En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Les Habits du Vin

Vendredi 23 janvier 2015 5 23 /01 /Jan /2015 12:25

     

Morning Gun est le nom de ce célèbre guerrier qui a appartenu à la tribu des Pecunnie. Son portrait est l’un des 40 réalisés par le dessinateur Winold Reiss pour l’ouvrage paru en 1940 sous le titre des Blackfeet Indian Portraits, dont Frank Bird Linderman, a été l’auteur.     

Winold Reiss est né en Forêt noire en Allemagne. Emigré aux Etats-Unis en 1913, il s’est intéressé plus tard de façon tout autant artistique que scientifique aux Indiens d’Amérique du Nord qu’il a choisis comme sujets d’étude. Il a été professeur assistant au Fine Arts College de l’Université de New York de 1933 à 1953, date de son décès.

Chaque portrait est accompagné par un petit texte qui  resitue la personne dans le courant de sa vie, en mettant l’accent sur ses valeurs morales au bénéfice de la tribu. Pour Morning Gun, on peut ainsi lire les mots qui suivent: « Through most of his life this Pecunnie chieftain was full of humor and kindness. Yet he left a record of extremely bravery as a warrior “.

Morning Gun, Winold Reiss, 1940 

Le portrait dessiné du Chef indien. Il est fabuleux au regard de l’économie de moyens utilisés par l’artiste et de la force du rendu de son  dessin conférée par la structure de la composition, la finesse du tracé et le choix des couleurs. Seul le visage a été saisi entre le début du cou jusqu’au collier orné de perles bleues et le chapeau au ras des yeux qui est l’élément dominant du dessin, avec la plume. L’homme regarde sur sa gauche. Ses yeux sont plissés au point qu’on se demande par exemple s’il voit bien avec son œil gauche. Celui de droite par contre montre un homme très attentif à ce qui se passe autour de lui. Son attention est extrême.

Son visage est traité façon vieux cuir poli par les ans, avec un brillant étonnant, comme s’il s’était protégé la peau avec de la graisse d’ours. Chaque pli de la peau des joues, près des yeux et de la bouche, donne un sens à ce visage dont on remarque la forme affirmée du nez, la bouche serrée et qui conserve pourtant des lèvres et la forme allongée des lobes de l’oreille.

Deux petites nattes de cheveux noirs surgissent de sous le chapeau ; elles renforcent la structure de ce visage. Le désordre est apporté par quelques cheveux qui s’échappent derrière l’oreille droite, ainsi que les nattes qui échappent au cadre, avec en plus la rupture faite par le tressage d’un lien jaune à la fin de la natte, de façon à laisser libres les quelques cheveux indisciplinés qui bouclent.

Morning Gun, Winold Reiss, 1940

Le chapeau forme à lui seul un des éléments dominant de la composition. Il est impressionnant dans sa forme parfaite et ses dimensions. Une grande plume blanche et noire  est coincée de biais dans le ruban ton sur ton. Sa longueur décentre le portrait pour bien en montrer l’importance. Ici, sous vos yeux se tient un vieux chef anobli par l’âge dans sa grande dignité. Un homme volontaire et bon.  

L’homme derrière le dessin. On voit un chef ayant un caractère fort, qui s’est refusé à entrer dans des discussions vaines. Il avait l'oeil, celui qui lui a donné son nom de "Fusil du Matin". Il est allé à l’essentiel, en ayant su distinguer ce qui était petit du grand. Il s’est soucié des membres de sa tribu en ayant fait preuve du courage du guerrier, tout en ayant agi avec humour et gentillesse. C’est ce que disent à la fois l’épitaphe qui figure au bas de la planche et le dessin lui-même.     

