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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Rouge, Je suis belle, J’ai de l’humour, Je suis « La vache qui rit »

25 Juillet 2016, 15:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

Publicité la Vache qui rit, années 2000 ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Publicité la Vache qui rit, années 2000 ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Disons-le  tout net. Il n’y a pas beaucoup de visuels publicitaires qui me montrent faisant de l’humour, du vrai de vrai, de l’humour humain, j’insiste bien, de l’humour pour les gens, pas pour les vaches. Parce que nous les vaches, on est plus fine que ça ;  on n’a pas besoin de faire de l’humour, avec HUMOUR marqué en gros sur notre large front. Ca, c’est bon pour les gens. Des fois mes copines et moi, on les trouve lourd de lourd. Qui ? Mais les gens bien sûr.

Nous les vaches, on se comprend d’un coup d’œil  et les hommes et les femmes qui nous entourent n’y voient goutte, Goutte de lait !  Bien sûr ! Quand je vous dis que vous êtes un tantinet lourd. Bon, ne nous égarons pas, si non  on y est encore demain matin sans avoir  dit un mot du sujet du jour, l’humour vache, mais attention, avec une précision tout de suite, l’Humour Vache qui Rit, fondé sur l’humour visuel, celui qui se passe – presque – de mots. Il suffit seulement d’un titre écrit en gros.

Publicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth PoulainPublicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Publicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

. 1 « Ne me faites par rire, j’ai les lèvres gercées ». C’est le premier visuel qui nous présente. On y voit la tête d’une bonne vache, curieuse certainement, inquiète peut être pas, qui regarde en haut sur le côté, pour comprendre. Elle est prise d’en bas de façon à mieux voir le bas de sa bouche bien fermée, et sans qu’on puisse voir ses lèvres. Sa tête est très expressive. Elle se demande visiblement ce qui se passe. Ce doit être une Holstein, avec ces taches noires sur fond blanc ou l’inverse, taches blanches sur fond noir. Tout dépend de l’emplacement sur le corps et la tête et de la vache.

. 2 « Je ne suis pas chatouilleuse. Je ne suis pas chatouilleuse ». Le second visuel est plus classique. On voit une vache qu’une fermière assise sur son petit tabouret « spécial traite » à quatre pieds –il y en a aussi à trois - est en train de traire. On devine le seau entre les jambes de la dame et les pattes écartées de la bête. Cette (vache) Ferrandaise est très calme et très intéressée par la caméra et/ou le, la photographe. C’est d’autant plus étonnant, qu’à l’époque vraisemblable de la prise de vue, un peu avant ou après le passage à l’an 2000, les vaches n’étaient déjà plus traites dans les prairies. C’est mon premier étonnement et le second porte sur le fait qu’on ne voit pas d’autres vaches.

Sancy, Puy de Sancy, Vaches Ferrandaises, Jean-Pol Grandmont 2005, wikipedia

Sancy, Puy de Sancy, Vaches Ferrandaises, Jean-Pol Grandmont 2005, wikipedia

Quelques mots pour finir. Ces deux visuels m’avaient été adressés par Bel au début des années 2000 pour montrer à des étudiants B+5 comment une grande entreprise française communiquait à l’export sur ses productions. La démarche était intéressante surtout quand on sait que, si les cibles principales à l’époque étaient bien les enfants, ce n’étaient pas eux qui achetaient ces fromages de marque française connue en France et à l’export, mais sans savoir sur quels marchés étrangers ces visuels ont été utilisés ou non.

De mémoire, c’est le premier visuel qui a amusés les étudiants et la proximité visuelle entre la vache rouge de la publicité et des vraies vaches « sérieuses ». Quant au soi-disant chatouillis, en réalité la vache est soulagée d’être traite, tant ses pis gonflés de lait peuvent devenir douloureux, si par hasard la traite avait lieu plus tardivement. Ce billet fait suite à l’étonnement teinté de regret de ne plus voir guère de vaches dans les prés. C'est la raison pour laquelle, je vous présente un très beau cliché de Jean-Pol Grandmont, un grand contributeur de belles photos sur wikipedia. Le troupeau a été photographié au Puy de Sancy en 2005.  

Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia  Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia

Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia

Pour suivre le chemin

. Voir les races de vaches bovines en France sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_races_bovines_de_France  

. Voir la Holstein, originaire de la Frise aux Pays-Bas, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Holstein_(race_bovine)  

. Découvrir la Ferrandaise sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferrandaise  

. Retrouver la Vache qui Rit, fondée en 1921, sur son site du Groupe Bel sur http://www.groupe-bel.com/fr/marques/les-marques/la-vache-qui-rit/  et sur https://fr.wikipedia.org/wiki/La_vache_qui_rit  

. Découvrir la Vache sérieuse, 1926-1959, la concurrente de la VQR et qui a perdu le procès en contrefaçon intenté par la première en 1959 justement. Depuis elle a pris le nom de Vache Grosjean sur http://vache-grosjean.blogspot.fr/  

. Parcourir avec beaucoup d’intérêt, une étude très documentée sur http://heraldie.blogspot.fr/2013/05/la-guerre-des-vaches.html  

. Photos des visuels Vache qui rit, Elisabeth Poulain, avec mes remerciements au Groupe pour son envoi il y a quelques années, Jean-Pol Grandmont pour le troupeau de Ferrandaises, Ellywa pour la Hollstein et Jean Colas pour la Ferrandaise. 

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Amsterdam, le vélo noir de dame à fleurs et parapluie sous la pluie

22 Juillet 2016, 14:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Amsterdam, vélo de dame, avec cageot à fleurs et parapluie ouvert, Cl. Elisabeth Poulain

* Amsterdam, vélo de dame, avec cageot à fleurs et parapluie ouvert, Cl. Elisabeth Poulain

La scène. Elle se passe l’hiver sous la pluie dans la zone universitaire près du port. Le vélo est au bout de la rangée des vélos attachés à une barre d’accroches-vélos surchargée, comme presque toujours. C’est là aussi, où on voit le plus de vélos à terre toujours fixés et non relevés. Le cas aujourd’hui montre une bicyclette trop inclinée, vraisemblablement  par surcharge d’autres vélos voisins.  

Comme souvent ce vélo de dame porte à l’avant le grand cageot noir, qui oblige à rehausser le niveau de la selle et le guidon qui s’élève d’autant. Visiblement, la cycliste a voulu personnaliser son vélo en attachant des roses roses foncés à l’avant sur le cageot, avec du feuillage vert. Pour pousser la personnalisation, elle a ajouté un petit bouquet de marguerites roses foncées à  l’axe et une attache du même  rose à la sonnette à gauche.

Amsterdam, vélo de dame, avec cageot à fleurs et parapluie ouvert, Cl. Elisabeth Poulain

Amsterdam, vélo de dame, avec cageot à fleurs et parapluie ouvert, Cl. Elisabeth Poulain

Ces éléments d’ornementations sont en plastique de façon à pouvoir durer dans le temps. Ils offrent aussi l’avantage certain de pouvoir d’un regard repérer son vélo d’une dizaine d’autres très ressemblants ou identiques proches. Les fleurs sont aussi un langage direct pour montrer que l’usager est une femme, mais comme on voit que c’est un vélo de femme, on peut dire que ce sont des renforçateurs d’identité, tout comme le grand cageot. Celui-ci semble en effet n’être utilisée que par des femmes, à croire qu’il n’y a qu’elles pour faire les courses.

Autre élément de sociologie urbaine, le parapluie bleu à pois blanc. L’étonnant est qu’il soit à terre et ouvert. Je ne sais dans quel ordre, il faut en parler. Je gage en plus qu’il appartient au vélo noir, car c’est un petit parapluie de femme, normalement repliable. Une hypothèse est qu’il devait se trouver sur le cageot, et que la personne l’ait oublié, ouvert, en le posant dessus. Il est ensuite tombé et personne n’a pris le soin de le replier, sans chercher non plus à l’abîmer.

Pour suivre le chemin . Voir la petite série qui débute sur ce thème, qui n’a pour objectif que de montrer la ville, sous un aspect sociologique, au mois de novembre, à un moment de l’année où il pleut souvent, sans qu’il fasse froid, où les touristes sont peu nombreux, les étudiants en cours pendant la journée. Cliché Elisabeth Poulain

Amsterdam, immeuble érigé dans l'eau du port d'un côté et sur la terre d'une ile de l'autre, Cl. Elisabeth Poulain

Amsterdam, immeuble érigé dans l'eau du port d'un côté et sur la terre d'une ile de l'autre, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir la petite série qui débute sur ce thème, qui n’a pour objectif que de montrer la ville, sous un aspect sociologique, au mois de novembre, à un moment de l’année où il pleut souvent, sans qu’il fasse froid, où les touristes sont peu nombreux et les étudiants en cours pendant la journée.

. Clichés Elisabeth Poulain, le premier juste après la pluie, le second à un moment de soleil un autre jour... 

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Le Château de Gaillon, vu sur & d’en bas de la ville de Gaillon, Eure

20 Juillet 2016, 15:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Gaillon, Château de Gaillon, vue d'avion, Olivier Cambus, 2016, wikipedia

* Gaillon, Château de Gaillon, vue d'avion, Olivier Cambus, 2016, wikipedia

Le titre du billet. Le titre est presque complet. Il suffit seulement d’ajouter que l’Eure est un département français, qui fait partie de la Normandie. Comme beaucoup de châteaux défensifs, celui de Gaillon a été érigée sur une colline en rive gauche de la Seine, de façon à permettre aux soldats du château de surveiller le fleuve d’en haut pour guetter la venue d’ennemis arrivant d’en bas par la mer puis par l’eau, du moins à une certaine époque. Cette dimension défensive a été aussi très vite complétée par une dimension hédoniste, qui montrait déjà la recherche d’un plaisir de vivre à ceux qui avaient le privilège d’être là-haut par rapport à ceux d’en bas.   

Le thème porte aujourd’hui sur l’inversion du regard, qui va cette fois-ci du bas vers le haut, sans chercher à vous montrer toutes les vues que l’on pourrait avoir du château, ni celles prises par exemple de l’autre rive - la droite - de la Seine- aux alentours de Port Mort par exemple.  

Gaillon, Château de Gaillon, plan-masse, Cl. France Poulain

Gaillon, Château de Gaillon, plan-masse, Cl. France Poulain

Gaillon, Château de Gaillon, 1vue-avion-Olivier Cambus-wikipedia, 2vue Cour intérieure, Cl. Elisabeth PoulainGaillon, Château de Gaillon, 1vue-avion-Olivier Cambus-wikipedia, 2vue Cour intérieure, Cl. Elisabeth Poulain

Gaillon, Château de Gaillon, 1vue-avion-Olivier Cambus-wikipedia, 2vue Cour intérieure, Cl. Elisabeth Poulain

La colline. Elle domine la ville de Gaillon, au point que d’en bas, près des maisons proches, il faut vraiment lever la tête pour apercevoir le pavillon d’entrée au toit à deux pans au toit et aux tourelles si originales. C’est la vue la plus célèbre, celle qui vient immédiatement à l’esprit quand on parle de Gaillon. Sauf prise de vue aérienne, seules certaines composantes du château sont visibles de l’extérieur. Il s’agit du pavillon d’entrée et côté nord, de la longue galerie sur le val. Les deux autres côtés sont édifiés à flanc de coteau et ne peuvent être vue que du haut des propriétés d’au-dessus, voisines du château, de ses murs et/ou de son parc. Quant au parc du haut et à la forêt qui forment la dernière partie, ils ne sont pas visibles d’un promeneur d’en bas ou d’en haut.

