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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La frontière entre l’Alsace & la France > Phoscao, L’Illustration 1915

18 Juin 2017, 15:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

*L'Illustration 13.11.1917, Annnonces7, Phoscao, en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain.

*L'Illustration 13.11.1917, Annnonces7, Phoscao, en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain.

C’est un dessin de Sam paru dans ce numéro du 13 novembre de L’Illustration, en page 7 des Annonces, du côté le plus visible quand on ouvre le magazine. Pour que le lecteur du plus célèbre hebdomadaire français ne se trompe pas sur le type d’informations que l‘on pouvait découvrir au début et la fin du journal, ces pages de publicités n’avaient pas le droit d’être désignées comme telles. Il est seulement indiqué « Annonces 7 ». C’était alors la façon de parler de la réclame, qui, n’avait pas forcément bonne presse ! La formulation avait en outre l’intérêt d’avoir un caractère autre, qui ne portait pas atteinte à la dimension « élitiste » de l’Illustration de par son électorat et bien sûr la qualité de ce premier grand media français du XXe siècle.

La demi-page d’Annonces 7 dans sa moitié inférieure - 28cm de large sur 18 cm de haut- est occupée par le dessin en noir et plan de Sam, un artiste sur lequel je n’ai trouvé aucune information. Il a pourtant beaucoup travaillé en particulier pour l’Illustration en cette période de la guerre. Le résultat de son travail est intéressant parce qu’il adosse ses dessins à des symboles appartenant traditionnellement à la culture française ou…à la guerre. De plus l’organisation de l’utilisation de l’espace occupé par sa création graphique montre que ce dessinateur avait en outre de l’expérience dans les techniques du dessin au fusain et au crayon. Toutes ses réalisations ne sont pas forcément intéressantes, au moins au regard d’aujourd’hui. Mais elles ont assurément une certaine force.

Quant à « Phoscao (Spécialité française) le plus exquis des déjeuners, le plus puissant des reconstituants …», aucune indication de composition n’est indiquée. Ce n’était pas l’époque. On peut quand même suggérer, sans trop de risque de se tromper, qu’il y avait à la fois du cacao et de la phosphatine. Cacao n’a peut-être pas besoin d’être traduit, même si on parle de cocoa en anglais. Par contre la phosphatine nécessite peut-être plus d’information. C’est « une bouillie de céréales pour les nourrissons » comme le dit la publicité de Blédina.

 

L'Illustration 13.11.1917, Annnonces7, Phoscao, en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 13.11.1917, Annnonces7, Phoscao, en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain

Dans les numéros de l’Illustration datés de l’année 1915, que je possède, très rares sont les informations ou les dessins publicitaires citant nommément l’Alsace. Sam, pour Phoscao, aborde ce thème d’une façon très visuelle, avec beaucoup de codes toujours utilisés aujourd’hui, plus de 100 ans, après dans le domaine de la publicité.

Du côté alsacien, on aperçoit mise en lumière la jeune fille alsacienne forcément en costume traditionnel, la maison alsacienne qui se détache sur fond des Vosges, avec de grands sapins sur le côté droit sur lesquels se ressortent les lettres blanches de PHOSCAO renforcées de noir, en laissant apparaître du blanc en dessous pour leur donner de l’épaisseur et de la force. Cette façon de mettre la marque en relief, en lui donnant de la densité, vient de ces superpositions de couleurs des lettres.

. De l’autre côté français de la frontière alsacienne, s’avance un soldat français, qui tend ses deux mains, vers le bol de cacao chaud, que porte la jeune fille coiffée du célèbre nœud noir alsacien qui franchit la frontière de son pied droit. Elle sourit au soldat qui s’avance vers elle. Elle a déjà son pied droit en France-France et l’autre en Alsace alors allemande. Elle enjambe l’aigle allemand bien visible sur le poteau frontière du Reich tombé à terre. C’est l’élément fondamental du visuel parce qu’il indique de quel côté seront les vainqueurs du lendemain. La délimitation entre l’espace alsacien à gauche est clairement située au tiers du visuel qui mesure au total 26cm de haut sur 8,5 de large, le gros trait noir qui fait le pourtour inclus.

Le soldat français dans l’espace Phoscao, située en France, bénéficie d’un quasi carré de 17cm de large sur 18cm de haut. Sa tête protégée par le casque arrondi des soldats français, par différence avec le casque à pointe allemand, indique sa nationalité. Il est bien habillé et rien n’indique que cette deuxième année de guerre est déjà terrible. C’est ce que montre par exemple en page 517 de ce numéro l’article sur les mutilés de guerre en apprentissage dans un atelier de ferblanterie…

*L'Illustration 13.11.1917, Annnonces7, Phoscao en Alsace, Le poteau-frontière. Cl. Elisabeth Poulain

*L'Illustration 13.11.1917, Annnonces7, Phoscao en Alsace, Le poteau-frontière. Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. L’Illustration du 13 novembre 1915, numéro 3793, 73me année, Annonces - 7

. Retrouver l’histoire de la publicité, en passant par la réclame (la Ière date de 1660 pour… du dentifrice!) , puis l’affiche avec Toulouse-Lautrec, Cappiello Mucha au XIXe siècle, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_publicit%C3%A9

. Du bon usage du fusain sur http://www.homejardin-loisirs.com/fusain-fiche-technique.html

. Sur les annonces ayant porté sur cette marque pendant la Ière guerre modiale, voir tout particulièrement http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/10/26002-20141010ARTFIG00235-durant-la-grande-guerre-les-pubs-phoscao-ciblent-les-poilus-et-leur-famille.php

. Voir l’évolution de la publicité pour Phoscao sur http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/10/26002-20141010ARTFIG00235-durant-la-grande-guerre-les-pubs-phoscao-ciblent-les-poilus-et-leur-famille.php

. La phosphatine, une bouillie à base de céréales pour les nourrissons, à voir sur https://fr.wiktionary.org/wiki/phosphatine . On en trouve encore au chocolat…

. Voir l’histoire du cacao, http://lionsclubbouakedoyen.chez.com/cacao.html et https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_culture_du_cacao

*

. Retrouver l’histoire de l’année 1915 en France sur https://fr.wikipedia.org/wiki/1915_en_France

. La guerre des frontières vue en carte postale symbolique, à voir sur http://www.musee-douanes.fr/expositions/130-detail/13-14-18-douaniers-dans-la-grande-guerre/41-4-aux-frontieres.html

. Une bonne photo d’un panneau à la frontière de l’Allemagne et de la France sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:16-20-57-f-mutzig.jpg

. Sur la réalité de la guerre, sur le front, un site très documenté, http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/1GM_combats/guerre_en_15_1.php?parent=61

. La situation des enfants pendant la guerre https://www.histoire-image.org/etudes/enfants-guerre-1914-1918 

. Clichés Elisabeth Poulain

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Paysages de Loire en jaune colza, par l’autoroute A85, Angers-Blois

13 Juin 2017, 16:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

Champ de colza, percée du soleil, avec poteau, Cl. Elisabeth Poulain

Champ de colza, percée du soleil, avec poteau, Cl. Elisabeth Poulain

D’abord quelques mots sur le colza. C’est une plante à fleurs jaunes qui était en pleine floraison au mois d’avril de cette année, avec une vitalité sans pareil, dans une explosion de couleur jaune uniforme, qui variait avec le bleu du ciel, plus chargé en nuages au départ d’Angers.

Il en est allé pendant une bonne partie du voyage aller, avec une diversité paysagère intéressante, car les champs plantés de colza étaient relativement proches de l’autoroute, avec d’autres séquences en arrière.

