En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 15:23

DSC02303.JPG Sous ce titre volontairement sibyllin, se cachent des recettes de cuisine. J’aime bien aller chercher l’étrange près de chez moi. La 1ère vient d’une jolie petite ville des bords de Loire habitée par les pêcheurs et des fonctionnaires du roi, Ingrandes sur Loire à l’occasion du déroulement  d’une petite fête organisée pour les vacanciers d’août par les habitants du village le 18 août dernier. A cette occasion, l’association  organisatrice a remis  aux visiteurs une petite plaquette explicative et dedans, surprise, une recette d’anguille de Loire de « Grand-Mère Chauveau, femme de pêcheur de Loire et bistrotière ».

Une anguille est un poisson d’eau douce, dont le nom vient du latin « anguilla » petit serpent, pour vous mettre dans l’ambiance. C’est un redoutable chasseur nocturne vorace, qui fait peur quand on le voit et qui repousse encore plus quand on le touche. Petit, on l’aime sous forme de friture de civelle, plus grand  on le préfère souvent en matelote. Le petit Larousse cite une matelote d’anguille au vin blanc, en voici une recette au vin rouge.

Matelotte d’anguilles de Loire à l’Anjou rouge
Vous commencez par le plus difficile (à mon avis) : trouver des anguilles.

Vous leur enlevez la peau. C’est dur-dur, si j’en crois mes souvenirs d’enfance. Une anguille est une bestiole qui glisse d’autant plus facilement dans les mains qu’elle est la reine de la glisse par définition.  Il vous faut un grand couteau très coupant. Dommage que les cuisiniers et cuisinières n’aient pas de gant métallique protège- lame, comme les bouchers. Ca éviterait bien des désastres. Ame sensible s’abstenir de regarder. Mes frères, quand nous étions enfants, s’enfuyaient de la cuisine ; moi je regardais par curiosité, sans aller pourtant jusqu’à toucher la texture si grasse de ce poisson.

Vous les videz et les coupez en tronçons de 5/6cm de long. Bon, la préparation est terminée, coté poisson. Vient ensuite la phase de cuisson. 

Dans une cocotte, vous faites fondre un hachis d’oignon, d’échalote et d’ail dans 75gr de beurre ; d’un geste vif, vous faites glisser vous tronçons d’anguille dedans et renforcez le feu pour les saisir.

Ensuite vient le 2ème temps forts de l’opération (le Ier était le dépouillage): vous ajoutez alors un verre de marc dessus et vous flambez le tout. Faites attention à vos cheveux. Que d’émotions quand vous voyez les flammes. Rassurez vous aussi sur la teneur en alcool. Le feu brûle tout, reste un arôme bien particulier qui imprègne bien la chair.

Arrive la phase du mijotage sur des sarments de vigne pendant 2 heures après avoir mouillé la préparation avec  un Anjou rouge. Je sais, que c’est long. A mon avis, vous pouvez remplacer le feu de sarments de vigne (pour le fumet) par un feu de bois dans votre cheminée ou par une cuisson sur votre gazinière préférée (30mn). Ca mérite aussi peut être une grande soirée barbecue, en commençant avant bien entendu.

Et pour finir, comme vous êtes prévoyant, vous avez pris la précaution de garder suffisamment d’Anjou rouge, vous servez la matelote avec le vin. Toujours dans l’idée que vous buvez le vin du lieu d’où vient la recette. 

Autre solution, trouvez un restaurant qui a l’anguille à sa carte. Vous pourrez ainsi comparer les anguilles de Loire avec celles de Brière, du Lac de Grandlieu ou du Poitou. Vous avez le choix.

Queue d’alligator sauce piquante

L'alligator est plus connu en France sous le nom de crocodile, un sacré nettoyeur de rivière qui engloutit tout ce qui passe à porter de sa grande gueule et des ses dents acérées. Il fait froid dans le dos, même si on l'adore quand il se présente en sac à main ou en portefeuille. voila une bonne occasion  de lui rendre la monnaie de sa pièce. Les aventuriers, à vous de goûter.   

