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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Evreux > Les rives de l’Iton > La grille ouverte à la vue-fermée x 3

24 Avril 2015, 17:08pm

Publié par Elisabeth Poulain

Evreux, Vue du petit pont à la grille du pont de la rue du Pr. Huet sur l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, Vue du petit pont à la grille du pont de la rue du Pr. Huet sur l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

Quand on se promène dans une ville ancienne, et c’est le cas d’Evreux qui a pu conserver une partie de son cœur ancien non bombardée pendant la guerre de 1940-1945, on découvre toujours des « pépites » visuelles. C’est aussi bien souvent le cas quand on suit les cours d’eau qui traversent les villes. Ou plutôt le contraire, car ce sont les villes qui se sont construites au bord de l’eau. L’eau a toujours représentée une valeur positive pour une maison située à son abord, pour les usages qu’elle rendait plus faciles et maintenant pour la vue. Elle était et est toujours garantie d’avoir un plus par rapport à des voisines proches mais sans accès direct à la rivière ou le fleuve.

Rechercher la rivière ou le fleuve est ainsi un réflexe quasiment naturel d’un visiteur découvrant une ville. Cela a été mon cas à Evreux avec l’Iton qui irrigue la ville de ses quinze bras, qui tous s’appellent Iton, pour ne pas établir de hiérarchie et faire de jaloux. Pour compliquer encore la compréhension, certaines parties sont visibles et d’autres non qui sont couvertes pour faciliter la circulation et l’urbanisme. C’est du moins ce que j’imagine. La situation se complique encore quand on sait qu’il existe peu d’occasions de longer l’Iton, à l’exception notable de la Promenade Charles II qui longe le côté du quadrilatère de la Cité épiscopale qui va du Presbytère et de la Cathédrale à la Tour du Guet et à la Marie. Il existe heureusement quelques exceptions.

Citons en particulier la petite rue Simone de Beauvoir, qui débouche dans la rue du Président Huet. Elle est de facture récente pour permettre et faciliter l’accès des voitures à un groupe d’immeubles récents. Vous avez là une conjonction favorable qui est de voir de près et frontalement la rive d’en face, ses lavoirs implantés sur les deux rives et à un endroit une passerelle sans garde-corps qui permettait de joindre la rive d’en face.

 

Evreux, Vue sur la grille force 3, avec le petit pont sur l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, Vue sur la grille force 3, avec le petit pont sur l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

C’est là que se situe la grille qui constitue la fermeture ancienne, qui devait marquer la séparation entre le domaine privé, petit pont compris et la berge haute. Elle ne semble pas très ancienne. Elle est classiquement composée de deux portes en fer forgé de moyennes dimensions. Comme toute grille, elle est ouverte à la vue sur la double cour qui se situe de l’autre côté sur la rive gauche de cette partie de l’Iton, alors que vous, vous êtes en rive droite. Et l’inverse est aussi vrai. C’est d’autant plus bienvenu que le site a été aménagé pour permettre la promenade.

Pour souligner la fonction défensive de la grille fermée, ses pointes reproduisent des hauts légers de flèche, avec un léger mouvement qui évoque un éclair, un motif présent sur une grille de facture récente d’un artisan ferronnier régional. Ces pointes en hauteur se doublent de pointes identiques mais descendantes cette fois-ci situées entre les barreaux du bas. Les pointes hautes évoquent le haut des flèche traditionnelles destinées à empêcher les escaladeurs de franchir la grille par le haut, celles du bas en entre deux ne pouvant répondre à mes yeux qu’à une fonction décorative. Avec toute fois, une distinction entre ces pointes basses et d’autres qui sont fixées sur la structure horizontale médiane, ce qui est me semble-t-il rarissime.

On comprend alors le pourquoi du relèvement de la structure avec un câble horizontal. Pour renforcer la structure globale, sans rajouter de poteaux latéraux complets, un système de hausse des poteaux a été fixé en hauteur sur les poteaux latéraux et des câbles ont été tendus entre les deux, peut-être pour garder le parallélisme entre les poteaux. Peut-être aussi pour empêcher le franchissement à partir de la rive droite, Allée Simone de Beauvoir.

Evreux, vue sur le petit pont, prise du lavoir sur l'Iton, grille à la gauche, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, vue sur le petit pont, prise du lavoir sur l'Iton, grille à la gauche, Cl. Elisabeth Poulain

En avant et très près de ce portail a été placé un garde-corps sans ouverture possible par un portillon. L’accès à la passerelle en bois qui permettait d’enjamber ce bras de l’Iton est ainsi interdit, de la même façon qu’un garde-corps identique coupe l’accès à la rivière par l’autre rive. C’est dire qu’à cet endroit deux systèmes empêchent le passage sur le très vieux petit pont de bois en très mauvais état, avec un garde-corps supplémentaire de l’autre côté.

L’aspect visuel est très intéressant de par la légèreté de l’ensemble, avec une multiplicité de lignes verticales et horizontales et une seule courbe descendante-remontante, celle constituée les deux vantaux de la grille elle-même. Le choix du motif ovale renforcé par une tige médiane du garde-corps s’adapte avec beaucoup de légèreté à l’ensemble. Remarquons pour finir que la tige médiane qui a pour but de renforcer la solidité de l’ensemble est peinte de couleur vert mousse pour atténuer sa présence alors que tout le reste est noir. Du bel ouvrage !

Pour suivre le chemin

. Découvrir l’Iton en particulier à Evreux sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Iton  

. Ainsi qu’Evreux (sur Iton) sur http://www.evreux.fr/pages/liton-587  

. Retrouver un précédent article sur ce blog parue le 30 mars 2015 sous le titre « La société d’hier > Les  murs gallo-romains > La ville d’Evreux » sur http://www.elisabethpoulain.com/2015/03/la-societe-d-hier-les-murs-gallo-romains-la-ville-d-evreux.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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Genêts jaunes sur fond de schiste noir & vert éclat, St-Nicolas-Angers

22 Avril 2015, 10:12am

Publié par Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Il est clair à comprendre –pour une fois- même s’il manque encore un mot essentiel. Il s’agit de photos, mais ça, vous le saviez déjà, la couleur appelle la photo, surtout en ce début du mois de mars 2015 qui connait parfois déjà de véritables chaleurs d’été.  

C’est le moment de la fin de l’après-midi où le soleil commence à se cacher, tout en continuant à diffuser une lumière plus douce et qui révèle mieux les coloris des fleurs dans leur environnement végétal et minéral.

La situation est très exceptionnelle. Le parc Saint-Nicolas est rattaché en réalité à trois communes membres de l’agglomération d’Angers, qui sont outre cette dernière Avrillé et Beaucouzé pour une toute petite portion en fond de ce lac comme on ne l’appelle pourtant pas ici.

Genets, Etang St-Nicolas et carrière remplie d'eau, Angers, Cl. Elisabeth Poulain Genets, Etang St-Nicolas et carrière remplie d'eau, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas et carrière remplie d'eau, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Car cet étang est en réalité un lac, qui fait plus de 4 km de long, soit pour ceux qui comptent bien une balade de plus 8 kms de long, avec seulement deux ponts très proches pour joindre les deux rives et raccourcir la promenade. Cette retenue d’eau résulte du carrières creusées par les mineurs qui débitaient les filons d’ardoise proches de la petite rivière du Brionneau nécessaires à la construction des grands édifices d’Angers, à commencer par le château, les abbayes…A cette époque médiévale, l’étang qui commençait à se former en proximité de l’Abbaye Saint-Nicolas proche de la rivière Maine dans lequel se jette le Brionneau.

A certains endroits, le paysage rappelle la Bretagne, tout particulièrement à cause des genets qui fleurissent au printemps. La présence de la pierre, qui est ici en Anjou, du schiste noir ardoisier et non pas du granit. Néanmoins ses couleurs varient beaucoup en fonction de son exposition, de son environnement proche, des lichens qui peuvent lui donner un aspect de couleur rouille. La pierre elle-même porte des teintes variées. Quant au vert, il se décline en plusieurs teintes qui toutes ont la fraicheur du printemps, avec ma préférence pour l’éclat du vert acidulé jeune pousse.

Genets, Etang St-Nicolas, rive gauche, Angers, Cl. Elisabeth PoulainGenets, Etang St-Nicolas, rive gauche, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas, rive gauche, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Et le tout fait une belle balade de fin de journée, en revenant par un chemin bordé de cerisiers blancs en fleur près du lac et de lilas parme clair qui éclatent de l’autre côté sur le coteau pentu entre clôtures et chemin.

Pour suivre le chemin

. Le parc Saint-Nicolas d’Angers sur http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tang_Saint-Nicolas  et le Brionneau sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Brionneau_(rivi%C3%A8re)  

. Le genêt d’or sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Gen%C3%AAt  

. Le schiste d’ardoise sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Schiste  et http://fr.wikipedia.org/wiki/Ardoise  

. Voir aussi la palette incroyable des teintes des granits de Bretagne sur http://www.granitbreton.fr/fr/granit/palette.htm  

. Photos Elisabeth Poulain 2015

Genets, Etang St-Nicolas, rive gauche, vue sur la rive droite, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Genets, Etang St-Nicolas, rive gauche, vue sur la rive droite, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

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Le bestiaire de la pub > Le brochet et le pêcheur > Le Crédit Lyonnais

18 Avril 2015, 14:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le pêcheur et le brochet, le Crédit Lyonnais, Paris-Match 1967, Cl. Elisabeth Poulain

Le pêcheur et le brochet, le Crédit Lyonnais, Paris-Match 1967, Cl. Elisabeth Poulain

Disons le tout d’emblée, le brochet, aussi beau, talentueux et résistant qu’il puisse être, en particulier dans sa lutte contre le méchant pêcheur, n’est pas un familier de l’univers de la publicité. Ce n’est pas à lui qu’on penserait en premier, ni même en 10e position et je dis ça au hasard. Par contre, il joue un rôle certain dans la mise en valeur du pêcheur qui pourra conter sa lutte épique aux copains le soir au coin du feu l’hiver ou l’été à la terrasse d’un bistrot de village abrité sous le grand tilleul de la place.

C’est assurément le choix du Crédit Lyonnais : montrer un client heureux tenant dans ses mains un brochet dont on ne voit que la tête. L’explication du choix du pêcheur et du brochet qui semblent dialoguer tous les deux ensemble, les yeux dans les yeux, tient en ces quelques mots « nous n’y sommes pour rien ». La banque ne vous promet pas de faire d’aussi belles prises – ce serait trop simple- mais par contre de contribuer quelque peu au bonheur du pêcheur, cela oui.

Après enquête auprès de pêcheurs forcément avertis et un petit détour par wikipedia, le plaisir de la pêche au brochet tient plus dans la dimension sportive de ce type de pêche que dans le poisson lui-même. D’abord il faut relâcher le « petit » brochet, celui qui fait moins de 60 cm tout autant que le « gros » qui lui mesure plus de 90 cm. Le pauvre est farci de contaminants de toutes sortes, au point qu’il est déconseillé de manger sa chair.

Entre les deux, si vous avez de la chance, celle qui profite aux clients de la banque, vous pourrez le rapporter à la maison, après vous être fait tirer le portrait tenant fièrement le brochet dans vos mains et les yeux dans les yeux. Il sera alors temps de mettre en pratique la célèbre recette du vrai beurre blanc du pays nantais, qui n’est guère loin de la rivière Maine en Anjou pour déguster ensuite tous réunis autour de la table, un brochet des gourmets.

Les bons conseils du Crédit Lyonnais : « 6 heures du matin…le bon coin, sous les saules : pas de bruit ; la bonne cuillère (que pensez-vous des ondulantes ?) ; un, deux, trois  lancers précis ; une touche brutale… et tout l’art d’amener jusqu’à l’épuisette…Cela, le principal, nous n’y sommes pour rien. Mais ces belles vacances au paradis des prêcheurs de brochet…là, nous y sommes peut-être pour quelque chose… »

C’était une publicité très avant-gardiste, un an avant mai 1968. Ses fondements, un concept, peu de mots, juste ce qu’il faut pour placer l’argumentaire bancaire et une photo intrigante, avec un pêcheur qui ouvre un peu les lèvres, comme le poisson...  

Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Paris-Match, n° 949 du 17 juin 1967, en double page 116-117, visuel « Publi-Service », photo Rodriguez

. Venir en Anjou particulièrement riche en brochet, figurant dans la liste 2P de la faune piscicole dans le département du Maine et Loire, tout particulièrement en Loire, mais aussi dans La Maine, dans l’Ile Saint-Aubin ainsi que dans les prairies et marais de la Baumette, à retrouver sur http://www.maine-et-loire.gouv.fr/IMG/pdf/inventaire_frayeres_49_liste_detaillee.pdf  

. Ce petit billet est une retombée de ma balade récente dans les prairies de La Baumette et de ma rencontre visuelle avec une tête de poisson bien sèche à terre. J'ai imaginé ensuite que c'était un brochet.

. Photos Elisabeth Poulain

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L23 La beauté de la lumière, Les prairies de la Baumette, rives de Maine

10 Avril 2015, 13:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pont de la Libération ou pont de Prunier, vers les prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Pont de la Libération ou pont de Prunier, vers les prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

La Maine avec ses 12kms est une des plus petites rivières de France qui offre aussi la double singularité d’être en Anjou et de ne pas avoir de source. Pour autant, ne vous inquiétez pas pour elle. Elle va bien surtout quand elle a ses « Hautes Eaux » qui vont inonder comme chaque hiver et début de printemps ses basses prairies, celles qui font éponge justement, en accueillant son trop-plein d’eau. Quant à la source, elle n’en a pas besoin puisqu’elle est formée par la résultante entre trois rivières que sont la Mayenne, la Sarthe et le Loir, la ère à l’ouest, la seconde au-dessus d’Angers et la troisième qui vient de l’Est. Pour éviter des tensions pour savoir laquelle allait donner son nom à leur réunion, une solution diplomatique a consisté à lui donner un autre nom, la Maine. C’est donc elle qui se jette bravement ensuite dans la Loire sur sa rive droite à Bouchemaine, la bien-nommée face à Sainte-Gemme sur Loire dont le territoire est située sur la rive gauche de la Maine et en rive gauche de la Loire.

La Maine a aussi pour particularité de longer deux grandes éponges à eau que sont l’Ile Saint-Aubin, qui fait partie d’Angers, au nord sur sa rive droite et, pour équilibrer, en rive gauche, les Prairies de la Baumette, sur la commune de Sainte-Gemme sur Loire. De la même façon mais en inversé, en rive gauche au centre d’Angers, que se dresse un pic de schiste noir où s’élève le château. En rive droite, cette fois-ci, face aux prairies de la Baumette, une falaise déchiquetée domine la Maine et son lac d’inondation. Cette fois-ci, c’est une abbaye, celle de la Baumette justement, qui a donné son nom à cette grande prairie située en aval de la Maine et qui offre la particularité d’être d’un seul tenant sans un mètre de fil de fer.

Le pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth PoulainLe pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Le pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

La balade. Elle commence par le Pont de la Libération. C’est un ancien pont de fer ferroviaire érigé en 1908 emprunté maintenant par les marcheurs et les sportifs cyclistes. Ce nom lui a été donné parce qu’il permit à la fin de la II guerre mondiale aux Forces Américaines de passer la Maine et de prendre à revers les forces allemandes stationnées à Angers centre. Il est aussi surnommé le Pont de Prunier, du nom du site appartenant à la commune de Bouchemaine. C’est du haut du pont que se découvre l’étendue des hautes eaux qui donnent l’impression que la Maine est doublée d’un grand étang, au point aussi qu’on se demande si ce n’est pas la Loire. C’est alors la fête visuelle pour les yeux, avec des lignes contrastées de couleurs claires et pourtant vives qui brillent au soleil du printemps dans une lumière vive.

C’est le vert de la prairie qui forme la base de ce socle chromatique, le jeune vert de l’herbe qui brille au soleil et qui a envahi toute la surface, chemin y compris. Il y a pourtant des traces de pneus repérables à l’herbe couchée. Il y a ici un chemin qui ne se voit pas ; il n’est pas parallèle au fil de la rivière. Les promeneurs ne s’y trompent pourtant pas. Ils ne vont pas voir la Maine pourtant toute proche. L’eau actuellement est très proche du haut de la berge couverte de grandes herbes et lianes mais sans encore l’atteindre. Le regard se porte presque naturellement et plus volontiers de l’autre côté de la rive, celui qui s’ouvre vers « le grand paysage », un de ceux qui vous aère l’esprit, qui vous emplit d’énergie et qui délie les langues. « Ah que c’est beau » semble être la phrase la plus souvent entendue, celle qui est échangée entre des promeneurs qui se croisent et se saluent, comme si on se rencontrait en randonnée seul au monde et heureux de partager.

Rive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth PoulainRive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth PoulainRive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth Poulain

Rive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth Poulain

A votre gauche, se trouvent les premières rangées de jeunes et vigoureux peupliers d’Italie bien alignées transversalement à la rivière. Ce sont eux qui marquent le début de la promenade. Ils n’ont pas encore sorti leurs jeunes feuilles rousses du printemps. Leurs troncs presque noirs contre le soleil structurent le paysage en hauteur. D’autres rangées se laisseront découvrir le long du chemin, mais pas en aussi grand nombre, ni de la même espèce. Ceux-là plus âgés ont chacun leur forme. Dans le fond de la scène, un rideau d’arbres feuillus de hauteur inégale apparait en brun clair ; il forme la transition entre la prairie verte et la grande surface bleue claire de l’eau inondant la prairie.

Dire qu’il s’agit d’un étang serait inexact tant la frontière entre l’eau et l’herbe est difficile pour ne pas dire impossible à marquer, surtout vue de loin. Même de près, même du haut d’un mètre ou peu plus de hauteur, l’herbe est si fournie qu’on ne voit pas l’eau qui recouvre la terre. Ce n’est que lorsque le creux est suffisamment prononcé, près du rideau d’arbres, qu’on a vraiment la sensation de voisiner avec l’eau, alors même qu’on est tout près de la Maine. Une autre conséquence importante est qu’il n’est pas possible de marcher au bord de cette eau, qui a ainsi un caractère protégé. Devant vous, sur votre gauche, se poursuit la grande bande verte qui encercle de façon irrégulière toute la prairie. Chaque pas nous rapproche de la grande étendue bleue. En attendant, le regard se porte sur un arbre à terre entre le chemin et la berge ; d’autres qui ont poussé de par leur volonté propre et sans alignement, avec souvent des boules de gui accrochées dans leurs branches.

Prairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth Poulain

Prairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth Poulain

Dans la bande bleue de l’eau de la prairie inondée, vous commencez à repérer des points blancs qui semblent immobiles. En regardant mieux, vous en voyez aussi dans la prairie en arrière. Ces points blancs sont en réalité des cygnes qui hivernent ici chaque année ; cette année, la colonie semble particulièrement importante. Les cygnes de la Baumette, comme on les appelle ici, se savent très protégés dans leur environnement liquide. L’adresse est bonne, la cohabitation sans souci, les deux-pattes humains qui les admirent en marchant sont suffisamment éloignés, la chasse est interdite et le site entier est classé Natura 2000. Ne viennent ici que des paisibles amoureux de la nature, mais pas tous à pied.

En effet plus bas, à l’actuel pont ferroviaire qui relie Angers à Nantes et plus loin de chaque côté et qui traverse la Maine, il est possible d’arriver en voiture et de la garer. L’adresse est bien connue des pêcheurs qui en profitent pour ne pas avoir à porter leur matériel. L’intérêt pour eux aussi de se positionner sous le pont sur le quai en hauteur qui permet normalement de passer, sauf quand le niveau de l’eau les en empêche. C’est le cas cette fois-ci ; le passage sous le pont est sous l’eau. Il faut donc revenir par le même chemin, sans avoir pu longer la Maine en rive gauche jusqu’à Bouchemaine, passer le pont et tourner tout de suite à droite.

Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain
Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Au demi-tour, on voit bien la vanne ouverte sous un petit pont, par lequel passe le chemin, qui laisse rentrer l’eau de la Maine dans la prairie en période d’inondation. C’est tout près du grand talus de la ligne ferroviaire construite en hauteur afin justement de permettre d’assurer le passage du train. D’un côté l’eau est absolument indispensable à la survie des prairies humides, d’un autre les inondations sont une vraie gêne pour le passage des trains. Quant aux bateaux sur l’eau, des plates étaient amarrées sur l’autre rive près du pont à arche sous lequel nous n’en avons pas pu passer. Un seul naviguait, c’était un hors-bord qui remontait La Maine au milieu du chenal.

Nous n’avons pas vu de pêcheur assis au bord de l’eau en train de rêver qu’il allait enfin attraper au moins un poisson. Les périodes de crue ne sont peut-être pas propices à la pêche à la ligne. La seule trace visible au retour s’est limitée à la tête d’un poisson qui devait être de belles dimensions, justement dans les herbes couchées du chemin…Il est temps de remonter les marches qui mènent au pont de Prunier et de saluer de loin l’ancien couvent de la Baumette (XVe siècle), située sur un éperon de schiste noir, qui a donné son nom aux prairies qui sont un véritable havre de paix végétal au sud de la ville d’Angers. La Baumette, en hommage à Sainte-Baume en Provence érigée sur une falaise abrupte…

Rive droite de Maine, paroi de schiste noir, face aux prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Rive droite de Maine, paroi de schiste noir, face aux prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une promenade entre terre et eau, au milieu d’une nature paisible, sous un grand soleil avec une lumière extrêmement vive, dans un grand paysage, voisinant avec une importante colonie de cygnes que nous ne gênons pas, dans un télescopage de temps, d’aujourd’hui à la Libération d’Angers, en faisant un grand détour par la Provence, passant par trois villes et deux cours d’eau et en compagnie de gens sympas et en rencontrant d’autres qui le sont tout autant...

Pour suivre le chemin

. Photos Elisabeth Poulain

. Trouver les fondamentaux sur la rivière Maine sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Maine_(rivi%C3%A8re)

. Consulter l’analyse paysagère réalisée par Laure Aubert h. Pruniers, qui fait partie de Bouchemaine, à découvrir sur http://aubert.laure.free.fr/analyse.pdf   

. Prunier sur le site de Bouchemaine http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouchemaine  

. L’abbaye de Bouchemaine sur http://www.angersloiretourisme.com/fr/decouvrir/lieux-de-visites/abbaye-de-bouchemaine  

. Sainte-Gemmes sur Loire http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Gemmes-sur-Loire  

. L’ancien Couvent de la Baumette, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Couvent_des_Cordeliers_d'Angers#/media/File:Rene1ofNaples.jpg  

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A Yport, en haut de la falaise, une balade au soleil couchant d'été

4 Avril 2015, 16:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

Yport, promenade du soir au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Yport, promenade du soir au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Décryptage du titre. Nous sommes en Normandie au Pays des Hautes Falaises, sur la Côte d’Albâtre. Toutes ces majuscules vous indiquent que nous ne sommes pas n’importe où au bord de la Mer du Nord. Reprenons par la fin. La Mer du Nord, elle est facile à situer pour un Français. Facile, elle est bien au nord de notre hexagone familier. L’étonnant est qu’elle continue à s’appeler comme ça même pour des Belges, des Néerlandais et tous ceux qui sont franchement au nord. Un lien peut certainement être fait avec le vent du  Nord qui souffle fort dans ce grand couloir à vents que constitue le Channel, un vent qui vient vraiment du Grand Nord. 

La Côte d’Albâtre. C’est une dénomination touristique qui désigne cette partie de la côte normande de la Haute Normandie, qui comprend les stations littorales du Pays de Caux (du Havre jusqu’à Dieppe) suivies ensuite de celles du Petit Caux (de Dieppe jusqu’au Tréport). Je crains fort que ces explications ne contribuent à vous embrouiller plus qu’elles ne vous éclairent. C’est un peu fait exprès, une façon pas très méchante de se moquer la tendance  du monde du tourisme d’attribuer des noms valorisant à des sites pour attirer les touristes. L’albâtre est tellement plus chic  que la craie enrichie de silex qui constitue la matière blanche de ces hautes falaises.

Yport, promenade du soir, en haut des Falaises, lumière au soleil couchant, Cl. Elisabeth PoulainYport, promenade du soir, en haut des Falaises, lumière au soleil couchant, Cl. Elisabeth PoulainYport, promenade du soir, en haut des Falaises, lumière au soleil couchant, Cl. Elisabeth Poulain

Yport, promenade du soir, en haut des Falaises, lumière au soleil couchant, Cl. Elisabeth Poulain

Yport n’est pas la station la plus courue de cette portion du littoral balisée au sud par Etretat, la ville touristique la plus connue grâce à sa falaise d’Aval, et le grand port de Fécamp au nord, qui dispose aussi d’une falaise des deux côtés de la sortie du port. Elle offre la particularité d’être restée une petite ville active. C’était un petit port de pêche qui fut connue dès le milieu du XIXe siècle des urbains fortunés en quête de beaux paysages naturels. Une recherche de nature qui incluait aussi une volonté de se retrouver « entre soi » pour constituer un club fermé de personnes avec les mêmes goûts. Le côté très pentue d’Yport fut à la fois un atout pour voir loin et déjà un certain frein au développement économique. La construction d’un casino fut un élément déterminant de son attrait. Actuellement, comme ses deux consoeurs du sud et du nord, la ville vit essentiellement de son tourisme.

La balade sur le plateau dominant les falaises au soleil couchant. C’était un début de soirée calme, quand le vent de la journée s’est apaisé. Le soleil est encore présent. Le grand événement de cette sortie était de chercher à surprendre le moment où la lumière se transforme. Elle dynamise, elle éclaire, elle est là et pourtant petit à petit son intensité diminue, jusqu’au moment où l’œil perçoit ce changement pourtant prévisible et qui se laisse surprendre à chaque fois, comme une découverte nouvelle par définition, accompagnée d’une petite sensation de froid. C’est à ce moment-là, bien souvent que quelqu’un dit « oh, il va falloir rentrer ». Comme si on se faisait surprendre. C’est alors le moment de faire un tour complet sur soi pour embrasser le paysage d’un tour panoramique, d’un coup, d’un seul, sans hiatus ni arrêt, pour être bien sûr d’avoir tout bien vu. C’est un objectif qu’on peut comprendre mais qui est tout à fait irréalisable, car la lumière a changé. Et cela change tout.

Yport, promenade du soir, au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth PoulainYport, promenade du soir, au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth PoulainYport, promenade du soir, au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Yport, promenade du soir, au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth Poulain

La mer en bas est si calme qu’elle semble s’endormir. Il n’y a ni navire, ni vacancier, ni lumière d’aucune sorte, la falaise sur le côté droit en bas dort déjà, car elle n’attire absolument plus le regard. Remontant sur le plateau, c’est alors le jeune cheval qui retient l’attention. Il s’ennuie un peu au bord de son près, près de son abri, côté mer. Visiblement il lui faudrait un peu de compagnie. Celle des promeneurs ne lui convient pas du tout. Il les trouve un peu idiots, à dire toujours la même chose. C’est son maître qui lui manque. Il essaie de venir tous les jours mais quand même, avoir les mouettes comme copines, cela ne le fait pas.

Par devant le petit sentier étire son ruban entre la clôture en fil de fer barbelé du côté mer, qui cesse quand il se termine, et de l'autre côté, sur la colline, là où le ciel est chargé de nuages, un champ de blé suivi par un autre de maïs bien vert à sa gauche en poussant la marche. La découverte se poursuit entre des bandes vertes avec d’un côté la mer dont le bord se rapproche et le champ de maïs qui s’étire en prenant toute sa plénitude, sans clôture. Et la promenade continue, avec l’intensité lumineuse qui baisse d'une façon générale et les nuages qui se concentrent au-dessus de la colline. Les lignes des rangées de maïs focalisent l’attention.

Yport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs,  blockhaus, Cl. Elisabeth PoulainYport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs,  blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain
Yport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs,  blockhaus, Cl. Elisabeth PoulainYport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs,  blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain

Yport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs, blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain

Au retour, côté terre, le blockhaus a gardé ses accès ouverts. Il n’a ni été vraiment remblayé, ce qui aurait été facile, ni détruit comme cela a été le cas dans la région de Saint-Nazaire-Pornichet, sauf pour quelques-uns qui sont dotés dun panneau pédagogique intéressant. Visiblement, celui-ci a servi de refuge, sert peut être encore d’abri. Cela étonne vraiment tant la volonté de cacher les stigmates de la dernière guerre de 1940-1945 est forte surtout en région touristique. Mais peut-être la raison tient-elle justement à ce lien avec la présence allemande. Il existe un tourisme de la guerre de 1940-1945. La lumière tombe à chaque pas un peu plus. Il est temps de rentrer.

Et de se dire que le lendemain, on poursuivrait la balade plus loin en descendant vers le sud, toujours en restant en haut pour voir de loin quelques bateaux qui passent. Mais, comme de nombreux vœux, on ne l’a jamais fait. C’est dans un bateau à voile que nous nous sommes retrouvées à Fécamp pour voir « notre » falaise cette fois-ci d’en bas. Ah, ce n’est franchement pas pareil, la mer a pris le pouvoir cette fois-ci.  Il reste des  photos de lumière sur des paysages qui, ensemble, forment quelque chose d’unique…à cause du télescopage des univers, des lignes,  des couleurs et des sensations.

Pour suivre le chemin, allez en Normandie, en Seine Maritime

. Vers Yport http://fr.wikipedia.org/wiki/Yport

 . Vers Fécamp http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9camp

. Vers Etretat https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=Etretat+%2C+wikipedia  

. Photos Elisabeth Poulain

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Edward Baran, peintre, plasticien > Un jeu en couleurs, forme & papier

2 Avril 2015, 15:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Edward Baran, La naissance de l'Aube, peintures, Cl; Elisabeth PoulainEdward Baran, La naissance de l'Aube, peintures, Cl; Elisabeth PoulainEdward Baran, La naissance de l'Aube, peintures, Cl; Elisabeth Poulain

Edward Baran, La naissance de l'Aube, peintures, Cl; Elisabeth Poulain

Il y a toujours chez Edward Baran une volonté de recherche telle qu’on a peine à définir son travail. Est-ce de la peinture ? Oui certainement, il utilise des pinceaux et de la couleur, comme le fait le peintre qu’il est. Est-il un sculpteur ? Oui certainement. Il aime créer des effets de relief parfois si légers qu’on a du mal à les définir. Qu’est-ce qui est le plus important la bosse, le creux mais est-ce bien un creux ? N’est-ce pas plutôt le « plat » qui du coup interroge ? Il lui suffit pour cela de monter une toute petite hauteur, avec un nœud de ficelle qui a été écrasé à l’arrière du papier si fin, que ce dernier réagit comme s’il avait dû affronter une montagne.

La création est-elle bien une histoire de télescopage ? Avec Edward Baran, la réponse est oui, assurément. Elle interroge, elle nous oblige à regarder autrement en se posant des tas de question mais après seulement après avoir ressenti une émotion réelle. Avec pour cela, un minimalisme certain. Jugez-en ! Sous les yeux, vous avez trois planches de papier d’à peu près 30 cm sur 22. Soit un peu plus que le standard (21 cm x 29,7cm) de la feuille de papier que vous et moi utilisons tous les jours pour écrire, pour ceux qui écrivent encore à la main !

 

Edward Baran, peinture, l'approche de l'eau et les grandes feuilles, Cl. Elisabeth Poulain

Edward Baran, peinture, l'approche de l'eau et les grandes feuilles, Cl. Elisabeth Poulain

Ce sont trois feuilles découpées à la paire de ciseaux par l’artiste dans une feuille grand-format telle qu’on en achète dans des boutiques spécialisées de fournitures pour artistes. J’en ai sous les yeux. Elles ont pour particularité de n’avoir pas de dimensions préétablies par une norme mondiale. Elles sont aussi fabuleuses. Ne croyez pas que je m’égare ou que je digresse. Parler « papier » me fascine. C’est aussi la matière première favorite d’Edward Baran. 

Le papier d’Edward Baran appartient à la double catégorie du papier fin et blanc mais sans outrance. Il n’est nul besoin d’ajouter des tas de molécules chimiques pour lui donner une blancheur Persil, d’autant qu’il ne lui restera guère de blanc une fois qu’Edward sera passé par là. Et même ce blanc résiduel prendra une autre teinte car il sera environné de plusieurs teintes de vert. Il lui faut par contre une certaine tenue une fois mouillé pour ne pas se déchirer.

Le faible grammage de ce papier est fondamental pour la réussite de la composition, ainsi que sa composition réduite à l’essentiel pour que la feuille absorbe bien l’eau. Parce que, c’est ce que j’imagine du moins, le sculpteur EB cette fois-ci va placer sous cette feuille un ensemble d’éléments tels que  trois, quatre  feuilles d’arbres cette fois-ci, quelques tiges  fines de bois et peut être aussi des nœuds de ficelle pour simuler –par exemple -  une chaîne de volcans en Auvergne ou plus modestement quelques collines hautes au bord de la Loire de chaque côté de ses deux rives.   

Edward Baran peinture, Au fil de l'eau, les peitites feuilles, Cl. Elisabeth Poulain

Edward Baran peinture, Au fil de l'eau, les peitites feuilles, Cl. Elisabeth Poulain

La couleur viendra en deux temps avant et après compression. Avant, elle imprègnera et le support qu’on ne verra pas et les éléments naturels peut-être séchés au préalable pour qu’ils jouent mieux leur office de buvards-absorbeurs et dans un deuxième temps de tampons-encreurs. Il y a toujours une prise de risque chez ce metteur en scène, qu’est Edward Baran, stratège de la matière et de ce qu’elle va nous dire placée dans la situation qu’il a choisie. La trilogie du vert végétal. Elle s’exprime en courbes plus ou moins prononcées de trois façons différentes, à trois moments de l’histoire. Ce sont d’abord

. de grandes feuilles vues de très près,

. ensuite de plus petites vues d’en haut et toutes bien rangées du côté droit de la tige

. et enfin d’arbres saisis du ciel dont on ne perçoit plus vraiment que le halo blanc qui les entoure, avec au milieu une tâche plus sombre qu’est le cœur de l’arbre. A l’instar d’un volcan recouvert de neige, vu d’avion.

Dans cet univers végétal, l’eau joue sa propre partition en courbe. Elle apparaît d’abord en bleu clair dans le coin droit de la feuille. C’est « L’approche de l’eau près des grandes feuilles ». Suit « Le fil de l’eau au bas de la rangée de petites feuilles » et pour terminer « La grande rivière entre les collines blanches d’arbres-totems verts ». L’eau est peinte au pinceau d’un bleu ciel épais à la gouache. Et le tout fait des paysages qui s’incrustent dans la rétine et qui restent dans l’esprit pour essayer de comprendre comment ils ont été fait, combien ils disent beaucoup avec si peu de matière. Cette trilogie est une œuvre d’Edward Baran, plasticien, comme il se désigne lui-même dans un texte récent. Une œuvre qu’on pourrait appeler "la naissance de l’aube."

Edward Baran peinture, La grande rivière et les arbres-totems verts, Cl. Elisabeth Poulain

Edward Baran peinture, La grande rivière et les arbres-totems verts, Cl. Elisabeth Poulain

Avec pour finir ce billet, une citation extraite d’un texte écrit par Edward Baran : « J’ai de plus en plus l’impression que le chemin qu’il fallait, je l’ai pris à l’envers. Tant pis, ce chemin m’appartient ». Alors, oui, peintre, sculpteur, plasticien, créateur, inventeur, séducteur de la couleur, inventeur du papier collé sur un fil de trame et déchiré après coup pour laisser passer la fluidité de la vie… « Ainsi je découvre cette image (de) moi-même et c’est ça qui compte, cette image incomplète-unique, acceptée par moi. » Oui tout ça !

Pour suivre le chemin

. Les citations d' Edward Baran figurent entre parenthèses et en italiques. Sa signature en bas à droite pour les n° 2 et 3et à gauche pour la n°1 indique le sens de la présentation.

. Lire sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/article-edward-baran-ou-l-art-de-renouveller-l-art-de-la-boucle-et-du-fil-104792788.html , un billet en date du 8 mai 2012

. Voir aussi l’article paru dans le magazine d’Angers par Yves Boiteau le 17 mars 2013 http://www.angersmag.info/Au-musee-des-Beaux-Arts-Edward-Baran-vous-attend_a7039.html  

. Les dénominations des trois peintures sont de mon fait, ainsi que « la naissance de l’aube. »

. Photos Elisabeth Poulain

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La société d'hier > Les murs gallo-romains > La ville d'Evreux

30 Mars 2015, 15:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Evreux, promenade au bord de l'Iton, près du mur d'enceinte, Cl. Elisabeth PoulainEvreux, promenade au bord de l'Iton, près du mur d'enceinte, Cl. Elisabeth PoulainEvreux, promenade au bord de l'Iton, près du mur d'enceinte, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, promenade au bord de l'Iton, près du mur d'enceinte, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une agréable découverte, inattendue en plus, qui fait partie de celles dont vous gardez la mémoire, parce qu’en fait vous n’aviez rien cherché et que vous avez découvert beaucoup de beauté d’une façon inattendue. La meilleure façon à mes yeux. Imaginez que vous ayez quelques heures à passer au centre d’Evreux. Vous savez qu’il y a une cathédrale qui, par définition, doit se voir  de loin. Elle doit être au centre de la ville et donc vous vous dirigez par-là, à l’instinct, en marchant doucement, au soleil, à l’air vif du matin. Vous commencez d’abord par prendre un café à une terrasse, avec un croissant tout frais. C’est ce que j’appelle un bon début de journée « à la française » ! Une habitude aussi est de prendre les nouvelles du jour dans la presse locale, tout en dégustant son café et en regardant les passants.

Le hasard et des panneaux indicateurs bien placés vous font très vite découvrir la jolie petite rivière Iton qui a constitué mon chemin de promenade, en le prenant d’abord dans un sens, ensuite dans l’autre, en trouvant de ce fait l’Office de Tourisme qui m’a donné de la documentation. Une des bonnes idées de la ville a été d’accrocher très régulièrement sur les murs qui canalisent les eaux vives de l’Iton des cartes postales datant essentiellement de la seconde moitié du XIXe et du début du XXe siècle avec à chaque fois un texte explicatif.

Evreux, vue sur la cathédrale et le presbytère, à partir de la rive de l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, vue sur la cathédrale et le presbytère, à partir de la rive de l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

La ville a conçu une charmante promenade qui permet de longer l’Iton au départ de la cathédrale jusqu’à la Place de l’Hôtel de Ville près duquel se situe l’Office du tourisme. C’est une façon très agréable de voir en situation des parties conservées de l’ancien rempart (II-IVe siècle) qui protégeait le centre ancien, d’autant plus que vous pouvez découvrir la Tour de l’Horloge, l’ancien beffroi d’Evreux. C’est le dernier vestige d’importance de l’ancienne enceinte médiévale, celle aussi qui a été le mieux conservée au fil de nombreuses restaurations. C’est en effet une construction haute d’abord érigée pour guetter la venue de l’ennemi - anglais ou français - qui a changé au cours des siècles et dotée ensuite d’une horloge de prestige pour indiquer le temps. La Tour était reliée au château par un souterrain, comme l’indique le site des archives de la ville. Avant le creusement nécessaire, des guetteurs communiquaient par signal optique avec le château proche.

En une matinée passée à se promener dans le vieux centre d'Evreux, on découvre in situ comment s’est présenté à un moment de l’histoire le mur d’enceinte de la ville-centre, se croyant bien à l’abri derrière. Lui-même fut constamment restauré, percé de portes en cas de besoin, cassé ou comblé dans ses brèches par de nouveaux murs. Pour renforcer son efficacité, il a été doté de cette Tour du Beffroi dont je viens de parler. Elle domine la ville de ses 42 mètres de haut haut pour protéger le château proche qui appartenait aux comtes d’Evreux. Ce château dont il ne reste rien, si ce n’est une mention écrite et peut être des fondations en sous-sol, d’autres murs peut-être dans une ville qui n’en manquent pas. Il était situé à l’actuelle mairie, un important édifice qui clôt la place du Général de Gaulle.

Evreux, promenade au bord de l''Iton, près de l'ancien mur d'enceinte, Cl. Elisabeth PoulainEvreux, promenade au bord de l''Iton, près de l'ancien mur d'enceinte, Cl. Elisabeth PoulainEvreux, promenade au bord de l''Iton, près de l'ancien mur d'enceinte, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, promenade au bord de l''Iton, près de l'ancien mur d'enceinte, Cl. Elisabeth Poulain

On sait aussi que les pierres du mur d’enceinte ont été réemployées dans de nombreuses constructions ultérieures. Certaines viennent dit-on du « Vieil Evreux » situé pourtant à plusieurs kilomètres de là. Les pierres ont toujours su « voyager », une façon de dire qu’elles constituaient un matériau de choix déjà prêtes à l’emploi, même s’il fallait pour cela les transporter. De la même façon qu’on a toujours su faire au fil des siècles avec ce qu’on avait sous la main comme en témoigne le grand mur à l’angle arrondi au bas du charmant bâtiment du Presbytère situé en haut d’un surplomb de plusieurs mètres au-dessus de l’Iton. Il est ragréé de plusieurs rangées de briques et de grosses pierres blanches de calcaire. C’est l’endroit vraiment magique de la promenade.

 

 

Evreux, Mur d'enceinte, au bas du Presbytère, Cathédrale, au bord de l'Iton, Cl. Elisabeth PoulainEvreux, Mur d'enceinte, au bas du Presbytère, Cathédrale, au bord de l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, Mur d'enceinte, au bas du Presbytère, Cathédrale, au bord de l'Iton, Cl. Elisabeth Poulain

En arrière du presbytère et de la cathédrale, cette fois-ci au sous-sol du Musée d’Evreux, dont l’entrée est située dans un cloître qui jouxte la cathédrale, on découvre à l’abri d’un sous-sol une grande portion d’un mur qui a été refait à l’identique. Sa particularité était qu’il était dressé sur des fondations extrêmement puissantes pour stabiliser le sol et supporter la charge, telles qu’on on en trouvait pour la Chaussée de Jules César qui allait de Beauvais à la mer en passant par Rouen, non loin d’Evreux. Sentir la puissance de ce mur est réellement troublant.

Ce mur offre la particularité de pas avoir été "ravaudé", comme on pourrait le dire d'un tissus usé. Il est parfait, au sens où il semble avoir été fait hier, ce qui est à la fois un non-sens - il date de plusieurs millénaires - et vrai, puisqu'il a été remonté pour qu'on puisse l'admirer dans toute sa splendeur, avec des pierres dont chacune avait  été taillée pour s'insérer le plus parfaitement possible...Ayons une pensée pour les tailleurs de pierre des temps anciens et pour les archéologues d'aujourd'hui qui ont veillé à son remontage...

C'est aussi un site très mystérieux, car c'est là et après-coup que surgissent à l'esprit de nombreuses questions: la cité protégée à l'intérieur des murs s'appelle pour certains auteurs "la cité épiscopale" en se référant au personnage le plus haut placé; d'autres parlent de "la cité médiévale" pour faire référence à l'époque de la construction. Peu parlent de la vieille ville, car il existe à quelques kilomètres de là dans ce qui est maintenant la commune de "Vieil Evreux" un ensemble de constructions dans un site de grande ampleur (250 hectares), à Gisacum, que d'aucuns qualifient de  ville-sanctuaire, car elle avait un temple. Et aussi des thermes et un théâtre ...Il en reste des découvertes à faire sur ces murs et la ville, avec cette idée qu'un mur, qui par définition clôt l'espace, ouvre en fait de nombreuses portes d'interrogation...   

Evreux, Musée d'art, archéologie, Mur gallo-romain d'enceinte reconstitué, Cl. Elisabeth Poulain Evreux, Musée d'art, archéologie, Mur gallo-romain d'enceinte reconstitué, Cl. Elisabeth Poulain Evreux, Musée d'art, archéologie, Mur gallo-romain d'enceinte reconstitué, Cl. Elisabeth Poulain

Evreux, Musée d'art, archéologie, Mur gallo-romain d'enceinte reconstitué, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Pour découvrir Evreux en première approche, le site de la ville http://www.grandevreuxtourisme.fr/phototheque/evreux-cite-jolie/

. Voir également http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vreux , avec une très belle photo d’une portion du mur antique remontée au sous-sol du musée de la ville

. http://www.evreux.fr/pages/collections-720  

. La Tour de l’Horloge sur http://www.evreux.fr/pages/tour-lhorloge-ou-beffroi-730  

. Sur la Chaussée de César qui traverse la Haute-Normandie, notamment de Paris à la mer, en passant par Rouen, voir essentiellement une étude très claire, illustrée de photos, sur http://www.valdoise.fr/10264-la-chaussee-jules-cesar-une-route-vers-l-ocean.htm

. Photos Elisabeth Poulain

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Un monde de tuyaux > Le Trans-Alaska Pipe-Line, le TAPS

28 Mars 2015, 19:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

TAPS, avec chauffage, Alaska, EUAN, Cliché Lucas Galuzzi, 2005, wikipedia

TAPS, avec chauffage, Alaska, EUAN, Cliché Lucas Galuzzi, 2005, wikipedia

Il s’agit de vous parler aujourd’hui d’une aventure qui en 1985 fit couleur beaucoup d’encre, la traversée nord-sud de l’Alaska du transport par pipe-line du pétrole pompé dans un gisement de l’Arctique proche du Pôle nord. Une des raisons portait tout particulièrement sur l’impact de cette installation de très grande envergure en surface en particulier sur la faune et la flore de la presqu’ile de l’Alaska, qui forme le plus grand Etat des Etats-Unis d’Amérique.

Outre la dimension « Risques », l’inquiétude tenait aussi au gigantisme de cette implantation  et aux conditions climatiques extrêmes. C’est en particulier la raison pour laquelle un site pédagogique continue à être  consultable pour répondre à toutes les questions qui peuvent se poser.

Le titre plus précisément. La problématique étant posée, il s’agit de voir grâce à des photos, les effets visuels repérables dans le paysage de ce qui n’est quand même qu’un gros tuyau, le fameux pipe-line. Induit-il un effet-frontière transversal ?  Peut-on aussi le voir comme un lien entre le sud et le nord ? Comment s’insère-t-il visuellement, avec ses contraintes propres dans un lieu extrêmement difficile. Autant de questions qui se posent.

TAPS, Alaska, passage de la Sagavanirktok River, Cl. Micah Bochard, wikipedia

TAPS, Alaska, passage de la Sagavanirktok River, Cl. Micah Bochard, wikipedia

La frontière en Alaska. Elle existe vraiment et fortement. L’Alaska est le seul Etat américain à n’avoir aucune frontière avec les Etats-Unis. Par contre il en possède une très nette avec le Canada, qui offre la particularité étonnante à nos yeux d’Européens de n’avoir tenu, lors de l’établissement de son tracé, que peu de compte de la réalité géographique. C’est une frontière définie au cordeau sur une carte, en se calant sur le 141° méridien, qui va de la Mer de Beaufort au nord presque jusqu’au Golfe de l’Alaska au sud. La raison en était essentiellement que cet espace était largement inaccessible aux arpenteurs à pied ! Par contre, à voir la carte, on comprend combien la possession de la côte littorale sud a été importante. Ce sont les Etats-Unis qui l’ont emporté face au Canada, qui a perdu son accès nord à la mer sur presque la moitié de la Colombie britannique. Par opposition à cette ligne d’une force rectiligne incroyable, le TAPS, le pipe-line qui traverse l’Alaska cette fois-ci jusqu’en bas, offre un tracé au plus court et au plus droit de ce qu’il a été possible de faire, en fonction des difficultés incroyables du terrain.

Quelques chiffres d’abord. La construction a duré 10 ans (1975-1985) dans une nature « vierge », avec des « étendues sauvages », où il a fallu franchir trois séries de montagnes, environ 1 000 rivières et fleuves, dont le plus grand le Yukon, mesure à l’endroit choisi plus de 1 500 mètres, avec de grandes surface de marais, encore plus délicates à passer, avec en plus des zones sismiques sensibles. C’est la Faille de Denali. Quand vous ajoutez les rampes de chauffage invisibles qui protègent le tuyau contre le gel ainsi que la route qui permet d’accéder en tous points de la ligne des 1264 kilomètres de long, vous comprenez l’ampleur du chantier et de la coupure. Plus que la ligne droite de la frontière politique avec le Canada, il y a maintenant une double ligne médiane qui coupe le territoire en deux, avec des ponts impressionnants, en particulier sur le Yukon, pour le passage du pipe-line et la route.

Le TAPS sur radeau, Alaska, franchissement d'une zone de marais, US Geological Survey Employee, wikipedia

Le TAPS sur radeau, Alaska, franchissement d'une zone de marais, US Geological Survey Employee, wikipedia

Une des conséquences positives pour les autochtones est le développement du tourisme, à partir de la côte sud pour remonter un peu vers le nord. On commence d’ailleurs à trouver de très belles photos sur le net qui en font preuve. On ne parle guère de l’effet-transversal pour dénoncer l’impossibilité à certains endroits pour les animaux de continuer à emprunter leurs sentiers traditionnels, comme les caribous par exemple. Quant aux dangers du transport d’hydrocarbures par le pipeline proprement dit, il y a déjà eu au moins un incident sur terre relaté par la presse. Il fut rapidement maîtrisé. Par contre, il y en eut un autre cette fois-ci en mer à la sortie du port de Valdez qui a connu un retentissement mondial. Il s’agit du naufrage de l’Exxon Valdez le 23 mars 1989, il y a 26 ans à quelques jours près. Le pétrolier éventra sa coque sur des icebergs invisibles alors qu’il était encore dans la zone portuaire. Il était sorti de la route qui lui était impartie. C’est encore maintenant la plus grave marée noire qui a eu lieu dans le monde.

C'est aussi au plan de la symbolique visuelle, une histoire étonnante qui commence par une multitude de tuyaux en Articque qui pompent l'or noir, acheminé ensuite sur plus de 1 000 kms par un seul gros tuyau, dont le contenu repart en citerne ensuite, avant d'être à nouveau transbordé par tuyau dans un pétrolier, qui perd en mer sa cargaison à la suite d'une faute humaine, pour former la première marée noire de l'histoire de l'humanité. Il fallut ensuite enlever à l'eau chaude et à la main les croûtes de pétrole brut rigidifiées, autant qu'il était possible....

Actuellement c’est la rapidité du réchauffement de la planète tout particulièrement aux pôles qui préoccupent les spécialistes. L’ours blanc est de moins en moins présent dans l’Arctique. Et cela devrait réellement nous inquiéter !

Ce billet s’inscrit au début d’une série sur le monde des tuyaux, ceux dans lesquels nous devons tous peu ou prou rentrer pour que fonctionne notre monde, en téléscopage avec des frontières qui existent d'autant plus fortement qu'on croit qu'elles ont tendance à s'effacer.

Valdez, terminal portuaire du TAPS, Joint Pipe-Line Office, wikipedia

Valdez, terminal portuaire du TAPS, Joint Pipe-Line Office, wikipedia

Pour suivre le chemin

. Voir plus spécialement le site gouvernemental américain http://www.blm.gov/ak/st/en/prog/pipeline_monitoring.html  avec de très belles photos

. Le champ pétrolifère de Prudhoe Bay au nord, qui est déjà en diminution depuis 2006 –après ce sera le tour du gaz d’être exploité- à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Champ_p%C3%A9trolif%C3%A8re_de_Prudhoe_Bay  

. La carte du TAPS, dans un site pédagogique à l’intention des enfants http://www.pbs.org/wgbh/amex/pipeline/map/  

. Le TAPS est très présent sur wikipedia, voir en particulier

- l’oléoduc trans-alaska sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Ol%C3%A9oduc_trans-Alaska  

- sa construction sur http://en.wikipedia.org/wiki/Construction_of_the_Trans-Alaska_Pipeline_System  

. Et vous pouvez même le suivre grâce à http://wiki.openstreetmap.org/wiki/Tag:man_made%3Dpipeline   C'est franchement incroyable!  

. Allez ensuite à Valdez dans le port libre de glace toute l’année, qui héberge deux ports, l’un pour les pêcheurs et l’autre pour les navires pétroliers qui viennent charger le fuel transporté par le TAPS, http://fr.wikipedia.org/wiki/Valdez_(Alaska)  

. Retrouvez le naufrage de l’Exxon Valdez le 23.03.1989 sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Exxon_Valdez  

. Voir aussi le site d’Anchorage sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Anchorage  

. Sur la frontière entre les Etats-Unis et le Canada, Il existe un différend profond entre le Canada et  les Etats-Unis sur la poursuite de la frontière dans l'Articque. Quant à la frontière terrestre,  lire le rapport intéressant des trois membres de la Commission de la Frontière Internationale –CFI – pour comprendre comment ils envisagent le travail qu’ils ont à faire sur http://www.internationalboundarycommission.org/docs/ibc-2009-01-fra.pdf  L’idée principale est qu’il faut dégager une bande de 60 pieds de chaque côté pour bien marquer, protéger la ligne de frontière de toute construction et en faciliter l’accès.

. Photos des contributeurs de wikipedia, avec mille remerciements de ma part. Sans eux, je ne pourrai pas faire certains de mes billets.

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Un cerveau d’homme tout en tuyaux > Un dessin de Sardon, dessinateur

25 Mars 2015, 15:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

L'homme de demain, un dessin de Sardon, pour Le Monde-Recherche universitaire  18-11-2010

L'homme de demain, un dessin de Sardon, pour Le Monde-Recherche universitaire 18-11-2010

Parler du dessinateur Sardon d’abord. Il est dessinateur, ce qui veut dire que dessiner est sa façon de s’exprimer. Il ne faut donc pas compter sur lui pour donner vraiment des informations le concernant. Comme si « dessiner » était antinomique de « parler », comme si les mots pouvaient porter atteinte à une certaine forme de vérité parfois cruelle. Le trait dessiné peut aller beaucoup plus loin, en sachant atteindre  très rapidement dans le cerveau les zones d’émotion à activer. Celles concernant l’intelligence transmise par les mots sont beaucoup plus lentes. On sent, on perçoit, alors même qu’on ne comprend parfois ni la langue ni les mots ni leur assemblage. Donc à part le fait que sa famille est originaire d’Espagne, qu’il est dessinateur de BD et de presse en particulier pour Libération et parfois le Monde, je n’ai guère d’info à vous apporter à part le peu qu’il dit de lui . Du genre « c’est pas de ma faute, c’est lui » ! 

