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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La bouteille Coca-Cola, Le bonhomme de neige, Le télescopage du temps

24 Août 2016, 16:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

En ces temps de forte chaleur, l’idée de boire bien frais semblerait s’imposer d’elle-même. C’est pourtant une très mauvaise idée, pour la santé. J’imagine que tout le monde le sait maintenant sauf beaucoup de dégustateurs de…bière ou de boissons visant directement les jeunes par exemple. Mais il n’y a pas que cette boisson. Il existe aussi des pratiques culturelles où boire froid s’impose comme naturellement.

En remontant aussi dans le temps, boire frais l’été était par exemple considéré comme un véritable « luxe », un terme impropre car on ne le connaissait pas, à la Cour du Roi Louis XIV et plus tard dans la noblesse en France grâce à l’existence de « glacières » creusées dans le sol, où la neige de l’hiver pouvait se conserver pendant une partie de l’été, sous de la paille qui faisait un excellent isolant supplémentaire.  C’était notamment le cas de la glacière du Parc de Lathan en Val de Loire.  

C’était, c’est certainement encore, le cas aux Etats-Unis, le pays qui a inventé en 1895 le premier  réfrigérateur familial. Sa fabrication  est passée au niveau industriel pendant que les pays européens se préparaient sans le savoir à entrer dans la première guerre mondiale. Dans les années 50-60, le réfrigérateur en France devient dans la cuisine un « meuble » d’un nouveau type, avec une fonction nouvelle fabuleuse qui était de prolonger la durée d’utilisation des aliments frais ou déjà cuits et d’avoir toujours sous la main des boissons fraîches.

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola, la boisson « importée « par les soldats nord-américains lors de leur venue en France en particulier ne pouvait pas être bue, chaude ou à température ambiante. Cala aurait été un quasi-crime de « Lèse Coca-Cola ». Je précise tout de suite que cette locution n’existe pas. Lèse-Majesté par contre oui ! Récapitulons. Il s’agit dans cette introduction de vous parler de boire frais quand il fait chaud.

Maintenant que se passe-t-il l’hiver dans des pays où le froid peut durer plus longtemps qu’en France. C’est le cas par exemple de la Tchéquie, qui ne bénéficie ni de la douceur du Gulf Stream ni de l’air chaud venant du Sud en traversant la Méditerranée. Peut-on alors en hiver boire du Coca Cola l’hiver, quand il fait froid ? Vous l’avez deviné : la réponse est forcément « oui ». !

C’est le bonhomme de neige qui va vous convaincre. Qui mieux que lui pour vous prouver que boire frais quand il fait froid est tout aussi agréable ? Assis tout en blanc sur un banc noir, revêtu de son beau costume d’hiver à trois boutons noirs, avec ses yeux noirs, son nez itou et sa bouche qui a du mal à sourire, il arrive presque à tenir une bouteille de Coca Cola, dont je ne jurerai pas qu’elle est bien ouverte. Passons, il existe bien des miracles en fin d’année…

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir ce blog un  bestiaire Coca Cola en abécédaire incomplet sur  http://www.elisabethpoulain.com/article-mini-cas-marketing-coca-cola-son-bestiaire-en-abecedaire-incomplet-114463001.html

. Carte postale publicitaire envoyée à titre de bons vœux pour l’année 1997 de Prague.

. Découvrir le cola local en République tchèque sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Kofola  

. Voir aussi les façons de se nourrir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_tch%C3%A8que  où la bière accompagne les repas.

. A découvrir sur Over-Blog http://episodes-histoire.over-blog.com/2014/06/ces-petites-choses-que-les-gi-s-nous-ont-apportes.html  

. Consulter aussi http://www.huffingtonpost.fr/2015/06/30/canicule-boissons-meilleures-boissons-pires-biere_n_7688724.html  

. Clichés Elisabeth Poulain

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RestoBio, Pornic, Manger bon, frais, bio, végétarien si vous le voulez

23 Août 2016, 16:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pornic, arrivée au vieux port, drapeaux français, Cl. Elisabeth Poulain

Pornic, arrivée au vieux port, drapeaux français, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Il tient dans les 70 caractères maximum obligatoires, ce qui est déjà un exploit. Il ne peut pourtant être plus complet, ce qui est dommage. C’est donc l’objet de ce billet, vous dire cette fois-ci, sans limitation de caractères pourquoi la décision d’aller déjeuner au Rest’O-Bio de Pornic, sur le plateau a été franchement une bonne idée, pour les membres de notre petit groupe forcément composite en reflet de notre époque. Il y a ceux qui mangent bio, ceux qui sont végétariens et bios ou pas, ceux qui s’adaptent comme les flexitariens, ceux qui sont plutôt portés vers la cuisine traditionnelle…L’intéressant est qu’il n’y a pas de clivage entre les végétariens et les autres. C’est un point important dans les familles ou plus largement les groupes.

Pas de souci au Rest’O-Bio de Pornic, vous avez le choix et cela dans un cadre apaisant où vous voyez le chef cuisiner devant vous, si vous avez envie de le voir. Le cadre joue en effet un grand rôle dans l’accueil du client. Il faut maintenant que je vous explique quand nous y sommes allés et comment nous l’avons découvert.
 

Pornic-Rest'O-Bio-Ville haute sur le plateau-La cuisine-Le Cuisinier-Cl. Elisabeth PoulainPornic-Rest'O-Bio-Ville haute sur le plateau-La cuisine-Le Cuisinier-Cl. Elisabeth Poulain

Pornic-Rest'O-Bio-Ville haute sur le plateau-La cuisine-Le Cuisinier-Cl. Elisabeth Poulain

Le choix du Resto-Bio. Il s’est fait préalablement sur le net en cherchant à « Cuisine végétarienne». On ne peut pas dire qu’on était là par hasard. Nous voulions manger à une table et pas un faire un pique-nique. Il faisait trop beau et trop chaud. Nous voulions à la fois déjeuner sur place, ne pas attendre, manger bon et simplement, des aliments qui ont gardé leur identité, sans sauce cache-misère…et ne pas nous ruiner. Cela fait déjà vraiment beaucoup, surtout au cœur de l’été dans une station balnéaire très fréquentée.

Il s’y ajoute aussi et tout autant l’envie de ne pas être pris dans la grande masse des « Aoûtiens » qui fréquentent et animent en pleine saison cette partie de la Côte atlantique. L’été au sommet de la vague des vacanciers et des touristes, déjeuner relève parfois du parcours du combattant sur la Côte littorale atlantique. Il me souvient ainsi d’avoir beaucoup marché au Croisic un certain mois d’août…

Là à Pornic, nul souci en plus pour garer sa voiture. Le parking est devant le Rest’O-Bio, qui est situé devant le grand magasin BioCoop, c’est dire qu’il y a vrai logique. Après le déjeuner que vous venez de déguster, vous pouvez faire vos courses, en venant - pourquoi pas - de découvrir des nouveaux accords gustatifs entre par exemple des fruits et des légumes…

Pornic-Rest'O-Bio-Vue sur la cuisine, l'assiette, le mur de séparation de la salle, Cl. Elisabeth PoulainPornic-Rest'O-Bio-Vue sur la cuisine, l'assiette, le mur de séparation de la salle, Cl. Elisabeth PoulainPornic-Rest'O-Bio-Vue sur la cuisine, l'assiette, le mur de séparation de la salle, Cl. Elisabeth Poulain

Pornic-Rest'O-Bio-Vue sur la cuisine, l'assiette, le mur de séparation de la salle, Cl. Elisabeth Poulain

Pornic-Rest'O-Bio-Affichages explicatifs divers-Cl. Elisabeth PoulainPornic-Rest'O-Bio-Affichages explicatifs divers-Cl. Elisabeth PoulainPornic-Rest'O-Bio-Affichages explicatifs divers-Cl. Elisabeth Poulain

Pornic-Rest'O-Bio-Affichages explicatifs divers-Cl. Elisabeth Poulain

Notre choix de menu. Nous avons retenu la formule Entrée-Plat-Dessert. Un jus de fruits et légumes nous a permis de commencer le repas par une bouche fraîche, suivi par un composite de carottes râpées, de radis, de purée d’haricots rouges, avec de l’houmous en complément, pour apporter des lipides. Le plat chaud a été une tarte chaude aux tomates, accompagnée d’une coupelle d’épinards aromatisés au curcuma. En dessert, un far aux pommes accompagné d’un coulis de fruits rouges nous permis de terminer ce déjeuner agréable et léger, dans un endroit bien aménagé qui secrète son propre calme…en dégustant une bouteille d’eau minérale Ventadour 1868…A quand une telle formule de restauration dans d’autres BioCoop ?

