En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Style de vie

Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 19:59
A la fin de son interview par Diane Wulweck pour Le Monde2 (19.01.2008) parue dans le Grand Portrait, la journaliste lui demande quels sont ses trois vœux. Il répond :  
-        une santé de fer
-        une mauvaise mémoire pour oublier les offenses
-        mourir en souriant
 
Le souhaitn° 1 est amusant. C’est ce que j’ai perçu en premier. Il lui faut non seulement que sa santé soit bonne mais qu’elle soit de fer. C’est à dire sans faiblesse, ni rupture de rythme, ni hiatus d’aucune sorte. Le n° 3 ne fait que confirmer le n° 1. On s’attendrait à ce qu’il demande l’immortalité, ce qui serait logique quand on voit son parcours vraiment étonnant. Mais alors on comprend pourquoi il a, entre les deux souhaits, parlé de sa mémoire à offenses. Offense vient d’offendere (du latin, blesser). On gage que sa mémoire est plus qu’excellente, mais aussi celle qui a trait à ceux qui l’ont blessé et qui continuent ; sinon il n’en parlerait pas. Car cet homme préfère aimer qu’être aimé, donner que recevoir, travailler et non se reposer, avancer, surtout pas s’immobiliser, continuer et créer. Faire en sorte que ces blessures jamais ne le dévient de sa route de créateur d’un style et d’un art de vivre. Il décide de tout, veille à tout, déteste les fashion victims et n’attend rien des autres.
 
Dans une autre interview de Marie-Laure Guilleret, donnée à L’Express cette fois-ci quelques jours avant (08.01. 2008), le couturier explique ses intentions depuis ses débuts: 
-        créer une image différente, liée à des façons de vivre et de bouger en mutation
-        pour les femmes…leur donner la possibilité de gagner l’aisance des hommes
-        être élégant de tellement de façons différentes
  
Le style Armani se traduit en quelques mots : sobriété des lignes, simplicité = sans chichis inutiles, élégance minimaliste (la seule, la vraie, l’indémodable), rigueur (des structures) avec souplesse, portabilité (par toutes et tous, pas seulement les mannequins), adaptabilité (à toutes circonstances), assortabilité (entre les pièces de l’habillement), assurance d’être bien, dans le ton partout dans le monde… Prenez n’importe quel roman américain portant sur la bourgeoisie de la Côte Est ou Ouest, dés qu’un homme est bien habillé, il est en Armani, tout comme sa femme demande du Champagne dés qu’il y a quelque chose à fêter. Richard Gerre en 1981 portait un costume A dans American Gigolo. Il y a certainement un lien entre les deux.
 
L’art de vivre Armani concerne la personne et englobe vêtements de haute couture, cosmétiques, bijoux, parfums, lunettes, mais aussi des lieux de vie tels qu’hôtels, complexes touristiques et des meubles partout dans le monde. En projet, des bateaux. Il revendique entièrement son origine italienne. On ne naît pas créateur sans racines. L’Italie a toujours gardé une approche humaine de la mode.   Mais jamais il ne cherche à s’adapter au pays dans lequel il distribue ses créations. Ce serait inutile :
-        avec l’évolution des moyens de communication, le rapport au temps et à l’espace s’est transformé.   
 
Auparavant on a appris que ce très grand créateur a 73 ans, se lève à 7h, fait 1h30 de gym tous les matins, consacre son énergie, son intelligence, son sens de l’organisation, de l’entreprise et sa connaissance du marché à la poursuite de la création et au développement de ses idées. Il porte à lui seul le groupe Armani dont il est le seul actionnaire. Sa responsabilité en est encore accrue :     
      - Sur mes épaules, il y a un empire     
- Je suis le premier employé de ma maison
 
A ce titre, il se doit de garder un lien fort avec la vraie vie en ne cherchant pas à privilégier l’image théâtrale aux dépens de la consolidation de la structure financière de l’ensemble. Se faire plaisir en créant est une chose, être en phase avec les acheteurs aussi, assurer la consolidation du groupe tout autant.
 
Il passe de l’enveloppe des hommes et des femmes aux lieux de vie, hôtels qui sont un prolongement naturel. On le découvre géniteur d’un œuf dont il est également le centre, développant d’abord des vêtements qui constituent le jaune, puis les cosmétiques puis le blanc proche avec tous les accessoires, ensuite les meubles, les hôtels, les bateaux, les complexes touristiques… Giorgio Armani possède plusieurs maisons, toutes au bord de la mer, en particulier dans le sud de la France. A ce sujet, il parle de sa mère originaire de l’Emilie-Romagne, ou le ‘r’ se prononce dit-il à ‘la française’. C’est ce qui a facilité son approche de la langue française et il ajoute à propos de la France:   
-        J’aime l’esprit des femmes et surtout l’inventivité de celles qui n’ont pas d’argent
-        J’aime aussi le Paris plus populaire 
 
Un homme compliqué, qui assume et qui continue à prendre des risques et à innover. Il a ouvert son propre club à Milan près de chez lui cette fois-ci, Privé, (en français) pour y recevoir la nuit. Conçu au départ pour y retrouver ses amis, il continue en réalité à y travailler. Certes il a des amis mais ils  n’osent pas le déranger. Alors il travaille : 
-        J’y trouve des raisons de vivre
-        J’ai la chance d’être dans le questionnement
-        Je trouve plus valorisant de prendre des risques
-        Le succès isole
 
C’est la philosophie de vie selon Giorgio Armani: créer un monde Armani.   
 
