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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le verre des Elèves Sommeliers à l’International, Côtes du Rhône, 2002

1 Décembre 2016, 19:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, Meilleur élève sommelier 2002, le verre-force-6, Cl. Elisabeth Poulain Affiche Côte du Rhône Challenge, Meilleur élève sommelier 2002, le verre-force-6, Cl. Elisabeth Poulain Affiche Côte du Rhône Challenge, Meilleur élève sommelier 2002, le verre-force-6, Cl. Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, Meilleur élève sommelier 2002, le verre-force-6, Cl. Elisabeth Poulain

Le vrai titre beaucoup plus explicite de cette grande affiche est forcément plus long. Il s’agit du « Côte du Rhône  Challenge du Meilleur Elève Sommelier International de 2002 », qui figure sur une  grande affiche de 99cm sur 68, qu’il est impossible de ne pas voir tant son rouge est éclatant. Les inscriptions  et dessin ressortent en un blanc fort, suffisamment pour dominer le rouge du fond, qui occupe beaucoup de place. Cette opération à finalité pédagogique pour faire connaître le concours est aussi une opération publicitaire, sponsorisée par Cristal d’Arques, Arcoroc Serving Solutions et UDSF, l’Union de la Sommellerie Française.

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-force-6 des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-force-6 des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Le verre du challenge. C’est lui  ou plutôt le dessin composite et intéressant qui attire l’attention sur le concours qui désigne le meilleur élève sommelier de l’année, un titre prestigieux pour des jeunes gens, filles et garçons, qui travaillent dur pour se distinguer de leurs collègues de formation et copains. Si le verre est ainsi mis à l’honneur, c’est bien parce qu’il est le réceptacle qui va permettre au dégustateur d’apprécier le précieux nectar avec respect et maîtrise, dans une approche et une analyse sensorielle intime et délicate. Ce n’est pas la bouteille, la star ; elle, elle est le contenant qui met le vin en valeur, de façon et à préserver ses qualités gustatives  et à attirer l’intérêt du dégustateur, qui alors saisit le verre….pour déguster. Dans l’apprentissage de la  culture de la dégustation, on ne saurait imaginer de goûter un vin directement au goulot, sans passer par le précieux réceptacle qui est le verre et un verre adapté au vin.

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-force-6 des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-force-6 des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Sa composition résulte un empilage en six strates + que notre regard analyse très vite en commençant par le haut juste sous la dénomination « Côtes du Rhône », centrée en position légèrement penchée sur le « du » qui lie Côtes et Rhône. C’est la partie ventrue haute du verre (1), tracée en  blanc qui contient un fond qui ne touche ses parois, dont on devine qu’il s’agit du précieux nectar (2) qui dans la réalité est de couleur rouge. En dessous, l’arrondi repose sur un œil (3), qui lui-même tient en équilibre sur un nez vu de profil (4), avec en guise de lien entre le nez et la bouche un simple trait (5) qui ressort pour accentuer l’équilibre délicat, alors que dans la réalité il s’inscrit en creux en un sillon. Et en 6ème position, mais avec deux lignes, voici la bouche et ses deux lèvres. La lèvre du dessus – 6.1- est joliment ourlée, comme si elle souriait et celle du dessous 6.2, non liée à la celle du dessus assure à elle seule la stabilité de funambule de l’ensemble. Il s’agit bien d’un verre dont la courbure ressemble un peu au célèbre verre en deux parties qui a représenté pendant plusieurs décades les Côtes du Rhône.      

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-emblème des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Affiche Côte du Rhône Challenge, le verre-emblème des Côtes du Rhône, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le syndicat des Côtes du Rhône sur http://www.syndicat-cotesdurhone.com/, dont le logo était un demi-verre de vin à dégustation rempli d’un superbe contenu rouge pour figurer le vin…Le logo a maintenant changé.

. Cristal d’Arques, qui a cessé sa production en 2009, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cristal_d'Arques

. L’UDSF est à retrouver sur  http://www.sommelier-france.org/ avec des informations intéressantes, en particulier sur L'Association des sommeliers Alpes-Marseille-Provence (ASAMP)

. Quant Arcoroc, on peut voir son catalogue sur  http://www.arcoroc.fr/pdf/arcoroc-catalogue-2017.pdf

. Le verre, avec peu ou pas d’informations sur les différents verres à vin…sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Verre_(r%C3%A9cipient)

. La bouteille rhodanienne à voir dans  http://www.lesateliersdebacchus.com/les-differents-styles-de-bouteilles-de-vins/ dans un article intéressant de Pauline Robin  datant de 2014, avec photo et dessin.

. Photos Elisabeth Poulain

 

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Trois belles bouteilles de verre granité, avec l’arbre en commun

14 Novembre 2016, 17:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, CaliforniaVodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California

Vodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California

Le titre. Il est comme toujours à la fois simple et à la fois, non pas compliqué, mais abscons. Un mot peu utilisé pour vous dire qu’il ne s’agit pas de bouteilles de vin même si deux d’entre elles le sont. Effectivement celles-ci contiennent pour deux d’entre elles du vin rosé - presque naturellement – et la troisième de la vodka.

En commun, elles n’ont que leur fonctionnalité, contenir une boisson alcoolisée – et leur verre granité, qui est peu utilisé en matière de vin, à une exception près qui est justement le vin rosé. C’est un  vin qui peut se boire frais, entre 6 et 10°, alors même le vin blanc se déguste selon les appellations entre 8 et 12°. Vin d’été par excellence, le rosé appelle la couleur, la fraîcheur et le granité assure en partie cette fonction.

Par ailleurs aucune de ces trois bouteilles ne ressemble à une  autre, de par leurs dimensions et leur style.

Vodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California, détails devant derrière, Cl. Elisabeth PoulainVodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California, détails devant derrière, Cl. Elisabeth Poulain

Vodka Belvedere de Luxe, Belvedere Beverage co, California, détails devant derrière, Cl. Elisabeth Poulain

. A tout seigneur tout honneur, c’est par la bouteille la plus ancienne que je vais commencer. Il s’agit de la vodka -40% d’alcool - qui est tout à fait singulière. La preuve en est que je détiens ce flacon de vodka polonaise Belvédère de 750ml, depuis la fin des années d’avant le passage à l’an 2000. La bouteille est haute et fine. Ses dimensions sont étonnantes ; elle mesure plus de 35 cm de haut, son haut col de 10 cm y compris. Sa largeur est de 23 cm.  Sa présentation extérieure est particulièrement soignée. Sa face principale, celle qui porte son nom, « Belvedere » que nous prononçons en français avec ses accents aigu d’abord et grave ensuite Belvédère, est le nom du Palais présidentiel polonais, Belvedere, venant du latin signifiant « beau à voir »,   depuis son édification en l’an 1660.

Toute la bouteille est en verre granité à l’exception d’une « fenêtre » en verre translucide qui s’ouvre entre les ramures blanches d’un arbre l’hiver pour laisser apparaître en arrière, avec un effet de loupe, le fameux palais tracé en lignes noires sur fond granité avec d’autres branches blanches pour adoucir l’ensemble.

Cabernet Elodie, Cl. Elisabeth Poulain Cabernet Elodie, Cl. Elisabeth Poulain Cabernet Elodie, Cl. Elisabeth Poulain

Cabernet Elodie, Cl. Elisabeth Poulain

. La seconde bouteille est un Cabernet, Vin de Pays du Var, « ELODIE », contenant 75cl et 12% d’alcool dont la mise en bouteille est faite par la SARL Dieudonné Elodie, Négociant Vinificateur.  Sa hauteur est de 32,5 cm de hauteur pour un tour de 23,5 cm en bas, à la hauteur  de  « Cabernet » ainsi qu’à celle du palmier. Oui c’est bien un palmier qui caractérise ce Cabernet de Cantarelle. Cette bouteille aux formes droites ne figure plus dans la gamme, tout comme le palmier qui a disparu. Le flacon possède  maintenant des formes arrondies que vous pouvez retrouver sur le site  d’Elodie Dieudonné, la jeune femme négociant-vinificateur. L’intéressant pour ce Cabernet qui devait être pâle est l’absence de couleur marquante. Le granité s’allie bien avec le grisé léger du palmier ainsi qu’avec le nom d’Elodie. Seules les lettres de Cabernet ressortent en blanc pour ce rosé léger à la très belle couleur. L’étonnant reste quand même ce petit palmier de 4,4 cm de haut  sur une bouteille de 32,5 cm environ!

Rosé de la Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une nuit, Combaillaux, Domaine des deux Soleils, Cl. Elisabeth PoulainRosé de la Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une nuit, Combaillaux, Domaine des deux Soleils, Cl. Elisabeth Poulain

Rosé de la Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une nuit, Combaillaux, Domaine des deux Soleils, Cl. Elisabeth Poulain

. La troisième bouteille  de 30,2 environ semble être une bordelaise classique, à l’exception du granité du verre et de la collerette rouge. C’est la couleur choisie pourtant pour ce Rosé de la Jasse, représenté par un bel arbre de couleur rouge, qui porte en surnom « fruit d’une nuit ». C’était un vin de pays d’Oc que j’avais acheté à Saumur lors d’une intéressante foire aux vins en 2003. Actuellement, l’arbre est toujours l’icône représentative du domaine, en lui gardant toutefois maintenant sa belle couleur verte. 

 

L'arbre sur les bouteilles de Belvedère et de vin rosé, Cl. Elisabeth PoulainL'arbre sur les bouteilles de Belvedère et de vin rosé, Cl. Elisabeth PoulainL'arbre sur les bouteilles de Belvedère et de vin rosé, Cl. Elisabeth Poulain

L'arbre sur les bouteilles de Belvedère et de vin rosé, Cl. Elisabeth Poulain

Alors que dire du lien entre l’arbre et la bouteille ?

