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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le cycle des fleurs > La porte de la maison > La grille fleurie

27 Octobre 2016, 17:09pm

Publié par Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Il y en a tant et tant de fleurs dans nos vies qu’on peut réellement se poser la question du pourquoi. Pourquoi tant de fleurs? Sans compter celles qui fleurissent naturellement dans la nature, celles qui poussent avec les soins d’un jardinier dans un jardin ou un parc, ou celles que vous achetez au marché ou chez un fleuriste…Celles dont je vais vous parler n’appartiennent à aucune de ces catégories. Elles ont en commun d’être, non pas étranges, mais sorties de leur contexte. Est-il par exemple vraiment utile de mettre des fleurs en métal pour constituer l’élément dominant d’une porte vitrée ? La réponse est franchement oui  et vous allez voir pourquoi.

Imaginez, devant vous se trouve la  porte d’entrée d’une maison qui date de 1931. Elle est vitrée dans sa partie haute. Plusieurs solutions s’offraient alors : choisir une porte pleine avec l’inconvénient de ne pas avoir de lumière naturelle le jour dans l’entrée. Une autre solution consistait à mettre un verre épais et formé de sortes de vagues décoratives de façon à empêcher le regard de ceux du dehors vers ceux du dedans, tout en gardant la précieuse lumière du jour.

Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Trois solutions s’offraient alors au propriétaire :

. Ne rien faire pour protéger ce verre épais spécial, ce qui était rare. Une autre solution, moins coûteuse en plus, consistait alors à choisir une imposte, de petite hauteur et  placée dans le mur au-dessus de la porte. Certaines pouvaient s’ouvrir grâce à une longue tirette. Cette solution existe toujours.

. Devant le verre en extérieur, une autre possibilité consistait à mettre des barreaux, toujours présentés verticalement, avec l’inconvénient de faire penser à des grilles d’une prison. La pose horizontale est, sauf exception, évitée, car elle aurait pu servir de début d’escalier pour faire de l’escalade, surtout s’il y avait en plus une imposte.

. Recourir à un joli motif en fer forgé posé devant la fenêtre en partie extérieure. Et devinez quoi ? Ce sont souvent les motifs incluant des fleurs qui étaient choisis. Et c’est le cas ici, dans cette villa urbaine de Normandie.

Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

La grille dite «  A la corbeille de fleurs ». Le dessin est extrêmement travaillé. Il  s’agit de mettre en valeur un bouquet de quatre fleurs seulement enrichies de feuilles arrondies de façon à densifier la création et à donner du sens. Une seule fleur supplémentaire, équilibrée par deux feuilles, figure en bas de la partie centrale de la grille. La corbeille y joue un grand rôle car c’est elle qui structure toute la composition. Toutes les lignes sont arrondies, aucune ne se termine de façon sèche. Les bords hauts du vase  s’enroulent sur eux-mêmes de façon à former eux-mêmes des sortes de fleurs. Le bas est marqué par les deux lignes qui se croisent pour être fixées au cadre structurant, tout comme les volutes du haut du vase qui permettent d’y fixer les points de soudure.

L’ovale réserve au bouquet est fixé par quatre points d’attache à la forme octogonale qui abrite déjà dans sa partie supérieure, une volute maîtresse en haut qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, encadrée par deux séries de deux volutes, l’une qui tourne aussi dans ce même sens et l’autre …vous l’avez deviné … dans l’autre.

La forme octogonale est elle-même fixée au cadre rectangulaire à chaque haut et bas ainsi que droite et gauche par trois attaches horizontales et verticales de  dimensions  réduites pour le haut et plus grandes pour les côtés verticaux, parce que la portance est plus grande.

Le cadre rectangulaire tient par quatre prolongements soudés  au rectangle extérieur lui-même fermement attaché à la porte suffisamment solide pour supporter l’ensemble, par quatre petites tiges en haut et en bas de la largeur et huit sur les  hauteurs.  Il me reste à vous parler de la façon dont est comblé l’espace entre la forme octogonale et le cadre extérieur. On dirait vraiment des écailles de poisson. On est alors loin des fleurs, mais toujours proche de la nature.

Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain

Des grilles de 1930 de ce type, il en existe forcément plusieurs modèles, dont un autre est d'ailleurs près de moi, posé contre le mur. Il est tellement lourd, qu’il n’est même pas question pour moi de le déplacer. Ce sera pour une autre fois, par quelqu'un d'autre que je remercie déjà d'avance…

Pour suivre le chemin

. Les  éléments de base sur l’architecture normande sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_de_la_Normandie

. Voir de beaux exemples de grilles, en consultant Google images, en particulier en provenance du site  http://picclick.fr/Art-antiquit%C3%A9s/Architecture-mat%C3%A9riaux/Jardin-ext%C3%A9rieur-ferronnerie/

. Photos Elisabeth Poulain, vues de la grille dehors-dedans, le jour, la nuit... 

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