En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Société

Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 17:59

C’est une terrible réalité. Pour mieux comprendre la société, il est complètement admis, sans aucune distance, qu’il faut catégoriser, tout et son contraire. L’outil d’étude, le rangement dans une catégorie, permettant de comprendre le tout. Découpons, recoupons, classons, rangeons, étiquetons chacun dans un tiroir, une case et l’analyse sera non seulement possible, elle en sera facilitée. Oui, à un gros bémol près, c’est que la somme de ces sous-parties ne fait pas l’ensemble. Bien au contraire, elle empêche de comprendre le tout et ne conduit pas à  chercher de nouveaux outils plus subtils que ce gros couteau à découpe en petits morceaux, en ayant perdu ce qui fait sens, le lien entre les sous-parties et avec le tout. 

 Lumi-re-sur-argile-2-09.03.18-096--2-.jpg  

L’identification de la sous-partie, objet de l’analyse

Pour asseoir ma démonstration, je choisis volontairement des cibles diversifiées, telles que le genre pour distinguer la femme de l’homme et l’âge pour parler des jeunes par rapport aux autres. Il pourrait y en avoir d’autres exemples mais cela suffit pour montrer l’absurdité de continuer à vouloir comprendre des systèmes globaux sur la base d’un découpage ciblé.  

    

Le genre

L’histoire montre comment notre société a de la difficulté à intégrer pleinement la femme au rang des acteurs de plein droit de la société. En 1789, les députés ont estimé qu’il suffisait de viser les droits de l’homme pour englober ceux de la femme, avec cette conséquence étonnante qu’une femme est un homme comme les autres. Ce qui ne peut que réjouir les femmes engagées dans une démarche active de revendication de la plénitude des droits humains. 

   

Notre époque penche plutôt vers la catégorisation. Les femmes rentrent dans la catégorie « femme. A ce titre, l’ONU par exemple vient depuis le 1er janvier 2011 de lancer un « ONU Femmes » qui regroupe un certain nombre d’institutions jusqu’alors dispersées. On pourrait s’en réjouir. On est en droit de s’en inquiéter au vu des attitudes des Etats membres. Plus la condition humaine est découpée en morceaux, plus il leur est possible aux Etats de signer des grands textes, en faisant des réserves pour tel ou tel segment, les femmes par exemple, sans plus être lié par exemple comme avant par les droits revendiqués comme naturels pour un homme.  

   

C’est ainsi qu’au nom de l’exception culturelle, la polygamie (re)devient un droit revendiqué pour les femmes de certains pays en vue de combattre la prostitution. Citons aussi comme autre exemple, la non-comptabilisation des petites filles dans la prise en compte du taux d’analphabétisme global qui en fait est calculé sur les seuls chiffres des petits garçons dans un grand nombre de pays du Tiers Monde, comme on ne dit plus. Les pourcentages sont plus satisfaisants. Question d’image de modernité., mais pas seulement, on en revient par là à une redéfinition plus précise des droits de l’homme. Il s’agit bien de l’homme, en faisant de la femme une petite fille à vie.   

  Ecailles de cuir, sac à main 

Les jeunes

Le brouillage est tout aussi étonnant. Des jeunes enfants, qui hier encore étaient accompagnés à l’école par des adultes, sont aujourd’hui munis d’un téléphone portable pour appeler en cas de problème sur le chemin. On les voit le matin partir dans le noir seuls avec leur cartable. C’est une image qui reste dans la rétine, à l’opposé de ce qui se passe au Japon par exemple où aller seul à l’école est considéré comme un élément de socialisation du jeune enfant. Mais où l'enfant se rend à l'école avec d'autres enfants de son âge .

 

A l’autre extrémité de la fourchette « jeune », à 30 ans moins un jour, on est encore considéré comme « jeune » pour faire partie d’un conseil de participation aux affaires de la cité dans certaines collectivités. A ce moment là, on vote en tant qu’électeur depuis 12 ans. Adulte de plein exercice à 18 ans, on ne l’est pas assez pour entrer dans un conseil de quartier par exemple, qui a pour objectif aux habitants de travailler en concertation avec les responsables de la ville où l’on habite.  

