En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Les Habits du Vin

Société

Jeudi 30 juin 2011 4 30 /06 /Juin /2011 09:29

Ce billet a plusieurs objectifs :

. clarifier les mots qui désignent l’implication des citoyens dans les affaires de la cité,

. aborder la très difficile question du millefeuille urbain vu dans sa dimension territoriale

. en dégager quelques conséquences pour le démocrate-citoyen, qui n’est jamais de base ou lambda.

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1. Un grand flou sémantique

La démocratie fait partie de ces mots qui sont très utilisés. Chacun sait ce qu’il en est : la démocratie est le gouvernement du peuple. Quant à savoir comment, c’est l’objet de ce billet que d’en esquisser quelques contours. 

 

Au début, la démocratie représentative

Un autre terme apparaît alors, c’est celui de la qualification de cette démocratie. Elle est  représentative en France car les citoyens élisent leurs représentants, les élus. L’élection est une obligation citoyenne, même si voter n’est obligatoire, comme ce l’est en Belgique par exemple. Le sens de cette représentation ne doit pas être pris dans le sens où l’Assemblée nationale a une composition d’élus basée sur représentation réelle du pays.  Ce n’est pas encore le cas. Citons en exemples de sous-représentations notoires, les femmes, les jeunes, les personnes issues de l’immigration, de ceux qui exercent des métiers à profil d’employés ou d’ouvriers, ou en sens contraire des élus de père en fils ou en fille... Notons quand même que la prise de conscience de cet état de choses, associée aux efforts d’ouverture, favorise une meilleure représentation des forces vives.

 

Une démocratie participative, consultative, concertative ?

Le point commun des ces adjectifs est qu’ils s’ancrent dans la démocratie que la loi de 2002 qualifie « de proximité », un mot peu utilisé par les collectivités tout comme celui d’ailleurs de démocratie locale, vraisemblablement parce que le local pourrait être perçu comme moins important ou valorisant que le national.

 

L’adjectif de participative accollé à la démocratie s’entend comme la participation aux affaires de la cité. Un conseil de quartier en ce sens participe aux affaires de la cité.   La loi ne précise pas volontairement les modalités d’application pour préserver une réelle souplesse au dispositif.

 

Les dispositions légales ne tranchent pas en particulier sur le point de savoir si un conseil de quartier par exemple peut travailler sur saisine de la seule collectivité  seule ou également  sur auto-saisine.  La différence est d’importance car l’auto-saisine prouve une plus grande capacité d’initiative laissée aux membres d’un conseil de quartier.  Ce pouvoir supplémentaire augure plus du caractère de concertation, même s’il demeure des différences de sens : l’auto-saisine confère au quartier un droit d’initiative dans la mesure où la proposition est adoptée par le bureau et la concertation peut se définir comme le fait d’agir ensemble. Les deux concepts s’inscrivent dans la même sensibilité de plus d’implication du citoyen dans les affaires de la cité. 

 

Pour savoir ce qu’il en est du caractère concertatif, il faut se référer à la loi du 27 février 2002 qui prévoit des conseils de quartier dans le cadre de la démocratie de proximité. La loi précise que ces conseils « doivent jouer un rôle consultatif auprès du maire, principalement dans le domaine de la politique de la ville. La formule retenue confère aux conseils un rôle de proposition et les associe aux décisions dans un esprit de concertation. ». Même s’il a fallu trois lignes au législateur pour le dire, le mot est bien prononcé. Il s’agit bien de concertation dans le cadre de cette démocratie de proximité, qui est donc à la fois participative, consultative, concertative, avec capacité de propositions toujours et d’auto-saisine si la collectivité décide d’aller plus loin que le minimum légal.

 

Pour autant le terme de démocratie consultative ouconcertative n’est pas directement employé. Un « conseil consultatif de quartier » peut être en fait comme en droit tout à fait concertatif, comme c’est le cas dans plusieurs villes.  Retenons que nous sommes bien en système démocratique fondé sur le rôle éminent et non substituable du citoyen. Voyons maintenant ce qu’il en est de la dénomination des membres des conseils de quartier. 

