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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La plage de Sangatte > L'immersion dans un paysage global

19 Mars 2015, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

A Sangatte, sur la plage, où que vous alliez, vous allez vous fondre à ce point dans le paysage que vous allez devenir sable avec le vent, mouette si vous en voyez une, occupant d’une petite maison en haut de la dune, avec terrasse devant pour encore mieux voir la plage et la mer, que rien pourtant ne vous sépare d’elles à part une petite digue, en bas de la dune, où vous marchez avec les promeneurs.

Vous êtes à la fois sur la  terrasse arrière pour vous protéger du vent, coquillage sur les brise-lames plantés frontalement à la mer pour casser de face la force des vagues qui sans cesse attaquent la petite digue qui est censée protéger la dune. Il y a pourtant des poteaux qui ont été plantés en lignes parallèles pour encore mieux protéger la dune quand il n’y a plus de digue en bas.    

Plage de Sangatte, la dune, la digue, la plage, les brise-lames, le bateau, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, la dune, la digue, la plage, les brise-lames, le bateau, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, la dune, la digue, la plage, les brise-lames, le bateau, Cl. Elisabeth Poulain

Plage de Sangatte, la dune, la digue, la plage, les brise-lames, le bateau, Cl. Elisabeth Poulain

Reprenons, il y a le sable, autant de sable que vous pouvez en voir, celui de la dune, celui qui vole dans l’air, celui qui est entraîné par les vagues qui tapent dur en Manche dans ce grand couloir à vent, sous vos pieds, à vos yeux, dans les cheveux...Du sable qui retient des débris parfois anciens ou qui en ont l’air, comme ces boîtes de conserve dans un creux de la dune, au pied du blockhaus qui a tendance à se pencher vers l’avant. Sur le sable aussi, avec ces lignes en relief que forme le vent autour d’une algue séchée.

Il y a la mer qui toujours fascine, au point qu’on vient moins pour la voir, que pour sentir son odeur, percevoir sa puissance, gronder sa colère les jours de tempête, porter au loin sur la ligne d’horizon ces grands navires qui vont au port ou partent de Calais, Ce jour-là, la mer était calme. On la voyait seulement de loin et pourtant tout ici parle d’elle. Cet univers est le sien ; nous ne sommes ici que des marcheurs qui passons. Les habitants des petites - ou pas si petites - maisons sur la dune sont déjà partis, pour que la dune revienne au sable, aux oyats et au vent qui les fait vivre dans un site protégée par la réglementation européenne.

Plage de Sangatte, Les petites maisons de la dune, la digue, des promeneurs, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, Les petites maisons de la dune, la digue, des promeneurs, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, Les petites maisons de la dune, la digue, des promeneurs, Cl. Elisabeth Poulain

Plage de Sangatte, Les petites maisons de la dune, la digue, des promeneurs, Cl. Elisabeth Poulain

En haut de la dune, cette fois-ci avec les petites maisons dans le dos, il y a toujours le vent qui vous pousse plus fort et de l’eau à nouveau mais cette fois-ci de l’autre côté de la mer, à l’intérieur des terres, quand vous lui tournez le dos. Il y a là un marais. Et l’on comprend dès lors l’importance de ce petit cordon dunaire, qui protège tout l’arrière-pays du risque d’invasion marine très réel. On comprend aussi pourquoi ce site de marais n’est pas constructible.

Les petites maisons. Elles sont toutes différentes et pourtant sauf une exception notable, elles ont dû relever de l’auto-construction au fil du temps et à fur et à mesure de l’évolution des besoins de la famille. Le plus souvent, elles sont blanches, un blanc qui se fane sous les assauts mêlés du vent qui fait voler le sable, de la pluie qui se mêle à l’eau de mer et des embruns d’eau de mer portés par le vent. Chacune a pourtant son « style ».

Plage et dune de Sangatte, Vue sur l'arrière-pays, Cl. Elisabeth Poulain
Plage et dune de Sangatte, Vue sur l'arrière-pays, Cl. Elisabeth Poulain
Plage et dune de Sangatte, Vue sur l'arrière-pays, Cl. Elisabeth Poulain

Plage et dune de Sangatte, Vue sur l'arrière-pays, Cl. Elisabeth Poulain

Une seule petite maison semblait avoir été faite par des professionnels. On la remarque à son pignon pointu, la qualité de ses ouvertures et, à l’extérieur, le sérieux de l’escalier et la beauté du muret de pleine pierre érigé en bordure de la digue pour retenir le sable de la dune qui protège l’assise de la maison. De là-haut, nous avons vu l’arrière-pays, la mer, senti la dune sous nos pieds ; nous avons approché les petites maisons, sans pénétrer ne serait-ce que dans les jardins.

Nous sommes montés sur le petit blockhaus et l’avons contourné. En relevant les yeux fixés sur la mer, nous avons cherché des yeux les gros bateaux de croisières arrivant au port de Calais sur notre droite. Il y en a eu un qui a joué de sa silhouette pour se poser un court instant sur la ligne de crête des poteaux.

Plage de Sangatte, Poteau, jolie petite maison, blockhaus, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, Poteau, jolie petite maison, blockhaus, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, Poteau, jolie petite maison, blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain

Plage de Sangatte, Poteau, jolie petite maison, blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain

Il restait à voir la scène d’en bas, non pas près des vagues qui étaient trop lointaines, mais au bas de la ligne des poteaux. La dune était bien lointaine, les maisons très petites et disparates, sans recherche d’adaptation au site. Quelques promeneurs bien protégés marchaient en bas sur la digue, sans montrer d’intention de poursuivre le chemin de randonnée jusqu’au Cap Blanc-Nez proche.

D’en bas, c’est l’étrangeté du lieu qui domine, avec ce gros navire qui se rapproche de Calais, non loin d’un petit blockhaus de la dernière guerre, lui-même surmonté de petites maisons, qui ne sont plus habitées et qui demeurent en l’état, comme si la vie s’y était arrêtée, ce qui a été le cas, depuis que le Conservatoire du Littoral est devenu propriétaire du site afin de le protéger. Du côté intérieur de la dune, le paysage est adouci de prairies vertes et d’un marais qui collecte l’eau retenue captive. C’était ce que pouvaient admirer de leur terrasse abritée du vent des habitants de certaines petites maisons, amoureux de ces paysages de wateringues.

Plage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth Poulain
Plage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth PoulainPlage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Plage de Sangatte, fin d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Avant de repartir, il ne convient de ne pas oublier de faire un petit tour dans l’air, avec la petite station météo en haut de la dune qui se trouve au bord du sentier qu’empruntent conjointement le GR 120 Littoral et le GR 145, la via Francigena (de Champagne-Ardennes). C’est le premier bâtiment que l’on voit sur sa gauche en descendant vers la mer, après avoir garé la voiture côté terre. Le dernier « bâtiment » ou plutôt la dernière construction humaine est un anémomètre qui mesure le vent. Il est situé sur la droite juste à la fin de la séquence construite sur la dune, quand on tourne dos à la mer.

Pour suivre le chemin  

. Voir aussi un de mes précédents articles « Du Land Art, non du Sand Art à Sangatte sur la plage » sur http://www.elisabethpoulain.com/article-photos-du-land-art-non-du-sand-art-a-sangatte-sur-la-plage-106699266.html  

. Sangatte à retrouver dans http://www.ville-sangatte.fr/  ainsi que sur http://www.ville-sangatte.fr/  . Consulter l’étude des paysages du Nord-Pas-de-Calais sur http://www.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/mer_du_nord.pdf  

. Voir aussi l’action du Conservatoire du Littoral sur http://www.conservatoire-du-littoral.fr/siteLittoral/33/28-dunes-du-fort-mahon-62_pas-de-calais.htm  

. Photos Elisabeth Poulain 2010.

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