   

Les conséquences sont fortes en terme de coupure du lien générationnel, de l’impossibilité de travailler ensemble dans les conseils de démocratie participative. Les jeunes ne sont pas associés au développement du quartier et plus. Ils se retrouvent entre eux, saisis des questions à compétence « jeunes » dans un conseil-jeunes uniques dans les villes moyennes. Les plus que 30 ans se retrouvent avec une majorité de jeunes retraités. Ils sont cette fois-ci identifiés par leur logement dans un quartier.  

La fourchette varie selon les endroits. Les Jeunes de Pessamit dans les Premières nations du Québec et du Labrador ont fixé la barre à 35 ans pour des raisons culturelles.  Elle est de 30 ans moins un jour à Angers, de 25 ans à Nantes. D’autres villes se rapprochent de l’âge légal de la majorité. C’est le cas à Rochefort qui visent les 15-20 ans…  

    Terre malaxee par les sabots des vaches jpg

L’influence du marketing

Le marketing est, rappelons-le, un ensemble de techniques permettant d’accroître l’efficacité de la stratégie et de la politique commerciale de l’entreprise. Il s’est étendu ensuite à toutes les sphères de la pensée et de l’action. Les acteurs publics n’échappent pas à ces règles, bien qu’ils ne se situent pas dans l’orbite entrepreneuriale, mais dans celui de la gouvernance. Ils ont la gestion  en commun et c’est là qu’on retrouve la catégorisation qui permet dans le domaine politique de répondre aux différents groupes de lobbying et d'attentes définis en terme de besoins, comme en marketing.  

   

La coupure du lien et la création de sous-catégories mineures en droit

Elle est une des conséquences de la segmentation entre catégories. Celle-ci conduit à isoler la sous-partie de l’ensemble qui garde toute sa légitimité propre au fait qu’il est un tout, alors que pour la sous-partie, les principes généraux de l’ensemble ne sont jamais rappelés tant cela va de soi. Or dans cette manipulation, il y a bien une perte réelle de valeur de la catégorie « femmes » et de la catégorie « enfants » qui sont traités comme des minorités alors qu’elles sont plus nombreuses. 

   

Le renforcement du lien de sous-catégorisation entre elles

S’ajoute à cette descente dans l’échelle des valeurs attachées au genre humain, un autre lien qui est de lier la femme à l’enfant, comme si l’âge d’une femme restait à vie en dessous de l’âge de la majorité accessible aux seuls hommes. L'absence d'accès à la formation dés la petite enfance renforce la sous-catégorisation. C’est le catalogue de la Documentation française qui établit en tant qu’évidence le lien entre la femme et l’enfant. C’est aussi maintenant l’ONU-Femmes, qui parle de « sexospécificités » dans le domaine du développement économique.  

   

L’addition de deux minorations ne fait pas un plus, au contraire. Le principe "Pars pro toto" (la partie pour le tout) n'est pas toujours valable, au contraire.   

   

Pour suivre le chemin

. Sur l’ONU, trouver plus d’infos sur

http://www.unwomen.org/fr/

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/871-onu-la-religion-grignote-les-droits-des-femmes

. Sur les Premières Nations du Québec et du Labrador et les autres, voir

http://www.facebook.com/group.php?gid=158203944200716

. Pour quelques villes ou autres collectivités

http://www.ville-rochefort.fr/democratie-locale/conseil-jeunes

http://jeunes.angers.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Jeunes_seine-et-marnais_CJ77

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 16:17

 C’est une jolie histoire que décrit le correspondant du Monde à Pékin, Brice Pedroletti. Elle montre comment un groupe d’internautes chinois ont pu convaincre les autorités municipales de  Nankin, la première république de Chine, de ne pas ‘transplanter’ des platanes pour cause d’extension du réseau du métro. On les  appelle traditionnellement là-bas des « arbres parasols français » parce que c’étaient ceux que les Français alors puissance occupante en Chine plantaient dans les concessions sous mandat français,  à Shanghai par exemple.  

 Platanes de la Place de la Rochefoucault, Angers

Ces platanes ont en outre la particularité d’avoir été planté, c’est du moins l’histoire transmise, par Tchang Kaï-Check vers 1930. Une première série  de plusieurs centaines de ‘transplantations’ de ces arbres  a déjà eu lieu il y a quelques années, avec un résultat fort prévisible, la mort de quasiment tous ces arbres nonagénaires. 5 ans après cette première expérience traumatisante, la communauté des défenseurs des platanes a su réagir, contre ce qui est de facto la seconde phase d’un massacre programmé. Cette fois-ci, elle s’est mobilisée rapidement,  a fait le buzz avec des photos d’arbres à terre, a contacté un célèbre chroniqueur sportif qui a relayé l’information sur le Net sous ce slogan «  un arbre, ça ne parle pas. Mais un homme, si ». Platanes de la Place de la Rochefoucault, Angers

Pour l’instant, l’opération est suspendue. Le projet d’extension du métro va être revu et promesse a été faite de ne pas transplanter ces arbres. En attendant qu’ils s’exprimer peut être un jour, des habitants leur ont noué un ruban vert autour de leur tronc pour les protéger. C'est un langage non verbal. Une affaire à suivre. 

 

Pour suivre le chemin

. Voir les éléments de base sur le platane et sur Nankin sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Platane

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nankin

. Je n’ai pu trouver de photo montrant ces grands arbres à Nankin .

. Photos EP; les platanes qui illustrent ce billet sont situés à Angers.    

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 09:56

La tente a toujours servi d’abri temporaire pour des personnes en déplacement, qu’elles soient militaires ou civiles. Depuis l’Antiquité, les soldats ont toujours su mettre à profit les qualités de la tente pour abriter les hommes, les vivres et les matériels de façon à être opérationnels très rapidement au lieu stratégique, dans des lieux sans hébergement ou capacité d’accueil suffisante. C’était le cas au camp  de La Courtine en 1910, avec ces superbes tentes blanches. 

  Tentes, Camp de la Courtine, 1910

La tente et le pouvoir

Il en existait bien sûr différents modèles selon les usages qui en étaient faits. Il en est ainsi de la tente d’apparat. Plus le niveau hiérarchique de celui qui y était abrité était élevé et plus la tente était somptueuse. Citons Alexandre le Grand qui disposait d’une tente personnelle soutenue par des piliers d’or.

 

Tente d'apparat-Field of the cloth of gold-1520-Wikipedia

Autre exemple célèbre, celle où François Ier accueillit en 1520 Henri VIII d’Angleterre au camp du Drap d’Or, en Flandres, entre les châteaux d’Ardres et de Guines. Actuellement en Arabie Saoudite par exemple, lors de grands rassemblements politiques, des tentes sont édifiées dans le désert avec des tapis en guise de toile. Une seule tente peut accueillir jusqu’à 2 000 personnes. La tente est un symbole fort de culture.

 

La tente et la ville

Au cours des temps, la tente servit aussi à accueillir les membres des croisades en attente de départ, comme à Aigues-Mortes en 1246. Le lieu fut choisi pour sa faculté à être protégée par des remparts à l’intérieur desquels fut érigé un village de toile dont les tentes furent ensuite remplacées par des maisons, tant le site était propice.

 

La tente et la guerre

Il fallut inventer de nouveaux modèles de tentes pour accueillir en urgence des personnes déplacées dés la fin de la première guerre mondiale. Le modèle  d’urgence était basé sur le principe d’arceaux recouverts de tôles. C’est ce qu’il y avait de plus simple et de plus rapide à monter.

 

Ancien abri fin 1ère guerre mondiale, Peronne

  

La tente, les réfugiés

Actuellement dans les situations d’urgence que gère le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR), un organisme spécialisé de l’ONU, avec les autorités de l’Etat d’accueil, ici la Tunisie, c’est le plastique qui remplace la tôle trop lourde à déplacer. Ce matériau très léger offre aussi le gros avantage de présenter un volume réduit car il est repliable. Sur la photo prise à la frontière entre la Lybie et la Tunisie, on découvre ainsi des lignes de tente serrées les unes contre les autres, presque sans espace entre elles, avec seulement quelques drapeaux noirs ou blancs comme point de repère.

  Tentes de secours Réfugiés de Lybie-LeFig-20110307PHO

 

Le tunnel, la serre

Une autre image vient alors à l’esprit, celle de ces étendues de plastique qui ont fait disparaître la terre du Sud de l’Espagne pour faire pousser des tomates à des prix imbattables grâce à de la main d’œuvre entrée sans papiers en provenance essentiellement du Maroc. Au sud-ouest du Campo de Dalias, les tunnels et les serres sont parfaitement alignés. La plasticulture s’étend sur 20 000 hectares entre El Ejido et Roquetas de Mar. La zone est parfaitement visible de l’espace.

  Serres et Tunnels,Campo de Dalias, Espagne Su

 

De la plasti-culture à l’accueil d’urgence

Plusieurs différences vous montrent qu’il ne s’agit pas de la même situation. La photo prise en Tunisie montre des abris alignés à la hâte pour les personnes en provenance de Lybie, sans alignement comme à La Courtine, sans allées bien rectilignes pour pouvoir circuler. Il n’y a que du plastique et des arceaux. Seuls les drapeaux montrent qu’il y a des humains dessous la nuit. Le jour, ces hommes en très grande majorité se regroupent, en attendant le plus rapidement possible un vol pour les emmener au loin…  

  Réfugiés fuyant la Lybie-HCR-Branthwaite- 4d7a3e376

 

Pour suivre le chemin des tentes

. Ce billet a eu pour déclencheur la photo publiée Le Figaro-Sélection sur le camp de réfugiés de Ras Jdir, à la frontière entre la Lybie et la Tunisie. Près de 215 000 migrants ont été accueillis en cet endroit en trois semaines.   

 

. Les photos

1. Camp de La Courtine, collection France Poulain

Des infos sur le camp

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_La_Courtine

2. Camp du Drap d'Or, Wikipedia,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_du_Drap_d'Or

3. Ancien abri d'accueil de personnes déplacées, fin Première guerre mondiale, à Peronne, collection France Poulain

4. Camp du Ras Jdir, sélection du Figaro du 13 mars 2011, http://www.lefigaro.fr/photos

5. Plasticulture, Nasa, à voir sur http://en.wikipedia.org/wiki/Plasticulture

6. Réfugiés en Lybie-HCR sur http://www.unhcr.fr/4d7a51f2c.html

 

. Découvrir également les « tentes de réfugiés », appelées aussi « tentes pour réfugiés » aux normes chinoises car faites en Chine, sur le site http://french.alibaba.com/products/refugee-tents.html Il en existe de nombreux modèles d’une capacité d’accueil jusqu’à 50 personnes.

 

. Se rappeler que les tentes permettent aussi une autre approche de la nature, de vivre avec les autres, tout en ayant une pratique sportive, à lire dans « L’Esprit du Camping » de France Poulain et Elisabeth Poulain (Cheminements éditeur) qui retrace toute l’histoire du camping depuis la fin du XIXè siècle, avec une très belle iconographie, en particulier des différents types de tentes.

 

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 12:04

 

Aujourd’hui commence un jeu qui consiste à repérer les mots qui sont employés par les villes, les urbanistes, les paysagistes, les journalistes… pour présenter leur projet d’aménagement des bords de leur fleuve. Un jeu qui présente un réel intérêt du fait maintenant de la force de ce mouvement qui se produit au même moment  dans le monde avec une réelle concomitance d’emploi de certains termes. L’intérêt porte aussi sur les nuances de sens des mots utilisés et des contextes d’utilisation.

 

 

Wikipedia-Liège-Meuse et sa dérivationLes personnalités de Liège

. L’élu concerné : l’Echevin liégeois de l’Urbanisme Michel Firket : « ce projet est très séduisant et porteur de valeur ajoutée… »

. Le directeur liégeois du SPW (Service Public Wallonie) Routes, Dominique Verlaine : «  notre volonté est forte que ce chantier soit mené en cohérence avec les autres aménagements du quartier » 

 

L’équipe

Architectes : Bureau Greisch, Jean-Marie Cremer

Urbanistes : Sart Tilman

Mobilité : Transitec

Paysagistes : Michel Corajoup et Yannick Saillot, un de ses collaborateurs

 

« Le travail du paysagiste est de comprendre des choses complexes et de proposer des aménagements » ---) Yannick Saillot 

 

La ville + son fleuve ---) Liège + la Meuse

Carte, Liège blaeu 1649 Wikipedia = Lîdje sins Môuse, c'est Moûse sins Lîdje[A 4] « Liège sans sa Meuse, c'est Meuse sans son Liège » ;

 

L’objectif principal de l’opération urbaine

Aménager un boulevard urbain inédit ---) Joël Matriche, journaliste Le Soir

 

Fréquenter les berges à nouveau ---) Michel Corajoup

Mettre en évidence les quais de la Meuse, à propos de Michel Corajoup

 

Redessiner les quais ---) entre Piercot et le pont de Fragnée

Remettre tout à plat ---) Jean-Marie Cremer  

Redonner de l’importance aux berges de la Meuse, qui ont été négligées  ---) Michel

Corajoup

Remodeler les bords du fleuve ---) le journaliste

Rendre la Meuse aux Liègeois ---) le journaliste

Rénover les quais ---) le journaliste

 

Resserrer le tissu urbain autour de la gare ---) Michel Corajoup

Prévoir une scénographie forte ---) Michel Corajoup

 

Paysages d’eau

. De grande amplitude et d’horizon ---) Michel Corajoup

. Avec une belle courbure ---) un des points forts du site pour Michel Corajoup (comme à Bordeaux)  

La circulation automobile

. la ralentir fortement en surface

. faire mieux que les tunnels

. n’en garder qu‘un seul déjà existant, sous la rue des Guillemins  

La place de la voiture

. réduire le stationnement de la voiture, à réserver aux seuls habitants (idée évoquée) = ne prévoir que quelques places de parkings

. réduire le parking de l’Héliport et mettre à la place un espace vert

. « ôter à la voiture de son arrogance, au profit des cyclistes et des piétons »---) le journaliste

 

L’autoroute urbaine actuelle

.  à remodeler, à repenser

= c’est l’objectif principal du projet

 

Les voies nouvelles

. desserte locale, afin de « réserver l’accès sud aux Liègeois et à ceux qui leur rendent visite » ---) le journaliste

. créer un long cheminement  en desserte locale, un boulevard urbain ---) Greisch

= « deux chaussées de deux bandes de circulation chacune, ponctuées de six carrefours avec feux de signalisations entre le pont de Fragnée et Piercot, avec des places de parkings dessinés le long de ces voies » ---) le directeur du SPW

 

. améliorer et rendre plus conviviales les entrées et sorties du Centre-Ville

. prévoir un nouvel axe de circulation de la gare à la Médiacité en passant par le Parc de la Boverie et son futur centre d’Art

Carte, Liege 1775 Carte du Cabinet des Pays-Bas autrichiens Wikipe  

Les cheminements nouveaux

. adaptés aux usagers lents

. un passage piétons pour aller de la gare à la Boverie 

Des interventions paysagères

. à prévoir…

. « la préservation des platanes centenaires de l’avenue Blonden contribuera à la résurrection du quartier » ---) le journaliste

. les terrasses seront valorisées. 

Liège Blason 1592 WikipediaL’éclairage

. froid sur les bords de la Meuse, chaud dans les quartiers à mettre en place  

Le calendrier + le financement

. calendrier serré du fait du financement Feder qui impose des dates butoirs

= 2007 ---) adoption du périmètre urbain des Guillemins, 2008 ---) accord du Feder pour l’aménagement de la place, la passerelle et les quais pour 40% des 30m E prévus, le reste étant financé par le SPW, 2010 ---) étude d’incidence pour la rénovation des quais, ---) demande de permis de construire, 2012 ---) Début du chantier qui doit se terminer en 2014. 

 

La concertation

Si le besoin s'en fait sentir au vu des résultats de l'enquête publique...

 

Pour suivre le chemin

. Lire les deux articles de Joël Matriche dans Le Soir, 28 juillet 2010 et 8 octobre 2010

www.lesoir.be/.../un-nouveau-boulevard-en-bord-de-meuse-783729.php

www.lesoir.be/regions/liege/.../rendre-la-meuse-aux-liegeois-97257.php

. Découvrir Liège sur Wikipedia avec les belles cartes http://fr.wikipedia.org/wiki/Li%C3%A8ge

 

. Voir sur ce blog, les 6 billets sur le ré-aménagement des berges de la rive gauche de la Garonne à Bordeaux, les 6 consacrés à celui de la rive gauche du Rhône à Lyon en partie centrale de la ville et les 2 dédiés aux berges des deux rives de la Maine à Angers.  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 10:14

 

Une jolie question que celle-là. Il manque en plus un quatrième terme qui est celui de Proposition.  J’ai mis un point d’interrogation pour bien mettre l’accent qu'elle pose sur les enjeux très réels pour la démocratie, la nôtre, celle à laquelle nous sommes si attachés, celle qui ne se découpe pas en tronçon.  

L’obligation légale

Bitume, ciment et bleuAutant il est obligatoire pour la Ville d’établir un Conseil de Quartier dés lors que le seuil de 80 000 habitants est atteint, autant la collectivité urbaine a-t-elle quasiment toute liberté pour fixer sa dénomination, sa composition et ses modalités de fonctionnement. Quant au Conseil, il peut faire des propositions sur les questions posées par le maire et peut être associé aux actions concernant le quartier.

 

« Peut » figure par trois fois dans le 3ème alinéa du texte. Il en résulte qu’un Conseil de Quartier peut ne pas être saisi dés lors que le maire ne le souhaite pas (Ier cas de limitation). Il peut être consulté sans pouvoir de proposition (2è limitation). Il peut aussi faire des propositions dans le  cas où il est consulté et où le maire souhaite qu’il fasse des propositions.

 

Dans le même alinéa, le législateur prévoit que le Conseil peut être associé à trois stades de d’une action : son élaboration, sa mise en oeuvre et l'évaluation (limitation séquentielle). Une autre limitation intervient : la localisation de l’action limitée au quartier (limitation territoriale), en particulier pour les actions menées au titre de la politique de la ville (limitation fonctionnelle). 

La participation

Je ne parle pas de démocratie participative, ce qui serait beaucoup trop réducteur pour la problématique que j’évoque. De cette démocratie là, je garde le terme de participation, qui convient bien. Il est tellement vague qu’il s’adapte à tout et en même temps il porte une profonde vérité. Jusqu’en 2002, il n’y avait que deux postures possibles à ceux qui s’intéressaient à la vie de leur ville, en plus de voter aux élections : s’engager directement en politique ou en discuter activement en famille ou ailleurs. Entre le tout ou rien, il y a maintenant un autre positionnement qui est celui d’intégrer une instance de participation, pour prendre part à la vie de la Ville. Mais comment ?  

La problématique

Dans ce cadre minimaliste de l’obligation légale pesant sur la collectivité, y-a-t-il « simple » consultation ? Ou bien de la « vraie » concertation ?  

La différence des enjeux

Entre ces deux termes, qui commencent et se terminent tous deux de la même façon, la première syllabe venant du latin (cum) pour désigner ce qui se fait « avec » et la dernière montrant « l’action », il y a une grosse différence d’implication et de prise de responsabilité. Les deux sont indiqués dans notre cas. Il s’agit de travailler ensemble avec la collectivité au bien de la cité, dans les affaires urbaines, au projet de développement, aussi bien qu’à la résolution du vivre ensemble au quotidien. La différence porte sur le degré d’engagement de l’habitant dans la décision.  Cuirasse de guerrier, papier, Marie H Blanchard

La consultation

Elle indique le sens de la liaison qui continue à venir d’en haut : celui qui a le devoir de concevoir et de mettre en œuvre la politique de la collectivité locale consulte sur des points précis, de la façon et au moment choisi par lui, ceux qui sont directement concernés par la question. Dans cette vision, le Conseil de Quartier est le plus souvent qualifié de « consultatif », pour indiquer qu’il a charge de donner son avis, sans pouvoir de décision. Chacun se devant de rester dans son rôle, comme il apparaît clairement dans la loi du 13 février 2002 relative à la démocratie de proximité. L’habitant, comme il est désigné, n’a dans une vision minimaliste que le pouvoir d’être consulté, si telle est la volonté de la collectivité. Comme on l’a vu dans le texte de loi, un conseil de quartier pourrait être saisi sans capacité de pouvoir émettre des propositions, ce qui limite singulièrement le sens du mot ‘consultation’.   

 

En résumé, la consultation est une initiative qui appartient au maire quand le conseil s’appelle conseil de quartier. Il en va autrement quand le titre inclut le terme de la consultation. Le Conseil devient alors « Conseil consultatif de quartier », ce qui apparaît comme une avancée significative, dés lors que la demande répond aux cinq limitations  légales qui viennent d’être citées. Mais le titre ne suffit pas pour montrer une avancée réelle. 

 

La proposition

Elle ne va pas de soi. Elle n’est pas directement attachée à la consultation, comme le montre la disposition de la phrase. Le maire peut … et le conseil peut …Même consulté, le conseil peut ne pas avoir à faire de proposition. Ce serait le cas, pour une réunion d’information ou des ateliers de formation, mais en ce cas, il n’y a plus de consultation proprement dite. Toutes les modalités de propositions sont fixées par le maire.

 

Quant à la question de la capacité d’un conseil de quartier de faire des propositions de sa propre initiative, elle entre dans le champ de la concertation.

 

La concertation

Le grand mot est lâché. Concerter une action, c’est agir ensemble. Il y a là une relation de partenariat pour le bien commun du projet, chacun restant dans son rôle. Le terme est si fort qu’il n’est pas directement prononcé dans le texte de la loi. Cependant, rien n’interdit à une municipalité de le faire, comme Lille qui a servi d’exemple en France. Tout dépend donc de la façon de la municipalité d’envisager ses relations avec ses administrés et de la façon dont ceux-ci  saisissent cette opportunité d’être des acteurs plus engagés dans le développement de la ville, quel que soit le niveau où se situe l’action en terme d’importance. Dans la concertation, il faut vraiment être deux mais pas forcément ensemble.

 

Il existe bien des conseils communaux de concertation, dont la dénomination indique  l’ouverture et l’amplitude de l’action citoyenne de proximité. Notons que dans ces cas-là, le terme d’habitant, qui n’a pas de sens en démocratie, n’est plus utilisé. Le citoyen reprend du service. Une bonne chose. 

 

La question de la concertation n'en reste pas moins entière, car tout dépend de la façon dont elle se déroule: avant, en même temps que les professionnels sur la problématique en général, après sur des thèmes bien précis...?

   

A lire des compte-rendus publiés sur le net, se dessine toujours un sentiment d’antagonisme larvé entre la volonté des citoyens d’être pleinement associés à la décision - mais de quelle façon, jusqu'où et jusqu'à quand? - et celle des élus de faire avancer ces dossiers qui sont toujours allourdis par des chocs conflictuels d'enjeux privés. Avec aussi ce que dénoncent des élus, la focalisation d’habitants sur le seul lampadaire qui se situe devant chez eux, alors même que tout le système est fait pour garder les participants dans la seule sphère de compétence de très proche proximité. Le quartier est maintenant divisé en autant d’îlots sans connexion les uns avec les autres , sauf si la collectivité l'écrit  expressément .         

 

Feu et metal jpgLa communication au titre de la participation

Celle-ci pourrait se présenter comme le socle minimal qui permettrait par exemple d’informer les habitants par les moyens adaptés et de les former, par exemple, à l’organisation des services de la collectivité ou au déroulé d’une séance du conseil municipal…Dans cette participation, s’inscrit en outre des visites sur le terrain des serres municipales, d’une usine de traitement des déchets…

 

Dans un autre sens, participer est un terme bien utile pour montrer la volonté d’ouverture d’une municipalité envers ses administrés. Une façon de jouer la transparence à des fins de relations publiques, au même titre que ce que fait une entreprise pour se faire connaître et apprécier en externe par ses clients et partenaires et en interne pour resserrer les liens entre les membres du personnel. Ces opérations de communication coûtent moins chères et sont plus efficaces que des affichage ou des insertions dans la presse. Elles associent finement les citoyens avec leurs élus et entre eux.

 

Le trouble sémantique

A lire les textes produits par des villes dans ce cadre réglementaire, il apparaît que les mots apparemment identiques mais portant des sens différents sont utilisés sans que leur sens de départ soit préservé. On parle d’habitant, pas de citoyen. La segmentation fleurit. Tout est tronçonné. D’autres conseils sont crées dans un cadre non territorial, sans possibilité de les joindre. Les 'jeunes' font partie de conseil distinct. Les ‘étrangers’ d’un autre. Les contacts inter-conseils sont de fait non-prévus, sauf exception. Le cadre territorial est morcelé. Il est quasiment impossible de travailler avec des habitants du trottoir d’en face, pour cause de frontière de quartier…Quant à la ville voisine, pas la peine d’en rêver. Le conseil est qualifié de consultatif alors qu’il autorise expressément la concertation…La multiplication des autres organismes à compétences dédiées, sans possibilité de les contacter en direct,   ne facilite pas non plus la tâche des personnes engagées dans cette démarche citoyenne, en particulier dans le domaine du Développement durable.

 

La réponse est que la simple consultation n'est jamais aussi simple que cela. Quant à la vraie concertation, elle existe aussi, à certains moments, sur des thèmes bien délimités, en fonction de la force de proposition des citoyens et de leurs connaissances des textes. Chaque  jour, elle est en train de se construire et c'est une bonne chose. 

 

Quand les personnes se posent la question de savoir si elles sont la possibilité de faire des propositions à leur initiative à la collectivité, la première chose à faire est de se référer au seul texte existant qui est la charte et le règlement qui le complète. La deuxième chose est d'en faire dans tous les cas, pour avoir ce droit démocratique.  

 

Pour suivre le chemin de la concertation

. Voir la loi 2002-276 20 février 2002 sur http://admi.net/jo/20020228/INTX0100065L.html

II. - L'article L. 2143-1 du même code est ainsi établi :
«Dans les communes de 80 000 habitants et plus, le conseil municipal fixe le périmètre de chacun des quartiers constituant la commune. Chacun d'eux est doté d'un conseil de quartier dont le conseil municipal fixe la dénomination, la composition et les modalités de fonctionnement. Les conseils de quartier peuvent être consultés par le maire et peuvent lui faire des propositions sur toute question concernant le quartier ou la ville. Le maire peut les associer à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des actions intéressant le quartier, en particulier celles menées au titre de la politique de la ville. Le conseil municipal peut affecter aux conseils de quartier un local et leur allouer chaque année des crédits pour leur fonctionnement. »

 

. Pour des exemples de démocratie à implication des citoyens et des habitants, voir notamment les exemples d’Argenteuil, Rennes, Epinay-sur-Seine, Saint-Herblain, Angers, Paris, Lyon…

. Participez au site collaboratif  sur ce double thème de la participation en lien avec la démocratie http://www.participation-et-democratie.fr/   qui est cité par Wikipedia à Concertation  http://fr.wikipedia.org/wiki/Concertation

 

. Ce billet est une conséquence directe d’une question posée à l’élu par un habitant en réunion publique d’évaluation des deux années passées de mandat des conseils consultatifs de quartier : « Peut-on prendre l’initiative de faire des propositions à la ville ? » Réponse de l’élu : « le conseil s’appelle conseil consultatif de quartier ». Ce qui n’est pas faux, mais induit volontairement une réponse négative. Or la Charte des CCQ de cette ville cite expressément le pouvoir d’initiative et de proposition d’action des membres habitants du Conseil. Le document indique aussi que l’élu, membre de droit du bureau du conseil de quartier, ne peut animer un groupe de travail. 

 

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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