En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Présentation

Recommander

Art

Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 16:14

C’est la nuit. Une nuit verte, jaune et noire, avec toutes les teintes d'un noir mâtiné de gris, de marron, déchiré de percées claires, strié avec des ombres d’arbres. Ce n’est pas une nuit forcément calme, ou bien c’est un calme qui s’installe quand la nuit s’obscurcit et que les peurs enfantines se réveillent ou se renforcent à mesure que vous avancez dans des brumes enveloppantes. Comme dans un mauvais rêve.

Alex Jansson-Sun rise at Cinnamon Hotel

 

Fatigué, comme tout voyageur parti depuis longtemps de chez lui, vous cherchez   l’auberge dans la forêt que des villageois un peu étranges vous ont promis : «  vous verrez, vous ne pourrez pas la manquer. D’ailleurs votre cheval va vous y conduire. Il connaît la route ». Et c’est ce que vous avez fait, faire confiance à votre cheval pour vous amener à bon port.

 

Presque endormi, vous avez bien cru entre-apercevoir un décor  étrange. Une colonne de maisons empilées les unes sur les autres, avec des fenêtres éclairées, des ailes à un moulin, une échelle… Jamais, avez-vous pensé, votre cheval, ne pourrait escaler cet escalier si raide creusé dans le rocher qui mène aux maisons. Il n’y avait pas d’abri pour lui.

 

Alex Jansson-The House of-deviant-artPour vous. Mais c’est bien votre dernier souvenir. Le matin au réveil, votre cheval à vos côtés, vous vous demandez bien où vous êtes. Vous avez des souvenirs très flous de couleurs de la nuit, de brumes bizarres, d’un escalier pentu, de drôles de maisons avec des toits partout. Un hôtel, certainement pas. Il n’y a rien de tout cela. Votre tête vous a joué des tours.
   
Dans le lointain, vous voyez  une toute petite maison qui a poussé sur une vielle souche. Elle ne ressemble pas du tout à votre rêve de la nuit. Pourtant, vous voulez vous en approcher. Elle vous appelle. Et vous partez, la longe de votre cheval à la main. En chemin, vous reconnaissez bien le rocher de la nuit, celui auquel vous vouliez accrocher votre fidèle cheval,  près duquel vous trouvez au matin un petit pain chaud avec un bol de lait tiède. 

 

Et c’est à ce moment là seulement que vous revient une autre drôle Alex Jansson-The Village of Ele Phable-deviant-artd'image de la nuit, que vous ne saviez pas  avoir vue, celle d’un éléphant transportant les petites maisons sur leur dos… Devant vous, sur le sentier, d'énormes empreintes de pattes d’éléphant.  Vous n’aviez donc pas rêvé.

 

Votre cheval à vos côtes vous regarde. Il vous sourit. Il est d'accord avec vous.  

   

Pour arriver à trouver le chemin dans la nuit et voir les dessins d’Alex en grand 

Cette petite histoire, en forme de conte, résulte de la découverte que j’ai faite du dessin d’Alex Jansson paru dans Europa n°25 d’avril-mai 2010 sous l’intitulé « Cinnamon/Alex Jannson/Sweden. » Le véritable titre du dessin que l’artiste lui a donné est  « Cinnamon Hôtel ». Le second dessin, qui appartient à la même série « Greenpunk »    a pour titre «The House of… » et le troisième « The Village of Ele Phable ».  

 

Alex Jansson-profile picture by enigma astralis-d4h6qwePour mieux comprendre l’univers graphique de cet illustrateur et voir ses créations en grand, voir : 

. son site  http://www.alexanderjansson.com/

. un autre de ses sites, sous le nom d’astralis  http://enigma-astralis.deviantart.com/

. sans oublier son blog http://distortionsandmysteries.blogspot.com/

 

Le magazine des chercheurs de l’Université de Nantes :  L’Europe en long, en large et de travers sur www.journaleuropa.info

   

Photos AJ, avec mes remerciements. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire la connaissance de quelques oeuvres de cet artiste!   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 12:15

La BQFB, AHAA

La Boîte qui fait Beuh, Atelier BD, AngersC’est la Boîte qui fait Beuh, que votre esprit malin a bien sûr rapproché de la vache qui fait meuh, une expression qui n’a rien de spécialement drôle. Si au moins elle faisait veuh, cette vache, on comprendrait. Mais meuh !? Au moins avec ce beuh, à rattacher au bèè de la chèvre, vous commencez à vous emmêler les pinceaux, les crayons ou les doigts sur le clavier, selon les cas. C’est clairement une des spécificités de l’atelier, annoncer la couleur, en vous faisant un clin d’œil, chacun à sa façon, qui se traduit ici phonétiquement par un ahaa ! 
 