Pour suivre le chemin
www.lemonde.fr           Diane Wulweck
www.lexpress.fr/mag/ Anne-Laure Guilleret
 
Commentaire
L’Express nous fait la gentillesse de mettre l’article en ligne. Cela permet de comparer l’impression ressentie entre l’image qui se dégage du créateur à partir des deux rencontres à quelques jours d’écart, la 1ère de l’Express citant sans commentaire les réponses du créateur et celle du Monde qui fait un article à partir de l’interview. La palme revient incontestablement à Anne-Laure qui a réussi à faire un papier riche, précis et chaleureux pour l’homme. Elle fait ressortir l’intelligence et la profonde humanité de GA. Diane a plus travaillé sur l’ambiance, la volonté du créateur de cadrer l’information et l’absence de repreneur pour cet empire. D’où sa question sur ses souhaits (de sa fin de vie ; c’est d’un délicat !) qu’elle a évidemment placée à la fin de son article de 5 pages avec les photos. Je dis évidemment parce que c’est ce qu’on apprend dans les écoles de journalisme : la Ière chose à faire est de réussir son accroche (pour intéresser le lecteur) et la seconde est de terminer en beauté par quelque chose de fort.   
 
 
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /Jan /2008 10:44
Les fêtes sont passées de justesse. Pensons aux choses sérieuses. Je croyais pourtant que nous avions fait notre révolution diététique : manger plus de légumes, de fruits et de fibres et moins de sucre, de sel et de matières grasses. A ces 3 + ces 3 -, vous ajoutez un litre d’eau par jour et un peu de calcium pour vos os. Hop, ma poule, ça roule, me suis-je dit un jour de grand enthousiasme. Que nenni. Ils manquent les protéines. Alors j’ai cherché, jusqu’à ce que je tombe sur l’Atlas historique de la gastronomie française, un ouvrage de chercheurs épicuriens qui ont travaillé sous la direction d’Anthony Rowley. Cet historien, prof à Sciences Po, aime beaucoup le vin et pousse la provoc jusqu’à se laisser photographier avec un gros cigare presque terminé à la main. Il faut être anglais pour cela.
 
A la dernière page de l’Atlas, le dernier texte est consacré à la vraie recette des cailles en sarcophages. Les vraies avec des truffes et pas avec des gros champignons de Paris comme indiqué dans Wikipédia. Ces cailles sont célèbres, mais pas à cause de leur titre. Pourtant c’est quand même curieux de parler de sarcophage pour une caille, alors qu’on verrait plutôt une momie dedans. Aujourd’hui on parlerait d’un cercueil. Manger l’intérieur d’un cercueil ? Oui, bon, il faut que je réfléchisse. C’est bien les Français qui sont capables de faire des trucs pareils. Déjà l’escargot chez nous est élevé au rang d’un mythe ; il est préservé comme les vaches sacrées, au point, c’est vous dire, qu’on n’a plus le droit en France d’aller à la chasse à l’escargot. Où est le côté noble de la chasse ? Je vous le demande. Face à un escargot qui se traîne mollement devant vous.
 
Revenons à nos cailles. Au moins, elles volent en principe et ne font de mal à personne. Et comme nous sommes de grands carnivores et de fins chasseurs, rien ne nous résiste, surtout pas les cailles, ces petits oiseaux de 15 cm de long, qu’on voit dans les champs manger des graines et des insectes à leur taille. On le connaissait déjà à Rome, sous le nom de quaccula. Il migre en France au printemps et en été et je ne sais pourquoi son nom désigne ici une femme ou une jeune fille légère. Pour moi, appeler quelqu’un du genre féminin ma petite caille est plutôt gentil sans avoir de connotation négative. Bon, je veux bien. 
 
En réalité les cailles que vous allez sacrifier sur l’autel de la gourmandise ne sont pas celles qui viennent de Méditerranée, ce sont des cailles d’élevage à partir d’une variété japonaise. Tabernacle, voilà que commence la grande mixité de l’art culinaire. L’Italie, ça allait parce que sans eux, on aurait été mal pour le vin et puis la caille ne connaît pas les frontières fussent-elles de Schengen. Préparez-vous parce que c’est plutôt compliqué pour commencer. Votre cuisine doit être bien rangée, il va vous falloir de la place et avoir tout acheter avant en prévoyant un budget certain. Ce n’est pas triste. Vous allez comprendre pourquoi. J’énonce dans l’ordre. La recette est donnée pour 12 personnes ou pour 6 qui mangent chacun pour 2. A vous de choisir. Parce que moi, je n’en sais rien.
 
La phase initiale : la plus dure
  1. Vous partez du début, les 12 cailles fraîchement étouffées dans de la vieille fine champagne. Ca commence bien. Vous enlevez les plumes, les désossez ou plutôt votre boucher préféré le fait pour vous, vous les faîtes tremper dans du vieux cognac et les farcissez avec 200 grammes de foie gras. Divisez 200 par 12, ça fait 16,6 gr par bête, vous êtes priés d’être précis. Rien que cette phase vous prend plusieurs heures, à condition d’avoir les cailles et de ne pas avoir trop d’imagination ; étouffer des petits oiseaux dans du cognac, c’est quand même sévère. Glissez ses mains dans ces petits corps pour enlevez les os. Oui, euh, moi, non. 
  2. Stop, maintenant vous passez aux 3 grives. Oui vous lisez bien. Il vous faut absolument ces 3 volatiles un peu plus gros pour …Vous donnez votre langue au chat ? Oui = pour faire une sauce pour les cailles, mais oui. Il faut les faire cuire avec du beurre, puis vous les passez à la presse pour ne garder que le jus. C’est d’un chic ; encore faut-il avoir une presse. C’est bien pour ça que je vous ai prévenu. Il faut savoir investir. 
  3. Bien évidemment vous savez que ce jus est un peu pauvre ( ?) alors vous allez chercher un veau. Vous prélevez un rôti dedans. Pourquoi ? Mais voyons, pour faire un jus de rôti de veau pour enrichir l’autre jus. Personnellement, je commence à avoir du mal à suivre. Mais je poursuis. A vaillant cœur, rien d’impossible, comme disait mon ami Jacques Cœur. Vous mélangez le jus de presse des grives avec le jus de veau + 100 grammes de porto blanc ou de madère et 40 grammes de mirepoix. Mon ami Wiki (pédia) me signale que c’est une sauce qui résulte de la cuisson d’un grand nombre d’ingrédients tels que carotte, oignon, bouquet garni, champignon, clos de girofle avec du bacon et du jambon (mais ça peut varier) avec du chablis. Votre presse va encore servir parce qu’il faut passer tout ça et n’en prendre que 40 grammes de sauce. 
  1. On peut enfin faire cuire les cailles dans ce jus. Ouf, II cri de victoire, le Ier c’était pour les cailles au début. Ce fut rude quand même. 
Deuxième phase : la cuisson des truffes
  1. On farcit les truffes chacune avec une caille cuite, en creusant la truffe et en gardant le chapeau. Il faudrait faire un test en réel. Existe-t-il des truffes « achetables » (= qu’on ne voit pas seulement dans des films) qui puissent contenir chacune une caille farcie ? Continuons. Bardée de lard, chaque truffe est entourée d’un papier et nec plus ultra, vous les placez dans de la cendre de bois chaude prête à point au moment où il le faut. Mais oui, Grande Béta, vous avez de la cendre chaude prête à point dans la cheminée ou dans votre cuisinière à bois, pas au charbon ni au gaz. NON, uniquement du bois. Rien n’est dit sur le type de bois. Là, il faut improviser. Du sarment de vigne devrait être une merveille, le chêne c’est du convenu, facile. Non, à mon avis des vieux ceps de vigne de 60 ans d’âge devraient faire l’affaire. A chercher plusieurs mois à l’avance chez votre vigneron préféré. Comptez une heure de cuisson. 
Troisième phase : la disposition sur le plat et l'attaque
  1. Ce n’est pas fini. Il faut déshabiller les truffes de leur papier et de leur barde. Puis vous recueillez le jus que vous avez filtré et dégraissé (et oui, pensez à votre forme, il serait temps) et vous le versez sur les cailles en sarcophage dressées dans un plat. 
  1. A boire selon la recette, non pas avec la vieille fine de champagne du début, ni le porto blanc + le chablis du mirepoix, mais avec du champagne. Vous pouvez aussi choisir un Crémant de Loire Ivoire Louis de Grenelle qui devrait bien se marier avec la caille en sarcophage. Rien n’est dit sur l’accompagnement, légumes peut-être rien après tant de superposition de goût. Rien non plus sur l’avant (quelle entrée ?), ni sur l’après (un peu de fromage ? Un petit sorbet pour faire glisser ?). Quelle misère ! Je ris.  
Quatrième phase : réminiscence culturelle
Vous pensez à Karen Blixen qui rendait hommage à l’hédonisme français dans le Festin de Babette et vous vous précipitez après le repas sur le site Wikipédia pour voir la recette actuelle des cailles en sarcophage.
 
Le plus délicieux c’est le commentaire du chercheur qui reproduit la recette tirée de l’Art culinaire français, Paris 1950: ce mets …constitue l’une des préparations les plus raffinées de la cuisine moderne. J’aurais plutôt cru qu’on se trouvait à coté d’Antonin Carème dans les cuisinesde Talleyrand au Congrès de Vienne. L’Europe était en très mauvais état après les guerres napoléoniennes et toutes les Cours se régalaient et dansaient à Vienne pendant les négociations. 
 
Pour poursuivre le chemin
. Différences Culturelles, Norvège, France (1), sur ce blog qui m’a fait redécouvrir l’auteur danoise grâce à Eva Joly qui l’a citée dans son dernier ouvrage.
. Les Français à table, Atlas historique de la gastronomie française, sous le direction d’Anthony Rowley, Hachette 1997
. Le cuisinier de Talleyrand, Meurtre au Congrès de Vienne, de Jean-Christophe Duchon-Doris, en réédition au Seuil : une merveille d’écriture, de capacité de visualiser les entrailles de la terre, comprenez des cuisines de Talleyrand, dans un roman aux allures d’enquête policière, en suivant les pas d’un héros attachant. Chaque chapitre commence par un digest récapitulant tout ce qui se mange dans le chapitre. L’auteur est un jeune magistrat doté d’une érudition époustouflante.   
 
 
 
 
 
       
 
 
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 12:48
sdfkjlxdfSTRYqzert.jpg Je sais, j’ai loupé l’automne. J’ai un retard fou ou amusant selon la façon de voir. Je ne vous ai même pas encore parlé de certains vins découverts cet été, alors vous pensez l’automne. Pfutt, zut et flutte, on s’en fuche ! Monsieur le correcteur d’orthographe n’est pas d’accord mais c’est qui qui commande ici, quand même !
 
Donc l’hiver, c’est la saison du repli sur soi qui se traduit par un retour près du feu, au cœur de la maison, tous unis comme « dans le bon vieux temps » contre la nuit noir qui sévit au dehors. C’est toujours ce qui m’étonne quand on parle de l’hiver, ces images imposées qui défilent à l’esprit, qui se transmettaient au sein des familles et maintenant surtout par les catalogues. Ne nous égarons pas. Aujourd’hui je vise le retour auprès du feu, c’est à dire le cœur du foyer. Il n’y a pas de hasard si feu = foyer = home = sweet home = ce qui va se traduire par une série de produits qui tous vont avoir un point commun, vous rassurer sur les traditions « immuables
 
La couleur qui donne chaud
C’est le rouge parce qu’il éclate de vie et qu’il est le symbole de la chaleur et du feu qui embrasse. Inutile de vous préciser que c’est la couleur la plus chaude que l’on puisse imaginer. Votre sapin de Noël est rouge (Habitat), vos escarpins vernis rouges (Casadei 406; si vous divisez par 2, le prix à la chaussure passera mieux), vos sous-vêtements, vos chaussettes aussi. Quand elles sont rouges, elles réchauffent mieux vos pieds surtout si votre bouillotte est rouge aussi. A mon avis, un peu de laine ne devrait pas nuire non plus. Vous pouvez même acheter des verres rouges en verre chez Carrefour ou chez Cristal d’Arc (55E Mascarades Folies Rubis les 4). Bien sûr c’est pour le fun, à utiliser uniquement avec de l’eau minérale en bouteille rouge comme Badoit il y a quelques années.
 
Le légume pour survivre l’hiver
Facile à trouver, c’est évidemment le chou. Moi je préfère le rouge avec beaucoup de pommes d’oignon, du carvi, un peu de vin rouge et une pointe de vinaigre. Le rouge a plus de goût à mon avis. C’est une alsacienne qui vous le dit. Il a tellement de qualités, ce chou qu’il me faudrait plusieurs pages pour les citer. Pour ne pas prendre le risque de frôler l’overdose, je ne vous en parlerai qu’un tout petit peu ou même pas du tout (pour ne pas peser sur votre estomac plus qu’il ne faut en ces temps où manger consiste à jouer sur le toujours plus en ajoutant et rajoutant les saveurs aux saveurs, comme au temps où le cuisinier personnel de Talleyrand s’appelait Antonin Carême, la Ière star européenne de l’art culinaire français. Ouf, fin de la phrase.) Du chou, il en existe aussi en ampoule à acheter chez le pharmacien. Eh oui. Ca, c’est pour les flemmards de l’épluche légumes.
 
