En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Présentation

Recommander

Art

Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 11:41

C’est une bonne idée pour les fêtes, que de lever les yeux au ciel pour regarder les murs. Les poteaux? Non! Mais les murs visibles de la rue, oui, si c’est possible ; si non vous risquez d’avoir des problèmes. Ce n’est pas ce que je souhaite pour vous. Seulement des fêtes un peu différentes de ce que vous faites d’habitude, en pratiquant un sport complet, la marche, avec Bonom ou plutôt à traquer Bonom comme si vous étiez un chasseur de lynx dans le Grand Nord au Canada, ou un archéologue en recherche d'espèces disparues.

 Bonom, Chaussée de Wavre-Tyrannausore

Admirer Bonom, c’est une nouvelle locution qui se doit d’être traduite. D’abord ça se mérite. Il vous faut marcher dans les rues, à Bruxelles quand on est une ex-parisienne ou à Bruxelles quand on fait partie d’une des 80 nationalités qui en font une des villes les plus internationales qui soient en Europe. Londres est pas mal non plus dans ce style, mais l’Eurostar en ce moment, je ne vous conseille pas. En plus de la marche, un appareil photo est le bienvenu avec une carte de la ville associée à Bruxelles que vous donne gentiment le bureau de Tourisme Chaussée d’Ixelles à Ixelles comme il se doit.

 

Pour ça aussi, il faut avoir le cou mobile. Si en ce moment vous portez une minerve, ce n’est peut être pas conseillé. Il va falloir lever la tête et aiguiser votre œil. Les deux ne seront pas de trop pour trouver des œuvres d’art tagguées par Bonom, un nom sous lequel se cache un vrai et grand graphiste qui sait d’un coup de bombe noire avec parfois un peu de vert et de blanc vous faire frissonner, vous amuser, vous secouer, tel un poisson que vous feriez clapoter dans son bocal. Pourquoi, feriez vous ça, d’abord à un poisson ? Je ne sais pas, pour lui remuer les méninges peut être. Et nous rendre sensibles à la puissance d’un tyrannosaure, la beauté d’un poisson, le secret d’un oiseau…

 

Et tout ce bestiaire d’hier et d’aujourd’hui se trouve où ? Sur les murs. Il suffit de lever les yeux au ciel. On se met à regretter de ne pas en voir plus, de ces gros monstres de temps anciens - comme si le temps pouvait être ancien - disparus pour cause de changement climatique parce que soudainement les temps étaient devenus trop chauds pour eux.  Tiens, déjà, ça, c’est bizarre.

Bonom-poisson Ixelles 14234 1283438294322 1481047485 785888

 

Il y a aussi la série des oiseaux que Bonom a faite le long d’une voie ferrée sur le mûr de clôture. Ca se trouve sur le net. C’est superbe. L’oiseau déplie ses ailes à la vitesse du train qui part de la Gare du Luxembourg pour rejoindre Braine L’Alleud au sud de la capitale belge. Il vole avec vous en vous souhaitant une bomme journée de travail, quand vous êtes optimiste. Ca, c’est vrai pour ces Bruxellois qui vont travailler en dehors de leur ville, en croisant les banlieusards.

 

Enfin, last but not least, sur le net toujours, vous pouvez apercevoir Bonom de dos avec un casque sur la tête escalader la paroi d’un immeuble pour peindre un tyrannosaure encore sur un mur de cage d’escalier en U, un U ouvert vers vous, de la 3D en creux. Etonnant. Sans oublier de penser à cet éléphanteau qui s'apprête à sauter comme un grand du mur du Musée dans le centre de Bruxelles. On l'imagine fronçant les sourcils en signe de concentration.    

 

Bonom, Bruxelles Centre

Toutes ces belles découvertes sont réservées aux admirateurs de l’artiste-graphiste qui fait voler des poissons, des oiseaux  ou des monstres sur les murs de la ville. Après cette traque des empreintes de Bonom, on ne peut plus voir de grandes surfaces verticales vides dans d'autres villes, sans penser à ce qu’il pourrait en faire. C’est bon de rêver le jour dans la rue avec les autres en marchant.

