En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 15:01

C’est une vieille maison située au fond d’une petite rue en impasse qui comporte trois entrées dans le fond; celle du milieu vous fait entrer au Logis Ozanam. Logis est un terme ancien qui Doutre, Logis Ozanam, Impasse du Sauvagen’est plus guère utilisé maintenant et qui pourtant en ce cas est très bien choisi. La maison offre bien toutes les fonctionnalités d’une maison, avec un jardin devant plein sud à midi, des chambres, la cuisine, une bibliothèque... Des topiaires en pots de chaque côté de la porte vous souhaitent le bonjour.

 

La Société Saint-Vincent de Paul, propriétaire de la maison, l’a ouverte le 15 septembre 1983 aux familles de patients hospitalisés à l’hôpital tout proche. Auparavant, les religieuses de Saint-Vincent de Paul en avaient fait une crèche. L’association cherchait une directrice au moment où Simone Cravignac arrivait à Angers, son mari venant d’être muté à Angers dans une grande société internationale. C’est elle qui dirige le Logis depuis 26 ans. Elle venait juste d’arriver venant de Garches (92) où elle exerçait les mêmes fonctions  à la Clairière proche du grand hôpital. A ses côtés depuis les débuts, Christiane Schwartz assure le secrétarait le jeudi matin.  

 

L’organisation de l’accueil au Logis    

Depuis lors, 365 jours sur 365, les 50 bénévoles assurent toutes les fonctions hôtelières  en se relayant toutes les 3 heures pendant la journée. Après 20h, une bénévole de nuit dort sur place. Le jour, les bénévoles fonctionnent en binôme pour assurer un relais, quand l’une est occupée. Deux employées de Doutre, Logis Ozanam, vue du jardin-terrassecollectivités, Isabelle et Liliane,  complètent l’équipe. Au plan financier, le Logis est  complètement autonome. Il fonctionne sur le prix de la journée (14 EUR pour une chambre pour une personne seule, 17 pour une chambre à deux, 2 EUR le petit déjeuner joliment présenté) et ne reçoit aucune subvention d’Angers.

 

On sent dans les propos de la directrice, outre un grand professionnalisme,  un profond attachement à son équipe et au Logis. A ses côtés, il y a par exemple Fernande qui est bénévole de jour  et bénévole de nuit depuis maintenant 10 ans, Janine, occupée le matin où je suis venue à une grosse opération de repassage lors de sa tranche horaire… L’équipe compte aussi les bénévoles des dimanches et des jours fériés. Cette maison est un véritable hôtel de 22 chambres, situé en plein cœur ancien de ville, là où il serait impossible matériellement et financièrement de créer une structure d’accueil hôtelier. 

 

Le temps

Doutre, Logis Ozanam, vue du jardin-terrasseOutre sa longue histoire, ce lieu est aussi très marqué par le découpage du temps qui est au cœur du professionnalisme de l’organisation. La journée commence à 8h et se termine à 20 heures avec des retours des résidents jusqu’à 22h. Cela donne 4 tranches horaires : 8h-11h, 11-14, 14-17, 17-20. La directrice arrive à 8h moins le quart. Isabelle finit alors de compléter les plateaux du petit-déjeuner commencés par une des bénévoles de nuit. Le petit déjeuner est facultatif. Puis les  résidents prennent leur petit déjeuner entre 8h et 9h. Le soir, ils reviennent généralement vers 20h. Fernande vérifie que tout est en ordre. L’horaire le plus calme est la tranche 14-17h. 20h marque la fin de la journée et le début de la nuit. La transmission des informations à l’équipe de nuit se fait à ce moment là.  

Le Logis

En réalité, comme dans tout cœur de ville, il y a plusieurs corps de bâtiment. D’abord le Logis lui-même qui devait être une des dépendances de la maison de maître d’à côté, à droite quand on regarde le bâtiment de l’impasse. Il était avant l’ouverture en mauvais état. D’importants travaux de consolidation et de restauration ont été entrepris afin de le rendre apte à l’accueil.

 

Un deuxième corps, appelé « la Petite Maison », résulte d’une donation faite par Simone Chevalier en 1990. Cette extension a permis d’augmenter la capacité d’accueil pour la porter à 22 chambres. Cette petite maison se situe en bordure de la rue de la Harpe. Entre les deux, un corps de bâtiment relie l’ensemble. Devant se situe un magnifique jardin-terrasse sur une vue exceptionnelle sur l’Abbaye du Ronceray à droite et un verger planté de pommiers en fleur en dessous.    