L’atelier

Tous les styles s’y exercent, sans recherche d’hyper-spécialisation ou de performance. Un joyeux  méli-mélo s’ensuit dans une ambiance créative. Parmi les quinze membres qui forment la groupe, autour du noyau des cinq qui s’impliquent le plus, se croisent diverses sensibilités, différents niveaux, les différents métiers de la BD. C'est un univers de liberté où la fantaisie est de règle. Il s’agit de partager par le dessin, le graphisme, les couleurs des émotions autrement que ne le feraient seulement les mots.  C'esst aussi un monde de contraintes, à commencer par le standard de 46 pages qu’il est possible parfois, si l’histoire le justifie, de dépasser. L’influence des mangas  y est grande non seulement en terme de parutions chaque année mais aussi en terme d’influence pour faire éclater les codes traditionnelles de la BD. 
     BQFB, Atelier BD Angers, Phyllias à droite
Ici à la Boîte, pas de planification rigide, on vient quand on en sent le besoin. Les présents travaillent ensemble sur un projet commun ou chacun pour soi à côté des autres. L’atelier, qui a été pendant ses premières années implanté rue du Port de l’Ancre, en rive gauche de la Maine,  a été fondé en 1997 par Yoann et Eric Omond pour démarcher ensemble les éditeurs,  promouvoir la BD grâce en particulier à des expositions et de développer la pratique de la BD en accueillant les jeunes à partir de 16 ans.

 

Les 6 phases de la création à l’exposition de BQFB, Atelier BD Angers, Phyllias, planche couleursBouchemaine  

Cette exposition est principalement l’œuvre de Phyllias qui s’est beaucoup impliqué dans l’opération. Il  a reconstitué  les différentes étapes de la création en montrant l’avancée d’une BD :  élaborer le scénario, rechercher la documentation, pratiquer le crayonné, fixer l’encrage, effectuer la colorisation et éditer la BD. On peut y voir les planches aux différentes séquences et surtout aussi une reconstitution de ce que pourrait être un bureau d’artiste qui deviendrait lui-même une planche de BD. L’outil – le bureau- devenant lui-même une création graphique en 3D, grâce aux feuilles, aux crayons, aux pinceaux…

Quelques noms BFQB, Atelier BD Angers, Phyllias

. Phyllias fait du Comic Strip. Il est scénariste, illustrateur et dessinateur. En particulier, il a fait des dessins de presse pour Ouest-France. Actuellement  « je  suis sur un projet dans lequel j’écris aussi avec Mic Favre qui est illustrateur (jeunesse), dessinateur, écrit aussi des contes. Ensemble, nous travaillons sur des livres jeunesse, des contre-pétries et autres jeux de mots, comme des calembours… »
. Tony Emeriau est illustrateur jeunesse, dessinateur, scénariste aussi. Sa marque de fabrique : il fait tout à l’ordinateur, c’est dire qu’il est un infographiste. Il est très productif  beaucoup de domaines différents. Pour des enfants par exemple, il a conçu une plaquette pour les inciter à visiter le Musée de Joseph Denais à Beaufort en Vallée (49). Il est le président en exercice de la BQFB et a scénarisé "Power Intérim".  
. Gildo Giorgi est dessinateur. A son actif, il a une BD pour Lanfeust MBQFB, BD Angers, Sylvainag dont il a fait le scénario « Power Interim » dont plusieurs planches sont exposées à Bouchemaine, plusieurs  albums de « La vie à deux », « le guide des prénoms », « J’aime les années 80 »…  
. Nathalie Bodin est dessinateur, illustrateur et scénariste. Elle travaille en ce moment sur une grosse commande, des dessins pour un ouvrage sur les camps de concentration aux Etats-Unis
. Fanch-Juteau est « dessinateur réaliste et semi-réaliste » selon les termes du bibliothécaire de Bouchemaine. Il travaille en particulier avec Sylvain qui met ses crayonnés en couleur.
. Sylvain  est coloriste. Il travaille aussi en ce moment  avec Phyllias, l’auteur du scénario, dans lequel on voit  un hominidé lutter contre les chefs des quatre royaumes voisins ennemis.  Il aime partir de photos qu’il redessine et repeint. Il est toujours en recherche de nouvelles expressions.
. Chriso-Watt est infographiste. Il travaille en particulier sur le thème des petites maisons, ainsi qu'avec Phyllias par exemple sur une série consacrée à des légumes… 