C’est un dessin de dessinateur de presse. Il ne suffit pas de savoir dessiner pour travailler avec la presse. Il faut savoir travailler vite et exprimer un « je ne sais quoi qui fait la différence », qui fait qu’une fois que vous avez vu un des dessins de Sardon, vous ne l’oublierez pas et c’est le cas avec celui-là. Cela fait plus de cinq ans que je sais qu’un jour vous direz aux autres :

« Regardez cet homme à la tête en tuyaux.  Il vous fait peur ? Vous avez raison. Parce que c’est vous dans le regard de l’autre, parce que c’est moi déjà. De vous, il ne reste qu’un seul œil à la tâche blanche qui commence à éclore, l’autre œil  est déjà mangé. Il est devenu un cadran qui indique…Qui indique quoi ?

Vous n’en savez rien, lui non plus peut-être. Ce n’est plus lui qui décide, c’est « la science  (qui) nous parle de l’humain ». L’humain est cet homme-tuyaux, traduisez cet homme  dont le cerveau est constitué par des tuyaux à l’enchevêtrement complexe de fils de différence grosseurs, avec des compteurs ici et là, un nez en forme d’entonnoir inversé, sans bouche mais avec de grandes et vraies oreilles… . »

De l’homme, il a l’apparence de la tête, les oreilles, je l’ai déjà dit. Il a l’insensibilité de la machine et surtout il fait peur tant il a peur. Comment une machine peut-elle avoir peur ? C’est une bonne question dont je n’ai pas la réponse. » C’est un dessin d’homme de Sardon en beige, strié de noir avec du blanc pour l’œil-cadran et la tâche blanche qui débute sur l’autre, celui qui a l’iris vert et la pupille noire…Peut-être l'homme de demain.    

Pour suivre le chemin

. Dessin paru dans Le Monde, supplément « Prix de la Recherche Universitaire », 18 novembre 2010, page I

. Découvrir « Le Tampographe » de et par Sardon sur  http://next.liberation.fr/arts/2012/04/25/sardon-vraiment-tamponne_814397

. Aller compléter sa biographie sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Sardon où on parle surtout de lui comme auteur de BD. En tant que dessinateur de presse, ses dessins paraissent dans Libération et aussi, notamment dans Le Monde.    

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Styles de Pub Caravanes > Sterckeman & Fairview

24 Mars 2015, 11:24am

Publié par Elisabeth Poulain

Ces deux visuels publicitaire, l’une d’une marque allemande et l’autre anglaise, ont en commun de parler de l’art de vivre en caravane à l’arrêt, un thème que nous avons déjà rencontré, mais cette fois-ci avec quelque chose de différent, très hédoniste, la première publicité centré sur la fraîcheur de la caravane l’été face à la chaleur du soleil extérieur et la seconde sur le plaisir de se dorer au soleil en maillot de bain… .

Publicité Sterckeman, années 60, Cl. Elisabeth Poulain

Publicité Sterckeman, années 60, Cl. Elisabeth Poulain

 

Sterckeman est une marque allemande de caravane qui signifie en français ‘l’homme fort’. Ici dans ce visuel publicitaire qui date de la fin des années 1960, c’est le soleil qui est fort, si fort, qu’il occupe les deux-tiers environ de la surface du visuel. En son cœur, brille une boule jaune clair pour renforcer sa brillance. En son pourtour, tournent autour de lui des cercles en mouvement d’un jaune orangé soutenu figurant la chaleur du soleil. L’idée est que Sterckeman maîtrise l’ensemble. La marque est si forte qu’elle domine le soleil dont certains des cercles orange passent derrière le haut de la caravane.

A ce niveau de recherche d’impact publicitaire, la difficulté pour le concepteur du visuel était de faire ressortir la caravane blanche sur le fond blanc en évitant l’écrasement de celle-ci par un soleil trop présent. Son idée a donc été de réintroduire un peu de ciel bleu foncé moyen pour entourer le haut de la caravane dont seule la silhouette extérieure haute a été dessinée. C’est alors la fenêtre bleue foncé moyen en partie basse qui joue le rôle de contrepoids à l’ensemble centré sur la partie droite du visuel. En outre ce bleu situé dans le bas de la diagonale qui part d’une toute petite mention caravane à gauche de la marque jusqu’à l’angle de la baie de la caravane offre le contraste et la fraîcheur de l’été à l’intérieur.

Remarquons que ce bleu est uniforme dedans et dehors, un message visuel pour vous dire que vous y dormirez très confortablement la nuit. C’est ainsi qu’en trois bandes superposées, l’une en haut avec les deux seuls mots écrits « caravane » et « Sterckeman », la seconde dominante avec le soleil et sa chaleur, la troisième avec le haut de la caravane blanche pour représenter l’espace du ciel bleu de la nuit et sa fraicheur bienfaisante, le message de la marque passe en direct. Pour jouir à la fois des bienfaits du soleil, de la chaleur et de la fraicheur qui repose, il n’y a que Sterckeman !

 

Style de pub Caravanes, Fairview Leisure Home, Cl. Elisabeth Poulain

Style de pub Caravanes, Fairview Leisure Home, Cl. Elisabeth Poulain

.Luxury Leisure Home Fairview 1969. Cette seconde publicité marque une rupture. En effet, il ne s’agit plus d’une caravane mais de ce qu’on appelle en France un mobil-home et dans cette publicité anglaise une maison de loisirs ( leisure home ), ce qui est plus exact car le mobil-home français n’est certes ni une maison ni une maison vraiment mobile, même si elle est transportée au départ pour y être implantée dans le terrain de camping prévu à cet effet. Le modèle est une « Fairview 1969 », un néologisme anglais facilement compréhensible dans le monde du tourisme qui pourrait signifier « belle vue » .

La vie est magnifique. Un rêve éveillé de vacances, c’est que vous offre Fairview 1969 ! Le soleil brille, tout explose dans des couleurs chatoyantes. La jeune femme en bikini blanc a la peau bronzée. Elle s’apprête à s’asseoir pour savourer son jus d’orange avec une paille. Lui, tout aussi bronzé et athlétique, sort du mobil-home en boxer short rouge. L’orangeade est encore dans un des verres. Il suffit de la boire avec une paille. Il n’y a que deux verres. Ce sont là des vacanciers glamour. Ici on ne parle ni d’enfants ni de fin de mois. La cible moyen-haut de gamme est celle visées par les magazines de mode. 

C'est la fin d’une période où l’essentiel du message publicitaire était focalisée sur les qualités propres de la caravane, cette annexe de vie accrochée à la voiture familiale, avec des enfants qui jouaient au ballon à l’arrêt. L’essentiel n’est plus centré sur la mobilité. Avec Fairview, il ne s’agit plus de se déplacer, de changer de lieu pour faire des découvertes, il s’agit de jouir d’un endroit agréable, avec tous les avantages des vacances au soleil, proches de la nature qu’on admire sous son parasol, espadrilles au pied…sans les inconvénients de devoir s’occuper d’une maison.

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Styles de pub caravanes, leisure-home, Fairviews 1969, Sterckeman, Cl. Elisabeth Poulain

. Pour suivre le chemin

. Retrouvez les 16 parutions antérieures sous cette dénomination « Style de pub caravanes » ou « Pub Caravanes », par exemple pour la Wawa et la Sprite http://www.elisabethpoulain.com/article-styles-de-pub-caravanes-la-wawa-la-sprite-123725693.html  

. Ainsi que l’album photos « Styles de vie caravanes » dédié sur mon blog http://www.elisabethpoulain.com/album-2168629.html  = Bon à savoir ---) Dans ce nouveau système Over-Blog, il faut attendre quelques courts instants avant que l’image se stabilise, une question de patience...

. Le prochain et dernier billet de la série « Styles de Pub Caravanes » sera dédié au « Départ en Vacances »

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