. Les branches de la vodka Belvedere sont intéressantes parce qu’elles attirent et troublent le regard en première rencontre, en obligeant l’œil à voir ce  qu’il y a derrière et par là-même à sentir l’effet-loupe créé par  la vodka transparente dedans.

. La  blancheur et plus simplement l’absence de couleur notable sont la marque « Elodie, Cabernet, Vin de Pays du Var. Une remarque doit cependant être faite : pour apprécier plus pleinement le résultat, il faudrait pouvoir produire un cliché avec le vin dedans. Comment la couleur rosé fait-elle alliance avec tant de blanc givré ?

. Il reste à citer le rouge tonique choisi pour le Rosé de Jasse qui me semble intéressant, tout en appréciant également le choix actuel de montée en gamme avec le choix de la vraie couleur de cet arbre icône du domaine.  Il est aussi, il convient de le rappeler, un symbole fort du trio célèbre que constituent la vigne, l’olivier et la vigne.        

Pour suivre le chemin

.Retrouver la bouteille inchangée de la vodka Belvédère par exemple sur http://www.granitbleu.com/catalog/belvedere et sur https://www.uvinum.fr/spiritueux:k:vodka:m:belvedere-scandinavia

. Voir quelques éléments de l’histoire mouvementée de la société Belvédère, créé en 1997,  rachetée ensuite par la Société Marie Brizard en 2003 et qui ne figure plus actuellement dans les marques de MBWS  sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Brizard_Wine_%26_Spirits

. Découvrir le scénario digne d’un western qui montre la chute d’une star de la vodka sur un article du Figaro en date du 03.02.2013 d’Isabelle Chapron  http://www.lefigaro.fr/societes/2013/02/03/20005-20130203ARTFIG00170-le-roi-de-la-vodka-belvedere-veut-sauver-sa-couronne.php

. Le palais néoclassique Belvédère 1660  près de Varsovie, au sud sur   https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_du_Belv%C3%A9d%C3%A8re_(Varsovie)

. Elodie, Cabernet, Vin de Pays du Var, Domaine de  Cantarelle, Route de Varages, 83119 Brue Auriac, 04 94 80 96 01,  dom.cantarelle@orange.fr, présente sur Facebook également  https://www.facebook.com/Domaine-de-Cantarelle-134874396721672/  

. Fruit d’une nuit, Rosé de la Jasse, 2002, http://www.delajasse.com/lesvins/coeur-cuvee-rose-jasse/  voir aussi http://www.delajasse.com/category/presse/  

. Photos Elisabeth Poulain

Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une Nuit, Vin de pays d'Oc, Photo Elisabeth Poulain

Rosé de la Jasse, 2002, Fruit d'une Nuit, Vin de pays d'Oc, Photo Elisabeth Poulain

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La Porta Nigra, Trèves, Allemagne, une porte & beaucoup plus...

10 Novembre 2016, 18:25pm

Publié par Elisabeth Poulain

Trier-Trêves-La Porta Nigra, côté ville, détail, étages-supérieurs,Cl.FrancePoulain-NicolasWasylyszyn-2016, Allemagne

Trier-Trêves-La Porta Nigra, côté ville, détail, étages-supérieurs,Cl.FrancePoulain-NicolasWasylyszyn-2016, Allemagne

La ville de Trèves située au nord-est du Luxembourg, en Allemagne, au centre de la Région Mosellane, est tout à fait exceptionnelle, en particulier par le nombre de bâtiments appartenant au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils sont au nombre de neuf, avec toujours citée en Ier, la Porta Nigra, cette Porte noire, qui garde toujours son nom latin, depuis son édification de l’an 186 jusqu’à 200 après JC. 

Trêves-Porta-nigra-côté-ville, arches du milieu-côté campagne, Cl.1+2FrancePoulain-NicolasWasylyszyn_3 Berthold-Werner-wikipedia  Trêves-Porta-nigra-côté-ville, arches du milieu-côté campagne, Cl.1+2FrancePoulain-NicolasWasylyszyn_3 Berthold-Werner-wikipedia  Trêves-Porta-nigra-côté-ville, arches du milieu-côté campagne, Cl.1+2FrancePoulain-NicolasWasylyszyn_3 Berthold-Werner-wikipedia

Trêves-Porta-nigra-côté-ville, arches du milieu-côté campagne, Cl.1+2FrancePoulain-NicolasWasylyszyn_3 Berthold-Werner-wikipedia

Un drôle de titre. A voir ce monument, il parait réellement difficile de le qualifier de « porte ». Il est vrai qu’il  a été aussi  un sanctuaire, une  église…comme un jeu de Lego capable de se transformer en changeant de nature,, ce à quoi il ressemble plus en effet. C’est un empilement de murs sur des murs, qui garde une partie évidée en son centre et dont les pourtours sont maintenant dotés d’un toit.

C’est Napoléon Bonaparte qui fit détruire ces adjonctions religieuses, sans nuire à sa notoriété de l’époque. Voilà donc une curieuse porte redevenue porte, qui ressemble pourtant à un édifice sui generis, quelques mots de latin qui reviennent à point nommé.  Tout ça pour vous dire  que c’est un monument étonnant de complexité, de force, d’angles d’analyse…et qui n’a pas son pareil au monde. On comprend vraiment qu’il soit classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyzyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyzyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyzyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails de façade-arches-colonnes-mur, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyzyn-2016

Ce monument a déjà eu plusieurs vies, en un endroit situé sur une enceinte de 6 kms de long lieu qui a toujours eu un pouvoir d’attraction réel. On le voit très nettement sur la carte placée au bas de ce billet. Il figure en blanc à droite du quadrilatère qui représente la ville sur la carte à droite. Il y avait là auparavant, un sanctuaire édifié par les Trévires Celtes. Le lieu fut choisi ensuite par les Romains, qui s’empressèrent de romaniser le lieu en l’appelant Augusta Trevororum, puis Treviris, devenu ensuite Trier en allemand, Trèves en français. C’était il y a quelques 2000 ans, en l’an 17 avant JC. Mais à vouloir trop simplifier, on risquerait d’affadir l’histoire. Retenons que Treviris est devenu la capitale de l’Empire romain d’Occident et le lieu de résidence – forcément - de l’empereur en l’an 293. De nos jours, Treviris est le nom choisi pour une aire d’accueil des camping-cars! Passons….

Trier-Trêves-Porta-nigra-couloir dehors-dedans-ouvertures doubles , Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-couloir dehors-dedans-ouvertures doubles , Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-couloir dehors-dedans-ouvertures doubles , Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-couloir dehors-dedans-ouvertures doubles , Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

L’histoire  très chahutée de Trèves, cette grande ville, se poursuivit ensuite lors de l’éclatement de l’empire carolingien, au IXe siècle après avoir été rattaché aux Francs pendant trois siècles. Du XIIe au XIXe siècle, la ville fut dirigée par les archevêques de Trier devenus également  princes électeurs. Prussienne en 1815, elle devient enfin partie intégrante de la République fédérale allemande, en 1949. 

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NiclolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NiclolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NiclolasWasylyszyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NiclolasWasylyszyn-2016

Et la Porta Nigra, dans ce raccourci étonnant, comment a-t-elle pu conserver cet aura si particulier? Les raisons en sont multiples. Citons sans forcément respecter l’ordre historique,

. l’impact visuel extrêmement puissant qui se dégage de ce véritable monument qui a été vraiment la porte d’entrée Nord proche de la Moselle. Un des étonnements est que cette porte  a gardé son nom latin, que tous peuvent comprendre, grâce à la couleur noire de ses pierres de grès pourtant plutôt blanche au départ. Dire pourtant que cette porte est restée une porte, peut-être pas. Elle a été renforcée dans ses dimensions et ses attributions  par l’adjonction d’une église doublée elle-même par un sanctuaire. Le tout est constitué par un rez-de-chaussée, sur lequel s’est greffé un Ier étage qui a déjà une forme d’église, puis un étage n°2 qui a commencé à alourdir volontairement l’ensemble. Le 3e étage ne vise réellement que la partie Ouest par laquelle vous êtes entrés. Reste à citer l’ensemble des toits qui couvrent en la protégeant cette imbrication si complexe.

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-extérieures, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-extérieures, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-extérieures, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-extérieures, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Une raison technique permet aussi d’expliquer la longévité de ce monument  à fonctionnalités multiples, d’abord porte de sortie et d’entrée intégrées dans l’enceinte entourant la ville, ensuite église et sanctuaire. Les pierres étaient accrochées ensemble par des pitons de fer  qui s’enfonçaient dans les trous qui leur correspondaient horizontalement et cela depuis des siècles. Une novation extraordinaire, pour ne pas avoir de mortier à faire pour des pierres dont certaines pouvaient peser jusqu’à  6 tonnes…Actuellement, la fascination perdure, en raison et de la force propre du bâti, de sa capacité à perdurer dans le temps, en s’adaptant ou pas à chaque fois. Il y a autant me semble-t-il de points d’intérêts qu’il peut y avoir de facettes.