Des œuvres collectives aussi

Outre les projets faits seul, en bi ou trinôme, l’équipe propose ses compétences à des entreprises pour réaliser des BD qui entreront pour celles-ci dans leurs outils de communication, comme le Crédit Mutuel par exemple avec une BD à base de témoignages de clients de 36 pages en couleur. Des collectivités trouvent aussi de  nouvelles façons de communiquer, d’une façon plus jeune, ludique... L’équipe a ainsi fait une campagne pour le tri sélectif sur un scénario qui raconte toujours une histoire. Trois des membres –Tony, Sylvain et Boris -  ont conçu l’affiche des Accroches-Cœurs ‘Anges ou Démons’ de 2009.

BQFB, Atelier BD, Angers, Phyllias, Les Gaganymes

Des éditions d’atelier

C’est Phyllias qui s’y attelle. Il lance en ce moment « Les Gaganimes », un recueil de tableaux qu’il a rassemblé. Chaque composition est fondée sur un gag visuel, qui entre dans le cadre du dessin humoristique .     

Le rayonnement de l’atelier

En dehors des œuvres elles-même qui ont une faculté impressionnante à voyager par tous les moyens, auxquels s’ajoute l’imaginaire, les artistes ont de nombreux contacts d’ateliers au Mans, à Toulouse,  avec les Rhinolophes, les Aérographes à Cholet,  avec des festivaliers également à Angers, Châlonnes sur Loire, Montreuil-Bellay, Château-Gonthier, Nantes Atlantis… 
 
Les membres actuels de la BQFB sont aussi relation avec des anciens très connus comme Olivier Martin parti vivre au Japon pendant plusieurs années. A son retour, avec Sylvain Runberg, il a sorti un album en deux tomes sur la « Face cachée » de la vie en entreprise au Japon. Nicolas Emelyanoff est aussi dans ce cas. Professeur de dessin, il  expose plus au Japon qu’en France. Il fait aussi parti des  premiers membres de l’atelier, tout comme Boris Beuzlin.  
 
Les relations avec les autres auteurs d’Angers sont naturellement fréquentes, que ce soit avec Marc-Antoine Mathieu, Etienne Davodeau, Eric Juscezhla, Pascal Rabaté, Olivier Supiot, l’auteur du « Pro des Robots » avec Tony Emeriau  déjà cité.

    BFQB, Atelier BD, Exposition Bouchemaine, Jeunes visiteurs

Un monde ouvert sur de nouveaux talents  

C’est la dimension pédagogique qui s’exprime. L’Atelier accueille en effet le mercredi après-midi des jeunes à partir de 16 ans pour les initier et les guider dans leur propre cheminement. « On n’est pas des profs scolaires » comme le déclare Sylvain. « On essaie de donner le bon conseil au bon moment. Ca fait plaisir ».    

A Bouchemaine, lors de l’exposition atelier qui se tient en ce moment aux Boîtes à Culture, ce sont les  plus jeunes, 10-12 ans et plus qui viennent  en premier. Ils regardent  avec beaucoup d’attention, leur regard accroché sur les planches, les outils, les couleurs, l’oreille accrochée aux explications de Phyllias, conscients d’entrer dans un monde dont l’artiste leur ouvre les portes. C’est un moment fort.

Pour suivre le chemin, lisez de la BD et allez à Angers

. La BQFB, 27 rue Chef de Ville, 49100 Angers, bqfb@free.fr et sur
. Aller à l’exposition à la Boîte de culture à Bouchemaine de ce 22 novembre au 6 décembre pour voir les auteurs de la BQFB, des planches et d’autres lecteurs.
. Retrouver Fanch Juteau, Phyllias et Tony Emeriau sur une très bonne photo d’Ouest-France
 . Sur Olivier Martin, lire l’article consacré à une exposition-atelier animée par ce grand créatif de la BD cet été à Saumur sur http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=8054
 
. Voir les sites de certains créateurs comme
. Sylvain Laupretre, sur http://sylvo.canalblog.com/ 
     
ou sur
. Lire le rapport Ratier, l’ACBD, l’Association des Journalistes et Critiques de la BD, sur http://www.acbd.fr/images/stories/ACBD_BILAN_2010.pdfpour avoir une meilleure idée de l’évolution du marché foisonnant de la BD en France.
. Photos EP à Angers et Bouchemaine, à voir dans l'abum-photos Art2.
 