 

Pour suivre le chemin

. Retrouvez les coordonnées du Rest’O-Bio dans « Les Hameaux Bio », Zone de l’Europe, 1 Rue du Traité de Lisbonne, 44210 Pornic, Tél. 02 40 21 12 40, Ouvert de 09:30–19:15h.

. Le Rest-O-Bio de Pornic, avec les menus du jour http://www.leshameauxbio.fr/rest-o-bio-plats-du-jour/  valables aussi pour celui de Guérande. Vous pourrez également déjeuner avec les producteurs le 26 août prochain…

. Le financement participatif qui a permis la construction et l’ouverture du Rest’O-Bio sur https://fr.ulule.com/resto-bio/comments/

. Voir aussi dans le livret "Se restaurer Boire un verre, Sortir... A table" édité par Pornic, en page 73 la présentation de Rest'O Bio...

. Photos Elisabeth Poulain

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Egon Schiele, Peintre, L’arbre, la ville, la maison, le fleuve, 1912-15

22 Août 2016, 17:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Egon Schiele-L'arbre d'automne dans le vent-1912-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien*Egon Schiele-L'arbre d'automne dans le vent-1912-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien*Egon Schiele-L'arbre d'automne dans le vent-1912-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien

*Egon Schiele-L'arbre d'automne dans le vent-1912-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien

Quelques mots sur le titre. D’abord il faudrait lui adjoindre trois petits points à la fin pour indiquer que ce billet va surtout porter sur ces thèmes, sans surtout occulter pour autant la personnalité et un éclairage sur le parcours de vie de ce très grand peintre autrichien. D’Egon Schiele, on connait surtout ce que j’appelle ses «corps en souffrance», son audace picturale qui le fit haïr d’une bonne partie de l’intelligentsia européenne et sa vie de souffrance si dramatiquement courte. Son décès du fait de la grippe espagnole à l’âge de 28 ans, le 31 octobre 1918, suivit de quelques semaines celui de sa jeune femme qui attendait leur premier enfant.

Ces évènements dramatiques sublimés en créations d’art, visibles sur ses peintures, ne firent que renforcer une vision négative portée sur ce grand artiste, ou du moins une volonté certaine d’occultation, que n’a pas connue par exemple Klimt, un grand peintre qu’admirait Egon Schiele. Comme si ce dernier avait lui-même attiré en lui la malédiction qu’attise la souffrance érigée en art, avant même la guerre de 1914-1918. La population civile avait en effet profondément souffert de la disette qui s’est transformée en famine, ce dont témoigne par exemple l’auto-portrait que le peintre réalisa vers la fin de sa courte vie.

Parler d’art même dans des périodes difficiles est une chose, parler de la souffrance de tout un peuple  affamé en est une autre. Parler de sexe et d’audace dans la représentation des corps est plus que possible. Ce qui  fait scandale attire tout autant, encore plus.

Egon Schiele-L'arbre d'automne dans le vent-1912-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien

Egon Schiele-L'arbre d'automne dans le vent-1912-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien

C’est aussi pourquoi je voudrais montrer une autre dimension des œuvres peintes d’Egon Schiele en me limitant à ces trois années, 1912, 1913, 1915 et rien sur 1914, l’année de la déclaration de la guerre, au moins dans ce qui peut être facilement accessible. En parallèle avec ses auto-portraits dès 1905 à la suite de la mort de son père, Egon Schiele travailla aussi des éléments de ce qu’il voyait en association intime avec la couleur traitée de la façon la plus fluide et fine qui soit. Peut-être étaient-ce des exercices pour voir s’il pouvait arriver à rendre une émotion, une expression, des essais de couleur pour témoigner d’un instant très court où ce que voit le le peintre ou de ce qu'il ressent …

Dans les années précédant la Grande Guerre, peuvent en témoigner sur une période très courte de 1912 à 1915 un arbre seul, un paysage de ville et une façade au bord de l’eau du fleuve, dont on peut supposer qu’il s’agit du Danube. Le peintre est en effet né à Krems an der Donau dans le nord du pays.

                                                                         *

. L’arbre d’automne dans le vent (1912). Il est absolument seul dans un paysage mouillé dont il fait intégralement partie au point quasiment de disparaître, de perdre toute identité. Plus encore, son titre figuratif agit en contradiction de ce que voit l’œil. Si le Ier semble clair, le rendu de la peinture à l’huile rend compte d’une absorption de la figure de l’arbre dans une mouillure jaunâtre, très dérangeante. L’impression est tellement étonnante qu’on se surprend à lire le titre présenté en anglais « Autumn Tree in stirred Air. (WinterTree)».

Pour plus de facilité de lecture, voici la traduction de stirred air, c’est de l’air contaminé. Une autre piste d’éclaircissement pourrait venir du type de peinture. Il s’agit d’une huile sur toile et crayon gras. C’est très curieux, on dirait une aquarelle où l’eau serait remplacée par de l’huile, avec des lignes soulignées au fusain. C’est franchement dérangeant et si intriguant qu’on se surprend à plonger dedans. Peut être certains trouveront-ils des éclaircissements dans le site du Musée Léopold de Vienne, qui détient une très belle collection des œuvres de l’artiste.

Egon Schiele-Stein sur le Danube-1913-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien-

Egon Schiele-Stein sur le Danube-1913-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien-

. « Stein sur le Danube II » (1913). Cette fois-ci le peintre a choisi toujours en travaillant l’huile de rendre l’atmosphère qui règne dans sa ville natale de Stein – la pierre en allemand - sur le Danube. Aujourd’hui cette ville a pris le nom de « Krems an der Donau ». On y voit une composition très maîtrisée, où la ville occupe le premier plan, contrairement à beaucoup de peintures où les habitations sont vues de l’autre rive. Imaginez qu’un drone ait pu saisir le cœur d’une ville, il aurait fait moins bien que cette projection mentale traduite en une huile fine. Là aussi la palette des couleurs joue sur la gamme des jaunes-ocres, des beiges dotés d’une pointe de jaune, des gris légers un tantinet jaunis… L’eau du fleuve charrie des trainées de gris pour donner le mouvement et le clocher de l’église, qui coupe la toile en deux, oblige l’œil à chercher la rive de l’autre côté. 

