En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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1001 façons de manger

Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 10:56

 

Mary Wesley est une femme délicieuse et fine. Elle est compliquée et vous le prouve en écrivant. Avec elle, rien n’est simple. Ce serait trop facile de penser que tout est simple. Il n’y a que les publicitaires pour dire cela. La vie est vraiment compliquée parce qu’on l’est, compliqué, à commencer par les autres ! C’est vraiment ce qui me fascine chez elle, cette faculté à montrer la stratification qui est au cœur de nous, la complexité de nos réactions, de nos modes de raisonnement et la faculté que nous avons d’être pluriel, chacun à notre façon.

 

Anne Marie Donnaint Bonnave, Bol

 

Cette auteur m’enchante parce qu’elle a commencé à écrire à 71 ans. Elle n’a pas choisi la facilité et s’est d’emblée attaqué à son thème de prédilection, la peinture d’une société verrouillée en pleine guerre, quand tout semble partir à vau-l’eau et que ne reste plus, pour les plus gâtés par l’histoire, que le respect des codes les plus tenaces et contraignants, surtout pour les femmes d’ailleurs. Un hasard ? Non une cohérence de système.

 

Comprendre ce que ce que Mary Wesley, dont les romans ont eu un énorme succès, a pu manger et boire dans ces époques de fracture, à pouvoir comparer l’avant, le pendant et en pressentant l’après, me paraît une bonne façon d’aborder son oeuvre. Ne pas chercher non plus à la positionner comme une femme libérée ou comme « une menteuse », me semble aussi être une ouverture. Parler d’elle aux lecteurs sur la page 4 de couverture  comme une « Sainte-Nitouche » qui trompe son monde, qui « tombe le masque » en cherchant « le marivaudage », pour finir par qualifier son roman  d’une « impertinente apologie de la vieillesse triomphante et de l’amour libre » est ridicule et grossier. C’est en plus une erreur. Le titre de ce roman « Not that sort of girl », traduit par « Rose, sainte-nitouche »,  le montre bien. Mais passons cela.

 

Voyons plutôt comment Rose, l’héroïne de Mary, celle qui justement n’est pas cette sorte de fille, parle de l’importante façon de se nourrir et de nourrir les autres, une problématique qui est au cœur de toute société et du jeu de rôle dévolu traditionnellement aux femmes.  

Le pique-nique du départ

L’histoire commence avec Nicolas, un ami de Rose, qui lui a demandé de faire ses courses à Londres chez un traiteur chic. Sur la liste : poutargue fumée, harengs marinés, confiture de cerises Tiptree et truffes au chocolat. Las d’attendre son tour dans la file, il décide d’aller chez le marchand de vins et là, achète un carton de 6 bouteilles de Beaujolais et plus loin du pâté. C’est ce que un jour il aurait aimé offrir à Rose du vin, du pâté et des fleurs. Reprenant sa voiture, arrivé chez Rose, il entre avec le pâté et son carton sous le bras.  Avec ça, elle décide de faire un pique-nique dans la cuisine et prépare des toasts. Emily, la sœur de Nicolas arrive, appelée par son frère. Rose nettoie une salade pour accompagner l’en-cas. Après le pique-nique où elle a peu bu, elle quitte la demeure où elle a vécu avec Ned, son mari pendant les 48 ans de leur mariage. Elle vient d’apprendre que Ned  a tout légué à leur fils Christopher. Ned disait ‘son fils’.  

Les crabes à un dîner d’amis

Charles Joguet_Mure Reflexion .jpgA la fin du roman, Rose un jour se rappelle avec horreur qu’elle  a des invités au dîner. Elle n’a pas eu le temps de faire les courses et n’a rien préparé d’avance. Au début du roman, c’est  Emily qui raconte l’histoire. Elle a vu Rose voler des crabes cuits dans la remorque de livraison que faisait un pêcheur à un restaurant, lors d’un arrêt. Ils étaient délicieux et les amis de Ned avaient gardé un bon souvenir de ces délicieux crabes. Pour preuve, ils en avaient parlé autour d’eux.  

Rose à l’hôtel

Maintenant veuve, Rose a absolument besoin de se retrouver seule au calme au bord de la mer. Elle s’arrête dans un hôtel qui lui paraît sympathique. Elle a faim et dîne de sandwichs de saumon fumé et une demi-bouteille de Muscadet. Les souvenirs reviennent. Elle a alors 67 ans.  Au chapitre 4, elle commence le récit de sa vie à 18 ans. Elle vient de rencontrer Mylo, un an de plus qu’elle, qui sera le grand amour de sa vie, alors qu’elle s’apprête à dire oui à Ned, 31 ans, qui la demande en mariage à ce moment. 

Ned au Club d’Archibald

C’est Archibald, l’oncle de Ned, qui pousse ce dernier à se Charles Joguet-Idee de PLI blancmarier lors d’un déjeuner d’hommes au club d’Archi, comme il se doit. Nous sommes en 1939. Le conseil de l’oncle au neveu : il est temps de prendre femme, la plus jeune possible, afin qu’elle soit docile et qu’elle n’ait pas eu le temps de pouvoir faire des comparaisons, avec d’autres hommes. « Plus elle est jeune, mieux c’est. Quand tu choisis un poisson, tu regardes l’œil, s’il brille, tu le prends. C’est pareil ». Au menu, « des crevettes en conserve et un « steak and kidney pudding », avec un cognac pour finir, avec naturellement un (bon) cigare.  

La rencontre avec Mylo et le thé à la bibliothèque

Rose fait sa connaissance au cours d’une fête organisée à l’intention de jeunes filles et jeunes hommes de la gentry afin qu’ils puissent se rencontrer en vue du mariage. Ne pas être invitée à ce type d’événement vous excluait à vie de l’accès à la haute société. Une très forte pression s’exerçait sur les jeunes filles afin qu’elles puissent ainsi faire leur entrée dans la société.

 

Pour fêter leur rencontre, la jeune timide naïve et le jeune précepteur de français, qui n’appartiennent pas vraiment à la classe dominante, décident de prendre le thé à la bibliothèque où brûle un bon feu dans la cheminée. Ils se rendent dans la cuisine et se préparent un plateau avec beaucoup de bonnes choses : « du thé, des crumpets beurrées, du pain et du beurre, de la confiture de fraise et des tranches de Christmas cake et du mince pie ».   

Le petit déjeuner du père de Rose

AMBD-expo-Lille-dessins-bol.jpgGravement hypochondriaque, il n’est pas nommé dans le livre. Pourtant ou à cause de cela, toute la maisonnée tourne autour de sa santé.  Son épouse que l’on ne connaît dans le livre que par son nom de femme mariée, Mme Freeling, a ritualisé le petit déjeuner de son mari. C’est un moment à enjeu fort. Les domestiques ont des ordres très précis. Le plateau que Mme Freeling porte à son mari resté au lit comporte un œuf mollet, du beurre et des toasts, de la marmelade - sans que soit précisé le fruit (orange, citron ?) - et du thé bien sûr, là aussi sans précision.  

La métamorphose de Rose

Elle commence, sans qu’elle s’en rende compte bien sûr, lors de sa rencontre avec le jardinier dans le jardin potager intégré au cœur du parc qui entoure la vieille et belle demeure du XVIIè siècle de Ned à leur retour de voyage de noces. D’emblée, Rose la timide discute d’égal à égal avec Farthing, le jardinier, que semble découvrir son mari, qui n’a jamais parlé avec lui, si ce n’est pour lui donner des ordres. Ravie de sa découverte, Rose éclate de plaisir à la vue des légumes si bien plantées en rangs. Pareillement, elle entre dans la cuisine où elle parle avec Mme Farthing, plus sur la réserve. Elle demande à cette dernière si elle peut avoir un chaton de la nouvelle portée  de la chatte du jardinier et exige de son mari l’autorisation d’avoir un chien.

 

L’importance de la nourriture

C’est la remarque que fait Rose à son tout nouveau mari qui Charles Joguet_ Le Roc difficile76.jpga préparé consciencieusement l’arrivée de la guerre. Grâce au fermier du domaine, Ned assure Rose qu’elle ne manquera pas « de lait, de beurre, d’œufs et de crème », une réflexion qui agace Rose tant la phrase lui paraît convenu. Et il constitue des stocks de nourriture avant même le début des évènements.

 

Rose ajoute à la liste de l’huile d’olive, des boîtes de mélasse raffinée, du sucre et du riz. A la seconde liste, elle ajoute des du papier hygiénique, des boîtes de nourriture pour chien, des bougies et des savons Roger et Gallet. Ce qui lui attire une remarque acide de son mari sur le fait qu’elle n’a pas de chien (sous-entendu qu’il ne veut pas non plus de chien ou alors un chien qu’il choisira, lui). Ces achats et l’adoption d’une chienne qui joua un grand rôle dans la vie de Rose sont les premières manifestations de l’indépendance que va acquérir la jeune femme, enfin débarrassé de sa mère, une fois Ned, son mari et Mylo, son amant (un mot qu’elle n’emploie jamais) partis. 

L’épanouissement

Il se fait pour Rose, de plusieurs façons, en marchant dans la nature, une fleur à la main, Rejane Podevin 2009en devenant pleinement la gestionnaire du grand domaine agricole qui appartient à son mari parti à la guerre et en continuant à partager du pain, du pâté et une pomme au cours d’un pique-nique improvisé sur un banc par manque d’argent, quand elle revoit Mylo le temps de quelques heures. De retour chez elle, elle mange frugalement, debout, avec du pain, du fromage, un verre de lait pour elle et du lait dans une soucoupe pour les chats.

 

Elle est en attente de sa vie. La fidélité, c’est Comrade, une chienne bâtarde française que lui a apportée Mylo, qui va le lui donner toute sa vie durant. Le sens de prise en charge des autres, elle va l’acquérir à ce moment là, avec les réfugiés qui viennent se cacher le temps de reprendre des forces. La force d’être elle-même, elle va la découvrir à se rendre dans les prés voir si ses vaches vont bien,  en travaillant avec le fermier et sa femme, à décider avec le jardinier  des légumes à planter dans le potager. Et cela, sans jamais se prendre pour la châtelaine, avec une incroyable lucidité, elle sait qu’elle n’est là que de façon provisoire.

 

Plus elle monte en puissance, plus elle se détache, plus elle rayonne, sans jamais se tromper sur le respect de la parole donnée. A Ned qui a la peur dans ses viscères depuis sa toute petite enfance, la peur de ne pas être à la hauteur, elle a promis, toute jeune épousée, de ne jamais l’abandonner et c’est ce qu’elle fera jusqu’à la mort de ce dernier. A Mylo rencontrée juste avant, elle a promis de l’aimer toute sa vie et de venir si un jour il le lui demandait. Lui a fait aussi ce double serment, que tous deux respecteront.  C’est elle, plus que Ned, qui décide d’avoir un enfant, sans jamais s’expliquer sur ce désir. Elle met au monde un fils, Christopher, auquel Ned s’attachera de plus en plus à mesure que l’enfant deviendra petit homme puis homme, alors qu’elle-même qui l’a allaité, en faisant réellement corps avec lui, va le perdre aussi insidieusement.

 

L’allaitement

La naissance de Christopher Anne Marie Donnaint Bonnave, Bolmarque une certaine fin des passages de maturation que Rose a éprouvé le besoin de s’imposer à elle-même. Elle a un lien très premier avec son bébé, comme sa chienne Comrade avec ses chiots. Elle peut désormais être elle. Commencent alors de longues années sans Mylo, où elle doit apprendre à vivre seule avec elle-même. Mylo se marie, Christopher aussi, Ned meurt, elle part à la recherche de Mylo qu’elle retrouvera plus de 40 ans après avoir fait sa connaissance. Le dernier lien avec sa vie d’avant, le pique-nique qui ouvre le roman avec du vin, du pâté et de la salade, mais pas de fleurs. Ce n’est pas la peine. Elle ferme la maison qui ne lui appartient plus. C’est Helen, sa belle-fille, qui veut et va désormais tout diriger.

 

Et Rose part retrouver Mylo devenu veuf à son tour, avec comme seul bien, le seul cadeau de Mylo, son petit tableau de Bonnard qui ne l’a jamais quitté.                

 

Pour suivre le chemin

Lucia Bezemer, peinture 2. Mary Wesley, Not that sort of girl, 1987 aux Editions Macmillan, 1990 en français aux Editions Flammarion, Rose, sainte-nitouche, 2009 aux Editions Héloïse d’Ormesson .

. Le “Steak and Kidney Pudding” est un plat emblématique de la cuisine anglaise. C’est un pâté en croûte de grandes dimensions fait avec de la viande et des rognons de bœuf en sauce. Vous aurez la recette une autre fois. Vous pourrez trouver la recette sur Wikipédia, sous la traduction suivante en français « Steak et pudding du rein ». La traduction automatique de l’anglais en français est une horreur.     

. Dans la série « Que mangiez-vous, que buviez-vous », lire aussi sur ce blog         

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 15:09

Deux exemples de ration

RCIR 98 ration de combat individuelle réchauffableCes RCIR sont des « rations de combat individuelle réchauffable » que fournit l'armée à ses soldats en opération. Elles se présentent sous forme de boite en carton marron, que je citais comme de l’anti-packaging dans mes cours consacrés à la mise en valeur du produit. En fait ce n’est qu’à moitié juste : dedans c’est formidablement bien conçu, c’est donc du très bon packaging vu sous l’aspect de la praticité et dehors par contre, le look est peu appétissant. Disons le clairement, aucun effort n’a été fait pour rendre le carton joli.  

 

La présentation

L’ensemble forme une boîte en carton dans laquelle les différents composants vont être calés et s’emboîter les uns dans les autres de façon à ne laisser aucune place vide et mieux protéger les ingrédients des chocs. Sous les yeux, j’ai deux modèles. Des petites différences apparaissent entre les deux versions, l’une que je désignerai sous le n° 94 qui n’est écrite qu’en français et la n°98 en français et en anglais. La 98 est constitué d’un seul carton dont le couvercle doit être découpé selon le pointillé pour s’ouvrir, afin d’offrir une véritable sécurité à l’emploi. La 94 est constitué de deux cartons simplement emboîtables l’un dans l’autre, sans colle, de sorte qu’il est possible d’enlever des constituants.    

 

L’aspect réglementaire

La 94 et la 98 parce que les boites sont à RCIR 98 ration de combat individuelle réchauffableutiliser pour la première avant le 14-05-94 et pour la seconde avant le 06 JAN 1998. A droite de cette indication en haut de la face avant de la boite, une mention manuscrite indique qu’il s’agit d’ « une date limite d’utilisation optimale indicative conforme au décret n° 04.1147 du 07.12.84. Au de-là les produits pourraient être néanmoins consommés en toute innocuité ». Sur un des côtés repliables du couvercle, on trouve aussi « ARMEE FRANCAISE - Approuvé OTAN » (94) et la double mention française et anglaise dans la version 98 « FRENCH ARMY – NATO APPROVED».

 

Le contenu de la boîte 98

C’est incroyable ce qu’on peut mettre dans une si petite boîte qui pourrait être une boîte à

cigares.  La 98 donne une liste thématique des différents constituants :   

-        un repas complet avec plats cuisinés, hors d’œuvres, potage, fromage fondu, biscuits de campagne

-        un sachet « petit déjeuner et condiments », avec café, thé, lait écrémé, boisson cacaoté, sucre en poudre, dosette de sel et de poivre »

-        sucres de morceaux

-        confiseries : nougat, pâte de fruit, barre de chocolat, chewing-gum, bonbons et caramels

-        mouchoirs-serviettes

-        ensemble de réchauffage : réchaud jetable, combustible, allumettes, pinces de préhension

+    comprimés de purification d’eau

  

Les 14 menus

Ils figurent au dos du socle de dessous. Ils sont constitués d’un hors d’oeuvre pour le déjeuner et de deux plats cuisinés, comme plat principal pour le déjeuner et pour le dîner, au choix de l’utilisateur, le dîner en France commençant traditionnellement par un potage.

 

Les 14 hors d’œuvre

RCIR 98 ration de combat individuelle réchauffableOn y trouve volaille en gelée (1), mousseline de saumon (2), maquereau moutarde (3), bœuf sauce moutarde (4), thon à l’escabèche (5), sardines à l’huile (6), mousse de canard (7), maquereau à l’escabèche (8), mousse de canard (9), pâté de foie pur porc (10), terrine forestière (11), pâté de jambon (12), pâté de campagne (13), thon à l’huile (14). A chaque fois, la préparation en boite de conserve privilégie les protéines –viande ou poisson – en sauce ou en charcuterie, qui sont des basiques de la façon française de se nourrir.    

Les 14 x 2 plats cuisinés

On retrouve cette logique dans les plats traditionnels qui constituent le cœur du repas avec le plat cité en premier pour le déjeuner et le second pour le dîner, en principe parce que rien n’interdit de faire autrement:     

 

 

-        (1) bœuf en salade + thon aux pommes de terre

-        (2) maquereau pommes de terre + hachis parmentier

-        (3) bœuf aux légumes + poulet riz à l’indienne

-        (4) mousseline de saumon – pâtes + chili con carne

-        (5) canard aux navets + veau marengo

-        (6) agneau aux flageolets + pâtes ‘Bolognese’

-        (7) navarin d’agneau + poulet au riz et ratatouille

-        (8) colin aux pâtes + porc aux lentilles

-        (9) cassoulet + cannelloni

-        (10) porc aux légumes + bœuf aux carottes

-        (11) porc aux pommes de terre + émincé de volailles avec des pâtes

-        (12) porc en salade + merlu au riz

-        (13) volaille à la parisienne + gratin dauphinois

-        (14) saucisses aux lentilles + moussaka

 

Au total, la viande occupe une place impressionnante dans l’alimentaire du soldat en  campagne, avec du porc et du bœuf, presque en pôle position, la volaille n’est pas oubliée, ni des viandes plus rares comme l’agneau. Le poisson est cité 5 fois. Ainsi le menu n° 3 contenu dans la ration est « Sans Porc » comme il est écrit en diagonale sur la boite : il offre du maquereau + du bœuf + du poulet.

  RCIR 94, version antérieure

La boîte 94

Légèrement plus petite que la précédente, son carton est plus pâle et l’encre est verte. Son intérêt pour nous est d’être plus précise encore quant au contenu de la boîte. Elle offre par contre l’inconvénient de ne pas indiquer tous les menus qui sont portés au verso dans la 98.  

 

Son menu n°6

C’est le nom du contenu de la ration journalière, l’alimentaire et le non-alimentaire. Les quantités sont indiquées très précisément. C’est très intéressant de voir tout ce qu’on peut manger par jour, sans parler de l’eau et des autres boissons qui sont fournies à part. Voici son contenu dans l’ordre :  

 

 

Bœuf pommes de terre-barquette 300g

Saucisse lentilles       - barquette 300g

Pâté de jambon           - boîte 1/10

Fromage fondu            - boîte de 42g

Biscuit de campagne  - paquet de 280g

Café soluble               - sachet de 4 g

Lait sec écrémé          - sachet de 19g

Thé soluble                - dose de 1/2l

Boisson cacaotée instantanée

                                    - sachet 20g

4 Sucres enveloppés   - paquet de 11g

Sel Poivre                  - sachet 

Nougat                            - barre de 40g

Pâte de fruit                    - barre de 30g

Chocolat à croquer         - barre de 25g

Chewing gum                 - paquet de 7g

Bonbons                          - 6g x 4

Caramels                         - 10g x 4

Comprimés purificateurs d’eau  x 6

Mouchoirs-Serviettes     - paquet de 10

Allumettes                   - pochette de 20

Combustible               - équivalent 40g

Sac plastique                    - x 1

 

Les différences

Elles portent essentiellement sur la présence d’un réchaud jetable avec des pinces de préhension   dans le modèle 98 par différence avec le 94. Au niveau des menus, l’armée a modifié ses menus puisque ce menu n° 6 de 94 avec bœuf pommes de terre, saucisses lentilles  et pâté de jambon n’existe plus en tant que tel dans le 98. Le pâté de jambon a été remplacé par du pâté de foie pur porc (en 9), le bœuf pommes de terre  a disparu. Par contre les saucisses lentilles, un des piliers de la cuisine collective pour des estomacs affamés, est conservé au menu 14. 

 

Aux dires de quelques personnes qui ont pu goûter le contenu en situation internationale, les rations françaises sont connues pour leur qualité et le bon goût des plats cuisinés et ceci encore actuellement, en particulier en Afghanistan et en Afrique. 

 

Pour suivre le chemin

. Cette comparaison ne porte que sur deux emballages rations individuelles de combat de l’armée française. Elle ne saRCIR 98 ration de combat individuelle réchauffableurait prétendre à une quelconque exhaustivité d’autant plus que  l’évolution des façons de se nourrir et des techniques d’emballage et de conditionnement se poursuit sans cesse.

. La RCIR, la ration de combat individuelle de combat, est conditionnée au Centre de conditionnement des rations de combat aux Ponts de Cé qui travaille « au profit des trois armées et de la gendarmerie » ; le site a été inauguré le 17 septembre 1993.

. La première version de la RCIR date de 1984. En plus de la RCIR, il existe maintenant des rations particulières telles que les rations d’urgence, de survie, des rations individuelles lyophilisées commando (RILC) ainsi que des rations individuelles d’exercice (RIE), depuis 2003 pour cette dernière variante. 

. A voir sur www.interarmees.fr/garnison.php?site=2&garnison=article=121

. Photos EP des conditionnements     

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 11:49

 

Ne cherchez pas une Alice de Montpellier comme on a un Henri de France ou un Laurent Tomates, variété de Crimée devantBeauvais de Beauvais. La première était cuisinière dans une grande maison dans le sud de la France, près de Montpellier. Le second était un des rois de France et le dernier cité est charcutier actuellement à Beauvais.

 

-        Pourquoi commencer ainsi ? Vous pourriez faire plus simple, non ?

 

-        Oui, mais ce serait moins drôle. Là, il s’agit de vous montrer le pouvoir des mots, même et surtout en matière de cuisine. Sans le rêve, il n’est pas de cuisine, simplement de l’alimentation et ça, c’est encore autre chose. Quelque chose de plus qu’utile, de carrément vitale même. Ici, en matière de recette, il s’agit plutôt d’entrer dans un univers de la fascination, rien qu’à l’énoncé de ce qu’il faut avoir sous le coude et faire.

 

La recette d’Isabelle

-        Ah voilà déjà que ça se complique. On commence par Alice et on découvre Isabelle.

 

-        Isabelle est la petite fille d’Alice. Elle est aussi une fine cuisinière, comme sa grand mère. Elle a gardé de ses vacances d’enfance dans le Vaucluze dans sa famille maternelle, le goût des recettes pleines de saveur, de chaleur et de tendresse, avec des cuissons longues et des étapes qui commencent parfois la veille, comme celle-ci.

 

La recette 

L’histoire commence effectivement la veille, quand il Tomates, variétés diversesfaut aller au marché pour réunir tous les ingrédients nécessaires et dans le potager pour cueillir les ‘bonnes’ tomates. Des grosses à farcir et d’autres pour entrer dans la farce. Ce qui est bien avec cette recette des vraies tomates farcies, dit Isabelle, « c’est qu’elle est simple, peu coûteuse et facile à réussir ».

 

-        Je me méfie dés lors qu’on dit que c’est pas compliqué, pas cher et pas dur.

   

- Tout est évidemment relatif  car il vous faut quand même 15 composants, sans compter les ustensiles, la poêle, le plat qui va au four et le fait que vous commencez la cuisson des légumes la veille pour être plus tranquille. Quant au coût, comme il y a peu de viande (200 gr. environ pour 4),  et que c’est fait avec des légumes de saison dans la région de production, c’est un plat familial qui revient moins cher que d’autres. 

La ratatouille

Pour faire cette ratatouille, il vous faut, des petites et des grosses tomates (1 et 2), des courgettes (3), des poivrons (4), des aubergines (5) que vous découpez en cube, à l’exception des grosses tomates (1) que vous gardez pour les farcir.

 

-        Petits ou gros, les cubes ?

 

-        Ah la question traître, j’étais sûre d’y avoir droit. Tout dépend de vos habitudes, de la finesse de vos doigts, du coupant de votre couteau et du légume. Les courgettes et aubergines en cubes d’I cm à 1, 5 cm de façon à être encore visibles une fois cuits. Les autres en lanières un peu plus longues et moins larges. Inutile de vous dire – mais je le dis quand même – que les tomates à cuire pour la farce seront épépinées par vos soins, avant la cuisson.     

 

Vous placez le tout à la poêle avec un fond d’huile d’olive (6), avec de l’ail coupé (7) en tout petits morceaux. Vous ajoutez du thym (8) et froissez quelles feuilles de laurier (9).  Et vous laissez mijoter tranquillement à feu doux, pour obtenir un joli fondu, mais pas de la purée quand même. On voit bien la différence à l’œil.

 

-        A quel moment mettre le persil, avant la cuisson ou après ?

 

-        Les deux écoles existent. Isabelle préfère à la fin, parce que du persil mijoté, c’est quand même un peu bizarre !  

La viande

Tomates, variétés diverses, petites jaunes et rougesC’est là que se trouve la révélation du mystère des VRAIES tomates farcies de Montpellier. Vous n’allez pas prendre de la chair à saucisses faites avec de la viande de porc, non pas du tout. Mais de l’agneau (10), du bœuf déjà haché (11) ou un mélange des deux.

 

-        Moi, j’aime bien qu’on me dise exactement ce qu’il faut faire dans une recette.

 

-        Bon d’accord, mais aujourd’hui, c’est un autre jeu que vous propose Isabelle. Elle vote pour l’agneau que vous coupez menu-menu ou que vous passez au mixer. Mais là aussi, le couteau semble préférable. Vous placez à feu doux avec un peu d’huile d’olive dans une poêle. Là encore, il s’agit d’y aller en douceur. L’objectif est d’attendrir la viande, pas de la saisir comme une kamikaze.  

Le mijotage viande + ratatouille

Il se fait le lendemain dés que vous avez fait légèrement cuire la viande d’agneau (ou de bœuf). Vous ajoutez la ratatouille de la veille et vérifiez l’assaisonnement en thym-laurier-ail et persil, avec un peu de chapelure (12) qui va éponger le jus et un peu de parmesan (13) pour lier le tout.

 

-        Et le sel et le poivre ? Vous n’en parlez pas, c’est bizarre.

 

-        Je vous reconnais bien là, œil de lynx. Elle n’en parle pas parce que parce qu’il y a déjà du sel dans le parmesan. Si vous n’envisagez même pas de vous passez de sel, mettez en mais peu, tellement il y a déjà tellement de saveurs. Par contre, une pointe de poivre peut être appréciée (14). A vous de décider. 

 

Le remplissage des grosses tomates (1)

Pendant que le feu mijote doucement, vous évidez les grosses tomates que vous avez réservées et vous les placez, renversées, sur du papier ménager  pour les laisser rendre le trop plein de jus pendant que le mélange mijote. Il s’agit seulement de finir de cuire la viande avec les légumes.

 

Ensuite dans le fond de ces tomates, vous mettez de la biscotte ou de chapelure écrasée au fond et vous remplissez la tomate avec le mélange agneau-légumes méditerranéens. Le tout est placé au four, après avoir pris soin de remettre le chapeau de la tomate avec cette fois-ci, non pas du parmesan, mais du gruyère rapé (16), car il a plus de tenu à la cuisson que le parmesan. Grâce au gratin, les grosses tomates ne s’affaissent pas.

 

-        Combien de temps de cuisson ?

 

-        Ca dépend de la taille des grosses tomates. Comptez une vingtaine de minutes, vous n’oubliez pas que la farce est déjà cuite et qu’il s’agit seulement de cuire la paroi des grosses tomates et de gratiner les couvercles. Le plat se sert chaud et comme dit Isabelle Bigé, qui est l’auteur de cette recette, «   c’est un plat plus tu le cuis, mieux c’est ».    

 

-        Vous n’avez pas donné les proportions précises ? 

 

-        C’est volontaire, cher-chère lecteur-lectrice. De cette façon, vous utiliserez ce que vous aurez sous la main, avec plus de courgettes et moins de tomates, peu ou pas de poivrons. La recette date d’une époque où on faisait avec ce qu’on avait sous la main. A vous de choisir ; vous aurez ainsi le plaisir de créer votre propre recette de tomates farcies ! Un vrai délice pour la créatrice née que vous êtes. Vive la liberté en cuisine!

     

Pour suivre le chemin

. Plus d’infos sur la tomate sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Tomate

. Photos EP    

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 12:07

Elles sont si mignonnes que j’ai attendu avant de les manger avec beaucoup de douceur, sans en donner à personne. Il faut dire aussi que j’ai été la seule à les voir, ces deux charmantes carottes dont l’une tient l’autre par le cou.

  Carottes, qui s'aiment d'amour tendre

 

-        Une carotte n’a pas de cou.

-        Ah bon ? Et bien celle-ci, si. Regardez bien.

 

Chacune a gardé son individualité. J’ai pu les séparer, après les avoir photographiées, ces si charmantes carottes, qui s’aimaient d’amour tendre...

 

Pour suivre le chemin

. Voir l’article de Wikipedia sur la daucus carota, vous apprendrez des tas de Carottes, qui s'aiment d'amour tendrechoses sur la carotte : son origine ---) elle vient d’Afghanistan, le plus gros producteur ---) la Chine avec 1/3 de la production mondiale, les diverses variétés, le classement par l’Union européenne de la carotte dans les fruits et non pas dans les légumes.

La réglementation européenne interdit en effet que soit associé le terme de confiture à un légume. Comme il existe une confiture de carottes qui se fait au Portugal (selon moi, c’est en Grande-Bretagne), l’UE a donc modifié le classement de la carotte. Un bel exemple de raisonnement juridique, comme je les aime ! 

. Toujours lire Valnet et son manuel de « traitement des maladies par les légumes, les fruits et les céréales », la carotte est un légume tellement intéressant (et peu onéreux) que le célèbre docteur lui consacre 7 pages, c’est vous dire. Parmi ses qualités : la carotte est un anti-anémique, un régulateur intestinal, un cicatrisant gastrique, un vermifuge, un rajeunissant tissulaire…

 

. Pour vous surprendre, vous qui avez une vaste culture culinaire, voici deux recettes indiennes de déguster la carotte. Une pour chaque carotte. C’est équitable, sauf que celles dont je viens de vous parler sont toutes petites. Prenez-en des plus grosses mais pas de trop, juste bien, Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, Oranginacomme toujours.

 

-        Et pourquoi cette discrimination contre les grosses carottes ? Je vous le demande.

-        Parce qu’elles présentent plus de risques d’être filandreuses, boiseuses (dit Wikipedia), avec un souci supplémentaire c’est qu’elles ont aussi moins de chair proportionnellement. Elles vous demandent plus de travail d’épluchage, car il faut enlever la tige centrale de couleur blanche.     

 

Recette indienne estivale de Gajar katchoumbare (salade de carottes)

Comptez 4 carottes, avec quelques grains de raisins secs, le jus d’un orange et un peu de sel.

= En principe la recette s’arrête là. C’est un peu court, surtout que c’est pour 6 personnes. Même pas une carotte par personne. Ces carottes doivent être gigantesques. A mon avis, prenez autant de carottes que vous voulez et adaptez vous à la situation : gros mangeurs de carottes, petits, les carottes constituent-elles le plat unique…Ou bien faites-vous un repas tout-carotte ???

 

. Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, de dessusUne variante de l’auteur prévoit que vous coupez les carottes en petites frites, vous ajoutez le jus d’un citron (je précise mûr) avec deux piments coupés fin. Ca se corse. Des forts, les piments ? En l’absence de précisions,  commencez donc par des doux. On discutera après.

 

= Variante cette fois-ci personnelle : ajoutez un ou deux abricots frais ou secs + une petite pomme + 1 gros cornichon au sel + deux cuillerées  à café de graines de sésame. Si vous voulez innover, faites des copeaux de carottes avec un épluche-légume. En effet la forme modifie la perception de la saveur.    

 

Recette indienne hivernale de GAJAR VARIALI (carottes au fenouil)

Cette fois-ci, l’auteur prévoit 6 à 8 carottes, parce que ce plat constitue un des trois plats principaux (avec du blé et des courgettes par exemple à côté). Les carottes coupées en rondelles sont introduit dans le vaghar préalablement chauffé (et non brûlé). Ce vaghar est constitué de deux cuillerées à soupe d’huile de sésame ou d’olive auquel vous ajoutez deux étoiles de badianes (anis étoilé). Vous remuez bien et vous ajoutez une cuillerée à café de coriandre et une de graines de fenouil, avant de couvrir et de laisser cuire à feu doux.

  Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, separees

L’auteur s’arrête là. A Sassetôt, lors d’un stage de cuisine indienne, la dame, qui faisait la recette, a ajouté de l’eau chaude jusqu’à hauteur des carottes avant de couvrir. Ca me semble effectivement plus prudent. Inutile à mon avis d’ajouter sel ou poivre, tellement la badiane, le coriandre et le fenouil donnent du goût. De même me paraît tout à fait superflu, l’ajout de crème fraîche à la fin.

 

Source : « Recettes végétariennes de l’Inde, selon l’Ayurveda », Kiran Vyas, Recettes végétariennes du monde, La Plage éditeur.

. Lire le billet sur Le charme infini du radis beurre

. Photos EP, à retrouver dans l'album-photo "Manger" 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /Juil /2010 17:56

Oui, je sais. Parfois je fais fort. Pour comprendre, il vous faut un petit radis rond, à la belle rondeur, ni trop petit, ni trop grand, d’une subtile couleur rose-rouge au corps, atténuée de blanc à la racine, avec quatre petites - toujours petites les feuilles, comme le radis d’ailleurs – feuilles vertes bien sûr. Trois feuilles, ça va aussi. Deux, non, on commence à suspecter un radis pas épanoui qui a eu des difficultés à la croissance. Une feuille, ça craint vraiment. Pas de feuille, ce n’est plus un radis. A fuir absolument. Oh, j’allais oublier, il doit toujours être jeune, pour garder son croquant.

 

-    De quelle marque, ce radis ?

-      Eh Patate, les radis n’ont pas de marque. Ils sont classés dans des variétés, il y a des longs, des ronds, des blancs, des noirs, des français, des alsaciens, des japonais…Oranges, plus larges près des feuilles qu’à la racine, ce sont des carottes, des CAROTTES, pas des radis.

-        Et pourquoi alors, vous me traitez de PATATE ? C’est bête, une patate ?

-       Mais non, patate est un terme affectueux. Et puis arrête, je parle des radis !

-        Ah bon.

  Radis rose, Wikipedia

La position du radis

Au départ, le radis est enfoui dans la terre. Il faut d’abord l’arracher délicatement, pour éviter de l’abîmer. Ensuite on le pose à plat pour le mettre en botte. Jusque là, ça va. C’est maintenant que ça se complique. Vous allez comprendre seulement à ce moment pourquoi il lui faut 4 ou 3 pieds au minimum. Il faut le retourner délicatement de façon à le faire tenir droit, debout, sur ses feuilles, sans assistance et sans béquille(s). Pas facile l’exercice. J’ai essayé. Il faut avoir la main.

 

-        Mais pourquoi tout ça ?

-        Parce qu’une fois en l’air… Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’il faut d’abord lui couper sa petite racine  et l’avoir incisé légèrement en quatre.. . il faut poser dessus un petit roulotté de beurre.

-        Un quoi ? Diablement compliqué, tout ça. On pouvait pas faire ça avant ?

-        Non, parce que ça se mange comme ça, le beurre d’abord, puis le radis dans sa partie rose charnue et ensuite pour les plus téméraires, les fanes à la fin.

 Radis beurre, pub Fooding 2008, Zoe Laugier

 

La beauté du geste

Certains incisent le bas du radis et introduisent le beurre dans l’entaille cruciforme ainsi formée. Ce sont clairement des TRICHEURS. Seuls ceux qui sont capables de faire la triple opération de préparation-incision-pose du beurre sur le radis reposant lui-même sur ses feuilles, sont à même d’apprécier la beauté et précision du geste qui consiste à saisir un radis à l’envers pour l’introduire horizontalement dans le palais, sans avoir perdu le roulotté de beurre, en cours de route, ni avoir abîmé les feuilles.

 

Le dessin

Evidemment c’est plus facile à dessiner qu’à réaliser. Encore fallait-il avoir l’idée de cette architecture à étages pour mettre en valeur le radis. Non, le BEURRE, qui est qualifié de « provocateur de goût ». Le dessin est superbe. Il a été conçu par Zoe Laugier pour la semaine du Fooding du Ier au 8 décembre 2008, avec ce sous-titre :

« Seul le beurre peut Magnifier le plus simple des Aliments et le rendre Exceptionnel. LE BEURRE, VITAMINE A DE LA SEMAINE DU FOODING 2008 DU 1ER AU 8 DECEMBRE » Signé, LE BEURRE PROVOCATEUR DU GOÛT    

 

Pour suivre le chemin

. Publicité parue dans le Monde du 30.11.2008

. Retrouver Zoe Laugier sur facebook      http://www.facebook.com/zoe.laugier

. Lire l’article sur les radis dans Wikipedia sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Radis

. Même Ginette Mathiot (Livre de poche 1955 « La cuisine pour tous ») est particulièrement peu prolixe sur le radis, qui visiblement ne l’inspire pas. Au moins elle cite les radis roses en page 66 dans la recette 63:

«  Les choisir fermes. Couper une partie des feuilles vertes, enlever la racine, les laver à l’eau froide ». C’est une des « recettes » les plus courtes ; seules les olives font plus forts dans la concision : « Les faire dessaler pendant 2 heures. Les servir sans eau dans un ravier ».

Quel est le rapport entre le radis et l’olive ? Réponse: aucun, mais ça me fait rire.

 

. Aller plutôt feuilleter Jean Valnet dans son ouvrage de référence « Traitement des maladies par les légumes, les fruits et les céréales » (Maloine éditeur), qui cite le radis noir puis le radis rose. Tous les deux sont très bénéfiques pour la santé, en particulier dans les maladies de la vésicule biliaire, contre le scorbut, comme stimulant hépatique, tonique respiratoire, stimulant hépatique, diurétique, anti-allergique, sédatif nerveux…

. Les 4 recettes de Jean Valnet, toujours dans le même ouvrage : à manger cru en salade, en extraire le suc et le boire tout de suite, à boire en extrait aqueux en ampoule acheté en pharmacie et enfin faire un sirop contre la toux et contre l’anémie des enfants à préparer la veille (alterner des couches de radis noir avec du sucre candi). Le lendemain, boire le sirop qui a dégorgé à raison de 4 à 6 cuillerées à soupe par jour. Selon l’auteur, c’est un remède magnifique.

. Son dernier conseil : toujours manger les jeunes feuilles qui vous aident à digérer le radis.

 

. Et avec tout ça, vous voudriez que je vous parle du beurre. Non, non, trop, c’est de trop. Une autre fois !              

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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