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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Toulouse Lautrec, sur un vin de Bordeaux, Château Malromé

6 Mai 2015, 15:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Toulouse-Lautrec, Château de Malromé, 2008, Cl. Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Toulouse-Lautrec, Château de Malromé, 2008, Cl. Elisabeth Poulain

Cette bouteille fait partie de mes « trésors » que je garde précieusement, pour un jour en faire un billet. Il y a ainsi dans un lieu tenu non secret des bouteilles vides sans honte aucune, ayant vu de mes yeux vus des bouteilles vidées de leur précieux contenu chez bon nombre de vignerons cette fois-ci. Les endroits varient, selon leur tempérament et la place disponible dont ils bénéficient. On peut en voir ainsi sur la cheminée de la grande pièce, le bureau ou carrément dans une bibliothèque entre des livres, la meilleure place à mon avis…

Ces bouteilles témoignent de moments de partage d’émotion avec des amis assez chers pour goûter des vins rares ou attachants, en remerciement aussi pour l’attente de ce partage, avec un avant, un pendant et un après. Une aventure complète qui montre que l’attente, l’annonce est suivi après le partage de cette émotion, par un après, un souvenir qui s’inscrit dans un temps sans cesse en mouvement, comme revisité par le souvenir Les choses ne sont jamais finies quand le vin est bu, la dégustation terminée, les amis partis et les verres rangées…

Il s’agit aujourd’hui de vous parler de l’habillage de cette bouteille de vin de Bordeaux du Château de Malromé. Un habillage suffisamment curieux pour que j’achète la bouteille. Ce n’est qu’ensuite que j’ai vu le nom d’un des propriétaires du château dans le passé. Il s’agit de Toulouse Lautrec – écrit avec sans tiret entre les deux noms - à qui son prénom n’a pas été donné, comme on le voit au bas de l’étiquette, une fois rentrée chez soi et la bouteille posée sur la table. Je dois dire que cela m’a étonné. Etait-ce pour une raison de place sur la photo qui remplit l’étiquette d’une façon forte ? Ecrire Henri de Toulouse Lautrec aurait nécessité plus de place. Ou une façon de rester concentrer sur l’essentiel, avec quatre mots seulement en tout, plus un chiffre 2008 pour le millésime sur l’étiquette et le blason en  relief de la famille.

Vin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth PoulainVin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth PoulainVin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth Poulain

Vin de Bordeaux, Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Elisabeth Poulain

L’impression ressentie vient plutôt du choix du portrait de celui qui est représenté. C’est un homme jeune, au col cassé et cravate nouée à la façon d’un foulard, à la barbe taillée avec une moustache qui prend des libertés, des cheveux bien lissés, des petites binocles, une oreille parfaite et un léger sourire, je n’oserais dire un demi-sourire. Cet homme au côté droit représenté porte son regard vers la gauche pour lui. Et c’est homme est Henri de Toulouse Lautrec.

L’étrangeté vient non pas du fait de montrer un visage de près, ce qui est pourtant rare, mais du fait que la photo a été coupée en deux. On ne voit que le côté droit d’Henri de Toulouse Lautrec. Je n’ai pas d’exemple en tête, surtout pour représenter un vin de château. Comme si l’unicité de la personne était mise en doute, plus même, posée comme un postulat de départ. Comme si sa dualité profonde de fils de la noblesse par son père et par sa mère était une de ses facettes de châtelain, comme si sa vie de trublion-peintre parisien, qui a vraiment voulu jeter le trouble, en était une des autres, celle dont il n’y a pas lieu de parler quand on cite le vin du Château de Malromé.

Le peintre a produit pendant sa courte vie - gravement malade, il est décédé à 37 ans - une œuvre picturale réellement fabuleuse de créativité, de novation, de folle liberté, d’une maitrise du trait et de la couleur jamais vue jusque-là et d'une humanité profonde. Cinq ans avant son décès, il écrivait à un ami : « seule la figure existe, le paysage est et ne doit être qu’un accessoire. Le paysage ne doit servir qu’à mieux faire comprendre le caractère de la figure… »

J’aime ce portrait en noir et blanc ou plutôt en gris et ivoire, dont le regard jamais ne rencontrera le nôtre, tous deux lisant dans le même sens de gauche vers la droite, chacun poursuivant la route de son côté. Et j’ai apprécié aussi est le texte porté au dos sur la contre-étiquette, plus large que l’étiquette mais moins haute. Il y est rappelé très sobrement que « Malromé a été la demeure familiale de Henri de Toulouse-Lautrec qui s’est éteint au Château en 1901. Le Domaine couvre 52 hectares dont 40 sont plantés en vigne… »

Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciementsChâteau de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciements

Château de Malromé, Toulouse-Lautrec, Cl. Henry Salomé, wikipedia, avec mes remerciements

Pour suivre le chemin

. Les dimensions de la photo (3,6cm de large sur 9 cm de haut), celles de l’étiquette ( 4,2cm de large x 14cm de haut) et de la contre-étiquette (7cm large x 11 cm de haut)

. Découvrir le château et retrouver ses vins sur http://www.malrome.com/  ainsi que sur Facebook https://www.facebook.com/pages/Ch%C3%A2teau-Malrom%C3%A9/607908529292999?fref=ts  

. Pour le blason, voir http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/04/02/a-albi-le-blason-redore-des-toulouse-lautrec_1679098_3246.html  

. Ensuite l’artiste à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_de_Toulouse-Lautrec  pour avoir une vue globale sinon complète.

. Sur le musée d’Albi dépositaire des œuvres d’Henri de Toulouse Lautrec http://www.museetoulouselautrec.net/le-palais-de-la-berbie-et-ses-jardins.html  http://www.musees-midi-pyrenees.fr/encyclopedie/themes/peinture-sculpture/toulouse-lautrec-et-le-portrait/  

. Photos Elisabeth Poulain pour la bouteille et Henry Salomé sur Wikipedia pour les deux vues du château, avec mes remerciements 

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