En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Présentation

Recommander

Art

Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 19:06

Cette artiste a deux prénoms, deux noms et au moins deux professions artistiques. Deux au moins parce que dans ce domaine, elle pourrait en revendiquer d’autres comme formatrice et scénographe. Anna-Marie Donaint-Bonave adore transmettre et regrouper autour d’elle des publics très différents pour leur découvrir des savoirs à partager ou à faire s’exprimer avec la main. Aller à la rencontre des autres artistes est aussi une des premières démarche qu’elle a faite à son arrivée à Angers en Anjou, venant de Lille. Elle a recherché les artistes ouverts comme elle et veulent partager et échanger. Anne-Marie est une rassembleuse solitaire. Depuis, elle continue sa route. Elle revient de Villeneuve d'Ascq (Lille) où elle est allée inaugurer sa dernière exposition  "Carnets de Bol"autour de ses derniers travaux de terre, pastel et acrylique.

 

Les carnets de terre

Imaginez des carnets à spirales, format 10 x 18, dont vous pourriez détacher chaque feuillet de terre. La forme est obtenue par l’utilisation d’un cadre ; chaque feuillet possède 15 trous sur une des largeurs, pour reproduire le style des feuilles papier et pouvoir ensuite être accroché au mur avec ficelle et cordes à linge.

 

Le feuillet, réalisé dans ces feuilles d'argile mine,  est cuit très rapidement à basse température (+ ou - 1000°) et subit ensuite un enfumage, des caches et des argiles de couleurs différentes. Chaque page est donc une création originale, l’œuvre d’un instant court qui s’inscrit en même temps dans une série longue d'une petite centaine par expo. Juste avant la solidification en phase de refroidissement, quand la pâte est encore modelable, Anne-Marie passe le bombée d’une cuillère ou une agate sur la surface de façon à avoir un lissé doux à la main. Une fois l’argile refroidie, elle enduit légèrement la surface de  cire d’abeille de façon à protéger le feuillet, renforcer les couleurs et obtenir un satiné perceptible à l’œil et à la main.

 

Les bols

« Cette série s’inscrit dans une démarche que j’ai commencée il y a plusieurs années. Quand j’étais encore étudiante à Paris en Arts appliqués, j’ai fait une découverte qui m’a profondément marquée. C’était au Musée Guimet, j’ai vu des bols, ces concentré de volumes et de pleins qui s’inscrivent dans la main, avec des courbes qui répondent à d’autres courbes. J’ai eu un déclic et c’est certainement une des raisons qui m’ont fait travailler la terre. A l’époque, je ne connaissais pas toutes les symboliques de ce contenant (voir le bol tibétain). Cela me le rend encore plus sympathique aujourd’hui.

 

Le bol est quelque chose de très fort. En français, il ne porte aucune signification négative. On dit qu’on est cruche quand ça ne va pas  ou qu’on a du bol quand on a de la chance.  Le bol est quelque chose qui rassemble, il fédère les gens. Il est déjà en lui une clé de rencontres. Des gens par exemple m’ont donné des textes, on m’a apporté des dessins de bol de façon spontanée.  C’est comme ça que j’ai demandé aux artistes avec lesquels je partage quelque chose, de bien vouloir me faire des bols. J’en ai une centaine maintenant ».

 

L’exposition de Villeneuve d’Ascq

A un moment, elle a craint, comme tout artiste, de s’enfermer dans son bol en cédant à une certaine facilité de l’habitude. Il lui a semblé qu’il ne lui fallait pas se polariser dessus. Et puis très vite, elle compris qu’il ne sert à rien de s’interdire. Le bol est un de ses fils rouges. S’il est présent et se continue à se dérouler, pourquoi arrêter. Il ne l’empêche pas de faire autre chose.

 

A Villeneuve d’Ascq, la céramiste a lancé l’opération dessine moi un bol’ en se disant que ce serait un bon test pour voir si les visiteurs étaient aussi sensibles qu’elle à ce mythe. La réponse est oui. C’est ce que lui a annoncé le médiateur culturel quand elle lui a demandé comment ça se passait. Comme la salle est grande (120 m2, 3,50m sous plafond), des câbles ont été tirés de part et d’autre, sur lesquels les dessins de bol des visiteurs adultes et enfants sont suspendus. Ils sont déjà pleins, il a fallu tendre 3 câbles de plus.

 

La technique du raku pour les bols

Les bols qu’elle façonne et cuit sont issus de la technique du raku. « C’est un mode de cuisson céramique rapide qui a été inventé au 6ème siècle lors de la codification de la cérémonie du thé au Japon. On rentre les pièces avec des pinces dans la four à chaud. Après 40 minutes à une température à 950°, on défourne  la pièce incandescente et on l'enferme avec de la sciure, du foin ou du papier journal qui dégagent du carbone en s’enflammant. La terre va absorber ce noir. C’est une technique minimaliste et qui donnent des résultats rapides intéressants au contraire de la cuisson dans de grands fours qui nécessitent beaucoup de technicité ». C’est la raison pour laquelle Anne Marie Donaint-Bonave organise des stages de raku à Villevêque près d’Angers.  

Celle des terres polies enfumées pour les carnets

C’est une technique encore plus minimaliste que celle du raku. « Après avoir beaucoup utilisé les grands fours, j’ai voulu revenir à plus de simplicité, on peut même dire à dire du basique. Il me fallait de la spontanéité pour alléger la technique. C’est ce que j’ai utilisé pour les carnets. C’est un peu ce que ferait un grand cuisinier avec un oeuf au plat. La terre polie enfumée est un croisement d’une grande liberté, de travail au pinceau pour les noirs et de l’aisance technique du céramiste ».

 

Que ce soit dans cette voie de la céramique ou dans celle de la peinture, Anne-Marie Donaint-Bonave aime à mêler les genres et à brouiller les cartes. Elle ne voudrait pas être cataloguée dans une seule technique, ni un seul art. ce serait pour elle une perte de sens et de vitalité. On le lui reproche au nom de la visibilité de l’artiste. Pour elle, la création est forcément issue d’un chaudron bouillonnant. On n’est pas céramiste pour rien et l’art de la rencontre de la terre et du feu, elle maîtrise. C’est aussi certainement pourquoi, elle cherche d’autres voies d’expression, en jouant cette fois-ci les effets de transparence.

 

La recherche de la transparence

Une des œuvres maîtresses qu’elle a exposée à Angers lors des visites de son atelier a pour titre « vent léger ». C’est un diptyque de grandes dimensions (170 x 43cm x 2) aux harmonies fines, aux lignes en mouvement avec un effet profondeur curieux. Comme il y a deux panneaux, Anne-Marie a cherché aussi à avoir deux surfaces, une dessous, celle du tableau peint à l’acrylique sur une toile de transat rayée, et une autre au dessus constituée par un voile léger, que l’on imagine soulevée délicatement par un « vent léger ». C’est le titre de cette œuvre qui se situe dans le cadre d’une recherche de la transparence et d’un travail sur l’espace.

 

L’espace est un autre fil rouge de cette artiste qui revendique sa capacité à ne pas se laisser brider dans un seul genre, un seul art, un seul style. Elle ne veut pas être catégorisée ni être enfermée dans une seule définition. Elle qui sait travailler des petits bols à la taille des deux  mains réunies dans le geste d’offrande, elle aime quand elle a ses pineaux à la main faire de grandes toiles à la présence forte. Ses bols font alors 100 x 100cm. Cette fois, c’est la couleur qui éclate, un rouge comme celui qui est issu d’un brasier.

 

La danse

Et on se surprend à penser qu’il y plusieurs points communs entre la boule d’argile pétrie qui devient bol, la boule mise à plat qui est feuillet où laisser son empreinte, une boule devenue carnet qui une fois repliée devient un tube creux , la toile qui reproduit le feu à l’origine de la création, le vent qui fait bouger les toiles de la création et la transparence qui  jour à compléter la pesanteur du bol en main, sans oublier les tiges de fer sur lesquels Anna-Marie Donaint-Bonnave a enfilé des tubes d’argile, comme autant de bambous noirs au-dessus  desquels volent des dessins de bols suspendus à des câbles par des pinces à linge.

 

A Villeneuve d'Ascq, pour structurer l’espace dédié à l’expo, Anne-Marie, la scénographe, a placé des grandes tiges de métal pour soutenir des cylindres d'argile cette fois-ci noircis, comme autant de réponses à ce qui se passe sur les murs. Des formes rondes, vides, qui s’empilent pour former des bambous d’argile, qui parlent à des feuillets posés au mur dans l’attente de la réaction des visiteurs, qui vont dessiner des bols. Il y en a déjà près de 300 à flotter dans l'air.   

 

Pour suivre le chemin

. à voir le site d’Anne-marie Donnaint-Bonave : www.donaintbonave.com

. L’exposition de « Carnets de Bol » est visible jusqu’au 24 avril 2009 à la Galerie de l’Atelier 2 à l’Espace Francine Masselis, ferme Saint Sauveur, Avenue du Bois, Villeneuve d’Ascq, 03 20 05 48 91

www.atelier-2.com

. Anne-Marie Donaint-Bonave est présente à une importante expo de livres à Chartes "Délires de Jivres "jusqu'au 4 mai.
Photos AMBD  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 10:06

 La résistance, Pierre-Yves Ginet de l'agence Rapho connaît bien. C’est le mot qu’il a choisi pour le titre de sa dernière exposition de photos. Elle a lieu à l’Hôtel de Région des Pays de Loire à Nantes, dans l’Ile Beaulieu, jusqu’au 6 mai 2009. Son titre « Femmes en résistance ». Vous aurez beau cherché, vous ne trouverez pas de photo de lui ; des femmes, oui. Des femmes battues, martyrisées, violées et qui se relèvent, repartent dans la vie, avec leurs cicatrices visibles ou invisibles, qui pleurent et rient, se mobilisent, s’encouragent et continuent. Des femmes debout, en marche, qui avancent et qui vont au charbon.

 

Parmi des milliers de personnes rencontrées et encore plus de photos qu’il ne compte évidemment pas, Pierre-Yves a choisi de mettre cinq de ces femmes à l’honneur. Avec à chaque fois, cinq éléments, à savoir une photo qui éclate, une ou des femmes, un verbe actif, un texte pour mettre la photo en perspectives dans une démarche active et l’histoire en verso.

 

Commencez par imaginez cinq rondes composées de cinq verbes en mouvement dans la photo à un endroit d’équilibre qui change à chaque fois. L’ordre de ces verbes change selon ce que le photographe entend mettre en lumière. Il appartient donc à celui qui regarde de fixer son ordre de lecture, à moins qu’il se détermine, comme moi par l’attrait, le lien avec certaines photos et moins d’autres.

 

Voici l’ordre  de Reconstruire :

--) SURVIVRE 1 --) RESISTER 2 --) EXISTER 3--) RECONSTRUIRE 4 --) MILITER 5 --)

 

Et l’ordre des autres photos en gardant la trace à chaque fois par la couleur du rang occupé dans la photo précédente: 

Survivre =  Militer 51, Résister 22, Survivre 13, Exister 34, Reconstruire 45, 

Résister = Survivre 131, Reconstruire 452, Exister 343, Résister 224, Militer 515

Exister = Militer 5151, Exister 3442, Survivre 1313, Résister 2224, Reconstruire 4525

Militer = Reconstruire 45251, Exister 34421, Militer 51513, Survivre 13314, Résister 22245    

 

J’ai choisi de vous parler plus spécialement de Survivre et de Reconstruire.

 

Survivre

C’est le premier devoir de vie envers soi-même et ses enfants, sans parler des autres. Elle est une femme réfugiée du camp de Riyad, El Geneina, au Soudan en 2004. Ce sont les femmes qui cherchent et portent l’eau. La photo a été prise en octobre 2004 pendant la saison des pluies, ce qui explique le temps menaçant. Le commentaire de Pierre-Yves : « Le simple accomplissement des besoins vitaux régit encore l’existence de millions de femmes qui affrontent chaque jour la guerre, la famine, la maladie. »
 

Reconstruire

Au Rwanda en 2005 à Nyagarambo, Dafrose Mukangarambe, une femme de 42 ans, rit aux éclats, sa petite fille Aline de 11 ans aussi. 11 ans et 9 mois auparavant, des miliciens ont violé et mutilé sa maman, Dafrose, après avoir tué ses cinq autres enfants. « Quand la violence s’éloigne, la remise en marche des sociétés incombe pour une large part aux femmes ». 

 

Résister

Nora Morales de Cortinas noue son panuelo (foulard) blanc autour du cou en signe de protestation contre la disparition de ses enfants par la junte militaire. Elle s’apprête à défiler sur la Place de Mai avec les autres mères. Buenos Ayres, juin 2006, avec ce commentaire : « face aux injustices et aux débordements des pouvoirs en place, des voix s’élèvent. Bien souvent des voix de femmes ». 

 

Exister rappelle la mutilation subie par les femmes stérilisées d’Anta au Pérou par le régime Fujimori. Hilaria Supa Huaman a fondé le Comité qui lutte depuis 2001 pour que justice soit enfin rendu à ces femmes. «  Affirmer son identité, ses droits, sa culture face à l’oppression d’un pouvoir central exige une lutte de tous les instants. » 
 

Militer

C’est ce que fait cette jeune caravanière à leur arrivée à Gulmim, la dernière ville avant le Sahara le 4 décembre 2004 «  D’autres situations imposent aux femmes de militer pour leurs droits : elles agissent et luttent sans violence en s’efforçant de rallier hommes et femmes à leurs causes ».

 

Et pour finir, voici l’ordre choisi par le photographe. On le trouve dans la plaquette de présentation de l’exposition. Un nouvel ordre, c'est donc une nouvelle harmonie de couleurs. Je triche pour aller plus vite:

                             

                 exister, résister, militer, survivre, reconstruire

 

Pour suivre le chemin

. L’expo rassemble 150 photos de femmes qui toutes, quelque soit leur lutte, oeuvrent à l’amélioration de l’avenir, le leur, ceux de leurs enfants, des autres et des enfants de leurs enfants à tous.

. Les trois autres photos que je cite sont visibles dans ce blog dans l'album "Personnes, Personnalités, Personnages".
. Le portrait de 11 femmes ligériennes complète l’exposition : Femmes ligériennes en résistance.

. www.paysdelaloire.fr
http://www.pierreyvesginet-photos.com/index.php?action=actualite&choix=actualite&lang=fr
. www. raphocorporate.com
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 20:13

Il est de ces hommes qui courent toujours après du nouveau, en sculpture avec des femmes  en mouvement, avec rarement les deux pieds sur terre, dans ses expositions à Paris, à Nantes, à Angers, aux Sables d’Olonnes ou ses domaines de compétences. Sculpteur oui, professeur d’arts plastiques pour des jeunes d’âge scolaire  et aussi graphiste travaillant pour la presse.

 

Jean Denis se souvient avec grand plaisir par exemple des couvertures qu’il faisait pour des mensuels comme Horoscope ou Détectives. La culture du morbide le faisait beaucoup rire. Il travaillait aussi dans la mode, avec Elle par exemple dans la rubrique ‘Bricolage’. De cette collaboration avec la presse magazine, il a gardé le goût des belles photos de jeunes femmes éthérées aux longues jambes.

 

Ses sculptures sont toutes des femmes appartenant à la grande tribu des 1/3-2/3. A comprendre comme  1/3 de buste, tête comprise, et 2/3 de jambes. Les  postures qu’il sélectionne dans les magazines de mode ont des visages allongés et des corps en mouvement arrêté par la photo.  JDM choisit le mouvement, la course, la danse, l’étirement, l’embrasement, mais non les femmes elles-même. Leurs jambes le fascinent, les jupes qui volent au vent, les écharpes aussi.

 

Le sculpteur aime faire des choses avec peu de moyens. Il utilise du fer à béton  qui va constituer la structure, du calibre 8, du gros pour le corps, et du 6 pour les parties plus fines. Puis il va recouvrir ces lignes sèches d’un enduit et finir l’aspect extérieur par des collages de photos de magazine qui, au fil des couches, vont petit à petit donner chair à ces squelettes de fer recouverts d’un enduit rose.

 

Lors de l’exposition chez lui, rue de l’Abbé Frémond à Angers, Juliette, une petite fille de 6 ans, arrive avec son petit frère de 3 ans et ses parents. C’est elle qui voit en premier les sculptures. Immédiatement, elle reproduit le mouvement de ces femmes-oiseaux saisies en vol. L’instantanéité est remarquable. Et la vue de cet enfant qui imite la sculpture étonnante. C’est ça l’art !

 

Pour suivre le chemin

. Jean Denis Maysonnave, 06 33 57 57 17 

. Cette exposition  s’est tenue à Angers dans le cadre des Visites d’Ateliers d’Artistes, le samedi 29 et le dimanche 30 novembre à Angers (49, Maine et Loire). Association Ateliers Artistes, 02 41 68 56 43, ddominique03@numericable.fr         

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 16:53

=
ville, identité territoriale, transport, mixité, art, innovation, quartier nouveau, europe, mouvement, histoire, grande famille princière, pub, bruxelles

 


Un peu de décryptage d’abord. Nous sommes à Bruxelles, une ville qui bouge beaucoup et tout le temps. Avec des travaux tout le temps, au point que personne ne peste, au contraire puisque c’est la preuve que la ville s’adapte ou plutôt est en phase permanente et naturelle d’adaptation. C’est aussi une des grandes capitales mondiales de l’art. Vous voyez qu’aujourd’hui je suis politiquement correcte. Je dis ‘une’ parce que si non, je vais recevoir une volée de fléchettes, parfois empoissonnées, qui sait au curare, de la part de Bâle, de Londres, de Paris… J’oublie volontairement ce qui se passe aux Etats-Unis et en Chine puisque c’est maintenant l’endroit où ça se passe. Comprenez que c’est en Chine que le marché de l’art est le plus juteux.

 

Moi, je vous parle du BRAFA, 09 avec un B pour BRussels (= Bruxelles en wallon et pour nous), A pour Antiques ( = Antiquités), FA pour Fine Arts. 09, pour l’année et parce que c’est sa 54è édition.  Le sponsor principal est la Banque Delen pour la 3è année.

 

Tour et Taxis, non, rectification, tour & taxis, quesaco ? C’est un endroit de 45 ha, situé en pleine ville dans la partie nord, près du canal de Willbroek. A voir absolument quand vous irez par le Thalys (autre sponsor, une co-entreprise belge, française et néerlandaise)  à Bruxelles. Il n’y a pas de tour ni spécialement de taxis, sauf celui que vous allez prendre pour arriver avant la fermeture de l’expo ce soir. Ce tour et ces taxis font mon bonheur, à vous aussi quand vous saurez que ces termes sont une déformation de THURM und TASSIS, le nom d’une grande famille princière européenne, propriétaire du site et passionnée de transport de lettres et de colis. Ce sont eux qui ont fondé le transport postal de lettres et de colis en Europe. Rappelez-vous que sous l’Ancien Régime, en France, nos grandes familles de la noblesse avaient pour interdiction de travailler et de gagner de l’argent par eux-même. 

 

Impossible de résister à ma fascination pour l’esprit d’entreprise. Je continue. En 1516, Francisco Tasso, crée un service postal régulier entre Milan et Innsbrück et étend le réseau à toute l’Europe. En 1578, on compte plus de 1 200 courses de nuit partant de Bruxelles ! Comme les habitants protestèrent  contre le bruit du cerclage des roues sur les pavés qui les empêchaient de dormir, la municipalité voulut limiter les envois à 1 200 en répartissant les points de départ dans la ville. Impossible rétorqua Francisco : ‘on n’arrête pas le progrès’. Du coup, il est parti pour Frankfurt am Mein (= Franckfort) et devient Frantz von Tassis. Bravo le  champion. 

 

Beaucoup d’avatars tout au long des siècles mais on note la perdurance du transport. La ville achète le terrain pour en faire une plate-forme de distribution modale à la fin du XIXè siècle. Et beaucoup de misères ensuite, jusqu’au rachat de ce lot unique dans une capitale : 45 ha d’un seul tenant, près d’un canal, de grandes voies d’accès, en pleine ville.

 

Le projet ambitieux met l’accent sur la mixité fonctionnelle pour faire de cet endroit  un endroit branché, d’autant plus attirant que des immeubles de logement pour CSP (catégories socio-professionnelles) à bons revenus s’édifient en face sur l’autre rive du canal. Cette  réussite est aussi fondée sur l’art. Nous voilà arrivés au BRAFA.

 

Ouf, et pour commencer, je vais vous expliquer pourquoi je vous parle de cette expo. Je n’y suis pas allée. Dommage mais on ne peut tout faire à la fois. J’ai beaucoup  travaillé cette semaine sur les Assises 21 de la Région des Pays de Loire et sur la parution sur mon site du Monde à travers la bouteille de vin, ma recherche sur l’habillage de la bouteille de vin à partir de demain.

 

Pour le BRAFA, c’est la pub pour cette ‘Antiques et Fine Arts Fair’ à Bruxelles qui m’a scotché. Je suis restée en admiration devant la réussite de l’alliance, tout à fait improbable, entre un jeune marchand au chapeau bleu qui regarde la monde d’un œil aiguisé, sans illusion, mais pas désespéré qui regarde à terre, vers l’avenir et l’annonce d’un salon international d’art à Bruxelles. Ce homme jeune a une présence d’une telle force, que je sais que je ne l’oublierai pas. 

 

Tout comme je n’oublierai pas la mise en scène graphique faite par le créateur de la pub. Il a géré la difficile mission qui lui a été confié  avec beaucoup de finesse : une typo, forte et fine, BRAFA en caractères romains (droits) avec une petite originalité sur les courbes des B et du R pour donner la rondeur, une dissymétrie sur les barres inclinées du A et un soulignement différenciée des lettres du BRAFA, l’apostrophe entre le nom du salon et 09 qui empiète sur la barre inclinée pleine du A, un 0 rond comme un petit O et un 9 à la partie supérieure pleine comme le o plein à coté. Tout est écrit en blanc sur le noir de fond, sauf un énorme rouge-rose choisi en arrière plan qui s’intercale entre l’écriture en blanc et le noir du fond.

 

Le seul bémol que je pourrais avoir, porte sur l’emploi de lettres inclinés en avant dernière ligne, « one of the most inspiring fairs in the world », juste avant de citer le nom de la banque Delen, principal sponsor.  A mon avis, cela affaiblit l’ensemble.

 

Et un vrai regret, quel est le nom de cet homme ? Est-il un marchand flamand ? Qui est le peintre ? A quelle date cette oeuvre été peinte ? Ah, vite un mail au BRAFA. Je vous tiens au courant.

 

Pour suivre le chemin, les trois pistes principales

Sur le salon, www.brafa.be

Sur le transport, www.delen.be

Sur le site, http://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_et_Taxis

Sur Bruxelles,  

http://www.brusselsinternational.be/wabxlint/fr/visiteur/bruxelles-tourisme-visite.act

Photos EP, sauf celles du BRAFA 

  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /Août /2008 09:06

 

 


C’est un des modèles réalisés par le logiciel de Jonathan Feinberg sur son blog wordle.net/gallery, à partir des mots du billet consacré à ce polar qui connaît un grand succès. 
Le modèle est bien meilleur à voir sur son site.  

  

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Pages

Recherche

Images Aléatoires

  • 918-Muselet-Grau-Garrigua--Saphir-Brut-Vintage-2000.jpg
  • Carottre volante devant des poissons Bruxelles 2010.08.03 387
  • Yoshina Davelaar, visite atelier provisoire, Trela
  • Nantes, CESR des Pays de Loire, session 20.03.2009
  • Blog 20120118 103
  • Anniv Rose de Noel-Raymonde-405-PhMJG
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés