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En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Dimanche 10 mars 2013 7 10 /03 /Mars /2013 18:41

En gros caractères, deux mots donnent le ton du message et du nouveau visuel du Crédit Agricole « Le Luxe » suivis par « ne se vit plus de La même façon ». Pour les yeux avertis, il apparaît dans le titre qu’il y a deux sortes de L pour écrire ces quelques mots, la majuscule du L et un autre L qui possède aussi un coude arrondi à la rencontre de la barre verticale haute et de la basse qui forme l’assise de la lettre. Le luxe, c'est aussi et d'abord ça, voir ce que les autres ne voient pas.

Crédit Agricole, le Luxe ne se vit plus de la même façon 

Le regard glisse ensuite sur le paysage   en dessous, avec une montagne blanche très haute entourée de nuages. Le tout est placé en dessous du titre. Une autre séquence de montagne cette fois-ci foncée est placé dessous. Elle crée de la profondeur, une façon habile de mettre en valeur le premier plan aux allures de petite plateforme. C'est là qu'est assis un beau barbu dans la force de l’âge qui nous regarde, tenant une boisson chaude avec ses gros gants, sa tente ouverte à côté de lui. Assis sur la pierre, il tourne le dos à la montagne dont le sommet le plus haut paraît bien loin.     

Ce Monde-Luxe n’est plus le monde du luxe, une formule déjà usée par une sur-consommation qui date des années 1970 aux Etats-Unis et en Europe et des années 1990 en Asie. Dans ce nouveau monde, Il ne s’agit plus de se distinguer des autres par une série d’objets-totems et de voyages de plus en plus loin. Il s’agit maintenant de faire partie d’un nouvel espace qui enveloppe le monde existant, avec des points d’accroche choisis en fonction de leur utilité et/ou de leur beauté.

Ce Monde-Luxe a ses propres bénéficiaires qui sont plus que des citoyens d’un pays donné. Ils n’ont que des droits sans trop d’autres obligations que celle de payer.  Ils sont peu nombreux par définition puisqu’il s’agit de « happy fews ».  Ce sont les acteurs visibles de ce mundo-eldorado caractérisé, outre la beauté, par la qualité du service qui leur est fourni et une exclusivité de fait.         

Ce Monde-Luxe a ses mots propres véhiculés par l’anglais en version américaine. On y parle beaucoup de beauté, de nature, de silence, de préservation, de privilège mais uniquement dans sa version d’adjectif privilégié. Là, tout n’est que luxe et volupté. Le service est roi, mais un service invisible pour ne pas être obligé de dire merci. Pas la peine puisqu’on paie.

Ce Monde-Luxe a une autre particularité. Il n’est plus localisé en un point donné du monde déjà répertorié au XIXe et au XXe siècle. Il a sans cesse besoin de se déplacer pour trouver des nouveaux espaces à découvrir avant que le tourisme de masse, un mot honni, ne l‘abime irréversiblement.

Crédit Agricole, le Luxe ne se vit plus de la même façon 

Dans ce Monde-Luxe règne le moi-seul-face à l’univers-dans un univers préservé face aux hordes de touristes dont le nombre  pose véritablement problème. Les nuisances qu’elles génèrent sur les grands équilibres de ces territoires affectent ceux qui y vivent et y travaillent. Dans Le Luxe … selon le Crédit Agricole, on voit cet homme seul avec sa petite tente, sans personne autour de lui, alors que c’est impossible. On ne peut survivre dans l’Himalaya sans porteur pour apporter tout ce qui est nécessaire à la vie.

L’Himalaya était  un lieu préservé par ses difficultés d’accès et d’impossibilité de vie, au moins avant que ne se développent le trekking et des expéditions réservés à des sportifs plus qu’aguerris. En un peu moins de de 50 ans, sur les flancs de l’Everest, ce sont près de 50 tonnes de déchets imputrescibles de toutes sortes (métal, verre, plastique, dont un non nombre de barils de fuel…) qui ont été abandonnées par ceux-là même qui les avaient fait apporter par des porteurs pour leur sport et cela malgré le respect dû à la montagne et aux sites selon les « vrais » sportifs…Une vision du Luxe à suivre pour voir si  les autres projets sont du même style.

