En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Les Habits du Vin

Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 16:54

L’endroit est exceptionnel et le temps d’une douceur remarquable. En ce samedi après-midi, on se croirait en pleine saison dans un lieu hyper-touristique, près du bord de la mer. L’étang Saint-Nicolas est bordé par le parc Saint-Nicolas, qui tous deux avaient pour particularité de dépendre de l’Abbaye Saint-Nicolas qui domine toujours l’étang avant qu’il ne disparaisse aux yeux de tous. Son eau canalisé rejoint le parc Balzac de création récente pour lequel la ville d’Angers a gagné un prix au niveau européen de l’autre côté de la grande place.

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Situé non loin du château d’Angers, le site est bien connu des Angevins. Le Parc Saint-Nicolas est un véritable trésor historique, patrimonial et naturel. Bordé par les villes d’Angers, d’Avrillé et de Beaucouzé, il n’en demeure pas moins un vrai morceau de nature partie intégrante de la ville et d’où on ne la voit pas. Il est vrai que ce véritable lac, qu’on appelle ici un étang,  est protégé par sa topographie de part et d’autre d’une faille taillée au fil des siècles dans le  schiste noir. Au fond de la coulée, s’étale le Brionneau, une petite rivière qui plus loin après avoir traversé le Parc Balzac arrive doucement à la Maine. Dire qu’elle se jette dans la Maine, serait franchement exagéré, son débit étant très faible.

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La Maine, quant à elle, est la plus courte rivière de France. Elle offre la particularité de ne pas avoir de source, car elle est formée par trois vraies rivières que sont la Mayenne à l’Ouest, la Sarthe au milieu venant du Nord  qui a aussi en sa rive gauche un affluent d’importance, qui est le Loir. Toutes ces eaux se rejoignent juste en amont d’Angers pour former la Maine qui débouche sur la Loire quelques kilomètres  plus bas à la bien-nommée Bouchemaine.   

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En cette fin d’été qui a parfois des allures de début d’automne, ou plutôt l’inverse, je crois avoir rarement vu  autant de monde se promener. En couple qui se connaissent bien, avec souvent le monsieur qui parle et la dame qui écoute, rarement l’inverse, des personnes des deux genres seules ou en famille qui promènent leur chien attaché en laisse le plus souvent, sauf quand il est de petite taille ou qu'il a envie de se baigner. Des adolescents se baladent à plusieurs, en tenant leur vélo à la main.

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Il y a ceux qui connaissent. Ce sont les plus nombreux. Ils apprécient tant le parc que certains y viennent tous les jours, à la même heure et de la même façon, en ce sens qu’ils font le tour – il y en a trois, le petit -4kms environ-, le petit plus avec un pont juste au-dessus, ou le grand de 8km environ– quasiment tous dans le même sens inverse des aiguilles d’une montre. C’est le flux franchement majoritaire, tellement qu’en semaine les joggeurs vers 17h-18h courent en file indienne le long du chemin qui fait le tour de l’eau. A notre plaisir, ils sont les rois de l’étang Saint-Nicolas.

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Et il y a ceux qui ne sont pas là pour bouger ou alors le moins possible, juste pour l’indispensable. Je vise là les pêcheurs à la ligne, sagement assis au bord de l’eau, à deux copains, parlant entre eux tout doucement, sans faire un geste inutile. La pêche à la ligne étant une activité de plein exercice se suffit à elle-même. Ils sont franchement détendus, les uns et les autres ayant choisi un coin à soleil doux pour le plaisir de sentir vraiment sa douceur, entourés de leur matériel chéri, avec des promeneurs qui passent non loin d’eux, sans troubler leur quiétude.

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Ils sont tous d’accord pour que je les prenne en photo. Comme me l’a dit l’un deux,  « ça va, cela ne gênera pas le poisson ». Quant aux deux jeunes, en train de bien discuter près de la passerelle du milieu de l’étang, l’un est un aguerri qui pêche depuis longtemps. Il forme son copain qui lui débute dans le noble exercice de la pêche à la ligne. Ils sont tous vraiment heureux. Ils se racontent des histoires de pêcheurs en faisant attention à leur canne, mais sans chercher, à ce qu’il me semble, à vraiment rapporter du poisson à la maison, les autres non plus d'ailleurs.  

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Les boulistes forment une autre catégorie de joyeux copains qui doivent avoir l’habitude de jouer ensemble. Pour eux, la photo sera prise de face. Pendant ce temps des coureurs s’arrêtent à la fontaine pour boire de l’eau ou se rafraîchir, tant l’effort a dû être long.

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Et puis, derrière eux, il y a maintenant un nouveau groupe de sportifs, qui viennent tester les appareils sportifs mis librement par la ville à leur disposition pour faire leurs exercices de musculation ou de décontraction musculaire en plein air, sur le modèle nordique ou anglo-saxon. Une vraie réussite visible de la rue Saint-Jacques qui aboutit à la Grande Place Maurice de Farcy.