Pendant que je vous écris, j’entends un invité de Jean Pierre Coffe qui parle de « la faillite de la France » mais dans le domaine de la truffe, pas les subprimes. J’ai eu peur. Peut-on faire du choux à la truffe ou mieux de la truffe au chou? Non pour le second, le Ier cas certainement, ça doit même être recommandé. Il n’y a en France que deux façons d’utiliser des matières premières peu chères, les annoblir avec des trucs très chers ou jouer la carte de l’exotique étranger pour surprendre nos papilles. Pour rentrer dans la seconde catégorie, essayez donc avec des airelles, du gingembre et un peu de raifort. Ca devrait flasher en bouche, avec du gibier.
 
L’animal de l’hiver
Alors là, ça se complique. J’ai le choix entre 3 candidats.
  1. Le renne parce qu’il est rouge. Oui, pas de discussion, il est bien rouge sur le catalogue de Castorama, c’est un coussin qui ne coûte que 16,90, 17 euros donc pour 45 cm de large et 45 cm de haut. 
  2. 2. La cigogne. Vous allez encore dire que l’Alsace me poursuit. C’est tout à fait faux. Seulement j’ai sous les yeux la dernière pub pour les vins d’Alsace. Notre sympathique cigogne « Grand Blanc » pousse l’élégance jusqu’à porter un bonnet de Père Noël du même rouge que son long bec. Dire que le Comité des Vins d’Alsace voulait changer de pub. Les pauvres commençaient à se lasser de ce grand fou qui en réalité déserte les nids alsaciens. Ils ont eu raison de continuer ; leur pub devrait avoir le prix de la plus grande longévité.
  3. Et le 3ème, j’hésite encore plus parce que c’est…Là impossible de trouver, j’en suis sûre, parce que je le trouve idiot et que jamais je ne porterai un pull en poil d’angora. Vous avez trouvé, c’est le lapin avec ses grandes oreilles. On le trouve en rouge, jaune, vert ou bleu chez Sony pour vous inciter à acheter un téléviseur LCD BRAVIA ou en statuette en céramique dorée pour décorer votre intérieur cosy chez Paul Smith (51 E). Evidemment dans la photo composée à la manière d’une nature morte sur fond noir, c’est lui le maître de cérémonie à coté d’un Dom Ruinart 1998 (141 E), d’une coupe flûtissante Véga (c’est pas moi c’est Baccarat qui le dit dans Le Monde 19.10.2007) à 106 E et de deux pailles de Christophe 95 E. Les 2 et en argent. Ca ferait quand même moins pingre d’acheter un autre verre. Les pailles, euh… c’est une idée de chez Piper Heidsieck au début du siècle, il y a longtemps. Moi j’aime bien le lapin Duracell, toujours là, façon nounours.       
 La viande de saison
Je sèche. J’ai l’impression que ce sont toujours les mêmes qu’on nous présente. En tout cas, ni renne, ni grand volatile ni lapin, ni ours au menu. Leclerc, vous connaissez, celui qui a des grands centres, le passionné de BD, me propose du canard au miel et aux amandes, du chapon, de l’autruche, du veau, de la caille et de la biche mitonnée aux baies de cassis. A comparer avec Champion qui présente un pavé de biche façon rossini, sauce au foie gras de canard, pommes de terre à la truffe (la voilà), civet de chevreuil sauce grand veneur, une cuisse de canard sauce morilles ou une émincée de filet d’oie en civet. Vous, ça ne vous parle peut être pas mais il y a des étudiants étrangers qui envoient ces catalogues à leurs parents pour leur montrer concrètement ce qu’est la cuisine française à la fois variée et abordable (15-17 E/k). Pour moi, ce serait du chevreuil. C’est mon coté Grand Siècle, Louis XIV était un grand chasseur.
 
Le cadeau pour homme
Evidemment pour le porter, il faut réunir un certain nombre de conditions mais on peut toujours rêver et, si vous n’y arrivez pas, répétez après moi comme un mantra « nobody is perfect », allez, on recommence. No… C’est un grand pull en laine noir, marqué sur la poitrine BIG sur la Ière ligne, BLACK sur la 2ème et PULL en dessous (Rykiel Homme). Bull aurait été d'un drôle. BIG BLACK BULL. Pour ça, il vaut mieux être très grand, style asperge, à compléter au-dessus avec un gros bonnet noir of course pour cacher vos folles boucles dedans et surtout, surtout en dessous un jean noir, très noir, ultra collant. Si non, s’abstenir. Je sais que c’est violent mais c’est comme ça. Il faut souffrir pour être beau.
 