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016
Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016

Trier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-colonnes-murs intérieurs, avec arbre & gens, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn2016

Mon choix des photos s’est porté sur les murs eux-mêmes et la façon dont ils ont été consolidés, rafraichis, réparés, rebouchés, au fil des siècles avec les moyens que l’on avait avec soi, quitte à mettre de la brique pourtant jamais citée. C’est la puissance sensuelle de la pierre que j’ai essayé de montrer en faisant ressortir  l’impression ressentie, avec de grands remerciements aux deux photographes…    

rier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-vus d'en haut-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016rier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-vus d'en haut-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

rier-Trêves-Porta-nigra-détails d'arches-vus d'en haut-murs intérieurs, Cl. FrancePoulain+NicolasWasylyszyn-2016

Pour suivre le chemin qui mène à Trèves

Photos France Poulain et Nicolas Wazylyszyn, 11.2016, avec tous mes remerciements   

. Trèves sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A8ves_(Allemagne) et en version courte la fiche http://www.trier-info.de/francais/courtes-informations-sur-treves 

. Lire la revue du Patrimoine mondial sur http://whc.unesco.org/fr/revue/76/ et voir la fiche dédiée à la Porta Nigra  http://whc.unesco.org/fr/list/367

. En allant à Trêves, vous pourrez vous procurer une excellente documentation du RheinlandPfalz, « Carte d’Orientation, Porta Nigra » qui repliée  mesure 8,5 cm sur 5,5 cm et dépliée, avec vraiment l’essentiel 33 cm de largeur sur  34 cm de hauteur.

. Un ouvrage à mettre dans la poche « Trèves, Histoire et Curiosités, Plan de la ville inclus »  

. Sur le mode de fixation des pierres entre elles, http://www.trier-info.de/francais/porta-nigra-info

.   Voir aussi les deux photos de Berthold Werner sur wikipedia, de la Porta Nigra, côté ville et côté campagne, symbole de Trèves, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, https://fr.wikipedia.org/wiki/Porta_Nigra#/media/File:Trier_Porta_Nigra_BW_3.JPGa ainsi qu’un dessin tiré des archives   www.saararcheologie.de/galerie/porta-nigra.htm.jpg

. De belles photos également sur  http://wikimapia.org/8554/fr/Porta-Nigra en particulier de l’intérieur faite par mibet, 2011, ainsi qu’un dessin tiré des archives  de www.saararcheologie.de/galerie/porta-nigra.htm.jpg

 

Trier-Carte de De Fer-1692-Palauenc05-wikimedia

Trier-Carte de De Fer-1692-Palauenc05-wikimedia

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Moi, Le GRAND chef Indien IPO aux 1000 couleurs, Un pastel à l’huile

1 Novembre 2016, 11:18am

Publié par Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth PoulainGrand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth PoulainGrand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’est toujours difficile de parler de soi, pour les autres, je veux dire. Quand on est un GRAND chef indien comme moi, il n’en va pas de même, puisque je passe mon temps en palabres de toutes sortes, des plus grandes, celles qui engagent tous les membres de la tribu à celles qui ne méritent même pas à ce qu’on en en parle, mais on le fait quand même, pour ramener le calme dans la tribu. Dans la mienne, dont je tais volontairement le nom, il faut savoir que « tout peut être parole », si un seul membre mâle le demande d’une façon formelle ou à mots couverts, pour se protéger lui ou d’autres.

Pour les femmes, c’est plus délicat puisqu’elles parlent tout le temps, ce qui n’est pas tout à fait vrai. Mais comme c'est ce que disent mes compagnons du plus petit au plus grand, du plus âgé au plus jeune, j’adopte le jugement commun. Je sais bien que les femmes, certaines femmes, et certainement la mienne, ont une intelligence à elles qui vaut bien la nôtre. Mais sage comme je suis, je n’en dis rien, sous peine de ne pas être à nouveau désigné à l’unanimité des hommes, pour rester leur chef et battre ainsi la durée de longévité du dernier grand chef, qui à mon avis ne mérite pas de majuscules, même s’il n’était pas si médiocre que ça, puisqu’il était grand chef.

Voilà pour moi. Arrive l’AUTRE, l'inconnu, l'étranger qui  ne mérite pas le nom de chef, en aucune façon, même si, je dois le reconnaître, il a été étonnant. Le seul mot qui convient est qu’il a été plus que  bizarre, inclassable. Un homme comme lui, je n'en jamais rencontré. Il a été plus qu'un homme. Tous se souviennent de lui, les enfants y compris. Il faut que je vous explique en essayant de commencer par le commencement.  Cela ne va pas être facile, car « tout est dans tout et réciproquement ». Je vais plutôt raconter l’histoire au plus près de ce que je sais, moi.

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’est un homme jeune, au nom d’homme, mais pas un nom comme chez nous, un nom qui a trois composantes, qui n’offre pas de sens pour nous qui sommes de culture indienne. Il s’appelle « Jean-Philippe Durand » et quand on lui a demandé de quelle tribu, il venait, il n’a rien compris et nous a dit « de France ». Une tribu inconnue, d’où venait-elle ? Quels étaient leurs ancêtres ? On a posé toutes les questions, qui chez nous, permettent de savoir qui sont nos voisins indiens, même lointains. Rien, rien, on  a rien trouvé. On avait pourtant même demandé à l’ancêtre le plus vieux de tous les Vieux, qui a parfois des brides de mémoire qui lui reviennent. Ca nous surprend toujours car il paraît singulièrement gaga, mais pas toujours, à se demander s’il ne joue pas de son grand âge, pour se moquer de nous, un peu. Avec ce Jean-Philippe Durand, il était aussi perdu que nous, d’autant plus qu’il était seul, sans personne pour traduire ce qu’on lui disait et comprendre ce qu’il nous disait. 

Donc va pour Jean-Philippe Durand. Ce qu’on a encore moins compris, c’est qu’il est arrivé quasiment sans vraiment de  vêtements, comme les autres Blancs, qui trainent des kilos dans ces boîtes bizarres qu’ils appellent leurs valises. Par contre, JPD avait bien des tas de petites boîtes remplies de crayons de couleurs, de papiers, de pinceaux, en somme des objets magiques qu’il ne voulait pas qu’on touche. On ne  se connaissait  pas et lui n’a rien touché non plus. Une bonne base de respect mutuel pour voir ce qui allait se passer. Pour expliquer et sa venue, sans avoir été invité et pour cause, on ne savait rien de lui  et ce qu’il transportait avec lui, il nous a dit qu’il était un artiste-peintre. Dire est une drôle de façon de parler, puisqu’on n’arrivait pas à se comprendre. Alors il a fait ce qu’on fait chez nous, comme nous et ça, ça nous a plus étonné que tout le reste jusque là…Il a commencé à dessiner sur le sable…

 « Depuis mon enfance, je me suis promis qu’un jour, je viendrai vous voir pour faire des portraits de vous ». Voilà ce qu’il nous a dit, idée après idée, sans mot qu’on puisse comprendre, sans aucune explication, voilà tout. Et comme on ne comprenait rien, ni sa langue, ni ses gestes, nous on a renoncé, mais pas lui. Et pourtant il ne nous comprenait pas plus que nous. Mais ses dessins, oui nous les avons vus, vraiment et bien compris. Il a commencé, non pas par nous, ce qui aurait été une erreur, mais par ce qui l’entourait. Et devinez par quoi, il nous a fait comprendre  qui il était, ce qu’il faisait et pourquoi il était là.

Il a commencé par le feu sur lequel cuisait un appétissant morceau d’un bison que je venais juste de tirer  à la chasse, moi le Grand Chef. J’étais fier, qu’il ne se soit pas trompé, les autres hommes, tous chasseurs comme moi aussi ; les femmes aussi étaient ravies, car il nous a montré par une mimique combien l’odeur était appétissante et les enfants ont éclaté de rire, car ils avaient aussi faim que lui, qui se frottait le ventre, pour montrer qu’il avait une grande envie de manger, tout comme les petits qui font exactement comme lui.   

Grand Chef Indien IPO, détail oeil, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, détail oeil, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Puis sans rien dire, sans regard vers nous, il est rentré dans son monde intérieur. Il a alors tracé un grand rectangle sur le sable avec un bâton dont je connais maintenant le nom, c’est un pinceau, avec des poils à un bout. Pourtant c’est l’autre côté qu’il a pris pour faire ses traits. Il nous regardé, s’est tourné pour voir le camp avec les tentes et a commencé à dessiner ce qu’il voyait, quelques tentes, le feu qui mijotait, un homme qui rapportait du bois, un autre qui revenait de la chasse…Ca, c’était pour se mettre dans l’ambiance, pour se faire la main, comme un chasseur qui ajuste son tir. Tout le monde voulait voir, on était sidéré, parce que c’était bien nous qu’il dessinait vraiment, nous, sans réellement nous voir, avec son regard qui nous transperçait…Il était au-delà dans son monde à lui, comme nous qui parlons sans mot avec le bison, que nous apprêtons à tirer. Parfois, il effaçait doucement avec un vieux chiffon - auquel il tenait, ça se voyait, ce n’était pas n’importe quel chiffon - et il recommençait, jusqu’au moment où il a décidé que le dessin était fini …Et le dernier tracé était le bon, nous l’avons tous vu, comme lui, qui l’avait su avant nous.

Le silence s’est fait dans le camp, tout le monde s’était approché. Il a choisi son thème, les tentes, le feu, le rôti de bison qui sentait si bon, c’était juste pour trouver la note juste, comme un chasseur, qui ajuste sa flèche sans l’envoyer. Ensuite c’est moi qu’il a choisi de dessiner, moi et moi seul, après avoir tout effacer de son grand rectangle, pour n’en garder qu’un petit avec un fond de sable plus fin qu’ à d’autres endroits. Une des femmes, une jeune, la plus belle et la plus fine de toute notre tribu, lui a alors apporté un balai, un balai si fin qu’il ne laisse pas de trace par terre, quand on sait le manier. Lui a su avec finesse pour en faire une surface magique, sur laquelle il a posé du  bois fin débité en planche fine et par-dessus un papier, comme on en n’avait jamais vu.  

