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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Des murs de briques rouges peints d’une publicité > Coca-Cola, Mc Do

30 Juin 2015, 15:42pm

Publié par Elisabeth Poulain

Visuel Coca Cola peint sur un mur de briques rouges, CCC Welcome to the XXIst century, Cl. Elisabeth poulain

Visuel Coca Cola peint sur un mur de briques rouges, CCC Welcome to the XXIst century, Cl. Elisabeth poulain

Ce sont de grands et hauts murs de briques rouges qui ont foncées avec le temps. Ne me demandez où ils étaient situés, je l’ignore. Ces murs devaient être situés dans une grande ville, là où passait beaucoup de monde à la fin du XXe siècle, vraisemblablement aux Etats-Unis pour les deux grandes marques mondiales que sont Coca Cola et Mac Do. On peut aussi émettre l’hypothèse que de tels grands murs étaient situés dans des quartiers excentrés où il y avait de grands entrepôts, peut- être même ceux des marques. Les publicités peintes. Elles sont en format « paysages » de très grandes dimensions, en longueur surtout et en hauteur.

C’est une certitude pour le visuel Coca Cola, avec un effet visuel fort, d’autant plus qu’il est placé très bas sur le mur, de façon à accroître son impact sur les passants. La présence du jeune homme souriant à cheveux longs et qui marche vite,  ne peut être un hasard. Du coup l’impact de la bouteille est encore plus fort, surtout que la brique a été repeinte en couleurs Coca Cola hors des dimensions du visuel de façon à faire ressortir le galbe blanc de la bouteille avec des tracés noir et jaune. Avec les traits rouges qui font briller la bouteille de haut en bas, on retrouve toutes les couleurs de la marque.

Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain

Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain

Le visuel McDo est issu d’un document grand format et de très belle facture célébrant la présence de « Mc Donald’s en France ». Aucune date ne figure, mais il semblerait que ce grand album ait été conçu pour célébrer le passage à l’an 2000. La dernière page -la 78- et la page 3 de couverture porte une photo signée Catherine Fuff, mais sans certitude malgré tous mes efforts. Ce sont les deux arches en or jaune du M de Mc Do qui figure au centre du cliché ; en arrière derrière, un grand rectangle rouge peint sur la brique rouge clair fait ressortir HAMB en grandes lettres blanches. On peut légitimement supposer que le visuel devait développer le mot de Hamburger en entier. Par différence avec le visuel précédent, il n’y a pas d’encadré extérieur, mais un cadre en rouge plus vif par-dessous les deux arches qui permet de faire ressortir les lettres blanches de Hamburger en grand.

Ce qui est intéressant, dans les deux cas, porte sur la volonté de longévité de ces visuels peints. A l’époque pas si lointaine de la fin du XXe siècle, Il s’agissait de continuer à communiquer sur la marque, l’un en l’associant à sa bouteille et l’autre à son logo graphique, les deux arches d’or, comme s’il fallait encore et encore continuer à communiquer de cette façon. 15 ans après beaucoup de choses ont changé dans l’univers de la publicité, à commencer par les grands visuels photographiés sur textile accrochés sur les murs et surtout pas peints. C’est une façon de pouvoir les changer le plus rapidement possible sans toucher au mur, en multipliant les accroches de façon à ancrer encore plus fortement la marque dans le changement continu, en occupant la place pour chasser le concurrent. Autres temps, autres mœurs…

Pour suivre le chemin

. Coca Cola Cy, Rapport annuel, fin du XXe siècle, commençant par ces mots « Welcome to the Coca-Cola Company of the 21st century. », photo en double page 12 et 13, www.thecoca-colacompany.com  

. Mc Donald’s en France, un album de McDonald’s France, 1 rue Gustave-Eiffel, 78045 Guyancourt France, www.mcdonalds.com  

. Voir des exemples en France sur un site intéressant http://lesmurspeints.blogspot.fr/  

. Photos Elisabeth Poulain à partir des documents propres à chacune des deux entreprises, avec mes remerciements.

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Saint-Nazaire – Port > Felice Varini < Paris - Cours Edouard VII

27 Juin 2015, 15:18pm

Publié par Elisabeth Poulain

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur un triangle rouge de Felice Varini,  wikipedia, abxbay

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur un triangle rouge de Felice Varini, wikipedia, abxbay

Le titre en commençant par l’artiste franco-suisse Felice Varini. Il est de ceux qui aiment les grands espaces construits, avec des surfaces de grandes amplitudes dans des situations complexes.

. A Saint-Nazaire, l’artiste scénographe, a pu s’exprimer sur les toit d’un grand hangar de 120 mètres de long, tout en jouant sur d’autres surfaces en seconds, triples ou plus plans successifs dans le paysage portuaire.

. C’est le cas aussi par exemple à en plein cœur de Paris IX dans un espace entre des immeubles distincts, non jointifs et non positionnés à angle droit. Le projet offrait un défi au degré maximal de complexité, propre à satisfaire un chercheur en impressions visuelles innovantes et à attirer les curieux d’un art visuel qui détonne vraiment dans un univers de rigueur où la maitrise règne en reine. Et cela à Paris, tout près du Boulevard des Capucins, entre l’Opéra et la Madeleine et du Music-Hall de L’Olympia.

Felice Varini est un brouilleur de frontières qui aime les perceptions fortes et pourtant très fines de nature à troubler nos sensations dans des espaces qui peuvent être publics ou privés et pourtant ouverts. Ce n’est pas tant parce qu’il a une double appartenance suisse et française, c’est qu’il aime jouer avec les dimensions, les plans, les éléments construits anciens ou contemporains, à partir du moment où la complexité visuelle entre en jeu. Un grand mur tout simple ne saurait lui suffire, à moins d’avoir une forte singularité, auquel cas, il ne serait pas simple. La fonctionnalité du support construit lui importe peu, du moment qu’il peut imaginer s’emparer d’une image réelle d’un toit et/ou de façades pour commencer à dire autre chose autrement.

C’est un joueur d’espaces qui aime les grandes dimensions en plans-séquences qui séparément n’offrent que peu d’intérêt en eux-mêmes mais qui ajustés par lui dans l’espace, avec de l’espace entre eux, composent un ensemble. L’important n’est pas la surface seule, verticale ou inclinée, déclinée au singulier ou au pluriel, mais l’intégration de l’espace entre ces surfaces dans son œuvre, comme une partie constitutive. C’est dire que ce créateur, ce compositeur de nouvelles images intègre l’espace qui sépare les éléments de ses compositions en tant que partie prenante d’un nouveau paysage résultant d’un rapport différent à l’espace dans le paysage.
 

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur sur plusieurs triangles rouges, Felice Varini, wikipedia Demeester

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur sur plusieurs triangles rouges, Felice Varini, wikipedia Demeester

. A Saint-Nazaire, Il y a aussi particulièrement un défi et une volonté réussie de la part de l’artiste de re-créer un point-centre de sa création d’où celle-ci va pouvoir être vue dans sa plénitude, acceptée et comprise. C’est aussi pour lui une façon d’être le maître d’un nouveau monde visuel, d’une grande dimension, existant réellement, en particulier grâce au numérique. Le point focal à Saint-Nazaire se situe sur la terrasse panoramique de l’écluse fortifiée.

Une autre façon de pouvoir appréhender ce sur-paysage rouge et blanc de Saint-Nazaire, est de laisser votre esprit et vos yeux à même d’établir un lien entre ces triangles rouges, qui surgissent de façon apparemment inopinée sur un silo à grain ou une haute tour de stockage, comme il en existe dans tous les ports. Et vous admirez le bâtiment qui n’avait jusque-là eu aucune importance à vos yeux et qui est devenu maintenant un emblème visuel de Saint-Nazaire. Une sorte de signature qui allie la reconnaissance de l’histoire et la réalité industrielle du port nazairien et l’art dans sa dimension la plus innovante et impactante sur le paysage portuaire.

