En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 20:55

Parler de soi

Peu de vignerons l’ont fait jusqu’ici. C’est maintenant une façon très positive de faire passer des messages d’une autre façon, avec l’humour en photo, dessin, avec des noms de cuvée… et parfois un brin d’émotion sans se montrer:

 

816. ‘The Three Couillaud brothers’ se présentent en photographie sur une collerette pour des Muscadet Sèvre et Maine sur lie et des Chardonnay destinés au marché américain, qui comprend en plus leur signature en prénom, une carte de France avec un point situant La Regrippière ainsi que la liste des citations du Guide Hachette au verso.

 


817. ‘Tête de Lard’ est un Saumur de Guillaume Reynouard du Manoir de la Tête Rouge ;

 



818. ‘L’Enfant Terrible’, un Anjou Rouge de Nicolas Réaux de Sainte Radegonde des Pommiers, est un portrait flamboyant jaune, rouge et noir du vigneron qui ajoute ce commentaire sur la contre- étiquette « ‘Pelas’ élevé à la dure par son père mais franc comme un cabernet. Comme tous les enfants terribles, c’est celui qui vieillit le mieux adoptez-le ! »

 


819. ‘L’Autre est un (vilain) petit canard rouge d’un Vouvray de Marie-Annick Lemaire qui montre ainsi sa différence avec beaucoup de sensibilité graphique. 

 








Le travail de la terre

Il est au cœur de la démarche fondamentale (Signe de l’Homme en chapitre 1) et se montre cette fois-ci  d’une façon très visuelle.

 

820. Victor et Vincent Lebreton ont choisi de rendre hommage à leurs fidèles compagnons : son brave tracteur pour  Victor avec un Sauvignon et

 

821. son chien forcément fidèle, aux pieds de Vincent pour un Grolleau. Vincent est le seul vigneron à le faire figurer en dessin à ses pieds alors que de nombreux vignerons t ravaillent avec leurs fidèles compagnons à quatre pattes, comme Charlie Foucault qui l’emmène dans son tracteur, Catherine Breton qui a dédié une de ses cuvées à son chien préféré et d’autres qui aimeraient bien le faire et qui n’ont pas sauté le pas.

 

822. Olivier Cousin se montre de        face conduisant l’un de ses sept chevaux dans les rangées de vigne, pour un Chardonnay, sur un dessin aquarellé.

 

Pour suivre le chemin

. Le prochain billet portera sur d’autres jeux d’humour.

. Voir les étiquettes du Signe Je-u sur « 8Labels ».  
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux - Communauté : Vive les belles bouteilles
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 18:15

Angers est, comme chacun sait, le pays de la douceur angevine, ce qui n’empêche pas d’y vivre intensément. Il faut dire aussi d’emblée que pour cette 10ème édition des Accroche Cœurs, la fête municipale, la ville avait retenu comme thème les Anges et aux Démons pour s’inscrire dans la thématique de l’Apocalypse, présente à Angers sous la forme d’une tapisserie célèbre dans le monde entier. 

 

La fin de la fête

Les Accroche Cœurs  se tiennent chaque année à la mi-septembre pour marquer avec éclat la rentrée. Et bien l’éclat a bien eu lieu mais pas forcément celui qui était prévu au départ à cause de scènes à connotation sexuelle jugées scabreuses par une partie du public.  Qu’a-t-on vu à l’occasion  de la manifestations de clôture? :

-        Le maire d’Angers, Jean-Claude Antonini, quitte la manifestation avant la fin pour marquer son désaccord et en « dénoncer la vulgarité ». Il faut rappeler que la municipalité, qu’il conduit co-finance sur deniers municipaux, ce festival artistique de grande importance qui mobilise une bonne partie des services municipaux  et associe toutes les structures culturelles.

