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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Société > La Fleur bleue peinte à la main au fond de l’assiette

9 Décembre 2015, 11:09am

Publié par Elisabeth Poulain

La fleur bleue au fond de l'assiette de faïence, détail, Cl. Elisabeth Poulain

La fleur bleue au fond de l'assiette de faïence, détail, Cl. Elisabeth Poulain

ll faut que je vous dise d’emblée, elle est très vieille. L’assiette de faïence, qui porte la fleur, en son creux qui a subi les atteintes du temps. La Fleur, quant à elle, se porte à merveille. D’où vient-elle ? Je l’ignore. Pourquoi a-t-elle des bords aussi usés, vraisemblablement provoqués par des chocs ? Là aussi, mystère. A l’envers, elle est signée  d’un W, me semble-t-il, accompagné ou précédé, selon le sens dans lequel on la regarde, d’un signe cabalistique, impossible à déchiffrer. 

La Fleur bleue. Elle est superbe, avec ses pétales bien ouverts pour qu’on puisse bien voir ses gros pistils rouges, bien alignés en un double rang, avec cinq pistils en arrière et trois devant. Cinq pétales bleus en arrière forment comme un amphithéâtre enveloppant de nature à valoriser ce cœur  rouge ; par devant trois pétales bleus se montrent de l’arrière, avec trois autres plus bas pour donner un joli gonflant de devant.  

Sa cour de proximité. Une telle fleur se doit d’avoir autour d’elle une guirlande légère faite de 5 feuilles, accrochée à 3 brins, qui semble flotter au vent. Par devant dépasse la tige courbe, là aussi avec trois brins garnis de quelques feuilles seulement, pour ne pas nuire à la mise en lumière de deux petites fleurs simples, une au cœur jaune avec cinq  petits pétales et l’autre avec deux pétales et des pistils de fleurs rouges. Un rouge que l’on va retrouver sur des pampres rouges qui encadrent la composition florale, pour dynamiser l’ensemble…  

L'assiette de faïence à la fleur bleue, Cl. Elisabeth Poulain

L'assiette de faïence à la fleur bleue, Cl. Elisabeth Poulain

Le pourtour de l’assiette est orné d’un ruban vert-jaune passé à croisillon, à la façon d’une dentelle festonnée, qui joue avec les contours arrondis de l’assiette, marqués par six encoches légères, qui donnent le sens dans laquelle l’assiette doit être vue. La fleur est positionnée dans l’axe de deux encoches qui se font face et qui permettent de tracer une étoile à quatre branches rayonnantes. En effet cette verticale croise l’axe horizontal, tous deux créant la structure de base, dans laquelle s’inscrivent deux axes secondaires dans chacun des quatre quartiers. Au total, il y aura donc douze entrées, qui sont des courbes en creux se rapprochant du bord, avec un gonflé entre deux creux. C’est un effet vague très réussi.

Chaque creux est orné d’une fleur particulière très simple, à quatre pétales d’un rouge brique passé, avec un cœur jaune. Entre chaque fleur simple de creux, on peut voir une demi-fleur du même rouge brique, du style d’une marguerite dont le pétale supérieur serait plus imposant que les autres. En commun les six fleurs simples et les six fleurs-marguerites portent à leur sommet tourné vers l’intérieur de l’assiette une fleur bleue, un bleu de fleur de lys, avec une petite larme jaune qui s’échappe de la fleur bleue. Pour finaliser la guirlande extérieure, deux motifs de feuilles enrichissent la guirlande-dentelle, trois feuilles simples un peu arrondies viennent rendre hommage à la fleur de lys bleu de chaque côté. Avec plus bas pour combler le creux qui restent, des formes de fougères permettent de donner un joli mouvement pour finir.

Le lien entre la fleur et "l’assiette de table" est que la première ne se découvre qu’avant de remplir son assiette ou lorsqu’on a fini de manger dans l’assiette qui alors est bonne à laver. On dit alors qu’elle est sale. La fleur répond visiblement à un besoin qui est d’associer le bon et le beau, le second renforçant le premier, qu’on ne voit pourtant qu’avant de placer de la nourriture dedans. Ce pourrait être l’anticipation d’un plaisir pour la femme qui a mis la table et qui a plaisir à montrer de la belle vaisselle ou celle qui a une histoire ainsi que pour le convive qui aura tout mangé, sans rien laissé dans son assiette, pour avoir le plaisir de voir le fond. C'est "un ressort" qui fonctionne pour les enfants. Poiur lesadultes, j'en doute.

L'assiette de faïence à la fleur bleue, l'envers, Cl. Elisabeth Poulain

L'assiette de faïence à la fleur bleue, l'envers, Cl. Elisabeth Poulain

« L’assiette de mur », une dénomination qui n’existe pourtant pas, pourrait convenir à cette cette assiette. Elle ressemble en réalité plus à un tableau qui s’accrochait au mur grâce à un dispositif à trois branches, une forme de décoration de la cuisine qui n’est plus guère à la mode aujourd'hui, si ce n’est dans le cadre d’une collection...d’assiettes.

Ce billet s’inscrit dans un questionnement, sans réponse évidente « pourquoi avons-nous et pas seulement les femmes, tant besoin d’avoir, de voir des fleurs partout ? » Et cela depuis des siècles, une tendance allant croissante.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Cette assiette n'a pas non plus de source évidente. Je l'ai trouvé dans un vieux carton chez mes parents.

. Voir sur ce blog, trois billets qui parlent de fleurs…

http://www.elisabethpoulain.com/article-la-beaute-d-evidence-du-rose-de-printemps-des-fleurs-de-jardin-69853197.html  

http://www.elisabethpoulain.com/2015/10/les-mains-des-femmes-le-gout-des-fleurs-la-broderie-en-exemple-oui-un.html  

http://www.elisabethpoulain.com/2015/10/les-mains-des-femmes-le-gout-des-fleurs-la-broderie2.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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