En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 12:34

 

Traduction du titre

Ce billet, le n° 2 de « Frontière » traite d’une première approche des Greeters français. La traduction s’impose doublement, d’abord parce que le titre ne doit pas dépasser 70 caractères et surtout parce qu’il n’existe pas de traduction française pour désigner ce type d’accueil bénévole et touristique offert par des hôtes (les Greeters) à des inconnus. Force est alors de se référer à l’association américaine des Greeters,  qui a été créé en 1992 à Haarlem par ceux qui y habitent pour leur faire découvrir leur ville autrement. C’était l’époque où la ville qui avait connu un fort déclin retrouvait une image positive en reprenant des forces. Le message des Greeters était clair : il y avait (aussi) des gens  chaleureux à bien vivre  à Haarlem, un quartier quio cherchait à avoir une autre image.  

Petite maison de vigne, Sancerrois

Plusieurs modalités d’accueil par des habitants

C’est une des tendances fortes du tourisme en France qui se décline en de nombreuses formules dont certaines sont déjà anciennes. Les gîtes ruraux ont offert une alternative moins coûteuse à l’offre hôtelière plus onéreuse, en y ajoutant une proximité qui fait partie du concept même de la formule : permettre à des ruraux d’offrir l’hébergement, assorti parfois de repas, dans des locaux réhabilités grâce à des subventions départementales dans des bâtiments privés.  

 

Les gîtes continuent à avoir tant de succès que des représentants d’instances professionnelles rurales viennent d’Europe et des Etats-Unis notamment pour comprendre ce qui fait le succès de la formule française afin eux aussi d’éviter ou freiner la désertification rurale en développant une nouvelle approche touristique plus proche des visiteurs. J’ai pu apprécier l’hospitalité d’une famille vigneronne en pays Sancerrois qui hébergeait surtout des Européens du Nord, le cœur sur la main. Ils allaient les chercher à la gare pour les conduire chez le loueur de voiture, leur préparaient des circuits, leur offraiten l’apéritif à leur arrivée et quelques bouteilles de leurs vins à leur départ, avec une gentillesse émouvante.  

L’essaimage en ville

Les locations chez l’habitant, sous forme de chambres d’hôtes, connaissent aussi, on le sait, un fort développement dans les régions touristiques. Elles permettent d’héberger chez soi, comme le feraient des amis que l’on n’a pas vu depuis longtemps, des amis français ou étrangers. C’est l’accueil d’une  personne par une autre personne qui fait la différence d’avec l’offre standardisée de chaînes hôtelières nationales ou internationales, dont on ne sait parfois à voir leur catalogue montrant les chambres dans quel pays on se trouve.  

 

Conçu au départ pour la campagne, la formule d’une offre alternative dans le domaine de la découverte d’un territoire a essaimé dans les petites villes puis maintenant dans les capitales et les grandes villes touristiques, au grand dam d’ailleurs du lobby de l’hôtellerie. Les formules à thème connaissent un grand engouement, au point d’ailleurs que les hôtels deux étoiles qui accueillaient dans les petites villes surtout des commerciaux en visites professionnelles chez leurs clients doivent fermer leurs portes, faute d’appoint par les touristes.   

     

De la location d’une chambre à l’offre de repas payant

C’est une autre déclinaison de l’accueil chez soi avec le petit déjeuner traditionnellement inclus dans le coût de la chambre. La formule avec repas obtient un grand succès en particulier dans les régions vinicoles, ce qui permet de goûter les vins du vigneron avec les mets qui leur conviennent préparés par la femme du vigneron. L’inverse est peu fréquent !  

 

Une autre raison de leur succès provient du fait qu’il n’est pas nécessaire de reprendre sa voiture après. On en trouve par exemple en Anjou et au Puy Notre Dame dans l’aire d’appellation du même nom dans l’arrière pays de Saumur sur le bord de la Loire.  

Sancerrois, rosier en bout de ligne

Un espace d’accueil gratuit pour les campings-caristes

Une autre formule différente  qui connaît un joli développement vise cette fois-ci directement les camping-cars. Cette fois-ci le vigneron propose bénévolement une aire d’accueil. Son caveau est ouvert à la vente afin que les touristes puissent découvrir et acheter ses vins, si telle est leur envie, après les avoir goûtés. 

 

A partir de ces différentes offres payantes ou pas, une double évolution se fait jour actuellement grâce aux réseaux d’hospitalité, le couch-surfing et la visite touristique accompagnée par les Greeters. 

Le couch surfing

C’est une offre très généreuse qui consiste à accueillir chez soi des personnes qui vous sont étrangères et qui vont vivre avec vous à votre façon généralement pour une nuit, sur la base de l’engagement défini par celui qui accueille dans le cadre des principes acceptés par celui qui est accueilli ‘sur le canapé’. En réalité cette formule est très souple, personne n’est obligé d’accueillir chez soi. On peut rencontrer ailleurs que chez soi quelqu’un pour parler, lui expliquer sa ville. Mais on peut aussi discuter philo ou mode de vie. Le plus souvent, la personne est accueillie pour la nuit en venant dîner avant. 3 millions de personnes sont adhérents dans le monde (juillet 2011).

 

Couchsurfing est une société commerciale, qui codifie les règles et gère le fichier des deux grandes catégories de personnes.  C’est une formule très marquée par ‘le sens de l’hospitalité à l’américaine’ à une époque où il n’existait pas d’offre hôtelière commerciale partout dans ce vaste pays-continent. C’est maintenant un mode de vie orientée ‘routard jeune’ qui permet vraiment d’entrer en contact et de comprendre le mode de vie des gens.  

 

Les seuls cas d’exemples de personnes à avoir utilisé ce système que je connais venaient à Bordeaux dans le cadre de Vinexpo, le salon mondial des vins . Ces vigneronnes et vignerons venu-e-s en visiteur ont été très bien accueillies par leurs hôtes bordelais, pour le couchage des deux nuits, effectivement sur un canapé-lit, pendant leurs trois jours de présence. Quelques bouteilles ont pu ainsi être partagées entre tous les membres du groupe comprenant les Bordelais amateurs de vin qui hébergeaient et des vignerons travaillant en bio et bio-dynamie accueillis.   

Vignoble du Sancerrois

La visite touristique par les Greeters

Comme dans le cas précédent, les Greeters n’ont rien à vendre. Par contre, ils ne se situent pas dans un cadre philosophique d’espoir d’un monde meilleur même s’ils partagent leur temps et leurs connaissances dans le cadre de l’échange. Ils organisent pour les touristes qui le désirent des ballades à thème dans leur ville en proposant une découverte doublement personnalisée, à la demande des visiteurs et à ce qu’ils connaissent. Il ou elle n’a pas droit à ce titre faute du diplôme de guide habilité à tarifer ses prestations. L’hôte organise une découverte de la ville où il-elle habite  en fonction de ses préférences et connaissances personnelles et de la demande des visiteurs qui choisissent préalablement.

 

Le lien entre eux se fait par un site spécialisé propre aux Greeters qui duplique ce que fait la maison mère aux Etats-Unis, avec une adaptation aux spécificités françaises. En France, le site le plus connu est celui des "Greeters made in Pas de Calais". Il est vrai que le réseau a bénéficié de l’aide du Comité départemental du Tourisme. D’autres se développent sans aide officielle comme celui de Nantes  qui préfère parler de « tourisme alternatif .» 

 

L’accueil est clairement limité à la découverte touristique. Cette fois-ci se sont les guides touristiques professionnels qui sont mécontents de cette quasi-concurrence. La réponse des Greeters est qu’ils proposent quelque chose qui n’existe pas, une découverte personnalisée moins axée sur l’histoire ou l’art que sur la ‘vraie’ façon de vivre des gens en dehors de chez eux. 

En guise de récapitulatif

On peut à sa guise et en fonction de ce que propose celui ou celle quoi accueille

1. louer un gîte et parfois y manger avec un groupe chez des non-professionnels hôteliers à la campagne, à des conditions financières favorables,

2. louer une chambre ou plus chez des non-professionnels en ville au prix du marché,

3. stationner gratuitement son camping car chez des vignerons, avec la possibilité d’y goûter leurs vins et d’en acheter si on en a envie,

---) dans ces trois cas, l'accueillant fournit en plus des propositions de ballades touristiques,

4. venir dormir gratuitement une ou quelques nuits chez l’habitant sur un lit d’appoint, en dînant parfois avant ensemble avec l’accueillant, en apportant pour celui qui vient un petit cadeau de remerciement, 

---) dans ce cas, il n'y a pas forcément de ballade en plus

5. visiter gratuitement la ville, sur un thème convenu d’avance…

---) dans ce cas, l'accueil est inclus dans la découverte touristique. 

Une modalité non citée et une autre à venir

C’est celle de prendre un repas chez l’habitant, sans y dormir,  qui est née en 1975 au Danemark, contre une rétribution dont le montant fixé par les autorités danoises, pour faire connaître aux touristes étrangers la saveur et la chaleur de l’accueil à la danoise.   C’est cette idée que Lynn Brooks a repris pour fonder le Big Apple Greeters new-yorkais, les premiers du concept.  

 

Il reste une modalité non expérimentée à ma connaissance qui consiste à accueillir pour un repas associé à une ballade des étudiants étrangers venus suivre des études en France chez soi en famille, pour échanger sur nos différentes façons de vivre. Le projet est né du constat que de trop nombreux étudiants, en particulier chinois, viennent passer une année scolaire sans jamais voir une famille française de l’intérieur. L’accueil est fondé sur la réciprocité d’échange de nourriture, sans référence ni versement d’argent, un budget étant prévu pour eux par l’Institut Confucius. Les deux parties s’offrent réciproquement de la chaleur par le biais de la nourriture car les étudiants confectionnent eux-même un repas à partager en commun avec leurs hôtes français. C’est un projet  2010-2011 du conseil de quartier Doutre, Saint-Jacques, Saint-Lazare, en rive droite de la Maine à Angers.  Un projet à suivre parce qu'il est fondé sur l'échange, chacun donne et reçoit. C'est un point fondamental.

 

En conclusion provisoire, des questions 

Les frontières se déplacent à chaque mutation de ce besoin de découverte où les uns accueillent et les autres sont accueillis, soit gratuitement soit contre rémunération.

. La notion d'accueil devient de plus en plus floue: dans quelle mesure acceuille-t-on des personnes sur un trottoir pour une durée de 2 heures? Accueillir pour un repas, oui. Héberger, un pas important de plus est franchi.

. Qu'est-ce que l'hospitalité? Je suis  frappée de voir qu'on ne parle jamais autant de l'hospitalité que lors que des voyageurs de pays "nantis" vont dans des pays qui ne le sont pas. Que ressentent vraiment ceux qui ont accueillis? Ne se sentent-ils pas plus pauvres après?  