Et il a commencé à dessiner, à gratter, à repasser sur les traits, sur certains…On  voyait, sans vraiment comprendre. On avait l’impression que sa main courrait, volait, qu’il tenait plusieurs  de ses petits bâtons et à un moment…On a tous compris ce qu’il faisait. Il était en train de peindre mon visage déjà peint, avec mes yeux noirs, cerclés de jaune, mon nez rouge tout comme ma bouche, du blanc pour lier le tout, avec du bleu fort en dessous et plus doux au-dessus. Mes oreilles qui débordent et mon grand collier de GRAND CHEF de toutes les couleurs. Il a même réussi à faire la différence entre mon œil qui voit –celui avec de cils- et l’autre qui voit uniquement quand cela lui plait. Un capricieux, celui-là.

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’était bizarre, c’était à la fois moi et pas moi, puisque c’était lui qui me faisait moi. Etrange, comment un étranger, pouvait-il réussir à faire cela ? Sans aucune animosité, sans me voler mon âme, sans que les autres crient « au voleur », tous admiratifs, sans même que les femmes se mettent à caqueter. Même les petits enfants étaient silencieux tant ils étaient admiratifs. C’était la stupeur et tout à coup, nous avons tous éclaté de joie, de plaisir, de bonheur, dans un enthousiasme que nous n’avions jamais connu, quand son attitude entière nous a fait comprendre qu’il avait fini ce portrait. Il s’est simplement reculé, s’est tourné vers moi, a souri, avec un très léger clignement d’œil du même œil  que le mien qui voit  et s’est légèrement incliné vers la tribu en arrière, en respectant notre hiérarchie, le chef d’abord, les anciens, les hommes plus jeunes, les jeunes hommes, les femmes, avec le même ordre, que pour les hommes, les enfants, tous les enfants, quelque soient leur âge et leur genre, ce qui les a fait éclater de rire, un rire de bonheur, si profond que jamais je ne l’oublierai…

Et lui, il a souri, tout doucement, tout simplement. Il nous a bien montré que ce n’était pas fini, la partie haute en particulier, mais il ne tenait pas trop y toucher. Pour trancher cette délicate question, il nous a fait comprendre qu’il fallait laisser un petit enfant, fille ou garçon  décider. Il s’est alors tourné vers les enfants qui s’étaient tenus incroyablement sages, assis au premier rang derrière lui, il les a bien regardé  et est allé chercher la plus jeune des petites, sans lui parler, mais en la tenant par la main. Et il lui demandé dans sa langue à lui, s’il devait ajouter quelque chose  en haut. Le regard de l’enfant a alors dit « non, c’est bien comme ça, il ne faut plus rien faire d’autre ».

Alors il a ri, il a dit dans sa langue « je suis d’accord avec toi ». Il l’a prise dans ses bras et l’a fait tourner dans les airs comme un oiseau…Un instant magique, tout le monde a ri et il m’a remis mon portrait, sous les applaudissements de tous et de toutes. Et lui m’a salué ainsi que la petite fille et tous les enfants, qui avaient été si sages, pour  ne pas le déranger… Nous, on croyait que c’était fini, pas lui. Il a alors décidé de faire un dessin fait sur le sable avec des pierres qu’il choisissait avec soin. Il a alors recréé le premier portrait, avec des pierres de couleur différentes. Les enfants l’ont aidé. Ils avaient tout de suite su ce qu’ils devaient faire.

Puis dans un coin, pendant qu’eux terminaient ce gros travail, avec l’aide des mères, il s’est retiré en lui-même, cette fois-ci, près d’une tente, à l’abri du vent, il a sorti un carton sur lequel il a posé ce précieux papier fort, ses petites baguettes de couleurs et a recommencé le dessin de mémoire, celui que vous voyez devant vous. Cette fois-ci  aussi, on a tous su que celui-là serait le sien, l’autre le premier était pour la tribu représenté par moi, le grand chef IPO.  Le sien sur papier, il l’emporterait avec lui, pour nous avoir toujours avec lui, en signe de profonde amitié partagée. Son dessin fini, il allait partir. Ce qu’il a fait, le portrait à terre en pierre est resté intact. Tout le monde l’a respecté et une légende est née… On dit depuis que même le vent ne le recouvre pas de sable. L’endroit maintenant est devenu magique.  Et quand au premier dessin, il est le trésor de notre tribu.     

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Et c’est ainsi que nous avons découvert ce que pouvaient faire certains hommes blancs, ceux qui ont l’œil qui voient plus loin que le bison, qui ont la sensibilité de la libellule, la magie du don de l’oiseau rieur,  la douceur de l’enfance…et le respect de l’autre, dans la création ensemble de quelque chose de nouveau....

Pour aller plus loin

. Ce pastel est une création d’un grand peintre, du nom Jean-Philippe Durand, qui s’exprimait en couleurs, de Rablay -sur-Layon, Vallée de la Loire, France.

. Photos Elisabeth Poulain   

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Le cycle des fleurs > La porte de la maison > La grille fleurie

27 Octobre 2016, 17:09pm

Publié par Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Il y en a tant et tant de fleurs dans nos vies qu’on peut réellement se poser la question du pourquoi. Pourquoi tant de fleurs? Sans compter celles qui fleurissent naturellement dans la nature, celles qui poussent avec les soins d’un jardinier dans un jardin ou un parc, ou celles que vous achetez au marché ou chez un fleuriste…Celles dont je vais vous parler n’appartiennent à aucune de ces catégories. Elles ont en commun d’être, non pas étranges, mais sorties de leur contexte. Est-il par exemple vraiment utile de mettre des fleurs en métal pour constituer l’élément dominant d’une porte vitrée ? La réponse est franchement oui  et vous allez voir pourquoi.

Imaginez, devant vous se trouve la  porte d’entrée d’une maison qui date de 1931. Elle est vitrée dans sa partie haute. Plusieurs solutions s’offraient alors : choisir une porte pleine avec l’inconvénient de ne pas avoir de lumière naturelle le jour dans l’entrée. Une autre solution consistait à mettre un verre épais et formé de sortes de vagues décoratives de façon à empêcher le regard de ceux du dehors vers ceux du dedans, tout en gardant la précieuse lumière du jour.

Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Trois solutions s’offraient alors au propriétaire :

. Ne rien faire pour protéger ce verre épais spécial, ce qui était rare. Une autre solution, moins coûteuse en plus, consistait alors à choisir une imposte, de petite hauteur et  placée dans le mur au-dessus de la porte. Certaines pouvaient s’ouvrir grâce à une longue tirette. Cette solution existe toujours.

. Devant le verre en extérieur, une autre possibilité consistait à mettre des barreaux, toujours présentés verticalement, avec l’inconvénient de faire penser à des grilles d’une prison. La pose horizontale est, sauf exception, évitée, car elle aurait pu servir de début d’escalier pour faire de l’escalade, surtout s’il y avait en plus une imposte.

. Recourir à un joli motif en fer forgé posé devant la fenêtre en partie extérieure. Et devinez quoi ? Ce sont souvent les motifs incluant des fleurs qui étaient choisis. Et c’est le cas ici, dans cette villa urbaine de Normandie.

Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

La grille dite «  A la corbeille de fleurs ». Le dessin est extrêmement travaillé. Il  s’agit de mettre en valeur un bouquet de quatre fleurs seulement enrichies de feuilles arrondies de façon à densifier la création et à donner du sens. Une seule fleur supplémentaire, équilibrée par deux feuilles, figure en bas de la partie centrale de la grille. La corbeille y joue un grand rôle car c’est elle qui structure toute la composition. Toutes les lignes sont arrondies, aucune ne se termine de façon sèche. Les bords hauts du vase  s’enroulent sur eux-mêmes de façon à former eux-mêmes des sortes de fleurs. Le bas est marqué par les deux lignes qui se croisent pour être fixées au cadre structurant, tout comme les volutes du haut du vase qui permettent d’y fixer les points de soudure.

L’ovale réserve au bouquet est fixé par quatre points d’attache à la forme octogonale qui abrite déjà dans sa partie supérieure, une volute maîtresse en haut qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, encadrée par deux séries de deux volutes, l’une qui tourne aussi dans ce même sens et l’autre …vous l’avez deviné … dans l’autre.

La forme octogonale est elle-même fixée au cadre rectangulaire à chaque haut et bas ainsi que droite et gauche par trois attaches horizontales et verticales de  dimensions  réduites pour le haut et plus grandes pour les côtés verticaux, parce que la portance est plus grande.

Le cadre rectangulaire tient par quatre prolongements soudés  au rectangle extérieur lui-même fermement attaché à la porte suffisamment solide pour supporter l’ensemble, par quatre petites tiges en haut et en bas de la largeur et huit sur les  hauteurs.  Il me reste à vous parler de la façon dont est comblé l’espace entre la forme octogonale et le cadre extérieur. On dirait vraiment des écailles de poisson. On est alors loin des fleurs, mais toujours proche de la nature.

Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain

Des grilles de 1930 de ce type, il en existe forcément plusieurs modèles, dont un autre est d'ailleurs près de moi, posé contre le mur. Il est tellement lourd, qu’il n’est même pas question pour moi de le déplacer. Ce sera pour une autre fois, par quelqu'un d'autre que je remercie déjà d'avance…

Pour suivre le chemin

. Les  éléments de base sur l’architecture normande sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_de_la_Normandie

. Voir de beaux exemples de grilles, en consultant Google images, en particulier en provenance du site  http://picclick.fr/Art-antiquit%C3%A9s/Architecture-mat%C3%A9riaux/Jardin-ext%C3%A9rieur-ferronnerie/

. Photos Elisabeth Poulain, vues de la grille dehors-dedans, le jour, la nuit... 

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Jaber, peintre, Les quatre gars

25 Octobre 2016, 10:01am

Publié par Elisabeth Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber est un peintre dont on a du mal à qualifier le travail. Certains parlent d’art brut, que d’autres appellent aussi l’art singulier. Deux dénominations qui montrent que ses peintures sont en vérité inclassables par rapport aux œuvres d’autres artistes que le marché de l’art tend toujours à ranger dans une case. Vouloir catégoriser ce que fait Jaber serait franchement une erreur. C’est bien pourquoi  il ne me viendrait même pas à l’idée de tenter de la faire. Jaber peint à la façon singulière de  Jaber.

De Jaber Al Mahjoub, je ne connais que peu d’œuvres, alors qu’il est un peintre, dont on ne peut dire qu’il est prolifique, tant ce terme serait réducteur. Il me semble qu’il peint comme il respire, ou plus précisément comme si peindre lui était aussi nécessaire pour vivre que la respiration pour nous tous, lui y compris bien sûr. La grande différence est que la très grande majorité d’entre nous ne savons ni peindre, ni même ressentir ce besoin si fort de s’exprimer par la peinture. Et que produire des œuvres de Jaber, seul Jaber peut le faire.  

Ce sont souvent, me semble-t-il, des visages qu’il donne à voir, des visages d’hommes qui vous questionnent plus, sur ce que vous ressentez, vous, qu’ils ne veulent s’exprimer, eux par rapport à vous. Et alors pourquoi parler des fleurs dans le titre ? Patience, il faut d’abord que je vous montre deux autres réalisations de Jaber, avant de laisser parler les cinq fleurs du bouquet. 

Jaber peintre, Le jeune homme à l'oiseau noir, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Le jeune homme à l'oiseau noir, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

. Le jeune homme  à la tête à quatre doigts et à l’oiseau noir. C’est me semble-t-il une gouache qui mesure, cadre compris, 45cm de hauteur sur 32,5 cm de largeur. C’est un visage jeune qui pose devant vous, sans presque rien dire de lui. Son visage mélancolique est tracé à gros traits noirs sur lesquels le peintre est passé plusieurs fois. Il est représenté de biais dans une légère diagonale qui va de gauche à droite, au bout d’un long cou noir. Un trait continu forme le sourcil de l’œil gauche, qui se transforme en nez, au-dessus d’une petite bouche formée d’un trait. Deux boules de noir forment les yeux. Plusieurs couches de peintures variées superposées l’une sur l’autre représentent la peau, avec des teintes roses, jaunes, du blanc et un peu de noir.

Le visage est interrogatif. On dirait presque une marionnette enfilée au bout d’une main, dont ressortiraient quatre doigts de la main du marionnettiste, à l’exception du pouce. Le haut du visage  est courbe pour faire ressortir les doigts roses.  Le fond est d’un vert acide et tonique, jusqu’à hauteur des sourcils. Le haut de la tête ressort sur fond jaune entouré partiellement de rouge, avec du blanc et un trait noir tout autour. Comme toujours chez Jaber, il y a quelque chose de bizarre. Dans ce ciel jaune, en partie gauche en haut, c’est un petit oiseau noir qui semble s’être échappé  de la tête du jeune homme. Il s’apprête à partir, hors du champ visuel. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le jeune homme n’a pas l’air si triste, dans la partie inférieure – couleur vert pomme - du tableau. JABER a signé en lettres blanches en haut en majuscules en indiquant comme toujours l’année « 86 » pour 1986.

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

. Les quatre copains (53cmde long sur 31cm de hauteur). Ils sont joyeux, tous semblables et tous différents. En commun, ils ont un visage ovale couleur rouille, construit de la même façon. Les traits sont bleus, avec un chapeau bleu, orné d’une touche plus ou moins grande de teinte verte. Le cou est franchement vert, mais chacun a le sien. Tous pareils, tous souriant et tous différents, comme alignés sur une pente oblique qui de gauche à droite, , tel pourrait être la définition rapide de cette œuvre, sur fond bleu clair. Seul le plus à gauche, à l’air franchement rigolard, a l’honneur de porter, tracée au crayon, sa signature et l’année de réalisation« JABER 96 ».

.  Le bouquet de fleurs. Nul ne peut en douter, avec ces fleurs roses orangées, comme faites avec deux tampons, un grand rose orangé tendre et dilué et un cœur d’un rose plus dense, comme si on pouvait y deviner des pépins. Un entourage vert symbolise les feuilles sur fond jaune et des tampons-pompons verts très légers comblent les vides sur fond jaune. Voilà pour la partie haute. JABER a pour une fois signé en partie gauche son œuvre au feutre noir à la coupure entre le haut fleuri – rose-jaune-vert- et le bas bleu ciel entourant un vase d’un blanc veiné de vert et de brun au cœur violet. Le millésime 2005 figure en partie droite, de façon à équilibrer la signature du peintre.

L’étonnant est pour maintenant. Ce calme bouquet, sans personnage, porte un titre tout en haut à gauche « SOCIAL »  accompagné en partie basse de deux cœurs, celui de gauche en dessous de JABER et l’autre, à droite, en dessous de 2005. 

             

 

Jaber peintre, Le bouquet de fleurs, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Le bouquet de fleurs, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Pour suivre le chemin

. La biographie de Jaber sur http://jaber-al-mahjoub.com/?page_id=257

. Retrouver des œuvres  de Jaber sur https://www.facebook.com/bonerportos/

.Ainsi que sur  https://www.facebook.com/JABER-Collection-Art-Brut-647222115351055/   avec 15 clichés dont 3 de l’artiste

. Photos Elisabeth Poulain de la collection France Poulain, avec mes remerciements.

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Le pont de Saint-Bénezet, dit "Le Pont d'Avignon"

15 Octobre 2016, 08:12am

Publié par Elisabeth Poulain

Avignon, Le pont Saint-Bénezet, dit le Pont d'Avignon, Cl. Elisabeth Poulain

Avignon, Le pont Saint-Bénezet, dit le Pont d'Avignon, Cl. Elisabeth Poulain

Ces villes sont représentées en photos minuscules sur deux petits morceaux de sucre emballés dans du papier.  Elles sont pourtant parfaitement reconnaissables sur ces parallélépipèdes rectangles à angle droit de petite taille. J’ai difficilement pu les mesurer, tant le papier un peu usé ne colle plus exactement aux petits morceaux de sucre dedans. Leur longueur est de  3,4cm, la largeur de 1,6 cm et la hauteur de 0,7cm.

Le thème de la série « Visit France » sur sucre, de marque Béghin Say, date d’il y a au moins une  dizaine d’années. Plus exactement les sucres m’ont été donnés lors d’une réunion municipale d’une grande ville de l’Ouest, en 2007. La série avait pour objectif d’associer la marque et le tourisme en France, via les noms des villes françaises qui ont accepté ce type de promotion de leur ville. Visit France est le nom d’un organisme français du développement du tourisme en France, qui actuellement fait de la promotion en anglais pour certaines villes, d’ailleurs au nombre de six également.

Papier d'emballage des deux sucres , Avignon, le pont, "Visit France", Cl. Elisabeth PoulainPapier d'emballage des deux sucres , Avignon, le pont, "Visit France", Cl. Elisabeth PoulainPapier d'emballage des deux sucres , Avignon, le pont, "Visit France", Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'emballage des deux sucres , Avignon, le pont, "Visit France", Cl. Elisabeth Poulain

Pour l’heure et par ordre alphabétique, parmi les six villes dont j’ai pu me procurer les sucres, je vais vous parler d’Avignon. Elle offre cette particularité d’être vraiment très connue non seulement en France mais aussi à l’étranger des enfants et de ceux qui le sont restés grâce à une chanson qui offre la particularité de ne pas avoir de fin. Chacun pouvant composer  ses paroles sur cette musique aux allures d’une ritournelle. Le texte de cette chanson offre aussi la forte singularité de ne parler d’Avignon que par son pont. Et ce pont est bien sûr celui d’Avignon : // « Sur le pont d'Avignon /  On y danse, on y danse, /  Sur le pont d'Avignon,/  On y danse tous en rond. // 1. Les belles dames font comme ça, Et puis encore comme ça. / Le refrain recommence…/ 2. Les messieurs font comme ça /…sans qu’il y est de fin…Ce formidable jingle que vous répétez avec un grand plaisir d’adulte tout autant que celui que avez eu enfant, est  la plus belle des promotions de la ville. Et puis encore comme ça, tout en parlant toujours du pont dont la sonorité rime avec Avignon.

A Avignon, on ne parle pas bien sûr du pont d’Avignon. Ce serait vraiment trop réducteur. Il est dédié à Saint-Bénezet, qui a donné son nom également à une des deux chapelles, érigées l’une sur l’autre, celle de Saint-Bénezet construite sur celle dédiée à Saint-Nicolas. Il s’appelle donc le pont Saint-Bénezet. Mais pour les Non-Avignonnais et ils sont nombreux, il est toujours le pont d’Avignon. Encore actuellement l’intitulé des belles photos mises en ligne sur wikipedia ne mentionne même pas la ville. C’était déjà le cas pour  un formidable cliché en noir et brun de 1864  détenu par le Metropolitan Museum of Art.

Avignon, carte Avenio vulgo, Atlas van Loon, 1649, wikipedia, Elisabeth Poulain

Avignon, carte Avenio vulgo, Atlas van Loon, 1649, wikipedia, Elisabeth Poulain

Le pont Saint-Bénezet d’aujourd’hui conserve quatre de ses arches qui ont été restaurées au fur et à mesure que les puissantes crues du Rhône emportaient l’une, l’autre ou plusieurs des 22 piles du départ. Pris en léger aval par bateau, on peut l’admirer de près avec en arrière l’imposant  Palais des Papes qui forme une ville dans la ville, tant il exprime la puissance avec un grand P. Le pont a tracé dans le passé  une frontière d’importance entre l’Etat pontifical  et la France, en passant par la grande Ile de la Barthelasse. Actuellement, c’est un bac gratuit qui permet de joindre la rive gauche du Rhône à cette île. 

