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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Mai en Provence > Un champ de coquelicots à damner un photographe

19 Mai 2016, 14:19pm

Publié par Elisabeth Poulain

Coquelicots de Provence au mois de mai-Cl.1. F. Poulain

Coquelicots de Provence au mois de mai-Cl.1. F. Poulain

Le coquelicot, vous connaissez forcément cette fleur, telle est forte son attractivité orange-rouge ou rouge orangé léger. Chez elle, tout est légèreté et finesse. Tout est bon : en exemplaire unique, elle nous fait se pâmer, quelques pieds de plus suffisent à nous faire rêver. Imaginez maintenant que vous avez, devant vous, un champ entier de coquelicots qui s’écoule en pente douce vers vous, avec en arrière un mont ou plutôt plusieurs monts arrondis par le temps et le vent qui souffle même au printemps. Et vous avez le choc de l’année. Il vous faut absolument vous arrêter, pour prendre quelques clichés. Pas vous en fait mais votre charmante co-pilote parce que le champ est de son côté, à elle.

Nous sommes en Provence au mois de mai, le mois le plus beau  de l’année. Il fait encore frais le matin et toute la journée sous l’ombrage des arbres feuillus, doux au soleil caressant ; la soirée redevient fraîche et la nuit « frisquette ». La lumière est incomparable tant elle brille de finesse et de clarté. Toutes les teintes de la nature en sont magnifiées mais sans surdosage, si naturellement, qu’on devrait inventer des noms de couleurs pour chacune des saisons. Cet univers de couleurs est si cohérent qu’il est quasiment impossible à retrouver en photo, dans la totale cohérence des teintes entre elles et la plénitude du réel. Ici, rien n’est sur-colorisé. Tout est vrai et fragile à la fois. Et on ne peut « toucher » ce paysage de coquelicots que des yeux.   

Coquelicots de Provence au mois de mai-Cl.2. F. Poulain

Coquelicots de Provence au mois de mai-Cl.2. F. Poulain

C’est ce qui est arrivé ce matin-là, avec un champ entier rouge orangé, éclatant de douceur et de force à la fois, qui enchante véritablement vos yeux. S’arrêter ne pose aucun problème. Vous un êtes sur une petite route de montagne qui relie deux villages en fond de vallée d’un côté l’autre, que seuls fréquentent, seuls, des cyclistes, tous des hommes minces endurants. Pas question ici de faire de la compétition. Le plaisir de monter à la force du jarret ne se partage pas, tant il est fort. Etre soi avec soi, dans des paysages de moyenne montagne encore frais au printemps, sans chape de chaleur, est un vrai bonheur, qu’on attend dès le lundi.

Quelques coquelicots s’annoncent en bordure de la route, puis des surfaces plus importantes apparaissent près de la route et enfin se présente à vous cette immense prairie, sans clôture, ni traces de pas ou de vandalisme forcément idiot. Le coquelicot présente en effet de particularité qu’on ne peut ni le saisir, ni en faire des bouquets, tant cette fleur et sa tige sont fragiles. C’est là sa force, qui est mise à mal par tous les produits chimiques, qui font qu’on ne voit plus guère de prairies de coquelicots, dans les plaines travaillées en culture intensive.

Et c’est ainsi que, revenue chez soi, on se surprend à se demander comment Claude Monet peignait « ses » coquelicots de plein champ en Normandie…Une question que je laisserai sans réponse, forcément... pour ne pas déclarer la guerre des coquelicots entre la Provence et la Normandie. La guerre des Deux Roses a bien suffi... A chaque province, ses coquelicots et plus largement ses atouts.

Coquelicots de Provence au mois de mai-Cl.3. F. Poulain

Coquelicots de Provence au mois de mai-Cl.3. F. Poulain

Pour suivre le chemin.

. Un des villages doit être, sans certitude, celui de Fouques...

. Aller en Provence au début du mois de mai. C’est un enchantement de chaque instant. https://fr.wikipedia.org/wiki/Provence  

. Le coquelicot sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Coquelicot  

. Photos F. Poulain, avec les remerciements d'Elisabeth Poulain 

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