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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs > La Dame en noir aux cheveux rouges dans la ville

16 Août 2016, 16:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

C’est un drôle de tableau, attirant et dérangeant à la fois. Un de ceux qu’on achète chez Emmaüs, sans se poser de question, parce qu’il a quelque chose qu’on ne saurait définir et un des rares également qu’on range aussitôt quelque part en l’oubliant. Et puis un jour, on le retrouve, tel en lui-même, aussi bizarre qu’il était. C’est alors vous qui vous demandez ce qu’a voulu exprimer le peintre.

Commençons donc pour une fois par la signature. Le tableau est orné en bas à droite d’un D.S. 1998. Pour la date, ça va. DS sont vraisemblablement les initiales de l’artiste. Peut-être aussi un jeu de lettres portant sur « Déesse ». Nul ne le saura, hors celle ou celui  qui a réalisé cette œuvre.  L’intéressant porte plutôt sur la position de la signature. Elle est placée en oblique tout en bas à droite, dans le sens de la fuite hors du tableau, en sortant du cadre, parce qu’on lit de droite à gauche.

Imaginons que les deux lettres et l’année - DS 1998 - aient figuré dans l’autre sens. En suivant cette ligne, l’œil serait arrivé au point focal du tableau, à un centre qui n’y est pas placé, mais d’où partent des lignes, avec une première séparation entre le bas et le haut. En bas, on distingue en arrière-plan un quadrilatère irrégulier, que j’appelle  la prairie, dont les deux lignes visibles ne sont ni horizontale ni verticale.

C’est là que se tient en un fort premier plan la dame entièrement revêtue d’une  robe noir, qui laisse seulement voir ses mains qu’elle cache dans ses poches. Le découpé du haut montre un cou très mince et haut qui porte une tête sans visage et aux cheveux franchement rouges, comme un casque vermillon, qui ressort sur un halo d’or par derrière. Sa peau, celle du visage et celles des mains, tire également sur le rouge cette fois-ci beaucoup plus clair.

Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

C’est son corps noir qui me dérange en réalité. Chez elle, tout est bizarre : la taille étranglée, les épaules désajustées, la longueur des bras et ce drôle de corps qui file vers le bas, avec des hanches très basses, l’une arrondie, celle qu’on voit vers la droite et l’autre qui n’a rien de symétrique. Que veut-elle exprimer? On l’ignore.

De son épaule gauche, en contre champ vers l’arrière, surgissent trois formes humaines. Le premier petit homme assez proche est comme tassé sur lui-même, les bras collés à lui, en couleur verte brouillée de rouge. Deux autres se distinguent dans ce qui est le cœur du tableau, à la hauteur de la tête de la Dame en noir. Ils sont flous, avec une seule jambe pour celui de droite.

C’est ce drôle de couple en grisé-vert bordé de rouge qui délimite les trois séquences du tableau, avec dans le sens des aiguilles d’une montre la prairie verte en bas, la ville en haut et le champ jaune verdi vers le haut sur la droite. C’est là que se tiennent deux hommes aux chapeaux noirs. Le premier se tient droit, le corps semble-t-il tourné vers la Dame en noir, avec son bras droit si maigre, l’autre collé au corps. Le second, sans bras clairement visible, donne l’impression de vouloir partir sur ses deux jambes vers la droite. La scène ne le concerne pas.

La ville orange-rouge domine la scène. Sa composition est franchement complexe, entre des façades coupées, des imbrications de bâtiments les uns dans les autres de façon à ne pas avoir devant soi un mur qui se présente de face. Les toits plus ou moins pentus sont d’un rouge ocre plus foncé.

On arrive alors à ces deux panneaux verticaux de couleur turquoise, qui donnent beaucoup d’élan dynamique à la composition. La couleur en elle-même tonifie le reste et heureusement neutralise en grande partie, le vert mousse jauni d’en bas.

Il reste deux éléments étranges, des sortes d’agrafes- à vous citer pour lier le haut et le bas et faire tenir le tout ensemble. Il s’agit d’abord de de cet arc-en-ciel tronqué et limité à deux couleurs, un trait arrondi rouge doublé d’un trait vert, un autre vert que le turquoise, au-dessus de la tête de la Dame. Et d’un long trait jaune fort sur la gauche, qui se noie dans le vert…

Bizarre, vous avez dit bizarre, oui, c’est franchement bizarre. Et pour finir, c'est la ville que je préfère.

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Une œuvre achetée dans un Centre Emmaüs, quelque part en France, il y a quelques années.

. Pour la France, voir http://emmaus-france.org/  

. Hors de France, trouver la liste des 350 associations dans 37 pays http://www.emmaus-international.org/fr/?gclid=CIv0_8ygxs4CFVXnGwodDDUHAA  

. L’essentiel à connaître sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma%C3%BCs_France  

. Clichés Elisabeth Poulain, avec * quand il s'agit d'un extrait.  

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