En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Les Habits du Vin

Jeudi 25 septembre 2014 4 25 /09 /Sep /2014 20:14

 

Il est de ces photographes professionnels qui ont l’œil magique, celui qui nous donne à voir  là où nous ne verrions pas ou peu, mais en aucun cas comme lui sait le faire. Comme tous les photographes ou presque, quand Nicolas Landemard doit parler de lui, il s’exprime en photo. Il saisit alors l’essentiel, le minimum pour dire non pas le maximum, mais   ce « je ne sais quoi »  qui fait sa différence.

 

Par exemple sur un de ses sites, Nicolas Landemard ne se montre en noir et blanc qu’en ombre projetée au sol avec près de sa tête-ombre sa main droite-ombre levée dont semble jaillir la lumière qui elle-même crée un halo lumineux autour de sa tête. Seuls ses pieds doivent être les vrais, au sens où ce ne sont pas des ombres. Ce cliché constitue à la fois la page d’accueil et l’essentiel de ce qu’il a à dire - ses différentes adresses à Paris, à Bruxelles et sur le web. Sans page de conclusion, puisqu’en photo, il n’y a pas de fin.

                                                                     

Mexico-Manhattan 028

Le titre de l’exposition réalisée par le photographe, Mexico-Manhattan, rend compte de l’explosion de ces grandes tours dans un espace qui était encore « libre », non encore urbanisé, comme en réserve, sans être non plus de la campagne cultivée. Les clichés montrent à comprendre le choc du télescopage qui en résulte, avec un élément important, qui est l’absence de référence au passé. Dans une des villes les plus peuplées au monde, il devait bien y avoir pourtant des traces humaines.   


. La Ière photo. Le choix pour déterminer cette première, celle par laquelle vous allez entrer dans l’univers de Nicolas Landemard, est vraiment facile, au sens où lorsque vous avez un certain nombre de clichés devant vous, vous savez que c’est celle-là. Sans conteste. Et c’est vrai pour vous, pour moi et… pour Nicolas qui en a fait l’affiche d’annonce de son expo à Bruxelles à la maison de l’Amérique latine.

 

Il faut dire qu’elle est vraiment impressionnante au sens premier du terme, au regard de l’occupation de l’espace, du rendu des couleurs et de son étrangeté. Les immeubles, qui forment une barre, sont situés en haut. Ils occupent environ un tiers de l’espace, ciel non compris, serrés les uns contre les autres. Un autre building, dont on ne voit que le bas, occupe la partie haute complètement à gauche pour un quart de la largeur environ. Tout ce qui est conçu par l’homme est marqué par la ligne droite verticale surtout dans cette vision de la ville dense qui ne montre d’elle que des remparts érigés drus.

  

Tout le reste de l’espace en dessous montre à voir des petits arbres, des buissons gros et petits et de l’herbe, avec au milieu une rivière, un ruisseau,  qui serpente en descendant vers nous. C’est la seule longue courbe avec aussi l’arrondi des petits arbres.  Cette composition si curieuse oblige le regard a d’abord descendre en suivant le cours de  l’eau puis à remonter vers le haut, pour arriver pile sur la tour, la seule qu’on n’oublie pas, celle qui porte ce U inversé rouge, qui irradie et qui signe le cliché en guise de mystère urbain dans un paysage encore vert. 

 

Mexico-Manhattan 009

. La seconde photo est beaucoup plus difficile à choisir, car elle oblige à faire un vrai choix. C’est en fait la troisième, qui ne peut être placée en second,  qui va guider la sélection. Là, il s’agit de jouer franchement l’impact des volumes, le choc des couleurs et la composition en lignes. Il est d’ailleurs possible de commencer par n’importe laquelle de ces composantes, qui se parlent entre elles, chacune impactant l’autre. 

Le volume, plus que les volumes d’ailleurs. Il s’agit de la visualisation de l’arrête d’un immeuble, un gros bloc blanc et bleu, saisi d’en bas pour accentuer sa force, comme il en va de la proue d’un navire. C’est visiblement la dissonance qui régit les règles de bon voisinage des deux façades.    

. L’une qui est entièrement blanche à gauche est percée d’une série très calibrée d’ouvertures qui semblent carrées, qui ressortent comme des percées régulières dans une façade en relief. Ce carré ou quasi-carré qui est aussi le format préférentiel choisi par Nicolas Landemard pour ses photos.

. L’autre à droite, la bleue, est entièrement vitrée, sans que je puisse vous assurer que le verre lui-même est coloré, un peu, beaucoup ?  S’agit-il uniquement d’un reflet du ciel ? Je ne le pense pourtant pas, le ciel qu’on voit au-dessus est plus blanc que bleuté. L’intéressant ici est le jeu d’interpénétration entre ce  volume d’allure cubique, la couleur et la forme des percées qui sont un jeu à elles seules. Mais il y a plus et c’est là où la composition devient raffinée grâce aux lignes que met en valeur cette prise de vue de Nicolas Landemard.

 

Pour alléger la façade blanche percée, celle-ci est parée de deux parties saillantes en rebond sur les bords verticaux. L’objectif est de donner du relief en créant une poussée vers le haut de la structure. De la sorte se crée un effet de rainure noire qui entraîne le regard qui monte. Presque à l’intérieur de cette fente se glisse pour partie un candélabre noir très contemporain. Il est un des signaux  de la voierie qui doit être en bas.

Arrive le dernier élément, en guise de socle, cette fois-ci c’est la terre brute à nue qui dessine une ligne descendante qui va du bas gauche vers le bas droit. Cette terre brune, qui sent encore le bulldozer du chantier, n’a pas encore eu le temps de se reconstituer une protection végétale. Clairement il lui manque le vert du Ier cliché.

 

Mexico-Manhattan 001      

La troisième photo. Elle est celle qui tourne dans la tête depuis le début, celle sans qui les autres littéralement n’existeraient pas. Elle leur est également intimement liée. La raison en est que c’est celle qui abrite les outils et les travailleurs qui les utilisent. Cette cabane de chantier est la construction qui précède les autres. Pour elle aussi, on peut  parler de couleur, de volumes et de lignes pour la composition.

 

Cette petite maison bricolée par les ouvriers est de fait quasiment sans couleur, tellement la tôle est d’un gris clair si clair qu’on ne doit pas voir sa couleur les jours de pluie. Elle doit se fondre dans la brume qui recouvre tout.  D’une hauteur modeste, sa forme est vraiment très simple ; elle s’adapte à l’espace disponible au sol. Elle semble plus rectangulaire que carrée. Son toit est recouvert d’une bâche simplement posée qui tient peut-être avec quelques pierres.   

 

La cabane dispose d’une porte qui s’ouvre sur la rue. Elle montre à l’intérieur une belle plaque rouge et blanche Coca Cola soulignée d’un effet vague impressionnant. C’est quasiment une boisson nationale là-bas. C’est la seule touche de couleur, un rouge qui rappelle le rouge du premier immeuble. Seul un fût placé sur la voierie anime le Ier plan en bas. Plus que le volume, ce sont les lignes qui s’éclatent en un formidable jeu de mikado. Tout en bas au sol, Il y a l’asphalte de la rue et son trottoir. Ensuite on trouve celles multiples des plaques de tôles posées là où reste un trou. Elles sont le plus souvent posées horizontalement avec parfois aussi verticalement, quand la plaque s’adapte mieux ainsi. Pour l’instant, le décryptage est simple. Arrive maintenant le compliqué. Il s’agit de la partie supérieure au-dessus de la cabane. On voit une bande blanche qui semble monter. En arrière de celle-ci, se trouve une façade d’un immeuble de bureaux à larges fenêtres qui tracent des lignes verticales et horizontales qui nous apparaissent en oblique. Et il y a une partie arrondie métalliques dans l’espace gauche en haut qui complique encore cette densité visuelle.   

 

 Ce cliché n’a pas d’acteurs visibles, comme les deux autres clichés d’ailleurs. Sauf que là, la porte est ouverte, vraisemblablement à la demande du photographe. C’est la seule fois où l’on en voit une et où elle est ouverte. Il ne reste plus de présence de végétation comme il y en avait sur le cliché n°1, ni de terre comme sur le n°2. La couleur a disparu, ainsi que le lampadaire. L’accent chic mis sur la forme et les lignes s’est évanoui. Reste un abri construit aujourd’hui, démonté le lendemain quand le chantier sera terminé. Une nouvelle histoire commence…là où il restera de la terre disponible.      

 

Quelques mots sur Mexico. Elle est une des villes les plus peuplées au monde, qui regroupe à elle seule près de 20 millions d’habitants à près de de 2300 mètres d’altitude. Située dans une cuvette où stagne souvent la brume et entourée de montagnes, elle connait une densité de population impressionnante. Elle subît une très forte pression à la construction du fait de la conjonction de ces éléments. A l’ouest de la ville, s’élève désormais ce quartier d’affaires de Santa Fe  constitué de grands immeubles qui deviennent l’emblème de la modernité du Mexique. C’est l’endroit choisi par le photographe pour exprimer sa vision de la ville d’aujourd’hui à Mexico et de demain, ailleurs.                                                                          

 

Pourquoi trois photos. C’est une question de non-équilibre actif. Une photo parle sans conteste. Elle peut exprimer toute sa puissance sans être obligée de composer avec une autre. Deux photos peuvent coexister sans problème. Elles se parlent ou pas, tout dépend du choix qui est fait. On reste alors dans un monde clos où chacun a sa place, comme l’Ancien et le Nouveau-Monde, comme les Nantis et les Autres, comme sous l’Ancien Régime avec ceux qui roulent carrosse et ceux qui vont à pied...Ici, à Santa Fe dans ce nouveau quartier d’affaires construit à l’ouest  de la conurbation urbaine de Mexico, la distinction se ferait plutôt entre ceux qui vont à pied ou attendent le bus sous la pluie et ceux qui sont motorisés.   