Pour suivre le chemin

. Retrouver les autres 40 portraits de l’ouvrage sur les « Blackfeet Indians », incluant « Morning Gun », en 3è avant-dernière position,  sur http://www.gngoat.org/portraits.htm

. Voir la biographie de Winold Reiss écrite par Helen Appeleton Read ; sur le même site http://www.gngoat.org/reiss_biography.htm

. Pour en savoir plus sur l’histoire indienne, avec des portraits admirables, consulter  http://nativeamericannetroots.net/diary/1128

. Photo Elisabeth Poulain à partir d'une vieille planche.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Jeudi 22 janvier 2015 4 22 /01 /Jan /2015 17:10

     

Le lieu. C’était un petit ensemble immobilier de type urbain innovant, localisée de mémoire dans un endroit très rural, avant un village, sur une petite colline, comme en avant-poste. Il avait fallu garer la voiture en bas pour découvrir l’ensemble de près. C’était au sud du Massif central, plutôt vers l’ouest. Pour nous la découverte était totale, non pour l’architecte qui nous accompagnait. Elle en avait entendu parler pendant ses études en école d’archi. C’est la raison pour laquelle nous avions choisi de passer par là et que nous nous sommes arrêtés.

Le jour et la lumière. C’était le matin, en fin de matinée, avec un soleil qui éclairait la scène plein sud, avec une lumière d’été proprement éblouissante, qui densifiait encore les couleurs choisies pour les surfaces, dans une ambiance très particulière.

Massif central-mur ocre-orange-rampes

L’ambiance très spéciale venait du décalage entre le lieu rural, l’audace architecturale réelle de type urbain, l’amplitude de vue donnée à ceux qui vivaient là sur la face avant d’une colline à la campagne, en habitant un endroit quasiment clos de murs de couleur.

Les couleurs. D’abord il convient de citer l’orange des murs tirant très nettement  vers l’ocre, avec des variations dues à l’exposition et à des petits signes de passage ou de réaction à l’humidité. En second lieu vient le bleu clair  qui a été choisi pour teinter le béton des escaliers permettant d’accéder à pied aux logements. Restent à citer les couleurs des deux rampes, le beige-blanc pour celle du haut et un bleu marine pour celle du bas. Voici trois clichés qui rendent compte de ce lieu étonnant  tant il était fermé.  

Massif central-mur ocre-orange-marches

. L’escalier bleu ciel. Il n’étonne que lors de sa rencontre avec le mur. Il est propre alors que le mur a déjà l’air bien fatigué.  

. Le mur. C’est lui qui interpelle tant ses couleurs sont fortes et ses nuances déjà variables pour les unes verticales dues aux coulures de l’eau et pour les autres en oblique pour les traces de frottement provoquées par des objets portés à la main.

Massif central-mur ocre-orange-rampes

. Les rampes. Elles sont une aide pour le marcheur qui monte ou qui descend, surtout près du Massif central où les gelées d’hiver ne sont pas rares. L’étonnant porte plutôt sur la double rampe. Pourquoi y en a-t-il une bleue ?  Pourquoi est-elle doublée par une blanche superposée? Une hypothèse pourrait être que l’architecte ait choisi la bleue et que les habitants aient demandé la blanche pour mieux la voir surtout la nuit.  

Massif-central-ruelle-ocre-orange

. La ruelle du haut. Elle se trouve en haut de l’escalier ; elle semble beaucoup plus étroite que l’escalier mais peut-être est-ce une  impression. Et c’est aussi cela qui est bizarre, trouver en haut de ces marches une voie aussi étroite, avec des murs aussi hauts, même si on voit un décroché sur la gauche. On se serait cru revenu au Moyen-Age. Le lampadaire trop mode apparaît incongru. Mais très vite, on se prend à penser qu’effectivement il vaut mieux avoir de la lumière la nuit dans un passage aussi étroit et volontairement conçu comme cela.

Pour suivre le chemin

. Photos Elisabeth Poulain        

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Architecture-Urbanisme
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Mercredi 21 janvier 2015 3 21 /01 /Jan /2015 16:50

 

Le moment. C’est un dimanche de début d’hiver en début d’après-midi avec un temps éblouissant, à douter vraiment d’être en hiver sans que l’on sache en quelle saison on est. Ce n’est plus vraiment l’automne, ni encore le printemps. Il ne reste plus qu’à admirer la clarté du ciel, la lumière si fluide, les paysages d’un vert si  tendre, avec des arbustes déjà en fleur dans les jardins, des forsythias, des camélias et des jasmins…. Et se dire que c’est le moment d’aller quelques kilomètres plus loin aller admirer la Loire en faisant un petit tour à l’ile de Béhuard, soit en tête de l’île –vers l’arrière, face au courant descendant de la Loire allant vers la mer - soit en queue de l’île, vers l’avant, en regardant la Loire couler  pour rejoindre l’embouchure à Saint-Nazaire. Je vous précise le sens parce que toujours j’ai vu les îles comme des navires descendant les fleuves, avec leur proue fièrement dressée vers la mer. Et bien non, c’est le contraire.