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La composition des conseils de quartier

Ils réunissent des élus municipaux, des personnalités représentatives et des associations d’habitants. Le terme de citoyen n’est pas utilisé au contraire de celui d’habitant, un terme qui interpelle, tant l’usage qui en est fait en terme référence démocratique est flou. Le lien entre les deux découle de l’obligation légale de constituer un conseil dés lors que la ville dépasse les 80 000 habitants. La tentation est alors forte pour les collectivités de parler des habitants pour désigner les membres du conseil. Ce terme d’habitant est aussi celui qui a été adopté par la loi du 6 février 1998 qui fixe les règles de l’Administration du territoire de la République (loi ATR).es aes locales, Cette idée de participation des citoyens à la  des r locales, trement s locaux, a été proclamée

Mais qu’est-ce donc qu’un habitant en démocratie ?  Au sens premier du terme, l’habitant est une personne qui habite à une certaine adresse. Des habitants peuvent ne pas être électeurs, soit parce qu’ils sont étrangers, soit parce qu’ils votent déjà autre part, soit parce que ce sont des enfants par exemple. Ce critère d’âge est délicat à utiliser quand il s’agit de définir ce qu’est un jeune. On peut dans certaines collectivités être trop ‘jeune’ pour intégrer le conseil de quartier alors qu’on est déjà électeur. A Angers par exemple, des conseils particuliers ont été crées pour ces deux catégories: le conseil des jeunes Angevins (16-30 ans) et le conseil pour la citoyenneté des étrangers angevins. Rien qu’à l’énoncé de ces quelques définitions, on comprend la difficulté sémantique à trouver les bons termes. Celui d’habitant présente l’intérêt de mettre l’accent sur l’individu, personne physique, qui caractérise une ville. Mais il n’y a pas que les habitants pour composer les conseils de quartier.

La délicate question de la représentativité

Les représentants d’association complètent le collège des habitants. La loi de 2002 vise les associations d’habitants alors que de nombreuses villes ont élargi le critère et citent les associations sans précision. Des questions se posent alors comme celle-ci : une association de commerçants relève-t-elle des habitants au titre de l’association ou du secteur économique, alors que les entreprises en tant que tels ne sont pas membres du conseil de quartier dans certaines villes? 

 

C’est pour éviter ce type de difficultés à tracer des frontières entre la qualité des uns et des autres, que des villes, comme Lyon, qui est un modèle du genre, cherchent une représentativité plus forte. Dans cette ville par exemple, il y a quatre collèges dans le conseil de quartier : les habitants, les acteurs du secteur économique, les institutions locales et les associations.  D’autres ne prévoient pas la présence en tant que telles d’entreprises dans le conseil de quartier mais acceptent la même activité dans le cadre de l’action sociale ou dans celui d’une association de commerçants.

Quelques questions

On peut se poser la question de savoir si la parole et la prise de parole des habitants sont comparables à celles des autres personnes présentes en réunion. En d’autres termes un habitant s’exprime-t-il comme le représentant d’une association? En second lieu, le choix du terme d’habitant peut-il être neutre, quand on le prend dans le sens de la consultation des habitants, attachés d’une façon à une autre à leur habitation ? Une des conséquences très réelle de ce lien privilégié à l’habitation ne serait-elle pas la mise en avant de la notion d’expertise d’usage qui complète le savoir global, plus technique  des administrateurs aux commandes de la cité ? En terme juridique, quel est donc le sens de l'usage de l'usager?   

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2. Le millefeuille territorial

La compréhension globale se complique du fait du découpage territorial existant dans une ville, à commencer par le concept de quartier, le maître mot en matière de segmentation territoriale.  

 

La notion de quartier

Quelles que soient les caractéristiques d’un quartier, la question de savoir ce  qu’est un quartier se pose. La réalité de son caractère composite concorde avec le découpage en IRIS (Ilot Regroupé pour l’Information Statistiques), un outil utile pour identifier dans chaque îlot des sous-segments présentant plus de liens homogènes entre eux.   A l’intérieur d’un même Iris, l’hétérogénéité est la règle surtout dans les parties de la ville entre deux composantes à forte identité historique comme le centre historique, des faubourgs ou des ensembles urbains créés à une même date. Le phénomène de lotissement à configuration d’escargot en est un bon exemple, avec ses dessertes limitées à la circulation intra-lotissement, comme cela a été la vogue à une certaine date. 

 

Quand on affine l’analyse au sein même d’un des sous-îlots d’Iris, dans une même rue, on distingue des sous-ensembles distincts du reste de la rue et vécus comme tels par leurs habitants. Les agences immobilières ont une connaissance fine des différences de valeur d’un bien immobilier selon l’endroit où il est situé. L’existence des commerces, grands, petits et ambulatoires comme les marchés change aussi la donne des quartiers ou partie de quartier. Pourtant ces différenciations sont insuffisantes pour comprendre une situation globale.  