La sérénitéDoutre, Logis Ozanam, escalier interieur,

Un important travail de décoration a alors pu être mené sous la direction de Simone Cravignac. Elle a su, avec l’aide de l’équipe de bénévoles, transformer cette maison  d’accueil de personnes qui se font des soucis pour des proches hospitalisés en une résidence empreinte de douceur et de sérénité. En accord avec la vue sur le jardin, la directrice a choisi le thème végétal pour tresser le lien avec les résidents. Les chambres par leur décoration annoncent le jardin extérieur, comme s’ils parlaient la même langue.   

L’Impasse du Sauvage

C’est Jacques Saillot, un historien d’Angers, auteur du Dictionnaire des rues d’Angers (1975) qui conte l’histoire de cette impasse située au cœur historique de la Doutre, situé en rive droite de la Maine, face au château. A l’origine, une demeure, située au départ de l’impasse qui prend naissance dans la rue de la Harpe, portait en façade une sculpture en bois d’un « sauvage » tel qu’on l’imaginait aux XVI-XVIIè siècles, « un indien d’Amérique au corps largement dénudé avec sa lance ». En 1673, les religieuses de la Providence se portèrent acquéreurs de la Maison du Sauvage pour agrandir un terrain clos leur appartenant rue de l’Hommeau. Juste après les troubles, lors de la Révolution, la Maison du Sauvage fut détruite pour accéder au fond de la parcelle. De nouvelles maisons y furent construites. Une ruelle en impasse fut alors créée qui prit le nom d’Impasse du Sauvage. 

 

Doutre, Logis Ozanam, interieur,« Cette maison est un vrai miracle » s’exclame Simone Cravignac, avec un grand sourire.

 

Pour suivre le chemin

. Logis Ozanam, 8, Impasse du Sauvage, 49100 Angers, 02 41 86 00 86

Il est ouvert à toutes les familles des personnes hospitalisées au CHU, en clinique ainsi qu’aux familles de personnes accueillies en maison de retraites, sans distinction et dans la limite des places disponibles. Il est recommandé de réserver avant par téléphone. Il peut être visité lors des Journées du Patrimoine en septembre.

. Frédéric Ozanam, à découvrir pour une approche rapide sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Ozanam

Le Logis porte le nom d’Ozanam, en hommage à Frédéric Ozanam (1813-1853), un juriste devenu avocat puis professeur de littérature comparée à la Sorbonne. Pendant ses études, il avait été très sensible à la Révolte des Canuts à Lyon. Fervent catholique, il s’est Blog 2010.04.15 034engagé dans la lutte contre la pauvreté et l’entraide. C’est lui qui fonda la Société Saint-Vincent de Paul, qui à sa création en 1833 s’appelait la Conférence de la Charité. Ce grand humaniste chrétien a été béatifié par Jean-Paul II à Paris 1997. 

. La Société Saint-Vincent de Paul regroupe 700 000 bénévoles dans 144 pays

http://cd.ssvp.fr/departements/49-maine-et-loire/

. Jacques Caillot, Dictionnaire des Rues d’Angers, 1975, un ouvrage à consulter à la Bibliothèque Saint-Nicolas toute proche, rue Saint-Nicolas

. Sur la Doutre, suivez l’actualité du site de La Renaissance de la Doutre, une association très active de sauvegarde du patrimoine et de protection de l’environnement :

http://renaissancedeladoutre.fr/images/stories/adh%E9sion.jpg

. Photos EP, les photos anciennes sont des photos du Logis, celle de l’extérieur se retrouve dans l’ouvrage de Jacques Caillot.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 18:52

Le jeu d’images

C’est un assemblage d’images sans autre plaisir que celui de jouer sur le télescopage à un moment donné. Le rapprochement de ces quelques images est du au hasard, sans volonté de prouver quelque chose. Le choix de la ville aussi est un hasard. Il me suffit d’avoir quelques images pour commencer.

