En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 11:37

La vision globale, un enjeu stratégique

Au départ, j’avais en tête de parler d’une ‘formidable exposition’ mais comment faire quand il y en a plusieurs en même temps pour rendre compte pendant plusieurs mois d’un véritable panorama de l’art chinois présenté en Europe. La démarche est tellement ambitieuse, étonnante eFeu de la lumièret réussie qu’il me semble vraiment important d’en parler, de façon forcément trop succincte bien sûr mais d’en parler quand même. Le thème très actuel que je retiens est celui du management d’un projet global visant à mettre en scène l’image d’une Chine triomphante forte de sa légitimité passée pour encore mieux fonder l’avenir. On n’est pas actuellement le n° 2 mondial sans avoir des aspirations clairement affichées.

 

La stratégie du Temps

Le moment est forcément choisi avec soin. C’est un élément stratégique d’un projet de si grande ampleur. Il ne saurait donc être laissé au hasard. Le festival a eu lieu après la fermeture des Jeux olympiques et avant l’ouverture  de l’Exposition universelle, de façon à capter l’attention sur une durée longue. Il ne s’agissait pas pour les responsables chinois de faire un coup médiatique mais de montrer la légitimité, la richesse, la diversité et l’amplitude des arts sélectionnées pour représenter dignement et avec fierté la Chine. Après l’organisation des Jeux olympiques, inscrits au cœur de notre héritage gréco-romain et avant l’Exposition universelle chère au cœur des Français qui citent toujours avec plaisir le Baron Coubertin « l’important est de participer ».

 

La durée du déroulement des différents évènements composant ce festival est impressionnante. Elle court sur 4 mois et 1 semaine, du 8 octobre 2009 au 14 février 2010.  Cette dernière date nEuropalia China-Superstar-A mobile Chinatown’a rien d’un hasard : c’est en effet le Nouvel An chinois fêté partout dans le monde par les Chinois de Chine et la Diaspora belge à Bruxelles. Au niveau symbolique et familial, c’est la fête la plus forte de l’année, un moment d’hommage aux disparus, un moment de rassemblement au sein de la famille, le moment où on prend plein de bonnes résolutions et mange de bonnes choses… A cette occasion, les Chinois de Chine se voient attribuer une semaine de vacances.

 

La durée s’entend également du temps de préparation du projet. A partir du moment où l’accord s’est fait entre les autorités chinoises et son partenaire européen belge, Europalia, il a fallu en effet deux ans pour mobiliser tous les acteurs afin de faire aboutir ce vaste panorama d’arts en Europe. Quant à la durée entre le moment où l’idée est devenue projet et le moment où il a été mis en route, nulle information n’a filtré. Gageons qu’il a fallu plusieurs années, surtout quand on connaît la capacité chinoise à voir loin et à savoir mettre en œuvre des stratégies  complétées avec les tactiques appropriées en intégrant toutes les techniques les plus avancées du management de projet. 

 

La stratégie des chiffres

Les 4 lignes de force ressemblent aux quatre points cardinaux qui structurent l’espace, le nord, le sud, l’est et l’ouest. Dans le monde de l’art, ces lignes de force aboutissent aux quatre thèmes sélectionnés suivants que sont la Chine éternelle, la Chine contemporaine, la Chine en couleurs et la Chine et le monde, avec toujours au centre de ce quadrilatère, la Chine, centre du monde.  

Les 8 thèmes sont les concepts dont se sont imprégnés les créateurs du festival lors de conception du panorama et de la préparation pour restituer le plus exactement et le plus librement une réalité si riche, si foisonnante et si vivante. Ce sont dans l’ordre :

le ciel, la terre, l’être humain, l’harmonie, la montagne, l’énergie, le chemin, l’écriture 

 

L’ordre de la présentation est bien sûr important. Il faut l’assortir Europalia-China-Zao Wou Ki, Entrer Ciel et Terredes connexions qui se nouent naturellement entre les items, avec au centre ce qui constitue l’essence même de la spiritualité chinoise, la permanence de la Chine entre intemporalité et changement.     

 

Les chiffres sont un des éléments forts de l’ambition du festival : montrer la capacité de la Chine et de son partenaire européen choisi, Europalia International, de réaliser un panorama actif fort de « 48 expositions, 519 évènements dans 75 villes et 5 pays », comme l’écrit l’entreprise culturelle en charge de l’organisation, de la logistique et de la communication sur cette immersion dans la culture chinoise telle qu’elle est re-créée pour des regards européens.

 

En Chine, c’est le Ministère de la Culture de la République populaire de Chine qui a monté le projet avec un réseau étoffé d’experts répartis sur tout le territoire. Pour l’Europe, Europalia International a travaillé avec un comité de d’experts complété par plus de 210 partenaires culturels et 1 000 artistes.  

 

1 101 175 visiteurs ont été enregistrés. Mais ce total n’inclut pas par exemple les plus de 100 000  voyageurs par jour attendant leur train à la gare de Bruxelles Midi dont le grand hall était orné de grands panneaux aux couleurs de la Chine. Une fois de plus, on comprend l’importance des grandes gares et des aéroports internationaux en matière de communication par voie d’affichage. 

 

La stratégie d’image

C’est un jeu mental très utilisé de par le monde que d’évoquer la puissance passée pour renforcer son image d’aujourd’hui et fonder celle de demain. Parmi toutes les manifestations, et elles sont si nombreuses que je pourrais pas vous les citer, j’en ai choisi quatre dans l’abondante documentation publicitaire qui a fait connaître les évènements et attiré les visiteurs européens.  

 

Europalia China-Chi-Peng-Sprinting ForwardLa vitalité urbaine

Elle est au cœur de la réalité d’aujourd’hui. Le centre du monde est maintenant en Asie et en Asie, en Chine. Elle se traduit par des immeubles à l’architecture très innovante, comme on peut le voir à Shanghai actuellement. Elle se traduit aussi par des projets tels que Superstar, a mobile Chinatown, qui a été présenté à la 11è Biennale de Venise, par l’architecte Ma Yansong/MAD. C’est une ville nouvelle, autonome en matière d’énergie, d’eau, de recyclage des déchets, de santé, de sports et qui dispose même d’un cimetière virtuel. 

 

La troisième voie culturelle

Elle vise la démarche d’un très grand artiste connu dans le monde entier qui est si chinois à nos yeux qu’il en atteint l’universalité. Il s’agit de Zao Wou Ki dont l’exposition à la Fondation Folon couvre plus de 50 ans d’encre de Chine et lavis d’encre ainsi que des aquarelles en couleur. Le nom de son exposition « Entre ciel et terre » montre bien sa volonté d’aller à la rencontre avec la Chine qu’il avait quitté à 28 ans pour se rendre à Paris.  

 

L’homme en mouvement

Cette fois-ci, il s’agit d’une photo  dont le titre explicite la volonté de l’artiste Chi Peng :

« Sprinting Forwards 2, 2004 ». Des hommes jeunes et nus vus de dos courent dans la rue. Ils croisent un autobus rouge qui vient en sens inverse, en s’engageant sous un pont, au milieu de petits avions rouges. Chi Peng a 28 ans. Il s’est photographié courant ainsi dans une rue qu’il qualifie de banal. 

Shanghai Modern. Site Namoc-W020091104523631978753La dame de Shanghai

Elle est une des stars de l’exposition consacrée au Shanghai des années 1900-1949, la période où l’influence occidentale fut forte. On créa même de nouveaux mots tels que « modeng », un assemblage de ‘modern’ et de ‘mode’ appliqués « aux films, au café, au golf et aux soirées dansantes ». La publicité en particulier connut un essor considérable dans plusieurs domaines, la ville, l’agencement de la maison, le vêtement …        

 

Pour suivre le chemin

. Superstar, a mobile Chinatown, une création de Ma Yansong/MAD, à découvrir sur

http://www.archicentral.com/superstar-a-mobile-chinatown-by-mad-11887/

 

. Entre Ciel et Terre, Zao Wou Ki à la Fondation Folon*, La Hulpe, à 20 mn au sud de Bruxelles, dans le Parc Solway.

http://www.fondationfolon.be/index_news_detail_fr.php?date_excl=2009

  

. Sprinting Forwards 2, 2004, découvrez le dossier pédagogique qu’Europalia China a conçu sur l’œuvre de ce photographe à l’intention des enfants. 

 http://www.europalia.be/IMG/pdf/dossier_pedagogique_The_State_of_Things.pdf

 

. Shanghai Modern 1900-1949, au centre d’Art de Rouge Cloître à Bruxelles, à retrouver sur le site belge du lieu d’exposition et sur le site du NAMOC (National Art Museum of China)

http://www.rouge-cloitre.be/agenda/agenda_detail.php?id=30

http://www.namoc.org/news/gnxw/2009/200911/t20091104_118490.html

 

. Voir Bozart Magazine du Palais des Beaux Arts de Bruxelles, de novembre 2009, un magazine bourré d’informations sur la manifestation

http://www.bozar.be/activity.php?id=9356&lng=en

 

. Photos de plaquettes Europalia   

* = Une info de dernière minute, la Fondation recherche des étudiants pour assurer l’accueil cet été, téléphonez en Belgique à Stéphanie Delmotte, 02 653 34 56

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 10:37

MAHI le capteur

A voir son père faire de grandes toiles de 2m sur 1, un jour Mahi s’est retrouvé le pinceau Mahi, 2006à la main, avec des toiles face à lui, des tubes ouverts et l’envie de commencer sans se poser des questions sur ce qu’il allait faire, ce que cela allait donner, s’il était doué…C’est ainsi qu’il a commencé avec des formats 30 x 30 cm bien pratiques à travailler, ni trop grands à vous paralyser, ni trop petits à faire de la miniature. Il continue, sans s’interdire de changer bien sûr, puisqu’il peint comme il respire l’air du temps.  

 

Il y a beaucoup de choses sur ses toiles, de la couleur, des formes rectangulaires, très peu de courbes rondes, des mots plus pour leur sonorité que pour leur sens. En même temps, il y a un certain vide qui permet à tous ces éléments de co-habiter entre eux, comme s’ils flottaient. On les imagine bien, en mouvement, qui tournent avec d’autres, composant ainsi des toiles extensibles à l’infini, mais sans que jamais l’auteur se montre.  

MAHI le surfeur

Il aime la ville, ses flèches pour indiquer le sens et donner le mouvement et sait capter des mots qui vont donner un sens à une toile comme

. Shark Attack  pour une toile à dominante rose avec deux visages-masques qui ont de grandes dents pointues, des antennes-télés, en guise de rues, des clignotants blancs qui brillent sur la tête, avec des croix très présentes, des barres, des étoiles ;

. Tribal Face est centré sur un visage-masque Mahi, 2006,rouge traversé de rose, avec des yeux bleus et des plumes blanches ça et là. Il y a des poteaux un peu partout, des croix, des flèches, comme dans un jeu d’Indiens avec de grandes dents blanches.

 

Il y a des chiffres aussi. Bella par exemple est associée à 7 et à Way Point 1999, à Peace Academy et à Babylon System.

 

MAHI le traceur

Difficile de faire parler Mahi sur ses premières toiles. Il n’en a nul envie. Ce n’est pas son truc. Lui a fait ça comme un jeu qu’il a lancé sur le Net. «  Ça a plu, ça m’a plu, ça continue et donc moi aussi. Par contre déjà depuis 2006, j’ai évolué. Je travaille de plus grand format, avec plus de techniques. On s’use vite sur le Net. J’ai commencé à un bon moment. Maintenant, il y a tellement de peintres qui vendent sur le Net, que la visibilité est devenue quasiment nulle. On compte environ 15 000 toiles/jour à acheter sur les différents sites. Et cela sans compter toutes les photos collées sur toile selon un procédé très au point en Chine qui donne un aspect 'peinture'. Beaucoup se font prendre en croyant acheter un tableau de peintre ». 

MAHI le plongeur

Silvano KULT1[1] 20104 ans après avoir commencé, ses peintures sont désormais cotées chez Drouot. Sur ce dernier site, Mahi parle un peu de lui-même. Originaire de la Région PACA, il est présenté à 34 ans comme un « artiste décalé » qui a réussi à vendre 110 tableaux en 8 mois. Sa vraie passion est la plongée sous-marine en apnée.

 

Et c’est ainsi que Mahi, qui a un site avec son père Moal, expose maintenant, sous le nom de Silvano pour une galerie à Paris. Désormais et sans renier son lien en prise directe avec les amateurs d’art via Internet, il finit de préparer sa prochaine participation à cet événement avec des toiles plus grandes, plus complexes et qu’il considère plus maîtrisées. 

Pour suivre le chemin

. Son site www.mahi.fr/     

. Quelques infos sur lui :

http://www.drouot-cotation.org/accueil/index.php?Mode=0&id=20156&lang=fr

. Sa prochaine exposition chez

 http://www.artupdeco.com/

. Photos EP pour les deux toiles de 2006 et Mahi pour Kult présentée sur Artup. Autres oeuvres dans l'album photo Art2 sur ce blog.         

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 12:05

Ma grande question en ce début de billet est de savoir si je dis les supernanas par tardivo ou de tardivo. Parce que tardivo, vous le connaissez. C’est un peintre qui n’a pas peur Blog 2010.02.24 041de s’exprimer. Il y va à fond, avec beaucoup de gaîté et une vraie confiance dans ses sujets, ses sujettes, la nature humaine et bien sûr ce qu’il fait. Il a toujours un côté burlesque et jubilatoire. Peindre des nanas en couleur, c'est superbe. Leurs dimensions terriennes, bosseuses, joueuses, qui cherchent à se faire belles, avec des mouflets-mouflettes dans leurs jambes, des chiens ou chats dans les bras, un perroquet sur l’épaule… l’enchantent d’abord lui tardivo. Ces Nanas aux grosses lèvres rouges qui ne sourient jamais, savent tout embrouiller, comme si elles seules avaient ce pouvoir de tout refondre dans un tout dont elles sont le centre et seul acteur. Elles, qui sont toujours à la peine, prennent le temps de s’habiller, d’enfiler jupe droite et pull collant, en mettant un sur-soutien-gorge par dessus pour bien marquer leur féminité, de chausser des bottines, en choisissant l’éventail le plus large des couleurs pour attendre leur rendez-vous avec tardivo. 

 Blog 2010.02.24 042


Tardivo, qui ne veut pas que son nom commence par une majuscule, tardivo donc, qui adore les oiseaux , ne fait volontairement aucun effort pour choisir des titres à ses oeuvres. Son boulot revendiqué est de créer et de montrer. Ses titres seront donc minimalistes. Il vous autorise même à « réinventer les titres donnés » à ses œuvres. Comme ce peintre nous y invite, je suggère un commentaire pour Vachement bien (photo ci-dessus): cette nana est une véritable star du Développement Durable, celle qui est capable de faire cinq choses à la fois, aider la vache à rouler, produire de la chaleur, traire la vache, s’occuper des enfants et garder la forme.                                        Blog 2010.02.24 043

 

Certaines sont ses Dulcinées.  D’autres ont simplement un prénom un peu oublié comme Ginette et Gudule (photo ci-contre)  ou  Gertrude . Génétiquement modifié  a mis son tailleur du dimanche avec une veste verte et une jupe jaune en solidarité avec le plant de tournesol fauché pour cause d’OGM. 

 

Ses Super-Nanas, tardivo les aime tellement, qu’il en a fait des cartons-relief qui renforcent leur présence, au point qu’elles ne sont pas ridicules posant de chaque côté du peintre. L’absence de décor avec pour seule présence hors la leur propre, l’ombre du carton, leur donne un air  plus vrai et un aspect plus mystérieux. Le Bécot de Coco (photo ci-dessous) a cette dimension. Pour les autres, à les voir ainsi "nues" sans le décor qu'elles ont façonné à leur image, on s'aperçoit que ce décor fait partie d'elles. Elles sont tout autant le décor au moins quand elles sont à l'intérieur. Quand elles sortent, elles tirent, elles poussent, elles courrent avec la maison, avec des roues comme l'escargot sa coquille. A côté d'elles, en preuve de vie, une cheminée qui indique une source de chaleur et un chien noir pour garder le foyer. Un enfant est perché sur le toit. 


Et partout dedans, dehors des animaux qui sont leur véritable compagnon, leur alter ego. Il y a beaucoup d'oiseaux à qui elles parlent les yeux dans les yeux, le bec prêt à offrir un doux baiser. Quelques chats, des poissons aussi assurent une présence forte.     

 

Bien sûr ne parler que des nanas, même si ce sont des super-nanas, serait beaucoup trop réducteur. Comme tardivo aime ce qu’il fait et que les amateurs de ses œuvres aussi, il explore beaucoup et beaucoup de critiques d’art, des femmes le plus souvent, mais bien sûr c’est par hasard, parlent de lui. Citons ainsi Anne Cauquelin, Fabienne Le Beller et Françoise Monnin pour une belle plaquette « Jean-Claude Tardivo 2001-2004 ». Blog 2010.02.24 046Françoise Marvier a joué sur les lettres du nom du peintre T.A.R.D.I.V.O, avec un T comme Touraine où le peintre est né,  un A* comme celui qu’on trouve à Chartres dans la cathédrale, un R comme celui de la Renaissance qui a fait renaître les couleurs, D comme Dames, ses super-nanas, I* comme Image, V comme Ventre et O comme Origines.

 

A la réponse du début, ma réponse est que ce sont bien les super-nanas de tardivo, celles qui ont fait le tour du monde, en passant par l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis. Depuis cette série sur les femmes, tardivo a re-donné naissance à certains de ses héros déjà présents dans les toiles de 2003-2004, l'enfant à naître, qu'il appelle son cousin de bonhomme têtard. Regardez bien les trois petits lapins dans les nuages en haut à droite...     

                                                     Blog 2010.02.24 047

 



Pour suivre le chemin

. Voir le site de l’auteur, retrouvez-y d’autres œuvres en particulier sa série  Les cousins de bonhomme têtard  qui ramène à l’enfance ainsi que les auteurs et critiques qui ont écrit sur ses œuvres :    http://www.jctardivo.com/   

. *Françoise Marvier a choisi Arche pour A  et Icare pour I

. Photos EP à partir des documents envoyés par le peintre, avec mes remerciements. 

La toile ci-contre s'intitule Sauve qui peut. Elle annonce la nouvelle série.  
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 18:35

Cet artiste polonais est bien connu en Pologne son pays d’origine mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Né en 1924 et décédé en 2000, il ne lui a manqué que le début du siècle pour tout voir d’une évolution polymorphe et proprement bouleversante qui a tout balayé tout sur son passage. D’autres dans ces conditions se sont fermement accrochés à leur certitude. Antoni S. lui a fait de la recherche artistique, culturelle et forcément sociétale son accroche de vie, pour trouver son équilibre en allant plus vite que le changement. Le musée de Lodz lui a consacré une rétrospective du 18.12.2002 au 30 mars 2003 pour en montrer la force.

 

Pour désigner ses formes d’expression en matière d’art, il ne faut pas moins que huit mots pour tenter de cerner sa personnalité. Il a été peintre, sculpteur en céramique, créateur de tissus, dessinateur, estampeur, installateur d’art et a procédé des enregistrements musicaux. Avec une telle richesse de savoirs et d’expérience, il a naturellement été professeur-chercheur à l’Académie des beaux-Arts de Lodz. Il était diplômé  de l’Ecole Supérieure nationale des Arts Plastiques de Lodz en 1951.  Certaines de ses œuvres appartiennent à la Tate Collection.

 

Antoni Starczewki, 1973, Lodz


En matière picturale, ce chercheur a fait paraître notamment en 1973 à Wroclav un petit livret en noir et blanc sur les recherches graphiques qu’il menait. Elles se situent au cœur de l’informatique, de la sémiotique et de la création artistique grâce à la répétition de signes sur des plans carrés qui provoquent un choc visuel.

 

J’imagine des personnes, en recherche de sensations globales nouvelles, enfermées dans une salle de grand volume, avec des panneaux d'Antoni de très grandes dimensions sur les murs de cette salle carrée, le plafond et le sol. Ils écoutent la musique fondée aussi sur cette répétition binaire mais cette fois-ci traduites avec des sons, en recherche d'une fréquence propre à faire vibrer leur moi profond. Comme ces pas cadencés, une-deux, une-deux, d'hommes sur un pont... 

Et je verrai bien cela au Guggenheim Museo de Bilbao qui possède ce type de salle dans un bâtiment aux antipodes de la dimension binaire.

 

Pour suivre le chemin

. Vous pouvez vous abonner à      www.culture.pl/    pour suivre l’actualité artistique polonaise.

 

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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 09:38

L’explosion de la couleur dans notre vie quotidienne renforce encore la présence du graphisme centré sur l’essentiel - ce qui porte le sens -  quand on a enlevé la pacotille et l’inutile qui surchargent sans raison ni intérêt. Le noir et blanc jouent alors un rôle quasiment magique. Pour en montrer la force, j’ai pris deux exemples. La présentation se fera selon trois critères que j’ai dégagés lors de ma recherche sur l’habillage de la bouteille de vin, a savoir le sens, le style et la différence.

 

Ce sont deux documents d’un format pocket - 21 x 10cm – souvent utilisé pour les plaquettes publicitaires, que j’ai trouvées à Bruxelles lors d’une de mes dernières virées. Ma récolte là-bas se pèse toujours en kilos. 

 

blog 2010.01.10 001Le premier est une création de Bruxelles Plurielles-Brussel Keer op Keer  pour illustrer une plaquette consacrée aux « Gens d’ici venus d’ailleurs-Mensen van hier elders gekommen ». Ce sont les lignes noires en forme de poteaux qui ont frappé mon oeil.  On dirait des baguettes d’un jeu de mikado éclatées au sol. 8 baguettes sont plus ou moins horizontales et 5 + ou - verticales. 3 baguettes porteuses de sens sont dressées vers le haut en se groupant pour créer un effet de mouvement. Chacune d’entre elles porte une mention, l’une cite l’organisateur et le titre de l’exposition en français, la seconde en flamand et la troisième donne les dates. L’ensemble forme une grille aérée de baguettes, comme un tissus que l’on devine vivant. Les 3 baguettes porteuses de sens ne se rejoignent pas même si elles vont vers le coin supérieur droit. La couleur acajou  utilisée pour faire ressortir le logo de Bruxelles (Archives de la Ville) donne l’arrondi indispensable pour faire le lien entre les baguettes, comme un lien souple. Le résultat est réussi au niveau du sens. Quant aux deux autres critères, ils sont plus faiblement présents, me semble-t-il. Peut être aurait-il fallu être prendre plus en compte la typographie.

 

Le second document est consacré à l’artiste belge flamand Frans Maserel originaire de Blankenberge situé sur la côte. Une exposition a été organisée par sa ville natale pour le 120è anniversaire de sa naissance. A cette occasion, la ville a édité une plaquette (A4 plié en 3). En couverture, le choix des organisateurs s’est porté sur une des gravures sur bois de l’artiste que l’on pourrait appeler ‘l’homme et la mer’. Blog 2010.01.08 002

 

Le noir est la couleur dominante au point qu’on a l’impression que se baigner dans une mer si noire serait une façon de chercher la mort. Le blanc ici représente la crête des vagues soulevées par le vent. On sait combien il est fort en Mer du Nord. Il est un maître qui écrase tout, qui part aussi à l’attaque de la digue conçue pour freiner son ardeur et protéger le littoral. Outre le blanc des crêtes des vagues de plus en plus pressantes à l’approche de la digue, les autres lignes blanches  sont formées par le joint en ciment entre les briques de la digue. Un halo blanc permet d’apercevoir la fine silhouette d’un homme assis sur la digue qui s’enfonce dans la mer.

 

L’impression ressentie est extrêmement forte. Il y a le vent, les vagues, une mer dangereuse, en colère parce qu’on l’empêche de s’épanouir, un homme assis dans une solitude extrême qui médite en regardant devant lui, sur une digue qui disparaît quelques mètres plus loin. Au niveau du sens et du style, tout est dit. Sens et style ici sont totalement intégrés l’un à l’autre. Quant à la différence, elle éclate dans toute sa force puisqu’elle présente à tout moment. On ne connaît pas forcément Masereel en France, mais on sait qu’on a affaire avec un grand artiste. Il n'est plus besoin de se référer au sens, au style et à la différence comme dans le design. C'est ça l'art.  

 

Pour suivre le chemin

. L’expositions sur les gens d’ici venus d’ailleurs (une très jolie façon de s’exprimer) montre en photos et témoignages les courants d’immigration qui ont fait de Bruxelles une riche terre de rencontres depuis le XVIè siècle. Elle est encore visible jusqu’au 29.01.1010  Rue des Tanneurs 65 –1000 Bruxelles


. L’exposition Masereel et la mer s’est tenue Blog 2010.01.08 009du 1.07.2009 jusqu’au 04.10.2009, voir www.blankerberge.be/masereelendezee

. Masereel est aussi un peintre de la mer, avec comme toujours chez lui une vision sociétale forte. Il montre la plage l’hiver dans des harmonies naturelles grises, jaunes et vertes passées et la plage l’été envahie par une foule si compacte qu’on n’y voit plus qu’une masse bigarée.

Il a travaillé dans ce sens aussi en gravure en montrant les deux aspects d'une réalité, celle de la solitude face à la multitude toute autant oppressante.


. Frans Masereel (1889-1972) était un grand dessinateur de presse, pleinement engagé contre la guBlog 2010.01.08 008erre et le fascisme. Véritable européen, il parlait trois langues outre le flamand. Il vécut  en Belgique bien sûr, en Suisse, en France à Paris et se retira dans le Sud de la France où il est décédé à Avignon.

. Vous trouverez quelques infos sur cet artiste engagé sur www.oulala.net/Portail/spip?php? et quelques reproductions de ses œuvres sur www.iisg/nl.exhibitions/art/maseleven 

 

. Sur les poteaux, voir aussi sur ce blog 

 Un choc de poutres, de barres, de structures et de câbles

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