En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Présentation

Recommander

Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 15:42

Traduction du titre

Il s’agit dans ce billet de comparer deux publicités de caravane, en jouant sur leurs points communs, leurs différences aussi bien en tant que objet-caravane que de la façon dont les fabricants ont voulu communiquer en ces années 60. Vs est la contraction de versus, le raccourci anglais quand on veut opposer des  situations. Ca tombe bien, les deux entreprises, qui sont anglaises, sont concurrentes. Elles font beaucoup de publicité sur le marché anglais d’abord et sur le marché français, sans modification d’ailleurs.

. La première a pour objectif de mettre en lumière une Bluebird – une marque  dynamique qui a une gamme large - qui a été baptisée « Penthouse » par son constructeur pour bien montrer son positionnement « luxe », un penthouse étant l’appartement de terrasse, de grandes dimensions, avec une vue imprenable, dans un gratte-ciel aux Etats-Unis.

. La seconde valorise la Pemberton Panorama Range avec un positionnement identique – le grand espace, la vue imprenable sur le panorama - et un élément nouveau avec « range » qui indique que cette caravane s’insère dans une gamme étoffée, profonde en terme de marketing, celle qui a plusieurs modèles différents dans une même catégorie.

The New Bluebird, Penthouse 

Blog rose 2011.10.23 025

 

Cette Penthouse comporte aussi des innovations, ainsi par exemple son avant à effet de volume saillant qui donne du mouvement et son jeu chromatique bleu ciel et blanc qui confère un effet de gaîté et de légèreté à l’ensemble un peu lourd des caravanes de ce type. Le fond vert prairie de la photo donne de la vérité à l’ensemble, même si la teinte est peu engageante.

D’autres modèles de Bluebird existent, que nous verrons ultérieurement. C’est une version la plus luxueuse de cette marque. Les preuves sont plurielles. Outre le nom de cette série qui se veut américaine, le modèle est ‘mode’ et s’inscrit dans l’univers des voyages et des vacances. On aperçoit en arrière-fond la mer au pied des monBlog rose 2011.10.23 025tagnes. La caravane fait face à la mer, les béquilles sont en place. La porte pourtant est fermée ; rien n’est posé au sol comme si les vacanciers venaient d’arriver. Le décor pourtant a été choisi avec soin. Il y a quelque chose d’étrange pourtant. Cette impression vient probablement de la volonté des concepteurs du visuel de montrer une façon nouvelle de communiquer.

L’espace est découpée en trois rectangles : en haut dans une cartouche, se situent la marque et le nom du modèle, en bas à gauche la caravane posée dans la prairie au bord de la mer dans une ‘vraie’ photo. En partie droite se trouve un rectangle en hauteur qui illustre le nom du modèle. On y voit en bas les fameux gratte-ciels et au- dessus  une superbe jeune femme  en maillot de bain avec des manches en forme d’aile fleurie. Elle murmure ce slogan « Take wing with Bluebird » à traduire par « Prenez votre envol avec Bluebird ».  En réalité c’est le second slogan. Sous la marque en haut à gauche figure une locution « Right on Top » qui cumule deux idées : vous êtes bien là, avec une dimension de réussite, et vous êtes en plus en haut, ce qui renforce la réalité de la réussite au-dessus des autres. 

Voilà un visuel intéressant et riche de sens qui s’inscrit dans ce qui va constituer le mythe de la caravane : être libre comme l’oiseau pour aller au plus près du plus beau, en bénéficiant du luxe et de la vue réservée en exclusivité à quelques heureux. Ce sont ceux qui vivent dans ces penthouses exclusifs comme cette très belle jeune femme censée représentée l’oiseau qui vous y invite.

The Pemberton Panorama Range

Blog rose 2011.10.23 053 

Pour la première fois, voici une caravane qui ne prononce pas son nom. C’est un des produits de la gamme (range) de Pemberton avec une dimension panoramique. Cette  caravane  paraît effectivement très grande. Elle occupe près des ¾ de la largeur du visuel. Cette présentation montre la volonté du constructeur d’en faire un élément phare de sa production.

