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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Peinture sur verre, le jeune garçon, l’escalier, la maison, la fleur…

3 Décembre 2015, 16:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Peinture d'enfant, sur verre, vue par dessus, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Peinture d'enfant, sur verre, vue par dessus, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Il s’agit d’une peinture que l’on voit à l’envers, à travers le verre, de ce qui a été fait par le peintre qui devait avoir 9-10 ans à ce moment-là. Elle a été faite lors du temps scolaire, grâce à l’inventivité et la faculté de récupération de matériaux divers et variés de la directrice de l’école primaire du village. Elle cherchait toujours à optimiser son petit budget pour trouver du matériel pour les enfants. En classe de maternelle par exemple, les petits écoliers  dessinaient et peignaient sur l’envers de grandes feuilles de catalogues de papiers peints. Elles avaient un double avantage, avoir une bonne résistance à l’eau et fournir de l’espace au dessin, pour inciter les enfants à ne pas toujours voir petit –comme ils sont petits -  et autant que faire se pouvait, à prendre possession de ce grand espace.

Là, il s’agissait d’une expérience très intéressante, aussi bien pour les enfants plus grands, qui étaient alors en CP - en Classe Préparatoire - que pour l’instituteur qui avait ces élèves en charge. La Directrice  avait pu récupérer une série de plaques de verre particulièrement épais (0,6cm) et non coupant, qu’elle avait proposée à l’instituteur. Toutes les précautions avaient été prises pour fixer ces plaques aux tables et des mamans engagées bénévolement en plus, pour veiller au bon ordre pendant la ou les séances de peinture. Chaque enfant avait eu aussi le temps de penser à ce qu’il voulait dessiner, cette fois-ci sur une feuille de papier. Le dessin avait été ensuite été placé sous le verre pour fixer sur la plaque envers des beaux tracés de couleur noire à la fois fins en largeur et épais en hauteur. Ceci dans le but d’isoler chacune des couleurs, comme un vitrail. Le jeune garçon a pu alors poser la couleur spéciale verre, à l’intérieur de chaque espace, du mieux qu’il a pu, pour ne pas déborder à côté.

Peinture sur verre d'enfant, vue par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Peinture sur verre d'enfant, vue par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Tout ce travail minutieux, qui n’était pas ni effaçable, ni améliorable après, s’est effectué sur l’envers, qu’il est devenu plus tard, alors qu'it était alors l’endroit pour travailler. J’ignore si les enfants ont eu du mal ou pas à comprendre cette complexité entre l’endroit et l’envers, l’un étant l’endroit pour le travail à faire qui devient ensuite l’envers derrière, quand la peinture sur verre est terminée. Et tout cela grâce à la magie de ce verre très épais, qui était déjà une rareté pour l’époque dans ce village de campagne situé au bord de la Loire, en Loire atlantique. On ne pouvait plus en acheter. Tout ce que je sais est qu’il faut beaucoup de mots pour exprimer ce passage des yeux et le travail du cerveau entre le dedans et le dehors, le dedans d’un moment qui devient dehors après et vice et versa. Quoi qu'il en soit, une sorte de magie se dégage réellement qui fait que ce verre est toujours là.

Peinture sur verre d'enfant, détails en relief par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth PoulainPeinture sur verre d'enfant, détails en relief par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth PoulainPeinture sur verre d'enfant, détails en relief par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Peinture sur verre d'enfant, détails en relief par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

La composition découle me semble-t-il de l’ordre dans lequel s’est faite la création. Je pense que le jeune peintre a commencé par la maison qu’il a conçue à sa taille humaine, avec un contenu proprement étonnant qui est l’importance de l’escalier, qui monte presque jusqu’au premier étage. Et on le voit, lui, qui nous regarde avec ses deux yeux, son grand nez et ses grandes oreilles rondes. Dans le dessin, le personnage est presqu’au milieu. La couleur rouge-rose de l’intérieur de la maison indique l’importance qu’il attache à ce cœur d’attache. L’escalier file vers le coin gauche, couvert par un toit vert-jaune chauffé par le soleil qui rayonne très fortement en haut.

Trois niveaux horizontaux structurent cette composition avec un sol rouge plus foncé en bas, pour évoquer la terre, puis un vert jaune, à droite de la maison, qui marque le jardin où pousse cette énorme fleur aux pétales de couleur violette et au cœur du même vert jaune. Au-dessus règne, en maître incontesté, un ciel bleu turquoise, nimbé de trois nuages aussi violets que les pétales de fleur. Cette couleur violette est proprement intrigante, c’était aussi peut être la seule couleur forte qui puisse à la fois se démarquer du rouge de la maison et du bleu turquoise qui apparait derrière la fleur et des trois nuages. Quoiqu’il en soit, il y a là un vrai sens de la couleur.

L’étonnant est que le jeune garçon a réussi à montrer le mouvement, pour aller vers le haut, en regardant ceux qui le regardent, lui qui se détache, sans couleur, comme le cœur du soleil. Il n’en a tout simplement pas besoin. Et il s’est arrêté quand il a estimé que c’était bien. La question qui reste est de savoir si l'endroit n'est que l'envers de l'envers? En d'autres termes, la composition est-elle plus forte si le jeune garçon monte l'escalier en allant en haut  vers la gauche, ou vers la droite? Ce n'est pas pareil. Moi je préfère quand il monte vers la gauche tel qu'il s'est vu, lui, pas les autres...  

Pour suivre le chemin . De nombreux ateliers proposent des stages de peinture sur verre pour et par des enfants, sans piste particulièrede ma part  à vous donner.

. Clichés Elisabeth Poulain

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