Quantcast

En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Présentation

Recommander

Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 15:03

Un titre à compléter. Il s’agit bien de vieilles, très vieilles petites maisons pour certaines, toutes à ossatures bois, comme on faisait à l’époque. Elles sont situées près de la grande, très grande cathédrale de Beauvais qui a été miraculeusement été épargnée par les bombardements de la dernière guerre de  1940-1945, ainsi que quelques rues anciennes proches. Beauvais est une ville de  près de 55 000 habitants située au nord de Paris sur la route qui mène à Lille et à Bruxelles.

Beauvais, Petites Maisons, Centre, Rue Nicolas Pastour

 

Les petites maisons  de la rue Nicolas Pastour. Elles ont chacune une forte identité pour dire qu’elles présentent chacune une singularité affirmée, tout en étant copines avec leurs voisines de chaque côté et celles d’en face. Bien sûr chacune fait très attention à respecter le code couleurs réglementé, avec une volonté de se démarquer et aussi un effet mode certain. Je doute par exemple que le bleu des portes et des volets aient été une couleur choisie au XVe et aux siècles suivants. Aucune petite maison ne porte de plaque attestant de sa date précise d’édification. La seule certitude qu’on puisse avoir est qu’elles ne peuvent être antérieures au XVe.

Beauvais, Petites Maisons, Cathédrale, Rue Nicolas Pastour 

A cela, deux faits à apporter au dossier. D’abord un dessin d’une petite maison de Beauvais réalisé par  Viollet le Duc en 1856. Il en a choisi une particulièrement raffinée. Elles ne le sont pas toutes. Celles de la rue piétonne Nicolas Pastour sont plus simples. Elles ont  été aussi de ce fait plus simples et moins coûteuses à restaurer. C’est une des particularités de ces maisons à ossature bois. Leur réelle fragilité provenant du bois qui a une durée de vue limitée oblige les occupants successifs à intervenir régulièrement. On doit s’en occuper comme de tout organisme vivant, une dimension de temporalité qu’a fait oublier le béton pendant quelques décades. Mais plus maintenant.

Beauvais-Cathédrale- Petite-Maison-Warluis

L’autre exemple est celui de la petite maison du XVe qui est située tout près de la cathédrale, rue de l’Abbé Gellée. En réalité, c’est une maison qui vient de Warluis, une petite ville de 1200 habitants située au sud de Beauvais. Ses éléments structurants  et constitutifs, charpente y comprise,  ont été selon les cas conservés et/ou remplacés et déplacés pour être ensuite remontés à l’identique dans son nouveau site d’implantation à Beauvais, au plus près de la cathédrale (XVIe) qui possède le plus haut chœur gothique au monde (48,50 m). Cette opération fut menée de main de maître par François Calame, un ethnologue passionné de charpente. La petite maison est maintenant le siège de l’association « La Maison paysanne de l’Oise » qui a pour objectif de prôner les bonnes pratiques en matière de restauration. Ca tombait bien dans ce cas-là, même s’il ne s’agissait plus du tout d’une restauration. 

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver toute la série des petites maisons sur ce blog

. Beauvais sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Beauvais

. Petite maison avec un dessin près de la cathédrale, siège des Maisons paysannes de l’Oise, http://www.maisonspaysannesoise.fr/crbst_8.html,. 16, rue de l'Abbé Gellée, 60000 BEAUVAIS, derrière la cathédrale, Tél. 03 44 45 77 74, du mardi au samedi 13h00-18h00, mail : mpoise@orange.fr   La maison-mère de l’association est reconnue d’utilité publique  http://www.maisons-paysannes.org/

. François Calamme est aussi  à retrouver sur ce site dans le billet sur la Grange dimière    La Grange dîmière > Daubeuf la Campagne > François Calame > Eure

Beauvais, XV, Viollet le Duc ,Dict-raisonné-architecture-1856

. Photos Elisabeth Poulain, capture d'écran pour la photo de la maison paysanne avec mes remerciements, à voir avec beaucoup d'autres dans l'album "Petites Maisons"  et le superbe dessin d'Eugène Viollet Le Duc dans l'article "Beauvais" de Wikipedia, avec cette description de l'intérieur par Viollet le DucVoici (26) :  "Au rez-de-chaussée était un portique avec boutiques en arrière, ainsi qu'on en voit encore à Reims. Le premier étage sur la rue se composait de deux pièces auxquelles on montait par un escalier à vis disposé au fond de l'allée A. Sous le comble était une grande pièce éclairée par deux lucarnes, une sur la rue, l'autre sur une petite cour. Cette habitation datait du commencement du XVe siècle. Il existe encore quelques maisons de ce genre à Orléans, sauf le portique ..." 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Architecture-Urbaniste
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 18:20