Paysages de Loire en jaune colza, par l’autoroute A85, Angers-BloisPaysages de Loire en jaune colza, par l’autoroute A85, Angers-Blois

En réalité, c'est le ciel qui donne cette atmosphère si particulière, tant la lumière et les couleurs sont importantes dans la perception de ce qui nous attire dans le paysage. Il y a en particulier ce jaune qui éclate de vitalité, sans jamais être "mièvre" ou verser dans le trop de trop. Il s'impose comme une évidence de vitalité. Un nuage ou plusieurs vont avoir la capacité aussi de tout changer, d'éveiller notre sensibilité, alors que tout peut sembler banal. Or il n'en est rien. C'est le ciel qui décide de la couleur et de la force de la vitalité des immenses parcelles de colza. On ne peut plus parler d'un champ même grand...

 

 

 

Paysage d'autoroute A85, champ jaune de colza, bosquet dans le fond, Cl. Elisabeth Poulain Paysage d'autoroute A85, champ jaune de colza, bosquet dans le fond, Cl. Elisabeth Poulain

Paysage d'autoroute A85, champ jaune de colza, bosquet dans le fond, Cl. Elisabeth Poulain

Autoroute A85, champ jaune de colza, arrivée du ciel bleu, Cl. Elisabeth Poulain

Autoroute A85, champ jaune de colza, arrivée du ciel bleu, Cl. Elisabeth Poulain

La sortie de l'autoroute, puis la traversée de la Loire vont encore changer notre regard sur les plantations de colza, qui cette fois-ci sont toutes proches de la route construite sur la levée qui protège des débordements de la Loire les champs en contre bas.

Cette fois-ci, et comme à l'aller, c'est un poteau de bois qui sera notre dernier témoin de cette petite série sur les champs de colza. Il y a bien eu le retour mais tout avait changé et en particulier il n'y avait plus cette belle lumière du matin... 

Paysages de Loire en jaune colza, par l’autoroute A85, Angers-Blois
Paysages de Loire en jaune colza, par l’autoroute A85, Angers-Blois
Champ de colza, vue de l'autoroute au retour, Cl. Elisabeth Poulain

Champ de colza, vue de l'autoroute au retour, Cl. Elisabeth Poulain

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Le langage des soupiraux > L’air, la lumière, la livraison du charbon & +

12 Juin 2017, 14:26pm

Publié par Elisabeth Poulain

Portes tôle ou bois, de soupirail ras du trottoir 3-1, Clichés Elisabeth Poulain Portes tôle ou bois, de soupirail ras du trottoir 3-1, Clichés Elisabeth Poulain Portes tôle ou bois, de soupirail ras du trottoir 3-1, Clichés Elisabeth Poulain

Portes tôle ou bois, de soupirail ras du trottoir 3-1, Clichés Elisabeth Poulain

Marcher en ville est un plaisir qui vous permet de redécouvrir ou découvrir l’importance des soupiraux, dès lors que vous regardez vos pieds, votre appareil photo à la main, en ayant attaché votre vélo, un peu plus loin. Le développement du quartier est lié est lié à la construction de la gare à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. C’est aussi à cette période de l’histoire pas si lointaine que naît et se développe le besoin d’un confort dit « moderne ». C’est celui qui est lié à l’eau courante au robinet, à l’électricité en appuyant sur un simple bouton et à la chaleur que procure le chauffage au charbon l’hiver. Le poêle, qui a en particulier lancé ce confort étonnant, avait pour nom « La Salamandre ». Il suffisait de le recharger une fois par 24h…selon la belle affiche de Jules Chéret, un des maîtres affichistes français.

Portes - tôle ou bois - de soupirail au ras du trottoir 3-2, Clichés Elisabeth Poulain Portes - tôle ou bois - de soupirail au ras du trottoir 3-2, Clichés Elisabeth Poulain Portes - tôle ou bois - de soupirail au ras du trottoir 3-2, Clichés Elisabeth Poulain

Portes - tôle ou bois - de soupirail au ras du trottoir 3-2, Clichés Elisabeth Poulain

Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-3 Elisabeth Poulain Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-3 Elisabeth Poulain Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-3 Elisabeth Poulain

Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-3 Elisabeth Poulain

Encore fallait-il avoir du charbon et pour cela avoir une cave doublement accessible. Il était nécessaire que celle-ci le soit de l’intérieur aux propriétaires ou locataires du logement et facilement de la rue, plus précisément du trottoir, au livreur de charbon. Celui-ci versait le sac de charbon par le soupirail que l’on pouvait ouvrir à hauteur du trottoir de l’intérieur et de l’extérieur. C’était un progrès dans la mesure où le service rendu par le livreur de charbon se faisait rapidement et en direct de l’extérieur. Ce dernier n’était pas obligé de rentrer dans l’immeuble pour avoir accès à la cave, en allant chercher la clé avant ou trouver la porte de la cave ouverte, pour qu’il puisse ouvrir le soupirail. En outre, l’autre avantage était qu’il ne salissait ni le hall d’entrée, ni les escaliers pour accéder à la cave…Il lui suffisait de repousser vers le dedans ou de tirer de l’extérieur la petite porte du soupirail qui s’ouvrait de l’extérieur. Il y avait là un vrai gain de temps et une gestion utile de l’espace public au profit des habitants et de l’accès aux caves des immeubles ou des hôtels particuliers par les livreurs de charbon en sac.

Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-4 Elisabeth Poulain Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-4 Elisabeth Poulain Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-4 Elisabeth Poulain

Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-4 Elisabeth Poulain

Outre ces aspects de l’évolution de notre société dans ses façons de vivre, il reste à vous citer une autre double facette, qui concerne la dimension artistique liée à la dimension sociale tout autant que l’inverse. Comme vous le montrent certains clichés que je vous présente dans l’ordre où je les ai pris, sans chercher à les classer, selon qu’ils se présentent d’une façon attirante, avec par exemple un joli dessin de fleurs en creux pour laisser passer l’air à travers la tôle découpée, ou de façon très basique, sans recherche spéciale - et c'est le cas quand la petite porte est en bois - avec seulement quelques trous évidés. Les premières indiquent un niveau social plus élevé que les secondes. Il y a là un véritable code culturel qui signe l'appartenance à une classe sociale. Et pour rester une réalité à la fois urbaine et sociologique, j’ai choisi de ne pas les classer…en vous laissant deviner celles qui s'ouvrent vers l'extérieur. Elles sont faciles à repérer.  (** Voir la réponse toute à la fin... )

Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-5 Elisabeth Poulain Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-5 Elisabeth Poulain Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-5 Elisabeth Poulain

Portes de soupirail, bois ou tôle, au ras du trottoir, Clichés 3-5 Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir en particulier une étude intéressante sur http://arnauld.divry.pagesperso-orange.fr/CHABOCHE%20Salamandre.htm ainsi qu’une autre affiche du célèbre Jules Chéret sur http://passerelles.bnf.fr/grand/pas_268.htm

. Pour voir l’affiche en six versions différentes, il vous suffit de taper « Jules Chéret, la salamandre, Images » dans Google https://www.google.fr/search?q=Jules+Ch%C3%A9ret,+la+salamandre,+Images&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjY5ZiGlLbUAhWGExoKHau9AsgQ_AUIBigB&biw=1366&bih=597

. Retrouvez Jules Chéret, un des plus grands affichistes français sur wikipedia https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Jules_Ch%C3%A9ret?uselang=fr mais malheureusement sans l’affiche sur le poêle.

. En 2017, il y a encore des livreurs de charbon, à voir sur http://www.touvet-combustibles.com/charbon-isere/ 

. Tout comme il est encore possible de commander sur le net des sacs de 25kgs de boulets de 30 gr. chaque, à voir sur https://www.combustibles-gruchy.fr/produits/fiche/36

.Clichés Elisabeth Poulain, ** les petites portes qui s'ouvrent sur le trottoir sont d'abord en tôle, ou rarement en bois avec la partie inférieure verticale renforcée en tôle  et dotés ensuite d'une partie horizontale en tôle en bas qui glisse sur le trottoir, quand on ouvre le soupirail...Il y en a trois en tout. Et en prime voici comment avoir un peu d'air et de lumière dans une cave...mais sans le charbon accessible du trottoir, avec ce dernier cliché... 

Maison de ville, aération de la cave par ouvertures + grilles dans les marches, Cl. Elisabeth Poulain

Maison de ville, aération de la cave par ouvertures + grilles dans les marches, Cl. Elisabeth Poulain

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L’Encadreur de l’Atelier du Cadre, Place de la Laiterie-Doutre, Angers

8 Juin 2017, 15:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Mur-Cadres, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth PoulainL'Atelier du Cadre, Mur-Cadres, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth PoulainL'Atelier du Cadre, Mur-Cadres, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Mur-Cadres, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Comme toujours, il existe dans les vieilles villes des alchimies mystérieuses entre un site, l’histoire, l’architecture, les personnes et tout spécialement ceux qui sont autant artistes au service des artistes peintres, photographes… qu’artisans émérites au service des heureux possesseurs de belles œuvres…à encadrer. Vous avez deviné que je vais vous parler d’un encadreur, Julien Boutin, qui vient de s’installer dans cette très belle boutique d’œuvres encadrées tout autant qu’atelier dans cette maison ancienne à pan de bois. Une particularité de cette boutique-atelier est d’avoir deux grandes vitrines. La partie de gauche, quand on est sur le trottoir, est dédiée à la réalisation des cadres, et la partie de de droite aux œuvres encadrées avec … visibles du trottoir, des angles de cadres présentés de façon artistique sur le mur à l’intérieur.

L'Atelier du Cadre, Maison à pans de bois entre les platanes, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Maison à pans de bois entre les platanes, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Les deux grandes vitrines, qui donnent beaucoup de clarté dedans, ont également chacune leur individualité. La porte contemporaine de verre est alors logiquement placée entre les deux facettes du métier d’encadreur, l’artisan tout autant que l’artiste. La boutique est en elle-même un cadre très valorisant pour les …cadres. Il y a là une forte logique de valorisation : la mise en valeur de l’espace intérieur du cadre joue de façon très positive tout autant que le cadre lui-même d’un tableau par exemple qui en soi est tout autant la maîtrise d’une technique qu’une œuvre d’art, au service souvent d’une autre œuvre d’art ou d’un souvenir, une photo…auquel on tient. Le fascinant devient alors de pouvoir faire une œuvre d’art à partir des seuls échantillons des cadres que le client peut choisir à son goût et/ou sur les conseils sollicités auprès de l’encadreur…Et c’est que Julien Boutin réussit pleinement à faire.

L'Atelier du Cadre, Jeu de reflets dans la vitrine, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Jeu de reflets dans la vitrine, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Ce double aspect du cadre peut se conjuguer de façon plurielle. Vous pouvez par exemple chercher à mettre en lumière l’œuvre à encadrer. C’est me semble-t-il le cas le plus fréquent. On peut tout autant partir de l’idée que la peinture, la photo, l’œuvre en relief léger accroché au support à encadrer… vont mettre tout autant leurs atouts, quel qu’ils soient, au service du cadre lui-même. Un beau cadre, fait à la main, est assurément une pièce d’art en tant que telle. Il en va ainsi assez souvent avec des cadres anciens stylisés en stuc sculpté et doré à l’or fin.

L’attachement pour un cadre métallique en acier brut, ou en aluminium brillant… ne peut être le même. Cette version contemporaine du cadre met alors ses caractéristiques au service de la peinture, de la photo…Citons parmi ses atouts, l’infinie ou presque variété des composants, les couleurs, le mat qui joue avec le brillant, la solidité, le ré-emploi infini ou presque… et le prix beaucoup plus abordable, sans oublier surtout l’accord plus évident entre le contenu, une photo d’aujourd’hui, avec un cadre contemporain.

L'Atelier du Cadre, Julien Boutin, l'encadreur au travail, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Julien Boutin, l'encadreur au travail, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

La question dont je connais la réponse positive, surtout après avoir vu l’Atelier du Cadre, est de savoir si l’on peut créer de l’art seulement avec des cadres. La réponse est clairement « oui ». Imaginez un grand panneau mural à composante géométrique d’angles de cadres où la couleur joue un très grand rôle. C’est magnifique. L’impression est tout à fait différente quand vous voyez les échantillons de cadres posés à plat ou sur un support légèrement incliné vers vous. C’est alors la main qui est attiré, l’œil aussi naturellement, mais la main veut toucher pour mieux « voir » !

La cohérence entre un cadre et son contenu est aussi un thème qui se pose. Peut-on par exemple tout faire ? Mettre du contemporain sur une œuvre ancienne? Un cadre ancien sur une œuvre contemporaine ? Pour moi, il n’y a pas de réponse automatique et la réponse est me semble-t-il « ça dépend » ! Cela dépend d’autant plus que les grands formats contemporains n’utilisent plus de cadre. Les artistes se contentant de clouer des baguettes peintes aux couleurs dominantes de la peinture pour cacher les clous qui fixent la toile au châssis…

L'Atelier du Cadre, Dehors-Dedans, Jeu géométrique, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth PoulainL'Atelier du Cadre, Dehors-Dedans, Jeu géométrique, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth PoulainL'Atelier du Cadre, Dehors-Dedans, Jeu géométrique, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Dehors-Dedans, Jeu géométrique, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Un bel exemple de finesse harmonisée est donné en particulier par la vitrine de droite de l’Atelier du Cadre d’Angers où l’on peut admirer actuellement des dessins extrêmement fins de chaussures à très hauts talons très fins… C’est là un jeu très réussi de forte complémentarité entre le cadre  plat et large, sans couleur,  et le dessin, mis en lumière au sens propre dans la vitrine de droite, Place de la Laiterie… L’artiste, qui a en plus le sens de l’humour, a pour nom Inna Panasenko…

Pour suivre le chemin

. L’Atelier du Cadre, 11 Place de la Laiterie, La Doutre, 49100 Angers, 49100 Angers, 02 41 77 34 91, latelierducadre49@gmail.comainsi que https://www.facebook.com/pg/latelierducadre49/photos/

. Mieux connaître les styles de cadres sur http://www.cadre-ancien.com/category/cadre-tableau/

. Inna Panasenko est très présente sur Facebook. Vous pourrez ainsi découvrir son sens de l’humour avec à chaque fois la silhouette minuscule d’un homme au bout de chaque escarpin, car, pour elle, femme, il ne saurait y avoir de mocassin…!https://www.facebook.com/inna.panasenko.5

. Voir La Place de la Laiterie à Angers dans le quartier de la Doutre, sur http://www.angers.fr/vie-pratique/culture/la-politique-culturelle/angers-ville-d-art-et-d-histoire/ressources/fiches-patrimoine/laissez-vous-conter-quelques-edifices-remarquables-de-la-doutre/index.html

. Photos Elisabeth Poulain

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Photos x 3 > Coucher de soleil en Méditerranée > Parc des Calanques

4 Juin 2017, 15:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Coucher de soleil en Méditerranée 1-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain*Coucher de soleil en Méditerranée 1-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain

*Coucher de soleil en Méditerranée 1-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain

Ce sont trois clichés pris à la suite l’un de l’autre, présentés tels quels sans aucune retouche ni modification d’aucune sorte. Nous étions idéalement placés avec vue sur la mer à une table de la terrasse vitrée du restaurant "Les Tamaris". En ce beau mois de mai, Il faisait beau, pas très chaud et très venteux. Au point d’ailleurs que les kite-surfeurs s’en donnaient à cœur-joie, lorsque nous avions quitté la baie de Marseille.

Coucher de soleil en Méditerranée 1-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain

Coucher de soleil en Méditerranée 1-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain

Aller saluer la mer agitée par le vent, prendre ensuite très vite quelques clichés pour garder la mémoire du site puis de s’installer à table avec plaisir et déguster un bon repas en très bonne compagnie, le temps passe alors très vite. Vient alors la nuit, avec une soudaineté étonnante, si rapidement que je décide de photographier le soleil couchant, par trois fois dans la même minute.

Coucher de soleil en Méditerranée 2-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain

Coucher de soleil en Méditerranée 2-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain

On passe très vite de la lumière aigüe et un peu froide de ce bord de mer en plein mois de mai à la nuit profonde. Bien sûr on ne regarde pas sa montre ; arrive seulement la sensation qu’il faut se dépêcher de prendre une ou plusieurs photos du coucher du soleil. Et c’est ce qui s’est passé.

Coucher de soleil en Méditerranée 3-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain

Coucher de soleil en Méditerranée 3-19h55, Parc des Calanques, Marseille, Cl. Elisabeth Poulain

. Lire aussi sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/2017/01/les-calanques-de-marseille-photos-a-rever-d-une-randonneuse-sportive.html avec des superbes clichés de Claire Poulain.

Pour suivre le chemin

. Aller découvrir le Parc des Calanques sur http://www.marseille-tourisme.com/fr/marseille-calanques-randonnees/parc-national-des-calanques/

. Retrouver le restaurant "Les Tamaris" dans la calanque de Samena, au bord de la mer http://les-tamaris.zenchef.com/

. Clichés Elisabeth Poulain pris à la suite les unes des autres, à 19h 55!, avec une * quand le cliché est tronqué.  

 

 

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N de Nana > La Femme > Dentifrice Gibbs x 4 annonces > L’Illustration 1915

1 Juin 2017, 10:08am

Publié par Elisabeth Poulain

*Collier de la "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.09.25, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain*Collier de la "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.09.25, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain*Collier de la "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.09.25, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

*Collier de la "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.09.25, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

Traduction du titre. Il s’agit dans ce billet de vous montrer l’évolution des « Annonces » comme on disait à l’époque, d’une grande société anglaise, GIBBS, en cette seconde année 1915 de la longue et cruelle première guerre mondiale de 1914-1918. L’annonce Gibbs occupait une pleine page de ce célèbre hebdomadaire, en différents emplacements, dans les numéros des mois d’août (le 28), de septembre (le 11 & le 25) et de novembre 1915 (le 6 et le 13). Ne pouvant vous citer que les numéros que j’ai sous les yeux, il est plus que probable qu’il existe d’autres « annonces » - pour ne pas dire des publicités, des « pubs », comme on peut dire aujourd’hui - dans d’autres numéros ultérieurs.

L’étonnant est qu’à cette époque déjà, Il y ait eu déjà une réelle stratégie de cette entreprise dont le siège était à Londres qui ne s’était pas adressée par hasard au principal hebdomadaire français, qui a paru pendant toute la durée de cette première guerre mondiale. Gibbs avait visiblement prévu une série de visuels à insérer en pleine page, ce qui était rare parce que déjà vraisemblablement cher. Ce n’était pourtant pas un cas unique, surtout encore en 1915 dans le domaine de la santé.

Pour en revenir à Gibbs, on peut se poser la question de savoir s’il y avait-il aussi une stratégie de choix de dates et d’emplacements. Je le pense, pour avoir sous les yeux plusieurs exemplaires. Pour le choix des dates précises, j’en doute, même si il y a des arguments dans les deux sens. « Un bon annonceur » par exemple a préséance sur un « petit nouveau » d’un côté et cette entreprise anglaise devait être un « gros » annonceur, appartenant en plus à une grande nation alliée. Pour les emplacements, il devait y avoir un choix. Sur les huit exemplaires que j’ai sous les yeux, seuls deux occupent la pleine page 4 de couverture, avec le même visuel.

La "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.08.28, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

La "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.08.28, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

La « femme-perles ». Elle se trouve dans les numéros du 28 août 1915 (n°3782) et du 25 septembre 1915 (n°3786). On y voit une jeune femme Gibbs au franc sourire déclarer : Grâce à Gibbs, J’ai le sourire et deux rangs de perles pour un franc. Signé Campton. Chacune des photos identiques de son visage, à droite et à gauche, donne naissance à une guirlande où les fleurs sont composées par son visage toujours souriante, aux cheveux blonds ondulés, avec la même photo de différentes tailles. J’ai renoncé à les compter, tant il y en a. Le visage se détache sur un fond violet, qui va du plus foncé en partie haute vers une nuance plus claire vers le bas. Il y a une franche frontière entre le haut attribué à la marque écrit en arrondi, avec le côté bombé vers le haut, et la guirlande centrée dans l’autre sens, pour donner l’impression d’un nid dans lequel reposent les cinq lettres GIBBS. Quant à la couleur des cheveux, ils sont blonds quand ils sont propres et foncés dans l’eau qui a recueilli la « saleté » enlevée par ce dentifrice-savon. Le texte qui accompagne la représentation est le suivant : « Les dentifrices GIBBS sont la source du plus ravissant des sourires. Lavez vos dents comme vos mains, car en tube comme en boîte, leurs dentifrices sont du savon. »

L’idée de la partie haute du visuel est que chaque dent prend des allures de diamant qui fait ressortir la joie de vivre de cette jeune femme, aux cheveux courts retenus par un bandeau. L’autre moitié du visuel est consacré aux deux produits avec d’une part en grand format le tube de pâte dentifrice, qui porte la mention Pâte dentifrice D&W GIBBS LONDON, avec en dessous P. THIBAUD PARIS sur la gauche qui se tient verticalement. A sa droite figurent plusieurs petits modèles de boîtes rondes avec leur couvercle en bas. Celle qui est située le plus à gauche porte l’indication D.WGIBBS, LONDON, avec ses côtés un couvercle marqué SAVON DENTFRICE GIBBS, PARIS. L’ensemble de droite montre une forme ronde du dentifrice dans laquelle est imprimé en creux D.W GIBBS, LONDON. La différence est subtile, entre le dentifrice entre les deux marques, le dentifrice D WGIBBS, le savon dentifrice GIBBS Paris et le D.W. GIBBS Dentifrice LONDON. Et cela pour ce premier visuel !

La "femme-serpent", L'Illustration 1915.09.11, Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

La "femme-serpent", L'Illustration 1915.09.11, Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

. La « femme-serpent » est parue en page 3 des Annonces du n° du 11 septembre 1915, c’est-à-dire à l’avant-dernière page, au verso de la couverture du magazine. Cette fois-ci le visuel était centré sur le tube posé horizontalement en partie haute dans un cadre foncé, pour en faire ressortir la blancheur. La pâte sort du tube pour former un serpent-in blanc sur un fond d’herbes aquatiques, qui goutte dans une sorte de marigot. Et c’est la même jeune femme que précédemment, qui sourit pour nous faire admirer la blondeur de ses cheveux « propres », alors que son reflet dans l’eau stagnante là où poussent les roseaux, nous la montrait avec des cheveux foncés par la saleté. Le texte est toujours identique : « Gibbs est la source du plus ravissant des sourires. Lavez vos dents comme vos mains, car en tube comme en boîte, son dentifrice est du savon. » Un visuel identique est paru en page 3 des Annonces de L’Illustration du 9 octobre 1915, ainsi que du 4 décembre 1915 en p. 5. Visiblement les deux associés Lted LONDON et son partenaire français P. THIBAUD& Cie PARIS appréciaient ce visuel basé quand même sur la symbolique du serpent.  

La "femme-source", L'Illustration 1915.09.11, Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

La "femme-source", L'Illustration 1915.09.11, Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

. Un peu moins de deux mois après, le 13 novembre 1915, paraissait une autre version de la réclame, comme on ne le disait pas encore. On parlait à l’Illustration d’Annonces, parce que c’était à la fois plus « chic » et plus vrai ; c’était une façon qui permettait de distinguer l’information de ce qui venait de se passer au plan militaire par exemple, de celle très orientée vers la vente par les entreprises… Que montre la composition photographique ? On y découvre la photo du visage d’une jeune femme bien coiffée avec un grand et franc sourire, ses cheveux courts impeccablement coiffés, retenus par un bandeau, avec de belles dents blanches.

Cette fois-ci le visuel est basé sur le mot de « source », utilisé dans l’argumentaire placé en côté droit du visuel en partie supérieure :

« Les dentifrices GIBBS

sont la source du plus ravissant des sourires »

« Lavez vos dents comme vos mains,

en tube comme en boîte,

leurs dentifrices sont du savon »

La femme-source. Son visage se reflète dans une eau placée tout en bas de la composition. Des cercles concentriques nous prouvent aussi qu’il s’agit d’une eau propre puisque Gibbs est un savon prêt à l’emploi. On voit la pâte s’écouler du tube, que l’on aperçoit en haut, tel un torrent d’eau qui rebondit de rocher en rocher, en affirmant sa nature de liquide propre bondissant gaiement de rocher en rocher, puis de plus en plus finement jusqu’à entourer avec douceur la superbe mise en plis de la jeune femme, qui reste impeccable, même après avoir reçu cette mini-douche…Le reflet dans l’eau montre une chevelure plus foncée que celle que l’on découvre en haut. C’est l’objectif recherché par le dessinateur, car la poussière, plus que la saleté d’ailleurs, est partie… ! C’est un peu curieux mais c’est ainsi.

Dans ce numéro de L’Illustration du 13 novembre 1915, Il ne s’agit plus d’utiliser la dernière page de la couverture, mais la page 2 des Annonces. Cette fois-ci, le visuel – 34,8 cm de haut sur 13,1cm de large - occupe la partie centrale verticale de la page. L’annonce est donc encadrée par deux longs bandeaux, un de chaque côté. Celui de droite vante la nouveauté du porte-plume Waterman, car on ne connaissait pas le terme de stylo. Celui de gauche est un tantinet gênant. Il vise en dessin à montrer le circuit de l’eau dans une maison à la campagne, grâce à une poulie-pompe. La tête de la jeune femme se trouve en sous-sol à la hauteur du bac à laver le linge, le tube à la hauteur d’un point d’eau en haut, avec les toilettes juste en dessous.

La femme-reste d'un sourire, tube & boîtes, L'Illustration 1915.11,06 Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

La femme-reste d'un sourire, tube & boîtes, L'Illustration 1915.11,06 Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

Et juste avant, le 6 novembre, la marque comme on ne disait pas alors, avait fait paraître à nouveau en pleine page, une version nouvelle en page 3 des Annonces, dans laquelle ce sont les produits qui sont mis en valeur. Seule restait une évocation de la dame Gibbs, dont on voyait le sourire et les mains, avec à nouveau le slogan : « Lavez vos dents comme vos mains ». Le nom de la marque a été recentré sur l’entreprise « D & W GIBBS Ltd, fondé en 1712 ». L’objectif était clairement de mettre la gamme des produits en lumière. La figure 1 montre la grande boîte, la figure 2 la même en deux pièces, la figure 3 la même grandeur nature, la 4 la boîte aluminium et en 5 la pâte dentifrice en tube à base de savon. Ce dernier visuel montre la fin d’un cycle. A trop mettre la femme en avant, pourtant bien utile au début pour ancrer et attirer l’œil, par l’image d’une « Charmante », à décliner les versions, celle-ci entre d’une certaine façon en concurrence avec le produit lui-même, qui pendant l’écoulement du temps se conjugue au pluriel et constitue une gamme…Un cycle classique en publicité.

. Quelle complexité! On arrive pourtant à saisir à peu près le concept décliné déjà par Gibbs à cette époque. Cela ne nous viendrait plus à l’idée aujourd'hui et c'est normal. En 1915 c’était déjà aussi et surtout une façon pour une entreprise anglaise de montrer un joli visage féminin, à des décideurs-hommes français, qui avaient besoin de se changer les idées. Ce n’était pas le magazine qu’on envoyait au front aux soldats dans les tranchées. Reconnaissons aussi qu’il nous est difficile de juger à notre époque de l’impact de cette « annonce » en novembre 1915.

La France était alors en guerre depuis plus d’un an. Quoi qu’il en soit de notre jugement d’aujourd’hui, sur le plan de la communication, il y avait là une idée forte, une véritable audace et une maîtrise réelle d’une image complexe à traduire visuellement. En outre il était possible sur simple lettre de recevoir des « échantillons copieux », - un adjectif qu’on utilise aujourd’hui pour un repas copieux- comme il est écrit en bas à droite en petits caractères.

 

. Lire sur ce blog, lire un précédent billet sur http://www.elisabethpoulain.com/article-n-de-nana-la-femme-serpent-du-dentifrice-gibbs-l-illustration-1915-123855934.html

*La femme-son reflet, L'Illustration 1915.10.09 Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

*La femme-son reflet, L'Illustration 1915.10.09 Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Exemplaires de l’Illustration de 1915 cités dans le billet= 26 août, 11 septembre, 25 septembre, 9 octobre, 6 novembre, 13 novembre… sans garantie qu’il n’y en ait pas d’autres… peut être dans des numéros parus plus tard au cours de la guerre...ou  que je n'ai pas... 

. A partir du 1er et 2 août 1914, voir la mobilisation générale des armées françaises, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_la_France_pendant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale

. Pour l’année 1915, https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Champagne_(1915)

. Le roseau, une plante vivace bien utile pour nettoyer l’eau stagnante des marais https://fr.wikipedia.org/wiki/Roseau

. Lire la lettre écrite par Simon Pierre Collay le 13 novembre à sa fiancée http://lettres1418.org/correspondance-de-guerre/13-novembre-1915/ et la réponse de Jeanne, sa fiancée, sur http://lettres1418.org/courrier-femme-de-soldat/jeanne-19-decembre-1915/

. Clichés Elisabeth Poulain, précédés par * quand il s'agit d'un extrait...

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Avignon Centre - Le parking de la place Pie – Dedans-Dehors - Photos

23 Mai 2017, 14:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-jeu-visuel-Cl1. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-jeu-visuel-Cl1. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-jeu-visuel-Cl1. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-jeu-visuel-Cl1. Elisabeth Poulain

Quatre P dans un titre, ça commence bien mais nul n’est parfait. Le nom de la ville commence par un A, oui d’accord. N’oublions pas que c’est aussi là que se trouve le Palais des Papes ainsi que le célèbre Pont. Certes Avignon comporte 13 portes qui permettent de rentrer dans la ville close de lourds remparts qui l’ont protégée au cours de sa longue, tumultueuse et grande histoire. Certes j’aurais pu aussi commencer par vous parler du Palais des Papes, qui domine le Rhône que l’on pouvait alors traverser par le pont Saint-Benezet, que tous ou presque continuent à appeler le pont d’Avignon, mais bien sûr, en dehors de la ville éponyme. Il faut quand même essayer de faire autrement, surtout quand on a eu la chance de se balader dans la vieille ville piétonne d’Avignon…

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Effet-vague-Cl2.3. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Effet-vague-Cl2.3. Elisabeth Poulain
Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Effet-vague-Cl2.3. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Effet-vague-Cl2.3. Elisabeth Poulain

Ce parking offre l’avantage d’être situé tout près du centre piétonnier. C’est d’ailleurs le seul à bénéficier d’une localisation aussi centrale. Il en existe un autre à l’intérieur des remparts, en arrière du célèbre pont. Le bâtiment qui donne sur la place Pie en lui-même n’offre à l’œil rien de réellement remarquable vu du dehors, au moins quand il s’agit d’y stationner sa voiture.

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Cl4-Effets Lumière.5. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Cl4-Effets Lumière.5. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Cl4-Effets Lumière.5. Elisabeth Poulain

Par contre vu du dedans, quand vous êtes au 4ème étage qui a comme marqueur la couleur verte, et que vous avez votre appareil photo à la main, la curiosité vous pousse vers la source de lumière qui est aussi une source d’aération. Curieuse, vous vous approchez de la paroi, parce que la vision que vous en avez est floue. Et vous voulez savoir pourquoi, et là quand vous glissez votre regard à travers cet espace, vous comprenez pourquoi.

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Lignes-obliques-Cl.6. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Lignes-obliques-Cl.6. Elisabeth Poulain

Il y a en effet un voile très fin de métal ajouré qui tamise le soleil et permet laisser passer les courants d’air si nécessaires dans cette partie sud de la France, classée en catégorie « tempérée chaud ». Cette maille fine est attachée à un cadre lui-même fixé dans le béton. Un certain espace permet d’apercevoir par exemple, dans l’entre-deux, une très fine portion du trottoir en bas ou, à travers les petits trous, un piéton sur l’autre trottoir et de voir très bien en face à face l’immeuble de l’autre côté de la rue. C’est ce que je me suis amusée à prendre en photo. Une façon de photographier l’entre-deux, entre paroi intérieure du grillage et paroi massive de béton grisé… 

 

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Immeuble-Cl.7. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Immeuble-Cl.7. Elisabeth Poulain

Ajoutons que la recherche de fraîcheur grâce à la circulation de l’air est une constante dans le Midi, visible d’ailleurs dans la vieille ville où sont nombreuses sont les fenêtres munies de barreaux en extérieur, qui laissent passer l’air mais pas des « Indésirables à deux jambes », surtout quand on habite en rez-de-chaussée et qu’on aimerait bien être tranquille. Un objectif difficile à atteindre, surtout avec ces touristes qui passent… 

Avignon-Parking Place Pie-Etage n°4-Couleur verte-Cl.8-9. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Etage n°4-Couleur verte-Cl.8-9. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Etage n°4-Couleur verte-Cl.8-9. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le plan d’Avignon, qui indique le seul parking central, à voir sur http://www.ftp-avignon.com/pdf/plan2017.pdf , l’autre est situé près des remparts à la hauteur du Pont de l’autre côté des remparts…

. L’adresse de ce parking des Halles, 9, Place Pie, Avignon, Provence, Alpes, Côte d’Azur…avec un cliché de Google Maps, qui permet de bien voir la façade latérale par laquelle on entre, celle qui se trouve à droite sur le cliché…à ne pas confondre bien sûr avec la façade végétalisée, qui est la plus en vue et qui donne sur la place…connue grâce à une photo…

. Voir un cliché de l’entrée du parking, par une rampe montante, sur https://www.tripadvisor.fr/LocationPhotoDirectLink-g187212-d2248784-i204875297-Avignon_Les_Halles-Avignon_Vaucluse_Provence_Alpes_Cote_d_Azur.html Regardez bien sur la gauche, vous apercevez la paroi, le poteau et la fine grille métallique.

. Voir un plan des parkings sur http://www.lemagdepam.com/bon-plan-avignon-se-garer-facilement-pour-balader-tranquillement/

. Le climat avignonnais à voir sur https://fr.climate-data.org/location/717815/

. Lire aussi sur ce blog, si l’envie vous en vient, http://www.elisabethpoulain.com/2016/10/avignon-le-pont-saint-benezet-dit-le-pont-d-avignon

. Clichés Elisabeth Poulain présentés  dans un certain ordre-désordre…

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Le ciel de l’abbaye de Maillezais, tout à soi, en ouverture du toit

19 Mai 2017, 17:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

*Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Imaginez, vous êtes sur ce qui ressemble à un plateau alors que vous êtes sur une île et que vous savez pertinemment bien que vous venez de laisser la mer derrière vous sur la côte littorale. Ici ne pousse pourtant que de l’herbe, avec au loin, pas très loin mais quand même, quelques arbres feuillus groupés en boqueteau. Il est vrai que vous n’avez pas compté combien il était possible d’en voir en faisant un tour sur vous-même. Ce n’était pas le but de la balade.

C’était de voir l’abbaye de Maillezais de mes yeux pour comprendre pourquoi elle est si célèbre. On m’avait dit, quand j’avais commencé à poser des questions sur l’église, « ne vous inquiétez, vous la trouverez, vous la verrez », « sûr ? », « oui, oui, sûr ! ». Ils avaient vraiment raison, au moins à plusieurs titres. Cette impression d’être hors du temps, comme sur une île, est vraie, parce que si l’abbaye a été érigée ici, c’est bien parce qu’ici il y avait vraiment une île, il y a fort longtemps. On parlait de « l’Ile de Maillezais ». Ce promontoire était réellement entouré d’eau, celle du marais encore aujourd’hui visible en bas sur la carte du département de la Vendée. Les moines de l’abbaye avaient d’ailleurs œuvré à l’assèchement du marais. C’était il y a fort longtemps. Pourtant le marais est toujours là même si son emprise sur la terre a très fortement diminué du fait du regroupement des canaux pour valoriser la terre arable.

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur vers l'extérieur à travers la baie, Cl. Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur vers l'extérieur à travers la baie, Cl. Elisabeth Poulain

L’impression, la certitude d’être dans un endroit très spécial demeure très présente. Une autre raison est que toute construction nouvelle, visible est bannie du fait que l’abbaye est Monument Historique depuis le 30 janvier 1924. Imaginez six ans seulement après la fin guerre de 1914-1918, toute la France était à relever, à revitaliser, à redynamiser. Et les gouvernements de l’époque avaient trouvé le temps de préserver ce témoignage de pierres encore assemblées pour certaines qui parlent depuis le dixième siècle ! Seule reste pourtant l’église du XIe d’un ensemble conventuel beaucoup plus important. Le chœur a disparu, le cloître au sud aussi, ainsi que l’hôtellerie, qui permettait d’accueillir les pèlerins au cours de leur pèlerinage…L’abbaye était en effet une halte sur la route de Saint-de-Compostelle.

Heureusement il reste d’autres témoignages de la vie de l’abbaye en particulier au cours du XVIe siècle où Rabelais, alors Chanoine, vint séjourner à l’abbaye et nouer avec le Père Abbé Geoffroy d'Estissac des liens forts d’échanges de connaissance et d’amitié…comme en témoignent des écrits, en particuliers des lettres de Milan envoyées par Rabelais au Père Abbé que l’on peut consulter encore aujourd’hui. Il n’y a pas que les pierres qui transportent la mémoire. Il y aussi ces « graines de salades de Naples susceptibles de flatter le palais de l'évêque et de sa nièce résidant à l'Hermenault »* envoyées par Rabelais à Geoffroy d’Estissac dans un courrier.

Les pierres, il est temps dans parler, car beaucoup d’entre elles ont malheureusement disparues, mais pas forcément pour tout le monde. Beaucoup d’édifices, tels que celui-là, ont servi de « carrière de pierres » déjà taillées. Certaines ont pu être récupérées et remises en place lors des opérations de préservation de l’existant, voir un peu plus quand cela est possible, après accord consensuel entre les historiens, les architectes spécialisés…. Il s’agit alors de replacer en situation ces parties de mur, de statue, d’ornement, en recherchant évidemment le plus de probabilité non contestable. Chacun sait et ceci partout dans le monde que les belles pierres déjà taillées ont toujours suscité  de fortes convoitises, qui font qu’on peut retrouver ces pierres dans d’autres constructions…

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur-l'extérieur à travers la façade du porche, Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur-l'extérieur à travers la façade du porche, Elisabeth Poulain

L’atmosphère était très particulière. La lumière était un peu voilée, ce qui ne m’a pas gêné, au contraire. Il y avait à l’époque très peu de monde, surtout hors saison. Le ciel était chargé de lourds nuages blancs, qui n’étaient en rien menaçants. Au contraire, ils tamisaient la lumière, qui peut taper dur en Vendée, en laissant filtrer quelques filaments bleutées qui donnaient de la profondeur à la structure au sol. Il y avait là une sensation étonnante d’être comme aspirée par le haut. Déjà le site était aménagé de façon à magnifier la solitude de l’ensemble. On ne voyait pas de voitures garées à proximité.

Dehors des coquelicots avaient été semés à foison, laissant à chaque graine la possibilité de s’exprimer…On devait être au début du mois de juin. Seul était vraiment perceptible cette sensation très forte d’être comme aspiré vers le haut dans un autre monde, en levant la tête vers le ciel, très légèrement nimbé de bleu…D'où ce drôle de titre, d'avoir le ciel pour soi, comme ouverture et ou couverture du toit...D'où aussi le cliché entier de l'approche par le champ de coquelicot à la fin de ce billet qui a commencé avec la photo centrée sur l'abbaye, comme un tour sur soi-même...après avoir laissé faire au regard un autre cercle entre le ciel et le sol, sans jamais oublier le cercle de l'eau, toujours présente, même si elle n'est pas visible de l'abbaye... 

Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Abbaye de Maillezais, 85 420 Maillezais, T : 02 51 53 66 80, Mail : abbaye.maillezais@vendee.fr

. Faire connaissance avec l’abbaye, avec beaucoup d’informations denses et très intéressantes et … des photos sur http://www.sitesculturels.vendee.fr/Abbaye-de-Maillezais/Explorer-le-site/Une-architecture-unique/L-abbatiale-cathedrale-de-Maillezais

. Consulter le site des Monuments Historiques, avec de très beaux clichés vus du ciel sur http://www.monumentum.fr/ancienne-abbaye-saint-pierre-pa00110162.html

. Voir une carte du département de la Vendée, l’abbaye de Maillezais est tout en bas (bien que non indiquée) au début du marais qui, lui, est bien visible. L’abbaye de Maillezais est par contre citée en Ier dans « Patrimoine…Edifices religieux » sur wikipedia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vend%C3%A9e_department_location_map.svg?uselang=fr

. Retrouver la longue histoire de l’abbaye vendéenne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-Pierre_de_Maillezais

. Un digest intéressant dans http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/vendee/mille-ans-dhistoire-pour-labbaye-de-maillezais-4375654.

. * Lire la citation dans la présentation de l’ouvrage « Vivre et Inventer Maillezais, L’expérience rabelaisienne » sous la direction de Cécile Treffort et Mathias Tranchant, à lire sur http://books.openedition.org/pur/18512, paru aux Presses Universitaires de Rennes. C’est franchement intéressant.

. Clichés Elisabeth Poulain pris au début du dernier millénaire, avec une * quand le cliché est coupé, sans oublier Vincent Anciaux pour le cliché du marais, 2005, qui signe Avvincent sur wikipedia, avec mes remerciements .

Maillezais, le marais, Cl. Avvincent 2005, wikipedia

Maillezais, le marais, Cl. Avvincent 2005, wikipedia

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Carton peint n°2, La difficile création du trident au brou de noix sur argile jaune-ocre

18 Mai 2017, 09:42am

Publié par Elisabeth Poulain

* Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

* Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Un drôle de titre. Il est vrai aussi que ce carton peint là est vraiment bizarre. Oui « bizarre, vous avez dit bizarre », pour paraphraser une célèbre réponse de Louis Jouvet dans le film « Drôle de Drame » de Marcel Carné 1937. D’autant plus qu’il s’y même une mystérieuse affaire d’ions, comme dans créat-ion que j’écris avec un tiret et en italiques pour faciliter le repérage. Ah, ah, je démarre…

L’histoire commence par le fond, avec un enduit épais qui a modifié la texture du support et donc forcément la réact-ion du cerveau au moment où il perçoit à ce que les yeux voient. Un enduit qui alourdit le carton, au point qu’il a fallu le gratter de façon inégale pour arriver à lui faire exprimer des « ions ». Citons quelques exemples, tels que des express-ions, telles des vibrat-ions, des sensat-ions, des émot-ions, assorties d’un « alors, ça vient ?! » vigoureux. Il faut dire que la patience n’est pas la vertu principale du peintre. Faire confiance à sa main, sans trop se préoccuper des yeux ou du cerveau, c’est bien, encore faut-il que la réact-ion soit intéressante. A un moment, je pense que l’artiste en a eu assez d’un certain manque d’intuit-ion, d’inspirat-ion, parce que c’est ce qui est vraiment nécessaire avec ce type de support.

Le carton mesure 99cm de longueur et 57cm de largeur, avec des coins arrondis. Un procédé qui était plus que du raffinement. En effet ces palettes sont formées d’un carton bouilli et durci, forcément pour pouvoir supporter des charges déjà lourdes, même si le poids des bouteilles est bien réparti. Il n’en demeure pas moins que les coins auraient très vite été abîmés, arrachés au moindre choc. Donc, la solution s’appelait « arrondir les coins ». Ce carton-là offre une autre particularité ; ce n’est pas du Ier choix, comme l’attestent les coins qui ont été inégalement découpés. Je parle au passé parce qu’en 15 ans environ, l’emballage s’est complètement modifié, tout particulièrement dans la grande distribut-ion. Les rangées de bouteilles d’eau, déjà emballées par pack de 6 par exemple, ne sont plus séparées par des cartons.

 

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Et le trident dans cette affaire ? C’est le fond qui a dicté la forme, avec toujours l’intervention de la couleur.

. Act-ion n°1 : La surface est revêtue d’une pâte à étaler sur de la pierre. Une fois séché, l’ensemble est regratté, pour vieillir en quelque sorte le support, pour aussi masquer un premier essai non abouti avec de la couleur bleue qui couvrait toute la surface du carton. Vraisemblablement le résultat n’a pas intéressant : ni l’œil, ni la main n’ont perçu de déclic à voir cette opérat-ion. Le peintre a alors décidé d’ériger une petite « montagne » pour essayer d’avoir des vibrat-ions actives capables d’inspirer sa créat-ion.

. Act-ion n°2. L’érect-ion d’une petite montagne pour feinter la percept-ion et dérouter un tantinet. D’abord il ne faut surtout pas centrer ; à la limite, il est même conseillé de fermer les yeux et d’y aller. Vous prenez votre ciment, vous en mettez une bonne pâté, juste ce qu’il faut, là où votre main a choisi de se fixer. Au-dessus, vous disposez une fine feuille de plastique, qui va vous permettre de modeler ce tas informe en quelque chose qui va vous parler. Une petite colline arasée par l’éros-ion, dans le Massif central par exemple, d’où partent des vallées, comme des pétales de fleur. Pourquoi cet exemple ? Parce que j’ai sous les yeux un très vieux numéro de Touring Plein Air du 15 juillet 1965. Le lien avec le thème du billet ? Aucun mais cela me fait vraiment rire… !

. Act-ion de masquage n°3. Avec de l’argile, vous préparez une bonne quantité de pâte, en choisissant ou non la couleur. Ici c’est de l’ocre jaune, qui a dû être mélangée avec de la colle pour bien tenir et ne pas être sensible à l’humidité ambiante. A la fin, il est conseillé d’imperméabiliser la composit-ion, avec une bombe à chaussure. Et oui !

. Act-ion de traçage n°4 des lignes du trident. Et c’est là que le jeu commence. Quelle est la ligne qui a été tracée en premier avec un gros pinceau, passé dans du brou de noix plus ou moins concentré, avec aussi un peu de peinture noire ? Il me semblerait que c’est le manche tordu du trident, qui, après un coude sévère, arrive sur la montagne, pour là se séparer en trois.

.     La ligne de droite monte en mangeant une partie de l'espace de la ligne du            bas qui va disparaitre dessous. 

. La ligne du milieu est aussi entraînée vers sa voisine en la    dépassant un  peu ; ouf   ouf, heureusement.

.    La ligne de gauche occupe une place royale en prenant toutes ses aises ; elle est large, avec un coude épais et solide…

. Act-ion de traçage n°5-1 des deux lignes à gauche. La première se situe entre le trident à sa gauche et l’autre ligne à sa droite. Un peu fluette, elle a manqué d’audace. Elle oblige sa voisine de gauche à se pousser complètement contre le bord qui du coup monte un peu plus haut.

. Act-ion de traçage n°5-2 de la ligne de droite. C’est elle qui a le plus souffert lors de la naissance explosive du trident. Elle a été en partie mangée par la dent de droite. Vraisemblablement il ne restait plus assez de brou de noix…

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain
Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Drôle de drame sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Dr%C3%B4le_de_drame

. Le trident avec une belle photo d’un trident de Poséidon, le dieu grec de la Mer sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Trident

. Brou de noix à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Brou_de_noix avec une peinture au brou de noix et écoline. C’est de la « peinture aquarelle liquide » sur https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ecoline qui est la page la plus minimaliste de tout wikipedia ! Heureusement qu’il y a une peinture de 50 sur 70 d’un dénommé STM-MHB.

. Cliché Elisabeth Poulain

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La pétillance des couleurs du printemps, Parc Balzac, Angers

14 Mai 2017, 15:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Paysage de parc urbain, Angers, parc Balzac, Cl. Elisabeth Poulain* Paysage de parc urbain, Angers, parc Balzac, Cl. Elisabeth Poulain

* Paysage de parc urbain, Angers, parc Balzac, Cl. Elisabeth Poulain

Je sais, je sais…vous allez me dire que j’invente le mot de « pétillance ». Je viens de vérifier, ce mot découle bien de pétiller, comme les bulles d’un vin de Champagne. Il est vrai que cette caractéristique est un terme qui s’applique à une personne qui brille, comme une lumière, que ce soit au plan physique ou au plan mental. Comme si on pouvait séparer les deux ! Ne nous égarons pas. Moi, j’utilise cette pétillance d’une façon un peu particulière, pour montrer la tonicité, la brillance, la gaîté des couleurs de la nature au printemps… Vous revenez de votre ballade avec un vrai « tonus + ».

Il y a ce vert acidulé éclatant, qui sait accueillir avec un grand plaisir le jaune de parcelles entières de bouton d’or, qui n’ont visiblement rencontré aucun frein à leur expansion vigoureuse grâce à la terre calcaire de remblai et l’humidité qu’elles apprécient beaucoup. Le parc a en effet été créé sur un marais qui prolonge ou annonce l’étang Saint-Nicolas (4kms de long) en amont et la rivière Maine en aval, avant que celle-ci se jette dans la Loire, quelques kilomètres plus bas.

Angers Parc Balzac, les couleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain
Angers Parc Balzac, les couleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain

Angers Parc Balzac, les couleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain

De l’eau donc, il y en a beaucoup, d’abord circulant dans les canaux drainants, en dessous, en amont et en aval, mais aussi mais aussi de par les espèces végétales qui ont été choisies pour pomper l’eau du marais et garder aussi cette humidité inhérente au site. Les arbres en particulier ont été plantées sur des îlots de terre calcaire, qui permettent la promenade ainsi que des arrêts sur des bancs pour pouvoir apprécier cette explosion végétale du printemps.

La ville prend le soin de rappeler et/ou d’annoncer que la découverte et les promenades peuvent se faire du 1er janvier au 31 décembre de l’année en cours «toute l'année suivant le rythme des périodes de submersions », ce qui, à l’oreille, est encore plus fort que le risque d’inondation! En plus les submersions sont plurielles, avec cette question qui vient à l’’esprit tout de suite : ces submersions sont-elles de plusieurs types ou d’une fréquence pluri-annuelle? Je pencherai en faveur de la dernière question.

Angers Parc Balzac, couleurs du printemps, l'eau en canal, pont, Cl. Elisabeth PoulainAngers Parc Balzac, couleurs du printemps, l'eau en canal, pont, Cl. Elisabeth Poulain

Angers Parc Balzac, couleurs du printemps, l'eau en canal, pont, Cl. Elisabeth Poulain

Quoi qu’il en soit, ce parc planté par tranche sur une petite dizaine d’années (1995-2004) sur un peu moins de 50 hectares, connait une franche réussite non seulement au plan végétal, avec les variétés choisies qui ont acquises maintenant une vraie force végétale, mais également urbaine. On est ici en pleine ville, des voitures passent non loin, vous ne les entendez ni les voyez pas, c’est la nature qui explose de vitalité devant vos yeux. Ce parc est un franc succès… avec, au printemps, ces couleurs acidulées qui pétillent à vos yeux...avec un franc plaisir.

Pour suivre le chemin

. Pétillance correspond à quelque chose ou quelqu'un qui semble entouré de lumière et brillant que ce soit physiquement ou intellectuellement. On peut ainsi parler de pétillance en évoquant une personnalité dynamique et intelligente http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/petillance/

. Le bouton d’or à voir sur https://www.aujardin.info/plantes/ranunculus-repens.php et sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Renoncule

. A découvrir sur https://www.anjou-tourisme.com/fr/diffusio/visites/parc-de-balzac-angers_TFOPCUUPBALZAC

. Photos Elisabeth Poulain, l'* signifie qu'il s'agit d'une vue partielle du cliché.   

Angers Parc Balzac, les fleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain

Angers Parc Balzac, les fleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain

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