Encore une trouvaille d’eau mais cette fois-ci en provenance de Louisiane. C’est l’auteur de roman policier Chester Himes, dans Tout pour plaire, un polar de la Série Noire,  qui fait mention de cette recette de Caroline du Sud. J’avoue, que ce n’est pas facile de trouver de la viande de crocodile en France. Il y a bien une ferme de crocodile à Bollène mais qui ne fait pas de vente de viande. Son objectif est pédagogique, comme vient de me le signaler un des responsables. 

Pour connaître le détail de la recette, il vous faut lire en page 243 du Livre de cuisine de la série noire d’Arlette Lauterbach et Alain Raybaud paru chez Gallimard bien entendu. Ce que j’ai retenu de la recette c’est que vous faites cuire ça 1 heure environ en cocotte à feu doux, comme un rôti de veau après avoir fait blanchir la viande 5mn à l’eau bouillante. Avis aux amateurs. L’auteur accompagne ça de riz à manger et de bière ou de rhum à boire. Du genre nourrissant.

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Vendredi 17 août 2007 5 17 /08 /Août /2007 11:21

DSC03644.jpg Styles de vie, patchwork d’été

La vie est dure l’été, surtout pour ceux qui reviennent de vacances. Ce grand chamboulement estival de nos habitudes fragilise notre organisme et nous ramène en triste état à la maison. J’exagère un peu, beaucoup même. Mais bon, où serait le plaisir de se plaindre sinon ? Alors ce patchwork ? Rien de tel que de vous décrire les emblèmes de mes vacances. 


La couleur de l’été

J’hésite. Le rosé, certainement à cause du Rosé de Chinon et de tous les autres rosés que j’ai goûtés depuis pour me former et arriver à faire la différence. Je vous en parlerai une autre fois. Sinon, je ne vais sûrement pas réussir à aller jusqu’au bout. En tout cas pour le rose du rosé, j’en veux un punchy et pas un rose fillette.  Ensuite à coup sûr, le vert. Tout est vert quand vous descendez dans le sud et à cette époque ci de l’année, franchement ça étonne. A halluciner. On était au printemps. L’été, quoi l’été ? Oui un été vert, avec un brin d’orange. Vous saurez pourquoi tout à l’heure.  

Le produit de l’été

Le lait solaire. J’ai pu analyser le pouvoir d’une bonne communication de marque et des informations portées sur la bouteille. Pourtant, elle n’avait rien de bien folichon, cette bouteille. J’ai compté le nombre de promesses portées sur le flacon. Je suis arrivée au score de 21 allégations. Comment voulez vous que nous puissions résister, même quand on est comme moi assez bon connaisseur ? Ca me rappelle la réflexion d’étudiants tchèques, garçons et filles, qui me disaient : « Mais nous, ce que nous voulons, c’est d’avoir aussi accès à la consommation. Nous aussi, on veut avoir le choix, comme vous ». Et, oui.  

Le chiffre de l’été

Ah, ah vous ne savez pas ? Vous donnez votre langue au chat. Je vais vous le dire. C’est le 5.Pas à cause de Chanel. Et pourquoi alors? Parce qu’il a fallu plusieurs années aux grandes marques de jus de fruits + légumes pour sortir en mini-format  les fameux cinq fruits et légumes quotidiens indispensables à notre bon fonctionnement interne, selon la pub de l’UE. Maintenant plus de souci pour acheter, stocker, préparer et boire ou manger, selon les cas, ces sources de minéraux et de vitamines. Comptez 20 unités/jour pour une famille type. Vous voyez le travail. Une petite bouteille et hop, vous voilà lesté pour 24 h. C’est-y-pas beau ça ? J’imagine l’arrivée en même temps dans mon estomac d’une pêche, d’une ou deux pommes, une banane, une ou plus carotte selon la taille et d’une portion de potiron. Je commence à me sentir mal. Et avec ça, on dit aux gens de maigrir. Horreur.  