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La survenue du brouillard. Elle est si brutale que littéralement le cerveau ne veut pas le voir, l’accepter alors même qu’on est parti parce que justement il fait si beau, quelques kilomètres en amont, en se disant ensuite sur la route « c’est juste une grosse poche de brouillard, ça va passer ». Arrivés à Savennières, tout près de Béhuard, nous pensons tous qu’il ferait à nouveau beau. Que nenni, on ne peut pourtant dire que la nébulosité s’est épaissie, tant elle l’était déjà, au point de rouleur à 30-40kms ou moins dans les virages du coteau de Savennières.

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Deux solutions s’offrent à nous, découvrir Béhuard sous le brouillard ou repartir vers le ciel libre d’où nous sommes venus. Décision : nous allons faire l’expérience très troublante de marcher en voyant peu, suffisamment pour deviner à nos pieds la petite route, le chemin de terre, le sentier, puis plus de chemin du tout au bord de l’eau…tant qu’on peut faire la distinction entre la terre de l’Ile et l’eau de la Loire, de la propriété privée et du chemin, tout va bien, quitte à crapahuter dans les roseaux de terre près de l’eau…comme vous pouvez le voir.

L’arrivée est calme, comme tout le parcours d’ailleurs. Le brouillard assourdit tous les sons, on n’entend plus les quelques oiseaux, le bruit si léger de l’eau quand on est tout près, la marche lourde des veaux dans la boue…Il n’y a que nous et nous.Et un arbre, un pommier, qui prend soudainement un air royal.  

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On se met à penser à ceux qui ont des cabanons ici, qu’ils doivent trouver complètement détrempés au printemps. II y en a un en particulier que je vais voir régulièrement pour savoir s’il a encore sa forme avec ses murs debout. Le constat est éminemment troublant. La véranda qui devait servir aussi de salle à manger et de cuisine est en train de disparaître sous les ronces. Le portillon est de guingois, tout fout le camp…Ce n’est qu’une question de saison.  

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D’autres ont racheté ici une vieille maison pour y passer des vacances et se sont décidés  à sauter le pas pour y vivre à l’année. Il y a aussi ceux aussi qui y ont acquis depuis longtemps une belle demeure; d’autres qui continuent à travailler la terre, cultiver leurs légumes et élever des bêtes. Il y a en particulier une grande ferme érigée en hauteur pour échapper aux inondations en période de hautes eaux d’hiver. C’est là que se trouve une petite plate de Loire (une barque), remplie de terre avec l’été des plantes fleuries. Juste avant, une petite plante avait attiré toute la lumière sur elle.  

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C’est de ce côté-là que nous nous dirigeons pour rejoindre la queue de l’Ile, découvrir l’impact du brouillard sur le paysage, voir comment il modifie les perspectives en faisant ressortir les formes érigées des arbres et des lignes horizontales. Juste après la ferme, en suivant le chemin qui tourne vers la gauche, nous passons un endroit en déclivité où l’hiver il y a de l’eau de chaque côté dans de grandes mares mais pas sur le chemin. Au regard de son appellation, c’est un endroit qui, lors des très hautes eaux, est sous l’eau, c’est pourquoi toute la queue de l’ile est elle-même considérée encore comme une île, du moins c'est ce que dit la carte qui lui conserve son nom.  

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Nous abordons alors en effet l’Ile Mureau,qui a pour particularité de n’avoir sur son sol aucune construction pérenne, à l'exception de ce qui reste de la vieille cabane bleue tendre  dont je vous ai parlé et des parcelles délimitées à caravanes près ou dans les bois résiduels en arrière des grands champs cultivés. Le chemin se trouve sur le côté droit non loin du bras de la Loire qui nous sépare  du village de la Possonnière, qui voisine avec Savennières en amont par la D111.