Deux petites remarques pour terminer. Dans ce visuel, la tente appartient au monde du luxe. En 1936, elle était l’apanage des « classes populaires » - ayant déjà un peu d’argent pour avoir une tente - qui découvraient la mer pour certains pour la première fois grâce aux congés payés. Aujourd'hui, avec une tente « The North Face » prêtée pour la photo, on part dans  l'univers impitoyable de la montagne!   

Pour suivre le chemin

. http://www.thenorthface.com/catalog/ca_ecom/fr/sc-gear/equipment-tents/mountain-25.html

. Sur les expéditions dans l’Himalaya, voir http://www.zonehimalaya.net/Everest/expedition.htm

http://www.franceinfo.fr/monde-asie-2010-04-19-une-expedition-pour-retirer-des-cadavres-et-des-dechets-de-l-everest-431950-14-17.html

. Encore aujourd’hui, le problème des déchets n’est pas résolu ; il est du moins actuellement limité par la caution (4 000 USD) exigée par les autorités népalaises avant le départ et remboursé si les sportifs prouvent à leur retour qu’ils ont bien rapporté  leurs matériels et déchets. Deux mesures complémentaires sont mises en œuvre. Des associations offrent 20 USD pour  chaque kilo d’autres déchets rapportés de là-haut. Quant au gouvernement népalais, il a aussi mis en place des équipes de nettoyage pour redescendre 3  tonnes de déchets restés sur place ainsi que des corps d’alpinistes gelés laissés au sol dans la Zone de la Mort à plus de 8 000m d’altitude. Près de 300 sportifs  y sont restés.

. Photo Elisabeth Poulain, à retrouver dans l'album-photos "Petites Maisons"   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 18:01

Fleur de Lampaul est le nom d’un bateau de charge à voiles construit en 1947-1948.  Il a arrêté de naviguer en 1974. Après avoir  a été laissé à l’abandon en 1983, il a ensuite été classé monument historique en 1987. Cette inscription n’est pas arrivée par hasard. Elle est allé de pair avec tout un travail fait en amont  par une poignée de personnes organisées en association  qui veillent à sauvegarder ces patrimoines du monde de la mer. Parmi eux des sponsors qui ont permis d’amorcer et/ou de prolonger l’aventure, pour ce bateau de transport de matières premières ou de marchandises. Fleur de Lampaul a transporté beaucoup de sable, aussi parfois des primeurs de Roscoff. Mais sa notoriété n’a vraiment commencé que dans sa seconde vie après 1985 quand il est devenu voilier-école pour des enfants. Il a trouvé à ce moment-là sa vocation pédagogique qu’il ne va plus quitter.

Fleur de Lampaul 002 Un de ses sponsors a été Fleury-Michon, une grande entreprise vendéenne de l’Agro-Alimentaire de Pouzauges. Dans le cadre de son partenariat avec l’équipe en charge du projet, celle-ci  a fait appel à Jean-Olivier Héron, un dessinateur pour mettre en valeur le savoir-faire humain, le monde de la mer avec ses vagues terrifiantes et le monde animal représenté en particulier par une baleine et plusieurs dauphins qui vont se transformer en Fleur de Lampaul  par la magie du vent. A  l’avant du navire, trois enfants regardent des dauphins les précéder en plongeant sous leurs yeux.

Fleur de Lampaul 005 

« Comment naissent les bateaux » est le titre du dessin en format inhabituel, comme il est indiqué dessous C’est la planche 12 faite par l’artiste en 1994. Nous n’en saurons pas plus, ni de la part de l’entreprise, ni par le dessinateur, si ce n’est que le dessin entre dans sa série des « Comment naissent les bateaux ». Dans des deux autres dessins de la série vus sur le Net, à chaque fois le bateau toutes voiles dehors résulte d’une série de mutations animalières présentées  en séquences de plus en plus grandes, la dernière étant la résultante de toutes les phases précédentes.

Fleur de Lampaul 006 

Et c’est ainsi que « pour faire une Fleur de Lampaul, (vous) prenez une queue de baleine et (vous) mettez un dauphin sur le dos », laissez le vent gonfler la voile et partez !  Comme toujours ou presque derrière un dessin, il y a une histoire dont ne se surgissent quelques années après que quelques faits, comme pour un bateau dont on voit que le visible. Ici, ce qui m’a intéressé, outre la finesse du dessin, c’est le rendu de la mer quand elle commence à devenir méchante, avec le vent violent qui écrête les vagues et transforme l’eau en une sorte de nuée qui forme une émulsion avec l’air. Et le capitaine à la barre dans la réalité aurait diminué la voilure pour prendre moins le vent  et surtout lui donner moins de prise.Il reste à dire que le dessin offre un avantage très fort par rapport à la photo qui est de montrer de façon très visuelle le design des voiles du bateau.  