Le livre à feuilleter
Collé face à la cheminée, en vous tournant régulièrement comme une volaille le fait sur la broche pour être dorée à point, vous pourrez rêver en tournant les pages du dernier livre de François Morel Les Objets de la Vigne et du Vin (De Borée). A la fin, vous trouvez une très belle affiche de 1942 de René Rabo, publié par Havas pour le compte du Secrétariat à la production industrielle française qui offrait un litre de vin pour 200 grammes, de cuivre. Le vin comme monnaie officielle d’échange, on rêve. Il faudrait calculer à combien s’élèverait le coût de la bouteille maintenant*. Le fond de l’affiche est vert comme les 2 feuilles de vigne qui sont disposées en diagonale haut-gauche et bas droit avec au-dessus une grappe de raisin rouge qui éclate sur le vert et se fond dans la bouteille bordelaise inclinée en diagonale inversée, transparente et noire. Au cœur de la bouteille, son petit cœur jaune qui bat en forme de petit pois en cuivre de 200 gr !
 
Le vin à goûter 
Vous l’avez deviné, il est forcément rouge et noir. Sur la table, près de la cheminée, une bouteille de Petra Alba, un Anjou Villages Brissac de Christophe Daviau du Domaine de Bablut, un vignoble familial depuis 1546. C’est un cabernet franc à la couleur rouge profond, aux notes de petits fruits rouges …certains parlent de violette d’iris. La bouteille est noire avec une étiquette grise et un haut de bouchon rouge. Une merveille. Petra Alba, pour Pierre Blanche en latin of course.
 
Le jardin d’hiver
Il manque un jardin à mon histoire. J’aurais bien aimé vous parler du Jardin de Brécy dans le Calvados. Représentant l’archétype du jardin classique à la Mansart, il date du XVIIè. Je l’ai découvert sur une photo l’hiver sous la neige, sous un ciel de plomb revêtu de teintes blanches, grises et noires. Petra Alba dans le jardin. Il faudrait pouvoir le voir sous la neige. Difficile à programmer surtout quand le château est fermé de la Toussaint à Pâques. Jacques de Lacretelle qui en fut propriétaire, en parlait en ces termes « Des atours de princesse italienne jetés sur les épaules d’une petite paysanne normande .» 
 
Pour poursuivre le chemin 
* La bouteille coûterait 1,25 E, le cuivre n'ayant jamais été aussi cher qu'aujourd'hui. Il faudrait évidemment retrouver les équivalences de 1942.
www.vinsalsace.com     
Domaine de Bablut, Vignobles Daviau, 49320 Brissac Quincé, 02 41 91 22 59 Brécy, 14480 Saint Gabriel-Brécy, 02 31 80 11 48    

Ajoûts d'après courses
- des vitelottes violettes noires à faire en purée. Rien n'est dit sur ce type de légumes. Je vous dirai ce que ça donne, une fois cuit et goûté. 
- Marlboro qui sort une édition spéciale Fête de l'An , évidement noir très noir, avec une pointe de blanc pour Edition Nouvel An et une étincelle de rouge . Un packaging superbe.  

Plus après Noël
Cherchez les histoires des lapins crétins en lutte contre Rayman, une création d'Ubisoft de Montpellier. Drôles comme tout.
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 11:38
femmeyhgPTT.jpg C’est Eva Joly qui nous donne un exemple de ces différences culturelles dans son dernier ouvrage « La Force qui nous manque » (Les arènes 2007). Elle est norvégienne de naissance et d’imprégnation ; elle est devenue française ensuite au degré 4, en y faisant ses études de droit, en se mariant avec un Français, en exerçant le difficile métier de magistrat, plongé au coeur des histoires les plus cachées de corruption et de blanchiment. Maintenant elle est à nouveau norvégienne au sens où elle s’est vu confier par le gouvernement norvégien l’animation d’un réseau de lutte contre ces deux maux de nos sociétés mondialisées actuelles. 
 
A 63 ans, elle peut comme elle le dit regarder tranquillement ceux qui m’ont faite, la Norvège et la France, un peu comme on observe ses parents, la maturité venue : sans ressentiment, ni colère, au courant de leurs obsessions, de leurs histoires, et émue de les voir se battre contre le temps. Je suis le fruit de deux mythes inversés revendiquant tous deux leur exemplarité. » 
 
La Norvège d’abord qui se veut exemplaire, un pays de paysans indépendants, fiers du travail accompli, de l’esprit égalitaire et du respect de la loi quel que soit le statut ou le niveau social. Le roi achète une fois l’an son ticket de tram, comme les autres Norvégiens. Le pays en retire une fierté certaine et une dureté réelle qui se nourrit périodiquement de sacrifices faits au nom de la loi. Malheur à celui ou à celle qui entre dans l’œil du cyclone pour une phrase malheureuse qui serait dans un autre pays une simple maladresse. Un pays capable dans le même temps de s’adapter à l’effort de modernisation exigée en resserrant la solidarité de ses membres entre eux contre l’adversité quitte à assimiler celle-ci à l’étranger. La Norvège est une société égalitaire, où l’on doit se protéger entre soi considérant que les qualités et les défauts des uns et des autres s'équilibrent mutuellement.
 
La France ensuite, qui rêve de grandeur et de social-démocratie, tout en cultivant sa tradition latine du village qui se tient à l’ombre du château. Cette France là, pour Eva Joly, est devenue provinciale. Reste le reste qu’elle aime jusqu’à la déraison la façon d’être au monde des Français. J’aime leur culture qui continue de m’intimider, j’aime leur esprit laïque, leur goût de l’excellence, leur goût du flirt qui laisse jouer homme et femme avec le regard, sans que quiconque n’y voit dommage ou harcèlement…Pour cette France, elle choisit la liberté, l’égalité et la douceur de vivre. Elle raconte comment en Afrique elle a refusé de prendre fruit et sandwich à midi et a exigé un « repas chaud avec un verre de vin, m’asseoir, discuter, partager. C’est une cérémonie très française peut être, mais vitale. »
 
Souvent elle rappelle la fable du Dîner de Babette contée par Karen Blixen (auteur danois 1865-1962) où l’on voit une Française réfugiée après la Commune en Norvège dans une famille de pasteur, austère parmi les austères et qui décide en un geste de remerciement et d’amour de cuisiner pour cette famille qui l’accueille. Et puis le jour venu, sans qu’aucun compliment, jamais, ne soit fait à la nourriture, doucement, le vin, le champagne, la soupe, la volaille grillée enchantent les gosiers, éteignent les frileux serments et unissent.
 

Pour combler ses deux composantes, Eva Joly a deux petites maisons, l’une perdue, seule dans un océan de neige l’hiver et l’autre en Bretagne dans une île proche de la côte. C’est là, qu’elle se ressource en cultivant son jardin, en y plongeant les mains dans la terre, loin du purisme norvégien et à distance de la grandeur française. Entre ces deux rives, elle construit son monde à elle, fait de déplacements, d’échanges et d’amitié la moitié de l’année pour remplir sa mission.          

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 12:50
WILLEM.jpg Jeudi 15 novembre, Christophe Willem donne ouvre sa tournée avec son Ier concert, à Forges Les Eaux à l’Espace Jean Bauchet. Diable, diable, où est-ce donc ? Ma géographie est en défaut. Un vague souvenir s’éveille dans ma mémoire, avec une association avec des cures thermales. Mais c’est du flou très lointain. Quelle est la ville qui dispose d’une salle de concert   adaptée à tel événement ? C’est le Ier paradoxe de cette soirée étonnante, le différentiel de notoriété entre la ville, Jean Bauchet qui ne me dit rien de rien et Christophe que tout le monde connaît en France. Même moi, c’est vous dire. D’ailleurs, il suffit de dire son prénom.
 
Quelques infos d’abord pour planter le décor. 1 200 personnes pour le public, avec des voitures partout mais pas rangées n’importe comment. Nous sommes au pays des soirs calmes, en Normandie (il faut que je vérifie quand même) pour paraphraser ce qu’on dit du Japon, le pays des matins calmes. Ce qui signifie que les choses se font sans débordement. Pour trouver le lieu, il vous suffit de faire comme la voiture qui nous précède à l’arrivée au village. Petite voiture rouge, immatriculée 78, avec une jeune femme au volant. Ma chauffeure dit, c’est bon, je la suis, je suis sûre qu’elle y va. Et comme elle-même est jeune et souriante, la voiture qui nous suit, fait demi-tour au même endroit pour tourner à gauche un peu plus loin. Pour traverser une ni-campagne, ni-zone industrielle, ni-lotissement et arriver à Jean Bauchet. Pas une station de métro, non la salle polyvalente de Forges Les Eaux. Cette fois-ci encore il suffit de suivre les autres, à pied. Il fait froid, on retrouvera de la gelée blanche sur la voiture quelques heures plus tard. Des hommes en noir à l’arrivée pour le contrôle et la sécurité avec palpation des sacs pour sentir s’il y a des appareils photos ou des bouteilles. L’un d’eux me répond, comme je lui demande étonnée : des bouteilles ? Non, d’eau. Ah bon, moi non. Passons.
 
La salle, à vue d’œil, les 2/3 debout et le 1/3 assis ; une différence d’âge entre les D (= Debout) et les A (= Assis), une génération environ, avec des exceptions dans les 2 sens, heureusement. Puis la découverte de 2 autres catégories de personne, la sécurité habillée en noir et les gens du métier qui se reconnaissent, se font la bise comme le dimanche après la messe, là c’est jeudi soir, c’est la différence. Les points communs les plus fréquents entre les deux catégories: ils sont hommes, bronzés, habillés de noir pour les quadra et moins, rasés pour accentuer leur virilité. Ils cherchent du regard ceux qui pourraient les connaître. Ils ont des places réservées pour les « costumes mais sans cravate » avec ma voisine qui me glisse à l’oreille : c’est Jean Claude Camus / C’est qui? / Mais voyons, l’impresario de Johnny./ Ah.
 
Et tout se déroule comme du papier à musique. Le rideau s’ouvre à 20h, avec un jeune chanteur Fabien qui a un peu de mal a démarré à froid avec une salle bienveillante et calme ; peut être le thème de la chanson ? A la fin des chansons, il remercie les gars et Christophe de lui donner sa chance. La salle attend, avec clairement en faisant monter la pression.
 
Et le concert commence. Un plongeon dans
-        un univers de sons, avec beaucoup de basses, comme des coups de poings assénés de façon binaire, droite-gauche, 1-2, oui, on continue. A chaque chanson, on se dit : mais comment vont-ils pouvoir aller plus loin, plus haut, plus fort s’ils commencent comme ça. Rassurez-vous, ils y arrivent ;  
-        un univers de lumières, qui bougent, s’arrêtent, se croisent, s’accompagnent, s’harmonisent, se choquent, se démultiplient entre les fixes, les mobiles, les ponctuelles, les générales, qui s’affichent sur 5 écrans, avec des panneaux de lumières scintillantes ou fixes
-        un univers de couleurs qui caractérisent chaque séquence de chacune des chansons qui elles-mêmes forment un univers, avec par exemple
. du violet + blanc sur fond gris métal pour « Quelle Chance » qui ouvre la soirée et fermera la soirée, c’est d’ailleurs comme ça qu’on a su que la soirée allait se terminer ;  
. du jaune + rouge pour « La Tortue »
. du bleu + violet froid pour « Tu t’en fous »
. du blanc troué de flashs vert/jaune/rouge pour « Je me sens si fragile »
  Et là dedans, dans ces univers créés et voulus par lui, Christophe se donne à fond avec générosité, sans en faire de trop -c’était le risque dans une telle surenchère de bruit et de fureur- utilisant sa voix comme un instrument en plus des autres instruments ou plus rarement comme le pivot central, comme le plat principal d’un repas de roi, qui en constitue la structure et donne le rythme. Sans en faire de trop mais en faisant tout pour harmoniser sans écraser la partition de chaque composante et assembler l’ensemble.

   Un homme étonnant de présence et de naturel, de force profonde et de fragilité revendiquée, sans âge et proche de tous les groupes d’âge de la salle et d’appartenance sociale, hommes et femmes, intelligent et exigeant, avec beaucoup de générosité, ouvert et secret ; capable de transmettre sans chercher à plaire, en poursuivant une route qui a du commencer bien avant qu’il ne se révèle. Avec un vrai sens du mouvement, de grands bras, de longues jambes, qui bougent ou s’immobilisent, qui sillonnent la scène qui est son espace, qui parle et chante tout autant que sa voix ou les textes de ses chansons qu’on ne comprend pas quand on ne les connaît pas. 

   Et les gens dans tout ça ? . Ce qui m’a frappé avant tout, c’était leur attente. Pour savoir s’ils sont entrés dans le jeu, dans les univers de Christophe, je les ai regardés. J’ai vu
-        3 adolescentes A en fou rire constant avant le début du spectacle et qui se sont calmées ensuite ;
-        une dame avec son mari - des sexagénaires- qui a rythmé avec son corps, ses mains et son regard tout le spectacle, lui était là pour lui faire plaisir ; il était content ;
-        quelques couples amoureux D qui vibraient ensemble surtout au début, après chacun d’eux est entré seul dans la musique ;
-        un rugbyman venu en famille qui connaissait tout le monde, une gueule à la Bernard Tapie, le beau bonhomme, la petite cinquantaine, venu en famille (femme 40 ans, fille, amis de la fille =18 ans) et c’est lui qui très vite s’est levé et a rejoint les D. Venu pour accompagner les filles avec sa femme, il a eu un retour formidable. Il a commencé à bouger un peu le corps, puis les jambes, le cou, les bras, au fil des chansons. Il a délié son corps puissant. Sa femme la rejoint pour 2 chansons à la fin et s’est rassise. Les filles D au départ sont revenues en A, ça ne les intéressait plus, l’une prenait des photos et les regardait ensuite ;
-        deux femmes, quadras, dont l’une ne tenait pas assise, -elles étaient au Ier rang des A- et qui s’est mise à danser seule pour son plaisir, en tournant sur elle-même. Cela nous a fait rire, mon voisin venu avec un copain (22 ans à peu près) et moi. C’est le seul moment de connivence que nous avons échangé
-        et ma fille cadette, A avec moi, devenue une D debout pour toute la dernière partie, chantant avec Christophe et bougeant sur place. Vous l’avez deviné, c’est elle qui m’a invitée à l’accompagner à Forges Les Eaux.      
 

Je me suis demandée pendant le retour à la voiture, ce qu’un plongeon musical et humain de ce style donnerait en Amérique latine : les gens seraient tous debout à bouger, vibrer, se lancer, se lâcher, seul, à 2, ensemble...                   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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