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La végétation entre chemin et berge de Loire nous empêcherait déjà normalement de voir le fleuve. Aujourd’hui avec le brouillard, la visibilité est franchement réduite ; seules émergent de façon doucement perceptible les lignes verticales formées par les arbres, avec quelques plans rapprochés. Clairement quelqu’un même doté d’une carte, qui ne serait jamais venu ici, n’aurait pas poursuivi le chemin pourtant dégagé et sans danger. 

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La densité de la nébulosité varie aussi fortement selon l’endroit où l’on regarde. Le brouillard n’est pas uniforme ; une preuve en est aussi qu’il y en a moins dans les parties boisées où les arbres semblent en éponger une partie. C’est ainsi que nous arrivons à la pointe aval de l’île à un endroit où normalement la vue est de plus de 180°. Ce jour-là, c’est l’endroit le plus étrange. La vue se limite peut-être à 2 mètres, alors que normalement on peut compter en centaines de mètres d’eau autour de soi vers l’avant. Ici, il n’y a plus rien, quelques roseaux, du vide, rien de significatif.

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Seuls les arbres résistent à la force d’anéantissement du brouillard et ceux qu’on distingue le font de façon réellement vigoureuse et affirmée, à notre grand plaisir. Ils marquent de leur présence la seconde partie de la découverte de la queue de l’Ile, le retour vers la voiture garée en hauteur sur la route construite entre Savennières et Rochefort sur Loire.  

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Cette fois-ci, il y aura plusieurs séquences de retour. Une solution serait d’emprunter le chemin que nous avons pris à l’aller. Décision est prise en effet de revenir autrement, par un sentier différent longeant cette fois-ci le chenal principal de la Loire, au moins au début du retour. Nous passons par les bois où nous retrouvons des parcelles très nettes qui attendront les beaux jours avant de voir revenir leur caravane chérie. Tout a bien été nettoyé pour l’hiver. Vient ensuite un sentier en courbe qui s’éloigne du fleuve; c’était pour sa partie arrière l’ancien lit d’eau qui entourait la petite île. C’est ce chemin très humide qui fait le lien en diagonale avec les grands champs que nous avons longés avant d’atteindre la ferme.  Nous aurions pu  alors  pouvoir suivre à nouveau un beau chemin qui nous aurait ramènert vers notre point de départ, au bas de la route où est garée la voiture.

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Sauf qu’il y une rencontre avec deux veaux, suffisamment costauds pour se dire qu’ils n’étaient plus des bébés attendrissants. Ils nous ont semblé déjà bien grands, broutant avec détermination l’herbe du chemin que nous devions suivre. L'herbe est toujours meilleure derrière la barrière. Là aussi un petit conseil impromptu a été tenu : fallait-il ou non poursuivre le chemin annexé par les veaux,  très calmes au demeurant? Les prudents ont décidé de ne pas le prendre, au motif qu’aucun d’entre nous n’avait de connaissance particulière de la psychologie de ces grandes bêtes.

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Il nous a fallu alors continuer à suivre la Loire, cette fois-ci sans chemin d’aucune sorte, entre les arbres et parmi les grandes herbes qui avaient fâcheusement tendance à notre goût  à croître en hauteur. De sorte que sans décision commune particulière, nous nous sommes rapprochés de la grande prairie en quittant cet espace boisé près du fleuve, pour la traverser. Ouf enfin à nouveau un chemin particulièrement facile à marcher pour rejoindre la voiture…Et c’est ainsi que s’est terminée notre immersion dans le brouillard ligérien de l’Ile de Béhuard.   

Pour suivre le chemin

Photos Elisabeth Poulain  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Paysages
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Mardi 20 janvier 2015 2 20 /01 /Jan /2015 16:59

     

Ce que ne dit pas le titre. La scène se passe à Bruxelles sur un trottoir du centre chic de la capitale de la Belgique et de l’Europe. Plus précisément sur un trottoir très passant. Comment je le sais ? D’abord parce que c’est une grande avenue proche du centre. Ensuite parce que j’ai pu le constater de visu. Il y a également d’autres raisons dont l’une est que les publicitaires savent, à la dizaine de personnes près combien de personnes empruntent ce trottoir, par jour, tranche horaire, selon qu’il fait beau, ou qu’il pleut…avec ou sans chien.