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Combien de personnes ai-pu voir en cette balade douce prise à contre sens pour rejoindre le premier petit pont qui séparait l’étang haut dépendant de l’Abbaye aux Bonhommes de l’étang bas rattaché à celle de Saint-Nicolas ? Impossible à dire, je ferai comme les enfants qui répondent, après avoir bien réfléchi « je ne sais pas, en tout cas, il y en avait beaucoup ». Surtout qu’il y a eu toute une série de personnes que j’ai vue deux fois parce qu’eux  faisaient le tour, dans le « bon sens », celui  qui est inverse aux aiguilles d’une montre.  

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Avec des gags parfois. Une dame qui me demande en venant me regarder de près en me croisant, « je vous connais ? » Elle réfléchit en fronçant le sourcil et dit à son mari « Non ». Ma réponse « ce n‘est pas grave !»  Ou ce chien, un grand filou qui a eu le temps d'aller prendre un bain dans l'étang près de la passerelle, pendant que sa maitresse discutait avec une amie...    

Pour suivre le chemin

. A retrouver avec une vue aérienne très éclairante sur le site de la ville d’Angers http://www.angers.fr/vie-pratique/vie-quotidienne/environnement/les-parcs-et-jardins-publics/patrimoine/espaces-naturels/les-parcs-saint-nicolas/index.html 

. Plan du parc, http://www.angers.fr/vie-pratique/vie-quotidienne/environnement/les-parcs-et-jardins-publics/patrimoine/espaces-naturels/les-parcs-saint-nicolas/index.html

. Toujours wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tang_Saint-Nicolas

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. Certains font le parcours du haut, ou enchaînent le tour de l’étang Saint-Nicolas avec celui du parc Balzac, à voir sur   http://www.courseapied.net/forum/msg/100886.htm

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Samedi 18 octobre 2014 6 18 /10 /Oct /2014 12:53

 

Traduction du titre. Ce billet va vous parler du bois, celui que nous fournit encore l’arbre, celui qui a permis l’essor de civilisations depuis des millénaires et ce partout dans le monde. C’est notamment grâce à lui qu’il a été possible à l’humanité de vivre et de survivre. Il s’agit donc d’abord d’un hommage au bois, qui permet la vie et assure la survie. J’aurais pu tout aussi bien vous parler du « chant du bois aux Iles Lofoten », en ajoutant que cette ode est « force 5 ». Vous allez comprendre pourquoi.  

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Les Iles Lofoten. Cette indication de la localisation est essentielle. Le rôle dévolu au bois n’est pas le même selon que l’on est en un pays tempéré qui célèbre « la douceur de vivre »  comme la France ou dans le Grand Nord, comme le sont les Iles Lofoten situés en plein océan arctique au nord de  la Norvège. Les conditions  climatiques ne sont pourtant pas celle qu’on imagine. L’hiver, le temps est doux du fait de l’influence du Gulf Stream qui baigne les côtes des îles sud de la Norvège. Néanmoins les vents venus du Pôle et les courants ne facilitent pas la pêche des  morues en mer. Retenez que si la douceur de l’eau attire ces poisson, la vie est franchement rude là-haut pout ceux qui y habitent. Il faut des cœurs bien accrochés, une très bonne connaissance de la mer et une excellente pratique de la pêche de janvier à avril - la période faste - pour survivre.

Le moment. Outre cette saisonnalité régulière, l’époque choisie par le rédacteur de l’Illustration, T. Chauvin,  se situe quelques années avant le 5 mai 1928, date de la parution de l’article. Il a vécu en effet plus de deux ans là-bas et déclare avoir eu en outre grand plaisir à y revenir le temps de faire cet article, après être parti du grand port de Bergen situé au sud sur le continent, en compagnie de pêcheurs venus pour faire la saison de pêche.

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La pêche à la morue en vraiment quelques mots. Elle a eu une importance qu’on a peine à imaginer maintenant. On peut comparer son essor dès le Moyen-Age et son importance avec le commerce des épices qui a ouvert le monde  selon Fernand Braudel, suivi quelques siècles plus tard dans  seconde moitié du XIXe siècle par la Ruée vers l’Or en Californie. Les pêcheurs venaient du Portugal, du Pays basque, de Terre Neuve…

. Les barques traditionnelles et bateau de pêche, en Ier usage du bois. Toutes en bois, elles commençaient déjà à être remplacées en ces années 1927-1928 par des bateaux à moteur dotés de pont couvert qui permettaient aux hommes de se mettre à l’abri, le temps de l’aller sur le lieu de pêche et au retour. Il n’en allait pas de même avec les longues et étroites barques effilées à la pointe particulièrement haute devant et un peu moins en arrière. Les plus anciennes, qui  étaient manipulées à la rame, ont été progressivement remplacées par des barques plus grandes dotées d’une voile carrée dissymétrique de couleur rouge ou bleu. Les rames étaient conservées tant la navigation était rendue difficile avec ce type de voile.