-        L’évêque d’Angers rédige le lendemain pour la presse un communiqué dans lequel il juge que « le sacrément de l’Eucharistie a été tourné en dérision ». De son côté, le Parti Chrétien démocrate se dit scandalisé par le déroulement des scènes de copulation et autres ‘amuseries’ ( c’est moi qui le dit entre guillemets) débridées de sexe  devant les « enfants et les 400 jeunes choristes ».

-        Le théâtreux, concepteur et réalisateur du spectacle final, Pascal Larderet de la Compagnie Caca-huète (c'est moi qui souligne), s’étonne de cet étonnement. Le thème accepté par la  municipalité traite de l’Apocalypse qui marque la fin de l’influence chrétienne, avec des démons qui descendent du ciel pour envahir la terre. « Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Saint-Jean. Le Mal arrive sur terre et le Bien monte au ciel ».

-        Une bonne partie des Angevins s'est sentie interpellée par ce qui a été ressenti comme une gifle. D’aucuns aussi tiennent des propos impressionnants en réaction à la prise de position de l’évêque.    

 

La place des Anges et des Démons

A bien regarder a posteriori le fascicule diffusé par la municipalité d’Angers, on voit  des anges voleter gracieusement dans le ciel bleu angevin, avec deux ange-lettes vers la droite et deux ange-hommes voguant dans le ciel de gauche. Quant aux diables fourchus, ils continuent à danser tête en bas sous la terre, dans le feu de la terre. Cette fois-ci, il est vrai, pas de démones mais des créatures mi-homme mi-bête. Chacun est à sa place, Angers est au milieu et le monde est en ordre. L’Apocalypse, c’est autre chose quand même.

 

La programmation

Samedi, on a vu beaucoup d’anges dans les rues d’Angers. Tous revêtus de blanc, la couleur de la pureté. Les choristes étaient en blanc, certains, des hommes le plus souvent, avec des ailes en cartons accrochées sur leur dos. Les démons, pour ce que j’en ai vu, étaient représentés par un cheval noir en confrontation avec un cheval blanc porteur de l’identité ‘Anges’. Dimanche, d’autres choristes étaient présents et les Angevins ont eu plaisir à les écouter tout en pique-niquant sur de grandes tables installées face à la mairie.   

 

La recherche de la confrontation

Pour la fin de la fête, le choix des organisateurs s’est porté sur l’avènement des démons sur terre avec en particulier des simulations de l’acte sexuel. Rien d’étonnant qu’à ‘jouer’ avec les symboles religieux en terre très chrétienne, on prend forcément le risque de ne plus être dans le consensus. Le faire en plus au moment de la clôture de la manifestation en apothéose, comme dernière image à garder en tête au moment de rentrer chez soi, ne peut qu’étonner fortement.

 

Pour avoir une explication, il suffit de se renseigner sur le Net. Il est de notoriété que la compagnie Caca-huète travaille beaucoup dans l’improvisation et la provocation. C’est même sa marque de fabrique. Elle a en effet comme objectif de chercher à provoquer le débat, partant du principe qu’une bonne agitation vaut mieux que le silence sociétal. Les thèmes favoris de Pascal Larderet sont en effet la mort, la religion le corps. Pour lui « l’important est que le débat se crée. Tout dépend de l’ouverture d’esprit de ceux qui nous regardent ». 

 

L’esprit ouvert

On peut être angevin, avoir l’esprit ouvert et ne pas être du tout d’accord, surtout quand ces scènes se font dans le cadre d’une fête d’extérieur en journée dans le cadre d’une commande d’une municipalité à l’intention des habitants et des touristes. Amuser, intéresser, interpeller, oui, c’est d’ailleurs un des rôles de la culture. Choquer volontairement, en cherchant à heurter,   c’est non. Une des choses à retenir aussi est qu’à jouer avec le diable et le feu, on se brûle les mimines, à Angers et ailleurs.  

