En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 11:32

Johanna est quelqu’un de compliquée, pas parce qu’elle est l’auteur d’« Oiseau de Malheur », son dernier roman, ni parce qu’elle est finlandaise, quoique cela joue forcément un grand rôle. Compliquée, elle l’est forcément dés lors que la nourriture est en jeu. Pour montrer comment on devient femme ou homme, elle emmène ses héros, Heidi et Jyrki en trek (en anglais on dit un track !) dans le sud de la Tasmanie, en Australie sur le continent et en Nouvelle Zélande. 2 héros + 3 pays,  avec chacun d’entre eux qui parle à son tour, des morceaux de Tasmanie qui s’intercalent en Nouvelle Zélande avec une pincée d’Australie continentale, dans un récit qui jamais n’est complètement chronologique, avec des retours en arrière, vous comprenez que rien n’est simple, ni marcher, ni se laver, ni dormir, sans parler de manger. Comme Acte Sud, l’éditeur du roman,  qui n’a inséré que la carte du sud de la Grande Ile au sud de l’Australie, je ne vous parlerai que de la Tasmanie.

 

Terre malaxee par les sabots des vaches jpg

Le poids de la nourriture

Quand on marche parfois jusqu’à 12 heure par jour dans le sentier du SouthWest National Park , on n’aspire qu’à trois choses quand on s’arrête le soir, se laver, boire un peu et manger chaud. Le reste attendra,  soigner ses pieds, laver ses quelques affaires, préparer le départ du lendemain, vérifier le matériel, regarder ses cartes, parler et parler encore, tout en organisant le couchage suffiront largement à remplir la courte soirée.  

C’est par le poids de la nourriture dans son sac que commence l’apprentissage d’Heidi la novice « comment si peu de nourriture peut-elle peser autant ». Jyrki, déjà randonneur averti, nous livre quelques informations sur l’état d’esprit qui règne sur le  circuit. L’idée dominante est que l’empreinte humaine doit être la plus légère possible pendant la marche et à l’aire de bivouac, avec parfois tracée au sol la place pour une seule tente mais pas toujours. Il y a un seul refuge, deux fosses d’aisance et pas de composteur sur tout le trajet. On apporte et rapporte tout avec soi.       

La couleur de l’eau

Elle est franchement marron. Heidi ne se voit pas boire ça malgré le très bon argument de son compagnon. Ici il n’y a nulle pollution, ni d’usine ni autre souci ; un kangourou a peut être fait « caca » en  amont mais c’est tout. Heidi  alors une bouteille d’eau pleine qu’elle avait reçue dans l’avion. Un trésor. C’est la fête, ils peuvent boire et se laver avec un peu d’eau dans la main.

La montre, le gaz et le feu

L’importance du temps est capitale. Partir trop tard le matin et vous ne passerez plus le South Cape Rivulet, une petite rivière d’ordinaire en basses eaux. Là, il faut y aller sans avoir pied, avant d’attaquer une paroi rocailleuse et de faire leur 15kms dans la journée. A Surprise Bay, pendant que Jirki va chercher de l’eau, Heidi sort la casserole, la popote et le réchaud. Interdiction de faire un vrai feu. L’eau tarde à bouillir et il leur faut économiser le gaz. Il leur faudra se contenter d’une soupe claire, sans l’orge ajoutée, avec quelques rondelles de saucisson et deux ou trois abricots en dessert.  

Les bruits de la nuit

Cette nuit là, ils dorment sous la tente. Des bruits de pas les réveillent dans le noir. Quelqu’un fouille dans leurs affaires laissées dehors par manque de place dedans. Jyrki se dévoue pour aller voie, le sac contenant la nourriture a été ouvert et la casserole ayant servi à cuire la soupe au potiron traînée sur le sol. Diagnostic : un opposum est venu attiré par l’odeur resté attachée à la casserole pourtant bien frotté à sec avec du sable.  

L’ennui et le risque d’atteinte à la nature

Quand il n’y a rien à faire, on mange. Problème, la nourriture est calculée au plus juste. C’est une des grandes découvertes d’Heidi qui n’a même pas pu emporter un livre avec elle. Il n’y a rien à faire, ni à lire, donc autant marcher. C’est en effet une logique imparable, tout comme la question de l’atteinte à l’équilibre de la nature, un terme que  Jirki n’emploie pas, celui de pollution non plus. C’est trop vague.  

Il faut se référer à « Phytophtora » comme il est écrit sur une pancarte. C’est le nom d’un champignon, vraisemblablement apporté par des Européens, qui constitue un risque majeur dans ce parc naturel protégé par l’UNESCO (1982-1989) au titre du Patrimoine mondial comme une « zone de nature sauvage ». Le champignon attaque directement quelques 900 espèces. On comprend alors seulement pourquoi il y a tant d’interdits à cette marche revendiquée comme une des libertés fondamentales de la personne par les marcheurs. Le soir, il faut alors frotter, gratter encore et encore les semelles crantées de ses chaussures de marche.  

Champignons en fleur.jpg

 

Un dîner à la purée enrichie au thon

C’est Jyrki qui prépare le repas et c’est Heidi qui lave le sachet de thon en laissant tomber au sol les quelques gouttes d’eau qui sentent le poisson, hors de la vue de Jirki qui parlerait aussi tôt des opposums. Elle espère que quelqu’un fera du feu – autorisé en cet endroit - pour cacher l’odeur. C’est un des deux seuls foyers permis sur tout le parcours. Le matin suivant, Jirki parle du thé pour le petit déjeuner alors que Heidi voudrait du café. L’envie d’aller aux toilettes lui passe quand elle voit une des seules fosses d’aisance prévues sur tout la parcours. C’est de trop. Elle vomit et d’autorité se passe la valeur d’une gorgée d’eau sur le visage. Une gorgée qui manquera pendant la marche.       

