En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 15:46

Une bien belle journée

Quelle épopée, mes amis ! Quelle aventure ! Disons le franchement, ça a été une Bordeaux-2010.05.29 170

belle journée bien chargée, comme je les aime, avec des tas de moments différents, des véritables séquences de vie, selon l’endroit où notre groupe se trouvait à un moment donné. Mais d’abord, il faut vous donner l’ambiance et commencer par vous expliquez pourquoi nous nous sommes globalement peu ou prou tous levés vers 5h un samedi matin. Ils sont fous ces Angevins. On ne savait pas qu’ils étaient comme ça.   Moi non plus.

 

Remarquez, en venant au lieu de rendez-vous Place de la Rochefoucault dans la Doutre, j’en ai vu certains qui, à leur mine pas fraîche, n’étaient, eux, pas encore couchés. C’est rare aussi, nous ne sommes pas des grands fous de la nuit, sauf les exceptions qui n’étaient certainement pas là.  

Notre groupe

Nous, c’était plutôt sac à dos, chaussures de marches, petite bouteille d’eau pour le cas où la déshydratation aurait guetté, bloc de papier avec crayon dans le sac et appareil photo à la main pour quelques fondus, dont vous connaissez au moins une personne.   Des studieux en un mot, tous prêts pour la première étape. Choisir sa place dans le car, un beau à étage, Bordeaux-2010.05.29 010un vert pour le look développement durable et se fondre dans la belle nature française qui relie la capitale de l’Anjou, Angers, à la capitale du Bordelais, Bordeaux.  

Bordeaux et Angers

On n’a que quelques points en commun, eux et nous : le vin, l’eau, les berges et encore plus de différences aussi. Leurs vins d’abord. Ils ont une notoriété mondiale, qui n’a pas d’égal dans les Grands rouges. Leur fleuve est la Garonne, nous c’est une rivière, La Maine. Bordeaux-2010.05.29 009On avait en commun, la perte d’intérêt pour l’eau. Le fleuve qui fonde la ville n’était plus accessible aux Bordelais pour cause de zone portuaire fermée par des grilles, sans mise en valeur possible.  Pour Angers, il y a longtemps que la fonction portuaire locale a cessé d’être et le grand port maritime a toujours été Nantes. Quoi qu’il en soit, dans la place disponible, dans l’un et l’autre cas, la voiture avait-a remplacé toutes les autres activités et privé les gens de leur fleuve-rivière.

 Bordeaux-2010.05.29 008

Bordeaux a été, on le sait, précurseur, dans ce domaine, grâce à une opération de très grande envergure qui a duré presque 10 ans. 1999 a marqué le top départ; 2009 a vu le début d’une nouvelle ère de réussite de reconquête d’un espace urbain remarquable classé Unesco d’une beauté inouïe et maintenant évidente tant les résultats de cette opération d’envergure sont forts.

 

Le bus vert à étage

Notre autocar vert nous a transportés d’Angers à Bordeaux et retour, avec une vitesse bridée à 100 kms. Notre chauffeur était très bien et le café-petits gâteaux prévu par Maryvonne  Fleury-Lourson, la grande organisatrice de la journée, nous a permis de mieux faire connaissance au cours de la pause.   

 

L’Hôtel de Rohan

Bordeaux-2010.05.29 080L’arrivée s’est faite à l’Hôtel de Rohan, qui abrite la mairie dont tous connaissent le nom du maire, Alain Juppé. L’ancien Premier Ministre de la France a eu la délicatesse de nous attendre pendant plus d’une demi-heure. (Il a du partir. C’est notre car qui a été retardé par la circulation.) Les organisateurs bordelais ont choisi de nous faire entrer côté parc. Je garde imprimé dans la rétine un magnifique Ginko et la gueule d’un caïman bleu-violet brillant dont surgit la flèche de la Cathédrale Saint-André. Un délicieux frisson !  