 

Pour suivre le chemin

. http://fr.wikipedia.org/wiki/Apocalypse

. http://fr.wikipedia.org/wiki/Tapisserie_de_l'Apocalypse

. Interview de Pascal Larderet du 28.03.2009 sous le titre « Le drôle d’humour de la Cie Cacahuète » sur http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=205869&page=article

 

. Photos EP prises la veille,
-     une nouvelle vue du château, avec l'arrière de l'écran gonflable,
-    des plumes de canard restées collées sur le bitume à la gloire des anges, (une idée curieuse quand on sait que 4 tonnes de plume ont été déversées sur la chaussée, toujours pour figurer la légèreté des anges qui montent au ciel !),   
-
        rue Lepneveu, d’une chorale menée par une jeune chef formidablement enthousiaste et joyeuse guidant avec passion sa chorale chantant ‘Nathalie’ de Gilbert Bécaud,

-        la maîtrise de l' écuyère figurant le Mal sur le parking de la cathédrale, 
+    voir l'album photo "Angers" avec d'autres photos des Accroche-Coeurs.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 11:30

Un jeu de stratégie très formateur.

Je me place, par exemple, dans le cas d’un petit domaine de vins de Loire qui veut développer ses ventes à l’exportation à la suite de la baisse de ses vins sur le marché français. Par exemple, parce qu’on pourrait prendre tout autre produit, une autre région et d’autres informations.

 

Sur un blog spécialisé et qui traite d’informations en provenance du monde entier, vous sélectionnez une information et vous commencez à jouer avec elle. Vous essayez de voir ce qu’elle vous apporte. Pour être sûre de ne pas faire du gloubi-boulga avec une information  trop fraîche, j’ai sélectionné Wine Alley du 11 août 2009. C’est suffisamment proche pour être toujours exploitable et pas trop lointain pour ne plus l’être.

 

Les titres de Wine Alley dans cet ordre.   

 

France

F1. Avis d’Expert : pour ne plus confondre fête des vins et foire de Gaillac

F2. Restauration : la TVA à 5,5%

F3. Santé : l’INCA et le Haut Conseil de la Santé publique

 

International

I1. Conjoncture : replis des ventes en vrac sur les vins de table et vins de pays

I2. Avis d’Expert : le marché du vrac entre valorisation et concurrence internationale

I3. Avis d’Expert : Nouvelle-Zélande, la fin d’une irrésistible ascension ?

I4. Interview du Pr Jean Dubois : « Le Marché Vinicole de l’Union européenne sera vraisemblablement à l’équilibre pour la campagne 2008-2009 ».

 

Marketing et Commerce

M1. Avis d’Expert : plus de la moitié du vin consommé en Suède sort d’un bag-in-box. 

M2. Tendance : le succès du blanc profite au Pinot Grigio au Royaume-Uni

M3. Les cavistes bretons enregistrent de lourdes pertes auprès de leurs clients britanniques

 

Informations et questions

J’ai donc six informations à ma disposition. Et, voyez comme c’est joli, je me pose six questions.

 

1. Quelle impression est-ce que je ressens ? L’important  

2. Par où commencer ? Le déroulement

3. Que m’apportent ces infos ? La sélection

4. Qu’est-ce que je peux en faire ? La remise en ordre

5. Comment jongler avec l’info ? Mes éléments stratégiques

6. Comment jouer ? Le bonus

 

1. L’impression dominante

Il n’y a rien de bien nouveau mais quand même, peut être une ou deux infos à glaner. Je cherche ce qui va déclencher mon appétence à l’info.

 

2. Le déroulement de l’info

C’est important, car cette phase est ma porte d’entrée dans le monde de l’information. Le vrac semble le sujet le plus important. Travaillant dans le vin, je sais déjà que ce n’est pas là que je vais trouver de la valeur ajoutée, ce que me confirmera le second article I2.

 

Les 3 Infos

Mais en I1,  je trouve confirmation de 2 infos intéressantes sur les vins de pays.

 

= en rouge et rosé, les ventes de VDP sont quasiment stables entre 2003/4 et 2008/9,

= en blanc, la progression est certes légère mais les ventes progressent.

? par contre, je n’ai aucune info particulière sur l’international malgré le titre.

 

I2 consacré au prix de vente du vente et à la concurrence néo-zélandaise (connexion avec I3) me rappelle la dureté de la concurrence aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Les prix de nos vins français, qui ont bien augmenté en Loire ces dernières années, ne sont pas concurrentiels face aux importations chiliennes et argentines, sans parler des autres Européens dont on ne parle pas.

 

Et en plus un négociant importateur anglais conseille au gouvernement français de donner une aide commerciale et marketing à sa filière vins à l’extérieur de ses frontières, ce qui est interdit par l’UE pour cause de concurrence déloyale. C’est une façon espiègle de nous dire que nous ne  sommes pas bons nous les Frenchies, moi en Ier puisque je ne peux pas dire que je sois un exportateur.  Autant le dire, ça m’agace un peu beaucoup. On disait ça déjà à mon père ; 60 ans qu’on nous serine qu’on doit progresser, du genre « peut mieux faire sur mon bulletin de notes ». Ce qui est d’ailleurs vrai, la preuve, je suis devenu vigneron.        

   

I3 arrive à point nommé pour me soulager quant à la pression concurrentielle de la Nouvelle Zélande. Ce serait déjà ça. Et Prof Jean Dubois en I4 me conforte dans ma vision pas si pessimiste que ça. C’est trop long pour que je le lise tout mais si prof le dit, c’est que la situation n’est pas si mauvaise que ça.

 

= A lire les informations de l’International, je m’aperçois qu’il y a un savant équilibre dans Wine Alley pour ne pas trop me démoraliser. Je me rappelle aussi que l’Europe, c’est (en principe) chez moi, tout autant que la France et que l’International ne commence qu’avec les pays tiers. C’est pas pour autant que je vais trouver des infos sur mes concurrents italiens (sauf pour le Pinot), espagnols ou allemands dans la rubrique France. Mais bon passons.

 

Les 3 M

Ils me font danser la java, après cette euphorie de courte durée grâce à ce Jean Dubois, au nom qui sent si bon la France qu’on le dirait fait pour.

 

M1 me parle du succès du BIB en Suède (+ de 50%) mais ça je le savais déjà. La consommation ne fait qu’augmenter ; le marché est très concurrentiel et je ne m’y connais pas pour traiter avec un monopole d’Etat. 

 

M2, Le Pinot Grigrio, un pinot blanc italien a beaucoup de succès au Royaume-Uni, c’est bien pour les vignerons de là-bas. Il faut dire que l’Italie nous dépasse maintenant au plan mondial et nous, les Français, nous n’avons pas de plat mondial comme la pizza qui tire si bien le vin italien que c’en est à pleurer pour notre beefsteak frites qui ne nous emmène nul part, vu qu’on mange de moins en moins de bœuf et que les frites, on les prend avec des moules. Comme les Belges, purée, ça démoralise.

M3, je suis à la peine avec les cavistes bretons mais comme je ne vends pas là-bas, ça ne changera pas grand chose pour moi. 

 

= A voir rapidement cette séquence, elle me semble moins porteuse que l’international dans ce premier temps. 

 

3. La sélection

. Je garde en tête que le vrac n’est pas à rejeter en vins de pays en rouge surtout et aussi à une moindre échelle en blanc.

. Le BIB aussi, je prends parce que « qu’est-ce que le BIB ? », je vous le demande, si ce n’est un petit vrac. 

. Je n’ai pas intérêt à augmenter mes prix surtout des vins de pays, je vais me focaliser sur les vins de cépages.

. Le blanc et le rosé attirent surtout quand ils sont légers et moi aussi donc, je suis séduit par « ces vins de plaisir, craquants » comme il est écrit. L’attrait pour le rouge faiblit un peu.   

. L’info avec les cavistes m’intéresse quand même. Il ne faut jamais négliger les touristes étrangers surtout dans les zones non viticoles.