La boue et la pause avec une barre de musli

Ils montent une pente raide qui sert de lit au torrent, au milieu des arbres  et des roches. Ils n’en peuvent plus, crottés de boue, devenus boue eux-même. Une pause est indispensable. Ils ne voient plus rien au milieu d’une purée de pois sur l’Ironbound, un haut-plateau revêtu d’une forêt primaire. Tout en eux clapote, les chaussures, les vêtements…sachant qu’il leur est bien sûr interdit de laver les vêtements pendant toute la durée du voyage et que leurs jambes particulièrement sont colorés en bleu à cause de leur nombreuses chutes.  

Les provisions emportées

On ne connaît le détail qu’en page 249 (sur 383) :

. 8 galettes de pain complet (diamètre 20 cm), 1 paquet de 12 gâteaux de riz à la maïzena , 16 tranches de saucisson au poivre, 10 tranches de fromage fondu, 4 sachets de purée instantanée, 2 sachets de thon, 500 grammes d’orge perlée, 1 tube de sauce tomate ; 1 gros oignon, 1 petite tête d’ail, 1 salami des 250 grammes, 4 sachets de nouilles à cuisson rapide, 2 sachets de soupe, 20 barres de musli, 1 paquet d’abricots secs, 1 boîte d’amandes grillées,

. + 4 cubes de bouillon, 12 sachets de thé, 6 sachets de café soluble, 10 à sachets de sucre en poudre, des sachets de sel et quelques épices.  

 

Feu de la lumière

Drames à Cox Bight

Elle est la bienvenue après tant de difficultés physiques. L’aire de  bivouac est proche de l’eau. Ils peuvent se baigner et lâcher la pression. Un drame survient ; pendant qu’Heidi fait chauffer de l’eau pour la purée, elle s’apprête à couper les rondelles de saucisson pour les mettre dedans. Elle entre dans la tente une minute pour chercher quelque chose ; quand elle ressort, seul reste le sachet vide, les rondelles sont parties. Elle n’en croit pas ses yeux. Arrive à ce moment une pluie d’une violence inouïe. Il faut tout rentrer en pagaille dans la tente. Il n’y aura pas non plus de purée.   

 

Manger mais quoi et comment ? Faire du feu sous la tente, Jirki est pour, Heidi contre. Manger le petit déjeuner (galettes de pain complet + gateaux de riz + fromage), Heidi toujours contre, qui déclare qu’elle ne mangera pas. Restent les fruits secs (abricots et amandes), Jirki les répartit, ce sera 14,5 par personne. Dans la nuit, Heidi a une crise violente d’angoisse. Elle n’a toujours pas avoué à son compagnon qu’elle a perdu les tranches de saucisson au poivre.  Le lendemain matin, elle demande à Jirki qui fait bouillir l’eau de prendre une soupe au lieu du thé. Première réaction du jeune homme, ce n’est pas possible, c ‘est le repas du soir.    

Une rencontre inopportune avant un festin

C’est Jirki qui l’a fait. Sur le chemin, il croise un randonneur qui fait la marche en sens inverse. Celui-ci lui demande s’il va prendre son colis de nourriture à Malaleuca, le prochain arrêt où il y a un aéroport, comme le font tous les trekkeurs du Souk* pour ne pas avoir à porter la nourriture pour la fin du circuit. Ce que Jirki ne savait pas. Heureusement Heidi, loin derrière à ce moment là, n’a pas entendu. Ils ont tout porter du début jusqu’à la fin. A Malaleuca, ils vont pour la première fois pouvoir s’abriter dans un refuge en tôle. Une horreur où l’air sent franchement mauvais mais un délice aussi, il y a plein de cartouches de gaz pas tout à fait vides. Une joie énorme les saisit. Ils feront là le premier et seul « festin » de tout le voyage.  

 

Au fond d’une casserole bien chaude, vous placez quelques rondelles de salami au poivre, de l’ail et un peu d’oignon émincé. On laisse mijoté, puis on ajoute de l’eau jusqu’en haut avec un bouillon cube, ensuite un mug d’orge perlé et « une giclée de sauce tomate » avec une pincée à la fin d’épices. Pour la première fois, ils remplissent le registre du refuge. Ils sont les premiers Finlandais à avoir fait le trek. Autre vrai grand plaisir pour Heidi, c’est là que se situe la seule vraie et belle poubelle remplie de tout ce qu’on n’a plus besoin de porter… Mais le voyage n'est pas fini. Il reste à comprendre l'essentiel, pourquoi chacun d'eux est venu, comment survivre et peut-être vivre...

Pour suivre le chemin

. Un rapide portrait de Johanna Sinisalo, qui a travaillé dans la pub comme Heidi et randonné comme Jyrki, mais elle du Lac Léman à Nice, avant d’écrire, à voir sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Johanna_Sinisalo

. Oiseau de Malheur, Actes Sud, 2011 pour la version française. 

. Les premières informations sur le SouthWest National Park, 13 800 km2, soit 20% de la superficie de l’Ile. Des traces d’occupation humaine d’il y a 20 000 ans  y ont été découverts dans des grottes calcaires.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_de_nature_sauvage_de_Tasmanie

* Vous rendre sur le site de John Chapman qui a édité un guide sur le Souk, le petit nom du SouthWest National Park, que seuls les initiés peuvent utiliser ( !) 

http://www.john.chapman.name/tas-sw.html

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 11:01

 

C’est à un beau voyage que je vous invite, un voyage avec les œuvres d’artistes aussi différents et intéressants les uns que les autres. Je ne vais pas vous parler de tous ceux qui ont présenté leurs œuvres à Jacques Tati, le centre culturel du quartier si vivant de Belle Beille, cette année du 5 au 9 octobre. Non, c’est à une sélection tout à fait subjective et personnelle, comme l’est tout voyage. Une affaire de rencontres présentée comme un jeu, un samedi matin, avec des artistes à Angers.  