                                                                                *

. « Façade sur la rivière » (1915) est une composition que vous ne pourrez pas oublier pas une fois que l’aurez vue. Il y a à la fois, une structure élaborée de plusieurs façades imbriquées les unes dans les autres. Nous sommes alors franchement au bord de l’eau, qui coule par devant, en prolongeant les façades par les reflets de l’eau, des couleurs majoritaires dont la gamme s’élargit du jaune, au brun au noir, sans l’aspect dérangeant dont j’ai parlé dans l’Arbre d’automne. C'est le coeur chaud et clair des gens qui habitent là. Comme une source profonde de chaleur humaine, qui témoigne en signe d'espoir avec ce linge de couleurs vives qui sèche sur un fond blanc crème absolument pas uniforme. C'est l'espoir qui permet de tenir en cette seconde année de la guerre...

Egon Schiele-Façade sur le Danube-1915-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien-

Egon Schiele-Façade sur le Danube-1915-wikipedia-Yelkroyade-2012-Leopold-Museum-Wien-

Pour suivre le chemin.

. Egon Schiele sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Egon_Schiele

. Le Musée de Vienne http://www.leopoldmuseum.org/en/exhibitions/48/egon-schiele

. Photos de œuvres peintes citées dans wikipedia, Egon Schiele

. Pour “L’arbre d’automne dans le vent 1912”, voir dans wikipedia dans l’entrée Egon Schiele » “Automn Tree in Stirred Air (Winter Tree)

. Egon Schiele, 1912. Oil and soft pencil on canvas. Leopold Museum, Wien. Inv.Nr 449Automn Tree in Stirred Air (Winter Tree). Egon Schiele, 1912. Oil and soft pencil on canvas. Leopold Museum, Wien. Inv.Nr 449 ».

. Krems an der Donau, qui a réuni en une ville unique, trois villes, Krems dont il a été question, plus Stein cité également et Und - « et » en traduction de l’allemand en français- à voir dans wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Krems_an_der_Donau  , où l’auteur du texte paru dans wikipedia cite un peintre du Baroque tardif autrichien, Martin Johann Schmidt, en montrant seulement l’huile d’Egon Schiele sur Stein, sans aucun autre commentaire concernant le peintre. Krems est jumelée en France avec Beaune.

. La situation alimentaire de la population de l’Autriche-Hongrie à la fin de la guerre de 1914-1918 à voir brièvement citée dans le dossier de wikipedia sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Autriche-Hongrie_dans_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale

. Photos Yelkrokoyade 2012, via wikipedia entrée "Egon Schiele"

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La Pièce sous le bras, une étiquette de JF Aubert, un vin de l’Hérault

18 Août 2016, 16:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

La Pièce sous le bras 2005, Vin de pays de l'Hérault, Etiquette J F Auber, Cl. Elisabeth Poulain

La Pièce sous le bras 2005, Vin de pays de l'Hérault, Etiquette J F Auber, Cl. Elisabeth Poulain

C’est vraiment un billet qui va se limiter ou presque à vous montrer une bouteille vide –je précise – dont nous avons bu le vin, sans en avoir gardé de souvenir particulier. Il est vrai aussi que j’avais acheté la bouteille pour son étiquette, qui m’avait tapé dans l’œil. Elle avait vraiment si bien accroché mon regard  que 10 ans après, je vais enfin réussir à dire bye-bye à la bouteille vide que j’ai gardée depuis.  Il était temps, me direz-vous. C’est tout à fait vrai, surtout qu’elles –les bouteilles vides- dont je vais parler un jour sont tout près de mon bureau. Elles sont un reproche constant…  

Mais d’abord et quand même, quelques mots sur ce vin de négociants, qui titrait 13,5% d’alcool. Il s’agissait d’un vin de pays de l’Hérault 2005, composé à partir de Syrah à 50%, Cabernet Sauvignon 30%, Merlot 15% et Cinsault  5%, mis en bouteille par M.V. à F34290, France pour T.L Négociants à F84160.  J’emploie le  passé, car je n’ai trouvé aucune information directe ou indirecte. Rien non plus l’artiste J F Auber qui a réalisé le dessin ni sur les concepteurs de l’étiquette « Plumelle et Laurent 022 ».

La Pièce sous le bras 2005, Vin de pays de l'Hérault, étiquette, J.F.Auber, Cl. Elisabeth Poulain

La Pièce sous le bras 2005, Vin de pays de l'Hérault, étiquette, J.F.Auber, Cl. Elisabeth Poulain

Quoi qu’il en soit, ce dessin aux allures cubistes est franchement réussi dans sa composition, avec ses lignes raides presque toutes obliques du côté droit de l’étiquette, avec le rond du tonneau à gauche dont l’arrondi est renforcé par le bras à angle droit du vigneron, qui le porte plein sans souci. Pour équilibrer le poids du tonneau, l’intitulé du vin « La pièce sous le bras » figure en gros caractères noirs verticaux orientés vers le haut sur fond blanc.

Le jeu des trois couleurs choisies pour le dessin est remarquable. Le fond est un brun ocre-roux noirci, qui fait ressortir l’ocre clair qui est la couleur dominante retenu pour toute la composition hors le blanc. Cette dernière couleur a été utilisée avec parcimonie surtout pour les lignes verticales du côté droit (à la vue), avec quelques traits horizontaux pour le visage et des parties du vêtement.

La tête est en elle-même une réussite. Regardez bien l’étiquette et vous pourrez comprendre pourquoi la tête ne semble pas finie du côté gauche (à la vue). Ce sera aussi plus facile si vous tournez la bouteille pour voir la contre-étiquette. Ce que je fais pour vous avec une photo. Regardez bien la tête du vigneron qui porte la barrique « La pièce sous le bras »: le J constitue le nez, le F l’œil et le tout forme une sorte de A, peut-être moins repérable. Et maintenan bye, bye l'Homme au petit tonneau...

Pour suivre le chemin: Clichés Elisabeth Poulain

La Pièce sous le bras 2005, Vin de pays de l'Hérault, contre-étiquette, J.F.Auber, Cl. Elisabeth Poulain

La Pièce sous le bras 2005, Vin de pays de l'Hérault, contre-étiquette, J.F.Auber, Cl. Elisabeth Poulain

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Supporter > Le pack des cigarettes en confiserie Krakatoa, Coronation

17 Août 2016, 14:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Carton d'accrochage de Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

*Carton d'accrochage de Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

Explication du titre. Voici un nouvel exemple datant d’avant le passage à l’an 2000 de l’art de vendre aux enfants un ensemble à fumer, en précisant tout de suite qu’une telle présentation ne serait actuellement absolument plus autorisée. Elle serait interdite du fait qu’elle serait perçue comme une incitation à fumer.

Vous dire quand et où j’ai acheté cet ensemble « Fumeur », je n’en ai vraiment plus le souvenir. Par contre la raison pour laquelle je l’ai achetée est claire. Il s’agissait de montrer à des étudiants de 5è année d’école d’Ingénieurs jusqu’où pouvaient aller le packaging et globalement la communication pour vendre du chocolat à des enfants. Autant déjà à l’époque, cela m’avait choqué, autant les étudiants avaient trouvé ça « marrant ».

Les seules indications précises concernant l’entreprise tiennent en une ligne sur la pochette extérieure « Supporter, Service Consommateurs, BP 27, 17800 Pons, France » au verso du carton orné d’un dessin de robot à tête de renard souriant et volant qui fait face, avec son épée magique, à des monstres qui font vraiment peur. C’est réussi mais pas signé. Il faut ouvrir le sac transparent en cellophane pour trouver le nom et l’adresse du fabricant « Made in France by Ferton France, 51230 Fère Champenoise », une entreprise d’entreposage et de stockage actuellement.

