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Le Blog d'Elisabeth Poulain

M comme Man > L’Homme vu par Boss > La Ligne selon Hugo Boss

22 Juillet 2015, 14:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub Homme, Hugo Boss, L'Express 26.11.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Homme, Hugo Boss, L'Express 26.11.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre d’abord. Il s’agit dans ce billet de mettre en lumière un très beau cliché d’homme fait par Hugo Boss, la Maison  Hugo Boss, en essayant de montrer la construction du visuel, pour en faire ressortir les lignes. Ces lignes font apparaître la structure de la photographie, aussi et autant composée que peut l’être un tableau de maître hollandais de la Grande Epoque classique, comme a pu l’être Samuel van Hoogarten, au milieu du XVIIe siècle aux Provinces-Unies des Pays-Bas.

Mais avant tout quelques mots sur la Maison Hugo Boss. Promis, je ne vous assommerai   pas avec de chiffres. Je ne vous en donnerai que 2 + 1 +. La Maison, créée en 1924 en Allemagne, a toujours son siège à Metzingen en Bade-Wutemberg, situé en rive droite du Rhin, face à l’Alsace en rive gauche. Elle vend actuellement 1 costume d’homme sur 6 dans le Monde. On va retrouver aussi ce chiffre 6 cette fois-ci présenté par 2, donc 66 assorti d’un %, pour viser la part de l’actionnaire principal de nationalité britannique.  Soit une double dimension européenne et mondiale.

Le + 1 + désigne la date du visuel  que je vous présente. Il s’agit d’une publicité parue dans l’Express en date du 20 au 26 novembre 2013. Pour ceux que la numérologie intéresse, il s’agit du 5ème visuel placé en tout début du n° 3255 du magazine, très orienté « Homme », avec un visuel double pour le Scotch Whisky Singleton à ambiance minérale, un autre double rouge avec Cartier et sa montre Tank MC, un 3è double rouge pour une Renault Captur, un Cross-Over urbain rouge, Azzaro pour Homme en noir et blanc avec le flacon de parfum or en page paire  et…en page impaire enfin l’Homme selon Hugo Boss en tonalités bleues.  

Ce qui frappe en premier dans le cliché, c’est la façon dont le photographe a voulu exprimer l’essence de l’Homme, sa  nature profonde en représentation visuelle, sans aucun mot autre que BOSS, HUGO BOSS en caractères droits et forts.  Ici pas de chichi, ni de décoration, ni de pose pensive ou réflexive dans un fauteuil…pas de bibliothèque, ni de tableau en arrière  fond.

On perçoit seulement des lignes, avec un très beau travail de rencontres maîtrisées entre des plans coupés. On voit d’abord le mur de pierre bleue - du Hainault belge me semble-t-il, mais sans certitude - assemblée telles des briques, sur le côté droite, à sa gauche donc. Sous ses pieds,  s’exprime la chaleur d’un parquet à lames alternées, une claire, une plus foncée, avec un jeu de lumière qui est accentué par le troisième plan, à savoir les lames larges d’un store vertical par lequel passe la lumière bleutée. C’est sur ce fond clair que se détache le nom du visuel et celui de la marque. La structure ainsi définie, comme une rencontre entre trois plans de nature, de texture et de couleurs différentes, sert de cadre très valorisant pour celui qui incarne la marque.

C’est l’Homme BOSS HUGO BOSS qui est adossé contre le mur de pierre bleue par son épaule gauche, ainsi que sa jambe gauche, tandis que la droite est repliée en partie en arrière pour donner de la souplesse, en évitant la rigidité des jambes écartées. C’est aussi une façon de créer une oblique à partir du bas de la jambe gauche vers le haut. L’axe du corps est ainsi décentré de façon à lancer le regard vers le haut. Le jeune homme a les mains dans les poches, pour le rendre plus humain, en créant une ligne légèrement oblique entre la position des mains de chaque côté, un truc qui a pour effet de tirer sur sa veste à hauteur du bouton. C’est aussi une façon subtile de donner une impression renforcée d’arrondis qui se joignent en remontant vers le visage, avec les revers, puis le gilet.

La rupture vient du col blanc qui se détache sur la chemise rayée, renforcée par la cravate bleue foncée à petites impressions blanches qui surprend comme un lien entre le col si blanc qui forme le 3è étage de cette superposition entre veste, gilet et chemise. La cravate forte à points apporte de la dissonance mesurée dans cet ensemble. A noter le discret rappel de la pochette blanche très enfoncée qui ne déborde guère de la poche haute gauche pour renforcer l’asymétrie entre les deux parties de la veste, ce liseré blanc donc qui renvoie en diagonale au revers de la petite poche à rabat situé au-dessus de la poche de droite.

Le regard se porte alors sur le visage très classique de ce jeune homme. Il ne sourit pas. Il est très présent, il regarde mais sans avoir l’air d’attendre. Il occupe vraiment tout l’espace. Vous venez de voir une photo très construite qui reste dans la rétine. Du bel ouvrage vraiment…

 

Pour suivre le chemin

. Le visuel est à voir dans L’Express, n° 3255 du 20 au 26 novembre 2013, page 13

. Hugo Boss à retrouver sur http://www.hugoboss.com/fr/home  

. L’histoire du groupe https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugo_Boss  

. La newsletter du Groupe pour la France et la boutique en ligne sur http://www.hugoboss.com/fr/hommes-2/  

. Voir surtout son e-magazine très tendance, avec beaucoup de superbes clichés sur http://www.hugoboss.com/fr/magazine/  avec en particulier le cahier Boss Bottled Celebrates Men of Today http://www.hugoboss.com/fr/magazine/boss-bottled/50973.html?fdid=emag&csortb1=published&csortd1=2  

. Le Bade-Wurtemberg sur la rive droite du Rhin, la région voisine de l’Alsace située en rive gauche

. Voir sur ce blog « Quand la porte s’ouvre, Samuel van Hoogarten est là » http://www.elisabethpoulain.com/article-symbole-quand-la-porte-s-ouvre-samuel-van-hoogarten-est-la-115127901.html  

. Ainsi que le billet sur la pierre bleue du Hainaut de Belgique http://www.elisabethpoulain.com/article-la-pierre-bleue-du-hainaut-de-belgique-un-symbole-de-longevite-125321632.html  

. Photo Elisabeth Poulain

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