En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 16:13

Après la vision de la ville qui a servi de publicité à Total, une des grosses sociétés encore françaises, voici celle de l’ANPE dont je vais développer le sigle pour nos amis étrangers. Il s’agit de l’Agence nationale pour l’Emploi, l’office gouvernemental chargé d’aider les personnes sans travail à retrouver un emploi.

 

Ville-Pub ANPE Le Monde 04.09.2008 

Il s’agit d’une pub tout à fait spéciale. Si vous enlevez le macaron qui se trouve au milieu de l’affichette parue dans Le Monde du 4 septembre 2008, il vous est impossible de savoir quel organisme ou quel produit est porté par cette pub. Il s’agit du centre d’une ville très animée. Il y a plein de gens sur la place et dans les rues qui y conduisent.

 

Aucun monument, ni repère ne vous permet d’identifier le lieu ou la source d’inspiration de l’auteur du dessin.  Il n’y a aucune référence de source. On y voit des gens parler, jouer, admirer... Très peu sont pressés d’aller ou de quitter la place. Certains ont sorti tables et chaises sur les trottoirs. Ils ont envahi tout l’espace public, sans souci des voitures. Et pour cause, il n’y en a qu’une seule à l’arrêt, un enfant assis sur le capot. Par contre deux d’entre elles ont le capot ouvert, avec des hommes en bleus en train de se pencher. Il y a des camionnettes garées en forme de U ouvert, pour vendre du poisson, des saucisses, des fleurs,  des soins…Deux boutiques, Optique et Labo, sont ouvertes. On voit des gens qui travaillent dans des bureaux à mur de verre. La seule certitude est qu’ils sont tous blancs, à l’exception de 6 noirs chevelus. Ne me demandez pas combien ils sont au total, je n’ai pasq le courage de les compter.

 

Il y a du vert aussi, mais ce n’est pas celui du végétal. Il n’y en a pas. C’est le vert du sport. Seules trois mouettes volent dans l’air à gauche.  Ce qui frappe, c’est l’absence de sens ou de mouvement de  cette place ville ouverte sur le jeu. Les enfants courent, jouent, font du vélo, du sport. C’est intriguant parce que cela ne représente rien de ce que nous connaissons.

 

C’est l’ANPE qui a choisi cette représentation d’une société qui se réjouit d’être dehors pendant que très peu sont enfermés dans des bureaux au travail derrière des murs. On ne doit pas être loin d’une proportion 20/80, où seuls 20% travaillent pendant que les autres sont au plein air. C’est une pub pour trouver son collaborateur parmi les 700 000 CV du site emploi « le plus consulté notamment pour les cadres ». Doit-on féliciter l’organisme d’avoir un carnet d’adresses aussi fourni avec tant de personnes dehors qui proposent leurs forces de travail ? Sont-ils ceux que l’on voit dehors à jouer avec leurs enfants aussi gaiement ? 

 

Ca interpelle. Vraiment.

       

Pour suivre le chemin

. Voir le site du n° 1 de l’emploi en ligne sur anpe.fr.

. Sur ce blog, lire  V03 comme ville-pub > Total et Les Echos

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 16:32

Isabelle Bigé est un phénomène dotée d'une énergie farouche qu’elle consacre à ce qu’elle considère relever de sa responsabilité individuelle et collective : œuvrer à la création de liens entre les gens, quels que soient leur genre, leur nationalité, leur place dans la société ou leur qualité d’électeurs...

 

Isabel Bigé, l'ArchipelCe qui compte pour elle se nomme : réduction des inégalités, respect du droit, en particulier des droits de l’homme et de la femme et action sur le terrain sociétal et donc forcément politique. Personne n’ignore en France depuis la révolution française (celle de 1789) que la femme après tout n’est qu’un homme comme les autres. Ce dont elle et moi doutons fortement au niveau des droits. Je précise le point des droits tout de suite car elle est juriste et ce n’est évidemment pas un hasard.

