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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le village à la française, une vision plurielle au fil du temps

1 Mars 2015, 16:35pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le concept du village est si fort en France, tellement chargé d’images et de symboles positifs qu’il en devient d’un usage si courant qu’il est permis de s’interroger. N’y at-il pas toujours en arrière-plan une opposition réelle entre le village vu comme une extension du « Home Sweet Home » d’origine anglaise par différence avec la ville, la grande ville où l’anonymat règne en roi. Peut-on encore vouloir vivre au village ? Cette image est-elle vraiment périmée, dépassée ? …Avec tout de suite une autre question, l’attraction renouvelée vers le village n’est-elle pas très récente ?

Dénoncer la ville, la grande ville a été pendant un certain temps quasiment devenu un sport national tant les nuisances sont perceptibles au regard en particulier de la tension qui peut y régner, du coût des logements, de la circulation automobile et de la qualité de l’air, surtout pour ceux qui n’y habitent pas. Vivre en ville et y travailler empêchent de trop la critiquer, au moins face à ceux qui n’y habitent pas. Pour le village c’est un peu un phénomène identique mais en inversé.

Vivre au village est toujours vu de l’extérieur comme le concept de la vraie vie proche de la nature, des gens et d’une vie sociale concentrée à taille humaine. C’est une des raisons pour laquelle des personnes proches de la retraite se voient volontiers acquérir une maison ou un domaine à la campagne, dans le village ou tout près. Voyons quelques traits qui identifient un village, après avoir d’abord fait un constat.

Plus beaux villages de France, Eure, Lyons la Forêt, Le Bec Hellouin, wikipedia  Plus beaux villages de France, Eure, Lyons la Forêt, Le Bec Hellouin, wikipedia

Plus beaux villages de France, Eure, Lyons la Forêt, Le Bec Hellouin, wikipedia

. Il n’existe pas de définition légale du mot « village ». C’est le premier étonnement qu’on peut ressentir. Etymologiquement, le lien est fait avec la villa romaine, c’est-à-dire la grande exploitation agricole que les Romains de l’Antiquité ont implantée en particulier en Gaule mais pas seulement. De villa à village, le lien est fait avec le monde rural et le groupement d’un certain nombre de personnes travaillant ensemble à la mise en valeur d’un site. Mais il n’existe aucune précision concernant par exemple le nombre d’habitants, sa datation dans l’histoire… Certes il existe de nombreux termes permettant de distinguer le hameau, le village, le bourg, le faubourg à l’entrée de la ville, la petite ville, la ville moyenne, la grande ville, la capitale et tous les mots récents d’agglomération, de métropole, conurbation urbaine… Mais là aussi les définitions exactes restent imprécises, tant les mots ont des origines différentes et les situations changer rapidement au fil du temps. D’une province à une autre, les situations se modifient et l’image du village aussi. Quelques caractéristiques apparaissent cependant dans la perception du village.

. Le village encore aujourd’hui est toujours caractérisé par sa taille humaine, son accessibilité, sa plénitude, une façon de montrer l’organisation d’un territoire autour d’un centre, la place du village, des rapports sociaux apaisés du fait de l’objectif commun de partager ensemble un même lieu, avec cette idée sous-jacente de la solidarité qui en découle. On est de quelque part, où sa propre histoire est partagée par d’autres que soi, avec en commun une certaine réciprocité variable.

. Le village est un lieu perçu comme identifiable de loin. C’est souvent l’église qui ressort au cœur du village, grâce à son haut clocher où l’horloge sonne les heures. On le voit de loin et quand on s’en approche, on peut suivre le déroulé du temps, de la journée dans la semaine tout comme celui des saisons. Cette proximité avec les autres en phase avec un territoire qu’on connait et un déroulé du temps prévisible qu’on décline au fil des saisons font intimement partie du concept. Le château ou la tour, une autre des formes représentatives du pouvoir, peut aussi servir de repère dans le paysage, avec l’avantage partagé avec le clocher de l’église, de pouvoir être vu de loin, surtout quand le paysage n’est pas plat. On peut alors percevoir ces grandes ou ces hautes constructions humaines comme des phares dans l’océan ou des symboles de l’architecture et de la culture identitaires d’une région, d’un pays...

Plus beaux villages de France, Montsoreau et Candes Saint-Martin, Vallée de la Loire, wikipedia
Plus beaux villages de France, Montsoreau et Candes Saint-Martin, Vallée de la Loire, wikipedia

Plus beaux villages de France, Montsoreau et Candes Saint-Martin, Vallée de la Loire, wikipedia

. Dans ces deux représentations du village groupé près de l’église et/ou du château, le symbole qui se dégage est celui de la protection par le groupe de chacun de ses membres. On parle volontiers de la communauté villageoise. Les maisons sont nichées au plus près de l’élément érigé dominant, ce qu’on peut interpréter comme la meilleure façon d’être couvert, en cas de menace ennemi venant de l’extérieur, surtout quand en plus il y avait un mur d’enceinte. « Etre dans les murs » du village a toujours été nettement préférable au « hors les murs », sans protection aucune. Encore maintenant, cet élément est partie intégrante du concept de village. C’est aujourd’hui un élément important de valorisation du patrimoine intra-muros, où le village devient un lieu très recherché non plus pour se protéger contre l’ennemi extérieur, mais contre les atteintes du temps.

. La dimension patrimoniale du village préservé, du fait même de sa singularité et de son emplacement hors des grandes agglomérations, est désormais une caractéristique protégée par un label au sein d’une association, celle des « Plus Beaux Villages de France », qui existe maintenant depuis 33 ans. C’est en effet en 1982 que l’association est née sous l’impulsion du maire de Collonges La Rouge, M. Charles Ceyrac. Il a repris le titre d’un gros ouvrage de photographies en couleurs paru en 1977 aux éditions « Sélection du Reader’s Digest » sous le titre « Les plus beaux villages de France ».

L’impact de l’album a été très fort, tant le concept de sélectionner des beaux villages représentatifs des paysages de la France parmi les plus connus et de l’art de vivre à la française a été perçu aussi bien par les lecteurs, par les associations culturelles, les institutions et l’auteur-éditeur.

. Le livre est une rencontre très réussie entre des visions des problématiques propres à chaque catégorie de participants qui se sont entendues pour faire de ce livre quelque chose de nouveau, grâce en particulier à la qualité et la mise en valeur des photos, des cartes, aux textes concis, à l’équipe d’auteurs et au soin avec lequel le projet a été menée jusqu’à insérer un glossaire à la fin et à citer toutes les institutions publiques et les organismes privés concernés. Il y a à la fois une réelle représentation du village mis en valeur par des photographies de grande qualité pour se montrer dans ses plus beaux atours, sa réalité et surtout aussi sa singularité. A feuilleter ce gros livre, on n’a qu’une envie, c’est d’aller visiter, non pas tous les villages, mais bon nombre. Et c’est effectivement ce qui s’est passé.

Plus beaux villages de France, Roussillon et Baux de Provence, Cl. Elisabeth PoulainPlus beaux villages de France, Roussillon et Baux de Provence, Cl. Elisabeth Poulain

Plus beaux villages de France, Roussillon et Baux de Provence, Cl. Elisabeth Poulain

. Cinq ans après la parution du livre, en 1982, le maire de Collonges la Rouge eut donc l’idée de fédérer dans une association les villages à forte typicité paysagère autour du concept du plus beau village de France. Trois conditions furent adoptées pour devenir un des plus beaux villages de France, à savoir, posséder un faible nombre d’habitants, défini par un nombre maximum (2 000 hab), avec au moins deux sites ou monuments historiques et après vote en conseil municipal de l’engagement de sauvegarder le paysage.

Le village ancien aujourd’hui est devenu un acteur majeur du tourisme en vue d’optimiser la valorisation d’un patrimoine ancien. Il n’est plus seulement un groupement réduit à taille humaine et à fonctionnalité essentiellement agricole. Grâce au numérique maintenant, l’influence du tourisme à cet égard joue un encore plus grand rôle dans la découverte des paysages iconiques d’une région par les touristes. L’adhésion à l’association est évidemment une contrepartie de la communication offerte, ce qui explique aussi qu’un village peut faire partie de la sélection une année, et ne plus l’être l’année qui suit. Cela laisse de la souplesse au système pour évoluer.

Quelques exemples. En Normandie, Le Bec-Hellouin et Lyons la Forêt font désormais partie de la sélection (pas en 1977), en Provence les Baux de Provence et Roussillon aussi (en 1977 non)… Pour le Val de Loire, citons pour exemples 2015 Sainte-Suzanne, Candes Saint-Martin et Montrésor plus au sud. Ces deux derniers « Plus beaux Villages de France » l’étaient déjà en 1977.

. Une des retombées de ce regroupement d’acteurs locaux pour mettre leurs villages en valeur à tous les niveaux en commençant par le propriétaire d’une vieille maison dans un endroit déserté et où il n’allait plus… est que d’autres, sous d’autres dénominations, peuvent faire autrement la promotion de leur patrimoine , en évitant bien sûr de reprendre les mêmes termes.

On ne parle alors plus de village, mais par exemple des petites cités de caractère associées à des villes et pays d’art et d’histoire en Pays de Loire ou des « 100 Plus Beaux Détours de France » mis en musique par Michelin. Comme en rappel aux 102 Plus beaux Villages de France du début !

Pour suivre le chemin

. « Les plus beaux villages de France », sélection du Reader’s Digest, Ière édition, 1977, 322 pages . Retrouver l’association « Les plus beaux villages de France » sur http://www.les-plus-beaux-villages-de-france.org/fr/carte-des-plus-beaux-villages-de-france 

. Et l’histoire de la création de l’association et les conditions d’adhésion à l’association sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Plus_Beaux_Villages_de_France  

. Photos des contributeurs de wikipedia, avec mes remerciements et Elisabeth Poulain pour Roussillon et les Baux de Provence.

Plus beaux villages de France, Sainte-Suzanne, Mayenne, wikipedia

Plus beaux villages de France, Sainte-Suzanne, Mayenne, wikipedia

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Tableau > Un vieux paysage de rivière > Collection Emmaüs

27 Février 2015, 11:22am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une huile – une peinture à l’huile – que j’ai achetée il y a longtemps dans un Centre Emmaüs, un achat vite réglé parce que j’étais pressée. J’ai perçu qu’il s’agissait d’un « vieux paysage », ce qui est proprement absurde, puisque par définition le (vrai) paysage intègre intimement les effets du temps. Il ne peut pas être vieux. Il se modifie à chaque changement imposé au fil du temps, parfois très visible, la plupart du temps de façon si naturelle qu’on ne le perçoit pas vraiment.