La boisson de l’été

Je ne vais pas développer. Tout le monde sait que c’est le rosé. Au point que vous voyez des linéaires entiers rien que pour le rosé. Ca interpelle surtout quand vous vous apercevez que le rosé devient pour le vigneron non plus un produit complémentaire de sa gamme mais LE produit phare. Un vrai renversement de tendances. La seconde réflexion quand on est dans le sud, c’est de s’apercevoir que toutes les régions font du rosé et que la concurrence est terrible. 
 

La fleur de l’été

J’hésite entre la rose rose, mauve ou orangée ou un coquelicot. J’en ai vu un champ entier.  Coquelicot est très bien, parce qu’en plus on ne peut pas en faire un bouquet . Voir un  champ entier de coquelicots est un plaisir rare. Question : les escargots aiment-ils les coquelicots ? A mon avis non, par contre les coquelicots n’aiment pas les herbicides. Ca, c’est sûr.  
 

L’habitat de l’été

C’est sans conteste une Airstream, c’est à dire LA caravane des années 60 garantie à vie par l’entreprise américaine et qui est maintenant connue en France parce qu’elle sert de plus en plus de décor à la publicité. Toute ronde, en alu, avec un design fantastique. Vous pouvez louer une caravane et passer une semaine près de Mirepoix au Camping de Belrepayre à 463 mètres d’altitude. Vous y ferez la connaissance de Perry et de Coline qui viennent d’organiser le Ier European Airstream Meeting, placé sous la couleur orange des années 70. Inutile de dire qu’on y parle au moins 3 langues, l’anglo-américain, le français et celle des passionnés et des collectionneurs. Actuellement, il y a une Bambi à vendre des années 70 à  13 000 E, dans l’état d’origine à l’intérieur. Il y a quand même un peu-beaucoup de boulot. Un collectionneur est d’abord aussi un bricoleur adroit de ses mains  et qui ne compte pas son temps. C’est aussi un homme (dans la quasi-totalité des cas) chaleureux et qui crée autour de lui une ambiance sympa.   

Les chaussures de l’été

Les tongs, mais attention pas n’importe lesquelles, les Havanas en provenance du Brésil, leur pays de re-naissance depuis quelques années maintenant. On les trouve là-bas pour 0,5 dollar . Chez nous, cela dépend de qui en fait le promotion. Comptez plutôt  en plusieurs dizaines d’euros. La mode des tongs est tellement forte qu’elle se niche aussi maintenant autour du cou.  Vous pouvez acheter chez votre bijoutier préféré une tong en or avec diamant à porter autour du cou. Précision utile : il n'y en a qu'une seule, elle est toute petite et elle coûte 700 E ! Bon, quand on aime…
  

L’émission de radio

Celle de Jean Pierre Coffe, sans concurrence. Cet acteur-communicateur-découvreur-jardinier-cuisinier vous fait découvrir les légumes et les viandes de l’été sur France-Inter. La courgette a un été un grand moment. Il en faut du talent pour nous faire rire avec ce légume qui n’a d’autre goût que celui que vous lui donnez. Le canard lui a arraché ce message sybillin « beurrez le moule » qui va bientôt faire école et valoir mot de code, comme « Ici Londres » en son temps. J’exagère.  
 

Le bijou de l’été

C’est une montre. Alors pourquoi dire que c’est un bijou ? Regardez bien les pubs pour homme. Les pauvres ont si peu de pub. Tout le monde sait qu’il est très difficile de leur faire un cadeau. Preuve en est faite par la pub : pour eux, en dehors de la voiture (un peu cher quand même), des cigares, des parfums (pas beaucoup), de vêtements griffés, que reste-t-il ? La montre. Alors moi, j’ai choisi, pour les femmes qui n’aiment pas ou peu les bijoux, une montre aussi. C’est une Hermès Cape Cod, au design fort et « intemporel » comme Cape Cod au Massachussets, là où la famille Kennedy a sa maison familiale d'été, une de ses maisons. C'est très chic.   


L’animal de l’été

J’ai le choix entre deux bestioles qui n’ont rien de joyeux : l’une est sans pattes et pourtant arrive à faire des mètres et des mètres pour boulotter mes petites plantes adorées, l’autre est un 4 pattes poilus à longue queue, le plus proche de l’homme depuis l’aube des temps. J’ai nommé le rat en second et l’escargot en Ier. Pourquoi le rat ; à cause de Ratatouille, pas celle de Coffe, celle qui vient de sortir en dessin animé. C’est vrai que j’ai ri et pourtant malgré tout, il me reste quand même une gêne certaine de voir Paris à travers les yeux d’un rat. Ca me ramène à 1968 quand il fallait slalomer entre les ordures devant les restos pour pouvoir avancer. Décidément et malgré mon peu d’attachement pour les gastéropodes de tout genre, l’animal de l’été, c’est l’escargot.

Les  livres de l'été
Il y en a tellement qu'il vous faudra attendre 1 que je les ai lus et 2 que j'ai le temps de vous en parler.  

Bon retour!
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Vendredi 20 juillet 2007 5 20 /07 /Juil /2007 16:24

25-1-sb.40x60.20.jpg La vie en rose (retrouvez la suite sur le site du chinon rosé)

 

 

Eli avait pris les choses en main. Pour bien déguster le Rosé de Chinon, il faut jouer le jeu à fond, respirer l’air de Chinon, avec le château en face de soi, en mangeant des bonnes choses de Chinon, en un mot profiter d’une belle journée pour faire un pic nic face au château de l’autre coté de la Vienne, à Chinon même. C’est toujours l’idée que le vin est meilleur quand on le boit là où il est fait, là où le raisin a mûri sous le soleil, ce raisin ce soleil de Chinon, près de chez le vigneron. En plus, il fallait que chacun ait quelque chose de rose sur lui et acheter rose à Chinon. Nous voilà donc mercredi dernier au soleil, sur l’herbe à préparer le pique-nique, avec une nappe rose, des assiettes roses et des plats roses.   
Ca a été impressionnant. Dans quel sens, à vous de juger.  Seuls le riz rose et les carottes roses avaient été apportés, tout le reste est venu de Chinon même. Isi, elle, s’est chargée du vin, du Rosé de Pierre et Bertrand Couly de Saint Louand. C’est juste en arrivant sur Chinon, à flan de coteaux, en arrivant d’Angers. Dès que vous arrivez là, vous savez que le lieu est bien choisi. Moi j’ai apporté la nappe et je me suis chargée de chercher le bouquet de fleurs chez la fleuriste. Un repas sans fleurs, c’est comme un repas d’été sans un Chinon rosé. Sam s’est occupé du dessert, il a acheté de la tarte vigneron près de chez la fleuriste près du pont. Il en a pris 2 portions par personne au cas où ; il a bien fait. Un délice qui m’a fait saliver les papilles, une tarte aux pommes fondues cuites au vin (de Chinon, bien évidemment) avec une pâte très très fine. Je ne peux pas vous en dire plus. La recette est secrète. Et c’est à cause des garçons et de la tarte que les choses ont dérapées. 

Pour se rendre utile, ils ont entrepris  de placer les tartes sur des assiettes et ça n’a pas manqué. Un morceau est tombé sur l’herbe tendre. Le laisser aux fourmis, que nenni. Ils se l’ont partagé en douce. Nous les filles on a crié au scandale. Et exigé aussi une part. C’est vrai qu’on avait faim. Mais on ne pouvait pas trop commencer.  Certains étaient repartis en ville acheter de quoi faire des sandwichs avec des petites salades. Et Eli  a proposé d’ouvrir une bouteille du Rosé de Pierre et Bertrand pour nous faire patienter. Jacqueline avait trouvé des framboises avec une crème fraîche légère et des mise en bouche colorées à base de légumes d’été, avec des petits pains briochés. Un délice. 

Comme on avait commencé à l’envers, cela ne nous a pas trop gêné de continuer avec du foie gras. Ce n’est quand même pas un péché. C’était juste pour goûter, en attendant les autres, un peu de rosé, une framboise, un radis… Hum, une lumière magnifique, claire, avec un soleil étincelant et pourtant pas écrasant ; un rosé limpide d’une couleur rose saumoné et une grande richesse en bouche avec de la fraîcheur. D’ailleurs on voyait les très petites bulles au fond du verre. Parce qu’on avait fait ça bien, Isi  avait apporté des verres de dégustation. Un peu de rosé, des blagues sur ceux qui avaient du se perdre dans les rues de Chinon, le plaisir d’être ensemble, de manger comme des enfants, en commençant par le sucré, et en mélangeant les couleurs, les saveurs,  les petits légumes, les petits pains, deux grains de riz rosi (au jus de betterave) avec quelques bâtonnets de carottes, un peu de foie gras, tout en regardant les touristes anglais à coté de nous, que nous faisions rire. Des fous de Français qui jouaient pour leur plaisir la vie en rose. 

Heureusement que les autres sont arrivés à temps avec leur jambon acheté chez M. Gitton et le saumon chez  M. Marquet. Ils ont tout juste réussi à avoir les plus petites parts de tarte, quelques framboises et chacun un seul petit verre de rosé. Alors là, ils ont vraiment râlé. Evidemment qu’il n’y en avait plus assez pour eux, qui se sont auto-désignés comme les Sacrifiés du Chinon Rosé. Ils ont alors décidé que puisque c’était comme ça, un des Pirates du Chinon Rosé, comme ils ont osé nous appeler, devait aller leur acheter Deux autres bouteilles du Rosé de Pierre et Bertrand Couly. Devinez sur qui le sort est tombé. Gagné. Sur Eli évidemment. Elle aurait quand même pu prévoir un peu plus large. Un rosé de Chinon, quand même. Et pour lui faire plaisir, un des sacrifiés provisoires, lui a offert  une rose qu’il a extraite du bouquet de Mini Eden roses et blanches acheté chez un fleuriste à Chinon. C’est pas joli ça ?! 

Alors voilà, comme on est passé d’un simple pic nic en une après midi entière passée à Chinon, les uns à manger et à goûter pendant que les autres achetaient et ensuite les autres à manger et goûter et nous à continuer à blaguer. Mais eux ont pu manger et goûter dans l’ordre, d’une façon plus sage. Le verdict a été le même dans les deux cas. Chinon, c’est quelque chose, et le rosé une bien belle idée pour un jour d’été. On s’est même dit qu’il fallait inventer un nouveau concept de repas la prochaine fois en septembre peut être: chacun apporter un rosé différent de Chinon avec un plat prêt à manger et faire un repas avec les différents styles de rosés. Ca se corse. Et dire que ça avait commencé à Bruxelles quand Sam avait trouvé du Chinon rosé;

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /Juil /2007 09:01

 …et ses AOC se la jouent Bordeaux, Bourgogne

 

C’est ce que le lecteur découvre en page 91 de Chez vous en France, Mille et une clés pour faciliter la vie publié par La documentation française par Geneviève Brame. Cet ouvrage fait suite à une étude précédente présentant notre pays aux Anglo-Saxons Living & Working in France. Il en résulte une impression étrange et intéressante qui est de montrer la France à des étrangers qui seraient des Français. Ou le contraire mais en tout cas bizarre et en matière de vin, plutôt propre à fantasmer.

Le vin occupe plusieurs pages  du chapitre Quelques traits culturels plus spécialement dans la section Art de vivre…et bon vivant. La vision du vin  commence par distinguer les grands crus des petits vins, puis présentent le Champagne et Bordeaux (les grands crus ?) ; arrive ensuite  la Loire citée en Ier  (les petits vins ?) dont les vins se confondent avec leur ville : Saumur, Chinon, Cahors…Je savais bien qu’on ne prête qu’aux riches mais quand même. Les vignerons de Cahors vont en avoir un choc. Cette poussée vers le sud est peut être déjà en accéléré un effet du réchauffement climatique. Et puis nous les Angevins, les Nantais et les Gens du Centre, on fait quoi ? Remarquez qu’il n’y a pas à être jaloux des Alsaciens. Pour eux, il est seulement indiqué que ce sont surtout les blancs, sans commentaire. 

Et puis pour moi qui défends toujours le bon, le vrai marketing, il y a mieux puisque le territoire  du marketing  arrive à annexer le concept même de l’AOC. Personne n’avait osé aller jusque là, même pas les wine-makers des Nouveaux Pays Producteurs de vin. L’AOC en effet y est définie comme se rattachant à une région déterminée avec, entre parenthèses, la précision suivante (vin griffé, cru classé, cru bourgeois…). On voit déjà les plus qualitatives de nos 68 appellations avoir des crus. Là on devient carrément le challenger de Bordeaux et de la Bourgogne. La Loire annexant Bordeaux. On peut rêver. On est déjà à Cahors. 

Quant à la griffe, elle est un synonyme de marque. C’est un terme utilisé dans la Haute Couture par exemple, en tout cas dans le monde du luxe. En matière de vin, ça étonne. Aucun des 250 vignerons, coopérateurs ou négociants que j’ai rencontrés ces dernières années pour ma recherche sur l'habillage de la bouteille de vin  n’a jamais utilisé ce mot. Après des recherches rapides, j’ai trouvé, 1ère pépite, du vin griffé de Disneyland en vin de pays de la France vendu au prix  de 15 E en merlot rouge ou sauvignon blanc. Ce ne sont pas des AOC mais des vins de cépage. J’ai aussi trouvé un vin griffé du parfumeur Azarro. Là, ça passe mieux. Ca fait vraiment plus chic  que du vin de marque, qui fait plus penser au vin sous marque distributeur.  J’imagine déjà une patte de panthère, dont les griffes déchirent le papier d’une étiquette de vin. Ah, question : quel vin de Loire pourrait supporter ce traitement ? Rouge forcément, peut être du Cabernet sauvignon ou du Côt.  

Ceci dit en page suivante de Chez vous en France, on retrouve notre bon vieux French paradox sous une forme nouvelle : le Français chaque année consomme 23 kg de fromage qu’il associe  au vin, plus 2 litres de champagne et 100 litres d’eau. C’est vrai qu’il est le plus gros buveur d’eau au monde mais là aussi la moyenne baisse, au moins pour l’eau minérale.  Les Américains sont en train de redécouvrir l’eau en carafe servie au restaurant. Cette fois-ci pour cause de  développement durable. La meilleure façon d’alléger les déchets et emballages, c’est de ne pas en avoir. Pour la quantité de vin qui accompagne le fromage, ce n’est pas dit et je sèche. Si quelqu’un a l’info, je suis preneur.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /Juil /2007 14:57

DSC02300.JPG Chez Delhaize et Filigranes, oui, il y a du Chinon rosé

Un vrai professionnel profite de toutes de les opportunités pour augmenter son capital de connaissances du marché du vin. A force d’entendre parler de l’amour des Belges   pour les vins de France  - ils sont même d’excellents connaisseurs et de fins dégustateurs- Sam  a décidé de faire un (grand) voyage. Le premier jusqu’à Paris. A Angers, il s’est demandé ce que faisait tous ces gens à prendre le train. Il lui a fallu quand même reconnaître que c’était normal un jour de départ en vacances. L’épreuve du métro ensuite. Pour qui est habitué au grand air angevin des coteaux du Layon, c’est vrai que c’est dur-dur. Plaignez le. Puis l’arrivée en Gare du Nord, avec du monde dans tous les sens. Impossible de marcher droit dans ce coin et ce n’est pas pour cause d’un excès de bière belge. Le Thalys et l’arrivée à Bruxelles. Ouf. Un peu de calme après cette épreuve initiatrice. Il faut vous dire que Sam voulait, en vrai vigneron, prendre sa voiture. Pourquoi ? Parce que ça permet de faire goûter son vin en Belgique et d’en rapporter de là-bas. On ne peut quand même pas tout goûter sur place. Mais développement durable oblige.

A Bruxelles, Sam avait des tas de copains et de copines à voir. Forcément, il est sympa. Il s’est proposé pour faire les courses. Et c’est ainsi que samedi matin, il s’est retrouvé chez Delhaize, la grande surface belge qui est un gros acheteur de vins français sous nom de domaine et également en vrac, vendu sous marque éponyme. Le Delhaize d’Ixelles a un coin vins qui fait plaisir à voir, en retrait du reste du magasin, avec des linéaires bas où le vin est stocké horizontalement   dans des casiers qui le mettent à l’abri de la lumière adoucie et une bouteille témoin à hauteur des yeux. Les vins de Loire sont en bonne place à quatre endroits différents, les blancs (au meilleur endroit, on tombe dessus en arrivant), les rouges et rosés (de l’autre coté du présentoir), le bio (difficile à trouver) et en petits contenants en dehors du rayon (avant la sortie). 

Blancs (21 références)

Les vins de domaine sont le mieux mis en valeur ;  ce sont aussi les plus chers. 

Domaine & co, dans l’ordre de présentation de gauche à droite et de haut en bas :

- Savennières, Château de la Bizolière, 7,89 E

- Anjou blanc, Do de Fesles, 4,94

- Sancerre, Millet, 10,30

- Menetou-Salon, Millet, 9,29

- Pouilly Fumé, Millet, 6,39

- Sancerre, Henry Natter, 10,80

- Haut Poitou Sauvignon, 3,79

- Saumur, Soliterre, Thierry Germain, 11,90

- Muscadet Sèvre et Maine, L’Aubinière, La Noëlle, 4,59

- Bonnezeaux, Château de Fesles, à un autre endroit

 

Delhaize, placés plutôt vers le bas, sauf le Ier perdu dans les vins de domaine :

Cheverny, 4,39, Muscadet Sèvre et Maine sur lie, 2,99, Saumur Blanc, 2,99, Vouvray, 4,49, Sancerre, 8,49, Reuilly, 6,79, Quincy, 6,69, Sauvignon de Touraine, 2,99, Montlouis moelleux, 3,69, Anjou 2,99, Muscadet, 2,59. 

Rouges et Rosés (4 références)

Domaine & co : Cabernet de Saumur, Vignerons de Saumur, 3,19

Delhaize : Chinon rosé, 3,99, Cabernet d’Anjou, 3,19,  Rosé d’Anjou, 2,79

Bios : Bourgueil, Do Les Roches Brunes,  Biovidis

Petits Contenants 25 cl : Muscadet Sèvre et Maine, 0,99, Chardonnay, 0,98

Et aussi en partant, un vin qui n’est pas un vin, tout en étant vinifié par un œnologue français réputé, qu’on a pas le droit de faire en France mais que je vous engage à goûter absolument, les vins de fruit de Roisin. C’est le nom du domaine quia pris le nom de la petite ville belge. Pour l’instant je n’ai dégusté que le vin de coing (10,50 les 50cl). C’est vraiment quelque chose à découvrir. La prochaine fois, j’essaie le vin de cerises. Roisin est située entre  Bruxelles et la frontière française, en diagonale vers l’ouest (www.lesvinsderoisin.be). Ils recherchent un responsable export.  Information à transmettre aux jeunes diplômés qui n’ont pas peur de bouger. Le poste est très précisément détaillé.

Dimanche matin, Sam se l’est joué yuppie. Avec sa petite bande, il a pris un brunch chez Filigranes, la librairie  de Marc Filipson, rue des Arts, sur la Petite Ceinture. Elle est ouverte 7 jours sur 7 et est un plaisir pour les amoureux des livres. On peut aussi y manger et aussi y acheter son vin. Parce qu’il faut comprendre qu’acheter des livres sur le vin, c’est bien, et qu’acheter en même temps des bouteilles de vin renforce le plaisir. Les vins de Loire sont au nombre de 6 :

- Blancs : Chenin blanc  de Valentin Fleur (4,22E), Pouilly Fumé de Michel Redde (12,27), Sancerre blanc du Clos Paradis de Fouassier (13,18).

- Rouges/Rosés : Touraine de Deletang (6,47), Chinon rosé Les Chatellières de Couly Dutheil (8,38), Saumur Champigny du Domaine des Coutures (9,45). 

Le point commun aux deux gammes, le Chinon rosé ! Ca tombe bien au moment où le syndicat des vins de Chinon (Jean Max Manceau, président) lance une jolie opération de mise en lumière du Chinon rosé.
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Vin & Spiritueux
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