 

D’autres critères sont à prendre en compte comme

. l’âge ancien d’un quartier en lien avec son patrimoine culturel souvent,

. l’âge des habitants en lien avec le vieillissement du quartier,

. le niveau de revenu, plus haut ou plus bas que le revenu médian, en lien avec le niveau d’exigence et la tranquillité sociale,

. le niveau culturel en lien avec la proximité avec le centre-centre, celui qui est doté de tous les services et facilités de vie et qui est la vitrine de la ville,

. les fonctionnalités d’un quartier exprimées en terme de circulation et de mobilité utiles  pour accéder aux autres quartiers,

. la présence, le renforcement, l’affaiblissement ou l’absence de centralité réelle d’un quartier même dans sa partie centrale,

. l’existence de financements européens  dans des zones géographiques à vocation sociale forte…

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3. Les conséquences sur le « Vivre ensemble »

Ce morcellement territorial, conçu pour faciliter la gestion de la ville par l’équipe municipale, n’est pas neutre par rapport aux liens existant ou non entre les gens eux-même, d’autant plus rappelons-le qu’il s’y ajoute en synergie le flou sémantique et les autres segmentations comme:     

. une segmentation individuelle basée sur certains critères (âge, acquisition de la citoyenneté…)  pour les jeunes, des étrangers en attente de naturalisation, les seniors sous la dénomination de « sages »,

. une segmentation subtile entre les ‘anciens’ habitants et les ‘nouveaux arrivants’,

. une segmentation entre les deux catégories habilitées à faire partie des conseils de quartier, les habitants et les associations d’habitants, qui n’ont ni la même approche, ni la même liberté de parole en réunion,

. une segmentation fonctionnelle comme l’action sociale, le développement durable ou la dimension économique d’un Conseil de Développement…

 

Il en résulte une impression de morcellement qui rend difficile la vision globale d’une ville et l’établissement de liens entre les acteurs du territoire, quels que soient leur statut, leur âge ou leurs fonctions… L’appel très fréquent  au « vivre ensemble » est peut-être une façon de réagir contre cette sur-segmentation en décalage. Le processus de segmentation n’est en effet pas neutre en terme d’effets : à chaque fois qu’une segmentation est faite, on renforce l’homogénéité de l’intérieur du segment d’une part et on exclut d’autre part ce qui n’appartient pas au segment, sachant qu'en un un même point, il y a un emplilement de plusieurs segments qui ont leur propres frontières. 

 

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Pour suivre le chemin

. Quelques sites de référence

 http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/citoyennete/definition/devoirs-definition/quels-sont-devoirs-citoyen-envers-autres.html

. http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C156.pdf

. Voir le système mis en place à Lille, où on parle ni d’habitants, ni d’associations mais de conseillers de quartier de trois catégories (collège politique, collège des forces vives et collège des habitants tirés au sort). Le conseil de quartier rend son avis sur demande de la municipalité tandis que la concertation est laissée à un seul conseil de concertation qui a une représentativité plus large. 

http://www.mairie-lille.fr/fr/Citoyennete_-_Concertation/Conseils_de_quartier_-_Quartiers

. Voir en comparaison la composition des conseils de quartiers à Lyon où les collèges sont au nombre de quatre : habitants, secteur économique, institutions locales et associations sur  

http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/1arrdt/vie_democratique1733/conseil_de_quartier/?aIndex=2

. Pour Angers, un récapitulatif sur

http://www.angers.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/Mini_dico.pdf

 

. Découvrir un dictionnaire qui donne le sens essentiel      http://www.toupie.org/Dictionnaire/Democratie_representative.htm

. Pour une étude fine, voir un blog d’un spécialiste du droit public

http://maublanc.over-blog.com/pages/DECENTRALISATION_ET_DEMOCRATIE-1481636.html

. Photos EP

 

 

 

 

 

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 11:08

La petite maison empilable sur une autre

 

Ne cherchez pas dans votre dictionnaire. Il ne connaît pas ce terme de maisons empilables les unes sur les autres ou juste à côté. C’est pourtant l’adjectif qui convient le mieux. LIxelles-Bruxelles, Arrière de façade, Ajoûtsa problématique est la suivante : en cette période, la notre, où le concept de densification de la ville commence réellement à percer, comment les architectes arrivent-ils à traduire cette nécessité sur le terrain, sachant que les gens adorent la maison individuelle autant que les tours les effraient ? Une des réponses est l’empilable, qui se traduit concrètement par des maisons plus ou moins petites imbriquées les unes dans et sur les autres jusqu’à constituer un ensemble.  