Il en va différemment avec un paysage peint, avec la toile sous les yeux. Le choix des couleurs, la façon de peindre, une certaine mise en valeur du paysage peuvent donner des indications…Mais ce sont surtout la vieillesse du châssis, le nombre de clous, l’état de la toile, ses dimensions qui renseignent non pas sur l’âge proprement dit mais sur son usure. Et c’est ça aussi qui m’avait intéressée. Et la raison pour laquelle j’ai gardé cette toile.

La rivière, les arbres, la petite maison, Coll. Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain

La rivière, les arbres, la petite maison, Coll. Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain

Ses dimensions en format paysage d’abord. Elles sont de 65, 3 cm de longueur sur 40,5cm de largeur. Il s’agit vraisemblablement d’un châssis fait maison ou à la demande. Le nombre de clous et leur cloutage pas forcément très régulier sur les côtés vont dans ce sens aussi, tout comme le repli de la toile elle-même sur les côtés de façon à ne pas déborder sur l’arrière.

Un paysage d’eau, de rives, d’arbres, avec une maison dans le fond en perspective. Le peintre s’est situé au-dessus de la rivière de façon à pouvoir avoir une profondeur qui lui a permis de représenter une petite maison blanche à toit rouge-rose. Tout dans la composition conduit à ce point focal. La rivière, qui fait un coude en avancée de la maison, porte sur sa rive gauche vue de notre côté, un grand arbre avec des buissons vers l’avant et une vue longue vers la jonction avec le ciel. La rive droite, moins chargée, porte quelques arbres au feuillage argenté.

La rivière, les arbres, la petite maison2, Coll. Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain
La rivière, les arbres, la petite maison2, Coll. Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain

La rivière, les arbres, la petite maison2, Coll. Emmaüs, Cl. Elisabeth Poulain

Quant à l’eau , elle est sont traitée de façon rapide, une façon aimable de dire que le travail est maladroit sans correspondance véritable entre les éléments. Et c’est là surtout que l’on voit qu’il s’agit d’un travail d’amateur, qui voulait obtenir un certain rendu de la profondeur d’un paysage, d’une amplitude et d’une harmonie entre des verts, des gris violets et l’eau aux reflets bleutés. Les  nuages sont intéressants, ils témoignent grâce à leurs volutes en effet d'une réelle proximité avec celles des arbres. on a l'impression qu'ils se parlent.   

Il reste à voir l’arrière de la toile où le regard perçoit une autre vue du paysage, en quasi-disparition de certaines couleurs et l’émergence d’autres, en particulier du jaune qui correspond à une bande verte qui pourrait être une île située à mi-chemin entre le tronc d’arbre à droite et la petite maison blanche dans le fond.

Pour suivre le chemin

. Les formats dans la peinture occidentale http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2ssis_(peinture)  

. Voir les règles de composition d’un tableau dans la peinture occidentale, avec la porte d’harmonie http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8gles_de_composition_dans_la_peinture_occidentale  

. Photos Elisabeth Poulain

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Paysages du Vin, Paysages de Vigne, La Petite Maison de Vigne

26 Février 2015, 16:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Petites maisons de vigne, Vallée de la Loire, Dessins France Poulain Petites maisons de vigne, Vallée de la Loire, Dessins France Poulain Petites maisons de vigne, Vallée de la Loire, Dessins France Poulain

Petites maisons de vigne, Vallée de la Loire, Dessins France Poulain

Un titre long qui est évidemment volontaire. Il s’agit dans ce billet de montrer comment tous ceux qui travaillent dans le vin et pour promouvoir le vin tout autant que leurs vins communiquent sur et en faveur du vin, quelque qu’en soit la place qu’ils occupent dans la filière. Quelle représentation visuelle vont-ils choisir ? Si la publicité proprement dite ne connaît pas de limite, puisque tout dépend de la façon dont on va lui donner corps, l’habiller et la faire sentir, les thèmes, eux, sont plus limités.

C’est dans cette optique que se place ce billet sur la petite maison de vigne, la dénomination la plus générale que j’ai pu trouver, tant elles varient selon les différentes particularités propres à chaque vignoble. Celles de la Loire curieusement ne connaissent pas de petit nom particulier ; c’est la raison pour laquelle j’ai choisi la plus large possible.

Les Paysages du Vin avant les Paysages de Vigne. Oui, là aussi c’est volontaire, car la vigne doit accepter cet ordre, malgré toute sa beauté et sa place première, tout à fait essentielle dans le long processus qui va de parcelle jusqu’à la bouteille et au verre. Certes la beauté du paysage du vignoble a toujours été chantée par les poètes et par les esthètes, il n’empêche que c’est le vin qui est le sésame magique. Qui sait goûter le vin sait lire la vigne, presque sentir déjà le vin, comme il ou elle le ferait de la teneur d’un livre, en la faisant sien ou sienne.

Petites maisons de vigne, Paysages de vigne avec arbre, Vallée de la Loire, Dessins France Poulain Petites maisons de vigne, Paysages de vigne avec arbre, Vallée de la Loire, Dessins France Poulain Petites maisons de vigne, Paysages de vigne avec arbre, Vallée de la Loire, Dessins France Poulain

Petites maisons de vigne, Paysages de vigne avec arbre, Vallée de la Loire, Dessins France Poulain

Les petites maisons de vigne. Celles que j’ai choisies ont le mérite de montrer une certaine diversité, de la plus fonctionnelle qui est aussi la plus petite, jusqu’à d’autres qui répondent au plaisir d’avoir une véritable petite maison à soi en réduction. On peut être vigneron et avoir aussi le besoin de laisser son empreinte dans sa vigne, comme un véritable plaisir en soi, mais sans démesure. C’est dire aussi qu’il n’y a pas de petits palais. Ce pourrait être incongru.

Les fonctions des petites maisons de vigne. Elles avaient une réelle utilité, tangible lors de leur construction fin XIXe-début du XXe siècle. Il s’agissait pour le vigneron et ses ouvriers agricoles, quand il en avait, de s’abriter lors d’une grosse pluie ou par grand froid par exemple. Dotée d’une cheminée et d’une porte, la petite maison permettait d’être au chaud, de se restaurer et de mettre les outils à l’abri, sans avoir besoin à chaque fois de transporter ceux-ci. L’aisance venue, la petite maison de vigne a témoigné de façon visible de la réussite du vigneron, en particulier vis-à-vis de ses collègues et néanmoins amis. La petite maison de vigne, même petite, érigée en haut d’une colline a encore aujourd’hui gardé toute sa capacité à émouvoir dans des paysages de vigne entièrement façonnées par l’homme, pour des hommes. Car il y avait aussi cette idée, que dans la vigne, l’homme était-est encore plus chez lui, en compagnie d’autres hommes, hors la présence des femmes, qui règnent dans la maison familiale.

Petites maisons de vigne, Vallée de la Loire, dessins France PoulainPetites maisons de vigne, Vallée de la Loire, dessins France PoulainPetites maisons de vigne, Vallée de la Loire, dessins France Poulain

Petites maisons de vigne, Vallée de la Loire, dessins France Poulain

En matière de paysages et de petites maisons de vigne, les derniers mots appartiennent à Roselyne Bachelot. Comme elle me le déclarait lors d’une interview pour « Le Vin aussi est affaire de femme » : « les rangées de vigne plantées sur des collines ondoyantes figurent parmi les plus beaux paysages de la Loire…Les cabanes de vigne sont de bons témoins de l’alliance qui se fait entre un site paysage et un site fonctionnel. »

Pour suivre le chemin

. Découvrir le circuit de promenade des cabanes de vignes à Vauchrétien, au sud d’Angers sur http://www.vinsvaldeloire.fr/SiteGP/FR/Article/Documentations/Les-visuels-de-la-campagne

. Lire la bonne synthèse de Claude Royer, Université de Metz, « Les cabanes de vigne en Europe » sur http://bcpl.ish-lyon.cnrs.fr/1996/Vignerons/-1996_3_4_135.pdf

. Retrouver « Le Vin aussi est affaire de femmes », Elisabeth Poulain, Cheminements éditeur. . Dessins aquarellés de France Poulain, photos Elisabeth Poulain

Paysage de Vin, Paysage de Vigne, Dessins de France Poulain
Paysage de Vin, Paysage de Vigne, Dessins de France Poulain

Paysage de Vin, Paysage de Vigne, Dessins de France Poulain

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Dessins d'enfant > L'oeuf, la cane & ses canetons & la petite fille

25 Février 2015, 11:01am

Publié par Elisabeth Poulain

Les âges des artistes. Je n’en sais diable rien. Et à vrai dire peu importe. Tout comme le genre de la petite personne, sauf pour l’un des dessins dont je connais la créatrice. Les couleurs forment leur premier point commun avec les crayons feutres utilisés. Il y a l’orange, le vert et le bleu mais pas dans tous. L’autre est que l’usage qui en a été fait provoque à chaque fois des vibrations étonnantes.

L'oeuf-femme, dessin d'enfant, cliché Elisabeth Poulain

L'oeuf-femme, dessin d'enfant, cliché Elisabeth Poulain

. La bonne femme-œuf vert au tracé extérieur bleu est le premier dessin que je vous présente. Elle est positivement admirable, tellement elle est bizarre. Bien centrée dans une page de listing d’ordinateur qui a déjà été barbouillé au verso, elle se tient admirablement sur ses deux jambes, les pieds bien calés dans des pantoufles jaunes, tout comme sa jambe droite. L’autre est orange marron. Ses deux bras en bleu sont tendus vers le haut, avec chacun ses cinq doigts remplis de vert jaune.

Sa tête est une pure merveille, avec d’abord son cou jaune vert, pour faire le lien avec les mains. Son visage tracé en bleu était aussi au départ vert-jaune puis la couleur a été modifiée pour passer franchement au vert franc rayé. On distingue néanmoins très bien les yeux ronds comme des billes de loto, son nez à narine unique et ses yeux plus clairs bien ronds en billes de loto.

Et le corps ? C’est un œuf rouge rempli d’une série orange de 4 œufs en bas, de trois rangées d’œufs marron dont le plus gros à droite a bien du mal à trouver sa place à l’intérieur et de trois rangées d’œufs violets en haut. Et le tout fait une vraie composition avec peut-être deux artistes, dont l’un aurait fait la tête et l’autre les pieds… Avec tout de suite une question : qui a fait le corps, une autre façon de savoir jusqu’où descend la tête et jusqu’où montent les pieds ?

Maman-Cane et ses canetons, dessin d'enfant, cliché Elisabeth PoulainMaman-Cane et ses canetons, dessin d'enfant, cliché Elisabeth Poulain

Maman-Cane et ses canetons, dessin d'enfant, cliché Elisabeth Poulain

. La cane et ses trois canetons en promenade sous la protection d’une drôle de forme émergée à l’arrière. La scène est idyllique. Maman-Cane au joli plumage bleu moyen vers l’avant, est habillée d’une bande bleue foncée, avec ensuite un panachage de rose moyen et de rose plus clair qui ressort bien sur le tracé extérieur en vert. Ces coloris vont se retrouver chez les trois canetons dont la taille diminue avec le rang d’ordre.