Huit ans après Estuaire 2007, vous vous surprenez toujours à chercher ces pointes de flèches, comme j’appelle les triangles de Fabrice Varini. Et vous découvrez que la ville, dans le quartier portuaire, adore maintenant vraiment utiliser le rouge, comme couleur positive et tonique. Avant et juste après la seconde guerre mondiale, cette couleur aurait pu être perçue comme une provocation politique à l’égard de la classe ouvrière, très active comme il en allait alors dans toutes les villes portuaires, surtout dotées de chantiers navals.

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth Poulain

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth Poulain

. Le second exemple dont je vais vous parler se situe à Paris en retrait du boulevard des Capucins, tout près du théâtre Edouard VII et du music-hall de l’Olympia. Le Cours Edouard VII comme il est indiqué sur la plaque accrochée aux murs d’un des immeubles concernés par la transfiguration de Felice Varini. On préfère dire maintenant le Carré Edouard VII pour faire la paire avec le Théâtre Edouard VII – Café Guitry, près du Square du même nom, juste devant le théâtre.

Pour lier ensemble ces immeubles qui se ressemblent et dont chacun diffère de ses voisins, les concepteurs ont fait appel à Felice Varini qui là aussi a réussi l’exercice avec brio. Il s’agissait, du moins est-ce ainsi que je l’imagine, lier ensemble ces immeubles de même facture et sans aucun élément de différenciation, si ce n’est leur orientation. Il s’est agi de les faire parler, jouer ensemble avec des lignes intégrant l’espace entre eux, sans les alourdir, sans chi-chi inutile. Une façon virtuelle, vraiment nouvelle d’accroître une perception surprenante du pouvoir d’expression de « l’espace architecturale » en ce plein cœur de la capitale à la forte densité, même pour des Parisiens blasés.

« L'espace architectural, et tout ce qui le constitue, est mon terrain d'action. » constitue la premières phrase de la description que Felice Varini fait de son travail. C’est réellement une nouvelle dimension qui s’ajoute à toutes les recherches sur la perspective, le paysage… qui sont menées depuis de longs siècles et ceci dans toutes les cultures du monde. Et le rouge est sa lumière, sa couleur phare. Un rouge orangé particulièrement lumineux et fort, qui s’impose à la vue et à l’esprit de façon à les rendre captifs. Son pouvoir d’expression est si fort que je gage qu’on lui garde à vie une sensibilité particulière, de la même façon qu’on croit apercevoir du rouge Varini dans beaucoup d’endroits de Saint-Nazaire. C’est impressionnant quand même. Citons juste pour le plaisir le grillage d’aires de stockages dans la zone portuaire, une immense grue un peu plus loin…sans compter son site rouge, avec même un carré rouge qui précède l’indication de son site.

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés  France  Poulain, Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés  France  Poulain, Elisabeth Poulain

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés France Poulain, Elisabeth Poulain

L’artiste pourtant n’a pas fait ce choix pour Paris. Il a sélectionné trois couleurs, le bleu, l’orange et le jaune, pour faire dialoguer les immeubles entre eux, sans les alourdir. Les visiteurs curieux sont nombreux à lever la tête pour admirer ce jeu d’acteurs entre un artiste plasticien, des murs de façades distinctes, des couleurs différenciées et des formes adaptées à chaque cas. Visiblement, il ne s’agissait pas de trouver un lien visuel identique et de le dupliquer en changeant seulement la couleur et le trait. Il lui a fallu faire autrement:

. Au bleu moyen tracé en trait fin est dévolu le pouvoir d’exprimer « cinq ellipses », une spirale brisée en pointillé dans l’espace entre les deux bâtiments que l’on aperçoit d’autant mieux que l’on a l’impression de passer dessous, comme sous une arche en spirale invisible.

. L’orange en traits plus épais est dédié à quatre grandes flèches qui partagent l’espace en tournant autour de deux fenêtres voisines, de sorte qu’elles forment « quatre triangles ».

. Le jaune est utilisé pour dessiner « un double trapèze », un carré biscornu pour former aussi « quatre triangles » visible dès l’entrée dans la Cour . Du fait du pouvoir d’attraction très fort de ces façades qui parlent une langue mystérieuse et qu’on cherche à décrypter, les visiteurs sont nombreux à marcher le nez en l’air, pour s’imprégner d’une certaine atmosphère en plein cœur de Paris. Ils marchent d’autant plus facilement que le sol est entièrement recouvert et qu’il n’ y a aucune présence végétale. Par contre, pour éviter la collision entre les lignes de façades et le sol, celui-ci est tracé de lignes rectangulaires formant des carrés réguliers, pour apaiser l'esprit dont les yeux sont occupés à regarder en l'air et parler aux pieds pour les rassurer.

Et c’est ainsi que l’on passe très facilement d’un port à l’atmosphère vraiment très portuaire à un nouvel endroit très chic en plein Paris, en se surprenant à chercher où se trouve les signes de couleurs, comme une nouvelle langue qui s'adresse à des connaisseurs…Un formidable pari de création architecturale et picturale numérique réussi dans les deux cas !

                                                                          *

. Pour découvrir Felice Varini,  se rendre sur son site au carré rouge, à la page d’accueil rouge sur http://www.varini.org/index.html

. Pour suivre le chemin menant au Port de Saint-Nazaire . Felice Varini à Saint-Nazaire pour l’Evènement Estuaire 2007 sur http://www.estuaire.info/fr/oeuvre/suite-de-triangles-saint-nazaire-felice-varini-2007/  Il existe aussi une plaquette « Estuaire 2007.2009.2011, Nantes <>Saint-Nazaire, le paysage, l’art et le fleuve, www.estuaire.info  . Voir aussi le carnet de jeux conçu pour les enfants. Pout la série des triangles, il faut trouver le point où les triangles apparaissent en continue sur http://www.estuaire.info/fr/telechargements/  Ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Suite_de_triangles  . Voir la photo prise à partir du point choisi par l’artiste sur http://www.pnlphotographies.com/saint-nazaire-la-suite-de-triangles/  . Photos Saint-Nazaire des Triangles 2007, d’après le dessin du silo d’Estuaire 2007-2009 et Elisabeth Poulain pour 2014, 2015

. Pour suivre le chemin menant au Carré Edouard VII à Paris . Le Cours, le Carré ou le Square Edouard, propriété de la SFL, à découvrir dans l’important dossier de presse très précis et très complet « Mémoires contemporaines 2 » de 8 pages sur http://www.fonciere-lyonnaise.com/Carre-Edouard-VII/upload/DP_Felice_Varini_Memoires_Contemporaines_2-V2.pdf  ainsi que http://www.servcorpconferences.fr/2012/10/04/surprenant-lart-contemporain-sinvite-dans-le-square-edouard-vii/  . Le Théâtre Edouard VII-Café Guitry à retrouver sur http://www.theatreedouard7.com/  

. Pour Saint-Nazaire, photos des contributeurs wikipedia, abxbay et Demeester, avec mes remerciements,  Elisabeth Poulain, France Poulain pour les autres. Pour Paris, belles photos d’André Morin à voir dans le site de la Foncière Lyonnaise ainsi que dans la plaquette d'Estuaire 2007.

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Wikipedia > Pline le Photographe Numérique > Hommage aux contributeurs

25 Juin 2015, 15:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Bateau de pêche, Port de l'Aberwra'h, Bretagne-France, sur une béquille, Pline, wikipedia, Elisabeth Poulain Blog

Bateau de pêche, Port de l'Aberwra'h, Bretagne-France, sur une béquille, Pline, wikipedia, Elisabeth Poulain Blog

Maintenant grâce à wikipedia et à ses démarches personnelles, il y a un nouveau PLINE, après Pline l’Ancien et Pline le Jeune son neveu adopté par le Ier. C’est Pline le Photographe, dont on ne sait rien, par volonté très personnelle de sa part, si ce n’est qu’il fait du vélo et qu’il adore prendre des photos. Il prend bien soin de conseiller l’appariement aux lecteurs de wikipedia. Partir à vélo pour découvrir des sites exceptionnels et s’arrêter le temps qu’il faut là où il faut pour saisir en photo un paysage, un détail, quelque chose qui lui parle… sont des plaisirs des Dieux. Mais qui ne sont pas suffisants, il reste la troisième dimension qui est le partage.

Revenons à Pline le Photographe et à ses photos, qui viennent enrichir, pour celles qu’il a choisies, le fonds de Wikipedia accessible à tous et utilisables librement, à condition de ne pas les détourner de leur sens et leur accorder ainsi qu’à leurs auteurs toute la considération qu’elles et qu’ils méritent pour cette démarche de don et de partage. Vous avez compris que je ne vous dirai rien ou presque du photographe qui pense avec raison qu’une photo parle. Elle a sa force d’émission propre et de perception particulière par ceux qui la découvrent. Certaines vont prendre un envol formidable, alors que d’autres resteront tapies dans l’ombre attendant d’être à leur tour découvertes ou pas. Tous les cas de figures existent, avec une grande part d’aléatoire.

Certaines photos vont ainsi sortir dans la lumière. C’est le cas de ce petit bateau de pêche, de couleurs bleu et blanc à marée basse, adossé au quai du port dans lequel il attend patiemment que la mer monte pour le remettre à flot. La scène se passe sur la côte littorale nord, au port de l’Aberwrac’h et le cliché a été pris le 29.07.2008. L’article concerne « la béquille » qui permet de stabiliser le bateau en position à peu près horizontale. Son titre « Bateau de pêche dans le port de l’Aberwrac’h (Bretagne, France) reposant sur sa béquille » est déjà un voyage en soi grâce à son haut degré de précision.

Voiliers à marée basse, Archipel de Chausey, France, wikipedia, Cl. Pline, Blog Elisabeth Poulain

Voiliers à marée basse, Archipel de Chausey, France, wikipedia, Cl. Pline, Blog Elisabeth Poulain

Le petit bateau est tout simplement attendrissant, reposant sur son lit d’algues vertes qui l’enserre comme un cocon. La photo m’avait émue, d’autant plus qu’elle m’avait surprise. Je cherchais de l’information sur les béquilles de bois utilisées pendant et après la première guerre mondiale par des personnes. Et je me suis retrouver à admirer un vieux petit bateau bien entretenu qui attend avec une patience toute bretonne que la mer monte, comme dans la chanson « Quand la mer monte, j’ai honte, j’ai honte, quand elle descend je l’attends. »

C’est à « Béquille » - l'entrée de wikipedia – que j’ai découvert une autre photo de Pline qui se passe dans le port à marée basse de l’archipel français de Chausey, qui a obtenu dans wikipedia la qualification de « Quality Image. » C’est une merveille de délicatesse, de couleurs, d’un sentiment d’abri dans un décor où l’on voit sur le même plan des anciennes maisons de pêcheurs bien repeintes, des bateaux neufs échoués à marée basse, avec de grands rochers en fond de scène, par un temps de rêve en Manche à l’ouest du Cotentin, au nord de la Baie du Mont Saint-Michel. Il  ya une densité d'informations et de représentations incroyable dans ce cliché, au point que je vous le conseille en fonds d'écran. C'est un vrai plaisir qui ensoleille votre début de journée, même avec le soleil dehors.  

Désormais vous saurez qui est le 3è Pline, c’est PPN, Pline le Photographe Numérique. Et le billet s’inscrit dans la Culture Numérique Partagée, la CNP, un sigle connu mais pas dans cette acceptation !

Pour suivre le chemin

. Retrouver « User Pline » avec les clichés qu’il a mis en ligne sur https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Pline  

. Lire aussi l’article « Béquille » sur wikipedia sur https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9quille_(bateau)  

. Pour le port, voir http://www.port-aberwrach.com/  

. « Quand la mer monte », Paroles et Musique de Jean-Claude Darnal 1968, chantée en particulier par Raoul de Godewarsvelde, à écouter sur http://www.dailymotion.com/video/x6yeam_raoul-quand-la-mer-monte_music  dans lequel on voit le chanteur sur un bateau plus que petit.

. Pour l’archipel de Chausey, https://fr.wikipedia.org/wiki/Chausey  

. Pline l’Ancien, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Pline_l'Ancien  

. Ainsi que Pline le Jeune, son neveu adopté, https://fr.wikipedia.org/wiki/Pline_le_Jeune  

. Photos Pline/wikipedia

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Le Train en gare > L’attente, l’arrivée, le passage, le départ > Angers

23 Juin 2015, 14:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un titre à 70 caractères, qui tombe presque pile-poil, est déjà un bonheur de blogueur, bien que je n’ai pas réussi à placer les trois petits points pour montrer que l’histoire ne s’arrête pas là, surtout aussi quand il s’agit d’un train.

Gare d'Angers, la gare, les rails vus du haut, le vide, n°1, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, la gare, les rails vus du haut, le vide, n°1, Cl. Elisabeth Poulain

Un train est fait pour rouler. Par définition aussi, sa marche s’entend avec des arrêts compris et annoncés à l’avance, mais pas toujours. Ce train-là ne s’est pas arrêté. Telle était sa fonction ce jour-là, sans personne pour l’attendre à l’arrêt d’Angers, puisque ce n’était pas sa fonction du moment.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°2, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°2, Cl. Elisabeth Poulain

Un train est fait pour rejoindre le lieu où on l'attend, sans perdre de temps.  Il n'y avait donc personne, ni mouvement d'aucune sorte. Des voitures qui passaient le pont, oui certainement, des voyageurs en bas sur le quai derrière mon dos, près du centre des quais localisé par les panneaux indicateurs de la composition des trains, aussi. Mais en cet endroit où la largeur des quais diminue, en regardant vers Paris, c'était un vide étonnant, dans une immobilité terriblement forte.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°3, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°3, Cl. Elisabeth Poulain

C’est dire qu’il n’y avait ni voyageurs descendant, ni voyageurs attendant de monter, ni accompagnants ou personnes attendant ceux qui arrivaient, ni non plus de membres du personnel attaché à la SNCF, la Société nationale des Chemins de Fer français.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°4, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°4, Cl. Elisabeth Poulain

Il n’y a eu aucun mouvement perceptible et saisi par la photographie. C‘est cette vacuité dans un univers urbain très contraint avec un train qui arrive, passe et s’en va… sans autre réaction qui m’ont attiré. Il faut dire que je passais en tenant mon vélo à la main sur le large trottoir avec mon appareil photo.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, la rame presque au complet, n°5, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, la rame presque au complet, n°5, Cl. Elisabeth Poulain

L’idée était de prendre des photos vues du dessus des rails, des quais et des poteaux centraux… avec des lignes de fuite fortes et des différences d’un côté à l’autre, particulièrement au niveau des parois de pierre, des voies et des chemins à terre et des quais uniquement sur le côté gauche et au milieu.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, la rame vue de l'arrière, n°6, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, la rame vue de l'arrière, n°6, Cl. Elisabeth Poulain

Il est frappant aussi et surtout de constater la grande différence paysagère entre le côté droit au style architectural très urbain fin du XIXe et la dimension végétale d’un espace reconquis il y a plusieurs décades en côté gauche. Il s’y élève maintenant des immeubles et… la patinoire qui va déménager pour aller dans le nouveau quartier de Saint-Serge pour se rapprocher de la rivière Maine.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, traversée terminée, n°7, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, traversée terminée, n°7, Cl. Elisabeth Poulain

Le seul désordre est le graffiti traité à la peinture blanche sur le fond rose brique foncé, que l’on aperçoit en horizontal sur la rambarde du pont sur un des clichés. Et le trouble à voir les photos, est de ne pas savoir quel est le sens d'avancée du train...Regardez par exemple les photos en remontant cette fois-ci...vous avez l'impression que le train arrive.

Imaginez maintenant un pas de plus, les photos vous arrivent dans le désordre, votre interprétation pourra être plurielle. Vous pouvez en déduire par exemple qu'il n'y a vraiment personne...Les voyageurs sont pourtant là mais on ne les voit pas.

C'est une illustration en image du fait que la photo - aussi -  n'est pas le territoire, pas seulement la carte!

 

Pour suivre le chemin

. La gare d’Angers sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Gare_d'Angers-Saint-Laud  mais sans information sur le tunnel permettant de traverser Angers en souterrain pour aller vers Le Mans, Paris…

Gare d'Angers, parapet, rails vus du haut, traversée terminée, n°8, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, parapet, rails vus du haut, traversée terminée, n°8, Cl. Elisabeth Poulain

. « L’arrivée du train en gare de la Ciotat », un film des frères Lumière réalisé en 1895 et projeté en 1896 pour la première fois, retrouver l’essentiel sur https://fr.wikipedia.org/wiki/L'Arriv%C3%A9e_d'un_train_en_gare_de_La_Ciotat  

. Avec l’analyse de d’Encyclopédie Larousse sur http://www.larousse.fr/encyclopedie/film/lArriv%C3%A9e_dun_train_en_gare_de_La_Ciotat/780  

. Clichés Elisabeth Poulain

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Paysages bleus & jaunes de Normandie > Champs de lin dans l’Eure

18 Juin 2015, 15:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Cliché France Poulain

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Cliché France Poulain

Nous sommes en Normandie, dans le département de L’Eure au début du mois de juin. C’est la pleine période de la floraison des graines de lin montées en tige avec une toute petite fleur au sommet. Sa floraison proprement dite ne  va durer que quelques jours. 

Devant vous se déploie une très grande surface bleu-mauve de millions de petites fleurs de lin qui forment un tapis ondulant doucement d’une bonne soixantaine de cm de haut ou plus. J’avoue ne pas avoir sorti mon centimètre enrouleur que je devrai toujours avoir avec moi, ni avoir plongé mon bras dedans pour mieux sentir la hauteur.

Le bleu parme incomparable de la fleur de lin. D’une très grande finesse, sa couleur ne se compare à nulle autre dans le règne végétal. Elle a de plus cette particularité unique  de se voir sur de très grandes parcelles de terre sans barrière, que l’on peut admirer de la route, à condition d’être dans la moitié nord de la France en Normandie, Haute et Basse, en Picardie et, parait-il, dans le Grand-Est parisien.

On a l’impression de noyer son regard dans un bain de bleu très particulier, un bleu parme léger, adouci par le vert jaune des tiges, celles qui vont donner les fibres avec lesquelles seront faites la corde de lin, la toile de lin et les tissus plus fins après de nombreuses opérations pour extraire la fibre.

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Cl. France Poulain

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Cl. France Poulain

La culture du lin. Il lui faut plusieurs conditions pour pouvoir s’épanouir. D’abord et avant tout la terre, une terre légèrement acide riche et profonde, et une rotation des cultures pour éviter des maladies. Ajoutez ensuite de l’humidité au printemps car c’est une plante gourmande en eau, de la chaleur pour monter en graine rapidement et du vent. Le bon vent, pas un vent trop fort non plus pour éviter aux plants d’être couchés de sorte qu’ils ne pourraient plus être fauchés mécaniquement pour en faire des rouleaux impeccables. Le bon vent , celui qui va sécher le plant coupé laissé à terre pour le rouissage, afin d’amollir la fibre,

De grandes parcelles sont nécessaires à son semis en lignes longues et régulières. Les chiffres donnent le tournis. On compte entre 1500 et 1600 plants au m2. Imaginez la voracité de toutes ces petites graines pour devenir des plants avec beaucoup de travail de l’homme, même assisté par des machines ! Cette alliance entre la terre, la graine et l’homme conduisant les machines est fabuleuse.

Les particularités de la récolte du lin. De très grosses machines sont en effet nécessaires pour arracher ces tiges très dures, si dures qu’elles ne peuvent être traitées sur le moment. Il faut laisser au temps, à l’humidité et au soleil le temps de faire leur travail, pour amollir les tiges en les laissant sur place au sol pour que le rouissage puisse faire de façon optimale.

Les éléments naturels ne sauraient pourtant suffire. Parmi les grosses machines, j’ai mentionné les « arracheuses », auxquelles s’ajoutent les « retourneuses » pour retourner les bottes à terre pour faciliter le séchage du côté jusqu’alors tourné vers le sol, puis des « enrouleuses » qui vont former des balles où les tiges (les andains) vont finir de sécher.

Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain 2014Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain 2014Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain 2014

Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain 2014

Après seulement commencera le dur travail du teillage du lin…pour extraire les fibres. La grande aventure de l’extraction des fibres commence et là un nouveau voyage commence, qui va être planétaire. Et je n’exagère pas. Jugez-en !

Actuellement et depuis des années, la France est le leader mondial de la production de lin pour la qualité des fibres. La culture a été réintroduite au XIXè siècle par des agriculteurs de Flandres (Belgique). En France, les deux-tiers de la production se font en Normandie, en Seine maritime, dans l’Eure, au pays de Caux, dans la plaine de Caen, au Pays d’Ouche. Le lin est alors transformé en filasse par des coopératives et des teilleurs privés pour une faible part.

La filasse faite, on se retrouve tout à coup en Chine, une fois le transport effectué bien sûr. La République populaire achète en effet 80 à 85% de la production mondiale de filasse. C’est là-bas que les lots sont peignés pour être débarrassés de toutes leurs impuretés physiques telles que du bois, de la terre, des débris minéraux. Une activité industrielle qui doit être, à mon avis, dure physiquement. Le peignage étant fait, la Chine revend la filasse peignée cette fois-ci aux tisseurs en particulier européens situés essentiellement en Italie et dans les Pays de l’Est…

Et tout ça, grâce à cette petite fleur, d’un bleu-parme si léger qui change avec la lumière, qui ne dure que quelques jours, d’une plante qui existait déjà à l’époque du Néolithique, 7500 ans avant Jésus-Christ. La plante est en effet née en Perse et en Egypte. Sa diffusion s’est faite par la Méditerranée. En France, les archéologues en ont retrouvé des traces dans la Vallée de la Deule (Nord-Pas de Calais).

Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl.Elisabeth Poulain 2014Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl.Elisabeth Poulain 2014Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl.Elisabeth Poulain 2014

Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl.Elisabeth Poulain 2014

Cette plante nous offre une autre surprise. Le vert vif et tendre à la fois des tiges devient presque jaune-vert une fois la floraison terminée…Quand vous apercevez ces grandes parcelles au mois de juillet, vous savez que la prochaine floraison sera pour l’année prochaine… Une photo d’un grand champ de lin en pleine floraison agit comme un déclic, qui vous fait faire le tour du monde en aller-retour, via la Chine, et un grand retour 7500 ans en arrière, au temps du Néolithique, grâce à ce très beau cliché de France Poulain pris dans l’Eure en 2015.

Pour suivre le chemin

. Voir l’article très complet sur le « lin cultivé » sur wikipedia, avec en particulier le lexique technique, pour vous y retrouver.  

. Trouver l’essentiel de l’information sur le lin en Normandie sur http://www.normandie.chambagri.fr/agriscopie-lin.asp  

. Découvrir le site de référence européen du lin, avec aussi un blog très documenté http://www.mastersoflinen.com/pages/phototheque/31  

. La fiche professionnelle sur les techniques et les métiers du lin, avec beaucoup d’informations techniques et juridiques précises http://www.fmpcisme.org/FMPPDF/804/FicheResume.pdf  

. Des informations aussi sur http://www.sme76.fr/Upload/medias/sme_actes_rencontres_lin_juin_2012.pdf  

. L’étude d’Emmanuel Martial 2008 en texte intégral et avec des photos, en particulier une fosse de rouissage à Houphin-Ancoisne, rue Max Dormoy « Exploitation des végétaux et artisanat textile au Néolithique final sur les sites de la vallée de la Deûle (Nord - Pas-de-Calais) » en page 114 sur http://nda.revues.org/611  

. Photos : France Poulain pour le champ de lin dans l’Eure 2015, avec de grands remerciements de ma part et quelques photos personnelles pour le lin jaune, après floraison.

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Sillon entre les Rangées, Cl. Elisabeth Poulain 2014

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Sillon entre les Rangées, Cl. Elisabeth Poulain 2014

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Arromanches > Les gens, la plage, la mer & le béton > Printemps 2015

14 Juin 2015, 15:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Arromanches, vue sur la plage, les promeneurs à marée basse, Cl. Claire McDonald

Arromanches, vue sur la plage, les promeneurs à marée basse, Cl. Claire McDonald

Quand on parle d’Arromanches, beaucoup savent que c’est un lieu de mémoire, où tout parle de ce qui s’est passé ici, avec toujours la mer en ligne de mire au bord de la petite route côtière ou plus bas sur la plage. Ce jour-là, le temps était au beau, ce qu’on appelle beau ici, quand le ciel n’est chargé que de quelques nuages légers blancs qui n’annoncent pas de pluie, que le vent ne se fait guère sentir si ce n’est sous la forme de la petite brise de mer de la Manche, quand les touristes sont de retour…

Comme toujours, dès les dimanches de printemps et jusqu’à l’automne, il y a beaucoup de monde sur la plage à marée basse. Des promeneurs marchant à petits pas, sans forcer, ensemble ou s’étirant en file. Beaucoup de groupes se sont ainsi fractionnées en plusieurs unités, chacun dans ses pensées… On n’est pas ici pour faire son jogging, ni promener son chien, même si cela doit arriver, sans manquer de respect à tous ceux qui ont ici donné leur vie lors du Débarquement, avant ou après. C’est un signe qu’ici l’air, le sable, la mer ont en commun quelque chose d’étonnant.
 

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson en béton, Cl. Claire McDonald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson en béton, Cl. Claire McDonald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson, Cl. Claire Mc Donald

Ce spécial se voit déjà à ces grands blocs de béton qui semblent échouer sur la partie de la plage découverte par la marée. De loin, on imagine des blockhaus détachés de la côte par la force des vagues. S’ils ont bien le béton en commun, ils offrent deux grandes différences. D’abord ce sont des caissons qui n’avaient aucune fonctionnalité d’abri. Ils avaient pour objectif de créer un port artificiel sur l’eau, près du bord de la terre. Alors que le blockhaus était bâti, au bord de plages sur la terre pour surveiller la mer. Les caissons ont été fabriqués en Angleterre pour être jeté en mer pour fabriquer un port artificiel au profit des Alliés, alors que les blockhaus l’étaient en France même au profit des forces d’occupation allemandes.

On peut toucher, contourner certains de ces grands caissons allongés de béton qui s’enfoncent depuis leur dépose en 1944 dans le sable sous l’effet des marées. Certains se sont cassés en morceaux. Tous abritent des petites algues qui ont réussi à force de persévérance à se nicher dans les alvéoles du béton, quand les petits cailloux intégrés sont partis sous l’effet de l’eau. L’étonnant à des yeux de native du bord de l’Atlantique est la faible quantité d’algues qui a réussi à se fixer.

Arromanches, marche sur la plage, approche des caissons, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, marche sur la plage, approche des caissons, Cl. Claire Mc Donald

Ce sont les chiffres qui contribuent à un télescopage mental qui donne le tournis. L’esprit a du mal à arriver à visualiser l’arrivée par la mer de millions d’hommes et de matériel en mer à faible distance d’un paisible village qui abrite aujourd’hui environ 600 habitants et vraisemblablement moins de 200 le 7 juin 1944 après les bombardements par l’armée allemande. Il y eut 180 sinistrés, seules sept maisons restèrent intactes. Mais pendant les quelques mois -100 jours ou 5 mois pour d’autres sources - de fonctionnement du port artificiel fondé sur des navires coulés et les fameux caissons, baptisé Mulberry, 2,5 millions d’hommes furent débarqués ici, ainsi que 500 000 véhicules et 4 millions de tonnes de marchandises.

En mer, d’autres gros blocs se détachent en noir sur le fond de l’horizon. Ce sont les vestiges du port artificiel. Ces caissons aux dimensions impressionnantes restantes sont les témoins que l’on vient entendre témoigner depuis 71 ans…

Arromanches, la plage à marée basse, pêcheur de crevettes, caissons à l'horizon, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, la plage à marée basse, pêcheur de crevettes, caissons à l'horizon, Cl. Claire Mc Donald

Pour suivre le chemin

. Aller à Arromanches, et lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Arromanches-les-Bains  

. Voir l’opération, avec des clichés militaires sur http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-port-darromanches  

. Découvrir le port artificiel de Mulberry B sur http://commons.wikimedia.org/wiki/File:MulberryB_-_Piers.jpg  

. Voir comment se sont passés les évènements grâce au « Guide des Plages du Débarquement », de Patrice Boussel et Eddy Florentin, aux Presses de la Cité, éditions 1974, 1984

. Avec des extraits publiés sur http://www.netmarine.net/bat/porteavi/arromanc/villearrom.htm  

. Réviser ses connaissances avec le carnet pédagogique n° 1 pour les enfants scolarisés en primaire. Ce livret est remarquable, du fait en particulier de la présence de photos très parlantes sur http://www.musee-arromanches.fr/docs/carnet_pedagogique_niv1_fr.pdf   Le livret n°2 pour les élèves du secondaire est plus axé sur le contrôle des connaissances sur http://www.musee-arromanches.fr/docs/carnet_pedagogique_niv2_fr.pdf  

. Une demande d’inscription des Plages du Débarquement au Patrimoine Mondial de l’UNESCO serait envisagée ou en cours http://www.cityzeum.com/ev/commemoration-du-debarquement#sthash.xkZlATp5.dpuf  

. Clichés Claire Mc Donald, avec mes plus vif remerciements.

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Collection Emmaüs > La petite chaumière > Peinture à l'eau d'amateur

11 Juin 2015, 18:33pm

Publié par Elisabeth Poulain

La petite chaumière de Brière, Collection Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain

La petite chaumière de Brière, Collection Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain

Elle est représentée sur du papier à dessin fort, collée sur une feuille de papier plus grande qui a jauni avec le temps. Le peintre, qui a signé son œuvre, a dû aussi faire le cadre, un cadre prévu pour défier le temps, tant il a mis de la colle pour être sûr que le tout allait tenir. En plus, Il a pris soin de coller sur l’arrière un échantillon de papier mural avec des fleurs en relief, à la mode dans les années 60. Il a ensuite vissé des attaches rondes dans lesquelles il a placé une ficelle solide, dont il a renforcé la résistance à l’endroit où la ficelle touchait le clou. Une technique qu’on utilise quand le tableau à suspendre est vraiment lourd, ce qui n’est pas le cas ici, même avec la plaque de verre en plus. Tous ces détails montrent l’importance que le peintre a attachée à sa création. Quand on est content de son travail, on ne lésine pas sur les derniers mètres à  parcourir avant d’accrocher son tableau au mur. 

Aucune date ni indication ne permettent de donner une origine à cette peinture ni à la chaumière. Elle pourrait être originaire du grand marais de Brière en Loire-Atlantique grosso modo d’avant 1960. Avant que la grande vogue et la vague touristiques uniformisent les représentations de ces maisons paysannes pauvres. Un grand nombre de chaumières ressemble désormais à l’image idéalisée de la vision souhaitée par les touristes locataires en période de vacances.  Les portes et des huisseries sont maintenant souvent peintes en bleu tendre, comme l’est le ciel quand  le temps est au beau en Basse Bretagne.

La chaumière que j’ai devant les yeux n’entre pas dans cette catégorie de chaumière touristique. Elle se situe même à l’opposé, dans la catégorie des vieilles maisons paysannes saisies juste avant que ne passe le grand vent du temps qui souffle, celui qui fait tomber les échelles, ouvre le haut de porte qui devrait être fermée, soulève le chaume du toit qui aurait dû être beaucoup plus épais pour garantir l’isolation contre la pluie et le froid…Il y a une mode en photo et en tableau,  non pas de la décrépitude, c’est un terme trop fort, mais plus simplement des effets du temps dans des endroits oubliés.   

Visiblement, la chaumière  n’est plus habitée depuis longtemps. Il n’existe plus de chemin pour aller du portillon à la porte d’entrée, ni de rideaux à la partie vitrée haute de la porte qui devait mener au séjour qui servait souvent de pièce à vivre unique. L’étable devait être à gauche du séjour, avec sa porte pleine qui pouvait s’ouvrir en haut pour donner de la lumière aux bêtes à la mi-saison. Notons l'absence de fenêtre. De l’autre côté, figurent des annexes moins hautes qui ont été calées contre la maison, en diminuant la hauteur de l’adossement à chaque fois. Des simples barrières faites de planches ou branches assemblées permettaient d’indiquer la frontière du clos, par différence avec les deux portes du bâtiment principal.

Une petite ouverture en partie haute de la maison permet d’accéder au grenier sous le toit de chaume. On y accédait grâce à une des échelles que l’on voit appuyées sur la façade. La hauteur importante de la façade de cette chaumière indique la volonté d’avoir de l’espace couvert et protégé supplémentaire. L’intéressant, bien que peu accentuée, est la courbe du chaume descendant un peu plus bas que la limite haute de la petite porte haute.  On retrouve cette découpe sur toutes les chaumières briéronnes pour pouvoir accéder à la soupente tout en protégeant le haut de la porte de la pluie poussée par le vent.

La petite chaumière de Brière, Collection Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain

La petite chaumière de Brière, Collection Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain

La composition. Le chemin de l’œil est retenu en bas par le portail qui devait juste être adossé aux deux poteaux bas composés de pierres. Cette façon d’entrer dans le dessin nous entraine sur la droite vers la partie haute du pignon dissimulé en bas par des arbustes. Puis le regard parcourt le chaume de la toiture principale, rebondit vers les toits plus petits des annexes et revient pour mieux voir l’avant de la chaumière, voir les différentes portes dont aucune ne ressemble à une autre, certaines ouvertes, la principale fermée…

Il faut parler ici du mur de façade et du mur latéral à droite. Ce qui m’a frappé est l’absence de pierres proprement dites, alors qu’on les devine sur ceux de l’annexe principale à gauche sur le dessin. Les murs étaient faits de pisé, en blocs d’argile découpés que l’on laissait sécher à l’air libre, avant de les monter en mur et de les enduire d’un enduit d’argile. C’est la grande différence d’avec des chaumières du Marais Vernier dans une des boucles de la Seine qui intègrent des éléments végétaux dans leur torchis.

Et puis survient l’élément végétal extérieur, très important en particulier pour la façade. Peut-être s’agit-il de plusieurs pieds de vigne, redevenus sauvages ? Le sol entre le muret et la maison est reparti à l’état de nature mais sans l’exubérance des herbes folles. C’est alors le moment de constater la présence d’un grand arbre feuillu en arrière des annexes sur la gauche.

Quant aux couleurs utilisées par cet artiste amateur, qui a une signature illisible, sauf pour lui, elles sont vraiment réussies. Il a utilisé une base de beige doré, assombri de gris pour la porte d’entrée et les ombres, du marron pour la pierre du muret pour le bois et surtout le chaume. Les verts jaunes et plus francs sont très présents aussi bien pour l’herbe au sol, une haie à droite, les plantes accrochées aux murs de devant ainsi que pour l’arbre, avec ses différences de profondeur. Le ciel porte les couleurs d’un gris ardoise léger, qui reste bien dans les teintes "couleur de terre" fanées de cette chaumière aux deux cheminées, une à chaque bout. Ce qui pourrait expliquer la présence d’une autre façade de l’autre côté, car on n’aurait pas mis de cheminée dans un local pour les bêtes. Cela permettrait aussi de comprendre la hauteur de la façade. Généralement sur des petites chaumières, l’écart entre le haut de la porte et le bas du chaume descendant accroché à la charpente est très faible.

La réussite vient du centrage sur l’essentiel, le lien à l’argile, aux roseaux de chaume , qui indiquent qu’un marais est proche, aux autres végétaux, avec des arbres là où il y a de la terre, qui donnent le bois, de la pierre pour monter les murets et certains murs des annexes. Il y a une réelle harmonie chromatique réussie par un peintre qui a visiblement réussi à traduire son émotion sur le papier. 

 

Pour suivre le chemin . Retrouver la série « Collection Emmaüs », qui regroupe des œuvres d’amateurs ou d’étudiants que j’ai achetées chez Emmaüs, quelque part en France, à voir sur ce blog, avec en particulier « La ronde des arbres bleus …L’étrange fleur carnivore … La fin de la moisson… Un vieux paysage de rivière…Coucher de soleil d’automne sur la jetée…Le bouquet de roses… »

. Lire l’étude intéressante que publie la mairie de Saint-Nazaire sur l’architecture du marais, celle qu’elle dénomme l’ « architecture briéronne et rurale 2007 » sur son site, avec de bonnes photos, de beaux dessins et des conseils pour restaurer, retaper… des chaumières, à voir sur http://www.mairie-saintnazaire.fr/fileadmin/media/PLU/PLU_en_ligne/Annexes /Cahiers_de_prescriptions_architecturales/architecture_brieronne_rurale.pdf .

. L'étude est l'oeuvre d’une architecte-urbaniste de Ville d’Avray, V. Thiollet-Monsenego vmonsenego@unefenêtresurlaville.fr  

. Pour mieux comprendre les paysages de Brière, voir http://www.parc-naturel-briere.com/paysages-briere.html  et le métier de chaumier sur le même site http://www.parc-naturel-briere.com/architecture-le-chaume-briere.html  

. Le Marais Vernier dans une première approche sur http://www.normandie-accueil.fr/page,0,0,185.html, avec peu de photos, dommage!  

. Photo Elisabeth Poulain

 

 

 

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Jacques Callot > Son bestiaire des sept péchés capitaux > Estampes

10 Juin 2015, 12:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth PoulainJacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot est un des plus grands graveurs européens. Il est né en Lorraine à une époque au début du XVIIe siècle, où chercher à apprendre l’art de la gravure se faisait naturellement en Europe, en descendant vers le sud, en Italie, à Rome, à Turin… Je vous en ai parlé hier dans un billet centré sur la femme, qui incarne à elle toute seule six des sept péchés sur ses frêles épaules.

Avec une circonstance aggravante, qui est que le diable voletant est toujours présent au-dessus de sa tête à elle. Parfois même un seul diable ne suffisait pas. Jacques Callot n’a alors pas hésité alors à lui attribuer deux diables qui se battent presque pour stigmatiser encore plus cette pauvre jeune fille pour sa paresse. Avec de telles gravures compréhensibles par toutes et tous, imaginez qu’elles pouvaient être la vision très négative projetée sur celle qui est à la fois orgueilleuse, avare, gourmande, envieuse, aguicheuse et paresseuse... La dureté de la condition féminine telle qu'elle se présentait en BD dans les années 1617-1621!

Seul l’orgueil relève de la sphère masculine. A se demander si du coup, c’est bien un péché. Ne serait-ce pas simplement un trait caractéristique de l’Homme avec un grand H? Jacques Callot a franchement tranché. C’est oui : son guerrier est représenté dans toute la beauté de son épanouissement viril, avec un magnifique lion à ses pieds.

Revenons aux autres animaux incarnant cette fois-ci les femmes des péchés. Contrairement au billet d’hier, je ne vais pas vous les citer dans l’ordre attribué par le graveur et toujours repris depuis leur date approximative de réalisation du début du XVIIe siècle. Je vais les choisir par ordre de laideur en incluant aussi un autre critère qui est celui de la femme. Parfois les deux laideurs - animale et féminine - vont de pair, ce qui pourrait signifier que le péché concerné est vraiment horrible. Voyons donc si cette hypothèse est validée.
 

Jacques Callot, les 7 pèches capitaux, sanglier-Gula, chienne-Inuidia, crapaud-Avaricia, Cl.. Elisabeth Poulain Jacques Callot, les 7 pèches capitaux, sanglier-Gula, chienne-Inuidia, crapaud-Avaricia, Cl.. Elisabeth Poulain Jacques Callot, les 7 pèches capitaux, sanglier-Gula, chienne-Inuidia, crapaud-Avaricia, Cl.. Elisabeth Poulain

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. En Ier, voici la chienne, compagne d’Inuidia, l’envie. Cette pauvre bête fait pitié tant elle est maigre. On voit ses côtes jaillir, ses grosses mamelles pendantes à force d’avoir nourri ses portées. Elle fait vraiment peur. Il faut dire qu’Envie n’est pas mal non plus, avec sa maigreur, ses seins pendants et les serpents qui sifflent dans ses cheveux et sur son bras. Un binôme bien assorti, avec une vieille femme qui ressemble à la chienne en pire, à cause des serpents.

. En 2e position, le crapaud d’Avaricia, l’avarice. On le voit mal car il se cache dans l’ombre de la jupe de la vieille femme. C’est vrai que les crapauds aiment parait-il le clair-obscur du crépuscule. Il est un symbole de laideur et de maladresse. Son côté lunaire le rendrait infernal et ténébreux. Pour sa part, Avarice a un visage atroce, avec ses yeux renfoncés dans leur orbite.

. En 3è lieu, citons le sanglier de Gula, la gourmandise. Il est monstrueux avec son gros corps et sa langue pendante. En Occident, il est peu de dire qu’il n’est pas spécialement apprécié dans les campagnes. C’est un symbole de la goinfrerie qui, pour son plaisir, est capable de ravager les cultures sur son passage. Ici il est même un démon, qui a raison de se cacher dans l’ombre de la jupe ample de sa maîtresse. Celle-ci, Gourmandise, n’offre par contre vraiment rien de repoussant ni de liens particuliers avec son animal-symbole. Elle est même plutôt agréable à regarder. Elle est gironde. C’est la première dissociation que l’on rencontre.

. En 4è place, vient le bouc de Luxuria, la luxure. A nos yeux, iI n’a rien de vilain, il a même l’air sympathique. A l’époque, au XVIIe siècle, il était encore le symbole de la libido pour les Lettrés nourris de cultures grecque et romaine. C’était cet animal qu’on sacrifiait dans l’Antiquité en Grèce lors des fêtes données en l’honneur de Dyonisos, le Dieu de la Vigne, du Vin et de la Fête. Quant à Luxure, elle répond aux canons des beautés rondes d’alors, bien nourries, bien en chair. Lui regarde sa maîtresse, qui admire son oiseau qui est plutôt un symbole de légéreté et de beauté. Voila le second  cas de dissociation.

. En 5e et dernier, se présente l’âne de Pigriria, la paresse. Je vous le dit franco, l’âne est une brave bête, dure à l’ouvrage. A la Renaissance, il fallait trouver un animal porteur de beaucoup de défauts, ce fut lui. Il était soi-disant bête, ignorant, stupide, flemmard…en un mot la paresse incarnée. La pauvre jeune fille, Paresse, vraisemblablement une servante levée tôt et couchée tard, était peut-être aussi très fatiguée, comme lui, l’âne, son compagnon de lourdes tâches.

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth PoulainJacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth Poulain

Hors catégorie, je vous ai déjà parlé du lion d’Ira, la colère. L’animal est très attentif à côté de son maître, prêt à bondir sur l’assaillant, ses deux pattes de devant déjà en l’air. Il n’a pas l’air spécialement irrité ni en colère. Il n’a pas la bouche ouverte, prête à croquer de l’ennemi par exemple. Quant à Colère, il incarne toute la puissance de l’attaquant, l’épée à la main. Sa vaillance ne semble pas forcément dictée par la colère. On dirait plutôt un sportif bien entraîné, avec nos yeux d’aujourd’hui. Aucun des deux ne symbolise un péché, ni la colère. Quoi qu’il en soit, les deux vont bien ensemble. Ils sont en pleine forme.

Il reste à vous parler du paon de Superbia, l’ambassadrice de l’orgueil. Et c’est là, où cela ne va pas. Le paon est un symbole solaire, qui transmet en particulier la rutilance de sa beauté qu’il peut déployer ou cacher à volonté. Il n’est pas un symbole d’orgueil. Il pourrait certainement signer la vanité. Il était à coup sûr signe de richesse et de beauté. Son association avec Orgueil, la belle dame va très bien. Et comme pour le lion, ce n'est pas un hasard.

                                                                      *

Quelques mots pour finir. Quand on analyse les gravures de Jacques Callot, on comprend bien la raison de la présence animale. Celle-ci permettait de mieux faire ressortir certaines facettes de ses personnages, quitte à exagérer dans le sens que souhaitait l’artiste. Celui-ci n’hésitait pas non plus à flatter les puissants et les riches, en représentant des belles dames comme Superbia et Luxuria,  et à charger les vieilles pauvresses, quitte à en faire beaucoup dans la laideur ou la peur. Je sens qu’Inuidia va me donner des cauchemars et sa cousine Avaricia aussi… !

Quant au lien entre la gravité du péché et la laideur des personnages, je ne peux vraiment pas me prononcer sur ce point, tant la définition des péchés eux-mêmes a changé au fil des siècles et des styles de vie aussi.Quoi qu'il en soit, cette analyse visuelle toute simple est beaucoup plus  riche quand on se focaise sur l'animal, comme dans cette version n°2, alors que la découverte des dames dans la version n°1 a permis de découvrir la série. Les objectifs étaient différents, l'anlyse aussi et donc les résultats...

                                                                     *

Pour suivre le chemin

. Retrouver le billet  centré sur les sept péchés capitaux vue à travers la double représentation de la femme et des animaux, http://www.elisabethpoulain.com/2015/06/callot-les-7-peches-capitaux-entre-representation-feminine-animale.html  

. Voir la symbolique des animaux sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolique_des_animaux  

. L’âne sur http://www.mere-nature.com/animaux/ane/ane_intelligence.php  . Le bouc sur http://axiomcafe.fr/pourquoi-le-diable-est-il-represente-mi-homme-mi-bouc . Le chien dans notamment http://fr.wikipedia.org/wiki/Chien_dans_la_culture . Le crapaud sur http://www.icem-pedagogie-freinet.org/sites/default/files/Des_crapauds_et_des_hommes.PDF . Le lion dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Lion_dans_la_culture  . Le paon sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Paon Le sanglier sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolique_du_sanglier

. Photos Elisabeth Poulain. Retrouver les photos des estampes avec leurs références dans le billet précédent déjà cité.

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Callot, Les 7 péchés capitaux, entre représentation féminine, animale

8 Juin 2015, 16:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Superbia, Avaricia, Gula, 3 des 7 péchés capitaux, Clichés Gallica, BNF, Paris Jacques Callot, Superbia, Avaricia, Gula, 3 des 7 péchés capitaux, Clichés Gallica, BNF, Paris Jacques Callot, Superbia, Avaricia, Gula, 3 des 7 péchés capitaux, Clichés Gallica, BNF, Paris

Jacques Callot, Superbia, Avaricia, Gula, 3 des 7 péchés capitaux, Clichés Gallica, BNF, Paris

Le titre d’abord. Il s’agit de montrer par sept exemples visuellement très forts le lien existant entre la femme, les sept péchés capitaux et l’animal, qui sont représentés en gravures datant du début du XVIIe siècle.

Le graveur est Jacques Callot (1592 - 1635). Sa renommée a été exceptionnelle, sa vie très courte et son amour de la gravure  étonnante. Malgré la volonté de son père pour le dissuader de devenir artiste, il a su poursuivre sa formation en Italie, en France et obtenir des commandes qui lui ont non seulement permis de vivre mais d’arriver à exprimer la plénitude de son génie. Imaginez ce qu’il aurait pu continuer à réaliser, s’il avait pu vivre au-delà  de ses 42 ans…à une époque où quittant Nancy et sa Lorraine natale, il alla parfaire sa formation à Florence, à Rome, à Turin, pour revenir en Lorraine et plus…

. Les 7 péchés capitaux. La date exacte de réalisation n’a pas été portée sur l’estampe. On connait seulement la période et le lieu, Florence semble-t-il. On ne sait pas non plus pour quel commanditaire elle a été faite ni dans quelles circonstances. Les dates 1617-1621 (1619-1621 pour Avaricia) indiquent la durée de la réalisation et la ville d’édition qui est Florence. Chacun des péchés est cité en italien et dans l’ordre suivant :

Superbia = L’orgueil     Avaricia = L’avarice    Gula  = La gourmandise          Inuidia   = L’envie    Luxuria = La luxure     Ira  = La colère     Pigriria =  La paresse

Jacques Callot, Inuidia, Luxuria, Ira, Estampes des 7 péchés capitaux, vers 1620, ClichésGallica, BNF, Paris Jacques Callot, Inuidia, Luxuria, Ira, Estampes des 7 péchés capitaux, vers 1620, ClichésGallica, BNF, Paris Jacques Callot, Inuidia, Luxuria, Ira, Estampes des 7 péchés capitaux, vers 1620, ClichésGallica, BNF, Paris

Jacques Callot, Inuidia, Luxuria, Ira, Estampes des 7 péchés capitaux, vers 1620, ClichésGallica, BNF, Paris

.1. Superbia – L’Orgueil - est incarnée par une jeune femme coquette qui se regarde dans son miroir. A ses côtés, un paon de grande taille ne saurait faire oublier.

.2. Avaricia - L’Avarice- est une vieille femme maigre qui compte ses pièces de monnaie dans sa main droite. A ses pieds se tient le sac qu’elle a posé à terre, avec dans son ombre un crapaud si gros qu’on dirait un chien.

.3. Gula - La Gourmandise - est une jeune femme gironde (bien en chair) qui tient de sa main gauche une amphore à vin et un verre à pied de sa main droite qu’elle tend vers le soleil . Par terre, la tête d’un gros sanglier dépasse.

.4. Inuidia – L’Envie- est une très vieille femme d’une extrême maigreur et d’une extrême méchanceté, très peu vêtue, qui porte à son bras droit un serpent enroulé, ainsi que dans ses cheveux et à sa jambe gauche une chienne aux mamelles pendantes. Un peu plus qu’Avaricia, sa copine, elle se présente de profil et regarde vers sa gauche, comme la chienne.

. 5. Luxuria - La Luxure - est un nu féminin, selon les codes de l’époque. La jeune femme présente son torse et son ventre dénudés ainsi que son bras droit et ses jambes. Sur sa main droite, elle porte un oiseau tandis qu’un bouc les contemple.

.6. Ira - La Colère - est un guerrier, un homme donc qui sera le seul des sept, qui porte un bouclier de sa main gauche tandis que la droite pointe l’épée vers le ciel. A ses pieds rugit son compagnon, le lion.

. 7. Pigriria - La Paresse - est une jeune femme assise semble-t-il sur son âne. Elle semble se reposer. Sa vêture semble correcte mais son aspect est peu négligé.

Jacques Callot, Pigriria, la paresse et les deux diables, Estampe, vers 1620, Cliché Gallica, BNF, Paris

Jacques Callot, Pigriria, la paresse et les deux diables, Estampe, vers 1620, Cliché Gallica, BNF, Paris

. Un diable noir volète au-dessus des six dames, demoiselles et vieilles femmes, et du seul homme présent. Symbolisant le péché, il constitue le seul point commun dans la bande des Sept, avec une exception et de taille : Pigriria, la flemmarde. Celle-ci, la dernière à être citée, est non seulement survolée par un diable de bonne taille mais en plus elle en a aussi un autre sur son côté gauche. La paresse pour une femme est en conséquence le pire des péchés. Quant aux hommes, à part la colère… 

. Le bestiaire aussi est impressionnant, entre le paon qui se pavane pour se faire admirer, le crapaud visqueux qui est horrible, le sanglier qui est un animal violent et dangereux, la chienne atroce de maigreur et de fatigue, le bouc lubrique, l’âne stupide et le lion dangereux…Je préfère les citer ainsi en les regroupant tant l’association avec les femmes est choquante.

. Quant aux femmes en effet, elles n’en demandaient certainement pas tant. Elles incarnent à elles seules 6 péchés sur 7 ; tous les mots latins sont au féminin, même Ira, la colère. Quant au français, le score est de 6 mots au féminin sur 7 mots au total. Seul l’orgueil échappe à cette vague féminine de mots négatifs. Et après, on s’étonne que la discrimination envers les femmes demeure aussi présente en 2015. Regardez toutes les représentations négatives que nous trainons derrières nous, ces tonnes de casseroles et cela depuis des siècles en latin, en français…

Pour suivre le chemin

. Retrouver toute la série sur le site de la BNF, avec la possibilité de voir chaque estampe en grand, et surtout sans coupure sur http://gallicalabs.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8495787f

 . A citer aussi la série remarquable datant de 1968 de Bordas Encyclopédie, 3 – Philosophies et Religions, une co-édition de Bordas-Laffont en pages 116 et 117, qui m'a donné l'ide de ce billet.

. Photos Gallica-BNF Paris

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Style de Pub > Beaux Arts > La force de la présence du chien

6 Juin 2015, 16:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

Beaux-Arts, n0 173, Oct. 1998, Pub. Elle-Décoration, Chien dans le fauteuil, Cl. Elisabeth Poulain

Beaux-Arts, n0 173, Oct. 1998, Pub. Elle-Décoration, Chien dans le fauteuil, Cl. Elisabeth Poulain

Beaux Arts Magazine fait partie de ces revues qui ne vieillissent pas, tant la sélection des articles est grande, le contenu qualitatif et l’analyse toujours fine et documentée. Ce numéro n° 173 de 1998 portait en particulier sur « Spécial Fiac, La French Touch, Buren, L’entretien polémique, Les créateurs japonais à Paris, Moreau au Grand Palais".

Pourtant ce n’est pas de cela dont je veux vous parler. Mais d’une publicité pour le n° 81 d’ « Elle Décoration, Spécial Décoration, Petits Prix très chics ! » C’est en page 42 de Beaux Arts, le magazine de l’actualité, que se trouve le visuel pleine page qui m’intéresse. C’est une publicité pour un numéro d’Elle Décoration, Spécial, Petits Prix, Très Chic. Une création maison du magazine car aucune mention d’une entreprise de publicité n’y figure.

La composition en partant du haut. ELLE apparait en gros caractères rouges, DECORATION est en tracé fin en dessous pour rester dans le cadre des 4 lettres d’Elle. En dessous en guise de tableaux, le code barre EAN du journal en jaune, c’est du moins ce qu’il possible de supposer. Ensuite un fauteuil blanc qui ressort sur le fond bleu, avec inscrit sur le côté SPECIAL en noir, PETITS PRIX en rouge, TRES CHIC ! en noir.

Pour ajouter un peu de piquant, quand même, un lampadaire est placé sur le côté gauche. Sa barre oblique permet d’éclairer le fauteuil en cassant la ligne des barres obliques du grand code barre horizontal, qui renvoie à celui du journal placé en vertical au pied du lampadaire, derrière le fauteuil sur la gauche. Le côté droit est réservé au contenu des articles

Beaux-Arts, n0 173, Oct. 1998, Pub. Elle-Décoration, Chien dans le fauteuil, Cl. Elisabeth Poulain

Beaux-Arts, n0 173, Oct. 1998, Pub. Elle-Décoration, Chien dans le fauteuil, Cl. Elisabeth Poulain

Mais quelle est donc la star qui est placée dans le fauteuil ? C’est vraisemblablement un Parson Russell, le cousin plus grand format du Jack Russell. On dirait qu’il a des pattes assez hautes. Celui-ci a pour caractéristique d’avoir une jolie tache rousse sur l’œil droit. Son air penché le rend attendrissant. Une couverture bien pliée lui permet de positionner son corps dans la même ligne oblique que la barre haute du lampadaire. Quel raffinement !

Et maintenant, faites l’essai. Enlevez le chien du fauteuil, que reste-t-il ? Pas grand-chose ! Le visuel devient vide ; il n’a plus grand sens. Et le-la concepteur-trice le sait bien. Rien de tel qu’un chien sympa, avec une bonne tête, pour donner et du sens et de la chaleur « humaine » à une composition.

Pour suivre le chemin

. Beaux Arts, le magazine de l’actualité, n° 173, octobre 1998, qui est toujours en vente d’occasion sur le net.

. Le chien à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Parson_Russell_terrier  

. Pour en apprendre plus voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Russell_terrier  

. Ainsi que sur http://wamiz.com/chiens/jack-russell-terrier-210  

. Clichés Elisabeth Poulain

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