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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Un cerveau d’homme tout en tuyaux > Un dessin de Sardon, dessinateur

25 Mars 2015, 15:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

L'homme de demain, un dessin de Sardon, pour Le Monde-Recherche universitaire  18-11-2010

L'homme de demain, un dessin de Sardon, pour Le Monde-Recherche universitaire 18-11-2010

Parler du dessinateur Sardon d’abord. Il est dessinateur, ce qui veut dire que dessiner est sa façon de s’exprimer. Il ne faut donc pas compter sur lui pour donner vraiment des informations le concernant. Comme si « dessiner » était antinomique de « parler », comme si les mots pouvaient porter atteinte à une certaine forme de vérité parfois cruelle. Le trait dessiné peut aller beaucoup plus loin, en sachant atteindre  très rapidement dans le cerveau les zones d’émotion à activer. Celles concernant l’intelligence transmise par les mots sont beaucoup plus lentes. On sent, on perçoit, alors même qu’on ne comprend parfois ni la langue ni les mots ni leur assemblage. Donc à part le fait que sa famille est originaire d’Espagne, qu’il est dessinateur de BD et de presse en particulier pour Libération et parfois le Monde, je n’ai guère d’info à vous apporter à part le peu qu’il dit de lui . Du genre « c’est pas de ma faute, c’est lui » ! 

C’est un dessin de dessinateur de presse. Il ne suffit pas de savoir dessiner pour travailler avec la presse. Il faut savoir travailler vite et exprimer un « je ne sais quoi qui fait la différence », qui fait qu’une fois que vous avez vu un des dessins de Sardon, vous ne l’oublierez pas et c’est le cas avec celui-là. Cela fait plus de cinq ans que je sais qu’un jour vous direz aux autres :

« Regardez cet homme à la tête en tuyaux.  Il vous fait peur ? Vous avez raison. Parce que c’est vous dans le regard de l’autre, parce que c’est moi déjà. De vous, il ne reste qu’un seul œil à la tâche blanche qui commence à éclore, l’autre œil  est déjà mangé. Il est devenu un cadran qui indique…Qui indique quoi ?

Vous n’en savez rien, lui non plus peut-être. Ce n’est plus lui qui décide, c’est « la science  (qui) nous parle de l’humain ». L’humain est cet homme-tuyaux, traduisez cet homme  dont le cerveau est constitué par des tuyaux à l’enchevêtrement complexe de fils de différence grosseurs, avec des compteurs ici et là, un nez en forme d’entonnoir inversé, sans bouche mais avec de grandes et vraies oreilles… . »

De l’homme, il a l’apparence de la tête, les oreilles, je l’ai déjà dit. Il a l’insensibilité de la machine et surtout il fait peur tant il a peur. Comment une machine peut-elle avoir peur ? C’est une bonne question dont je n’ai pas la réponse. » C’est un dessin d’homme de Sardon en beige, strié de noir avec du blanc pour l’œil-cadran et la tâche blanche qui débute sur l’autre, celui qui a l’iris vert et la pupille noire…Peut-être l'homme de demain.    

Pour suivre le chemin

. Dessin paru dans Le Monde, supplément « Prix de la Recherche Universitaire », 18 novembre 2010, page I

. Découvrir « Le Tampographe » de et par Sardon sur  http://next.liberation.fr/arts/2012/04/25/sardon-vraiment-tamponne_814397

. Aller compléter sa biographie sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Sardon où on parle surtout de lui comme auteur de BD. En tant que dessinateur de presse, ses dessins paraissent dans Libération et aussi, notamment dans Le Monde.    

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Styles de Pub Caravanes > Sterckeman & Fairview

24 Mars 2015, 11:24am

Publié par Elisabeth Poulain

Ces deux visuels publicitaire, l’une d’une marque allemande et l’autre anglaise, ont en commun de parler de l’art de vivre en caravane à l’arrêt, un thème que nous avons déjà rencontré, mais cette fois-ci avec quelque chose de différent, très hédoniste, la première publicité centré sur la fraîcheur de la caravane l’été face à la chaleur du soleil extérieur et la seconde sur le plaisir de se dorer au soleil en maillot de bain… .

Publicité Sterckeman, années 60, Cl. Elisabeth Poulain

Publicité Sterckeman, années 60, Cl. Elisabeth Poulain

 

Sterckeman est une marque allemande de caravane qui signifie en français ‘l’homme fort’. Ici dans ce visuel publicitaire qui date de la fin des années 1960, c’est le soleil qui est fort, si fort, qu’il occupe les deux-tiers environ de la surface du visuel. En son cœur, brille une boule jaune clair pour renforcer sa brillance. En son pourtour, tournent autour de lui des cercles en mouvement d’un jaune orangé soutenu figurant la chaleur du soleil. L’idée est que Sterckeman maîtrise l’ensemble. La marque est si forte qu’elle domine le soleil dont certains des cercles orange passent derrière le haut de la caravane.

A ce niveau de recherche d’impact publicitaire, la difficulté pour le concepteur du visuel était de faire ressortir la caravane blanche sur le fond blanc en évitant l’écrasement de celle-ci par un soleil trop présent. Son idée a donc été de réintroduire un peu de ciel bleu foncé moyen pour entourer le haut de la caravane dont seule la silhouette extérieure haute a été dessinée. C’est alors la fenêtre bleue foncé moyen en partie basse qui joue le rôle de contrepoids à l’ensemble centré sur la partie droite du visuel. En outre ce bleu situé dans le bas de la diagonale qui part d’une toute petite mention caravane à gauche de la marque jusqu’à l’angle de la baie de la caravane offre le contraste et la fraîcheur de l’été à l’intérieur.

Remarquons que ce bleu est uniforme dedans et dehors, un message visuel pour vous dire que vous y dormirez très confortablement la nuit. C’est ainsi qu’en trois bandes superposées, l’une en haut avec les deux seuls mots écrits « caravane » et « Sterckeman », la seconde dominante avec le soleil et sa chaleur, la troisième avec le haut de la caravane blanche pour représenter l’espace du ciel bleu de la nuit et sa fraicheur bienfaisante, le message de la marque passe en direct. Pour jouir à la fois des bienfaits du soleil, de la chaleur et de la fraicheur qui repose, il n’y a que Sterckeman !

 

Style de pub Caravanes, Fairview Leisure Home, Cl. Elisabeth Poulain

Style de pub Caravanes, Fairview Leisure Home, Cl. Elisabeth Poulain

.Luxury Leisure Home Fairview 1969. Cette seconde publicité marque une rupture. En effet, il ne s’agit plus d’une caravane mais de ce qu’on appelle en France un mobil-home et dans cette publicité anglaise une maison de loisirs ( leisure home ), ce qui est plus exact car le mobil-home français n’est certes ni une maison ni une maison vraiment mobile, même si elle est transportée au départ pour y être implantée dans le terrain de camping prévu à cet effet. Le modèle est une « Fairview 1969 », un néologisme anglais facilement compréhensible dans le monde du tourisme qui pourrait signifier « belle vue » .

La vie est magnifique. Un rêve éveillé de vacances, c’est que vous offre Fairview 1969 ! Le soleil brille, tout explose dans des couleurs chatoyantes. La jeune femme en bikini blanc a la peau bronzée. Elle s’apprête à s’asseoir pour savourer son jus d’orange avec une paille. Lui, tout aussi bronzé et athlétique, sort du mobil-home en boxer short rouge. L’orangeade est encore dans un des verres. Il suffit de la boire avec une paille. Il n’y a que deux verres. Ce sont là des vacanciers glamour. Ici on ne parle ni d’enfants ni de fin de mois. La cible moyen-haut de gamme est celle visées par les magazines de mode. 

C'est la fin d’une période où l’essentiel du message publicitaire était focalisée sur les qualités propres de la caravane, cette annexe de vie accrochée à la voiture familiale, avec des enfants qui jouaient au ballon à l’arrêt. L’essentiel n’est plus centré sur la mobilité. Avec Fairview, il ne s’agit plus de se déplacer, de changer de lieu pour faire des découvertes, il s’agit de jouir d’un endroit agréable, avec tous les avantages des vacances au soleil, proches de la nature qu’on admire sous son parasol, espadrilles au pied…sans les inconvénients de devoir s’occuper d’une maison.

Styles de pub caravanes, leisure-home, Fairviews 1969, Sterckeman, Cl. Elisabeth PoulainStyles de pub caravanes, leisure-home, Fairviews 1969, Sterckeman, Cl. Elisabeth Poulain

Styles de pub caravanes, leisure-home, Fairviews 1969, Sterckeman, Cl. Elisabeth Poulain

. Pour suivre le chemin

. Retrouvez les 16 parutions antérieures sous cette dénomination « Style de pub caravanes » ou « Pub Caravanes », par exemple pour la Wawa et la Sprite http://www.elisabethpoulain.com/article-styles-de-pub-caravanes-la-wawa-la-sprite-123725693.html  

. Ainsi que l’album photos « Styles de vie caravanes » dédié sur mon blog http://www.elisabethpoulain.com/album-2168629.html  = Bon à savoir ---) Dans ce nouveau système Over-Blog, il faut attendre quelques courts instants avant que l’image se stabilise, une question de patience...

. Le prochain et dernier billet de la série « Styles de Pub Caravanes » sera dédié au « Départ en Vacances »

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La Loire à Saumur > Entre ciel et terre > Le bleu en majesté

23 Mars 2015, 15:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

A Saumur, sur le pont Cessart, vue sur la Loire-chenal principal, en aval, en amont, Cl. Elisabeth Poulain
A Saumur, sur le pont Cessart, vue sur la Loire-chenal principal, en aval, en amont, Cl. Elisabeth Poulain

A Saumur, sur le pont Cessart, vue sur la Loire-chenal principal, en aval, en amont, Cl. Elisabeth Poulain

 

Imaginez,  vous êtes en été, quand la lumière fait vibrer les paysages, en leur donnant un je ne sais quoi, un supplément d’âme peut-être, dans ce que j’appelle un grand paysage, celui qui vous fait un choc quand vous le regardez. Il y a ici de la grandeur, de la beauté en large vision. Vous êtes à Saumur, sur les bords de la Loire. C’est pour elle que vous êtes venu. Et c’est du bleu dans lequel vous allez vous immerger, le bleu du ciel, le bleu de l’eau ou plutôt des bleus selon l’endroit où vous serez positionné. 

Je vous propose de commencer par la Loire en regardant le plus grand fleuve de France couler vers son  embouchure. Vous êtes au milieu ou presque du pont Cessart sur le trottoir aval, où vous ne regarderez quasiment que l’eau qui coule sous vos pieds. La ville se poursuit pourtant des deux côtés vers l’aval. En rive gauche, on distingue les grands bâtiments blancs qui appartiennent à l’Ecole de Cavalerie et beaucoup d’arbres des deux côtés en particulier sur la rive droite qui appartient à l’île d’Offard.

De l'autre côté du pont, vous retrouvez un des paysages de la ville que tous connaissent avec le château en haut dominant la Loire.

Et pourtant c’est l’eau que vous regarderez tant il y a de la puissance. Puis vous scrutez le ciel pour voir si chaque nuage se reflète avec fidélité sur son miroir d’eau. Non seulement il ne le fait pas, mais il est d’un bleu un peu plus soutenu que celui du ciel, avec un côté légèrement huileux. Sous vos pieds coule quand même une masse d’eau impressionnante.

 

La Loire à Saumur, vue de l'Ile d'Offard, Cl. Elisabeth Poulain

La Loire à Saumur, vue de l'Ile d'Offard, Cl. Elisabeth Poulain

Pour admirer l’autre vue, celle qui identifie à coup sûr la ville de Saumur, avec son château en haut, les vieilles maisons en dessous et la Loire coulant au bas des quais, il faut se rendre de l’autre côté du pont Cessart pour voir la Loire en remontant mentalement le courant vers l’amont. Et ensuite sur le petit quai de l’Ile d’Offard qui fait face au centre de la ville. A ce moment-là, le ciel se remplit de nuages et l’eau cesse d’être bleutée. Il vous reste ensuite à revenir sur vos pas, retraverser le chenal principal de la Loire toujours par le même pont puis à entrer dans la vieille ville sur votre gauche pour grimper ensuite jusqu’au château.

De là-haut, vous pourrez cette fois-ci en rive gauche dominer la Loire unifiée avant sa séparation en deux bras pour enserrer l’Ile Offard pour porter votre vue loin à droite après le pont de chemin de fer et en tendant le cou un peu moins loin à gauche pour voir la Loire réunifiée cette fois-ci vers l’aval. En haut, près du château, le ciel a retrouvé son bleu clair et lumineux, en cohabitant sans souci avec quelques nuages. Il fait à nouveau un temps radieux. Quant au bleu de l'eau, regardez bien le dernier cliché, l'eau est toujours d'un bleu un peu chargé, où l'on voit pour la première fois les nuages se mirer dans l'eau!  Et le plus beau bleu clair de l'eau est cette fois-ci celui de la Loire que l'on aperçoit dans le lointain au bas du château, vers l'aval... 

La Loire à Saumur, vue du château vers l'aval, vers l'amont, Cl. Elisabeth Poulain
La Loire à Saumur, vue du château vers l'aval, vers l'amont, Cl. Elisabeth Poulain

La Loire à Saumur, vue du château vers l'aval, vers l'amont, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin qui mène à Saumur

. Retrouver le site sur http://tools.wmflabs.org/wiwosm/osm-on-ol/commons-on-osm.php?zoom=16&lat=47.263355&lon=-0.074206  

. Toujours http://fr.wikipedia.org/wiki/Saumur  

. Saumur Ville d’art et d’histoire sur http://www.ot-saumur.fr/

. Voir aussi http://www.ot-saumur.fr/SAUMUR-A-PIED-VILLE-CLOSE-ENTRE-LOIRE-ET-REMPARTS_a12429.html  avec une photo fabuleuse de JS Evrard  

. Photos Elisabeth Poulain

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Couleurs & Formes de boîtes de biscuits de Bretagne > P de Packaging

22 Mars 2015, 15:21pm

Publié par Elisabeth Poulain

Biscuiterie de Pont-Aven, Traou Mad et Galettes de Pont-Aven, Cl. Elisabeth Poulain  Biscuiterie de Pont-Aven, Traou Mad et Galettes de Pont-Aven, Cl. Elisabeth Poulain
Biscuiterie de Pont-Aven, Traou Mad et Galettes de Pont-Aven, Cl. Elisabeth Poulain  Biscuiterie de Pont-Aven, Traou Mad et Galettes de Pont-Aven, Cl. Elisabeth Poulain

Biscuiterie de Pont-Aven, Traou Mad et Galettes de Pont-Aven, Cl. Elisabeth Poulain

La Biscuiterie Traou Mad  de Pont-Aven est l’entreprise de fabrication  de ces biscuits. C’est elle qui élargit sa gamme de produits, les fabrique selon des recettes qui lui sont propres et… détermine le type de communication qui lui apparait le plus à même de les mettre en valeur pour les valoriser, les hausser en gamme avec un prix en accord pour attirer les gourmands et gourmets. Le packaging de ces biscuits de qualité va donc de pair avec ceux-ci.

Cette logique de présentation explique pourquoi les boîtes quasi-cubiques sont semblables, à la différence du nom des biscuits, de leur couleur de fond –rouge pour l’un et bleu pour l’autre - et des deux faces occupées par des tableaux. En opposé, entre les visuels, la même présentation met le nom de la marque, le nom de la biscuiterie, « Maison fondée en 1920 », le nom des biscuits et leur nombre, avec une photo. La composition et les autres mentions légales sont positionnées sur le dessous de la boîte  en faisant ressortir la fabrication « à l’ancienne » qui renforce la date de création en 1920. La sixième face est constituée par le couvercle qui met à l’honneur « Traou Mad de Pont-Aven » qui ressort en blanc, avec en dessous du bouton doré « la boîte à biscuits » avec cinq étoile dessous. A l’intérieur, le couvercle mentionne qu’il contient « un absorbeur d’humidité. »         

Les biscuits d’abord, qui sont les Traou Mad de Pont-Aven et les Galettes de Pont-Aven.

. Les Traou Mad (boîte rouge)  sont fabriqués avec du froment, du beurre frais de Bretagne pour 30%, du sucre, du jaune d’œuf, du lait entier, du bicarbonate de sodium comme poudre à lever et du lait écrémé pour faire la dorure. Les gourmandes et gourmands qui font leurs biscuits eux-mêmes le savent bien, une pointe de sel dans une recette sucrée  apporte de la profondeur au goût, une note de complexité toute à fait intéressante dans l’univers parfois écrasant du sucré.

. Les Galettes de Pont-Aven (boîte bleue) sont fabriquées avec de la farine de froment, du beurre frais pour 26%,  du sucre, des œufs du sel, avec du lait écrémé pour la dorure.  Il y a un peu moins de beurre et pas de poudre à lever. Et les secondes pèsent deux fois moins  que les Traou Mad.    

Boîte de biscuits Traou Mad de Pont-Aven, "Les petites filles" de Gauguin 1866, Cl. Elisabeth Poulain

Boîte de biscuits Traou Mad de Pont-Aven, "Les petites filles" de Gauguin 1866, Cl. Elisabeth Poulain

Les Traou Mad de Pont-Aven, Maison fondée en 1920. Traou mad signifie « choses bonnes » en breton. C’est le nom que leur a donné leur inventeur Alexis Le Villain, boulanger à Pont-Aven, en 1920 qui a ajouté le nom du village pour se distinguer des collègues concurrents, une marque qu’il a déposée en 1925. Dans cette petite ville, on était déjà très conscient de sa renommée, tant la seconde moitié du XIXe siècle avait été faste au plan du tourisme, lors de l’implantation d’une colonie d’artistes français et américains notamment. Les représentations visuelles des Traou Mad de Pont-Aven, ces palets épais de Bretagne pesant chacun 16,6 grammes ont été le produit nouveau inventé par l’entreprise. Ce sont eux qui ont donné leur nom à la Biscuiterie Traou Mad de Pont-Aven.

C’est donc par la boîte rouge cubique de 11cm qu’il faut commencer l’analyse. La face avant porte « La ronde des petites Bretonnes », une toile peinte par Gauguin en 1888, comme l’indique la mention portée en caractères or sur le côté droit en hauteur. La biscuiterie a visiblement centré la ronde elle-même en coupant des parties du paysage tout autour. On peut noter aussi qu’il y a eu un renforcement de la couleur du tablier rouge de la petite fille de droite, celle qui est la mieux mise en lumière. Par ailleurs, le fait de placer cette toile sur un fond rouge impacte forcément le jeu intérieur des couleurs.

Traou Mad de Pont-Aven, Honfleur à couple dans l'avant-port, O. Fischer 2002

Traou Mad de Pont-Aven, Honfleur à couple dans l'avant-port, O. Fischer 2002

L’autre visuel, située sur la face opposée, porte la reproduction d’un tableau d’ « Honfleur, à couple dans l’avant-port », peint par O. Fisher, mars 2002, avec là aussi une pièce de tissus rouge. Il s’agit cette fois-ci de la voile d’un bateau de pêche, adossé « à couple » à un autre navire lui amarré au quai, une technique qui permet de loger plus de navires dans des ports embouteillés. L’étonnant ici est qu’il ait été nécessaire d’aller chercher un peintre à Honfleur en Normandie, à l’embouchure de la Seine. La qualité de l’œuvre de l’artiste, photographe également, n’est évidemment pas en cause. Remarquons aussi que c’est le thème de la mer et non plus de l’eau de la rivière Aven qui a été choisie. Une remarque sur l’emploi du rouge pour des biscuits contenant beaucoup de beurre (30%) et de sucre. C’est le second ingrédient, cité juste après la farine, qui est à la source d’une explosion en bouche. C’est peut être aussi un choix qui découle du fait que le Traou Mad est le produit phare de l’entreprise. Peut-être aurait-il fallu trouver un autre rouge, peut-être la symbolique des deux dessins en arrière fond du rouge – une roue à aube pour moudre le grain de froment près du moulin est-elle difficile à comprendre?

Boîte de biscuits Galettes de Pont-Aven, A. C. Richer, La Saison des Moissons 2004, Cl. E.Poulain

Boîte de biscuits Galettes de Pont-Aven, A. C. Richer, La Saison des Moissons 2004, Cl. E.Poulain

. Les Galettes de Pont-Aven sont logées dans la même boîte cubique bleue cette fois-ci. La couleur, entre un bleu-marine et un bleu moyen foncé, est enrichi d’un dessin de feuilles stylisées en bleu plus foncé. Il s’agit là d’une commande de l’entreprise au peintre qui indique la date à chaque fois. « La saison des moissons » date de 2004 et « Les collines de Pont-Aven » de 2008. Ces deux peintures sont parfaitement insérées sur la boîte, au point de penser que ce sont elles –les peintures - qui ont influencées la forme et la couleur de la boîte.

La saison des moissons. La peinture tient dans un carré de 7,4 cm bordé d’un liseré doré d’un millimètre, ce qui était déjà le cas pour les deux tableaux figurant sur la boîte rouge. On sent que le paysage a été peint par A. C. Richer pour cette dimension carrée, quitte ensuite à réduire les dimensions de la photographie pour l’insertion sur la boîte. Le thème ici porte sur les moissons qui ont toujours été un symbole de l’abondance en milieu rural. Les meules de foin témoignent de la productivité de la terre, dans des régions à forte empreinte saisonnière où la vie pouvait être rude. Le choix des meules de foin est certainement aussi dicté en clin d’œil à Claude Monet qui travailla cette forme symbolique pendant la fin du XIXe siècle au point d’en faire un thème mondial. Sur la boîte, on retrouve le foin sur le toit des chaumières et la très grosse meule à côté des maisons. Le paysage est très structuré avec des collines et des arbres, avec des aplats de couleurs vives bordées de noir qui voisinent sans souci.

Les galettes de Pont-Aven, A.C. Richer, Les Collines de Pont-Aven 2008, Cliché Elisabeth Poulain

Les galettes de Pont-Aven, A.C. Richer, Les Collines de Pont-Aven 2008, Cliché Elisabeth Poulain

« Les collines de Pont-Aven » montrent le village représenté par quatre maisons proches auprès de l’église. La composition est plus touffue avec une surabondance de différentes teintes de bleu pour le ciel, la rivière, des toits, mais aussi de l’ocre, du vert, du rouge, du jaune sable, du rose violet… Le peintre a réussi aussi à insérer une roue à aube en premier plan, preuve s’il en est de son importance pour différencier la biscuiterie de ses concurrentes.

Après avoir fait une petite enquête informelle auprès de gourmands amateurs de biscuits bretons, la forme de la boîte cubique semble bien adaptée à des biscuits ronds de qualité. Elle est facile à prendre en main et ne se laisse pas oublier une fois qu’on l’a achetée. Très régulièrement aussi, elle est à nouveau remplie de biscuits du fait de ses qualités de conservation. Entre les petites filles et les bateaux de pêche à Honfleur, c’est clairement le second tableau qui l’emporte, le thème de la mer l’emportant sur la référence au peintre ou à celui de l’enfance. Quant à la boîte bleue, elle est nettement privilégiée du fait quasiment exclusivement de « La saison des moissons », sans référence à Gauguin. Pour finir, le bleu semble plus en accord avec ces biscuits très goûteux que le rouge.

Pour suivre le chemin

. La Biscuiterie Traou Mad de Pont-Aven à retrouver sur http://www.traoumad.fr/fr/meilleures-ventes

 . Lire toute son histoire dans un article concis de http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/06/05/la-galette-traou-mad-bientot-vendue-a-l-international_1712561_3234.html

. Voir l’arrière-fond concurrentiel dans une analyse très fouillée de l’histoire des biscuits bretons par un chercheur anglais, Simon Roberts, « Order and the Evocation of Heritage: Representing Quality in the French Biscuit Trade » sur https://www.lse.ac.uk/collections/law/staff publications full text/roberts_s/Order_and_the_Evocation.doc    

. Au plan juridique, droit des marques et droit de nom géographique sont à la fête dans l’histoire des biscuits bretons, comme toujours lorsqu’il y a d’énormes enjeux financiers. C’est une autre histoire, qui va s’enrichir de l’existence d’une procédure en cours pour créer au niveau européen une IGP, indication géographique protégée, à l’instar de ce qui existe déjà pour le cidre breton ou… les palets et galettes bretonnes… http://technoresto.org/tr/regions/bretagne/  

. Voir Gauguin expliqué à des enfants http://web.crdp-poitiers.org/file/dossier-peda-corrige.pdf et, sur wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Gauguin  

. Pour Olivier Fischer, peintre et photographe en particulier de Honfleur, voir son blog http://photofischer.canalblog.com/archives/honfleur/index.html

. A. C. Richer, peintre fasciné par Tahiti, où il a travaillé, habite maintenant à Guidel en Bretagne, à l’embouchure de la rivière Laïta, juste en face du Pouldu, qui hébergeait aussi autrefois des peintres proche de la colonie d’artistes en résidence à Pont-Aven, à retrouver sur http://tahitienfrance.free.fr/culture/alain_richer.htm  

. Claude Monet à voir dans un dossier pédagogique pour des enfants http://www.grandpalais.fr/pdf/dossier_pedagogique/DP_Monet_gngp_eleves.pdf  

. Photos Elisabeth Poulain

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La plage de Sangatte > L'immersion dans un paysage global

19 Mars 2015, 16:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

A Sangatte, sur la plage, où que vous alliez, vous allez vous fondre à ce point dans le paysage que vous allez devenir sable avec le vent, mouette si vous en voyez une, occupant d’une petite maison en haut de la dune, avec terrasse devant pour encore mieux voir la plage et la mer, que rien pourtant ne vous sépare d’elles à part une petite digue, en bas de la dune, où vous marchez avec les promeneurs.

Vous êtes à la fois sur la  terrasse arrière pour vous protéger du vent, coquillage sur les brise-lames plantés frontalement à la mer pour casser de face la force des vagues qui sans cesse attaquent la petite digue qui est censée protéger la dune. Il y a pourtant des poteaux qui ont été plantés en lignes parallèles pour encore mieux protéger la dune quand il n’y a plus de digue en bas.    

Plage de Sangatte, la dune, la digue, la plage, les brise-lames, le bateau, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, la dune, la digue, la plage, les brise-lames, le bateau, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, la dune, la digue, la plage, les brise-lames, le bateau, Cl. Elisabeth Poulain

Plage de Sangatte, la dune, la digue, la plage, les brise-lames, le bateau, Cl. Elisabeth Poulain

Reprenons, il y a le sable, autant de sable que vous pouvez en voir, celui de la dune, celui qui vole dans l’air, celui qui est entraîné par les vagues qui tapent dur en Manche dans ce grand couloir à vent, sous vos pieds, à vos yeux, dans les cheveux...Du sable qui retient des débris parfois anciens ou qui en ont l’air, comme ces boîtes de conserve dans un creux de la dune, au pied du blockhaus qui a tendance à se pencher vers l’avant. Sur le sable aussi, avec ces lignes en relief que forme le vent autour d’une algue séchée.

Il y a la mer qui toujours fascine, au point qu’on vient moins pour la voir, que pour sentir son odeur, percevoir sa puissance, gronder sa colère les jours de tempête, porter au loin sur la ligne d’horizon ces grands navires qui vont au port ou partent de Calais, Ce jour-là, la mer était calme. On la voyait seulement de loin et pourtant tout ici parle d’elle. Cet univers est le sien ; nous ne sommes ici que des marcheurs qui passons. Les habitants des petites - ou pas si petites - maisons sur la dune sont déjà partis, pour que la dune revienne au sable, aux oyats et au vent qui les fait vivre dans un site protégée par la réglementation européenne.

Plage de Sangatte, Les petites maisons de la dune, la digue, des promeneurs, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, Les petites maisons de la dune, la digue, des promeneurs, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, Les petites maisons de la dune, la digue, des promeneurs, Cl. Elisabeth Poulain

Plage de Sangatte, Les petites maisons de la dune, la digue, des promeneurs, Cl. Elisabeth Poulain

En haut de la dune, cette fois-ci avec les petites maisons dans le dos, il y a toujours le vent qui vous pousse plus fort et de l’eau à nouveau mais cette fois-ci de l’autre côté de la mer, à l’intérieur des terres, quand vous lui tournez le dos. Il y a là un marais. Et l’on comprend dès lors l’importance de ce petit cordon dunaire, qui protège tout l’arrière-pays du risque d’invasion marine très réel. On comprend aussi pourquoi ce site de marais n’est pas constructible.

Les petites maisons. Elles sont toutes différentes et pourtant sauf une exception notable, elles ont dû relever de l’auto-construction au fil du temps et à fur et à mesure de l’évolution des besoins de la famille. Le plus souvent, elles sont blanches, un blanc qui se fane sous les assauts mêlés du vent qui fait voler le sable, de la pluie qui se mêle à l’eau de mer et des embruns d’eau de mer portés par le vent. Chacune a pourtant son « style ».

Plage et dune de Sangatte, Vue sur l'arrière-pays, Cl. Elisabeth Poulain
Plage et dune de Sangatte, Vue sur l'arrière-pays, Cl. Elisabeth Poulain
Plage et dune de Sangatte, Vue sur l'arrière-pays, Cl. Elisabeth Poulain

Plage et dune de Sangatte, Vue sur l'arrière-pays, Cl. Elisabeth Poulain

Une seule petite maison semblait avoir été faite par des professionnels. On la remarque à son pignon pointu, la qualité de ses ouvertures et, à l’extérieur, le sérieux de l’escalier et la beauté du muret de pleine pierre érigé en bordure de la digue pour retenir le sable de la dune qui protège l’assise de la maison. De là-haut, nous avons vu l’arrière-pays, la mer, senti la dune sous nos pieds ; nous avons approché les petites maisons, sans pénétrer ne serait-ce que dans les jardins.

Nous sommes montés sur le petit blockhaus et l’avons contourné. En relevant les yeux fixés sur la mer, nous avons cherché des yeux les gros bateaux de croisières arrivant au port de Calais sur notre droite. Il y en a eu un qui a joué de sa silhouette pour se poser un court instant sur la ligne de crête des poteaux.

Plage de Sangatte, Poteau, jolie petite maison, blockhaus, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, Poteau, jolie petite maison, blockhaus, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, Poteau, jolie petite maison, blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain

Plage de Sangatte, Poteau, jolie petite maison, blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain

Il restait à voir la scène d’en bas, non pas près des vagues qui étaient trop lointaines, mais au bas de la ligne des poteaux. La dune était bien lointaine, les maisons très petites et disparates, sans recherche d’adaptation au site. Quelques promeneurs bien protégés marchaient en bas sur la digue, sans montrer d’intention de poursuivre le chemin de randonnée jusqu’au Cap Blanc-Nez proche.

D’en bas, c’est l’étrangeté du lieu qui domine, avec ce gros navire qui se rapproche de Calais, non loin d’un petit blockhaus de la dernière guerre, lui-même surmonté de petites maisons, qui ne sont plus habitées et qui demeurent en l’état, comme si la vie s’y était arrêtée, ce qui a été le cas, depuis que le Conservatoire du Littoral est devenu propriétaire du site afin de le protéger. Du côté intérieur de la dune, le paysage est adouci de prairies vertes et d’un marais qui collecte l’eau retenue captive. C’était ce que pouvaient admirer de leur terrasse abritée du vent des habitants de certaines petites maisons, amoureux de ces paysages de wateringues.

Plage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Plage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Avant de repartir, il ne convient de ne pas oublier de faire un petit tour dans l’air, avec la petite station météo en haut de la dune qui se trouve au bord du sentier qu’empruntent conjointement le GR 120 Littoral et le GR 145, la via Francigena (de Champagne-Ardennes). C’est le premier bâtiment que l’on voit sur sa gauche en descendant vers la mer, après avoir garé la voiture côté terre. Le dernier « bâtiment » ou plutôt la dernière construction humaine est un anémomètre qui mesure le vent. Il est situé sur la droite juste à la fin de la séquence construite sur la dune, quand on tourne dos à la mer.

Pour suivre le chemin  

. Voir aussi un de mes précédents articles « Du Land Art, non du Sand Art à Sangatte sur la plage » sur http://www.elisabethpoulain.com/article-photos-du-land-art-non-du-sand-art-a-sangatte-sur-la-plage-106699266.html  

. Sangatte à retrouver dans http://www.ville-sangatte.fr/  ainsi que sur http://www.ville-sangatte.fr/  . Consulter l’étude des paysages du Nord-Pas-de-Calais sur http://www.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/mer_du_nord.pdf  

. Voir aussi l’action du Conservatoire du Littoral sur http://www.conservatoire-du-littoral.fr/siteLittoral/33/28-dunes-du-fort-mahon-62_pas-de-calais.htm  

. Photos Elisabeth Poulain 2010.

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Le Village de Roussillon > Ses rues, ses places au fil de la balade

16 Mars 2015, 14:35pm

Publié par Elisabeth Poulain

Du village de Roussillon, qui compte parmi l’un des plus beaux de France, on peut célébrer les couleurs fabuleuses de ses célèbres gisements d’ocre, ses paysages avec des vues d’une grande amplitude sur le Lubéron environnant, le charme  de ses vieilles maisons aux teintes qui varient avec le temps qu’il fait et/ou qui passe…

On peut aussi citer un chercheur qui y a vécu un an pour mieux comprendre par un exemple de terrain le fonctionnement et la culture d’un village français. Il s’agit de Laurence Wylie, un anthropologue américain célèbre, professeur à Harvard, qui fit paraître son étude à la suite de sa recherche en immersion au village avec sa femme et leurs deux enfants.

C’était en 1950-51. Les choses ont bien changé depuis lors sous l’influence d’une civilisation clairement tournée vers les loisirs, - avec en particulier la manne du tourisme - et du plaisir de découvrir à son tour de grands et beaux paysages en couleurs. Les célébrités qui ont attaché leur nom au village appartenaient pour la grande part au show-biz.

Roussillon, l'approche du village, Cl. Elisabeth PoulainRoussillon, l'approche du village, Cl. Elisabeth PoulainRoussillon, l'approche du village, Cl. Elisabeth Poulain

Roussillon, l'approche du village, Cl. Elisabeth Poulain

Au mois de mai 2014, par un soleil radieux, une lumière incomparable et une fraîcheur encore printanière, les touristes sont déjà là suffisamment nombreux pour donner de la vie au village mais pas de trop. Il n’y a nulle presse, ni gêne, seulement le plaisir d’être ensemble à découvrir un village très touristique avant d’y déjeuner et de poursuivre ensuite la découverte par les carrières d’ocre. Toutes les catégories de touristes sont ici présentes, avec une prépondérance peut-être de deux catégories les jeunes parents avec leurs jeunes enfants et des seniors actifs. Le village au total compte 1300 habitants, qui tous n’habitent certainement pas en haut de la colline.

Quant aux touristes, leur balade commence par la place d’accueil dotée d’une carte, après avoir garé la voiture. A gauche, l’office du tourisme renseigne les arrivants et la pharmacie en ces premiers beaux jours vend plus de crème solaire que de médicaments. Puis c’est aussitôt, l’entrée en montant dans la vieille ville où seuls les piétons peuvent accéder aux ruelles, aux marches et aux quelques places où se rejoignent des rues, des passages, des ruelles datant d’une époque qui ne connaissait ni les normes, ni l’uniformisation. Seule commandait la nécessité de l’usage, avec beaucoup d’ingéniosité, pour contourner un rocher, passer sous une maison, descendre ou monter en laissant de la place à des chariots…

Village de Roussillon, première approche, Cl. Elisabeth PoulainVillage de Roussillon, première approche, Cl. Elisabeth PoulainVillage de Roussillon, première approche, Cl. Elisabeth Poulain

Village de Roussillon, première approche, Cl. Elisabeth Poulain

A Roussillon en ce joli mois de mai, seuls les touristes sont repérables, du fait même qu’il n’y a qu’eux dans les rues, sur les placettes... On les distingue à leur attitude corporelle, leur nez en l’air, les yeux en activité continue, l’appareil photo autour du cou, quand il est au repos, ce qui est rare pour certains. Ils marchent en groupe, réduit à deux personnes le plus souvent, en famille avec des enfants ou plus rarement à cette époque de l’année en groupe arrivé en car. Le mot d’ordre du passé est donc à l’adaptation au site, qui concerne aussi bien les maisons, les couleurs, les styles, les ouvertures perçant les murs pour ouvrir portes, fenêtres ou petites devantures commerciales.

Plusieurs restaurants accueillent les touristes qui ont un petit creux ou une grande soif, avec bien sûr toutes les boutiques de souvenirs provençaux. Heureusement en cette fin du mois de mai, il n’y a presse, ni surdose. Par contre, il serait déjà difficile de distinguer les habitants habitant – ceux qui y habitent vraiment - de ceux qui accueillent les visiteurs. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours pensé qu’il faut aussi aller découvrir un endroit l’hiver, quand souffle la bise ou tombe la pluie.

Village de Roussillon, marche dans le village, CL. Elisabeth PoulainVillage de Roussillon, marche dans le village, CL. Elisabeth PoulainVillage de Roussillon, marche dans le village, CL. Elisabeth Poulain

Village de Roussillon, marche dans le village, CL. Elisabeth Poulain

A Roussillon, peu de visiteurs ont le plan du village en main. La taille réduite du village peut expliquer cela. Deux stratégies se dessinent alors en suivant les fluxs.

. Il y a ceux qui veulent d’abord voir les grands paysages vers l’arrière où on peut découvrir les monts du Vaucluse quand le ciel est très clair et avant apercevoir sur sa droite les premières falaises d’ocre. La découverte du nord du Lubéron fait un tilt au cœur, tant l’amplitude est fascinante, avec une nature qui semble si vraie, si présente au point qu’elle éclipse toute présence de ville, de route, de fumée…

. Il y a le courant dominant qui tourne tout de suite à gauche pour emprunter en montant « la grande rue », qui est en fait toute petite et très étroite. Le cœur du village se trouve à l’église, non loin de la mairie, avec à chaque fois une place qui indique qu’il y a là un bâtiment à fonction officielle. Entre les restaurants et ces bâtiments, on a vite fait le tour. C’est alors le moment de chercher la vue à l’opposé du grand paysage. Vous emprunterez alors forcément la rue de l’Arcade, qui est une très courte ruelle, qui vous fera déboucher dans la rue des Bourgades.

Roussillon, Balade dans les rues et ruelles, Cl. Elisabeth PoulainRoussillon, Balade dans les rues et ruelles, Cl. Elisabeth Poulain
Roussillon, Balade dans les rues et ruelles, Cl. Elisabeth Poulain

Roussillon, Balade dans les rues et ruelles, Cl. Elisabeth Poulain

Et on se promet, la prochaine fois, de refaire la balade autrement, par exemple avec le plan du village à la main, pour voir les choses autrement, avec de vraies personnes, qui habitent sur place. Pour sortir de ce véritable quartier réservé et quasiment entièrement tourné vers le tourisme, pour aller voir comment vivent vraiment les Roussillonnais alentour. Ils sont en 2012 plus de 1300, après avoir été plus de 1500 après 1860. En 1978, il y avait 1097 habitants selon la Ière édition du guide Michelin que j’ai sous les yeux.

C’est dire que malgré le tourisme lié au titre de « Plus beau village de France », malgré l’effet-mode qui joue sur les couleurs, le village n’a pas encore retrouvé sa population de 1860, au temps du début de l’essor de l’industrie de l’ocre…C’est vraiment étonnant. Tout comme le sont aujourd’hui les effets induits par le tourisme lié à des titres touristiques où tout est fait ou refait pour plaire aux touristes. Comme dans des villages de théâtre où on se voit sur scène dans le regard des autres…

Roussillon, Balade, marches et portes, Cl. Elisabeth Poulain
Roussillon, Balade, marches et portes, Cl. Elisabeth PoulainRoussillon, Balade, marches et portes, Cl. Elisabeth Poulain

Roussillon, Balade, marches et portes, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre les chemins, franchement au pluriel 

. Voir le site de la mairie, avec une belle animation sur le village http://otroussillon.pagesperso-orange.fr/animations/beffroi/index.htm  ainsi que sur les carrières d’ocre http://roussillon-en-provence.fr/mediatheque_hiver.php  du site, des ouvriers des carrières et des (vrais) habitants d’avant l’époque du grand tourisme…

. Egalement sur http://www.les-plus-beaux-villages-de-france.org/fr/roussillon-0  et retrouver des photos du village en page 10 http://www.les-plus-beaux-villages-de-france.org/fr/galerie-photos-plus-beaux-village-de-france-vignette?page=10  

. Voir la puissance de l’industrie de l’ocre sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_de_l'ocre_en_pays_d'Apt  

. Toujours wikipedia sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Roussillon_(Vaucluse) qui cite le nom des personnalités dont le nom est attaché à la commune.

. Parmi celles-ci, il y a cet anthropologue, sociologue américain, Laurence Wylie, passionné par la société française, au point de vouloir la comprendre à travers le village et ses habitants … en venant y vivre avec sa femme et leurs enfants, pendant un an de 1950 à 1951. C’est à Roussillon en Provence qu’il a passé sa première année sabbatique pour comprendre la mentalité paysanne française de l’intérieur. Le titre de la recherche « Village in the Vaucluze », « Un village en Vaucluse » qu’il nomma Peyranne dans sa recherche.

Cet homme caustique et plein d’humour était « professeur des civilisations » à Harvard, à retrouver dans http://www.nytimes.com/1995/07/26/obituaries/laurence-wylie-85-scholar-and-seeker-of-the-french-soul.html  

Avec une analyse par un chercheur français sur http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1957_num_7_4_392446_t1_0951_0000_001  

Et une interview filmée par l’INA sur http://www.ina.fr/video/CPF86642021  dans laquelle Laurence Wylie explique qu’il a renouvelé cette approche dans le même cadre scientifique, cette fois-ci en Anjou, à Chanzeaux au sud d’Angers, sept ans après, mais cette fois-ci avec une forte équipe d'étudiants chercheurs !

Et c’est comme cela, que l’on saute d’un village de mineurs d’ocre, Roussillon en Vaucluse en France, à Harvard l’université la plus riche du monde dans l’Etat du Massachusetts aux Etats-Unis à Chanzeaux en Anjou, près d'Angers, en France!

. Si le sujet de l’influence du tourisme sur le changement au village vous intéresse, lisez l’interview de Laurence Wylie faite en 1988, 38 ans après son séjour, concernant le bouleversement profond de Roussillon, sur http://terrain.revues.org/3312, son livre n’ayant été publié en français qu’ en 1987.

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L'attirance du noir pour la couleur = Le sens du tableau

13 Mars 2015, 11:17am

Publié par Elisabeth Poulain

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Le titre d’abord pour approcher l’objet de ce billet. Il s’agit d’essayer de voir comment fonctionne la couleur noire qui enserre des bandes de couleurs chaudes et vibrantes, sur la surface d’un carton peint de grandes dimensions de 80 sur 60 cm. Avec une donnée supplémentaire qui ait qu’il n’y a pas forcément de sens. On peut aussi bien voir la composition dans le sens vertical qu’horizontal et sans qu’il y ait de haut ou de bas. Il reste à vous donner encore deux types d’information qui portent sur la matière des couleurs et l’ordre dans lequel le tableau a été réalisé.

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Le support est un carton aux coins arrondis qu’on utilisait dans l’industrie de l’eau minérale distribuée en palette à la grande distribution encore au début des années 2000. Maintenant  les rangées de bouteilles sont séparées par des feuilles de plastique semi-rigides, plus légères et qui supportent l’eau, s’il y a un problème au cours du transport, contrairement au carton plus rigide mais qui lui adore trop l’eau !

La plaque de carton a été elle-même enduite d’un papier fin revêtu de colle, afin de donner un effet de plissé aléatoire et conférer à la surface une densité-surprise.

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Des bandes de couleur ont été tracées au pastel gras, en jouant sur l’interpénétration des couleurs, de façon à éviter l’uniformité. Le tout ensuite a été fixé avec de la teinture de brou de noix. Celle-ci s’est glissée dans les interstices, ce qui était le but recherché pour faire vibrer ces tracés de jaune, orange, rose, rouge, violet...

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

De la peinture noire épaisse brillante a ensuite été appliquée parfois à plusieurs reprises sur les bords et entre les bandes de couleur pour renforcer le contraste. Et c’est ainsi qu’est né ce carton peint, pour lequel je n’ai jamais cherché ni réussi à trouver un nom. La seule indication écrite au style feutre à l’arrière donne les dates : hiver 2001-2002 pour les pastels et le brou de noix et hiver 2003 pour la peinture noire. Preuve s’il en est que le brou de noix n’avait pas réussi à dominer l’ensemble. Il avait fallu que ce carton soit neutralisé pendant un an avant de faire intervenir la peinture noire.

En fin de compte, on peut bouger ce carton peint dans tous les sens. Cette idée agace un peu, comme  s'il voulait garder sa part de liberté face à celui qui l'a peint et à ceux qui le regardent. Un carton de palette d'eau minérale avec simplement un peu de couleurs...Ma préférée est quand même la version horizontale que j'ai présentée en n°1. Si vous regardez bien sur le côté droit en hauteur, on voit un petit trou par lequel passe une ficelle...    

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Jeu du noir avec des couleurs chaudes, pastel, brou de noix & noir, Cliché Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Entrer dans le monde des couleurs sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Couleurs

. Le minimum à savoir sur les pastels gras sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Pastel

. Et le brou de noix sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Brou_de_noix

. Photos Elisabeth Poulain

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Pub, Le chien de luxe, Christo, Livret -Théâtre de l’Opéra

9 Mars 2015, 18:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Programme du Théatre national de l'Opéra 16 juin 1913, Cl. Elisabeth Poulain

Programme du Théatre national de l'Opéra 16 juin 1913, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre en commençant par l’expliquer. Le chien de luxe est bien le sujet du billet. Il faut vous dire d’abord qu’il est fabuleux et très patient. Jugez-en, il attend depuis le lundi 16 juin 1913 –oui, vous avez bien lu- que quelqu’un veuille bien s’occuper de lui avec attention et persévérance. Ouf enfin ! Il était temps. Christo est le nom du « Salon d’Exposition de la Maison Christo » sis au 26 avenue des Champs-Elysées, du côté pair du trottoir, qui est le meilleur des deux, à votre droite quand vous remontez « Les Champs » vers l’Arc de Triomphe, situé tout en haut de cette avenue qui fait partie des « Plus Belles Avenues du Monde. » C’est le côté pair, celui de Christo, au n° 26, qui n’a pas abrité de célébrité, ou laissé de trace particulière dans l’histoire. Encore maintenant le 26 est simplement situé entre le 24 et le 28.

 

Christo, Chien de Luxe, réclame 1913, livret Théâtre national de l'Opéra, Cl. Elisabeth Poulain

Christo, Chien de Luxe, réclame 1913, livret Théâtre national de l'Opéra, Cl. Elisabeth Poulain

« Chiens de luxe et de toutes races ». Il existe bel et bien puisqu’on en voit un sur cette photo qui fait l’objet de cette « réclame » de  1913. On ne disait pas de la publicité alors. Un chien de luxe, on comprend qu’il s’agit d’un raccourci. C’est un chien que seules des personnes vivant dans l’univers du luxe et ne concevant pas de faire autrement peuvent apprécier et acheter. Mais cela n’est pas dit, parler d’argent  aurait été d’un vulgaire.  « De toutes races », c’est plus difficile. S’il représentait à lui seul toutes les races, ce serait au choix, soit un atroce bâtard, soit une nouvelle race de  chien. On n’en était pas là.  Il s’agit simplement d’un raccourci : on trouve chez Christo, et des chiens de luxe et toutes les races de chiens. C’est l’inversion qui est gênante à l’oreille. « Chiens de toutes Races » titille vraiment l’oreille.

Le programme interprété ce soir-là. Il s’agit de Faust de Charles Gounod, comme  l’indique le livret de 65 pages du « Théâtre National de l’Opéra » de « Faust, Opéra en 5 actes de J. Barbier et M. Carré, Musique de CH. GOUNOD » dont le portrait figure juste en dessous de son nom.      

Maintenant arrive le mystère du Théâtre National de l’Opéra. S’agit-il de l’Opéra de Paris ou de celui du Château de Versailles ? En faveur de ce dernier, le livret porte en haut à gauche la locution latine « Rec Pluribus Impar », qui était la maxime de Louis XIV. Ce qui semble une piste importante, qui n’est pas confirmée lors de ma recherche sur la net par la liste peut être incomplète des opéras joués à Versailles. Quant à l’Opéra de Paris, il ne s’est jamais appelé, me semble-t-il « Théâtre national de l’Opéra », par contre on peut imaginer que cette dénomination a permis de désigner la troupe de l'Opéra de Paris.    

Pour finir en beauté voici « le chien de luxe » . Il a des poils si longs qu’ils lui cachent totalement les yeux. Seuls ses oreilles pointues et sa truffe noir émergent de sa tête. Son corps semble masqué par un véritable manteau de fourrure, à moins que ce soit tout simplement son poil naturel. D’où vient-il ? De quelle race est-il? C’est un vrai mystère…

Par contre, vous pourrez répondre sans vous tromper que le chien de luxe est un chien acheté par des "Cours étrangères" dont Christo est le fournisseur officiel, à commencer par SAI Le Grand Duc Nicolas de Russie, SAI pour Son Altesse Impériale. Quand même!      

 

Christo, le chien de luxe, la maxime de Louis XIV "Nec Pluribus Impar, Cl. Elisabeth Poulain

Christo, le chien de luxe, la maxime de Louis XIV "Nec Pluribus Impar, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. En apprendre beaucoup sur les Champs Elysées, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Avenue_des_Champs-%C3%89lys%C3%A9es  

. Les Champs-Elysées d’aujourd’hui à retrouver sur http://www.comite-champs-elysees.com/accueil.html  

. Faust, l’opéra de J. Barbier et M. Carré, à voir sur http://www.charles-gounod.com/discographie-operas.html  

. L’Opéra du Château de Versailles sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ra_royal_du_ch%C3%A2teau_de_Versailles  

. Nec Pluribus Impar, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Nec_pluribus_impar

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Un crapaud dans votre jardin ---) Gardez-le ou protégez-le!

6 Mars 2015, 17:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Crapaud de jardin, cliché Elisabeth Poulain

Crapaud de jardin, cliché Elisabeth Poulain

Il y a parfois des rencontres étonnantes comme celle que vous pouvez faire sans l’avoir du tout cherché. Il s’agit de votre rencontre avec un gros crapaud de couleur beige-verte veiné de beige qui se détachait sur le fond foncé cette fois-ci de la terre. Il semblait très calme dans son « nid », l’endroit où il s’était niché si tranquille que vous aviez failli ne pas le voir, ce grand filou. Du moins avez-vous eu le temps de chercher votre appareil photo pour immortaliser la scène, la seule et unique fois parmi les deux au total que vous avec pu faire au cours de cette année-là. Ca s’est passé au mois de juin pas spécialement chaud. Il ou elle était très calme. Vous avez pu le poser dans votre main revêtue d’un gant pour le déposer un peu plus loin dans le jardin ; il gênait là où il se trouvait, trop près d’un chemin. Est-ce la fin de l’histoire ?

Non, cette fois-ci en pleine ville et à bicyclette, arrêtée à un feu rouge, vous avez aperçu dans une petite plate-bande sur le trottoir, un jeune crapaud, aussi surpris d’être dans un univers aussi urbain que vous de le voir. Réellement, il n’avait aucune chance de s’en tirer, entre asphalte et voiture. Vous avez alors décidé de le déposer un peu loin dans un grand jardin accessible de façon à lui donner une chance. Il y avait un coin où poussaient librement des arbres feuillus. Une façon de dire que les jardiniers ne se sentaient obligés d’aller traquer dessous chaque feuille morte tombée à terre.

Le même crapaud de jardin, vue de devant, Cliché Elisabeth Poulain

Le même crapaud de jardin, vue de devant, Cliché Elisabeth Poulain

Et cette fois-ci, sans appareil-photo, vous avez fait la connaissance d’un jeune crapaud sportif, avec « une pêche » (= une énergie)  incroyable  destinée à vous prouver combien il appréciait peu cette aventure. Tout ça, en langage non verbal. Vous étiez à vélo, souvenez-vous. Vous l’avez donc placé dans le panier en osier avant accroché à votre guidon, en se disant « il est au fond du panier, je le transporte, sur une cinquantaine de mètres et ce sera bien. » Sauf que cet animal n’a pas cessé de grimper le long du tressage de l’osier, comme s’il s’agissait d’une échelle de corde, avec les quatre pattes mobiles et coordonnées deux par deux en  même temps. » Il a donc fallu trouver « un couvercle à crapaud » improvisé. Votre imperméable ! Et l’aventure s’est terminée quand vous avec pu saisir l’athlète précautionneusement pour le déposer sous les arbres. Il a filé aussi vite  qu’il a pu.  Et sans remerciement…   

Ah oui : pourquoi faut-il les garder ? Parce qu’ils mangent des tas d’insectes pas forcément sympathiques tels que « limaces, vers de terre, chenilles, cloportes, mille-pattes, petits coléoptères, scolopendres, mouches… ». C’est vrai puisque c’est wikipedia qui le dit…!

Pour suivre le chemin

. Retrouver notre copain sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Crapaud_commun

. Photos Elisabeth Poulain

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L’esprit-village en Loire > Trentemoult > Rive gauche, sud Nantes

3 Mars 2015, 16:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Trentemoult, caravane jaune & façade bleue, Clichés Elisabeth Poulain 2010Trentemoult, caravane jaune & façade bleue, Clichés Elisabeth Poulain 2010

Trentemoult, caravane jaune & façade bleue, Clichés Elisabeth Poulain 2010

Décryptage du titre, l’esprit-village d’abord. Il s’agit d’essayer d’approcher avec l'exemple de Trentemoult ce qu’est le village aujourd’hui, en particulier vu sous le regard d’Urbains qui recherchent quelque chose de plus. Parler d’un supplément d’âme serait peut-être exagéré, mais un lieu « habité » oui, au sens où d’autres personnes, pour d’autres raisons, avaient sélectionné avant eux cet endroit et qu’il est aujourd’hui un endroit choisi pour ses qualités propres. Le site a donc déjà une histoire, pas n’importe laquelle, une histoire dont il est possible d’endosser les habits séduisants, plaisants, même si son passé n’a pas forcément été toujours forcément « rose ». Quoi que… l’analyse d’une situation varie fortement avec l’emplacement du site. Une très vieille maison de pêcheurs, dotée d’une pièce et d’un appentis dans un vieux village touristique sera toujours perçue avec les yeux de l’amour, surtout si elle dispose d’une vue imprenable sur la mer ou sur un grand fleuve qui y mène…La même ou presque dans un site minier désolé, sans beau paysage et rien pour inspirer l’amour…c’est autre chose.

 

Trentemoult, vue sur la Loire, cliché Elisabeth Poulain 2010

Trentemoult, vue sur la Loire, cliché Elisabeth Poulain 2010

L’esprit-village s’inscrit dans ce besoin qu’ont toutes les sociétés de recréer des lieux où il fait bon vivre, comme un décor de carte postale devenue vraie, pour ceux qui apprécient de voir la beauté d’un lieu réaménagé pour le plaisir des yeux, ceux qui y vivent et ceux qui viennent s’y promener, goûter un Muscadet au verre, ou apprécier un poisson de Loire ou de mer au restaurant, au bord de la Loire, devant un grand paysage. Trentemoult est encore un « village, à l’esprit-village » qui a un ancrage réel dans l’histoire, avec sa sociologie spécifique, en proximité avec la Loire et la grande ville de Nantes. C’est dire qu’il fait partie de ces « villages touristiques », recréée pour notre société qui fait une large place aux loisirs aujourd’hui.

Trentemoult aujourd’hui est au plan administratif et juridique un quartier de la Ville de Rézé, situé rive gauche de de la Loire au sud de Nantes. L’intéressant dans cette approche est de montrer que s’il y a bien eu un village proche de la grande ville, situé de l’autre côté de la Loire, ce village a su se récréer une nouvelle identité en phase avec notre époque, qui est gourmande à la fois de grands paysages, de proximité avec des lieux à taille humaine, qui ont une histoire à la fois emblématique de la vie près de la Loire et de réponse à des besoins d’adhésion à une communauté. Et la transformation se fait en lien avec notre époque.

Trentemoult, qui était un village de pêcheurs, continue à privilégier sa relation avec le fleuve. Il a son port de bateaux de loisir et de pêche. Il possède aussi des restaurants à terrasse où l’on vient goûter des poissons de Loire et de mer. L’un deux est très célèbre, il s’agit du restaurant de la Civelle du nom de la petite anguille. On y vient aussi pour se promener le long de la rive gauche de la Loire à un endroit qui offre une vue inimitable à la fois en amont, vers l’Ile de Nantes et le centre de Nantes, en aval, vers le large bras de la Loire et en face vers le port en avancée vers l’aval.

Trentemoult, Bords de Loire, vieux bateau, maison rose, grue jaune, Clichés Elisabeth Poulain 2010Trentemoult, Bords de Loire, vieux bateau, maison rose, grue jaune, Clichés Elisabeth Poulain 2010Trentemoult, Bords de Loire, vieux bateau, maison rose, grue jaune, Clichés Elisabeth Poulain 2010

Trentemoult, Bords de Loire, vieux bateau, maison rose, grue jaune, Clichés Elisabeth Poulain 2010

Un village force 4, c’est la façon dont la ville de Rézé parle de son quartier de bord de Loire, avec bien sûr d’abord le village de pêcheurs (1) où il reste des maisons de pêcheurs, qui logiquement ont aussi adjoint au village-maisons, une extension sur le fleuve pour leurs bateaux en bois. Ce village du bois sur l’eau (2) a logiquement complété le village en dur. Puis est venu une nouvelle époque qui s’ouvrait déjà à sa façon vers les loisirs, avec les guinguettes du bord de l’eau (3), « le samedi soir après le turbin ». Puis sont venues les joies du carnaval qui offrait un moment où on pouvait se lâcher. On y retrouve un peu cette atmosphère aujourd’hui grâce à une certaine gaîté, des couleurs vives, de l’exubérance exprimée, des promeneurs qui viennent se changer l’œil (4)…

Avec en particulier le jaune de la Grande Grue emblématique de l’Ile de Nantes qu’on aperçoit de loin, qu’on retrouve sur une caravane fixée sur une remorque, une moto un peu avant, l’ancienne centrale à béton rouge transformée en œuvre d’art par Roman Signier, lors de la grande opération culturelle de mise en valeur de l’Estuaire, en 2009 ou du mur de façade bleu d’un immeuble récent….

Pour suivre le chemin menant à Trentemoult

. Trentemoult, quartier de Rézé sur http://www.reze.fr/Les-quartiers/Trentemoult-Les-Isles/Presentation-du-quartier

. Quelques mots sur la petite ville sur http://www.nantesmetropole.fr/decouverte/les-promenades/le-village-de-trentemoult-tourisme-27997.kjsp?RH=PROMENADES

. Découvrir l’excellent blog de Cédric Robertgeaud, avec de très belles photos http://retroville.fr/avant_apres/reze/trentemoult/

. Et  les photos de Jibi44 sur Nantes et Trentemoult d’un contributeur wikipedia, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Jibi44

. http://www.estuaire.info/fr/oeuvre/le-pendule-roman-signer/ . Le restaurant La Civelle sur http://www.lacivelle.com/

. Photos Elisabeth Poulain 2010

La centrale à béton, pendule-Roman Signier, Estuaire, Cliché Elisabeth Poulain 2010

La centrale à béton, pendule-Roman Signier, Estuaire, Cliché Elisabeth Poulain 2010

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