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En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Vin & Spiritueux

Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /Oct /2007 18:09

Ce billet fait suite à celui dédié à Patrick Baudouin (2)

Gérard Bossé est devenu cuisinier en second choix de vie. Il a beaucoup lu, beaucoup réfléchi et est revenu en Anjou après avoir vécu et travaillé dans la région parisienne. Autant de points communs avec le vigneron. Par des amis, Gérard Bossé a entendu dire que Les Tonnelles étaient à vendre. Il connaissait. C’est là qu’il venait manger une tartine de rillettes avec un verre de Savennières avec ses copains le dimanche après-midi. Avec Catherine, ils se sont décidés très vite et se sont lancés à une ré-interprétation de la cuisine angevine. Le chef n’a jamais été très docile pour travailler sous les ordres de quelqu’un. Il se définit comme un artisan, un metteur en goût. S’il avait un secret, il tiendrait en peu de mots : des produits frais de qualité, avec un approvisionnement local, travaillés dans le respect de leur identité. « Manger une carotte rapée, c’est bon, une crêpe fait par le jeune voisin dans la crêperie d’à coté aussi. » En jouant les saisons avec une carte des vins de vignerons comme Gérard et Catherine les aiment et la possibilité de boire les vins au verre. La carte est tout à fait exceptionnelle, avec des vins de Patrick Baudouin bien sûr et aussi de Jo Pithon, de René et Agnès Mosse en Anjou, des Foucault en Saumurois …  

Ce goût pour le vin, Catherine l’a développé à l’instinct comme une ardente nécessité. Et pour acquérir cette dimension nouvelle pour elle qui travaillait aussi, comme son mari, dans l’animation sociale lui avec des jeunes et elle avec des femmes, elle a appris chez Patrick Baudouin et Jo Pithon le travail de la vigne puis du raisin pour faire du vin.  Cette approche douce, traduisez humaine, des lieux, des produits, des hommes et des femmes leur  a permis à tous deux de comprendre et de façonner « leur » Loire, celle qu’ils donnent à goûter à leurs clients.  

Des vins de Patrick, Gérard dit qu’il aime beaucoup ses moelleux. « Les belles années, il a fait vraiment des choses extraordinaires. Il y a dans ses vins un coté franc, droit. Ce sont des vins de bonhomme, avec les qualités et les faiblesses du bonhomme. Que ce soit pour Baudouin, Pithon et Mosse, Foucault bien sûr, à chaque fois, il y a correspondance avec ce qu’ils sontNous on goûte une bouteille. Si à la fin, on est toujours content, on sait que ça vient d’un vigneron comme on les aime. Les étiquettes ou les grands crus, on s’en fiche. » Ils connaissent tous les vignerons dont ils présentent les vins à leur carte. Ils sont allés à leur rencontre, chez eux. Pour aller plus loin, Gérard et Catherine ont franchi une autre barrière en devenant eux-même propriétaire de deux parcelles, Saint Germain des Près en Anjou blanc que vinifie Patrick Baudouin et une à Savennières  que vinifie Jo Pithon pour eux. Et cette fois-ci les deux propriétaires ont confié la création de leur étiquettes à Tolmer, un artiste ami, qui a noué des liens étroits et chaleureux avec les vignerons de Loire dans leur style.  Et c’est Lucie Lom dont  un des deux animateurs habite Savennières qui a fait leur protège-carte et leur carte de visite en partant d’une photo très graphique de la Loire en crue. Le résultat  est tout autant étrange, onirique que réussi.  

 

Le monde vu par un couple d’Américains, New York, EUAN, Béhuard, France  (3)

Le restaurant et la crêperie située à coté constituent les seules activités encore en exercice à Béhuard, que l’on connaît surtout par sa petite église et le pèlerinage qui continue à être pratiqué. Il y règne une certaine atmosphère de lieu hors du temps. C’est pourtant aussi à certains moments et pendant un temps très court le centre du monde. Cela a été le cas  pour ce couple de New Yorkais aux cheveux blancs, des seventies, qui ne parlent pas le français et dont nous comprenions tous l’américain. Ils étaient venus là absolument pas par hasard. Leur voyage avait été préparé. La dame avait un calepin et un crayon à portée de sa main et notait les accords mets-vins, les cuvées et les millésimes, avec un plaisir presque aussi fort que celui qu’elle avait à goûter, en compagnie de son mari. Tous deux font partie d’un « wine-group » à New York et se concentraient sur la rencontre qu’ils faisaient avec ce qu’il y avait dans leur verre et dans leur assiette, en échangeant avec gourmandise leurs impressions. Notre plaisir, à nous qui les regardions finir leur repas, a été de voir leur plaisir. Il est si rare en France de voir des gens dire leur bonheur de vivre, de manger, de boire, de parler et de remercier.  Ils avaient pris le grand menu : foie gras grillé, homard, turbot… Sur leur table restait une bouteille des Foucault « Le Clos ». En partant, ils ont demandé au Chef de venir signer le menu qu’ils ont emporté avec eux.  « It’s a very nice souvenir » a ajouté pour sa part le monsieur qui a signé la note et ça l’a fait rire. J’ai fait des photos des quatre héros ensemble, tous en train de rire. Au chef, ils ont dit de Catherine qui parlait en anglais avec eux :  « She is as good as you » et ils ont ajouté qu’on ne s’était pas occupé d’eux comme ça chez Taillevent.  

Le lendemain, ces New Yorkais avaient rendez-vous au Domaine du Closel et au Domaine aux Moines pour goûter des Savennières in situ. Catherine Bossé leur a trouvé une chambre dans le moulin proche du Domaine aux Moines sur la colline. La tonnelle s’est vidée, il faisait doux, il devait être 15 heures et plus, par un jour de semaine de septembre. Devant nous sont alors passés une quarantaine d’étudiantes et d’étudiants majoritairement en provenance  de Chine, en visite dans l’île ; des jeunes qui viennent de l’autre bout du monde pour comprendre notre monde, encadrés par un prof de l’Ecole supérieure d’Agriculture d’Angers. Et nous nous connaissions tous, le vigneron, les restaurateurs, le prof et moi, avec assis à nos côtés un couple charmant d’Américains et des jeunes Chinois dans la ruelle. A Béhuard, au Restaurant des Tonnelles.  C’est quand même étonnant.     

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /Août /2007 18:11

DSC00339.jpg C’est ce qui se passe quand vous vous connectez sur le site de Vins du Monde, une entreprise très qualitative de vins de domaine en provenance d’une trentaine de pays dans le monde : 14 pays hors Europe, de 15 pays  européens et d’une sélection de vins du Sixième Continent, les Vins des Iles. Vous pouvez aussi, si vous êtes professionnel du vin ou club de dégustation ou comités d’entreprise, recevoir le catalogue, avec un minimum de commande à 250 E. En ligne, le client particulier peut aussi acheter.   

 

La segmentation des vins se fait d’abord par continent, par pays (avec description du pays et carte localisant les vignobles), puis par ordre alphabétique du nom de domaine. Chaque domaine est décrit et pour chaque vin, est indiqué la couleur du vin, le cépage, et quand elles existent les appréciations et/ou notations des stars du vin que sont Eric Verdier, Hugh Johnson, Robert Parker, Stephen Tanzer, Wine Spectator, Vini d’Italia + Slow Food, James Halliday et John Platter. Et comme le dit Jancis Robinson : Vins du Monde, An exceptional importer of Non-French wines into France.

 

Le catalogue est certainement un de mes livres préférés de vin. En petit format, sur papier très qualitatif, chaque page présente en colonne la plus à droite ou la plus à gauche, selon qu’il s’agit de la page de droite ou de gauche,  l’histoire des domaines et/ou des vignerons, avec une photo du vigneron, du domaine ou du paysage. Dans les autres colonnes proches du centre du livre, on trouve  les vins avec leurs notes, étoiles ou autres distinctions, sans oublier l’étiquette du vin. Pour faciliter la découverte, VDM  a conçu un cœur de sélection comportant  31 vins de 21 pays à découvrir absolument.  Chaque vin est donc rattaché à son créateur, son lieu d'attache, ses caractéristiques et souvent son étiquette.
   

Pour animer l’été, l’équipe, réunie autour de Claude Gillois le sélectionneur et d’Elizabeth Gilois fondateur de l’entreprise, a sélectionné 10 vins en provenance de Chypre, de Majorque, de Santorin, d’Elbe, de Sicile, de Pantelleria, de Madère, de Tasmanie, de l’Ile Nord et Sud de la Nouvelle Zélande. A vous de découvrir des cépages rares, que je vous donne volontairement dans le désordre pour vous obliger à les assembler à l’Ile: Sercial, Bual, Malvoisie, Passiro des Pantelleria, Nero d’Avola, Aleatico, Assyrtiko, Le Callet…Ce sont eux qui forment ce sixième continent formé « d’îles volcaniques, méditerranéennes ou paradisiaques. Et on a bien besoin de ça en ce début d’automne ! 

Ma sélection à moi est basée sur deux critères très personnelles, la curiosité provoquée par certains habillages et le désir de découvrir le vin qui est derrière ces habillages: 

Aux EUAN (=USA)
- Heitz Cellar, un cabernet sauvignon de la Napa Valley   pour l'atmosphère qui se dégade du dessin, un homme regardant  un vin dans le chai près d'un tonneau, 
- le rouge et le blanc de Bonny Doon, avec un dessin d'une "Big House"
- "Le Cigare volant" toujours de Bonny Doon en assemblage Rhône
- un Pinot noir "Les Révélés , Ici/Là-Bas, Au Bon Climat" (Oregon), 

En République Indienne
- le Sauvignon blanc de Sula de Rajeeev Samant; j'ai raconté dans "Le vin aussi est affaire de femmes" comment Vins du Monde avait découvert le vigneron et le vin, en Afrique du Sud,
 
En Allemagne
- le Johannisberg Blaulack Eiswein, un Riesling en vin de glace,  pour le charme hors du temps qui se dégage de l'étiquette, 

En Espagne
- Pingus (Ribera des Duero) en assemblage Tempranillo, Cabernet Sauvignon, Merlot, pour l'assurance dégagée par la construction graphique de l'étiquette

En Italie
- la série animalière des Barolo-La Spinetta dans le Pièment sur des dessins de Dürer, le rhinocéros pour un Barbaresco Vursu Valeirano, le lion pour un barbaresco Vursu Starderi

En Ukraine
- en final, je choisirais sans  conteste un vin de Tsar -rien que ça- tellement la bouteille est belle: un Massandra Livadia , Cabernet Sauvignon, de la Côte Sud de Crimée. Le domaine a été créé en 1894 par Nicolas II près de la mer Noire.   

10 vins pour rêver. A chacun de se construire ses propres chemins du rêve.

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /Juil /2007 09:01

 …et ses AOC se la jouent Bordeaux, Bourgogne

 

C’est ce que le lecteur découvre en page 91 de Chez vous en France, Mille et une clés pour faciliter la vie publié par La documentation française par Geneviève Brame. Cet ouvrage fait suite à une étude précédente présentant notre pays aux Anglo-Saxons Living & Working in France. Il en résulte une impression étrange et intéressante qui est de montrer la France à des étrangers qui seraient des Français. Ou le contraire mais en tout cas bizarre et en matière de vin, plutôt propre à fantasmer.

Le vin occupe plusieurs pages  du chapitre Quelques traits culturels plus spécialement dans la section Art de vivre…et bon vivant. La vision du vin  commence par distinguer les grands crus des petits vins, puis présentent le Champagne et Bordeaux (les grands crus ?) ; arrive ensuite  la Loire citée en Ier  (les petits vins ?) dont les vins se confondent avec leur ville : Saumur, Chinon, Cahors…Je savais bien qu’on ne prête qu’aux riches mais quand même. Les vignerons de Cahors vont en avoir un choc. Cette poussée vers le sud est peut être déjà en accéléré un effet du réchauffement climatique. Et puis nous les Angevins, les Nantais et les Gens du Centre, on fait quoi ? Remarquez qu’il n’y a pas à être jaloux des Alsaciens. Pour eux, il est seulement indiqué que ce sont surtout les blancs, sans commentaire. 

Et puis pour moi qui défends toujours le bon, le vrai marketing, il y a mieux puisque le territoire  du marketing  arrive à annexer le concept même de l’AOC. Personne n’avait osé aller jusque là, même pas les wine-makers des Nouveaux Pays Producteurs de vin. L’AOC en effet y est définie comme se rattachant à une région déterminée avec, entre parenthèses, la précision suivante (vin griffé, cru classé, cru bourgeois…). On voit déjà les plus qualitatives de nos 68 appellations avoir des crus. Là on devient carrément le challenger de Bordeaux et de la Bourgogne. La Loire annexant Bordeaux. On peut rêver. On est déjà à Cahors. 

Quant à la griffe, elle est un synonyme de marque. C’est un terme utilisé dans la Haute Couture par exemple, en tout cas dans le monde du luxe. En matière de vin, ça étonne. Aucun des 250 vignerons, coopérateurs ou négociants que j’ai rencontrés ces dernières années pour ma recherche sur l'habillage de la bouteille de vin  n’a jamais utilisé ce mot. Après des recherches rapides, j’ai trouvé, 1ère pépite, du vin griffé de Disneyland en vin de pays de la France vendu au prix  de 15 E en merlot rouge ou sauvignon blanc. Ce ne sont pas des AOC mais des vins de cépage. J’ai aussi trouvé un vin griffé du parfumeur Azarro. Là, ça passe mieux. Ca fait vraiment plus chic  que du vin de marque, qui fait plus penser au vin sous marque distributeur.  J’imagine déjà une patte de panthère, dont les griffes déchirent le papier d’une étiquette de vin. Ah, question : quel vin de Loire pourrait supporter ce traitement ? Rouge forcément, peut être du Cabernet sauvignon ou du Côt.  

Ceci dit en page suivante de Chez vous en France, on retrouve notre bon vieux French paradox sous une forme nouvelle : le Français chaque année consomme 23 kg de fromage qu’il associe  au vin, plus 2 litres de champagne et 100 litres d’eau. C’est vrai qu’il est le plus gros buveur d’eau au monde mais là aussi la moyenne baisse, au moins pour l’eau minérale.  Les Américains sont en train de redécouvrir l’eau en carafe servie au restaurant. Cette fois-ci pour cause de  développement durable. La meilleure façon d’alléger les déchets et emballages, c’est de ne pas en avoir. Pour la quantité de vin qui accompagne le fromage, ce n’est pas dit et je sèche. Si quelqu’un a l’info, je suis preneur.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /Juil /2007 14:57

DSC02300.JPG Chez Delhaize et Filigranes, oui, il y a du Chinon rosé

Un vrai professionnel profite de toutes de les opportunités pour augmenter son capital de connaissances du marché du vin. A force d’entendre parler de l’amour des Belges   pour les vins de France  - ils sont même d’excellents connaisseurs et de fins dégustateurs- Sam  a décidé de faire un (grand) voyage. Le premier jusqu’à Paris. A Angers, il s’est demandé ce que faisait tous ces gens à prendre le train. Il lui a fallu quand même reconnaître que c’était normal un jour de départ en vacances. L’épreuve du métro ensuite. Pour qui est habitué au grand air angevin des coteaux du Layon, c’est vrai que c’est dur-dur. Plaignez le. Puis l’arrivée en Gare du Nord, avec du monde dans tous les sens. Impossible de marcher droit dans ce coin et ce n’est pas pour cause d’un excès de bière belge. Le Thalys et l’arrivée à Bruxelles. Ouf. Un peu de calme après cette épreuve initiatrice. Il faut vous dire que Sam voulait, en vrai vigneron, prendre sa voiture. Pourquoi ? Parce que ça permet de faire goûter son vin en Belgique et d’en rapporter de là-bas. On ne peut quand même pas tout goûter sur place. Mais développement durable oblige.

A Bruxelles, Sam avait des tas de copains et de copines à voir. Forcément, il est sympa. Il s’est proposé pour faire les courses. Et c’est ainsi que samedi matin, il s’est retrouvé chez Delhaize, la grande surface belge qui est un gros acheteur de vins français sous nom de domaine et également en vrac, vendu sous marque éponyme. Le Delhaize d’Ixelles a un coin vins qui fait plaisir à voir, en retrait du reste du magasin, avec des linéaires bas où le vin est stocké horizontalement   dans des casiers qui le mettent à l’abri de la lumière adoucie et une bouteille témoin à hauteur des yeux. Les vins de Loire sont en bonne place à quatre endroits différents, les blancs (au meilleur endroit, on tombe dessus en arrivant), les rouges et rosés (de l’autre coté du présentoir), le bio (difficile à trouver) et en petits contenants en dehors du rayon (avant la sortie). 

Blancs (21 références)

Les vins de domaine sont le mieux mis en valeur ;  ce sont aussi les plus chers. 

Domaine & co, dans l’ordre de présentation de gauche à droite et de haut en bas :

- Savennières, Château de la Bizolière, 7,89 E

- Anjou blanc, Do de Fesles, 4,94

- Sancerre, Millet, 10,30

- Menetou-Salon, Millet, 9,29

- Pouilly Fumé, Millet, 6,39

- Sancerre, Henry Natter, 10,80

- Haut Poitou Sauvignon, 3,79

- Saumur, Soliterre, Thierry Germain, 11,90

- Muscadet Sèvre et Maine, L’Aubinière, La Noëlle, 4,59

- Bonnezeaux, Château de Fesles, à un autre endroit

 

Delhaize, placés plutôt vers le bas, sauf le Ier perdu dans les vins de domaine :

Cheverny, 4,39, Muscadet Sèvre et Maine sur lie, 2,99, Saumur Blanc, 2,99, Vouvray, 4,49, Sancerre, 8,49, Reuilly, 6,79, Quincy, 6,69, Sauvignon de Touraine, 2,99, Montlouis moelleux, 3,69, Anjou 2,99, Muscadet, 2,59. 

Rouges et Rosés (4 références)

Domaine & co : Cabernet de Saumur, Vignerons de Saumur, 3,19

Delhaize : Chinon rosé, 3,99, Cabernet d’Anjou, 3,19,  Rosé d’Anjou, 2,79

Bios : Bourgueil, Do Les Roches Brunes,  Biovidis

Petits Contenants 25 cl : Muscadet Sèvre et Maine, 0,99, Chardonnay, 0,98

Et aussi en partant, un vin qui n’est pas un vin, tout en étant vinifié par un œnologue français réputé, qu’on a pas le droit de faire en France mais que je vous engage à goûter absolument, les vins de fruit de Roisin. C’est le nom du domaine quia pris le nom de la petite ville belge. Pour l’instant je n’ai dégusté que le vin de coing (10,50 les 50cl). C’est vraiment quelque chose à découvrir. La prochaine fois, j’essaie le vin de cerises. Roisin est située entre  Bruxelles et la frontière française, en diagonale vers l’ouest (www.lesvinsderoisin.be). Ils recherchent un responsable export.  Information à transmettre aux jeunes diplômés qui n’ont pas peur de bouger. Le poste est très précisément détaillé.

Dimanche matin, Sam se l’est joué yuppie. Avec sa petite bande, il a pris un brunch chez Filigranes, la librairie  de Marc Filipson, rue des Arts, sur la Petite Ceinture. Elle est ouverte 7 jours sur 7 et est un plaisir pour les amoureux des livres. On peut aussi y manger et aussi y acheter son vin. Parce qu’il faut comprendre qu’acheter des livres sur le vin, c’est bien, et qu’acheter en même temps des bouteilles de vin renforce le plaisir. Les vins de Loire sont au nombre de 6 :

- Blancs : Chenin blanc  de Valentin Fleur (4,22E), Pouilly Fumé de Michel Redde (12,27), Sancerre blanc du Clos Paradis de Fouassier (13,18).

- Rouges/Rosés : Touraine de Deletang (6,47), Chinon rosé Les Chatellières de Couly Dutheil (8,38), Saumur Champigny du Domaine des Coutures (9,45). 

Le point commun aux deux gammes, le Chinon rosé ! Ca tombe bien au moment où le syndicat des vins de Chinon (Jean Max Manceau, président) lance une jolie opération de mise en lumière du Chinon rosé.
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /Juil /2007 12:20

DSC01054.jpg C’est l’histoire d’un tour qui me transporte loin de mes terres angevines dans un lieu magnifique déjà reconnu et célébré par les Romains. Ils avaient déjà l’œil, les diables. Du haut de la colline, on voit un paysage à 180 ° de vallées et collines. Non, je ne dirais pas qui est en face, ceux du Berry, qui lorsqu’ils voient celui qui m’accueille, disent de lui aux autres « tu sais, c’est le gars de la Nièvre ».

Je ne suis pas venue ici à Saint Andelain par hasard ; si je sais qui je viens voir, je ne sais pas trop où. Mais cela ne devrait pas être trop difficile. Cibler l’église, le temple, la mairie toute pimpante. Entre l’école d’un coté et le terrain de basket de l’autre, il y a un petit chemin qui a un nom sans un avoir un. Le premier bâtiment à venir sur la droite est un chai semi-enterré, contruit à coté d’une maison « Bellevue » aux volets bleus qui forme les bureaux et enfin la maison d’habitation. C’est là. Après le chemin se transforme en sentier qui descend vers la vallée et la Loire, parmi les plus beaux paysages de Loire qui soient.

Bellevue est le QG de la ruelle « Ernesto Gue Chevarra », au temps de sa célèbre photo qui a fait le tour du monde où le Che pris de coté sourit à quelqu’un qui est à coté du photographe. Il est éclatant de vie, ce rebelle qui a fait rêver des générations. La plaque est apposée sur le chai. C’est un Ier indice. Sur le chai, il y en a un autre, un bras d’honneur en bois, bras coudé à 90° tourné vers la vallée, qu’on suppose être le symbole du vigneron. Devant Bellevue, il y a des roses roses, rouges, jaunes, un prunus florissant et un pécher, plein de pêches, si le vent ne fait pas tout tomber.

Parce qu’ici, le point le plus haut de Saint Andelain en avancée vers la vallée, c’est aussi la tour météo. Le matin, à 8h à l’embauche, les prévisions de temps passent de l’un à l’autre, de Didier qui s’est déjà renseigné aux autres, que je vois et dont je ne connais pas le nom. Ils ont des cheveux longs qui ne voient pas souvent les brosses et les peignes. Ce sont ceux qui travaillent la vigne. Oui, c’est un drôle de temps. Tout à la fois, chaud par moment mais pas là, froid carrément pour une fin juin. On se caille carrément, moi qui suis une petite chose fragile. Des nuages qui passent vite au dessus de nos têtes, du vent froid et fort mais moins qu’en face. En tout cas, c’est ce que nous dit Héléna, la jeune femme, qui fait la visite et assure la dégustation. Il a plu pendant la nuit. Et la vigilance s’impose. La vigne est soumise à de fortes tensions actuellement. Il faut la surveiller et voir si des petites taches brunes n’apparaissent pas. Le mildiou attaque. On n’a jamais vu ça depuis 30 ans en France. 

Au cours de la visite du chai, ce sont les membres du groupe que j’ai le plus regardés. Il y avait un jeune vigneron israélien du Golan qui, pour me situer le Golan, m’a dit c’est « la même size que Châteauneuf du Pape ». On arrivait à se comprendre, lui avec des mots techniques vin en français et un anglais moins approximatif que le mien. Uri Hetz, tel est son nom, possède 5 hectares de vignes et visiblement, il n’était pas là par hasard. Visiblement aussi le parcours du raisin par gravité, il connaît. D’autres étaient plus difficiles à cerner, comme cet américain qui s’est prétendu espagnol avec sa femme et leur fille. Mais dans ce village si tranquille, si « français », sans que rien ne soit « étranger » à l’oeil, en quelques minutes, on s’est retrouvé à 4 nationalités, chez Didier Dagueneau. Pas par hasard, pour les vins de Didier Dagueneau.

Ses vins parlent autant que lui mais à leur façon évidemment. Leurs noms : Silex, connu dans le monde entier, Pur Sang, Astéroïde… tous des Sauvignon produit par une terre à silex, sans une goutte de calcaire dans les veines. Le premier, qui le dit, va avoir des problèmes. Didier a besoin de s’exprimer. Par ses vins, c’est une évidence. Par l’expression de ses habillages de bouteille aussi. Il aime la matière, la couleur, la sensualité d’une peau de bête sous laquelle bât une veine gorgée de sang. Il est un des rares vignerons qui a plusieurs habillages successifs pour un même vin. Pur Sang par exemple est aussi représenté par un dessin d’art pariétal. Un cheval a gros ventre tracé sur la paroi d’un mur, là sur la rotondité d’une bouteille.

Sur les murs blancs du chai, dans le coin à dégustation, Didier Dagueneau a collé ses étiquettes sur le mur. Il a aussi fait écrire en grand des citations de Gérard Oberlé, un ami :
- « Plus besoin de conquérir, quand tout est à vendre », « L’avenir appartient aux roublards et aux tricheurs »,
qui font face à sa préférée, du Che évidemment
- « Soyons réalistes, exigeons l’impossible ».

Parce que Didier est un homme de cœur qui a le goût de l’aventure et du défi. Pour le vin, il a voulu connaître autre chose, sans quitter ses racines de Saint Andelain. Après le Sauvignon, il s’est attaqué au Petit Manseng. Pour cela, il a un petit domaine de 2, 5 hectares dans le Jurançon, presque l’endroit le plus éloigné de Pouilly sur Loire, en traçant une diagonale vers le Sud-Ouest, vers l’Atlantique. Là en Béarn, il produit un vin que les visiteurs dont je parlais au début jamais ne recrachent : c’est Les Jardins de Babylone à Aubertin (64290). Personne, même parmi les professionnels, n’a été capable de trouver le taux de sucre. C’est la question favorite de Didier. La bonne réponse est 110 grammes et ça se goûte, se regoûte sans souci à cause de l’acidité élevée qui équilibre le tout.

Mais notre tour n’est pas terminé. Il suffit pour cela de dépasser la maison vers la vallée. Au fur et à mesure, s’élèvent des aboiements doux, mais vifs quand même, de chiens, qui s’expriment en vous voyant ; ils sont 30 à vous regarder passer. Vous, vous tournez la tâte de l’autre coté. C’est ce que j’ai appris, ne pas regarder un chien qui aboie en face. Là ce serait difficile avec le nombre et surtout, ils ne sont pas agressifs. Ces huskies, dont le nom vient de l’esquimo, ces chiens de traîneaux aux yeux bleus, vous ont à l’œil mais calmement, sans aucune agressivité. Ce sont des sportifs qui se reposent en attendant de travailler.

Il y a là trois attelages, celui de Susie, la femme de Didier, celui de Didier et bientôt celui de Aaron (7 ans) leur fils aîné, dés qu’il pourra les maîtriser. Léon (5ans) est encore un peu tendre pour penser attelage. En attendant, il faut s’en occuper, en plus du petit chien blanc et d’une vieille chienne husky qui ont le droit de dormir à la maison. Les courses d’attelage surprennent un peu sur cette douce colline de vignes. Il est vrai que c’est plutôt un sport d’Europe du Nord. Susie est originaire d’Hanovre. En grande sportive, elle adore la course d’attelage. Elle entraîne les chiens par groupe de 8, qu’elle attelle à un quad, dont elle ne démarre pas le moteur. Quand ces 8 premiers ont fait leur aller-retour en descendant et remontant la colline, elle en prend une seconde équipe et recommence.

Ca dépote à Saint Andelain, avec le contraste entre le coté un peu endormi du village en semaine, la notoriété bien réelle des vins de Didier qui sont connus dans le monde entier par leur rigueur et leur profondeur, la profonde gentillesse de ce vigneron humain et chaleureux, Susie, une femme qui a une énergie étonnante, et qui par exemple, a son arrivée au village, a développé d’entrée de jeu une affaire d’importation de calèche en provenance d’Allemagne. Comme il y a maintenant une concurrence polonaise, elle vient d’acheter, « avec ma copine Jacqueline, une rodéo machine », qu’elles louent à la journée pour des manifestations. 

Et le tour se termine par la visite du Temple (1890) que Didier a racheté et rénové entièrement à ses frais en plein coeur du village, à coté de la mairie, sur la rue principale. C’est émouvant parce que c’est petit au sol et grand en même temps quand on lève la tête. Le Temple vient d’accueillir sa première exposition de peinture avec 40 toiles de Jacques Oussou, un peintre régional de Loire. Il y a même un balcon intérieur qui a conservé son escalier d’origine pour accueillir des musiciens.

C’est ça le monde de Didier Dagueneau de Saint Andelain et d’Aubertin, un des maîtres mondiaux du Sauvignon, qui adore aussi la blague. Sur les murs intérieurs de la maison d’habitation, il a disposé des peintures de flibustiers qui savent lever le coude, en l’honneur du vin, cette fois-ci. Il y aussi des tas de livres sur le vin. Les deux derniers: Le terroir et le vigneron, Jacky Rigaux chez Terres en vue et Vignerons et Crus du Berry de Denis Herdier, Berger Editions, dans le premier Didier rend hommage aux hommes qui lui ont "montré l'exemple", comme Charles Joguet, et dans le second on parle de lui comme d'Agamemnon. Excusez du peu. Et comme il ne sait pas résister à une bonne blague, il m’a offert une bouteille très spéciale, un Blanc Fumé de Pouilly numéroté Cuvée Quintessence de mes Roustons, pour bien marquer l’origine bien virile du vin, à moi l’auteur du Vin aussi est affaire de Femmes. Et c’est ainsi que, grâce à Didier, j’ai découvert qu’il existait un portail Wikipedia, spécial Sexe. J’ai ainsi pu réviser un tas de mots classiques que mes frères utilisaient avec délectation dans leur jeunesse.

 

Et tout ça pour faire connaissance avec Didier Dagueneau dont les étiquettes très expressives figurent en bonne place dans "Le monde à travers la bouteille de vin, The World through the Bottle of Wine", ma nouvelle recherche sur l'habillage de la bouteille de vin à paraître prochainement. Je vous en parlais jusqu'ici sous le nom des Habits du Vin. 

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