La Bande des Quatre flotte gaiement sur les vagues de plusieurs bleus sous lignés d’une bande rouge et d’une orange. Une bande verte au-dessous montre la terre ferme avec sur le côté droit une colline de couleur orange qui plonge à l’horizon. Un volumineux soleil souriant au visage de clown domine toute la scène. C’est charmant, bien composé et plein d’inventivité, avec cette forme bleue sans œil apparent cette fois-ci encadrée de bleue qui sort la tête de l’eau en arrière. Est-ce une tourelle de sous-marin ou un serpent de mer bienveillant ? Je gage pour la seconde solution, mais il lui manque un œil !

Il convient de citer enfin le dessin du soleil du haut qui a dû être fait en premier. Il n’a pas forcément plu ; quoi qu’il en soit, la feuille n’a pas été coupée. Elle a été repliée vers l’arrière et la pliure soulignée d’un tracé orange fait à la règle. Le soleil s’inscrit dans un grand cercle composé par une première couronne de rayons de couleur orange qui se terminent par un point chapeauté d’un demi-cercle de couleur rouge-rose foncé, le même qu’on retrouve en bas entre le trait de la vague bleue foncée et l’orange qui termine la composition. Le visage du soleil proprement dit est bien évidemment situé au centre ; il ressort en traits rouge-rose foncé, sur fond orange. On dirait un visage de clown très souriant, avec un gros trait rouge-rose qui souligne encore son sourire.

La petite fille au grand sourire, dessin d'enfant, cliché Eisabeth Poulain

La petite fille au grand sourire, dessin d'enfant, cliché Eisabeth Poulain

. Pour finir voici « la petite fille qui sourit», qui tient dans un rectangle de papier de 13’5 cm sur 9. C’est le dessin signé au dos en lettres majuscules bleues au verso. Sa réalisation n’a pas de nom. Du papier, des crayons feutre de couleurs variées et… voici (1) un visage tracé en couleur brune avec deux ronds pour les yeux, un autre pour le nez et une grande courbe pour le sourire qui remonte très haut vers les yeux.

Reprenons séquence par séquence. (2) C’est la robe verte en forme de cône qui a marqué le signal de départ, ou plutôt son tracé orange qui a été rempli après que la structure globale en orange –sauf la tête- ait été formée. (3) Ensuite vient le petit V en guise de torse-triangle qui soutient l’ensemble de la composition du haut. Celle-ci se compose des bras de couleur brune envoyés horizontalement pour occuper tout l’espace, de la même façon que toute la hauteur a été utilisé. (4) Sur le triangle repose le cou, représenté par un rectangle fortement renforcé au feutre. Cet axe est l’élément structurel le plus fort à voir. Au-dessus, ont été dessinés (5) la tête en tracé jaune, de la couleur soleil en haut à droite, juste en dessous du ciel bleu représenté dans le bandeau du haut. (6) Des grands cheveux, 3 à chaque fois, s’échappent de la tête pour venir boucler vers l’intérieur de chaque côté de la tête. Avec à chaque fois, une hiérarchie descendante, le trait bleu le plus long étant situé vers l’extérieur.

Le jeu des lignes. La structure vient du V inversé de la robe, avec l’horizontale des bras, une diagonale axée droite haut, vers le bas à gauche formée par le bas des boucles. La partie droite de la composition est plus dense que la gauche, outre le soleil, y figure un cœur bleu ciel qui renvoie au ciel du haut. Quant à la partie basse, elle est très fortement marquée par ses grosses tâches noires qui montent comme des bulles qu’on retrouve dans les bras. Il reste à citer les deux « allées » vertes situées sur chacun des côtés qui partent ou arrivent à la robe verte par chacun des côtés.

Dessins d'enfant, la femme-oeuf, la cane & ses canetons, la petite fille, Cliché Elisabeth PoulainDessins d'enfant, la femme-oeuf, la cane & ses canetons, la petite fille, Cliché Elisabeth PoulainDessins d'enfant, la femme-oeuf, la cane & ses canetons, la petite fille, Cliché Elisabeth Poulain

Dessins d'enfant, la femme-oeuf, la cane & ses canetons, la petite fille, Cliché Elisabeth Poulain

Synthèse rapide de ce que peut voir l’oeil.

- Le Ier dessin montre à voir une forme humaine à cheveux bouclés, jambes et bras bien écartées en signe de bonne préhension de l’espace, avec une tête marrante, un regard assuré, un grand sourire et un corps-œufs de couleur rouge chauffant, rempli de 23 œufs absolument fabuleux, sans encadré ni décor supplémentaire. L’énergie n’a besoin ni d’un décor, ni de barrière. Le tout a été collé sur un carton orange, ce qui explique qu’il n’est pas possible de lire ce qui a été écrit au verso.

- Le dessin n°2 représente une scène très sophistiqué à quatre plans-séquences. La bande la plus éloignée est un soleil à face de clown souriant qui éclate de vitalité avec tous ses rayons enserrés dans un double cercle rouge-rose renforcée d’un trait noir vers l’intérieur. La seconde bande orange et rose représente la montagne, qui rencontre la bande de prairie verte, en bordure de l’eau - ou avancent maman-cane et ses canetons de gauche à droite - qui constitue la séquence de couleur n°4, qui elle-même se termine par le jeu d’un tracé rouge-rose et orange ensuite. Comme un monde global ou l’air renvoie à la terre et à l’eau, la terre à l’eau et à l’air et l’eau à la terre et au ciel, avec un mouvement horizontal qui va de gauche vers la droite et une grande diagonale qui coupe la scène du haut-gauche au bas-droite qui sépare le soleil, de la terre et l’eau.

- Le dessin n°3 représente une petite personne qui rayonne ; elle soutient le monde en portant le ciel bleu sur sa tête, avec ses cheveux bleus, auquel elle a accroché le soleil, ses pieds qui sont des chemins verts, ses bras repoussant les murs. Sa robe verte se transforme en volcan éclairé par le soleil qui est aussi la couleur de sa tête, de ses bras et de ses mains, avec du brun-couleur de l’arbre. Quant aux bulles noires, elles signent la force de sa vitalité, c’est la couleur la plus forte qu’elle a pu trouver, en l’absence de violet…

. Pour suivre le chemin

Photos Elisabeth Poulain

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Architecture > Entre forme & peau, Le dedans-dehors > Ile de Nantes

23 Février 2015, 15:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

Nantes, Ile de Nantes, Manny, double peau, résille d'aluminium, Cliché Elisabeth Poulain

Nantes, Ile de Nantes, Manny, double peau, résille d'aluminium, Cliché Elisabeth Poulain

Quand on a le sentiment d’avoir la sensation - et selon les cas - déjà tout fait, tout vu en matière d’architecture, que peut-on faire, pour exprimer du nouveau ? C’est ce qu’on demande à la profession des architectes, du nouveau-nouveau, encore plus nouveau que celui d’hier, pour être en phase avec l’époque, d’un nouveau qui a laissé le concept de progrès au rang des valeurs du début du XXe siècle. On cite toujours encore la technologie et le développement durable comme facteurs sûrs de l’évolution. Oui, mais concrètement, que faire de plus pour être « en phase », alors que le parallélépipède rectangle ou le cube est de plus en plus la forme de base? Celle qui est la mieux adaptée pour optimiser l’espace qui, forcément, est et va nous être encore de plus en plus compté. Et alors même que le monde de toutes les cultures nous est accessible, comme jamais auparavant, avec des effets très nets sur les tendances en matière de « look » des immeubles.

Une des réponses alors est de focaliser l’attention sur la singularité du travail architectural portant sur les façades visibles de la rue . L’important ne porte plus sur la disposition des ouvertures d’une façade, leurs dimensions, leurs modes d’ouverture, en plus de la forme globale qui devient apparemment plus simplifiée… qu’une nouvelle façon d’envisager les relations entre le dedans et le dehors et donc ...une autre relation avec les autres, tout en assurant un recentrage sur soi. Un sacré challenge qu’on peut appeler une double-peau. La double-peau est une des réponses à cette exigence de la novation. Elle consiste à modifier la relation entre l’intérieur et l’extérieur d’un immeuble en créant une sur-enveloppe extérieure fixée à la façade d’accroche. Il n’est alors plus possible de définir une façade seulement comme une paroi sur laquelle s’accrochent toutes les structures intérieures que sont les planchers-plafonds, les escaliers… avec des ouvertures dont l’emplacement est régulé par les fonctions dictées par les usages intérieurs.

On pourrait dire que la (vraie) façade porteuse proprement dite est doublée en extérieur par une autre façade à fonction de look accrochée à la première, de sorte qu’on ne voit plus du dehors ni la façade porteuse, ni ce qui se passe à l’intérieur, puisque la perception même de mur/ouverture est modifiée. Vue de l’intérieur, la double-peau interfère évidement avec ce qu’on perçoit. Elle génère son propre paysage. Chaque ouverture dispose d’un paysage différencié, du fait du jeu de lignes variées - bois, métal ou béton- qui se croisent, s’entrecroisent de façon très élaborée par l’architecteur-concepteur, pour éviter en particulier l’effet-prison des barreaux verticaux et chasser l’uniformité qui pourrait être un autre danger. Dire qu’il n’y a plus rien à voir du dedans vers l’extérieur serait aussi erroné. Le placage extérieur laisse entrevoir des entre-deux, entre croisillons, entre lattes, entre poteaux qui se croisent, avec aussi savamment disposés des vides qui forment autant de surface de respiration pour éviter l’effet monobloc …Le jeu de l’architecte est alors à la fois de mettre en œuvre un concept graphique en relief et d’éviter la répétition trop prévisible, pour imposer un style vivant, à l’instar de ce qui se fait dans la nature.

 

Nantes-Ile de Nantes-Manny-résille d'aluminium-Patrice-Coupechoux-Clichés Elisabeth Poulain
Nantes-Ile de Nantes-Manny-résille d'aluminium-Patrice-Coupechoux-Clichés Elisabeth Poulain
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Nantes-Ile de Nantes-Manny-résille d'aluminium-Patrice-Coupechoux-Clichés Elisabeth Poulain

Nantes-Ile de Nantes-Manny-résille d'aluminium-Patrice-Coupechoux-Clichés Elisabeth Poulain

Les raisons avancées de ces réalisations innovantes sont toujours calées sur de savantes avancées technologiques pour ventiler la paroi, diminuer la chaleur, le froid, la lumière tapante, assurer une thermie régulée, améliorer de l’intérieur l’atmosphère de travail en favorisant la concentration, apaiser les tensions éventuelles, et aussi évoquer la présence de la nature par l’univers du bois pour sa présence rassurante, des bruits d’oiseaux pour leurs vertus calmantes… ! Autant de bonnes raisons qui font que chaque bâtiment acquière de facto une singularité forte d’image de nature à s’ancrer dans la ville, le quartier et… dans le regard de chacun. C’est aussi une des fonctions des liens étroits que l’architecture a toujours noué avec l’urbanisme, la sociologie, la psychologie, l’art, la communication, le paysage urbain, …et les tendances de la mode.