Plusieurs éléments sont à noter : le design accentue l’arrondi des formes que nous avons rencontrées au fil de la ronde pour adoucir la perception des coins de la caravane rectangulaire que nous avons déjà vue avec la « Isnt’she a beauty ». L’arrondi profile l’avant et l’arrière de cette Range, sans que la paroi suive d’ailleurs. Elle reste droite en retrait des formes saillantes rondes. Ce qui pourrait être perçu comme une anomalie a été utilisé par les concepteurs pour installer une bow-window à trois faces et un fenestron supérieur qui s’ouvre. Le même procédé a été choisi  pour la bow-window du côté visible du dessin.

Blog rose 2011.10.23 053Pour accentuer la ressemblance avec une maison, une autre innovation porte sur  l’emploi d’un revêtement en forme  de lattes de bois disposées verticalement pour les parois latérales.

On est loin de l’aspect de tôle ondulée de la ’ « Isn’t a beauty ?» que nous avons découverte en premier. Il y a surtout une véritable révolution : pour la première fois la caravane est habitée. Mieux encore, ses occupants sont dehors occupés à jouer avec leurs enfants. Par contre la caravane reste toujours fermée.

Cette Panorama Range est bleue sans bandes d’autres couleurs pour accentuer sa forme et sa force. Seul le toit est blanc. Tous les autres éléments de cette composition dessinée ont pour objectif de servir d’écrin à cette prestigieuse caravane, pardon, Range. L’emploi très mesuré de la couleur orange montre une grande finesse de la part du concepteur de ce visuel : Panorama figure en grand et en orange ; au-dessus, le short et les chaussettes de la petite fille le sont aussi, ainsi que le pantalon du Papa et les cheveux du petit garçon. La maman agenouillée dans l’herbe porte un chemisier bleu, du même bleu que la caravane. Par ces deux indications de couleurs pour le père et la mère, les rôles sont identifiés : papa conduit les activités de la famille et de la caravane et maman s’occupe de tout ce qui ressort de l’intérieur. Il y a déjà un brin d'humour, c'est la petite fille qui lance la boule. L’arbre en noir et blanc ainsi que l’herbe servent d’écrin naturel dans ce visuel. Au final, le visuel est très réussi.

Pour suivre le chemin: voir les photos dans l'album "Petites maisons" + les autres billets parus sur le sujet dans ce blog

Style de Pub Caravanes > L'Aster et la Lucas       

Style de pub Caravane > La Star et la Miami      Style de Pub > La Blue Bird Caravan     

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Communication & Marketing
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 17:39

Marseille, La Cité radieuse, Le Corbusier, le Toit-Terrasse

Faites un test pour essayer de voir où vont les touristes japonais. En dehors de Paris bien sûr parce que là, il vous sera bien difficile, à moins d’être un spécialiste de l’Extrême-Orient, de distinguer un Japonais d’un autre Asiatique. Mais à Marseille, c’est plus facile. Il vous suffit de vous rendre à l’immeuble construit par le célèbre architecte selon ses plans révolutionnaires pour l’époque et qui le sont restés. On y trouve bien sûr des Français - une tribu à laquelle j’appartiens - et des visiteurs étrangers. Parmi ceux-ci, le groupe le plus important est constitué par les Japonais. C’est amusant de découvrir qu’on vient de l’autre bout du monde pour voir cet immeuble « en vrai », au-delà des mots et des photos. Pour sentir l’atmosphère de cette « Cité radieuse », qu’a voulu faire un homme préoccupé de traduire sa vision d’une certaine vie communautaire dans un cadre architectural fonctionnel. Dans la rue, par contre je ne suis pas sûre que tout le monde sache que cette barre au pied duquel on passe tous les jours est une référence dans le monde entier.

Blog 2011.05.21 Marseille 019

Le rapport à l’espace

Que les Japonais soient sensibles à l’innovation que Charles-Edouard Jeanneret Gris, dit Le Corbusier, a su traduire en architecture, dans l’urbanisme, le mobilier, en philosophie de vie, on peut le comprendre. Ce précurseur architecte-urbaniste-philosophe - suisse de naissance - a mis en pratique ses grands principes révolutionnaires pour adapter l’espace à habiter au vivre tant individuel, familial que collectif. Un de ses grands principes est que l’homme ne doit ni gâcher l’espace dont il dispose, ni se priver de bénéficier de l’apport très positif d’un espace conçu pour lui, en tant que membre d’une unité familiale, en lien avec les autres. Bien avant tout le monde, Le Corbusier a parlé de densification de l’espace, d’espaces communs, de choix de vie mixte collectif avec des temps privatifs, d’épanouissement dans un cadre communautaire, avec des moyens financiers accessibles à un grand nombre.