L’article de L’Illustration présente deux types de bateaux. Le cliché le plus ancien montre des barques non pontée, sans mat et donc sans voile où l’on distingue une petite dizaine d’hommes dont certains  rament. Les barques ont une silhouette ressemblant aux anciens drakkars des Vikings.  Sur la seconde photo, on aperçoit  des bateaux plus grands à l’arrêt, avec semble-t-il deux mats, le plus petit à l’arrière portant sa voile non attachée pour pouvoir battre au vent.   

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. A terre, le poisson est mis à sécher dans des sècheries – 2e usage du bois -pour pouvoir être conservé et ensuite transporté. Il faut donc prévoir des installations à cet effet en plein air. C’est ce que montre la photo qui occupe la place prééminente dans l’article. Les sècheries sont constituées de poteaux de bois enfoncés dans le sol, auxquels sont fixées de longues poutres horizontales sur lesquels sont posés les poissons attachées deux par deux par la queue. De cette façon, le vent passe aisément entre les poissons.  

. Il faut aussi que les pêcheurs puissent trouver un abri à terre au plus près de la mer qui entoure les Iles Lofoten. Comme tous les pêcheurs de morue, de retour à terre, ils sont aussi bucherons l’été et quand le temps le permet. Ce sont donc eux aussi qui ont conçu, taillé et monté les cabanes de pêche3e usage - à partir des troncs bruts d’arbre. Ces cabanes de pêche sont conçues sur le mode minimaliste d’une ou deux pièces au mieux avec  l’une dédiée au couchage et l’autre au matériel, l’idéal étant d’avoir aussi un porche extérieur couvert pour y stocker du matériel hors neige. Visiblement la photo du campement à Balstad ne semble pas en posséder, comme le montrent les malles de bois posées dehors ainsi qu’une partie de l’outillage (photo n°4). On peut aussi penser que la cabane de pêche pouvait être  composée d’une seule pièce, accolée à d’autres en bande, quand la situation au sol s'y prêtait. Un des quatre murs était alors chauffé par le mur accolé.

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. Qui dit habitat temporaire, dit aussi transport et de stockage du matériel de survie nécessaire au bon déroulement de la campagne de pêche. Il faut prévoir des malles résistantes en bois pour remplir cette 4e fonction. C’est ce que vous découvrez sur la photo  la moins travaillée mais qui est riche d’informations. C’est aussi la seule où l'on peut voir un vraiment jeune pêcheur, tête nue et chemise ouverte dans l’entrebâillement de la porte basse d’une des cabanes accolées les unes aux autres.

. La porte refermée, à l’intérieur, le bois remplit deux autres fonctions proprement vitales  qui sont le chauffage et la cuisson de la nourriture (5e et 6e fonction). Un seul poêle alimenté au bois permettait de chauffer le volume restreint, de « détendre les membres » selon l’auteur de l’article, de faire baisser la pression, de deviser  agréablement et le dimanche de se reposer, le jour du Seigneur….

T. Chauvin termine son article, qui « n’a pas pris une ride » selon la formule consacrée, en disant des pêcheurs que  " leur optimisme est étonnant et il suffit d’une bonne journée de pêche pour faire renaître chez eux l’espérance et la bonne humeur. Ce sont des vrais fils de mer ". Oui, en partie grâce au bois de vie, de survie…           

Pour suivre le chemin de la morue

. Retrouver l’Illustration en date du 5 mai 1928, avec l’article remarquable de T. Chauvin, « Avec les pêcheurs de Morue des Iles Lofoten ». Quatre des photos ne sont pas signées, seule « La flottille de pêche au large de Slolvaer » en page 444 l’est par Otto Hoy. 

. Découvrir sur Persée  des extraits de l’étude de Michel Barbe, « La pêche aux îles Lofoten »,  (dans les années 1960-66),  Revue de géographie de Lyon. Vol. 41 n°1, 1966. pp. 29-60,  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geoca_0035-113x_1966_num_41_1_2592

. La morue n’est pas seulement l’affaire des pêcheurs norvégiens, elle l’était aussi celle des Normands, des Basques et des Portugais… et des Canadiens, à voir sur Radio-Canada «La morue, des siècles d’histoire », à  regarder sur http://archives.radio-canada.ca/economie_affaires/ressources_naturelles/clips/7190/

. Fécamp, haut lieu du départ des pêcheurs normands vers Terre-Neuve, voir http://www.fecamp-terre-neuve.fr/Historique/GrandesDates.html

. Avec l’histoire de la morue à Fécamp, « La morue normande, de la conserverie au musée » sur http://www4.culture.fr/patrimoines/patrimoine_monumental_et_archeologique/insitu/article.xsp?numero=8&id_article=levert-482

 http://www.canalacademie.com/ida7106-La-Morue-de-l-or-blanc-a-la-brandade.html

. Photos Elisabeth Poulain d’après le magazine

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Nature & Co
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Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 16:40

Décryptage. Voilà encore un travail d’étudiant dont je ne sais s’il résulte d’un travail collectif auquel cas, il faudrait mettre un « s » à étudiant ou est la création d’un seul. Pour cause de limitation du nombre de caractères dans le titre, il n’y en aura qu’un seul, avec l’équation suivante =  un chien, un regard, un œil dans une ville, un auteur...

Le chien dans la ville, le boxer1

Le résultat en grand format. Il occupe pleinement l’espace d’un cadre 62cm  sur 82cm en hauteur et pourtant on en voit que sa tête ou plutôt son profil droit qui n’occupe que 28 cm en largeur sur 26cm d’un carton qui a été peint. Sa tête en plus n’est pas centrée. Elle ne figure que dans le coin haut à droite du grand quadrilatère vertical, en position portrait.    

L’expression. Elle est proprement étonnante de force. Le chien a été saisi au moment où il aperçoit quelque chose qui retient son attention, sans que l’on sache évidemment quoi. Son œil est remarquablement rendu. Il est bordé de noir afin de le rendre plus visible. Ses oreilles ont été rajoutées visiblement après. On dirait que le peintre a représenté l’œil, tracé ensuite le profil d’un chien boxer, fini le menton, accentué le haut de la tête, esquissé la nuque … et puis basta.

Le reste est couleurs, essentiellement de gris, de rose, de jaune et du noir. Celui-ci  sert à lancer des lignes en diagonales pour garder une certaine maîtrise a postériori. Une autre grande ligne, plus large de couleur rose a été occultée par un certain tourbillon qui donne un rendu de trouble, de vitesse et de bizarre.

Le chien dans la ville, le boxer2, sa tête,

Pourquoi la ville. Aucune raison venant de la peinture assurément, si ce n’est  que je ne peux l’imaginer autre part que dans un endroit fourmillant de gens, de bruits et de couleurs, au point que le chien doit se dominer pour garder le contrôle. Il est calme et vigilant. Une preuve en est que son nez a l’air de fumer, tellement il se contrôle, mais en assurant.     

Pour suivre le chemin

. Ce carton a été produit au cours d’un atelier de créativité auquel ont participé des élèves ingénieurs de 5e année. Ce que je peux imaginer est que la tête est l'oeuvre d'un seul et que plusieurs se sont mis ensuite à l'oeuvre pour donner du corps au reste. Ce serait possible.  

. L’essentiel à connaître sur le boxer sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Boxer_(chien)

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Vendredi 10 octobre 2014 5 10 /10 /Oct /2014 12:27

 

Pour trouver le parc du Château de la Thibaudière en Maine et Loire (49), il vous suffit de sortir d’Angers au nord-ouest par la route nationale, la N 162, qui va d’Angers à Caen. Elle traverse Avrillé, puis atteint le carrefour de la Thibaudière à la croisée de la petite route départementale n°103 en pleine campagne. Ensuite vous tournez à droite et vous empruntez la première et seule entrée sur la gauche de la petite route qui mène du Louroux-Béconnais à Cantenay-Epinard. C’est là, vous êtes arrivé. Avec vous, dans votre poche, se trouve la carte de Montreuil-Juigné que vous a offert très aimablement la mairie lors d’une précédente balade. C’est notamment grâce à elle, mais pas seulement, que vous allez pouvoir vous livrer  à un jeu de pistes très éclairant en forme de quatre cercles qui s’imbriquent les uns dans les autres.

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. L’approche par le plateau qui domine la Mayenne, en rive droite. La carte vous donne une première indication importante. Devant vous, il y a de grands paysages, au sens où la terre n’a pas été morcelée et cela depuis longtemps. Dans la descente qui va vers la rivière, jusqu’au croisement en bas avec la route de Pruillé jusqu’à Juigné-Béné, il n’y a qu’une seule petite voie sur la gauche.  C’est le chemin des Noues parce qu’il y a un bâtiment qui porte ce nom suivi ensuite d’un autre bâtiment plus loin, le Petit Mesnil. Ce chemin des Noues du coup prend du coup le nom de chemin du Mesnil. Une jolie façon de ne pas faire de jaloux.

Les Noues indiquent qu’ici il y avait une mare qui recueillait les eaux de pluie ou de source. Les deux sont valables ici. On est à la limite du plateau qui descend en pente douce vers la Mayenne. Il y a bien des sources et il pleut aussi, surtout dans cet endroit situé entre deux forêts, celle qui reste en rive droite, où nous sommes, et celle qui demeure en rive gauche de La Mayenne, une rivière qui coule au fond de la vallée. Quant à la désignation de Mesnil, elle  signifie en langue d’Oïl du Moyen-Age qu’il y avait là une ville ou du moins une maison près d’une ville, ce qui était le cas. En arrière du bâtiment du Petit Mesnil, en s’éloignant du chemin et sans accès direct, se trouve un autre bâtiment qui porte le nom « Les Mazuaux ». Je n’ai trouvé aucune référence directe, mais il y a vraisemblablement un lien avec « la mazure », un terme normand qui désigne la basse-cour, le verger autour d’une maison de ferme.

