En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 10:22

Oh, cela n’a rien d’évident, tant l’accueil par les uns que Angers, La Doutre, Logis Ozanam, Damesle remerciement par les autres. C’est si peu évident que les témoignages de remerciement sont rares et évanescents. Le plus souvent, il n’en reste qu’un souvenir qui s’affaiblit avec le temps qui passe et qui partira avec celui ou celle qui a exprimé ce merci du fond du cœur et de celle qui a su le recevoir. Cette fois-ci, j’ai employé le féminin parce celles qui reçoivent les témoignages de gratitude sont les Dames du Logis Ozanam. Et les personnes qui disent merci et qui pour certains savent l'écrire sont des membres de la famille ou des amis de malades ou de victimes d’accident qui sont soignés dans les hôpitaux d’Angers ou des parents en maison de retraite.

 

Le Livre d’Or du Logis Ozanam

Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or dessin, M. SarrazinLe Logis s’est ouvert le 15 septembre 1983. Cela fait donc maintenant 27 ans que ces gros cahiers, ces « Livres d’Or », rassemblent une partie de l’histoire du Logis, vue du côté des résidents. Au début, on ne sait qui écrit. Parfois les personnes donnent seulement le nom du ou de la malade avec seulement le nom de famille, en faisant parfois précéder leur nom de « Famille » écrit en toutes lettres   ou une signature avec un texte qui met l’accent sur l’accueil « simple et chaleureux », « l’esprit de famille » qui règne au Logis, « le réconfort » des « merci » aussi qui montre que tout est dit.

 

La première personne qui date et signe clairement sans donner toutefois son prénom écrit le 12.11.1983 : «  La création du Logis est une idée exceptionnelle aussi bien matériellement que moralement car l’ambiance et l’esprit que l’on y trouve sont rares. Je souhaite que dans toutes les grandes villes de France dotées d’un centre hospitalier s’installent un tel Logis. Merci. X. Y…...

 

La presse lors de l’inauguration

Deux articles de presse (Courrier de l’Ouest et Ouest-France) ont été découpés et collés le 26 septembre 1983. Le premier porte un dessin de M. Sarrazin, le second rappelle cette très belle citation du président national de la Société Saint-Vincent de Paul, M. Blanc «  la pauvreté, c’est parfois simplement de se Doutre, Logis Ozanam, escalier interieur,retrouver seul ». A l’époque, la nuit d’hébergement au Logis coûtait 45 francs.

 

Le malade

Le trait commun à tous ces témoignages du début du livre porte sur la très grande retenue concernant le malade. Son prénom est parfois cité mais seulement quand il s’agit d’un enfant. On rencontre ainsi Anne-Marie, Chantal, Julien, Laetitia…Quand il s’agit de personnes âgées, c’est alors au mieux « mon père, ma mère », parfois les deux à quelques semaines de temps. Ce monsieur écrit: j'ai été « accueilli  avec tant de gentillesse et de compréhension pendant les trois semaines d’épreuves, que j’ai passées, lors de l’hospitalisation de mon épouse ». Une jeune maman : « nous vous remercions, mon bébé et moi ». 

 

La durée de l’accueil

Une dame a ainsi passé trois mois au Logis, sans lequel dit-elle « je ne sais vraiment pas où je serai allée ». On ne sait rien des raisons qui l’ont fait venir mais elle dit son émotion pour le petit cadeau de Noël qu’elle a reçu pendant son accompagnement. D’autres indiquent seulement les dates d’arrivée sans commentaires : 17 septembre-26 octobre. Ces indications sont rares. En fait, ceux qui témoignent surtout au début ne pensent pas à laisser une empreinte de temps. Quelques années après, le temps fait son entrée dans le livre, surtout sous l'influence des témoignages de personnes d'autres nationalités.   

 

Le témoignage

LesDoutre, Logis Ozanam, Livre d'Or , témoignage mots qui sont écrits se ressemblent beaucoup ; ce qui figure déjà dans le livre inspire évidemment ceux qui les lisent ensuite, surtout pour commencer leur texte. Mais ce qui compte, c’est la sincérité et la force des remerciements, avec pour chacun ou presque un mot, une phrase ensuite qui va colorer son témoignage de façon personnelle. Cette dame par exemple, en fin de paragraphe : « je sais que je ne serai jamais plus jamais seule et cela me redonne courage ».

 

Toute une famille allemande remercie en indiquant le nom des membres de leur famille et leur adresse à Eldingen en Allemagne. Ils pensent que ce serait une bonne idée que d’avoir de telles maisons d’accueil en Allemagne.

