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Le Blog d'Elisabeth Poulain

L’Illustration 9-07-1910, Annonces, Belle Jardinière, Paris…Angers

10 Août 2018, 16:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces 1, Cliché G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces 1, Cliché G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

Que je vous redonne le  titre tout de suite, tel qu’’il ne figure  pas sur cette grande page de L’ILLUSTRATION du 9 juillet 1910, en page 1 des « Annonces », comme on appelait alors  la publicité en ce début du 20è siècle. La Belle Jardinière de maintenant correspond à cette « Belle Jardinière » qui sonne bizarrement à nos oreilles. On dirait qu’il lui manque quelque chose. J’ai vérifié, il s’agit bien du Grand Magasin parisien, avec tout de suite une autre différence d’importance, qui porte sur l’adresse. A l’époque, le magasin était situé au  2, rue du Pont Neuf, PARIS, un Paris qui ne   connaissait pas alors les arrondissements. Son adresse  en 1910 se situait au « 1, Place de Clichy » et son  n° de téléphone, dans sa très grande sobriété, est « Téléphone 106-89 ».  

 Que voit-on sur cette page « Annonces 1 » ? Deux Dames et deux Messieurs s’apprêtant à partir en « excursion ». A chaque fois, l’une ou l’un est debout et l’autre assise ou assis. Leur tenue sportive pour partir en « excursion » est un pur délice de raffinement.   

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces-1, Cliché G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces-1, Cliché G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

. La Dame de gauche est  vêtue d’un tailleur à jupe droite, ornée d’une bande de tissus écossais que l’on va retrouver sur le parement de sa veste de tailleur et des revers de poche. Elle a une très grande canne à la main et une très large capeline. Elle est « L’Elégante » dans la composition, qui est bâtie sur le B de « BELLE JARDINIERE », avec la montagne en arrière fond. Son chapeau renforce le ton de son élégance. C’est elle qu’on voit en premier.

. Le Monsieur de  droite porte une tenue de sportif  aussi « raffiné » que celle de la dame de gauche, chacune, chacun à sa façon. Lui,  l’Homme à l’appareil de photo, est aussi structuré, dans sa représentation graphique par des lignes.  Il porte une vraie boîte à images (un appareil-photo en langue de notre époque),  un vrai parallélépipède rectangle,  avec sa sacoche en cuir adaptée à sa morphologie, le lien partant de sa hanche gauche, passant par son épaule droite en barrant sa poitrine. Sa longue veste est structurée en verticale par des parements qui allongent encore sa silhouette, en plus du fait que le tissu lui-même est rayé verticalement. Son chapeau « version H »  répond à la capeline de la Dame de gauche. Le plus surprenant chez lui est son pantalon large de la taille au  genou, resserré ensuite à hauteur du mollet, qui lui permet de mettre des chaussettes hautes jusqu’au genou, dont le revers est orné de motifs stylisés. Ses chevilles sont en outre protégées par des guêtres de couleur claire !

. Quant au Monsieur du centre, il joue un peu le même rôle que son homologue féminin à sa droite et à qui, il tourne le dos. Il est moins visible que son voisin masculin, son costume clair n’attirant que peu le regard. Seuls trois éléments  retiennent l’attention, le ruban noir de son canotier, sa fine moustache foncée et une large ceinture noire à la taille.  

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces-1, Dessin G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces-1, Dessin G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

La composition très complexe de l’ensemble est étonnante. Belle Jardinière - en caractères majuscules gras et de très grandes dimensions pour le B et J -  située  en haut à droite, retient l’attention, surtout avec un PARIS en dessous, à mon goût, un peu sous-dimensionné.

Le paysage de montagne vient ensuite. Il occupe une grande place, même s’il est en arrière-plan dans un grisé très pâle. On voit des montagnes qui sont en 4è plan par rapport au bas du visuel. Elles attirent l’attention sur le lac sur les eaux calmes duquel vogue ( !) gaiement un voilier et conduit le regard vers les mentions en bas à gauche en caractères italiques de belle hauteur. C’est là où la lectrice ou le lecteur  comprend la première raison d’être du visuel, les vêtements passant alors au second plan.                                                          

L’objectif du visuel figure  en italiques : « Voyages, Bains de Mer, Excursions » qui ne figure pas en rouge mais en noir, l’hebdomadaire en 1910 ne connaissait pas la couleur . On comprend alors qu’Il s’agit d’abord de vendre ces voyages en y ajoutant des vêtements adaptés et chics pour 1910.  

Terminons par les succursales de Belle Jardinière, que je cite dans l’ordre : Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Angers, Lille et Saintes.

Pour suivre le chemin

. Voir le numéro papier de l’ILLUSTRATION en date du 9 juillet 1910, N° 3515, 68me Année, PRIX DE CE NUMERO : UN FRANC NET.

. Le dessin est une création signée comme suit «  Cliché de G. de Malherbe ». Et son cliché a permis à Elisabeth Poulain d'en faire un cliché.

. « Belle Jardinière », à découvrir sur le site de l’Art Nouveau qui offre à voir de très beaux clichés et donne de précieuses informations à lire, en particulier sur cet immeuble à Angers, Place du Ralliement, en date du 4 août 2010 :  http://paris1900.lartnouveau.com/paris00/gds_magasins/la_belle_jardiniere.htm

 

 

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