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. En continuant ce grand cercle dans un sens inversé aux aiguilles d’une montre –c’est le tour n°1 -, toujours en regardant la carte, on arrive juste en dessous du Château de la Thibaudière, en survolant les Communs et de l’Orangerie. Ce faisant, vous avez non seulement  remonté le temps mais aussi commencé à découvrir l’espace grâce à la carte qui constitue dans le cas du Parc de La Thibaudière un formidable outil de connaissance.

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Au XIXe siècle, au domaine de la Thibaudière, le château était le bâtiment statutaire qui montrait la puissance du Comte de Mieulle, le propriétaire qui était alors député et Receveur des Finances du Maine et Loire. Le château est lui-même double avec une partie construite au XVIIè siècle et une grande extension au XIXe. Autour du château se trouve le colombier (XVIIe), qui  est le plus proche bâtiment restant de l’ancien parc, avec plus loin de l’autre côté, disséminés dans la grande pelouse qui entoure le château, des « fabriques » datant du XIXe. Ce sont des petites élévations qui ornaient les parcs, tels  un petit temple à l’antique, une vraiment petite chapelle de Hodé et surtout, plein sud, une très belle orangerie.

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Cette orangerie placée plein sud, proche du château, est actuellement la star incontestée du parc. Elle vient d’être entièrement rénovée à l'identique par la DRAC 49 dans le cadre de sa protection de Monument Historique. Elle va désormais servir de salle d’accueil pour des évènements culturels. Le soir même d’ailleurs s’est  tenu le premier concert  de la Thibaudière donné par des musiciens indiens de grande renommée. Là vous avez un autre indice d’importance, c’est la dimension internationale actuelle, passée et à venir de la Thibaudière.  

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. Ce tour n°2 commence par « les Communs » situés derrière l’Orangerie qui nous présente en cette belle après-midi sa façade superbement restaurée en pierre blanche de falun à exposition plein sud. A son coin gauche, une grande porte, entrouverte sous un haut porche,  laisse apercevoir de curieux bâtiments au centre en particulier. Cet ensemble immobilier clos, que sont les « Communs », méritent bien des majuscules tant ils sont remarquables. Ils le sont tellement qu’ils sont inscrits au titre des Monuments historiques protégés depuis un arrêté du 5 juillet 2005, ainsi que leur seul mur extérieur que l'on voit du dehors.

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On y découvre un endroit vraiment insolite, tant on sent qu’il ne peut être le fruit du hasard, comme ce qui resterait d’un coin d’une ville du XIXe siècle en style anglo-normand entièrement fermé par des murs, à l’exception de deux grandes portes abritées sous un porche. Seule l’une d’entre elles est ouverte, celle de l’Ouest. C’est par là que nous sommes entrées, invitées par le maître des lieux, Jean de Montlaur, désormais propriétaire de l’ensemble. C’est lui qui nous dévoile le mystère de cette toute petite ville close de mur, avec en son centre une encore plus petite construction elle-même, à l’allure d’une maison de poupée, enserrée par un grillage haut en son centre et moins élevé sur le pourtour. L’ensemble  des bâtiments constitue une ferme-modèle telle que la concevait en ce milieu du XIXe siècle des architectes férus de modernité. Il s’agissait déjà de rendre belles des constructions nécessaires à l’exercice des fonctions agricoles d’un réellement très grand domaine.

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Le domaine de La Thibaudière. Seulement quelques chiffres pour en montrer l’importance. Le domaine lui-même couvrait plus de 1800 hectares. Il y avait ici 300 personnes qui y vivaient et y travaillaient. Cette situation a globalement perduré jusqu’en 1914 et ce avec des différences. On fabriquait ici par exemple de la toile à bateau. La terrible guerre qui devait durer 4 ans fit tant d’énormes dommages aux hommes et aux choses que la situation d’avant-guerre fut perdue à jamais.

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On ne retourne pas en arrière, témoigne Jean de Montlaur, jamais.  « Aucun des hommes de la Thibaudière ne revint de cette véritable guerre civile européenne. Ils étaient tous partis au front... Dans ma famille, poursuit le châtelain, il y eut trois décès,  un en 1915, un autre fut gazé en 1916 et un autre mourut en 1921 des suites de ses blessures. La propriété fut abandonnée ; il pleuvait en direct jusque dans les sous-sols. Mon grand-père a survécu et plus tard j’en ai hérité. J’ai agi au plus pressé, par exemple en bâchant les toits ; c’était ça ou l’effondrement total.  Lors de la seconde guerre, le château a été bombardé de haut par des tirs américains. Il y avait une base allemande de la Luftwaffe à Avrillé (la ville voisine). Le domaine et le château ont été ruinés. Plusieurs bombes sont tombées sur ou tout près du bâtiment. On en a encore retrouvé des non-explosées. »