 

L’origine géographique de ceux qui écrivent

Ils viennent de toute la région, d’Angers bien sûr, de Montsoreau, de Mayenne, du Poiré sur Vie en Vendée, d’Agen. On peut également citer Argenteuil, Saint-Léger du Morbihan, l’Ile d’Yeu  mais aussi de plus loin : d’Angleterre, d’Allemagne, du Zaïre, d’Alger, de Côte d’Ivoire, de Colombie, de Syrie, des Etats Unis ou du Laos pour un médecin hébergé à Ozanam le temps de sa formation au CHU… Chacun écrit dans sa langue, avec son écriture. C’est certainement là qu’il y a le plus de Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or , témoignagedifférences. On remarque des façons anciennes de former les lettres, les modes actuels, les écritures étrangères que l’on remarque très vite. On devine l’âge, l’émotion qui font trembler les lettres... 

 

D’autres s’essaient au français, comme ces quatre membres d’une famille américaine, une dame et ses enfants qui se sont fait du souci pour le « papa » (je pense qu’il s’agit de son mari et père des enfants)  qui ont tous été  accueillis de façon « si chaleureux et doux.. Tout le monde au Logis avait été très gentils. Il m’a assisté avec toutes mes difficultés et soucis. Les enfants avait été très heureux ici, c’est comme ‘chez nous’. C’est difficile d’écrire  ce que je veux dans une langue étrangère mais Merci, mille fois pour tout… ».

 

Les dames bénévoles

Au début, elles sont incluses dans les remerciements puis très vite, elles sont cités en premier « un grand merci à ceux et celles qui bénévolement s’occupent de cette maison si bien organisée… ». Dans la quasi-unanimité des cas, les personnes parlent des bénévoles, sans jamais dire que ce sont uniquement des femmes.

 

Les cartes postales et les photos

Certains préfèrent témoigner une fois rentrés chez eux. Au calme, ils prennent le temps de choisir une carte postale et d’envoyer des mots de Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or dessingratitude. C’est ce que fait une famille qui a choisi une carte de la Stfitskirche de Stuttgart. Puis les premières photos apparaissent. Ce sont les bébés qui ouvrent la porte de l’image et de la personnalisation. Le premier apparaît en 1987. Il sera ensuite suivi par beaucoup d'autres . On les voit à l’hôpital ou de retour à la maison.

 

Il existe un cas bouleversant. C’est celui d’une maman dont le fils de 17 ans est décédé à l’hôpital sur la table d’opération. Il ne lui a pas été possible, quand elle a quitté le Logis Ozanam, d’écrire quelques mots. Elle l’a fait deux ans plus tard en joignant une photo du jeune homme, dont la présence souriante reste ainsi à jamais.

 

Un seul dessin a été fait directement dans l'album. C'est une oeuvre d'une dame allemande de Stuttgart.  

Quelques témoignages en guise de non-conclusion

« Monsieur B. R. est décédé ce matin…Son ami (c’est donc celui qui écrit) est venu cette après-midi pour inscrire sur ce livre cette phrase : ‘le Logis Ozanam, c’est la maison du Bon Dieu’ et il vous remercie tous ».  

 

«  Le Logis n’est pas comme une auberge espagnole où on ne trouve que ce qu’on y apporte.

On vient avec sa détresse et on y trouve réconfort.

On vient avec ses soucis et on y trouve amitié.

On vient avec sa peine et on y trouve chaleur humaine. 24-2.85 F. C…de Lassay, Mayenne »

 

«  Cette maison

            c’est comme un grand protecteur Doutre, Logis Ozanam, escalier interieur,

            qui nous entoure, nous sécurise

            et nous écoute.

 

            Ce protecteur est beau, sincère

et nous sourit.

 

Félicitations à tous les bénévoles pour votre

            extraordinaire travail.

            merci de tout coeur 

                                                A… C…

                                                Québec, Canada »

 

«  3 Sept 96

            Whether your stay here is for happy or unhappy reasons, be assured you are among friends. We have been treated to the almost kindness, consideration and sympathy by all and for our time here, we had not some where to stay but a home.

            Merci mille fois à tous. S…, K… and D...C...”

 

Pour suivre le chemin

Ce billet n’est pas une analyse de tous les témoignages de remerciements qui s’expriment depuis 1983. Des quatre Livres d’Or, il n'en reste que trois qui sont si riches, si divers et d’une telle amplitude de sentiments qu’ils méritent une véritable recherche dans le domaine des sciences humaines. Ce n’est pas mon propos.

