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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La cigogne au long bec, des pattes fines, des plumes = Qui suis-je?

27 Mai 2016, 17:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

Cigognes-panneau-routier-wikipedia

Cigognes-panneau-routier-wikipedia

Pour moi, qui suis une cigogne, curieusement c’est une bonne question, que j’ai à plusieurs titres raison  de me poser. Pratiquement inconnue dans la vie courante, on ne parle de moi que lorsqu’il est question de l’Alsace à l’est de la France. C’est là que l’on voit ces fameux nids que j’ai l’obligeance d’édifier avec beaucoup de courage et de ténacité pour mes œufs qui, après une longue couvaison de ma part, auront peut-être la chance de continuer la lignée des cigognes européennes. Donc, premier bon point, je fais de très beaux nids qui animent le paysage. Sauf que trouver des photos de vrais nids devient un parcours du combattant. Parait-il que je souille…Stop. Je ne vais pas tout vous dire  tout de suite quand même.

Ma seconde qualité est d’attraper des tas d’insectes à manger à mes rejetons toujours affamés. J’ai beau faire, je suis toujours accueilli par un « ce n’est pas trop tôt, on a faim, nous ! » Ah ces cigogneaux ingrats, jamais contents, jamais rassasiés qui en demandent toujours plus! Avec mes yeux perçants, je suis pourtant un véritable aspirateur qui vole en chassant. L’inverse est tout aussi vrai, je chasse en volant… J’aime tout particulièrement les moustiques qui adorent se développer dans les prairies humides proches du Rhin, d’un côté à l’autre de la frontière que forme le Rhin entre la France et l’Allemagne. Donc vive moi, second bon point. Les Alsaciens, les ingrats, auraient un peu trop tendance à oublier mes qualités. Certains auraient aussi un peu trop tendance  à me rejeter dans l’histoire passée.

Cigognes-Stork2-Nid-Ecomusée-Ungersheim-Traroth-wikipedia

Cigognes-Stork2-Nid-Ecomusée-Ungersheim-Traroth-wikipedia

Hé, les amis, n’oubliez pas que chaque année, je rejoins mon coin d’Afrique de l'Ouest que j’ai choisi pour hiverner. Je reviens chez vous quand il fait beau. Que voulez-vous, j’ai le sens du beau et j’ai besoin de diversifier les paysages que je vois, les insectes à mon menu, mes admirateurs…Je sais exactement où sont les nids que j’ai édifiés. Et en plus comme je suis une vraie sportive, je garde la forme. J’en fais des kilomètres, parce que contrairement à ce que pensent beaucoup d’entre vous, je ne traverse jamais la Méditerranée, là où il y a le plus d’eau à survoler. Pas folle la guêpe ! C’est soit par l’Espagne pour rejoindre le Maroc, soit par le Moyen-Orient pour passer l’hiver par exemple en Egypte et retour au printemps pour retrouver l’Europe et son agréable fraicheur d’été. A côté du soleil africain, c’est appréciable.

Et puis, encore un atout, je suis fidèle. Je reviens là où j’ai construit avec beaucoup d’intelligence et de mise en pratique de techniques inventives ces grands nids, qui je l’avoue, pèsent leur poids. C’est vrai, en dessous,il faut une vraie charpente de charpentier de métier et pas une charpente de m… que je n’oserai même pas désigner comme telle. Je suis polie, en plus. C’est vrai que si elle est déjà occupée par une intruse, ça chauffe. Je me connais, je sais que je suis une battante, une tenace…Me piquer mon nid, que j'ai construit avec tant d'intelligence et d'adresse, c’est non. Quant à la disparition de beaucoup de nids, elle vient aussi du problème des fientes que nous laissons sur les toits. Je le reconnais, c'est un problème non résolu pour les humains qui habitent en dessous.   

Ceci dit, je suis belle et modeste. J’ai gardé le meilleur pour la fin de ce petit billet à ma gloire. Mon long bec rouge orangé vif est repérable de loin. Mes longues pattes d’un rouge un peu éteint sont malheureusement moins visibles, bien qu’au XVè siècle, en 1480 pour être précise, un très grand artiste, Barthélemy l’Anglais, m’a dotée de pattes aussi rouges que mon bec, ce qui fait que, grâce à lui, au fil des siècles, je suis encore plus superbe. Je vole dans le ciel bleu, avec un long poisson dans le bec pour mes cigogneaux qui prennent trop de place dans le nid. Et moi alors, je fais quoi ? Il va bientôt venir le temps où je retrouverai mon nid vide, avec à nouveau de la place pour moi… Et la réponse à la question est que je suis un oiseau positivement admirable et donc à protéger!

* Barthélemy L'Anglais-Livre-des-propriétés-des-choses-voir en haut-à gauche-classes-bnf-95-62

* Barthélemy L'Anglais-Livre-des-propriétés-des-choses-voir en haut-à gauche-classes-bnf-95-62

Pour suivre le chemin .

. Voir d’abord le bon article sur la cigogne blanche sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cigogne_blanche  

. Bestiaire médiéval, Des animaux familiers, Editions Ouest-France, Robert Cintré, en page 100 pour voir la peinture entière avec tous les animaux qui volent et le nid avec les deux grands cigogneaux affamés et maman cygne qui se hâte pour revenir dare-dare remplir ces gosiers qui semblent toujours vides…

. Extrait de la photo figurant dans l’ouvrage précité, montrant une cigogne rapportant à manger à ses cigogneaux au nid sur http://classes.bnf.fr/dossitsm/gc95-62.htm

. Avec mes remerciements aux artistes et différents contributeurs d'hier et d'aujourd'hui...! 

. L'étoile au début de l'intitulé de la photo signifie qu'il s'agit d'un extrait.  

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