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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La beauté de la lumière, Les prairies de la Baumette, rives de Maine

10 Avril 2015, 14:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pont de la Libération ou pont de Prunier, vers les prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Pont de la Libération ou pont de Prunier, vers les prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

La Maine avec ses 12kms est une des plus petites rivières de France qui offre aussi la double singularité d’être en Anjou et de ne pas avoir de source. Pour autant, ne vous inquiétez pas pour elle. Elle va bien surtout quand elle a ses « Hautes Eaux » qui vont inonder comme chaque hiver et début de printemps ses basses prairies, celles qui font éponge justement, en accueillant son trop-plein d’eau. Quant à la source, elle n’en a pas besoin puisqu’elle est formée par la résultante entre trois rivières que sont la Mayenne, la Sarthe et le Loir, la ère à l’ouest, la seconde au-dessus d’Angers et la troisième qui vient de l’Est. Pour éviter des tensions pour savoir laquelle allait donner son nom à leur réunion, une solution diplomatique a consisté à lui donner un autre nom, la Maine. C’est donc elle qui se jette bravement ensuite dans la Loire sur sa rive droite à Bouchemaine, la bien-nommée face à Sainte-Gemme sur Loire dont le territoire est située sur la rive gauche de la Maine et en rive gauche de la Loire.

La Maine a aussi pour particularité de longer deux grandes éponges à eau que sont l’Ile Saint-Aubin, qui fait partie d’Angers, au nord sur sa rive droite et, pour équilibrer, en rive gauche, les Prairies de la Baumette, sur la commune de Sainte-Gemme sur Loire. De la même façon mais en inversé, en rive gauche au centre d’Angers, que se dresse un pic de schiste noir où s’élève le château. En rive droite, cette fois-ci, face aux prairies de la Baumette, une falaise déchiquetée domine la Maine et son lac d’inondation. Cette fois-ci, c’est une abbaye, celle de la Baumette justement, qui a donné son nom à cette grande prairie située en aval de la Maine et qui offre la particularité d’être d’un seul tenant sans un mètre de fil de fer.

Le pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth PoulainLe pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Le pont de la Libération et les peupliers des Prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

La balade. Elle commence par le Pont de la Libération. C’est un ancien pont de fer ferroviaire érigé en 1908 emprunté maintenant par les marcheurs et les sportifs cyclistes. Ce nom lui a été donné parce qu’il permit à la fin de la II guerre mondiale aux Forces Américaines de passer la Maine et de prendre à revers les forces allemandes stationnées à Angers centre. Il est aussi surnommé le Pont de Prunier, du nom du site appartenant à la commune de Bouchemaine. C’est du haut du pont que se découvre l’étendue des hautes eaux qui donnent l’impression que la Maine est doublée d’un grand étang, au point aussi qu’on se demande si ce n’est pas la Loire. C’est alors la fête visuelle pour les yeux, avec des lignes contrastées de couleurs claires et pourtant vives qui brillent au soleil du printemps dans une lumière vive.

C’est le vert de la prairie qui forme la base de ce socle chromatique, le jeune vert de l’herbe qui brille au soleil et qui a envahi toute la surface, chemin y compris. Il y a pourtant des traces de pneus repérables à l’herbe couchée. Il y a ici un chemin qui ne se voit pas ; il n’est pas parallèle au fil de la rivière. Les promeneurs ne s’y trompent pourtant pas. Ils ne vont pas voir la Maine pourtant toute proche. L’eau actuellement est très proche du haut de la berge couverte de grandes herbes et lianes mais sans encore l’atteindre. Le regard se porte presque naturellement et plus volontiers de l’autre côté de la rive, celui qui s’ouvre vers « le grand paysage », un de ceux qui vous aère l’esprit, qui vous emplit d’énergie et qui délie les langues. « Ah que c’est beau » semble être la phrase la plus souvent entendue, celle qui est échangée entre des promeneurs qui se croisent et se saluent, comme si on se rencontrait en randonnée seul au monde et heureux de partager.

Rive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth PoulainRive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth PoulainRive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth Poulain

Rive de Maine, praires de la Baumette et peupliers, trâce du chemin, Cl. Elisabeth Poulain

A votre gauche, se trouvent les premières rangées de jeunes et vigoureux peupliers d’Italie bien alignées transversalement à la rivière. Ce sont eux qui marquent le début de la promenade. Ils n’ont pas encore sorti leurs jeunes feuilles rousses du printemps. Leurs troncs presque noirs contre le soleil structurent le paysage en hauteur. D’autres rangées se laisseront découvrir le long du chemin, mais pas en aussi grand nombre, ni de la même espèce. Ceux-là plus âgés ont chacun leur forme. Dans le fond de la scène, un rideau d’arbres feuillus de hauteur inégale apparait en brun clair ; il forme la transition entre la prairie verte et la grande surface bleue claire de l’eau inondant la prairie.

Dire qu’il s’agit d’un étang serait inexact tant la frontière entre l’eau et l’herbe est difficile pour ne pas dire impossible à marquer, surtout vue de loin. Même de près, même du haut d’un mètre ou peu plus de hauteur, l’herbe est si fournie qu’on ne voit pas l’eau qui recouvre la terre. Ce n’est que lorsque le creux est suffisamment prononcé, près du rideau d’arbres, qu’on a vraiment la sensation de voisiner avec l’eau, alors même qu’on est tout près de la Maine. Une autre conséquence importante est qu’il n’est pas possible de marcher au bord de cette eau, qui a ainsi un caractère protégé. Devant vous, sur votre gauche, se poursuit la grande bande verte qui encercle de façon irrégulière toute la prairie. Chaque pas nous rapproche de la grande étendue bleue. En attendant, le regard se porte sur un arbre à terre entre le chemin et la berge ; d’autres qui ont poussé de par leur volonté propre et sans alignement, avec souvent des boules de gui accrochées dans leurs branches.

Prairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth Poulain

Prairies de la Baumette, vert tendre, bleu clair et arbres, clichés Elisabeth Poulain

Dans la bande bleue de l’eau de la prairie inondée, vous commencez à repérer des points blancs qui semblent immobiles. En regardant mieux, vous en voyez aussi dans la prairie en arrière. Ces points blancs sont en réalité des cygnes qui hivernent ici chaque année ; cette année, la colonie semble particulièrement importante. Les cygnes de la Baumette, comme on les appelle ici, se savent très protégés dans leur environnement liquide. L’adresse est bonne, la cohabitation sans souci, les deux-pattes humains qui les admirent en marchant sont suffisamment éloignés, la chasse est interdite et le site entier est classé Natura 2000. Ne viennent ici que des paisibles amoureux de la nature, mais pas tous à pied.

En effet plus bas, à l’actuel pont ferroviaire qui relie Angers à Nantes et plus loin de chaque côté et qui traverse la Maine, il est possible d’arriver en voiture et de la garer. L’adresse est bien connue des pêcheurs qui en profitent pour ne pas avoir à porter leur matériel. L’intérêt pour eux aussi de se positionner sous le pont sur le quai en hauteur qui permet normalement de passer, sauf quand le niveau de l’eau les en empêche. C’est le cas cette fois-ci ; le passage sous le pont est sous l’eau. Il faut donc revenir par le même chemin, sans avoir pu longer la Maine en rive gauche jusqu’à Bouchemaine, passer le pont et tourner tout de suite à droite.

Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain
Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth PoulainPrairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Prairies de la Baumette, cygnes, pont ferroviaire actuel, rives de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Au demi-tour, on voit bien la vanne ouverte sous un petit pont, par lequel passe le chemin, qui laisse rentrer l’eau de la Maine dans la prairie en période d’inondation. C’est tout près du grand talus de la ligne ferroviaire construite en hauteur afin justement de permettre d’assurer le passage du train. D’un côté l’eau est absolument indispensable à la survie des prairies humides, d’un autre les inondations sont une vraie gêne pour le passage des trains. Quant aux bateaux sur l’eau, des plates étaient amarrées sur l’autre rive près du pont à arche sous lequel nous n’en avons pas pu passer. Un seul naviguait, c’était un hors-bord qui remontait La Maine au milieu du chenal.

Nous n’avons pas vu de pêcheur assis au bord de l’eau en train de rêver qu’il allait enfin attraper au moins un poisson. Les périodes de crue ne sont peut-être pas propices à la pêche à la ligne. La seule trace visible au retour s’est limitée à la tête d’un poisson qui devait être de belles dimensions, justement dans les herbes couchées du chemin…Il est temps de remonter les marches qui mènent au pont de Prunier et de saluer de loin l’ancien couvent de la Baumette (XVe siècle), située sur un éperon de schiste noir, qui a donné son nom aux prairies qui sont un véritable havre de paix végétal au sud de la ville d’Angers. La Baumette, en hommage à Sainte-Baume en Provence érigée sur une falaise abrupte…

Rive droite de Maine, paroi de schiste noir, face aux prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Rive droite de Maine, paroi de schiste noir, face aux prairies de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une promenade entre terre et eau, au milieu d’une nature paisible, sous un grand soleil avec une lumière extrêmement vive, dans un grand paysage, voisinant avec une importante colonie de cygnes que nous ne gênons pas, dans un télescopage de temps, d’aujourd’hui à la Libération d’Angers, en faisant un grand détour par la Provence, passant par trois villes et deux cours d’eau et en compagnie de gens sympas et en rencontrant d’autres qui le sont tout autant...

Pour suivre le chemin

. Photos Elisabeth Poulain

. Trouver les fondamentaux sur la rivière Maine sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Maine_(rivi%C3%A8re)

. Consulter l’analyse paysagère réalisée par Laure Aubert h. Pruniers, qui fait partie de Bouchemaine, à découvrir sur http://aubert.laure.free.fr/analyse.pdf   

. Prunier sur le site de Bouchemaine http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouchemaine  

. L’abbaye de Bouchemaine sur http://www.angersloiretourisme.com/fr/decouvrir/lieux-de-visites/abbaye-de-bouchemaine  

. Sainte-Gemmes sur Loire http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Gemmes-sur-Loire  

. L’ancien Couvent de la Baumette, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Couvent_des_Cordeliers_d'Angers#/media/File:Rene1ofNaples.jpg  

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