 

Mon but est seulement de mettre en lumière un court instant quelques aspects seulement des émotions ressenties par les résidents du Logis Ozanam lors de leur départ ou de leur retour chez eux, en me limitant au début et à la fin du premier livre.  

. Voir le billet précédent sur ce même blog

Le Logis Ozanam, une maison si charmante à Angers, Doutre (49)

. Photos EP, n° 1, à droite deux des dames en charge de la direction du Logis et les deux dames en charge d'une partie de de l'entretien, photos de l'escalier avant et après restauration coll. du Logis et entre les deux, des photos de témoignages tirés du premier album.             

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /2010 11:18

N = Nana = Corset 

Je sais bien que rien ne colle dans mon titre. C’est la raison pour laquelle je vous l’indique aussi en équation. Il est quand même fou de voir ce qu’on peut infliger au corps des femmes. Après avoir découvert le plaisir de faire du sport, après avoir acquis difficilement le droit de cacher leurs jambes en portant le pantalon, voici qu’en cette fin de première décade du 3ème millénaire, voici le retour du corset. Les lèvres sont pleines, les seins sont pigeonnants à souhait - de qui, on se le demande -, la ‘bimbolisation’ continue. Et le corset revient.

 

La dentelle ou l'éternel féminin 

Non pas de façon frontale, certes pas. Ce sBroderies-04641.jpgerait un peu dur quand même mais de façon détournée, comme toujours. Le moyen utilisé est la dentelle ; oui celle là-même qui obligeait des femmes pauvres à travailler près de la lumière du jour à réaliser des ouvrages d’une si grande finesse qu’elles s’en usaient littéralement les yeux. C’est bien pourquoi je hais la dentelle et que jamais, je n’irais dans un musée de la dentelle, fusse celui  d’Alençon très bien par ailleurs, de Calais qui a fait de la dentelle une Cité internationale ou de Caudry qui a nommé la place où est situé le musée, Place des Mantilles.  

 

Trois corsets du XX siècle

Ce que je sais, c’est qu’entre les trois, il y en a un qui choisit de mettre le corset à Corset, Calaisl’honneur sur sa plaquette publicitaire. J’ai sous les yeux trois modèles de corset, présentés toujours au nom de la finesse du travail des dentellières, un modèle ‘light’ qui va du dessous des seins à la taille de façon à avoir la taille fine. C’est un modèle rose et noir de Marcel Rochas de 1952. C’est bien l’objectif souhaité, faire ressortir les seins et arrondir les hanches à la façon d’un pichet pour une meilleure prise en main ! Le modèle n° 2 va du dessus des seins jusqu’à la culotte bien couvrante comprise. Cette fois-ci, c’est Christian Dior qui signe cet ensemble ‘Star’ (1996). Le troisième est le plus enveloppant : il maintient  les seins et couvre les hanches, au-dessus de la culotte. Raffinement : on peut y fixer les bas, sans lesquels une femme bien née ne pouvait sortir. De la même façon qu’elle devait attacher ses cheveux, mettre un chapeau dessus et enfiler ses gants. Ouf, y avait-il encore un peu de peau nue ?. Oui, le visage sous le maquillage. On sait ce qu’il en est pour certaines femmes en 2010 dans certaines régions du monde.

 

Un autre corset pour aujourd'hui

Mais il y plus, mieux, je ne saurais dire. C’est le Corset, Delhaize, Bruxelles, Papier toilettedernier corset que j’ai à vous présenter. Il est violet sur fond blanc. Il présente très peu de dentelle, si ce n’est aux bords du corset. Il se présente comme une véritable armature de guerre, avec des tiges rigides pour accentuer une cambrure qui ne saurait sans elles exister au-dessus et au-dessous. Une véritable horreur, qui me fait frémir. C’est du papier toilette que l’on trouve en vente actuellement chez Delhaize à Bruxelles. Quel humour ravageur !

 

Ca donne vraiment envie d’aller aux toilettes ! Mais si vous n’aimez pas ça, petite nature que vous êtes, vous avez le choix. Il y a aussi du papier avec des araignées dessus. Pourquoi pas ? 

 

Pour suivre le chemin

. Voir la différenciation des corsets pour femme au fil des âges, pour tenir le dos droit ou faire ressortir les fesses vers l'arrière, avec beaucoup de modèles, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Corset

. A Alençon, voir  http://www.ville-alencon.fr/alencon.asp?idpage=10703&id=25691&tp=

. A Calais, la Cité internationale de la dentelle et de la mode, 25 rue Richelieu, 62100 Calais, www.musee.calais.fr

. A Caudry, le Musée Dentelles et Broderies, Place des Mantilles, 59540 Caudry

www.museedentelle-caudry@wanadoo.fr

.  Photos n° 1 et 2 Cité internationale de la dentelle et de la mode, EP pour la n° 3 de Delhaize.    

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /2010 10:44

Constater la saturation visuelle par la publicité

Avant le passage à l’an 2000, des chercheurs avaient calculé l’impact visuel Effet de lainage blancpublicitaire en ville, c’est à dire la rencontre entre une publicité et la personne qui passe, quel que soit son mode de locomotion, à plus de 700 expositions/jour et +. Ce genre de calcul ‘ à l’américaine’ où toute information doit être chiffrée,  est forcément tout à fait contestable en raison de son mode trop aléatoire de calcul en situation. Voyons les trois composantes.

. Tout dépend bien sûr de savoir dans quel pays, quelle ville, dans quel quartier, dans quelle rue, à quel endroit, à quel moment… Ca, ce sont des critères applicables au territoire.

. Du côté de celui qui est supposé voir, entendre, sentir cette publicité, les critères sont aussi nombreux, dans le sens où ils sont infinis puisque tout dépend de la personne et de sa perméabilité à la pub.

. Quant à la rencontre elle-même, la connaissance de la mentalisation de la publicité a fait certes de grands progrès mais n’en est qu’à ses débuts. Il ne suffit pas de voir une publicité pour qu’elle fonctionne. Pourtant c’est bien sur cette possibilité de « rencontre » que se vend la pub auprès des annonceurs. On est capable de dire après-coup pourquoi une pub a marché, mais pas encore de prédire qu’elle va marcher. Ouf, heureusement !  

 

Apprécier les différents degrés d'imprégnation publicitaire

Quoiqu’il en soit de ce nombre d’expositions, Ecailles de cuir, sac à mainle fait est qu’il y en a tant et plus qu’il n’est possible de dénombrer consciemment les présences publicitaires dans l’espace public. Outre celle qui est qualifiée comme telle, la publicité a mangé tout notre espace avec la pub pour la presse visible sur les panneaux, des hauts-parleurs que l’on entend dans la rue, des écrans de télévision désormais installés en ville sur les grandes places et la simple vue d’une enseigne qui fait de la pub, sans même parler des marques sur le dos, les sacs, les chaussures…. Elle atteint des sommets puisque de nombreuses d’informations classées officiellement comme telles sont en fait de la publicité envoyée par les entreprises et qualifiées souvent sans transformation ni valeur ajoutée propre par la presse en info.  On a déjà franchi la cap de ne plus savoir distinguer ce qui est pub et ce qui est info ‘pure’.

 

Retrouver une certaine fraîcheur mentale et visuelle

La question se pose désormais de savoir comment il est possible de garder ou de Encre noir et blancrecouvrer  un peu de fraîcheur pour choisir – soi – ce qu’on a envie de voir plutôt que de subir, sans réactions possibles, celles que d’autres veulent nous imposer, toujours pour notre bien. Vous l’avez bien remarqué. Un des jeux en réaction à votre disposition est de transformer votre sortie dans l’espace public hors de votre appartement en traque animalière murale.  Il n’y a là rien de bien singulier. Le thème seul change un peu. Quand vous faites des tours de découverte d’une ville, un guide à la main, vous faites bien la même chose.

 

Un jeu vous permet de retrouver une part de liberté et ce faisant un plus grand espace personnel de vie dans l’espace public : vous fixer vous vos propres objectifs de ce que vous cherchez à voir. Les thèmes sont là aussi infinis puisque tout dépend de vos goûts, de vos désirs, du lieu et du moment. Avec un premier résultat absolument étonnant, c‘est que bien souvent  vous trouvez ce que vous cherchez, en application de l’adage ‘on voit ce qu’on cherche’. Dans le même sens, vous vous surprenez à découvrir des choses devant lesquelles vous êtes souvent passé sans les avoir jamais repérées précédemment.