. Doit-on être guide pour guider? Quelles sont les compétences de ces personnes? Il faut au moins poser la question.

. Quels sont les enjeux de ces réseaux?

 

. A partir de quel moment  une prestation cesse-t-elle d'être gratuite? La frontière entre une chambre d'hôte et un hôtel de la même catégorie devient extrêment tenue quant aux prestations offertes et au coût imposé. La différence tient plus en la différenciation fiscale des accueillants -moins taxés - face aux hôtels -plus taxés -. Une des conséquences étonnantes porte sur la standardisation de la décoration des chambres qui tendent à prendre le style du moment, que vous soyez à la campagne ou en ville... 

. Qu'est que le tourisme? Visite-t-on réellement un quartier ou une ville en quelques heures? Peut-on comme les Greeters de Nantes modeler l'offre de visite en neuf segments selon que l'on est plus "culture" que "shopping"? N'est-ce pas déjà  imposer la vision du groupe qui prépare la visite? Il y a bien une préparation avant.      

. Et puis reste la lancinante question de l'échange. Il m'apparait alors que j'ai oublié une formule réellement fondée sur l'échange, celui de l'échange de domicile: pendant  que les uns sont chez les autres, ceux-là sont chez les premiers.         

Petite maison de vigne blanche, Bourgueil

Pour suivre le chemin

. Pour l’accueil chez des Danois, voir http://www.dinewiththedanes.dk/main/default.asp

. Pour vivre dans un monde meilleur, voyez le site http://www.couchsurfing.org/ qui ne se traduit pas en français.

. Quelques infos sur http://www.globalgreeternetwork.infoet plus particulièrement pour le pas de Calais http://www.greeters62.com/ et Nantes http://www.greeters-nantes.com/

. Photos EP, avec trois dessins de France Poulain faits lors d’un voyage dans la Vallée de la Loire, avec hébergement en gîte vigneron.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Interculturel
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 17:17

Vous avez  bien sûr besoin de traduction. Je vous comprends,  mon titre est particulièrement abscons, mais il est juste, enfin au plus juste de ce que j’ai envie de dire sur la nouvelle cuvée de Jean-Claude Tardivo, qui signe simplement Tardivo ses peintures. Le millésime 2011 est particulièrement réussi, non pas que les autres ne le soient pas. Quand on est originaire de Touraine, comme lui, on connaît les bons vins. Mais son dernier millésime a quelque chose de nouveau. Il une forte typicité comme on dit d’un vin que les amateurs savent distinguer d’un autre. Il y a la patte Tardivo, son empreinte qui sait se faire reconnaître. Il y a toujours eu chez lui beaucoup d’humour, de finesse et de couleurs. Et cette année tout particulièrement, une vitalité fascinante renouvelée.  

Tardivo 2011, Il va bien falloir,

Ce sont ses titres qui donnent le ton. « Il va bien falloir », « La roue tourne », « Un petit bout de chemin », « C’est toujours la fête », « Tous des marionnettes », « Salida » qui suit « Un instant de recul » ou « Ca ira mieux demain », mais aussi « Bouge de là », « Laissez-nous exister » ou « Montmartre 18 mars 1871 ». Comme un dialogue que Tardivo aurait avec Jean-Claude et tous les membres de sa nombreuse famille.   

 

Il est temps que je vous présente la famille justement. Ce sont eux que l’on voit sur ces toiles toujours carrées, en signe de force. Il y a les Tardivo-Tines, les Tardivo-Tons et ceux dont je n’ai pas pu citer dans le titre, les Tardivo-Totos. Je suis sûre qu’avec votre finesse alliée à un brin de malice, vous avez déjà compris que les Tines sont les filles-femmes, les Tons les garçons-hommes et les Totos, les enfants.

 Tardivo 2011, Ca ira mieux demain

La frontière est plus que difficile à trancher entre les filles et les garçons tant leur parure est pareillement colorée et chatoyante. Pour les distinguer des enfants, c’est plus facile. Ils sont plus petits que les grands. Pour les grands, un signe lumineux comme deux feux verts éclairent la poitrine plate des filles. Ce sont leurs nénés verts très développement durable. A mieux regarder, ils ne sont pas tous verts avec de gros tétons au bout; il y en a des bleus, des rouges et même des

blancs pour montrer la véritable audace. 

 

Tous les Tardivo-Tines, les Tardivo-Tons et les Tardivo-Totos ont en commun d’avoir un habillement à la fois simple et très recherché. Pas de jupe ou de pantalon, non une sorte caleçon-couche enveloppant suffit pour tous. Le haut est toujours assorti au bas, soit en complémentaire, soit en opposition, soit  autrement. Cherchez bien, Tardivo fait preuve d’une imagination sans limite. Parce qu’il ne faut pas croire que la tenue des ses héros se limite à la décence. Souvent, parfois, leur T’shirt n’a qu’une seule manche mais pas assortie au reste. Le col est souvent souligné d’une bordure de couleur vive qui joue le contraste. La culotte n’a pas de bas ou parfois sur une seule jambe. 

Tardivo 2011, Moi JCT au pluriel 

Du même côté que le bras ? La réponse est « ça dépend ». « Ca dépend de quoi ? » demandez-vous. Réponse : ça dépend de l’humeur du peintre.  