L’Ile de Nantes offre plusieurs réalisations dont la plus connue est certainement Manny, comme est nommé ce bâtiment datant de 2009 réalisé par l’Agence Tetrac (2009) pour Fabrice Coupechoux. Dans la Région des Pays de Loire, cet immeuble est cité toujours comme un modèle d’innovation architecturale à forte connotation urbaine. Sa double paroi d’aluminium constitue vraisemblablement le seul exemple régional d’un immeuble de bureau situé dans un site emblématique choisi par la métropole de Nantes pour être une vitrine de son savoir-faire innovant. Une double façade peut aussi s’entendre d’une autre façon. La première que nous venons de voir. Pour Manny, on parle d’une « résille d’aluminium. » L’autre est que l’immeuble est situé à un angle, dont on ne voit que deux de ses façades que l’on voit dans l’axe de l’angle en majesté, pour bénéficier de l’effet « proue du navire ». Avec un vide vers le haut, sans double épaisseur, comme un œil ouvert vers le cœur ancien de la ville de Nantes, par-delà le chenal principal de la Loire. De l’intérieur, une photo prise par le CAUE montre à voir une des façades à résille et l’autre avec uniquement la grande paroi vitrée. La différence de ressenti est impressionnante, tant la légèreté vue de l’extérieur est une évidence, alors qu’à l’intérieur on repère surtout les poutres qui soutiennent l’ensemble. Celles-ci entrent en fort contraste avec « l’œil ouvert » sans double-peau qui structure le haut de l’angle de l’immeuble.

Lors de notre visite, Patrice Coupechoux a tenu à nous indiquer que cet espace de légèreté entre les deux façades est aussi mis à profit pour diffuser des chants d’oiseau pour détendre ceux qui passent dans la rue, une jolie façon de rappeler que la nature est à nouveau présente dans cette partie de l’Ile de Nantes qui a déjà connu plusieurs cycles de vie. Une façon de célébrer le nouveau cycle de la renaissance de l’Ile axé maintenant sur la création, la jeunesse, l’architecture avec l’Ecole d’Architecture toute proche, et aussi la Justice dont le Palais - un grand parallélépipède rectangle noir - se situe en bordure de Loire, juste devant Manny. Plus loin devant, dans l’Ile de Nantes, vers la queue de l’Ile, en suivant le sens du courant, d’autres bâtiments au look de grands hangars sont bardés de bois en formes de lancettes, de poteaux, dans l’objectif de modifier la perception de la nature de la construction en parallélépipède rectangle. De (simple) grand hangar, la nouvelle construction devient bâtiment contemporain, surtout si en photo, on lui adjoint des ramures d’arbres qui frissonnent de vie devant la double-peau. Comme je l’ai vu pour Manny, dont la dénomination est à elle seule un élément d’anthropomorphisme admirable.

Pour suivre le chemin

. L’Ile de Nantes à redécouvrir sur, http://www.iledenantes.com/

. Manny (2009), l’immeuble de Patrice Coupechoux, PDG du groupe de design du même nom, retrouver les fonctionnalités technologiques de l’immeuble sur Architect : Agence Tetrarc - http://www.tetrarc.fr/ et en savoir plus grâce à http://www.paperblog.fr/2759929/manny-la-mammouth-givre-de-nantes/#2LMQsaEFhuo8jbLW.99

. Avec une bonne analyse et des photos superbes sur http://www.caue-observatoire.fr/detail/nantes-immeuble-manny.aspx?id=9AF8D4CD-3E30-4E2B-9772-45B960AF69D6

. Photos Elisabeth Poulain

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Le vin en représentation > Le verre à vin rouge > Collection Emmaüs

22 Février 2015, 16:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une très curieuse encre que j’ai trouvée il y a quelques années dans un centre Emmaüs. Une représentation très originale d’un verre de vin rouge qui marche, avec en guise de chapeau une coupe de vin blanc renversée qui lui sert d’ombrelle. Je sais bien que décrite ainsi cette œuvre composée de bleu-gris, de rouge, de jaune et de noir pour le dessin des formes, tout cela parait bizarre. La voici, avec le nom du peintre et les dimensions du tableau d’abord. Le peintre qui a signé cette représentation du vin à l’allure d’un homme en marche s’appelle Klot, comme on peut le voir au bas de son carton à gauche.

Le tableau encadré d’un cadre d’aluminium poli mesure 59 cm de haut sur 33,5cm, cadre compris. C’est dire l’importance que l’artiste y a attachée. Clairement, Il n’a pas cherché à reproduire en taille réelle un vrai verre à vin rouge. Le verre. Il a une allure d’un homme en marche au moment où celui-ci reporte le poids de son corps sur sa jambe gauche, la droite étant en l’air un court moment, avant de rejoindre l’autre jambe, qui vues de profil sembleraient ne plus en faire qu’une seule, chacun sachant qu’un verre n’a qu’un seul pied. En principe, car j’en ai déjà vu (des verres) qui en ont deux (jambes) à un moment dédoublées avant de se retrouver unies pour rejoindre la coupelle qui leur permet de tenir le verre droit.

 

Homme qui marche, Verre à vin rouge, Encre signée KLOT, Coll. Emmaüs, Elisabeth Poulain

Homme qui marche, Verre à vin rouge, Encre signée KLOT, Coll. Emmaüs, Elisabeth Poulain

La partie ventrue du verre tulipe. Elle est remplie d’un vin rouge orangée claire qui éclate sur le fond bleu-gris, avec un tel dynamisme qu’il en arrive à bomber en un bel arrondi le haut de sa rencontre avec l’air. Ce qu’il n’arrive jamais à faire dans la réalité. C’est de l’art quand même. De la même façon que ce drôle de verre n’a plus qu’un seul côté en haut. Bon, d’accord. L’autre côté en a profité pour se hausser au point d’avoir l’air d’un bras qui se dresse droit, non pas pour toucher le plafond mais pour attraper la coupe de champagne sans bulle qui, lisez bien, se trouve exactement au-dessus de la tête du bonhomme, sans cou, avec une forte spécificité.

La coupe de champagne. D’accord elle n’a pas de bulles mais ce n’est pas ça, son originalité. C’est qu’elle est clairement renversée, sans qu’aucune goutte ne s’échappe. Ca, c’est fort. Une si belle ombrelle, pour évoquer le vin blanc. Le seul vrai mystère est de connaître la signification de la curieuse forme qui existe en bas, à l’allure d’une pince.

Pour suivre le chemin. Ce tableau porte à son verso l’étiquette de l’encadreur A. Laiyet, 41 rue Plantagenêt, 49000 Angers, avec le n° de téléphone 87 44 05, qui indique clairement le passage du temps.

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Le fond, le mur gris en fascination > Son étrangeté en pub

17 Février 2015, 09:50am

Publié par Elisabeth Poulain

         

Le gris en couleur. Il ne vient jamais en premier choix dans une photo-couleur. On ne peut pas dire non plus qu’on l’utilise  par défaut, pour faire autrement ;  peut-être un peu, mais l’explication serait trop courte et trop facile. Elle n’apporterait rien  de bien intéressant. Le gris était, il y plusieurs décades, une non-couleur, qui présentait l’avantage majeur d’être pour les personnes une sorte de passe-partout dans la foule ou dans un groupe, au bureau par exemple, pour être le moins visible possible. Les hommes avaient des costumes gris, les premiers pantalons des garçons étaient gris. Les femmes à partir d’un âge certain s‘habillaient de gris pour « ne pas attirer l’attention sur elles.» 

Une non-couleur choisie pour ne pas attirer l’attention, en signe de bon ton aussi, qui montrait la réserve pour les hommes et la volonté d’afficher la modestie exigée pour les femmes. C’était le rôle attribué au gris, être un ni-ni,  ni blanc, ni noir, ce qui suivait le noir quand on n’était plus obligé-e de porter le noir du deuil, la façon bourgeoise d’être dans le ton, le ton juste, pour ne pas détonner dans un groupe fortement structuré par des codes communs et en particulier celui du dress-code, comme on ne disait pas encore!  

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Une teinte plus que passe-muraille.  C’est déjà le cas dans le double usage qu’en font des photographes professionnels, en choisissant des fonds gris pour des clichés de studio ou de murs extérieurs gris d’usure malmenés par le temps. Une double façon de focaliser  le regard sur la jeune femme ou son homologue homme qui porte le vêtement par exemple ou de sur-jouer du contraste entre la perfection de leurs traits et des modèles portés et le vieillissement décrépi d’un mur de façade ou d’intérieur d’usine par exemple.  

Ses usages. En intérieur à titre de fond virtuel uniforme, le gris peut s’analyser comme une certaine forme de disparition  du décor, du paysage environnant pour attirer et concentrer le regard de celle ou celui qui regarde sur la cible choisie par le photographe. C’est clairement un choix très stratégique. On peut aussi l’interpréter autrement, où le gris mange tout le décor ou le paysage en signe de sa puissance.

En exemple, voici une photo sur fond gris d’une table en argent massif aux armes de Guillaume II d’Allemagne dans une exposition qui s’est tenue à Versailles au château dans le cadre d’un mécénat assuré en majeure partie par Martell, la grande marque de cognac du groupe Pernod Ricard. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle (1664), Louis XIV fit réaliser pour son usage des meubles d’argent massif, une mode qui s’étendit à toutes les familles régnantes d’Europe. Le choix du photographe d’Entreprendre, le magazine de Pernod Ricard, a été de présenter cette table très richement ornée sur un fond uniforme gris, sur lequel ne se distingue pas le mur du sol. Un procédé souvent utilisé  pour éviter de couper par une ligne horizontale le fond à la jonction entre le mur et le sol.  Une façon aussi de jouer avec la lévitation, car toujours se pose la question des pieds.

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En intérieur, le choix du gris pour un mur est destiné à jouer du contraste. Il s’agit de faire vibrer les multiples variations de gris qui résultent du choix d’un matériau comme le béton. A l’extérieur ou à l’intérieur, ce matériau a ouvert de nouvelles perspectives avec ses empreintes de coffrage, sa fausse uniformité, sa puissance perceptible aussi bien avec en particulier ses jeux de couleur du temps, quand celui-ci n’est pas dominé par le bleu du ciel.