Voici la réponse de Phyllias aux questions que je lui avais posées. Le mieux est que je vous la copie de façon à ce qu'elles soient visibles avec l'article.                
 
les fondateurs de l'atelier sont: Yoann (Shivard mais il signe uniquement de son prénom) et Eric Omond.
Tony Emeriau est bien le président de l'atelier toujours à l'heure actuelle.
pour Gildo, pour ses albums, on pourrait croire que les 3 albums en questions sont les trois cités, mais en fait il s'agit de toirs de la vie à deux, deux de j'aime les années 80, et sur les guides des prénoms je ne sais pas combien, il y en a au moins 5 je crois qu'il a dessiné, mais peut-être même plus. je pense qu'il vaut mieux se contenter de citer les titres. 

concernant Fanch Juteau deux albums à son actif: Cyrano de Bergerac en Bd et le filleul de l'Ankou

sur les productions d'atelier:
en fait c'est Fanch Juteau qui a fait les maquettes des Gaganimos. par contre comme ce sont des illustrations, je ne les rentrerait personnellemtn pas dans l'art séquentiel, car précisément les images sont indépendantes les une des autres. appellons cela dessin humoristique plus simplement. le deuxième ouvrage est l'album "Power Interim, de Tony Emeriau et Gildo Giorgi.
 
savoir que ces deux albums et les trois auteurs concernés seront en dédicace Vendredi 16 Decembre à 18 h à la librairie, "Au repaire des Héros", rue Beaurepaire, Angers, à l'occasion du 2ème anniversaire de l'ouverture de la dite librairie.
     
sur le rayonnement de l'atelier, au Mans, nous avons juste un ami ancien membre de l'atelier,il n'y a pas d'atelier à proprement parler.
     
aux anciens membres de l'atelier, nous pouvons ajouter Lionel Marty, c'est lui justement qui est au Mans. quand il était à l'atelier il a sorti Mort Linden, une série chez Delcourt avec Eric Omond au scénario et Boris Beuzelin à la couleur. depuis il a d'autres séries. entre autre "le rêve de Jérusalem"
pour l'orthographe, Eric Juszezak et Olivier Supiot
     
enfin la dernière question: le plaisir de transmettre un peu de savoir écrire une histoire, la mettre en image. sachant que les enfants ont une imagination non encore complexée ni bridée, et qu'ils ont toujours des histoires formidables à raconter, c'est un plaisir effectivement que de les voirs réaliser ces histoires en images. 
bon ,encore désolé d'avoir trainé, j'espère que ces réponses vous éclairent, si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas.      
     
       
 
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 17:17

Vous avez  bien sûr besoin de traduction. Je vous comprends,  mon titre est particulièrement abscons, mais il est juste, enfin au plus juste de ce que j’ai envie de dire sur la nouvelle cuvée de Jean-Claude Tardivo, qui signe simplement Tardivo ses peintures. Le millésime 2011 est particulièrement réussi, non pas que les autres ne le soient pas. Quand on est originaire de Touraine, comme lui, on connaît les bons vins. Mais son dernier millésime a quelque chose de nouveau. Il une forte typicité comme on dit d’un vin que les amateurs savent distinguer d’un autre. Il y a la patte Tardivo, son empreinte qui sait se faire reconnaître. Il y a toujours eu chez lui beaucoup d’humour, de finesse et de couleurs. Et cette année tout particulièrement, une vitalité fascinante renouvelée.  

Tardivo 2011, Il va bien falloir,

Ce sont ses titres qui donnent le ton. « Il va bien falloir », « La roue tourne », « Un petit bout de chemin », « C’est toujours la fête », « Tous des marionnettes », « Salida » qui suit « Un instant de recul » ou « Ca ira mieux demain », mais aussi « Bouge de là », « Laissez-nous exister » ou « Montmartre 18 mars 1871 ». Comme un dialogue que Tardivo aurait avec Jean-Claude et tous les membres de sa nombreuse famille.   

 

Il est temps que je vous présente la famille justement. Ce sont eux que l’on voit sur ces toiles toujours carrées, en signe de force. Il y a les Tardivo-Tines, les Tardivo-Tons et ceux dont je n’ai pas pu citer dans le titre, les Tardivo-Totos. Je suis sûre qu’avec votre finesse alliée à un brin de malice, vous avez déjà compris que les Tines sont les filles-femmes, les Tons les garçons-hommes et les Totos, les enfants.

 Tardivo 2011, Ca ira mieux demain

La frontière est plus que difficile à trancher entre les filles et les garçons tant leur parure est pareillement colorée et chatoyante. Pour les distinguer des enfants, c’est plus facile. Ils sont plus petits que les grands. Pour les grands, un signe lumineux comme deux feux verts éclairent la poitrine plate des filles. Ce sont leurs nénés verts très développement durable. A mieux regarder, ils ne sont pas tous verts avec de gros tétons au bout; il y en a des bleus, des rouges et même des

blancs pour montrer la véritable audace. 

 

Tous les Tardivo-Tines, les Tardivo-Tons et les Tardivo-Totos ont en commun d’avoir un habillement à la fois simple et très recherché. Pas de jupe ou de pantalon, non une sorte caleçon-couche enveloppant suffit pour tous. Le haut est toujours assorti au bas, soit en complémentaire, soit en opposition, soit  autrement. Cherchez bien, Tardivo fait preuve d’une imagination sans limite. Parce qu’il ne faut pas croire que la tenue des ses héros se limite à la décence. Souvent, parfois, leur T’shirt n’a qu’une seule manche mais pas assortie au reste. Le col est souvent souligné d’une bordure de couleur vive qui joue le contraste. La culotte n’a pas de bas ou parfois sur une seule jambe. 

Tardivo 2011, Moi JCT au pluriel 

Du même côté que le bras ? La réponse est « ça dépend ». « Ca dépend de quoi ? » demandez-vous. Réponse : ça dépend de l’humeur du peintre.  

 

L’humeur du chef, vous la trouvez sur le couvre-chef  qui couvre toutes les têtes. Il se décline en des tas de variantes, casquette, foulard noué, chapeau cloche mou, avec des superpositions qui font penser à des gâteaux, parce qu’il y a toujours beaucoup de choses à voir sur une toile de Tardivo.  Les animaux à quatre pattes ne sont pas absents, qui vont du chien rouge au bonnet vert rayé de blanc et vert foncé, au chien blanc avec un gros collier noir autour du cou. Par un anthropomorphisme délicieux, leurs pattes de devant ressemblent comme des sœurs aux mains des membres de la famille. Ils ont eux, par contre, la chance d’avoir des vrais pieds arrière, contrairement à leurs maîtres qui ont, en guise de pieds, des mains toujours à trois doigts. C’est un autre des signes tardiviens.   

 

Mais la grande novation de cette série est que le peintre choisit de présenter ses personnages seuls sur un fond blanc. Il n’y a plus de maison dehors ou dedans, de meubles, de cheminée extérieure. Il ne reste qu’un blanc très travaillé. Comme celui que vous pouvez voir, si vous avez le bon œil, celui qui voit à travers les murs, toutes les épaisseurs de blanc qui existent depuis la nuit des temps. Parce que chacun sait que le blanc est insaisissable. Il est comme la vie, on la cherche toujours, tout le temps et comme lui, elle change. La vie est couleur parce qu’il y a le blanc, comme le temps et Tardivo nous le rappelle à sa façon joyeuse, sans cesse nouvelle et  profonde. Parce que vous avez bien compris que toutes ces Tines, ces Tons et Totos sont tous des Tardivo.

 Tardivo 2011, Salida

Un millésime à suivre pour connaître ce nouveau happening à la mode tourangelle façon JCTardivo, par des œuvres présentées au cours de l’exposition  à la Fondation Taylor en octobre 2011 à Paris. 

Pour suivre le chemin

. Retrouvez Tardivo sur son site  http://www.jctardivo.com/

et sur le site de la Fondation Taylor http://www.fondationtaylor.com/ 

. Voir sur ce blog « N comme les Super-Nanas de Tardivo »

N comme Nana comme les Super-Nanas de tardivo . Découvrir ce qui s’est passé à Montmartre le 18 mars 1871, il y a 140 ans  http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_du_18_mars_1871

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 11:01

 

C’est à un beau voyage que je vous invite, un voyage avec les œuvres d’artistes aussi différents et intéressants les uns que les autres. Je ne vais pas vous parler de tous ceux qui ont présenté leurs œuvres à Jacques Tati, le centre culturel du quartier si vivant de Belle Beille, cette année du 5 au 9 octobre. Non, c’est à une sélection tout à fait subjective et personnelle, comme l’est tout voyage. Une affaire de rencontres présentée comme un jeu, un samedi matin, avec des artistes à Angers.  

 

Tati-expo-2011-LigribouilleL’arbre est assurément un baobab, un énorme qui lance son tronc si rond avec quelques plumes en haut en guise de feuilles. Ce baobab là est très spécial, pour plusieurs raisons. C’est celui de Madagascar, l’emblème de l’île. C’est aussi celui à qui Ligribouille dédie un de ses beaux poèmes. Son préféré est le Baobab amoureux, à deux troncs enlacés.  C’est aussi celui au pied duquel elle s’assied quand elle veut se rTati-expo-2011-Agnès Le Henessourcer : Jaillissant de la terre, Se dressant au soleil, Ta cime étale, Telles des racines, Sous un corps bedonnant, renfermant de l(eau, Une houppe de branches, Aux graines accrochées …

 

L’harmonie en jaune pâle est une œuvre contemporaine d’Agnès le Hen, un peintre qui aime jouer avec les techniques et recherche Tati-expo-2011-François Gerzél’émotion avec la photo. Dans la nature, elle recherche les lignes, les textures et le jeu des couleurs. Sa photo des Basses Fouassières est aussi une défense de la nature. Elle pose cette question : a-t-on vraiment besoin de construire là en un paysage d’une telle beauté ? 

 

La maison déserte, la nuit, est une peinture de François Gerzé. On aurait pu aussi appeler cette toile : atmosphère, atmosphère, vous avez dit atmosphère ? Le peintre a préféré laisser parler la maison de style 1930, qui se plaint d’être seule  abandonnée, dans des tons rose, jaune et brun. Pour une autre de ces toiles, dédiée à Belle-Beille le jour, le rose est devenu vif.Tati-expo-2011-Enfants qui jouent à peindreLa ville brille au soleil et fait ressortir le vert jaune acidulé des arbres.  Une réussite de ce peintre de la nuit qui aime aussi le jour.

 

La joie de l’enfant qui peint racontée, cela tombe bien,  par cette composition réalisée par les enfants réunis à l’accueil de loisirs de Tati, avec les conseils éclairés de Monique Macquin.  

 Tati-expo-2011-Adultes qui jouent à peindre

 

 

Un clin d’œil plein d’humour avec des chaises qui se parlent en langage non verbal : c’est une création de six habitants de Belle Beille, qui ont bénéficié, à leur tour, des conseils éclairés de Abo Wilson, un artiste malicieux du Burkina-Faso en résidence ici. Ils ont du bien rire tous ensemble. C’est aussi ça la peinture.

 

  Tati-expo-2011-

 

La chaleur du soleil, l’été, avec un jeune couple endormi, est une des dernières toiles d'Annie Jeulin qui délaisse de temps en temps l’aquarelle qu’elle aime beaucoup pour les paysages de Loire pour rependre l’huile dés qu’elle saisit des personnages pleins de vie. L'artiste s’amuse aussi à peindre le même paysage sous ces deux techniques, avec à chaque fois, un plaisir différent et tout aussi réel.

 

L’attente à l’embouchure du Danube  est un carton peint d’un artiste d’origine roumaine Ioan Bader, qui adore voyager et s’étonner en peinture. Il a présenté à l’exposition une sélection très éclectique, avec des paysages de Bretagne vus sur des boîtes de sardines très grands formats, une scène rurale en Asie avec un paysan conduisant un buffle dans une rizière, une femme rouge écorchée impressionnante, un grand père et son petit-fils endormis sous un arbre…et le delta du Tati-expo-2011-Ioan BaderDanube.

  

Au final

Voilà un joli tour qui commence à Madagascar avec un arbre totem, se poursuit dans une belle prairie en coteau sur les bords de la Maine, passe devant une maison endormie la nuit, rit avec des enfants et des grands qui jouent à peindre, s’endort au soleil de l’été et se réveille dans le delta du Danube, sans conteste le plus grand fleuve d’Europe et le plus méconnue, surtout en son aval.

 

 

 

Pour suivre le chemin Mathias Jagueneau-Centre Tati-Angers

Allez à Tati, il s’y passe toujours quelque chose et lisez « Quoi de Neuf », le journal du quartier réalisé par une fine équipe d’habitants avec Mathias Jagueneau à la coordination et sur la photo jointe.

 

Retrouvez Ligribouille en ligne ; elle a écrit un billet plein d’humour et de finesse sur les prédictions de son horoscope dans le dernier numéro:

http://www.centrejacquestati.fr/d-i/data/file/QdN/maquette%20105.pdf

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 12:11

C’est un travail que j’ai fait avec mes amis de l’association « Arc en Ciel » de Rablay sur Layon, une jolie rivière qui se jette dans la Loire à Chalonnes.  Dire que c’est un travail, c’est un peu vantard, franchement même, mais ce doit être vrai parce que le peintre qui nous conseille me l’a dit. Il a m’a même demandé si je voulais bien le vendre. J’étais d’accord, parce que ce n’est pas toujours le cas.

  Thérèze Bouchet, Auto-Portrait

Ce jour là, j’ai voulu me montrer dans ma maison sur roulettes. A dire vrai, je ne savais pas ce que ça allait donner avant de commencer. C’est aussi ce que j’aime quand je peins ou je dessine. Après, quand c’est fini, je me dis : c’est moi qui a fait ça et je m’encourage. C’est bien, Thérèze. Tu vois, tu as réussi. Les autres me le disent aussi. Quand on peint, on voit aussi si ce que font les autres est bien. On n’a pas les mots pour dire pourquoi, mais on sait. On est presque toujours d’accord.

 

Ce jour là, j’ai fait trois représentations en une seule, c’est que le coach a dit. Et ça, ça me plaît, c’est compliqué à dire mais plus facile à faire. Il suffit de suivre sa main. Le plus difficile est de rester dans le cadre de la feuille de papier et de ne pas s’y perdre. Il faut aussi avoir le sens des couleurs. Moi, ça va. J’aime bien jouer avec les couleurs et mélanger l’acrylique, les pastels…    Thérèze Bouchet, Auto-Portrait

 

Les gens me demandent toujours ce que j’ai voulu dessiner. Ca m’agace un peu, ce genre de question. Il suffit de regarder quand même. En haut, il y a moi, dessinée comme une poupée pour pouvoir la rentrer dans la voiture qui est en dessous. On voit bien ses roues, la porte pour rentrer. On distingue l’avant de l’arrière. C'est important. Au dessus, il y a la maison avec moi dedans qu’on voit à la fenêtre, comme si c’était la télévision. J’ai mis aussi un volet qu’on peut faire glisser. Ca, c’est pour moi, quand je n’ai pas envie que les gens me voient, ou quand moi, ça m’agace de les voir. Je ferme alors les écoutilles. C’est un mot que j’aime bien, avec ce côté tille, tille, tille...

 

Vous savez, ce qui m’a énervé dans ce dessin à la fin, c’est que la personne qui s’occupe de mettre en vente nos œuvres, oui, on dit comme ça, pour les peintres, eh bien cette personne a mis mon nom en haut à droite. Elle n’a rien compris. On signe toujours en bas à droite, très rarement à gauche. Mais jamais en haut et à gauche. Elle aurait pu faire attention quand même.

 

Pour suivre le chemin

. Le tableau de Thérèze Souchet a été acheté en 1999 à Rablay sur Layon  au Village d’Artistes, http://www.rablaysurlayon.com/index.php?module=pagesetter&func=viewpub&tid=1&pid=34

. Sur l’art singulier, voir le site d’exposition  du Hang-Art de l’association ABBAC, géré par François Chauvet au Moulin Roty, 44390 Saffré, 02 40 77 22 10, hang-art@orange.fr  

. L’interview est complètement apocryphe, mais ça vous le saviez déjà, j'en suis sûre.

 

            

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Pages

Recherche

Images Aléatoires

  • 918-Muselet-Grau-Garrigua--Saphir-Brut-Vintage-2000.jpg
  • Carottre volante devant des poissons Bruxelles 2010.08.03 387
  • Yoshina Davelaar, visite atelier provisoire, Trela
  • Nantes, CESR des Pays de Loire, session 20.03.2009
  • Blog 20120118 103
  • Anniv Rose de Noel-Raymonde-405-PhMJG
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés