Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le chien tourneur > Compagnon de travail de l’ouvrier cloutier > Photo

23 Mai 2015, 14:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

L'ouvrier cloutier et son chien, Ardennes, carte postale, début XXe siècle, Cl. Elisabeth Poulain

L'ouvrier cloutier et son chien, Ardennes, carte postale, début XXe siècle, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre un peu abscons qu’il faut donc décrypter. Ce billet porte sur un chien, sans nom et sans race, qui a bien existé.  Preuve en est qu’il a pu être photographié pour en faire une carte postale. Il est cité en tant qu’ « aide de l’ouvrier ». J’ai préféré dans le titre parler de compagnon, une dénomination très valorisante et porteuse de sens, tant le compagnonnage  a eu et a encore d’importance sous d’autres formes dans l’histoire du monde ouvrier au sens large. De même, la dénomination de chien tourneur n’existe pas non plus. C’était le chien du cloutier tout simplement, avec certainement un petit nom que son maître lui avait donné. Mais on ne le connaîtra jamais. 

Ce chien-là noir au poitrail à la tache blanche ainsi qu’aux pattes avant blanches est de taille moyenne. Il ne peut ni être trop grand, ni trop petit ou avec des pattes trop courtes. En clair, ce ne peut être un saint-bernard ou un teckel…Comme tout compagnon, il est ardent au travail et fidèle. Il sait que son travail est indispensable et ne se pose donc pas de question. Ce n’est pas le rôle attendu d’un chien, seulement d’être travailleur et dur à la peine. Pour ça, il a un bon exemple. Il lui suffit de regarder son maître, une tache plus difficile à faire qu’à dire, comme vous allez vous en apercevoir.

Cette photo du début du XXe siècle, sans année précise malgré la présence d’un timbre, montre les deux compagnons en situation de travail. Ils se tournent le dos. Le chien est situé en bas dans la partie gauche du cliché. Il nous regarde droit dans les yeux. On les voit briller d’étonnement tant la présence du photographe a dû lui paraître bizarre dans un univers aussi ritualisé et axé entièrement vers le travail.

L'échoppe de  l'ouvrier cloutier et son chien, Ardennes, début XXe siècle, Cl. Elisabeth PoulainL'échoppe de  l'ouvrier cloutier et son chien, Ardennes, début XXe siècle, Cl. Elisabeth Poulain

L'échoppe de l'ouvrier cloutier et son chien, Ardennes, début XXe siècle, Cl. Elisabeth Poulain

Son travail, parlons en justement. Le chien marche toute la journée, comme l’ouvrier fabrique des clous, sans compter son temps. Il porte son poids vers l’avant de façon à faire tourner l’avant d’une grande roue revêtue d’un rebord sur lequel il se tient, coincé entre le fond qui est une plaque de métal et les deux barres fixées au bord du rebord qui se croisent en assurant la fixation de l’ensemble. L’objectif est de fournir de l’énergie « pour activer le soufflet de la forge ». C’est la raison pour laquelle il doit avoir la bonne taille, l’endurance et la fidélité à son maître, car tous deux devaient avoir de dures journées, peut-être pas tous les jours, mais quand même.

Le travail de l’ouvrier cloutier consiste, comme son nom l’indique, à fabriquer des clous à la main à l’unité, en utilisant l’énergie que lui procure la roue tournée par un homme ou par un chien. On parle d'une « roue à homme » ou de « roue à chien » comme c’est le cas ici, comme si l'un égalait l'autre. C'est impressionnant dans les deux situations. L’autre cas de figure - plus favorable - est de mettre à profit l’énergie hydraulique mais qui n'est pas toujours possible.

Pour suivre le chemin

. La carte postale est une création « Winling, Charleville. » Elle est revêtue d’un timbre à 5 c. Son titre figure en bas à gauche « Vallée de la Semoy. Le Cloutier – Fabrication de clous à la main. Industrie à peu près complètement disparue. Au fond, un chien, aide de l’ouvrier, tourne une roue pour activer le soufflet de la forge. » Le commentaire est le suivant « Une boutique de cloutier au début du siècle. Aujourd’hui cet artisanat a complètement disparu. »

. Elle est à retrouver en page 36 de l’ouvrage « Ardennes » publié aux Editions Richesse de France, par le Conseil général des Ardennes, avec en plus l'apposition d'un tampon "offert par le Conseil général", 1984.

. On peut voir partie du cliché, datant de 1908, dans l’ouvrage,  à vendre sur le site qui suit sur http://www.delcampe.ch/page/item/id,0194699305,language,F.html  qui indique aussi que la photo montre l'échopppe du cloutier. 

. Le métier de cloutier, à retrouver sur http://www.genealogie.com/v2/genealogie-en-ligne/ancien-metier.asp?id_metier=42, le seul site qui parle en tant que tel de ce métier.   

. Voir l’article sur le compagnonnage sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnonnage  (qui n’inclut pas le cloutier en tant que tel) ainsi que le profil « compagnon » du forgeron http://fr.wikipedia.org/wiki/Forgeron  . On pourrait alors se poser la question s’il s’agit d’un ouvrier (salarié) ou d’un artisan (à son compte), la différence viendrait de son mode de rémunération. L’ouvrage du Conseil général d’Ardennes ainsi que la carte postale citent « l’ouvrier ».

. Voir le Conseil départemental des Ardennes aujourd'hui sur http://www.cd08.fr/ardennes/decouverte/trois-ardennes    

. Cliché Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Photos aléatoires > Les couleurs de la nuit, sur l’autoroute

22 Mai 2015, 16:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

Paris, L'Etoile, La Défense, les couleurs de la nuit, Cl. Elisabeth PoulainParis, L'Etoile, La Défense, les couleurs de la nuit, Cl. Elisabeth PoulainParis, L'Etoile, La Défense, les couleurs de la nuit, Cl. Elisabeth Poulain

Paris, L'Etoile, La Défense, les couleurs de la nuit, Cl. Elisabeth Poulain

Ce billet est consacré à l’univers de la nuit, aux lignes et aux couleurs qui se dégagent en roulant sur l’autoroute. L’ambiance est très spéciale. Un autre univers se forme sous nos yeux, dans une ambiance très particulière qui diffère profondément de ce qu’interprète l’œil qui a l’habitude de tout « traduire ». La photo recrée une autre réalité, qui surprend. Je précise tout de suite que cette pratique de la photo de nuit sur l’autoroute ne peut se faire que lorsqu’on est assis à côté de la conductrice ou du conducteur et surtout pas en conduisant.

Paris la nuit est toujours une fête pour la vue, surtout quand il a plu. Tout brille à commencer par les pavés. Les couleurs des lumières jaunes des lampadaires crée une continuité de lignes de couleurs, qui est entrecoupée par des couleurs autres tels que le rouge, le bleu dans des formes singulières, parfois sur de grands espaces, le plus souvent en traits discontinus de par l’effet de la vitesse.

Paris, La Défense, les couleurs de la nuit, Cl. Elisabeth Poulain. Paris, La Défense, les couleurs de la nuit, Cl. Elisabeth Poulain. Paris, La Défense, les couleurs de la nuit, Cl. Elisabeth Poulain.

Paris, La Défense, les couleurs de la nuit, Cl. Elisabeth Poulain.

L’atmosphère de la nuit profonde. Il était aux environs de minuit. Il y avait très peu de voitures sortant de Paris à cette heure-là sur l’A-13. Peut-être était-ce dû à la fermeture nocturne du tunnel sous la Défense qui nous avait fait « perdre » une partie de la circulation dans la traversée de cette zone en surface.

Le contraste paysager a certainement joué aussi en faveur de l’accentuation entre le « désordre » perceptible visuellement en surface, du fait notamment des travaux, en contraste avec l’ordre normalisé régnant sur l’autoroute et l’attente de retrouver un univers familier la nuit.

Sortie de Paris, les couleurs de la nuit, par l'autoroute A 14, Cl. Elisabeth PoulainSortie de Paris, les couleurs de la nuit, par l'autoroute A 14, Cl. Elisabeth PoulainSortie de Paris, les couleurs de la nuit, par l'autoroute A 14, Cl. Elisabeth Poulain

Sortie de Paris, les couleurs de la nuit, par l'autoroute A 14, Cl. Elisabeth Poulain

La nuit était franchement noire et le temps très calme. Nulle bruine, ni brouillard ne gênaient la vision. Nous laissions derrière nous le halo lumineux qui coiffe Paris même au printemps. La vision se réduisait aux quelques lumières hors la ville qui surgissaient à la vue un bref instant.