 

Bestiaire de NantesS’il y a bien jeu, il y a aussi une volonté, celle de montrer la force de représentations visuelles disparates non choisies qui entrent dans notre rétine et s’y font une place, à notre insu, de notre plein gré, pour reprendre une célèbre phrase à peine modifiée de Richard Virenque en 1998.  Ces représentations visuelles entrent dans le cadre du phénomène plus général de l’imprégnation visuelle qui participe de l’image que nous nous faisons d’une ville ou d’un paysage. 

 

Mon choix est de partie de publicités distribuées à un même moment dans un lieu donné pour essayer de voir si quelque chose se dégage de leur rencontre. 

 

Le lieu, Nantes

C’est une ville qui a quelque chose de spécial. Certains citent la qualité de l’air, la couleur laiteuse de l’eau, la relation très particulière avec l’Estuaire... Tout ceci est vrai bien sûr. Pour ma part, j’y sens  de la vitalité, du mouvement, du frottement pour reprendre un terme que j’aime bien. On y sent des neurones en recherche de connexion perpétuelle. A Nantes, il y a un souffle de possible. Quand vous proposez quelque chose de nouveau, le premier réflexe est de dire « allons-y, commençons, tentons l’aventure ». C’est quelque chose d’impalpable et qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs dans les grandes villes proches de l’Ouest où le premier réflexe est de dire non.   

 

Le moment, le printemps

Il y fait beau, un ciel clair, un air venteux frais, Bestiaire de Nantesqui fait dire à une personne sur deux « ah, on irait bien à la mer, prendre une bonne bolée d’air de mer », comme d’autres se commandent une bolée de  cidre brut de Normandie pour manger leurs galettes de Sarrazin au Croisic sur le port. A Nantes, ce qui me plait, c’est qu’on y est bien tout en ayant toujours l’envie ou l’impression d’être ailleurs, plus loin, vers l’Ouest.

 

On pense aux Antilles, au Mexique depuis la dernière course à voile. Enfants, quand nous arrivions à Pornichet pour les vacances, mon père nous disait « regardez bien la mer, de l’autre côté, c’est l’Amérique ».  Et nous regardions vraiment fort. Je n’ai jamais oublié ce lien avec la mer et l’Amérique.  

 

Les publicités

Ce sont toutes les trois des A4 pliées en trois qui présentent des couvertures avec des animaux. J’ai collecté les pubs au restaurant « La Civelle » au bord de la Loire, rive sud à Trentemoult, ainsi qu’à la nouvelle Ecole d’Architecture de l’Ile de Nantes. 

 

. La première est celle des Machines de l’Ile abritées dans les deux grands ateliers dans lesquels des navires étaient fabriquées aux anciens chantiers navals. C’est le Grand Eléphant qui est la vedette des merveilleuses machines guidées par des machinistes. Le dessin fait penser aux expositions universelles du début du XXè siècle. A ses côtés, figurent la raie manta, le poisson pirate et le calamar géant.  

 

. La seconde est l’oeuvre de Fabio pour Les Zygos Bars, un festival dans les restaurants des Cultures Bars-bars. Un catcheur au faciès humanoïde caché sous une cagoule tient dans ses bras rouges une petite tête d’éléphant à longue trompe qui tient une banane et de l’autre un hybride hibou à tête ronde et bec pointu. En dessous, un œuf au regard triste en train de fumer un pétard. Les couleurs : rose, rouge et jaune, sur fond de barres d’immeubles roses et blancs.

 

.Bestiaire de Nantes Il reste la plaquette De Dannan, Celtic pub, 2 rue Kervegan, Nantes. Zak… a choisi le déjanté avec un serpent vert d’eau à deux têtes, écailles jaunes et langue rouge, qui trempe dans la mousse d’un verre de bière plein. Le tout est entouré d’une bordure jaune d’inspiration arabe dans les recoins de laquelle nichent un lapin blanc et cinq lutins verts à bonnet et chausses rouges. Yé !   

 

Le score final

A La Civelle, un resto connu qui a pris le nom du bébé anguille, que l’on ne trouve plus guère en Loire, j’ai mangé des rougets frais grillés ; à l’Ecole d’Archi, j’ai vu une grosse méduse bleue, un vestige d’Estuaire 2010. Je n’ai vu ni éléphant d’Asie ou d’Afrique, ni manta-raie, ni pirate déguisé en poisson. Le calamar géant avait du tellement rétrécir qu’il est resté caché dans un rocher. Le bigleux et le pointu devaient faire une bonne sieste post-prandiale. Quant au serpent aux deux têtes, heureusement il était déjà parti en route vers la rue Kervegan via  Irlande. Ouf !  

Pour suivre le chemin

. Pour manger, vous avez le choix entre La Civelle ou La Cigale

http://www.la-civelle.com/ ou http://www.lacigale.com/

 

. A visiter, pour plus d’informations, 

http://www.nantes.archi.fr/presentation/new_school/ENSAN_projet_newschool.cfmde Nantes

http://www.lesmachines-nantes.fr/

http://www.bar-bars.com

Pour De Dannan Celtic Pub, 02 28 20 02 38 et beaucoup d’info sur www.myspace/backdoormenband, je ne cite que le premier, il y a 12 autres groupes

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 15:29

Parler de disparition de la publicité au moment où elle a envahi quasiment tous les secteurs de notre vie montre un certain goût pour la provocation. Il serait plus exact de dire qu’on assiste actuellement à une disparition certaine d’une certaine pub à laquelle nous étions habitués. Une disparition si visible qu’elle interpelle et pose question dans la presse quotidienne car le monde de la pub est en mutation.  

 

La presse depuis des décades trouve son équilibre financier dans la pub au point qu’ont été créés les gratuits dont les seules ressources proviennent des annonceurs. Tous les quotidiens sont affectés par la raréfaction de la demande en provenance des annonceurs, au moment où les Blog 2010.02.24 035frais généraux sont à la hausse et où les rentrées financières découlant de l’activité presse – ventes au numéro et abonnements - d’un groupe de presse diminuent du fait de la concurrence du Net. Tous ces facteurs se conjuguent et se traduisent par une poussée à la hausse du prix du journal, au moment où les ventes diminuent et diminuent d’autant plus que la concurrence est forte.

 

La moindre présence publicitaire

Elle se traduit d’abord par un allègement de la pagination du journal. On trouve dans Le Monde de pleines pages sans encart publicitaire. C’est d’autant plus frappant que par économie aussi, il y a moins de photos dont il faut rémunérer les droits de reproduction.

 

Quelques effets quantitatifs

On trouve dorénavant :

. des pages entières sans aucune publicité, pour un ratio de 50% du journal, avec 13 pages sans pub sur 27 dans Le Monde 16 mars 2010 ou 33% avec 9 pages sur 27 le jour suivant,

. le recours de plus en plus fréquent à des pleines pages pour une seule pub, qui ne présentent d’autres justifications que leur rôle de mangeurs d’espace non sans conséquence sur le sens du visuel, comme on va le voir ci-dessous ; 

. la multiplication de l’auto-publicité faite par Le Monde pour le Monde, placée souvent en pages paires plus difficiles à vendre que les pages impaires : dans Le Monde 16.03.2010 en page 8, encart pour une émission d’Olivier Edmond sur France Info avec Le Monde ; en page 14 un jeu à indices du Monde, en page 24 une invitation Le Monde pour le Mondial du Tourisme, en page 27 un grand encart pour un concours à un jeu Le Monde. Le jour suivant, c’est au tour du catalogue du Monde Voyages et un encart format ½ page en dernière page sur la progression du nombre de lecteurs en 2009 : + 2, 9%, comme le signale un communiqué d’Audipress sur les scores de la PQN. C’est une pub du Monde Publicités.

 

Les effets sur les photos et les cartes

La diminution de la publicité entraîne corrélativement une Blog 2010.02.24 034diminution du nombre des photos (12 photos tous formats pour 26 pages) et un accroissement du nombre des cartes et tableaux (5) moins onéreuses à faire et sans droits à payer : dans LM 17.03. 2010, la carte du Nigéria, de la France des grands dossiers qui fâchent pour les élections, un plan du centre de rétention à Roissy, un camembert sur les parts de marché des moteurs de recherche, un classement des pays corrompus…On en arrive à un point où cette carte, ce plan va avoir pour fonction d’ animer et d’aérer la page en lieu et place de la publicité absente. 

 

Quelques effets de fond

La non-justification de la pleine page

Il s’agit d’abord de la multiplication du format pleine page de publicité sans autre justification que la place disponible, soit 3 pages sur les 27, sans innovation particulière de présentation, si ce n’est le 11è épisode du Think IBM sur les villes intelligentes ; quant aux deux autres, l’assurance vie de la CNP VIE, elle ressemble volontairement à une publicité de 1970 type album de famille et celle du pack SFR est un travail maison sans aucune création publicitaire qui cherche à rappeler une page du journal.

 

Cette extension de la surface de l’encart interroge sur le sens de la publicité conçue pour un encart ¼ de page ou ½ page mais pas plus. La pleine page Ralph Lauren d’homme en costume noir à double rayure crème, cravate fleurie noire, rose et blanche, yeux bleus et lèvres rosées, n’apporte rien en ce format, si ce n’est à s’interroger sur sa présence en première partie du journal, dans la rubrique Planète, plus valorisante que certaines pages ultérieures. La pleine page confère à l’encart visuel une présence trop forte.  C’est bien l’objectif de cette publicité faite maison par le service Communication de Ralph Lauren. On la verrait bien dans le supplément Luxe des Echos. Elle est dans Le Monde en page 5, avec en page 4 de l’autre coté une photo d’Anna Karl/Documentography, où l’on voit un bébé posé dans un lange sur le cercueil de sa mère qui vient de mourir en couche.       

Blog 2010.02.24 036 

Le séquençage de la pub

Le choix de la pleine page pose visiblement problème quand la publicité n’est ni créative, ni originale, ni visuellement très intéressante. Il n’est pas sûre que le grand format soit toujours adapté à l’absence de texte. Le regard est habitué à un certain format de journal. Y déroger doit avoir un sens. Quand on

ne peut ni ne veut l’utiliser, une des solutions offertes est de séquencer la publicité en créant un effet « série » qui oblige le lecteur à feuilleter le journal. La publicité va se décliner alors sur plusieurs pages. Black Berry vient ainsi de sortir deux nouveaux visuels qui se suivent en ½ page, positionnement du bas et en pages 5 et 7 ( page impaire, les meilleurs) du début du Monde partie Internationale (17.03). Cette séquence double est une création Leo Burnett qui a intitulé Love what you do Black Berry en déclinaison de ce qu’est l’amour : 1er visuel « J’aime ‘bien’ ne suffit pas » en noir-orange-rose  et 2 visuel « Aimer vibrer » en noir-vert-bleu. 

 

Les fausses bonnes idées

Encore faut-il ne pas trop en faire dans ce séquençage et garder l’esprit clair. Il ne suffit pas non plus de recourir  à de grandes agences, comme Publicis, pour gagner à coup sûr même quand on fait de la pub pour soi dans son propre journal pour Le Mensuel, chaque mois les meilleurs articles du Monde. Dans le n° du 5 février dernier, quatre visuels conçus de la même façon ont pour objet de créer l’événement en provoquant la curiosité pour ce nouvel avatar du journal, ce que fait Courrier International avec certains organes de presse à l’étranger.

 

Il s’agit de faire ressortir les 4 caractéristiques suivantes : crème (de l’information), concentré (d’information), longue conservation (d’information) et nectar (d’information).  Visuellement, ces quatre termes vont être associés à un pot de crème de beauté, du lait concentré, une brique de lait longue conservation et du café le Monde nectar. La photo sera toujours du noir pour le fond et blanc pour le pot, le tube, la brique et le sachet de café. Ce qui revient à associer le plus bas niveau visuel de packaging « premier prix » à l’information de référence qui se veut de qualité. Et c’est Publicis qui fait ça et Le Mensuel/Le Monde client qui valide. 

 

Le pire en matière de pub n’est jamais loin. En matière de Blog 2010.02.24 036séquençage,  vous vous appelez Air France et vous faites une pub ½ page (BETC Euro RSCG) sur fond bleu ciel d’un avion en page 9 du Monde et en page 11 vous trouvez une pub bleue ciel aussi un peu plus petite et en verticale pour Iberia. Vous voyez la seconde car la première a éveillé votre attention.          

 

Le retour à des pubs très Ier degré

Comme je l’ai déjà signalé pour la pub d’assurance vie, un autre effet de cet effacement d’une pub qui avait aussi pour fonction d’animer visuellement un quotidien est le recours de plus en plus fréquent à des créations maisons, sans recours  à des agences de publicités dont les coûts ne sont pas ou plus forcément accessibles à tous les annonceurs. J’emploie ce terme d’accessible volontairement puisque c’est l’accroche choisie par Honda pour vendre sa Inside Hybrid à 16 990 Eur où l’on voit le modèle, couleur blanche, sur fond bleu clair avec, comme seule originalité, le choix de la couleur rouge pour le & d’Honda & l’automobile, accessible et le prix, la couleur bleue pour la date et l’adresse du site. On se croirait revenu dans les années 1960 quand les constructeurs prenaient comme base de leur publicité leurs fiches produit. 

 

Pour suivre le chemin

. Le Mensuel sur www.mondepub.fr

. Billet à venir sur quelques causes de cette évolution de la pub

. Photos EP des 4 visuels pour Le Mensuel dans le n° du Monde du 05.02.10.              

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 18:16

Alexandre Chemetoff  parle de la ville autrement placée en sous-titre du Plan Guide ou la ville autrement. Le titre que j’ai choisi est évidemment réducteur par rapport à sa Alexandre Chemetoff, la Maison de l'avocatpensée ; il a toutefois le mérite de montrer comment la vision d’un chercheur humaniste à large champ de compétences redonne du sens à ce qui fait de nous des citoyens, ceux qui appartiennent à la cité.

 
L’imbrication des compétences

C’est à la maison de l’Architecture, des Territoires et du Paysage d’Angers (49) que j’ai eu le plaisir d’écouter ce penseur proche du terrain développer sa pensée. Pour mieux comprendre l’originalité de sa démarche, il est nécessaire de rappeler quelques éléments de son parcours. Il est paysagiste de formation, c’est dire qu’il a par choix premier décider de rechercher ce qui fait l’essence d’un paysage en tant que résultante d’un ensemble formidable de décisions innombrables volontaires tout autant qu’invisibles prises par une multitude d’acteurs. Sa capacité à voir et à analyser le global l’a porté très vite à travailler sur la place, le rôle et la forme de la ville, pièce maîtresse d’un  paysage  cette fois-ci urbain. Il réalise alors plusieurs grandes opérations en tant qu’urbaniste. Qui dit ville pense aussi habitat, Alexandre Chemetoff  est alors devenu architecte. Cette poly-compétence imbriquée entre le végétal, la rue, l’immeuble, est une conséquence de sa volonté de placer l’humain au cœur du projet urbain.

 
L’affinement du projet en phase active  

Pour comprendre cette vision nouvelle de repenser la ville, ce praticien chercheur revendique la capacité d’apprendre par l’action. Au départ d’un projet, il y a une idée maîtresse parfois dissimulée, parfois clairement si évidente qu’elle en devient  invisible. A lui et à son équipe hyper-réactive d’élaborer ce qu’il appelle un plan-guide. Plan car en tant qu’architecte-urbaniste, il ne saurait s’en passer comme  une des représentations papier en deux dimensions. Guide car ce plan va se modifier au fil du développement du projet du fait que chaque étape de réalisation modifie le projet et soulève de nouvelles problématiques quant à sa pertinence. Au fil du temps de réalisation, sa pensée, enrichie par l’équipe, produit de nouveaux éléments de réflexion et d’action. Le plan-guide montre la dimension  inter-active d’une opération lourde en terme d’enjeux, d’investissements et de durée. L’opération Ile de Nantes menée en grande proximité avec la municipalité montre bien l’action du temps sur un territoire impacté par un grand projet.


Le temps, le territoire et le projet

La prise en compte de ces trois éléments démontre clairement la nécessité de réadapter continuellement le projet pour tenir compte du changement. « On se doit de ré-interroger en 2006 un projet présenté en 2000. Les méthodes de travail s’appuient sur des certitudes qui sont remises en question par un autre regard et Alexandre Chemetoff, la Maison de l'avocatle regard change forcément puisque les choses ont changé. Ce qui était possible hier peut être impossible aujourd’hui…Le plan-guide est mis actuellement à toutes les sauces. Il a pour objectif de créer une relation concrète en rapprochant le projet de la perception ». Cette volonté d’adaptabilité et de déclinabilité du projet est au coeur  du projet urbain qui se situe toujours entre un état des lieux qui change et ce à quoi on aspire. La maison de l'Avocat (ci-contre) est un bon exemple de la ré-utilisation d'un bâtiment industriel existant.  


Le changement

Une des conséquences de cette nécessaire souplesse d’une grande opération, comme l’Ile de Nantes, est la volonté d’associer le public et d’en favoriser l’accessibilité. En 10 ans, la connaissance de l’état des lieux s’est considérablement affinée. "La volonté d’associer les habitants et ceux qui étaient intéressés a permis d’aller au-delà ce nous pensions pouvoir aller. Grâce à ces échanges, on a pu recréer une réalité plus riche que ce qui était prévu au départ. Il s’agit d’un enjeu démocratique que de réfléchir ensemble aux énormes potentialités de la ville du changement. C’est vrai le changement inquiète car  on sait qu’on va perdre quelque chose à laquelle on est attaché : travailler sur le changement conduit à l’accepter ». 

 
L’identité profonde de la ville

Sur le site des anciens chantiers navals, il a fallu retrouver ce qui faisait sens. A son arrivée la majeure partie du site placée à la pointe ouest de l’Ile était recouverte d’une pelouse qui était en fait un cache-misère. « Après avoir gratté la pelouse, nous avons pu retrouver le béton porteur de mémoire et qui avait un sens... Le travail ultérieur a consisté à intégrer ces traces dans le jardin très minéral et sans arrosage que nous avons conçu. Il n’était pas question de poser par-dessus un jardin classique, cela n’aurait pas eu de sens. Nous en avons fait un jardin de promenade, où l’on peut admirer les cales de lancement, où on a ensuite récupéré sur place des pavés  qui ont été placés sur un lit de sable, comme ce qui se faisait avant. Nous avons été aux Pays-Bas, avec Jean-Marc Ayrault pour voir ça et nous avons pris du sable de Loire, bien sûr … ». 


La co-existence des différentes parties d’une ville

C’est une des réponses à la nécessité de changement de la ville. Une des façons d’arriver à ce résultat est de partir de l’existant, en récupérant par exemple les armatures anciennes sans toucher au nivellement de la place, pour tirer avantage de ce qui a été fait. C’est ce que Alexandre Chemetoff a fait à Nantes avec les Halles Alstom,  pour la Place de la République à Paris où il a « dépensé moins d’argent que prévu au budget pour en faire plus ». Le même principe a été choisi à Grenoble pour « modifier totalement un échangeur fait pour accueillir les JO pour adapter la ville à l’automobile. C’était l’époque des 30 Glorieuses. C’est devenu maintenant un parc paysager. Il a fallu explique l’architecte-urbaniste très peu de choses pour transformer complètement cet endroit qui était entièrement dédié à la voiture.


La rémunération de l’architecte

Alexandre Chemetoff, la Ville autrement:Bien sûr, ajoute-t-il le fait de rémunérer l’architecte au % de dépenses est complètement pervers. C’est celui qui va être le plus dans le sens du développement durable qui va être pénalisé. Il faudrait pouvoir payer en fonction de la matière grise injectée dans le projet. A Nantes, comme à Grenoble, il y a eu 0 Euro de dépassement. C’est une question à débattre avec le service Communication d’une ville que l’argent qu’il était prêt à verser en plus soit converti en animation jeux pour les enfants. On a fait venir les enfants dans le parc pour tester les lieux et les types de jeux pendant tout un été. C’est que nous avons fait à Grenoble. Le regard en a été complètement modifié : avec les enfants, on est tout de suite plongé dans la réalité. Tout le monde disait que c’était impossible de transformer un échangeur en parc, l’échangeur était inscrit dans la mémoire des gens…

 
La réponse à une question de la salle comble pour finir

Quel est le conseil que vous pourriez donner aux habitants en matière de PLU ? Sa réponse a été la suivante : « A Nantes, on a construit 450 000m2 sans attendre le PLU. L’avantage est que les gens voient comment cela se passe. Ils peuvent se l’approprier. Si j’avais un conseil à donner en matière de PLU c’est celui-là : voyez comment cela se passe sur le terrain, soyez associé aux projets ».  

 
Pour suivre le chemin

Alexandre Chemetoff a présenté aussi beaucoup de photos pour montrer comment la réalité du terrain enrichit et vitalise le projet. Cette réflexion à haute voix d’un homme en marche a été un grand moment pour ceux qui, comme moi, ont pu assister à cette conférence. La dimension de partage et d’échanges est toujours présente chez Alexandre Chemetoff. On l’a vu avec cette histoire des enfants qui sont devenus des acteurs majeurs du projet de Grenoble. L’acceptation du changement s’est fait avec enthousiasme par les enfants. On l’a vu cette fois aussi à Nantes en photos où l’architecte a imposé la création de grandes séances de travail avec plusieurs centaines de citoyens qui réfléchissaient autour de grandes tables carrées (9 personnes) sur un thème. Chaque tablée s’est emparée des sujets avec une passion et une rigueur impressionnantes.

 

Mais je ne peux plus vous citer les mots exacts : mes deux crayons avaient lâché prises.      

  

. http://www.iledenantes.com/docs/pdf/plan_sitedeschantiers.jpg

. Voir le document réalisé lors d’un colloque sur les friches et le projet de  l’Ile de Nantes

www.nantesmetropole.fr/.../com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?...  

 

. Photos EP pendant la conférence du 18.02.2010 à la MATP d’Angers.       

.

 

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 09:40

C’est une tradition de Jacques Tati, pas le cinéaste bien connu de Jour de Fête, Belle-Beille, Fete au Centre Jacques Tatimais la maison de quartier de Belle Beille d’Angers qui offre de nombreuses activités aux habitants de ce quartier situé en bordure du Lac Saint-Nicolas entouré d’un parc de 112ha. Pour réunir tous ceux qui viennent à Tati, comme on dit ici, pour y prendre un petit déjeuner, rencontrer d’autres habitants, suivre des formations… le Centre a l’habitude d’organiser au mois de janvier de chaque année un grand dîner de partage qui permet de rencontrer d’autres que ceux que l’on voit d’habitude. Chacun apporte ce qu’il désire, une quiche, un jus de fruits, une salade de pâtes, un cake au saumon, des crudités, un dessert… Et le tout fait un dîner très sympathique avec tous ceux qui veulent venir.

 

L’âge varie de quelques années (3 ans) pour le plus jeune à 80 ans pour la dame qui était en face de moi. Une dame comptable, Belle-Beille, Fete a Tati, Raymondepassionnée d’informatique qui vient chaque semaine chercher ses e’mails au Club Informatique et Internet animé par Mathias Jagueneau. Encore l’année dernière, elle a convaincu une entrepreneur pour laquelle elle a travaillé d’utiliser « enfin » lui - a - elle dit, un bon logiciel de gestion, avec ces mots : « quand même, il est temps  que vous vous y mettiez !» Raymonde peut ainsi échanger avec ceux qu’elle connaît à Saint-Nazaire, La Baule… et bien sûr Angers et Belle Beille.  

 

En dernière partie de soirée, après un spectacle de théâtre intimiste, « Variations sur un amour » écrit et joué par Alice Ligier, Raymonde est revenue calmement à pied chez elle de l’autre côté de la rue : « Je suis contente, d’être à Belle Beille. C’est beau. Ca se construit et d’autres comme moi, ont plaisir à y revenir.» La présentation d’une exposition photos prises en 2009 avait bien commencé la Belle-Beille, Chateau d'eausoirée. Ce sont les habitants eux-mêmes qui les ont faites. On a pu les voir accrochées aux murs du Centre et collées au sol en grandes dimensions sur le carrelage. Une façon originale de faire corps doublement avec ce qu’on voyait pour ceux nombreux qui étaient venus goûter quelques bulles d’un Crémant de Loire de la Maison Bouvet de Saumur.    

 

Alors bonne année, Raymonde, avec mes excuses pour vous avoir vieilli de 4 ans!       

 

. Pour trouver le chemin de Tati à Belle Beille et voir les photos prises et sélectionnées par les habitants :

Belle-Beille, Jacques Tati, fin de la fetehttp://www.centrejacquestati.fr/autres-services.php

. Lire aussi le journal « Belle - Beille Quoi de neuf » écrit et distribué par les habitants avec l’aide du Centre Jacques Tati :

http://asso.angers.fr/ressources
. Pour découvrir Alice Ligier, voir le billet suivant. 

. Photos EP pour la photo 1 de la salle décorée attendant ses convives et 3 à la fin du repas, avec Emmanuelle Chevillard à gauche directrice du Centre  et Mathias à droite; en 2 une des photos des habitants pour le château d'eau avec cette légende: "A Belle-Beille, on n'a pas de roi, mais on a un château..."    

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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