 

Choisir ses thèmes de jeu

Bien sûr, vous pouvez aussi, et il est recommandé Impression noir au tampon sur papierpar des connaisseurs de la pensée, de vous laisser flotter, immerger dans le lieu où vous êtes, comme dans un bain interculturel, un bain de jouvence pour repousser trop de clichés ou d’images reçues. Ceci n’est pas contradictoire. Vous n’êtes pas dans un choix ‘fromage ou dessert ?’ Là, c’est ‘les deux et + encore’. A votre choix, la possibilité de parler aux gens dans la rue, les jardinets, le végétal en ville, à commencer par les mini-jardins de rue que plantent les habitants devant chez eux, les devantures de certains magasins vintage, les soldeurs de bouquins, le street art, la différence – un vaste sujet à décliner – la couleur, les façons de marcher en ville, la cohabitation dans le tram, les façons de faire ses courses, la présence d’un animal au bout d’une laisse, les terrasses de café, les  vêtements hors mode, la perception des nationalités, les façons de conduire et de se conduire, la relation à la pub…

 

Prendre l’exemple du photographe Christophe Louergli

C’est un jeune artiste belge pour qui « photographier, c’est respirer ». Son Lumiere, papier, bambou et ficelledomaine de sélection porte sur le détail d’une extrême banalité, devant lequel on passe tous les jours et qui un jour va lui parler. L’ensemble crée un monde qui prend sens par ses yeux et qui, grâce à lui, va porter sens pour d’autres que lui. Il est un transmetteur d’émotion, d’une émotion d’autant plus forte qu’elle est subtile, aérée, évanescente, impalpable et pourtant si présente. Elle est transmissible. Son travail est fondé sur un regard qui accepte la lenteur de l’instant.

 

C’est à cela que  je pensais en voyant la belle exposition consacrée à Raoul Ubac par la ville de Trélazé (49). Ses lithographies sont accompagnées par des photographies de Christophe Louergli qui jouent  « en résonance » avec l’œuvre de Raoul Ubac. Et ces résonances trouvent un écho singulier chez celui qui regarde. Un jeu à trois singulier, qui ouvre l’œil, avec une qualité de profondeur impressionnante. J’ai rarement vu un lien d’une telle densité entre une œuvre imprimée, une photographie et la  personne qui fait le lien  entre chacune d’elles d’abord et elle-même ensuite. Avec des découvertes remarquables, dans le jeu d’étincelles entre l’artiste Raoul Ubac (I910-1985) et le photographe né en 1976, il y a enrichissement pour celui qui regarde.              

 

Pour suivre le chemin

. Voir le catalogue de l’exposition du centenaire de Raoul Ubac à Trélazé, Anjou 2010.  

. Raoul Ubac à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Ubac

. Christophe Louergli a bien un blog depuis 2008 mais il n’y a rien dessus (!)http://wergly.artblog.fr. Il est aussi présent sur Facebook : on y voit une photo de mur en ardoise. Comme il le dit dans le catalogue du salon: il s'exprime par la photographie, pas par les mots. C'est vrai. 

. Photos 'noir et blanc' EP   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /2010 16:40

Quelques mots sur le titre

Rameau de vigne triomphant en AnjouJe ne sais pas de trop si ce double titre est compréhensible alors je vais le traduire tout de suite. La question que je me pose est de savoir qui a la légitimité pour vanter les charmes d'une région en parlant du vin, dans une vision très touristique bien sûr. Elle m’est venue à l’idée dans le train en allant à Bruxelles après avoir lu un supplément du TGV magazine intitulé « Parcours divins en Val de Loire », conçu conjointement par Interloire pour les vins de Loire et les Caves touristiques -Vignoble de Loire.  

Le livret Vitibreak

Il s’adresse à ceux qui prennent le Thalys pour aller de Paris à Bruxelles. Il est très bien conçu avec tous les codes d’une présentation qualitative codifiée actuelle. Malgré le petit format, il commence par une introduction sous le titre « Il était une fois un val divin » signé par Anne-Marie Jelonek. Cette journaliste de TGV magazine annonce la couleur : il s’agit de « vendre » le charme de la Vallée de Loire en reprenant tous les « poncifs » que véhiculent la communication sur le Val de Loire depuis plusieurs décades maintenant, tout en faisant semblant de dénoncer ces dits poncifs pour mieux les entériner.  

Les 15 éléments clés de l’oeno-tourisme en Val de LoireChâteau de Saumur

Citons dans l’ordre d’arrivée dans le texte : la douceur de vivre, la lumière, les châteaux et jardins, leur prestige, l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, la 3ème région de France au plan du nombre d’appellations, la plus longue route des vignobles avec le nombre de kilomètres (800), le caractère exceptionnel du patrimoine touristique, un accueil privilégié, aux visiteurs « gourmands », les bonnes adresses, les panoramas fétiches, les rendez-vous festifs, le vin en porte d’entrée sur l’art de vivre et les paysages. En 22, 5 lignes, on ne peut guère faire plus ou mieux. Vous trouvez là tous les éléments de langage que doit véhiculer la communication sur les vins de Loire.

 

Une double page d’entrée porte la carte chromatique et oenologique du Val de Loire : bleu pour le fleuve et son influence, rouge pour les feuilles de vigne et les cépages, vert et rose orangé pour un coucher de soleil pour montrer l’équilibre entre terroir et fruit, rose tendre et vert jeune pour désigner la fraîcheur et la vivacité des vins. 

Le choix éditorial

Moulins a vent, Rablay sur LayonIl a été de concevoir un véritable magazine avec une « vraie » journaliste de Touraine spécialisée dans la nature et l’écologie, Catherine Levesque. C’est elle qui est en charge des ballades de la page de gauche qui donnent le ton. La page de droite offre une palette diversifiée de cinq activités, avec trois photos. Des reportages entrecoupent les ballades de façon à rompre le rythme, avec un séquençage 2-2-1, avec le pays du Muscadet et l’Anjou d’une part,  les bulles de Saumur à Vouvray + les 6 châteaux et les 7 vins d’autre part et enfin la Vallée du Loir. 

Les cinq ballades ligériennes

A l’aide d’une carte placée à la fin, vous découvrez les choix des promenades. On y trouve

-        une ville pour le pays du Muscadet, Clisson, mais sans que le mot de Muscadet soit écrit, avec Nantes TGV écrit en gros sur la carte,

-        une province aux 30 appellations pour l’Anjou, avec Angers TGV sur la carte, 

-        les bulles pour Saumur, complètement dissociée de l’Anjou mais  associée à la Touraine, avec Tours en grande ville et Saint-Pierre des Corps pour le TGV,

-        un titre sibyllin pour six châteaux (Amboise, Chenonceau, Montrichard, Chaumont, Chambord et Cheverny) et sept vins plus loin, sans autre mention, avec Blois en grande ville mais sans TGV,

-        un poète, Ronsard, pour la Vallée du Loir, qui n’a pas de grande ville, le Mans et Vendôme sont cités pour le TGV. Pour la première fois un vigneron, Benoît Jardin apparaît, avec le nom de son domaine ‘Les maisons rouges’, son numéro de téléphone et son mail.  

La rencontre avec les vignerons

Outre le zoom en page gauche, que je viens Maison de vigne branlante en Saumur Champignyd’indiquer, il y a en page de droite une diversité de thèmes au menu, avec un seul vigneron au mieux.

-        Pour le pays nantais, le seul domaine nommément recommandé est celui des Génaudières, avec ses différents vins, mais sans localisation.

-        Pour l’Anjou, ce sont le Château de La Mulonnière et le Domaine Saint-Pierre, sans références aux vins.

-        En Saumurois et à Vouvray, c’est le Château de l’Aulée à Azay le Rideau.

-        Pour les 5 châteaux et les 7 vins, le choix s’est porté sur la cave de Paul Buisse à Montrichard, maintenant propriété du Groupe Chaînier d’Amboise.

-        Pour la Vallée du Loir, il n’y a pas d’autres vignerons. 

Le trouble

L'axe du pressoir de MontlouisImaginez que vous ne connaissiez rien à la géographie ligérienne. Vous aurez le plus grand mal à comprendre ce qu’on vous raconte, surtout si à chaque fois, il vous faut vous référer à la carte  à la fin qui ne comporte aucune indication des localisations des quelques vignerons cités. Les vignobles sont amputés d’une bonne partie de leur implantation territoriale, ne sont plus désignés ou disparaissent complètement. Le Saumur-Champigny, effacé de la visite,  apparaît avec une interview de Pierre Arditi, tout comme les vins de Montlouis dans l’interview de David Bireau, chef sommelier du Crillon. Chinon est cité comme situé sur une route d’accès ! Saint-Nicolas de Bourgueil et Bourgueuil au moins figurent sur la route du vignoble… La vision est tellement faussée : un parcours d’initiation vaut plus qu’un vignoble où surgissent des jeunes et toujours jeunes vignerons de talent qui sont à l’honneur d’un métier difficile.  

 

Les vignerons, leurs vins et la personnalisation de leur accueil non standardisé n’ont quasiment plus la parole. A la place, la plaquette recommande d’aller dans les maisons du vins sélectionnées à chaque fois pour chaque ballade. Comme si déguster en maisons des vins équivalait à déguster chez les vignerons ! 

 

Bien sûr on vous recommande dans la présentation de vous référer au guide et à la carte téléchargeable sur vinsdeloire.fr. Bien sûr il s’agit d’une sélection mais il y a là un déséquilibre profondément gênant. A la question ‘qui porte la parole du vin’ et ‘qui dit le vin’, la réponse est que c’est celui ou celle qui le fait, l’incarne et/ou le porte. C’est celui ou celle qui prend le risque à chaque fois pour chaque millésime. C’est lui ou elle qui tire par son seul travail, oh combien multiple, dans les vignes, dans les chais et les caves de dégustation - tous les autres métiers du vin. Il ne faudrait pas l’oublier.

 

Comme on dit en langue enfantine,  c’est celui qRosier en bout de ligne, vignoble de Sancerreui fait qui dit. 

Le risque

Il est réel. Le risque est d’affadir la langue du vin, en reprenant les mots de la communication, qui s’usent d’autant plus vite qu’ils sont utilisés et qui usent la parole des vins qu’ils ont pour objectif de promouvoir. Ils banalisent le langage et font perdre aux vins leurs spécificités, leur profonde humanité. 

Pour suivre le chemin

. Sur ce sujet, lire aussi sur mon blog

Des dangers de l'oeno-tourisme pour le petit vigneron (1)

. Chercher l’information sur les vins de Loire, en lisant les blogs vignerons.

. En blog généraliste portant sur les vins de Loire, je vous recommande le blog de Jim Budd sur jimsloire.blogspot.com

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /2010 11:49

 

Ne cherchez pas une Alice de Montpellier comme on a un Henri de France ou un Laurent Tomates, variété de Crimée devantBeauvais de Beauvais. La première était cuisinière dans une grande maison dans le sud de la France, près de Montpellier. Le second était un des rois de France et le dernier cité est charcutier actuellement à Beauvais.

 

-        Pourquoi commencer ainsi ? Vous pourriez faire plus simple, non ?

 

-        Oui, mais ce serait moins drôle. Là, il s’agit de vous montrer le pouvoir des mots, même et surtout en matière de cuisine. Sans le rêve, il n’est pas de cuisine, simplement de l’alimentation et ça, c’est encore autre chose. Quelque chose de plus qu’utile, de carrément vitale même. Ici, en matière de recette, il s’agit plutôt d’entrer dans un univers de la fascination, rien qu’à l’énoncé de ce qu’il faut avoir sous le coude et faire.

 

La recette d’Isabelle

-        Ah voilà déjà que ça se complique. On commence par Alice et on découvre Isabelle.

 

-        Isabelle est la petite fille d’Alice. Elle est aussi une fine cuisinière, comme sa grand mère. Elle a gardé de ses vacances d’enfance dans le Vaucluze dans sa famille maternelle, le goût des recettes pleines de saveur, de chaleur et de tendresse, avec des cuissons longues et des étapes qui commencent parfois la veille, comme celle-ci.

 

La recette 

L’histoire commence effectivement la veille, quand il Tomates, variétés diversesfaut aller au marché pour réunir tous les ingrédients nécessaires et dans le potager pour cueillir les ‘bonnes’ tomates. Des grosses à farcir et d’autres pour entrer dans la farce. Ce qui est bien avec cette recette des vraies tomates farcies, dit Isabelle, « c’est qu’elle est simple, peu coûteuse et facile à réussir ».

 

-        Je me méfie dés lors qu’on dit que c’est pas compliqué, pas cher et pas dur.

   

- Tout est évidemment relatif  car il vous faut quand même 15 composants, sans compter les ustensiles, la poêle, le plat qui va au four et le fait que vous commencez la cuisson des légumes la veille pour être plus tranquille. Quant au coût, comme il y a peu de viande (200 gr. environ pour 4),  et que c’est fait avec des légumes de saison dans la région de production, c’est un plat familial qui revient moins cher que d’autres. 

La ratatouille

Pour faire cette ratatouille, il vous faut, des petites et des grosses tomates (1 et 2), des courgettes (3), des poivrons (4), des aubergines (5) que vous découpez en cube, à l’exception des grosses tomates (1) que vous gardez pour les farcir.

 

-        Petits ou gros, les cubes ?

 

-        Ah la question traître, j’étais sûre d’y avoir droit. Tout dépend de vos habitudes, de la finesse de vos doigts, du coupant de votre couteau et du légume. Les courgettes et aubergines en cubes d’I cm à 1, 5 cm de façon à être encore visibles une fois cuits. Les autres en lanières un peu plus longues et moins larges. Inutile de vous dire – mais je le dis quand même – que les tomates à cuire pour la farce seront épépinées par vos soins, avant la cuisson.     

 

Vous placez le tout à la poêle avec un fond d’huile d’olive (6), avec de l’ail coupé (7) en tout petits morceaux. Vous ajoutez du thym (8) et froissez quelles feuilles de laurier (9).  Et vous laissez mijoter tranquillement à feu doux, pour obtenir un joli fondu, mais pas de la purée quand même. On voit bien la différence à l’œil.

 

-        A quel moment mettre le persil, avant la cuisson ou après ?

 

-        Les deux écoles existent. Isabelle préfère à la fin, parce que du persil mijoté, c’est quand même un peu bizarre !  

La viande

Tomates, variétés diverses, petites jaunes et rougesC’est là que se trouve la révélation du mystère des VRAIES tomates farcies de Montpellier. Vous n’allez pas prendre de la chair à saucisses faites avec de la viande de porc, non pas du tout. Mais de l’agneau (10), du bœuf déjà haché (11) ou un mélange des deux.

 

-        Moi, j’aime bien qu’on me dise exactement ce qu’il faut faire dans une recette.

 

-        Bon d’accord, mais aujourd’hui, c’est un autre jeu que vous propose Isabelle. Elle vote pour l’agneau que vous coupez menu-menu ou que vous passez au mixer. Mais là aussi, le couteau semble préférable. Vous placez à feu doux avec un peu d’huile d’olive dans une poêle. Là encore, il s’agit d’y aller en douceur. L’objectif est d’attendrir la viande, pas de la saisir comme une kamikaze.  

Le mijotage viande + ratatouille

Il se fait le lendemain dés que vous avez fait légèrement cuire la viande d’agneau (ou de bœuf). Vous ajoutez la ratatouille de la veille et vérifiez l’assaisonnement en thym-laurier-ail et persil, avec un peu de chapelure (12) qui va éponger le jus et un peu de parmesan (13) pour lier le tout.

 

-        Et le sel et le poivre ? Vous n’en parlez pas, c’est bizarre.

 

-        Je vous reconnais bien là, œil de lynx. Elle n’en parle pas parce que parce qu’il y a déjà du sel dans le parmesan. Si vous n’envisagez même pas de vous passez de sel, mettez en mais peu, tellement il y a déjà tellement de saveurs. Par contre, une pointe de poivre peut être appréciée (14). A vous de décider. 

 

Le remplissage des grosses tomates (1)

Pendant que le feu mijote doucement, vous évidez les grosses tomates que vous avez réservées et vous les placez, renversées, sur du papier ménager  pour les laisser rendre le trop plein de jus pendant que le mélange mijote. Il s’agit seulement de finir de cuire la viande avec les légumes.

 

Ensuite dans le fond de ces tomates, vous mettez de la biscotte ou de chapelure écrasée au fond et vous remplissez la tomate avec le mélange agneau-légumes méditerranéens. Le tout est placé au four, après avoir pris soin de remettre le chapeau de la tomate avec cette fois-ci, non pas du parmesan, mais du gruyère rapé (16), car il a plus de tenu à la cuisson que le parmesan. Grâce au gratin, les grosses tomates ne s’affaissent pas.

 

-        Combien de temps de cuisson ?

 

-        Ca dépend de la taille des grosses tomates. Comptez une vingtaine de minutes, vous n’oubliez pas que la farce est déjà cuite et qu’il s’agit seulement de cuire la paroi des grosses tomates et de gratiner les couvercles. Le plat se sert chaud et comme dit Isabelle Bigé, qui est l’auteur de cette recette, «   c’est un plat plus tu le cuis, mieux c’est ».    

 

-        Vous n’avez pas donné les proportions précises ? Isabelle Bigé sur les rives de la Maine, Angers

 

-        C’est volontaire, cher-chère lecteur-lectrice. De cette façon, vous utiliserez ce que vous aurez sous la main, avec plus de courgettes et moins de tomates, peu ou pas de poivrons. La recette date d’une époque où on faisait avec ce qu’on avait sous la main. A vous de choisir ; vous aurez ainsi le plaisir de créer votre propre recette de tomates farcies ! Un vrai délice pour la créatrice née que vous êtes. Vive la liberté en cuisine!

     

Pour suivre le chemin

. Plus d’infos sur la tomate sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Tomate

. Voir le précédent billet sur Isabelle Bigé sur ce blog:

Isabelle Bigé ou l'art de nouer des liens  

. Photos EP avec des tomates du jardin potager où Isabelle et son père font pousser leurs différentes variétés de tomates. 2010 peut être qualifiée d’une année à tomates. Tous deux en ont récolté environ 60 kgs. Inutile de vous dire qu’ils ont dégusté et préparé des tomates pour l’hiver de toutes les façons possibles. Leur prochain essai d’une nouvelle recette de tomates : une préparation sucrée-salée canadienne. Yeah !   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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