Japonais tous les deux, ils sont de ces créateurs qui surgissent un jour en un lieu et qui s’imposent par leurs œuvres au point qu’on se demande ce qu’il y avait avant leur venue, avant la présence de leur monde en bois tel qu’ils le voient, le vivent, l’érigent, le modifient…avec en commun une passion pour le bois en poteau sous toutes ses déclinaisons et tout qui les sépare, à commencer chacun par sa  personnalité qui forcément se reflète dans ce qu'ils réalisent.

Lavau-sur-Loire, Tadashi Kawamata, Observatoire

Quelques données sur le bois. Il tient  une place très importante au Japon depuis toujours, avec un retour en force actuel très net en raison du risque sismique à prendre en compte. Sa sphère d’utilisation est pourtant beaucoup plus large que celle de la construction et l’architecture de pointe. Dans le domaine de l’urbanisme, à l’exception du centre des très grandes villes, le bois reste très présent sous la forme de poteau électrique, à un point qui étonne l’œil français par exemple et que ne voient littéralement pas les Japonais, tant ils sont habitués à voir à travers les poteaux porteurs de fils au-dessus d’eux.

Paimboeuf, Kinya Maruyama, Le Jardin Etoilé 

L’importance du poteau. Il en est forcément de toutes les tailles et de tous les styles. Ceux que je retiens se classent en trois catégories, les solides poteaux d’ancrage dans le sol, qui vont supporter les maisons et les immeubles, les aériens qui sont comme ils sont et qui  vont porter des kyrielles de fils divers et variés et  les petits fins qui se prennent dans la main pour jouer au mikado, un jeu qui pourtant n’a rien de spécialement japonais, la sonorité suffisant à lui attribuer cette origine. Assemblés les trois ensemble, vous obtenez les deux réalisations pérennes réalisées dans l’estuaire de la Loire en 2007-2009 des deux artistes.

 Lavau-sur-Loire, Observatoire, Tadashi Kawamata

L’Observatoire de Tadashi Kawamata en rive droite de l’estuaire de la Loire. L’étonnant est que c’en est vraiment un édifié en bois de sections carrés pour tous les éléments de structure, avec un chemin de bois implanté à 40 cm au-dessus de l’herbe et des roselières sur 800 mètres de long. A certains endroits à l’approche de la tour de 6 mètres de haut, le chemin est enserré de hautes palissades qui donnent  un sentiment d’enfermement, malgré la perception du paysage à clairevoie sur les côtés et l’absence de plafond.  C’est le ciel qui domine alors. C’est une façon très forte d’amplifier l’attente de la perception d’un vaste paysage d’eau, de vase à marée basse et d’herbes aquatiques qui acceptent l’eau salée.

Lavau-sur-Loire-Observatoire-Tadashi-Kawamata-Mairie- 

Cet « effet-mirador » est inversé par rapport à la tour d’un château de bois qui a pour but de repousser l’assaillant au loin par des procédés clairement violents. Ici, il n’y a pas de guerre de ce type. La seule violence qui pourrait être citée est celle de la force de la mer qui se heurte à celle du courant descendant. C’est cette rencontre qu’il s’agit d’appréhender, alors qu’elle n’est pas visible. L’artiste choisit alors de montrer la force de l’échafaudage pérenne en transformant une tour moyenâgeuse d’assaut contre des remparts en une tour de bois avec un plateau élargi en haut pour  voir plus loin. Une demande d’autant plus pressante que les découvreurs viennent de marcher entre des hauts murs à limitation de la vue, des murailles d’un nouveau type qui visent à leur mise en condition.