Sachet, Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

Sachet, Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

Les deux paquets de cigarettes contiennent 10 cigarettes de « confiserie fantaisie, succédanée de chocolat », qui sent encore vaguement l’odeur sucrée du chocolat de couleur « chocolat », plus pour Coronation, le paquet de couleur bleu, moins d’ailleurs pour Krakatoa, le paquet blanc et rouge. Par contre les cigarettes visibles dans la pochette cellophane remplies d’une confiserie blanche, dont le niveau de remplissage a beaucoup baissé, n’ont plus d’odeur.

Outre les deux paquets et les 16 cigarettes « blanches », l’ensemble « Fumeur » est doté d’un briquet évidemment factice et d’une espèce de porte-cigarette d’un beau plastique jaune qui n’a évidemment aucun sens. Au moins pour moi…à part le mettre dans la bouche. Une pratique dangereuse…

Voici pour finir, voici une analyse détaillée du contenu du type « archéologie du sucré du quotidien d’avant le passage à l’an 2000»,

. pour Coronation, la confiserie est à base de « sucre, graisse végétale hydrogénée, lactosérum, cacao en poudre, émulsifiant lécithine, arôme vanilline »,

. pour Krakatoa, la confiserie est à base de « sucre, graisse végétale hydrogénée, lactosérum, cacao en poudre, émulsifiant lécithine, arôme « vanilline ».

Comme vous pouvez le voir, seuls la dénomination et le packaging différencient les deux paquets…Le drôle est que j’ai cru sentir une faible odeur de chocolat dans le paquet bleu Coronation et franchement une très lointaine senteur pour Krakatoa. Comme quoi, la vue modifie la perception d’une odeur…Intéressant !

Sachet intérieur, Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

Sachet intérieur, Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

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Collection Emmaüs > La Dame en noir aux cheveux rouges dans la ville

16 Août 2016, 15:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

C’est un drôle de tableau, attirant et dérangeant à la fois. Un de ceux qu’on achète chez Emmaüs, sans se poser de question, parce qu’il a quelque chose qu’on ne saurait définir et un des rares également qu’on range aussitôt quelque part en l’oubliant. Et puis un jour, on le retrouve, tel en lui-même, aussi bizarre qu’il était. C’est alors vous qui vous demandez ce qu’a voulu exprimer le peintre.

Commençons donc pour une fois par la signature. Le tableau est orné en bas à droite d’un D.S. 1998. Pour la date, ça va. DS sont vraisemblablement les initiales de l’artiste. Peut-être aussi un jeu de lettres portant sur « Déesse ». Nul ne le saura, hors celle ou celui  qui a réalisé cette œuvre.  L’intéressant porte plutôt sur la position de la signature. Elle est placée en oblique tout en bas à droite, dans le sens de la fuite hors du tableau, en sortant du cadre, parce qu’on lit de droite à gauche.

Imaginons que les deux lettres et l’année - DS 1998 - aient figuré dans l’autre sens. En suivant cette ligne, l’œil serait arrivé au point focal du tableau, à un centre qui n’y est pas placé, mais d’où partent des lignes, avec une première séparation entre le bas et le haut. En bas, on distingue en arrière-plan un quadrilatère irrégulier, que j’appelle  la prairie, dont les deux lignes visibles ne sont ni horizontale ni verticale.

C’est là que se tient en un fort premier plan la dame entièrement revêtue d’une  robe noir, qui laisse seulement voir ses mains qu’elle cache dans ses poches. Le découpé du haut montre un cou très mince et haut qui porte une tête sans visage et aux cheveux franchement rouges, comme un casque vermillon, qui ressort sur un halo d’or par derrière. Sa peau, celle du visage et celles des mains, tire également sur le rouge cette fois-ci beaucoup plus clair.

Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

C’est son corps noir qui me dérange en réalité. Chez elle, tout est bizarre : la taille étranglée, les épaules désajustées, la longueur des bras et ce drôle de corps qui file vers le bas, avec des hanches très basses, l’une arrondie, celle qu’on voit vers la droite et l’autre qui n’a rien de symétrique. Que veut-elle exprimer? On l’ignore.

De son épaule gauche, en contre champ vers l’arrière, surgissent trois formes humaines. Le premier petit homme assez proche est comme tassé sur lui-même, les bras collés à lui, en couleur verte brouillée de rouge. Deux autres se distinguent dans ce qui est le cœur du tableau, à la hauteur de la tête de la Dame en noir. Ils sont flous, avec une seule jambe pour celui de droite.

C’est ce drôle de couple en grisé-vert bordé de rouge qui délimite les trois séquences du tableau, avec dans le sens des aiguilles d’une montre la prairie verte en bas, la ville en haut et le champ jaune verdi vers le haut sur la droite. C’est là que se tiennent deux hommes aux chapeaux noirs. Le premier se tient droit, le corps semble-t-il tourné vers la Dame en noir, avec son bras droit si maigre, l’autre collé au corps. Le second, sans bras clairement visible, donne l’impression de vouloir partir sur ses deux jambes vers la droite. La scène ne le concerne pas.

La ville orange-rouge domine la scène. Sa composition est franchement complexe, entre des façades coupées, des imbrications de bâtiments les uns dans les autres de façon à ne pas avoir devant soi un mur qui se présente de face. Les toits plus ou moins pentus sont d’un rouge ocre plus foncé.

On arrive alors à ces deux panneaux verticaux de couleur turquoise, qui donnent beaucoup d’élan dynamique à la composition. La couleur en elle-même tonifie le reste et heureusement neutralise en grande partie, le vert mousse jauni d’en bas.

Il reste deux éléments étranges, des sortes d’agrafes- à vous citer pour lier le haut et le bas et faire tenir le tout ensemble. Il s’agit d’abord de de cet arc-en-ciel tronqué et limité à deux couleurs, un trait arrondi rouge doublé d’un trait vert, un autre vert que le turquoise, au-dessus de la tête de la Dame. Et d’un long trait jaune fort sur la gauche, qui se noie dans le vert…

Bizarre, vous avez dit bizarre, oui, c’est franchement bizarre. Et pour finir, c'est la ville que je préfère.

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Une œuvre achetée dans un Centre Emmaüs, quelque part en France, il y a quelques années.

. Pour la France, voir http://emmaus-france.org/  

. Hors de France, trouver la liste des 350 associations dans 37 pays http://www.emmaus-international.org/fr/?gclid=CIv0_8ygxs4CFVXnGwodDDUHAA  

. L’essentiel à connaître sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma%C3%BCs_France  

. Clichés Elisabeth Poulain, avec * quand il s'agit d'un extrait.  

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Angers, L’ancien Couvent de la Baumette, rivière Maine, rive gauche

8 Août 2016, 16:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Vue sur le Couvent de la Baumette, rive gauche de la Maine, de l'autre rive, Cl. Elisabeth Poulain

*Vue sur le Couvent de la Baumette, rive gauche de la Maine, de l'autre rive, Cl. Elisabeth Poulain

C’est un des endroits les plus fascinants de l’Anjou. C’est aussi le plus surprenant et le plus mystérieux. Je vais tenter de vous expliquer pourquoi, en commençant non pas par remonter le temps, comme il  serait logique dès lors qu’on parle d’un « ancien couvent », mais par le site lui-même. D’ailleurs à partir de cette courte introduction, je n’utiliserai plus le terme d’ancien.

L’emplacement du Couvent de la Baumette. Il est en lui-même déjà une des clés de sa notoriété et de son mystère. Et déjà d’abord, il me faut me référer à un autre monument qui est encore plus que connu à Angers,  à savoir le « Château d’Angers ». Excusez du peu ! Ils ont en commun, tous deux, d’être situé pour le plus important d’entre eux, à savoir le château en amont à 43 mètres d’altitude et le second à 30 mètres et tous deux être l’œuvre du Bon Roi René d’Anjou (1409-1480). 

Vues sur la Maine prises en rive droite, vers l'amont, vers l'aval, Cl. Elisabeth PoulainVues sur la Maine prises en rive droite, vers l'amont, vers l'aval, Cl. Elisabeth Poulain

Vues sur la Maine prises en rive droite, vers l'amont, vers l'aval, Cl. Elisabeth Poulain

Tous deux également ont en commun d’être ancrés en rive gauche de la Maine, le cours d’eau le plus singulier de France, car il est très court (11kms) et n’a pas de source. La Maine est en effet formée par la réunion de trois rivières, la Mayenne, la Sarthe et le Loir. Ils sont distants de moins de 4kms. Leur second point commun est que ces monuments historiques sont ancrés dans des lieux à forte connotation symbolique. Le château témoigne du pouvoir militaire et politique du Bon Roi René.

Le couvent symbolise du désir profond du Roi René de célébrer l’existence de Dieu en y faisant retraite. La Baumette ayant pris cette dénomination en hommage à la grotte de la Sainte-Baume en Provence. Dans un cas, on s’enfonce dans la pierre de la terre, pour se retrouver plus profondément soi avec soi, dans l’autre sont érigés en élévation une chapelle et des bâtiments conventuels. Le premier avec ses 17 grosses tours est là pour se protéger et protéger la place en faisant la guerre, le second en se retirant du monde pour y trouver la paix intérieur.

L’autre point commun est qu’ils sont surtout visibles de l’autre rive, la rive droite de la Maine. Pour l’un, le plus gros et le plus en amont, il y a bien une allée arborée en bas de la roche, des tours et des hauts remparts qui les lient. Il s’agit du château. Pour le second, il est certes possible d’apercevoir les murs du couvent en bordure de la rivière sans aucune maison proche et situé en hauteur. Mais voir des murs ne suffit pas à comprendre.

Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à  partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à  partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain
Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à  partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à  partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Autant le premier site, le château, est compréhensible dans toutes les cultures du monde avec ses grosses tours défensives, autant le second est difficile à interpréter même vue de l’autre côté de la rivière. De loin, on distingue plusieurs bâtiments sans pouvoir les interpréter vraiment. On pense seulement que les gens qui habitent-là ont vraiment de la chance. Outre la roche et la pierre, tout n’est que verdure pour la partie « terre » située en rive cette gauche et « eau calme » pour la rivière Maine, qui ressemble là à un grand lac d’eau douce.

C’est ici que voguent avec grand plaisir trois jeunes canards plein d’énergie, un petit bateau à voile près du bord, au bas du couvent, là où se garent les voitures des pêcheurs généralement nombreux à cet endroit, accessible par une petite route. Cela a été une grande surprise pour moi, placée sur l’estacade qui venait tout juste d’être rénovée.

Et nous sommes à Angers, « en pleine ville » juste avant que ne commence Sainte-Gemme sur Loire, la commune voisine, en descendant la Maine, la plus petite rivière de France, jusqu’à sa confluence avec la Loire, le plus grand fleuve de France. Imaginez, on part de la Provence, d’un coup d’aile on est en Anjou et votre imagination s’envole dans un cadre exceptionnel…sans oublier le voyage dans le temps. Le couvent a été édifié en 1456.

Angers, Rive gauche, vue aval sur la Maine, vue sur Château Angers, Cl. Elisabeth PoulainAngers, Rive gauche, vue aval sur la Maine, vue sur Château Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Angers, Rive gauche, vue aval sur la Maine, vue sur Château Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Clichés Elisabeth Poulain, le signe * qui précède le titre de la photo signifie qu'il s'agit d'un extrait.    

. La carte d’Angers sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Map_Angers.jpg  d’Open Street M , contributeur XIII TOKYO   

. Voir la carte hyper-intéressante sur l’altitude du Couvent de la Baumette comparée à celle du Château d’Angers http://fr-fr.topographic-map.com/places/La-Baumette-2940407/  

. Le Couvent de la Baumette, vu de la rive gauche, en bas https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/12/Le_couvent_de_la_Baumette_vu_depuis _la_berge_de_la_Maine _-_Angers _-_20090919.jpg  

. Lire l’excellent article de Sylvain Bertholdi, Conservateur des Archives d’Angers, dans « Vivre à Angers, Découvrir Angers, Histoire d’Angers » janvier 2010 sur http://www.angersloiretourisme.com/fr/decouvrir/lieux-de-visites/ancien-couvent-de-la-baumette  

. Consulter aussi le site de la Famille, propriétaire du Couvent de la Baumette, sur http://labaumette.free.fr/index.php/description?tmpl=component&print=1&limit=3&format=feed&type=atom  

. Le Château d’Angers sur http://www.angers.fr/vie-pratique/culture/la-politique-culturelle/angers-ville-d-art-et-d-histoire/ressources/fiches-patrimoine/laissez-vous-conter-le-chateau/  

. Toujours le Château d’Angers sur wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_d%27Angers  

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Lucifer > L’attrape-souris d’enfer > Photo

5 Août 2016, 14:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Souricière "Lucifer" 1980, Cl. Elisabeth Poulain

Souricière "Lucifer" 1980, Cl. Elisabeth Poulain

Rassurez-vous. C’est un piège à souris qui n’a jamais servi. Je l’ai acheté au début des années 1980, après avoir constaté, au retour des vacances, des traces parfaitement repérables de ces petits mammifères malins dans un placard creusé dans un mur. Par où étaient-ils passés ? Impossible de le savoir malgré des investigations dignes des meilleurs limiers. Sherlock Holmes n’aurait pas fait mieux, c’est du moins ainsi que nous nous sommes rassurés.

Notre réaction a alors été d’acheter un piège à souris. Au cas où ? Sait-on jamais ! Celui que je vous présente n’a jamais servi. Il n’a donc vu aucune trace de fromage, ni autre aliment appétent pour ces fins petits gourmets à quatre pattes. La droguerie du petit village surplombant la Loire, qui pourtant n’avait pas une offre large, en possédait. Il y en avait même une dans la petite vitrine. Cela a été notre première surprise d’ex-Parisiens. Il s’en produisait donc encore. Cela nous avait semblé incroyable.
 

Souricière "Lucifer" t980, tête-bêche, Cl. Elisabeth PoulainSouricière "Lucifer" t980, tête-bêche, Cl. Elisabeth Poulain

Souricière "Lucifer" t980, tête-bêche, Cl. Elisabeth Poulain

La seconde surprise a été de voir le nom de la marque. Nous avons à nouveau éclaté de rire. Vous le devinez aisément avec la photo, Il s’agit de LUCIFER, qui pour nous Européens a une forte tendance à incarner le diable pour beaucoup et l’Ange déchu pour ceux qui s’y connaissent en cosmogonie chrétienne. Mais comme toujours les choses sont beaucoup plus compliquées, parce que Lucifer est associé à Vénus par exemple par les Romains pour qui Lucifer - Porteur de Lumière – désigne l’étoile du matin ainsi que la planète Vénus.

A bien regarder la peinture de Breughel l’Ancien qui date de 1526, « La chute des Anges rebelles », je suis presque sûre qu’il y a bien une petite souris cachée , même si on ne la voit pas, dans cet amas d’animaux à vous faire frissonner de peur et vraiment. Des rats, j’en suis quasiment certaine, car ils peuvent transmettre la peste...

PIeter Breughel l'Ancien, La chute des Anges rebelles, 1562, extrait Cl. Elisabeth Poulain

PIeter Breughel l'Ancien, La chute des Anges rebelles, 1562, extrait Cl. Elisabeth Poulain

Comme vous le voyez, les petites souris du Val de Loire nous emmènent bien loin dans la passé, dans l’espace et dans notre vaste monde, notamment en Chine qui est un gros exportateur de souricières, mais cette fois-ci en plastique et pas en précieux bois de hêtre, comme c’est le cas avec « Lucifer »… !

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Retrouver les produits à acheter en direct de Masy, l’entreprise située à Nouvion le Comte dans le département de l’Aisne, qui occupe 80% de parts de marché sur ce produit en France et qui a élargi sa gamme aux outils de jardin et aux éléments de l'art de vivre au jardin à prendre au sens large, http://urtica.fr/7_masy-lucifer  

. Lire aussi un bon article ancien des Echos d’Yves-Marie Lucot, sur l’attrape-souris Lucifer, la production des Frères Masy, près d’Amiens dans le Nord de la France, une entreprise familiale qui exportait en 2003 plus de 10% de sa production en Belgique, en Suisse, en Angleterre et au Canada, sur http://www.lesechos.fr/16/12/2003/LesEchos/19053-108-ECH_les-freres-masy-perpetuent-la-tapette-lucifer.htm  

. La tapette est vendue aujourd’hui sur le net au coût incroyable de 0,80 E (et 3 E d’envoi postal) sur http://www.droguerie-jary.com/fr/insecticide-repulsif/raticide-souricide/vente-tapette-a-souris-lucifer-masy.html  

. Photos Elisabeth Poulain et le contributeur de Wikipedia pour l’œuvre de Pieter Breughel l’Ancien, avec à la fin une photo d'une petite souris victime d'un jeune chat et que j'ai vu et pu photographier juste après avoir terminé ce billet sur les souricières. Une photo en forme de post-scriptum; c'est étonnant quand même: je ne peux pas dire que j'ai vu au cours de ma vie beaucoup de souris vivantes ou mortes...! 

Souris attrapée par un chat, Cl. Elisabeth Poulain

Souris attrapée par un chat, Cl. Elisabeth Poulain

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Les Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la Vigne

4 Août 2016, 15:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, arrivée par le sud, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, arrivée par le sud, Cl. Elisabeth Poulain

C’est l’histoire d’un site qui commencerait comme un conte : il était une fois un château fait de pierre blanche de calcaire dominant une vallée à perte de vue, tel un phare en mer, pour veiller au bon développement de plantes méditerranéennes,  des oliviers pour faire de l’huile et des pieds de vigne récemment plantés pour avoir du vin, tout comme des oliviers et des pêchers. C’est un lieu  vraiment très chaud. Il y poussait pourtant des céréales aux temps anciens. Si le vent du Nord continue à y souffler à son aise et le soleil à se réverbérer sur la blancheur de la pierre, la végétation au pied du massif a pourtant beaucoup changé. Il y pousse maintenant, outre des oliviers et  des pêchers, des plants de vigne plantés en ligne et tous pleins de vigueur. 

C’est un site tellement étonnant qu’il a toujours attiré,

. nos lointains ancêtres d’il y a plusieurs millénaires pour s’y abriter contre le froid, la trop grande chaleur, l'ennemi forcément, les bêtes sauvages. Citons par exemple les Celtes, les Romains…

. depuis lors,  au cours des deux derniers millénaires, un nombre étonnant de hauts personnages parmi les différents gouvernants au fil des siècles, qui voulurent absolument y régner comme les monarques des  royaumes…

. aujourd’hui des centaines de milliers de touristes par an, un endroit connu dans le monde toujours qualifié d’ « entier » pour bien en renforcer le poids.

Les Baux de Provence, arrivée au site, vue sur le vallon nord, CL. Elisabeth PoulainLes Baux de Provence, arrivée au site, vue sur le vallon nord, CL. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, arrivée au site, vue sur le vallon nord, CL. Elisabeth Poulain

Oui, vraiment c’est toujours par la pierre que commence cette histoire, une histoire à écrire au pluriel tellement il y a eu d’usages différenciés de cette pierre. Le terme même de Baux vient d’ailleurs du provençal, Baou, qui désigne un rocher. Oui, c’en est de vrai, un beau, un gros qui s’élève à plus de 300m à son point le plus élevé. C’est de là qu’il était possible d’avoir une vue dégagée sur le sud, vers Arles et la Camargue. En des temps d’insécurité, c’étaient de réels avantages qui optimisaient les chances de survie, au point que le site a été occupé dès 6000 ans av J.C. On y a trouvé des traces humaines. Les Celtes ensuite, ces grands guerriers, ont jugé l’endroit à leur goût. C’est une vraie preuve des atouts défensifs du site pour dominer une région.

Chercher le lieu le plus élevé, creuser des grottes dans le calcaire tendre – une notion relative - pour vous y abriter, élever des murets avec les pierres que vous avez pris la précaution de stocker en tas - pas vous - vos ancêtres celtes, un tantinet barbares et qui justement ont survécu grâce à leur puissant ressort vital. Regardez bien autour de vous pour voir l’ennemi arriver, élever des murs là où c’est nécessaire, continuer par ériger des fortifications, des murs, des maisons ensuite ou d’abord la forteresse…et n’oubliez pas de faire des ruelles pour circuler, de mettre des escaliers quand la pente est trop forte…et même une place. Et puis continuer au fil des siècles à boucher, consolider, aménager, ouvrir de nouvelles fenêtres, en fermer d’autres, en élevant plus tard dans le temps des masures, des maisons, un vrai château de vie, des hôtels particuliers, une église, plusieurs chapelles…avec des portes, des porches…En même temps et constamment le site s’adapte au passage du temps, des passages deviennent des ruelles, des petites rues s’ouvrent pour faciliter le cheminement d’un point à un autre, avec forcément des marches pour tenir compte de la déclivité…

Ici, la pierre joue toujours une véritable valse du temps, d’un temps qui l’use, qui oblige à rester tout le temps vigilante, en sachant aussi par exemple être utilisée à d’autres usages. C’est ainsi qu’une grosse pierre de calcaire, qui s’est détachée de la falaise, se fragmente en tombant au sol, ou sous les coups de marteau d’une pierre plus dure, pour devenir une dalle au sol, un morceau de mur de soutien, une pierre taillée de remplacement, voire un projectile contre l’un des nombreux ennemis envoyé du haut…Sur cette île de pierre, rien ne se perd, rien ne s’oublie, tout fait fruit et cela depuis des millénaires…Jusqu’à créer une véritable forteresse qui s’étend sur sept hectares. Un endroit étonnant aussi quand on apprend sur place qu’à creuser le sol, on y découvre un nouveau minerai d’alumine, la bauxite de couleur ocre, qui a permis d’inventer l’aluminium. Excusez du peu…

Les Baux de Provence, ruelle et croisement, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, ruelle et croisement, Cl. Elisabeth Poulain

Au fil des siècles, ce bastion de pierre de calcaire connut une vie réellement très diversifiée selon les époques. On y vit s’y dérouler des Cours d’Amour, des guerres sanglantes entre de grandes familles nobles d’Europe, l’attribution au Roi René d’Anjou qui la remit entre les mains de sa femme Jeanne de Laval. Puis au XVIIe siècle, le roi de France, Louis XIII cette fois-ci, donna ordre de détruire ce qui était devenu alors un château où la Grande Noblesse se piquait de belles lettres, d’art et… d’intrigues séditieuses. C’est le roi lui-même qui fixa une amende de 100 000 livres aux quelques 6 000 habitants, ces mauvais sujets en qui il semble n’avoir eu guère de confiance et qui durent en plus payer les destructions ordonnées.

Parmi les seigneurs des Baux, il est ainsi possible de citer Marie d’Anjou, reine de Sicile et comtesse de Provence, le vicomte Raymond de Turenne - un grand sanglant celui-là - de la famille du pape Clément VI, un prince de la Famille des Médicis… Puis Les Baux devinrent une baronnie de la Couronne de France, avant que celle-ci soit remise à la reine Jeanne de Laval par son mari, le Roi René d’Anjou…Vous partez des Celtes, dont l’ « empire » colonisa à son apogée quasiment toute l’Europe au IIIe siècle avant JC, vous frôlez les Romains, vous vous retrouvez ensuite à Avignon, en Anjou, à Naples aussi…Et maintenant vous accueillez des milliers de touristes, dans un village qui ne compte plus guère que 22 habitants à demeure pour quelques 250 000 visiteurs par an.

Le temps du tourisme et le temps qui passe. C’est le second site le plus visité de la Provence. Au fil des siècles, ce sont les photos qui nous montrent les changements. Il est frappant de constater par exemple combien les abords face sud et sud-est ont été « nettoyés » des nombreuses pierres qui ont eu tendance à rouler vers le bas. Nettoyés aussi des arbrisseaux qui arrivent à pousser dans une faille de la pierre, au risque de faire éclater la roche. Les ruines de la forteresse sont d’autant plus fragiles que les murs ne sont pas étayés ou du moins pas de façon visible.

. Seuls se voient d’en bas une partie de ces très hauts murs soutenus par deux arcboutants de la forteresse incluse dans les enceintes. Ces grandes murailles renforçaient les défenses de ceux qui étaient en haut, des soldats à tous les niveaux de la hiérarchie, des invités en temps de paix, les villageois bien sûr, au service des premiers, tout en sachant qu’il y a eu aussi des retournements de situation fabuleux. Ce sont les villageois - et pas les Puissants - par exemple qui plus tard dans l’histoire ont dû, sur ordre du roi de France, eux-mêmes contribuer financièrement à la destruction des murailles qui les protégeaient en période de guerre. 

Les Baux de Provence, ruelle, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, ruelle, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth PoulainLes Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain
Les Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth PoulainLes Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain

Tout ici rappelle l’autarcie qui obligeait à faire avec ce qu’on a, pour s’adapter au mieux. C’est un vieux principe de d’économie de la ressource qui valait aussi bien pour les murs en pierre que pour les pièces de tissus ravaudés. Et c’est ce qui m’a franchement intéressé : voir comment ce village de quelques 6 000 âmes, à sa grande époque, a pu conserver des témoins visibles de son ancienne architecture couplée d'urbanisme, à des contraintes impressionnantes du fait notamment du resserrement de l’espace. Il y a donc aussi une dimension d’urbanisme spontanée. Ce billet est centré sur les murs, les ruelles, les fenêtres et portes ouvertes ou bouchées, la vue quand il y en a, les surprises de chaque moment, sans chercher du tout à tracer le chemin… C’est une rencontre entre ce qui est et le regard, en cherchant plus à comprendre ou deviner combien les télescopages des styles, des fonctionnalités, des différents propriétaires, des périodes d’abondance ou de dureté ont pu ou pas réussir à coexister.

Pour la beauté de l’histoire et malgré le resserrement de l’espace, la dimension moyenâgeuse de protection s’est enrichie pour répondre à des besoins de rassemblements spirituels et de désirs de beauté patrimoniale. Il y a ainsi une église, plusieurs chapelles et un temple protestant ainsi qu’un cimetière, comme toujours placé à la limite des constructions dans la partie haute. Il s’y ajoute forcément, dans le domaine de la gouvernance et de la notabilité, de beaux hôtels particuliers, un ancien hôtel de ville du XVIIe… Pour la vie courante, il y a aussi des fours banaux pour cuire le pain et … des maisons que l’on a peine à voir vraiment tant elles sont imbriquées les unes dans les autres, avec des murs si nombreux qu’ils cachent la vue et l’impossibilité de prendre du recul.

C’est aussi pourquoi les Baux continuent à être beaucoup photographiés souvent vus du ciel, vus aussi d’en bas, de loin pour avoir la vue sur les parcelles qui modifient profondément le paysage qui a tendance de plus à verdir grâce à la vigne et à l’olivier, en modifiant les angles de vue, pour chercher faire du nouveau…Une belle et bonne façon est de regarder les champs plantés de longues lignes de jeunes oliviers et de plants de vigne. On les voit en arrivant en voiture. Et c’est vraiment un vrai et grand plaisir que d'admirer ce grand paysage des Baux, maintenant dans une nouvelle dynamique active fondée sur la terre, le savoir de l'homme et de la femme, l’avenir et non plus seulement tournée sur le passé...

Les Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la VigneLes Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la Vigne
Les Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la VigneLes Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la Vigne

Pour suivre le chemin

. Le site sur http://www.lesbauxdeprovence.com/fr  

. Voir le plan du site sur http://www.lesbauxdeprovence.com/sites/default/files/plan-fr-2013-baux-de-provence.pdf  

. Lire attentivement sa longue histoire sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Baux-de-Provence  avec de beaux clichés  

. Le site de Glanum, près de la Voie Domitienne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Glanum#/media/File:Site_de_Glanum_Nord_2006-07-16.jpg  

. Et la Voie Domitienne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Voie_Domitienne  

. Le tourisme en Provence  https://www.cg13.fr/a-la-decouverte-du-13/le-tourisme-en-chiffres/  C’est Notre Dame de la Garde à Marseille, qui remporte la Ière place avec ses 800 000 visiteurs/an

. Visiter et goûter des producteurs d’huile d’olive dorée de l’AOC des Baux de Provence sur http://www.aoc-lesbauxdeprovence.com/les-professionnels-de-l-olive/itineraires_decouverte.htm  

. Lire le bon article, enrichi de belles photos, qui est consacré à la réussite de l’olivier aux Baux de Provence sur http://voyage.blogs.rfi.fr/article/2014/02/03/sur-les-chemins-de-lolivier-dans-les-baux-de-provence#comment-6045  

. Retrouver dans l’aire d’appellation des Baux, le Domaine de Lauzières, avec à sa tête Dan Schlaerpfer, un vigneron suisse sur http://www.lesvinsdesbaux.com/les-hommes-d%e2%80%99ici/domaine-de-lauzieres-dan-schlaepfer/  Il est associé avec Gérard Pilon, sur http://www.balisiers.ch/balisiers-fr/provence , tous deux sont également propriétaires-vignerons du Domaine des Balisiers dans le canton de Genève, en Confédération helvétique…

. Egalement aussi une vigneronne, Dominique Hauvette, qui travaille en biodynamie sur http://www.lesvinsdesbaux.com/les-hommes-d%e2%80%99ici/domaine-hauvette-vigneron-baux-de-provence/  

. Photos Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la VigneLes Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la Vigne
Les Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la VigneLes Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la Vigne

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La danse des souris > Du proverbe à la pub > L’Illustration 1910-07-10

2 Août 2016, 08:00am

Publié par Elisabeth Poulain

Annonce-Méring-contre les rats & co, L'Illustration-1910-07-09-Cl. Elisabeth Poulain

Annonce-Méring-contre les rats & co, L'Illustration-1910-07-09-Cl. Elisabeth Poulain

Le proverbe d’abord. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent… Ce vieux dicton existe depuis au moins le XIIIe siècle, pas seulement en France, dans plus de vingt- deux autres pays dans leurs différentes langues et même en esperanto. Avec par exemple l’autre version anglaise cette fois-ci, when the cat  is away, the mice will play, que certains d’entre nous ont dû entendre quand ils étaient petits. La différence est qu’elles jouent au lieu de danser. Dans les pays du Nord par exemple en Norvège et plus à l’Est en Pologne, les souris en profitent pour danser en plus « sur la table », ce qui prouve à la fois leur flair et leur profonde intelligence, parce qu’il y reste presque toujours des miettes. 

C’est le genre de dicton que l’on connaissait bien et même très bien tant à la campagne qu’en ville. Des récits anciens montrent le savoir-faire des « ménagères» contre ces voleurs de nourriture, que l’on enfermait dans des garde-mangers en bois léger de peuplier muni d’une ouverture à grillage fin. Ceux-ci étaient placés dans des endroits frais, parfois aussi avec les quatre pieds du petit meuble reposant sur des cailloux dans des coupelles remplies d’eau ! Autant d’embuches pour couper la route à ces petits mammifères intelligents.    

L’attitude différenciée de la société envers les souris et les rats. Les premières ont toujours été  mieux « acceptées » que les seconds. La confusion est parfois même entretenue volontairement par des peintres, qui n’hésitent pas à représenter les premières alors que le titre nomme les secondes. Quoi qu’il en soit, les mots témoignent en ce sens : les rats continuent à faire peur, alors qu’on peut faire de l’humour avec  les souris qui dansent. C’est ce que nous allons voir avec deux visuels du même dessinateur à deux ans d’intervalles.

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 9.07.1910, Cl. Elisabeth Poulain

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 9.07.1910, Cl. Elisabeth Poulain

. L’Illustration. Nous sommes en 1910, le 10 juillet plus précisément. Vous ouvrez votre hebdomadaire et commencez comme à chaque fois par les « Annonces », le journal se terminant de même, avec 8 pages en introduction et autant pour conclure. On ne parlait pas de publicité en ces temps-là. Ce numéro contient par exemple en partie Annonces , la page 3, la meilleure, consacrée aux vêtements Homme et Femme de la Belle Jardinière ainsi qu’à une photo d’une Daimler décapotable avec des roues à rayons, en page 2 des pilules « Galegine de Nubie » pour avoir une belle poitrine pour les femmes, en page 4 une demi-page de belles vaches dans les alpages – des Ferrandaises peut être ? – pour la farine Lactée Nestlé et … en bas de la page 4, le dessin du dessinateur GASSE pour la publicité qui parle des rats, des souris…

Le visuel de 19,8cm de long sur 9,5cm de haut aux coins arrondis. Il montre des souris danser gaiment dans la nuit autour d’une lumière qui pourrait provenir d’un feu de camp, comme il en était d’usage à la Saint-Jean en Bretagne, en Normandie... La source lumineuse blanche a pourtant la forme d’une petite maison. Les petites souris se tiennent debout sur leurs pattes arrière en se donnant « la main » grâce à leurs pattes avant. L’atmosphère est joyeuse. Deux d’entre elles gisent pourtant à terre, avec trois cafards sur leurs pattes, eux. Ceci grâce à « ATTILA, les procédés » qui garantissent la « Destruction infaillible des RATS, SOURIS, CAFARDS…etc. » grâce au chimiste-inventeur « MERING » situé au 84 boulevard St Honoré (en face le palais de l’Elysée), Paris, avec le n° de téléphone 246.28. »

Dans ce Ier encart publicitaire de GASSE, je retiens les éléments suivants : d’abord le mot de RATS écrit en gros caractères, en montrant des petites souris qui dansent, un adjectif tel qu’infaillible, le nom du procédé Attila, l’adresse cotée en face le Palais de l’Elysée, la précision du métier de Méring, Chimiste-Inventeur, sans que l’on sache s’il s’agit d’une personne encore vivante –il y aurait alors son prénom-, alors ou bien si c’est le procédé appelé ainsi sans qu’on parle d’un brevet. Le résultat est surprenant, dans la mesure où les souris en train de danser – sauf pour celles qui sont par terre - ont l’air sympathique, alors que le dessinateur a choisi d’attiser la crainte par le terme de rat en gros caractères pour être assuré de fixer l’attention des lecteurs de l’Illustration.

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 0.03.1912, Cl. Elisabeth Poulain

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 0.03.1912, Cl. Elisabeth Poulain

. Deux ans le nouveau visuel de GASSE sur Méring Chimiste-Inventeur a changé. Parue en avant dernière page de l’hebdomadaire en date du 9 mars 1912, le visuel occupe maintenant tout en bas un bandeau de la largeur de 27,6cm du journal sur une hauteur de 3cm. En conséquence le dessinateur a dû modifier son visuel. La page entière est imprimée en bleu marine foncé. C’est déjà une recherche de couleur pour valoriser la publicité.

Les souris ont perdu de leur importance. Ce sont maintenant quatre rats qui attirent l’attention. Ils ne forment plus une joyeuse équipe dansant la nuit autour d’un feu de joie. Deux d’entre eux tiennent ce qui ressemble à une lanterne de chaque côté. Cette lumière tisse un écran long et étroit sur lequel s’imprime la formule qui n’a que légèrement changée : Destruction Infaillible des / RATS, SOURIS, CAFARDS. ETC./ par les procédés Attila/ MERING, Chimiste-inventeur (tel 246-28) / 84, Faubourg Saint-Honoré, En face le Palais de l’Elysée, Paris./

Outre les deux rats de devant et les deux de derrière, il y a maintenant de chaque côté quatre souris blanches et trois grises, dont l’une nous regarde de face. En plus il se trouve aussi un espèce ( ?) de raton de chaque côté dont le museau empiète sur ce losange étiré et parfaitement symétrique. L'autre différence - minime - est que GASSE a réussi a placé sa signature en haut à droite et non plus en bas.

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Le bilan. Le premier visuel est plus attirant au regard du concept du dessin montrant des petites souris en train de danser gaiement le soir autour d’un feu. Le second n’a plus grand atout pour attirer et retenir l’attention. Les rats sont devenus les maîtres de la lumière, les cafards ont leur nom inscrit en aussi gros caractères tout en disparaissant du dessin…Quant à la suite de la Maison Méring, je n’en ai pas retrouvé trace après dans les quelques exemplaires que j’ai pu me procurer sur la Grande Guerre…Après 1918…c’est un autre monde qui est né…Beaucoup de choses avaient changé, à commencer par les annonces, cette publicité qui est un des  parfaits miroirs de notre société maintenant mondialisée.

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Pour suivre le chemin

. Visuel paru dans L’Illustration, n°3515, 68me année, 9 juillet 1910, Annonces en page 4

. Visuel en bleu marine dans L’illustration, n° 3602, 70 me année, 9 mars 1912, Annonces en suite de la page 24, qui et le verso de la page 4 de couverture, Annonces aussi, non paginée également.

. Le même visuel en encre noir a été utilisé sans modification dans l’Illustration du 4.01.1913, cette fois-ci en bas de page 16 des Annonces, en face du verso de la 4 de couverture.

. Sur ce blog, voir l’article http://www.elisabethpoulain.com/article-le-rat-en-n-4-dans-la-hierarchie-des-viandes-en-periodes-de-famine-116307249.html  

. Lire aussi un autre article http://www.elisabethpoulain.com/article-de-l-importance-du-chat-et-du-rat-dans-l-apprentissage-de-la-lecture-107095282.html

. Un troisième article, que j'ai failli oublié sur "Le petit chalet à foin posé sur des pierres plates, les Alpes, le rat" sur ce blog  https://my.over-blog.com/write/60234884  

. La souris sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Souris  

. Le rat sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rat  

. Essayer de lire l'étude passionnante et d'un compliqué incroyable sur « Attila le Hun » sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Attila   

. Clichés Elisabeth Poulain

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