       

Une tendance spontanée     

En fait, cela a toujours existé d’abord à l’horizontal quand on peut. A la campagne par exemple, quand on a besoin de place, on monte un appentis qui s’adosse sur un autre qui lui-même prend appui sur un autre. J’ai trouvé des séries de 5, comme sur cette photo prise à Ixelles-Bruxelles avec la maison rose. Ce sera le thème d’un autre billet.

 

A la verticale en ville, ça existe aussi. Regardez les toits quand c’est possible et vous découvrirez comme à Bordeaux, sur les quais de la Garonne, que les propriétaires ont ajouté des sortes de gloriette pour voir le fleuve d’en haut et avoir une vue panoramique de la ville.

   

Entre les deux, il y a aussi l’utilisation intelligente Bordeaux-Petites maisons sur les toitsde la pente qui fait du toit de chaque maison la terrasse, un espace ouvert précieux aux fonctions multiples, sans laquelle  la maison du dessus ne pourrait avoir de vue. C’est ce que montre une série de photos prises en Syrie à 40km au nord-ouest de Damas par M. Ali Abarra  à Maaloua.

   

Les variations de la maison empilable

 Elles sont nombreuses. Sans aller chercher loin, citons:

. les visions si prémonitoires de la ville de grands concepteurs comme         Hundertwasser,

. l’influence du jeu Lego qui permet d’accrocher une petite maison de briques à d’autres grâce à quelques briques qui font lien,

. les plates-formes pétrolières off-shore où l’espace est si précieux qu’il faut poser des cellules de vie sur des espaces techniques d‘extraction du pétrole qui eux-même reposent sur d’autres étages qui undertwasser, Maisonreposent sur des pylônes enfoncés profondément dans le sol marin,    

. les nombreux travaux d’architectes-urbanistes dans le monde qui voient la ville de demain dans une tour ou une fusée spatiale intégrant toutes les fonctionnalités urbaines, les arbres et jardins y compris qui cherchent la lumière en façade

. et les expériences actuelles pour tenir compte de l'hypermobilité  et de la déstructurations des temps et des espaces…   

   

L’exemple de l’Hôtel Inntel de Zaandam

Un hôtel vient de s’ouvrir à Zaandam aux Pays-Bas. C’est une création de Wam Architecten.  Ses quatre façades sont constituées d’avancées de maisons traditionnelles de 1 à 2 étages. Il est dit que ce sont de vraies maisons. Je crois plus à l’idée qu’à la réalité. Je vois mal des morceaux de maisons anciennes tenir sur 12 étages. L’intéressant est la réaction de la presse qui a été enthousiaste. Le rêve de la petite maison individuelle revitalise l’intérêt pour des immeubles-tours. Mais il y a plus intéressant me semble-t-il, c’est la confusion de catégories entre les deux et la confusion de la hiérarchie des espaces entre le bas et le haut.  

  WAM-Architecten, Inntel 4-overzicht-zuid-west

 

A Zaandam, vous avez tous les cas de figures. Vous pouvez louer une chambre qui est en rez-de-chaussée d’une maison située entre le 5è et le 7è ou 8è étage. Vous vous trouvez au-dessus du toit d’une autre, en retrait ou en avancée par rapport à la façade la plus en retrait. Le concept fait tout bouger et intègre beaucoup de différences dans les couleurs, les formes de fenêtre, les pignons des maisons.  Seuls quelques éléments manquent, tels que des balcons ou des portes d’entrée qui s’ouvriraient sur le vide. Par contre quelques fausses portes-fenêtres sont présentes pour renforcer l’idée de l’empilage.  On voit même quelques avancées de toitures de briques rouges. 

   

Aquapolis, un photo-montageBlog 2011.06.132 002

Dans ce travail d’étudiant, on retrouve un certain nombre d’éléments déjà cités comme le recours à ces façades flamandes à pignons, les cubes chères à Hundertwasser,  les décrochages de masses cubiques en avancées, les arbres sur le toit et surtout la plate-forme pétrolière offshore... L’intéressant ici que le tout est accroché en une masse compacte entre ciel et métal sur une immensité d’eau. Les énergies douces sont bien présentes. Aquapolis produit son énergie éolienne, de la chaleur avec ses capteurs et capte les ondes avec ses amplificateurs. En fait ce projet s’est directement inspiré de ce qui se fait déjà dans le monde.

   

 Les îlots autonomes de vie sur plate-forme marine

De plus en plus d’architectes particulièrement en Asie travaillent sur le concept d’îlot de vie qui rassemble toutes ou presque des fonctions de la ville. Un magazine américain eVolo a ainsi permis à deux architectes malais, Hu Yee-Kee et Hur Sue-Werm, de remporter le Ier prix de la transformation en logement d’une ancienne plate-forme pétrolière off-shore dans le Golfe du Mexique. Les cellules de vie sont bien repérables empilées les unes comme les autres sur le côté droit. Ce sont plusieurs milliers de plate-forme en fin de vie en matière d’exploitation de gisements  pétroliers en mer qui sont visées surtout dans ce golfe. 

   

Les cabines empilables  comme un navire-ville

Citons aCapsule-Hotel-Wikipediaussi ces  hôtels de Tokyo, Kyoto, Osaka... où il est possible de retrouver les principales fonctionnalités de la vie sur terre, dormir, se laver, travailler, s’informer, se restaurer auprès d’automates dans des espaces de 2m de long x 1m de hauteur x 1,25m de largeur... Ces lits-cabines, posés les uns au-dessus des autres, reproduisent en perpendiculaire ce qui a toujours existé dans la marine, avec des couchettes non fermées parallèles au couloir.  Une des  différences est que ce navire-hôtel ne bouge pas ; c’est le marin qui vient s’y reposer le temps de repartir au travail le lendemain. 

   

La ville conçue comme une fusée en forme d’étoile

Mobile China Town, Ma Yansong/MAD, plaquette Europalia ChinaCette étoile astrale constitue le comble de l’empilable-mobile puisqu’il n’y a plus à proprement parler de sol sur lequel ériger les maisons les unes sur les autres. Toutes les fonctions, devenues mobiles ainsi que leurs usagers, sont intégrées les unes sur les autres. Ce projet chinois se nomme « Superstar : A mobile Chinatown ». C’est une création de Ma Yansong/MA. 

   

Pour suivre le chemin

. Découvrir les petites maisons de Maaloula (Syrie) avec des très belles photos de l’auteur, M. Ali-Abarra,  sur son site http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/syrie/Syrie_4/Maaloula/pages/Maaloula_habitations_04.html

. Pour Zaandam, voir   http://projets-architecte-urbanisme.fr/hotel-insolite-pays-bas-architecture-amsterdam/

. Feuilleter Vivre à Angers de mai 2009 pour trouver en page 26 le projet de l’étudiant aux Beaux-Arts d’Angers  http://www.angers.fr/uploads/media/VAA333_N150.pdf

. Voir un projet malais sur http://blog.ducotedechezvous.com/tag/plateforme-petroliere/

. Les capsules ou cabines hôtels avec un exemple à Osaka sur http://en.wikipedia.org/wiki/Capsule_hotel

. La ville mobile chinoise de Ma Yansong, à voir sur la plaquette d’Europalia China 15.10.2009 21.02.2010, « Heart-Made, The cutting-edge of chinese contemporary architecture »

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 11:33
C'est une profonde mutation que l’on perçoit grâce à l’emploi de termes qui ne sont plus adaptés à la situation nouvelle. On garde des anciens mots qui ne sont plus l’expression d’une pensée - par exemple - que pourraient relever des journalistes qui vont la transformer en information qui fera l’objet de la publication, alors qu’il s’agit d’un message de communication envoyé quasiment tel quel à publier dans la presse.
 
La  rencontre en système démocratique entre les outils du  marketing dont fait partie la communication et le processus de choix des décideurs par les élections aboutit en période électorale à ce genre de confusion. La question est alors de savoir quand commencent et quand se terminent ces périodes où tout fait sens au sens électoral. La réalité montre un amalgame qui se situe dans des zones nouvelles, qui n‘appartiennent plus franchement à aucune des catégories en elles-même: l'évènement, sa traduction en information d’un côté et la communication de l’autre. Le temps lui-même entre dans ce cadre markété. Il devient un outil de plus au service des objectifs à atteindre, la victoire aux élections, grâce à une stratégie globale.  
Muriel Crochet, Lissier, Angers-Doutre

De l’information à la communication

L’art de faire passer une communication pour une information constitue un virage qui modifie profondément le sens de ce qui écrit, dit, montré et transmis par la presse qui ne joue plus que partiellement son rôle d’analyste des faits pour les transformer en information. A proprement parler, il n’y a plus de fait sauf en cas tout à fait exceptionnel d'intrusion de la réalité, comme l'actualité vient de nous le montrer. La communication change le rôle du journaliste qui est toujours perçu comme un professionnel de l’investigation alors qu’il n’est très souvent qu’un passeur de textes qui parviennent à sa rédaction. Avec la substitution d’un fait ou d’une parole qui donne lieu à un écrit du journaliste par un texte publicitaire conçu par des communicants, on franchit un degré de plus et on arrive dans un univers nouveau où les mots sont l’aboutissement de l’usage d’outils publicitaires qui remplacent en tout ou en partie la réalité,  si réalité il reste.  
 

De la communication à la stratégie globale

La création de cette nouvelle « réalité communicationnelle » chasse l’autre réalité réelle sans qu’il soit désormais possible  de savoir s’il reste même une frontière. Dans l’Affaire de la Triple Atteinte (aux Femmes, à la Justice et à l'Information), qui agite les Etats-Unis et la France plus encore, on voit qu’il n’y a plus de parole source ou de fait brut de base. Il y a une construction préalable totalement « verrouillée » par des communicants qui transforment tous les matériaux qui font l’information.  Le langage verbal et écrit ainsi que  tous les éléments de langage non verbal entrent dans une stratégie globale de communication où tout est  codifié de façon à induire autant que faire se peut la réaction du grand public composé d’électeurs. 
 

La réussite comme seul objectif

C’est ce que déclare Stéphane Fouks (Euro RSCG) quand il dit :  «Cela prouve que notre stratégie de communication était efficace puisqu'il (son célèbre client) était populaire». Cet expert de la com appelle en soutien les deux Jacques, Jacques Séguéla et Jacques Pilhan qui disait  que  «tout homme porte en lui six ou sept visages différents. L'art de la communication n'est pas de les montrer tous à la fois ou même de choisir celui qui serait le vrai. C'est de trouver le bon au moment juste. Car c'est toujours le plus efficace».  On remarquera que l’homme de l’art ne parle pas de la création d’un autre personnage que le vrai. Or il s’agit pourtant aussi et surtout de cela, comme le montre l’orchestration de la prise de pouvoir aux Etats-Unis par le patriarche de la famille Kennedy. Les frontières là aussi sautent sous l’effet de la volonté d’accéder au pouvoir. Machiavel ne disait pas autre chose : la fin justifie les moyens.  
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La suppression des frontières entre marketing, élections et communication

Le lien direct qui existe maintenant entre la communication organisée et sa parution quasiment telle quelle par la presse qui la valide en tant qu’information entraîne des conséquences importantes :
. les élections sont conçues comme le lancement d’un produit de marque à très fort enjeu ;
. la presse est un vecteur de communication comme un autre ou plutôt qui permet de faire synergie entre tous les modes de communication. C'est elle qui assure gratuitement le tam-tam;
. les relations publiques sont assurées par des amis, ambassadeurs de "la marque", à qui sont fournis des « éléments de langage » qui seront repris en boucle par la presse ;
. la communication devient la seule matière du lancement, il n’y a plus de produit à proprement dit, ni de programme, c’est la communication qui cannibalise tout l’espace démocratique puisque tout est posture ;
. l’image prend alors une importance démesurée, à prendre au sens propre, puisqu’il n’y a rien d’autre que de la com derrière. Toute atteinte à l’image devient alors insupportable pour les acteurs de cette bulle communicationnelle  qui forme un nouveau marketing qui a tout cannibalisé à commencer par lui-même;
. l'atteinte à l'image en particulier par une photo issu du monde réel est plus grave que le fait qui a motivé l'arrestation.   
 

La création d’une nouvelle réalité

Cette réalité communicationnelle interroge sur la réalité démocratique. On en est là.        
 

Pour suivre le chemin

. Voir sur ce blog la série d’ « un monde markété" ainsi que les "entre-deux et entre-trois »
     
. Lire la recherche de Sophie Coignard et d’Alexandre Wickham « L’Omerta française » 1999
. Photos EP, Pétales de Muriel Crochet et Détail de Niki de Saint-Phalle   
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 17:59

C’est une terrible réalité. Pour mieux comprendre la société, il est complètement admis, sans aucune distance, qu’il faut catégoriser, tout et son contraire. L’outil d’étude, le rangement dans une catégorie, permettant de comprendre le tout. Découpons, recoupons, classons, rangeons, étiquetons chacun dans un tiroir, une case et l’analyse sera non seulement possible, elle en sera facilitée. Oui, à un gros bémol près, c’est que la somme de ces sous-parties ne fait pas l’ensemble. Bien au contraire, elle empêche de comprendre le tout et ne conduit pas à  chercher de nouveaux outils plus subtils que ce gros couteau à découpe en petits morceaux, en ayant perdu ce qui fait sens, le lien entre les sous-parties et avec le tout. 

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L’identification de la sous-partie, objet de l’analyse

Pour asseoir ma démonstration, je choisis volontairement des cibles diversifiées, telles que le genre pour distinguer la femme de l’homme et l’âge pour parler des jeunes par rapport aux autres. Il pourrait y en avoir d’autres exemples mais cela suffit pour montrer l’absurdité de continuer à vouloir comprendre des systèmes globaux sur la base d’un découpage ciblé.  

    

Le genre

L’histoire montre comment notre société a de la difficulté à intégrer pleinement la femme au rang des acteurs de plein droit de la société. En 1789, les députés ont estimé qu’il suffisait de viser les droits de l’homme pour englober ceux de la femme, avec cette conséquence étonnante qu’une femme est un homme comme les autres. Ce qui ne peut que réjouir les femmes engagées dans une démarche active de revendication de la plénitude des droits humains. 

   

Notre époque penche plutôt vers la catégorisation. Les femmes rentrent dans la catégorie « femme. A ce titre, l’ONU par exemple vient depuis le 1er janvier 2011 de lancer un « ONU Femmes » qui regroupe un certain nombre d’institutions jusqu’alors dispersées. On pourrait s’en réjouir. On est en droit de s’en inquiéter au vu des attitudes des Etats membres. Plus la condition humaine est découpée en morceaux, plus il leur est possible aux Etats de signer des grands textes, en faisant des réserves pour tel ou tel segment, les femmes par exemple, sans plus être lié par exemple comme avant par les droits revendiqués comme naturels pour un homme.  

   

C’est ainsi qu’au nom de l’exception culturelle, la polygamie (re)devient un droit revendiqué pour les femmes de certains pays en vue de combattre la prostitution. Citons aussi comme autre exemple, la non-comptabilisation des petites filles dans la prise en compte du taux d’analphabétisme global qui en fait est calculé sur les seuls chiffres des petits garçons dans un grand nombre de pays du Tiers Monde, comme on ne dit plus. Les pourcentages sont plus satisfaisants. Question d’image de modernité., mais pas seulement, on en revient par là à une redéfinition plus précise des droits de l’homme. Il s’agit bien de l’homme, en faisant de la femme une petite fille à vie.   

  Ecailles de cuir, sac à main 

Les jeunes

Le brouillage est tout aussi étonnant. Des jeunes enfants, qui hier encore étaient accompagnés à l’école par des adultes, sont aujourd’hui munis d’un téléphone portable pour appeler en cas de problème sur le chemin. On les voit le matin partir dans le noir seuls avec leur cartable. C’est une image qui reste dans la rétine, à l’opposé de ce qui se passe au Japon par exemple où aller seul à l’école est considéré comme un élément de socialisation du jeune enfant. Mais où l'enfant se rend à l'école avec d'autres enfants de son âge .

 

A l’autre extrémité de la fourchette « jeune », à 30 ans moins un jour, on est encore considéré comme « jeune » pour faire partie d’un conseil de participation aux affaires de la cité dans certaines collectivités. A ce moment là, on vote en tant qu’électeur depuis 12 ans. Adulte de plein exercice à 18 ans, on ne l’est pas assez pour entrer dans un conseil de quartier par exemple, qui a pour objectif aux habitants de travailler en concertation avec les responsables de la ville où l’on habite.  

   

Les conséquences sont fortes en terme de coupure du lien générationnel, de l’impossibilité de travailler ensemble dans les conseils de démocratie participative. Les jeunes ne sont pas associés au développement du quartier et plus. Ils se retrouvent entre eux, saisis des questions à compétence « jeunes » dans un conseil-jeunes uniques dans les villes moyennes. Les plus que 30 ans se retrouvent avec une majorité de jeunes retraités. Ils sont cette fois-ci identifiés par leur logement dans un quartier.  

La fourchette varie selon les endroits. Les Jeunes de Pessamit dans les Premières nations du Québec et du Labrador ont fixé la barre à 35 ans pour des raisons culturelles.  Elle est de 30 ans moins un jour à Angers, de 25 ans à Nantes. D’autres villes se rapprochent de l’âge légal de la majorité. C’est le cas à Rochefort qui visent les 15-20 ans…  

    Terre malaxee par les sabots des vaches jpg

L’influence du marketing

Le marketing est, rappelons-le, un ensemble de techniques permettant d’accroître l’efficacité de la stratégie et de la politique commerciale de l’entreprise. Il s’est étendu ensuite à toutes les sphères de la pensée et de l’action. Les acteurs publics n’échappent pas à ces règles, bien qu’ils ne se situent pas dans l’orbite entrepreneuriale, mais dans celui de la gouvernance. Ils ont la gestion  en commun et c’est là qu’on retrouve la catégorisation qui permet dans le domaine politique de répondre aux différents groupes de lobbying et d'attentes définis en terme de besoins, comme en marketing.  

   

La coupure du lien et la création de sous-catégories mineures en droit

Elle est une des conséquences de la segmentation entre catégories. Celle-ci conduit à isoler la sous-partie de l’ensemble qui garde toute sa légitimité propre au fait qu’il est un tout, alors que pour la sous-partie, les principes généraux de l’ensemble ne sont jamais rappelés tant cela va de soi. Or dans cette manipulation, il y a bien une perte réelle de valeur de la catégorie « femmes » et de la catégorie « enfants » qui sont traités comme des minorités alors qu’elles sont plus nombreuses. 

   

Le renforcement du lien de sous-catégorisation entre elles

S’ajoute à cette descente dans l’échelle des valeurs attachées au genre humain, un autre lien qui est de lier la femme à l’enfant, comme si l’âge d’une femme restait à vie en dessous de l’âge de la majorité accessible aux seuls hommes. L'absence d'accès à la formation dés la petite enfance renforce la sous-catégorisation. C’est le catalogue de la Documentation française qui établit en tant qu’évidence le lien entre la femme et l’enfant. C’est aussi maintenant l’ONU-Femmes, qui parle de « sexospécificités » dans le domaine du développement économique.  

   

L’addition de deux minorations ne fait pas un plus, au contraire. Le principe "Pars pro toto" (la partie pour le tout) n'est pas toujours valable, au contraire.   

   

Pour suivre le chemin

. Sur l’ONU, trouver plus d’infos sur

http://www.unwomen.org/fr/

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/871-onu-la-religion-grignote-les-droits-des-femmes

. Sur les Premières Nations du Québec et du Labrador et les autres, voir

http://www.facebook.com/group.php?gid=158203944200716

. Pour quelques villes ou autres collectivités

http://www.ville-rochefort.fr/democratie-locale/conseil-jeunes

http://jeunes.angers.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Jeunes_seine-et-marnais_CJ77

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 16:17

 C’est une jolie histoire que décrit le correspondant du Monde à Pékin, Brice Pedroletti. Elle montre comment un groupe d’internautes chinois ont pu convaincre les autorités municipales de  Nankin, la première république de Chine, de ne pas ‘transplanter’ des platanes pour cause d’extension du réseau du métro. On les  appelle traditionnellement là-bas des « arbres parasols français » parce que c’étaient ceux que les Français alors puissance occupante en Chine plantaient dans les concessions sous mandat français,  à Shanghai par exemple.  

 Platanes de la Place de la Rochefoucault, Angers

Ces platanes ont en outre la particularité d’avoir été planté, c’est du moins l’histoire transmise, par Tchang Kaï-Check vers 1930. Une première série  de plusieurs centaines de ‘transplantations’ de ces arbres  a déjà eu lieu il y a quelques années, avec un résultat fort prévisible, la mort de quasiment tous ces arbres nonagénaires. 5 ans après cette première expérience traumatisante, la communauté des défenseurs des platanes a su réagir, contre ce qui est de facto la seconde phase d’un massacre programmé. Cette fois-ci, elle s’est mobilisée rapidement,  a fait le buzz avec des photos d’arbres à terre, a contacté un célèbre chroniqueur sportif qui a relayé l’information sur le Net sous ce slogan «  un arbre, ça ne parle pas. Mais un homme, si ». Platanes de la Place de la Rochefoucault, Angers

Pour l’instant, l’opération est suspendue. Le projet d’extension du métro va être revu et promesse a été faite de ne pas transplanter ces arbres. En attendant qu’ils s’exprimer peut être un jour, des habitants leur ont noué un ruban vert autour de leur tronc pour les protéger. C'est un langage non verbal. Une affaire à suivre. 

 

Pour suivre le chemin

. Voir les éléments de base sur le platane et sur Nankin sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Platane

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nankin

. Je n’ai pu trouver de photo montrant ces grands arbres à Nankin .

. Photos EP; les platanes qui illustrent ce billet sont situés à Angers.    

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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