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Le Blog d'Elisabeth Poulain

The song of the talking wire, Henry F. Farny, peintre des Indiens 1904

14 Mars 2016, 14:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire-partie centrale, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire-partie centrale, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl1/2. Elisabeth Poulain

C’est le vrai titre de cette peinture d’Henry François Farny. Ce peintre américain, d’origine alsacienne, a choisi d’intituler son œuvre de cette façon à la fois vraie et fine, « The Song of the talking wire ». Un titre qui pourrait être traduit par la chanson du fil qui parle, wire signifiant le fil à prendre dans le sens ici de fil télégraphique…

Le tableau date du tout début du XXe siècle, en 1904. La société nord-américaine avait découvert avec émerveillement l’invention du morse qui permettait de communiquer en temps réel entre des correspondants éloignés physiquement l’un de l’autre. Preuve en fut faite en 1844 grâce à une transmission d’un message entre Washington et Baltimore à une centaine de kilomètres, lors de l’élection à la vice-présidence des Etats-Unis.

Cette invention du télégraphe était une telle novation, fabuleuse pour l’esprit, qu’elle prit automatiquement le nom de son inventeur Samuel Morse. C’était déjà une sorte de dématérialisation de l’information visuelle, celle-ci étant transformée en sons perceptibles par ceux qui avaient les codes pour l’émission, la transmission et la réception. Elle se diffusa à l’échelle du continent nord-américain au fur et à mesure de la mise en place des poteaux de bois qui supportait les câbles télégraphiques.

Henry F. Farny, The song of the talking wire, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl2/2. Elisabeth Poulain

La relation à la terre en culture indienne était extrêmement forte du fait même de son inaliénabilité : nul ne pouvait la posséder, ni la détruire puisque la survie de tous dépendait d’elle, la nature et les animaux y compris. Dans ces conditions, voir un poteau planté en terre pouvait provoquer des interrogations, en voir des séries à espaces réguliers puis découvrir qu’on y fixait des câbles pouvaient être à juste titre être sources d’inquiétudes. C'était une coupure visible de ce qui était un. Quand plus tard, ces poteaux à leur tour commencèrent à parler relevaient franchement de la magie, que tente de comprendre l’homme que l’on voit collant son oreille au poteau pour mieux en sentir les vibrations. Il écoute, il écoute, il sait que quelque chose est dit, transmis…Il le sait et malgré toute son attention, il sait qu’il ne comprend ni la teneur du message ni la façon dont le poteau vibre, ni ce que disent les fils en haut.

C’est ce qu’a voulu transmettre Henry François Farny dans une grande sobriété de composition, de couleurs et de paysages. On y voit un homme son oreille collée à un poteau qui fait partie d’une ligne qui coupe le tableau en deux. En arrière, à l’horizon, se déploie un paysage fait d’arbustes, de quelques bouquets de petits arbres, avec des nuages qui mangent l’horizon. Certains pourraient ressembler à des montagnes en partie droite. C’est là aussi mais devant que se trouvent ses chevaux dont l’un porte une biche ( ?), que le chasseur vient de tuer avec son fusil qu’il a gardé en main pour écouter « le chant du fil qui parle… »C'est la partie du Temps présent. De l'autre côté, en symbole du temps qui passe, on discerne difficilement dans la neige les os d'une tête de bison, comme un hommage aux Temps anciens.  Ce n’était déjà plus l’époque où les hommes partaient à la chasse avec leur arc et leurs flèches… C’était déjà celle de l’arrivée de la modernité, la nôtre et celle d’artistes qui furent parmi les premiers à s’intéresser à la culture indienne.

Pour suivre le chemin

. Lire aussi sur ce blog, le billet dédié à Morning Gun, Grand Chef indien, sur la base d’un portrait réalisé par un peintre allemand Winold Reiss, né en Forêt Noire en 1913, fasciné lui aussi par la Grande Aventure Indienne http://www.elisabethpoulain.com/article-m-comme-man-morning-gun-grand-chef-indien-pecunnie-winold-reiss-125424581.html  

. Retrouver Henry F. Farny, qui s’était formé à la peinture pendant trois ans à l’Académie royale de Düsseldorf en Allemagne de 1867 à 1870 sur http://www.the-athenaeum.org/art/list.php?m=a&s=tu&aid=541  

. Et sa célèbre peinture sur le site du Taft Museum, Cincinnati's Home for Art http://www.taftmuseum.org/collections/collection_highlights/36-1931-466_tma  

. Sa biographie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Farny  

. Aperçus sur la culture indienne https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rindiens  ainsi que http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Am%C3%A9rindiens/124931  

. Lire le bon article sur les Amérindiens https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rindiens_aux_%C3%89tats-Unis  

. Les Indiens des Plaines sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Indiens_des_Plaines#/media/File:Plains_Indians_range.png  

. La chasse aux bisons avec arc et flèches https://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse_au_bison  

. On peut se reporter aussi avec profit à l’ouvrage « Les Indiens d’Amérique du Nord », texte de Thomas Page sur Minerva 1979, Genève.

. Photo Elisabeth Poulain 

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