Fleur de Lampaul 011

Pour suivre le chemin

. Planche 12, Fleur de Lampaul, Jean-Olivier Héron, Comment naissent les bateaux, Spécialement imprimé pour Fleury Michon, partenaire principal de Fleur de Lampaul, Edité par Gulf Stream 1994, une affiche qui m’a été donnée par l’entreprise.  

. Aller voir le site www.heron-heron.fr de Jean-Olivier Héron le père et Jean-Benoît Héron, le fils, tous deux dessinateurs, le premier très ouvert sur la mer vue sous l’angle des bateaux, des poissons et des oiseaux, le second sur la terre vue sous l’angle de l’architecture et le patrimoine  http://www.heron-heron.fr/oscommerce/catalog/advanced_search_result.php?keywords=fleury+michon+&osCsid=9d1eb90653d107fe4b1595737920f380&x=6&y=4

. Retrouver l’histoire du Fleur de Lampaul sur http://www.artouest.org/vieux-greements/fleur-de-lampaul-un-dundee-francais-construit-a-camaret.html et sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Fleur_de_Lampaul

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Lundi 4 mars 2013 1 04 /03 /Mars /2013 12:12

Pour bien apprécier les paysages dunaires, il vous faut plusieurs ingrédients que vous retrouverez à coup sûr sur les côtes continentales de la Mer du Nord. Mon conseil est de commencer d’en bas, en partant de France, puis remonter, sachant qu’en bas près de l’eau en l’absence d’immeubles en haut après la dune, vous ne saurez plus où vous êtes, en France du Nord, en Belgique, aux Pays-Bas…

Knokke-Dune-Ciel-Panneau

Vous aurez déjà une idée des trésors que vous allez rencontrer, le vent du Nord, la vastitude, la solitude, le questionnement sur soi, le trop-vide et le trop-plein avec cette idée d’éternel recommencement que vous susurre le vent dans les oreilles, les yeux, la bouche, le nez parfois… Le vent toujours présent, le sable qui bouge tout le temps, mais aussi la mer parfois bien proche, trop proche  au point qu’il a fallu construire des brise-lames perpendiculaires à la plage pour freiner la force de ses vagues dans l’eau et sur la plage. C’est ainsi  qu'est protégé le cordon dunaire qui domine de pas très haut l’arrière-pays dunaire et les prairies humides situées juste derrière, quand elles n’ont pas encore été construites.

Knokke-Dune-Ciel

Vous mangez du sable, sentez le vent, apercevez quelques silhouettes de loin… Un chien qui court en oubliant son maître devient un évènement. Une mouette voleuse un spectacle en soi, une algue desséchée une œuvre sculptée par le vent. C’est lui le grand maître, auquel vous obéissez, quand vous pouvez le fuir. On peste contre le vent, mais on l’accepte aussi. De toutes les façons, c’est toujours lui le gagnant. Quand on est près de l'eau, on remonte pour se protéger, quand on est à mi-chemin, dans les dunes, on s’assied mais alors on ne voit plus la mer. En haut, le vent souffle tout autant rabattu qu’il est par les barres d’immeubles qui coupent l’horizon côté terre.

Knokke-Dune-Mer-Ciel

Dans ces cas là, il faut se retourner vers la mer et projeter son regard au loin. Là-bas au loin à gauche, vous voyez passer un gros navire qui vient de Dunkerque, arrive à Anvers ou se dirige vers Rotterdam ou l’inverse qui est tout aussi vrai. En vous tournant, ce sont les immeubles qui kidnappent le regard. Juste au ras de la dune en haut,  des grandes barres sont érigées face à la mer, sans aucune adaptation au site. Il s’agit clairement de construire au plus haut, au plus dense de façon à ce que le maximum de personnes puisse voir la mer de la meilleure façon, c’est-à-dire au chaud, sans vent et avec  une vue à 190°.

Knokke-Immeubles-Plage

La poussée sur la mer est d’autant plus forte que la côte maritime belge ne compte que cinq villes sur ses 66kms de long, à partir de La Panne proche de la frontière française au sud jusqu’à Knokke Le Zoute (Knokke-Heist en flamand) proche de la frontière avec les Pays-Bas qui possède entièrement l’estuaire éclatée en plusieurs bras qui mène au grand port d’Anvers (Antwerpen) à l’intérieur des terres.

Knokke-Mer-Bateau-Ciel-

Cette solitude à trois, vous + la mer + le vent, est rompue dès lors que vous voyez les immeubles. A leur pied et sur la terre ferme, de grandes ou longues promenades ont été installées de sorte que marcher en compagnie d’une foule qui vous ressemble beaucoup, devient une autre source de satisfaction. Devant vous, à côté, derrière, plus loin, il y a  des vous à multiplier par toutes vos variantes d’âge, de style, de position sociale ou  d’activité sportive. Une vraie foule de vous dans un site, celui de Knokke-Le-Zoute qui claque bien dans l’oreille.  

Knokke le Zoute-Homme-contemplant-la-mer

Vous voilà, à vélo, à pied bien sûr, dans une poussette ou la poussant, jouant au ballon, prenant tout à la fois un bain de mer visuel, un bon bol d’air, une plongée dans la dune qui n’est pas loin. Vous pouvez aussi prendre le tramway, si vous êtes plus contemplatif, un tramway entre plage et dune, merveilleux. Et pour ceux qui veulent absolument leur cure de sable, il suffit de descendre à la plage. Pour passer un bon moment, il n’est besoin que de quelques petits matériels de confort à apporter, tel que petits siège pliants, pare-vents, pull-overs, bonnets pour les frileux, jouets pour les enfants.

Le plus dur sera de trouver l’emplacement, forcément derrière les cabines de plage, ou plus exposé sur le brise-lame à côté de l'Homme assis en vert-dune qui contemple la mer.  C'est une sculpture de Jean-Michel Folon qu'il faite pour son exposition de 1997 au casino de Knokke. Son titre, "la mer ce grand sculteur". Moi, j'aurais aussi pensé à "Homme libre toujours tu chériras la mer" de Charles Baudelaire.

Pour suivre le chemin

. Quelques informations sur la Côte belge et Knokke sur http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4te_belge  http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Zoute

. Sur le tram, voir http://www.lelittoral.be/                  

. Voir aussi les billets précédents intitulés "Paysages" Photos > Paysages routiers de la Vallée de l'Eure > Le Givre                 Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest

. Photos de Claire Poulain, qui aime beaucoup les lignes géométriques et l'ambiance de  la côte belge, avec mes remerciements, à voir dans l'album-photos "Mer-Eau". La photo de l'homme en vert contemplant la mer sur une des jetées brise-lames vient d'un site de gestion du patrimoine.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Samedi 2 mars 2013 6 02 /03 /Mars /2013 11:58

La grenouille est vraiment bizarre. Ce n’est certainement pas par hasard que les Anglais, quand les Français les agacent, nous appellent les « froggies ». C’est un animal dont la chair est  mi-viande, mi-poisson. Un drôle de truc visqueux qu’on ne rêve pas de prendre à pleine main. Et pourtant, il y a une réelle fascination pour la grenouille, pas celle qui a des couleurs feuilles-mortes, mais la verte claire enrichie de jaune et parfois de rouge, comme si sa couleur changeait sa nature en raison du trouble induit par le mimétisme avec la couleur du gazon et des feuillages.

 

Grenouille verte, Pub, Capital, 2000

 

C’est le cliché qui a attiré Agfa pour vanter le respect de la qualité de ses matériels en matière d’imagerie numérique et du respect des couleurs. La tête du monstre avec ses gros globuleux cerclés de noir avec un dessus jaune aurait de quoi inquiéter, d’autant plus que sa peau est luisante.  Celui-là pourtant conserve son air enfantin, pas menaçant du tout, alors qu’il occupe une plein page de magazine. C’est sa dimension à la fois drôle et magique, montrer en grand à un adulte ce qu’il ne voit pas dans la réalité comme si on était encore soi-même  petit.     Grenouille, Sergio Tacchini, Pub 2001

La seconde intitulée « Natural Player » est fait pour vanter les vêtements de sport de la marque « Sergio Tacchini », un ancien joueur de tennis italien. Le visuel est franchement plus troublant, au regard de la dimension énorme de la grenouille par rapport au golfeur qui vient de frapper la balle. Le côté enfantin a complètement disparu. Outre cela, l’étonnant au premier abord est la matérialité de la peau de cette super-grenouille. On dirait un cuir prêt à être découpé tel quel sans avoir besoin de le colorer pour le transformer en une besace souple. Pourtant le plus important peut-être n’est pas la matérialité de cette peau qu’on a envie de toucher; elle réside dans la somptuosité des plis du cou qui s’ajoute à la ligne des contours de cette forme verte qui est du pur design.

La volonté du créateur publicitaire est de renforcer la confiance du golfeur juché tout là-haut, avec un avantage comparatif énorme par rapport à celui qui serait en bas. Il n’est plus nécessaire d’avoir le moindre décor environnant, du bleu seulement pour densifier le ciel et un petit nuage blanc pour s’assortir au pantalon blanc de l’admirable sportif, l’autre exemple de pur design en version homme cette fois-ci.

Grenouille, Couverture Libération, 05.04. 2004, 100 ans Entente cordiale 

La troisième grenouille a été choisie pour figurer en couverture par l’équipe de rédaction de Libération pour un numéro spécial sur les 100 ans de l’Entente anglaise, à l’occasion de la venue en France de la Reine Elisabeth II. Cette toute petite grenouille a des yeux rouges cerclés de noir et de jaune, avec un iris noir et des pattes rouges presque assorties à la teinte des yeux. Cette grenouille à elle toute seule vise les Français. Au XVIIIe siècle, Frog visait plus spécialement les Français pauvres qui en étaient réduits à manger cet animal vivant dans la vase, après avoir désigné au XVIIe les Hollandais…Ce n’est pas le coq, l’animal symbolique, qui représente la France. C’est la grenouille.  

Pour suivre le chemin

. « Agfa > : Chacun connaît Agfa sans le connaître », Capital 99, mars 2001  

. Visuel Sergion Tacchini, Naturel Player*, Armando Testa, paru dans Capital Juin 2001. *La publicité prend soin de traduire  la mention « Joueur par nature » ; il me semble que ‘joueur naturel’ serait préférable.

. Trouver quelques informations sur Armando Testa l’Agence du même nom qui porte le nom de son fondateur, un grand créatif et styliste publicitaire décédé en 1992. http://www.ykone.com/photographes/armando-testa  

. Sur l’homme et son agence voir http://www.sergiotacchini.com/en/storia.php

. Libération, lundi 5 avril 2004, n° 7122. En page 47, voir l’histoire de la relation entre Anglais et Français vue sous l’aspect de la grenouille, qui commence ainsi « Hop off, you frogs ! » qui peut se traduire par « du balai, les grenouilles » ou « dégagez, les grenouilles », une recherche faite par John Mullan professeur au University College de Londres.

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Interculturel
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Jeudi 28 février 2013 4 28 /02 /Fév /2013 12:02

Ou comment Vinexpo, le premier salon de vins au monde,  a choisi de communiquer sur lui-même pour rappeler aux visiteurs professionnels ses dates d’ouverture au Salon des Expositions de Bordeaux  du 19 au 23 juin 2005. Le verre est un bon media même s’il offre l’inconvénient de n’être pas adapté à toutes les boissons. Il a le mérite d’être le plus universel des symboles. Quand s’y ajoutent  sa forme en tulipe refermée, son long pied et la finesse du verre –le coupant-, vous savez qu’il s’agit d’un verre INAO, spécialement créé pour déguster du vin, surtout quand vous y associez  le nom du salon –Vinexpo-. De par ses atouts en matière de communication, le verre peut aussi être un piège. Il peut porter toutes sortes de vin qui se différencient visuellement par leur couleur. Il  convient donc que le verre soit vide. Mais un verre vide est terrible, soit il est une attente insatisfaite, soit il est un souvenir ou déjà un regret. Pour ce visuel, il doit donner l’impression d’être rempli tout en restant vide.  Le challenge commence à être délicat.

Ruban rouge Vinexpo 2005, visuel le ri 

C’est alors qu’arrive le ruban rouge de préférence. C’est en effet celui qui se voit le mieux, à l’instar de celui qui porte la croix de la Légion d’Honneur, un homme dans  des 2/3 des cas (67% en 1997, un % heureusement en baisse du fait de l’obligation légale actuelle d’arriver à la parité). Celui aussi que Georges Hermann Mumm (d’origine allemande à deux générations) choisit pour barrer l’étiquette de son vin de Champagne « Cordon rouge », une dénomination qu’il prit la précaution de faire enregistrer dès 1876.

Depuis lors son plus célèbre Champagne est un « Mumm Cordon Rouge » avec dans des étiquettes anciennes la mention écrite en rouge sur rouge. Au fil du temps, ce ruban rouge qui barre l’étiquette du coin gauche supérieur au coin droit inférieur, en occupant le plus de place sur l’étiquette, est devenu un signe d’excellence indéniable. Il a gardé du XIXe siècle un caractère tranché avec un petit côté militaire, qui a été assoupli pour le packaging du carton d’emballage. Les abords extérieurs à droite et à gauche ont été légèrement arrondis pour adoucir la force du ruban, presque pour le féminiser. Il nul besoin de recourir à cet effet pour la bouteille du fait de sa rotondité naturelle, au contraire de la boîte carrée.

Ruban rouge 003 

Pour Vinexpo, le ruban choisi n’a ni début ni fin. Il offre aussi la particularité de s’élargir au fur et à mesure qu’il s’envole dans l’éther, après avoir pris dans ses enroulements ce verre INAO adopté par tous les professionnels. Le ruban prend naissance dans une mappemonde au pied du verre pour ensuite faire le  tour du pied et un autre autour  du calice, la partie charnue du verre, dans laquelle le vin se déploie, avant de s’échapper dans l’air et s’évanouir au contact de « Succès » de « La Dynamique du Succès ».

La force du ruban qui fait alliance avec le verre qui s’échappe a pour inconvénient d’occulter la partie basse du visuel, justement là où le ruban n’est pas encore apparu. Du coup, on s’oblige à regarder ce qu’il y a en dessous de la tige. Il devrait y avoir la cuvette (la coupelle  sur laquelle est fixée la tige qui porte elle-même le calice). A sa place, c’est VINEXPO écrit en bleu qui en fait office, avec en guise aussi de médaille un planisphère orné de billes vertes-jaunes et bleues entre la fin de la tige et la naissance du ruban. Pour lier les deux au salon, l’agence publicitaire a dessiné une grande jambe arrondie qui constitue une partie du X.      

Ruban rouge 004 

Retenons que l’effet ruban a déjà plusieurs caractéristiques. Par sa couleur, il attire l’attention. Par son apposition à la façon d’un tampon, il atteste de l’excellence. Sa forme et son emplacement portent sens. Il barre l’étiquette en deux, comme il barre la poitrine de l'homme au plus près de son cœur. Ce ruban est un signe de fierté pour l’homme qui le porte. Regardez le Prince de Condé, la poitrine barrée par sa Grand-Croix de la Légion d’Honneur,  poser fièrement devant son portraitiste Pierre-Louis Delaval. Il donne une impression de plénitude. 

 

Ruban rouge 005

Pour suivre le chemin. Lire un billet très récent sur ce blog Champagne G. H. Mumm > Les gestes pour le savourer > L'Homme Mumm     

. Visuel en provenance de la revue « Vins Gilbert et Gaillard Magazine en page 3 de couverture, janvier-février-mars 2005.

.Retrouver un résumé succinct de l’histoire de la Légion d’Honneur sur     http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_national_de_la_L%C3%A9gion_d'honneur

 Prince de Condé, Delaval, 1826-1830, Musée de Chantilly,

. Admirer le Prince de Condé sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_national_de_la_L%C3%A9gion_d'honneur

. Apprendre tout sur le verre à vin ou presque http://www.verres-a-vin.fr/2010/02/differentes-parties-du-verre-vin.html et voir les nouvelles tendances sur  http://vignobles.dubourg.over-blog.com/article-les-verres-a-vin-originaux-100322486.html

. Photos Elisabeth Poulain, sauf pour le Prince de Condé, Wikipedia 

. Tags : ruban, rouge, champagne, mumm, étiquette, légion d’honneur, grand-croix, prince de condé, vins gilbert et gaillard, verre à vin, INAO, Pierre-Louis Delaval, cuvette, calice, Vinexpo, symbole, fierté, homme, photos Elisabeth Poulain…

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