 

Tati-expo-2011-LigribouilleL’arbre est assurément un baobab, un énorme qui lance son tronc si rond avec quelques plumes en haut en guise de feuilles. Ce baobab là est très spécial, pour plusieurs raisons. C’est celui de Madagascar, l’emblème de l’île. C’est aussi celui à qui Ligribouille dédie un de ses beaux poèmes. Son préféré est le Baobab amoureux, à deux troncs enlacés.  C’est aussi celui au pied duquel elle s’assied quand elle veut se rTati-expo-2011-Agnès Le Henessourcer : Jaillissant de la terre, Se dressant au soleil, Ta cime étale, Telles des racines, Sous un corps bedonnant, renfermant de l(eau, Une houppe de branches, Aux graines accrochées …

 

L’harmonie en jaune pâle est une œuvre contemporaine d’Agnès le Hen, un peintre qui aime jouer avec les techniques et recherche Tati-expo-2011-François Gerzél’émotion avec la photo. Dans la nature, elle recherche les lignes, les textures et le jeu des couleurs. Sa photo des Basses Fouassières est aussi une défense de la nature. Elle pose cette question : a-t-on vraiment besoin de construire là en un paysage d’une telle beauté ? 

 

La maison déserte, la nuit, est une peinture de François Gerzé. On aurait pu aussi appeler cette toile : atmosphère, atmosphère, vous avez dit atmosphère ? Le peintre a préféré laisser parler la maison de style 1930, qui se plaint d’être seule  abandonnée, dans des tons rose, jaune et brun. Pour une autre de ces toiles, dédiée à Belle-Beille le jour, le rose est devenu vif.Tati-expo-2011-Enfants qui jouent à peindreLa ville brille au soleil et fait ressortir le vert jaune acidulé des arbres.  Une réussite de ce peintre de la nuit qui aime aussi le jour.

 

La joie de l’enfant qui peint racontée, cela tombe bien,  par cette composition réalisée par les enfants réunis à l’accueil de loisirs de Tati, avec les conseils éclairés de Monique Macquin.  

 Tati-expo-2011-Adultes qui jouent à peindre

 

 

Un clin d’œil plein d’humour avec des chaises qui se parlent en langage non verbal : c’est une création de six habitants de Belle Beille, qui ont bénéficié, à leur tour, des conseils éclairés de Abo Wilson, un artiste malicieux du Burkina-Faso en résidence ici. Ils ont du bien rire tous ensemble. C’est aussi ça la peinture.

 

  Tati-expo-2011-

 

La chaleur du soleil, l’été, avec un jeune couple endormi, est une des dernières toiles d'Annie Jeulin qui délaisse de temps en temps l’aquarelle qu’elle aime beaucoup pour les paysages de Loire pour rependre l’huile dés qu’elle saisit des personnages pleins de vie. L'artiste s’amuse aussi à peindre le même paysage sous ces deux techniques, avec à chaque fois, un plaisir différent et tout aussi réel.

 

L’attente à l’embouchure du Danube  est un carton peint d’un artiste d’origine roumaine Ioan Bader, qui adore voyager et s’étonner en peinture. Il a présenté à l’exposition une sélection très éclectique, avec des paysages de Bretagne vus sur des boîtes de sardines très grands formats, une scène rurale en Asie avec un paysan conduisant un buffle dans une rizière, une femme rouge écorchée impressionnante, un grand père et son petit-fils endormis sous un arbre…et le delta du Tati-expo-2011-Ioan BaderDanube.

  

Au final

Voilà un joli tour qui commence à Madagascar avec un arbre totem, se poursuit dans une belle prairie en coteau sur les bords de la Maine, passe devant une maison endormie la nuit, rit avec des enfants et des grands qui jouent à peindre, s’endort au soleil de l’été et se réveille dans le delta du Danube, sans conteste le plus grand fleuve d’Europe et le plus méconnue, surtout en son aval.

 

 

 

Pour suivre le chemin Mathias Jagueneau-Centre Tati-Angers

Allez à Tati, il s’y passe toujours quelque chose et lisez « Quoi de Neuf », le journal du quartier réalisé par une fine équipe d’habitants avec Mathias Jagueneau à la coordination et sur la photo jointe.

 

Retrouvez Ligribouille en ligne ; elle a écrit un billet plein d’humour et de finesse sur les prédictions de son horoscope dans le dernier numéro:

http://www.centrejacquestati.fr/d-i/data/file/QdN/maquette%20105.pdf

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 12:19

 

Nul besoin en France de traduire Cointreau. Tout le monde connaît cette belle liqueur d’orange à la couleur ambrée, à la saveur orange, bien sûr, et à la longue histoire. L’entreprise et la liqueur sont nées  à Angers (France), la première en 1849 et la seconde en 1875. Depuis la recette tenue secrète  a conservé toutes ses qualités mais aussi son look dans sa bouteille carrée en verre brun orangée. Son papa s’appelle  toujours Cointreau. Seul le prénom a changé, hier Edouard, le fils d’Edouard-Jean, aujourd’hui Pierre, le petit-fils d’Edouard. Il est toujours le président honoraire de l’entreprise.

 

Mais c’est une femme, Dominique Hériard Dubreuil, qui dirige maintenant le groupe auquel la marque appartient. Son nom rime avec Rémy le cognac et Cointreau la liqueur car les deux ont fusionnés en 1991.

 Cointreau, Bouteilles, Collector

La signature    

Le Cointreau est « un triple sec » comme on désigne les alcools distillés trois fois, la première fois à 20° et les deux dernières à 40°. Le procédé, une invention angevine, très vite utilisée par d’autres distilleries locales, nationales et étrangères, conduisit les frères Cointreau, pour se distinguer de la concurrence, à communiquer avec force sur leur nom, leur signature, la forme et la couleur de la bouteille plus que cette caractéristique. Triple-Sec, qui figurait sur l’étiquette en 1884-85, disparut ensuite. Cela devient même un slogan publicitaire «  Ne demandez pas seulement un triple sec, exigez un Cointreau ».  

 

La star du Triple Sec

Aujourd’hui, par un effet du retournement de l’histoire, la célébrité de la marque  permet justement de mettre en lumière cette caractéristique essentielle, au cœur de l’authenticité de la liqueur, toujours pour faire la différence d’avec les concurrents. « Pour goûter le meilleur Triple Sec, demandez un Cointreau »pourrait être dit maintenant. L’explication vient du marché américain où le triple-sec connaît un véritable engouement en raison de son côté « racine, ancrage », comme l’explique Corinne Lava, la responsable « Patrimoine et Evènements spéciaux » dans l’entreprise où s’élabore toujours le Cointreau.

 Cointreau, Corinne Lava, Responsable Patrimoine & Evènement spéciaux

La longue histoire du Cointreau montre la capacité de cette marque de s’adapter à la demande des amateurs et aux évolutions de la société dans plus de 200 pays. Cointreau a une dimension plurielle impressionnante, avec une forte capacité à surfer sur l’air du temps, sans perdre son authenticité quand on le goûte.

 

La dégustation du Cointreau

Cela revient à poser la question quand, à quelle occasion  et où boit-on du Cointreau ? En France, ce peut-être avant le repas en apéritif, pendant avec des mets au Cointreau et après le repas en digestif. Mais ce n’est plus cet aspect que la marque met en avant. Dans des pays à forte culture « cocktails » comme le sont les pays anglo-saxons ou dans les capitales, la liqueur est la star des bars branchés, le Plaza par exemple à Paris. Le véritable créateur-animateur du Cointreau est alors le barman qui prépare les cocktails surtout pour des jeunes femme qui apprécient le cérémonial du cocktail à boire ensemble tout autant  que le goût raffiné d’un « Cointreaupolitan » . On ne goûte pas un cocktail comme un autre, on entre dans un autre univers, une « dreamstrategy » nommée Cointreau.     

 

Une marque jeune et hyper-féminine

Celles qui aiment déguster ensemble leur cocktail préféré, préparé spécialement pour chacune d’entre elles par un homme sympa, expert dans l’art des boissons tout autant qu’en psychologie humaine, font partie d’un club mondial raffiné de l’art de vivre Cointreau. Le Cointreaupolitan, un des cocktails préparé avec la liqueur, marque son univers à la façon du Metropolitan Museum de New York  ou des metropolitan cockails qui signent leur appartenance aux mégapoles urbaines  partout dans le monde. Mais pour cela, il faut une égérie qui donne le ton, tout comme Cointreau signe sa liqueur.

  Cointreau, Dita von Teese, à l'intérieur de la bouteille

L’ambassadrice de la marque et ses accessoires

Elle s’appelle Dita Von Teese, elle qui a révolutionné l’art du striptease et dont le tease, sonne bien avec le Teese, le nom qu’elle s’est inventé. C’est cette artiste américaine que l’entreprise a convaincu de devenir sa « Cointreauversial Woman ». Il en s’agit plus maintenant d’attirer toutes les femmes mais de cibler plus spécialement celles qui ambitionnent  d’être des « controversial women » (femmes qui suscitent la controverse, c’est à dire la discussion) pour faire le buzz. Le pari est formidablement réussi depuis 2007, la date du premier Cointreaushow de Dita à Londres,  2008 à New-York, 2009 à Paris…

 

Dans les bagages de la star, ne comptez pas trouver le verre géant dans lequel DVT prend son bain de glamour, mais son coffret à Cointreau comme d’autres ont leur coffret à bijoux qu’elles gardent précieusement à la main.

 Cointreau, Dita von Teese dans son verre à cocktail Cointreau

Le style Dita 

Pour être comme la star, il vous est recommandé bien sûr d’avoir « le style Cointreau » avec les 5 musts absolument indispensables que sont,

. la "glam attitude",

. les talons très très hauts  absolument indispensables,

. l’air mystérieux et lointain avec les yeux mi-clos pour déguster,

. l’audace d’oser sa « personal touch »,

. sans oublier d’emporter ses shakers à cocktail roses et jaune en long ou short drink ...        pour être soi bien sûr !

 

La longue transition

« Etre soi tout simplement » pourrait être aussi le slogan de l’entreprise pluri-centenaire qui continue à développer la liqueur avec succès grâce à la qualité de l’élaboration de la liqueur mais aussi à son accompagnement par une politique extrêmement sophistiquée et audacieuse de communication toujours centrée sur un personnage. Le héros de la marque a longtemps été le Pierrot Cointreau dont il a existé plusieurs versions pour coller à l’air du temps. Puis vint l’époque de Jean-Adrien Mercier, un grand affichiste, apparenté à la famille Cointreau, qui ancra la liqueur dans un monde enchanté d’un Val de Loire où tout n’était que beauté, douceur, harmonie, avec des belles dames dans des carrosses. Son Pierrot à lui tout de blanc vêtu faisait référence à l’enfance marquée par la rondeur du sucre et la douceur de l’orange. Ses couleurs étaient souvent celles  de l'arc en ciel. 

 

Cointreau, Puzzle, Jean-Adrien Mercier    

 

La mue

Plus tard, au cours de la seconde partie du XXè siècle, la liqueur a associé son image à l’art de vivre américain - où l'orange est élevée au rang d'icône nationale - avec par exemple la jeune et jolie actrice Julia Roberts qui vous sourit en 1980 avec un Cointreau à la main sur une affiche intitulée « Melt the Ice » (Faîtes fondre la glace). Un an plus tard, ce fut une affiche avec une jeune femme avec une bouteille à la main gauche qui touche de son index droit les lèvres d’un homme. Une audace à laquelle répond 11 ans après un héros ‘à la James Bond’ qui vous demande en clignant de l’oeil  « Voulez-vous Cointreau avec moi ? » (1992).

 

L’art de jouer de la culture de la maison

Depuis le passage du millénaire, le rythme des évènements Cointreau s’est nettement accéléré avec l’arrivée de Dita von Teese, qui marque un véritable saut culturel,   pour être en phase avec la mondialisation.  Ce tam-tam  en rythme planétaire va de pair avec une capacité de la marque à  jouer avec son histoire, de son nom et à pimenter son image d’un zeste de transgression qui en fait a toujours existé. 

 Cointreau, Plaque 1930, avec réutilisation du Pierrot de Tamagno

La première figuration de la marque fut en effet le Pierrot avec sa langue rouge pointue dirigée vers le goulot de la bouteille créé par le peintre- illustrateur Nicolas Tamagno  à partir d’une photographie du mime Najac par Nadar. Cointreau, avec ce Pierrot - symbole lunaire qui désigne la femme -, rimait au tout début du XXè siècle  avec magie, anticipation du plaisir des sens et authenticité du produit. Sa langue rouge faisait le pendant de la languette rouge garantisant que c'était bien du Cointreau qui était dans la bouteille. Il y a plus d'un siècle! 

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’histoire de la marque sur http://www.cointreau.fr/la-maison/la-saga-800422.html

. Pour plus d’informations sur la politique foisonnante de communication de l’entreprise, consulter « La saga de la marque mondiale Cointreau, 1849-1999 », Alain Weill & Les bâtisseurs de mémoire, Editions du Chêne.

. Lire aussi l’article de Sylvain Bertoldi sur Jean Adrien Mercier dans « Vivre à Angers »  

http://www.angers.fr/decouvrir-angers/histoire-d-angers/chroniques-historiques/pour-s-informer/jean-adrien-mercier-l-enchanteur/

 

. Voir Dita von Teese dans son show de Cointreauversial Woman sur le site de Cointreau

http://www.cointreau.com/Dita/ dans son show du 13 ;12.2007 à Londres ou You Tube http://www.youtube.com/watch?v=P0zJO5OYE-M&NR=1

ou sur le site de Dita

http://www.dita.net/shows.php#showsgallery

 Cointreau, le Pierrot par Tamagno, début XXè siècle

. Visiter le Carré Cointreau, boulevard des Bretonnières, ZI Saint-Barthélémy, 02 41 31 50 50

. Essayer la recette du Cointreaupolitan  (5cl de Cointreau + 3cl de Cranberry + 2cl de Jus de citron + des glaçons dans le shaker) à comparer avec la recette du Cosmopolitan (2,5cl de Cointreau + 5cl de Vodka + du Jus de citron vert + un filet de Cranberry avec des glaçons, bien secouer dans le shaker) = A consommer toujours avec modération.

. Photos EP, avec mes remerciements à Corinne Lava pour son accueil et la documentation. 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Communication & Marketing
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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 12:27

Voici, sous forme d’une fiche, un bon exemple de positionnement qui s’inscrit dans le droit fil de la logique d’un marketing international cohérent applicable au vin. La démarche repose sur trois caractéristiques dominantes,

. le positionnement pour se démarquer de la concurrence en lien avec le, la vigneronne,

. les outils centrés sur le consommateur,

. les facteurs clés de succès liés au distributeur.

 Sancerrois, paysage de vigne

. 1. Les 3 axes du positionnement

L’éclairage est forcément international. Il ne serait plus pensable actuellement de lancer des productions de grand volume de vin à prix accessibles sans être dans cette logique multiculturelle qui se moque des frontières. Le positionnent repose lui-même sur un trio d’éléments : le fleuve Loire, le cépage et la signature, où le vin sous sa forme de cépage est pris en sandwich entre le grand fleuve et la main de son créateur-e, le vigneron.  

 

La Loire arrive en premier, en raison de sa vitalité, de son mouvement continu. Il est toujours actif ; rien ne l’arrête. Il est force de vie. Sans lui, sans l’eau, la vigne ne pourrait pas vivre. Sans sa lumière, il ne saurait mûrir ses raisins au soleil. Sans la terre que travaille le ou la vigneron-ne, il ne saurait y avoir de vin.

 

Le cépage est la nouvelle langue mondiale commune transversale. C’est un concept qualitatif mondial à dimension fortement démocratique. Il ne s’agit pas encore de parler des châteaux, des seigneurs, de la Cour royale qui se déplace au gré su seigneur…

 

Le magicien, celui qui fait rêver cette fois-ci, est le créateur du vin, le vigneron ou la vigneronne qui tire toute sa légitimité de l’excellence de ses compétences. Il et elle sont au service du vin. Ils ont la fierté du professionnel du vin qui s’engage pleinement dans le cadre de son entreprise, en signant son vin de son nom, avec ces mots : pour moi, la Loire, c’est ce vin, le mien. 

 

Moulins a vent, Rablay sur Layon

 2.  Les deux outils axés sur le consommateur

La cible est à l’image de la Loire. Ce sont tous ceux qui sont en mouvement, les actifs et ceux qui le restent, avec quelque chose de plus, l’humour, le click, le jeu, la couleur en guise de lien. Les cibles traditionnelles ne sont pas visées en tant que telles. Arrêtons de parler des jeunes, des femmes… comme si ces deux catégories par exemple étaient sans lien avec la société, ou constituaient des sous-catégories par défaut de ne pas cibler les « vrais »amateurs, des « niches » hors du monde. 

 

Le bénéfice-consommateur tient en 5 phrases :

« C’est un vin accueillant, sympa et chaleureux,

Qui s’adapte aux personnes, entre amis, en couple ou seule,

A tous les moments de la vie,

Qui aime bien ceux qui aiment la bière et celles qui aiment l’eau,

Qui a l’humour et l’amour de la vie en partage.» 

 Petite maison de vigne rose, Sancerre

 

3. Les 5 facteurs clés de succès

Ils ont en commun de montrer la démarche d’ouverture du vigneron et du distributeur d’aller vers le client, sans renier leurs engagements qualitatifs basés sur la confiance.

 

L’empathie avec le marché : c’est un aspect rarement mentionné par les manuels de marketing appliqué au vin et pourtant c’est l’élément principal de la démarche internationale de portage du vin jusqu’au lieu de vente à l’étranger. Elle consiste pratiquement  à se mettre en phase avec le marché et à faciliter le travail de son distributeur.

 

La praticité de la bouteille : C’est le distributeur qui donne le ton. C’est lui qui connaît parfaitement le marché aval. Malgré cette certitude, la bouteille est pourtant l’élément le plus difficile à accommoder, en raison du prix des petits contenants. La bouteille de 75 cl reste  le  modèle dominant. Les questions de bouchon se posent moins qu’au début du siècle, tant la pression sur les prix est forte. Le bouchon synthétique bon marché l’emporte dorénavant sur la vis qui nécessite de coûteux équipements pour le vigneron.  

 

Le repérage par l’étiquette : Son importance reste  indiscutable. La frontière entre le ‘mieux’ pour hausser le prix de vente  selon le vigneron et le ‘pas bon’ sur la base du prix bas de vente est difficile à fixer. Une formule qui fait ses preuves est de rester minimaliste sur l’étiquette avec parfois juste un brin d’humour, sans chercher à tout prix ni à être trop original, ni à être juste dans la norme du marché.

 

L’identification positive : l’important est ce que ressent et pense le consommateur. L’objectif pour le vigneron, la vigneronne est  de rester vrai tout en étant en phase avec ce qu’il montre de son vin, en accueillant celui, celle qui s’apprête à acheter son vin.  

 

Le lien avec le consommateur : c’est le véritable objectif de toute la démarche marketing. On va retrouver ici le clin d’œil d’humour et la personnalité de la vigneronne ou du vigneron.   

 dsc01778.jpg

Pour suivre le chemin

. Une précision : j’ai conçu cette fiche pour les vignerons participants à l’assemblée générale annuelle le 18.11.2004 des vins de pays. Le syndicat des vins de pays du Jardin de la France m’avait demandé d’intervenir sur le thème du ‘positionnement des vins de cépage’.  A cette époque, il était interdit d’utiliser le mot « Loire » aux vins de pays et vins de cépages par la réglementation protégeant les vins AOC.  

. Le panorama réglementaire a beaucoup changé depuis lors. Les vins de pays n’existent plus depuis 2009. Une nouvelle catégorie est née, celle des vins de France, plus ‘facile’ à vendre à l’étranger. Sur le sujet, voir l’article de Juliette Cassagnes sur Vit-Net

http://www.viti-net.com/actualite/france/article/anivit-vin-france-pays-ocm-11-55924.html

. Actuellement, la situation n’est pas du tout éclaircie. Disons qu’elle est en cours. Sur ce sujet très compliqué et très sensible, au regard de la dimension identitaire et financière des vins, selon leur classement et la possibilité d’évoquer ou non leur ancrage géographique, lire une bonne compilation sur

 http://www.vignobletiquette.com/diver/communique.htm

 

quelques-images-de-vigne01313.jpg

. La question de l’origine de ces vins reste entière. Echanger une identité ‘Jardin  de la France », incompréhensible que ce soit en France ou à l’étranger, avec une identité ‘France’ ne semble pas plus porteuse pour les acheteurs et ou consommateurs. Pour moi, un vin est toujours de quelque part, comme il a toujours un géniteur. Si non, ce n’est plus du vin ; ça devient une boisson.   

. Photos EP.     

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 12:20

 

Quelques éclaircissements sur le titre

Il s’agissait pour ce groupe de travail réuni à l’initiative de la ville d’Angers de commencer à approfondir le thème des « temps de la ville ». Les participants de la Doutre au nombre d’environ une vingtaine  ne se connaissaient pas. Leurs deux points communs ont été de s’intéresser au thème  et de lancer des pistes pour réfléchir ensemble sur le temps en lien avec l’espace d’une ville comme Angers, très représentative de la société française. Le travail a duré une heure.  

  Visite des Berges, ballade estivale, Pont de Basse Chaine

Une restitution au plus près de ce qui a été dit

Il ne s’agit pas dans ce billet de faire une synthèse thématique de ce qui a été dit de façon exhaustive par les uns et les autres, mais de retrouver le fil qui a conduit chacun à ajouter sa pensée à la suite d’un-e autre, sachant aussi qu’il manque forcément des prises de paroles et/ou des développements.

 

Parfois il y a eu débat entre les participants. Plus souvent il y a eu succession des prises de paroles, avec des réponses et/ou des compléments d’information apportés à une remarque de l’un d’entre nous quelque temps avant. Aucune indication d’âge ou d’identification n’est volontairement donnée sur la personne, pour ne garder que le sens, avec deux exceptions cependant, Frédéric Béatse, l'élu en charge de la vie associative, la vie des quartiers, la politique de la ville et la qualité des services publics qui a lancé et encadré le débat , et Julie Rieg, directeur de développement et sociologue  en charge de la mobilité et de la temporalité à l’Agence Chronos, qui a synthétisé à chaque fois qu'il y a lieu. Ses interventions sont représentées par  le signe = . (Entre parenthèses, des éléments d'information parfois nécessaires pour comprendre ce qui est dit)

 

La présentation du débat par Frédéric Béatse 

L’étude sur la conception du temps a été lancée dans le cadre du combat contre l’inégalité et l’exclusion. C’est le cas des personnes seules recherchant du travail ayant des enfants. La réflexion sur les temps tient compte de trois idées :

. la tendance  de la société à l’hyper-individualisation avec des exemples du mariage l’après-midi, de la garde des enfants la nuit, de l’accessibilité des services en un même lieu, 

. notre volonté de pas déstructurer le temps

. et celle d’intégrer les temps de la nuit/jour, dans des logiques différenciées d’un quartier, de la ville et de l’agglomération.

àLe temps se conjugue avec l’espace

àLa ville veut coordonner tout ça

  Amsterdam, de l'autre côté du FifteenLes prises de paroles des participants

. Le sentiment d’insécurité la nuit quand on est une femme et qu’on rentre à pied venant du bus pour arriver chez soi,

. La longueur de l’attente et du trajet en bus la nuit – 1 heure -  pour aller des Ponts de Cé à la Meignanne à Angers,

. La baisse de l’intensité de la lumière la nuit pour éviter la pollution nocturne , en lien avec le développement durable, qui est aussi une cause d’inquiétude,

=   c’est aussi une question de design du lampadaire (qui doit éclairer le bas et non le haut).  

 

. L’insécurité pour les enfants allant à l’école. Ont été citées les rues de La Traquette, Saint-Lazare, du boulevard et de la Place Monprofit très difficile à traverser.

=   la question des temps scolaire est très importante, le matin vers 8-9h.

  

. Les stationnements d’adolescents sur le trottoir à la sortie gênent le passage et sont une source d’insécurité. Une dame précise que les enfants peuvent rester à l’étude en attendant qu’une personne habilitée vienne les chercher.   

=   problème du différentiel de la vitesse entre les groupes et les personnes  

=   c’est la triple question du rôle des parents, de l’offre de services et de la  prise en charge des jeunes

  Amsterdam, quai Java Eiland

. Un habitant du Quai de la Savate parle de l’enfer (vécu par les habitants lors)  du Festival Tempo Rives sur la Maine, avec un niveau sonore moyen déclaré par la ville qui n’a rien à voir avec le réel. Il souligne aussi les entrées des immeubles souillées  les nuits de fêtes, comme le 14 juillet. La Cale est devenue un lieu de rassemblement où les jeunes arrivent avec des packs de 24 bouteilles de bière. La saleté est insupportable. Il propose que les concerts se tiennent au Parc Balzac au lieu dit « Les vagues ». A une question d’un des participants, la personne déclare que le niveau moyen déclaré par la municipalité est de 93 décibels. Ce niveau moyen lisse les pics (113-114)  lors des  séances de Hard Rock Trash selon leurs relevés. Le bruit est tel que les cloisons vibrent.

      =   La pollution sonore est un gros problème

. Le monsieur poursuit : il ne s’agit pas seulement du bruit la nuit, il y a aussi les actes d’incivilité qui vont avec. Toutes les entrées d’immeuble ont servi d’urinoirs alors qu’il y a un WC public

=   l’incivilité est la conséquence de quelle que chose, un manque d’équipement, une      

     inorganisation…

 

. Un participant précise également qu’il s’agit non seulement du bruit la nuit, lors d’une fête, mais aussi et surtout de l’association avec l’alcool. A Mazé, la nuit, à la salle des fêtes,  au 3è avertissement, l’électricité est coupée. Il faudrait un moniteur.  

. Pour clore ce sujet très sensible, une personne précise qu’il faudrait peut être aussi commencer par inclure la Doutre nocturne dans le périmètre d’Angers La Nuit qui s’arrête à La Maine. Dans le quadrilatère rive gauche de la Maine des mesures spéciales sont prises la nuit pour éviter les excès. Des jeunes volontaires en particulier établissent le contact avec ces jeunes qui fêtent très bruyamment la nuit pour les sensibiliser en douceur au fait par exemple qu’ils font trop de bruit et gênent.le sommeil des habitants.

    Ixelles, Flagey, Tramways Frédéric Béatse relance le débat avec cette question: comment concilier les temps de la ville et le temps de chacun ? 

 

La question de l’acceptabilité -nommée comme telle par les participants- suscite beaucoup de réactions. 

. Entre les temps de la ville et la forte individualisation, il conviendrait de réintroduire le « vivre            ensemble ». C’est bien de vouloir améliorer, mais il ne faut pas perdre de vue  cette dimension. Le quartier de La  Doutre peut accueillir les nouvelles perspectives qui s’ouvrent avec Le Quai et le Centre des Congrès   et (accentuation) prendre en compte, concilier les modes de vie différents.

. Il convient de ne pas gêner les autres.

. Il faut trouver un consensus avec les autres.

. Poser des limites, tout en acceptant l’autre.

. Faire de la pédagogie avec les jeunes.

. Il y a beaucoup d’étudiants à Angers. Comme le coût de l’alcool est élevé (en boîte de nuit), on rencontre aussi la problématique du bruit pour les voisins dans les appartements loués en colocation par des étudiants.

. La ville joue un rôle de médiation pour dire ce qui va et ce qui n’est pas acceptable. La ville est ouverture mais la question de l’acceptabilité de la différence reste posée.  

    =    Une des difficultés est de nommer les choses. Il faut ensuite faire  se rencontrer les gens sur leurs 

           points communs et  pas sur les points de dissonance. Il faut aussi chiffrer l’information, afficher par 

           exemple le montant des décibels sur les murs, ou voir votre vitesse quand vous roulez

     dans des villages. C’est la question du monitorage.

 

. Le monsieur de la Cale de la Savate précise à ce moment là que, si la question du montant des décibels est bien sûr très importante, celle de la durée l’est au moins autant : le festival Tempo Rives a duré 2 mois en comptant les répétitions. Il ajoute que les deux cafés situés sur la Cale ne causent aucun souci particulier.  

. Il est demandé alors quelle est la durée de la Foire Saint-Martin qui se tient place de La Rochefoucault. Réponse : elle est de 3 semaines. Plus personne ne se plaint du bruit que cette fête entraîne pourtant pour les riverains. Peut être que si, du moins il n’y a eu personne dans le groupe pour en parler.

   Musée Le Quai, devant le Château

Réorientation du débat  sur la volonté de ne pas déstructurer le temps en phase avec l’individualisation

=    Le thème de l’individualisation est de la tarte à la crème. En réalité tout  est temps collectif. On est

      dans une succession de temps collectifs, en lien  avec l’espace.

 

. Cela repose la question de l’acceptabilité en lien avec le travail, les horaires atypiques pour la crèche... Il y a imbrication entre le temps personnel et l’espace collectif.   

    =     Un monsieur synthétise :  on voit qu’il y a le temps d’une majorité, le  temps individuel, le temps en 

           phase avec des nouveaux outils, des nouveaux services interactifs.

 

. Il faut se poser la question de ce qu’on veut vivre ensemble. Comment  permettre à chacun de vivre le collectif ?

. Acheter sa baguette à 2h du matin, c’est une envie ( pas un besoin).

. Ca pose la question également du temps du week-end. Les gens de l’informatique vivent 24h sur 24h. On banalise le temps.

   =   C’est un point très important, Les infrastructures sont sur-utilisées en un  même temps, au même         

        moment. C’est une vraie problématique : décaler les horaires pour mieux réguler les flux. On pourrait

         mieux utiliser l’espace public qui n’est pas extensible.

 

. Les gens deviennent exigeants. Il y a un clivage entre le travail qui se  faisait avant au même rythme et l’éclatement de la norme maintenant en lien avec l’isolement, comme quelqu’un qui travaille le soir (et dort le jour). Il y a un morcellement du temps en corrélation avec l’espace : réfléchir à l’espace conduit au temps.

. A Yolande d’Aragon (le quartier du Front de Maine), l’espace est saturé pour tous (avec des difficultés pour se garer).

. Il y  aussi des dangers, rue Beaurepaire pour une dame qui pose la question : demandez-vous pourquoi cette rue est dangereuse ? Elle n’apporte pas la réponse mais elle évoque la question des croisements des temps (entre celui des uns, des autres…) .  

 

Frédéric Béatse  réoriente le débat.

Il évoque les temps scolaires ; les temps des familles, celui des services publics, des agents… Quelles sont les heures d’ouverture  par exemple?

=   C’est la question de la gouvernance pour laquelle il y a  déjà beaucoup d’initiatives; les services publics sont saturés.

 

. Cette question est au cœur de la démocratie participative, où le Conseil de quartier joue tout son rôle.

. Un témoignage porte  sur la modification des horaires pour des étudiants en Master. Une avancée d’une demi-heure des heures de cours permet de traverser la ville sans embouteillage et fait gagner 1 heure de temps par jour sur la base de 2 allers-retours par jour. Le blocage des entrées de ville est évoqué, tel que l’encombrement de la 4 voies à partir de Brissac le matin.  

. Il n’est pas toujours possible de modifier ses horaires. Le temps a par nature un caractère transversal.

=   C’est la question du temps subi et du temps choisi, à comprendre dans le cadre du quartier de la

     Doutre qui accueille (bientôt le Centre des Congrés, en plus déjà du Quai, le Grand lieu culturel  contemporain d'Angers, le nouveau port d'Angers, face au Château, avec la rivière Maine entre les deux rives)      

  Ixelles, Flagey, fin de week end

. La question d’un monsieur à la dame qui avait évoqué la peur de rentrer chez soi la nuit entre l’arrêt de bus et le domicile quand on est une femme: pourquoi n’avez-vous cité que les femmes ? (Sous-entendu les hommes n’ont-ils pas peur ?) Réponse : peut être les femmes sont-elles plus habituées à exprimer leurs émotions  alors que les hommes sont encore élevés dans une culture où dire sa peur n’est pas possible à un petit garçon.  

 

Et le moment vint de clore le débat.            

 

Pour suivre le chemin

. La table ronde « Temps de la Ville » s’est  tenue à l’Hôtel de la Godeline, dans le quartier de la Doutre à Angers, le 24.09.2011 lors d’une rencontre présentant la nouvelle formule de concertation au sein du Conseil du Quartier entre les habitants, les associations et la collectivité. C’est M. Frédéric Béatse, l’élu qui a présenté la nouvelle formule et lancé la matinée de travail. Voir www.angers.fr/participer et pour contacter le quartier Doutre ccq.doutre@ville.angers.fr  et 02 41 35 10 55

. Retrouver le groupe Chronos et Julie Rieg sur http://www.groupechronos.org

. Photos EP, avec des photos de villes (Amsterdam la nuit n° 2 et 3, Bruxelles-Ixelles Place Flagey n° 4  et 6 ) et  Angers (n° 1 Pont de Basse Chaîne + n° 5 Le Quai).  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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