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Pourquoi avoir choisis un chien pour nous parler. Ce n’est nullement un hasard. Regardez le bien, visez son regard. Son regard chassieux, son rire de travers qui lui donne une sale gueule, ses drôles d’oreilles. J’arrête là pour poser la question qui fâche : qu’a-t-il fait pour avoir l’air si coupable ?

La réponse est écrite sur le visuel du panneau : Médor, c’est son nom, a été surpris en « Flagrant Délit », lors d’un de ses délestages de « déjections canines ». Oui, Médor ne peut plus cacher qu’il en produit à lui tout seul 80kgs par sur les trottoirs de la ville ! Quand vous multipliez le nombre de chiens par la quantité, même s’il y a des petits chiens plus nombreux mais qui « en » font moins, on doit arriver quand même à des chiffres impressionnants

Le nombre de chiens à Bruxelles. Le chiffre indiqué est  de 50 000 en 2014, sans grande variation par rapport aux chiffres de 2008, un chiffre qui parle peu.  Dire que 9% des ménages en ont un –ou plusieurs- est plus significatif. Le fait est que ces chiens de compagnie posent une vraie question de propreté publique et d’actions à mener pour faire diminuer la charge et le coût du nettoyage  que connaissent toutes les villes.

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Les chiffres de la propreté. On connait le nombre de kilomètres des voies publiques (296k), le nombre de rues ---) 1200, le nombre de déjections dans les canisites, qui s’élèvent 60 000. Celles-ci sont nettoyées tous les deux jours. Par contre, je n’ai pas pu trouver le poids et/ou volume totaux de ces déjections d’origine canine. On sait maintenant pour Médor, les autres au total, ça doit faire beaucoup, comme diraient les enfants !    

Un joli pas de deux. Les solutions à cette vraie question de salubrité publique sont peu nombreuses. Elles ne sont qu’au nombre de deux, en se rappelant toujours que le chien fait ce que son maître lui a appris à faire. Soit le chien est dressé à déféquer dans le caniveau - quand c’est autorisé - et/ou dans sa version moderne de « canisite », soit il ne l’est pas.

Quand le chien n’a pas été dressé, le cas plus fréquent malheureusement, il reste encore deux cas de figure. Le plus souvent, il ne se passe rien du côté du maître qui regarde ailleurs pendant que son chien s’est arrêté, fort occupé de son côté. Le même maître ou maîtresse bien sûr peut aussi avoir ou plutôt doit avoir le réflexe citoyen exigé par la loi à Bruxelles : c’est à lui ou elle de ramasser les matières fortement odorantes de son toutou dans le sac plastique qu’il ou elle doit tenir à la main dès lors qu’il ou elle sort promener son chien tenu en laisse. La loi précise même que ledit sac doit être tenu visible lors de la promenade sur la voie publique. Une façon citoyenne d’abord de nature à laisser une voierie vide de déjections de chien et de rassurer les autres passants que vous serez amené à croiser sur le trottoir : vous ne laisserez pas votre cher toutou souiller la ville.

Pourquoi traiter de cette question sur un visuel publicitaire à hauteur d’homme ou de femme ? Pour une raison simple qui est que c’est le maître ou maîtresse qui parle à son chien. C’est à lui de l’éduquer en étant exemplaire lui-même, même si on apprend toujours sur soi en ayant un animal de compagnie, surtout un chien sur lequel on se projette beaucoup.      

Pourquoi mettre le panneau en plein centre-ville, là où il y a beaucoup de gens ? Parce que le lieu est stratégique au regard de deux critères au moins, l’indice de passage  couplé avec celui des propriétaires de chien et de beaucoup d’autres. Le tout traité informatiquement vous indique l’emplacement privilégié pour implanter un panneau publicitaire. S’il y a un panneau près d’un croisement avec une autre rue passante, vous pouvez être sûre qu’il y a beaucoup de monde à pouvoir apercevoir le message porté par le pub, dont des propriétaires de chien, alors même que c’est là qu’il y a le moins de place disponible aux passants pour passer, surtout s’ils ont en plus un chien tenu avec une laisse longue. Une bien longue phrase pour dire que ceci relève d’une forte logique territoriale d’évidence. Et oui…tout comme la réglementation extrêmement précise concernant les chiens ou plutôt leur maître.

Chien-Médor-Bruxelles-Pub-propreté

Il reste une dernière question d’importance pour laisser le dernier mot à « Médor », un nom si ridicule qui pourrait presque expliquer pourquoi ce Basset Hound  a l’air si triste et boudeur. Il est triste parce qu’il n’est pas beau et qu’il le sait. Il ne va pas jusqu’à vouloir expliquer à son maître que, tout ça, c’est de sa faute à lui, son cher maître ou sa chère maîtresse. Lui, il n’a rien fait de mal ; après tout, il fait ce qu’ont fait les chiens qui l’ont précédé dans l’histoire, avant même qu’il y ait des villes, depuis plus de 30 000 ans loin, très loin dans la préhistoire. Alors voilà qu’un ou une publicitaire qui veut faire le malin se moque de lui, lui rallonge démesurément ses oreilles, si longues qu’elles traineraient sur le sol et seraient immédiatement salies par toutes les déjections des autres (chiens), ce qui serait proprement insupportable à son maîtr-e-esse : devoir nettoyer de retour à l’appartement ou la maison les oreilles de son cher toutou !

Il ne s’agit donc que d’une question de psychologie "canine" appliquée au maître du chien !Vous comprenez pourquoi j'ai mis un point d'interrogation à mon titre. Le chien non éduqué n'est qu'un des agents, le principal responsable étant le maître (esse), sans compter tous les  animaux qui continuent à vivre leur vie en ville, bien au chaud, bien cachés à l'abri de tous les regards humains...     

Pour suivre le chemin

. Sur l’identification et l’enregistrement de chaque chien à Bruxelles, depuis la loi du 1.9. 1998, lire  http://www.dogid.be/fr/registration

. Lire le communiqué sur la propreté publique en provenance de l’Echevine de la propreté de Bruxelles, qui développe des canisites,  sur  http://www.bruxelles.be/dwnld/28701963/canisites%20mars%202014.pdf

. Voir l’enquête sur le budget des ménages belges, avec les chiffres pour Bruxelles,   http://www.ping.be/~ping0522/PDF/la%20belgique%20des%20chiens%20et%20chats.pdf  

Pour rappel, le Règlement Général de Police de la Ville de Bruxelles précise l’interdiction d’abandonner les déjections dans l’espace public, hormis dans les canisites, ainsi que l’obligation pour les maîtres d’arborer à la laisse de leur animal un sac pour ramasser les déjections, sous peine d’amende de 50 à 250 E .

. En comparaison en 2013, le % par foyer pour Paris est proche du chiffre bruxellois ; 7,9% des foyers possèdent un chien, avec une remarque qui est que leur nombre a baissé de moitié en 10 ans, vraisemblablement sous l'effet de la réglementation et du coût d'entretien du chien; c'est du moins une hypothèse.  http://www.santevet.com/articles/chien-en-ville-une-grande-marche-a-paris-pour-defendre-sa-place      

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Jeudi 15 janvier 2015 4 15 /01 /Jan /2015 12:12

     

Le tableau. C’est une huile sur toile d’un format modeste (61 x 44 cm), suffisamment grand pour pouvoir s’exprimer et pas trop de façon à ne pas écraser la scène, d’être taxé de vouloir reproduire la réalité qu’on a sous les yeux, ou de vouloir se mettre en avant.

L’Eté. C’est le titre que le peintre à donner à son œuvre.  Il montre une retenue certaine qui convient bien à ce peintre finnois. Il fait beau, chaud, à un moment où le soleil est suffisamment fort pour qu’il soit nécessaire  à une jeune fille de mettre son chapeau de paille.

