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Le Blog d'Elisabeth Poulain

A Yport, en haut de la falaise, une balade au soleil couchant d'été

4 Avril 2015, 17:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

Yport, promenade du soir au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Yport, promenade du soir au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Décryptage du titre. Nous sommes en Normandie au Pays des Hautes Falaises, sur la Côte d’Albâtre. Toutes ces majuscules vous indiquent que nous ne sommes pas n’importe où au bord de la Mer du Nord. Reprenons par la fin. La Mer du Nord, elle est facile à situer pour un Français. Facile, elle est bien au nord de notre hexagone familier. L’étonnant est qu’elle continue à s’appeler comme ça même pour des Belges, des Néerlandais et tous ceux qui sont franchement au nord. Un lien peut certainement être fait avec le vent du  Nord qui souffle fort dans ce grand couloir à vents que constitue le Channel, un vent qui vient vraiment du Grand Nord. 

La Côte d’Albâtre. C’est une dénomination touristique qui désigne cette partie de la côte normande de la Haute Normandie, qui comprend les stations littorales du Pays de Caux (du Havre jusqu’à Dieppe) suivies ensuite de celles du Petit Caux (de Dieppe jusqu’au Tréport). Je crains fort que ces explications ne contribuent à vous embrouiller plus qu’elles ne vous éclairent. C’est un peu fait exprès, une façon pas très méchante de se moquer la tendance  du monde du tourisme d’attribuer des noms valorisant à des sites pour attirer les touristes. L’albâtre est tellement plus chic  que la craie enrichie de silex qui constitue la matière blanche de ces hautes falaises.

Yport, promenade du soir, en haut des Falaises, lumière au soleil couchant, Cl. Elisabeth PoulainYport, promenade du soir, en haut des Falaises, lumière au soleil couchant, Cl. Elisabeth PoulainYport, promenade du soir, en haut des Falaises, lumière au soleil couchant, Cl. Elisabeth Poulain

Yport, promenade du soir, en haut des Falaises, lumière au soleil couchant, Cl. Elisabeth Poulain

Yport n’est pas la station la plus courue de cette portion du littoral balisée au sud par Etretat, la ville touristique la plus connue grâce à sa falaise d’Aval, et le grand port de Fécamp au nord, qui dispose aussi d’une falaise des deux côtés de la sortie du port. Elle offre la particularité d’être restée une petite ville active. C’était un petit port de pêche qui fut connue dès le milieu du XIXe siècle des urbains fortunés en quête de beaux paysages naturels. Une recherche de nature qui incluait aussi une volonté de se retrouver « entre soi » pour constituer un club fermé de personnes avec les mêmes goûts. Le côté très pentue d’Yport fut à la fois un atout pour voir loin et déjà un certain frein au développement économique. La construction d’un casino fut un élément déterminant de son attrait. Actuellement, comme ses deux consoeurs du sud et du nord, la ville vit essentiellement de son tourisme.

La balade sur le plateau dominant les falaises au soleil couchant. C’était un début de soirée calme, quand le vent de la journée s’est apaisé. Le soleil est encore présent. Le grand événement de cette sortie était de chercher à surprendre le moment où la lumière se transforme. Elle dynamise, elle éclaire, elle est là et pourtant petit à petit son intensité diminue, jusqu’au moment où l’œil perçoit ce changement pourtant prévisible et qui se laisse surprendre à chaque fois, comme une découverte nouvelle par définition, accompagnée d’une petite sensation de froid. C’est à ce moment-là, bien souvent que quelqu’un dit « oh, il va falloir rentrer ». Comme si on se faisait surprendre. C’est alors le moment de faire un tour complet sur soi pour embrasser le paysage d’un tour panoramique, d’un coup, d’un seul, sans hiatus ni arrêt, pour être bien sûr d’avoir tout bien vu. C’est un objectif qu’on peut comprendre mais qui est tout à fait irréalisable, car la lumière a changé. Et cela change tout.

Yport, promenade du soir, au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth PoulainYport, promenade du soir, au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth PoulainYport, promenade du soir, au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth Poulain

Yport, promenade du soir, au soleil couchant, douceur d'été, Cl. Elisabeth Poulain

La mer en bas est si calme qu’elle semble s’endormir. Il n’y a ni navire, ni vacancier, ni lumière d’aucune sorte, la falaise sur le côté droit en bas dort déjà, car elle n’attire absolument plus le regard. Remontant sur le plateau, c’est alors le jeune cheval qui retient l’attention. Il s’ennuie un peu au bord de son près, près de son abri, côté mer. Visiblement il lui faudrait un peu de compagnie. Celle des promeneurs ne lui convient pas du tout. Il les trouve un peu idiots, à dire toujours la même chose. C’est son maître qui lui manque. Il essaie de venir tous les jours mais quand même, avoir les mouettes comme copines, cela ne le fait pas.

Par devant le petit sentier étire son ruban entre la clôture en fil de fer barbelé du côté mer, qui cesse quand il se termine, et de l'autre côté, sur la colline, là où le ciel est chargé de nuages, un champ de blé suivi par un autre de maïs bien vert à sa gauche en poussant la marche. La découverte se poursuit entre des bandes vertes avec d’un côté la mer dont le bord se rapproche et le champ de maïs qui s’étire en prenant toute sa plénitude, sans clôture. Et la promenade continue, avec l’intensité lumineuse qui baisse d'une façon générale et les nuages qui se concentrent au-dessus de la colline. Les lignes des rangées de maïs focalisent l’attention.

Yport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs,  blockhaus, Cl. Elisabeth PoulainYport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs,  blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain
Yport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs,  blockhaus, Cl. Elisabeth PoulainYport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs,  blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain

Yport, le plateau sur la falaise, champ de blé, de maïs, blockhaus, Cl. Elisabeth Poulain

Au retour, côté terre, le blockhaus a gardé ses accès ouverts. Il n’a ni été vraiment remblayé, ce qui aurait été facile, ni détruit comme cela a été le cas dans la région de Saint-Nazaire-Pornichet, sauf pour quelques-uns qui sont dotés dun panneau pédagogique intéressant. Visiblement, celui-ci a servi de refuge, sert peut être encore d’abri. Cela étonne vraiment tant la volonté de cacher les stigmates de la dernière guerre de 1940-1945 est forte surtout en région touristique. Mais peut-être la raison tient-elle justement à ce lien avec la présence allemande. Il existe un tourisme de la guerre de 1940-1945. La lumière tombe à chaque pas un peu plus. Il est temps de rentrer.

Et de se dire que le lendemain, on poursuivrait la balade plus loin en descendant vers le sud, toujours en restant en haut pour voir de loin quelques bateaux qui passent. Mais, comme de nombreux vœux, on ne l’a jamais fait. C’est dans un bateau à voile que nous nous sommes retrouvées à Fécamp pour voir « notre » falaise cette fois-ci d’en bas. Ah, ce n’est franchement pas pareil, la mer a pris le pouvoir cette fois-ci.  Il reste des  photos de lumière sur des paysages qui, ensemble, forment quelque chose d’unique…à cause du télescopage des univers, des lignes,  des couleurs et des sensations.

Pour suivre le chemin, allez en Normandie, en Seine Maritime

. Vers Yport http://fr.wikipedia.org/wiki/Yport

 . Vers Fécamp http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9camp

. Vers Etretat https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=Etretat+%2C+wikipedia  

. Photos Elisabeth Poulain

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