 

En deux mots, c’est le vrai et pur système binaire, celui qui est le nôtre. Il offre des tas d’avantages en simplifiant notre façon de voir le monde et d’en parler. A trois, la situation se complique, il y a déséquilibre et le choix devient plus difficile et donc moins déterminé, plus tonique en un mot, donc plus stimulant.  A toute question, il y a toujours trois réponses Oui, Non et Autre. Ce « autre » vient d’une autre culture qui se juxtapose à la nôtre, dans un changement perpétuel et ouvert.    

                                                                        

Pour suivre le chemin

. Le site minimaliste de Nicolas Landemart pour Paris http://landemardnicolas.perso.neuf.fr/      

. Un autre site plus descriptif du photographe, avec une présentation par thèmes http://nicolas.landemard.free.fr/www.nicolaslandemard.com/PHOTOGRAPHIES.html

 . Mexico-Manhattan // photographies de Nicolas Landemardest une exposition qui s’est tenue à Bruxelles à la Maison de l’Amérique et L’Ambassade du Mexique en Belgique, www.america-latina.be, 27 rue du Collège 1050 Bruxelles, du 27.11 au 14.12.2009         

http://www.quefaire.be/mexico-manhattan-175177.shtml

http://blog.zphoto.fr/exposition-photographique-de-nicolas-landemard-mexico-manhattan/

. Voir aussi d’autres séries du photographe, sur Cuba par exemple http://www.reporters.be/photographers/show/52    

. Voir les activités de la Maison de l’Amérique latine, 27 rue du Collège, 1050 Bruxelles, 32 (0)2 535 93 80  sur http://www.america-latina.be/       

. Photos de Nicolas Landemard, avec son autorisation pour la reproduction et mes plus vifs remerciements.  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Mardi 16 septembre 2014 2 16 /09 /Sep /2014 11:06

Ma collection Emmaüs d’abord n’est pas une. D’abord parce que je ne collectionne pas. Collectionner supposerait une volonté certaine d’accroître le nombre de tableaux, leurs « qualités », leur typicité… Puisque collectionner amène toujours à se spécialiser pour se différencier et aller vers plus de finesse dans le domaine qu’on s’est choisi après réflexion, avec aussi une part de hasard. Voici pour le premier point.  

Ensuite, j’aime faire tourner les choses.C’est dire qu’un tableau par exemple va changer de place, parfois pour certains être mis à l’honneur un certain temps. Le temps qu’un jour, je me dise, non pas « ah, il faut changer » mais « tiens, et si je mettais celui-là ici, plutôt que là ? ». Le temps venu aussi, pour certains, de faire retraite dans des placards... ou même parfois de partir ou repartir vers... Emmaüs.   

La ronde des arbres bleus, Collection Emmaüs

Le titre. Il s’agit bien d’un tableau d’une série que j’appelle et c’est vrai « Collection Emmaüs ». Cette désignation pour moi regroupe des peintures, des photos, des dessins… d’amateurs qui ont été achetés au fil du temps, non seulement par moi mais par d’autres membres de la famille qui, eux, manquent de place justement dans leurs placards. C’est dire que je fais office de pool de rassemblement parfois définitif, parfois transitoire, d’un certain nombre de tableaux le plus souvent achetés dans un centre Emmaüs ou dans un autre centre du même type, Oxfam, par exemple à Bruxelles.

En commun, ces tableaux ont une certaine fraîcheur qui ressort encore quand la technique n’a pas uniformisé d’une façon discernable le travail du peintre amateur. Une fraîcheur qui peut porter le nom de naïveté ou de maladresse, il importe peu quand ressort cette petite vibration ou le plaisir, la tension que le peintre a pu ressentir et voulu transmettre. Je trouve cela émouvant, tout comme le geste des héritiers qui ne veulent pas vraiment jeter une toile qui ne leur plaît pas et qui préfèrent l’apporter à un Centre Emmaüs « des fois que ça plairait à quelqu’un ».       

La ronde des arbres bleus, Collection Emmaüs

Cette « ronde des arbres bleus ». C’est un titre totalement inventé et qui me plaît bien. En réalité tout ou presque est bleu dans ce tableau de 46 cm sur 38, donc les arbres aussi. Il est signé  par « filip »   qui a soigné son style de graphie dans le coin bas droit. A l’arrière du cadre, en haut au centre, on peut lire  au feutre noir entre tirets et en majuscules  " - INCULPE – "   sans accent sur le E. Sur la longueur du dessous, il y avait une longue phrase que le peintre, je pense,  a pris soin de masquer tout du long bien soigneusement. On peut penser qu'il y a une autre peinture dessous qui devait porter ce titre bizarre d'inculpe .  

La forte originalité de cette toile est d’être entièrement bleue avec des variations bien entendues et quelques jetées de couleurs autres pour suggérer l’ombre, la perspective, l’arrondi et les feuilles des arbres.     

La composition ensuite. Elle est curieuse,comme le montrent ces quatre troncs d’arbres  qui partent du coin gauche vers le centre de la toile, comme pour aller à la rencontre de l’arrondi qui part du coin droit pour rejoindre le centre de la hauteur de l’autre côté.

Les feuilles sont plus jaunes vers le côté gauche. Quelques-unes volètent encore vers le côté droit. D’autres sont déjà rassemblées dans le creux de l’arrondi, un jaune bienvenu pour que Filip ait pu apposer sa signature. Quant au bleu, il appartient à la gamme turquoise, à l’exception de la partie plane en bas  et de l’arbre dont on ne voit que le tronc presque noir. C'est là d'où vient l'ombre de la nuit.

On peut aussi procéder à une seconde lecture de l'ensemble et comparer chacun des quatre rectangles formés par les médianes verticales et horizontales, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

. Le 1er rectangle part du coin droit inférieur où se trouve la signature. Il est composé de deux parties, chacune comprenant deux sous-parties. Le bas est composé par l'ombre de la nuit et de l'ombre de l'arbre du haut, avec pour le haut, la ligne dense formée de feuilles de couleurs, qui  disparaissent petit à petit.

. Le rectangle n° 2 - juste au-dessus - est très uniforme, avec un bleu plus clair pour le fond et quelques feuilles qui volètent. C'est le rectangle le plus calme, qui a pour fonction d'apaiser.

. Le 3e rectangleà gauche en haut porte la ramure des arbres, en fait surtout celui du haut. C'est là que s'exprime la puissance du tronc avec ses fortes branches qui irradient.

. Le rectangle n°4 en bas à gauche a pour objet de porter toute la structure des arbres ancrés dans le sol qui envahissent le ciel, quand tombe la nuit. Le bleu noir alors envahira la toile, qui du coup mangera la couleur jusqu'à ce que tout soir noir...

Un tableau que j’imagine avoir été fait d’un seul coup, à l’instinct et pourtant avec réflexion préalable, pour utiliser une toile qui avait déjà servi ou qui aurait du servir à un autre projet. Un geste d’énergie pour tourner la page. En montrant comment la tombée de la nuit monte du sol pour envahir l'ensemble...jusqu'à cacher le souvenir.  

Pour suivre le chemin

. Photo Elisabeth Poulain, à retrouver dans l'album "Couleurs et matières" sur ce blog

. Centre Emmaüs Angers sur  http://www.emmaus49.com/fr/emmaus-angers/bienvenue-p43.html

.  Centre Oxfam, Bruxelles, sur   http://www.oxfamsol.be/fr/Magasins-a-Bruxelles.html   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Samedi 13 septembre 2014 6 13 /09 /Sep /2014 11:49

A Rochefort-sur-Loire, où se trouve le domaine Baumard, coule le Louet, un affluent de la Loire qui n’est pourtant pas très éloignée. C’est pourtant elle, la Loire, le plus grand fleuve de France, qui permet aux vignes plantées sur le coteau en rive gauche de bénéficier du célèbre  climat ligérien, sans oublier la belle lumière de Loire, qui donnent naissance à des vins parmi les plus célèbres de France et ceci depuis des siècles.    

Rochefort sur Loire, Baumard, Façade sur rue

Il faut bien ça pour célébrer à la fois tous les vins Baumard, les grandes appellations, comme les Savennières en rive droite de la Loire par où je suis arrivée, les Quarts de Chaume en rive gauche dans le Layon et tous les autres vins du domaine de 40 hectares qui court d’une rive à l’autre en tressant  un chant d’amour au travail des hommes, au plant de vigne, en respect à la terre, à la roche sous-jacente, au climat et au temps…

Rochefort sur Loire, Baumard, Façade d'entrée

Il est toujours plusieurs façon d’aborder un lieu, quel que soit l’endroit d’où on vient et ce qu’on cherche. Pour moi, c’est d’abord la Loire que j’ai traversée et ensuite arrivée à Rochefort, c’est la petite rue de l’Abbaye qui m’a guidée vers le domaine, le parc ensuite qui devient vigne sans rupture, avec les roses en célébration, après être  passée devant la façade d’entrée de la gentilhommière du XVIe siècle, puis en arrivant devant le chai très contemporain dont la façade joue avec le clocher de l’église proche.    

 Rochefort sur Loire, Baumard, la Gentilhommière  

Avant d’entrer dans le chai, qui focalise toute l’attention des invités,  juste derrière le domaine, commence la vigne qui se poursuit sur les coteaux pentus qui captent le soleil comme un privilège qui bien sûr ne va jamais de soi. C’est là, en pleine ville,  que commencent les vignes qui ont fait et font la renommée de cette petite ville de 2200 habitants.

Rochefort sur Loire, Baumard, entrée & vieux rosiers 

Ces vignes hautes sont plantées en rangs larges enherbés un rang sur deux, une innovation de Jean Baumard, le père de Florent. Elles rutilent de brillance, entourées par de très vieux rosiers qui ornent le portail de l’entrée autrefois utilisée pour entrer à Rochefort sur Loire venant des Ponts de Cé au sud d’Angers. 

Rochefort sur Loire, Baumard, Vignobles, vue vers la ville

C’est d’abord la vigne que j'ai voulu parcourir, laissant le chai sur ma gauche pour une découverte de cette belle parcelle qui est au cœur du jardin. J’ai d’abord entrepris de faire le tour de cette vigne, pour voir le coteau d’en bas et ensuite revenir vers le chai, après cette immersion d’un pas lent, sans chercher à aller vite, ni à forcer, comme pour percevoir la beauté de l’intérieur.

Rochefort sur Loire, Baumard, Chai

Au domaine des Baumard, tout parle du temps qui s’écoule et jamais ne s’arrête,  tout autant que du temps se fige, un court instant chargé d’éternité, celui de laisser une gorgée d’un des vins du domaine pleinement s’épanouir en bouche. Les temps aussi de demain et d’après-demain et de la transmission qui va de pair, qui s’inscrivent dans des cycles longs à faire tourner la tête.

Rochefort sur Loire, Laurent Baumard, Chai

Quelques dates pour commencer. La gentilhommière, qui porte le joli nom du Logis de la Giraudière, date du XVIIe siècle. La famille grand-maternelle de Jean Baumard  a commencé à travailler la vigne en 1634, en devenant propriétaire de parcelles qui sont toujours au cœur du domaine actuel. La famille ensuite est devenue pépiniériste, un métier qui est aussi un engagement de vie où le plant et la plante jouent un rôle essentiel. C’est en 1955 que Jean, le père de Florent, a pris le domaine en charge et commencé à acquérir de très belles parcelles en particulier à Savennières et dans le Layon, à Chaume, tout en revitalisant l’ensemble grâce à des innovations techniques. 

Avec quelques chiffres sur les vins Baumard, à débuter avec les deux types de vin, tranquilles et à bulles, les trois couleurs, avec des blancs très majoritaires, des rosés  et même deux rouges, les différentes appellations telles les Savennières, les Coteaux du Layon AOC moelleux, les Quarts de Chaume AOC moelleux en blanc, les Rosé de Loire et Le Cabernet d'Anjou en rosé, sans bien sûr oublier la distinction entre les célèbres clos de Savennières et les millésimes de la Réserve du Domaine et la gamme très connue des Crémants de Loire...

Rochefort sur Loire, Baumard, Chai, Dégustation

Florent Baumard à sa suite a pris la direction du domaine en 1987, qu’il a conforté de plusieurs façons.  Il a en particulier fait construire le chai actuel qui combine les atouts du haut de gamme, les avancées techniques telles que le bouchon à vis ainsi que la qualification et l’attachement du personnel à « son » domaine. Au plan des vins, il a à la fois resserré la gamme très large, conservé toutes les appellations, grandes et plus confidentielles qui font et ont fait la notoriété mondiale du domaine et élargi la palette avec par exemple ses Crémants de Loire. 

Les vins du domaine, qui ont ici commencé leur vie parfois déjà longue, impressionnent par leur diversité,  tout en conservant leur profonde identité ligérienne, dans plusieurs millésimes. Sur le site du domaine, par exemple chaque vin à la vente est présenté dans sa singularité avec sa fiche technique, les appréciations qui ont été faites, son prix et ses autres modalités de vente.

Baumard, Rochefort s/Loire, Coteaux du Layon, le paon

Cette démarche très claire, très anglo-saxonne aussi, est fort appréciée des acheteurs étrangers, en particulier américains. Ce sont eux qui permettent tout particulièrement de conserver les Quarts de Chaume dans la gamme.

Baumard-Quarts de Chaume-grains de raisin surmûri-Layon

Le respect de la terre, celui du plant et de la vinification, sans oublier la préservation du vin grâce au bouchon à vis, vont de pair aussi avec l’écoute du marché, la connaissance de la demande des acheteurs et la fidélité aux distributeurs. Il  n’y a pas d’antinomie comme encore trop souvent on le pense en France. La qualité est globale et l’innovation perpétuelle. C’est ce que Florent Baumard a appris après ses études en France. Il est allé poursuivre sa formation en partant à la découverte du monde tel qu’on le vit, tel qu’on le voit particulièrement en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, une forme essentielle de connaissance pour un monde, celui du vin en particulier, qui ne connait plus de frontières. Cette ouverture et une démarche très active de prospection, de finesse  et de fidélité permettent de comprendre pourquoi le domaine vend une grande partie de son    chiffre d'affaires en Grand-Export.  

Baumard, vignes, vélo, Rochefort sur Loire

Pour ma part, il est temps de repartir en passant près du vieux vélo adossé à un arbre et plus loin admirant les belles roses du domaine.  

Pour suivre le chemin

. Découvrir le site impressionnant de clarté et d’ouverture du Domaine Baumard sur  http://www.baumard.fr/

. Voir sur Facebook des séries de clichés remarquables du vignoble Baumard https://www.facebook.com/VinsDeLoire.Baumard

. Voir en particulier l'appréciation sur Florent Baumard et les vins de son domaine sur http://vintuswines.com/estates/domaine_des_baumard  

. Voir ausssi http://www.vinsvignesvignerons.com/Regions/Loire/ANJOU-SAUMUR/Les-appellations/(aoc)/Les-appellations/Quarts-de-Chaume-A.O.C    

A lire dans "Vins de Loire Magazine", n° 1, une interview de Patrick Amara avec des photos de Yolande Mignot sur "La saga du Domaine Baumard"  

. Relire "Un grand vin du monde, Le Quarts de Chaume" de Jean Baumard  

Rochefort sur Loire, Baumard, sortie, vue vers la ville

. Retrouver la ville de Rochefort sur Loire sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort-sur-Loire

. Photos Elisabeth Poulain, à retrouver dans l’album « Le vin dans tous ses états » ... et la photo signée Baumard par Baumard of course.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Mardi 9 septembre 2014 2 09 /09 /Sep /2014 12:16

 

Dur, dur de parler avec des mots, du vent, de sa force, de son imprévisibilité… sur la côte littorale atlantique, dans son action sur le sable des dunes érodées par les estivants et par…les tempêtes d’hiver et le vent lui-même.

Blog 09.09.27 051

Le vent d’abord. Il est par nature insaisissable. Le savent bien les Bretons qui dès l’automne sont amenés à condamner certaines fenêtres placées en frontal dans l’axe des vents d’Ouest, ceux qui accompagnent les grandes marées  d’équinoxe et les tempêtes fréquentes dans l’Océan atlantique. Même les gros volets de bois barrés à l’ancienne d’un Z à l’intérieur laissent toujours passer l’air qui siffle à nos oreilles. Le phénomène est bien sûr accru lorsqu’il s’agit d’une maison située directement face à la mer.

Le vent, une force agressive. Une de vos premières priorités est de préparer la maison à affronter le vent, en vérifiant si toutes les ardoises du toit sont bien fixées, si les portes, volets et fenêtres ferment bien, si les cupressus plantés vers 1860  sont encore en bonne forme, en visant particulièrement les grosses branches bien trop proches de la maison. L’autre domaine d’agression du vent, couplée à celui de la mer, est celui de la dune de sable.

Blog 2010.05.23 022

La fragilité des dunes. Chacun a pu constater combien les dunes sont fragiles. Constituées essentiellement de sable, heureusement renforcées par des oyats, elles n’offrent aucune résistance à la force des vagues venues d’en bas, accrue par celle du vent d’hiver qui fait littéralement voler le sable en surface, au moins celui qui n’est fixé par les racines traçantes des oyats.

Cette double agression est renforcée par le piétinement des estivants l’été, pressés d’arriver le plus vite à la plage et l’eau. Pour eux le chemin le plus rapide est celui qui descend en ligne droite du haut de la dune vers le bas. C’est ce que montrent les dunes fendues par ces sentes perpendiculaires qui ont tendance à se creuser et à accélérer d’autant l’érosion des dunes.

Blog 09.09.27 062

La ganivelle est une réponse à ces dégradations préoccupantes. C’est une clôture qui est vendues en rouleau formée de branches fendues à la main de châtaigniers, réunies entre elles par une double torsion du fil de fer simple (non barbelé) sur trois hauteurs. Sa hauteur est variable, selon l’usage auquel ces rouleaux sont destinés.

. La ganivelle-clôture. Elle a pour fonction d’empêcher les gens de courir droit à la plage en écrasant tout sur leur passage. Son efficacité est tout à fait réelle. Il suffit simplement qu’elle soit d’une hauteur suffisante pour les empêcher de passer par-dessus, en allant tout droit. Le sentier va donc descendre en pente faible et longue vers la plage, quitte à faire des zigs-zags.   D’autres municipalités préfèrent limiter le nombre de descentes autorisées et n’aménager que quelques descentes en ligne droite. C’est le cas par exemple à Brétignolles-sur-Mer en Vendée. Mais il est d’autres  fonctions assurées par ces ganivelles.

Blog 09.09.27 059 

. La ganivelle-capteuse de sable. Elle a un pouvoir bien connu des Anciens qui vivaient au bord de la plage. Certes la ganivelle est bien une clôture. On en oublie de dire que les branches ne sont pas jointives. Elles laissent de  l’espace entre chaque latte par lequel passe le vent, lequel vent est chargé de sable.

Le vent chargé de sable le plus léger, celui qui est en surface, se casse sur les dunes et décharge partie de son sable sur les ganivelles. L’hiver, la ganivelle devient la meilleure alliée des dunes sous l’effet du vent. Ses parties pleines en bois freinent le vent qui se décharge en sable tandis que l’espace vide laisse passer le vent lui-même.    La ganivelle est un pousse-sable très efficace qui regonfle la dune en sable.  Mais la ganivelle a encore d’autres avantages.

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. La ganivelle, un graphisme incomparable, perceptible aux photographes. Quasiment toutes les ganivelles peuvent se décliner en photo. Neuves ou fatiguées par une vaillante résistance au vent, elles se présentent en isolées ou parallèles quand elles bordent un sentier. Presque toujours elles sont associées à l’oyat qui a tendance à les dissimuler, car la plante développe ses racines au fur et à mesure que la ganivelle disparait sous effet de l’accumulation du sable. L’une monte tandis que l’autre donne l’impression de descendre. Il y a un joli jeu à trois partenaires entre le vent que rien n’arrête, la plante toujours traçante et le bois statique.  

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Tant de qualités ne sauraient faire oublier en outre que cette clôture est d’une pose simple - il lui suffit de gros poteaux d’ancrage enfoncés directement dans le sable – et d’un coût relativement modeste. Sa faculté à disparaître sous l’amoncellement du sable oblige à la renouveler dès lors qu’elle est d’une hauteur trop faible pour empêcher les promeneurs de passer, le vent d’être freiné et son chant stoppé faute d’interstice où le vent peut se faufiler.  Il reste à citer un dernier atout de la ganivelle auquel personne au départ n’avait pensé.

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. La ganivelle, ambassadeur du développement durable, promoteur du sac plastique et vecteur publicitaire efficace. La publicité a ceci de remarquable  qu’elle est capable de s’emparer de n’importe quel thème, de le retourner à son profit et de le transformer en agent de la marque. C’est le cas de Leclerc, le réseau français de grande distribution pour promouvoir la norme spéciale « NF Environnement - sacs cabas – NF 340 ». Le texte écrit en blanc sur fond d’un ciel bleu clair d’été précise : « Cette marque NF Environnement conjugue qualité et environnement. Pour votre confort et un plus grand respect de l’environnement, ce sac a été conçu pour être réutilisé de multiples fois. Pratique et solide, il limite ses impacts sur l’environnement grâce à son procédé de fabrication et à sa composition ». Pour plus d’informations, contacter AFNOR certification au (0)1 41 62 80 00 ou sur www.ecolabel.fr ». Il est accompagné du logo de la norme, le monde et une feuille d’arbre qui le recouvre en partie .

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La photo sélectionnée. Elle est excellente. J’ose croire que c’est une vraie, au sens où elle a été prise « pour de vrai » au bord d’une vraie mer, avec cette dune très proche du bord de l’eau, ce sable blond clair qui a déjà recouvert ces tiges de ganivelle déjà malmenées. Vous remarquerez qu’elles n’ont pas de pointe en haut. Elles sont coupées net au raz, à l’ancienne pourrait-on dire. Actuellement, on trouve surtout des pointes au bout, ce qui à mon goût dénature la ganivelle. Cette dimension guerrière dissuasive me semble contraire à la philosophie de ce type de protection. Sur la photo, les touffes d’oyats devant sont magnifiquement mises en valeur. Elles se détachent sur fond du sable de la plage et de la mer très calme, avec ses petites vagues. Le fond de la baie est formé d’une dune couverte d’arbres. Une dernière remarque. La photo montre aussi qu’il serait temps de revoir le dispositif  de cette clôture qui ne protège plus la dune. On voit clairement des traces de pas des deux côtés... C'est dire qu'elle ne joue plus son rôle; il est temps de la remplacer.                  

     Blog 09.09.27 031 

Une dernière photo pour la route, qui montre que la seule clôture tolérable l'été sur la plage est bien la ganivelle et qui a le mérite, l'hiver, de pouvoir être facilement enlevée.

Pour suivre le chemin

.  Découvrir la ganivelle à acheter, avec de belles photos, sur   http://www.la-cloture-chataignier.fr/Cloture-Chataignier-en-rouleau

. Admirer aussi un poster intéressant de ganivelles sur  http://www.affiches-et-posters.com/photographies-ap-5/affiche-ganivelles-p-4871.html?gclid=CMCy_6vm0cACFQoCwwodDz4Ayg#nofollow/2/           

. Photos Elisabeth Poulain prises en Vendée essentiellement à Brétignolles-sur-Mer et à La Tranche-sur-Mer pour la n°2… à retrouver dans le sous-album Mer-Eau2 à l'intérieur de l'album-mère Mer-Eau; Aldo Soarez pour le sac publicitaire, avec mes remerciements.  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Nature & Co
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Jeudi 4 septembre 2014 4 04 /09 /Sep /2014 16:30

 

La situation. Vous devez conduire une voiture à Cherbourg  afin que celle-ci soit embarquée au port via un ferry à destination de l’Irlande. Il faut donc partir à deux voitures et arriver sur place un certain temps avant le départ de façon à faire toutes les démarches préalables. Au téléphone, on vous précise fort aimablement d’arriver avant l’heure, en prévoyant largement.

 En bon élève que nous avons toujours été du genre studieux, toujours à l’heure, jamais en retard, nous sommes arrivés franchement bien avant l’heure. Après avoir été boire un café, la question s’est posée de savoir que faire, sachant qu’il n’était pas possible de déposer la voiture et de s’en retourner tout de suite après. Il fallait attendre l’ouverture du guichet d’enregistrement au départ.

Nous voilà partis à la découverte des quais et de ce qu’il pouvait avoir à voir à ceux qui savent regarder, dans une partie du port qui à l’époque ne brillait pas par ses atours. Il y avait un petit côté de désespérance, que l’on voit souvent, parfois dans des zones portuaires un peu ou franchement délaissées. C’est très vite le cas dès lors qu’il n’y a plus d’activités.  

Non loin du lieu où nous avions garé les voitures, nous sommes partis voir le quai le plus éloigné encore accessible. Et c’est là que vieillissait une vieille coque peinte en bleu moyen dans sa partie haute, barrée d’une bande jaune horizontale qui marque la frontière avec la partie basse. Dans les clichés que j’ai faits, j’ai retrouvé les cinq  que je vous présente.  


Coque-bateau-couleurs-effets-temps-2  

.1. C’est d’abord cette confrontation tonique entre ce très beau bleu « mer du sud profond » et le jaune qui m’ont attiré, en cherchant sur la coque des bonnes plaques de bleu, où il restait du bleu sur les lattes de bois. En-dessous, la partie basse a quasiment perdu toute ses teintes tant ses conditions de vie et de non-entretien ont été dures. C’est ce que vous montre le Ier cliché où l’on distingue les grosses pièces de métal rouillées.

 

Coque-bateau-couleurs-effet-temps-1

.2. Au-dessus, on distingue la couleur bleu clair d’un ciel léger. On sait qu’il s’agit du ciel à cause de la rambarde à laquelle est attaché un bout de corde. A droite, c’est du bois, à gauche on dirait une plaque de métal, avec en entre-deux pour les tenir, des grosses pièces de fer.

 

Coque-bateau-couleur-effet-temps-3

.3. Plus loin, le rendu de la coque change encore. Il s’agit d’un autre endroit de la coque qui parle uniquement la langue du métal où s’épanouit la rouille. Elle n’a été au début des premières prises de vue qu’un facteur supplémentaire pour rendre hommage au bleu. Puis les atteintes causées par cette  attaque du métal deviennent plus fortes au point sur le côté gauche du clichés d’avoir complètement mangé une partie de la surface haute qui cette fois-ci ne connait plus le bois.

Le métal se présente en lignes obliques larges pour la partie haute où on retrouve le bleu des mers du sud et encore un peu de la ligne jaune ancienne. Au milieu on voit un raccord plus récent qui détonne sur le fond de rouille.   La partie basse a un air poli, presque brillant à certains endroits. 

  

Coque-bateau-couleurs-effet-temps-4

. 4. L'accélaration de la dégradation. On distingue encore un peu la bande jaune à droite sur le métal et dans le gros trou causé par l’oxydation du métal.  Il ne reste en haut quasiment plus de couleur . On remarque surtout les stries obliques différenciées entre le haut et le bas, qui paraissent étranges.

 

 Coque-bateau-couleurs-effets-temps-5   

. 5. Reste à venir le dernier cliché présenté en position verticale. A dire vrai, il n'y reste  plus rien de cette histoire à trois composantes, de bleu, de jaune et de rouille. Cette fois-ci, il s’agit de plaques de métal cloutées, soudées, rafistolées qui n’évoquent ni le bateau, ni même le monde de la mer et des marins.

Au-delà, de cette petite histoire en couleurs, reste quand même une interrogation préoccupante. Quand on connait la dureté de la mer au large du Cotentin, on peut a posteriori s’inquiéter des conditions de sécurité imposées aux marins qui embarquaient sur ce type  de bateau. Il est vrai qu’il devait être en meilleur état, avant que qu’on le laisse croupir, comme une vieille charrue dans un coin oublié d’une grange. Mais quand même, quel bricolage! Cela impressionne… Depuis combien de temps pouvait-il être ainsi amarré, sans bouger?

Restent des photos et un fort souvenir de l’attente par un jour gris, heureusement sans pluie, dans ce coin oublié d’un port de France…

Pour suivre le chemin

. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Port_de_Cherbourg

. Photos Elisabeth Poulain, prises il y a quelques années, à retrouver dans l’album-photos « Couleurs-Matières » sur ce blog.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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  • Rouen, Cathédrale et Grue, Page 4 de couv, magazine municipal 2013
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  • 180px-Grand_Marnier_Bottle-1--copie-1.jpg
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