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La jeune fille. Elle est le personnage central, même si elle n’est pas placée au centre du ponton, ni de la scène. Elle se tourne vers l’arrière pour regarder un jeune garçon dans une barque. Ce faisant, elle dirige le regard de celui qui regarde vers l’arrière, dans la profondeur du champ, et vers l’autre côté du tableau. Tous deux sont immobiles et pourtant, la scène  commence à bouger, sans qu’il y a ait même, dans l’immobilité de l’été, une feuille d’arbre à frisoter ou une ride, même très légère sur l’eau.

C’est l’instant qui est saisi, dans cette composition à trois séquences horizontales..   . La plus importante et la plus novatrice est celle qui est donnée aux grosses pierres d’entrée dans l’eau et dans le tableau, en particulier les trois qui portent en quelque sorte la jeune fille assise sur le chemin de bois, supporté lui aussi par des gros cailloux.

Il y a très peu d’eau, comme le montre ces rochers à découvert. On le sait aussi au fait qu’on peut même voir le fond de l’eau, un souci du détail qui montre la volonté du peintre de faire une création poussée. Il ne s’agit pas d’un travail vite fait l’été pour le plaisir d’un instant. Peindre  l’eau et sa transparence dans le soleil de l’été en phase avec la grosseur de la roche éclairée ou dans l’ombre, à l’air ou dans l’eau démontre une très belle technique.

. La seconde séquence s’étire du ponton bien usé et qui a déjà beaucoup vécu. On en peut guère imaginer quelqu’un allant jusqu’au bout, jusqu’au jeune garçon dans la barque arrêtée au bord des roseaux. En arrière de ceux-ci, on aperçoit encore l’eau.

. Arrive ensuite le bord de l’étang, avec les arbres dans le fond, qui se détachent sur le ciel bleutée légèrement grisé, avec une teinte jaune très légère au contact des arbres vers le milieu.

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La composition peut aussi se lire dans trois bandes  verticales  . Toujours en partant de la droite et du bas et en montant, on trouve les gros rochers, le ponton avec la jeune femme à la capeline, qui a posé son châle orange à côté d’elle, son panier de paille en arrière, son livre sur les genoux et les arbres en arrière du plan d’eau.

. Au milieu, la bande verticale raconte une histoire sans personnage avec  des pierres, du bois qui a vieilli, de l’eau, des roseaux, de l’eau, de la terre et des arbres.

. Vient ensuite la dernière bande en hauteur. Elle est seulement suggérée, avec un peu de pierre au soleil ou à l’ombre, deux planches horizontales qui restent de l’avant du ponton quand il était encore en état, le jeune garçon dans la barque, le vert d’une prairie et un arbre qui s’élève en hauteur.

Pour résumer, voilà un incroyable travail d’une très grande complexité de composition, avec une maîtrise forte  de la couleur, réalisé en 1893, à un moment charnière de l’histoire, par un peintre sensible à la beauté du paysage, formé à la peinture française, qui traduit sa perception des éléments naturels sans mièvrerie, sans chercher à faire de l’impressionnisme « à la manière de … » et sans délivrer de message. Né en 1854, il avait alors 29 ans. Il devait décéder en 1895 à 41 ans, sans avoir pu exprimer la plénitude de son talent, sans avoir trouvé sa place, lui toujours traité de peintre de salon, que ce fut en Finlande ou ailleurs.      

Pour suivre le chemin de l’eau

. Le peintre à retrouver sur http://silverandexact.com/2010/11/08/summer-gunnar-berndtson-1893/avec un commentaire peu axé sur la peinture elle-même mais sur une vision très psychologique de sa vie et de celle sa famille à cette époque. D’autres œuvres sont à voir sur http://www.museumsyndicate.com/artist.php?artist=799

. Pour une fois, je ne peux vous recommander wikipedia, le site en anglais donne très peu d’informations et la traduction en français de l’article en finnois est franchement difficile à lire.  

. Partez découvrir la Finlande l’été sur  http://www.visitfinland.com/fr/ete/Vous y retrouverez plusieurs très belles photos d’estacades de bois permettant d’accéder directement à l’eau des si nombreux lacs.

. Photo Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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