Paimboeuf, Kinya Maruyama, Le Jardin Etoilé 

Le Jardin étoilé de Kinya Maruyama  en rive gauche de l’estuaire de la Loire. S’il y a bien une étoile dans cet ilot de sable entouré d’eau,  c’est la constellation de la Grande Ourse, celle qui vous oblige, à l’égal de ses consoeurs  visibles les nuits d’été, à lever les yeux au ciel après avoir repéré les quatre point cardinaux. Ici, aussi pourtant on peut gravir des marches pour voir l’estuaire de plus haut. Mais ce n’est pas l’essentiel. Le premier réflexe est de regarder au sol. Le jardin proprement dit accueille un village d’un nouveau type ayant un style bien particulier. Ce qui domine au premier abord ce sont les structures de bois érigées par l’artiste comme le seraient des cabanes faites uniquement de  poteaux  et de tiges pointues de façon à interpeller le ciel. Il ne s’agit pas ici de faire œuvre durable de charpentier, avec des gros boulons capables de résister à des fortes pressions, mais de composer avec les tempêtes qui apportent sur le rivage des bois flottés de toutes origines les lendemains de gros coups de vent.

  Paimboeuf, Kinya Maruyama, Le Jardin Etoilé

Ici, l’important est le changement qu’apporte le vent dans un univers fragile et ouvert, un univers toujours à réinventer, comme la plage qui chaque matin se découvre nouvelle, avec ses trouvailles de la nuit qu’apportent les vagues. Le jeu de mikado géant qu’a composé le plasticien a déjà subi d'ailleurs  sa première grosse tempête, celle de Xynthia, qui a ravagé une partie des côtes atlantiques vendéennes et ligériennes. Un incendie plus tard a anéanti une partie du jardin. Il lui faut maintenant trouver un autre souffle, avec un renouvellement de son équipe de bénévoles.

Lavau-sur-Loire, Observatoire, Tadashi Kawamata, Dessin 

L’investissement humain dans les deux opérations. Les différences d’abord. L’Observatoire qui a été réalisé dans un site classé remarquable « dans le cadre d’une commande publique du Ministère publique de la Culture et de la Communication, de la DRAC des Pays de Loire, en collaboration avec le Conservatoire du Littoral et le Plan Loire Grandeur nature », auquel s(ajoute le soutien de la Fondation EDF Diversiterre – Partenaire officiel – et de l’appui techniques de SCE, Partenaire Services. »  En commun, les deux opérations ont bénéficié d’une importante contribution bénévole.

  Paimboeuf, Kinya Maruyama, Le Jardin Etoilé, Dessin   

. Pour l’Observatoire, le site  a bénéficié de la participation des habitants volontaires, avec celle d’étudiants de l’École supérieure du bois de Nantes, des Écoles d’architecture de Nantes, de Saint-Étienne, Paris-La Villette et de Versailles, ainsi que ceux des Écoles des Beaux-Arts de Nantes et Paris, de École de Design de Nantes, ainsi que d’étudiants étrangers ainsi que de membres de l'Association de Réinsertion Motiv’action. »    

. Le Jardin étoilé a été édifié grâce à « la participation des établissements scolaires de Paimboeuf : école publique Louis Pergaud, école privée du Sacré-Cœur, Collège Louise Michel, Lycée professionnel Albert Chassagne ainsi que le Lycée Louis Brossaud de Saint-Nazaire et l’Ecole d’Architecture de Tokyo. » Ouf, heureusement qu'il y a eu aussi des étudiants japonais! N'oublions pas non plus, même s'ils ne sont jamais cités, les enseignants qui encadrent les jeunes.  

Lavau-Marais-Passerelle-ancienne-cclavausillon

Deux opérations, chacune sur sa rive, toutes les deux adaptées au site, l’Observatoire qui a repris l’idée des « anciennes passerelles » pour passer d’un îlot de terre à un autre par-dessus les canaux de drainages et le Jardin étoilé qui a abondamment utilisé les poteaux que l’on trouve sur les cabanes érigées au-dessus de l’eau pour la pêche au carrelet. Dans un style bien différent comme le montrent les deux portraits des deux artistes, l’un en style paramilitaire ranger avec des lunettes noires et l’autre assis hilare avec un sourire jusqu’aux oreilles avec un livre ouvert devant lui, sur un fond de vélos ! Une différence profonde qui se traduit dans les dessins réalisés, ce sont des vaches qu'on conduit je préfère ne pas savoir  où dans le Ier cas et des enfants qui attrapent des papillons dans le second...                  

