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Le Blog d'Elisabeth Poulain

L’art de la pub > La bouteille de champagne et les volutes des arômes

29 Avril 2015, 17:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Comment associer un grand nom de Champagne – Dom Ruinart -  à sa bouteille  de vin de Champagne,  en montrant visuellement la puissance de ses arômes olfactifs ? Telle aurait pu être la problématique posée par  l’équipe dirigeante de Dom Ruinart à son service de communication. Mais commençons par le commencement, Dom Ruinart évidemment, qui est la plus ancienne maison de  Champagne, née en 1729.

Quand on a cet ancrage-là dans le temps, avec en plus la passion de la transmission, on sait tout de ses vins de Champagne. Mais il n’y a pas que cela, il y a en plus cette connaissance très forte du monde qui tourne autour du contenant qui enserre le contenu, la bouteille de Champagne et le vin de Champagne Dom Ruinart. En matière de communication, on se sait en outre le mieux à même de visualiser cette aura d’anticipation qui entoure la bouteille encore bouchée. L’image prouve la réalité de ce pouvoir d’évocation à la seule vue d’une bouteille lourde qui doit être un modèle exclusif de la Maison.  

La bouteille qui fait l’objet de cette publicité parue dans le journal Le Monde le 20 décembre 2007, est un millésime 1996. On sait que les grands champagne ont une exceptionnelle longévité. Le visuel n’a quant à lui également absolument pas vieilli. Certes le papier du quotidien a jauni. Son verso a gardé un certain  air d’actualité. Outre une publicité des Editions du Monde pour un collector en 12 BD de Black et Mortimer, on peut notamment trouver une chronique sur « un vote serré sur le travail dominical » de Patrick Rocher, une reproduction d’un billet paru 50 ans plus tôt sur « le droit de grève à la SNCF »…

Le visuel repose sur des volutes de fumée que l’on associe à des arômes qui sont bien sûr ceux du champagne Dom Ruinart. Montrer par l’image ce que peut ressentir une personne à la seule vue de la bouteille associée au nom d’un des plus grands de Champagne est une vraie réussite.  C’est un  concept très rarement utilisé par les publicitaires, à une exception notable et récente près, en raison de sa difficulté de réalisation. Pour ces dernières années, citons Hermès pour son parfum pour homme « Terre d’Hermès ».

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

Champagne Dom Ruinart 1996, Le Monde 20.12.2007, Cl. Elisabeth Poulain

La mise en lumière de la bouteille de verre à la couleur verte sombre. Le choix a été fait de privilégier le côté gauche de la bouteille avec un trait composite de lumière à largeur variable qui épouse le galbe en partant du haut vers le bas. On distingue la capuche ornée d’un ruban qui tient collé grâce à une mini-étiquette ovale à millésime et qui se termine par le nom de la marque du Champagne. Plus bas, on retrouve l’étiquette arrondie et aplatie vers le bas cette fois-ci qui porte le nom de la maison et son logo. Les volutes apparaissent surtout en partie gauche du visuel en partant du haut pour allonger la perception de la bouteille. On dirait des traits de lumière tracés avec rapidité sur un écran et reproduits ensuite, comme s’ils venaient de surgir par derrière. Le côté droit en bénéficie un peu mais sans recherche de symétrie. Ce déséquilibre visuel est volontaire, afin d’alléger la partie droite du visuel pour mettre en valeur en haut le blason qui chapeaute Dom Ruinart.

Le choix des couleurs. La bouteille d’un vert sombre ressort sur le fond noir de façon inégale grâce à la lumière qui l’éclaire directement ainsi qu’aux arrondis des volutes d’arômes qui s’imbriquent les uns dans les autres. Ils font ressortir le bord externe de la bouteille, comme si ceux-ci sortaient de partout et pas seulement du haut de la bouteille. Les volutes sont aux couleurs de la lumière qui varient d’un jaune d’or pâle, à des blancs veinés de jaune léger, à du blanc qui mêle au noir surtout en partie droite. Il y a un très gros travail pour faire jouer les couleurs de la lumière, pour annoncer l’explosion maîtrisée en bouche…

De la belle ouvrage, vraiment. Aujourd’hui des millésimes anciens sont toujours offerts à la vente, pas ceux de 1996, mais de 1998. La bouteille semble identique, l’étiquette par contre est devenue ronde, les volutes d’arômes sont remplacées par des flûtes qui valsent en l’honneur des vins de Champagne Ruinart…

Pour suivre le chemin

. Retrouver Ruinart sur http://www.ruinart.com/fr-e/les-vins/#dom-ruinart-rose  

. Le Monde 20.12.2007, dernière et pleine page

. Photo Elisabeth Poulain

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