L’accueil à la bordelaise

Après une halte dans le grand salon d’apparat à droite en entrant dans le grand hall, pour nous restaurer de très belle façon en goûtant un second vin du Château Castera que nous avons savouré avec beaucoup de plaisir, tant il s’accordait bien avec notre menu, nous avons pu écouter et interroger deux des grands  acteurs de cette pari sur l’avenir, Michel Duchène, l’adjoint en charge de l’Urbanisme, et Thierry Guichard, directeur général de la CUB (Communauté urbaine de Bordeaux). Ce dernier nous a fait l’après-midi le plaisir de nous faire découvrir sa ville, lui, qui est d’origine tourangelle. C’était son dernier jour d’exercice au titre de ses fonctions générales, puisque ce lundi, il commençe un nouveau projet d’importance, la construction d’un grand stade à Bordeaux.   

La promenade urbaine

Elle a véritablement commencé après. Cette fois-ci, Bordeaux-2010.05.29 133nous sommes sortis, par la Cour d’honneur, très minérale, située de l’autre côté. A commencée là, une fascinante découverte faite de marche rapide, lente, de pauses, de reprises, de découvertes à chaque instant, quelle que soit la direction du regard, avec un plaisir immense. Tous les membres du groupe ont été éblouis, attendris, interrogés... La preuve s’il en fallait : le groupe n’a pas cessé de se faire, se défaire, de se recomposer ; à chaque fois lui-même, différent, autre, avec parfois des ‘rencontres’ d’un  bref instant avec d’autres, qui n’étaient pas nous. Conscient qu’il se passait là un instant de partage de la ville, d’un enrichissement, d’un plaisir intime qu’on pouvait avoir en commun.

 

Bordeaux-2010.05.29 144Bien sûr, il y a toujours des affinités instinctives ou programmées qui se font et heureusement. L’important est ailleurs. Il s’agit de la capacité à s’aménager au cœur d’un groupe en mouvement, des petites places d'espace, des petites plages de temps,  des instants où l’on peut savourer le plaisir d’être en ville, dans une ville ouverte, qui joue constamment de sa vitalité, son énergie, sa capacité à bouger, dans une bienheureuse mixité humaine, culturelle et fonctionnelle.  

L’histoire

Elle tient forcément une grande place, sans jeu de mots. La force architecturale de ces façades qui se déploient en corolle ouverte vers le fleuve est proprement magique. Comme un lien vers l’avenir, un témoignage de confiance tangible et actuel en ses forces, comme le végétal qui forme un autre lien qui unit les générations et l’ancre à l’espace.

 

Cette triple rencontre entre le minéral blond des façades, l’espace au sol unitaire et fractionné par le végétal et les gens a rendu  possible  les multiples activités humaines, sportives et ludiques qui ont remplacé la voiture. Depuis la rénovation, le trafic automobile a baissé de 40%. A la place des voitures, camions… des gens, de l’herbe, des fleurs, des arbres… et aussi la possibilité de bouger et de s’arrêter pour regarder, réfléchir et parler avec les autres.  

Le retour

Il s’est fait sous la pluie qui a commencé alors Bordeaux-2010.05.29 189que nous étions passés de l’autre côté du fleuve pour sentir la différence. Les courageux sont partis à la découverte du nouveau jardin botanique ; les autres sont restés au chaud à l’abri. Et tous ensuite sommes revenus à Angers, après un pique-nique offert cette fois-ci par Angers, avec pour finir un délicieux crumble à la rhubarbe. 

 

C’est beau une ville qui sait faire venir ses jeunes et tous les autres, en son centre. Une ville qui bouge…  

 

Pour suivre le chemin

. Ce déplacement s'inscrit dans le cadre de la "reconquête urbaine des berges de Maine", 

placés sous l'autorité de Chistophe Lesort, Directeur à la Ville d'Angers.   

. Des billets prochains sont programmés sur d’autres thèmes, à commencer par le partage du repas à l’Hôtel de Rohan...

. J’emploie le terme de 'gens' tout à fait volontairement. Dans ce billet, il n’y en a pas de plus approprié. C’est un mot qui a une longue histoire bien compliquée d’ailleurs, qui colle très bien avec celle des cités anciennes :

http://definition.ptidico.com/gens.html

. Photos EP, n° 1 des roses jaunes Parc Saint-Michel, 2-3-4 la pause pique nique, 5 le Caïman dans les jardins de l'Hôtel de Rohan, 6-7 la berge champêtre et détail de tresse d'osier, 8 Thierry Guichard face au nouveau pont.  

. Voir d’autres photos dans l’album photo Rives de villes.     

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 12:35

Comment montrer la générosité profonde d’une vigneronne en phase avec sa nature de Mère Tolmer-Elise Brignot 003Terre ? C’est à cette question que s’est attaqué Tolmer, un grand artiste qui est en harmonie avec certains vignerons qui comme lui aiment la belle ouvrage et la sensibilité. Il préfère dessiner et peindre plutôt que parler de lui. Quant à Elise Brignot, sa discrétion dépasse celle de l’artiste, ce qui n’est pas peu dire. Plutôt que de parler d’elle, Elise préfère vous faire goûter une de ses dernières cuvées.

 

Pour elle, Tolmer a conçu un dessin remarquable. Il s’agissait pour Elise d’avoir une affiche par laquelle elle faisait savoir qu’elle recevait du monde chez elle. On la voit de face tenant 9 verres, cheveux au vent et visage non représenté à ses nombreux invités. Ils ont été nombreux à venir. Au menu, du vin, du cidre, de la bière avec des charcuteries, avec au centre Elise Brignot telle qu’en elle-même, généreuse et secrète.

 

Du côté des vins, il y a Olivier Lemasson, Ludovic Bonnelle et Christian  Venier, Stéphane Majeune,  Catherine et Gilles Vegé,  Jean-François Coutelou ; du côté du cidre normand, Cyril Zangs et pour la bière, la Brasserie de la Pigeonnelle, aElise Brignot-2007-Composition 2vec ses Loirette, avec des charcuteries de Jacky Gentilhomme.

 

Ca c’était pour 2006. En 2007, comme le dit avec humour Elise, ses cheveux avaient poussé ; normal, elle invitait plus de monde. Elle a alors 6 rangées de cheveux-noms au lieu de 4 de chaque côté la fois d’avant. Je ne vous dirai pas qui cette fois-ci. Il y en a de trop. Ce ne sont plus des verres que porte Elise, mais une bouteille qu’elle débouche avec un bon vieux tire-bouchon décapsuleur.  

 

En 2008, ils étaient encore plus nombreux. Cette fois-ci, même elle ne pouvait répondre à cette affluence. Elle a donc carrément ouvert les portes de son chai. Tolmer a alors fait une autre affiche pour elle : on la voit pousser les deux battants vers l’extérieur,  sur lesquels sont gravés les noms de ses invités. On ne voit pas plus son visage que la première fois : elle penche la tête.

 

Tolmer-L'Homme à l'échelle-Moulin PeylabrieUne sensibilité que Michel Tolmer comprend et partage. Pour sa part, il accepte d’être pris en photo mais en cachant ses yeux. Elodie, quant à elle, déteste vraiment ça qu’on comprend alors l’importance des dessins faits pour elle par Michel Tolmer.

 

Tous deux par contre aiment l’humour léger. C’est Tolmer bien sûr qui a créé sa signature graphique en inversant le E de son prénom par rapport au B de son nom. C’est lui aussi qui conçoit ses étiquettes sur des idées légères comme les bulles des pétillants naturels de la vigneronne. Ses premiers vins, des pétillants naturels, s‘appellent Zébulon et Chhhhh. Maintenant on trouve aussi  Oui mais non, Mon Loulou…, associés au verre, à la bouteille puis au chai qui s'ouvre.    

 

Pour suivre le chemin

. Elodie Brignot, vigneronne

http://www.lesvinsnaturels.org/spip.php?article299

. Tolmer, artiste

http://www.moulinpeylabrie.com/tolmer.php avec mes remerciements pour la photo de cette oeuvre de Tolmer peintre.

http://www.winetourisminfrance.com/fr/magazine/regions/iledefrance/389__tolmer_vinimichel

relliste.htm

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 08:33

J’ai eu du mal à trouver le titre, ce qui marque toujours chez moi un certain trouble. J’ai hésité entre le mystère du vin ou le vin mystérieux. Aucun de ces deux titres ne convient pourtant à ce que j’ai ressenti en découvrant le site de Zelige Caravent. Ce qui s’en approche le mieux, c’est le mystère fait vin. En fait, c’est plus subtil, subtil de subtil.

 

Marie Michel, Zelige CaraventIl y a bien du vin, des vins en réalité, avec 8 cépages différents, 22 parcelles dont l’age varie de 10 à 80 ans, répartis en 5 îlots distants. Il y a bien la terre rude et chaude du soleil du Languedoc, une vraie terre à vigne répartie autour du Pic Saint-Loup, avec ci et là des oliviers dont le vigneron tire de l’huile tout comme la vigne lui donne le raisin. Il y a bien un vigneron, Luc, qui chaque jour re-découvre sa terre, ses vignes et ses oliviers tout comme ce trio s’est emparé de lui et de sa femme, Marie, qui l’accompagne dans cette grande aventure qu’est la triple naissance d’un nouveau domaine, de vignes nouvelles mêlées à des vignes anciennes et de vins dont les premiers remontent à 5 ans.

 

Luc de Zelige Caravent a commencé à travailler sa vigne il y a maintenant 10 ans. Il a choisi le Gard autant que le Gard l’a choisi, lui dont le grand-père était vigneron, du moins c’est ce qu’on croit comprendre sur le site. Marie de Zelige Caravent, quant à elle, est venue à la terre par amour de Luc. D’elle on sait qu’elle a fait « avant » les Beaux-Arts et qu’elle a la peinture et la couleur dans le sang. Elle dit joliment qu’elle « aime le côté physique du travail de la terre, avec sa dimension première. A chaque geste, il apparaît quelque chose de nouveau ». La magie de vinification se traduit chez Marie Michel, Zazous a Zanzibarelle en couleurs, couleur terre, couleurs violette et rose pourpre, qui jouent avec la lumière.

 

Marie est aussi très sensible au geste, celui qu’elle pratique en particulier quand elle décide de faire des étiquettes personnalisées pour chaque bouteille. Elle détourne à son profit la présentation des étiquettes en rouleaux qu’elle déroule sur une longue table de travail et peint à la longueur de la table et recommence jusqu’à la fin du rouleau. Un travail répétitif qui offre aussi de belles récompenses car l’esprit se libère au fur et à mesure que le bras et la main enchaînent. Du coup, aucune étiquette ne ressemble à une autre, comme le vin diffère d’une parcelle à une autre, d’une année à une autre, d’un amateur à un autre. L’artiste aime aussi la force du noir avec un graphisme décalé qui se marie bien avec Zazous à Zanzibar, un vin un peu canaille. 

 

Et c’est ainsi que Marie est montée dans le Grand Nord pour faire connaître les vins de Zelige-Caravent, au Grenier Saint-Jean à Angers avec les vignerons travaillant en biodynamie regroupés  autour de  Nicolas Joly de La Roche aux Moines à Savennières. Elle était bien entourée. A côté d’elle, il y avait Jo Python d’un côté et Bernard Belhasen de Fontedicto de l’autre. Et c’est là aussi que nous avons fait connaissance, elle et moi, et moi avec ses vins.

 

OMarie Michel, Zelige Caraventù est donc le mystère annoncé ? Il se trouve dans le site qui dit sans dire, en vous disant «  je ne vous dis pas ». C'est très actuel comme tendance. De là aussi, le nom du domaine Zelige Caravent, qui est inventé. A chaque fois, on leur demande « mais qu’est ce que ça veut dire » ? Comme s’il fallait que tout communique et parce que c’est vrai, dans le vin surtout. Il faut vous dire aussi que Luc était un communiquant avant de devenir vigneron et que tous deux portent le nom de Michel,

Luc et Marie Michel.     

 

Pour suivre le chemin

. Les raisins sont récoltés à la main, les levures indigènes ; la vinification et l’élevage se font en cuve béton et les vins ne sont ni filtrés ni collés.

. Les cépages  rouges : alicante, cinsaut, carignan, grenache, mourvèdre, syrah 

. Les cépages blancs : chassant et roussane

. Les vins ont pour nom Jardin des Simples (AOC Languedoc Pic St Loup), Velvet (id), Sur le Fleuve Amour (id), Nuit d’encre (VDT rouge), Ellipse (AOC Langedoc Pic St Loup), Zazous à Zanzibar (VDT rouge)  

. Le domaine se situe Chemin de la Gravette, 30260 Corconne (France),  06 87 32 35 02

. Découvrez leur site  http://www.zelige-caravent.fr/  contact@zelige-caravent.fr 

 

. Lisez les appréciations très positives sur les vins du domaine sur           http://lapassionduvin.com/phorum/read.php?4,316030

. Photos EP, étiquette Zazous à Zanzibar, vin de table de France, rouge, 80% de carignan et 20% de cinsaut et carte de visite

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 18:01

Yoshina Davelaar, fleurs de fleursC’est vraiment une délicate question. La question au départ n’aurait pas vraiment de sens, si on savait accueillir comme on respire. Si on se sait accueillant, on accueille.  Ce n’est même pas un syllogisme et nul n’a besoin de se référer aux Grecs : tous les hommes sont mortels, les Grecs sont des hommes, donc ils le sont (mortels). Là c’est encore plus simple : si vous êtes accueillant, vous accueillez. Oui, bon, pas tout à fait, on le sait bien.

 

Pas n’importe qui, ni n’importe comment ou pas forcément soi, en comptant sur les autres bien souvent. En somme l’idée de l’accueil est peut être plus facile à chanter qu’à pratiquer.  La communication sur l’accueil est une chose souvent affirmée en guise de postulat qui n’aurait pas besoin d’être vérifié ou testé. Les mots valant plus que les actes ou à leur place. Comme si la beauté des paysages englobait aussi l’accueil.

 

Ecoutez ceux qui voyagent au loin ou dans des régions proches. A leur retour, ce qui ressort dans les premiers mots, ce sont ces paroles : «  nous avons été magnifiquement accueillis. Les gens ont été vraiment sympas avec nous. A peine arrivé, on a été invité chez des gens qui ne nous connaissait pas, par hospitalité, par gentillesse. Et puis, c’est beau ». Nous avons tous des histoires comme ça dans la tête. Plus que la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié. Plus que la beauté des paysages ou des monuments à admirer ou à visiter citée en second, c’est le contactAngers Le Quai, cocktail de voeux humain qui compte. Ces invitations à partager un moment chaleureux se font souvent en accompagnement d’un repas à partager ensemble, selon la très jolie formule « à la fortune du pot ». Ce sont souvent les moments les plus sympas et les plus chaleureux, sans objectif autre que celui de l’hospitalité pour un repas, un moment dans la sincérité de l’instant, sans objectif d’attendre de l’autre un retour ou quoi que ce soit d’autre que ce moment ensemble avec un voyageur sur la route.

 

Dans certaines civilisations, cet accueil est même au cœur de la philosophie de vie. Cette extrême simplicité est en fait un art que tous peuvent pratiquer, sans revendiquer quoi que ce soit. En un mot, ce sens du partage, de l’accueil échappe aux politiques, aux marchands de toutes sortes ou aux carriéristes. Il ne s’agit pas de vendre quoi que ce soit ; il n’est pas question d’argent mais d’échanges par un regard, un langage non verbal quand on ne pratique pas la langue…   

 

MBrochette de fruits, Isabelle Bigéaintenant  mettez-vous à la place d’un-e jeune de 18 ans qui quitte pour la première fois sa famille, sa région d’appartenance, sa culture…Il découvre pour la première fois l’Occident et en particulier la France et cette drôle de langue bien difficile à saisir pour un palais et une oreille chinoise. Ils sont plusieurs centaines de jeunes à venir dans notre pays pour un semestre d’immersion linguistique et culturelle. Ils arrivent de Chine sur décision de leurs parents. Les plus fortunés partent aux Etats-Unis où les formations sont payantes ; ceux de la classe moyenne supérieure arrivent en Europe et plus spécialement en France où il existe des formations gratuites.  

 

Ils trouvent que notre ville est belle et que les gens de la rue sont aimables. Très peu sont invités à entrer dans une maison par les habitants avant leur départ pour partager un moment, un repas et quelques sourires, à l’exception des logeurs qui leur louent le logement. Ils repartent pour la plus grande part sans pouvoir dire qu’au moins une fois, ils ont mangé avec des Français, comme ces Français annoncent à leur retour de voyage en Chine ou autre part qu’ils ont été si merveilleusement reçus. Comme leurs enfants seront accueillis à leur tour quand ils partiront découvrir le vaste monde et la Chine en particulier.  

 

Pour suivre le chemin

. Voir le billet consacré aux étudiants chinois en Région Pays de Loire

La Chine et Confucius à Angers, Pays de Loire > Un pont culturel direct

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 17:00

Malheureusement, je ne peux pas vous rendre l’accent. Imaginez la scène; vous rencontrez un de vos voisins qui vous dit, en vous regardant droit dans les yeux.  

-        « Madame Poulain, je vous le dis, ça va grainer. Ca va grainer !

-        Euh oui, c’est sûr » 

 

A partir de là, s’enchaîne une série d’évènements très courants à la campagne. Vous avez bien sûr compris, vous les gens de la ville, que, vu les conditions météo très favorables aux mauvaises herbes, celles-ci vont effectivement grainer. Et c’est ainsi que j’ai appris:

- que grainer existe, qui vient forcément de « grain » et qui signifie « produire de la graine »,

- qu’il était urgent pour ne pas dire plus  de m’occuper de « faucher » l’herbe des mini-jardins de rue dont je me m’occupe, car celle-ci effectivement n’a jamais été aussi haute, Toro caché dans le feuillage

- tandis que le voisin signalait avec un ton déférent aux services techniques municipaux que « ca va grainer et que jamais on avait laisser pousser l’herbe aussi haute ».  

 

Il fallait donc urgement (ce terme n’existe pas, rassurez-vous) faucher, avant que ces fameuses graines envahissent les potagers bien  cachés au fond des jardins.

Donc, voilà donc, que vendredi dernier, saisi par l’appel du grand week-end à venir, je décide de rester traînailler paresseusement au lit quand un affreux bruit de machine m’en a tiré plus vite que je n’y étais entrée. Décryptage, quel est ce bruit ? Difficile à dire. Il dure, de façon insistante. Il veut me dire quelque chose ? Oui ? Je décrypte le message : lève toi, ouvre le volet et regarde. Ce que je fais bien sûr. Que vois-je ? Une belle faucheuse mécanique rouge en train de faucher l'herbe d’à côté, avec force et détermination « et que j’y aille, que je tourne autour des arbres, que j’évite les obstacles » et tout ça à une vitesse pharaonique.

 

France Ouest, des herbes hautes comme le murLe message a fini par passer : il me fallait en vitesse, enfiler ma tenue de jardinage – pantalon et t-shirt à manches longues -  et mettre mes lunettes de protection sans lesquels je ne jardine pas. Traduisez que je ne crapahute pas à quatre pattes dans le jardin ou les mini-jardins de rue, sans cet équipement avec un chapeau sur la tête en plus. Les lunettes pour se protéger contre des branches d’arbres capables de vous transpercer la cornée, le pantalon contre les insectes qui voudraient me piquer et le t-shirt itou.

 

           Le p’tit dèj avalé avec une célérité inhabituelle un matin de presque week-end, me voilà dehors à mesurer la hauteur de l’herbe, qui pour la première fois, c’est vrai, a dépassé la hauteur du mur ancien en schiste. Quelques photos plus tard, me voilà à couper, mettre en bottes et faire des petits tas de paillis d’herbes à placer auprès des plantes pour protéger le talus très chaud plein sud.

 

            Le temps pour moi de couper l’herbe sur quelques mètres carrés et pour le jardinier municipal de faire la même chose sur une surface indéterminée mais nettement plus conséquente, la rencontre eut lieu. D’un côté une belle mécanique rouge de toute beauté de marque « TORO » qui comme chacun sait est une grande marque américaine et de mon côté un tout petit sécateur de marque BAHCO, Secateur sur fond orproduit en France.

 

Ce fut un moment émouvant de partage de l’art du travail de 'fauchage' de l’herbe dans la nature, par une très belle matinée. Et c’est ainsi que la conscience tranquille, j’ai pu commencer mon week-end.  Ouf, ça n’allait pas grainer dans les potagers, par la faute des mini-jardins de rue.     

 

Pour suivre le chemin

. Lire d'autres billets sur les mini-jardins de rue sur ce blog :

FAQ puissance 15 sur les Mini-Jardins de Rue 

DD10 > Le concept du mini-jardin de rue > Ville durable > Angers > France 

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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