 Quelques mots ensuite sur sa carrière. « J’ai vécu cinq ans en Inde ; maintenant depuis plusieurs  années, je travaille et vis au Japon avec mes trois enfants. Il y a dans ma famille des liens forts avec l’Europe et plus loin. Une des femmes de la famille est italienne, deux sont allemandes et une autre est brésilienne. Ma famille est originaire de Lorraine. Elle a dû s’exiler en Allemagne du fait de son attachement à la religion protestante. Une de mes grands-mères, devenue allemande, était une Von Failly ;  elle a épousé mon grand-père français. Elle est morte à Ravensbrück après avoir été déportée au premier semestre de 1944.  Mes trois cousins Von Failly sont morts en février 1943 à Sébastopol. » 

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Le développement de ces propos sur la dimension internationale et européenne, visant l’Allemagne en particulier, est venu du fait proprement étonnant en terre angevine à cause de sa rareté que, sur les quelques personnes arrivées avant l’heure, dont moi, il y avait un Allemand et trois d’entre nous qui avions eu dans notre famille et/ou poursuivions des liens avec l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle Jean de Montlaur parle en Inde, au Japon, aux Etats-Unis… de « guerres civiles européennes ». 

Pour en revenir aux Communs, ce n’est pourtant pas l’influence allemande qui s‘y fait sentir, mais plutôt l’anglaise en ce qui concerne le concept très innovant au XIXe siècle  et l’anglo-normand pour le style. Imaginez un carré d’environ 100 mètres sur 100 dont les côtés sont donnent l’impression d’être construits d’un seul tenant, avec au milieu une autre construction-mystère. Ici tout est ordonné, dans une présentation qui résulte d’un tour inversé.  

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Ce tour n° 2 permet de découvrir ce quadrilatère qui couvre un hectare. Trois de ses  constructions formant trois des côtés sont jointifs grâce aux porches qui surplombent les portes. La découverte commence par la laiterie à notre gauche en entrant. C’est pour l’instant le chantier sur lequel se concentre  toute  l’attention de Jean de Montlaur.

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. Ce  côté gauche est affecté aux vaches et donc à la production de lait dans la bien nommée « laiterie ». C’est une petite pièce dans laquelle on descend par quelques marches. Sa porte d’entrée est elle-même couverte par un porche. La restauration est lourde du fait que la pierre blanche était attaquée au cœur. Il a donc fallu reconstruire à l’identique murs et voûtes de pleine pierre, sans liant, et tenant par la seule force de la gravité. Ce travail admirable des tailleurs de pierre  est mis en valeur par l’atmosphère très douce qui y règne et la faible lumière qui surgit de la découpe des volets. Auparavant, les murs et le sol étaient revêtus de marbre blanc pour assurer la prophylaxie de l’ensemble. L’hygiène telle qu’on la conçoit de nos jours est née, ne l’oublions pas, au XIXe siècle.

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. Le bâtiment situé entre les deux portes sous les porches accueille la sellerie. L’équitation tenait une grande place dans les styles de vie du XIXe siècle. Il y avait ici cinq chevaux montés (à distinguer donc des chevaux de trait) pour la famille. Les boxes étaient dotés de boiserie  en châtaignier. Eugène de Montlaur, spécialiste des races anglaises, avait conservé, comme il en était l’usage,  toutes les médailles gagnées dans les concours. 

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. Le troisième côté du quadrilatère est dédié aux boxes des chevaux. Il fait face à son vis à vis qui accueillait les vaches. En continuant à tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, vous arrivez ensuite à l’angle ouvert qui sépare les boxes à chevaux du bâtiment du fond.

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. Ce quatrième côté fait face aux deux portes d’entrée. Situé plein sud, ses fonctions sont multiples. En partant de l’angle proche de l’aile aux chevaux, il y a encore une partie dédiée aux chevaux en retrait dans le dessin du carré. Puis on trouve la blanchisserie et la boulangerie qui occupent toute la partie centrale de ce quatrième côté. Il devait aussi y avoir des logements. C’est ce qu’on découvre par une des fenêtres du bas  qui a conservé son vieux verre. Notre tour, qui a commencé par la laiterie, se poursuit très logiquement par l’aile des vaches. C’est alors le moment de faire un troisième tour, plus restreint que le n°2.

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. Le très petit tour n°3 permet de découvrir du dehors  l’étrange bâtiment bas construit à l’intérieur de la cour qui doit être peu ou prou carrée des Communs. Il y avait là une volière accueillant des faisans. Cette faisanderie permettait d’élever ces grands oiseaux pour la chasse. Le contenu de l’’enclos donne à voir une représentation  d’une petite ville, dont des petits habitants pouvaient monter à des tours érigées aux quatre coins à des fins de surveillance. C’est certainement la réalisation architecturale la plus remarquable que j’ai vue ces dernières années. Ses quatre faces semblent identiques.  