Il a apporté une nouvelle vision d’un rapport entre l’homme, l’habitat et l’urbanisme, entre l’homme, l’espace et le temps, avec toujours une attention très particulière la dimension pratique des grands principes philosophiques de vie, un regard rigoureux et exigeant sur la vie quotidienne  et une volonté de comprendre le monde, sans se laisser enfermer dans une culture donnée. C’est pourquoi il a voulu réaliser des projets dans différents pays, en Allemagne, Belgique, France et en Belgique. Au Japon, il a construit le Musée national des Beaux-Arts de l’Occident  à Tokyo en 1955.

Ce qu’on connait moins, c’est la forte dimension artistique de cet homme global. Il était aussi un grand peintre, un dessinateur qui utilisait le papier collé. Ses sculptures sont autant connues que ses émaux, ses estampes et ses tapisseries.

Marseille, Cité radieuse, Le Corbusier, le Toit-Terrasse

Le bâtiment

C’est une grande barre construite sur pilotis pour permettre le passage par-dessous entre les jardins ouverts à tous qui entourent le bâtiment situé au 280 boulevard Saint-Michel. Les 337 appartements sont conçus en duplex de façon à recréer la structure d’une maison, à l’exception des studios. Ils sont disposés de part et d’autre des rues que forment les grands couloirs qui permettent d’accéder aux logements à partir du plot central où se trouvent les ascenseurs et les escaliers. Des espaces communs sont prévus pour faciliter la vie collective axée autour de la formation et de la réflexion et l’accès à des magasins – il reste encore une librairie – et maintenant des bureaux à la place.

« Cité radieuse » pour Le Corbu, Monument historique en France depuis 1995

C’est l’une des cinq unités d’habitation qui existent ;  quatre sont situées en France et une en Allemagne. Marseille est la première à avoir été construite en 1952. Suivront Rezé près de Nantes en 1955,   Firmini près de Saint-Etienne en 1963, Briey en Forêt (non loin de Thionville) en 1965 et Berlin en 1957. La « Corbusierhaus » (maison de le Corbusier) fut classée monument historique en 1993, deux ans avant la France, ce qui a accéléré le classement en France. L’architecte renia la paternité de cet immeuble en raison des modifications profondes apportées à son projet pendant la construction, à la demande de la ville. 

La philosophie de Le Corbusier face au temps

Blog 2011.05.21 Marseille 022

. A Marseille, l’immeuble est maintenant réservé à une classe sociale urbaine, qui appartiendrait plutôt à celle des Bo-Bo (Bourgeois-Bohêmes), qu’aux membres de la classe modeste-moyenne visée par le précurseur. Les coopératives immobilières ont été interdites par la loi en France en 1971, ce qui a mis fin au démarrage qui avait été vécu avec difficulté. Les voisins ne furent pas tendres non plus. Pendant longtemps, on désigna cette création sous la peu glorieuse appellation de « l’immeuble du fada » (le fou en provençal).

. A Berlin-Est, la ville d’emblée fit un autre positionnement en matière de choix des habitants : plutôt des célibataires que des familles, dans des studios plutôt que des appartements…Il n’y avait pas de magasins non plus pour mieux valoriser le m2, un concept commercial qui ne fonctionna pas non plus durablement dans les autres unités en France.

. A Nantes, le temps ne fut pas tendre avec l’immeuble. Des malfaçons lors du coulage du béton à la construction dégradèrent en profondeur l’image et la réputation de l’immeuble de Rezé. Consciente de ces problèmes, la ville fit de gros efforts couronnés de succès pour réhabiliter le site et restaurer sa réputation. 

Plus que ces raisons qui se sont cumulées dans le temps, c’est surtout l’avènement de la société de consommation et la revendication individuelle du « tous pour soi » qui mirent fin à toutes les tentatives réelles de volonté de vivre avec les autres en s’éduquant les uns les autres, entre catégories sociales différentes. Les conférences du début n'eurent pas de suite ; la formation après le travail fut remplacée par les achats en grande surface à partir de 1960. L'absence d'entretien des parties communes fut également un gros problème. 

. Quant à Firminy, elle est certainement la ville qui a été la plus constante dans le regard toujours très positif porté sur la présence sur son sol de l’ensemble Le Corbusier. Une des raisons fut l’amitié durable qui avait lié l’architecte et  Eugène Claudius Petit, maire de Firminy, Ministre de la Reconstruction en France de 1948 à 1953. Les deux hommes s’étaient rencontrés en 1946 aux Etats-Unis. Le maire fit appel à lui pour compléter le nouveau quartier de sa ville, Firminy-Vert. L’architecte inséra  ses propres créations dans ce projet déjà réalisé encore plus global. Il réalisa d’abord un pôle culturel et sportif, puis une église et trois Unités d’Habitation.

Marseille, La Cité radieuse, Le Corbusier, le Toit-Terrasse

Pour en revenir à Marseille, la Cité radieuse est depuis longtemps un élément fort du patrimoine culturel à portée mondiale de la ville. C’est certainement l’immeuble qui a le mieux vieilli. Il n’est pas vieux, il a son propre style, une identité forte. La puissance de ses fondations sur pilotis en témoigne, tout comme l’entretien et la propreté du lieu. Un gardien au rez-de-chaussée assure la sécurité. Tout est accessible, les rues d’habitation, la librairie, l’hôtel où l’on peut séjourner à des prix raisonnables si on considère la situation, le restaurant gastronomique et surtout, surtout le fabuleux toit-terrasse avec des vues exceptionnelles sur Marseille et des ‘vrais’ petits enfants qui se fichent comme du quart de patrimoine culturel en s’ébattant bruyamment et joyeusement dans l’eau de la piscine, en haut au 7è étage. Une anecdote, la rencontre très plaisante faite dans l’ascenseur, juste avant d’arriver en haut, avec des jeunes parents accompagnés de leurs enfants en maillot de bain et tongs et qui se sont précipités comme des petits diables vers l’eau!

Pour finir, une seule citation du Corbusier: « Il faut bâtir la ville dans le soleil, il faut la bâtir dans la lumière. Il faut la bâtir avec la nature retrouvée autour des villes. Cela commande notre urbanisme. Il faut la construire avec dignité et cela commande notre architecture. Il faut la construire dans la simplicité puisque nous sommes pauvres. »  Cette citation figure sur l’écran d’accueil du site de Firminy.

Marseille, La Cité radieuse, Le Corbusier, les pilotis

Pour suivre le chemin

.  Aller dormir à l’Hôtel le Corbusier http://www.marseille.com/hotel-le-corbusier-marseille/comment-page-1#comment-778

. Ou y aller juste pour voir la vue de là-haut  surhttp://www.marseille-citeradieuse.org/cor-cite.php?zotable=tabcmsv1_cms&zotype=accue&zopage=cor-site&zogra=Le%20Concept&zogrb=&zogrc=&zopcles=&zohaut=800&zolar=800&zocols=1&zocarti=ffffff&zofonti=b51a13&zopafond=&PHPSESSID=00db9d368330e60b503a124d33ffc4e3

. Voir le site de Firminy sur http://lecorbusier.ville-firminy.fr/page.php?nIdPage_PM=49

. Les règles de base du nombre d’or sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_d%27or

. Les grands principes du modulator sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Modulor

. La suite de Fibonacci avec de beaux dessins de lapins sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Suite_de_Fibonacci

. Par curiosité, découvrir le musée à Tokyo sur http://www.fondationlecorbusier.fr/corbuweb/morpheus.aspx?sysId=13&IrisObjectId=4990&sysLanguage=fr-fr&itemPos=40&itemSort=fr-fr_sort_string1%20&itemCounhttp://lecorbusier.ville-firminy.fr/page.php?nIdPage_PM=49t=78&sysParentName=&sysParentId=64

. Photos EP, à voir dans l'album Marseille sur ce blog

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Interculturel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 17:34

C’est un petit château féodal rond comme une bille, comme une île, qui surgirait d’une prairie bien verte. Elle est pourtant bien entourée d’eau, comme l’est toute île qui se respecte. Avec ses huit tours reliées entre elles par un mur d’enceinte maintenant un peu abîmé par le temps, le château montre sa volonté de se défendre contre l’ennemi venu de la terre ou de la mer accessible dans les temps anciens dans les deux sens par la Vie, la rivière qui se trouve à 2km au sud du château. Les premières traces d’enceinte datent en effet de l’époque préhistorique.

Commequier Château-Horizons Vendée

Des restes de murailles plus tardives ont été mises à jour lors des recherches menées au début du XXè siècle. Quant au bâtiment lui-même, un premier château, le château baronnial des Tours, fut édifié au Xè siècle sur le site. Sur ses fondations fut érigé ensuite le Grand Château fortifié à la fin du  XV siècle. Commequiers à cette époque troublée était  une ville fortifiée pour se protéger contre les désordres des guerres de religion. Les seigneurs du Bellay, une grande famille d’Anjou à laquelle appartint Joachim du Bellay, en étaient alors propriétaires. Le XVIIè siècle fut fatal au château après sa vente  par les Du Bellay à la famille protestante des de La Trémoille en 1627. Un an plus tard, le château fut en effet détruit sur ordre de Richelieu. Il ne joua aucun rôle défensif dans l'histoire.

Le renouveau

Commequier Château-Photo noir et blancAu début du XXè siècle, le château n’était plus que des ruines cachées sous une végétation d’autant plus exubérante qu’elle poussait  librement depuis fort longtemps. Le lierre faisait éclater les murs, l’eau avait depuis bien longtemps déserté les douves qui en avaient même perdu leur forme. Il ne restait que des courbes et des amas de pierre jusqu’au moment où commencèrent des longues recherches historiques à l’instigation du Dr Baudouin qui permirent de mettre en lumière la longue histoire du Château de Commequiers. Les ruines furent classées en 1927 à la demande du docteur. Commequiers-Chateau-Vu du ciel avant débrousaillement

Le lierre fut contenu.  Les douves furent recreusées et remises en eau en 1966 grâce  au propriétaire d’alors M. S. Beyer. Des fouilles à l’intérieur permirent de mieux comprendre l’histoire du château,  en parallèle à celle des seigneurs de Comméquiers. La commune  a racheté l’édifice en 1976 et contribue depuis lors à l’embellissement des abords du château pour faciliter la promenade. 

Et c’est ainsi que

Dans le magazine d’Horizons Vendée 20 ans, j’ai découvert le château sur une vue aérienne qui en fait ressortir sa rondeur  de petite île posée sur l’eau sur un fond de prairie bien nette. Sa forme parfaite de château de conte de fées fait complètement oublier sa fonction défensive. On ne voit vu du haut que sa perfection de forme au soleil couchant.

Après des recherches sur le net, j’ai découvert de très belles photos prises à hauteur des douves par un professionnel, Didier 85. Cette fois-ci, c’est une autre ambiance que j’ai appréciée : on y voit l'austérité et la densité de la pierre. On sent une atmosphère intense de lutte contre le temps.

Commequiers-Chateau-Didier85-Photos

L’histoire de ce petit château m’a été conté par Commequiers.net un blog sur lequel j’ai pu suivre une bonne part de la vie des seigneurs du lieu et de celui du château. Le dossier-photos est passionnant. On y voit comment des ruines peuvent reprendre vie grâce à l’effort de beaucoup de passionnés, comme Jacques Léonard.

Pour suivre le chemin

. Horizons-Vendée verte-20ans, à voir sur www.vendee-tourisme.com

. Aller à Commequiers, http://www.commequiers.com/

. Voir le site de photos http://didier-85.over-blog.fr/

. Retrouver toute l’histoire du site, dont Jacques léonard assure le contact, avec beaucoup de photos sur http://commequiers.net/Commequiers-chateau.htm

. Photos avec mes remerciements aux différents contributeurs, à voir dans l'album-paysages.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Interculturel
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 18:17

    Une nouvelle série: C’est un jeu au degré 2, tout comme le sont et  le vêtement et la publicité. N’avez-vous jamais eu l’impression de jouer à la poupée  en vous habillant, en achetant vintage ou en vous déguisant ? Vous souvenez-vous de ces planches à découper selon les pointillés dans lesquelles vous aviez une poupée par exemple à habiller avec une série de vêtements à accrocher sur cette forme porte-manteau. Outre ce goût pour le jeu, il y a en plus une curiosité certaine de ma part en vue de retrouver des lignes de force en matière de tendances longues  de mode et de pouvoir d’impact de la photo.

Homme-Veste-Marlboro Classics

9 ans après la parution de cette publicité en décembre 2003 dans le magazine d’Air France, j’ai été frappée par la force de la photo de cette veste d’homme. 9 ans, cela représente trois cycles en matière de mode et pourtant, cette veste  pourrait être portée maintenant partout dans le monde dès lors qu’il fait froid. Elle est indémodable. 

La veste: Elle est en  gros velours beige-brun, couleur feuilles mortes ou poil d’ours mais sans l’odeur forte, heureusement. Elle est mi-longue, entre la veste courte qui ne protège pas le dos du froid et le manteau qui pourrait être une gêne pour chevaucher à l’aise. Très enveloppante, à l’image d’une couverture bien chaude, on l’imagine vraiment très chaude, faite pour pouvoir résister au grand froid du Grand Nord. Jack London n’est pas loin. On l’entend presque.

On a l’impression de pouvoir la toucher pour en palper l’épaisseur, sentir sa chaleur enfermée à l’intérieur comme une doublure invisible et pourtant présente grâce à l’odeur de l’homme épicée d’une pointe de bois brûlé lors du dernier feu de bivouac. 

 

Le froiHomme-Veste-Marlboro Classicsd: On l’imagine vraiment sévère, comme celui que nous contait Jack London. Pour l’évoquer, il suffit aux concepteurs de Malboro Classics de suspendre la veste aux planches constituant le mur du chalet et de visualiser la largeur des planches. Elles témoignent de l’âge et de la puissance des arbres de l’Ouest américain. La paroi est vieillie par le froid, le vent et la neige qui se colle au bois. On sent la dureté du climat rien qu’à voir le fond de la photo. Il n’a pas été nécessaire de montrer un homme dans un paysage de neige. Le bois vieilli suffit.

L’impression ressentie: Elle est remarquable. Entre la douceur enveloppante et la lourdeur de la veste et le mur de bois qui résiste au froid, il y a l’Homme Malboro Classics, le petit frère de celui qui chevauchait solitaire sur le dos de son fidèle compagnon dans les pubs pour les cigarettes Malboro du Groupe Philipp Morris.  En été ce cow-boy portait sa chemise  rouge. En hiver, il est maintenant habillé en Classics, sa veste de velours dessus, dans les Ruby Mountains du Nevada. 

 L’authenticité en lien entre les deux hommes Malboro: Ce sont des hommes, des vrais, des durs à l’air viril. A cela, il y a une vraie raison. Le Premier Homme Marlboro a été créé par le grand publicitaire Léo Burnett pour les cigarettes Marlboro sur la base d’un fonds de milliers de photos faites au Nevada, en Utah, au Texas, en Arizona. Depuis 1963, chaque année une équipe était envoyée sur le terrain pour réaliser des milliers de clichés de l’Ouest américain. 300 à 400 photos étaient ainsi sélectionnées pour constituer « le pool Malboro de l’année ». Quelques -unes d’entre elles étaient transformées pour devenir les visuels de la marque. C’est grâce à cette démarche unique en son genre, d’une stratégie publicitaire à la rencontre d’une recherche ethnologique qu’est né l‘image du célèbre cow-boy Malboro, ce héros des temps modernes, seul sur son cheval dans les grands espaces des déserts du Nevada, cher au cœur des Américains. C’est l’univers du Country, qui s’attacha désormais au nom de Marlboro pour former le Marlboro Country. Le pari de Leo Burnett était gagné. Philipp Morris l’avait engagé pour «viriliser» l‘image de cette cigarette à bout filtre jugée alors trop féminine. 

Les couleurs: Celles du paquet de cigarettes sont bien connues : le blanc et le rouge font intégralement partie de la marque. Dans la réalité, dans le désert, il en existe une 3è, c’est l’ocre de l’argile. Quand il fallut au groupe sortir du produit unique -la cigarette- pour des raisons de stratégie de diversification, l’idée surgit de fabriquer une ligne de vêtements pour ce cow-boy si viril.  Marlboro Country a ainsi donné naissance à Marlboro Classics.    Nevada-Yucca Mountain WhiteHouse.Gov-Wikipedia

Maintenant: il reste une publicité de 2003 dans un magazine gratuit distribué dans un avion...et un point de couleur rouge en haut de la veste avec la marque cousue à l'extérieur et un carré rouge comme un point qui signe la marque.   

Pour suivre le chemin

. Quelques maigres informations sur le propriétaire italien de la marque de vêtements depuis 1986 http://fr.wikipedia.org/wiki/Valentino_Fashion_Group

. Le site d’aujourd’hui http://www.marlboroclassics.valentinofashiongroup.com/index.html

. Quelques informations sur le site de Leo Burnett sur http://www.leoburnett.com/

. Lire surtout « Ces pubs qui ont fait un tabac », F. Ghozland, Milan éditeur, ainsi qu’une histoire du publicitaire Leo Burnett dans « 5 Géants de la publicité », Editions Assouline

. Photo EP de la veste, à voir dans l'album photo "Genre". Les deux paysages du Nevada en provenance de Wikipedia sont à retrouver dans "Paysages". J'ai longuement hésité entre les deux remarquables photos: celle que vous voyez est un cliché de la Maison Blanche et l'autre que vous retouverez dans l'album est prise à partir d'une montagne, la "Frenchman Mountain"!  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 11:48

Il ne faut jamais chipoter. Je traduis tout de suite pour les traducteurs automatiques qui nous font parfois de drôles de surprise. Chipoter signifie « discuter sur des vétilles ». Les vétilles maintenant, ce sont des « choses sans importance ». Donc en matière de vœux, il faut toujours voir large et ne pas hésiter à en faire de trop, sans chercher l’exhaustivité quand même, ni l’originalité, ni « le toujours plus » dont nous connaissons maintenant les dangers.

 

Collection Emmaüs 2011, Bleu-OrangeCette année, je ne résisterai pas au 12-12. Facile, oui. Et alors ? L’important est dans l’intention.

 

Pour 2012, je vous souhaite :

01. la puissance de feu du dragon qui traverse les épreuves, sans se brûler

02. la subtilité et l’humour de Philippe Meyer de France Inter à Paris

03. la beauté du geste de la golfeuse et du golfeur en Ecosse, près de la mer

04. l’acuité de la vision de l’aigle pour apporter à manger à ses petits

05. la fragilité si tendre du coquelicot orange dans une prairie de Normandie

06. la ténacité du pissenlit qui repousse à chaque fois     qu’on le coupe

07. la force du schiste noir alliée à la tendresse du falun blanc en Loire

08. la souplesse du bambou au bord de l’eau qui chante, sans jamais faiblir

09. le regard qui voit à travers les murs, le temps, l’espace, pour comprendre

10. la clarté de l’éclair qui permet de trouver des nouveaux chemins la nuit     

11. l’imagination créatrice large et en profondeur du stratège spatio-temporel

12. la suavité d’un Coteau du Layon d’Eddy et Myleine 0osterlynck de Faye d’Anjou

      Collection Emmaüs, Turquoise-Vert-Feu

    + 1 l’équilibre et la tolérance du sage qui comprend, sans exclure

 

Votre œil voit bien. Il y a  un numéro supplémentaire à utiliser comme une carte joker à tout moment et surtout quand on sait qu’on ne sait pas. Bonne année 2012 !  

Pour suivre le chemin

. Retrouver Eddy et Myleine Oosterlinck au  Domaine de Juchepie, sur leur site et sur l’excellent blog de la Pipette aux quatre vins  http://pipette.canalblog.com/archives/2010/05/03/17734655.html

. Photos EP, à retouver dans l'album-photos "Art2" sur ce blog. Ces cartons peints font partie de ma collection "Emmaüs" 2011.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Pages

Recherche

Images Aléatoires

  • La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillons
  • 631---El-gance--Chinon--Domaine-de-la-Commanderie.jpg
  • La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillons
  • Cycle vigne et vin, Le dessin n° 4
  • Zao Wou-Ki, Affiche expo Angers 2010
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés