En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 10:31

 

C’est une photo qui interpelle. A dire vrai, je ne sais ce qui m’étonne le plus. Elle est de ces clichés que vous gardez. Pourquoi ? Sur le moment on n’en sait rien. A force de l’interroger, elle dit beaucoup de choses, quel qu’en soit l’ordre. Ce n’est pas si sûr d’ailleurs que l’ordre ne soit pas justement ce qui a fait tilt chez moi.

  Shame-35 000 Bruxellois protestent-23.01- 20110124PHOWWW002

La masse

Ces 35 000 personnes, qui ne figurent évidemment pas sur la photo, forment un groupe dense, au point de composer une masse compacte. S’il fallait la traverser rapidement ou lui intimer de se disperser avec brutalité, il y aurait clairement des problèmes d’écrasement. C’est la première chose qui a valeur de symbole, cette confiance qui resserre les rangs près des autres dans des situations exprimées sans violence avec conviction.  

L’ordre

C’est un ordre quasi-spontané, dans la mesure où, après avoir bien regardé, je n’ai vu aucun représentant de l’ordre justement. Le seul organisateur que j’aperçois au milieu du Ier rang  est celui que l’on voit de dos en tenue orange, comme ceux qu’avaient les agents de la DDE autrefois en France. Il a un mégaphone à la main. Il y a certainement des policiers à l’arrière ou en fond de cortège mais on ne les voit pas au moins en avant.  

Les poteaux

L’endroit retenu par le photographe et les organisateurs est très bien choisi. On a une vue impressionnante sur l’importance de la foule, avec cette longue descente et remontée en face, vraisemblablement dans le quartier des Institutions européennes à Bruxelles, capitale fédérale d’un Etat tripartite (Flamands à l’Ouest, Wallons plutôt au milieu, Sud et Est et Communauté germanique, à l’Est près de la frontière avec l’Allemagne). L’alignement des poteaux donne une structure d’une très grande force, comme des soldats qui présentent les armes, au peuple qui défile.  

Les feux verts

Ils sont quatre à dominer la voie, du côté droit. Hasard de la prise de vue, attente du photographe ou mise au vert du système informatique par les responsables de la ville ? On ne sait  mais le résultat est là et le symbole est joli : quand le peuple défile, les feux s’accordent. Comme s’ils comprenaient l’importance de marcher dans la rue pacifiquement pour montrer aux politiques qui gouvernent le Royaume de Belgique leur attachement à la préservation de l’unité du pays, face aux forces de désunion.  

 

La surprise

Il m'a fallu plusieurs jours à voir la photo en fond d'écran, pour comprendre que ce monsieur en manteau orange était LA police. Sur son dos figure en gris la double mention "Police-Politie".  C'est lui qui transmettait les instructions de sécurité. On a donc l'équation suivante:

1 policier = 4 feux verts = 35 000 personnes qui défilent "pour" et non pas contre.  

Pour suivre le chemin

. Photo de la sélection du Figaro en date du 24.01.2011, que j'ai appelée "Shame" 

. Essayer de comprendre les problématiques de la situation en Belgique avec une étude de Wikipedia qui fait l’objet - et c’est rare – d’un triple avertissement pour controverse de neutralité, citation insuffisante et manque de clarification du contenu. La difficulté à s’entendre sur le terrain continue bien sûr avec l’analyse de la situation sur le site  

http://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8mes_communautaires_en_Belgique

. En apprendre plus sur les feux de signalisation routière sur

http://fr.wikipedia.org/wiki.Signalisation_routi%C3%A8re

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Samedi 4 décembre 2010 6 04 /12 /Déc /2010 17:20

La symbolique du drapeau

En ces temps d’hyper-communication, le drapeau national devrait pourtant servir  tout autant à rassembler qu’à faire connaître son appartenance. C’est peut être pourquoi on le voit si peu en publicité courante  qu’en communication institutionnelle, comme si le drapeau, appartenant à une époque dépassée, avec un air de nostalgie légèrement ‘kitsch’. Rares sont les visuels publicitaires à en faire usage, si ce n’est les rares fois à l’intention des étrangers ou considérés comme tels comme les Européens. Quant aux grandes campagnes lancées par les pouvoirs publics, c’est souvent la visualisation des trois couleurs dans un logo qui sert d’accroche visuelle.

Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12Le visuel

C’est bien pourquoi  la pleine page du Monde a tout de suite  attiré mon attention, avec immédiatement un autre point également. Il s’agit de, l’intitulé « Merci France » et non pas « Merci La France ». J’en suis toujours à m’interroger, d’autant plus que c’est « Merci » qui figure en gros au-dessus de « France ». 

  Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12

Le texte explique la démarche qui suit la présentation des drapeaux réunis enchâssés dans une forme de lunette, qui interpelle. Il s’agit pour la République de Corée de célébrer les liens entre la République de Corée et France :

 

Logo G20

Seoul

 Summit

2010

Nov.11-12

Merci

France

 

Drapeau    Drapeau

Coréen       Français

 

Un partenariat de 60 ans, une amitié de 60 ans.

 

L’année 2010 marque le 60e anniversaire du début de la guerre de Corée.

La paix, la prospérité et les libertés dont nous jouissons aujourd’hui

sont nées  de votre esprit d’abnégation et de votre engagement.

La Corée vous sera éternellement reconnaissante et poursuivra

sur la voie de la confiance et de l’amitié qui lient nos nations.

 

Drapeaux des 21 Nations

 

Nous adressons notre profond respect et notre gratitude aux hommes et aux femmes de valeur des 21 nations alliées qui ont servi lors de la guerre de Corée

La République de Corée

 

En commémoration de l’Armistice, les Coréens rendent hommage aux anciens combattants français

Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12 

Cette dernière phrase figure tout en bas du visuel hors du cadre qui enserre le texte. 

 

Le G20 à Séoul du 11 et 12 novembre 2010 Anniversaire 60 ans guerre de Corée, France

Il n’a pas réussi à répondre au désordre économique mondial. La capitale sud-coréenne a été placée en quasi-état de siège et les incidents de frontière en provenance de la Corée du Nord ont continué.

 

Le 12 novembre, le jour même où cette publicité paraissait, la seconde journée de la négociation multilatérale, la voisine du Nord bombardait au sud l’Ile de Yeonpyeong située à 3 kilomètres de la frontière maritime séparant les deux pays toujours en guerre depuis 60 ans, faisant 2 morts et 18 blessés.  Le drapeau nord-coréen était brûlé devant les caméras des journalistes venus du monde entier couvrir l’événement du G20 à Séoul.  

Comme vous l'avez remarqué, cette publicité en pleine page célèbre, non pas la fin de la guerre, mais bien le début de la guerre qui continue avec le voisin du Nord. Rappelons pour finir que les habitants du Nord continuent à connaître une terrible famine.

 

. Voir le Monde du 12 novembre 2010

. Sur le drapeau de la République de Corée http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_Cor%C3%A9e_du_Sud

. Sur celui de la France

http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_France

 

. Sur les tirs d’artillerie sur l’Ile de Yeonpyeong en Corée (du Sud) en provenance de la Corée (du Nord) 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/animations/2008/afp/KoreaHistoryFR2506/

http://www.lefigaro.fr/photos/2010/11/29/01013-20101129DIMWWW00591-24-heures-photo.php

. Photo du visuel EP, à retrouver dans l'album-photos "Symboles"  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 11:35

Le bobo-à-vélo BXL-ADM 187

Oh, c’est une triste histoire que je vais vous conter. Une qui vous serre le cœur devant tant d’ingratitude  de la part de ces propriétaires cyclistes. Oui, je l’affirme avec force : ce sont vraiment des ingrats, ceux qui n’entretiennent jamais leur vélo, le laissent rouiller sous le pluie, ne savent même plus où ils l’ont posé, l’abandonnent  à son sort et en ‘prennent’ un autre qui lui ressemble tant qu’on dirait que c’est le leur, quitte à l’abandonner à son tour un peu plus loin. Qui à son tour…

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La mer-à-vélo

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Il faut dire aussi qu’il y en a beaucoup, des vélos. Des fois vous arrivez à voir le vôtre de loin, si loin, ce vélo qui est à vous, mais qu’il vous est impossible d’atteindre. Il est coincé contre le mur. Entre vous et lui, il y a des mètres de vélos enchevêtrés les uns avec les autres, sans passage entre eux. Il faudrait poser des planches à l’horizontale sur ces vélos et ramper sur cette mer de guidons et de selles pour accéder à celui qui justement est tout au fond. Je ne vois littéralement pas d’autres solutions. C’est un nouveau sport-jeu à inventer. Mais au moins vous pouvez toujours rêver à ce vélo immobilisé devenu inaccessible par le fol amour que les Amsterdamois ont pour lui.

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Le spot-à-vélo

Quant à penser le rentrer chez vous quand vous ne vous servez pas, c’est bon quand vous habitez en dehors du centre de la ville, quand votre logement possède quelque espace - privatif ou non - près de chez vous. Pour venir au boulot dans le centre, c’est mission impossible, la seule solution étant de le laisser là où vous arrêtez, où que ce soit, sur les ponts, prés des arbres, à côté d’autres vélos ou en créant un nouveau spot à bicyclettes, devant des immeubles en laissant aux gens une allée pour entrer et sortir…C’est le plus grand pragmatisme et la plus grande liberté imaginable. Une vraie pagaille pour les Français toujours critiques. Une réalité que vivent sans problème les habitants d’Amsterdam. Ils arrivent sans aucun souci à slalomer entre les vélos pour courir attraper leur bus, leur tram ou leur train de banlieue. Ils doivent avoir un œil bionique à détecteur de vélo.

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L’art vivant ‘vélo’

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C’est un bon truc à faire savoir. Si vous, les urbanistes et autres valeureux aménageurs de notre vivre ensemble dans la ville, ne savez comment rendre une place chaleureuse, vivante, une rue attractive, pensez vélo. Voyez comment avec ces centaines, ces milliers de carcasses de métal avec des roues devant et derrière, vous pourriez créer des îlots de dynamisme de vie sympa qui attirent les jeunes aussi bien qu’une vieille carcasse de navire où un tank rouillé forcément au fond de la mer pour les petits et gros poissons. Devant un îlot à préservation de vélos, il vous suffirait de planter quelques bistrots à terrasses et le tour est joué. La danse du vélo peut commencer. Une bonne façon de préserver la bio-diversité. Oh pardon, la vélo-diversité !  

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Pour suivre le chemin de la vélo-diversité

. Enfourchez votre vélo et regardez bien de chaque côté pour éviter ceux qui ne vous voient pas. Scrutez  bien aussi devant vous, pour voir en particulier si vous ne passez pas lorsque le vert passe subrepticement à l’orange, voir au rouge. Ca peut vous coûter cher : 160 E à Bruxelles par exemple, en paiement immédiat. Aih!

. Pour Amsterdam, je ne sais pas. Je lance un appel trans-européen. Il doit bien y avoir une réglementation applicable mais ce que j’ai vu, à chaque fois que j’y vais, c’est une franche tolérance plutôt bienveillante. Ca va même plus loin que ça, c'est la priorité absolue.

. Photos EP à Amsterdam; d'autres vélos à voir dans l'album photos 'Vélos'                 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 10:17

 

C’est un sujet qui relève aujourd’hui de l’archéologie urbaine. Les cimetières et les sépultures qui y sont abritées ont fait l’objet au cours des millénaires d’un soin particulier qui est un des marqueurs de notre civilisation. La connaissance de notre société passe par ces lieux qui ont toujours un caractère particulier, celle de conserver la mémoire de ceux qui sont décédés.  

Entrée paysagère du cimetière de l'Ouest d'Angers

La situation à Angers

C’est un très intéressant opuscule non paginé (16 pages) qui est une production du Service d’Archéologie de la Ville d’Angers. Il a été réalisé à l’occasion d’une exposition célébrant le 30è anniversaire du jumelage entre Angers (France) - Haarlem (Pays-bas) - Osnabrück (Allemagne) lors d’une exposition sur ce thème en 1994. Son intitulé « Espace de vie, Espace des morts, Etat des lieux des Antiquités à nos jours ».  

Les grandes phases historiques

Les archéologues contemporains vont utiliser le terme de nécropole  pour viser la période allant du Ier jusqu’au Xe siècle. Ensuite ils parleront de lieux d’inhumation  pour désigner les cimetières installés près des églises. Il y en avait 40 au XIIIè siècle. Rive droite de la Maine, intra muros, le plus grand cimetière était proche de l’Hôpital Saint-Jean, le Grenier Saint-Jean aujourd’hui, suivi ensuite de celui de la Place de la Paix et d’un petit cimetière joint à une chapelle proche des remparts, toujours dans ce quartier. Dans les faubourgs toujours en rive droite de La Maine, hors des murs de la Cité, un petit cimetière jouxtait la chapelle Saint-Lazare et celle de Saint-Jacques. Entre les deux, deux cimetières figuraient à Saint-Nicolas près de son église, qui était située entre la rue Saint-Jacques et la rue de la Meignanne actuelles. 

---) Dans les villes, sous nos pas et sans que nous le sachions, il y a eu au cours du passé des cimetières.

La multiplication des lieux d’inhumation

Peitie maison, morceau de stèle tombaleElle se poursuivit au cours des siècles suivants, le phénomène se développant presque naturellement là où il avait de la place. C’est ainsi qu’un ‘sanitat’ avait été implanté pour les pestiférés loin de la ville protégée par des remparts,  dans  ce qui est aujourd’hui le Lac de Maine, en 1603 ; les protestants étaient regroupés dans la Doutre dans un cimetière près de Saint-Laurent en 1599. 

---) Le cimetière n'était pas un lieu de rassemblement. Même dans la mort, on gardait da différence.   

 Le regroupement des cimetières

Il précéda l’édit royal de 1776 qui enjoignit de procéder à une remise en ordre afin de gagner de la place et de limiter les problèmes d’hygiène. Il y eut à Petite maison, autre morceau de stèle tombaleAngers de profondes modifications de l’implantation des différents cimetières, afin d’opérer ce qui était déjà de l’aménagement territorial avant la lettre. Dans la Doutre (rive droite de la rivière Maine), on peut distinguer deux périodes :

-        au XVIIè siècle, le cimetière de Saint-Jacques rejoignit celui la Doutre au Grenier Saint-Jean,

-        puis au XVIIIè siècle, les trois implantations de la Doutre furent déménagées au tout nouveau cimetière extra-muros de Guinefolle en 1786 en bordure de ce qui est maintenant le boulevard Clémenceau. Cinq années plus tard, ce fut le tour de celui de Saint-Jacques

 ---) La ville, au fil du temps, est toujours en recherche d'espace. Elle rationnalise son espace, en essayant de gagner de la place.                  

 

La nouvelle implantation depuis 1848

Moins d’un siècle plus tard, il apparut qu’il fallait à nouveau pousser les murs. Cette fois-ci le regroupement se fit selon les axes géographiques, à l’Est, à Saint-Léonard et à l’Ouest. Le grand cimetière de l’Ouest fut créé entre la rue de la Meignanne, qui prit le nom de rue du Silence, et la rue de La Bruyère qui fait suite à la rue Chef de Ville. Guinefolle disparut et nulle trace apparente ne subsiste aujourd’hui de ce qui fut un grand cimetière, même s’il ne le fut que peu de temps. 

---) La ville sait maintenant pratiquer l'art de l'aménagement urbain. Nous sommes entrées dans l'ère 'moderne'.   

Les découvertes funéraires

Du fait de l’externalisation du cimetière par rapport à La Doutre, le centre ancien intra-muros situé en rive droite de la Maine, il n’y a guère de monuments très anciens dans les cimetières situés dans anciens faubourgs. Par contre dans la Doutre, au Grenier Saint-Jean, sous des dalles funéraires ont été découverts des sarcophages  qui reposent sur la terre mais sans en être recouverts.

 

Rive gauche, les recherches ont donné plus de résultats, en particulier les fondations d’un monument funéraire ancien rue Delaage (Ier siècle), une nécropole sous la Place Leclerc en plein centre, une sépulture en coffre de schiste du milieu du IVè siècle sous l’Office de Tourisme, une nécropole en sarcophages ou en coffres contenant une urne funéraire sous l’Eglise Saint-Martin, un caveau avec son squelette sous l’Abbaye Toussaint…

---) La recherche archéologique s'est emparée de ce  nouveau territoire, le sous-sol de nos villes et met en lumière la diversité des situations.   

 

Le vocabulaire du dernier lien à la terre

Petite maison, chapelle funéraireCe qui frappe en premier lieu, c’est la richesse du vocabulaire qui recouvre le phénomène. La seconde remarque qu’il est possible de formuler est que si les termes sont nombreux, ils manquent pourtant de précision  :  

-        la tombe, qui vient du latin ‘tumulus’ est creusée dans la terre, là où la personne décédée va être enterrée, ce qui signifie littéralement mise en terre. Le terme a tendance à viser dans notre langage actuel la dernière adresse du défunt. On dit « je vais fleurir la tombe » ;

   

-        le caveau est associé dans le langage courant à la famille. On dit « c’est le caveau familial ». On en trouve, à Angers, dans les deux grands cimetières que sont ceux de l'Est et de l'Ouest, qui sont gérés par le service des espaces verts  ;

 

-        la sépulture, directement traduit du latin ‘sepultura’,  est le lieu où le corps est inhumé. On dira « c’est sa dernière sépulture » ; 

 

Petite maison, chapelle funéraire-        l’inhumation, un mot qui vient du latin ‘in humus’, signifie littéralement ‘mettre dans la terre’. On demandera « Irez-vous à l’inhumation » pour désigner la cérémonie, conformément aux usages ;

 

-        la fosse est le terme technique du trou qui va devoir être fait. Mais ce terme n’est pas utilisé dans le langage courant en raison de son côté trop précis et très négatif en France. On en parle dans un seul cas, c’est celui de la fosse commune, où reposent les corps sans

indication extérieure de l’identité de la personne qui l’a porté. C’est socialement parlant l’horreur puisque aucune cérémonie n’est concevable ;  

 

-        le monument funéraire désigne la partie supérieure de la tombe. Plus il était grand, beau, riche, plus il avait tendance à ressembler à un temple grec, une chapelle ou à un petit château, plus la personne était hiérarchiquement haut placée dans la société. Actuellement la tendance est à plus de sobriété ;  

 

-        quand cette construction est d’importance, on parlera de mausolée, du nom de Mausole, un satrape qui vécut en 377-353 en Grèce. Son tombeau fut de si grandes dimensions qu’il légua son nom à la postérité. Il n’y a guère d’exemple actuel. Par contre, il existe dans des pays ayant cultivé la culture du chef plus que la démocratie. Un exemple célèbre est celui de Mao Zedong à Pékin, très visité par les Chinois et les touristes ;   

 

-        le tumulus est le terme latin et maintenant français dérivé du grec ‘tombos’ dont dérive le terme de tombe. Il désigne un lieu très particulier de terre et ou de pierres érigées au-dessus d’une sépulture dont l’installation a été faite au 4 ou 5 millénaire avant notre ère. Il en est de remarquables très récemment découverts dans l’Ouest de la France, comme celui de Dissignac près de Saint-Nazaire ;

 

-        le dolmen est un ensemble de pierres érigées portant une pierre horizontale désignée sous le nom de table. Ce sont, supposent les historiens, des monuments funéraires à sépultures collectives. Il en existe de très nombreux dans la partie ouest de la France, certains très connus et mis en valeur, d’autres très peu. Celui de Miré dans le Haut-Anjou est coincé entre une clôture et une petite route, face à une petite maison. Il doit dater du Vè millénaire avant notre ère.      

 

Quant au lieu qui accueille ces dernières demeures, les archéologues distinguent plusieurs situations : 

-        la nécropole antique à forte densité d’enfouissement. Dans l’Antiquité, c’était au sens propre une ville de morts, en langage d’aujourd’hui un vaste lieu de sépulture selon le Petit Larousse ;

-        plus tard le cimetière implanté près de l’église ; chaque lieu saint avait ainsi son cimetière, ce qui ne manqua pas de causer des problèmes au fil du temps, de la raréfaction de l’espace et de la densification des villes ;

-        puis le cimetière du XIXé siècle créé le plus loin possible du centre de la ville dans ce qui était déjà de l’aménagement du territoire. Afin de libérer de la place dans le centre et optimiser la gestion et l’entretien de ces lieux qui sont maintenant le plus souvent confiés aux services municipaux des espaces verts et des jardins. Le cimetière vient directement du    latin  'coemeterium’ qui est lui-même d’origine grecque : il désigne un lieu de repos où sont regroupés ce qui reste des morts. 

 

 ---) La très grande richesse de ce vocabulaire et en même temps son imprécision selon que l'on vise le dessous, le dessus, la surface, l'emplacement, la pierre ou non qui va être utilisée montre combien le fait de parler de la mort et du mort est un sujet délicat, encore aujourd'hui dans notre société qui fait de la jeunesse éternelle un "must' !

   

Petite maison, chapelle funéraireLes caveaux, en forme de dernière maison aux allures de chapelle

Déjà en cette fin du XIXè siècle et au début su suivant, les familles bourgeoises firent ériger de véritables maisons de plein pied avec porte et fenêtre, souvent située dans le mur opposé à la porte vitrée en partie supérieur et dotée d’un ouvrage de ferronnerie d’art. La petite fenêtre  du fond est parfois un vitrail, ce qui accentue la ressemblance avec une petite chapelle avec une croix au fronton au dessus de la porte, comme celles qui ont été érigées à des carrefours, près d’un lieu considéré comme sacré par des paroissiens aisés.  

 

---) le lien avec le sacré est très visible parfois, comme cette petite maison-chapelle funéraire, qui porte fièrement sa croix et protège ainsi les membres enterres de cette famille, qui garde ainsi 'pignon' sur rue.           

 

Pour suivre le chemin

. Ce billet s’inscrit dans ma recherche sur les petites maisons, sans idée préconçue au départ. C’est ainsi que i’ai pu voir un sarcophage de schiste noir lors de ma visite du chantier de fouilles du Temple de Mithra près du château d’Angers. Par ailleurs j’ai trouvé un opuscule sur les cimetières e à la Bibliothèque Saint-Nicolas, Rive droite de la Maine, à Angers.   Je cherchais un ouvrage sur le thème des petites maisons sans trouver d’études particulières. Beaucoup de ces habitats ont été détruits à Angers en raison de leur insalubrité, dans le quartier Saint-Nicolas (Rive droite dans la Doutre), Saint-Michel et port Ligny (Rive gauche).

 

L’idée d’assimiler la tombe à la dernière maison vient aussi de certains monuments anciens qui cherchent à ressembler à des maisons de très petites tailles.  Les déménagements des cimetières urbains expliquent qu’il n’existe pas de  monuments très anciens, en particulier à Angers. Ceux qui ressemblent à de petites chapelles datent essentiellement du XIX et du début du XXè siècle.

 

Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 18:27

 AVL Joep Van Lieshout, Rotterdam, architecte L'Absence

Dire que tout le monde connaît l’Atelier Van Lieshout, AVL pour les initiés, serait vraiment exagéré. Peu d’entre nous ont eu la chance et de voir ce que j’appelle moi "la méduse bleue" des quais de Nantes et de d’avoir pris un bain dans un de ses blocs-cabine de bain-toilette placées au cœur d’un grand espace à vivre dans un hôtel qui ne ressemble à aucun autre. Il s’agit de l’Hôtel Llyod et Culturele Ambassade à Amsterdam sur un des quais nord qui ont été réhabilités avec succès par la municipalité.  

L’eau et le port

Petites maisons-AVL-L'Absence-Nantes Estuaire 2009L’eau semble tenir une grande place chez Joep Van Lishout. Son atelier, qui forme le A d’AVL, est situé à Rotterdam dans un ancien hangar portuaire aux dimensions à faire rêver bien des artistes qui aiment comme lui les grandes dimensions tout en sachant faire aussi petit. L’eau est certainement une de ses thématiques, avec les ports, ces endroits un peu oubliés et négligés, qui ont tenu une si grande place dans la montée en puissance de l’Europe. C’est vrai à Rotterdam, à Amsterdam, c’est vrai aussi à Nantes, qui hier, il y a plusieurs siècles connaissait une forte activité dans les relations entre la France et les Antilles.  

   

Les ectoplasmes et flux

Ces deux fils rouges se trouvent aussi en lien quasiment naturel avec les fluides, la sève et toutes leurs expressions aussi diverse s que des animaux, des conduits, des organes, des ovules, des bulles sans nom. Chaque chose qui peut contenir sans s’appartenir. Citons ces animaux invertébrés comme les méduses qui ont à la fois une forme et sont sans forme une fois sorties de l’eau ; pour les conduits, tous les tuyaux sont bons ; en matière d’organe, le nez, le scrotum, le phallus, le vagin sont tous investis ou visés par ses œuvres, de préférence, habitées. Cette bulle verte simplement  posée dans les bois, comme un OVNI, "Workskull" est certainement propice à la réflexion, pour retrouver ses réactiver ses neurones végétaux, loin de l’agitation urbaine.  

    Petites maisons-L'Absence-AVL-Nantes

La méduse jaune 

Cette méduse bleue a d’abord été jaune. C’est au moins ainsi que je l’ai découverte dans le catalogue d’Estuaire 2009 en pages 024-025. Son titre « L’Absence » interpelle. Son sens est à trouver en chacun. Ce qui est sûr, c‘est qu’une fois posée, on ne peut pas dire ancrée quand on n’a pas de forme et qu’on est un ectoplasme, cette méduse du nom d’Absence a tout de suite trouvé sa place, sur le pavé portuaire, dans une île, celle de Nantes, en terre étudiante, entre l’Ecole d’architecture et la Loire qui coule devant. Des grandes baies vitrées de la première, qui s’ouvrent directement sur le quai, il n’y a que quelques mètres à faire, pas dur quand on est étudiant en archi, pour arriver au bar qui est dans l’ectoplasme. Une jolie façon de rejoindre l’ovule née de la fécondation.

 

Le retour à la matrice

Et c’est ça aussi qui est intéressant. Comment des futurs archi, qui vont travailler sur cette troisième peau que constitue la maison, le logement, vont, sans même se poser la question, retrouver une bulle bleue de résine synthétique pour se désaltérer et se ré-humidifier  de l’intérieur en revenant dans la matrice originelle, cette fois-ci de couleur bleue assortie à la couleur du ciel ligérien si ce n’est à la couleur de la Loire par beau temps.

 

L’unité de vie "Nettoyage-Vidage"

Petites maisons, AVL, salle de bain, Llyod HotelDu bleu au jeune ocre en passant par la couleur caca d’oie, il faut virer l’oie et retenir la couleur jaune caca clair. Un mot que l’on est autorisé en France à prononcer seulement quand on est petit et qu’on ne connaît pas encore les codes du vivre en commun. Bizarre vous dites-vous, j’en suis certaine. Oh non pas quand il s’agit de Joep Van Lieshout. Lui qui est attiré par l’eau ne peut se désintéresser de la conception d’une Petites maisons, AVL, salle de bain, Llyod Hotelsalle de bain, avec des toilettes intégrées, en résine de polyester couleur caca jaune. C’est ce concept d’unité de vie que j’ai pu tester au Llyod Hôtel à Amsterdam. L’unité est placée au centre de la grande chambre au 4è étage et vous dormez à coté.  

Tout dans tout et réciproquement

Heureusement la literie est excellente. Pour l’unité de vie, rien ne vaut une belle et bonne baignoire en faïence, avec des water-closets munis d’une vraie porte et de vrais murs, bien séparés de la chambre. Il ne manquerait plus pour que ce soit une vraie unité de vie, avec régression intra-utérine assurée, que Joep et son équipe de l'atelier arrivent à caser deux lits jumeaux entre baignoire, lavabos et WC dans une double méduse jaune assortie et un bruit lancinant de vagues avec des trompes de brume de temps en temps! Pour rappeler le coeur maternel et la vie portuaire.  

 

En attendant, vous pouvez toujours aller à l'Absence, c'est maintenant un café très sympa.                          

Pour suivre le chemin

. Voir de belles photos des productions d’AVL sur www.ateliervanlieshout.com

Aller à L'Absence Café, en visitant avant son site sur

http://www.absence-nantes.fr/programmation/

 

. Par contre, il n’y a pas de photos des chambres dotées des salles de bain-toilettes d’AVL. Chacune des 117 chambres, que contient ce grand entrepôt maintenant devenu hôtel et aussi Centre Culturel, est différente des autres. Une expérience vraiment à tenter en allant sur http://www.ebookers.fr/hotel/Pays_Bas/Amsterdam/Lloyd_Hotel_and_Cultural_Embassy_Amsterdam/#/

. Lire sur ce blog un précédent écrit avec des photos de l’Hôtel Llyod

A Amsterdam, voguez avec le Llyod Hotel

. Des infos plus sur « Estuaire-Petites Maisons-AVL-Workskull 9-1 Nantes-Saint-Nazaire 2009 » sur http://www.estuaire.info/009/

. Photos, n° 1, JVL, n° 2 de L’Absence ---) AVL, n° 3 ---) L'Absence Café , n° 4---) Estuaire 2009, n° 5 et 6 Amsterdam EP, n°7 Workshull que j'appelle le champignon vert, avec mes remerciements à l'Estuaire et AVL.   

. Voir les trois autres billets dédiés au thème des petites maisons sur mon blog: 

Les très petites maisons (toilettes) sèches 

Les petites maisons > Hundertwasser > La Picaudière 

Les petites maisons > La station service seule dans la nuit  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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