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. Voici venu le grand tour n°4, c’est celui qui permet de mieux comprendre le site. On retrouve alors la carte du début, qui permet de resituer le parc dans son ensemble. Il n’est pas inconnu, il a été en effet ouvert en effet pendant plusieurs années à la visite en juin, le mois des jardins. Beaucoup d’Angevins ont ainsi pu faire de belles découvertes. Le parc du Château de la Thibaudière en fait partie. Il a été remodelé au XIXe siècle en style anglais, certainement plus adapté au site du fait de la souplesse de ses courbes que la rigidité du jardin à la française qu’il  y avait avant. Le parc permet de comprendre la forte cohérence de l’endroit.

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C’est là, pendant le temps de cette vraie balade que nous avons pu retrouver  d’abord l’eau cette fois-ci dans une grande pièce d’eau dont les dimensions sont occultées par la présence d’une île boisée qui se fond dans le paysage boisé tout autour du château. Ici les arbres sont les rois, ou plutôt certains d’entre eux, les autres ont pour fonction de former un écran tout à fait efficace à l’environnement proche du château, n’appartenant pas au domaine. En s’éloignant du château et des communs, on passe près d’un séquoia vénérable, de grands chênes, ainsi que de quelques autres beaux arbres remarquables. Leur santé témoigne de leur vitalité qui fait contraste avec les toits du château protégés par des toiles noires. La pelouse a été tondue pour faciliter la vue et la marche. Le chemin qui s’ouvre devant nous, offre une succession de séquences paysagères courtes et très variées. Il s’agit de faire un tour boisé en arrière de la grande pelouse de l’autre côté de l’île.

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Voici quelques séquences non exhaustives. D’abord la découverte du mur extérieur classé  des Communs qui permettait d’accéder au grand potager qui existait à gauche des Communs, la découverte des grandes silhouettes des arbres sélectionnés  par  le Comte de Choulot, sur le côté droit en regardant vers la vallée, à gauche la grande pelouse qui permet d’entre-apercevoir la façade du château donnant sur le parc, puis l’arrivée à un croisement avec la grande allée d’entrée du domaine. A notre droite un grand champ descend en pente douce vers la rivière. La barrière est ouverte et on aperçoit l’arrière d’un grand bâtiment agricole, peut-être est-ce les Mazuaux.  On voit très bien la forêt en rive gauche de La Mayenne. C’est ensuite l’entrée dans la forêt par une allée de chênes, proprement dite dont le chemin va nous conduire à faire une grande boucle qui longe la nationale. C’est ensuite l’arrivée sur une autre grande allée qui mène au château et d’où nous découvrons la petite chapelle sur le côté gauche. L’arrivée au château nous permet d’admirer le colombier. Beaucoup de personnes déambulent maintenant près de l’Orangerie et des Communs…Il est alors temps pour nous de descendre voir la Mayenne. Le retour nous permet de retrouver la dernière carte.

La-Thibaudière-Parc-Choulot-Dessin-Prosper-Jolly-1844-PhJe

C’est le plan du parc à l’anglaise conçu par le Comte de Choulot et dessiné en 1844, sur le concept de la boucle qui boucle sur elle-même, comme nous l’avons fait d’une autre façon avec nos tours.

Pour suivre le chemin

. Voir le site http://www.lathibaudiere.com/. Vous pourrez y admirer en grand format le plan dessiné par Prosper Jolly en 1844 sur les indications du Comte de Choulot. 

. Retrouver aussi  en petit format le plan du parc dessiné de 1840 à 1844 par M. Delavenne, Comte de Choulot, dans le livret « Pays de Loire » « En juin, visitez un jardin en France », un évènement  organisé en 1995 sous l’égide des ministères de la Culture, de l’Environnement et le CPJF.

. Le parc a été ouvert à la visite pour les Journées du Patrimoine 2014, les 20 et 21 septembre. . Quelques points d’histoire sur http://www.journees-du-patrimoine-2014.com/SITE/chateau-thibaudiere--montreuil-juig-10586.htm  

.  Consultez le Site Mérimée, http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr

. Voir une photo ancienne de l’ensemble du château et des communs de Gustave Lemaire du Ministère de la Culture sur http://www.loomji.fr/montreuil-juigne-49214/monument/chateau-thibaudiere-37494.htm

. Lire aussi le numéro spécial de La Revue des Pays de Loire, XL, 303, « Parcs et Jardins » qui consacre un article aux  parcs de Choulot dans le Maine de Dominique Pinon, avec un grand cliché du parc, du bassin et du grand séquoia du château de la Thibaudière.    

. Le concert de musique classique indienne du nord a été donné par Pandit Narendra Mihra et Shree Kushal de Bénarès, à retrouver sur Facebook, au "Château de Montlaur"  https://www.facebook.com/pages/Pandit-Narendra-Mishra/745896265462692

. Découvrez la ville de Montreuil-Juigné sur  http://www.ville-montreuil-juigne.fr/tourisme/actualites/1132-journees-du-patrimoine-20-et-21-septembre.html

La-Thibaudière-M&L-Communs-Laiterie-Volet-DSC03567

. Photos Jean de Montlaur pour le plan du parc avec mes remerciements et Elisabeth Poulain pour les autres, à voir dans l'album "Châteaux" sur ce blog, avec en prime ce cliché de la partie basse d'un des volets de la laiterie .

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Architecture-Urbanisme
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Vendredi 3 octobre 2014 5 03 /10 /Oct /2014 12:33

 

Voici deux visuels publicitaires qui appartiennent à la série des publicités faites par les constructeurs de caravanes lors du grand salon européen de la caravane tenu à Villepinte au nord de Paris en 1966.  

Thompson T-Line caravans 1966. Cette publicité présente tout d’abord à nos yeux le grand mérite d’être datée. L’année est même un élément important du nom de cette caravane. C’est la première fois que nous rencontrons cet élément qui indique la volonté de la marque d’être à la pointe du progrès. Voici une caravane moderne, actuelle et adaptée aux besoins des utilisateurs. Blanche sur fond beige-orangé moucheté, elle est toute petite, calée dans le coin droit inférieur du visuel. On ne voit que peu de choses d’elle, si ce n’est l’essentiel, sa petite taille qui ne l’empêche pas d’avoir une partie à vivre à l’avant avec sa porte toute proche.

Pub caravane Wawa

Cette T-LIne est placée dans le sens de la marche, avec un mat auquel est accroché un fanion qui se déplie gaiement même à l’arrêt. Dessous est inscrit le nom du constructeur mais en gardant un espace. A l’autre bout du visuel en partie basse également mais en sortant du cadre et cette fois-ci à gauche se trouve le nom du modèle, T-Line 1966,  avec un effet graphique sous T-Line qui suggère la plate-forme sur-laquelle la structure de la caravane est posée.

L’effet de douceur ressenti tient au positionnement des différents éléments les uns par rapport aux autres. Une ligne de fuite en oblique part du haut avant de la caravane, touche le T de Thompson et atteint le T de T-Ligne en blanc sur fond noir qui est le seul élément chromatique capable de dynamiser l’ensemble. Si on enlève le socle inférieur, le visuel perd de son sens et cette douceur devient un peu trop mystérieuse pour être compréhensible.

La dimension franchement innovante de ce visuel publicitaire est de rétrécir cette caravane afin de montrer combien elle s’insère bien dans l’espace de ce grand paysage. Faire petit pour prouver combien la marque est grande. C’est une belle anticipation de la philosophie de « Small is beautifull » (1973), l’opus d’avant-garde du philosophe E. F. Schumacher qui dénonçait le gigantisme et la volonté de puissance de nos sociétés.    

    Pub caravane Safari

Safari worth hunting for. Cette publicité est intéressante à plus d’un titre: c’est la première à être conçue pour une catégorie particulière de campeurs, les hommes chasseurs. On ne peut s’y tromper. Le héros a chapeau et jumelles ; son visage appartient clairement au genre masculin. Il n’est pas spécialement épanoui ; ses lèvres serrées témoignent de sa détermination, son nez pointu aussi.  

L’ensemble est un peu inquiétant. La marque Safari a choisi comme argument de vente ce slogan d’une caravane adaptée au chasseur pour la chasse. On irait presque à dire qu’il lui suffirait à ce chasseur-guetteur d’arriver avec sa caravane pour faire peur aux grand fauves intrigués, qui du coup s’approcheraient d’elle. Ce que montre le visuel est en fait un raisonnement au deuxième degré. De la chasse, seuls demeurent le chapeau du broussard et ses jumelles, sans lesquelles il ne saurait être efficace. Que voit-il dans ses jumelles ? C’est ce que nous montre cette publicité. A la place de ses yeux, on y voit deux caravanes qui curieusement sont toutes les deux placés dans le même sens, avec la partie à vivre à l’avant. Cela aurait été plus drôle qu’elles soient inversées l’une par rapport à l’autre, à la façon des yeux d’une personne.

En commun, ces deux visuels ont le sens de présentation et la distance. La T-Line et la Safari, vues vers l’avant placée à gauche dans l’espace, la première en l’éloignant dans le coin inférieur droit et Safari en la rapprochant pour la grossir par deux fois.

Pour suivre le chemin

. Ces deux visuels appartiennent au « Carnet de Notes » des Editions de la Direction de l’Equipement et de l’Agriculture de l’Oise, paru sous le titre de « l’Objet caravane, Mémoire graphique des années 1960 », une réalisation de France Poulain  

. Retrouvez sur ce blog toute la série qui va bientôt se terminer.

. Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album-photos "Petites Maisons " sur ce blog

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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