       

Juriste, elle l’est devenue par ténacité. Après avoir commencé ses études de droit, elle avait du les interrompre très rapidement et n’a pu les reprendre  que des années plus tard, bien décidée à mener à bien ce projet qui lui tenait tant à cœur : connaître le droit, social et pénal en particulier, pour comprendre la société et pouvoir agir Culture sur balcon, le jardin aux fleursau mieux. Elle s’est spécialisée dans le droit du logement. « Je suis, dit-elle, directement concernée par ce qui se passe dans la Cité. Actuellement par exemple, je suis co-présidente, suppléante des habitants de mon quartier au sein du Conseil Consultatif et représentante du collectif que j’ai créée dans mon immeuble…».  

 

Outre la ténacité et la persévérance qu’elle possède naturellement, Isabelle Bigé a acquis une grande connaissance des systèmes. Elle a une profonde compréhension des relations de pouvoir et de ce qui fait la force des réseaux : elle est membre active de plusieurs. J’entends par là qu’elle sait que ce qui fonde la force d’un réseau réside en l’apport de chacun au profit de tous. Il ne s’agit pas comme le croient un grand nombre de personnes, même adultes, qu’il suffit d’adhérer pour recevoir. C’est plutôt l’inverse d’ailleurs car il s’agit de faire avancer les valeurs en lesquelles on croit, en ajoutant le facteur temps en plus.

 

Outre ce temps, dont elle sait user en stratège, elle a une très bonne connaissance du champ social et politique. Elle a choisi depuis plusieurs années maintenant d’assister à Culure sur balcon, harmonie de couleurschaque conseil municipal d’Angers  qu’elle revendique comme sa terre d’appartenance. Enfant, elle  a vécu dans de nombreux pays en famille en fonction des missions confiées à son père ingénieur hydro-géologue expert. C’est ainsi qu’elle a vécu en Iran à Mashed à côté d’Ispahan, au Caire en Egypte, en Lybie... Elle possède une approche très naturelle de ce qui tisse le lien au-delà de la différence avec l’autre et connaît l’importance de l’ancrage dans une terre. Des différences qu’elle retrouve ici aussi sous d’autres formes autrement.

 

De l’enfance, cette tresseuse de liens a aussi conservé cette chaleur humaine que sa famille du Vaucluse par sa mère et celle de Paris par son père lui ont transmise. Elle garde aussi de sa grand-mère du Midi, cuisinière dans une grande maison, le lien avec la nourriture conjugué avec le plaisir de la création artistique et de la couleur dont elle joue avec profusion. De la famille de son père, elle a hérité de se sentir chez elle Quiche a la truffe du Luberon, I. Bigéà Paris, le goût de la résistance, celui de la terre et des plantes du maraîchage.

 

Isabelle Bigé est une fine cuisinière qui adore inventer des nouveaux plats. Elle connaît la valeur du don. Je me souviens en particulier d’une quiche à la truffe du Lubéron servie avec un Côtes du Lubéron avec, en guise de cadeau d’accueil, une petite pochette de graines de haricots d’Espagne à planter.

 

Pour suivre le chemin

Prochainement sur ce blog un prochain billet d'Isabelle sur la recette familiale d’Alice, sa grand mère du Vaucluse, sur « les vraies tomates farcies »

 

Pour avoir quelques informations sur

. le CCQ d’Angers Doutre Saint-Jacques Saint-Lazare sur www.angers.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/CR_RP_3-03-10.pdf 

. L’Archipel, la maison du quartier

http://www.maisonsdequartier-angers.fr/maisons-de-quartier-angers.html

 

. René Char, le grand poète originaire du Vaucluse et grand résistant qu’elle admire   

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Char

. Terra Botanica, le parc ludique consacré au végétal à visiter quand vous venez à Angers. Le parc a déjà accueilli 35 000 visiteurs un mois après son ouverture au printemps

www.terrabotanica.fr/parc-attraction-theme-vegetal-en-anjou

www.angers.villactu.fr/.../terra-botanica

 

Photos EP: Isabelle à l'accueil des Nouveaux Habitants à l'Archipel, son jardin de balcon et la fameuse quiche à la truffe. Autres photos dans "Personnes-Personalités", "Angers" et "Manger"

 

 

 

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Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 10:50

C’est une petite rue en sens unique, où seuls les bus peuvent passer sur la voie descendante. Petite, elle ne l’est pas trop en longueur, mais en largeur. A un Chef de Ville, la menuiserie avant le bullcertain endroit situé prés de son point de départ boulevard Descazeaux implanté sur la ligne des remparts d’Angers, il n’y a pas assez de place pour que les bus puissent se croiser ou que les piétons puissent marcher sur les trottoirs.

 

C’est à l’endroit si passant, à prendre au sens premier où tous passent sur la voie, que vient de disparaître une vieille maison en falun à étage et le hangar qui lui faisait face. Ces très vieux bâtiments n’avaient pas d’ouverture sur la rue. Ils se faisaient face, séparés par leur propre petite ruelle privée, à l’abri de la rue Chef de Ville par une très haute porte qui empêchait toute vue à l’intérieur. Un peu comme une résurgence de l’ancienne ligne d’autres remparts Chef de Ville, la menuiserie, la charpenteétablis cette fois ci de l’autre côté de la rue, en perpendiculaires à ceux de Descazeaux.

 

L’ensemble était frappé d’alignement depuis des années. Pour des raisons qui ne sont certainement connues que par le fils de l’ancien propriétaire qui avait établi là une petite entreprise de menuiserie, les deux bâtiments sont restés vacants et inutilisés depuis plusieurs dizaines d’années.

 

Des panonceaux avaient alerté les veilleurs de la rue. Vous savez ceux qui marchent beaucoup dans la rue et sont au courant de tout. Ils sont de formidables transmetteurs. La maison rue Chef de Ville allait disparaître le mercredi suivant. La veille, la grande porte largement ouverte, pour la première fois depuis si longtemps, laissait passer des hommes en bleus qui enlevaient tout ce qui pouvait se récupérer, en particulier les longues tôles qui protégeaient l’intérieur de l’atelier de la pluie.

 

PChef de Ville, la menuiserie, l'interieurassant en vélo, j’ai pu demander  au propriétaire si j’avais son autorisation pour faire des photos. Voici la moisson. Le lendemain de la venue du bull, passant en voiture cette fois-ci, tout était parti, recouvert de sable et …déjà occupé par des voitures, comme des poux de mer sur le sable dés que la vague se retire.

 

Il y avait là un menuisier qui y avait sa maison et son atelier. Déjà un peu gêné par l’impossibilité d’y disposer un atelier plus pratique, il l’avait déménagé rue Saint-Jacques de l’autre côté de l’îlot des maisons. Les deux rues Chef de Ville et Saint-Jacques se rejoignant place Monprofit, là où était érigée une des tours circulaires qui ponctuaient les remparts de la Doutre.   

 

Et puis à l’endroit désormais libéré, comme la nature a horreur du vide, un mur a commencé à s’ériger en limite de propriété entre le vieil atelier et ces maisons, qui auparavant étaient restés unis, sans frontière entre eux. Une mur, oui mais avec une porte à double vantail dans la ligne exacte de l’autre porte.

 

. Qui pourra dire, dans quelques années, Chef de Ville, la menuiserie, lla petite maisonpourquoi cette porte est placée à cet endroit précis et pas 1, 2 ou 3 mètres à droite ou à gauche. Personne et pourtant il y a une explication.

 

. Peut être aussi, faut-il trouver dans le bois de la menuiserie un lien avec le tout nouveau collectif de 20 logements d’Angers Habitat qui est en cours de finition actuellement. Une partie des bâtiments est recouverte de bois.

 

. Quelqu’un  se posera aussi certainement un jour la question de savoir quelle a été la source d’inspiration qui à poussé le peintre Michel Hénocq, qui travaille non loin de là, dans une rue très ancienne, à avoir choisi cette toile pour annoncer sa dernière exposition de 2010 dans la rue du Champ de Bataille. 

Michel Hénocq, Les petites FillesPour suivre le chemin     

 

. Chercher des informations sur la rue Chef de Ville, dont la dénomination remonte au Moyen-Age. Vraisemblablement, un responsable de la garde de la ville y demeurait. La seule certitude, c’est Google qui nous la donne. On sait de source sûre qu’un peintre y habitait en 1322 ! Je trouve cette information admirable. A quel numéro svp ?

 

. Photos EP, avec mes remerciements à Michel Hénocq pour ses  petites filles.   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 18:29

Et ce pas, tout est fait pour l’occulter, en le rendant invisible. Pourquoi ? Parce que le changement dérange l’ordre établi.  

Le mécanisme mental

Encre noir et blancParler de guerre dans notre société de consensus apparent est carrément grossier. Prononcer le mot au cours d’un repas chic, une véritable incongruité malsonnante. Citer celles qui ont lieu actuellement ou rappeler celles qui ont complètement remodelé nos paysages politiques est considéré comme une faute de goût. C’est carrément mal-élevé, comme on disait aux enfants d’après-guerre et surtout d’avant. Ce trouble évoque la violence et le désordre.

 

Parler de marketing, c’est comme si vous invitiez quelqu’un de vulgaire et de pas propre à s’asseoir à côté de vos hôtes à table. On évite généralement tant le mot est « bas de gamme » et est associé aux grandes surfaces. Du marketing de luxe, seul le mot de luxe est retenu ; celui de marketing est zappé. Le Luxe se présente alors comme un univers feutré où tout n’est que calme et volupté, servi par des mains invisibles, où surtout il n’est jamais question d’argent, sauf à se vanter des « bonnes affaires » que votre voisine ou voisin viennent de faire, comme un jeu.

 

Quant à l’art, il en est tout le temps question, justement pour cacher le côté marchand et payant de toute activité humaine. Comme si l’art et la création se faisaient sans aucun lien ni avec l’argent, ni avec le marketing, ni avec la guerre. Or le marketing de l’art est si abouti qu’il a créé un marché mondial de l’art, dont le centre est maintenant en Chine qu’on ne dit jamais plus populaire, du coup. Il a suffi de quelques années pour que le centre se déplace des Etats-Unis vers son puissant voisin, maintenant seconde puissance mondiale.  

 

Le phénomène de l’invisibilité

Ce triple phénomène de dénégation conduit directementLumiere, papier, bambou et ficelle à l’invisibilité et au ‘faire comme si’. Comme si, il n’y avait pas de guerre ou de conflit, comme si les entreprises ne devaient pas lutter pour leur survie et continuer à exister. Comme si, il n’était pas nécessaire de payer ce qu’on achète pour que celui qui le crée, celui qui le produit, celui qui le distribue soit rémunéré. Et cela dans tous les domaines et pour tous les acteurs de la société. Ne nous y trompons pas, la dimension payante n’empêche pas la solidarité sociale de jouer ; elle déplace seulement les frontières internes. 

 

Beaucoup de Français expatriés à l’étranger sont étonnés de constater qu’est payant ce qui en France est considéré comme relevant comme de l’univers du gratuit. Est gratuit ce que d’autres paient et c’est vrai en particulier dans le domaine des services, comme le transport, l’accès à la formation, l’accès à l’art, l’accès à l’information…Du coup, on s’aperçoit avec étonnement qu’avec le changement du gratuit au payant, on change de style de vie et que, si d’autres font de même en même temps, que cela commence à se voir dans la société.  

 

Le changement souhaité en renforçateur de l’invisibilité

Mohair ecruLe phénomène de l’invisibilité est renforcé par le postulat selon lequel qu’il y aurait plusieurs sortes de changement,

. celui qui est bénéfique sans dérangement de l’ordre établi, du gagnant-gagnant total,

. et l’autre celui qui par définition va changer sans certitude aucune quant à l’ère affectée par le changement et/ou son intensité,

. sans surtout envisager qu’il puisse être des changements à risques.

 

Comme l’imbrication est au cœur de la dimension sociétale, il paraît pourtant difficile d’ignorer le changement et de penser qu’on puisse prôner ou vendre du changement mais uniquement celui qui avantage, tout en conservant les avantages de la situation antérieure. Cela ressemble à ces prévisions de chiffre d’affaires d’entreprises faites sur plusieurs années à venir, « toutes choses étant égales par ailleurs ».  

 

Les différents types de changement

La guerre et le marketing savent faire puisque par définition, ils sont greffés sur le changement. Maintenant qui peut dire à quels types va appartenir le changement souhaité? Personne. Cela paraît énorme et pourtant c’est bien le cas.

 

Le changement pour l’entreprise

Voyez cette entreprise qui a mis au point un nouveau Cuirasse de guerrier, papier, sensprocédé de télé-communication. Elle demande à une agence de communication de communiquer sur cette innovation pour faire connaître son et inciter des clients à l’acheter. Ce faisant, elle va pouvoir empêcher une entreprise concurrente d’avancer. Imaginez maintenant que cette entreprise ait parié le téléphone portable, avant ses concurrentes. Le téléphone mobile existe soudain dans des pays qui n’ont pas encore et n’auront vraisemblablement jamais le téléphone fixe. En quelques années, l’entreprise a modifié les rapports entre les personnes, les entreprises et les états dans le monde entier.

 

Qui aurait pu prévoir qu’un (simple) changement technologique puisse avoir la capacité de bouleverser l’ordre mondial ? Personne et certainement pas les entreprises travaillant exclusivement dans le fixe, qui ont vu leur univers se déliter en quelques années seulement. Quant aux entreprises travaillant dans le même secteur, elles vivent dans un univers concurrentiel impitoyable. En outil commun, elles utilisent les stratégies marketing les plus audacieuses, faisant régner entre elles des règles de co-existence féroces directement tirées de l’art de la guerre.  

 

Le changement par la guerre

Un extra-ordinaire ouvrage de recherche appliquée à la guerre a été écrit par un grand penseur chinois au V siècle av JC. Son titre « L’art de la guerre » de Sun Tzu. Cette recherche est toujours présentée comme la méthode globale la plus accomplie de fonder une stratégie basée sur la tactique adaptée pour parvenir aux objectifs fixés à l’origine. La démarche est tellement actuelle et exemplaire qu’elle a été à la base du marketing qui, ne l’oublions jamais, a commencé sa vie aux Etats-Unis après la première guerre mondiale, s’est développé juste avant la déclaration de la seconde et connut en France un véritable décollage à la fin de l’après-guerre.  

 

Le changement par le marketing 

Noir sur blanc, changement de sensLa fascination du marketing pour la démarche militaire demeure. Il n’est que de voir comment le vocabulaire du marketing emprunte à l’art militaire. Connaître son ennemi/concurrent, étudier le terrain/marché, choisir le moment, organiser et gérer à long terme sont au cœur de la démarche marketing. Plus encore il est remarquable de voir comment le changement est au cœur des deux démarches. L’art du stratège est de gagner la bataille du temps aussi bien que celle sur le terrain en utilisant la psychologie et la logistique au service des objectifs du changement attendu.  

 

Le pas à franchir ou pas par le client

Cette méthodologie, le marketing sait se l’approprier et la mettre en musique. C’est en cela qu’elle fascine autant, d’autant plus qu’elle sait inclure dans ses propositions à ses clients une grande part de véritable création, confiée parfois à de véritables créateurs d’art. 

 

Le pas à franchir porte sur la capacité du client à supporter le risque de la part de la création, de l’inconnu et du nouveau. En langue française, pas a plusieurs sens principaux:

-        le pas militaire cadencé quand les soldats font vibrer le pont,

-        celui du pas que fait le passant en allant d’un endroit qu’il connaît vers autre part, ou celui de l’entreprise qui lance un nouveau produit, veut accroître ses parts de marché ou changer d’image,

-        le pas, en négation, à prendre dans le sens « je ne veux pas du changement qui induit un risque », tout en disant « faites-moi du différent pour que je puisse me démarquer du voisin ».  

 

Demain et le changement

Même si le client demandait à ce que l’agence fasse du copier-coller pour éviter toute prise de risque, il serait tout aussi impossible Terre malaxee par les sabots des vaches jpgde lui garantir un succès sans risque. En effet la situation a changé entre le moment où l’entreprise concurrente a lancé sa campagne  et le moment où l’entreprise cliente demande à son agence de « s’inspirer de ce qu’a fait X ou Y pour telle ou telle »  

 

La seule certitude qu’il est possible d’avoir porte sur l’impossibilité de garder sa vie d’aujourd’hui pour demain. Et pourtant, c’est que la publicité dans le monde entier arrive à faire tous les jours, mais personne n’est obligée de la croire. Aux Etats-Unis, les grands comptes - les gros clients par l’importance de leurs budgets de communication - depuis plusieurs années ont réussi à imposer à leurs agences une rémunération fixe et une  partie proportionnelle  aux résultats. 

 

Pour suivre le chemin

Quelques règles et citations passées en maximes à ne pas oublier

. « Tout change partout, tout le temps, dans le monde, pour tous, mais pas de la même façon et sans qu’on sache où le changement nous conduit » Elisabeth Poulain.

. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » Henri Queuille (1884-1970), qui a fait les deux guerres. Il était à Verdun et reçut la croix de guerre. Il fut plusieurs fois ministre, de l’agriculture en particulier, et trois fois président du Conseil sous le IV République. Voir son parcours politique et sa prise de risques dans 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Queuille  

. « Toute guerre est fondée sur la tromperie » Sun Tzu dans « L’Art de la guerre ». http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Art_de_la_guerre

Photos EP à voir dans l'album "Couleurs et Matières"

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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 16:54

Le titre

Vous avez bien sûr traduit ce titre qui me fait rire. Le borobo, c’est évidemment un beau robot. Japon-Infos-logojaponJ’aurais du dire « Ah qu’ils sont beaux les borobos » mais je trouve qu’au singulier, ça sonne mieux. L’idée m’est venue quand j’ai cité les Bambaras dans un billet récent consacré à une pub de Vuitton. Des Bambaras aux Borobos, rien de plus naturel. Si je parlais sérieusement, vous me croyeriez, j’en suis sûre et moi la première.  

La fascination pour le robot

Ce point acquis, les Borobos existent bel et bien mais pas comme vous l’imaginez. Ils sont partout dans la presse, la pub, les bijoux, les jouets bien sûr... J’ai déjà fait un billet sur cette fascination soudaine que notre époque éprouve pour les robots. Au delà de la mode qui pousse à sur-exploiter un thème qui marche quitte à l’user en très peu de temps, je trouve cela bien inquiétant.  Je m’interroge sur les raisons de cet engouement qui pourrait traduire un penchant vers une certaine vision de la condition humaine. Les robots, eux, n’ont pas d ‘état d’âme et font tout ce qu’on leur dit. La nouvelle moisson est riche.  

 

La breloque bijou androïde  

C’est Thomas Sabo qui ouvre le bal, avec ses 450 breloques Robot bijouxassorties  aux montres qui portent son nom. Cet Autrichien, qui a créé son entreprise en 1984, a confié la création des pièces de ses collections à une Allemande Suzanne Kölbi. La seule figure androïde qui figure au milieu des fleurs, des étoiles, des croix, papillons, serpents et tous les autres symboles… est un robot qui ressemble fort au Capitaine Haddock revêtu de son armure de scaphandrier. Pour être bien sûr qu’on ne puisse le confondre avec d’autres, ce robot s’appelle « HOM » marqué en toutes lettres, à moins que ce soit « THOM » avec un T décalé vers la gauche.  

 

Comme la collection est unisexe, il n’y a aucun souci à se faire pour la vente. Cet HOM a un gilet turquoise du plus bel effet, assorti au bracelet de la montre assortie. Autres points communs, les ‘diamants’ qui font briller ses bottes et son ceinturon. Il est chiquissime, avec un seul bémol, c’est la longueur de ses bras trop longs et ses jambes trop courtes. Il y a une boule en trop pour les premières qui auraient été les bienvenues sur les secondes, pour harmoniser.  Son avantage, on peut l’avoir 24h sur 24 à ses côtés, toujours serviable, toujours présent. Une merveille d’homme en somme. 

La serre-volante ou le robot végétal et maraîcher

Robot, Serre Volante, Metropole de NantesElle est super chouette. Elle a tout d’une grande car elle est vraiment grande, à hauteur de plusieurs étages d’un immeuble qui serait consacré à  la production végétale et à la préservation de la bio-diversité, rien que cela. La nuit, l’objet presque volant non identifié a de quoi inquiéter. La nature n’est pas toujours paisible et gentille. En guise de tête, ce robot maraîcher a un gros ballon gonflable et d’autres ballons de petite taille en guise de main. Son corps est fait de deux plateaux portes-plantes violemment éclairés  afin que les plantes  poussent plus vite, comme dans les serres de forçage. Un gros bémol, il faut grimper une grande échelle de la hauteur des 4 pattes de métal. C’est dur à la tâche les robots, vous moins. Mais que ne feriez-vous pas pour la semaine du développement durable de Nantes Métropole du 1er au 7 avril 2010. 

 

Les robots-soldats

Robot-Samurai par Felice Beato photographe-WikipediaEn réalité ils sont au moins deux. Pour l’hémisphère occidental, on peut citer le chevalier en armure et en Orient, le samouraï. Je ne vais pas vous en parler mais seulement vous  montrer les deux styles. Les deux ont perdu leur qualité de personne humaine ; le premier est devenu un blindage qui a forme d’homme. Quant au second, il est si terrifiant que sa vue provoque l’effroi.  C’est d’autant plus vrai et plus fort qu’il ne s’agit plus là ni de jeu, ni d’un dessin ou d’une reproduction, il s’agit d’une photo prise en 1860 par un photographe aventurier qui a un nom extraordinaire. Il s’appelle Felice Beato, ce qui signifie ‘né heureux’. C’est magnifique et sa photo l’est aussi.  

 

Les aides-robots

Il en est qui relèvent du domaine de la recherche et d’autres du domaine du possible, si proche de ce qui existe déjà que je m’inquiète vraiment, quitte à me faire qualifier de passéiste.

 

. Le robot-‘jardinier’ est un monstre genre Sumo Robot de Planete Sciences Sarthenon dénué de charme, proche d’un scarabée protégé par sa cuirasse mais qui aurait un brin d’humour. C’est lui qui a été choisi au titre  des Trophées de robotique 2010 organisés par Planète Sciences Sarthe à Angers le 20 mars dernier. Il fait peur et en même temps c’est un poète jardinier qui ne craint pas la nature bucolique. La preuve : cinq papillons volètent autour de lui et sa main-pince de gauche tient une petite tige avec des feuilles.  

 

. Le robot-journaliste lui est déjà en action. Pour l’instant des programmes d’intelligence artificielle, comme Stats Monkey qui signe « The Machine », permettent déjà de couvrir des matchs sportifs. Infolab, la société qui dirige l’expérimentation, travaille déjà sur des versions commerciales applicables aux informations financières d’entreprises, petits reportages télévisés, critiques de film…Un centre d’innovation en technologie, médias et journalisme a déjà été créé par Infolab et Medill en 2009 pour développer les applications pratiques. L’objectif : fournir aux groupes de presse des outils faciles d’emploi et tout à fait performants pour le travail répétitif afin de laisser « les missions nobles » du métier aux ‘vrais’ journalistes. C’est moi qui ajoute l’adjectif.  

 

PoRobot-Rocco-Le Mondeur illustrer le remarquable article de l’envoyé spécial du Monde à Evanston aux Etats-Unis, Yves Eudes, Le Monde a fait appel au dessinateur Rocco qui adore les robots. Il en a fait un de remarquable, avec grosse tête, petit chapeau, un œil qui voit à 360°, une bouche à clavier, 4 paires de bras, capable en même temps de parler dans un micro, commenter des statistiques, écrire des articles papier et faire les news à l’écran. Il s’appelle WOW !!!. Oh yes, Ouah en français. C’est déjà opérationnel aujourd’hui.

 

 

Pour suivre le chemin des robots et tout savoir sur

. la folie des robots sur ce blog Pour 2010, l'homme robot sur un air de nostalgie

. les robots >    http://www.androidworld.com/ 

. Thomas Sabo et son entreprise > http://www.thomassabo.com/fr/about/company 

. la Serre volante de Nantes >   http://www.nantesmetropole.fr 

. l’homme en armure  

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Armure_(%C3%A9quipement

. la photo du samouraï en 1860   http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Samurai.jpg 

. le photographe Felice Beato > http://en.wikipedia.org/wiki/Felice_Beato 

. le robot Planète Sciences Sarthe, 02 43 93 87 58, www.planete-sciences.org 

. le robot Sumo > http://robot.sumo.free.fr/clubrobotique_lestrophees_2009.htm 

en cours de construction sur le site 

. le dessinateur Rocco > http://www.artsfactory.net/expos/vertige/index.html 

. l’article du Monde, 10.03.2010, « L’ère des robots-journalistes » par Yves Eudes

 

. le code couleurs : en orange, le titre, en rouge, le nom des robots, et en rose leur auteur  

. Photos EP pour quelques unes et mes remerciements pour toutes.

  

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