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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Arromanches > Les gens, la plage, la mer & le béton > Printemps 2015

14 Juin 2015, 16:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Arromanches, vue sur la plage, les promeneurs à marée basse, Cl. Claire McDonald

Arromanches, vue sur la plage, les promeneurs à marée basse, Cl. Claire McDonald

Quand on parle d’Arromanches, beaucoup savent que c’est un lieu de mémoire, où tout parle de ce qui s’est passé ici, avec toujours la mer en ligne de mire au bord de la petite route côtière ou plus bas sur la plage. Ce jour-là, le temps était au beau, ce qu’on appelle beau ici, quand le ciel n’est chargé que de quelques nuages légers blancs qui n’annoncent pas de pluie, que le vent ne se fait guère sentir si ce n’est sous la forme de la petite brise de mer de la Manche, quand les touristes sont de retour…

Comme toujours, dès les dimanches de printemps et jusqu’à l’automne, il y a beaucoup de monde sur la plage à marée basse. Des promeneurs marchant à petits pas, sans forcer, ensemble ou s’étirant en file. Beaucoup de groupes se sont ainsi fractionnées en plusieurs unités, chacun dans ses pensées… On n’est pas ici pour faire son jogging, ni promener son chien, même si cela doit arriver, sans manquer de respect à tous ceux qui ont ici donné leur vie lors du Débarquement, avant ou après. C’est un signe qu’ici l’air, le sable, la mer ont en commun quelque chose d’étonnant.
 

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson en béton, Cl. Claire McDonald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson en béton, Cl. Claire McDonald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson, Cl. Claire Mc Donald

Ce spécial se voit déjà à ces grands blocs de béton qui semblent échouer sur la partie de la plage découverte par la marée. De loin, on imagine des blockhaus détachés de la côte par la force des vagues. S’ils ont bien le béton en commun, ils offrent deux grandes différences. D’abord ce sont des caissons qui n’avaient aucune fonctionnalité d’abri. Ils avaient pour objectif de créer un port artificiel sur l’eau, près du bord de la terre. Alors que le blockhaus était bâti, au bord de plages sur la terre pour surveiller la mer. Les caissons ont été fabriqués en Angleterre pour être jeté en mer pour fabriquer un port artificiel au profit des Alliés, alors que les blockhaus l’étaient en France même au profit des forces d’occupation allemandes.

On peut toucher, contourner certains de ces grands caissons allongés de béton qui s’enfoncent depuis leur dépose en 1944 dans le sable sous l’effet des marées. Certains se sont cassés en morceaux. Tous abritent des petites algues qui ont réussi à force de persévérance à se nicher dans les alvéoles du béton, quand les petits cailloux intégrés sont partis sous l’effet de l’eau. L’étonnant à des yeux de native du bord de l’Atlantique est la faible quantité d’algues qui a réussi à se fixer.

Arromanches, marche sur la plage, approche des caissons, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, marche sur la plage, approche des caissons, Cl. Claire Mc Donald

Ce sont les chiffres qui contribuent à un télescopage mental qui donne le tournis. L’esprit a du mal à arriver à visualiser l’arrivée par la mer de millions d’hommes et de matériel en mer à faible distance d’un paisible village qui abrite aujourd’hui environ 600 habitants et vraisemblablement moins de 200 le 7 juin 1944 après les bombardements par l’armée allemande. Il y eut 180 sinistrés, seules sept maisons restèrent intactes. Mais pendant les quelques mois -100 jours ou 5 mois pour d’autres sources - de fonctionnement du port artificiel fondé sur des navires coulés et les fameux caissons, baptisé Mulberry, 2,5 millions d’hommes furent débarqués ici, ainsi que 500 000 véhicules et 4 millions de tonnes de marchandises.

En mer, d’autres gros blocs se détachent en noir sur le fond de l’horizon. Ce sont les vestiges du port artificiel. Ces caissons aux dimensions impressionnantes restantes sont les témoins que l’on vient entendre témoigner depuis 71 ans…

Arromanches, la plage à marée basse, pêcheur de crevettes, caissons à l'horizon, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, la plage à marée basse, pêcheur de crevettes, caissons à l'horizon, Cl. Claire Mc Donald

Pour suivre le chemin

. Aller à Arromanches, et lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Arromanches-les-Bains  

. Voir l’opération, avec des clichés militaires sur http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-port-darromanches  

. Découvrir le port artificiel de Mulberry B sur http://commons.wikimedia.org/wiki/File:MulberryB_-_Piers.jpg  

. Voir comment se sont passés les évènements grâce au « Guide des Plages du Débarquement », de Patrice Boussel et Eddy Florentin, aux Presses de la Cité, éditions 1974, 1984

. Avec des extraits publiés sur http://www.netmarine.net/bat/porteavi/arromanc/villearrom.htm  

. Réviser ses connaissances avec le carnet pédagogique n° 1 pour les enfants scolarisés en primaire. Ce livret est remarquable, du fait en particulier de la présence de photos très parlantes sur http://www.musee-arromanches.fr/docs/carnet_pedagogique_niv1_fr.pdf   Le livret n°2 pour les élèves du secondaire est plus axé sur le contrôle des connaissances sur http://www.musee-arromanches.fr/docs/carnet_pedagogique_niv2_fr.pdf  

. Une demande d’inscription des Plages du Débarquement au Patrimoine Mondial de l’UNESCO serait envisagée ou en cours http://www.cityzeum.com/ev/commemoration-du-debarquement#sthash.xkZlATp5.dpuf  

. Clichés Claire Mc Donald, avec mes plus vif remerciements.

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