 

L’humeur du chef, vous la trouvez sur le couvre-chef  qui couvre toutes les têtes. Il se décline en des tas de variantes, casquette, foulard noué, chapeau cloche mou, avec des superpositions qui font penser à des gâteaux, parce qu’il y a toujours beaucoup de choses à voir sur une toile de Tardivo.  Les animaux à quatre pattes ne sont pas absents, qui vont du chien rouge au bonnet vert rayé de blanc et vert foncé, au chien blanc avec un gros collier noir autour du cou. Par un anthropomorphisme délicieux, leurs pattes de devant ressemblent comme des sœurs aux mains des membres de la famille. Ils ont eux, par contre, la chance d’avoir des vrais pieds arrière, contrairement à leurs maîtres qui ont, en guise de pieds, des mains toujours à trois doigts. C’est un autre des signes tardiviens.   

 

Mais la grande novation de cette série est que le peintre choisit de présenter ses personnages seuls sur un fond blanc. Il n’y a plus de maison dehors ou dedans, de meubles, de cheminée extérieure. Il ne reste qu’un blanc très travaillé. Comme celui que vous pouvez voir, si vous avez le bon œil, celui qui voit à travers les murs, toutes les épaisseurs de blanc qui existent depuis la nuit des temps. Parce que chacun sait que le blanc est insaisissable. Il est comme la vie, on la cherche toujours, tout le temps et comme lui, elle change. La vie est couleur parce qu’il y a le blanc, comme le temps et Tardivo nous le rappelle à sa façon joyeuse, sans cesse nouvelle et  profonde. Parce que vous avez bien compris que toutes ces Tines, ces Tons et Totos sont tous des Tardivo.

 Tardivo 2011, Salida

Un millésime à suivre pour connaître ce nouveau happening à la mode tourangelle façon JCTardivo, par des œuvres présentées au cours de l’exposition  à la Fondation Taylor en octobre 2011 à Paris. 

Pour suivre le chemin

. Retrouvez Tardivo sur son site  http://www.jctardivo.com/

et sur le site de la Fondation Taylor http://www.fondationtaylor.com/ 

. Voir sur ce blog « N comme les Super-Nanas de Tardivo »

N comme Nana comme les Super-Nanas de tardivo . Découvrir ce qui s’est passé à Montmartre le 18 mars 1871, il y a 140 ans  http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_du_18_mars_1871

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 17:56

La problématique de la frontière

Au moment où la perception de l’unicité du monde devient une évidence dans ses trois, dimensions - positives, négatives et autres - la question de la frontière redevient omniprésente, comme elle l’était de la fin du XIXè siècle à celle de la première moitié du XXè siècle en Europe. De politique, ce qu’elle a toujours été, la frontière apparaît maintenant à chaque instant pour chacun d’entre nous, sous d’autres formes. Le concept se décline au pluriel tant ses variations sont nombreuses dans tous nos états de vie sur tous les espaces, à commencer par notre espace mental. 

Keith Haring, Signes graphiques Mons BELe dedans-dehors,  le mouvement perpétuel et nous des deux côtés

La frontière dont il s’agit aujourd’hui est celle qui nous isole de l’extérieur en nous protégeant des influences externes, en particulier de celles de la publicité et des autres variations de la communication. Comme toujours avec les frontières, on est dedans ou dehors. Juste au-dessus, c’est toujours difficile et pourtant c’est ce qu’on n’arrête pas de faire, passer d’un côté à l’autre, sans plus beaucoup se poser de questions sur le sens où on le passe ou sa signification . On est toujours de quelque part, on est toujours quelqu’un mais on n’arrête pas de bouger, de recevoir et d’émettre physiquement et mentalement.  

 

Cette vraie frontière est à la fois notre première protection - l’apprentissage du petit enfant commence par cela – et une vraie passoire qui nous tient en relation avec les autres et dont nous avons absolument besoin. Il s’agit de connaître le type et la dimension des trous de la passoire par lesquels le message publicitaire passe, sachant que nous sommes aussi ceux qui sont de l’autre côté, entrepreneurs et créateurs publicitaires, les émetteurs des messages. 

L’influence de la publicité

Des publicités de plus en plus nombreuses montrent en dessin ou image la rencontre entre une personne et/ou un produit, une image, une idée en jouant sur l’imprégnation mentale attribuée à la publicité. C’est de la pub qui montre les effets de la pub pour mieux vendre sa pub, en mettant en lumière les effets du pouvoir mental attribué à la publicité, à l’instar de ce que pourraient faire les ennemis déclarés et vengeurs de la publicité.  Ce 3è degré marche fort bien et cet aspect là n’est pas le moins étonnant. 

Les trois liens publicitaires

Notre époque est clairement en recherche d’un nouveau type de relation publicitaire affective entre la personne appartenant à la cible et le créateur publicitaire sur lequel est adossé le message. D’une part, nous sommes saturés de publicités. Nos boîtes à lettres débordent. Nous nous  plaignons de ce envahissement de prospectus qui saturent nos conteneurs papier si rapidement que nous avons du mal parfois à attendre le prochain enlèvement bi-mensuel. C’est de la pub axée sur « acheter plus pour pas cher. »  

 

D’autre part nous en réclamons de plus en plus pour « être plus Keith Haring, l'Homme alligator, expo 2009 Mons BEpleinement nous-mêmes », comme si le « Je » devait obligatoirement passer par l’autorisation d’un autre qui s’en attribue le pouvoir en faisant de la publicité pour vendre quelle que chose de « qualitatif très cher à ceux qui font partie de la cible » qu’il a lui-même définie, les « Je » élitistes. Et le plus étonnant est que ce lien de dépendance est revendiqué par ceux-là même qui en sont ou en font l’objet. Ils font ainsi partie d’une communauté créée à l’instigation d’un quidam « Je crée une communauté de marque, pour que vous puissiez dire « Je » comme moi ».  C’est fou. 

 

Actuellement apparaît une nouvelle étape où l’on voit des annonceurs  demander à leurs agences de montrer visuellement comment fonctionne un cerveau  du XXIè siècle par différence à un cerveau d’avant l’ère du numérique. Ces entreprises veulent prouver qu’elles sont est en phase avec la société mondialisée. Etre dans le coup, c’est toujours le rêve américain planétaire qui continue à fonctionner à plein partout dans le monde devenu informatisé, grâce à des précurseurs qui en ont changé la face.   

Un grand artiste pour ouvrir la voie, Keith Haring

Comme toujours ou presque c’est un artiste très en prise sur son temps et qui refusait le cadre très formaliste de l’art, qui a montré avec la force de l’évidence que le passage au XXIè siècle s’est fait bien avant, dans les années 80. Ses peintures et dessins ont toujours placé l’homme au centre d’un univers dont il n’était qu’une composante au même titre qu’un loup, un alligator, un hybride homme-alligator ou un signe au milieu des autres.  Il n’y a plus ni de dedans ni de dehors. L’homme est mouvement, seul, avec les autres. Il est tout à la fois, homme, loup et signe comme la vie. 

Microsoft, Cloud Power, Le Monde 2011Deux exemples de publicités d’annonceurs

. Cloud Power, La puissance du Cloud, avec l’homme

Pour reproduire cette recette de Microsoft qui a conçu elle-même le visuel, vous mettez un jeune quadra de type caucasien comme on dit aux Etats-Unis, belle tête, beau front, cheveux bruns, souriant. C’est homme là a du être sélectionné parmi des milliers de photos. Il a le ‘code dress’ américain, une chemise bleu ciel et une cravate bleu moyen irisé. Par-dessus son visage très souriant, est appliqué un message qui laisse apparaître ses yeux, sa bouche, écrit en lettres d’imprimerie en blanc :  

 

Je suis celui par qui tout devient possible.

Paris Tokyo, NYC, Je peux déployer mes applis en 15 mn.

Je rends mes données syncro partout, en temps réel.

Je dispose quand je veux d’une infrastructure it sans limites.

Quand la demande atteint un pic, je suis déjà au sommet.

                                                  C’est la puissance du Cloud. 

Cloud Power, La puissance du Cloud, avec la femme Microsoft, Cloud Power, Le Monde 2011

Cette fois-ci vous choisissez une quadra de type caucasien, des cheveux châtains courts un peu ondulés ; elle porte un chemisier sous sa veste de tailleur bleu-gris. Elle sourit très peu et ses lèvres sont légèrement rosées à la couleur de son chemisier. Voilà le texte qui s’inscrit sur son visage mais sans cacher ses yeux et ses lèvres :  

 

J’ajuste mes ressources à mes besoins, en temps réel.

Je n’oppose plus grandes idées et petits budgets.

J’offre de nouveaux services à ma collectivité.

J’économise l’énergie et l’espace.

Je suis prête pour tout, même pour l’imprévisibilité.

J’ai révolutionné l’efficacité de nos agents,

Pas leurs habitudes.

C‘est la puissance du Cloud.  

 

La puissance du Cloud Power fait qu’effectivement, avec ce logiciel, les mots qui sortent de leurs lèvres, leurs yeux prouvent que ce ne sont plus eux qui s’expriment. Leur nouveau « Je » est maintenant signé directement Microsoft. Ils ont une grille devant eux, qui les isole du dehors. C’est impressionnant. Un regret au niveau du visuel, les lignes auraient du former un double visage par dessus le vrai. C'est ce que j'ai maladroitement essayer de faire en centrant le texte publicitaire.    

La campagne d’Aviva « L’assurance a votre image »

Aviva, Gaël, la Rochelle, France, 2011, Le MondeIl s’agit pour cette grande compagnie d’assurance, 6ème assureur mondial, de décliner sa proximité avec ses clients. Cette campagne est mondiale pour rester en cohérence avec son champ d'action. Pour le prouver, elle photographie ses clients pu ses agents en pleine page du Monde en noir et blanc sur fond jaune, en utilisant une technique qui ressemble à du calligramme simplifié. Le concept est de rajouter les mots prononcés au cours d’un dialogue entre un des 53 millions de clients qui pose sur la photo en citant son nom et l’agent d’Aviva qui recueille sa déposition. Les mots forment une grille légère qui ressort en blanc sur fond gris sur le visage et le cou. Ressortent en plus gros caractères et en blanc plus fort les paroles des agents d’Aviva qui prouvent leurs qualités humaines  en plus de leurs capacités techniques, que les assurés reprennent à leur compte. 

 

. Gaël Roux parle en premier. Il est agent d’assurances  et représente le groupe à la Rochelle en France. Il téléphone au siège pour relater la façon dont la compagnie a vivement et bien réagi lors de la tempête de Xynthia en 2011 sur la Côte vendéenne   : « A leurs yeux, nous étions des assureurs mais aussi et surtout des êtres humains. » dit-ils en parlant de ses clients; assurés à la compagnie.

 Aviva, Dorothy, Ontario, Canada 2011, Le Monde

. Dorothy Fraser Harper, Ontario, Canada  témoigne à son tour. Récente divorcée, son domicile venait d’être cambriolé. Elle craignait de ne pas trouver de compréhension de la part de l'assureur lors de sa déclaration de vol  et des premières mesures à prendre pour assurer sa sécurité : « Au téléphone, Sherri s’est tout de suite sentie concernée par mon histoire. »

 

Avec cette campagne mondiale, la compagnie annexe le visage et les mots prononcés par des milliers de personnes avec leur plein accord pour montrer sa dimension humaine au plan mondial. Ce tam-tam publicitaire mondial est désormais possible avec les réseaux sociaux et les blogs. Pour inciter les gens à envoyer leur photo et à témoigner, deux actions sont mises en œuvre en parallèle. L’assureur affiche la photo en très grande taille sur un bâtiment public – la BNF à Paris – et verse 2 E par photo sélectionnée à « Save the Children » de façon à aider « 500 000 enfants dans le monde ».  

 

Avec Aviva, les volontaires n'ont pas seulement donné leur image et leurs mots à une marque qui vend des assurances. Ils ont recherché ce marquage dehors-dedans qui restera indélébile sur la peau de leur visage, avec leurs mots qui viennent du dedans, pas seulement à vie, mais le temps que durera la photo, sous forme numérique. Pourquoi? Pour le fun. C'est aussi grave qu'un tatouage à vie! Dans l'exemple de Microsoft, ce sont des acteurs qui ont été choisis, du moins je le suppose.

 

Deux exemples de créateurs

VoiCycle Jeans, Wad 48, 2011ci deux exemples de la façon dont se présentent ceux qui ne travaillent pas dans la publicité mais dans le vêtement. En points communs, outre le vêtement qui est en soi une apparence identitaire qui parle de soi aux autres et qu’on endosse comme une armure, ils ont une façon détournée de se montrer, tout en se cachant dedans avec humour ou en se masquant totalement pour ne plus voir le dehors.  

 

. Cycle Jeans ---) C’est le nom d’un binôme de créateurs de vêtements, Andrea Bertin et d’Elena Boaretto, qui recyclent, réinventent et refaçonnent des jeans en leur donnant un nouveau look, très art street, avec toujours une forte pincée de vitalité italienne mâtinée d’une certaine sophistication française. Ils se  voient riant sous une tonne de spaghettis, devenus eux-même spaghettis de la même façon qu’on devine le vêtement d’avant dans le nouveau qu’ils ont transformé.Ils sont spaghettis dans le tas de nouilles que la fourchette s'apprête à manger, façon de parler. Ils sont si profondément dedans qu'on va les ingérer et les faire sien dedans soi. Du dehors, ils passent naturellement au dedans en créant un nouveau dehors.   

. Simon Rasmussen ---) Ce styliste, directeur artistique, travaille aussi dans la pub et l’évènementiel. Il est un metteur en lumière touche à touche dans le domaine de la mode au Danemark. Il ne veut clairement pas qu’on le voit, lui, qui se donne comme mission de monSimon Rasmussen, Danemark, Wad 48 2011trer autrement ce qui vient de sortir. Alors il choisit de se faire un gros gloubi-boulga de fils, de câbles d’ordi, de connexions, des sangles, des pièces mécaniques à porter sur la tête devant soi comme un masque pour ne plus voir la réalité, inventer la sienne et aussi et surtout ne pas être vu. Cette fois-ci, il n'y a plus de dedans pour les autres. Simon n'est plus qu'un dehors de bric et de broc. On peut tout autant dire qu'il est à ses yeux un dedans tout plein de connectique qui se suffit à lui-même. Et dire que  mon histoire est partie d'un homme-monde, avec Keih Haring.  

 

Quant aux créateurs publicitaires à qui les agences de pub demandent de travailler pour elles, il est rare que leur nom paraisse sur leurs créations. Les mérites et la paternité de l’œuvre reviennent totalement à l’agence. C’est une des raisons qui font qu’il est très difficile de savoir comment naissent les idées dans ce domaine très volatil qu’est la communication axée sur la puissance mentale autour du changement grâce à des produits de haute technologie à très forte valeur ajoutée. 

Pour suivre le chemin

. Quelques informations sur la vie très brève (1958-1990) de Keith Haring, ce créateur d’un nouveau mode d’expression qui montre que le monde a changé, sur le site de l’ambassade des EUAN à Séoul en Corée du Sud http://seoul.usembassy.gov/p_cul_061610a.html

. Retrouver de belles œuvres peu connues de Keith Haring sur le site 

http://visitevirtuelle.visiterlyon.com/expo_keith_haring/02/02.html

. L’homme-aligator a été choisi pour orner le prospectus d’une exposition qui s’est tenue à Mons (Belgique) du 9.05 au 13.09 2009 www.bam.mons.be: « Keith Haring all-over » 

. Microsoft, Cloud Power, pubs le Monde, l’homme 01.02.2011, la femme 09.02.2011-10-28

. Aviva, Assurance, pubs Le Monde, Gaël Roux, La Rochelle, 0.09.2011, Dorothy Fraser Harper, Ontario, Canada  04.10.2011. La campagne est orchestrée par l’agence BBDO pour la deuxième année consécutive.

. Cycle Jeans et Simon Rassmussen sont dans WAD CITY The Basement Issue n° 48, mars-avril-mai 2011 

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Communication & Marketing
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 18:57

Un mini-jardin de rue = un jardinier attitré

OAngers, Mini-Jardins de Rue, Rue de La Meignanneui, il est bon de le rappeler aux néo-jardiniers. Quand vous implantez un mini-jardin de rue, il vous faudra penser à y aller régulièrement pour voir si tout va bien, s’il n’a pas besoin d’une main secourable pour redresser une tige, enlever une feuille morte, un papier qui n’a rien à faire là... et donner une gorgée d’eau aux plantes qui en réclament.  

La lancinante question de l’arrosage

Clairement et sauf cas très exceptionnel, vous serez amené à  arroser votre mini-jardin de rue surtout dans les mois qui suivent la reprise. Certes l’arrosage est limité pour cause de développement durable, de sélection de plantes peu gourmandes et peu exigeantes. Il faudra néanmoins un arrosage au bon moment au bon endroit, tout en tenant compte des limitations d’arrosage imposées en été sec.  

La question du comment arroser

Avec un tuyau, c’est quasiment toujours exclu, à moins que votre jardin soit jointif du trottoir où se trouve le jardin. Reste donc dans la quasi-totalité des cas, le bon vieil arrosoir désormais en plastique vert qui blanchit avec le temps. Je vous conseille celui de 14 litres que vous ne remplirez pas tout à fait à plein sous peine de vous mouiller les jambes. Un seul arrosoir, non plus  n’est pas bon. Il vous en faut deux pour ne pas avoir à faire des aller-retours trop nombreux, alors que chacun sait vous vous êtes un-e fin-e stratège.

  

Supposez maintenant qu’il s’agisse d’arroser des mini-jardins plantés le long du mur d’un cimetière, dans une rue passante. La première idée qui vous vient à l’esprit est d’apporter votre propre arrosoir. Pas les deux, le vélo n’aimerait pas et déjà un, ce n’est pas facile. Je sais, j’ai essayé.  Quant à prendre la voiture, il n’en est pas question. Cela tuerait le plaisir de jardiner. Reste donc le vélo, sans arrosoir, avec un sac spécial mini-jardin de rue dans lequel il y a des gants, une pelle, un sécateur et des plastiques pour les parties des végétaux à enlever et les papiers jetés à terre. L’eau, vous la trouverez sur place au cimetière.  

La pêche à l’arrosoir

Il vous faudra chercher cette fois-ci de préférence deux arrosoirs pour équilibrer la charge. Ceux-ci ne contiennent plus que 6 litres. Comme il n’est pas question de remplir  l’arrosoir à raz bord, vous ne transporterez que 5 litres à chaque fois.  Une misère, vous comprenez pourquoi il vous en faut impérativement deux. La grande aventure commence alors.   

  

Souvent vous commencez par vous mettre en jambes en jouant à Angers ouest, MJR rose trémière + lilas muraillequatre coins, en marmonnant « où donc sont encore partis les arrosoirs ? » En principe, à chaque coin des quadrilatères plus ou moins réguliers, vous devriez trouver trois arrosoirs  accrochés à un poteau fin situé à coté d’un robinet à eau. Comme la répartition est aléatoire - car on ne repose pas forcément l’arrosoir là où on l’a trouvé - l’arrosage commence par une marche à pied active mêlée aussi souvent  d’échanges d’information entre ceux qui cherchent, ceux qui utilisent des arrosoirs et ceux qui les rapportent. Ceux-là sont accueillis comme des quasi-héros.  

La négociation portant sur les arrosoirs

Parmi les exemples de questions posées avec les réponses :  

Question. Reste-il des arrosoirs, là d’où vous venez ? Savez-vous où je pourrais en trouver ? Les réponses sont souvent négatives. Mais parfois, l’indication peut se révéler porteuse.  

 

Question. Puis-je attendre que vous ayez arrosé ou fini d’arroser, au moins un arrosoir, avec promesse s’il le faut d’en rapporter un ou les deux selon les cas?    Réponse = Bien sûr, prenez-les ; je n’ai pas fini de nettoyer…Autres réponses = Non, ce sont les miens. Je les apporte spécialement. Oh non désolée, je vais en avoir besoin.  

 

Il y a aussi des questions en sens inverse qui sont posées au jardinier. 

. Pourquoi deux arrosoirs ? Vous n’avez qu’à en prendre un et revenir le remplir après.    Réponse : non, il en faut deux pour limiter les aller-venues et proposition est faite de … (voir la réponse ci-dessous). La problématique est différente quand il y a beaucoup de monde. En ce cas, c'est un arrosoir, sans discussion aucune.  

 

Une question posée avec humour et une pointe de  suspicion: 

. Et pourquoi vous allez dehors avec ces arrosoirs ? Clairement entendu qu’il était plus que bizarre de sortir du cimetière avec des arrosoirs plein d’eau.   Réponse : Je vais dehors arroser les mini-jardins de rue que la ville a installés à la demande des habitants dans le cadre du Conseil de Quartier avec promesse de notre part de l’entretenir ! Et  les arrosoirs sont rapportés à chaque fois. Si quelqu’un est pressé, proposition est faite  à l’auteur de l’interpellation de venir avec le jardinier pendant l’arrosage dehors dans la rue et de récupérer tout de suite l’arrosoir. Mais jamais personne n’est venu. Un grand dommage, assurément.  

La question plus large portant sur ce qu’est un mini-jardin de rue

En réalité, au-delà de la question portant sur les arrosoirs, les gens veulent savoir pourquoi ce sont des habitants qui s’en occupent et pas les jardiniers de la ville. Ces réponses là prennent souvent un peu plus de temps. Le message est qu’il n’est pas possible à une collectivité quelle quel soit de s’occuper de végétaliser tous les trottoirs aux abords d’immeubles, de maisons ou de clôtures de jardin  le long des rues de toute la ville. Cela n’existe nulle part au monde. Maintenant cependant et pour ceux que cela intéresse, il est possible sous certaines conditions et avec l’accord des services des Parcs et Jardins d’Angers, d’implanter un mini-jardin de rue sur l’espace public, à la condition de prendre en charge l’entretien. La question la plus récente d'une dame posée d'un ton plus que dubitatif: "êtes-vous habilitée à planter ces chrysanthèmes?" et la réponse est un oui franc et massif!   

Pour suivre le chemin

. Ce billet répond à deux questions : Comment arrosez-vous ? Pourquoi parlez-vous autant avec les gens quand vous vous occupez des mini-jardins de rue ? 

. Pour des renseignements, contactez le Service des Parcs et Jardins d'Angers au 02 41 22 53 00 et sur le site www.angers.fr

. Voir les autres billets portant sur ce thème sur ce blog Planter les premiers mini-jardins de rue avec les habitants > Angers    DD10 > Le concept du mini-jardin de rue > Ville durable > Angers > France

 

. Photos EP        

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 16:28

Cette série est basée sur l’analyse d’une compilation de 37 visuels de publicité parues dans la presse spécialisée dans les années 1960, en pleine euphorie de la découverte d’une nouvelle ré-déclinaison  du concept des vacances. En France les vacances, on le sait, ont une importance impressionnante par rapport à d’autres cultures.

  Caravane, Isn't she a beauty? 

Trois grandes dates sont à retenir :

. la fin du XIXè siècle avec la découverte du littoral de l’Ouest de la France pour la bourgeoisie et du littoral méditerranéen pour l’aristocratie anglaise et plus largement européenne,

. 1936 avec le concept ‘révolutionnaire’ au niveau social des congés payés pour une large part de la société,

. 1960 avec le second volet de cette déclinaison sociale, grâce à la caravane tractée par sa voiture, qui a permis à la fois de découvrir la France, d’être chez soi, tout en découvrant les autres et de connaître un mode de vie ‘moderne’.  

 

 

 

La découverte de chaque visuel d’une caravane est fondée sur l’analyse plus ou moins factuelle des éléments qui se présentent à la vue. Cette première approche se double du repérage des procédés et techniques utilisés pour arriver à l’objectif recherché ou obtenu par le concepteur de la création. Enfin, et pas forcément, en troisième lieu, ce portrait est complété par l’impression subjective ressentie, puisqu’un message publicitaire peut toujours être interprété de façon différente d’une personne à une autre.   

Que voit-on sur la publicité ? Quelles techniques le créateur publicitaire y parvient-il à rendre l’effet recherché ? Que ressent-on maintenant en 2011 en regardant ces visuels ? Telles sont les trois questions à laquelle répond cette série publicitaire recueillie dans des magazines français de l’époque.   

 

Caravane, Isn't she a beauty?

Isn’t she a beauty  

Elle n’a pas de marque, qui doit figurer dans une autre partie du document, mais ce n’est qu’une hypothèse en son absence. La caravane se présente seule, sans autres arguments de vente que son prix 499L et cette interpellation délicieuse en anglais : ‘n’est-elle pas une beauté’. Que voit-on ? Une longue caravane  avec ses parois en tôle et une forme très parallélépipède rectangle qui a déjà la volonté d’arrondir les angles, sous l’influence certainement de l’Airstream américaine mythique. A nos yeux, elle est très datée et pourtant elle est à la pointe de la modernité. N’a-t-elle pas une baignoire extra-large  pour un léger surcoût! Un très bon argument de vente en pays anglo-saxon.    

 

Le graphisme dépouillé va à l’essentiel. La recherche d’équilibre est bien présente.  Le fond ovale orange accentue l’arrondi avant des arrêtes de la caravane. Les deux bandeaux noirs, qui attirent l’attention sur les deux qualités majeures, forment des ailes et donnent du mouvement à l’ensemble. Ces deux mentions ailées – ‘Isnt’t she a beauty ?’ et ‘L499/10/0’ de part et d’autre de la caravane dans une diagonale inversée par rapport à l’avant de la caravane allège l’ensemble. Le regard se fixe à l’intersection des deux obliques, juste à l’endroit où se trouve le centre de la caravane, au cœur d’eun ovale orange qui donne de la chaleur à l’ensemble.  

 

C’est une publicité centrée sur le produit à mettre en valeur  en vue de la vente. Elle intègre des éléments structurant d’architecture graphiste et met en lumière les qualités de confort. L’amusant est cette interpellation très anglaise ‘Isn’t she a beauty ?’ qui montre un gros bloc de tôle ondulée brillante vendu à petit prix, à la façon d’une caravane Airstream américaine, qui elle est placée tout en haut de la hiérarchie luxueuse des caravanes et coûte très chère.  

Caravane, Dessin France Poulain 

Pour suivre le chemin

. Cette publicité (1/37) et les 36 autres à venir sont tirées de « L’Objet Caravane, Mémoire graphique des années 1960 », un carnet de notes, sur une sélection de France Poulain, édité par la Direction départementales de l’Equipement et de l’Agriculture de l’Oise, 2009.

 

. Voir l’introduction de la série, avec Ma Coquille, une caravane qui ne figure pas dans le carnet de notes, sur ce blog,       

Pub caravanes & Co > Un style de vacances > Ma Coquille      

. Croquis de couverture, France Poulain

. Photos FP   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Communication & Marketing
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