 

Pour suivre le chemin de Bonom à Bruxelles-Ixelles, XL comme on dit là-bas

Aller voir en marchant,

. l’éléphant sur le mur du musée central (photo 3 ici) 

. 2 tyrannosaures de chaque côté d’un grand escalier Chaussée de Wavre, en face de la Rue du Viaduc, qui prolonge la rue de la Croix (le tyra du côté droit en photo 1),

. 1 poisson en descendant la Chaussée d’Ixelles vers la Place Flagey, avec une photo du 13 décembre dernier d’Yves Calomme, avec mes remerciements, sur flickr (photo 2) 

. 1 autre poisson à l’angle de la rue de la Croix et de la Chaussée d’Ixelles, sur

http://www.flickr.com/photos/spaceopera/

 

Retrouver d’autres œuvres, comme un éblouissant renard, sur

http://www.facebook.com/event.php?eid=224539089517
http://www.facebook.com/home.php?#/pages/Bonom/18775509945?v=photos&so=15

 

Visionner

. la  vidéo du tyrannosaure  sur http://www.bxlblog.be/tag/bonom/

. et les oiseaux sur 

http://www.dailymotion.com/video/x5zxce_bonom-bruxelles-graffiti_creation?from=rss

 

Photos EP pour la n° 1 et 3.

  

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 17:32

Avec des brindilles d’arbres, Jean-Jacques Pigeon conçoit des scènes de tendresse sur les murs de la Manufacture des Allumettes à Trélazé. Avec des feuilles, dont il garde l’idée, la fragilité et la couleur, il parcourt le monde. Pour s’exprimer, il n’a besoin en fait que d’espace. Son atelier lui suffit à peine. Dés qu’il fait beau, il sort, et là à l’air, il s’épanouit, ce peintre qui est aussi un homme rieur qui sait accueillir des visiteurs avec une très grande gentillesse.

 
Lignes

Dehors à la Manu, il a conquis les murs ; plutôt ses œuvres, qu’il appelle ‘Lignes’ pour désigner des compositions à base de brindilles et de branches fines, sont parties à l’assaut des murs non seulement de son atelier mais aussi en face de ceux de l’usine qui accueillait des centaines d’ouvrières chargées de fabriquer des allumettes. Ce sont ses personnages qui humanisent les murs. Ses compositions géométriques sont faites pour l’intérieur.

 

Effeuillages

Quant aux feuilles des arbres, elles volètent en couleur sur des papiers coréens ou horticoles, pour reprendre le nom de leur origine. Le peintre a trouvé ces derniers aux Puces de Bruxelles. C’était des planches horticoles destinées à être accrochées au mur. Cette fois-ci, c’est la finesse des couleurs superposées qui émeut, avec des roses fuchsia, des rouges orangés, des verts d’eau ou des turquoises qui font équipe avec des violets...

 

Couleurs

Elles ont conquis non seulement les murs de son atelier sur des toiles de grands formats, mais aussi le plastique qui protège le sol. Elles s’attaquent aux chaussures et gagnent jusqu’au muret qui sépare le devant de l’atelier de la rue de la Manu. 

 

En Normandie, c’est une ligne bleue très mystérieuse qui trace le chemin pour le peintre. Nul n’en saura plus. JJ.Pigeon aime l’air du large et garde son mystère. On le voit à ses expositions. Il a exposé à Dusseldorf, à Münich, à Berlin, à Birmingham, à Bruxelles, à Paris bien sûr et aussi à Fukuoka au Japon… A chacun sa façon de rêver et d’émouvoir.

   

Pour suivre le chemin

. JEAN-JACQUES PIGEON, né en 1955, vit et travaille à Angers, France
. ATELIER : Les Allumettes, 243 rue Jean Jaurès, 49800 Trélazé, Tél / fax 02 41 69 84 80
. Son
E-mail : j.j.pigeon@wanadoo.fr
et son site www.jjpigeon.com


. Photos EP, une planche horticole, l'artiste, un papier coréen, le muret devant l'atelier 


. Pour ces visites d’ateliers d’artistes 2009, Jean-Jacques Pigeon a accueilli Yoshina Davelaar, photographe, Haarlem, Pays-Bas. Voir la rencontre avec cette artiste sur ce blog.

http://www.elisabethpoulain.com/article-regard-d-une-photographe-yoshina-davelaar-au-dela-de-l-apparence--40549998.html

 

. A Trélazé, découvrir toute l’histoire de ce site remarquable d’architecture industrielle créé en 1863 par les frères Lebatteux pour y  fabriquer des allumettes. Les ouvrières étaient les femmes des ardoisiers. Lire l’histoire du site par Sylvain Bertoldi, Conservateur des Archives d’Angers, parue dans le journal municipal d’Angers, Vivre à Angers, septembre 1998 

www.angers.fr/decouvri-angers/en-histoire/chroniques-historiques

 

. Actuellement le site des Allumettes, fermé en 1981 par la SEITA qui en était propriétaire, connaît un nouveau rebondissement du fait de l’annulation du PLU (Plan Local d’Urbanisme) sur décision du tribunal administratif de Nantes. Le site est retombé en zone à vocation industrielle. Le propriétaire actuel, Le Toit angevin, entend poursuivre son projet de transformation de ce site de 6 hectares abandonné depuis près de 30 ans en grande zone urbaine sans voiture et très ouverte sur le végétal. Les ateliers d’artistes seront conservés ; un soulagement pour les artistes, comme Jean-Jacqes Pigeon qui y a implanté son atelier. Voir Ouest-France du 10.10.2009 pour des informations supplémentaires.          

       

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 11:08

Les Allumettes

La rencontre se passe à Trélazé près d'Angers, aux Allumettes, un lieu magique, hors du temps, en automne lors de la chute des grandes feuilles des platanes. Tournez à gauche en entrant dans l’ancienne manufacture, au milieu de l’allée, là où se trouvent des voitures et des gens, enfoncez vos pieds dans un matelas mou de gigantesques feuilles ocres de platane, vous arrivez chez Jean-Jacques Pigeon bien connu des Angevins (voir son portrait).  Dans la quatrième salle, à une table se tient une femme aux yeux d’aigle qui voit tout et s’interroge beaucoup. Yoshina Davelaar, assise à un guéridon, vous voit arriver. Elle est sérieuse et dense. C’est un regard de photographe qui voit profondément. Elle a fait des études d’art, spécialisation en photo, dés qu’elle a pu choisir son orientation.

 

Aux Allumettes, elle a mis son empreinte partout dans la salle que Jean-Jacques Pigeon lui a prêtée pendant ces visites d’ateliers d’artistes qui ont lieu en cette fin novembre. Cette année pour la première fois, l’association organisatrice avait invité des artistes néerlandais basés à Haarlem, qui tous ont été accueillis par des artistes angevins, en fonction des possibilités de leur atelier.  

 

Aux trois murs de cette partie de l’atelier, sont accrochés des photos de fleurs qui ont perdu leur identité florale ou végétale pour accéder, grâce à la macro, à un autre état de quasi-apesanteur. Que voit-on ? On ne le sait pas. Peut être un pistil flottant sur des rondeurs quasiment blanches. Plus loin sur un écran,  se présente un narcisse au pied d’une gerbe de tulipes jaunes, on regarde bien. On voit bien les fleurs, cette fois-ci, c’est plus facile que pour l’autre présentation. Apparemment, parce que ce qu’on ne sait pas voir, c’est que ce narcisse est en plastique et les tulipes sont naturelles. La composition florale de la photographe existe en tant que tel, surtout qu’aucune explication nulle part ne vous explique le jeu de miroir avec la réalité de l’artiste. 

 

Yoshina  Davelaar définit son travail à ses débuts par la couleur et la photo comme un moyen de communication entre les personnes. Depuis elle chemine sur la crête de la frontière entre ce qui est et ce qu’on voit. Au départ de sa démarche, il y a par exemple un morceau de tissus à nettoyer des lunettes - qu’elle garde dans sa poche -, reproduisant une photo d’une gerbe de fleurs orangées. Elle va à son tour le photographier. Où commence la réalité ? Où est la frontière entre le tissu, la photo de départ, ce qu’elle traduit en photo et ce que vous ressentez.