 

La forte déclivité du site a été utilisée dès les premières constructions qui y furent édifiées, après creusement, nivellement, établissement de paliers pour optimiser la situation très intéressante et répondre aux trois fonctions assumées par le château.

. Gaillon a en effet eu une forte importance en terme de défense militaire au fil des siècles. Outre ce château fortifié situé en haut, des fossés creusés en bas en rond permttaient  de renforcer la protection du site. Le nom médiéval de la rue à la forme cirulaire, d'où j'ai pris des clichés entre les maisons, en témoigne  "Rue des Arrière-Fossés". Ceux-ci doublaient en extérieur la première ligne de fossés, déjà renforcés par un talus...Ce qui m'avait attiré, c'est la forme circulaire de cette petite rue, sans prétention.    

. Il l’a été également au titre de château de loisirs, dotée d’un parc à la française impressionnant dans un tel site, où en arrière sur la haut de la colline se développe une belle forêt. Je n’ose imaginer le nombre de personnes qui durent être utilisées pour faire de tels travaux et ensuite pour entretenir ces aménagements et servir les différents maîtres des lieux.

. Sa troisième fonction a également entraîné des modifications profondes des espaces. Certaines parties des bâtiments anciens subsistant, en particulier les souterrains, furent transformées en prison ; d’autres constructions carcérales nouvelles furent érigées hors la vue, dans le parc haut, dans des parties maintenant reprises par la forêt, en creusant dans la colline, donc au plus loin possible de la vue sur la vallée.

Gaillon ville en bas, place de l'Eglise, vue sur le château en haut, Cl. Elisabeth PoulainGaillon ville en bas, place de l'Eglise, vue sur le château en haut, Cl. Elisabeth PoulainGaillon ville en bas, place de l'Eglise, vue sur le château en haut, Cl. Elisabeth Poulain

Gaillon ville en bas, place de l'Eglise, vue sur le château en haut, Cl. Elisabeth Poulain

Gaillon, Château de Gaillon, vues sur la ville et la sente de la reine Margot, Cl. Elisabeth PoulainGaillon, Château de Gaillon, vues sur la ville et la sente de la reine Margot, Cl. Elisabeth PoulainGaillon, Château de Gaillon, vues sur la ville et la sente de la reine Margot, Cl. Elisabeth Poulain

Gaillon, Château de Gaillon, vues sur la ville et la sente de la reine Margot, Cl. Elisabeth Poulain

Gaillon ville, vue sur le château, rue des Arrière-Fossés,Cl. Elisabeth Poulain  Gaillon ville, vue sur le château, rue des Arrière-Fossés,Cl. Elisabeth Poulain  Gaillon ville, vue sur le château, rue des Arrière-Fossés,Cl. Elisabeth Poulain

Gaillon ville, vue sur le château, rue des Arrière-Fossés,Cl. Elisabeth Poulain

L’implantation a comme conséquence que seules certaines parties du château sont facilement visibles en descendant par la sente directe qui part plutôt vers la droite, de l’entrée du château au centre de la ville, en arrivant ensuite devant l’église – en bas - qui fait face au château – en haut -. Cette ruelle pentue et dotée aussi de quelques marches porte un nom prestigieux, celui de la Reine Margot.

Gaillon, Château, Pavillon d'entrée, vue d'en bas, de la sente longue, église de Gaillon, Cl.Elisabeth PoulainGaillon, Château, Pavillon d'entrée, vue d'en bas, de la sente longue, église de Gaillon, Cl.Elisabeth PoulainGaillon, Château, Pavillon d'entrée, vue d'en bas, de la sente longue, église de Gaillon, Cl.Elisabeth Poulain

Gaillon, Château, Pavillon d'entrée, vue d'en bas, de la sente longue, église de Gaillon, Cl.Elisabeth Poulain

Une autre sente, cette fois-ci plus longue et moins accentuée permet de longer le côté, avec une longue vue et sur la galerie et sur le bout du Pavillon Vauban. Cette allée pentue part presque d’en face la porte du château pour longer en pente douce et sans escalier la pente pour arriver place du lavoir en direct, en bas des murs des douves qui prennent fin en bas de la Tour de la Sirène. Pendant la descente, vous pouvez admirer la Galerie sur le Val qui permet d’en haut d’avoir une vue profonde sur la vallée. Admirer les beaux paysages figurait déjà au titre de l’Art de vivre au XVIe siècle.

 

Ma promenade, partie du château, m’a conduite très vite par la sente rapide, avec quelques marches, en faisant deux coudes prononcés, qui passe entre de très vieilles maisons au cœur de la ville ancienne. Puis, sur la place de l’église, j’ai emprunté une rue sur ma droite et encore à droite, pour acheter un journal, et de là, j’ai poursuivi ce petit tour par ma droite pour faire une boucle, pour retrouver une des rues pénétrantes anciennes dans la ville. Je suis ensuite repassée aux abords de la place de l’église pour emprunter une rue parallèle à longue galerie du château en haut et les hauts et profonds murs des douves. Arrivée au bout, avant qu’un embranchement, on peut alors voir cette partie latérale du château, qui s’ouvre sur la vallée.

 

Gaillon, Château vu de la ville, Pavillon d'entrée, Arrière-Fossés, Galerie sur le Val, Tour de la Sirène, Cl.Elisabeth Poulain Gaillon, Château vu de la ville, Pavillon d'entrée, Arrière-Fossés, Galerie sur le Val, Tour de la Sirène, Cl.Elisabeth Poulain Gaillon, Château vu de la ville, Pavillon d'entrée, Arrière-Fossés, Galerie sur le Val, Tour de la Sirène, Cl.Elisabeth Poulain

Gaillon, Château vu de la ville, Pavillon d'entrée, Arrière-Fossés, Galerie sur le Val, Tour de la Sirène, Cl.Elisabeth Poulain

 La remontée. C’est la partie la plus visible et la plus longue du château qui est aussi la plus facile à photographier par les promeneurs. Le regard alors se porte en remontant sur la profondeur des douves, la hauteur des murs de l’assise et la longueur de la galerie qui se termine par la haute Tour de la Sirène.

Côté Pavillon Colbert, ce sont surtout à nouveau les murs qui soutiennent cette fois-ci la terrasse haute entre le long pavillon Colbert qui ferme la cour d’entrée du château et qui marque la séparation avec l’ancien parc où se trouvait la colonie pénitentiaire enserrée entre le parc devant, avec des hauts murs qui retiennent la terre et la forêt libre d’accès qui se trouve en continuité du site.

 

Gaillon ville, remontée au Château par la sente douce, mur de soutien, Cl. Elisabeth PoulainGaillon ville, remontée au Château par la sente douce, mur de soutien, Cl. Elisabeth PoulainGaillon ville, remontée au Château par la sente douce, mur de soutien, Cl. Elisabeth Poulain

Gaillon ville, remontée au Château par la sente douce, mur de soutien, Cl. Elisabeth Poulain

De la petite rue d’en bas, on peut voir maintenant le mur de soutien de cette terrasse mais sans vraiment voir le Pavillon Colbert dont on aperçoit le toit. En bas subsiste une petite rue bordée d’un mur de hauteur somme toute modeste qui clôt cette longue parcelle entre le mur de soutien du haut et la rue qui ne comporte pas de maison visible de cet endroit, ni sur la gauche, côté château, ni sur la droite.

Une longue parcelle rectangulaire –  non constructible - en bas du côté droit de la petite rue est protégée au titre des monuments historiques, car elle faisait aussi partie du parc. La partie pentue et verdoyante située en contrebas de la terrasse du château et du pavillon Colbert, également non constructible, appartient au château. Et c’est ainsi que s’est terminée la seconde boucle pour voir le château d’en bas, du milieu de la pente et d’en haut, une fois arrivée à nouveau au pavillon d’entrée. Avec en prime une vue d'été un jour d'orage de la galerie et de la Tour d'un côté en repartant et du pavillon Colbert de l'autre en hiver...une fois précédente.

 

Gaillon, Château, Galerie sur le Val,Tour de la Sirène-été-hiver, vues d'en bas, Cl. Elisabeth PoulainGaillon, Château, Galerie sur le Val,Tour de la Sirène-été-hiver, vues d'en bas, Cl. Elisabeth Poulain

Gaillon, Château, Galerie sur le Val,Tour de la Sirène-été-hiver, vues d'en bas, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Aller visiter le château de Gaillon et ce coin de la Vallée de la Seine, dans le département de l’Eure; retrouver Gaillon, sur www.ville-gaillon.fr
https://www.facebook.com/pages/Ville-de-Gaillon/148036188690115

. L'adresse du Château, Allée Ermitage, 27600 Gaillon, Tél. :+33 (0)2 32 77 23 80

. Connaître l’histoire mouvementée du château sur la fiche n°11 de l’Essentiel de la Connaissance sur Château Gaillon, de France Poulain http://www.eure.gouv.fr/content/download/4631/28674/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_11 _chateau_gaillon_historique_complet.pdf  .

. Carte du Château, France Poulain, avec mes remerciements  

. Voir aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaillon  

. Ainsi que sur "Sites & Monuments, Historic Sites & Monuments, Normandy's Heritage, Edition 2016, en page 33 avec tous les renseignements et une très belle photo pour une fois prise sur l'autre côté du Château  et pas la Galerie sur la vallée... 

. Retrouver, sur OpenStreetMap, l’emplacement du château avec les deux sentiers en pointillé rouge qui partent d’en haut vers la ville, sur https://tools.wmflabs.org/wiwosm/osm-on-ol/commons-on-osm.php?zoom=16&lat=049.161389&lon=0001.330556  

. Sur mon site, voir http://www.elisabethpoulain.com/article-au-chateau-de-gaillon-la-semaine-europeenne-de-la-charpente-2013-119063093.html  

. Clichés Elisabeth Poulain, Olivier Cambus - source wikipedia- pour la vue d'avion avec mes remerciements

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Pont de l’Arche > Eure > Un tour de ville en kaléidoscope paysager

8 Juillet 2016, 07:49am

Publié par Elisabeth Poulain

*Pont de l'Arche-Eure-Vieille maison à pans de bois-face à l'église, Cl. Elisabeth Poulain

*Pont de l'Arche-Eure-Vieille maison à pans de bois-face à l'église, Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l’Arche d’abord et.. l'eau. La ville qui porte ce nom est beaucoup plus compliquée que ce qu’il y parait à l’énoncé de son nom. Et c’est aussi pourquoi elle intrigue et attire tant, depuis des siècles. Il y a bien un pont dont la longueur permet de traverser la confluence entre deux fleuves, séparés par un marais. C’est donc la voie que nous empruntons avant de gagner la rive de la Seine. Tous, au moins en France, savent que c’est le fleuve qui traverse Paris et qui se jette dans la mer au Havre, après avoir traversé la Normandie. A Pont de l’Arche, ce grand fleuve est gonflé par les eaux de l’Eure –en rive gauche - qui a donné son nom à ce département normand - après avoir reçu celles d’Andelle en rive droite. Il va ensuite entamer une série de méandres pour arriver à se jeter dans la mer au Havre, après avoir contourné les collines rocheuses qui commence avec celle de Pont de l’Arche.

C’est un site stratégique par nature, qui a connu une vie mouvementée par le passé tant les enjeux militaires et économiques étaient importants. C’est la colline proche, qui attire le regard et…les constructions depuis plusieurs siècles. C’est là tout en haut qu’a été érigée une église au XVIe siècle. La hauteur (plus de 130m) du site présentait aussi le grand avantage de voir l’ennemi arriver de loin. Les maisons commencèrent à se grouper autour de l’église, autant que le permettait le relief. Pour mieux se protéger contre les nombreux ennemis qui varièrent au cours des siècles, la colline fut aussi renforcée par de murs d’enceinte eux-mêmes enrichis de tours…pour protéger ceux du dedans, contre ceux du dehors. C'est dire si les murs du Pont de l’Arche ont joué un grand rôle dans l’histoire et continuent pour certains d’entre eux d'une autre façon.

Pont de l'Arche-Eure-l'église, la vieille maison d'angle-Cl. Elisabeth PoulainPont de l'Arche-Eure-l'église, la vieille maison d'angle-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-Eure-l'église, la vieille maison d'angle-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-Eure-l'église, la colline-les maisons en bas-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-Eure-l'église, la colline-les maisons en bas-Cl. Elisabeth Poulain

Ce site à l’histoire mouvementée est maintenant devenu un lieu où il fait bon vivre. C’est un endroit de sérénité normande, disposant d’un écrin de beaux paysages naturels, d’une grande variété de maisons à pans de bois anciennes, de murs divers et variés à fonctionnalités plurielles et qui font le bonheur des touristes qui viennent s’y promener, ou des vacanciers qui y passent leurs loisirs. Les bords de la Seine enchantent les campeurs caravaniers, nombreux en été, à venir s’y ressourcer, taquiner le poisson, nourrir les cygnes venant se faire admirer de tous, canards y compris...avec l’espoir peut être d’avoir un peu de pain…

C’est à une promenade-kaléidoscope que je vous convie, sans chercher à différencier et mettre en valeur les époques, ni le statut des personnes… C’est au contraire leurs cohabitations qui m’attirent en montrant comment ces télescopages d’époques, de styles, de regards… voisinent avec naturel, en court-circuitant avec bonheur les siècles et les autres critères de classement. Ils affichent une grande proximité de vitalité. Juste avant, se situe à l’angle, de l’autre côté de l’église, une très vieille maison, qui fait le bonheur des photographes, tant elle ne cherche pas à faire la belle. Son objectif est clair, elle veut durer, tout comme le bas du pilier de l’église en face. Voici aussi, un peu plus loin, un chat à la fenêtre d’une maison neuve, avec en arrière un jeu intéressant de gouttières. C’est alors le moment de redescendre vers le bord de l’eau, en prenant le temps de se retourner pour faire une photo d’ensemble de la colline vue d’en bas.

 

Pont de l'Arche-Eure-La Seine et le cygne-Cl. Elisabeth PoulainPont de l'Arche-Eure-La Seine et le cygne-Cl. Elisabeth PoulainPont de l'Arche-Eure-La Seine et le cygne-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-Eure-La Seine et le cygne-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-Eure-Bords de Seine-Camping-La Tour vue d'en bas-Elisabeth PoulainPont de l'Arche-Eure-Bords de Seine-Camping-La Tour vue d'en bas-Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-Eure-Bords de Seine-Camping-La Tour vue d'en bas-Elisabeth Poulain

Cette colline appelle aussi en bas, face à la Seine, une succession de façades de maisons particulières, chacune différente, avec ses atouts propres, et qui forment, réunies, un bel ensemble, d’autant plus intéressant que chacune d’elles a sa propre originalité.  Plus loin, c’est alors le camping de l’autre côté de la rue, qui occupe le bord de l’eau, avec une belle prairie revêtue de la belle herbe de Normandie. C’est aussi le moment de voir la Seine, où se laisse admirer le cygne bien nourri, accompagné un peu plus loin en arrière de quelques canards voisins, pour lui tenir compagnie. Telle une star, c’est lui qui ouvre le billet. Gageons que les campeurs installés sur la prairie située au bord de l’eau ne l’oublient pas quand il leur reste du pain, qui n’est vraiment pas perdu pour tout le monde.

Il faut alors remonter la colline, mais cette fois-ci par un sentier court et pentu qui permet d’admirer la tour d’enceinte préservée dont on a déjà vu le bas quand nous étions encore dans la rue longeant la Seine. Nous pouvons admirer, une fois arrivées en haut, vraiment de plus près la tour qui a été restaurée et un haut mur de séparation qui jouxte perpendiculairement la tour. Devant un grand jardin dans le fond duquel se trouve le plus charmant des jardins potagers, avec des fleurs, lui-même entouré d’une clôture légère à clairevoie en bois, dont le portillon est ouvert. En se tournant vers la gauche, on devine à travers les arbres, l’autre côté du grand lit de la Seine à cet endroit. Le fond de la vallée est vraiment large.

Le haut du plateau offre une toute autre atmosphère, avec des maisons bourgeoises cossues datant vraisemblablement du XIXe siècle, entourées comme il était d’usage de hauts murs afin d’assurer la tranquillité des habitants en dedans. La rue étroite s’élargit au fur et à mesure de la descente. On retrouve alors des maisons plus anciennes en se rapprochant du centre ancien qui s’est développé au fil des siècles sur le plateau, près de l’église.

Pont de l'Arche-Plateau-la Tour-mur de clôture, potager, mur-chaînage-brique, Cl. Elisabeth PoulainPont de l'Arche-Plateau-la Tour-mur de clôture, potager, mur-chaînage-brique, Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-Plateau-la Tour-mur de clôture, potager, mur-chaînage-brique, Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-plateau-Vallée-Mur-Panneau-Tour tronquée-Cl. Elisabth PoulainPont de l'Arche-plateau-Vallée-Mur-Panneau-Tour tronquée-Cl. Elisabth Poulain

Pont de l'Arche-plateau-Vallée-Mur-Panneau-Tour tronquée-Cl. Elisabth Poulain

Pont de l'Arche-plateau-demeure-murs-pierre-blanche-chapeau-ruelle-mur-ciment-Cl. Elisabeth PoulainPont de l'Arche-plateau-demeure-murs-pierre-blanche-chapeau-ruelle-mur-ciment-Cl. Elisabeth PoulainPont de l'Arche-plateau-demeure-murs-pierre-blanche-chapeau-ruelle-mur-ciment-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-plateau-demeure-murs-pierre-blanche-chapeau-ruelle-mur-ciment-Cl. Elisabeth Poulain

Les murs de clôture. Ils varient non seulement en fonction de leur localisation, mais aussi forcément de leur ancienneté. Voici par exemple l’angle d’un mur de silex et de briques en chaînage d’une belle propriété qui s’avance au plus près de la falaise. Un peu plus loin, cette fois-ci de retour par la petite rue haute, c’est le vestige d’une charmante petite tour raccourcie à un étage qui déborde sur la rue, comme si tout était normal, sans surtout que le mur d’en face se soit incurvée d’autant. Survient alors une belle longueur de vieux murs faits à l’ancienne justement parce qu’ils sont anciens, constitués de silex, de pierres de calcaire enchâssés dans un assemblage de bauge. Au bout d’un certain temps, cette gangue de terre d’argile et de paille cède sous les infiltrations des eaux de pluie et c’est alors tout un pan de la partie externe du mur qui s’effondre. Certains murs bénéficient d’un chaînage de briques à la disposition codifiée. On peut admirer aussi le haut de la belle demeure bourgeoise du XIXe environ qui a gardé son haut mur de pierre taillée. On distingue la partie plus foncée vers le bas, et la partie haute plus récente et plus claire. L’intéressant est la finition en chapeau triangulaire sur le haut afin d’éviter les infiltrations d’eau dans le mur. 

On passe alors sans transition de la ville du XIXe siècle de belles demeures entourées d’un espace privatif où le jardin devient un complément obligé du statut des propriétaires, à la vieille ville. Plus bas les maisons sont plus étroites et hautes, accolées les unes aux autres, en donnant directement sur la rue. Ce resserrement de la ville ancienne oblige alors à créer des ruelles, comme celle fleurie de roses trémières qui mène à une maison dans le fond. Voici à nouveau les maisons anciennes à pans de bois, qui sont embellies par un jeu sophistiqué de couleurs de nature à attendrir les yeux et le cœur de tous les touristes. C’est l’un des murs de façades les plus connues de la ville, en raison de ses peintures de réclame, comme on disait alors. A vous de lire tout ce qu’il était possible d’acheter dans cette boutique de vêtements divers et variés.

Pont de l'Arche-Eure-centre ancien-maisons à pans de bois-Cl. Elisabeth PoulainPont de l'Arche-Eure-centre ancien-maisons à pans de bois-Cl. Elisabeth PoulainPont de l'Arche-Eure-centre ancien-maisons à pans de bois-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-Eure-centre ancien-maisons à pans de bois-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-centre ancien-ruelle, avec passage voûté sur la rue-Cl. Elisabeth Poulain Pont de l'Arche-centre ancien-ruelle, avec passage voûté sur la rue-Cl. Elisabeth Poulain

Pont de l'Arche-centre ancien-ruelle, avec passage voûté sur la rue-Cl. Elisabeth Poulain

Pour finir ce petit tour de ville en concentré, voici un endroit intéressant que nul ne songerait à citer dans les musts à voir absolument. Nous sommes dans une ruelle, dont les deux murs latéraux sont de pierres blanches taillées ; celui de gauche doit enclore une cour, celui de droite devait servir de mur d’une maison maison détruite, avec le mur de briques qui s’y ajuste en transversal. Grace à deux barrières de métal, cet endroit, qui résulte de la destruction d’un vieux bâtiment, devient un lieu de détente. Un vieux banc a été disposé le long du mur parallèle au chemin, un autre plus récent a été placé devant une table en bois. Avec au-dessus de l’ensemble, un panier de basket…J'imagine déjà, un lecteur assis avec un gros livre à découvrir, tandis qu'un jeune envoie le ballon comme il peut dans le panier de basket juste au dessus de ...la tête du lecteur, évidemment sans le déranger.  Et voici comment se termine la ruelle, en passant sous les maisons, avec une jolie palette de murs divers et variés…

Pour suivre le chemin

. La ville sur http://www.pontdelarche.fr/tourisme , voir également http://www.annuaire-mairie.fr/ville-pont-de-l-arche.html  pour découvrir en particulier les excellentes photos de Michel Chéron (Panoramio) sur la ville vue d’en face, de l’autre rive.