Un exemple avec des gris-béton d’intérieur relevé dans Elle Décoration (2014). La couverture est dédiée à la couleur rose, avec ce sous-titre « L’effet-lumière ». Juste après, un large visuel Roche et Bobois occupe la 2 de couverture et la page 1 qui lui fait face.  Des canapés et fauteuils de couleur noire sont disposés  autour d’un tapis bleu. Une sculpture noire de cinq pliures de métal se détache sur un mur béton coulé composé de  rectangles dont les lignes structurent l’ensemble. Le panneau de lumière offre une alternance de panneaux béton gris et de verre qui laisse passer la lumière blanche. Le sol gris très clair parle au mur de béton gris-béton qui fait ressortir l’ensemble noir.

Ce choix d’un gris uniforme comporte un risque majeur, qui est celui de la monotonie qui pourrait exister même s’il existe une infinité de nuances de gris surtout s’il est clair. C’est en effet le gris clair est souvent choisi pour mettre en valeur la marque, l’objet qui constitue la cible ou la jeune femme le plus souvent qui porte le vêtement, le sac, les chaussures et tout ce qui se vend et s’achète en distribution de luxe. Le gris clair dont il est question ici est celui qui résulte du mélange avec du blanc, une pointe de beige, de rose, d’orange ou de vert maintenant pour ne ressembler à aucun autre, surtout qu’il joue constamment avec la lumière.

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Un exemple dans Citizen K avec Petit Bateau (2008-2009) qui fait poser ses jeunes mannequins tous sur fond gris clair sans coupure horizontale franche dans ses 6 pages de publicité. On perçoit néanmoins la volonté du photographe de suggérer l’horizontalité sur laquelle reposent les pieds des mannequins. Le fond très clair en bas se fonce très légèrement vers le haut, sans effet de halo, mais avec quelques ombres pout les jambes.   C’est la meilleure façon de capturer un regard centré sur le modèle, sans déperdition ni vagabondage de la vue. Une façon aussi de faire un travail net, surtout avec des vêtements, gris moyen, gris légèrement foncé et blanc et surtout sans un sourire.

Le champ de création des gris associés à la lumière est infini, non seulement lors de sa création, de sa capture photographique, de son impression, de la lumière existante ou de l’air du temps. Le but de l’association à la lumière est de créer un fond par cliché, avec  des effets lumineux qui s’interpellent, se complètent, entrent en contact ou en opposition. Il y a souvent des effets de halo auprès du visage , ou de la silhouette entière de façon à retrouver en ce XXIe siècle des techniques de peintures que des grands peintres de la Renaissance en Europe savaient déjà utiliser pour les Puissants. Ces clartés ciblées qui ont pour objet de faire ressortir la profondeur du fond sont complétées par des effets d’ombre qui sont de plus en plus présents de façon à nouveau re-donner pleine vie au fond, qui a toujours été un élément fondamental d’ancrage, que ce soit en peinture ou en photographie.  

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En quelques d’années d’usage, le risque de monotonie est déjà apparu, avec un autre risque qui était de faire de la cover-girl ou du cover-boy un mannequin de bois, d’où la vie était partie. Une des réponses, outre le halo, est de jouer avec des ombres, les siennes d’abord ou d’autres pour suggérer un certain télescopage.

C’est ce dynamisme qu’on voit très bien sur le double visuel Louis Vuitton (2014), avec deux fois la même jeune femme de face à gauche, de profil à gauche, avec la même robe, le même sac, un rose sur la page de gauche et un bleu sur la page de droite. A chaque fois, il y a  un gros travail d’ombre différent bien sûr, avec aussi un élément de rupture et un lien grâce à l’ombrage plus foncé du gris. La rupture est montrée dans le pli que la toile grise tendue qui forme le fond, à la fois mur et sol. C’est une jolie façon de monter le mouvement. On le voit en partie droite en bas et l’ombrage différent en partie droite du visuel de gauche et en partie gauche du visuel de droite permet de lier les deux composantes du visuel double, comme un clin d’oeil. A la fois la même, à la fois différente, grâce au même sac mais pas de la même couleur…  

La composition du gris. Tout lui est bon pour faire vibrer la couleur de l’objet de la publicité, personne, vêtement, chaussure, meuble… C’est dire aussi que ce gris qui nous entoure, qui nous imprègne, qui n’est ni la couleur du jour, ni celle de la nuit, c’est un environnement, le nôtre, celui dans lequel nous baignons, l’air que nous respirons. C’est le gris de l’urbanisme, de l’architecture, de l’intérieur de nos logements, des bureaux, des hangars d’usine…c’est aussi une des innombrables variantes qui ressortent des photos en noir et blanc, pas forcément anciennes d’ailleurs.  

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4è exemple pour un manteau de fourrure de Fendi sur fond gris à New-York en gris clair dans lequel ressort un des immeubles le plus connus de New York, le Flat Iron, en gris à peine plus dense. C’est là un procédé intéressant qui consiste non pas à partir d’un cliché en noir et blanc mais d’une photo en couleur dont les tonalités de couleur sont très peu accentuées. Le manteau de fourrure joue sur des bandes horizontales de couleur grises foncées bordées de blanc, qui ressortent sur ce fond gris très pâle pour le ciel de New York. Celui-ci se détache  entre deux immeubles dont le Flat Iron fait ressortir l’axe vertical structuré des fenêtres au grisé plus dense. La situation ici est plus complexe. Il s’agit d’opposer des jeux de variations et des lignes de gris noir, gris et blanc de la fourrure, avec en  contraste de fond une vision très  douce de la ville de New York.

Les gris de vieux murs des vieilles villes.Ils offrent ou plutôt offraient à la vue des curieux une formidable scénographie en relief, chaque disparition d’écaille de peinture dessinant  une cartographie unique en lutte constante avec le temps, les agressions diverses, des graffitis ou à partir de 1885 des « Interdictions d’afficher ». Avant la seconde guerre mondiale, avant le temps de l’arrivée des ravaleurs de façades pour enlever les outrages du temps, des maîtres de la photographie comme Robert Doisneau ou Willy Ronis se firent un intense plaisir d’en faire le sujet central de leurs clichés. Comme en hommage à cette époque révolue de grande misère aussi, des publicitaires se sont saisis de ce thème en noir et blanc pour jouer le contraste de leurs couleurs.

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Cet exemple est une publicité pour femme et enfant de Burberry. La composition en noir et blanc est entourée d’un cadre composé de jeunes femmes souriantes et habillées de jaune et de rose de Burberry, la célèbre marque anglaise. Le cliché du centre en noir et blanc a peut-être été pris à Paris, sans que ce soit une certitude. Ce qui nous intéresse ici, c’est le mur derrière la jeune femme pensive et la joyeuse petite fille, avec son petit chien peluche. La composition du mur est dense. Sur la droite on  aperçoit une colonne de pierre. Du crépi ancien posé sur le mur près de la fenêtre se décolle, en dévoilant d’autres couches par-dessous. La partie d’un volet de bois occupe le coin supérieur gauche du cliché. Le bas à droite montre à voir un grand panier d’osier très solide rempli de cordages posé  sur un socle vraisemblablement à roulettes. L’intéressant est le contraste entre ces deux personnes, grande et petite, très stylées habillées de vêtements codés en contraste avec un mur du vieux Paris oublié par les rénovateurs urbains. Gageons qu’il reste encore des murs de ce type.

Un dernier exemple de murs de façades d’une rue ou tout est gris foncé pour Prada. Il s’agit d’une histoire qui pourrait commencer ainsi : il s’agit d’une jeune femme aux cheveux dans le vent, bien droite dans son manteau gris muraille très structuré, bien fermé, avec une curieuse ceinture marron alors que les chaussures, les gants, le sac sont noirs et tout le décor  de la rue aux pavés mouillés, des vieilles devantures fermées,  baigne dans  un univers gris vert, gris, gris moyen où la marque PRADA  est inscrite en noir. C’est d’autant plus  curieux, que la marque a pris soin d’inclure une bande noire à droite  sur toute la hauteur de la photo, une façon de densifier encore la photo déjà très structurée.

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Récapitulons, le gris porte les couleurs de l’air du temps. Il sait tout faire dès lors qu’un professionnel sait en user avec doigté et dans le cadre d’un projet. Il est aussi et surtout le point commun des grandes marques de luxe, comme si acheter un meuble ou porter un vêtement de marque suffisait à lui seul à modifier tout l’univers extérieur, hors de soi pour permettre à l’heureux acheteur d’être en phase avec lui-même et les autres acheteurs.

Citons pour le seul Madame le Figaro du 2014-04-30 et sans photo, outre Prada, Louis Vuitton, Fendi  déjà citées, Dior pour mettre un sac rouge en lumière, Saint-Laurent, Chaumet (joaillerie), Armani Casa pour des murs de béton banchés en panneaux inclinés, Minotti (meubles) avec des jeux de murs gris clairs, gris foncés, sans oublier un encadré gris beige du Figaro pour mettre son offre d’abonnement en valeur…A voir ce foisonnement, on peut vraiment se poser la question de savoir si ces gris ne sont pas une façon de repousser le monde en dehors du champ de la publicité pour les grandes marques du luxe, des sortes de gris chics ou des gris-murailles qui forment de vrais îlots préservés où tout ne serait  que luxe et volupté. Le contraire en un mot d'une couleur passe-muraille, un vrai mur en forme de cocon infranchissable.                             

Pour suivre le chemin

Par ordre de dates cette fois-ci, voici les visuels utilisés pour ce billet

. Catalogue Noël du Bon Marché, Rive gauche, les cadeaux ont une âme, décembre 2003, Burberry avec la jeune femme et la petite fille et pour la jeune femme de Prada.

. Entreprendre, n°52, printemps-été 2008, dans l’article « L’Enchanteur Martell », photo en page 44

. Citizen K, Hiver 08-09 pour Petit-Bateau et  Fendi et le manteau de fourrure

. Sac et chaussures Vuitton, Madame Figaro, 26.09.2014, pp. 4 & 5

. Elle Décoration, septembre 2014, Roche-Bobois, canapé d’angle composable Scenario, table basse Ovni

. Voir une bonne synthèse de l’usage du gris sur http://www.cyberdesign.be/alberto/francais/Gris.pdf

. Découvrir les liens qui existent entre les variations de gris dans un cliché en couleur avec celles qui découlent d’un cliché en noir et blanc saisi par un grand maître Robert Doisneau en 1935, intitulé « La petite maîtresse » où l’on voit une fillette dessinée sur un vieux mur, avec à côté d’elle une petite enfant qui se demande bien comment faire comme la grande sœur, sur  http://www.photogriffon.com/les-maitres-de-la-photographie/Robert-DOISNEAU/Maitre-de-la-photo-Robert-Doisneau.html 

. Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album-photos "Couleurs-Matières", avec un conseil  qui est  de retrouver les publicités dans les magazines, tant les modifications des gris sont fortes du fait de la photo d'une photo par rapport  à ce que voit vraiment l'oeil, à croire que les objectifs révèlent des composantes chromatiques des gris. Certains gris pâles par exemple ressortent en vert pâle, d'autres en rose léger, alors que  le regard - lui - perçoit vraiment les tonalités de leurs finesses.        

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Style de Com > Les couvertures des catalogues des salons des vins

13 Février 2015, 10:59am

Publié par Elisabeth Poulain

Un autre titre plus précis et franchement trop long pourrait aussi être « Ce que vous disent les couvertures des livrets qui vous sont remis lors de votre entrée dans un salon des vins ».   Pour éviter la saturation, je vais me limiter essentiellement aux  évènements commerciaux suivants, le Salon des Vins de Loire sur trois années 2015, 2014, 2012l et 2010, la Dégustation de Vins au Grenier Saint-Jean à Angers en 2015  et la Levée de la Loire 2015 et 2014 pour le stand collectif au Salon des Vins de Loire.

. Le catalogue du Salon des Vins de Loire.Par différence avec les autres évènements commerciaux professionnels, c’est le seul catalogue réalisé par des professionnels tant pour la création que pour la réalisation d’un véritable livret à spirale facilement utilisable puisqu’on peut le plier. Par contre il n’est pas utilisable en tant que carnet de dégustation à l’instar des choix  du  Grenier et de la Levée qui ont choisi des formules moins coûteuses.

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Le livret à spirale 2015. Son objectif est de dynamiser la couverture blanche avec une grappe stylisée de neuf grains de raisin comme élément dominant avec au milieu une bulle blanche qui fait ressortir la mention « Le Salon des vins de Loire ». Celle-ci figure en noir rayé blanc avec un surdimensionnement de « Loire » en couleurs qui vont du rouge au vert en bandes rayées. Son positionnement est désormais le suivant : « La plate-forme d’échanges & d’affaires des professionnels du vignoble. » Enfin une ouverture tournées vers les professionnels de France et de l’étranger qui viennent à Angers goûter les nouveaux millésimes, découvrir des nouveaux exposants et revoir ceux à qui ils sont fidèles !   

Il y a un côté  BD au graphisme simplifié coloré de façon  attractive qui découle du code de couleurs du Salon des Vins de Loire adopté en 2014. Celui-là s’inscrivait dans une harmonie de couleurs douces, telle qu’on peut en voir par exemple dans la gamme des guimauves. L’ensemble était agréable à voir mais peut-être pas franchement impactant, même si la couleur du rose pour le vin rosé est un élément important. Quoi qu’il en soit, il ne me semble pas que cette orientation chromatique ait été retenue pour ce salon 2015, à part le rose foncé du tapis de sol, qui a été  très bon choix tonique.

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Le Dossier de Presse au format A4 2015. Ce n’est donc pas un catalogue, mais il me semble intéressant de comparer sa couverture à celle du catalogue. Evidemment la modification de dimension n’est pas neutre, le regard peut parcourir plus d’espace. On peut mettre plus d’information et en plus grand caractère. Le changement porte ici sur la grappe de raison qui est restée pleine, sans bulle à l’intérieur avec le nom du salon, un choix pour le catalogue qui affaiblit visiblement la force de l’ensemble. Dans cette présentation pour la presse, voir chacune des cinq grains roses-rouges-violettes et des cinq grains jaunes-verts acidulés-turquoises confère une réelle tonicité réussie à l’ensemble. Le positionnement en anglais se présente ainsi « The wine trade exchange and business forum. »

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Le livret 2014 du Salon des Vins de Loire. Il utilise trois éléments principaux. D’abord une coupure de la couverture en deux espaces, l’un rouge ocré foncé sur le côté gauche  et l’autre à droite grisé clair, les deux étant séparés par une courbe accentuée, qui pourrait ressembler en stylisé à un corps de femme enceinte vue de profil. En partie gauche, à la hauteur des seins, se trouve un rond avec la mention « Salon des Vins de Loire », et dans le gonflement du ventre, beaucoup d’informations telles que le positionnement du salon « Révéler l’exception d’un terroir », les dates 3, 4, 5 février, l’adresse du site…  En face, la partie droite de l’espace a été laissé pour mettre en valeur le bouquet de 18 verres inversés contenant chacun du vin rouge (6), blanc (5), rosé (5) et blanc à bulles (2). La Loire étant peut-être représentée par une goutte d’eau tombant sur de l’eau. C’est « concept » surtout avec des roseaux en arrière-plan !

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Le livret 2012  du salon des Vins de Loire est marqué d’abord par sa rupture avec le précédent. Seules les couleurs des vins dans les verres ont été gardées, mais sur fond blanc crème avec un peu de beige en bas pour adoucir, elles ressortent mieux. L’innovation transgressive est le pied de verre en forme de pied de vigne en verre la tête en bas, avec des verres remplis de vin inversés  en guise de grains. Avec comme audace majeure, la goutte de vin qui se transforme en goutte d’eau en guise de lien à l’eau de la Loire et ses fameux roseaux.  Ce n’est plus l’eau qui se transforme en vin  comme dans le fameux miracle, mais le vin qui opère  sa mutation en eau. Cette curieuse création originale a été reprise pour le catalogue 2014, ainsi que le slogan « Révéler l’exception d’un terroir ».    

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Le livret 2010 du  Salon de Vins de Loire. Le visuel plaisait tant au Comité d’Organisation qu’il a été utilisé plusieurs années de suite. On y découvre un paysage de fin de journée à la tombée du soleil, dans un espace aquatique où l’on devine encore des roseaux au milieu de la composition avec des troncs d’arbres fossilisés, comme on pouvait en voir sur des photos de grands lacs africains dans certaines parties recouvertes par la montée des eaux. Des exposants évoquaient aussi des paysages du Grand Sud languedocien brulés par la chaleur. Du réchauffement climatique extrême en quelque sorte. C’était d’autant plus curieux que  chaque tronc coupé portait un verre à vin, trois remplis de vin rouge, deux de rosé, un de blanc et deux flûtes. Le positionnement était encore fondé sur le concept du terroir  « Toute la richesse d’un terroir mise en lumière », signé « Salon des Vins de Loire, Catalogue Officiel, Angers, France. »  

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. Le livret de la « Dégustation de Vins » au Grenier St Jean …2015. Il a très peu changé au cours des dernières années, après s’être appelé d’abord « Renaissance des Appellations ». Certains vignerons d’ailleurs continuent à se servir de cette dénomination qui avait son sens tant que la certification en bio et tout spécialement en bio-dynamie avait un côté très innovant. Deux modifications d’importance sont en outre intervenues ces dernières années, la non-inscription des négociants et la pré-sélection des vins présentés au Grenier avant l’ouverture.

Il y a eu très peu de changement en 2015 par rapport à 2014 et 2013, mais qui existent pourtant en particulier dans les partenariats avec les autres évènements. Ce n’est par exemple que cette année que le partenariat avec « le Salon des Vins de Loire » est cité, avec ensuite « La Levée de la Loire, la Dive Bouteille, Les Pénitentes, Les Anonymes et Demeter ». Notons aussi que l’équipe soudée autour de Nicolas Joly et de Mark Angeli que « le Grenier », comme on dit quand on veut aller vite, a toujours cité les autres évènements viniques « off » de découverte des millésimes de l’année précédente, avec désormais maintenant aussi le SVL.  L’autre novation de 2015 porte sur la conférence quotidienne de Nicolas Joly à 15h, une le samedi et une le dimanche.  

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. Carnet de …dégustations 2015. Tel est le nom du livret de la Levée de la Loire dont la page de couverture est maintenant en couleurs, grâce à trois bandes de couleur, le bleu pour l’eau et/ou le ciel, le vert-jaune pour la vigne et le vin blanc  et l’ocre rouge pour la terre et le vin rouge. Les mentions à l’intérieur d’un cadre définissent l’essentiel, à savoir le type des vins bios du Val de Loire, le nom du salon « La Levée de la Loire », les dates, l’endroit, le partenariat avec le Salon des Vins de Loire et … quelques mentions supplémentaires. L’intérieur du livret est semblable aux livrets des années passées.

. Les pages 4 de couverture des différents livrets en 2015. En commençant pour changer par la plus novatrice de toutes.

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Il s’agit de celle du livret du Grenier Saint-Jean qui a réalisé sa première « auto-publicité » en faveur de son plan d’aide diversifiée à des agriculteurs de Madagascar. Il s’agit de « Madavin », qui porte en particulier sur la plantation d’arbres, de plantes, de semences, d'ampoules…une opération qui dure maintenant depuis 2009 sans discontinuer. Le lémurien qui figure en dernière page de couverture de la plaquette est de fait le premier visuel paru dans le livret du Grenier St Jean. Il voisine avec une grappe de raisin, qui fait la moitié de son corps. C’est la plus innovante des 4 de couv.

La plus classique est celle de la Levée de la Loire qui mentionne le sigle et les coordonnées des organisateurs – AIVB-VL - et des sponsors qui sont la Région Pays de la Loire, la CAB et BIO Centre.

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Le plus gros changement vient du catalogue du SVL. Cette année, c’est le Crédit Mutuel qui finance cette publicité pour mieux se faire connaître dans le vignoble auprès des vignerons. Son choix s’est porté sur un jeune couple, avec Monsieur en avant qui nous plante franchement ses yeux dans les nôtres et Madame, la tête penchée, en arrière et dans le flou, qui baisse pudiquement les yeux, sans oser nous regarder! Il faut aussi comparer ce visuel avec les précédents sélectionnés par la société d’Amboise « Pierre Chainier » pendant ces dernières années. Celle-ci avait  pour habitude de nous offrir une Pépée franchement racoleuse chaque année, une façon pour l’entreprise de négoce de donner corps à son slogan « Sensation Loire » !

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Souhaitons pour 2016 que le Salon des Vins de Loire trouve une Nana qui ne soit ni en retrait, ni offerte, un vraie Femme du Vin en un mot… ! 

Pour conclure, le Salon des Vins de Loire a modifié son positionnement axé désormais sur la Plateforme d’Echanges et d’Affaires à l’intention des  Professionnels du Vignoble. Avec trois réactions de ma part, une bonne appréciation et deux interrogations.

. La bonne d’abord, parler de plateforme est tout à fait adapté en ce sens aussi que le Salon se place franchement du côté des professionnels exposants et des professionnels visiteurs.

. Par contre que sont ces « échanges » qui viennent avant les affaires ? Faire des affaires nécessite forcément d’échanger. Outre cette évidence, il semblerait que ces échanges soient ceux qui ont été organisés par le Salon pour "occuper" des exposants, comme l'ont dit certains. 

. La seconde question que je me pose est de savoir pourquoi continuer ensuite parler des professionnels du « vignoble » sans oser franchir le pas « du vin » en le disant  franchement, surtout dans un salon des vins? Peut être est-ce une façon subtile de se référer à la question fondamentale de la relation de la vigne à la terre, une façon d'être en phase avec la grande famille des Bios?  

Un salon des vins a deux fonctions principales qui sont de permettre aux professionnels visiteurs de goûter les  millésimes de l’année passée chez les exposants qu’ils connaissent et apprécient et découvrir de nouveaux exposants en particulier dans les nouvelles générations et les nouveaux exposants pour toujours rester au contact de la profession. Faire des découvertes est une absolue nécessité et un des premiers plaisirs d’un visiteur professionnel, quelle que soit sa nationalité. Quant aux exposants, ils sont là pour engranger des commandes pour le millésime passé, sous peine si non de grosses difficultés financières. Eux les premiers s'adaptent sans cesse. Cette adaptation en continue est  quand même la première façon de lutter contre l’effet-vieillissement qui s'applique à tous sans exception, aux salons tout particulièrement:  ils ont aussi en toute première exigence de s'adapter aux besoins du marché et de la société. C'est une condition de survie.

Quant aux autres évènements, le livret simple atteint visiblement ses objectifs. Trop de communication perceptible pourrait nuire à l’image du vin bio. C’est donc très bien comme cela. Remarquons aussi que tous ces livrets ont pour particularité commune d'être tournés vers le dégustateur.                

Pour suivre le chemin

. Lire aussi un de mes précédents articles sur le Salon des Vins de Loire 2015 sur ce blog

http://www.elisabethpoulain.com/article-2015-le-grenier-st-jean-le-salon-des-vins-la-levee-de-la-loire-125512329.html

. Voir quels peuvent être par différence les objectifs d’un salon « lambda » qui peuvent être de mieux connaître le marché, ses concurrents, l’innovation… http://www.chefdentreprise.com/Chef-d-entreprise-Magazine/Article/Exposer-sur-un-salon-mode-d-emploi-38900-1.htm.  Mais pas dans  un salon des vins où les objectifs des deux parties sont claires : les uns doivent vendre leurs vins et les autres acheter pour satisfaire leurs clients qui veulent des vins de Loire et toujours découvrir de nouveaux fournisseurs pour être en phase avec la demande des clients.

. Photos Elisabeth Poulain des couvertures des salons aux années citées, à voir dans l'album "Paysages du Vin".   

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2015, Le Grenier St-Jean, Le Salon des Vins & La Levée de la Loire

11 Février 2015, 17:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

En ce début d’année 2015, toutes ces rencontres autour du vin  fleurissent au point de donner le tournis d’une façon étonnante. De quoi parle-t-on ? De salon du vin, de cours avec des travaux pratiques, de partage d’expériences, avec une question lancinante qui reste dans la tête qui est qu’un salon est quand même destiné d’abord à permettre à des acheteurs de venir faire leurs commandes pour l’année à des professionnels du vin, tels que des vignerons, des négociants… Restons concentré sur trois d’entre ces salons, même s’ils n’en portent pas le mot. Je préfère ne pas employer celui d’évènement –comme on le dit d’un évènement culturel - qui n’a en principe  pas de dimension commerciale comme première finalité.     

 

. Le Salon des Vins de Loire accueilli au Parc des Expositions d’Angers du 2 au 4 février 2015 inclus. Il est un pur produit des grandes institutions ligériennes qui se sont penchées sur son berceau pour le faire naître en 1986 et soutenir son développement depuis.

 

Citons pour exemple la présentation du 28è Salon en 2014 en page 3. Le Comité d’Organisation, présidé par Pierre Aguilas, comprenait tout particulièrement InterLoire, le BIVC, SPPL, CENTRECO CENTREXPORT, l’INAO, FranceAgriMer, l’Union des Oenologues de France, de la Région Val de Loire, l’Union de la Sommellerie française, section Val de Loire…  « L’aide » -le financement-  provenait de quatre institutions. A savoir le Conseil régional des Pays de Loire, le Conseil régional du Centre Val de Loire, le Conseil général de Maine et Loire et  Angers Loire Métropole. L’organisateur du salon est Angers Expo Congrès dont les noms des membres du Commissariat général sont cités.  

 

Aucune de ces informations pourtant essentielles, encore présentes jusqu’à l’année 2014 incluse, ne figure pourtant dans le catalogue 2015, ce qui est proprement inconcevable.

 

. Sur la page de couverture du catalogue, l’année 2015 marque donc sa 29è édition, une information à laquelle il n’est fait mention qu’en petits caractères contrairement aux autres années. Par contre, il est annoncé dans le catalogue officiel 2015 que l’année prochaine sera sa 30è édition, une façon très directe de dire qu’il sera là à nouveau l’an prochain, comme si on avait besoin d’en être assuré!

 

Après le Salon du Végétal, c’est pourtant le second évènement annuel majeur du Parc Expo, non pas en durée –il ne dure que trois jours- mais au titre de sa notoriété  au plan français, européen et international. C’est en particulier – mais pas seulement - pour ce salon  qui attire les acheteurs venant de toutes les régions françaises, des autres pays de l‘UE et de l’étranger que le Salon a fait l’objet d’une profonde modernisation et d’un agrandissement il y a quelques années.

 

Une autre anomalie est à voir en cette page du catalogue 2015 qui est la disparition de toute mention du Comité d’Organisation. Restent mentionnées l’organisation par Angers Expo Congrès avec ses différentes adresses et l’organisation du salon avec « l’aide » des quatre contributeurs déjà cités, à savoir  le Conseil régional des pays de Loire, le Conseil régional Centre-Val de Loire, le Conseil général de Maine et Loire et Angers Loire Métropole. Un autre document vraisemblablement plus tardif destiné à la presse a supprimé le Conseil régional Centre-Val de Loire des organismes financeurs .   

 

Le troisième point à noter porte sur la disparition de l’éditorial traditionnel signé par Pierre Aguilas, Président du Salon des Vins de Loire, qu’on trouvait encore en 2010, ainsi qu’en 2012 (en page 3, l’organisation du salon étant placée en vis-à-vis en page 2) et qui avait déjà disparu en 2014. L’édito avait pour intérêt de donner le ton des nouveautés et des objectifs du millésime du salon. Juste pour l’exemple, voici quelles étaient les points forts soulignés par Pierre Aguilas - Président du Salon - pour l’édition 2012 : 570 exposants, 82 appellations, les bars à vins à l’honneur, le Media Corner…

 

Cette année en 2015, le catalogue officiel sur sa couverture met l’accent sur la dimension professionnelle du salon. Le Salon des Vins de Loire est « La Plateforme d’Echanges & d’Affaires des Professionnels du Vignoble », avec cette signature « Un évènement Angers Expo Congrès » avec ce slogan « Vivez l’évènement en grand ».  Le lundi -1er jours du salon- a été plus particulièrement orienté vers la Grande Distribution. Les trois jours ont été dotés en outre d’un programme très copieux de de conférences, de témoignages, de dégustation, de partage d’expertises techniques, gustatives, pratiques, de connaissances marketing… avec au total 15 ateliers le lundi 2 févier, 13 le mardi et 15 le mercredi. Des échanges jugés intéressants par des participants, qui ont eu aussi pour conséquence de diminuer la fréquentation des allées .   

 

. Passons maintenant à l’ambiance 2015 dès l’entrée. Chaque salon a son atmosphère singulière, tout comme une maison, qui transmet sa qualité particulière de l’accueil à ceux qui y entrent. On pourrait dire que chaque millésime de salon a ses propres caractéristiques, ses spécificités, ses couleurs… faites d’une infinité d’éléments difficiles à définir. Et qui existent vraiment et que tous ressentent, chacun à sa façon, chacun tablant sur ses expériences passées, qui s’entassent les unes sur les autres, à la façon d’un mur dont les pierres d’assise du dessous, qu’on ne voit plus, sont pourtant aussi fondamentales que celles du dessus qu’on peut toucher, voir ou deviner.

 

Un salon est un organisme vivant d’une durée de vie très courte, dense et qui demande de ce fait un très gros travail en amont et une justesse d’équilibre très délicate. Il suffit en effet de changer un élément pour modifier la donne et provoquer des changements, non seulement attendus et d’autres qui le sont peut-être moins. L’adaptation visible et invisible d’un salon est pourtant une nécessité de façon à être en phase en continue avec la société, les attentes des exposants et de leurs acheteurs. Deux exemples :

 

  • le premier porte sur la distinction entre les vins blancs et les rouges en libre-dégustation ; les premiers placés à l’entrée du salon ont connu une bonne affluence, les seconds situés à l’opposé dans le fond  vraisemblablement beaucoup moins.   

  • l’Allée des jeunes Vignerons a beaucoup fait parler. Certains ont dû quitter leur stand habituel, leur jeunesse d’esprit et leur dynamisme ne pouvant suppléer à un nombre d’années qui ne leur permet plus d’être qualifiés de « jeunes » ; d’autres, des parents, ont été présents en l’absence de leur descendant… Avec des conséquences au Grand Palais lui-même, où le nombre de parents  présents sur le stand familial était plus important que les années passées, du fait de la participation du ou de la successeur-e à l’autre évènement, la Levée de la Loire.

 

Pour les habitués, la mémoire joue en effet un rôle essentiel dans la perception annuelle d’un salon que l’on connait. C’est particulièrement le cas  avec celui des Vins de Loire qui est véritablement toujours le navire amiral d’une grande partie de la profession. C’est encore par rapport à lui qu’on se définit comme exposant ou comme acheteur, et maintenant comme particulier autorisé à entrer contre un droit d’entrée à 30E. Toutes les autres manifestations commerciales éclatées dans la ville ou  rattachées directement au SDVL - Salon des Vins de Loire – se calent par rapport au « Mammouth ».  Les exposants s’y comptent par plusieurs centaines, les acheteurs par 9 000 quelques années après ses débuts dans sa première décade.

 

En presque 30 ans, reconnaissons que toute la société a changé. 30 ans, c’est déjà plus que la durée d’une génération en termes statistiques. Les modes de culture et plus largement les relations à la terre et à la vigne, les attentes des amateurs et des professions de distribution  ont été bouleversés en France et dans le reste du monde qui s’est ouvert à la culture du vin. Les nouvelles générations d’hier ont déjà maintenant associés leurs descendants à la bonne marche de l’exploitation. Une des conséquences est que les besoins de reconnaissance et de légitimité ont changé. La notoriété d’un domaine tient toujours à son histoire, à sa reconnaissance par les autres, au charisme de  la personne qui est le géniteur du vin, à son aura face aux journalistes et à ceux qui comptent dans le monde du vin. Très clairement aussi et cela depuis plusieurs années, le Grand Monde du Bio composé  des différentes familles des bios demande à que soient reconnues comme une évidence sa profonde légitimité et ses avancées qualitatives au plus près du respect du monde du vivant.

 

C’est sur cette question essentielle du bio & bio-dynamie que se sont développés quasiment tous les autres évènements viniques, à commencer par le plus grand que l’on désigne par le magnifique bâtiment qui l’accueille chaque année maintenant,  le Grenier Saint-Jean. Il est si connu qu’on se demande entre voisins exposants : « Vous serez au Grenier ? » Et la réponse fuse « Oui, naturellement comme chaque année.» Il a pour particularité de s’adresser aux professionnels et d’être ouvert aux  particuliers connaisseurs. Son degré d’exigence a conduit l’équipe organisatrice à prendre deux décisions fortes pour éviter les dérives. A savoir premièrement à ne plus accepter la présence des vignerons-négociants, ces professionnels à la double casquette qui ne peuvent pourtant s’engager au titre du bio que sur leurs propres vins. En second lieu, une dégustation - préalable au salon - des  millésimes présentés à la dégustation au Grenier permet d’assurer le maintien du niveau d’exigence défini par l’équipe toujours réuni auprès de Nicolas Joly.

 

Par respect pour le SVL, qui court sur 3 journées - le lundi, mardi et mercredi de fin janvier et début février de chaque année -,  le Grenier a toujours fait en sorte de placer ses deux jours – le samedi et le dimanche précédent- avant la tenue du salon officiel au Parc-Expo. Une façon logique qui permet aux acheteurs hors Loire surtout d’optimiser leurs déplacements pour venir d’abord au Grenier au cœur du vieux quartier patrimonial de la Doutre à Angers et ensuite au Parc Expo au nord de la ville dans la zone industrielle. 

 

Depuis plusieurs années au Salon des Vins de Loire, les jeunes vignerons de la famille des Bios en particulier demandaient en vain plus de reconnaissance de la part des Officiels de façon à obtenir une meilleure visibilité du fait de leur légitimité. De son côté, la CAB, la Coordination Agro-Biologique des Pays de la Loire, s’est décidée à sauter le pas. Elle a organisé en 2014 deux évènements en parallèle pour faire progresser la visibilité réelle du Bio : un stand collectif Bio au Salon des Vins de Loire ainsi qu’un nouveau salon « La Levée de la Loire »  avec 101 exposants bios,  cette fois-ci hors les murs du Parc Expo au même moment à Angers, au Grenier Saint-Jean. Celui-ci s’était vidé d’une partie de ses exposants ligériens de l’avant-veille et de la veille qui avaient rejoint le Parc Expo. Certains exposants avaient tenus à être présents dans les deux manifestations. Forte de ces résultats très positifs, aussi bien sur le stand collectif au SVL que pour ce 3è millésime de la Levée de la Loire, la CAB et l’AIVB-VL – L’Association Interprofessionnelle des Vins Bios du Val de Loire -  ont engagé le dialogue avec le Parc-Expo pour négocier dans de meilleurs conditions un accrochage de la Levée de la Loire au Salon des Vins de Loire.

 

Et c’est ainsi que pour la première fois en ses 29 ans d’existence, le Parc-Expo a ouvert ses locaux au Salon des Vins de Loire « La Levée de la Loire » non organisé par lui, au fond du Grand Palais, dans une salle dénommée « Salon Novaxia » qui est un hangar peint en blanc. Il n’est pas habillé comme peut l’être un salon. Ici, il n’y a ni faux murs noirs, ni moquette rose foncé, mais de grandes tables recouvertes de papier avec un cadre posé avec le nom de l’exposant et son n°.  C’est sobre, réduit à l’essentiel de façon à minimiser les coûts, à la demande même des exposants. Un des autres avantages est de retrouver « un côté copain » proche des voisins, avec lesquels on cohabite le temps d’un salon plus ou moins en fonction de son tempérament. C’est un point commun avec le Grenier, une bonne part des exposants du week-end se retrouvant parfois à nouveau voisins, dans un autre cadre.

 

Le choc d’univers entre le Salon et la Levée. Il est étonnant tant - et on le sait – le cadre influe non seulement sur l’ambiance mais sur les relations entre les gens. Ici on est tous ensemble d’un côté l’autre de la grande tablée qui unit plus qu’elle ne sépare. Le comptoir traditionnel dans un salon est toujours orienté de l’exposant vers le visiteur. A la Levée de la Loire, non. Il y a aussi un côté jeune qui est toujours appréciable, sans qu’on puisse dire non plus quelle est la moyenne d’âge. C’est là qu’on s’aperçoit combien le bio est présent en force. Cet « effet  bio » que savoure de façon visible un certain nombre de participants comme une attente enfin satisfaite, surtout ceux qui avaient dû impérativement choisir entre être présent à la Levée ou au Salon sans pouvoir ou vouloir se dédoubler, quitte à perdre les précieux contacts avec des acheteurs étrangers dont certains ne peuvent rester que la journée de lundi en plus de celle du samedi et/ou du dimanche.

 

Un petit goût amer quand même reste en bouche, non pas au spectacle très vivant qui se déroule à la Levée au salon Novaxia, mais aux Manquants dans les différents stands ouvrant sur les allées du Salon. Certes il y a bien les manquants dans les vignes, qui attirent le regard, car ils signent l’absence, le vieillissement, le grand départ, comme il en va dans la nature…Les Manquants à un salon offrent une autre explication : ils ne sont plus là car ils ont décidé de ne plus venir ni au Salon, ni à la Levée, et ça, clairement, cela fait mal au cœur. Eux aussi avaient pourtant beaucoup contribué de leur personne pour faire de ce Salon des Vins de Loire une locomotive de la profession, le seul salon au monde dédié à un grand fleuve, dont le Val  dans sa partie centrale est classé Unesco, le seul à porter toutes les couleurs des vins, tous les styles, du très grand domaine au tout petit, de la vieille maison de négoce à la toute nouvelle…

 

Certes une porte s’est ouverte grâce à la ténacité des Bios enfin réunis comme ils le demandaient depuis plusieurs années. Certes certains qui avaient décidé de ne pas venir cette année, vont peut-être revenir autrement, dans d’autres conditions  l’année prochaine. Car une porte  a ceci de magique qu’elle peut s’ouvrir dans les deux sens, du Salon vers la Levée et …l’inverse ! 

 

Dans son bilan de fin de salon, l’organisation du Salon des Vins de Loire  s’est, quant à elle, félicitée de la tenue de ce salon qui a attiré 9 000 visiteurs, pour l’un et l’autre salons. Soit le chiffre médian habituel des autres années.    

 

Pour suivre le chemin . Le Grenier Saint-Jean à retrouver en photos sur https://www.facebook.com/DegustationGrenierStJean et sur mon blog pour la journée de Samedi dans l’album photo dédié  « Angers-Grenier-St-Jean-Salon-des-Vins-Levée-de-la-Loire ». 

 . Pour le SDVL 2015, voir http://www.angers-expo-congres.com/le-parc-des-expositions/presentation/   et http://www.salondesvinsdeloire.com/le-salon-des-vins-de-loire/presentation/  

 

. Les contacts « Presse » ont été assurés par Clair de Lune, svl@clairdelune.fr www.clairdelune.fr 

 

. Sous le titre de « 2015, une année charnière… » pour le SVL,  lire l’interview  de Christian Groll, Commissaire général, par Mathieu Doumenge sur http://www.terredevins.com/actualites/salon-des-vins-de-loire-une-annee-charniere/   

 

. Pour la Levée de la Loire, lire, avec les principaux chiffres du bio en Val de Loire, http://www.courrierdelouest.fr/actualite/premiere-levee-bio-au-parc-expo-dangers-30-01-2015-206301

 

. Pour la Levée de la Loire, voir aussi le très bon article de  Sébastien Bonduau d’avril 2014 qui explique bien le contexte de son avancée,   http://www.biopaysdelaloire.fr/html/index.php?id_repertoire=139&pere=43

 

. La naissance du  Salon des Pénitentes est directement liée à la décision du rejet des négociants du Grenier. Son édition 2015 –dimanche 25 et lundi 26 janvier - est à retrouver sur  https://www.facebook.com/LesPenitentesAtLeGouverneur

 

. La Dive Bouteille pour sa 16è édition, dimanche 01.02 et le lundi 02.02-2015,  organisée aux caves Ackermann à Saumur par Sylvie Augereau, avec au graphisme toujours Michel Tolmer,  sur https://www.facebook.com/permalink.php?id=296643294072&story_fbid=10152668735874073 

 

. Et les vins anonymes avec 17 vignerons de Loire sur http://vinsanonymes.canalblog.com/

 

. Photos Elisabeth Poulain, à voirl’album dédié aux trois manifestations, sur ce blog, l'article devenant trop lourd. 

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Style de Pub > La Presse Magazine > L’Œil sur la Société > 2009

11 Février 2015, 11:36am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Ou comment la presse magazine fait sa propre publicité pour conforter sa place éminente dans la société et cela en avril 2009. Le visuel se présente sous forme  d’une double page de couleur bleu ciel-turquoise avec un minimum de texte paru dans Connaissance des Arts.


Le texte ne comprend que deux phrases sous forme d’affirmations. «Les magazines culturels sont indispensables pour connaître les évènements à ne pas rater, et presque suffisants pour prétendre les avoir vus. Rien n’est plus vivant que la presse magazine. » Signé « pressemagazine.eu »  

 

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L’œil et une franche réussite, au point qu’on aurait aimé le voir seul, avec un tout petit texte au fond de la pupille, mais il aurait fallu alors que l’œil soit franchement plus gros, au risque de devenir inquiétant, comme s’il mangeait tout. Le choix des concepteurs s’est donc porté sur le décalage en léger biais de la première phrase en caractères noirs alors que la signature figure en blanc sur ce fond bleu léger turquoise avec un ombrage à peine perceptible  sur le coin haut à droite pour faire ressortir les caractères imprimés.  

 

La composition de l’œil. Il est constitué de trois magazines, le premier pour figurer le bas de la paupière, un second pour celle du haut, avec de longs cils et le troisième enroulé pour la pupille, avec là aussi un jeu de pliage impressionnant pour rappeler la force du papier, qu’on a pu admirer pour les cils de toute beauté du dessus.

 

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Cette composition fondée sur le principe de la longue-vue  est à la fois très compréhensible, très forte et très subtile. Le résultat est un très beau travail de design visuel, surtout aussi grâce aux cils.          

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver le visuel dans Connaissance des Arts,  n° 670, avril 2009.

. Photo Elisabeth Poulain

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