 

= Une opération difficile pour ne pas trop rêver mais indispensable pour la suite.  

 

4. La remise en ordre

Je constate aussi que j’ai des manques. A ne penser qu e marché anglais ou américain, peut être faut-il aussi regarder les marchés nordiques mais pas forcément sous monopole d’Etat.

J’ai aussi un problème de volume comme beaucoup de mes collègues. Ma production est très variable d’une année sur l’autre. Et puis, je ne m’y connais pas beaucoup à l’export.

 

= Cette remise en ordre consiste en un rapprochement entre ce je lis et ma situation. C’est souvent un peu douloureux, il ne faut pas se le cacher.

 

5. Ma stratégie

Jouer le vrac n’est possible qu’avec des volumes importants susceptibles d’intéresser un importateur distributeur. De toutes les façons, ce serait quand même un retour en arrière. Le Prof JD me prévient de ne pas trop se fier aux statistiques de certains pays européens et d’un réseau de vente invisible. Il table même un léger déficit sur le marché européen, contrairement aux craintes de surproduction.

Je garde en tête la phase 3 et muni de toutes ces réflexions et d’autres aussi bien sûr, je m’en vais contacter quelques collègues, qui me ressemblent et avec lesquels je vais jouer à jongler avec l’information.

 

6. Le jeu de stratégie

L’idée est de se réunir à quelques-uns, 6 comme ça au hasard. Peut être moins pour commencer, à 3 ce serait déjà bien. Avoir déjà 2 collègues avec lesquels on est en confiance, ça compte dans la vie.

 

La personnalisation de l’assemblage

Il suffit de découper les 6 infos pour ne pas garder l’ordre de Wine Alley qui a déjà mâché le travail grâce à la cohérence de sa présentation. Il y a donc 6 petits tas dans lesquels chacun prélève un petit billet pliés en 4. Ce n’est toujours qu’un exemple. On pourrait en mettre plus pour avoir une situation plus proche de la réalité. Le vrac n’est pas forcément un bon exemple pour tous les vignobles de France.


La recherche des informations manquantes

A chacun ensuite de donner un ordre qui lui semble logique d’après sa propre situation qui est forcément différente de celle de ses copains. A chacun surtout aussi de raisonner en terme de manque pour pouvoir avancer.  On peut imaginer quelques séances entre lesquelles chaque joueur trouverait l’information manquante pour constituer un début de stratégie export.      

 

La restitution

Le jeu consiste à s’enrichir de la différence de chacun. Si les 3 répondent en proposant ce que préconise le syndicat ou les institutionnels proches, l’apport ne sera pas forcément concluant, mais pas forcément négatif ou négligeable non plus. Une des conclusions quasi naturelle sera de voir ce qu'on peut faire ensemble, mais ce n'est pas obligatoire.  

L'apport simple
C'est déjà qu'on a réfléchi ensemble et qu'on s'est posé des tas de questions. Il en sort forcément des avancées. On est pas obligé de constituer un groupe export; on peut travailler en synergie en s'entraidant. C'est ce que font beaucoup de vignerons comme nous à Sancerre. Oui, je sais bien, eux, ils exportent plus de 40% de leur CA les petites années! Nous, on débute... 
 

L’apport +

Etre petit vigneron oui mais ensemble avec d’autres, ça permet de se grouper, de mettre des moyens en commun, de lisser la production, de surveiller nos prix, de négocier plus facilement avec une carte des vins plus fournie, de développer une vraie stratégie et d’embaucher un responsable export, tout en apprenant l’anglais. Yes, we can indeed.  

L’apport ++

Il s’agit là du degré 2 du groupement export. Ensemble avec en plus une personnalité dont la différence d’avec la concurrence va être perceptible par les importateurs distributeurs et par les consommateurs. Cette différence, c’est l’avantage concurrentiel.  Et là, c’est autre chose. Vous le sentez aussi, j'ai sauté uner marche: je suis maintenant positionné vers le marché. Et le marché commence dans mon chai, à ma porte, que ce soit pour la France,  l'UE ou l'international.   

 

= Et cette fois-ci, foin de pointillisme : pour moi, vigneron du Val de Loire, l’export, c'est aussi pour moi  ! Y a de quoi faire.  

Pour suivre le chemin

. Retrouver la sélection dans Wine Alley, n° 96, 11.08.2009

 sur  www.winealley.com/index_v4.php?mode=avd&art_id=50111&imprimer=oui&…

. Vrac I1, voir Agreste Synthèse Viticulture, juin 2009, n° 74

. Vrac I2, à voir sur www.decanter.com    

. Nouvelle-Zélande, National Bussiness Review, SONZAF

. Jean Dubois, président du Grievit, revue Eurowine sur eurowine@eurowine.fr

. BIB en Suède, à voir sur www.bkwine.com

. Pinot Grigrio, Wine and Spirit Trade Association

. Photos EP
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 12:03

C’est, disons-le d’emblée, un peintre très peu connu en France. Ce peintre expressionniste flamand l’est évidemment plus en Belgique où il a toujours vécu, sans vouloir d’ailleurs voyager ou voir les autres. Son parcours est étonnant. D’abord très inséré dans la vie culturelle et politique, il décide à 30 ans de se consacrer à la peinture, celle de l’attente. Et c’est peut être cette attente, cette quasi-évanescence, qui marque aussi sa notoriété. Il est à ce point si peu visible, que Wikipedia cite sous ce même nom un homonyme musicien.


Ses territoires de recherche 

Jef van Hoof ne s’égarait pas à peindre le joli ou l’anecdotique. Très schématiquement, on peut distinguer chez lui trois espaces,

. la campagne, où le paysage tient une grande place avec un tronc d’ arbre modelé par le vent, un cheval de trait qui tire la lourde terre flamande,

. l’eau ensuite, celle des fleuves comme l’Escault l’hiver quand la lumière jaune vert mouillée efface les distances et les frontières entre terre et eau,

. le bistrot habité par des vieux, figés dans une solitude aussi épaisse qu’un tronc d’arbre mort, face à un verre vide. Ces bistrots sont les derniers endroits de vie .


Les esquisses 

Si l’attente était au cœur même de sa démarche de vie, c’était une attente active pendant laquelle il réfléchissait et travaillait beaucoup. Il préparait aussi beaucoup ces peintures en gestation. Jef van Hoof habitait ce temps en exécutant des dessins au fusain avec beaucoup de détermination et de rapidité, sans hésitation. Sa recherche est celle du trait juste de l’esquisse ou du croquis d’un homme à la fenêtre, d’un lourd percheron qui laboure dans la plénitude de sa fonction ou d’un chat si présent chez les peintres flamands.

 
L'attente du déclic 

Les choix de Jef van Hoof le conduisent à atteindre la plus grande minimalité ou des personnages sans quasiment de décor tout comme ses peintures d’eau sans navire ni mouvement. Ce sont les pigments de la couleur, la recherche de la lumière et le moment qui le guident, sans objet précis au départ. Il commence, avance et attend que ce qu’il a fait prenne vie et se sépare de lui. Ces toiles, à l’état de devenir, restaient ainsi pendant des années parfois en attente du déclic de l’avancée. Comme cet homme au café devant son verre, la bouteille et la cruche, avec un cheval sur le mur ou cette bouteille noire haute et droite dont l’équilibre tient en la présence sur les murs d’une esquisse d’un cavalier à la lance.

 

La polyvalence
Enfant, cet homme si discret avait commencé par le dessin. Comme beaucoup de personnes
très douées, il mit du temps à trouver sa voie. Il fit d’abord des études de médecine, puis des études d’histoire de l’art et d’archéologie. Il en sort licencié en philosophie et lettres de l’Université et caricaturiste déjà reconnu par la presse. Il devient alors réalisateur pour la télévision belge en théâtre, arts plastiques et musique. C’est alors qu’à 30 ans qu’il décide d'arrêter et de se consacrer entièrement à la peinture pour ne pas se perdre.

 

Pour suivre le chemin

. Edouard Roditi, Jef van Hoof, Les Editions d’Art Associés, 1989.

. Outre ses dessins de jeunesse ou les esquisses qui sont remarquables de force et ses peintures que je qualifierai de ‘flamandes hivernales’, l’auteur de cet ouvrage montre aussi la troisième dimension du travail du peintre. C’est la dernière partie de l’oeuvre  dont je choisis de ne pas parler. Ces toiles sont des peintures du soleil, quasiment provençales, qui ne me parlent pas du tout, du tout.
. Merci à Oxfam, la librairie de livres d'occasion qui sont vendus au profit des missions de l'association, Chaussée d'Ixelles, près de la Place Flagey, en remontant côté droit. Ce sont les bénévoles qui sont de permanence qui m'ont fait connaître cet artiste. Ils ont été choqués que je ne le connaisse pas! Et oui, nobody is perfect.      
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 10:38

Face à vous, vous avez deux ‘personnages’, je mets des guillemets parce que l’un n’est pas vraiment une personne. Vous allez tout de suite voir pourquoi.  

 

Jacques Ferrier

Devant vous donc, il y a Jacques Ferrier dont vous ne connaissez peut être pas le nom mais dont vous avez déjà repéré certaines de ses réalisations. Il est un de nos plus grands architectes, capable par ses créations de traduire en grands volumes le changement de nos sociétés et nous montrer d’autres façons de vivre et d’être.  

Nous et lui

Juste un exemple pour vous montrer sa force de raisonnement et de novation. Individualistes, nous avons de plus en plus besoin d’être ensemble dans un cocoon protecteur. Matérialistes, nous recherchons le contact avec une nature maîtrisée que nous idéalisons telle une source d’apaisement. Agressifs, nous demandons toujours plus de protection. Indépendants, nous exigeons des services… Alors que fait Jacques Ferrier ? Il conçoit une grosse bulle de forme cubique aux coins arrondis, ancrée dans le sol et dont la face supérieure est ouverte sur le ciel. C’est son projet qui a été retenu pour représenter la France à l’Exposition universelle de Shanghai en 2010, c’est à dire demain.  

Le Pavillon France à L’Exposition universelle de Shanghaï

Ce Pavillon n’a rien d’un pavillon de banlieue entouré de son jardin. Ce n’est pas non plus un pavillon d’exposition au sens habituel, c’est à dire une tente ou une construction légère et provisoire destinée à servir d’abri. Le président français, M. Sarkosy qui a d’ailleurs choisi ce projet, a ‘demandé’ à la République de Chine de s’engager à conserver ce bâtiment emblématique de la France une fois l’expo terminée ! Une condition suspensive en somme. Impressionnant mais passons et revenons à nos moutons ou plutôt à notre pavillon.  

Ce drôle de pavillon

En fait ce pavillon est bien un pavillon, si vous oubliez un instant ses dimensions impressionnantes.

. Il est effectivement un abri refermé sur lui-même, au point même que c’est le premier message qu’il envoie au monde hostile et vide qui l’environne.

. Sa construction donne l’effet de la légèreté grâce à sa structure composite très spéciale dont on n’aperçoit que le maillage extérieur qui recouvre les différentes feuilles de l’ossature. 

. Il y a enfin une alliance très intime avec le végétal. On ne peut pas parler de jardin, ce qui sous-tendrait qu’il y a une partie habitation et dehors un espace jardin. Avec Jacques Ferrier, le végétal fait intimement corps avec la structure au point d’être aussi bien dessus que dedans, sans séparation.  

L’impression ressentie

C’est le mystère et un certain trouble, au point qu’on est obligé d’approcher l’œil pour comprendre ce qu’on voit. La seule chose dont on est sûr est que c’est étonnant. On aurait envie d’être sur place pour voir comment c’est, pour de vrai, comme dirait un enfant :

-        l’effet cocoon  est-il réussi =  est-ce qu’on se sent bien dedans ?.

-        l’effet mille-feuilles donne-t-il vraiment de la légèreté = ces nouveaux murs vous rendent-ils moins contraint ?

-        l’alliance avec le végétal est-elle réussie ? = là, il nous faut attendre pour voir comment le monde du vert va pactiser avec l’acier, le béton et l’humain.


Le caractère emblématique

C’est un joli cadeau que fait la France à la Chine, un cadeau à la pointe de l’avancée architecturale et sociétale. Ces dimensions sont évidentes et on ne peut qu’admirer le courage d’un architecte de 50 ans de lancer de tels projets. Oui, la France peut être fière d’être représentée par une telle création.  

Léon le chaton

Léon est un chat que vous ne connaissez pas et moi non plus. C’est un bon gros pataud censé plaire aux plus jeunes. Il doit  avoir dans les 7 ans d’âge humain. Il va lui aussi représenter la France à ce grand événement de 2010 dans un pays dont la jeunesse constitue plus de la moitié de la population et qui n’a qu’une connaissance bien limitée de ce tout petit pays qu’est la France. Un pays un tantinet casse-pied aussi dont le pouvoir de nuisance aux yeux des Chinois est inversement proportionnel à son pouvoir réel.

 

Ce Léon n’a pas été choisi par le président français mais par le comité du Pavillon. Il s’inspire d’un jouet présenté sur le stand d’un exposant français participant à l’exposition universelle.  

Son caractère emblématique

Poser la question oblige à s’interroger. Sa force emblématique, à mon avis, est inexistante. Je ne sais même pas si un enfant sera sensible à ce jouet. Personnellement, je ne lui vois aucune qualité, surtout en Chine et cela pour deux raisons.

. Le chat est lié aux esprits malfaisants.

. Seul le temps et l’adhésion populaire font d’une représentation une icône. Pensez à la souris et à Mickey.

 

Dommage    

Oui, dommage qu’il n’y ait pas de cohérence entre un bâtiment étonnant de puissance et de légereté, à laquelle la Chine pourra être sensible et un chat pataud qui ne parle à personne. La France vue comme un chaton, décidément non. La France selon Jacques Ferrier, oui.

 

Pour suivre le chemin

. Les Nantais connaissent bien Jacques Ferrier. C'est lui qui a conçu un immeuble étonnant de formes et de couleurs au bord de la Loire que vous ne pouvez manquez en allant à l'Hôtel de Région quand vous venez de la gare,  développement durable oblige. Ce grand immeuble a un côté conteneurs emplilés qui colle bien avec la dimension portuaire de Nantes. Mais ça c'est moi qui le dit. Un certain nombre de Nantais attendent de juger quand la construction sera achevée. En tout cas, moi j'aime bien. Ca rince l'oeil de toute cette architecture si traditionnelle même quand elle se veut contemporain. Le manque d'audace nous tue à petit feu. 

 


.
Les Echos ont consacré un grand article à "Jacques Ferrier: Architecte du plaisir" d'Anne Cécile Sanchez  dans leur supplément Luxe du 24.08.2009. L'angle d'attaque de la journaliste: la sensualité! Pourquoi pas mais franchement cet argument me semble vraiment éculé. A croire que tout ce qui entre dans la catégorie Luxe est frappé de sensualité.  


. L'agence Ter s'est chargée de la partie végétale du projet.   


http://www.pavillon-france.fr/spip.php?page=content&id_article=26&lang=fr

www.jacques-ferrier.com

www.agenceter.com
. www.lesechos.fr.luxe/people.300360089-jacques-ferrier-architecte-du-plaisir.htm
. Photos, créations Ferrier photographiées sur le site de l'architecte, le châton sur celui du comité, avec mes remerciements.  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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