. Toujours wikipedia pour retrouver l’essentiel sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_de_Pont-de-l%27Arche  

. Lire le blog très fourni et très précis, enrichi de cartes, d’un jeune chercheur historien passionné par sa ville, sur http://pontdelarche.over-blog.com/article-qui-a-bati-les-fortifications-de-pont-de-l-arche-108299939.html  

. Plus d’infos concernant l’église sur http://www.normandie-tourisme.fr/pcu/eglise-notre-dame-des-arts/pont-de-larche/fiche-PCUNOR0271000117-1.html  

. Lire le texte de synthèse d’Isabelle Audinet dans le n° 31 de Patrimoine normand en date de février-mars 2000 sur http://www.patrimoine-normand.com/index-fiche-44383.html  avec de belles photos.

. L’église de Pont de l’Arche sur http://www.rouen-histoire.com/Pont_Arche/Eglise/index.htm  

. Clichés Elisabeth Poulain

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Pub Voiture, Renault Megane - 0% de Mat.Gr - entre pur steak & graisse

3 Juillet 2016, 15:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

* Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre abscons et pourtant vrai, au sens où, comme vous allez le voir, il emprunte les mots même de ce que montre et dit le visuel, en particulier la mention bizarre « 0% de matières grasses ».

La  voiture d’abord. C’est une Renault Megane Estate dont la publicité est parue au tout début de 2004, dans Géo. Je reproduis le texte qui annonce ce que vous voyez : « Avec sa ligne à la fois fuselée et compacte et sa motorisation 1,9dCl, la Nouvelle Mégane Estate allie dynamisme et plaisir de conduire, 0% de mollesse, 0% de place perdue. ». Je reproduis en rouge les deux dernières affirmations car, ce sont elles qui fondent le visuel qui occupe la double page juste après la page 1 de couverture qui porte une très belle photo d’un lac canadien avec en premier plan des canoës rouges et jaunes.  

 Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

La page 3. C’est par elle que je commence, car le regard se porte d’abord sur la page située dans la même position que la couverture. Une des conséquences est que les pages impaires sont plus chères en terme d’achat publicitaire du fait de l’impact plus grand d’une publicité placée à cet endroit. Les pages impaires ne reçoivent le regard qu’en second lieu. Que voit-on d’abord ? Une Renault Megane Estate de profil. Grise claire, elle se détache sur un fond très structuré de façon à faire ressortir les lignes parfaites de la voiture.

Les lignes horizontales du visuel. En commençant par le bas, ce ne sont pourtant pas les trois bandes de bitume qui attirent notre attention, dont celle du milieu offre la particularité d’être un peu usée. En fond se trouve un mur gris de métal doté d’un grand panneau central encadré de deux panneaux latéraux eux-mêmes composés de deux panneaux horizontaux. L’ensemble est renforcé par une poutre qui donne la ligne et la force horizontales au bénéfice de la silhouette de la voiture.

Le nom de la marque de la voiture en haut ressort en noir sur un fond de ciel bleu ; chacune de ses trois composantes a une typographie particulière, RENAULT en caractères noir épais, MEGANE est écrit en caractères fins et A n’a pas de barre médiane, quant à ESTATE, il figure en majuscules avec un E bien plus grand que le reste.

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01- double page 2-3 , Cl. Elisabeth Poulain

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01- double page 2-3 , Cl. Elisabeth Poulain

La forme extérieure de ce rumsteck en forme de Megane vient d’être découpée au couteau tout métal hyper affûté, preuve en est les morceaux de gras qui renforcent les courbes de ce drôle de steak. Il fait franchement et tellement peur que sa pointe est tournée vers l’extérieur, vers la gauche. Notez qu’il a été lavé pour la prise du cliché. La composition repose sur une planchette dure blanche en plastique, la pointe du couteau vers la gauche, près de de la forme évidée pour la saisir par la main et laisser filer le regard un peu en dessous, vers l'extérieur.

Le fond de cette partie du visuel en page 2 reproduit un tissu plastique gris, qui répond par son homogénéité à l’hétérogénéité de la page 3. Seul le célèbre losange métal ressort sur son rectangle jaune en haut tout à gauche. Le nom de la marque n’y figure pas, seul slogan s’y trouve « Créateur d’automobiles ».

Photo, Le végétalisme en couleurs, NCI Washington 2003, wikipedia

Photo, Le végétalisme en couleurs, NCI Washington 2003, wikipedia

En guise de conclusion, je voudrais citer les quelques réactions que j’ai pu obtenir de la part de personnes à qui j’ai montré ce visuel. Cela allait de plusieurs « je ne comprends pas », à « pourquoi de la viande ? », à des commentaires tels que « je sais pourquoi maintenant je ne veux pas de housses de siège rouges dans ma voiture », à une pro-viande « la viande de rumsteck mérite mieux » et des non-réponses de végétariens ou flexitariens choqués, qui ont préféré s’abstenir… La dernière réaction très mesurée résume bien l'idée générale « S’asseoir sur de la viande est quand même une curieuse idée ». Ces mots termineront ce billet, avec une belle photo montrant des fruits, des légumes... de l'Institut américain contre le Cancer.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Géo, n° 299, janvier 2004, page 2 de couverture et page 3 ; l’agence qui a conçu ce visuel est Publicis Conseil.

. Le rumsteck sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rumsteck  

. Sa teneur faible en lipides sur http://www.les-calories.com/calorie-18017-calories-rumsteck.html  . Le végétarisme sur https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9g%C3%A9tarisme  et le flexitarisme sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Flexitarisme  

. Photos Elisabeth Poulain,  la photo des fruits, des légumes et des graines ID2396 provient du National Cancer Institute, EUAN, sous le n° 2396…wikipedia, entrée « végétalisme »

. Et merci à la personne qui m'a très aimablement prêté ce vieux magazine...

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Cigognes - Albrecht Dürer -1503 –versus – Vins d’Alsace -2003

1 Juillet 2016, 15:43pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Cigogne-Albrecht-Dürer-Cl. Elisabeth Poulain

*Cigogne-Albrecht-Dürer-Cl. Elisabeth Poulain

Le titre en commençant par la date. Aujourd’hui, il s’agit de vous parler de cigognes, pas tout à fait les mêmes, nées à des moments de l’histoire franchement différents. La première date d’environ 1500 à 1505. J’avoue que pour la beauté du titre, j’ai arrondi à 1503. Mais je ne peux absolument pas le jurer. La seconde date par contre est attestée par sa parution dans un magazine en date du 4 au 10 septembre 2003, ce qui veut dire qu’elle est un peu antérieure, comme l’œuvre d’Albrecht.

La cigogne-Albrecht Dürer-1503-Cl. Elisabeth Poulain

La cigogne-Albrecht Dürer-1503-Cl. Elisabeth Poulain

Dans les deux cas, il s’agit de cigognes. C’est au moins, ce qu’il est indiqué au plus près du dessin du premier et qu’on devine facilement pour la photo d’origine alsacienne. A tout seigneur, tout honneur. Le billet va naturellement commencer par celui d’Albrecht Dürer, bien que cet homme soit impossible à définir, tout autant chercheur, scientifique, peintre, graveur, dessinateur. Il appartient à cette catégorie d’artistes qui transmutent tout ce qu’ils font en art, on pourrait dire en or…même les cigognes.

La cigogne d’Albrecht Dürer. Elle est saisie vue de son profil droit, pattes écartées, avec un regard curieux. Je viens de prendre une loupe. On dirait que l’animal regarde sur le côté, en essayant de voir celui qui la regarde, alors que sa tête est bien de profil. L’animal - ou le dessin - est un peu bizarre, tant son bec est fort, sa tête présente un curieux renflement vers l’arrière du cou ; le détail des plumes ressort avec force et les pattes, surtout celle de droite semble avoir une articulation gonflée du genou. Une hypothèse pourrait être qu’il s’agit d’un cigogneau, mais sans aucune certitude bien sûr.

Publicité-Vins d'Alsace-Les Grands Blancs-La Cigogne-2003-Cl. Elisabeth Poulain

Publicité-Vins d'Alsace-Les Grands Blancs-La Cigogne-2003-Cl. Elisabeth Poulain

La cigogne des Vins d’Alsace. Prenez une pleine page d’un supplément « Vins du Nouvel Observateur » de 28 cm de hauteur sur 20,6cm de largeur, à la meilleure place pour une publicité, en page impaire, à la 19, juste en face d’un article sur le « Riesling : l’Or du Rhin ». Et vous voyez sur 23,7 cm de hauteur une cigogne rare. Je vais vous expliquer pourquoi. Elle est de dos, en train de discuter « sec » avec un canard et un coq. Je vous dirai après de quoi. Pour l’instant parlons de la cigogne qui est vue de dos, ce qui me semble rarissime, après avoir compulsé quelques dizaines et dizaines de clichés uniquement dédiés à ce grand volatile. On la voit dressée de toute sa hauteur. Sa tête au parfait arrondi possède un bec qui semble raccourci et pas assez épais, un cou très étiré, sans une plume qui dépasse, pour être bien nette sur elle. On dirait qu’elle a endossé sa belle tenue officielle avec sa veste qui se termine en « queue de pie » noire, avec juste ce qu’il faut de dissymétrie pour avoir l’air naturelle. Ses pattes, qui apparaissent trop longues à se tenir aussi droite, sont d’une propreté étonnante en pleine nature.

Il me semble que cette cigogne blanche du genre ciconia ciconia a dû être stylisée, allongée pour renforcer l’impact du visuel en accrochant le regard. La raison en est que le trio, Canard-Coq-Cigogne, discute ferme. Disons-le clairement, le canard et le coq ne sont pas d’accord. Le canard : « Ce Grand Blanc, il est fait pour moi » ! Le coq de répondre : « Non, pour moi ». Et La cigogne calme les deux : « Du calme, je suis assez généreux pour deux ». Le commentaire suit : "Un Riesling fruité et délicat… Un Tokay Pinot Gris…Un Gewurztraminer…Entre les volailles et les Grands Blancs, c’est toujours l’harmonie". Et c'est signé de l'adresse du site.

Ciconia_ciconia2_juvenile_Vogelpark_Avifaunia_The_Netherlands_Snowmanradio_wikipedia

Ciconia_ciconia2_juvenile_Vogelpark_Avifaunia_The_Netherlands_Snowmanradio_wikipedia

Pour finir ce court billet dédié à un très beau volatile, qui se fait rare en Alsace, mais pas seulement, remarquons que les deux représentations, chacune dans son style, sont assez éloignées des photos que l’on peut voir…

 

Pour suivre le chemin

. Découvrir le Musée d’Ixelles, où se trouve la cigogne de Dürer, commune membre de Bruxelles-Capital, sur http://www.museedixelles.irisnet.be/presse  

. Ainsi qu’Ixelles sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ixelles  

. Sur ce blog, lire aussi un autre billet de qualité (humour !) sur le rhinocéros dessiné par Dürer (1515) - http://www.elisabethpoulain.com/article-le-bestiaire-du-vin-le-rhinoceros-et-durer-46084414.html  

. Prenez le temps de lire la biographie de ce grand artiste européen 1471-1528, né à Nüremberg (Allemagne), sans limite mentale de chercheur, dans l’Ouest-Européen sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Albrecht_D%C3%BCrer

. Voir le remarquable dossier sur Albrecht Dürer réalisé pour les enseignants de l’Académie d’Amiens par http://crdp.ac-amiens.fr/picar/data/chateau_chantilly_doc/durer/dossier_enseignants.PDF .

Publicité pour les « Vins d’Alsace, Les Grands Blancs », page 19, le nouvel Observateur, Vins, Notre sélection, 4 septembre 2003

. Vins d’Alsace, http://www.vinsalsace.com/fr/gouts-et-couleurs/cepages/?gclid=CjwKEAjwqdi7BRCL6Zmjk5-rsTwSJABmrVabeu7ehqiIIRwi22Xf5G-Ug3lrQYoxJqPjwK6bg6v5gBoCPV_w_wcB

. Lire l’article de qualité Cicogne dans wikipedia, mis en images par un chercheur « Snowmanradio » https://fr.wikipedia.org/wiki/Cigogne_blanche .

Et l’article sur la cigogne, avec de très beaux clichés sur http://www.dinosoria.com/cigogne_blanche.htm et celui de vikidia pour les 8-13 ans https://fr.vikidia.org/wiki/Cigogne_blanche

. Photos Elisabeth Poulain,  Ciconia cigonia juvenile du Vogelpark, Avifaunia, The Netherlands par Snowmanradio wikipedia

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Amsterdam, la ville vue du vélo, le beau vélo rose, sociologie urbaine

27 Juin 2016, 15:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Amsterdam, la ville du vélo, le beau vélo rose sur le pont, Cl. Elisabeth Poulain

* Amsterdam, la ville du vélo, le beau vélo rose sur le pont, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre long comme je les aime, avec pile-poile 70 caractères, pas un de plus, pas un de moins. Amsterdam, vous connaissez. C’est une de ces très belles vieilles villes du Vieux  Continent. Aujourd’hui, je vais vous parler d’un vélo rose d’une grande fraîcheur pour nous remonter le moral.

Le vélo rose. Il est à la fois très chic, dans sa couleur rose bonbon affirmé, qui fait ressortir son côté « fille » en revendiquant clairement son « originalité », sa forte structure désignée de façon à renforcer ses lignes courbes contemporaines et sa solidité perceptible en voyant par exemple ses gros pneus blancs et noirs, très neufs. Faites la comparaison avec par exemple le vélo noir qui est à terre, qui semble d’une légèreté à tomber au moindre souffle de vent. Plus prosaïquement, il semblerait plutôt qu’il soit tombé parce qu’il n‘est attaché nulle part, à aucune fixation externe.

Ne pas être attaché, c’est aussi le cas me semble-t-il du vélo rose. Il possède pourtant deux antivols, un lourd  à gros maillons entouré de plastique qu’on voit souvent sur place et un léger classique comme ce qu’on trouve en France. Visiblement, le premier bloque la roue au cadre du vélo, sans que le second par exemple puisse le fixer à une structure externe. Cette absence d’immobilisation sur place est très fréquente à Amsterdam, non par civisme qui empêcherait tout vol de bicyclette, mais par quasi-impossibilité dans les lieux fréquentés par les étudiants notamment à trouver une accroche externe qu’ils recherchent pour y attacher leur deux-cycles. C’est la raison pour laquelle, on voit très souvent dans le centre ancien, près de la Grande Bibliothèque qui a vue sur le port, de la Gare… des lignes de vélos adossés les uns aux autres, au point de tout bloquer et notamment l'accès à son propre vélo.

Amsterdam, la ville du vélo, le beau vélo rose sur le pont, Cl. Elisabeth Poulain

Amsterdam, la ville du vélo, le beau vélo rose sur le pont, Cl. Elisabeth Poulain

Dans ce cas de figure, sur ce pont qui passe au-dessus d’une voie semi-enterrée de métro rapide, la rambarde a volontairement été conçue pour des raisons de sécurité, de façon à empêcher en particulier ces accrochages. C’est du moins mon opinion. Ceux-ci auraient pu se faire s’il y avait eu une rambarde tubulaire  intermédiaire plutôt que du grillage fin et solide. Visiblement, le vélo rose est arrivé après que les deux vélos noirs se soient adossés. Celui de devant n’a pas supporté la co-habitation et est tombé. Quand on est pressé par le temps pour arriver en cours, on n’a aucun choix pour garer son vélo quelque part. On le met où on peut.

Et quand on est pressé, cette fois-ci re-devenu piéton, on n’a pas le temps, ni forcément l’envie de ramasser les vélos des autres, sachant que la chute peut à nouveau se reproduire peu de temps après, pas forcément pour celui que vous avez relevé, pour le vôtre peut-être. Pour ma part, j’en relevais un par balade à pied, pas plus, sinon, j’aurai pu y passer mon temps ! Clairement, il ne suffit pas d’avoir un vélo pour trouver automatiquement la place qui va avec. Et penser que les parkings à vélo est une solution…peut-être pas! Une autre curiosité à nos yeux français porte cette fois-ci sur la grande taille du guidon, qui permet vraiment de rouler le dos droit en pouvant insérer en plus ce grand cageot noir à l’avant, sans lumière à l’avant ni semble-t-il à l’arrière. Par contre le vélo noir en arrière à droite a bien une lumière à l’avant.

« La ville vue du vélo » est une composante du titre un peu exagérée, car je n’étais pas en train de pédaler, tout en prenant des photos, un exercice périlleux que je préfère ne pas tenter. Ce qui a été heureusement possible en posant pied à terre. Ce que j’essaie aujourd'hui de faire est, à chaque photo, de montrer une toute petite réalité prise à partir de la bicyclette, avec un certain nombre de vues pour arriver à dire quelque chose qu’il appartient à chacun de déterminer.

Amsterdam, la ville du vélo, un Amsterdamois revenant à pied de ses courses, Cl. Elisabeth Poulain

Amsterdam, la ville du vélo, un Amsterdamois revenant à pied de ses courses, Cl. Elisabeth Poulain

Voir beaucoup de bicyclettes devient alors évident puisque vous-même êtes à vélo. Que les autres vélos soient alors beaux, ou pas, sortis du magasin la veille ou aient franchement virés du côté « vieux vélo abandonné » ou quasiment par leur maître ou maîtresse, qui ne savent plus trop où il ou elle l’a laissé…, peu importe. A chaque fois, il se dégage une image mentale urbaine exprimée par le vélo. Et c’est ce qui m’intéresse, dans cette vision kaléidoscopique d’un moment, sans fin, à un moment dans l’année où la pluie est plus fréquente que le beau temps, les touristes peu ou pas visibles, dans une ville qui fait sa pose annuelle en soufflant un peu, avant que la saison du tourisme reparte…On est alors plus en phase avec ce qui nous entoure. Pour pouvoir par exemple, prendre en photo un Amsterdamois, vu de dos, qui revient de faire ses courses à pied, un plaisir supplémentaire, en étant seul et tranquille...Ouf.   

Découvrir les villes, les monuments, les paysages … quand le temps est changeant, les gens pressés ou pas de vaquer à leurs occupations, sans plus se soucier de vous à vélo, parce que, du coup, vous faites partie du paysage, est un plaisir supplémentaire de voir cette ville au charme pluriel à votre gré, sans suivre de plan, mais avec la carte devant, pour faire le point de temps en temps.... Où finalement, j'ai vu très peu de cyclistes, peu de piétons et beaucoup de vélos...! Et c'était très bien comme cela, une autre vision de la ville...

                                                                            *

Pour suivre le chemin

. Retrouver les articles récents sur Amsterdam et le vélo parus sur ce blog...

. Voir Amsterdam dans une carte ancienne du centre-ville sillonné de canaux sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Amsterdam#/media/File:Amsterdam-topografie.jpg  

. Les informations de base sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Amsterdam  

. Les cyclistes aux Pays-Bas sur http://blog.velib.paris.fr/blog/2015/01/09/pourquoi-tant-de-cyclistes-aux-pays-bas/  

. Clichés Elisabeth Poulain

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La bouteille de Bière Heineken en pub, le temps, le verre, l’humour & co !

25 Juin 2016, 15:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain

* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain

Je serai bien incapable de vous parler de la bière en tant que tel.  Lors de ma visite à la brasserie Heineken à Amsterdam, que je vous recommande tant c’est intéressant, j’ai dû être la seule à goûter une gorgée de bière, comme on déguste un vin, en  demandant ensuite où se trouvait le crachoir, au grand étonnement de la charmante jeune femme qui nous faisait déguster au bar. Elle a franchement du penser qu’il fallait être française pour être aussi snob!

Parler de la pub pour la bière, oui, j’aime bien. Surtout quand il s’agit d’une « vraiment bonne pub », celle qui permet de dire quelque chose. Là, il s’agit vraiment de créativité matinée d’humour. Imaginez-vous faire sourire, avec une bouteille ? Vide ou quasiment. Avec Heineken et Publicis, son agence de communication en France, c’est le pari franchement réussi. Les deux partenaires se connaissent bien, se comprennent et peuvent continuer à surfer avec bonheur dans le registre choisi qui est l’humour. Un art difficile à décliner qu’ils savent  décliner, parce que le temps est à la fois un ami qui vous aide dans la progression de la notoriété de la marque déjà connue.  Tout autant qu’un frein qui oblige à se poser la question de savoir si on peut encore faire du nouveau sans porter tort aux fondamentaux de la marque.

Pub Heineken-Le Moulin-Travels the world with-you- Cl. Elisabeth Poulain

Pub Heineken-Le Moulin-Travels the world with-you- Cl. Elisabeth Poulain

Le temps d’abord avec le premier visuel, celui dit « Au Moulin ». Des trois visuels dont je vais vous parler, c’est celui qui est assurément le plus ancien. Il date vraisemblablement d’avant le début des années 2000, quand l’entreprise néerlandaise a décidé de se faire connaître au niveau mondial. Jouer avec le temps est toujours intéressant pour montrer l’évolution des choses et l’adaptation du regard, sachant qu’en surcroit en ce qui me concerne, je m’interdis de choisir des visuels actifs, pour des raisons évidentes.

Commençons donc avec le temps que j’ai cité en premier dans le titre, qui commence avec la bière et se termine apparemment par le temps qui défile pourtant tout le temps ! Ceci permettra d’affirmer l'identité de la Bière Heineken, non pas avec des mots, mais avec une couleur, le vert jaune, décliné dans de multiples variations ainsi qu’avec un symbole fort de l’identité paysagère des Pays-Bas qui est le moulin. Les deux sont associés au temps dans son lien avec la bière, cette bière Heineken, qui en réalité n’est pas du tout de couleur verte, mais d’un jaune d’or très bien assorti à ce vert si spécial qui se décline en plus en multiples variations. Et, oui, ces verts ont pour fonction de servir de faire valoir au jaune lumineux de ce divin breuvage si apprécié des hommes. Il a aussi, nec plus ultra, pour avantage de rappeler la couleur verte du verre de la bouteille. Le jeu est lancé, tout commence à tourner et à entrer en connexion, avant même d’avoir goûté cette bière.

La référence aux Pays-Bas avec le vent qui fait tourner les ailes du moulin. Le vert fait aussi le lien entre la bière et ces publicités pour Heineken. Une grande palette de ces verts jaunes se décline au fil des campagnes. C’est déjà le cas avec le visuel du moulin qui annonce avec bonheur l’Univers vert d’Heineken à ses débuts, sans que soient présentes du tout la bouteille, la couleur de la bière, celle de la mousse, la finesse des petites bulles...qui viendront après. Par contre et c’est évidemment l’objectif de ce visuel très réussi, l’identité néerlandaise ressort avec force, dans son lien avec la terre sur lequel est posé le moulin, l’eau qui sillonne dans le marais, le vent qui fait tourner les ailes du moulin, qui permet de broyer les grains de céréales et de houblon qui, après fermentation en cuve, permettront de produire cette bière-là et pas une autre.

Le slogan à dimension mondiale est clairement porté par la marque Heineken projetée sur le corps du moulin, avec le texte en bas « Travels the world with you ». Retenez qu’il fallait lancer cette marque néerlandaise, associée à la forte spécificité d’un moulin hollandais, en faisant ressortir les éléments identitaires du paysage de façon à vous accompagner dans votre traversée du monde, pendant votre voyage. « Travels the world », avec sa dimension d’appropriation directe, est autrement plus fort que de « voyager dans le monde avec vous » avec sa dimension de balade. C’est la bière qui « trave(-l-)rse le monde avec vous », pourrait-on presque dire pour garder l’idée d’action tonique.  C’est visiblement un visuel des débuts d’internationalisation de la marque, en particulier dans les pays francophones.

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-L'humour-du- saucisson-2010-Cl. Elisabeth Poulain-

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-L'humour-du- saucisson-2010-Cl. Elisabeth Poulain-

Voyons maintenant le second visuel de juin 2010, celui dit « L'humour du saucisson ». C’est maintenant « Be Fresh » qui est le slogan de la marque qui joue toujours avec les mots. Qui doit être fresh, la bière bien sûr et/où soi-même pour être bien à l’aise, avec cette bière qui demande à être déguster fraiche à 3°C ? Les deux bien sûr ! L’étoile rouge entourée de blanc, entourée de « marque » d’un côté et de « déposé » de l’autre chapeaute la marque Heineken écrits en blanc avec en dessous « Be Fresh » qui remplace maintenant le précédent slogan. Cette fois-ci il figure en vert qui ressort sur du blanc, avec deux points blancs hors cadre blanc un à gauche en bas, un droite en haut, avec en plus un arrondi percé d’un point vert et le tout est tellement travaillé que l’ensemble soulève le cadre aux coins arrondis vert plus foncé que les différents verts composant l’ensemble.

Cette signature à 6 niveaux est très sophistiquée. Retenez l’étoile rouge toujours, le blanc sur fond vert et tous ces huit arrondis, dont deux bulles pleines et le copyright, l’arrondi de l’angle du cadre et celui qui fait l’angle du visuel qui se détache en vert foncé sur un composite vert très sophistiqué. Ce ne peut être un hasard. C’est une volonté d’apporter de la douceur, en gardant les codes fondamentaux...avec maintenant de l’humour et une vision active de la structure de l'’espace du visuel. C'est ce que nous allons voir maintenant. 

                                                                   

1. "L’humour du saucisson" découpé en rondelles, forme la Ière ligne de la structure. C’est franchement nouveau et réussi. La bouteille est présentée en rondelles, comme le serait un saucisson qui rimerait avec citron. Les rondelles coupées portent la couleur du fruit, de la bière à l’intérieur, presque de l’or liquide, à boire frais. En guise de peau de citron, c’est du verre vert qui ressemblerait presque à de peau de concombre, si c’en était bien un. La bouteille posée à plat et découpée trace une Ière ligne de structure légèrement en oblique, qui surgit de l’arrière du verre. Et c’est là que la réussite est grande, car la star, ce n’est pas elle ou plus elle –la bouteille -, c’est maintenant le verre de bière à l’admirable couleur jaune. C'est la bière devenue une véritable star d'or. On voit bien la mousse et la rondelle de bière d’un jaune lumineux composé de bulles fines comme posée sur le bord dans la mousse crémeuse de cette bière Heineken.

2. Une autre diagonale part en oblique de la marque sur le verre, passe par l’étoile située juste à la jonction entre le liquide et la mousse, continue à travers la rondelle à bulles et rejoint l’étoile du bloc marque situé en haut à droite.

3. Pour encore renforcer cette première structure constituée par ces deux lignes qui se croisent à la hauteur de la marque sur le verre, une autre en arrière va permettre de dynamiser le bas du visuel. Dans le coin gauche en bas, le verre se reflète sur l’assise verte, comme si la lumière venait de l’intérieur du verre, de la bière elle-même. Cette lumière, qui part de la bière contenue dans le verre, pour se refléter en dehors du verre en bas, permet aussi d’éclairer de l’intérieur la rondelle jaune à bulles en passant par l’étoile rouge en haut.

4. Il reste à vous parler de la dernière structure qui relie les trois étoiles rouges entre elles. Elles forment cette fois-ci un triangle dont le sommet est placé en haut à droite du nouveau logo d’Heineken, relie le verre et la bouteille qui portent chacun également l’étoile rouge.

5. Et pour encore densifier le visuel, cette fois-ci ce sont les différents verts du fond, avec en particulier la ligne oblique entre le vert plus foncé du haut et le vert lumineux du bas éclairé par la triple source lumineuse formée par le jaune d’or de la bière du verre, de la rondelle et de la bouteille qui vont servir de faire-valoir pour accentuer la profondeur du visuel, encadré par un vert uniforme de bordure pour bien montrer la maîtrise globale de l'ensemble.

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-Humour dernière goutte-2010-Cl. Elisabeth Poulain

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-Humour dernière goutte-2010-Cl. Elisabeth Poulain

Synthèse : Avoir réussi à mettre la marque en valeur, assurément. Utiliser les couleurs dans un jeu dynamique oui ; créer une structure à la fois fine et efficace pour donner une réelle dynamique de marque qui fait constamment le lien entre la bière en verre que l’amateur de bière a presque la sensation de tenir en main, avec ses 3° C, triple oui, avec beaucoup d’humour et de finesse, sans prononcer de mot autre que « Be Fresh », dans un jeu visuel étonnamment sophistiqué… Le tout est une franche réussite pour montrer que la marque et l’entreprise qui la porte ne sont là que pour la satisfaction de l’amateur éclairé…dans un jeu fabuleux de stratégie de captation de l'espace visuel par le regard de façon à obliger l'oeil à parcourir la composition mise en scène par l'équipe de publicitaires pour imprégner l'esprit du message publicitaire. Pour preuve, regardez la position de la signature de Publicis: elle est placée sur le côté gauche externe, au milieu du visuel, à hauteur du galbe vert du verre, au début de la ligne médiane principale de la bouteille-saucisson.   

                                                                          *

Juste un autre visuel avant de finir, pour vous montrer l’importance du verre dans l’appropriation de la boisson par l’amateur. C’est le visuel que j’appelle « La dernière goutte » d’or qui ressort sur un fond vert avec certaines des composantes du visuel n° 1. A vous de juger. Et j’arrête là… sinon vous allez vous plaindre que le billet est trop long. Ce qui est déjà le cas !

 

                                                                     *

Pour suivre le chemin

. Heineken, telle que la marque se présente sur http://www.heinekenfrance.fr/avertissement/  et voir les campagnes actuelles sur http://www.heinekenfrance.fr/media/communiques-de-presse/

 . Retrouver l’historique sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Heineken  

. Voir aussi l’album de quelques photos Heineken sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/album-1352309.html  

. Clichés Elisabeth Poulain, le premier visuel m’avait été adressé en son temps directement par l’entreprise que je remercie, le second –l’humour du saucisson- forme la 4 de couv. du Monde Magazine du 26 juin 2010, et le troisième forme la 4 de couv. d’un magazine de publicité en date du 5 juin 2010.

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Des voitures et des publicités > Delage, Piccard-Pictet, Bentz > 1913

20 Juin 2016, 16:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Publicité Delage-Théâtre national de l'Opéra-Faust-Gounod-16.6.1913. Cl. Elisabeth Poulain

*Publicité Delage-Théâtre national de l'Opéra-Faust-Gounod-16.6.1913. Cl. Elisabeth Poulain

L’idée est de voir comment se déclinent des visuels de publicité pour des voitures en cherchant le ressort sur lequel le publicitaire, quelqu’il soit, va jouer. « Au fil du temps » est une formule qui pourrait laisser entendre que je vais commencer par un ordre chronologique, en partant des débuts de la voiture à moteur. Ce n’est  absolument pas mon intention.

Je cherche le désordre créatif qui provoque des  télescopages intéressants, toujours singuliers. A trop vouloir classer, ranger, ordonner… on tombe facilement dans la routine, en restant une mono-vision. On perd en innovation,   Au contraire, il s’agit de jouer avec le temps, sans respecter du tout la chronologie. L’important pour moi, n’est ni la marque, ni la date, c’est le ressort psychologique sur lequel est positionnée la création publicitaire concernant aujourd'hui des automobiles, en jouant le brouillage du temps, au fil de mes découvertes.

Le plus souvent il n’y aura qu’un seul visuel ; parfois il pourra y en avoir plusieurs, surtout quand les visuels sont rapprochés et/ou  issus d’une seule source. C’est le cas aujourd’hui, avec cet opuscule de 24cm, 14,6cm et 0,5cm d’épaisseur, sans indication de numéro de page, ni distinction entre les pages de réclame et les quelques pages concernant l’Opéra de Faust … Musique de Ch. Gounod, joué au Théâtre national de l’Opéra.

 

Théatre national de L'Opéra-Gounod-Faust-Programme-16-6-13-Cliché Elisabeth Poulain

Théatre national de L'Opéra-Gounod-Faust-Programme-16-6-13-Cliché Elisabeth Poulain

Voici trois réclames, comme on disait alors, toutes trois issues d’un livret du Théâtre national de l’Opéra, pour une représentation de Faust, Opéra en 5 Actes de J. Barbier et M. Carré, Musique de Ch. Gounod avec une photo signée de PH. NADAR de ce dernier dans un médaillon orné de fleurs qui est une création de Paolo ????. J’ai trouvé une date d’édition du livret en tous petits caractères en bas à gauche : 16-6-13 . J’imagine qu’il s’agit du 16 juin 1913. Il y a un peu plus de 100 ans.

Des voitures oui, je vais vous en parler, mais pas des accessoires. Ici dans ce livret de quelques 34 pages par exemple, en dessous du portrait de Ch. Gounod, il y a une réclame pour des phares Blériot, plus loin des phares Mira-Mestre, des pneus Bibendum (dommage mais non…une autre fois) et des pneus Palladium.

Publicité PIC-PIC-Théatre national de L'Opéra-Faust-Gounod-16-6-1913-Cl. Elisabeth Poulain

Publicité PIC-PIC-Théatre national de L'Opéra-Faust-Gounod-16-6-1913-Cl. Elisabeth Poulain

Le premier visuel d’une demi-page figure en bas de la page 29 -10cm x 7,5-. C’est un dessin en noir et blanc, non signé, pour les AUTOMOBILES PICCARD-PICTET, 37. Champs- Elysées. Paris n’est pas indiqué. La marque est appelée par son petit nom PicPic en blanc dans un rond noir, en haut d’un sommet à gauche, ce qui est déjà de l’humour (H1). Le dessin montre quatre hommes en tout. Deux sont des alpinistes qui avancent péniblement piolet à la main, avec leur sac au dos, et les deux autres sont dans la voiture découverte. Celui qui conduit, se découvre poliment, en abordant les deux alpinistes (H2) qui attaquent la paroi pentue en tenue sportives, avec sac à dos, bandes molletières du genou à la chaussure haute, sac à dos, chapeau tyrolien et tenue anti-froid, sans gants toutefois pour tenir leur piolet… L’homme qui conduit la voiture à l’arrêt, pose sa question très poliment à celui qui pioche « Pardon ! Messieurs !...Y-a-t-il loin d’ici au Sommet du Mont-Blanc ?» (H 3). Comme s’il pouvait y avoir une route qui mène au sommet ! (H 4)

Graphiquement la scène est très réussie et compréhensible. Le dessin pourrait être contemporain, tant l’artiste, qui n’a pas signé son œuvre, a pu insérer de nombreux éléments dans cet espace restreint, en les intégrant grâce à une ligne de force en V qui donne à la fois du sens, de la clarté, au bénéfice de ce nom de marque de voiture si long « AUTOMOBILES PICCARD-PICTET » qu’il avait déjà fallu à l’époque créer un beau logo (un bologo, à redire vite 10 fois, vous allez voir !). Ce monogramme PIC-PIC ressort en clair sur un fond noir dans un rond, qui semble accroché en haut d’un pic (H 1). On comprend que la Piccard-Pictet est la seule voiture à pouvoir gravir des montagnes, la seule capable d’atteindre des sommets, pour des sportifs, des vrais hommes !

Condensé pour la PIC-PIC. C’est une voiture pour de vrais sportifs, capables d’affronter tous les défis, facile à conduire même en situation difficile et en climats hostiles, une voiture décapotable de qualité pour des hommes qui aiment la montagne, tout en possédant les codes de la politesse et de l'humour.

Publicité Delage-Faust-Théâtre-national de l'Opéra-16-6-1913-Cl. Elisabeth Poulain

Publicité Delage-Faust-Théâtre-national de l'Opéra-16-6-1913-Cl. Elisabeth Poulain

Le second visuel de pub -15 cm x 11,2 cm- occupe une pleine page, en P. 39. C’est une représentation en dessin également très fin, mais sans paysage, d’une DELAGE, Grand Prix des Voiturettes, Grand Prix des Voitures légères, 1908 & 1911 avec ce slogan « Ne faire qu’une chose mais la bien faire ». Cette « voiture légère » est ce que nous appelons une décapotable. On la voit au centre du visuel très travaillé, comme posée sur un autel sa capote baissée, repliée à l’arrière, avec des roues à rayons, comme il en était alors d’usage. Le dessin excellent –non signé- fait ressortir la ligne exceptionnelle de cette Delage à l’arrêt et qu’on imagine pourtant filant dans le vent. C’est alors qu’on s’aperçoit que cette voiture légère est elle-même surplombée par un médaillon accrochée au fronton de cet ensemble qui recourt à des éléments de l’architecture grecque antique. Le dessin est conçu de façon à pouvoir mettre en valeur la voiture légère Delage par quatre fois différentes.

La structure du visuel est très travaillée. Imaginez un autel grec, avec des colonnes ioniques, reposant de chaque côté sur une assise lourde qui déborde pour renforcer l’ensemble.

Le haut est structuré, de façon à y insérer un médaillon accroché par le milieu qui reproduit la voiture, dans la position allant vers la gauche dans un dessin gris plus léger. De chaque côté, des branchages de laurier donnent de la légèreté dans une courbe symétrique évoquent de branches de laurier, celui dont on faisait des couronne, pour célébrer la gloire de celui qui la porte.

Le bas volontairement lourd et foncé permet d’asseoir la construction en y plaçant deux Delage se faisant front, cette fois-ci capotes fermées, l’une à gauche de couleur noire à deux fenêtres latérales sous laquelle figure la signature du concepteur publicitaire « LOCHARD « et celle de droite de couleur claire à trois fenêtres, avec une vague noire pour souligner la ligne. Ces deux voitures permettent d’encadrer le slogan « Spécialiste de la Voiture Légère » en lettres d’imprimerie noires grand format sur fond blanc. Ces deux modèles sont eux-mêmes mises en valeur dans un cadre fixé par des rubans. Le dernier rectangle noir permet d’insérer en son milieu « Delage & Cie – 60 Bd Pereire – Paris ".

Condensé pour la Delage 1913: La voiture est montrée quatre fois en plusieurs situations, décapotée, capote refermée, vers la gauche par trois fois et une fois vers la droite. Le ressort est l’excellence classique, incluant la qualité, tout autant que l'innovation, pour des amateurs exigeants et cultivés.

Publicité Bentz-Faust-Théatre-national de l'Opéra-16-6-1913-Cl. Elisabeth Poulain

Publicité Bentz-Faust-Théatre-national de l'Opéra-16-6-1913-Cl. Elisabeth Poulain

Voici le 3ème visuel pour les Automobiles BENZ -15,5cm sur 11,5cm-, deux pages après le visuel Delage, en caractères clairs sur fond noir. Ces pages sont très orientées dans les publicités pour les femmes … entre crèmes de beauté Floréine, parfum Sauzé Frères, Marvelous Cold Cream Richard Hudnut New York…Voici cette publicité franchement rare pour l’époque. Le médaillon représente une jolie jeune femme très chic, joyeuse, qui danse, sa voiture Bentz dans les bras, avec ce slogan « Avoir sa Benz » ! Au-dessus figure le titre « Automobiles BENZ ». En dessous du slogan, un listing récapitule les atouts de la marque, peu adaptées à la cible, en six strates d’abord et de quatre ensuite: « Voitures de Grand Tourisme de 10 à 250 HP, Voitures de Luxe pour la ville, Camions automobiles de 2 à 25 tonnes, Voitures de Livraison de 500 à 1500 kilos, Autobus et Cars alpins, Moteurs pour l’Industrie et l’Agriculture. Les plus grandes usines d’Europe pour la construction de voitures automobiles 6500 OUVRIERS » Enfin l’adresse : Salle d’Exposition 7, rue Royale, PARIS, Bureaux et Ateliers, 19, Avenue Bugeaud.

Le médaillon ovale met en valeur cette jolie dame en fourreau étroit. Elle danse avec sa voiture Benz dans les bras. Très souriante et sympathique, elle porte un chapeau ornée d’un grand nœud noir, qui répond à des bandeaux noirs au bas de ses petites manches et d’une large bande qu’on dirait de velours noirs qui élargit la jupe vers le bas, de façon à ce qu’elle puisse danser avec ses talons hauts. Le médaillon ovale est orné de deux rubans qui se croisent sur les feuilles de laurier (tiens, tiens !) qui mettent en valeur le dessin central.

Cette publicité est réussie, au sens où il pourrait tout aussi bien s’agir d’un parfum, de perles ou de bijoux, des attribut très féminins par définition. N’oublions pas que nous sommes en 1913. Une bonne partie de ce livret est dédiée à des publicités de luxe pour la femme. Citons des poudres, des robes, des crèmes pour le visage, des « vrais » diamants et des perles, des corsets, des éventails, des restaurants chics, des meubles…J’arrête là…Je n’en suis qu’au début.

Condensé pour la partie haute du visuel Benz. Donc une bonne idée, qui est d’associer la voiture et la jeune femme dynamique et jolie. La voiture devient pour elle un must social. C’est son nouveau jouet. La publicité sait s’adapter; l’excellence – les lauriers - ici encadre à la fois la voiture et sa conductrice qui ne la conduit pas encore…Ceci dit, c’est plus un visuel pour faire connaître la puissance de la marque, en ouvrant la porte aux femmes, qu’une vraie publicité sur une voiture en particulier. La voiture comme un must social absolument indisoensable. Cela l'est toujours!

* Pub Bentz-Théatre-national de l'Opéra-Faust-Gounod-16-6-1913-Cl. Elisabeth Poulain

* Pub Bentz-Théatre-national de l'Opéra-Faust-Gounod-16-6-1913-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. La couronne de laurier sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Couronne_triomphale  , http://www.lebreviairedespatriotes.fr/31/01/2013/non-classe/histoire-et-evolution-symbolique-de-la-couronne-de-laurier/  

. La colonne grecque sur https://fr.vikidia.org/wiki/Fichier:Ordre_ionique.jpg  

. Pic-Pic, à retrouver avec beaucoup d’infos sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Pic-Pic  avec en particulier une PIC-PIC 1912 en photo couleurs absolument superbe…

. Delage, à découvrir aussi avec plaisir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Delage_(entreprise )

. Bentz à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Benz  

. Clichés Elisabeth Poulain à partir du livret, l'astérisque avant l'intitulé d'une photo signifie qu'il s'agit d'un extrait d'un cliché.

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Le drapeau français > Bleu, Blanc, Rouge > Compositions & Complexité

17 Juin 2016, 12:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Défilé  du 14 juillet sur les Champs-Elysés-Paris-France-Capture d'Ecran-A2-Fête du 14.07.11 Cl. Elisabeth Poulain

*Défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysés-Paris-France-Capture d'Ecran-A2-Fête du 14.07.11 Cl. Elisabeth Poulain

Traduction du titre. On a tous l’impression de connaître « notre » drapeau national, nous, Français de souche ou personnes vivant en France. Toutes, tous, nous pouvons citer les trois couleurs le Bleu, le Blanc et le Rouge. Beaucoup savent aussi, de par leurs souvenirs plus ou moins lointains, que le Bleu et le Rouge vont de pair, bien qu’ils soient séparés ou unis par le Blanc au milieu. Ils sont en effet les  couleurs de la Garde nationale des deux côtés et le Blanc, celle de la France de l’Ancien Régime, et pas celle de  la Royauté comme on le pense trop souvent, pour faire le lien au milieu.   

La Garde nationale. En même pas sept lignes, il faut déjà rafraîchir nos souvenirs d’école. La Garde nationale a été une milice organisée à Paris pour assurer et/ou compléter le maintien de l’ordre en période troublée. Pour accroître leur prestige, les membres bénéficiaient de belles tenues visibles de loin. C’est ainsi que l’on  peut voir, dans un tableau de Léon Cogniet, le Duc d'Orléans accueilli à l'Hôtel de ville de Paris, en grande tenue de la Garde nationale, avec en arrière-plan le drapeau aux trois couleurs,  le 31 juillet 1830.

Drapeaux de l'UE à droite, de la France à gauche, effet-vent,  Cl. Elisabeth Poulain

Drapeaux de l'UE à droite, de la France à gauche, effet-vent, Cl. Elisabeth Poulain

Le drapeau actuel est lié intimement lié à la Révolution française, celle qui imprègne encore si fortement nos esprits, celle de 1789 marquée par la prise de la Forteresse de la Bastille, la plus célèbre des prisons royales au cours des siècles. En réalité l’histoire de ce drapeau est si compliquée qu’il faudrait presque ajouter une année d’enseignement des histoires de France et d’Europe rien que pour re-constituer l’histoire d’un « simple » morceau de tissus qui est tout sauf « simple », tant il est chargé de symboles lourds du poids de l’histoire. L’objet de ce billet est de chercher les constituants, pas forcément en vrac, mais forcément toujours en lien les uns avec les autres éléments constitutifs, réciproquement et plus.

Commençons par les dimensions du drapeau, un élément qui ne semble pas soulever grandes difficultés. Le drapeau rectangulaire est un 2/3-1/3 ; sa largeur est de 60 cm ; sa longueur est donc de 90 cm divisée en trois bandes verticales de couleur. Le bleu commence par la gauche près de la hampe (le mât), suit le blanc, puis le rouge. En principe, les trois bandes sont de même largeur, sauf quand elles ne le sont pas. C’est le type de « logique à la française » que j’aime beaucoup. Voici deux exemples. A la télévision par exemple, la partie centrale en blanc est rétrécie de quelques centimètres et fait moins de 30cm, ce qui permet d’élargir d’autant en parts égales le bleu et le rouge. C’est une façon de ne pas couper le drapeau, placé en fond d’écran pour mieux mettre en valeur les deux couleurs des bords.

Léon Cogniet-La Garde nationale de Paris, 1792, Versailles, Musée de l'Armée, wikipedia, BlogElisabethPoulainLéon Cogniet-La Garde nationale de Paris, 1792, Versailles, Musée de l'Armée, wikipedia, BlogElisabethPoulain
Léon Cogniet-La Garde nationale de Paris, 1792, Versailles, Musée de l'Armée, wikipedia, BlogElisabethPoulain

Léon Cogniet-La Garde nationale de Paris, 1792, Versailles, Musée de l'Armée, wikipedia, BlogElisabethPoulain

Mais il y a mieux, c’est « l’effet-vent » sur le drapeau. Sur un navire qui porte le drapeau, le mouvement du bateau, associé au vent, modifie la perception des trois couleurs de sorte qu’il a fallu changer l’égalité de la largeur de chacune des bandes verticales de couleur. Celles-ci vont passer à 30cm, puis 33 cm et enfin à 37 cm, ce qui nous donne un drapeau de 100cm pour accroître la visibilité de la partie rouge du drapeau, dans sa partie qui offre le plus de prise au vent, alors que le bleu gardera toujours sa partie droite, proche de la hampe du mat, beaucoup plus droite et donc plus visible… L’œil et le vent ont leur logique propre que les mots et /ou les chiffres n’ont pas.

Citons maintenant dans d’autres dimensions, le plus grand drapeau français, que connaissent tous ceux qui ont assisté au défilé du 14 juillet, « pour de vrai », comme disent les enfants, ou qui se réservent de le voir à la télévision pour bénéficier de vues imprenables, l’ambiance serrée les uns contre les autres et la musique et le bruit en moins. Les mensurations du drapeau doivent être tenues secrètes, impossible en effet de trouver ses dimensions sur le net, même sur le site de l’Elysée ! La seule information que j’ai pu trouver est que sa surface globale est de 24m2 au total. Retenez qu’il est vraiment grand : il se déploie facilement sous la voute de l’Arc de Triomphe dès lors qu’il y a du vent, venant le plus souvent de l’Avenue de la Grande Armée, face à celle des Champs Elysées. C’est une autre façon d’illustrer l’effet-vent qui peut être franchement fort dans ce véritable couloir à vent, créé par l’appel d’air. Retenez que le vent est l’ami du drapeau.

Double-Oriflamme à chaque lampadaire-Champs Elysées-Paris-Visite-Chef d'Etat étranger-Cl. Elisabeth Poulain

Double-Oriflamme à chaque lampadaire-Champs Elysées-Paris-Visite-Chef d'Etat étranger-Cl. Elisabeth Poulain

Passons à l’ordre des Trois Couleurs. Vous ne verrez pas toujours les couleurs dans « le bon sens », qui cite la couleur bleue en première position, puis le blanc, enfin le rouge. Imaginez que vous teniez la hampe du drapeau, sans vent, vous ne distinguerez pas spécialement une des trois couleurs mais un mélange des trois. Maintenant, corsons la difficulté pour ceux qui vont regarder le drapeau. Tout dépendra de l’endroit où ils seront placés et d’où viendra le vent. C’est un procédé utilisé par des peintres par exemple pour renforcer l’attraction du regard par la toile. C’est ce qu’a fait par exemple Eugène Delacroix pour son célèbre tableau, La Liberté guidant le Monde, où placé de l’autre côté, on voit d’abord le rouge, puis le blanc et un peu le bleu.

Corsons la difficulté. Imaginons  que vous n’accrochiez pas votre drapeau à une hampe, auquel cas, posé à plat par terre, sa forme rectangulaire a bien les dimensions classiques citées, 60 x 90 cm. Il existe aussi des représentations du drapeau qui cette fois-ci s’accroche par le haut dans sa largeur étroite et une grande longueur, qui du coup devient une hauteur. C’est ce qu’on appelle une oriflamme, On en voit à chaque lampadaire de l’avenue des Champs-Elysées quand un chef d’Etat étranger est en visite officielle à Paris. Outre l’Arc de Triomphe toujours orné de son fabuleux drapeau géant, chaque lampadaire aura aussi son fanion vertical rectangulaire propre, son oriflamme personnelle. Une des conséquences est que les bandes auparavant verticales sont maintenant en position horizontale. Ceci est quand même proprement bouleversant pour l’esprit. Les grandes différenciations entre le drapeau et cette bannière verticale portent sur la position désormais horizontales des trois couleurs, les dimensions – je ne les connais pas - qui changent et le mode fixation qui cette fois-ci se trouve en haut au milieu de la largeur. On remarquait déjà ce type de bannière en 1830 sur la toile peinte par Léon Cogniet…Elle avait pour particularité d’être extrêmement longue et portée à bout de bras

 

Draoeau de la France-Fête nationale 14 juillet-Mairie-Village-Haut-Allier, Cl. Elisabeth Poulain

Draoeau de la France-Fête nationale 14 juillet-Mairie-Village-Haut-Allier, Cl. Elisabeth Poulain

Pour finir ce billet, qui n’a d’objectif que de montrer la complexité des choses, dès lors que l’on parle de symbole, rappelons ce qui s’est passé lors des attentats qui eurent lieu à Paris le 13 novembre 2015. La Tour Eiffel porta ensuite les couleurs de la France, à la manière d’une oriflamme de très belle taille, avec le bleu en haut, le blanc au milieu et le rouge en bas…Je n’ai trouvé sur le net qu’un seul cliché de la Tour Eiffel où le photographe a essayé de reproduire en position verticale les couleurs du drapeau, ce qui était intéressant mais, avouons-le peu convaincant, tant la structure même de la Tour Eiffel commande cette répartition horizontale, en trois séquences…Quant à vous montrer la plus belle des photos, je ne peux vous la montrer. Elle figure, sauf erreur de ma part, sous deux noms différents. S'il s'avère que c'est la même personne, qu'elle me le dise, tant la photo est belle... 

Il me reste à vous citer des drapeaux voisins de celui de la France, avec les trois couleurs mais disposées autrement : la France : Bleu-Blanc-Rouge ---) en vertical ; les Pays-Bas : Rouge-Blanc-Bleu en bas + en horizontal, ainsi que le Land du Schleswig-Holstein en Allemagne, dont le drapeau civil est à composante horizontale avec le bleu en haut, le blanc au milieu et le rouge en bas. …Et je m’arrête là, car ce billet ne peut avoir de fin…

La Tour Eiffel la nuit, toute or, sans autre couleur, Cl. Elisabeth Poulain

La Tour Eiffel la nuit, toute or, sans autre couleur, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

Drapeaux à positions verticales.

. Voir les drapeaux à forte ressemblance dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Galerie_des_drapeaux_%C3%A0_forte_ressemblance  

. Consulter l’article-source sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_France  

. Voir le drapeau en situation officielle sur le site de l’Elysée, à côté du drapeau de l’UE, http://www.elysee.fr/photos/deplacement-a-colombey-les-deux-eglises/?search_index=5  

. Voir les photos de Jacques Robert, photographe officiel, qui signe des clichés remarquables du drapeau flottant au vent, lors de la célébration de la fête nationale du 14 Juillet sur http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/arc-de-triomphe  

. Le drapeau français sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_France  

Drapeaux à positions horizontales ou autres typesde drapeaux  

. Voir l’article sur la Garde nationale sous la Révolution française 1789-1790, https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_nationale_fran%C3%A7aise_sous_la_R%C3%A9volution_(1789-1799)  qui présente un tableau du Serment du Jeu de Paume, peint par Jean-Louis David, daté du 14.07.1790, montrant le Marquis de Lafayette prêtant le serment.

. Retrouver les trois couleurs du drapeau sur des œuvres de Claude Monet illustrant l’article du 14 juillet https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_nationale_fran%C3%A7aise  

. Le drapeau avec le Duc d'Orléans à l'Hôtel de Ville de Paris, le 31 juillet 1830, conservé au Musée Carnavalet, à retrouver dans https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Le_Duc_d%27Orl%C3%A9ans_%C3%A0_l%27h%C3%B4tel_de_ville,_le_31_juillet_1830_(Carnavalet_P_106)_02.jpg

 . Deux ans après, en 1832, le drapeau devient entièrement rouge, pour la Garde nationale mobile, toujours à Paris https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_nationale_(France)#/media/File:Garde_nationale_mobile_pendant_les_Journ%C3%A9es_de_Juin.JPG 

 . L’oriflamme sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Oriflamme  

. La garde nationale de l’époque révolutionnaire fin du XVIIIe https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_nationale_fran%C3%A7aise_sous_la_R%C3%A9volution_(1789-1799)  

. Pour en savoir plus, consulter le dictionnaire de vexillologie http://sfvexillo.pagesperso-orange.fr/index.html  

. Photos multiples de la Tour Eiffel bleu, blanc et rouge, aux trois couleurs horizontales après les attentats de Paris le 13 novembre 2015, à voir sur la page Images de wikipedia …

. Et pour finir la Tour Eiffel, toute en or cette fois-ci, à voir dans un billet sur ce blog, avec des clichés de la Grande Dame de Fer de Gustave Eiffel la nuit, sans effets spéciaux et surtout sans évènement dramatique, sur http://www.elisabethpoulain.com/article-a-paris-l-or-de-la-tour-eiffel-sur-le-fond-noir-de-la-nuit-124964518.html  

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