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En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 10:22

Oh, cela n’a rien d’évident, tant l’accueil par les uns que Angers, La Doutre, Logis Ozanam, Damesle remerciement par les autres. C’est si peu évident que les témoignages de remerciement sont rares et évanescents. Le plus souvent, il n’en reste qu’un souvenir qui s’affaiblit avec le temps qui passe et qui partira avec celui ou celle qui a exprimé ce merci du fond du cœur et de celle qui a su le recevoir. Cette fois-ci, j’ai employé le féminin parce celles qui reçoivent les témoignages de gratitude sont les Dames du Logis Ozanam. Et les personnes qui disent merci et qui pour certains savent l'écrire sont des membres de la famille ou des amis de malades ou de victimes d’accident qui sont soignés dans les hôpitaux d’Angers ou des parents en maison de retraite.

 

Le Livre d’Or du Logis Ozanam

Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or dessin, M. SarrazinLe Logis s’est ouvert le 15 septembre 1983. Cela fait donc maintenant 27 ans que ces gros cahiers, ces « Livres d’Or », rassemblent une partie de l’histoire du Logis, vue du côté des résidents. Au début, on ne sait qui écrit. Parfois les personnes donnent seulement le nom du ou de la malade avec seulement le nom de famille, en faisant parfois précéder leur nom de « Famille » écrit en toutes lettres   ou une signature avec un texte qui met l’accent sur l’accueil « simple et chaleureux », « l’esprit de famille » qui règne au Logis, « le réconfort » des « merci » aussi qui montre que tout est dit.

 

La première personne qui date et signe clairement sans donner toutefois son prénom écrit le 12.11.1983 : «  La création du Logis est une idée exceptionnelle aussi bien matériellement que moralement car l’ambiance et l’esprit que l’on y trouve sont rares. Je souhaite que dans toutes les grandes villes de France dotées d’un centre hospitalier s’installent un tel Logis. Merci. X. Y…...

 

La presse lors de l’inauguration

Deux articles de presse (Courrier de l’Ouest et Ouest-France) ont été découpés et collés le 26 septembre 1983. Le premier porte un dessin de M. Sarrazin, le second rappelle cette très belle citation du président national de la Société Saint-Vincent de Paul, M. Blanc «  la pauvreté, c’est parfois simplement de se Doutre, Logis Ozanam, escalier interieur,retrouver seul ». A l’époque, la nuit d’hébergement au Logis coûtait 45 francs.

 

Le malade

Le trait commun à tous ces témoignages du début du livre porte sur la très grande retenue concernant le malade. Son prénom est parfois cité mais seulement quand il s’agit d’un enfant. On rencontre ainsi Anne-Marie, Chantal, Julien, Laetitia…Quand il s’agit de personnes âgées, c’est alors au mieux « mon père, ma mère », parfois les deux à quelques semaines de temps. Ce monsieur écrit: j'ai été « accueilli  avec tant de gentillesse et de compréhension pendant les trois semaines d’épreuves, que j’ai passées, lors de l’hospitalisation de mon épouse ». Une jeune maman : « nous vous remercions, mon bébé et moi ». 

 

La durée de l’accueil

Une dame a ainsi passé trois mois au Logis, sans lequel dit-elle « je ne sais vraiment pas où je serai allée ». On ne sait rien des raisons qui l’ont fait venir mais elle dit son émotion pour le petit cadeau de Noël qu’elle a reçu pendant son accompagnement. D’autres indiquent seulement les dates d’arrivée sans commentaires : 17 septembre-26 octobre. Ces indications sont rares. En fait, ceux qui témoignent surtout au début ne pensent pas à laisser une empreinte de temps. Quelques années après, le temps fait son entrée dans le livre, surtout sous l'influence des témoignages de personnes d'autres nationalités.   

 

Le témoignage

LesDoutre, Logis Ozanam, Livre d'Or , témoignage mots qui sont écrits se ressemblent beaucoup ; ce qui figure déjà dans le livre inspire évidemment ceux qui les lisent ensuite, surtout pour commencer leur texte. Mais ce qui compte, c’est la sincérité et la force des remerciements, avec pour chacun ou presque un mot, une phrase ensuite qui va colorer son témoignage de façon personnelle. Cette dame par exemple, en fin de paragraphe : « je sais que je ne serai jamais plus jamais seule et cela me redonne courage ».

 

Toute une famille allemande remercie en indiquant le nom des membres de leur famille et leur adresse à Eldingen en Allemagne. Ils pensent que ce serait une bonne idée que d’avoir de telles maisons d’accueil en Allemagne.

 

L’origine géographique de ceux qui écrivent

Ils viennent de toute la région, d’Angers bien sûr, de Montsoreau, de Mayenne, du Poiré sur Vie en Vendée, d’Agen. On peut également citer Argenteuil, Saint-Léger du Morbihan, l’Ile d’Yeu  mais aussi de plus loin : d’Angleterre, d’Allemagne, du Zaïre, d’Alger, de Côte d’Ivoire, de Colombie, de Syrie, des Etats Unis ou du Laos pour un médecin hébergé à Ozanam le temps de sa formation au CHU… Chacun écrit dans sa langue, avec son écriture. C’est certainement là qu’il y a le plus de Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or , témoignagedifférences. On remarque des façons anciennes de former les lettres, les modes actuels, les écritures étrangères que l’on remarque très vite. On devine l’âge, l’émotion qui font trembler les lettres... 

 

D’autres s’essaient au français, comme ces quatre membres d’une famille américaine, une dame et ses enfants qui se sont fait du souci pour le « papa » (je pense qu’il s’agit de son mari et père des enfants)  qui ont tous été  accueillis de façon « si chaleureux et doux.. Tout le monde au Logis avait été très gentils. Il m’a assisté avec toutes mes difficultés et soucis. Les enfants avait été très heureux ici, c’est comme ‘chez nous’. C’est difficile d’écrire  ce que je veux dans une langue étrangère mais Merci, mille fois pour tout… ».

 

Les dames bénévoles

Au début, elles sont incluses dans les remerciements puis très vite, elles sont cités en premier « un grand merci à ceux et celles qui bénévolement s’occupent de cette maison si bien organisée… ». Dans la quasi-unanimité des cas, les personnes parlent des bénévoles, sans jamais dire que ce sont uniquement des femmes.

 

Les cartes postales et les photos

Certains préfèrent témoigner une fois rentrés chez eux. Au calme, ils prennent le temps de choisir une carte postale et d’envoyer des mots de Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or dessingratitude. C’est ce que fait une famille qui a choisi une carte de la Stfitskirche de Stuttgart. Puis les premières photos apparaissent. Ce sont les bébés qui ouvrent la porte de l’image et de la personnalisation. Le premier apparaît en 1987. Il sera ensuite suivi par beaucoup d'autres . On les voit à l’hôpital ou de retour à la maison.

 

Il existe un cas bouleversant. C’est celui d’une maman dont le fils de 17 ans est décédé à l’hôpital sur la table d’opération. Il ne lui a pas été possible, quand elle a quitté le Logis Ozanam, d’écrire quelques mots. Elle l’a fait deux ans plus tard en joignant une photo du jeune homme, dont la présence souriante reste ainsi à jamais.

 

Un seul dessin a été fait directement dans l'album. C'est une oeuvre d'une dame allemande de Stuttgart.  

Quelques témoignages en guise de non-conclusion

« Monsieur B. R. est décédé ce matin…Son ami (c’est donc celui qui écrit) est venu cette après-midi pour inscrire sur ce livre cette phrase : ‘le Logis Ozanam, c’est la maison du Bon Dieu’ et il vous remercie tous ».  

 

«  Le Logis n’est pas comme une auberge espagnole où on ne trouve que ce qu’on y apporte.

On vient avec sa détresse et on y trouve réconfort.

On vient avec ses soucis et on y trouve amitié.

On vient avec sa peine et on y trouve chaleur humaine. 24-2.85 F. C…de Lassay, Mayenne »

 

«  Cette maison

            c’est comme un grand protecteur Doutre, Logis Ozanam, escalier interieur,

            qui nous entoure, nous sécurise

            et nous écoute.

 

            Ce protecteur est beau, sincère

et nous sourit.

 

Félicitations à tous les bénévoles pour votre

            extraordinaire travail.

            merci de tout coeur 

                                                A… C…

                                                Québec, Canada »

 

«  3 Sept 96

            Whether your stay here is for happy or unhappy reasons, be assured you are among friends. We have been treated to the almost kindness, consideration and sympathy by all and for our time here, we had not some where to stay but a home.

            Merci mille fois à tous. S…, K… and D...C...”

 

Pour suivre le chemin

Ce billet n’est pas une analyse de tous les témoignages de remerciements qui s’expriment depuis 1983. Des quatre Livres d’Or, il n'en reste que trois qui sont si riches, si divers et d’une telle amplitude de sentiments qu’ils méritent une véritable recherche dans le domaine des sciences humaines. Ce n’est pas mon propos.

 

Mon but est seulement de mettre en lumière un court instant quelques aspects seulement des émotions ressenties par les résidents du Logis Ozanam lors de leur départ ou de leur retour chez eux, en me limitant au début et à la fin du premier livre.  

. Voir le billet précédent sur ce même blog

Le Logis Ozanam, une maison si charmante à Angers, Doutre (49)

. Photos EP, n° 1, 

- de gauche à droite, Isabelle Gireaux et Liliane Lecourt, les deux dames en charge de l'entretien du Logis et  deux des dames en charge de la gestion de l'association, avec Christiane Schwartz trésorière, qui est debout,  et Simone Cravignac qui en est la présidente , photos de l'escalier avant et après restauration coll. du Logis et entre les deux, des photos de témoignages tirés du premier album.             

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 10:44

Constater la saturation visuelle par la publicité

Avant le passage à l’an 2000, des chercheurs avaient calculé l’impact visuel Effet de lainage blancpublicitaire en ville, c’est à dire la rencontre entre une publicité et la personne qui passe, quel que soit son mode de locomotion, à plus de 700 expositions/jour et +. Ce genre de calcul ‘ à l’américaine’ où toute information doit être chiffrée,  est forcément tout à fait contestable en raison de son mode trop aléatoire de calcul en situation. Voyons les trois composantes.

. Tout dépend bien sûr de savoir dans quel pays, quelle ville, dans quel quartier, dans quelle rue, à quel endroit, à quel moment… Ca, ce sont des critères applicables au territoire.

. Du côté de celui qui est supposé voir, entendre, sentir cette publicité, les critères sont aussi nombreux, dans le sens où ils sont infinis puisque tout dépend de la personne et de sa perméabilité à la pub.

. Quant à la rencontre elle-même, la connaissance de la mentalisation de la publicité a fait certes de grands progrès mais n’en est qu’à ses débuts. Il ne suffit pas de voir une publicité pour qu’elle fonctionne. Pourtant c’est bien sur cette possibilité de « rencontre » que se vend la pub auprès des annonceurs. On est capable de dire après-coup pourquoi une pub a marché, mais pas encore de prédire qu’elle va marcher. Ouf, heureusement !  

 

Apprécier les différents degrés d'imprégnation publicitaire

Quoiqu’il en soit de ce nombre d’expositions, Ecailles de cuir, sac à mainle fait est qu’il y en a tant et plus qu’il n’est possible de dénombrer consciemment les présences publicitaires dans l’espace public. Outre celle qui est qualifiée comme telle, la publicité a mangé tout notre espace avec la pub pour la presse visible sur les panneaux, des hauts-parleurs que l’on entend dans la rue, des écrans de télévision désormais installés en ville sur les grandes places et la simple vue d’une enseigne qui fait de la pub, sans même parler des marques sur le dos, les sacs, les chaussures…. Elle atteint des sommets puisque de nombreuses d’informations classées officiellement comme telles sont en fait de la publicité envoyée par les entreprises et qualifiées souvent sans transformation ni valeur ajoutée propre par la presse en info.  On a déjà franchi la cap de ne plus savoir distinguer ce qui est pub et ce qui est info ‘pure’.

 

Retrouver une certaine fraîcheur mentale et visuelle

La question se pose désormais de savoir comment il est possible de garder ou de Encre noir et blancrecouvrer  un peu de fraîcheur pour choisir – soi – ce qu’on a envie de voir plutôt que de subir, sans réactions possibles, celles que d’autres veulent nous imposer, toujours pour notre bien. Vous l’avez bien remarqué. Un des jeux en réaction à votre disposition est de transformer votre sortie dans l’espace public hors de votre appartement en traque animalière murale.  Il n’y a là rien de bien singulier. Le thème seul change un peu. Quand vous faites des tours de découverte d’une ville, un guide à la main, vous faites bien la même chose.

 

Un jeu vous permet de retrouver une part de liberté et ce faisant un plus grand espace personnel de vie dans l’espace public : vous fixer vous vos propres objectifs de ce que vous cherchez à voir. Les thèmes sont là aussi infinis puisque tout dépend de vos goûts, de vos désirs, du lieu et du moment. Avec un premier résultat absolument étonnant, c‘est que bien souvent  vous trouvez ce que vous cherchez, en application de l’adage ‘on voit ce qu’on cherche’. Dans le même sens, vous vous surprenez à découvrir des choses devant lesquelles vous êtes souvent passé sans les avoir jamais repérées précédemment.

 

Choisir ses thèmes de jeu

Bien sûr, vous pouvez aussi, et il est recommandé Impression noir au tampon sur papierpar des connaisseurs de la pensée, de vous laisser flotter, immerger dans le lieu où vous êtes, comme dans un bain interculturel, un bain de jouvence pour repousser trop de clichés ou d’images reçues. Ceci n’est pas contradictoire. Vous n’êtes pas dans un choix ‘fromage ou dessert ?’ Là, c’est ‘les deux et + encore’. A votre choix, la possibilité de parler aux gens dans la rue, les jardinets, le végétal en ville, à commencer par les mini-jardins de rue que plantent les habitants devant chez eux, les devantures de certains magasins vintage, les soldeurs de bouquins, le street art, la différence – un vaste sujet à décliner – la couleur, les façons de marcher en ville, la cohabitation dans le tram, les façons de faire ses courses, la présence d’un animal au bout d’une laisse, les terrasses de café, les  vêtements hors mode, la perception des nationalités, les façons de conduire et de se conduire, la relation à la pub…

 

Prendre l’exemple du photographe Christophe Louergli

C’est un jeune artiste belge pour qui « photographier, c’est respirer ». Son Lumiere, papier, bambou et ficelledomaine de sélection porte sur le détail d’une extrême banalité, devant lequel on passe tous les jours et qui un jour va lui parler. L’ensemble crée un monde qui prend sens par ses yeux et qui, grâce à lui, va porter sens pour d’autres que lui. Il est un transmetteur d’émotion, d’une émotion d’autant plus forte qu’elle est subtile, aérée, évanescente, impalpable et pourtant si présente. Elle est transmissible. Son travail est fondé sur un regard qui accepte la lenteur de l’instant.

 

C’est à cela que  je pensais en voyant la belle exposition consacrée à Raoul Ubac par la ville de Trélazé (49). Ses lithographies sont accompagnées par des photographies de Christophe Louergli qui jouent  « en résonance » avec l’œuvre de Raoul Ubac. Et ces résonances trouvent un écho singulier chez celui qui regarde. Un jeu à trois singulier, qui ouvre l’œil, avec une qualité de profondeur impressionnante. J’ai rarement vu un lien d’une telle densité entre une œuvre imprimée, une photographie et la  personne qui fait le lien  entre chacune d’elles d’abord et elle-même ensuite. Avec des découvertes remarquables, dans le jeu d’étincelles entre l’artiste Raoul Ubac (I910-1985) et le photographe né en 1976, il y a enrichissement pour celui qui regarde.              

 

Pour suivre le chemin

. Voir le catalogue de l’exposition du centenaire de Raoul Ubac à Trélazé, Anjou 2010.  

. Raoul Ubac à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Ubac

. Retrouver Christophe Louergli sur son blog http://louerglichristophe.artblog.fr

Il est aussi présent sur Facebook : on y voit une photo de mur en ardoise. Comme il le dit dans le catalogue du salon, il préfère s'exprimer par la photographie. 

. Photos 'noir et blanc' EP   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 12:14

Une photo de Philippe Moussa

C’est une photo qui m’a tapée dans l’œil. Je l’ai découverte sur le blog du photographe Philippe Moussa, qui m’a autorisée à la reproduire. Il a une forte sensibilité à la photographie de nuit, expressionniste et minimaliste, qui se recentre sur l’essentiel. Celle-là est à mon sens très particulière.

 

Station service Philmous-sur-la-route1

 

La théâtralisation

Avec cette représentation d’une station service, comme si on était au théâtre, l’auteur a réussi a capté une véritable magie un peu glacée. La composition est à la fois très symétrique et à la fois décalée. Nulle fantaisie ne ressort de cette architecture réduite à une dalle et un toit porté par 6 poteaux, placés deux par deux au tiers de part et d’autre du toit. On retrouve la volonté de symétrie avec les bornes de distribution d’essence et de fuel.  

La lumière et la couleur

Sa blancheur éclairée de l’intérieur forme un halo qui fait ressortir la ligne des formes et le rouge de Total. La partie droite de la photo, prise comme si on sortait de station, met en valeur les lampadaires d’éclairage, la lune en haut dans le ciel noir et la rondeur de la réserve de gaz. La partie gauche de la photo  est à peine esquissée : on devine que c'est l'entrée à voir l'arrière dles panneaux d’accès et les rails de protection pour accéder à la station.  

L’ordre et la netteté

Il faut que tout soit ordonné pour que l’automobiliste puisse prendre de l’essence dans les conditions optimales de délivrance. L’étonnant est la solitude qui se dégage, une solitude assortie de politesse et de netteté. Nulle  fantaisie n’est visiblement admise, ni recommandée. Nulle zone d’ombre ne peut s’infiltrer quelque part. Tout doit visible pour ce qui est à voir ou caché pour ce doit l’être. Il s’agit des réservoirs, des tuyaux… et de la présence humaine du service.  

L’automatisation

Elle est au cœur de ce concept de station service, tourné vers le client. Elle a pour conséquence de chasser toute influence humaine lors du remplissage du réservoir. Il y a certainement un autre bâtiment proche où se tient l’équipe en charge de la station. Mais on ne la voit pas et son importance est quand même seconde par rapport à la distribution d’essence.  

L’absence de dimension culturelle territoriale

Où sommes-nous ? La photo de la station service ne le dit pas. On pourrait être dans une quelconque des 21 régions de France ou de l’Union européenne. Le bâtiment serait le même.  C’est une des conséquences de cette automatisation de notre société toujours fascinée par la liberté et la puissance que donne la voiture. Ce type d’architecture où tout est conçu par la société dirigeante au profit de la marque, Total en l’occurrence, est implantable tel quel dans n’importe quel pays du monde.   

La culture Total

L’architecture et  le design Total ont chassé toute référence à l’ancrage territorial par l'homme pour y substituer l’ancrage de la marque.  

Pour suivre le chemin

. La station service se trouve quelque part entre Nantes (44) et Angers (49) France.  

. Retrouver les photos de Philippe Moussa dans un de ses blogs

http://angersblog.net/

. Lire sur ce thème des 'petites maisons' quelques billets déjà parus sur ce blog

Deux abris de pêcheurs dans l’Ile de Béhuard en Loire (49), France

En Australie, une petite maison de pêcheur sur le lac

Le Bull rue Chef de Ville à Angers

Une île en Loire, bleu sur bleu sur vert, loin de la ville

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 16:13

Après la vision de la ville qui a servi de publicité à Total, une des grosses sociétés encore françaises, voici celle de l’ANPE dont je vais développer le sigle pour nos amis étrangers. Il s’agit de l’Agence nationale pour l’Emploi, l’office gouvernemental chargé d’aider les personnes sans travail à retrouver un emploi.

 

Ville-Pub ANPE Le Monde 04.09.2008 

Il s’agit d’une pub tout à fait spéciale. Si vous enlevez le macaron qui se trouve au milieu de l’affichette parue dans Le Monde du 4 septembre 2008, il vous est impossible de savoir quel organisme ou quel produit est porté par cette pub. Il s’agit du centre d’une ville très animée. Il y a plein de gens sur la place et dans les rues qui y conduisent.

 

Aucun monument, ni repère ne vous permet d’identifier le lieu ou la source d’inspiration de l’auteur du dessin.  Il n’y a aucune référence de source. On y voit des gens parler, jouer, admirer... Très peu sont pressés d’aller ou de quitter la place. Certains ont sorti tables et chaises sur les trottoirs. Ils ont envahi tout l’espace public, sans souci des voitures. Et pour cause, il n’y en a qu’une seule à l’arrêt, un enfant assis sur le capot. Par contre deux d’entre elles ont le capot ouvert, avec des hommes en bleus en train de se pencher. Il y a des camionnettes garées en forme de U ouvert, pour vendre du poisson, des saucisses, des fleurs,  des soins…Deux boutiques, Optique et Labo, sont ouvertes. On voit des gens qui travaillent dans des bureaux à mur de verre. La seule certitude est qu’ils sont tous blancs, à l’exception de 6 noirs chevelus. Ne me demandez pas combien ils sont au total, je n’ai pasq le courage de les compter.

 

Il y a du vert aussi, mais ce n’est pas celui du végétal. Il n’y en a pas. C’est le vert du sport. Seules trois mouettes volent dans l’air à gauche.  Ce qui frappe, c’est l’absence de sens ou de mouvement de  cette place ville ouverte sur le jeu. Les enfants courent, jouent, font du vélo, du sport. C’est intriguant parce que cela ne représente rien de ce que nous connaissons.

 

C’est l’ANPE qui a choisi cette représentation d’une société qui se réjouit d’être dehors pendant que très peu sont enfermés dans des bureaux au travail derrière des murs. On ne doit pas être loin d’une proportion 20/80, où seuls 20% travaillent pendant que les autres sont au plein air. C’est une pub pour trouver son collaborateur parmi les 700 000 CV du site emploi « le plus consulté notamment pour les cadres ». Doit-on féliciter l’organisme d’avoir un carnet d’adresses aussi fourni avec tant de personnes dehors qui proposent leurs forces de travail ? Sont-ils ceux que l’on voit dehors à jouer avec leurs enfants aussi gaiement ? 

 

Ca interpelle. Vraiment.

       

Pour suivre le chemin

. Voir le site du n° 1 de l’emploi en ligne sur anpe.fr.

. Sur ce blog, lire  V03 comme ville-pub > Total et Les Echos

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 16:32

Isabelle Bigé est un phénomène dotée d'une énergie farouche qu’elle consacre à ce qu’elle considère relever de sa responsabilité individuelle et collective : œuvrer à la création de liens entre les gens, quels que soient leur genre, leur nationalité, leur place dans la société ou leur qualité d’électeurs...

 

Isabel Bigé, l'ArchipelCe qui compte pour elle se nomme : réduction des inégalités, respect du droit, en particulier des droits de l’homme et de la femme et action sur le terrain sociétal et donc forcément politique. Personne n’ignore en France depuis la révolution française (celle de 1789) que la femme après tout n’est qu’un homme comme les autres. Ce dont elle et moi doutons fortement au niveau des droits. Je précise le point des droits tout de suite car elle est juriste et ce n’est évidemment pas un hasard.

       

Juriste, elle l’est devenue par ténacité. Après avoir commencé ses études de droit, elle avait du les interrompre très rapidement et n’a pu les reprendre  que des années plus tard, bien décidée à mener à bien ce projet qui lui tenait tant à cœur : connaître le droit, social et pénal en particulier, pour comprendre la société et pouvoir agir Culture sur balcon, le jardin aux fleursau mieux. Elle s’est spécialisée dans le droit du logement. « Je suis, dit-elle, directement concernée par ce qui se passe dans la Cité. Actuellement par exemple, je suis co-présidente, suppléante des habitants de mon quartier au sein du Conseil Consultatif et représentante du collectif que j’ai créée dans mon immeuble…».  

 

Outre la ténacité et la persévérance qu’elle possède naturellement, Isabelle Bigé a acquis une grande connaissance des systèmes. Elle a une profonde compréhension des relations de pouvoir et de ce qui fait la force des réseaux : elle est membre active de plusieurs. J’entends par là qu’elle sait que ce qui fonde la force d’un réseau réside en l’apport de chacun au profit de tous. Il ne s’agit pas comme le croient un grand nombre de personnes, même adultes, qu’il suffit d’adhérer pour recevoir. C’est plutôt l’inverse d’ailleurs car il s’agit de faire avancer les valeurs en lesquelles on croit, en ajoutant le facteur temps en plus.

 

Outre ce temps, dont elle sait user en stratège, elle a une très bonne connaissance du champ social et politique. Elle a choisi depuis plusieurs années maintenant d’assister à Culure sur balcon, harmonie de couleurschaque conseil municipal d’Angers  qu’elle revendique comme sa terre d’appartenance. Enfant, elle  a vécu dans de nombreux pays en famille en fonction des missions confiées à son père ingénieur hydro-géologue expert. C’est ainsi qu’elle a vécu en Iran à Mashed à côté d’Ispahan, au Caire en Egypte, en Lybie... Elle possède une approche très naturelle de ce qui tisse le lien au-delà de la différence avec l’autre et connaît l’importance de l’ancrage dans une terre. Des différences qu’elle retrouve ici aussi sous d’autres formes autrement.

 

De l’enfance, cette tresseuse de liens a aussi conservé cette chaleur humaine que sa famille du Vaucluse par sa mère et celle de Paris par son père lui ont transmise. Elle garde aussi de sa grand-mère du Midi, cuisinière dans une grande maison, le lien avec la nourriture conjugué avec le plaisir de la création artistique et de la couleur dont elle joue avec profusion. De la famille de son père, elle a hérité de se sentir chez elle Quiche a la truffe du Luberon, I. Bigéà Paris, le goût de la résistance, celui de la terre et des plantes du maraîchage.

 

Isabelle Bigé est une fine cuisinière qui adore inventer des nouveaux plats. Elle connaît la valeur du don. Je me souviens en particulier d’une quiche à la truffe du Lubéron servie avec un Côtes du Lubéron avec, en guise de cadeau d’accueil, une petite pochette de graines de haricots d’Espagne à planter.

 

Pour suivre le chemin

Prochainement sur ce blog un prochain billet d'Isabelle sur la recette familiale d’Alice, sa grand mère du Vaucluse, sur « les vraies tomates farcies »

 

Pour avoir quelques informations sur

. le CCQ d’Angers Doutre Saint-Jacques Saint-Lazare sur www.angers.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/CR_RP_3-03-10.pdf 

. L’Archipel, la maison du quartier

http://www.maisonsdequartier-angers.fr/maisons-de-quartier-angers.html

 

. René Char, le grand poète originaire du Vaucluse et grand résistant qu’elle admire   

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Char

. Terra Botanica, le parc ludique consacré au végétal à visiter quand vous venez à Angers. Le parc a déjà accueilli 35 000 visiteurs un mois après son ouverture au printemps

www.terrabotanica.fr/parc-attraction-theme-vegetal-en-anjou

www.angers.villactu.fr/.../terra-botanica

 

Photos EP: Isabelle à l'accueil des Nouveaux Habitants à l'Archipel, son jardin de balcon et la fameuse quiche à la truffe. Autres photos dans "Personnes-Personalités", "Angers" et "Manger"

 

 

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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