Quant au "milieu urbain" dont parle mon titre, il se justifie dans le cas de l'Observatoire par le fait ce type de tour était ce qu'on apelle "un beffroi" au Moyen-Age, qui était utilisé pour attaquer les remparts derrière lesquelles étaient nichées les petites maisons de la ville. Pour le Jardin, l'explication est plus simple: il est situé entre le village et la Loire... 

Pêcherie près de Paimboeuf, Estuaire, Loire  

Pour suivre le chemin

. Aller découvrir l’Estuaire de la Loire sur place et après ou avant, consulter aussi http://www.nantes-tourisme.com/activite/jardin-etoile-kinya-maruyama-2309.htmlpour avoir toutes les informations

. http://www.estuaire.info/ pour découvrir le paysage, l’art et le fleuve dans sa trilogie bi-annuelle 2007-2009-2012

. Lavau-sur-Loire, voir des photos des inondations de 2008 et 2010 sur http://lavausurloire.free.fr/old/ et du marais http://www.cc-loiresillon.fr/Lavau-sur-Loire.htmlavec des photos du marais, dont celle de la passerelle.

. Tadashi Kawamata voir d’abord son site http://www.tk-onthetable.com/

. Pour Paimboeuf, http://www.paimboeuf.fr/index.php

. Des photos du Pays de Retz auquel appartient Paimboeuf http://museepaysderetz.free.fr/p_paimboeuf.html

. Le documentaire sur Kinya Maruyama est à voir sur  http://www.estuaire.info/012/html/fr/artistes/maruyama.html

. Photos des différents organismes et institutions citées, avec mes remerciements, Elisabeth Poulain pour la Loire à Paimboeuf lors d’une découverte de l’estuaire en car avec une équipe de participants bien sympathiques d'un groupe de travail chargé de cogiter sur le développement économique de l'estuaire dans le cadre du développement durable, organisé sous l'égide de la Région des Pays de Loire.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Architecture-Urbaniste
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 12:05

La photo de Mael Leblanc de Laval. Elle a du être prise le soir au coucher du soleil - ou le contraire - quand la nature est figée au froid de l'hiver. L'eau semble gelée, les arbres forment une corolle opaque autour d'un berceau d'eau.   La photographe a choisi un titre volontairement neutre pour laisser du champ à l’appréciation de chacun. C’est à celui qui regarde de décider ce qu’il voit.

Estacade sur le lac, -Mael-Leblanc-Bibliothèque-Laval-19%20un%20chemin%

Le plus remarquable à mon sens est la lumière qui irise ce paysage d’un petit étang et qui lui donne un côté huilé avec, en premier plan pour conduire le regard, une estacade bien mal en point mais qui a pourtant conservé la chaude couleur du bois.  Elle a subi les atteintes du temps. On se surprend à sauter d’une planche à une autre, à marcher sur une poutre ou du moins à essayer.  

Avec ce cliché, Mael Leblanc a gagné le second prix du concours photos dans la catégorie Adultes organisé par la Bibliothèque de Laval, placé sous la présidence de Jean-Loup Trassard, écrivain et photographe.

Pour suivre le chemin.

Retrouver les clichés du concours du 28.05.2011 sur http://bibliotheques.laval.fr/site/index.aspx?idpage=510

. En seconde place également, cette fois-ci dans la catégorie Jeunesse, une jolie photo intitulée « Retour à la source » de Philippine de Villemagne de Saint-Jean sur Mayenne, qui constitue un bon accompagnement de la photo de l’étang. Un cliché bien équilibré d’une eau vive avec des rochers dans le fond, qui donne du plaisir à la regarder mais que je n'arrive pas à vous montrer.

 

. Retrouver la série des quatre autres billets dédiés aux estacades & co sur ce blog:   L'estacade > Le rendez-vous avec la mer, le ciel et l'air du large           L'Evasion > Le Chemin de l'Estacade > Absolut Vodka, Les Vins Nicolas Style de Vie > Marcher sur l'Eau > De l'Estacade au Ponton et plus 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 26 avril 2013 5 26 /04 /Avr /2013 12:33

Lutine la Belle, je suis sûre que vous ne la connaissez pas. Elle est pourtant très active quand tout le monde dort la nuit, à commencer par ses héros sur lesquels elle veille avec ses autres copines, les autres lutines. Mais elle seule a droit à une majuscule à son nom, complété par « la Belle". C’est beau ce nom, Lutine la Belle, qui vient du masculin lutin. Mais Lutine a un côté joyeux et espiègle qu’on retrouve à un degré moindre chez ses copains les lutins. Belle, elle a une autre particularité, c’est qu’elle est unique. D’abord parce qu’elle ne sort que lorsque la ville dort. Mais il n’y a pas que ça.

BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013 

La nuit, c’est à ce moment-là seulement qu’elle réussit à s’introduire dans ses lieux préférés, les expositions de Créateurs de Bandes Dessinées. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle ne vient ni ranger, ni nettoyer, ni assurer les autres tâches que ses copains, les lutins, détestent, comme activer le compte Facebook de la Boîte qui fait Beuh (BQFB), d’aller voir ce que font les autres, en leur disant combien elle  les aime, en prenant de leurs nouvelles, eux qui sont toujours charrette (= "à la bourre" en langage mec). Mettre du rire, du rêve, de la tendresse dans la vie grise du jour, c’est pourtant son boulot à plein temps, du 24  heures sur 24. La Belle Lutine, oh pardon, je reprends,  Lutine la Belle bosse beaucoup. Elle a un rôle exclusif qu’elle s’est attribuée depuis longtemps : elle met du désordre, du bon désordre celui qui s’appelle de la créativité quand on est un artiste, dans les expositions de ses copains les Bédéistes français, surtout ceux qui habitent en Loire, qui s'appellent entre eux des lutins.  BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Lutine la Belle passe sa nuit à changer le décor, en brouillant les séquences de l’histoire qu’on raconte, en modifiant des dessins, en ajoutant ou supprimant ce qui lui plaît ou déplaît, à son gré, en changeant les couleurs… Elle rit beaucoup, au point que d’autres lutines arrivent d’un coup d’un seul, venant comme on dit du « monde entier », une formule absurde. Il faut dire qu’elles se régalent d’humour, d’ incongruité, de bizarre sympa, de hors-norme…Elles rejettent avec force et vigueur « les sentiers battus », leur préférant « les chemins de traverse », pour aller à la rencontre de ceux qu’elles connaissent ou pas encore, avec beaucoup de joie profonde… Lors de leurs fêtes de nuit, elles ont aussi la particularité de sonner les cloches à la volée, que ne perçoivent que ceux qui aiment l’univers la bonne BD d’où qu’elle vienne et les autres cloches de par le monde, dont une certaine qui s’appelle en anglais la « Lutine Bell ».

BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013 

La cloche de Lutine la Belle, la « Lutine Bell ». Elle a une forte particularité, qui est d’exister vraiment encore actuellement, au siège de la Llyod’s à Londres. Elle est placée au cœur du grand hall d’entrée de la première compagnie d’assurances et de réassurances au monde, créée en 1774. Quand le HMS (His ou Her Majesty Ship’s) Lutine sombra en mer de Hollande en 1799, la cloche sonna une fois dans le café d’Edward Lloyd cabaretier de son état. C’est là que se réunissaient des hommes d’affaires qui garantissaient grâce à leurs capitaux le versement d’une indemnité en cas de sinistre maritime à ceux d’entre eux qui faisait partie du club. Quand on apprenait qu’un des navires assurés venait de subir une avarie en mer, la cloche sonnait une fois. Quand au contraire on entendait deux coups de cloche, c’est que tout allait bien. Le navire allait arriver prochainement à bon port à Londres. Pour la Lutine perdue corps et biens, la cloche du Lloyd’s, celle qui prit le nom de Lutine Bell, ne sonna qu’une fois. Le préjudice était énorme, il s’élevait à 1,2million d’euros, dont seuls 200 000 euros ont été récupérés à ce jour.

 BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Depuis ce jour, la cloche de la Lloyd’s Cy s’appelle toujours la « Lutine Bell ». Quant au trésor de pièces d’or et d’argent perdu en mer, l’incroyable est qu’il existe vraiment. Ce n’est pas un fantasme nocturne de lutine, belle ou pas, ou un petit coup de vin moelleux du Layon de trop. Un tel trésor gisant en Mer du Nord depuis 1799, recouvert de sable au gré des courants, ne fait qu’aiguiser des appétits très réels ceux-là. Des chasses au trésor sont effectuées périodiquement pour essayer de mettre la main sur cette « fortune de mer ».   

C’est bien pourquoi Lutine la Belle et ses copines sonnent les cloches à la volée quand se tient l’exposition, comme celle qu’a organisée, avec un grand succès, la Bande des Cinq Copains Bédéistes de La Boîte qui fait Beuh à Angers. Elle attiré 10 001 visiteurs. Et tout ça grâce à qui ? Au gros travail du Club des Cinq Lutins à la BQFB – avec par ordre alphabétique Christophe Bodin, Tony Emeriau,  Fanch Juteau, Sylvain Lauprêtre et Philippe Minvielle - avec un 6è pote qui s'appelle Ezelh qui est le seul lutin-chien-membre d'un club de bédéistes existant au monde -  et à celui totalement invisible de Lutine la Belle, pas la cloche, l'autre, celle qui range tout au petit matin pour que tout soit bien en ordre avant l'arrivée des visiteurs! Maintenant quand vous aurez l'impression de voir une patte ou plusieurs patte-s de chien  sur un des dessins, vous saurez pourquoi: Ezehl est passé par là et demande bien poliment à partir en promenade.  

 BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Et voici comment est née cette petite histoire le dernier jour de l’exposition de la Bande des Cinq lorsque j’ai rencontré Sylvain. Discutant de l’expo avec lui, après l'avoir félicité, je lui avais fait remarquer l’absence très forte de la gente féminine, à l’exception de Nathalie Bodin, membre de la BQFB et qui travaillait à ce moment là sur un autre gros projet. Et lui de me répondre très sérieusement: « mais la Lutine est là ». Et comme je ne comprenais qui était cette « Lutine », il m’a montré la charmante petite lutine toute mignonne dessinée sur un carton qui indiquait le chemin aux visiteurs. Pour mon choix presonnel, je préfère la "Pistolera", toute feu et flammes, qui a du punch à revendre pour faire marcher droit tout son petit monde d'indicipliné-e-s!          

Pour retrouver le chemin menant à la vraie exposition qui s’est tenue à la salle Chemellier à Angers du 1er décembre au 13 janvier 2013, sur les différentes séquences nécessaires pour faire une BD.

  BQFB-Angers, Expo-2013, Sylvain Lauprêtre

Voir http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Angers.-L-expo-qui-explique-comment-se-construit-une-BD_40774-2150099------49007-aud_actu.Htm

http://www.angers.villactu.fr/exposition-bulles-bulles-bd-angers-br78323-c014.html

http://www.angersmag.info/De-Bulles-en-Bulles-la-BD-angevine-s-expose-salle-Chemellier_a6032.html   

     BQFB-Angers, Expo-2013, Jeune Femme, Accueil-Salle Chemellier . Lire aussi un précédent billet sur la Boîte qui fait Beuh sur ce blog La Boite qui fait Beuh > La BD en atelier pluriel à Angers       

. Photos Elisabeth Poulain, à découvrir aussi d'autres photos de l'exposition  dans l'album Personnalités 2, à l'intérieur de "Personnalités" et le HMS Lutine pendant une tempête à découvrir dans l'album photos "Mer-Eau" . 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 25 avril 2013 4 25 /04 /Avr /2013 12:02

La « New Sylva Caravan ». C’est la toute dernière caravane de la gamme de la marque Sylva. De taille moyenne, la publicité n’offre pas d’originalité particulièrement remarquable. L’important dans le visuel est le nom de la marque qui se détache en blanc sur fond bleu parme, la couleur du beau temps des vacances.

Pub caravane Shannon

. La caravane est placée  dans ce rectangle bleu qui coupe le visuel en deux, en partie gauche. Elle prend du coup la couleur bleue. Ses fenêtres sont placées de asymétrique par rapport à la paroi, celle du côté de la porte sont disposées à l’arrière. A l’avant, on distingue bien la plus grande des deux espaces,  par laquelle on aperçoit la fenêtre située de l’autre côté. La porte est restée fermée, une preuve que ce visuel était déjà un peu ancien.

. L’autre composante du rectangle cette fois-ci de couleur blanche fait ressortir en noir un paysage de bord de mer, avec deux pins maritimes de haute taille qui occupent l’espace. En très clair, on devine un père et son fils jouant au ballon et la mère près d’un parasol qui surveille sa petite fille  jouant avec un cerf-volant. A eux, la dimension tonique du camping caravaning et à elles le caractère apaisant. 

Dans cette publicité anglaise, l’important est de focaliser l’attention du vacancier sur la marque Sylva à la couleur blanche qui « annexe » le paysage de vacances dont on ne retient que les pins sylvestres pour se distinguer de la concurrence. Au total, une publicité d’allure modeste mais au final très travaillée qui sépare l’espace en quatre. En bas à gauche, la caravane, en bas à droite, les caravaniers, au-dessus d’eux les arbres et en partie gauche en haut, la marque. L’accent n’est portée ni sur la caravane ni sur les vacances mais sur la marque SYLVA en très gros caractères blancs sur fond bleu avec une pointe de parme, pour le côté apaisant.   

Pub caravane Shannon

La « Shannon Caravan ». Elle est placée dans le fond du visuel près d’un arbre. On distingue une forme blanche avec un toit légèrement courbe que nous avons déjà rencontré. L’avant présente une grande baie encadrée par deux fenêtres qu’on imagine fixes et deux fenêtres latérales, l’une vers l’avant, l’autre en arrière. A côté d’elle, un arbre au feuillage fin, un bouleau peut être,  attire l’attention sur une scène de danse entre une jeune fille et un jeune homme qui dansent, elle sur les pointes et lui  sur ses talons à la russe. Quelques herbes en premier plan indiquent que la scène se passe à la campagne.

Un grand S rouge et un grand C bleu frappent par leur couleur tonique en avant gauche. On comprend vite que ce sont les initiales de Shannon Caravan qui vous souhaitent de meilleures vacances « happier holidays with a Shannon Caravan ». Rouge et bleu sont des composantes de la marque ; tous les autres éléments du décor, dessin de la caravane y compris, sont exprimés en noir et blanc afin d’éviter la dispersion visuelle.

L’ensemble est globalement réussi entre ces trois composantes le visuel,

. la composition entre le S de Shannon en rouge tonique qui domine le C bleu apaisant de caravane, qui forme le bloc de gauche, celui qui éclaire le tout ; c’est la porte d’entrée dans le visuel ;

. l’assise  avec le souhait que forme la marque « happier holidays with a Shannon Caravan ». C’est le socle du visuel, celui qui porte le tout. C4est aussi là que l’entreprise donne ses coordonnées ;

. la scène bucolique et dansante dans le fond supérieur droit, qui forme la fenêtre sur laquelle s’ouvre la scène bucolique, sur la caravane et ce qu’on voit de la caravane blanche sur fond blanc. C’est l’élément le plus faible de la composition, le dessin n’est pas dans le style.  

Au final, les deux visuels ont l’arbre en commun, l’arbre protecteur, comme un point d’ancrage dans l’espace, le bleu du ciel pour évoquer les vacances, le choix du blanc pour la caravane, un gros travail d’agencement de l’espace pour valoriser la marque. La dimension humaine  est donnée par un très jeune couple pour Shannon et une famille avec deux jeunes enfants pour Sylva. Dans les deux cas, la caravane est peu mise en valeur, avec un double reproche qui est pour Sylva la présence trop forte de ce bleu parme qui cache la caravane et pour Shannon Caravan, la présence trop lourde du sigle SG.  

Pour suivre le chemin 

. Retrouver les autres billets de "Style de Pub Caravanes", sur ce blog Style de Pub Caravans > caravelle & The Dauphine Continental   Style de Pub Caravans > La Wren Continental & La Welcome Consulette    Style de Pub > Dovedale Caravans > The Melvin & The Minum  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Communication & Marketing
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Pages

Recherche

Images Aléatoires

  • SBJ-Blason Bollinger
  • Pub territoriale-Abu Dhabi
  • Perrier dans Per dans P
  • 637---Confidence---Touraine---J-r-me-Sauv-te.jpg
  • Bordeaux, Place de la Bourse, en 1970
  • Montjean, maison de mineur de charbon
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés