En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 12:12

La découverte du projet s’est faite en plusieurs temps. Elle a commencé pour de nombreux Angevins par une déambulation dans chacune des « boîtes de découverte des projets » dévolues aux trois équipes (Grether-LIN-Reichen) dans le Forum du Quai à Angers. Cette mise en oeil, très différenciée selon  les équipes, a permis de dégager pour chacun d’entre eux une atmosphère bien particulière. Cette approche par les cartes, les croquis et les dessins des équipes se double d’une rencontre avec les membres des équipes. C’est l’objet de ce premier billet sur la rencontre avec la première équipe tirée au sort.

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Le 13 janvier 2012,  François Grether, LoÏc Mareschal, Pascal Amphoux et Paul Grether, sont venus à la rencontre des habitants d’Angers.  

Les mots pour le dire: Mon intention n’est pas de vous faire un résumé de tout ce qui s’est dit, encore moins une description du projet lui-même. Elle est d’essayer de restituer une atmosphère, un rendu, une rencontre… qui ont très fortement eu lieu entre un homme, une équipe et nous qui sommes les acteurs de la ville, qui la vivent, qui y travaillent et la font bouger. Je place entre parenthèses des explications nécessaires à la compréhension pour les Non-Angevins. Ces mots sont  ceux des notes que j’ai prises au cours de la soirée.

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. 1 Les mots de la présentation générale par François Grether

. La déclaration d’intention. C’est un projet très angevin, basé sur la qualité du site marqué fortement par l’histoire, des lieux différenciés très variées, contrairement à Lyon et à Bordeaux, des beaux paysages et des espaces de grande qualité, surprenants en ville, où le temps joue un grand rôle, le temps d’une ville qui a les ambitions d’une métropole.

Le rapport à l’eau est essentiel. C’est particulièrement vrai à Angers ; cela l’a toujours été pour toutes les villes dans l’histoire.

Le projet est placé sous le signe de la convergence pour tous, entreprises et habitants, ou chacun a sa place. Il n’a de sens que s’il est partagé par tous.

. Nos propositions : elles sont claires, stables, perceptibles, adaptables dans le temps, avec des problèmes aussi, car le projet va s’enrichir dans le temps. Il va devenir plus concret.

Il s’agit de redonner un centre élargi à la ville qui s’est beaucoup étendue, avec une volonté de renouvellement et projection sur l’avenir. Angers actuellement est repliée sur un centre trop petit pour elle. Pour cela, il faut partir de la rivière - parce que c’est ainsi que se construisent les villes - en fédérant la diversité des lieux.

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Les mots de Loïc Mareschal, paysagiste, botaniste, environnementaliste

Il s’agit pour nous de relier les deux grandes entités de nature que sont l’ile Saint-Aubin au nord et la Baumette au sud en faisant pénétrer la nature dans ce centre nouveau et renouer les liens entre les deux confluences, celle du nord (La Mayenne avec la Sarthe grossie par le Loir) et celle de la Loire au sud, que nous avons appelée « L’Île de Loire ». Outre ces lignes de la ville verte nord-sud, nous avons travaillé sur les relations transversales de nature où les usages de l’eau sont très nombreux. François Grether rappelle quelques-unes des activités liées à la rivière, les rencontres, la promenade, la vie collective, le temps qui passe, le temps qu’il fait, la dimension touristique…

Les mots de Pascal Amphoux, architecte, géographe, spécialiste des ambiances urbaines et du bruit en ville

Il parle des modes de déplacements doux (marche à pied et vélo) à mettre en place, en particulier sur le Pont de Verdun qu’on a vraiment beaucoup de mal à franchir actuellement, avec ces trottoirs étroits et bordés d’un muret pour les séparer de la voie. Il s’agit d’offrir des contrepoids à la présence de la voiture, en faisant apparaître la fonctionnalité des voies,  pour les piétons et les cyclistes, avec une offre de transport public élargi (seconde ligne de tram prévue), une volonté de hiérarchiser la place de la voiture sur le territoire, ce qui n’est pas le cas actuellement. Pour structurer cet espace, un nouvel axe de circulation ouest-est pourrait équilibrer la structure de transport avec une voie Saint-Nicolas en rive droite, avec aussi une double colonne vertébrale en forme d’échelle le long et au-dessus de la Maine pour multiplier les passages (piétons) au-dessus de la rivière.

Les mots de François Grether sur la voie rapide et le contournement sud

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La voie rapide : on ne peut ni la supprimer, ni la défaire comme ça. L’usage de la voiture à Angers est important. On ne peut pas peser sur la voiture à Angers comme on peut le faire dans d’autres villes. Il est nécessaire de procéder par étapes successives, transformer, remodeler, avancer pas à pas…C’est une aventure de longue haleine. La voie sur berge sera remplacée par une deux fois deux voies en surface classique avec des feux rouges…Un des objectifs est de diminuer très sensiblement le bruit ; c’est un problème, tout autant que le nombre de voitures qui passent là (40 000 véhicules/jour, en comparaison 75 000 boulevard Saint-Germain à Paris.) Au nord à Saint-Serge, l’idée est d’éloigner la voie de la rive pour dégager de la place près de l’eau pour un nouveau parc à cet endroit. Au centre et près du château, on peut gagner de la place en jouant sur les différents niveaux, les plissements.

Les trémies ne seront pas détruites, sauf à Saint-Serge (actuelle zone commerciale en rive gauche au nord du périmètre) pour laisser l’eau (des inondations) passer.

Le problème du stationnement concerne essentiellement la place La Rochefoucault  (en rive droite) qui sert actuellement de parking majoritairement utilisé pour le personnel du CHU. Cette question (sensible) a une solution  à condition de en procéder par étape.

Le problème du contournement sud n'est pas une priorité, avec la solution d'une voie à caractère de parkway qui apparaît en orange sur la carte.

Des aménagements sont possibles sans investissements lourds, en tenant compte de la longueur des procédures – la France est un pays à procédures – mais en faisant (par contre) rapidement les repérages dans un délai court.

2. La présentation du projet lieu par lieu, par François Grether

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Le pont de Verdun (entre le pont de Haute-Chaîne et le pont de Basse Chaîne) joue un rôle capital : en faire un plateau à très petite vitesse 20 km/h ou moins si possible, une zone de rencontre ou chacun doit tenir compte des autres ; ça marche bien.

En rive gauche, près du château,placer la voie à l’écart des plissements des rives de la Maine. On peut aller vers l’eau, s’en approcher, faire des tas de choses et permettre à l’eau de la Maine de s’épandre lors des inondations. C’est un des espaces publics centraux ouverts à tous, seul, en groupe, qu’il fasse beau, qu’il pleuve. C’est la grande place d’Angers, la place d’identification, le forum, l’agora. La qualité des paysages est forte, avec un dialogue entre les deux rives, la Cale de la Savate, le futur Centre des Congrès (tous deux en rive droite) font face au Château très austère.

Une passerelle nouvelle reliera la Place des Carmes à l’ascenseur fixé sur la falaise près du Château pour rejoindre le Bout du Monde, une façon de relier le plus ancien au plus contemporain, avec les bateaux qui viennent accoster près des péniches et l'ascenceur (accroché à la paroi de schiste).

La Place de la Rochefoucault offre un très bel espace, avec le magnifique ensemble de Saint-Jean,  qui pourrait être mis en valeur ultérieurement. Dans un premier temps, le projet prévoit de garder des places de stationnement en bande le long de la voie pour dégager l’espace central et la bande proche de la rivière. L’espace libéré  permettrait l’implantation d’un jardin d’eau le long de la rivière, la partie centrale étant réservée à des activités temporaires, expositions, manèges…Le retour de l’eau sur la place est importante pour mieux la qualifier (c’était auparavant une île dont le bras a été comblé pour laisser place au boulevard Arago).  Ce grand espace possède une qualité exceptionnelle qui est (déjà) en relation directe (visuelle) avec le centre de la ville ancienne, la Place Molière et la rue de la Roë sur l’autre rive en face.

Une autre passerelle très importante serait implantée à cet endroit (entre la Place de la Rochefoucault et la place Molière), pour faire un lien entre les deux rives au caractère si différent l’une de l’autre. 

Rive gauche, à la hauteur de Saint-Serge (de l’autre côté du pont Confluence vers le nord), il existe une grande halle ferroviaire qui n’est plus affectée au transport. Cet emplacement  serait très facile à transformer en parking après accord avec le propriétaire. La place dégagée offrirait le même nombre de places de stationnement que la Rochefoucault majoritairement utilisés actuellement par les employés du CHU actuellement.

Des édifices singuliers à édifier dans le Pentagone sont à prévoir (pour structurer l’espace) en trouvant le fil conducteur entre eux. Le Quai est un bon exemple de ce qu’il faut faire (pour dynamiser).

Saint-Serge Reculée, A Saint-Serge le projet prévoit de déplacer la voie des berges pour créer une large avenue – 40 mètres de large, avec une ligne de transport en son milieu, pour irriguer le nouveau quartier ; de cette façon, un grand espace serait libéré au bord de l’eau pour y édifier un parc. Nous avons imaginé de creuser profondément de façon à créer deux îles avec des installations nautiques entre les deux.

L’emplacement du nouveau pont Bocquel est à programmer au débouché de la rue du même nom (en rive droite). Ce pont n’est pas prévu pour demain matin.

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Proposer aux exploitants de la zone commerciale de Saint-Serge de se réinstaller plus le centre-ville est important, car il s’agit bien d’un nouveau centre-ville à mettre là. 600 000m2 constructibles, c’est beaucoup. Nous y voyons un quartier mixte de centre-ville pour moitié avec des habitations, des étudiants, des personnes âgées… pour moitié  avec des activités, des institutions, des organisations, des laboratoires, des entreprises, comme ce que j’ai fait pendant 10 ans à Lyon Confluence avec activités mixtes sur la Saône.  Ces nouveaux centres peuvent rivaliser en attractivité avec les centres historiques. Une ville a besoin des deux.

On reste prudent (souligné dans mes notes) sur les lignes de tramway : en prévoir une sur l’avenue principale de Saint-Serge mais où va-t-elle ? Peut-elle se raccorder à la ligne de tramway n°2. Ces schémas en Y sont difficiles à gérer. Nous n’avons pas été plus loin. Sur les formes bâties, on a présenté des volumes un peu bébêtes, en volume… C’est toujours difficile d’essayer de visualiser…

La Reculée : l’architecte-urbaniste n’a pas le temps d’en parler avec regret. Il profitera plus tard d’un petit moment lors des questions-réponses pour revenir sur ce petit îlot (un terme qu’il n’a pas employé) qui fait face à Saint-Serge de l’autre côté de la rivière, en rive droite sur une petite colline.

La (grande prairie inondable) Baumette est à garder pour les sports, avec des arbres et les voies de circulation à mettre plus à l’intérieur comme ce que nous avons prévu pour Saint-Serge. Cette nouvelle voie en retrait se fera avec un accès à la gare. C’est un vrai enjeu qui donnerait de l’ampleur (à prendre dans le sens d’un plus grand souffle, à toute la ville, en équilibre aussi à Saint-Serge au nord). Avec un bac qui traverserait la Maine (pour relier le sud d’Angers au lac de Maine) aux beaux jours en prévoyant  des visites de la nouvelle station d’épuration (de façon aussi à valoriser le bâtiment et plus largement le site).

Les gens commencent à applaudir. Il reprend la main et poursuit : c’est un projet ouvert, vivant. Ce sont les rudiments. Le projet doit accueillir beaucoup de compléments, jouer avec le temps à 10 ans, 20 ans, 30 ans, pour quitter le niveau des ambitions, pour devenir réel.  

3. Le jeu des questions de la salle et des réponses par François Grether et les autres  membres de l’équipe

01.  Une question sur l’adaptation du projet aux crues et son coût global

FG sur le coût : il n’est pas possible de vous donner cette information tant le projet s’étire sur une période de temps longue, avec tant de possibilité de l’amender. Le coût total n’est pas du tout faramineux,  pas cher, assez bas précise-t-il - surtout rapporté sur le nombre d’années et de la surface en m2 de Saint-Serge (600 000m2) .

 Loïc Mareschal sur les crues : les crues sont un problème réel. En période de hautes eaux, Saint-Serge est sous l’eau. Au Pont de Verdun, le marnage est de 7 mètres de différence. Le plissement donne plus de place à l’eau, l’eau peut remplir les trémies et s’épandre sur la rive. C’est important aussi à Saint-Serge aussi. (Avec notre projet), le Quai Gambetta et la Place Molière vont être à l’abri. Nous prenons en compte le PPR (Plan de Prévention des Risques), ajoute François Grether. Le paysagiste répond indirectement  à la question précédente : savez-vous que la crue de 1995 a coûté entre 100 et 150 millions d’euros de dégâts ?

02. Une question sur la dimension « agglomération » ou « ville » du projet

FG : le projet est un enjeu d’agglomération, le centre est celui de l’agglo. Il s’agit du Grand Angers. Le maire est aussi celui de la métropole, le financement sera celui de l’agglomération. Le maire d’Angers,  Jean-Claude Antonini confirme qu’il s’agit bien d’un intérêt communautaire. Le tramway d’Angers n’est pas seulement celui d’Angers.

03. Une question sur la question des tunnels (et de l’interdiction de les utiliser pour les camions chargés de matières dangereuses)

François Grether rappelle que la circulation n’est pas supprimée. La solution du parkway sud plus large …Le projet n’interdit rien. Lors de la présentation générale, il avait présenté le plan global de circulation en montrant qu’il n’était pas nécessaire de prévoir un contournement sud. 

04. Une appréciation d’un monsieur sur le végétal

Il se réjouit qu’il soit bien présent.

05. Une appréciation d’une dame

Elle  aime bien les liens du et avec le centre, sans séparation  

06. Une demande de précision chiffrée sur la circulation automobile

FG cite les 40 000 véhicules/jour Place Molière. Avec leur projet, les estimations sont de 25 000 u/j. C’est difficile de se projeter à plus de 20 ans. Les deux lignes de tramway vont changer les choses, les habitudes évoluer, le parkway sud-est récupérer une partie du trafic. Il faut surveiller les trafics, pas seulement en moyenne journalière. A Paris, les chiffres sont plus précis dans le temps, à 8h du matin…aux carrefours, aux points névralgiques, comme ici à Angers aux ponts de Basse Chaîne et de Haute Chaîne. Nos estimations sont prudentes, il est impensable d’y aller par choc, il faut y aller par étapes.

07. Une remarque du président des habitants de Reculé, navigateur sur la Maine

Il se tient à la disposition de l’équipe.

FG : nous avons (déjà) rencontré l’association des pêcheurs. Du coup l’architecte se souvient qu’il n’a pas parlé de ce petit espace de Reculé. C’est un endroit en côteau au bord de la Maine où règne un caractère particulier qui est à conserver, à consolider en lui donnant plus de présence face à Saint-Serge. On ne trouve ça nulle part ailleurs à Angers, un peu comme ce qui se passait à Strasbourg dans le quartier de la Petite France, avant que cela ne devienne trop touristique.

38. Une question sur la séparation entre le Parc Balzac et le Lac de Maine à cause de l’autoroute

 FG: nous n’avons pas eu le temps de travailler dessus. Cette autoroute coupe l’espace en deux. L’échangeur Atlantique est à supprimer pour apaiser la vitesse. La voie qui coupe la Baumette en deux, ce n’est pas bon non plus.

09. Une question aux (autres) membres de l’équipe sur leur plaisir à  travailler sur ce projet, FG ayant déjà clairement exprimé à plusieurs reprises le sien.

Loïc Mareschal : oui, j’ai eu du plaisir, c’est un travail d’un an, pas tous les jours peut-être, le site est formidable, avec un projet exceptionnel, d’une grande qualité en complémentarité. Il y a beaucoup  de désir (dans ce plaisir).

Pascal Amphoux : c’est le plaisir de la découverte, on avance dans une situation emblématique articulée avec la polyphonie humaine, dans un sens d’innovation, dans une ville-nature. C’est une occasion unique d’un projet exemplaire, à une échelle (humaine) qui n’est pas monstrueuse, en mettant en place des actions ponctuelles, possibles, très rapidement, pour pas trop cher, un travail sur l’imaginaire et les comportements.

Paul Grether : tout projet est une aventure. C’est la première fois que je travaille sur un projet de cette ampleur (320 hectares). C’est un véritable changement d’évolution de la ville pour accroître la qualité de vie. On s’est particulièrement investi à Angers.  (Une façon d’) apprendre à connaître, à aimer… Pour le projet, je suis venu souvent à Angers. On vient, on apprécie, le projet devient concret, on a envie de prolonger…  (cette découverte-attachement).

10. Une question sur Saint-Serge

Je n’ai pas noté la réponse.

11. Qu’est-ce qui va se passer maintenant ? Quel est le planning prévu ?

Jean-Claude Antonini : (Ecouter parler de ce projet), ça donne très envie. La progressivité dans le temps est importante. Fin mars, le conseil municipal va se prononcer. L’aventure commence, (sachant qu’) on ne pourra pas tout faire d’un coup. On a vraiment envie de continuer. Une certitude, cela continuera après moi (une fois mon mandat terminé).

FG : la place de la voiture est essentielle. La voie nouvelle de Saint-Serge sera une voie de ville, dans un espace compté. Il y aura une auto-régulation entre les flux. (Une mauvaise solution serait de renvoyer les voies de circulation détournées dans les quartiers tranquilles. A Saint-Serge, les habitations seront placées en retrait de la voie et le moins résidentiel – les bureaux- sera (au contraire) plus proche de la circulation.

12. Une question sur le Pont de Verdun et les péniches

FG : nous n’avons pas vraiment eu le temps de travailler sur les péniches (réponse faite de mémoire, je n’ai pas pris de notes)

13. Une question sur la ville d’hier, d’aujourd’hui et celle de demain (étroitesse de l’espace) en lien avec le nouveau quartier de la Gare + qui touche la Baumette 

FG : Gare + est un projet important pour Angers et le lien avec la Baumette l’est aussi. Nous avons à plus travailler ce point, mettre plus de liaisons  entre la gare et la Maine. On va devoir creuser. On est resté en première approche. Il n’y a pas que la gare, il faut voir les autres connections. Toute l’Agglo est visée, pas seulement le périmètre (des 320 hectares).

FG en réponse au Monsieur de Reculé (question n°7) sur la navigation sur la Maine: il faut   approfondir la question de l’utilisation de l’eau. Nous avons déjà travaillé en concertation. Le travail avec ceux qui utilisent et connaissent la rivière  doit aller plus loin, par exemple sur la question de l’envasement.

14. Une remarque d’un monsieur sur la grande cohérence du projet (trame verte et bleue) par rapport au SCOT  sur lequel il a travaillé.

Le maire explique ce qu’est ce sigle, c’est le Schéma de Cohérence territoriale, adopté par Angers Loire Métropole conformément à la réglementation.

= La soirée se termine par des applaudissements nourris.Les membres de l'équipe se lèvent.

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Pour suivre le chemin des « Berges de la Maine », maintenant « Angers Rives Nouvelles »

. Lire une interview de François Grether sur http://www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=6099 où on découvre qu’il est connu dans la profession et chez les élus pour son sens du dialogue, sa faculté d’adaptation et sa compréhension des relations de concertation, particulièrement dans des opérations urbaines à forte complexité. Une citation de FG à retenir : « la première pierre est toujours édifiante pour la suite des évènements ».  

Une des marques de fabrique de cet architecte-urbaniste est aussi sa relation à l’eau, à voir sur http://www.leauetvous.fr/Trois-questions-a-Francois-Grether

On trouve sur ce site ce bref récapitulatif des réalisations de François Grether :   « il a réalisé la conception de grands projets urbains (Euralille, Amiens Quartiers Nord, la Confluence et Gerland à Lyon, l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt), de quartiers d’habitat social (Belfort, Nantes, Saumur) et de nombreux projets liés aux rivages et aux ports, comme Clichy-Batignolles avec son parc et ses bassins de recueil et lagunage des eaux pluviales, ou les Vaites à Besançon, avec ses noues et son ruisseau. »

. Beaucoup d’informations sur et par Loïc Mareschal paysagiste sur Phytolab, http://www.phytolab.fr/phytolab_paysagistes_environnement_nantes.html

. Pascal Amphoux, sociologue, professeur à l’Ecole d’Architecture de Nantes, chercheur à l’Institut de recherche sur l’environnement construit à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (CH), spécialiste de la marche en ville et des ambiances en ville, est un homme qui écrit beaucoup, à retrouver notamment dans http://www.annalesdelarechercheurbaine.fr/IMG/pdf/Amphoux_ARU-97.pdf

http://lasur.epfl.ch/files/content/sites/lasur/files/A&C%20Vol.9%20No.3/A à  MPHOUX.pdf

. Photos EP, avec mes excuses pour la qualité des photos, prises sans flash et avec beaucoup de difficultés

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 17:30

Une affaire de rencontre

Angers, la même place avc olein de potelets au milieuLa rencontre est celle qui se fait dans un espace public donné, la rue pris au sens large,  entre le poteau, cet élément vertical implanté de façon pérenne dans le sol, et les utilisateurs de l’espace. Chaque changement affectant l’une de ces trois composantes a des effets sur les deux autres, sans compter les autres facettes du « vivre ensemble.»  

 

Le poteau entre dans la grande catégorie du mobilier urbain, qui a à la fois une dimension fonctionnelle, ou le  design joue un grand rôle, et une dimension d’identité territoriale forte alors que le poteau est produit en grande série par des sociétés européennes. Il a aussi des conséquences directes et indirectes moins connues.  

 

Un des grands changements de deux dernières décades et plus est l’occupation de l’espace public par les poteaux qui y fleurissent tels des pissenlits dans une prairie. Leur foisonnement est tel qu’on se demande comment on pouvait vivre avant dans l’espace public.  

 

Le trinôme

Blog 2011.12.01 potelets 025. L’espace public concerne plus précisément le trottoir ou plutôt ce qui en reste une fois que les voitures ont choisi les meilleurs places pour s’y garer et les espaces interstitiels qui ne peuvent être occupés par la voiture. Ce sont par exemple les triangles d’entrée et de sortie d’une voie principale, les passages protégés au milieu de la chaussée,  les cœurs de ronds points non accessibles aux piétons… 

 

. La place de la voiture dans l’espace public, ou plutôt l’automobiliste  a une capacité proprement étonnante à repérer les endroits « garables » comme on ne dit pas encore. Blog 2011.12.01 potelets 004Dans les temps anciens, on prenait une chèvre pour tracer les chemins dans les coteaux pentus. Maintenant faîtes confiance à la voiture pour avoir une perception très fine de l’espace urbain et redessiner une nouvelle cartographie de l’espace public à des fins privés.  

 

Les utilisateurs de l’espace public sont au moins au nombre de deux (sans compter le cycliste), l’automobiliste et le piéton. Bien souvent c’est la même personne qui dispose de modes de raisonnement différents selon le mode de mobilité choisi: un automobiliste fonctionne avec la Couloir de trottoir réservé aux piétons conduisant droit dans le mur du fondpédale au pied, un marcheur raisonne avec ses chaussures aux pieds. Ce n’est pas la même chose. La preuve, pour empêcher les « carrossés » de passer et de gêner les piétons, on a inventé le petit poteau  de trottoir ou potelet de sa dénomination actuelle.

 

Petit rappel sur la grande importance du poteau

. Le poteau dans sa vision verticale liée à la construction est lié au développement de l’habitat et de l’urbanisme. Sur terre, la maison et l’immeuble ne peuvent se concevoir sans fondation plus ou moins profondes selon la nature du sol. Les poteaux de construction se poursuivent dans l’air par des poteaux de maçonnerie, des poteaux de charpente…Une des tendances actuelles est concevoir des bâtiments avec des barres érigées, une manière de faire passer la conception en cube.  

. Le poteau vertical liée à l’information  est indispensable à la vie de l’homme contemporain sur terre. Il est un marqueur de notre société occidentale. Les poteaux indicateurs sont directement liés par exemple à la mobilité et à notre façon de considérer l’espace public. En temps de paix, nous estimons indispensables de trouver l’information au fur et à mesure de notre avancée dans la rue. Ceci n’est pas le cas au Japon où le nom des rues n’est pas indiqué  puisque c’est le numéro du bloc d’habitation qui compte. La rue est alors un espace non significatif entre les blocs. 

Blog 2011.12.01 potelets 017   

Le potelet, un nouveau type de poteau

L’accroissement de la pression de la voiture roulante sur la rue et de la voiture dormante sur le trottoir  a généré un nouveau type de poteau, le potelet  directement inspiré du poteau de manège hippique, pour empêcher les voitures d’accéder au trottoir protégé réservé aux piétons et parfois aux cyclistes. Ces poteaux de 1,20 mètre de hauteur sont implantés au bord du trottoir de façon à interdire aux véhicules de passer entre eux. C’est la seule façon  utilisée par les collectivités d’assurer le non-accès au trottoir, en l’absence de personnel pour sanctionner le stationnement interdit qui s’accroît d’autant que le nombre de places de stationnement autorisé diminue en lien avec la volonté d’assurer un développement durable de la ville.  

Les conséquences

Le piéton se voit réservé un espace dédié où la voiture n’a pas sa place. La présence dans le sol de ces petits poteaux d’interdiction a aussi pour seconde conséquence de figer les espaces libres polyvalents pour les non-automobilistes. Les piétons doivent se positionner sur une partie du trottoir, la voie-trottable, les cyclistes aussi sur une autre partie du trottoir, leur voie cyclable ; du coup les automobilistes se placent partout sur les trottoirs dés lors qu’il n’y a pas de potelet.     

D’autres aspects négatifs commencent à être également mis en avant :

. la difficulté à marcher et à se croiser sur un espace resserré par la présence des potelets,

. le coût  pour la collectivité qui doit acheter et poser individuellement ces potelets dans le bitume en quantité phénoménale puisqu’il en faut 2 pour protéger 1 mètre de trottoir, 3 pour 2 mètres…

. la présence dans le sol d’autres types anciens de poteaux qui assurent la même fonction. Certains anciens petits poteaux s'avèrent dangereux pour les personnes âgées qui peuvent ne pas les voir  mais ils restent toutefoi là; 

Angers, 3 catégories de poteaux petits et potelets   

. la pollution visuelle d’une véritable ‘forêt’ de potelets qui s’ajoute au foisonnement des autres poteaux qui dirigent, conduisent et interdisent nos pas, heurtent nos yeux et surveillent nos vies.  

L’ensemble de ces contraintes conduit parfois aussi à des situations proprement absurdes:     

. des potelets placés maintenant en milieu de trottoir pour empêcher les voitures de s'insérer par le côté, quand il y a par exemple une entrée de garage    

. des potelets pour empêcher des cyclistes de rouler au beau milieu de la piste cyclable double couloirs, 

. des potelets implantés sur les zébras de passages piétons pour protéger les voitures garées perpendiculairement au trottoir (à voir sur « Petit Poucet »)...Une évolution impressionnante à suivre, du potelet contre la voiture abusive, on passe maintenant au potelet anti-cycliste ou gêneur de piéton.

 

Pour suivre le chemin

. La rue à  re-découvrir  avec http://systemepoucet.canalblog.com/

Voir les photos délicieuses d’absurdités  liées à l’implantation de potelets sans réflexion préalable sur

http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=373438&pid=8785885

. La désignation des numéros de blocs d’habitation – et donc de l’absence de noms de rues - au Japon, voir http://sivers.org/jadr

. Pour Paris, lire  http://www.leparisien.fr/paris-75/ces-tres-chers-potelets-18-05-2009-516746.phppour connaître le nombre et le coût de ces chers potelets.

. Lire aussi sur ce blog  Regard sur l'espace public > Quadrillage Rues et Risle > Pont-Audemer

. Photos EP 

. Mes excuses pour cette présentation à interlignes et dimension des caractères aléatoires indépendante de ma volonté!   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 14:40

Blog-2011.11.24-238-copie-1.JPGC’est un cartoon comme on ne dit pas ici en France, paru il y a plus de 20 ans dans le Palm Beach Post et repris par Courrier International. « Woman », comme l’intitule son géniteur, Don Wright. On y voit une femme nue, dont le corps est fléché pour montrer ce qui lui appartient à elle –HERS-  en propre et ce qui ne lui appartient pas –NOT HERS- et qui n’apparaît donc pas sur le dessin. Comme un triangle des Bermudes caché pour elle derrière le panonceau « NOT HERS »  qu’elle n’est même pas autorisée à porter de sa main droite puisque cet endroit lui appartient pas.  

Hers, A Elle, « tête, cheveux, mains, bras, partie haute du corps, jambes et  pieds. »

Remarquez la façon dont le dessinateur désigne les différentes parties de son corps, comme si elle était une machine. A aucun moment, il ne dit 'sa tête, ses cheveux, ses bras, la partie haute de son corps, ses jambes et ses pieds'. Même  ce qui lui appartient n’est pas indiqué comme lui appartenant dans le détail de chacune des parties du corps cité.  

Not Hers, Pas à Elle,  ce qu’il y a sous la pancarte, à savoir  (son ventre et son sexe) qui ne sont même pas désignés en tant que tels, ni assortis de (son). La finesse du cartonnist  est de ne pas même désigner ce qui a longtemps été impur et mal séant chez la femme. Cela n’a pas de nom. 

Ceux à qui appartiennent ce qui n’est pas à elle

Oh, ils sont très nombreux à en revendiquer la propriété. Don Wright détaille dans la moitié droite du rectangle :

. « Certains mâles de l’espèce ,

. certaines églises,

. divers moralistes,

. des politiciens,

. des féministes,

. des juristes,

. des comédiens,

. des journaux et télés,

qui tous décideront de la meilleure utilisation de cette zone » (area). Remarquez quelà aussi Don Wright fait preuve d'une grande subtilité: il situe la femme dans la partie gauche de son rectangle et attribue la partie droite à ce qui est important, les heureux détenteurs utilisateurs de ce qui est "not hers", dont il fait partie d'ailleurs en signant tout en haut de cette partie droite. Clin d'oeil à cette "woman", il place sa signature en phase avec le titre de ce dessin.    

Blog 2011.11.24 238-copie-1

La « zone » qui n’est pas

Il a fallu attendre le 4è avant dernier mot pour que soit cité son ventre et son sexe qui sont « not hers ». C'est une zone, comme un no woman's area.

La double frontière

Elle se situe en haut juste au dessus du nombril et pour le bas à mi-parcours entre le bas de son triangle et le milieu des cuisses. Très clairement, cette femme est un saucisson à pattes, sans ventre, sans zizi et sans derrière. Etonnez-vous qu’elle ait l’air si peu maligne ! 

Quel monstre est-ce cela ?

C’était il y a 20 ans aux Etats-Unis. Depuis on a découvert les femmes sans visage et sans corps. Est-ce que cela a vraiment changé dans le monde ?

Pour suivre le chemin

. Ce dessin est tiré du Courrier International, n° 86, 25.06.1992, dont j'avais conservé l'édition papier, tellement j'avais été marquée par sa force.

. Retrouver un autre des dessins de Don Wright pour lequel le dessinateur a gagné son Ier prix Pulitzer en 1966 du dessin de presse (un autre en 1980) sur  http://goodcomics.comicbookresources.com/2009/03/19/a-month-of-pulitzer-prize-winning-cartoons-day-19/

. Cette idée d’un no woman’s land, un terme crée à la mode du « no man’s land »,  continue à fleurir avec une imagination sans limite de la part des dessinateurs de presse et de pub, comme je vous le montrerai bientôt.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 12:20

 

Quelques éclaircissements sur le titre

Il s’agissait pour ce groupe de travail réuni à l’initiative de la ville d’Angers de commencer à approfondir le thème des « temps de la ville ». Les participants de la Doutre au nombre d’environ une vingtaine  ne se connaissaient pas. Leurs deux points communs ont été de s’intéresser au thème  et de lancer des pistes pour réfléchir ensemble sur le temps en lien avec l’espace d’une ville comme Angers, très représentative de la société française. Le travail a duré une heure.  

  Visite des Berges, ballade estivale, Pont de Basse Chaine

Une restitution au plus près de ce qui a été dit

Il ne s’agit pas dans ce billet de faire une synthèse thématique de ce qui a été dit de façon exhaustive par les uns et les autres, mais de retrouver le fil qui a conduit chacun à ajouter sa pensée à la suite d’un-e autre, sachant aussi qu’il manque forcément des prises de paroles et/ou des développements.

 

Parfois il y a eu débat entre les participants. Plus souvent il y a eu succession des prises de paroles, avec des réponses et/ou des compléments d’information apportés à une remarque de l’un d’entre nous quelque temps avant. Aucune indication d’âge ou d’identification n’est volontairement donnée sur la personne, pour ne garder que le sens, avec deux exceptions cependant, Frédéric Béatse, l'élu en charge de la vie associative, la vie des quartiers, la politique de la ville et la qualité des services publics qui a lancé et encadré le débat , et Julie Rieg, directeur de développement et sociologue  en charge de la mobilité et de la temporalité à l’Agence Chronos, qui a synthétisé à chaque fois qu'il y a lieu. Ses interventions sont représentées par  le signe = . (Entre parenthèses, des éléments d'information parfois nécessaires pour comprendre ce qui est dit)

 

La présentation du débat par Frédéric Béatse 

L’étude sur la conception du temps a été lancée dans le cadre du combat contre l’inégalité et l’exclusion. C’est le cas des personnes seules recherchant du travail ayant des enfants. La réflexion sur les temps tient compte de trois idées :

. la tendance  de la société à l’hyper-individualisation avec des exemples du mariage l’après-midi, de la garde des enfants la nuit, de l’accessibilité des services en un même lieu, 

. notre volonté de pas déstructurer le temps

. et celle d’intégrer les temps de la nuit/jour, dans des logiques différenciées d’un quartier, de la ville et de l’agglomération.

àLe temps se conjugue avec l’espace

àLa ville veut coordonner tout ça

  Amsterdam, de l'autre côté du FifteenLes prises de paroles des participants

. Le sentiment d’insécurité la nuit quand on est une femme et qu’on rentre à pied venant du bus pour arriver chez soi,

. La longueur de l’attente et du trajet en bus la nuit – 1 heure -  pour aller des Ponts de Cé à la Meignanne à Angers,

. La baisse de l’intensité de la lumière la nuit pour éviter la pollution nocturne , en lien avec le développement durable, qui est aussi une cause d’inquiétude,

=   c’est aussi une question de design du lampadaire (qui doit éclairer le bas et non le haut).  

 

. L’insécurité pour les enfants allant à l’école. Ont été citées les rues de La Traquette, Saint-Lazare, du boulevard et de la Place Monprofit très difficile à traverser.

=   la question des temps scolaire est très importante, le matin vers 8-9h.

  

. Les stationnements d’adolescents sur le trottoir à la sortie gênent le passage et sont une source d’insécurité. Une dame précise que les enfants peuvent rester à l’étude en attendant qu’une personne habilitée vienne les chercher.   

=   problème du différentiel de la vitesse entre les groupes et les personnes  

=   c’est la triple question du rôle des parents, de l’offre de services et de la  prise en charge des jeunes

  Amsterdam, quai Java Eiland

. Un habitant du Quai de la Savate parle de l’enfer (vécu par les habitants lors)  du Festival Tempo Rives sur la Maine, avec un niveau sonore moyen déclaré par la ville qui n’a rien à voir avec le réel. Il souligne aussi les entrées des immeubles souillées  les nuits de fêtes, comme le 14 juillet. La Cale est devenue un lieu de rassemblement où les jeunes arrivent avec des packs de 24 bouteilles de bière. La saleté est insupportable. Il propose que les concerts se tiennent au Parc Balzac au lieu dit « Les vagues ». A une question d’un des participants, la personne déclare que le niveau moyen déclaré par la municipalité est de 93 décibels. Ce niveau moyen lisse les pics (113-114)  lors des  séances de Hard Rock Trash selon leurs relevés. Le bruit est tel que les cloisons vibrent.

      =   La pollution sonore est un gros problème

. Le monsieur poursuit : il ne s’agit pas seulement du bruit la nuit, il y a aussi les actes d’incivilité qui vont avec. Toutes les entrées d’immeuble ont servi d’urinoirs alors qu’il y a un WC public

=   l’incivilité est la conséquence de quelle que chose, un manque d’équipement, une      

     inorganisation…

 

. Un participant précise également qu’il s’agit non seulement du bruit la nuit, lors d’une fête, mais aussi et surtout de l’association avec l’alcool. A Mazé, la nuit, à la salle des fêtes,  au 3è avertissement, l’électricité est coupée. Il faudrait un moniteur.  

. Pour clore ce sujet très sensible, une personne précise qu’il faudrait peut être aussi commencer par inclure la Doutre nocturne dans le périmètre d’Angers La Nuit qui s’arrête à La Maine. Dans le quadrilatère rive gauche de la Maine des mesures spéciales sont prises la nuit pour éviter les excès. Des jeunes volontaires en particulier établissent le contact avec ces jeunes qui fêtent très bruyamment la nuit pour les sensibiliser en douceur au fait par exemple qu’ils font trop de bruit et gênent.le sommeil des habitants.

    Ixelles, Flagey, Tramways Frédéric Béatse relance le débat avec cette question: comment concilier les temps de la ville et le temps de chacun ? 

 

La question de l’acceptabilité -nommée comme telle par les participants- suscite beaucoup de réactions. 

. Entre les temps de la ville et la forte individualisation, il conviendrait de réintroduire le « vivre            ensemble ». C’est bien de vouloir améliorer, mais il ne faut pas perdre de vue  cette dimension. Le quartier de La  Doutre peut accueillir les nouvelles perspectives qui s’ouvrent avec Le Quai et le Centre des Congrès   et (accentuation) prendre en compte, concilier les modes de vie différents.

. Il convient de ne pas gêner les autres.

. Il faut trouver un consensus avec les autres.

. Poser des limites, tout en acceptant l’autre.

. Faire de la pédagogie avec les jeunes.

. Il y a beaucoup d’étudiants à Angers. Comme le coût de l’alcool est élevé (en boîte de nuit), on rencontre aussi la problématique du bruit pour les voisins dans les appartements loués en colocation par des étudiants.

. La ville joue un rôle de médiation pour dire ce qui va et ce qui n’est pas acceptable. La ville est ouverture mais la question de l’acceptabilité de la différence reste posée.  

    =    Une des difficultés est de nommer les choses. Il faut ensuite faire  se rencontrer les gens sur leurs 

           points communs et  pas sur les points de dissonance. Il faut aussi chiffrer l’information, afficher par 

           exemple le montant des décibels sur les murs, ou voir votre vitesse quand vous roulez

     dans des villages. C’est la question du monitorage.

 

. Le monsieur de la Cale de la Savate précise à ce moment là que, si la question du montant des décibels est bien sûr très importante, celle de la durée l’est au moins autant : le festival Tempo Rives a duré 2 mois en comptant les répétitions. Il ajoute que les deux cafés situés sur la Cale ne causent aucun souci particulier.  

. Il est demandé alors quelle est la durée de la Foire Saint-Martin qui se tient place de La Rochefoucault. Réponse : elle est de 3 semaines. Plus personne ne se plaint du bruit que cette fête entraîne pourtant pour les riverains. Peut être que si, du moins il n’y a eu personne dans le groupe pour en parler.

   Musée Le Quai, devant le Château

Réorientation du débat  sur la volonté de ne pas déstructurer le temps en phase avec l’individualisation

=    Le thème de l’individualisation est de la tarte à la crème. En réalité tout  est temps collectif. On est

      dans une succession de temps collectifs, en lien  avec l’espace.

 

. Cela repose la question de l’acceptabilité en lien avec le travail, les horaires atypiques pour la crèche... Il y a imbrication entre le temps personnel et l’espace collectif.   

    =     Un monsieur synthétise :  on voit qu’il y a le temps d’une majorité, le  temps individuel, le temps en 

           phase avec des nouveaux outils, des nouveaux services interactifs.

 

. Il faut se poser la question de ce qu’on veut vivre ensemble. Comment  permettre à chacun de vivre le collectif ?

. Acheter sa baguette à 2h du matin, c’est une envie ( pas un besoin).

. Ca pose la question également du temps du week-end. Les gens de l’informatique vivent 24h sur 24h. On banalise le temps.

   =   C’est un point très important, Les infrastructures sont sur-utilisées en un  même temps, au même         

        moment. C’est une vraie problématique : décaler les horaires pour mieux réguler les flux. On pourrait

         mieux utiliser l’espace public qui n’est pas extensible.

 

. Les gens deviennent exigeants. Il y a un clivage entre le travail qui se  faisait avant au même rythme et l’éclatement de la norme maintenant en lien avec l’isolement, comme quelqu’un qui travaille le soir (et dort le jour). Il y a un morcellement du temps en corrélation avec l’espace : réfléchir à l’espace conduit au temps.

. A Yolande d’Aragon (le quartier du Front de Maine), l’espace est saturé pour tous (avec des difficultés pour se garer).

. Il y  aussi des dangers, rue Beaurepaire pour une dame qui pose la question : demandez-vous pourquoi cette rue est dangereuse ? Elle n’apporte pas la réponse mais elle évoque la question des croisements des temps (entre celui des uns, des autres…) .  

 

Frédéric Béatse  réoriente le débat.

Il évoque les temps scolaires ; les temps des familles, celui des services publics, des agents… Quelles sont les heures d’ouverture  par exemple?

=   C’est la question de la gouvernance pour laquelle il y a  déjà beaucoup d’initiatives; les services publics sont saturés.

 

. Cette question est au cœur de la démocratie participative, où le Conseil de quartier joue tout son rôle.

. Un témoignage porte  sur la modification des horaires pour des étudiants en Master. Une avancée d’une demi-heure des heures de cours permet de traverser la ville sans embouteillage et fait gagner 1 heure de temps par jour sur la base de 2 allers-retours par jour. Le blocage des entrées de ville est évoqué, tel que l’encombrement de la 4 voies à partir de Brissac le matin.  

. Il n’est pas toujours possible de modifier ses horaires. Le temps a par nature un caractère transversal.

=   C’est la question du temps subi et du temps choisi, à comprendre dans le cadre du quartier de la

     Doutre qui accueille (bientôt le Centre des Congrés, en plus déjà du Quai, le Grand lieu culturel  contemporain d'Angers, le nouveau port d'Angers, face au Château, avec la rivière Maine entre les deux rives)      

  Ixelles, Flagey, fin de week end

. La question d’un monsieur à la dame qui avait évoqué la peur de rentrer chez soi la nuit entre l’arrêt de bus et le domicile quand on est une femme: pourquoi n’avez-vous cité que les femmes ? (Sous-entendu les hommes n’ont-ils pas peur ?) Réponse : peut être les femmes sont-elles plus habituées à exprimer leurs émotions  alors que les hommes sont encore élevés dans une culture où dire sa peur n’est pas possible à un petit garçon.  

 

Et le moment vint de clore le débat.            

 

Pour suivre le chemin

. La table ronde « Temps de la Ville » s’est  tenue à l’Hôtel de la Godeline, dans le quartier de la Doutre à Angers, le 24.09.2011 lors d’une rencontre présentant la nouvelle formule de concertation au sein du Conseil du Quartier entre les habitants, les associations et la collectivité. C’est M. Frédéric Béatse, l’élu qui a présenté la nouvelle formule et lancé la matinée de travail. Voir www.angers.fr/participer et pour contacter le quartier Doutre ccq.doutre@ville.angers.fr  et 02 41 35 10 55

. Retrouver le groupe Chronos et Julie Rieg sur http://www.groupechronos.org

. Photos EP, avec des photos de villes (Amsterdam la nuit n° 2 et 3, Bruxelles-Ixelles Place Flagey n° 4  et 6 ) et  Angers (n° 1 Pont de Basse Chaîne + n° 5 Le Quai).  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 08:45

 

Vous allez certainement penser que j’exagère. Je sais bien que nous ne sommes plus vraiment en été, bien qu’il ne se termine officiellement qu’aujourd’hui. Il me faut me dépêcher  si je veux être dans les clous avant la tombée des feuilles des énormes platanes de la Place de la Rochefoucault proches de la Maine justement.

 

L’idée de la ballade

Elle paraît tellement évidente une fois qu’on l’a faite qu’on se demande pourquoi il a fallu attendre si longtemps. C’est le Conseil de Développement de l’Agglomération d’Angers qui en a eu l’idée. Nous voilà donc partis à une bonne trentaine de personnes connaissant leur ville sur le bout des pieds, avec le plaisir de découvrir des nouvelles vues, des chemins jamais empruntés, des détails jusqu’alors invisibles…Avec toujours en point commun, la rivière Maine si paisible, tantôt rive droite, tantôt rive gauche, en empruntant des ponts, de façon à tracer un quadrilatère en dix séquences aux paysages très variés.  

 

1. Le départ au Quai, Rive droite

Il se fait au Quai qui fait face au Château. Il est devenu en très peu de temps le symbole du renouveau et de la vitalité d’Angers. Sa polyvalence ne l’empêche pas d’être majoritairement dédié à la culture ou, comme ce jour là, au point de rassemblement des membres du Conseil de Développement.

  Visite des Berges, ballade estivale, Pont de Basse Chaine

2. Le Pont de Basse-Chaîne

Il y a bien longtemps qu’il n’a plus de chaîne pour fermer le passage des bateaux. Ce pont très passant pour les voitures permet aujourd’hui aux marcheurs de bien voir le lit aval de la Maine, avec à droite le grand ensemble en dent de peigne proche de la rive droite (Claude Vasconi, architecte), en face de soi en regardant le faible courant, le seuil plus bas qui coupe le flux de l’eau en période de basses eaux et en rive gauche la grande zone inondable de La Baumette l’hiver.

 

 

 

2. La promenade de Port Ligny, rive gauche Visite des Berges, ballade estivale, Promenade de port Ligny

Elle se mérite après une attente un peu longuette pour traverser l’entrée et la sortie sur la 4 voies et le boulevard du Général de Gaulle au pied du Château (3 feux). Il y avait à cet emplacement effectivement sur la rive un port très actif et des maisons très anciennes, si serrées  et tellement insalubres que la décision fut prise de les détruire et d’y planter en lieu et place gazon et rosiers. Le bruit de la « quatre voies » empêche totalement de profiter du côté bucolique du jardin. Nous ressentons un effet d’écrasement du également à l’absence de vue sur la rivière et à la dimension massive et lourde de la paroi de schiste, sur laquelle est posé le château. Il n’y a d’ailleurs aucun promeneur à part nous.

Visite des Berges, ballade estivale, le Pont de Verdun 

 

3. Le passage près du Pont de Verdun   

C’est le pont préféré des Angevins. De là, on peut admirer la grande montée Saint Maurice vers la cathédrale sur sa droite, le pont aux allures médiévales bien sûr et entre les deux, la très belle vue  sur l’amont de la rivière et en face sur les fameux platanes.

 

Visite des Berges, ballade estivale, Place Molière

 

 

 

 

4. La place Molière

Elle forme un véritable carrefour avec un niveau de bruit infiniment plus bas que près du château. Très peu de promeneurs se baladent sur le trottoir qui jouxte la rivière.

 

 

5. Le sentier des berges

Visite des Berges, ballade estivale, le sentier des bergesC’est la véritable découverte et le grand plaisir de la promenade. Il faisait beau et doux. Le soleil de l’après-midi baignait cette rive gauche d’un voile de douceur. Une nature très présente et spontanée rend la marche véritablement champêtre. Nous sommes, par le hasard d’une descente de quelques marches, en pleine nature au bord de l’eau. Par chance aussi, l’endroit est propre. Il y avait bien quelques bouteilles de Heineken mais elles étaient en haut sur le trottoir !

 

En bas, nul bruit de voitures ne nous a gêné. Nous avons pu admirer la rive droite d’en bas presque à hauteur de l’eau. La remontée près du pont de Haute Chaîne vous donne du tonus pour la suite. Elle est un peu raide ; c’et bon pour les mollets.

 

6. La traversée du boulevard Ayrault

Elle est encore un peu plus longuette que son équivalente (bvd Gal de Gaulle) au pont de Basse-Chaîne. Cette fois-ci, il nous faut  attendre l’autorisation de passer à quatre feux rouges, deux pour franchir les flux entrant et sortant de la 4 voies, l’autre pour passer le boulevard et la 4è pour retrouver le trottoir en haut des berges. C’est long, long d’attendre que ces voitures passent pour que nous puissions retrouver la rivière.

 

7. La berge haute avant le Pont Confluence

C’est un passage qui se fait rapidement, en regardant la Fac de Droit sur notre droite, le Pont Confluence en remontant et la Tour de Haute Chaîne en face. Nous retrouvons encore les platanes qui masquent la 4 voies sans occulter le bruit. Visite des Berges, ballade estivale, le Pont Confluence

 

8. Le Pont Confluence 

Les Angevins le connaissent déjà bien. Il est pourtant très récent. Il est réservé aux tramways, aux cyclistes et aux piétons. Tous les membres du groupe se sont accordés pour dire que c’est de cet endroit, au milieu du pont, que la vue sur la ville est la plus belle, avec la cathédrale en rive gauche et les grands platanes en rive droite qui dominent le quai Monge. C’est le seul quai qui reste de la grande période où la rivière était l’axe principal de la ville, celui par lequel arrivaient et partaient les marchandises essentielles à sa vie et à son développement.   

 

9.Visite des Berges, ballade estivale, le CHU Le passage devant le CHU

Le pont se situe dans l’axe central de l’hôpital, qui du coup, prend une importance visuelle à la hauteur de son importance réelle dans la ville.  C’est le premier employeur de la ville d’Angers. Ce nouveau pont est  un véritable atout en matière d’urbanisme et aussi une réalité très positive pour les étudiants de la fac de médecine qui ont maintenant leur bibliothèque en rive droite, aux côtés des autres étudiants. Les jeunes sont les premiers utilisateurs de ce pont très jeune. Il ne manque plus qu’un ascenseur pour les personnes à pied ou avec un vélo en rive gauche pour ceux que la longue volée de marches peut rebuter.  

 

10. Le retour par la rive droite très verte

Le jardin au pied de la Tour des Anglais est d’autant plus Visite des Berges, ballade estivale, en haut de la Place la Rochefoucaultagréable que nous redescendons  à hauteur de l’eau en passant cette fois-ci sous le pont de Haute Chaîne. Oubliées les quatre feux de l’autre côté ! Nous empruntons alors le quai Monge qui longe la Place de la Rochefoucault.

 

Notre promenade emprunte un escalier très raide qui remonte vers la grande place qui n’a de place que le nom. C’est en fait un grand espace vide bordé d’une double rangée de platanes qui sert depuis beaucoup trop longtemps de parking gratuit à voitures. C’était il y a fort longtemps dans la longue histoire d’Angers une île distincte de la rive droite. Le bras interne a été comblé pour donner de la place à la ville. Il est devenu maintenant une grande voie de circulation pour faciliter le passage des voitures ( boulevard Arago + boulevard du Ronceray + boulevard Henri Arnaud ) sur lequel s’ouvre le nouveau port d’Angers, la Cale de la Savatte et le Quai d’où nous sommes partis. La boucle est bouclée.  

 

Ce fut une bien belle ballade estivale à Angers sur les rives de la Maine en fin d’après-midi quand le soleil joue avec des petits nuages.    

 

Pour suivre le chemin

. Cette promenade s’inscrit dans la grande opération des Berges de la Maine à l’intention des membres du Conseil de Développement. Elle a été conduite par Christophe Lesort, le responsable du projet au sein de l’AURA (Agence d’Urbanisme de la Région Angevine).

. Sur le sujet, voir sur ce blog

Aménager les rives de Maine > Christophe Lesort > Urbaniste Angers

Aménager les rives de La Maine > Les 3 équipes sélectionnées > Angers

 

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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