Reste la chanson qui offre en outre une particularité amusante : en réalité on ne dansait sur le pont mais sous le pont et sur les berges du Rhône où se nichaient des lieux où l’on pouvait boire et danser pour se délasser lors des fêtes. On était alors au XIXe siècle…Quoi qu’il en soit de la réalité historique, le pont d’Avignon est maintenant le pont le plus célèbre du monde… et ceci en partie grâce à une chanson!

Avignon, pont St-Bénezet, Baldus photo 1864, MET New York 2000, Denis 2005, wikipedia

Avignon, pont St-Bénezet, Baldus photo 1864, MET New York 2000, Denis 2005, wikipedia

Pour suivre le chemin jusqu’à Avignon 

. D’abord découvrir le pont pour l’admirer sur http://www.avignon-pont.com/fr puis  la chanson sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_le_pont_d%27Avignon   

. Béghin Say http://www.beghin-say-pro.com/fr/la-gamme-beghin-say-cote-salle/morceaux-enveloppes.html  

. Voir la version d’aujourd’hui de « Visit France » sur  un site en anglais, sans photos et d’un minimalisme plus qu’étonnant, voir plus sur   http://www.visit-france.com/ Les villes citées sont seulement au nombre de six. Elles sont incluses dans le Ier thème choisi « Top Attractions, Sights ans Cities of France ». Les régions forment une 2è thème, Shopping est le 3è et  « Wines of France » le 4è et dernier.

. Le parallélépipède rectangle sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Pav%C3%A9_droit

. Consulter le portail « Avignon » tant il y a à dire sur cette belle région de France, baignée par le plus puissant fleuve de France, le Rhône, dont le débit à sa rencontre avec la Mer Méditerranée est le second après …. le Nil.     

. Avignon, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Avignon avec en particulier une belle photo du pont Saint-Bénézet et du Palais des Papes vu du Rhône en aval, ou sur le Mont Ventoux…  

. L’Ile de la Barthelasse sur https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_la_Barthelasse

. Photos en provenance du Metropolitan  Museum of Art de New York qui présente des clichés en noir et blanc d’Edouard Baldus, un photographe de la seconde moitié du XIXe siècle, la carte ancienne en provenance de wikipedia et les autres d’Elisabeth Poulain.

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La cigogne de l'Alsacienne d'Alsa > La Levure alsacienne

27 Septembre 2016, 11:05am

Publié par Elisabeth Poulain

* Levure alsacienne alsa, plaque émaillée, extrait, Kaczorowski catalogue Art publicitaire, 24.04.2007-p.3, PhEP d'après JMVachon

* Levure alsacienne alsa, plaque émaillée, extrait, Kaczorowski catalogue Art publicitaire, 24.04.2007-p.3, PhEP d'après JMVachon

Le titre. Il est forcément redondant. On compte en effet trois fois Alsa dont deux fois associé à l’Alsacienne. La raison provient du libellé de la marque elle-même qui existe depuis 1896, mis qui n’a pas été fondée dans cette belle province. L’entreprise  a en effet été créée en Lorraine – française - près de la frontière alsacienne devenue allemande du fait de la perte de l’Alsace par la France lors du conflit de 1870 avec l’Allemagne.

L’alsacien Emile Mönch, revenant de Vienne, en Autriche, où il avait travaillé chez un boulanger, choisit  en effet de s’installer en Lorraine à Igney-Avricourt en France près de la frontière alsacienne, alors allemande. C’est là en 1896 qu’il fonda son  épicerie, où il commença  à produire de la levure chimique, qu’il avait découverte et utilisée chez son précédent patron. Ce dernier avait en effet recours à ce type de levure et non pas à la levure naturelle, le levain   issue de la fermentation du pain  jusqu’alors employée en France. La seconde devait être vendue vivante, alors que la seconde l’était en poudre, avec une durée de conservation incommensurablement plus grande.  En attachement à l’Alsace, sa province natale alors occupée, il intégra l’origine alsacienne de sa recette de levure dans le nom de marque « alsa ». Il fit en outre référence à celle qui allait l’utiliser, la femme alsacienne, celle qui traditionnellement fait la cuisine et les gâteaux à la maison, en montrant en plus un dessin de petite fille alsacienne ainsi qu'une Alsacienne de face sur le sachet.

Plusieurs versions de plaques émaillées de la Levure alsacienne alsa, écrit en petits caractères et sans majuscule, existent. Deux grands modèles, dont on ignore la date de réalisation, sont encore très présents sur le marché des plaques émaillées. Toutes deux, la plaque horizontale et  la plaque verticale qui ne portent aucune indication de date ni de créateur, ont été réalisées par l’Emaillerie Alsacienne de Strasbourg. Comme celle-ci a été créée en 1923, la date de fabrication des plaques est forcément postérieure à 1923, soit cinq ans après la fin de la guerre de 1914-1918.

Pour mettre toutes les chances de son côté, le fondateur de l’entreprise a tout particulièrement soigné la présentation en sachet individuel de couleur rose adapté aux besoins des « ménagères » comme on disait alors. On ne connaissait pas alors le packaging, le marketing et les techniques plurielles de la publicité. Pourtant la présentation et du sachet et de la plaque émaillée « à la cigogne » ont recours à un nombre impressionnant de techniques de communication pour attirer l’attention de celles qui allaient être amenées  à acheter et à utiliser cette levure en sachet.  

La jeune et joyeuse Alsacienne a été choisie comme en symbole du renouveau de l’Alsace redevenue française dans une France enfin réunie. Plus encore, elle fait équipe avec une cigogne très bienveillante –autre symbole de l’Alsace - qui la porte sur son dos. Chacune des deux héroïnes renforce l’image positive de l’autre au bénéfice d’un petit sache de levure de couleur rose, celle qui fascine les petites filles et en particulier cette charmante petite alsacienne. Celle-ci deviendra une bonne cuisinière qui saura faire de très bons gâteaux pour les membres de sa famille qui pourront apprécier une tranche des bons kugelhopfs le dimanche matin.

La plaque horizontale - 32,4 sur 49 cm - met en lumière le symbole de la cigogne portant sur son dos cette jeune Alsacienne joyeuse. Celle-ci allait devenir une véritable star de « la réclame », comme on disait alors, conjointement avec le sachet rose du papier,  le bleu des inscriptions du paquet de Levure alsacienne alsa et le rouge du slogan et du lieu de vente.

 Levure alsacienne alsa, plaque émaillée, Kaczorowski catalogue Art publicitaire, 24.04.2007, p.3,  Ph.EP d'après JMVachon

Levure alsacienne alsa, plaque émaillée, Kaczorowski catalogue Art publicitaire, 24.04.2007, p.3, Ph.EP d'après JMVachon

Les couleurs peuvent nous donner des indications d’époque. A commencer par la cigogne dont le corps occupe la plus grande partie de l’espace en diagonale du bas à gauche vers le haut à droite. La teinte rouge des pattes de l’oiseau, de la jupe de la petite fille et du bec forment une diagonale inversée qui part du bas à droite vers les deux-tiers de la hauteur à droite. Pour renforcer cette ligne rouge, la mention basse indique en bas à gauche en rouge « EN VENTE ICI », à laquelle répondent les trois lignes du slogan en haut à droite et en plus gros caractères « POUR REUSSIR VOS PATISSERIES DANS VOTRE MENAGE ».

C’est le blanc du plumage du grand oiseau qui attire l’attention sur la perfection de la représentation de l’animal, qui arrive, grâce à la couleur noire de ses ailes et des plumes de la queue, à se détacher du fond beige. Un discret trait noir borde parfois le blanc des plumes ; noir également est le ruban qui finit la jupe de l’enfant. Blanche aussi est la couleur de son chemisier et de ses chaussettes hautes portées avec des chaussures noires. Il reste à citer les deux pièces de couleur noire les plus symboliques du costume féminin alsacien, à savoir le bustier à bretelles, fermement serré à la taille avec des lacets et la coiffe de très grandes dimensions qu’elle porte sur la tête.

. Avec le rose du paquet, le bleu ciel de l’inscription de la marque, puis le rouge vif, le blanc ensuite va de pair avec le noir. Ces cinq couleurs permettent évidemment de retrouver les trois couleurs symboliques du drapeau de la France, le bleu, le blanc et le rouge.

Outre les couleurs, il faut  également parler de la diagonale qui guide le regard sur le rose, en partant du haut à gauche vers le bas à droite. Cette seconde diagonale croise la première diagonale à la hauteur de la taille de la petite fille. En partant du haut, vous voyez en second plan, en arrière de l’aile droite du grand volatile une bannière attachée à un manche que l’enfant aux bonnes joues rouges tient fermement à la main en vous dédiant un grand sourire. Sur la bannière rose du haut, on retrouve la mention « Levure alsacienne, ALSA ». Puis en laissant couler le regard vers le bas dans le coin opposé, on voit très bien le sachet rose et bleu alsa de levure alsacienne qu’arrive à tenir dans son bec le grand et magnifique oiseau.

Cette plaque émaillée dont on ne connait ni le créateur ni la date de réalisation est une très belle réussite, au point qu’elle figure parmi les plaques émaillées les plus connues de l'Emaillerie Alsacienne de Strasbourg. L’étonnant est pourtant que l’on ne connaisse ni l’artiste, ni la date de fabrication de la plaque. Plus tard dans une autre plaque vint la disparition de la cigogne alsacienne, dont l’importance symbolique était moins nécessaire. C’est ce qu’on peut constater dans la seconde plaque consacrée à la marque, réalisée quant à elle en 1896…celle dite « au moule à kugelhopf », qui est verticale. La différence est grande, c’est le sachet rose qui est maintenant en vedette en haut à gauche, tenue à bout de bras par une jeune femme épanouie au foulard vert et bleu sur les épaules.

Arrive enfin la dernière mutation qui ne garde de cette saga publicitaire que le sachet de couleur rose, aux mentions et dessins bleus, toujours orné de l’Alsacienne, avec son timbre « alsa » en haut à droite et cette ligne barrée qui file du haut à gauche vers le bas à droite. En passant par l’assiette contenant le kugelhopf que tient la jeune femme  de sa main droite, dans un dessin un peu sévère d'une jeune femme alsacienne. L'enfant qui chevauche la cigogne laisse alors la seule place à l'Alsacienne  dessinée en bleu sur fond rose qui vous regarde droit dans les yeux,  en portant son kuglefopf  de sa main droite...La cigogne est partie, regagner son nid...

Alsaciennes, costumes traditionnels, aquarelle P.Kaufmann, L'Illustration n°1877-1937, scan Jebulon, wikipedia

Alsaciennes, costumes traditionnels, aquarelle P.Kaufmann, L'Illustration n°1877-1937, scan Jebulon, wikipedia

Pour suivre le chemin

. Voir l’histoire de la marque dans « La saga Alsa » sur le site de la marque appartenant au Groupe Unilever, sur http://www.alsa.fr/la-saga-alsa/lhistoire/  

. Les deux types de levure sur http://www.chambresyndicalelevure.com/2014/10/16/quelle-est-la-diff%C3%A9rence-entre-une-levure-chimique-et-une-levure-de-boulangerie/  

. Pour une vision plus complète, consulter http://dubleaupain.canalblog.com/archives/2012/07/26/24767455.html  ainsi que le levain naturel issu de la fermentation du pain sur http://www.cfaitmaison.com/levain/crea-levain.html  

. En apprendre plus sur l’activité de l’entreprise « L'émaillerie alsacienne de Strasbourg Hoenheim , Son histoire, sa production » par Pierre Meyer (Auteur), de 1923 à 1992, un livre paru en juillet 2004, à voir sur http://livre.fnac.com/a1265998/Pierre-Meyer-L-emaillerie-alsacienne-de-Strasbourg-Hoenheim  

. Retrouver les plaques Alsa de l’Emaillerie alsacienne de Strasbourg dans le catalogue "Art Publicitaire " Hôtel des Ventes des Salorges Enchères, Nantes 44100, Kaczorowski SARL, Samedi 14 avril 2007 . Actuellement voici les coordonnées de PHILIPPE KACZOROWSKI - PATRICE DERIGNY, COMMISSAIRES PRISEURS HABILITES, 8 bis rue Chaptal - 44188 NANTES Cedex 4, 132 Ave des Ondines 44500 LA BAULE, Tel : 02.40.69.91.10 – Fax : 02.40.69.93.92, E-mail : sarlkac@wanadoo.fr  

. La recette du kugelhopf sur http://www.niederbronn.com/les-incontournables/l-alsace/item/le-kougelhopf.html  

. Et enfin la cigogne en Alsace, qui ne reste pas seulement un symbole: elle redevient partie intégrante du paysage, grâce en particulier à un grand travail de la LPO, la Ligue de Protection des Oiseaux. On comptait 9 couples en 1974, 300 30 ans plus tard et qui sont devenus sédentaires… à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cigogne_blanche_en_France  

. Photo à partir de la plaque  en page 3 du catalogue Kaczorowski, Hôtel des Ventes des Salorges du 14 avril 2007-photos JMVachon, avec mes remerciements, Alsaciennes en costumes traditionnels, Aquarelle P. Kaufman, L'Illustration n°1877-1937, scan Jebulon, wikipedia
  

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La ville en mouvement peinte par France Poulain, en cinq peintures

16 Septembre 2016, 09:44am

Publié par Elisabeth Poulain

*La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, extrait, Cl. Elisabeth Poulain

*La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, extrait, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain en cinq visuels.  C'est le titre auquel je n'ai pensé qu'après coup. Ensuite, deux précisions à vous apporter vous connaissant, vous qui aimez à la fois la précision et la clarté. En réalité, il y a plus de réalisations dans la série.  Toutes ont un lien entre elles. Elles forment une déclinaison qui tourne autour de sa vision de la ville en changement, dans un mouvement perpétuel, dont on ne sait ce qui change, soi et/ou la ville devant soi, ou et l’inverse qui est aussi vrai, en y ajoutant de regard de celui ou celle qui les voit. Il s’y ajoute le travail de l’artiste qui à chaque étape dit autre chose autrement. En particulier parce qu’elle intègre en l’occurrence un facteur fondamental qui est le temps rapide de la création.  Et ce temps est aussi du regard, à un moment, un certain temps après, comme c’est le cas ici…Comme une valse à trois temps qui se tresse tout le temps en nous et autour de nous, parce que nous changeons tout le temps. 

Chaque visuel apporte un nouveau regard, avec à chaque fois quelque chose de nouveau, sans rien ajouter, surtout pas, au contraire, en épurant. Et ainsi dire autrement quelque chose en plus. C’est l’application du « moins pour dire plus et… autrement ». A toute question, il y a toujours trois réponses, oui, non, autre !  Et c’est là où le jeu de la création est intéressant. Le joker en plus apporte un élément supplémentaire visible qui est le temps, celui de la ville, celui de celle qui peint ces œuvres, celui de celle qui regarde... Je ne vous en parlerai qu’à la fin. Peut-être, peut-être pas, à voir, c’est le temps d’écrire le texte qui le dira. Encore une précision, l’ordre de présentation est le mien, puisque les cartons peints ne portent aucune indication d’aucune sorte. C’est là aussi où l’ordre choisi par celle ou celui qui écrit change le regard.   

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

. Le carton n°1-41 x 27 cm-6 P. C’est lui lance la série, dont on ne sait pas en le voyant qu’il va être le Ier de la lignée. Il doit donc être suffisamment puissant pour lancer la dynamique, attirer et retenir le regard. Il représente une façade vue d’un immeuble en hauteur. La raison en est qu’on voit les fenêtres de face, un peu de la toiture vers la droite en haut, l’antenne de la télévision en partie gauche, trois vasistas dans la toiture ou le mur et en dessous, une fenêtre haute, peut-être pour éclairer l’escalier au-dessus de la porte vitrée, dont on voit que la partie haute, avec son imposte. Il éclate de couleurs pastel. Et c’est cette harmonie douce et contrastée à la fois qui rend la composition si attirante.

La technique utilisée consiste d’abord à enduire le support rigide d’une peinture blanche épaisse et résistante à l’eau. 2. Ensuite, après avoir bien réfléchi aux lignes à tracer et fait un modèle à sec à côté, il s’agit de prendre un ustensile souple pour reproduire d’un trait ferme et sans hésitation le schéma de départ. 3. Vient le moment de râper finement les différentes couleurs aux surfaces d’emplacement choisis. 3bis. Il faut alors après repasser le bâton adapté de pastels sur les lignes creusées de façon à étaler la poudre de craie sur les creux des lignes. 4. Et enfin, laisser sécher…

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°2-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°2-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°2 - 33 x 22 cm - 4 P. C’est une déclinaison du premier carton, dans un format plus petit comme en témoigne le code normalisé 4 P. Cette fois-ci, France a recouru à une autre façon de faire ressortir les lignes et pas les surfaces. La technique qu’elle a utilisée consiste à peindre le fond avec le jeu des couleurs du visuel n°1 disposées grosso modo au même endroit. Elle a ensuite recouvert le tout de peinture blanche et, très vite, a creusé les lignes majeures de la première réalisation, en tenant compte de la réduction du format. On perçoit à certains endroits la sous-couche, le rose en bas à gauche et le vert turquoise vers le haut à droite. L’impression ressentie est une grande maîtrise de la part de la créatrice et d’acceptation de celle, celui qui regarde…

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth PoulainLa ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain
La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°3 - 41 x 27 cm – 6 P. Il y a un grand changement, en forme de zoom sur certaines lignes de couleur rose, verte, orange et jaune tendres. De la ville, il ne reste plus que du rose évanescent à certains endroits du mur, dans le coin inférieur droit, un carré aux coins arrondis multicolore en bas de la composition, décalé vers la droite à cause du grand empiètement double cette fois qui mange une grande partie de ce carton qui a été revêtu de cellophane pour protéger les deux pailles de couleur qui délimitent un grand rectangle non bordé sur la côté extérieur. Il déborde sur la moitié de la largeur et celle de la hauteur. C’est la seule fois, de toute la série, que je n’ai pas trouvé tout de suite quelle était la bonne position de ce carton. Je viens seulement d’avoir la réponse. Il fallait aussi cette fois-ci se fier au sens du tableau indiqué à l’arrière par l’étiquette 6P. Le petit carré d’une fenêtre est en bas. Depuis le début, je le vois en haut et je continue à le voir ainsi. Vous le verrez donc dans les deux positions, en ajoutant aussi le même carton mais cette fois-ci en position horizontale.   

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°4-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°4-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La plaque rigide de contreplaqué en n°4 - 41 x 27cm. Le support a changé, même si les dimensions de la coupe sont identiques à un 6P. La texture est différente, le rendu aussi. On voit que le travail au couteau de plâtrier n’a pas cherché surtout à avoir un support parfaitement lisse, sans raccord visible. Au contraire, on devine que les traces du coup de main sont nécessaires dans cette vision d’évanescence de la ville. On y perçoit des résurgences en coulées vertes de couleur turquoise, jaunie au centre et violette à droite. L’autre apport, nouveau, est le jeu avec la colle, qui dissout la paille de plastique, avec un rendu d’eau qui coule…Il y a aussi un presque carré de 6,5cm de largeur sur 7,5 cm de hauteur de couleurs roses et vertes dissoutes tout en bas vers la droite. Etrange, vous avez dit étrange… ! Mais attendez le dernier numéro de la série.

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°5-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°5-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°5 – 46 cm x 33 - 8 P – Le tournis vous saisit. Cette fois-ci tout est devenu blanc à l’exception d’une carte plastique dur et épais servant de témoin de protection tombé par terre dans un chantier électrique à Essen dans la Ruhr lors d’un voyage d’étude en Allemagne. Tout est devenu blanc à l’exception de cet élément de plastique jaune épais et dur percé d’un trou où figure le n° 4. Les traits de couteau de vitrier avec lequel le fond a été enduit ont été faits en position horizontale. On retrouve en haut les barres des antennes cette fois-ci complètement à gauche en haut, avec des éléments nouveaux difficile à décrypter, du fait que le sens d’accrochage du tableau se fait à partir du témoin jaune. C’est ce que nous indique le système d’accrochage à l’arrière. Il reste des lignes en relief, des morceaux de composition. Peut-être est-ce aussi est-ce une vision de la ville vue d’en bas, celle des réseaux électriques par exemple… ?

Quoi qu’il en soit, la série, même raccourcie telle que je vous la présente, intrigue et questionne, en prolongeant la question « que reste-t-il dans nos mémoires de notre vision personnelle de la ville qui change tous les jours ? » L’intéressant est que les visions se superposent, les unes aux autres, parfois en se heurtant, parfois en se superposant les unes aux autres, en ayant chacune, chacun sa vision de la ville et de de ses paysages, au fil du temps…celui de la ville, jamais tout à fait la même, jamais tout à fait une autre…Avec en plus, la vision propre de la photo qui fait par exemple ressortir du violet sous le blanc de ce grand carton. J'ai laissé cela ainsi... Il n'y a pas que le temps, ni le regard de celle qui écrit,  pour changer les choses.   

                                                                       *

Pour suivre le chemin

. Ces cartons peints ont été réalisés par France Poulain, au cours de ses études à l’Ecole d’Architecture de Nantes, à retrouver maintenant sur son blog http://www.francepoulain.com/  

. Gamme des couleurs pastel sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Couleurs  

. Coffrets de craies de « pastels à l’huile, 12 couleur extra-fines, Dalbe, made in Korea », ainsi que .des « Holbein Oil Pastels » dans une boîte qui a perdu son couvercle… 

. Essen sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Essen  .

. La réponse à la question que j'ai posée au début est qu’à mon sens il n’est pas nécessaire d’ajouter d’autres planches. C'est le temps de l'écriture qui me le dit...

. Clichés Elisabeth Poulain, le signe * avant l'énoncé indique qu'il s'agit d'un extrait.

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Dark Dog = La puissance du jaune, du noir & du rouge en packaging

14 Septembre 2016, 16:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth PoulainEnergy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Le dessin sur la boite-boisson est  à vous faire hurler de peur la nuit si vous le rencontriez vraiment, lui, ce monstre, qui semble hurler à la lune. Vous voyez une fois sa silhouette, une seule fois et vous ne l’oubliez pas. Mi-chien-mi-coulure d’encre noire, il ressemble à un cauchemar propre à vous faire « hurler au loup ». Celui qui ne croque pas que les petits enfants qui ont peur la nuit, sauf qu’en plus c’est la nuit qui est noire et pas le loup. Lui peut être gris, beige, blanc…mais pas noir. Pourtant c’est bien une silhouette de loup noir, capable de se fondre dans la nuit noire, alors qu’un chien peut ne pas faire peur. C’est même le meilleur ami de l’homme, sauf ceux qui sont dressés à mordre.

Donc la nuit, quand tous les chats sont gris, c’est peut-être bien un loup que vous voyez. Surtout qu’en plus, il existe bien des chiens-loups. Dure la vie, voilà donc un dog, qui est peut être un wolf ! On avance. Est-ce bien sûr ? Supposons, pour avancer dans le raisonnement, qu’il s’agisse bien d’un chien de ce type, un chien-loup. Mais alors pourquoi l’appelez DOG. 

DOG sonne mille fois mieux dans la nuit que CHIEN. Ca claque comme un coup de fusil. En plus tout le monde comprend que c’est un chien, qui bien que noir, n’inclut pas cette couleur dans son nom de marque. C’est un chien foncé… ! Oh, comme nom de marque, on peut faire mieux.  Il faut alors chercher du côté de la sonorité du coup de fouet. Une consonne pour Dog, une aussi pour Dark, et les deux ensemble claquent un double coup de fouet. Imaginez maintenant ce que donnerait comme nom de marque un « wolf dog ». Pas terrible n’est-ce pas !

Energy Dark Dog, boîte-boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte-boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Ce Dark Dog est bien noir sur un fond jaune profond, dont la teinte a légèrement changé entre les deux versions que j’ai sous les yeux. Et d’abord le chien, en commençant par la tête, à gauche par rapport au corps. Il est affreux, avec ses grandes canines qui semblent sortir de sa gueule ouverte, ses deux grandes oreilles qui ressemblent à des cornes et son museau qui plisse. Son œil visible est placé au bas de l’oreille la plus verticale et sa langue doit pendre du même côté, en bas du museau, quand même.

C’est après que les choses deviennent plus compliquées. Comprenez qu’on repère le corps en deux parties avec l’avant-train et l’arrière-train, et son amorce de queue, tout au bout. Et les pattes me demanderez-vous? Il y en a bien quatre, plutôt il y a quatre « coulures » de peinture noire qui ont dégouliné de haut en bas, forcément. Les deux premières appartiennent à l’avant et les deux autres à l’arrière.

La première patte vers l’avant, la plus courte, est atroce : elle est séparée en deux…La seconde, toute aussi molle, est plus longue, mais moins que la troisième qui bat tous les records. Les trois n’ont aucune possibilité d’être posées au sol pour servir de point d’appui lors de la marche. Ce sont des coulures à allure de pattes, sans appui. Quant à la quatrième, elle paraît plus solide. Elle sert peut être de gouvernail noir, quand le chien noir vole. C’est elle qui structure le dessin, en résonnance avec la plus courte des cornes, celle qui est en avant. Le noir est également utilisé en grosses lettres fortes qui débordent légèrement la largeur du dessin pour marquer les esprits pour nommer cette espèce de chien, qui n’est pas vraiment un chien, mais une hallucination de chien.

Energy Dark Dog, boîte-boisson 500ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte-boisson 500ml, Cl. Elisabeth Poulain

 Le guarana. C’est sur cet élément que repose tout le visuel du packaging, qui contribue à mon sens au succès de cette boisson énergisante auprès des Jeunes dans certaines régions françaises, en particulier dans l’Est de la France. Plusieurs éléments du packaging donnent du punch à ce DD qui tient plus d’un héros de BD, capable de voler dans les airs. Grâce au guarana, il dispose d’une énergie fabuleuse. La tête est située sous ENERGY du haut, DARK en bas, avec mention du GUARANA en bas. La différence entre les deux boîtes est que la plus grande porte en bas en petits caractères la mention « High Caffeine Content ».

Les couleurs. Je vous ai parlé du noir, pour évoquer l’atmosphère de la nuit et du rouge pour donner les vibrations de la caféine contenue dans la plante et donc dans la boisson. Les deux associées renforcent l’idée du binôme associant ce stimulant au plaisir, ce qui ne serait pas suffisant. En réalité dans la durabilité de ce visuel, il y a un trio.

Il me reste en effet à vous citer ce jaune qui est une franche réussite. Il est dense, particulièrement chaud et profond, avec un foncé légèrement plus fort et plus adapté pour la petite boîte. Et c’est ce jaune qui permet de porter ce drôle de chien, qui n’en est pas un, qui représente une boisson tonique grâce à la caféine pour aller danser, sans avoir besoin de recourir à d’autres boissons…

Energy Dark Dog, boîtes-boisson 250ml & 500ml , Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîtes-boisson 250ml & 500ml , Cl. Elisabeth Poulain

Et en prime, vous aurez droit à un dessin de hibou réalisé par ANTIZ, celui dont vous entendez le cri quand vous sortez de votre boîte …de nuit. Ce jeune dessinateur ANTIZ avait aussi choisi aussi le jaune, pour faire ressortir le noir de son oiseau nocturne, avec du blanc pour montrer qu’il ouvre grands ses yeux…Du blanc pour le fond aurait été trop dur, le beige une horreur, il reste ce jaune en signe de vitalité. Se faire traiter d’ « oiseau de nuit », il y a pire quand on est jeune et qu’on commence à sortir la nuit, en promettant de ne boire que des boissons sans alcool….

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Voir le site de l’entreprise sur www.dark.fr  où se voit l’évolution de la gamme depuis que l’entreprise est implantée en France…  

. Le guarana sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Guarana  

. Le jaune sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Couleurs  

. Le hibou dessiné par ANTIZ orne un porte-monnaie en plastique jaune, d’une teinte encore différente, http://forum-dessin-peintur.graphforum.com/t11306-la-presentation-d-antiz  

. Pour faire la différence entre un hibou et une chouette, voir https://www.ulb.ac.be/inforsciences/quandseraigrand/docs/rapace_diff.pdf  

. Clichés Elisabeth Poulain

Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain

Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain

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