Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les fleurs du cerisier sur un napperon, des fleurs à foison at home

29 Octobre 2017, 18:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Fleurs stylisées de cerisier, napperon japonais, Cl. Elisabeth PoulainFleurs stylisées de cerisier, napperon japonais, Cl. Elisabeth Poulain

Fleurs stylisées de cerisier, napperon japonais, Cl. Elisabeth Poulain

En matière de titre, parfois la chance vous sourit à condition de savoir s’adapter. C’est le cas pour ce billet, dont le titre dépassait allègrement les 70 caractères maximum. En utilisant ces deux termes anglais, à la place du français « dans la maison », ça va. Il est vrai qu'il manque en plus la rime , « des fleurs à foison dans la maison », mais à l’impossible nul n’est tenu. En plus  une autre information d’importance n'est pas indiquée qui est que ce ne sont pas des fleurs banales ou celles d’un cerisier comme un autre. Non, celles-ci viennent du Japon et ont été rapportées  d’un voyage de découverte d’une amie passionnée de culture japonaise.  

                                     

Napperon japonais avec Samouraï, Geisha & fleurs de cerisier, Cl. Elisabeth Poulain

Napperon japonais avec Samouraï, Geisha & fleurs de cerisier, Cl. Elisabeth Poulain

Le napperon. Et d'abord, en est-ce vraiment un ? Un billet qui commence ainsi par une question aussi chargée de philosophie existentielle ne saurait être banal.  C’est pourtant une vraie question qui m’est venue à l’idée quand j’ai lu les quelques lignes du texte que lui consacre wikipedia. Par ailleurs je n’ai pas d’autres termes qui me viennent à l’esprit. C’est un quasi-carré 46,5 cm de hauteur sur 46 cm de largeur, d’un tissu de coton si fin, que l’on peut lire un texte à travers le tissu,  là où il est imprimé en couleurs claires naturellement!

Le présenter comme un napperon est également impropre au sens il ne s’agit pas de  poser au centre un vase ou un bibelot dessus sur une commode par exemple, pour montrer que la maison était bien tenue. Il s’agissait de protéger aussi bien le meuble que de mettre ou le vase et/ou  les fleurs en valeur. Ici, il me semble plutôt qu’il s’agit d’une pièce de tissus de petite taille conçue spécialement pour les touristes étrangers, qui peuvent facilement la glisser dans leur bagage de retour, tant le tissus est léger et peu volumineux. Et je ne peux imaginer que ce napperon ait été fait pour attirer les clients japonais imprégnés forcément de culture japonaise.

Napperon japonais avec Samouraï  & cerisier en fleurs et fruits, Cl. Elisabeth Poulain

Napperon japonais avec Samouraï & cerisier en fleurs et fruits, Cl. Elisabeth Poulain

Le décor maintenant. Il est principalement centré sur les deux héros de la mythologie japonaise telle que l’imaginent des Occidentaux, à savoir le Samouraï et la Geisha. Pour avoir plus d’information sur les fleurs de cerisier, il va vous falloir avoir un peu de patience.

. Le Samouraï à gauche en position haute représente la force maîtrisée avec un regard à vous donner des frissons  et une gestuelle corporelle, en position d’attaque, à vous faire vous recroqueviller dans un coin pour qu’il ne vous voit pas. Sa vue risque aussi de vous donner des cauchemars la nuit avec sa grande épée qu’il s’apprête à dégainer. Ses couleurs sont fortes ; elles vont du rouge pour couvrir l’épaule droite, au noir doublé de bleu moyen clair, avec des bandes rouges, pour  sa grande cape-manteau, sans oublier une cape rouge-rose à rayures pour indiquer le mouvement… Son bras droit est plus que bizarre, trop fin et curieusement placé… avec ce gros « bâton jaune qui sort par derrière ». Porterait-il une masse accrochée à sa ceinture ?  Nobody is perfect…Personne n’est parfait. Un peu d’anglais ne nuit pas à défaut  de japonais… !  Quant à vous dire si la présentation de ce samouraï est conforme à une réalité, je ne peux en aucun cas l’attester, tant les codes sont compliqués et les fonctionnalités ont varié au fil des siècles.  

. La Geisha regarde vers la gauche ; croiser votre regard devait être franchement impoli  et peu digne d’une « dame ». Par contre elle peut vous montrer ses doigts de pied  recroquevillés sur le bord de ses  socques de bois, des « geta » surdimensionnés en hauteur au point qu’on se demande comment elle peut encore marcher. Son costume est si complexe que je vais avoir du mal à vous en parler. J’arrive à voir sa main gauche potelée qui semble vouloir cueillir des cerises ; je devine où se trouve son bras gauche et pour le reste…mystère, à part les doigts d’un seul pied dont le pouce, qui déborde de la socque, est franchement recourbé bers le haut…Entre le visage, le bras et la main gauche et ce bout de pied droit, je suis incapable de vous dire ce qu’elle porte, à part le manteau qu’elle doit avoir sur les épaules, les deux longs pans de tissus empesés ( ?) qui se déploient sur l’avant et un grand mystère pour le bas en particulier vers le bas à gauche.  On dirait qu’il y a là comme un entassement de plusieurs coussins.    

                                                                 ***

Napperon japonais avec Geisha  & cerisier en fleurs et fruits, Cl. Elisabeth Poulain

Napperon japonais avec Geisha & cerisier en fleurs et fruits, Cl. Elisabeth Poulain

La fleur de cerisier, le cerisier en fleur et les cerises du cerisier. C’est là que le jeu visuel est impressionnant, car les trois situations existent en même temps. Dans un quasi-carré de 46 cm, il faut vraiment le faire. Pour cela il faut que  je commence par vous dire, ce que vous aviez remarqué tout de suite, à savoir que les deux visuels sont présentés comme des cartes à jouer de 29,5cm de haut sur 20cm de largeur, inclinées pour donner l’idée du mouvement. Lui en haut à gauche vous regarde de ses yeux soulignés de rouge, pour montrer sa puissance et elle qui regarde au loin sans vous voir. Les deux visuels se présentent de biais comme posés sur un tapis rouge, sur lequel se détachent des petites fleurs stylisées à cinq pétales qui représentent celles du cerisier, qui ont bien leur cinq pétales chacune. De telles cerises stylisées animent surtout le coin gauche, avec quelques pétales isolés également, puis en diagonale vers le haut à droite  de façon plus clairsemée. Il reste à vous citer le très petit espace résiduel à droite en bas. C’est là que vous voyez deux étiquettes écrites en japonais, forcément. C’est la première étape, qui consiste à montrer la fleur de cerisier.                                         

Le cerisier en fleurs maintenant. Cette fois-ci, il est nécessaire de déplacer légèrement son regard pour regarder cette fois-ci le haut des visuels où se trouvent des branches de cerisiers qui portent à la fois des fleurs blanches peu visibles sur un fond rose – car il existe aussi des cerisiers à fleurs roses - et déjà des fruits rouges que l’on distingue bien au bout des branches.

Ce napperon réussit l’exploit de nous montrer deux représentations humaines du Japon, qui sont placées sous le triple signe du cerisier, en en fleurs blanches, roses et en fruits. Ceci dit, si je savais décrypter les signes japonais, je pourrais vous dire  ce que signifient les mentions verticales qui figurent à gauche grosso modo à la hauteur des deux visages, ainsi que ce qui est indiqué sur les deux étiquettes en bas à droite… Le mystère restera entier !    

Napperon japonais avec Samouraï, Geisha & fleurs de cerisier, Cl. Elisabeth Poulain

Napperon japonais avec Samouraï, Geisha & fleurs de cerisier, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le napperon, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Napperon

. La fleur de cerisier-symbole sur  http://www.significationdesfleurs.com/fleur-de-ceriser

. Voir un site japonais dédié au Japon, avec un très beau cliché de fleurs blanches de cerisier, sur  http://www.nippon.com/fr/images/i00015/  , avec également des fleurs roses de cerisier sur http://www.nippon.com/fr/features/jg00011/

. Une geisha en kimono sur http://www.nippon.com/fr/features/jg00048

 . Le samouraï sur son cheval de 1878, à retrouver sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Samurai_on_horseback0.jpg

. Clichés du napperon, Elisabeth Poulain

Commenter cet article