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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, en cinq peintures

16 Septembre 2016, 09:44am

Publié par Elisabeth Poulain

*La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, extrait, Cl. Elisabeth Poulain

*La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, extrait, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain en cinq visuels.  C'est le titre auquel je n'ai pensé qu'après coup. Ensuite, deux précisions à vous apporter vous connaissant, vous qui aimez à la fois la précision et la clarté. En réalité, il y a plus de réalisations dans la série.  Toutes ont un lien entre elles. Elles forment une déclinaison qui tourne autour de sa vision de la ville en changement, dans un mouvement perpétuel, dont on ne sait ce qui change, soi et/ou la ville devant soi, ou et l’inverse qui est aussi vrai, en y ajoutant de regard de celui ou celle qui les voit. Il s’y ajoute le travail de l’artiste qui à chaque étape dit autre chose autrement. En particulier parce qu’elle intègre en l’occurrence un facteur fondamental qui est le temps rapide de la création.  Et ce temps est aussi du regard, à un moment, un certain temps après, comme c’est le cas ici…Comme une valse à trois temps qui se tresse tout le temps en nous et autour de nous, parce que nous changeons tout le temps. 

Chaque visuel apporte un nouveau regard, avec à chaque fois quelque chose de nouveau, sans rien ajouter, surtout pas, au contraire, en épurant. Et ainsi dire autrement quelque chose en plus. C’est l’application du « moins pour dire plus et… autrement ». A toute question, il y a toujours trois réponses, oui, non, autre !  Et c’est là où le jeu de la création est intéressant. Le joker en plus apporte un élément supplémentaire visible qui est le temps, celui de la ville, celui de celle qui peint ces œuvres, celui de celle qui regarde... Je ne vous en parlerai qu’à la fin. Peut-être, peut-être pas, à voir, c’est le temps d’écrire le texte qui le dira. Encore une précision, l’ordre de présentation est le mien, puisque les cartons peints ne portent aucune indication d’aucune sorte. C’est là aussi où l’ordre choisi par celle ou celui qui écrit change le regard.   

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

. Le carton n°1-41 x 27 cm-6 P. C’est lui lance la série, dont on ne sait pas en le voyant qu’il va être le Ier de la lignée. Il doit donc être suffisamment puissant pour lancer la dynamique, attirer et retenir le regard. Il représente une façade vue d’un immeuble en hauteur. La raison en est qu’on voit les fenêtres de face, un peu de la toiture vers la droite en haut, l’antenne de la télévision en partie gauche, trois vasistas dans la toiture ou le mur et en dessous, une fenêtre haute, peut-être pour éclairer l’escalier au-dessus de la porte vitrée, dont on voit que la partie haute, avec son imposte. Il éclate de couleurs pastel. Et c’est cette harmonie douce et contrastée à la fois qui rend la composition si attirante.

La technique utilisée consiste d’abord à enduire le support rigide d’une peinture blanche épaisse et résistante à l’eau. 2. Ensuite, après avoir bien réfléchi aux lignes à tracer et fait un modèle à sec à côté, il s’agit de prendre un ustensile souple pour reproduire d’un trait ferme et sans hésitation le schéma de départ. 3. Vient le moment de râper finement les différentes couleurs aux surfaces d’emplacement choisis. 3bis. Il faut alors après repasser le bâton adapté de pastels sur les lignes creusées de façon à étaler la poudre de craie sur les creux des lignes. 4. Et enfin, laisser sécher…

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°2-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°2-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°2 - 33 x 22 cm - 4 P. C’est une déclinaison du premier carton, dans un format plus petit comme en témoigne le code normalisé 4 P. Cette fois-ci, France a recouru à une autre façon de faire ressortir les lignes et pas les surfaces. La technique qu’elle a utilisée consiste à peindre le fond avec le jeu des couleurs du visuel n°1 disposées grosso modo au même endroit. Elle a ensuite recouvert le tout de peinture blanche et, très vite, a creusé les lignes majeures de la première réalisation, en tenant compte de la réduction du format. On perçoit à certains endroits la sous-couche, le rose en bas à gauche et le vert turquoise vers le haut à droite. L’impression ressentie est une grande maîtrise de la part de la créatrice et d’acceptation de celle, celui qui regarde…

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth PoulainLa ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain
La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°3 - 41 x 27 cm – 6 P. Il y a un grand changement, en forme de zoom sur certaines lignes de couleur rose, verte, orange et jaune tendres. De la ville, il ne reste plus que du rose évanescent à certains endroits du mur, dans le coin inférieur droit, un carré aux coins arrondis multicolore en bas de la composition, décalé vers la droite à cause du grand empiètement double cette fois qui mange une grande partie de ce carton qui a été revêtu de cellophane pour protéger les deux pailles de couleur qui délimitent un grand rectangle non bordé sur la côté extérieur. Il déborde sur la moitié de la largeur et celle de la hauteur. C’est la seule fois, de toute la série, que je n’ai pas trouvé tout de suite quelle était la bonne position de ce carton. Je viens seulement d’avoir la réponse. Il fallait aussi cette fois-ci se fier au sens du tableau indiqué à l’arrière par l’étiquette 6P. Le petit carré d’une fenêtre est en bas. Depuis le début, je le vois en haut et je continue à le voir ainsi. Vous le verrez donc dans les deux positions, en ajoutant aussi le même carton mais cette fois-ci en position horizontale.   

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°4-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°4-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La plaque rigide de contreplaqué en n°4 - 41 x 27cm. Le support a changé, même si les dimensions de la coupe sont identiques à un 6P. La texture est différente, le rendu aussi. On voit que le travail au couteau de plâtrier n’a pas cherché surtout à avoir un support parfaitement lisse, sans raccord visible. Au contraire, on devine que les traces du coup de main sont nécessaires dans cette vision d’évanescence de la ville. On y perçoit des résurgences en coulées vertes de couleur turquoise, jaunie au centre et violette à droite. L’autre apport, nouveau, est le jeu avec la colle, qui dissout la paille de plastique, avec un rendu d’eau qui coule…Il y a aussi un presque carré de 6,5cm de largeur sur 7,5 cm de hauteur de couleurs roses et vertes dissoutes tout en bas vers la droite. Etrange, vous avez dit étrange… ! Mais attendez le dernier numéro de la série.

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°5-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°5-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°5 – 46 cm x 33 - 8 P – Le tournis vous saisit. Cette fois-ci tout est devenu blanc à l’exception d’une carte plastique dur et épais servant de témoin de protection tombé par terre dans un chantier électrique à Essen dans la Ruhr lors d’un voyage d’étude en Allemagne. Tout est devenu blanc à l’exception de cet élément de plastique jaune épais et dur percé d’un trou où figure le n° 4. Les traits de couteau de vitrier avec lequel le fond a été enduit ont été faits en position horizontale. On retrouve en haut les barres des antennes cette fois-ci complètement à gauche en haut, avec des éléments nouveaux difficile à décrypter, du fait que le sens d’accrochage du tableau se fait à partir du témoin jaune. C’est ce que nous indique le système d’accrochage à l’arrière. Il reste des lignes en relief, des morceaux de composition. Peut-être est-ce aussi est-ce une vision de la ville vue d’en bas, celle des réseaux électriques par exemple… ?

Quoi qu’il en soit, la série, même raccourcie telle que je vous la présente, intrigue et questionne, en prolongeant la question « que reste-t-il dans nos mémoires de notre vision personnelle de la ville qui change tous les jours ? » L’intéressant est que les visions se superposent, les unes aux autres, parfois en se heurtant, parfois en se superposant les unes aux autres, en ayant chacune, chacun sa vision de la ville et de de ses paysages, au fil du temps…celui de la ville, jamais tout à fait la même, jamais tout à fait une autre…Avec en plus, la vision propre de la photo qui fait par exemple ressortir du violet sous le blanc de ce grand carton. J'ai laissé cela ainsi... Il n'y a pas que le temps, ni le regard de celle qui écrit,  pour changer les choses.   

                                                                       *

Pour suivre le chemin

. Ces cartons peints ont été réalisés par France Poulain, au cours de ses études à l’Ecole d’Architecture de Nantes, à retrouver maintenant sur son blog http://www.francepoulain.com/  

. Gamme des couleurs pastel sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Couleurs  

. Coffrets de craies de « pastels à l’huile, 12 couleur extra-fines, Dalbe, made in Korea », ainsi que .des « Holbein Oil Pastels » dans une boîte qui a perdu son couvercle… 

. Essen sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Essen  .

. La réponse à la question que j'ai posée au début est qu’à mon sens il n’est pas nécessaire d’ajouter d’autres planches. C'est le temps de l'écriture qui me le dit...

. Clichés Elisabeth Poulain, le signe * avant l'énoncé indique qu'il s'agit d'un extrait.

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