Le retour sur l’autoroute s'est fait  sur  une route brillante à la lumière jaune qui saisit tout le paysage, suivie peu après par des blocs de couleur jaune éteint et une vue bizarre comme la nuit sait en produire.

L'univers de la nuit, les couleurs argent et or  de la nuit, sur l'autoroute, Cl. Elisabeth PoulainL'univers de la nuit, les couleurs argent et or  de la nuit, sur l'autoroute, Cl. Elisabeth PoulainL'univers de la nuit, les couleurs argent et or  de la nuit, sur l'autoroute, Cl. Elisabeth Poulain

L'univers de la nuit, les couleurs argent et or de la nuit, sur l'autoroute, Cl. Elisabeth Poulain

Surgit ensuite la séquence principale qui constitue le moment identitaire fort de cette nuit. Si je devais résumer l’entrée dans ces univers de couleur, je penserai à la dominante « silver » de la sortie de la Défense du fait des panneaux vitrés qui la bordent, du jaune « gold » du tunnel et de la merveille que constituent ces traits de couleurs variées, que j’appelle des « frisotti de couleurs de lumière ».

Le climax, l’apogée de l’éclat des couleurs se fait à l’arrivée au poste de péage. Il y a là tant de lumières de couleurs différentes, qui se présentent en forme si triomphante qu’on a l’impression d’être accueilli comme un héros qui célèbre une victoire, alors qu’on ne fait que passer un péage, comme quoi payer peut être une explosion de couleurs pour les yeux. En contraste la galerie couverte éclairée qui traverse l’autoroute un peu plus loin est un modèle de sobriété réussi.

 

L'autoroute, la nuit, les couleurs et lignes, le poste de péage, la galerie couverte, Cl. Elisabeth Poulain L'autoroute, la nuit, les couleurs et lignes, le poste de péage, la galerie couverte, Cl. Elisabeth Poulain

L'autoroute, la nuit, les couleurs et lignes, le poste de péage, la galerie couverte, Cl. Elisabeth Poulain

Et pour terminer cette fête visuelle, voici quelques exemples de « frisotti de couleurs de lumière » saisis pendant le voyage, en jouant sur le temps de pause et en remerciant la conductrice pour sa patience.

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’A14 avec le tunnel sous la Défense, actuellement en travaux la nuit sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnel_de_Nanterre-La_D%C3%A9fense  

.L’A13 Paris-Rouen-Le Havre sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Autoroute_A13_(France)#/media/File:France_A13.svg

. Photos Elisabeth Poulain

Les couleurs de la nuit sur l'autoroute, les frisottis de lumière en couleurs, Cl. Elisabeth PoulainLes couleurs de la nuit sur l'autoroute, les frisottis de lumière en couleurs, Cl. Elisabeth Poulain

Les couleurs de la nuit sur l'autoroute, les frisottis de lumière en couleurs, Cl. Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

La forme, le rouge du fauteuil > Pumpkin > Pierre Paulin, Ligne Roset

16 Mai 2015, 14:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

La forme, le rouge du fauteuil > Pumpkin > Pierre Paulin, Ligne Roset

Le titre  pour commencer. Ce billet  entre la catégorie de « Style de Pub ». Il  a pour objectif de montrer l’adéquation d’une couleur et d’une forme d’un fauteuil dessiné et choisi par Pierre Paulin et édité par Ligne Roset, la  marque design de Roset. Il n’y a pas deux éléments séparés – la couleur et la forme – pour identifier un fauteuil très innovant, mais un concept nouveau, comme si la forme appelait cette couleur.

La forme préexistante à la couleur ou le contraire ? Au vu du visuel publicitaire paru dans Citizen K daté du printemps 2009, il me semble que c’est bien la forme qui domine.  La tentation a pourtant été grande de commencer ce billet en vous parlant de la couleur, un rouge très particulier, si singulier qu’il fait intégralement corps avec la couleur. Au point de ne plus pouvoir poser une prééminence entre les deux, bien qu’il existe semble-t-il d’autres variantes. Quoi qu’il en soit c’est ce rouge-là qui m’avait scotché l’œil depuis la sortie du magazine et depuis il était resté dans un petit coin de ma mémoire. Et pourtant, je vais quand même commencer par la forme.

Ligne Roset présente Pumpkin en  canapé qui avait été créé en 1971 pour le Président Georges Pompidou pour le Palais de l’Elysée comme « une citrouille géante, une coquille protectrice et voluptueuse pour l’utilisateur ». Ces quelques mots suffisent à expliquer mon choix. Le designer Pierre Paulin a d’abord travaillé la forme qui s’ouvre comme une fleur en corolle mais sans pistil. Le travail d’assemblage des pétales par piqure souligne la forme évidée en son centre. La forme basse de l’ensemble, les lignes qui partent du cœur du fauteuil et non pas le contraire,  l’épurement et l’absence de tout détail qui serait vraiment incongru font de ce fauteuil une profonde réussite, tellement forte qu’elle n’a pu être copiée depuis.  Une autre bonne raison est que la série Pumpkin, fauteuils, pouf et canapés, n’a été « enfin éditée »  par Ligne Roset qu’en 2009, en s’inspirant du modèle dessiné en 1971 pour l’Elysée, comme le précise le visuel publicitaire.

La forme, le rouge du fauteuil > Pumpkin > Pierre Paulin, Ligne Roset

Et c’est ce rouge tout spécialement qui a été choisi par Ligne Roset pour attirer l’attention et retenir le regard du lecteur, de la lectrice de Citizen K sur ce fauteuil placé en bonne logique à la meilleure des deux pages du magazine, en page impaire. Le fauteuil a été saisi par le photographe comme en lévitation dans un espace vert sans sol. Une partie du fauteuil échappe au cadre de la photo. Cette bizarrerie a évidemment une explication. Elle est tout à fait volontaire. Il faut préciser aussi tout de suite que la page paire, celle qui est située à votre main gauche, est occupée par la photo d’un chignon d’une femme aux cheveux rouges de rouge, qui offre la particularité de reproduire un creux en son milieu. Comme le fauteuil d’à côté, avec en plus une brillance étonnante. Voilà pour la coquille protectrice et voluptueuse.

Impossible dans ces conditions de ne pas se souvenir d’un article que j’avais écrit il y a quelques années. Son titre « N comme Nana > Ce que les Femmes portent sur la tête > Un Canapé Roset ». C’était le 26.09.2013 et c’était aussi une création de la même agence de com, Callegary Berville Grey…Il n’y a franchement pas de hasard dans la vie. La différence entre les deux visuels est que dans l’un la Nana porte carrément le canapé sur sa tête, et offre dans le second cas une protection voluptueuse au « popotin » de celui qui va s’y asseoir, le popotin désignant en langage populaire le derrière, les fesses d’une personne…

Pour suivre le chemin

. Sur ce blog, retrouver le billet cité sur http://www.elisabethpoulain.com/article-n-comme-nana-ce-que-les-femmes-portent-sur-la-tete-un-canape-roset-120265236.html  

. Ligne Roset, Pumpkin, où seul le canapé en gris clair est à retrouver sur http://www.ligneroset.fr/Collection/vivre/canapes/Pumpkin_1509.aspx

. On peut voir sur le net des fauteuils d’occasion Pumpkin . Voir le rouge du fauteuil par exemple sur http://www.elle.fr/Deco/Guide-shopping/Tous-les-guides-shopping/Des-pieces-cultes-pour-les-25-ans-de-ELLE-Decoration/Fauteuil-Pumpkin-design-Pierre-Paulin  

. Découvrir le nuancier des couleurs Dulux sur www.dulux.co.uk  . Mon exemplaire carton, qui mesure 4 cm de haut, tant il y a de fiches chacune présentant six couleurs appartenant à la même série, ne comporte pas ce rouge si fort.

. Photos Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Style de Pub Michelin > L’Indien aux dents pointues > Fraikin, 1908

15 Mai 2015, 18:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

"Michelin est increvable", affiche Fraikin pour le pneu vélo, dite l'Indien, Cliché Elisabeth Poulain

"Michelin est increvable", affiche Fraikin pour le pneu vélo, dite l'Indien, Cliché Elisabeth Poulain

Décryptage du titre. Il s’agit d’une affiche publicitaire réalisée en 1908 pour le pneu  vélo Michelin par le dessinateur coloriste Fraikin, un artiste peu connu du début du XXe siècle. Il s’agit d’essayer de comprendre les raisons du choix d’un Indien et d’analyser sa représentation pour valoriser la sortie d’un pneu vélo se voulant très solide ainsi que la marque Michelin contre ses concurrents moins connus qu’elle. C’était aussi une façon d’occuper le terrain à un moment où le besoin de se déplacer n’était plus seulement assuré par l’automobile réservée à des hommes modernes aux revenus élevés. Si le vélo était plus accessible au niveau du prix, il n’en demeurait pas moins réservé à un groupe d jeunes sportifs. Pour eux, il fallait faire autre chose que le célèbre Bonhomme Michelin au gros ventre –constitué de pneus automobiles - en signe de prospérité pour le ventre et de réussite sociale pour le pneu-voiture et donc la voiture.

Pour des hommes jeunes aimant bouger leur corps en faisant du vélo, il fallait une image neuve de sportifs par naissance et par nature.  Et la civilisation d’Indiens d’Amérique du Nord commençait à être connue en Europe au début du XXe siècle. Elle attirait par le mystère qu’elle représentait, tout en étant caricaturé dans ses représentations visuelles. Il ne s’agissait pas de montrer la richesse et la diversité des différentes cultures indiennes nord-américaines, il était plus question d’attirer le regard et de retenir l’attention avec ces mi-hommes chamarrés de couleurs vives, mi-bêtes fauves Clairement, c’est cette dimension qui a été privilégiée et par sa nouveauté et la violence de l’image.

"Michelin est increvable", l'Indien , affiche de Fraikin pour le pneu vélo, 1908, Cl. Elisabeth Poulain

"Michelin est increvable", l'Indien , affiche de Fraikin pour le pneu vélo, 1908, Cl. Elisabeth Poulain

L’affiche avait pour objectif de prouver que le pneumatique-vélo Michelin était increvable, en faisant du nouveau. Et cela a été nouveau. Outre la couleur d’un rouge violent et la cruauté du visage, le 3è élément a porté sur la dentition du guerrier, accoutumé à déchirer la viande séchée de la bête qu’il avait tuée de ses flèches quelques mois auparavant. Pour renforcer le message, le guerrier porte un énorme collier de dents d’ours ou de bison. Avec ses canines qui débordent largement de sa bouche, on dirait un fauve à donner des cauchemars aux enfants le soir. Si l’affiche est célèbre, c’est plus par son outrance que par son absence d’humour et de finesse.

Pour suivre le chemin

. Voir le petit ouvrage, qui fait toujours référence, « Les 100 plus belles images du Pneu » de Daniel Bordet et Jacques Dreux, Editions Dabecom, page 75

. Le vélo au début du XIXe siècle http://www.ac-orleans-tours.fr/fileadmin/user_upload/eps37/LOIRE_VELO/6B1q_le_velo_moyen_de_transport.pdf  

. Trouver beaucoup d’informations dans un article très complet sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Bicyclette  

. Voir la vie d’Indiens d’Amérique du Nord dans un billet de Daniel Desruelles, avec des tableaux de Georges Catlin sur http://www.futura-sciences.com/magazines/sciences/infos/dossiers/d/ethnologie-indiens-ameriques-nord-130/page/3/  

. Pour les Amérindiens des Plaines, une dent d’ours pendant comme un collier autour du cou était signe de force et de courage pour le valeureux qui avait affronté la bête ; ce pouvait être aussi le signe que l’ours était l’animal totem de la tribu. Porter des dents d’ours était alors une façon très visible de lui rendre hommage ainsi qu’à la Terre Mère. A retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rindiens_aux_%C3%89tats-Unis  

. Photo Elisabeth Poulain.

Voir les commentaires

La Culture du Numérique > L’art du télescopage Espace-Temps « live »

14 Mai 2015, 09:33am

Publié par Elisabeth Poulain

Le soleil, l'ombre, l'homme et le temps, Bruxelles-Ixelles, Cl. Elisabeth Poulain

Le soleil, l'ombre, l'homme et le temps, Bruxelles-Ixelles, Cl. Elisabeth Poulain

En majuscules ressortent les mots importants de ce titre qui sont le numérique à qui sont associés le terme de culture et d’un rapport espace-temps modifié. Reste le mot de télescopage, "qui se produit en même temps », qui  inclut déjà le temps dans sa composition et sa définition, selon Larousse. D’autres sites voient plutôt dans le télescopage l’action « d’entrer en contact, de se heurter et de s’interpénétrer… ». Et ce qui est bien avec le numérique est que tout cela - et plus - est vrai, à commencer par la culture et le « live » qui indique que c’est un temps vivant, celui d’aujourd’hui, un temps anglo-saxon.  

Le numérique et la culture. Le lien entre eux deux est très fort. Le numérique entre dans le grand espace de la culture tout en générant une nouvelle culture, sa culture. A la différence en principe du numérique « qui concerne les nombres », la culture est un mot qui couvre tout, les nombres y compris. Après vérification sur le net, il semblerait qu’il conviendrait plutôt de vous parler de la culture du digital (doigt) et non pas du numérique (nombres). Tout le monde est d’accord par contre sur la portée globale de cette culture du numérique. Il s’agit bien d’une vision d’ensemble qui tend à montrer le changement impacté par le numérique au sens plus que large, au sens mondial, dans tous les aspects de la pensée et donc sur la culture en général.

Le temps sous nos pieds, cl. Elisabeth Poulain

Le temps sous nos pieds, cl. Elisabeth Poulain

Les raisons d’être du télescopage. Imaginez qu’à un moment de l’histoire, de notre histoire, nous puissions vivre à un instant « t » un grand nombre de séquences temps du passé du monde sans quitter son espace personnel. Enoncé de cette façon, ceci serait proprement inconcevable pour des esprits cartésiens puisque le temps ne revient jamais en arrière. Le déroulé du temps va toujours d’hier à demain, en passant par aujourd’hui, certes avec des vitesses différentes. Des accélérations à certains moments sont qualifiées de « crise » après coup, pour bien montrer le chambardement du changement, qui est attaché à un lieu nommé. On pourrait ainsi parler du Temps des Pyramides au Moyen-Orient, du Temps des Grandes Découvertes européennes, des conquêtes coloniales par ces mêmes nations européennes, de la Grande Muraille de Chine…

Cette vision de l’histoire du monde reste tout à fait valable, à ceci près que s’y superpose maintenant une autre dimension, celle du numérique. Le temps d’hier, celui d’une région du monde, avait pour caractéristique d’appartenir à la catégorie des temps longs. Depuis la naissance de l’humanité, des civilisations ont existé qui ont duré des milliers d’années pour certaines, sans contact apparemment avec d’autres cultures, le plus souvent sans que cela bouleverse nos propres visions de l’histoire, que l’on continue à découvrir, avec un étonnement mêlé d’admiration. Ces séquences longues ont cohabité plus ou moins paisiblement avec des accélérations étonnantes de l’histoire.

C’est le cas actuellement, du moins est-ce le début d’une période dense de changement accéléré dans toutes les parties du monde, qui renforce les relations entre les différents pays, avec en conséquence des impacts notables sur les liens de toute sorte à tous les niveaux financiers, économiques, styles de vie, touristiques, échanges de savoirs, recherche…

L'arbre coupé, les effets du temps, Cl. Elisabeth PoulainL'arbre coupé, les effets du temps, Cl. Elisabeth PoulainL'arbre coupé, les effets du temps, Cl. Elisabeth Poulain

L'arbre coupé, les effets du temps, Cl. Elisabeth Poulain

La compétition exacerbée entre les différents acteurs économiques au sens large au niveau mondial à tous les niveaux expliquent cela. Je me souviens ainsi d’un politique d’une grande ville promettant à ses administrés de ne pas favoriser le travail de nuit, alors que ce travail de nuit est absolument indispensable au bon déroulé du jour - approvisionnement de toutes sortes - sans oublier les questions fondamentales de la sécurité, de la santé et des … connexions. Quand certains dorment, les autres travaillent. Et si les premiers ne répondent pas ou avec retard à des demandes économiques, des propositions commerciales venant d’ailleurs… d’autres le feront à leur place. Vous êtes là ou non, simple isnt’it ! C’est du pur et bon système binaire.

Pour les 24 h de nos journées et de nos nuits, notre monde est partagé en autant de fuseaux horaires, une façon de donner du corps au temps, une façon de le localiser. Une façon imparfaite aussi puisqu’il faut la compléter par la nécessite de nommer différemment les heures du jour par différence avec celles du soir pour connaître le moment où on se situe. Une façon de penser le temps qui n’est pas forcément dépassée, mais qui n’est plus la seule dans une grande part des secteurs de la vie en société, l’économie, la culture et la formation comprises, au niveau mondial.

Actuellement, le temps du numérique s’envisage plutôt dans l’instantanéité, que l’on se place à l’émission, la transmission ou à la réception des messages pour des raisons cumulatives. En effet, nous sommes tout autant acteurs, transmetteurs et récepteurs de ces échanges. Les mails agaçants que l’on reçoit des autres sont aussi ceux que nous envoyons à des moments qui n’agréent pas forcément aux autres. Le temps des autres et les nôtres sont par définition différents. Les raisons sont très diverses et cumulatives. Nommons l’incapacité ou le manque d’intérêt de se focaliser sur l’heure ou le lieu d’émission ou d’envoi du message, la non-concordance des temps entre les nôtres en France et ceux d’autres émetteurs et/ou récepteurs, quel qu’en soit l’ordre, la distinction entre les différents temps qui par le passé ont rythmé nos vies, le moment de l’envoi et celui du message. Le fait d’envoyer un message ne signifie pas qu’il sera lu. Le fait aussi qu’un certain respect des heures d’arrivée aux destinataires ne sera pas observé par d’autres, qui prennent alors un temps d’avance dans la course au temps.

Frontières sur pelouse, en forêt, Cl. Elisabeth PoulainFrontières sur pelouse, en forêt, Cl. Elisabeth PoulainFrontières sur pelouse, en forêt, Cl. Elisabeth Poulain

Frontières sur pelouse, en forêt, Cl. Elisabeth Poulain

A ces évidences, il faut ajouter les visions culturelles des temps qui diffèrent selon les pays et les… cultures. Le temps par définition se savoure à l’aune de la culture propre à chaque zone géographique et /ou culturelle. La civilisation du temps des Latins est encore pour une petite partie basée sur le « carpe diem », la jouissance de chaque jour. Celle des Anglo-Saxons est plus tonique, plus active, avec des horaires de travail plus ouverts que les nôtres. D’autres cultures actuellement sont en cours de façonnage d’un modèle encore plus ancré dans l’action au regard de l’urgence vitale du développement, qui pourrait rappeler le grand bond en avant du XVIIIe et XIXe siècle européen. Rappelez-vous « Germinal », un des romans les plus connus de Zola.

La culture du temps est, selon les cas et la force de l’urgence, plus extensible, souple, plus interprétable selon les pays. Elle découle aussi bien sûr de la structure de la société, des rapports entre les différentes classes sociales entre elles et des frontières existant entre les différentes activités des différents acteurs de la société. Cette variabilité extrême se cumule avec le brouillage des frontières entre les fonctionnalités des temps. La vieille distinction entre le temps du travail et celui du repos, auquel s’ajoute le temps du transport, a déjà volé en éclat même si nous continuons à nous baser sur les deux premiers fondamentaux qui ont modelé notre vision de la société. Les raisons viennent de la notion même de travail, de sa rémunération ou non, des acteurs –on pense travail pour certains quand ça ne l’est pas pour d’autres -, de la quasi-impossibilité de distinguer le travail pour soi du travail rémunéré, l’information de la communication… et de la gravissime question du phénomène du « sans-emploi ».

La superposition des temps –hier-aujourd’hui-demain- a toujours existé grâce au pouvoir de l’esprit, de la réflexion, de la connaissance, du rêve, de la création...en même temps et sans ordre dominant. Le phénomène s’est accru avec une pression étonnante provenant maintenant du télescopage des espaces. Et cela en grande partie du fait de l’emprise numérique.

Télescopage de temps, 14 juillet, le vin aussi est affaire de femmes, 40e anniv. alunissage, Cl. Elisabeth PoulainTélescopage de temps, 14 juillet, le vin aussi est affaire de femmes, 40e anniv. alunissage, Cl. Elisabeth PoulainTélescopage de temps, 14 juillet, le vin aussi est affaire de femmes, 40e anniv. alunissage, Cl. Elisabeth Poulain

Télescopage de temps, 14 juillet, le vin aussi est affaire de femmes, 40e anniv. alunissage, Cl. Elisabeth Poulain

L’espace. La « conquête » de la Lune avait fait rêver en son temps. On préfère maintenant d’ailleurs avec raison parler d’exploration spatiale, sans volonté hégémonique, en application du principe de prudence. Conquiert-t-on jamais un espace ? C’est une vraie question dont la réponse est probablement négative ; on ne domine jamais l’espace, à l’instar du temps qu’on ne peut jamais forcer. Christophe Colomb a pu découvrir l’Amérique, même si cette vision de l’histoire est fallacieuse. D’autres que lui sont arrivés pour la première fois sur le continent nord-américain, par le détroit de Behring. Attribuer la découverte à un valeureux Européen a satisfait les nations européennes, les esprits de l’époque.

Retenons que nos structures mentales fonctionnent et s’en trouvent bien, en pouvant attribuer une cause à un effet, même pluriel-les-s de façon à pouvoir visualiser une traçabilité, avec en fond de raisonnement cette idée que chacun est à sa place dans un monde ordonné. Le navigateur navigue, le roi décide, le sujet obéit, le menuisier façonne…chacun dans son espace dédié, même si le tourisme né au XVIIIe siècle ne s’est vraiment développé qu’au XIX en particulier en France. Les explorateurs par contre ont toujours voulu, su ou du partir à l’aventure.

L’espace d’aujourd’hui est encore modelé sur ces visions figées, même si on ne peut plus guère ignorer qu’il n’existe plus vraiment de frontières ou d’une autre sorte. Les affaires couplées au tourisme ainsi qu’aux autres échanges, ceux qui sont en particulier liés au transfert de connaissances, ont profondément modifiés les relations entre les Etats et les peuples. Etudiant, on va – presque - très naturellement terminer ses études en suivant un Summer Program ou un semestre de fin d’études dans une grande université étrangère, par exemple en Australie. Aller en Allemagne ou en Grande-Bretagne est devenu commun, reproduisant à notre façon actuelle le tour d’Europe que faisait la jeunesse dorée anglaise, avant de commencer à travailler. Pourtant on n’a pas encore acquis le réflexe de penser européen, sauf dans ces domaines de la formation et du tourisme…On retrouve la distinction entre le travail et le loisir que nous avons rencontré avec le temps.

Le temps américain est encore celui qui façonne et inspire notre monde. L’informatique s’écrit en américain et sa culture aussi. C’est encore aussi celui que nous nommons « Le Nouveau Monde » marqué par sa culture pluriethnique, qui a permis à des peuples de cultures différentes d’échanger, de se comprendre et de former une nation, celle qui justement a inventé, mis en route et développé la connaissance et la pratique du numérique. Un domaine de connaissances si prodigieux, si porteur, si emblématique que toutes les nations, la Chine en tête, favorisent la recherche et l’applicabilité des avancées dans tous les domaines de la connaissance, à tous les niveaux de la société. Et nous n’en sommes qu’au début.

Dolmens Ouest France, Gennes, St Lyphard, Saumur, wikipedia, avec remerciements Elisabeth Poulain Dolmens Ouest France, Gennes, St Lyphard, Saumur, wikipedia, avec remerciements Elisabeth Poulain Dolmens Ouest France, Gennes, St Lyphard, Saumur, wikipedia, avec remerciements Elisabeth Poulain

Dolmens Ouest France, Gennes, St Lyphard, Saumur, wikipedia, avec remerciements Elisabeth Poulain

Au plan de la personne physique, les bouleversements sont impressionnants, à commencer par de nouvelles façons de penser le monde, d’apprendre, d’échanger avec une infinité d’autres personnes, de façon directe, en allant à l’essentiel du moment, pour établir un contact d’affaires, partager une information, une émotion, une photo, en se présentant sous son meilleur jour, comme un vendeur de soi, de sa propre image, sous l’influence de l’appartenance à des réseaux.

Une nouvelle culture, la première culture mondiale, se met en place dont nous sommes tous les acteurs plus ou moins actifs, plus ou moins volontaires, plus ou moins enthousiastes, avec des compagnons de route qui ont pour nom « P comme Plaisir de parler de soi », « I comme Inconnu » et « T comme Télescopage ». L’inconnu est partout et le télescopage aussi, qui par différence avec le premier, devient franchement visible. Comme ces touristes occidentaux, très informés grâce à la culture du numérique, qui partent à l’autre bout du monde pour connaître d’autres cultures et d’autres paysages en exigeant les mêmes services de leur ambassade que dans leur pays d’origine.

Avec un tel sujet, il ne peut y avoir de conclusion, seulement une remarque qui porte sur le titre. J’ai parlé de l’espace-temps, un mot double où chacun des composants influence l’autre, l’espace influençant le temps et vice-versa. Ce billet a porté sur la seconde relation, qui est celle du « temps-espace, » comme on ne dit pas en français contrairement à la première. Une façon de montrer que le temps est aussi maintenant un espace en soi et un espace qui couvre le monde. C’est quand même incroyable.

Pour suivre le chemin

. Télescoper, voir le Larousse, le centre national de ressources textuelles et lexicales sur http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/t%C3%A9lescopage/77140  http://www.cnrtl.fr/lexicographie/t%C3%A9lescopage

. La condition ouvrière au XIXe siècle, En France, https://fr.vikidia.org/wiki/Ouvriers_de_l'industrie_au_XIXe_si%C3%A8cle  

. Relire Germinal, ce grand roman de Zola http://fr.wikipedia.org/wiki/Germinal_(roman)  

. En Belgique, plus d’informations sur la condition ouvrière http://www.histoire-des-belges.be/au-fil-du-temps/epoque-contemporaine/evolution-sociale-de-la-belgique/la-classe-ouvriere  

. Photos Elisabeth Poulain & wikipedia

 

Voir les commentaires

Toulouse Lautrec, sur un vin de Bordeaux, Château Malromé

6 Mai 2015, 14:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Toulouse-Lautrec, Château de Malromé, 2008, Cl. Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Toulouse-Lautrec, Château de Malromé, 2008, Cl. Elisabeth Poulain

Cette bouteille fait partie de mes « trésors » que je garde précieusement, pour un jour en faire un billet. Il y a ainsi dans un lieu tenu non secret des bouteilles vides sans honte aucune, ayant vu de mes yeux vus des bouteilles vidées de leur précieux contenu chez bon nombre de vignerons cette fois-ci. Les endroits varient, selon leur tempérament et la place disponible dont ils bénéficient. On peut en voir ainsi sur la cheminée de la grande pièce, le bureau ou carrément dans une bibliothèque entre des livres, la meilleure place à mon avis…

Ces bouteilles témoignent de moments de partage d’émotion avec des amis assez chers pour goûter des vins rares ou attachants, en remerciement aussi pour l’attente de ce partage, avec un avant, un pendant et un après. Une aventure complète qui montre que l’attente, l’annonce est suivi après le partage de cette émotion, par un après, un souvenir qui s’inscrit dans un temps sans cesse en mouvement, comme revisité par le souvenir Les choses ne sont jamais finies quand le vin est bu, la dégustation terminée, les amis partis et les verres rangées…

Il s’agit aujourd’hui de vous parler de l’habillage de cette bouteille de vin de Bordeaux du Château de Malromé. Un habillage suffisamment curieux pour que j’achète la bouteille. Ce n’est qu’ensuite que j’ai vu le nom d’un des propriétaires du château dans le passé. Il s’agit de Toulouse Lautrec – écrit avec sans tiret entre les deux noms - à qui son prénom n’a pas été donné, comme on le voit au bas de l’étiquette, une fois rentrée chez soi et la bouteille posée sur la table. Je dois dire que cela m’a étonné. Etait-ce pour une raison de place sur la photo qui remplit l’étiquette d’une façon forte ? Ecrire Henri de Toulouse Lautrec aurait nécessité plus de place. Ou une façon de rester concentrer sur l’essentiel, avec quatre mots seulement en tout, plus un chiffre 2008 pour le millésime sur l’étiquette et le blason en  relief de la famille.

Vin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth PoulainVin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth PoulainVin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth Poulain

L’impression ressentie vient plutôt du choix du portrait de celui qui est représenté. C’est un homme jeune, au col cassé et cravate nouée à la façon d’un foulard, à la barbe taillée avec une moustache qui prend des libertés, des cheveux bien lissés, des petites binocles, une oreille parfaite et un léger sourire, je n’oserais dire un demi-sourire. Cet homme au côté droit représenté porte son regard vers la gauche pour lui. Et c’est homme est Henri de Toulouse Lautrec.

L’étrangeté vient non pas du fait de montrer un visage de près, ce qui est pourtant rare, mais du fait que la photo a été coupée en deux. On ne voit que le côté droit d’Henri de Toulouse Lautrec. Je n’ai pas d’exemple en tête, surtout pour représenter un vin de château. Comme si l’unicité de la personne était mise en doute, plus même, posée comme un postulat de départ. Comme si sa dualité profonde de fils de la noblesse par son père et par sa mère était une de ses facettes de châtelain, comme si sa vie de trublion-peintre parisien, qui a vraiment voulu jeter le trouble, en était une des autres, celle dont il n’y a pas lieu de parler quand on cite le vin du Château de Malromé.

Le peintre a produit pendant sa courte vie - gravement malade, il est décédé à 37 ans - une œuvre picturale réellement fabuleuse de créativité, de novation, de folle liberté, d’une maitrise du trait et de la couleur jamais vue jusque-là et d'une humanité profonde. Cinq ans avant son décès, il écrivait à un ami : « seule la figure existe, le paysage est et ne doit être qu’un accessoire. Le paysage ne doit servir qu’à mieux faire comprendre le caractère de la figure… »

J’aime ce portrait en noir et blanc ou plutôt en gris et ivoire, dont le regard jamais ne rencontrera le nôtre, tous deux lisant dans le même sens de gauche vers la droite, chacun poursuivant la route de son côté. Et j’ai apprécié aussi est le texte porté au dos sur la contre-étiquette, plus large que l’étiquette mais moins haute. Il y est rappelé très sobrement que « Malromé a été la demeure familiale de Henri de Toulouse-Lautrec qui s’est éteint au Château en 1901. Le Domaine couvre 52 hectares dont 40 sont plantés en vigne… »

Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciementsChâteau de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciements

Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciements

Pour suivre le chemin

. Les dimensions de la photo (3,6cm de large sur 9 cm de haut), celles de l’étiquette ( 4,2cm de large x 14cm de haut) et de la contre-étiquette (7cm large x 11 cm de haut)

. Découvrir le château et retrouver ses vins sur http://www.malrome.com/  ainsi que sur Facebook https://www.facebook.com/pages/Ch%C3%A2teau-Malrom%C3%A9/607908529292999?fref=ts  

. Pour le blason, voir http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/04/02/a-albi-le-blason-redore-des-toulouse-lautrec_1679098_3246.html  

. Ensuite l’artiste à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_de_Toulouse-Lautrec  pour avoir une vue globale sinon complète.

. Sur le musée d’Albi dépositaire des œuvres d’Henri de Toulouse Lautrec http://www.museetoulouselautrec.net/le-palais-de-la-berbie-et-ses-jardins.html  http://www.musees-midi-pyrenees.fr/encyclopedie/themes/peinture-sculpture/toulouse-lautrec-et-le-portrait/  

. Photos Elisabeth Poulain pour la bouteille et Henry Salomé sur Wikipedia pour les deux vues du château, avec mes remerciements 

Voir les commentaires

Styles de Vie > Le mur entre tendances, usages & architecture

5 Mai 2015, 09:26am

Publié par Elisabeth Poulain

Traces d'une construction sur un mur latéral d'une maison, Cl. Elisabeth Poulain

Traces d'une construction sur un mur latéral d'une maison, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre tout à fait imparfait, tant le mur devient si compliqué à décrypter dans ses évolutions aussi diverses et parfois contradictoires, qu’il interroge vraiment. Un mur reste-t-il encore un mur ? Chacun sait pourtant ce qu’est-ce un mur. Est-ce encore si vrai ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

Un mur est une construction humaine destinée à séparer deux espaces. On trouve ainsi des murs qui distinguent l’espace privé de l’espace public, des murs intérieurs dans un espace construit  avec des murs pour séparer les fonctionnalités. Quand on évoque un mur vu de l’extérieur, on imagine soit un mur plein, soit  un mur avec des ouvertures, telles que des portes et des fenêtres. Quand on est à l’intérieur, de l’autre côté du mur de séparation avec l’espace public, les murs peuvent aussi être  ceux de la maison et de ses dépendances, tout en n’oubliant pas des murs mitoyens avec le ou les voisins…

Dans des temps reculés, l’élévation d’un mur entre les habitacles dédiés aux humains, par différence avec ceux des animaux, a représenté une réelle avancée, dès lors qu’il fut possible de chauffer l’espace de  la famille, sans chercher à bénéficier de la chaleur émise par les animaux.  Vint ensuite le foisonnement des murs intérieurs pour dédier un espace, peut être pas à chacun mais à des groupes identifiés, les invités, les parents, les enfants, les serviteurs... Avec maintenant le grand espace difficile à vivre et dans lequel chacun va essayer de se créer son coin à lui. Pourtant la distinction reste toujours fondamentale partout dans le monde entre les murs de prestige, d’apparat, des murs fonctionnels, des murs de service, avec encore aujourd’hui des abysses proprement abyssales entre l'avant et l’arrière…     

Le mur peut aussi simplement être un élément de séparation comme l’est le mur de clôture entre le jardin et la rue par exemple. Il peut aussi être une partie d’un ensemble construit plus complexe d’une maison, d’un immeuble ou d’un simple appentis…En commun, il possède sa verticalité qui rencontre le sol à l’horizontal le plus souvent s’il s’agit d’un logement ; en dehors, il s’adapte au sol sur lequel il est implanté.

Murs de couvent, ville ancienne, Angers, Cl. Elisabeth PoulainMurs de couvent, ville ancienne, Angers, Cl. Elisabeth PoulainMurs de couvent, ville ancienne, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Murs de couvent, ville ancienne, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Le plus souvent aujourd'hui en France, le mur est monté en parpaings qui sont ensuite recouverts de ciment, auquel cas on n’en parle pas, sauf s’il présente quelque chose de spécial, comme une couleur particulière de peinture et/ou incrustation d’éléments de décoration. Il pouvait être aussi fait de pierre de la région pour garder l’identité régionale, de briques en Normandie et dans le Nord par exemple. La brique garde le plus souvent sa couleur rouge d’origine ; elle peut aussi être peinte en blanc quand il s’agit de mur intérieur d’ancien entrepôt. Parfois, le maçon a dessiné des motifs géométriques en utilisant des briques de couleurs différentes pour rythmer le mur. Pour l’intérieur, c’est le plâtre (placoplatre) qui est le plus souvent choisi ; il sera ensuite, au goût des occupants, peint, encollé de papier, tendu de tissus, ou revêtu d’un autre matériau…

Deux cas particuliers sont à citer, qui sont le mur de torchis et le mur de paille. Le torchis a beaucoup été utilisé dans des zones rurales, comme la Normandie où il existait de la terre d’argile, des branchages et de la paille à foison. Au fil du temps, des pierres de silex renforcèrent le remplissage. Le mur de paille est maintenant diffusé plutôt en milieu rural, dès lors que la place ne manque pas. Il est en effet gourmand d’espace pour assurer une bonne isolation. S’il offre peu d’inspiration aux publicitaires, il est intéressant à la campagne du fait de de la proximité de la ressource et de ses valeurs écologiques.

Il y a aussi ces structures recouverts de panneaux de métal, un usage hier encore réservé aux hangars des zones industrielles ou à la campagne, qui commence à investir des immeubles de bureaux et demain des résidences. Certains étudiants connaissent déjà ces conteneurs aux parois de tôles de métal renforcées utilisées comme des boîtes à vivre. C’est une réalité, au Havre en France par exemple, sans qu’on puisse dire que cet exemple ait été beaucoup suivi. Par contre, on va rencontrer le métal abondamment utilisé en tant que structure d’immeuble ou de construction haute.

S’il existe biens des murs de brique de verre, à la mode dans les années 1960, il n’y a pas de mur de verre proprement dit. On parlera alors d’une façade de verre, symbole de la transparence et de l’ouverture. La portance de l’ensemble est assurée cette fois-ci par une structure métallique qui parait s’effacer à la vue tant ses fines dimensions semblent adaptées aux parois vitrées. Du mur, il ne reste que des lignes verticales, horizontales et un jeu de parois vitrées, parfois elles-mêmes cachées par des plaques de métal en guise de pare-soleils. Ces grands espaces verticaux peuvent offrir, selon les cas, de jolies surfaces d’écran à des projections nocturnes.

Télescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth PoulainTélescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth Poulain
Télescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth PoulainTélescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth Poulain

Télescopage architectural urbain, entre briques et béton, Rouen, Cl. Elisabeth Poulain

De plus en plus, notre époque joue de l’association de plusieurs types de portance de la structure d’une construction. C’est le cas de la combinaison entre des murs traditionnels en béton pour assurer la structure portante d’un immeuble avec des sur-parois décoratives qui vont modifier l’image, le message et le rayonnement de la construction. Le mur proprement dit est alors dissimulé par ces sur-façades qui jouent les trouble-vues autant du dehors que du dedans, avec deux tendances actuellement. Une conséquence est qu’on ne parle plus de façade ni de mur proprement dit. La notion de mur va réapparaître à l’intérieur.

La première est la tendance « Gehry »(Bilbao...),  qui consiste  à poser en avant des sur-façades courbes, partielles et brillantes, en différents matériaux et couleurs, pour troubler le regard qui devine toujours en arrière et en partie les structures verticales et horizontales complexes d’accroche. L’autre grande tendance consiste à fixer par devant un parallélépipède une structure à creux décalée pour jouer de l’épaisseur entre le dedans et le dehors defaçon à se concentrer sur le travail intérieur. Ce sont des façons très technologiques et artistiques de créer de la valeur, où ni l’angle droit, ni l’horizontalité à l’exception des planchers, ni la verticalité ne sont plus des a priori fondamentaux. 

La tendance actuelle (2015) aborde de nouvelles façons de concevoir les espaces intérieurs où le concept de mur, cet espace reposant sur lequel bute le regard sans freiner la pensée, pour réaliser des grands espaces intérieurs où tout devient courbe et complexité, à un point fascinant et réellement hallucinant. Nous ne sommes qu'au début d'une conception architecturale numérisée proprement bouleversante au niveau mondial. Il suffit, pour s'en convaincre, de voir des exemples à l'exposition universelle 2015 de Milan (voir notes de bas de page, avec deux exemples).      

Ce billet fait partie de ces réflexions jamais abouties qui naissent à la suite de perceptions visuelles contradictoires. Citons dans notre société ouverte, la tendance des murs extérieurs à s’élever alors que les open space sont un must de l’habitat d’aujourd’hui, qui qui co-existe avec la demande de chacun d'avoir un coin à soi, la demande de vue vers l'extérieur sans vue chez soi… l'exigence des touristes de « grands paysages » sans habitations visibles, ni signes de la vie fonctionnelle d'aujourd'hui… Et ce, alors même que les frontières entre les domaines publics et privés fluctuent mais pas toujours dans le sens qu'on pense, les mutations si rapides qu'on ne sait plus de laquelle on parle, les  frontières mentales  toujours présentes et peut être d'autant plus qu'on croit les avoir éradiquées … Une affaire à suivre, donc

   

Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain
Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain

Maisons normandes, Pont L'Evêque, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Mur de briques http://fr.wikipedia.org/wiki/Brique_(mat%C3%A9riau)  

. Mur de paille http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_en_paille  

. Mur de pierre sèche http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_s%C3%A8che, avec un blog intéressant à conseiller http://pierreseche.over-blog.com/article-2517735.html  

. Mur de torchis http://fr.wikipedia.org/wiki/Torchis  

. Lire d’abord « Repères pédagogiques pour le jeune public » du Ministère de la Culture et de la Communication sur http://www.culture.gouv.fr/culture/politique-culturelle/reperearchitecture.pdf . Voir les précautions à prendre avec un mur ancien sur http://www.territoires.gouv.fr/IMG/pdf/atheba_murs_dans_bati_ancien.pdf 

. Retrouver des photos vraiment étonnantes du Pavillon italien à la récente édition de l’Exposition universelle 215 à Milan, œuvre de Nemesi et Partners, en particulier celle du hall d’entrée du pavillon, où tout, à part le sol et les marches des escaliers, n’est plus qu’imbrication et rupture sur l’ensemble de la prise de vue. A voir sur http://www.archdaily.com/507990/milan-expo-2015-nemesi-and-partners-reveal-smog-eating-pavilion-for-italy/  

. Voir aussi le cliché de l'intérieur du Pavillon français, une réalisation du cabinet XTU Architectes toujours à l'Exposition universelle2015, sur  http://www.lemoniteur.fr/article/une-voute-d-abondance-representera-la-france-a-l-expo-milan-2015-24118964

. Photos Elisabeth Poulain, sans forte recherche de ma part pour trouver des photos en adéquation stricte avec le texte... 

Voir les commentaires

Style de Pub > Pom d’Api, le chien & l’humour

30 Avril 2015, 13:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pom d’Api d’abord. Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’un fabriquant de chaussures pour enfants implanté à la Gaubretière en Vendée. Ce sont les arrières petits enfants qui poursuivent la saga familiale commencée par Jean-Baptiste Rautureau en 1870.  Un siècle après, Guy et Yvon Rautureau ont créé la marque qui porte ce nom en 1973, en se spécialisant sur le créneau du luxe qui est à la fois exigeant, étroit et demandeur d’un supplément d’un je ne sais quoi » qui s’ajoute à la grande qualité, l’adaptation aux besoins des pieds d’enfant, le style, la mode… Ce « plus » est notamment apporté par une communication volontairement joyeuse, colorée, qui sur-joue sur l’humour visuel, un humour que peuvent partager les enfants et leurs parents, comme en témoigne l’exemple qui suit.

Le chien « Pomme d’Api ». Ne me demandez pas quelle est sa race. Je serais bien incapable de vous l’indiquer avec certitude. Je sais seulement qu’il est de bonne taille avec ses trois couleurs noire, blanc et fauve. Il a un grand corps, de longues pattes avec des ongles bien formés. Son poitrail s’orne d’un double triangle de poils blancs qui lui l’impression de porter un grand nœud papillon bas inversé par rapport au traditionnel noir haut porté des messieurs chic le soir. Son museau est orné d’une truffe bien noire, au-dessus de canines solides. Sa barbichette blonde fait alliance contrastée  avec ses lunettes de poils noirs qui entourent ses yeux. Et pour finir, il tire  une très longue langue rose face à la caméra, en guise de clin d’œil joyeux. Pour les oreilles, je ne peux vous dire si elles sont longues, comme je le crois, elles sont cachées sous le chapeau panthère à large bord façon broussard.  

Moi le chien heureux, Pom d'Api, avec mes chaussons-chaussettes, Cl. Elisabeth Poulain

Moi le chien heureux, Pom d'Api, avec mes chaussons-chaussettes, Cl. Elisabeth Poulain

Il trône, bien assis, tel un vainqueur sur un podium fait expressément à ses dimensions, tant il est beau. On dirait qu'il sourit. Le fond du visuel est rose, presque du même rose que sa langue, mais avec des petites étoiles en plus. Il faut bien ça pour une star, tout comme la guirlande fleurie de fleurs roses avec des feuilles vertes qui se détache en bordure de la composition. Pour honorer le héros, deux chiens-copains figurent en médaillon de chaque côté en haut de la composition. Le bas étant réservé au nom de la marque, aux noms des différentes villes de France où on peut trouver les chaussures pour enfants et à l’adresse numérique.

Oh, j’allais oublier de vous parler de ses chaussettes-chaussons à semelles. Elles sont fabuleuses à qui sait les voir. Elles ont une grosse semelle en plastique noir pour le bas et au-dessus des bouts blanc, puis en remontant une bande noire et beige, une autre rouge foncée avec du noir, une rouge pétante, une bleue moyen avec des taches noires et pour finir en haut une bande ocre roux avec de l’élastique pour bien tenir la jambe, pardon Mylord, la patte…et entre les chaussettes-chaussons, on aperçoit son slip panthère, presque assorti au chapeau, avec un petit chausson que ce brave chien porte sur son poitrail, en souvenir du temps où il était petit.  Brave parce qu'il a du faire preuve d'une patience infinie envers ces hommes un peu fous qui l'ont fait poser pendant des heures sous la chaleur des lumières, avec ces tous ces "fais-ci, fais pas ça, tire un peu plus la langue, ça y est presque...allez on recommence..."

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’entreprise Pom d’Api sur http://www.pomdapi.fr/fr/content/34-fabricants-de-chaussures-depuis-1870

. Citizen K International, automne 2007

. Photo Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

L’art de la pub > La bouteille de champagne et les volutes des arômes

29 Avril 2015, 16:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Comment associer un grand nom de Champagne – Dom Ruinart -  à sa bouteille  de vin de Champagne,  en montrant visuellement la puissance de ses arômes olfactifs ? Telle aurait pu être la problématique posée par  l’équipe dirigeante de Dom Ruinart à son service de communication. Mais commençons par le commencement, Dom Ruinart évidemment, qui est la plus ancienne maison de  Champagne, née en 1729.

Quand on a cet ancrage-là dans le temps, avec en plus la passion de la transmission, on sait tout de ses vins de Champagne. Mais il n’y a pas que cela, il y a en plus cette connaissance très forte du monde qui tourne autour du contenant qui enserre le contenu, la bouteille de Champagne et le vin de Champagne Dom Ruinart. En matière de communication, on se sait en outre le mieux à même de visualiser cette aura d’anticipation qui entoure la bouteille encore bouchée. L’image prouve la réalité de ce pouvoir d’évocation à la seule vue d’une bouteille lourde qui doit être un modèle exclusif de la Maison.  

La bouteille qui fait l’objet de cette publicité parue dans le journal Le Monde le 20 décembre 2007, est un millésime 1996. On sait que les grands champagne ont une exceptionnelle longévité. Le visuel n’a quant à lui également absolument pas vieilli. Certes le papier du quotidien a jauni. Son verso a gardé un certain  air d’actualité. Outre une publicité des Editions du Monde pour un collector en 12 BD de Black et Mortimer, on peut notamment trouver une chronique sur « un vote serré sur le travail dominical » de Patrick Rocher, une reproduction d’un billet paru 50 ans plus tôt sur « le droit de grève à la SNCF »…

Le visuel repose sur des volutes de fumée que l’on associe à des arômes qui sont bien sûr ceux du champagne Dom Ruinart. Montrer par l’image ce que peut ressentir une personne à la seule vue de la bouteille associée au nom d’un des plus grands de Champagne est une vraie réussite.  C’est un  concept très rarement utilisé par les publicitaires, à une exception notable et récente près, en raison de sa difficulté de réalisation. Pour ces dernières années, citons Hermès pour son parfum pour homme « Terre d’Hermès ».

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

La mise en lumière de la bouteille de verre à la couleur verte sombre. Le choix a été fait de privilégier le côté gauche de la bouteille avec un trait composite de lumière à largeur variable qui épouse le galbe en partant du haut vers le bas. On distingue la capuche ornée d’un ruban qui tient collé grâce à une mini-étiquette ovale à millésime et qui se termine par le nom de la marque du Champagne. Plus bas, on retrouve l’étiquette arrondie et aplatie vers le bas cette fois-ci qui porte le nom de la maison et son logo. Les volutes apparaissent surtout en partie gauche du visuel en partant du haut pour allonger la perception de la bouteille. On dirait des traits de lumière tracés avec rapidité sur un écran et reproduits ensuite, comme s’ils venaient de surgir par derrière. Le côté droit en bénéficie un peu mais sans recherche de symétrie. Ce déséquilibre visuel est volontaire, afin d’alléger la partie droite du visuel pour mettre en valeur en haut le blason qui chapeaute Dom Ruinart.

Le choix des couleurs. La bouteille d’un vert sombre ressort sur le fond noir de façon inégale grâce à la lumière qui l’éclaire directement ainsi qu’aux arrondis des volutes d’arômes qui s’imbriquent les uns dans les autres. Ils font ressortir le bord externe de la bouteille, comme si ceux-ci sortaient de partout et pas seulement du haut de la bouteille. Les volutes sont aux couleurs de la lumière qui varient d’un jaune d’or pâle, à des blancs veinés de jaune léger, à du blanc qui mêle au noir surtout en partie droite. Il y a un très gros travail pour faire jouer les couleurs de la lumière, pour annoncer l’explosion maîtrisée en bouche…

De la belle ouvrage, vraiment. Aujourd’hui des millésimes anciens sont toujours offerts à la vente, pas ceux de 1996, mais de 1998. La bouteille semble identique, l’étiquette par contre est devenue ronde, les volutes d’arômes sont remplacées par des flûtes qui valsent en l’honneur des vins de Champagne Ruinart…

Pour suivre le chemin

. Retrouver Ruinart sur http://www.ruinart.com/fr-e/les-vins/#dom-ruinart-rose  

. Le Monde 20.12.2007, dernière et pleine page

. Photo Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Style de Pub > Le rémouleur, son chien et le pneu Hutchinson > MICH

27 Avril 2015, 14:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Plaque ronde Hutchinson, pneu vélo, pneu moto, Cl. Elisabeth Poulain

Plaque ronde Hutchinson, pneu vélo, pneu moto, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre, avec MICH d’abord. Notre histoire, celle qui touche à ce billet, concerne la publicité visant le pneu Hutchinson, réalisée par le dessinateur MICH au début du XXe siècle. Cet artiste aimait beaucoup dessiner des rémouleurs accompagnés de leur chien. Il avait commencé la série par des affiches en 1908 pour le pneu vélo de Continental. La première semble-il  concernant Hutchinson  date de 1912. On y trouve tous les éléments qui vont constituer la saga Hutchinson mais cette fois-ci sur des tôles à la durée de vie très longue qui ont été abondamment diffusées en France, ce qui explique encore aujourd’hui la poursuite de leur renommée et leur côte élevée.

Le pneu Hutchinson est « plus solide que l’Acier ». Plus qu’une qualité, c’est sa caractéristique première. C’est aussi une jolie façon de barrer la route à la concurrence,  en particulier celle de Continental pour son pneu-vélo. Seul Hutchinson est aussi résistant que l’acier (!) et cela autant pour le pneu vélo, moto et auto.

Parmi le trio des composantes visuelles, outre le pneu, il y a  Sam le Rémouleur, l’ambassadeur de la marque. Il est décrit comme « un mi-clown anglais et mi-vagabond philosophe » par des spécialistes de l’art publicitaire, Daniel Bordet et Jacques Dreux dans leur ouvrage « Les 100 plus belles images du pneu ». Il y a tout de suite après Floc, son chien fidèle, solide, un brin cabochard qui appartient à une race de terrier qui ressemblerait à un Jack Russel sans garantie ni preuve et surtout à taille variable. Les deux, le maître et son chien, sont inséparables et heureusement. Sans le chien si attentif et affectueux, le maître ne serait pas forcément drôle. Il manquerait une composante essentielle au visuel. Les rôles attribués à Sam et à Floc diffèrent selon les plaques. Le plus souvent Floc est là presque uniquement pour admirer son maître en train d’aiguiser son long couteau sur le pneu.Mais parfoisFloc est un vrai co-acteur de la plaque.

. C’est du moins le cas dans la plaque ronde sur fond jaune  qui est la plus connue de toute la série que le dessinateur a déclinée, sans que malheureusement nous ayons les dates qui ne sont pas indiquées sur les plaques. Sam, au nez rouge ainsi que ses joues, a endossé une chemise blanche sous sa salopette rouge à pois blanc, d’un rouge un peu moins foncé que son chapeau claque rouge à ruban jaune et petits carrés bleus, du même bleu que l’écriture en grosses lettres d’imprimerie HUTCHINSON en lettrages disposés en arrondi léger de façon à créer un effet visuel avec l’arrondi plus prononcé du pneu. PNEU VELO est disposé à droite de la tête de Sam, encadré de l’autre côté par PNEU MOTO. Seuls trois éléments ressortent en blanc, les yeux de Sam en bille de loto, la chemise et la lame que le rémouleur affute sur son pneu vélo. Et tout ça, sous le regard positivement admiratif de Floc, dont le poil blanc ressort en bas du visuel et dont la tête mange une partie du N de ma marque, avec un collier jaune qui renvoie au ruban du chapeau. C’est vraiment bien fait au niveau de la disposition en strates, qui se croisent avec un grand X ainsi qu’à celui du jeu de couleurs superbe. N’oublions pas le cercle blanc près du bord extérieur pour finir en douceur cette petite plaque ronde de 32 cm. La signature de MICH n’apparait pas sur cette plaque qui est la plus connue de toutes.

Plaque de propreté Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulain

Plaque de propreté Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulain

. Voici une version couleurs du Pneu Hutchinson vélo, moto et auto. Sa rareté provient du type de tôle et de son format. Il s’agit d’une plaque de propreté en chapeau de gendarme, de 18,9cm sur 6 cm. La salopette bleue à pois blancs de Sam ressort très nettement sur le fond jaune. Sa chemise est blanche tout comme le pneu plus solide que l’acier qui sert de meule à affuter et comme le poil de Floc. Pneu Hutchinson figure en bleu ainsi que le slogan alors que le lettrage de Vélo, Moto, Auto est en rouge tout comme le nez rouge et les rouges du maestro, qui font partie du personnage depuis le début. La signature indique « d’après MICH. »

. En petit format (12cm de diamètre), une petite plaque blanche et grise ronde - et rare - indiquant « Pneu Hutchinson » sans précision ni slogan. Elle était destinée à être fixée sur les devantures des revendeurs de la marque. Blanche et grise, elle montre un Sam en salopette rouge qui affute avec énergie son grand couteau sur un pneu voiture installée sur son tréteau à quatre pieds. Floc, qui regarde son maître avec amour, est attaché par une laisse, me semble-t-il, à la jambe gauche de son maître. L’ensemble ne porte pas de signature.

. La version ovale et blanche de Sam pour le pneu Hutchinson. Cette fois-ci, il s’agit de Sam faisant du vélo en salopette bleue et chapeau noir (12,8 x 18, 7 cm). Floc est tout à son aise dans le petit panier en osier jaune que son maître a aménagé pour lui devant, à côté du grand couteau dont la lame dépasse, côté coupant vers l’extérieur. Il n’est pas indiqué quel type de pneu mais le dessin montre que les deux, vélo et auto, sont visés. Sam roule à vélo et porte sur son tabouret haut de bois jaune sur son dos un pneu auto, signé MICH. 

Plaque  ovale blanche, Plaque auto-moto,plaque ovale blanche, petite plaque ronde blanche, Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulainauto-moto
Plaque  ovale blanche, Plaque auto-moto,plaque ovale blanche, petite plaque ronde blanche, Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulainauto-motoPlaque  ovale blanche, Plaque auto-moto,plaque ovale blanche, petite plaque ronde blanche, Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulainauto-moto

Plaque ovale blanche, Plaque auto-moto,plaque ovale blanche, petite plaque ronde blanche, Pneu Hutchinson, Cl. Elisabeth Poulainauto-moto

. Le pneu Hutchinson pour moto (60 x 40cm) signée MICH. C’est une déclinaison intéressante des créations de l’artiste avec un jeu de couleurs renforcé par le choix du rouge pour le side-car qui fonce à toute vitesse en sautant par-dessus un pneu moto forcément. Cette fois-ci Sam, nez et joues rouges, en salopette bleue, chaussures rouges et chapeau noir, sourit pour la première fois tout en conduisant avec brio sa moto avec l’habitacle à ses côtés un Floch qui a drôlement grandi. C’est lui désormais qui affute le couteau qu’il arrive à tenir avec ses dents, alors que ses pattes de devant lui servent de bras pour s’agripper au pneu. PNEU MOTO figurent en bleu au-dessus tandis qu’HUTCHINSON est placé en bleu un peu plus sombre en dessous.

Pour finir, un mot sur le métier de rémouleur, qui n’existe plus en France tout du moins. J’en ai vu un passer dans les rues, il y a quelques années dans l’Ouest de la France, sans pouvoir affirmer si des personnes avaient encore recours à ses services. On trouve encore des cartes postales anciennes sur ceux qui exerçaient les « petits métiers », avec en particulier des clichés de rémouleurs près de leur carriole tiré par un chien…

Pour suivre le chemin

. MICH, de son nom Jean-Marie Michel Liébaux (1881-1923) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie-Michel_Li%C3%A9baux  

. Retrouver le pneu Hutchinson, une marque de l’entreprise créée à Langlé près de Montargis en France en 1853, par Hiram Hutchinson, avec Charles Goodyear, tous deux américains, sur http://www.hutchinsontires.com/fr/entreprise?mod=histoire  ainsi que sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Hutchinson_(entreprise)  pour comprendre la dimension mondiale maintenant, avec la participation de Total maintenant.

. Le rémouleur http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9mouleur  

. Le Jack Russel sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Russell_terrier  

. « Les 100 plus belles images du pneu », Daniel Bordet, Jacques Dreux, Continental, Les 100 plus belles images, Editions Dabecom 2003

. Découvrir le blog de Philogène Gagne-Petit axé sur les rémouleurs, sur https://remouleurs.wordpress.com/

 . En apprendre plus sur la vie menée par des « vrais » rémouleurs, sur http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article71  

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes remerciements à Salorges Enchères, Nantes, www.interencheres.com  

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>