 

L’art

Dans quelle mesure parvient-t-on à franchir le pas de la création et la frontière de l’art ? C’est vraiment une question essentielle à laquelle parviennent très vite les enfants qu’elle accueille à ses cours  de photos :

. L’enfant : dites, Madame, ce que je fais, je m’amuse avec l’appareil. C’est juste de la photo. Pas de l’art.

. Et la réponse de Yoshina : ‘personne ne peut dire à ta place ce que  tu fais. C’est de l’art, si tu penses que c’est de l’art. Il n’y a pas d’autre définition. Only the artist is the one who can say that something he realises is art. If you say, this is art, non one can say it’s not good or it’s no art’. Never forget this, you have the strength to create et to be yourself.  Art is a way to be yourself’.

 

Il y a chez Yoshina Davelaar cette part de création bien réelle alliée à cet instinct d’archéologue qui à partir d’un élément de poterie va reconstituer toute une atmosphère, comme elle l’avait  fait avec la lingette pour les lunettes. Cette fois-ci, elle est partie d’un protège-théière ou cafetière qui garde la boisson au chaud. On en trouve-trouvait beaucoup aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne… il y a encore 50 ans dans les années 60. Celui qu’elle a trouvé aux Puces est d’un orange pétant. Il est magnifique de technicité et s’ouvre comme un sac à main par le dessus, alors que généralement ils ressemblent à de gros bonnets posés sur la théière. Grâce à des recherches approfondies en magasins de seconde main (second hand shops), elle a pu trouver une table, deux chaises et la vaisselle assorties au couvre-théière. Cette fois-ci, à partir d’une pièce, elle a pu reconstituer un îlot des années sixtees et créer une atmosphère très personnelle dans l’atelier des Allumettes chez Jean-Jacques Pigeon.

 

La réaction des visiteurs ? Ils touchaient le couvre-théière. Mais seule Yoshina Davelaar s’est assise à une des ses chaises. Et le thé vert, c’est Jean-Jacques Pigeon qui nous l’a offert à un autre guéridon.

 

Pour suivre le chemin

. Aux Pays-Bas, à Haarlem, www.yoshina.nl

. Haarlem est une des villes jumelées à Angers, ainsi qu'Osnabrück. C'est une très jolie ville de 150 000 habitants située près d'Amsterdam. Voir une raîde description sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Haarlem

. Association d'Ateliers d'Artistes, 5 rue de Charmacé, 49100 Angers, France
. Photos EP
  

. A Trélazé (49), pour découvrir toute l’histoire de ce site remarquable d’architecture industrielle créé en 1863 par les frères Lebatteux pour y  fabriquer des allumettes. Les ouvrières étaient les femmes des ardoisiers. Lire l’histoire du site par Sylvain Bertoldi, Conservateur des Archives d’Angers, parue dans le journal municipal d’Angers, Vivre à Angers, septembre 1998 

www.angers.fr/decouvri-angers/en-histoire/chroniques-historiques


        

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 16:43

 

Comment peut-on rendre hommage rien qu’en quelques mots de titre à un homme qui toute sa vie a lutté pour pouvoir vivre ? Il est décédé à 54 ans le jour où le recensement de ses œuvres a été terminé. Pendant plus de  20 ans, il a été hospitalisé à l’hôpital et n’en est sorti que très temporairement et irrégulièrement pour aller suivre des cours de dessin et de peintures, en prenant le bus comme tout le monde. Ce qui en soi était déjà une formidable victoire. Mais tout le monde n’est pas artiste et il ne suffit pas d’être malade pour l’être.

 

Jean-Luc Mathonnière, lui, ne s’est pas posé la question de savoir s’il était artiste ou si ce qu’il faisait était de l’art. Il voulait peindre et dessiner et c’est ce qu’il a réussi à faire, en ne se souciant pas non plus quelle était sa cote sur le marché de l’art, celui de ‘l’art des fous’ qualifié aussi plus tard ‘d’art brut’ ou ‘d’art primitif’, autant d’appellations qui, dans son cas, sont restrictives.

 

A écouter parler ceux qui l’ont connu, aimé et accompagné tout au long de sa vie de patient, il était peintre et avait besoin, comme tout peintre, de résoudre des questions techniques pour arriver à traduire en peinture ce qu’il voulait communiquer et continuer à progresser. Très vite, sa liberté de peintre lui a fait choisir ses thèmes de prédilection ou plutôt son thème central : l’homme en son visage. Il a fait très peu de scènes d’intérieur, pas d’extérieur. Quand il désigne une de ses œuvres maîtresse ‘l’Homme des Bois’, il vise l’homme qui re-de-vient bois, plutôt que le bois lui-même ou une quelconque nature. L’abstrait ne l’intéresse pas non plus, si ce n’est involontairement pour montrer une réalité fractionnée et qu’on devine douloureuse, même quand on ne connaît pas son histoire. 

 

D’ailleurs, on ne sait que fort peu de choses sur lui. Son histoire est protégée, sa souffrance n’a pas été exploitée. Un certain nombre de ses œuvres ont certes été présenté dans des expositions, mais lui n’a jamais été présent. Ses œuvres parlent pour lui. Par contre savoir que des gens venaient voir ses peintures était important pour lui. C’était et c’est une vraie reconnaissance de son identité de peintre. Selon Monique Ricordeau, qui était présente à son enterrement « qui a été très digne, Jean-Luc a été accompagné jusqu’au bout. Quarante personnes s’étaient réunies ce  9 octobre 2007, des médecins, des patients, des gens de l’extérieur. Un de ses tableaux est accroché au mur de la chapelle de l’hôpital ».

 

Il faisait grand soleil pour son expo ; il y avait suffisamment de monde pour que la salle soit animée et pas  de trop à se gêner l’un l’autre. Des malades en fauteuil étaient poussés par leur accompagnateur le long des allées. Des parents de malades étaient venus aussi. Un médecin avait emmené son fils adolescent. Des curieux s’interrogeaient pour savoir le qui du quoi d’un titre. Il s’agissait du tableau intitulé ‘Les deux voleurs’. Jean-Luc Mathonnière avait beaucoup hésité. Il avait un autre titre en tête^pour ce tableau, « Les deux frères », des jumeaux qui ont un air de famille.  Toujours sa quête du visage et de l’identité, comme si l’un volait l’autre. 

 

Pour suivre le chemin

. L’exposition de Jean-Luc Mathonnière, en son hommage, a été organisée au Centre hospitalier de Sainte Gemmes sur Loire, par l’Association ‘Mais-Encore’, dont fait partie Monique Ricordeau psychologue, pour les Journées européennes du Patrimoine, le 19 et 20 septembre 2009. Cesame, 49137 Les Ponts de Cé, 02 41 80 79 08.

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 11:40

Théophile Alexandre Steinlen, ce suisse de Lausanne, est un vrai parisien, celui de la rue, de la nuit et du mystère. Pour le définir, il faut aux organisateurs de l’exposition ‘Steinlen l’œil de la rue’ à Ixelles (Belgique) employer six termes : ‘dessinateur, caricaturiste, illustrateur, affichiste, peintre et sculpteur’. Il ne connaît pas non plus de frontière, surtout pas sociale. Bourgeois, il va à la rencontre du petit peuple, des mots qu’on n’ose plus employer dans notre société du consensus imposé. Sa découverte de l’univers des rues de Montmartre va orienter ses choix picturaux. Il montre les'petites gens' dans la rue, allant ou revenant du travail, surtout pas en train de poser.

 

Les chats aussi occupent une place à part dans son oeuvre. Ils sont si présents qu’il ne peut s’agir d’un hasard. Le hasard pourtant a joué un rôle chez lui, lorsqu’il a rencontré le Chat noir. Celui qui a donné son nom à un cabaret montmartrois ouvert en 1881. Ce Chat noir savait accueillir les peintres, poètes et chansonniers forcément sans le sou et attirer les bourgeois argentés désireux de s’encanailler. Aucune explication fondée ne permet d’expliquer le nom du cabaret, si ce n’est son mystère renforcé par le noir de la nuit.  

 

La symbolique du chat noir

Du chat, on peut tout dire en matière de symbolique. Animal bienfaisant pour les uns, il est terriblement maléfique dans d’autres civilisations. Pourtant un point commun ressort : sa couleur noire suffit à en changer sa nature. Par exemple, il est d’essence favorable chez les musulmans sauf s’il est noir ; en ce cas, il possède grâce à ses sept vies des pouvoirs maléfiques capables de nuire à l’homme.

 

La Revue du Chat noir

Steinlen fit la connaissance de Rodolphe Salis le propriétaire du Chat noir en 1884 soit deux ans après la création par RS de la revue du Chat noir pour faire connaître le cabaret. Pendant les 13 ans que dura la revue (1882-1895), l’artiste y participa activement. Il réalisa pour la revue une centaine de dessins de chats qui furent ensuite rassemblés sous le titre de « Dessins sans paroles. Des chats ».

 

L’affiche du Chat noir (voir ci dessus)

Sa célèbre affiche fut imprimée en deux couleurs en 1896, à la fin de la grande période du cabaret. Rodolphe  Salis mourut l’année suivante. Mais elle fut réalisée avant pour la tournée du Chat noir au Théâtre de Mons pour la séance du 12 septembre 1892. Elle marqua le début de la vraie notoriété de l’artiste suisse. Selon un critique de l’époque : « les murs de Paris ont été ennoblis de la présence de ce chat auréolé, hiératique et byzantin, de proportions énormes, dressant au-dessus de la foule sa silhouette fantastique et décharnée ». Steinlen, déclara s’être inspiré d’un chat qu’il avait vu à Lausanne,  « à peine ai-je eu besoin de l'amplifier pour en faire un soleil: il rayonnait de tous ses poils écarquillés » .

 

Les chats selon Steinlen

Ils ont tout l’air de fauves, avec de grands yeux jaunes qui vous guettent, des corps allongés, des hautes pattes et de fortes queues. Ce sont des vrais fauves ; pendant que l’un dort, l’autre guette. Capables de s’organiser en meutes prédatrices la nuit, invisibles le jour. Son tableau « Apothéose des chats » (1885) fait peur. Le monde est envahi par ces fauves.

 

Ils peuvent être tout autant intégrés au foyer lorsqu’ils entourent, très vigilants, leur jeune maîtresse boire son lait sur une affiche publicitaire. Leur présence ajoute pourtant une touche de mystère dissonante à ces affiches très suaves.

 

Le monogramme ‘chat’ de Steinlen

Dans le même temps, Steinlen travailla son monogramme autour de ses initiales dans lequel le T est intégré au A et les deux sont encerclés par le S qui figure un chat vu de dos avec sa queue arrondie. C’est alors la rondeur du chat qui l’intéresse alors, son côté boule replié sur soi, comme celui dessiné par le graveur japo nais Hiroshige au XVIIIè siècle que Monet a fait connaître en Europe grâce à sa fameuse collection d’estampes japonaises


On voit alors bien la différence de traitement entre le gros matou de l’artiste japonais regardant le jardin face au Mont Fuji et les félins au corps allongé et à petite têtes triangulaire de Steinlen en 1898.

 

Pour suivre le chemin

http://steinlen.museumdixelles.be

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Alexandre_Steinlen

http://pagesperso-orange.fr/planete.chats/diapo5/imgcol/_00024.htm

http://www.les-chats.com/Page%20Mystic%20mai.htm

http://www.lausanne.ch/tools/displayelement.asp?DomId=63242&ID=22783&Version=1&ClsId=16&Language=F&StructName=Novembre+- 

http://www.intermonet.com/japan/hiroshige/estampe.htm
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Pages

Recherche

Images Aléatoires

  • 918-Muselet-Grau-Garrigua--Saphir-Brut-Vintage-2000.jpg
  • Carottre volante devant des poissons Bruxelles 2010.08.03 387
  • Yoshina Davelaar, visite atelier provisoire, Trela
  • Nantes, CESR des Pays de Loire, session 20.03.2009
  • Blog 20120118 103
  • Anniv Rose de Noel-Raymonde-405-PhMJG
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés