers à très hauts talons pointues Emporio Armani. La plage, on y vient aussi toujours faire des cures de solitude propres à s’aérer l’esprit. Cette solitude est vraiment la distinction à faire entre la voiture Renault conçue par la famille et les vêtements et chaussures Dior et Armani. Dans le second cas, on est seule au monde, une solitude revendiquée comme une forme d’élitisme assurée.  

Reste la nouvelle dimension choisie par la publicité en 2014, qui est de montrer la voiture seule sur la plage. Elle occupe tout l'espace. Il n'est plus besoin de meubler le ciel avec un gros avion, un petit aquaplane ou un gros nuage noir menaçant, ni même d'avoir des personnes. La voiture a tout conquis. C'est un très beau cliché qui montre à voir une Volvo XC60 blanche la nuit seule sur une plage, au bord de l'eau qui se détache sur un ciel où règne seul un petit nuage posé au dessus de la voiture, comme une auréole. Il n'y a plus personne, à l'exception de celui qui regarde. Tout est bleu nuit grisé qui fait ressortir le blanc de la voiture, le petit nuage et le texte. 

Pour suivre le chemin menant à la plage

. Renault, 5 ans de garantie du 1 juillet au 30 août, une création de Publicis, Le Monde 18.06.2003, Ouest-France du 04.08.2003

. Dior, une création maison, parue dans Le Monde 9.12.2012

. Emporio Armani, un visuel auto-conçu, paru dans le Monde 18 septembre 2014

. "Volvo XC60 de l'audace" est un visuel produit par Fuel France pour la marque, à voir dans le Monde 15.10.2014. Attendre un peu pour voir le visuel sur le Net.  

 . Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album "Mer2" à l'intérieur de l'album mère "Mer-Eau"!

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Communication & Marketing
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 16:54

L’endroit est exceptionnel et le temps d’une douceur remarquable. En ce samedi après-midi, on se croirait en pleine saison dans un lieu hyper-touristique, près du bord de la mer. L’étang Saint-Nicolas est bordé par le parc Saint-Nicolas, qui tous deux avaient pour particularité de dépendre de l’Abbaye Saint-Nicolas qui domine toujours l’étang avant qu’il ne disparaisse aux yeux de tous. Son eau canalisé rejoint le parc Balzac de création récente pour lequel la ville d’Angers a gagné un prix au niveau européen de l’autre côté de la grande place.

DSC03820

Situé non loin du château d’Angers, le site est bien connu des Angevins. Le Parc Saint-Nicolas est un véritable trésor historique, patrimonial et naturel. Bordé par les villes d’Angers, d’Avrillé et de Beaucouzé, il n’en demeure pas moins un vrai morceau de nature partie intégrante de la ville et d’où on ne la voit pas. Il est vrai que ce véritable lac, qu’on appelle ici un étang,  est protégé par sa topographie de part et d’autre d’une faille taillée au fil des siècles dans le  schiste noir. Au fond de la coulée, s’étale le Brionneau, une petite rivière qui plus loin après avoir traversé le Parc Balzac arrive doucement à la Maine. Dire qu’elle se jette dans la Maine, serait franchement exagéré, son débit étant très faible.

DSC03832

La Maine, quant à elle, est la plus courte rivière de France. Elle offre la particularité de ne pas avoir de source, car elle est formée par trois vraies rivières que sont la Mayenne à l’Ouest, la Sarthe au milieu venant du Nord  qui a aussi en sa rive gauche un affluent d’importance, qui est le Loir. Toutes ces eaux se rejoignent juste en amont d’Angers pour former la Maine qui débouche sur la Loire quelques kilomètres  plus bas à la bien-nommée Bouchemaine.   

  DSC03848        

En cette fin d’été qui a parfois des allures de début d’automne, ou plutôt l’inverse, je crois avoir rarement vu  autant de monde se promener. En couple qui se connaissent bien, avec souvent le monsieur qui parle et la dame qui écoute, rarement l’inverse, des personnes des deux genres seules ou en famille qui promènent leur chien attaché en laisse le plus souvent, sauf quand il est de petite taille ou qu'il a envie de se baigner. Des adolescents se baladent à plusieurs, en tenant leur vélo à la main.

DSC03887

Il y a ceux qui connaissent. Ce sont les plus nombreux. Ils apprécient tant le parc que certains y viennent tous les jours, à la même heure et de la même façon, en ce sens qu’ils font le tour – il y en a trois, le petit -4kms environ-, le petit plus avec un pont juste au-dessus, ou le grand de 8km environ– quasiment tous dans le même sens inverse des aiguilles d’une montre. C’est le flux franchement majoritaire, tellement qu’en semaine les joggeurs vers 17h-18h courent en file indienne le long du chemin qui fait le tour de l’eau. A notre plaisir, ils sont les rois de l’étang Saint-Nicolas.

DSC03891

Et il y a ceux qui ne sont pas là pour bouger ou alors le moins possible, juste pour l’indispensable. Je vise là les pêcheurs à la ligne, sagement assis au bord de l’eau, à deux copains, parlant entre eux tout doucement, sans faire un geste inutile. La pêche à la ligne étant une activité de plein exercice se suffit à elle-même. Ils sont franchement détendus, les uns et les autres ayant choisi un coin à soleil doux pour le plaisir de sentir vraiment sa douceur, entourés de leur matériel chéri, avec des promeneurs qui passent non loin d’eux, sans troubler leur quiétude.

DSC03838

Ils sont tous d’accord pour que je les prenne en photo. Comme me l’a dit l’un deux,  « ça va, cela ne gênera pas le poisson ». Quant aux deux jeunes, en train de bien discuter près de la passerelle du milieu de l’étang, l’un est un aguerri qui pêche depuis longtemps. Il forme son copain qui lui débute dans le noble exercice de la pêche à la ligne. Ils sont tous vraiment heureux. Ils se racontent des histoires de pêcheurs en faisant attention à leur canne, mais sans chercher, à ce qu’il me semble, à vraiment rapporter du poisson à la maison, les autres non plus d'ailleurs.  

  DSC03886 

Les boulistes forment une autre catégorie de joyeux copains qui doivent avoir l’habitude de jouer ensemble. Pour eux, la photo sera prise de face. Pendant ce temps des coureurs s’arrêtent à la fontaine pour boire de l’eau ou se rafraîchir, tant l’effort a dû être long.

DSC03839

Et puis, derrière eux, il y a maintenant un nouveau groupe de sportifs, qui viennent tester les appareils sportifs mis librement par la ville à leur disposition pour faire leurs exercices de musculation ou de décontraction musculaire en plein air, sur le modèle nordique ou anglo-saxon. Une vraie réussite visible de la rue Saint-Jacques qui aboutit à la Grande Place Maurice de Farcy.

DSC03843

Combien de personnes ai-pu voir en cette balade douce prise à contre sens pour rejoindre le premier petit pont qui séparait l’étang haut dépendant de l’Abbaye aux Bonhommes de l’étang bas rattaché à celle de Saint-Nicolas ? Impossible à dire, je ferai comme les enfants qui répondent, après avoir bien réfléchi « je ne sais pas, en tout cas, il y en avait beaucoup ». Surtout qu’il y a eu toute une série de personnes que j’ai vue deux fois parce qu’eux  faisaient le tour, dans le « bon sens », celui  qui est inverse aux aiguilles d’une montre.  

DSC03902

Avec des gags parfois. Une dame qui me demande en venant me regarder de près en me croisant, « je vous connais ? » Elle réfléchit en fronçant le sourcil et dit à son mari « Non ». Ma réponse « ce n‘est pas grave !»  Ou ce chien, un grand filou qui a eu le temps d'aller prendre un bain dans l'étang près de la passerelle, pendant que sa maitresse discutait avec une amie...    

Pour suivre le chemin

. A retrouver avec une vue aérienne très éclairante sur le site de la ville d’Angers http://www.angers.fr/vie-pratique/vie-quotidienne/environnement/les-parcs-et-jardins-publics/patrimoine/espaces-naturels/les-parcs-saint-nicolas/index.html 

. Plan du parc, http://www.angers.fr/vie-pratique/vie-quotidienne/environnement/les-parcs-et-jardins-publics/patrimoine/espaces-naturels/les-parcs-saint-nicolas/index.html

. Toujours wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tang_Saint-Nicolas

DSC03903

. Certains font le parcours du haut, ou enchaînent le tour de l’étang Saint-Nicolas avec celui du parc Balzac, à voir sur   http://www.courseapied.net/forum/msg/100886.htm

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 18 octobre 2014 6 18 /10 /Oct /2014 12:53

 

Traduction du titre. Ce billet va vous parler du bois, celui que nous fournit encore l’arbre, celui qui a permis l’essor de civilisations depuis des millénaires et ce partout dans le monde. C’est notamment grâce à lui qu’il a été possible à l’humanité de vivre et de survivre. Il s’agit donc d’abord d’un hommage au bois, qui permet la vie et assure la survie. J’aurais pu tout aussi bien vous parler du « chant du bois aux Iles Lofoten », en ajoutant que cette ode est « force 5 ». Vous allez comprendre pourquoi.  

DSC04869.JPG

Les Iles Lofoten. Cette indication de la localisation est essentielle. Le rôle dévolu au bois n’est pas le même selon que l’on est en un pays tempéré qui célèbre « la douceur de vivre »  comme la France ou dans le Grand Nord, comme le sont les Iles Lofoten situés en plein océan arctique au nord de  la Norvège. Les conditions  climatiques ne sont pourtant pas celle qu’on imagine. L’hiver, le temps est doux du fait de l’influence du Gulf Stream qui baigne les côtes des îles sud de la Norvège. Néanmoins les vents venus du Pôle et les courants ne facilitent pas la pêche des  morues en mer. Retenez que si la douceur de l’eau attire ces poisson, la vie est franchement rude là-haut pout ceux qui y habitent. Il faut des cœurs bien accrochés, une très bonne connaissance de la mer et une excellente pratique de la pêche de janvier à avril - la période faste - pour survivre.

Le moment. Outre cette saisonnalité régulière, l’époque choisie par le rédacteur de l’Illustration, T. Chauvin,  se situe quelques années avant le 5 mai 1928, date de la parution de l’article. Il a vécu en effet plus de deux ans là-bas et déclare avoir eu en outre grand plaisir à y revenir le temps de faire cet article, après être parti du grand port de Bergen situé au sud sur le continent, en compagnie de pêcheurs venus pour faire la saison de pêche.

DSC04870

La pêche à la morue en vraiment quelques mots. Elle a eu une importance qu’on a peine à imaginer maintenant. On peut comparer son essor dès le Moyen-Age et son importance avec le commerce des épices qui a ouvert le monde  selon Fernand Braudel, suivi quelques siècles plus tard dans  seconde moitié du XIXe siècle par la Ruée vers l’Or en Californie. Les pêcheurs venaient du Portugal, du Pays basque, de Terre Neuve…

. Les barques traditionnelles et bateau de pêche, en Ier usage du bois. Toutes en bois, elles commençaient déjà à être remplacées en ces années 1927-1928 par des bateaux à moteur dotés de pont couvert qui permettaient aux hommes de se mettre à l’abri, le temps de l’aller sur le lieu de pêche et au retour. Il n’en allait pas de même avec les longues et étroites barques effilées à la pointe particulièrement haute devant et un peu moins en arrière. Les plus anciennes, qui  étaient manipulées à la rame, ont été progressivement remplacées par des barques plus grandes dotées d’une voile carrée dissymétrique de couleur rouge ou bleu. Les rames étaient conservées tant la navigation était rendue difficile avec ce type de voile.

L’article de L’Illustration présente deux types de bateaux. Le cliché le plus ancien montre des barques non pontée, sans mat et donc sans voile où l’on distingue une petite dizaine d’hommes dont certains  rament. Les barques ont une silhouette ressemblant aux anciens drakkars des Vikings.  Sur la seconde photo, on aperçoit  des bateaux plus grands à l’arrêt, avec semble-t-il deux mats, le plus petit à l’arrière portant sa voile non attachée pour pouvoir battre au vent.   

DSC04868

. A terre, le poisson est mis à sécher dans des sècheries – 2e usage du bois -pour pouvoir être conservé et ensuite transporté. Il faut donc prévoir des installations à cet effet en plein air. C’est ce que montre la photo qui occupe la place prééminente dans l’article. Les sècheries sont constituées de poteaux de bois enfoncés dans le sol, auxquels sont fixées de longues poutres horizontales sur lesquels sont posés les poissons attachées deux par deux par la queue. De cette façon, le vent passe aisément entre les poissons.  

. Il faut aussi que les pêcheurs puissent trouver un abri à terre au plus près de la mer qui entoure les Iles Lofoten. Comme tous les pêcheurs de morue, de retour à terre, ils sont aussi bucherons l’été et quand le temps le permet. Ce sont donc eux aussi qui ont conçu, taillé et monté les cabanes de pêche3e usage - à partir des troncs bruts d’arbre. Ces cabanes de pêche sont conçues sur le mode minimaliste d’une ou deux pièces au mieux avec  l’une dédiée au couchage et l’autre au matériel, l’idéal étant d’avoir aussi un porche extérieur couvert pour y stocker du matériel hors neige. Visiblement la photo du campement à Balstad ne semble pas en posséder, comme le montrent les malles de bois posées dehors ainsi qu’une partie de l’outillage (photo n°4). On peut aussi penser que la cabane de pêche pouvait être  composée d’une seule pièce, accolée à d’autres en bande, quand la situation au sol s'y prêtait. Un des quatre murs était alors chauffé par le mur accolé.

DSC04867

. Qui dit habitat temporaire, dit aussi transport et de stockage du matériel de survie nécessaire au bon déroulement de la campagne de pêche. Il faut prévoir des malles résistantes en bois pour remplir cette 4e fonction. C’est ce que vous découvrez sur la photo  la moins travaillée mais qui est riche d’informations. C’est aussi la seule où l'on peut voir un vraiment jeune pêcheur, tête nue et chemise ouverte dans l’entrebâillement de la porte basse d’une des cabanes accolées les unes aux autres.

. La porte refermée, à l’intérieur, le bois remplit deux autres fonctions proprement vitales  qui sont le chauffage et la cuisson de la nourriture (5e et 6e fonction). Un seul poêle alimenté au bois permettait de chauffer le volume restreint, de « détendre les membres » selon l’auteur de l’article, de faire baisser la pression, de deviser  agréablement et le dimanche de se reposer, le jour du Seigneur….

T. Chauvin termine son article, qui « n’a pas pris une ride » selon la formule consacrée, en disant des pêcheurs que  " leur optimisme est étonnant et il suffit d’une bonne journée de pêche pour faire renaître chez eux l’espérance et la bonne humeur. Ce sont des vrais fils de mer ". Oui, en partie grâce au bois de vie, de survie…           

Pour suivre le chemin de la morue

. Retrouver l’Illustration en date du 5 mai 1928, avec l’article remarquable de T. Chauvin, « Avec les pêcheurs de Morue des Iles Lofoten ». Quatre des photos ne sont pas signées, seule « La flottille de pêche au large de Slolvaer » en page 444 l’est par Otto Hoy. 

. Découvrir sur Persée  des extraits de l’étude de Michel Barbe, « La pêche aux îles Lofoten »,  (dans les années 1960-66),  Revue de géographie de Lyon. Vol. 41 n°1, 1966. pp. 29-60,  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geoca_0035-113x_1966_num_41_1_2592

. La morue n’est pas seulement l’affaire des pêcheurs norvégiens, elle l’était aussi celle des Normands, des Basques et des Portugais… et des Canadiens, à voir sur Radio-Canada «La morue, des siècles d’histoire », à  regarder sur http://archives.radio-canada.ca/economie_affaires/ressources_naturelles/clips/7190/

. Fécamp, haut lieu du départ des pêcheurs normands vers Terre-Neuve, voir http://www.fecamp-terre-neuve.fr/Historique/GrandesDates.html

. Avec l’histoire de la morue à Fécamp, « La morue normande, de la conserverie au musée » sur http://www4.culture.fr/patrimoines/patrimoine_monumental_et_archeologique/insitu/article.xsp?numero=8&id_article=levert-482

 http://www.canalacademie.com/ida7106-La-Morue-de-l-or-blanc-a-la-brandade.html

. Photos Elisabeth Poulain d’après le magazine

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Nature & Co
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 16:40

Décryptage. Voilà encore un travail d’étudiant dont je ne sais s’il résulte d’un travail collectif auquel cas, il faudrait mettre un « s » à étudiant ou est la création d’un seul. Pour cause de limitation du nombre de caractères dans le titre, il n’y en aura qu’un seul, avec l’équation suivante =  un chien, un regard, un œil dans une ville, un auteur...

Le chien dans la ville, le boxer1

Le résultat en grand format. Il occupe pleinement l’espace d’un cadre 62cm  sur 82cm en hauteur et pourtant on en voit que sa tête ou plutôt son profil droit qui n’occupe que 28 cm en largeur sur 26cm d’un carton qui a été peint. Sa tête en plus n’est pas centrée. Elle ne figure que dans le coin haut à droite du grand quadrilatère vertical, en position portrait.    

L’expression. Elle est proprement étonnante de force. Le chien a été saisi au moment où il aperçoit quelque chose qui retient son attention, sans que l’on sache évidemment quoi. Son œil est remarquablement rendu. Il est bordé de noir afin de le rendre plus visible. Ses oreilles ont été rajoutées visiblement après. On dirait que le peintre a représenté l’œil, tracé ensuite le profil d’un chien boxer, fini le menton, accentué le haut de la tête, esquissé la nuque … et puis basta.

Le reste est couleurs, essentiellement de gris, de rose, de jaune et du noir. Celui-ci  sert à lancer des lignes en diagonales pour garder une certaine maîtrise a postériori. Une autre grande ligne, plus large de couleur rose a été occultée par un certain tourbillon qui donne un rendu de trouble, de vitesse et de bizarre.

Le chien dans la ville, le boxer2, sa tête,

Pourquoi la ville. Aucune raison venant de la peinture assurément, si ce n’est  que je ne peux l’imaginer autre part que dans un endroit fourmillant de gens, de bruits et de couleurs, au point que le chien doit se dominer pour garder le contrôle. Il est calme et vigilant. Une preuve en est que son nez a l’air de fumer, tellement il se contrôle, mais en assurant.     

Pour suivre le chemin

. Ce carton a été produit au cours d’un atelier de créativité auquel ont participé des élèves ingénieurs de 5e année. Une hypothèse pourrait être que la tête est l'oeuvre d'un seul et que plusieurs se sont mis ensuite - ou avant - à l'oeuvre pour donner du corps au reste.   

. L’essentiel à connaître sur le boxer sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Boxer_(chien)

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Images Aléatoires

  • Pub caravane Sprite
  • Château de Gaillon, Allée conduisant à l'entrée
  • Abbaye-Bon-Port-Entrée-vue-à-la-Sortie-466
  • Lyon 2010.06.12 005
  • Bouteille champenoise, le fond
  • Château de Gaillon, Pavillon Colbert
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés