Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

WBW53 > Les Habits des Vins d'Expression > Les Partenaires de la Bouteille

25 Novembre 2009, 17:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

Outre l’étiquette, la bouteille peut être habillée de nombreuses pièces qui n’ont souvent d’accessoires que le nom, puisque tous les éléments ont un sens propre dans le cadre d’un jeu collectif. A commencer par le plus important visuellement après l’étiquette, la capsule.

 

La capsule

Il est des capsules très particulières puisque contrairement aux autres capsules à qui elles ressemblent en tous points, elles ont pour fonction de constituer la pièce centrale de l’arrimage de tout le système d’information. Sur un bateau, elle serait le haut du mât auquel on suspend les voiles. Là c’est l’étiquette qui y est fixée.

 

- Le Muscadet Sèvre et Maine sur lie, One, de Louis Métaireau, Domaine du Grand Mouton,  possède un habillage trois pièces dont seule la tête -la capsule- est fixée. Y est suspendue une cravate à laquelle est collé le médaillon One. La bouteille est une bourguignonne granitée dont la douceur des courbes et la profondeur du satiné du verre dépoli s’efface devant l’or des mentions et le blanc One de Louis Métaireau.

 

De nouvelles matériels permettent maintenant d’automatiser ce qui se fait encore à la main dans le cas précédent. Des vins vendus en grande distribution possèdent des   languettes portant des recettes de cuisine.

 

917. C’est le procédé utilisé pour Tasteworld et Tastemets (avec huit cépages Merlot, Chardonnay, Cabernet rosé…) de Ackerman Rémy-Pannier avec une languette qui se fixe à la collerette. Avantage, celle-ci est détachable ou non selon l’envie de l’amateur. Au menu, lottes au poivre pour le chardonnay et salade de poires au roquefort avec un Coteaux du Layon. 

 

Les capsules de surbouchage

Jusqu’en 1993, les capsules dites de surbouchage étaient en plomb pour les vins de qualité. C’est l’étain qui l’a remplacé, avec des alliages de plus en plus techniques et moins couteuses. Le plastique, là aussi, a trouvé sa place. La capsule a pour objectif de finir l’habillage en cachant non pas tant le bouchon que la partie située à l’intérieur de la bouteille entre le fond du bouchon et le niveau du vin. La question de la couleur de la capsule peut être traitée simplement et rapidement par le vigneron en choisissant une couleur passe-partout comme l’ivoire ou le noir, quelle que soit la couleur du vin ou bien assorties à la couleur de l’étiquette ou à celle du vin. Il vaut mieux partir de la couleur de la capsule pour arriver à trouver le juste ton en papier que l’inverse parce que le choix est plus vaste en papier.

 

- Pascale de Bonnaventure sélectionne l’étain pour les cuvées les plus qualitatives et du complexe épais pour l’entrée de gamme. Les capsules sont rouge bordeaux sombre pour le Chinon Château de Coulaines, Clos de Turpenay et La Diablesse, avec un rouge plus vif teinté spécialement à sa demande pour Les Pigasses.

 

- Françoise Gourdon du Château Tour Grise de plus en plus de la capsule l’élément de finition d’un habillage très pensé : type de bouteille, forme de l’étiquette basse et longue, positionnement bas sur la partie la plus ventrue et capsule ‘lézard moucheté’ aux couleurs de l’étiquette.

 

De plus en plus une autre solution consiste à choisir une couleur métal pour les accords de couleur : l’or une valeur sûre, le cuivre, l’aluminium à l’amplitude de choix très large, brillant, mat, assourdi aussi mais avec un aspect plus contemporain. Et toujours le noir parce qu’il gomme toute transition entre la couleur foncée du verre et la capsule. Résultat, l’œil prolonge la silhouette de la bouteille vers le haut.

 

Outre la couleur, il est possible de personnaliser la capsule avec des marques de reconnaissance comme un emblème graphique, un écu, le nom du vigneron, des adjectifs caractérisant le vin… On y trouve de plus en plus de mentions. Cet espace devient un media à part entière au point qu’à l’étranger, certains ont pu y porter toutes les informations nécessaires à la vente. En France, le consommateur doit pouvoir lire l’information sans avoir à tourner la bouteille. 


- Le Chardonnet, La Légende, de la Cave du Haut-Poitou est paré d’une capsule en PVC thermoformé avec deux bagues d’un vert plus clair avec de l’or à chaud pour mettre en valeur le nom de la cuvée La Légende.


La coiffe, le muselet

Elle  prend une importance encore plus grande pour la bouteille de vin à bulles. Elle sert tout autant à décorer qu’à remplir la fonction de finition du haut de la bouteille. Elle va de pair avec le muselet ainsi qu’au collier de finition qui marque la jonction entre le bas de la capsule et le verre.  Le muselet représente la plus petite surface légèrement bombée de toutes les pièces de l’habillage de la bouteille. Elle fait pourtant, ou à cause de cela, l’objet de beaucoup d’inventivité de la part des maisons de vins à bulles qui s’adressent à des artistes en vue de constituer des collections tout à fait étonnantes pour des passionnés en France et à l’étranger.

 



918. 919 Bouvet-Ladubay  en fait un élément important de sa stratégie de communication, en offrant à des artistes représentatifs de notre époque le plaisir d’exprimer leur créativité sur de tels médias sur des Bouvets Trésor ou Saphir. Josep Grau Garrigua est l’un deux. Pour l’an 2000 l’artiste catalan a peint quatre muselets avec des têtes d’homme. Le Bouvet Saphir Brut Vintage de couleur jaune éteint en tirage limité porte ainsi du bleu en collier et en muselet.
                                                        
La collerette
Elle finit une bouteille de vin de fines bulles, comme le veut la tradition. C'est aussi une jolie façon d'alléger la bouteille toujours lourde pour pouvoir contenir la pression du vin. Cette collerette est assimilée à un collier, comme le montre l'étymologie.    
                                                    




Les pendentifs et cônes

Le haut de la bouteille permet d’autres fantaisies, On peut y accrocher un pendentif ou un cône qui s’emboîte sur le col de la bouteille. Ce sont des solutions généralement choisies quand il est nécessaire d’expliquer une démarche, accompagner la sortie d’une cuvée ou fêter des événements tels que la Saint-Valentin.

- En forme de blason-livret pour expliquer ce qu’est le Cru Gorgeois, avec une carte sur le verso de la couverture  qui porte le nom du cru et un blason à quatre identités. L’envers de ce petit livret accroché au col de la bouteille par un lien doré donne les coordonnées de M. André Brégeon et le millésime de la bouteille. 

- C’est un cône en carton léger qu’André Lacheteau a choisi pour Soupçon de Fruit de la gamme Parfum de Loire qui a fait l’évènement de l’été 2003 pour expliquer sa démarche et renforcer le caractère informatif de ce Cabernet d’Anjou.              

Les colliers, collerettes, macarons, bandeaux…se collent sur la partie haute des bouteilles. Ils sont surtout utilisés pour orner le haut de la bouteille à bulles comme une obligation pour parer une gorge dénudée. Ils ressemblent à de lourds colliers en métal précieux qui reprennent bien souvent les armoiries du blason. Cette tendance est bien ancrée au cœur de l’image de ces vins associés à la fête.
 

Pour suivre le chemin

Prochain billet consacré aux styles et aux lignes des bouteilles.  

Voir les commentaires

Ville > Identité > Cohérence sociétale et Lien végétal

25 Novembre 2009, 17:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

En fait, il serait possible de commencer par n’importe lequel de ces trois éléments. Il s’agit de tracer les grandes lignes de l’identité d’une ville sous l’angle d’une certaine cohérence, en lien avec le végétal. Reprenons chacun des éléments.

 

L’identité d’une ville

Il ne s’agit pas tant de dire ce que la ville est que de dire ce que les habitants eux-même, et les autres que les premiers voudraient attirer, aimeraient qu’elle soit. La première idée est de partir de l’existant fondé essentiellement sur l’histoire et la culture,  en lien avec la démographie. D’Angers par exemple, on retient trois éléments forts, le château contenant la Tenture de l’Apocalypse et le nombre d’étudiants (30 000 sur 150 000 habitants environ), ce qui fait dire que la ville au riche passé est actuellement une ville jeune. 

 

Ces trois éléments à eux seuls ne sauraient fonder l’identité attractive d’un territoire pour des entreprises qui voudraient s’y installer. Le château et la tenture concernent essentiellement les touristes et les étudiants ne sont pas tous destinés à demeurer à Angers. Il manque en effet à cet embryon de schéma identitaire la dimension économique et la vitalité du marché du travail d’aujourd’hui et forcément de demain.

 

A tout moment, les choses changent ; il n’est pas possible de bloquer sur une image à un instant ‘t’ le développement d’une ville ou du vivant. Le cycle de vie est toujours en évolution que ce soit pour un territoire, une personne, une entreprise ou un secteur économique entier…Demain ce futur proche,  cette extension d’aujourd’hui, va aussi s’inscrire dans la trame déjà perceptible par les chercheurs avec des innovations. C’est bien la raison pour laquelle, les territoires, qui ont commencé à travailler depuis plusieurs décades sur l’attractivité  identitaire, bénéficient d’un avantage concurrentiel certain sur d’autres car ils sont plus à même d’anticiper, sans pouvoir prédire l’avenir bien sûr. 

 

La cohérence sociétale

Mais cela ne serait pas suffisant sans la cohérence sociétale qui fait la force d’un territoire. Sans ce lien, il n’y a pas d’identité ni d’image possible. Un territoire ne saurait être un agrégat d’individualités séparées par leurs différences, sans moteur interne pour constituer une communauté, avec seul lien les impulsions données d’en haut, comprenez la municipalité & co. C’est la notion du ‘Vivre ensemble’ mise en avant par le développement durable. Dans certaines villes, les gens sont ouverts, accueillants et sympathiques. Dans d’autres moins. On sait par exemple que les Français globalement au cours des dernières années ont fait des progrès en matière d'accueil des touristes étrangers. Etre aimable est tout à fait indiqué quand on veut vendre quelque chose à quelqu'un. Au-delà de cette dimension d'argent, c’est même indispensable à tout moment et dans toutes les circonstances de la vie quotidienne, dans les rapports de travail et les relations avec les administrations.    

 

La question se pose alors de savoir comment montrer en réalité la force de cette cohérence sociétale et de ce lien de chacun avec d’autres ou les autres. Comment rendre visible cette dimension fondamentale du bien vivre ensemble ?  

Le lien végétal

Une piste est le lien végétal que l’on peut décliner sur de nombreux modes actifs. Angers par exemple,  pôle végétal avec Végépolys, accueille de nombreux pépiniéristes en proximité. Située au cœur de ce qu’on appelle le Jardin de la France, la ville appartient à la Loire classée UNESCO. De nombreux parcs publics renforcent son image de ville fleurie (4 étoiles) ainsi qu'une île classée.

 

L’importance accordée par la municipalité à la présence végétale ne saurait pourtant suffire à dynamiser et pérenniser cet ancrage végétal, comme une des lignes de chaîne de son attractivité identitaire. Il manque en effet un  élément essentiel, c’est la cohérence entre ce que décident les représentants de la ville et ce que font les habitants. L’image végétale d’un territoire ne peut être un moteur d’identification et partant d’image que si les habitants s’approprient et revendiquent individuellement ce lien végétal en tissant leurs propres fils de trame végétaux pour former un véritable tissu végétal. On ne gouverne pas le végétal par décret, pour plagier un titre célèbre de Crozier. 

 

Les différentes façons de montrer le lien végétal

Il ne s’agit donc plus de communiquer en décidant du sommet mais d’échanger en agissant individuellement à l’intention des autres que soi, marcheurs ou cyclistes, les automobilistes ayant d’autres soucis que la beauté végétale des trottoirs. La relation est cette fois-ci individuelle, entre jardiniers et amoureux du végétal mais pas seulement. On peut ne pas l’être et apprécier cependant une belle plante, une fleur, un ensemble végétal et être sensible à l’humour ou la poésie qui s’en dégage et au don qui est fait à ceux qui voient. C’est une question de sensibilité.  

Quelques exemples qui valent mieux qu’un long discours

Exemples 1 

-        un balcon fleuri dans une rue piétonne, une jardinière accrochée à une rambarde, un pot de fleurs ou une plante sur un rebord de fenêtre,

-        un jardin que l’on voit de la rue ou à travers la clôture, un arbre de belles dimensions dépassant un mur,

-        un lierre ou un pied de kiwis qui retombe en grappe sur le mur visible de la rue

 

Exemples 2

-        trois graminées plantées près de la porte d’entrée,

-        une graine de rose trémière mise en terre et qui vous fait la grâce de fleurir,

-        un rosier accroché au mur extérieur de la maison en bordure intérieure du trottoir,

-        un lierre taillé en buisson, des topiaires taillés en ovale,

-        une glycine plantée dans le trottoir au pied de l’immeuble et qui atteint le 5è étage de l’immeuble voisin,

-        un petit bouleau qui s’est planté seul et seul survivant d’une plate-bande jamais arrosée,

 

Exemples 3

-        une plate-bande aux allures de prairie fleurie en entrée d’une petite rue,

-        une plate-bande d’herbes et de plantes sur un faux-trottoir,

-        un cache-misère au pied d’un poteau électrique ou autour d’un boîtier EDF

-        un ou plusieurs bacs avec des plantes retombantes sur des compteurs électriques,  

-        un faux-bac végétalisé posé sur le bitume pour orner un coin ingrat près d’un poteau,

-        quelques pots de plantes vertes posés sur le trottoir en face d’un voisin ayant fait une véritable scénographie sur ‘son’ morceau de trottoir,

 

Exemples 4

-        un carré fleuri autour d’un arbre planté sur le trottoir, chaque maison ou une personne de l’immeuble proche ayant ‘adopté’ l’arbre devant chez elle,   

 

Exemples 5

-        un véritable décor de théâtre au fond d’une impasse, un point de repos avec un canapé posé sur le trottoir, deux petits chaises pliantes disposées autour d’une table en décor, un billot de bois en guise de siège avec un vélo à côté.  

 

La diversité des situations

. Les premiers exemples sont très classiques puisque la personne plante chez elle ; les promeneurs peuvent admirer quand il n’y a pas la volonté de fermer même à la vue.

. Les seconds se passent sur la voie publique près de l’entrée de la maison, à l’abord entre le mur de la maison ou du jardin, comme un souhait de bonjour et d’ouverture.

. Les exemples trois sont déconnectés de l’entrée de la maison ; toujours sur la voie publique, ils ont pour ceux qui s’en occupent l’objectif d’embellir un coin disgracié ou ‘vide’. 

. L’exemple 4 est très répandu en ville quand les arbres gardent leur terre au pied, sans grillage ni cache. Il suffit de se baisser pour planter et protéger le carré par quelques piquets au coin pour indiquer que c’est un jardin. 

. Quant aux exemples 5, ils nécessitent un ensemble de conditions pour pouvoir être maintenues avec toujours un risque évident, sauf dans les petites villes touristiques.   

Un impératif : aller dehors

A l’exception des exemples de la première catégorie, tous les autres cas nécessitent d’aller dehors sur la voie publique pour planter et entretenir le mini-jardin de rue. Ces moments sont l’occasion de s’entretenir avec les passants, qui ne demandent que ça, sur le temps qu’il fait, les soins à donner pour les plantations, la variété des plantes... C’est aussi l’occasion de donner des plantes à ceux qui le demandent et d’en recevoir. C’est une jolie façon de faire confiance aux autres pour qu’ils prennent aussi soin du jardin quand c’est nécessaire. Le tissage des liens grâce à ce jardinage inventif, sans façon et très peu coûteux est un bon garant d’une vraie qualité de relation humaine. C’est aussi une façon douce de se ré-approprier la rue de son quartier et de s’y sentir bien. Pour moi, le jardinage est composé pour 1/3 de papotage au moins et de 2/3 de travaux divers et variés dans et sur le jardin où qu’il se trouve. 

 

Pour suivre le chemin

Voir sur cette thématique et sur ce blog,

. Devinette : savez-vous ce qu’est un mini-jardin de rue (1) sur  http://www.elisabethpoulain.com/article-13328954.html 

. Vite, vite des nouvelles des mini-jardins (2) sur

http://www.elisabethpoulain.com/article-17786677.html

. Le concept du mini-jardin de rue > Ville durable > Angers

http://www.elisabethpoulain.com/article-33153476.html

 

Et aussi

. Ville = identité et image + publicité et communication

http://www.elisabethpoulain.com/article-ville-identite-et-image-publicite-et-communication-38645534.html

 

. Photos EP à Angers pour le château, l'horloge dans la Doutre, des valérianes en MJR, et à Ixelles-Bruxelles, avec des arbres en cour intérieure des maisons implantées en bordure de trottoir et le rebord d'un café.    

Voir les commentaires

WBW52 > Les Habits des Vins d'Expression > Le bouchon

23 Novembre 2009, 14:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le bouchon est si directement relié au vin qu’il est plus important que la forme de la bouteille elle-même. Il est si fondamental qu’il ne saurait y avoir de grand vin sans bon bouchon ou de vieillissement en bouteille possible. C’est dire son importance. C’est le bouchon qui fait la bouteille au sens premier du terme, si non il faudrait parler de carafe. Il n’est pas une pièce de l’habillage mais un élément aussi important que le tonneau, son prédécesseur, dans le cycle du vin.

 

Les soucis qu’il cause aux vignerons sont à la mesure de l’importance qu’ils lui confèrent. Il leur faut déterminer la qualité du liège, sa composition, sa longueur… Pour s’en convaincre, le chiffre inscrit en mm sous la bouteille donne l’indication de la hauteur  entre le haut de la bouteille et le niveau du vin: plus le chiffre est élevé (70mm), plus le bouchon sera long de façon à assurer une meilleure protection au vin et, en principe, meilleur doit être le vin. Car nul ne prendrait le soin de sélectionner un bouchon coûteux pour un vin sans attrait qui ne présente aucune capacité de garde. Les bouteilles à haut col donnent une image de qualité, à vérifier bien évidemment lors de la dégustation. C’est en particulier le choix de :

- Jacky Blot du Domaine de la Taille aux Loups pour ses Montlouis,

- Eddy Oosterlynck du Domaine de Juchepie pour ses Coteaux du Layon-Faye d’Anjou… 

                         

L’attachement au bouchon.

On garde les bons bouchons ; on les emporte en quittant le restaurant ; on les palpe pour ce toucher comparable à la peau, si vivant, doux et dense à la fois. Le liège est inimitable, surtout en France, le pays qui aime déboucher une bouteille avec un tire-bouchon. Le bouchon devient un media de communication. On y porte feuilles de vigne et grappes, son nom, celui du domaine, le portail entrouvert du château, le château, son emblème graphique, son numéro de téléphone ou des dessins. Traditionnellement c’est la mention ‘Mise en bouteille à la propriété’ ou ‘au château’ qui est portée dessus avec des variantes comme ‘au domaine, dans nos caves, aux chais ou dans la région de production’. Quelques exemples :

 

- Frédéric Brochet d’Ampelidae porte une grande attention à l’habillage de la bouteille et n’oublie pas le bouchon sur lequel il fait figurer le nom du domaine un dessin du château de Marigny-Brizay France, ou une guirlande joyeuse avec petits bonhommes et petites bonnes femmes sous des grappes plus grosses qu’eux sous le commentaire « vendangé dans la bonne humeur ».

 

- Bénédicte de Rycke signe ses bouchons de vins de Jasnières et de Coteaux du Loir, indique le millésime et précise que la mise en bouteille se fait à la propriété. Le tout encadré comme un message écrit sur le bouchon couché.

 

- Olivier Cousin précise le type de vin, Anjou, indique son nom et son numéro de téléphone dans un encadré aux coins inversés sur une face. L’autre face de ce bouchon qui se tient droit, c’est un des rares exemples de ce type, est occupé par son emblème graphique, un gentil monstre mi-Neptune, mi-Bacchus qui s’accroche à une ancre.

 

- Mark Angeli indique sur un bouchon long le millésime, le nom de son domaine –un terme qu’il récuse - la Ferme de la Sansonnière, le nom la parcelle d’où provient le vin, Les Gélinettes, avec pour illuminer le tout, son emblème, une licorne en blason. On comprend aussi pourquoi le bouchon est si haut

 

L’évolution actuelle

Elle se fait dans deux directions, par la matière synthétique utilisée pour le bouchon ou par la capsule à vis.

 

Le bouchon synthétique a ses partisans en particulier pour des vins prêts à boire et dont la contenance de la bouteille est adaptée à la consommation des participants. Difficile souvent de remettre le bouchon sur la bouteille entamée et non vidée. Son principal avantage est la sécurité qu’il offre. Il est sans mauvaise surprise. Un de ses inconvénients est son aspect lisse, inerte et sans mystère qui oblige à vitaliser sa surface en faisant figurer des mentions dessus ou en utilisant la couleur : noire, ivoire, rose, orange… Les bouchons de couleur forte en particulier connaissent un succès étonnant  pour le lancement des rosés.

- Wilfrid Rousse, qui a par ailleurs une belle collection de bouchons de bonnes bouteilles bues, s’est vu dévalisé pour son Rosé de Saignée à l’étiquette aux allures d’explosion de vie et au bouchon violet assorti.

 

Pour la capsule à vis, le pas a été sauté dans les années 1970 en Australie et en Suisse. En Loire, la situation reste peu ou prou figée, tant les habitudes sont tenaces. Mais il est des innovateurs convaincus.

- Florent Baumard a pris cette décision pour tous les vins du Domaine, au regard des essais très concluants faits au bout de 25 ans entre des vins identiques.

 

- David Levin et Thierry Merlet du Domaine Levin ont doté le Loire Sauvignon Blanc Levin, essentiellement orienté vers les marchés anglo-saxons, d’une capsule de qualité pour leur bourguignonne feuilles mortes à étiquette noire avec des mentions argent à chaud.

 

La troisième voie

C’est celle qui est choisie par Philippe Gilbert avec une bourguignonne dotée d’un bouchon de verre pour un Menetou-Salon 2007. Le bouchon de verre connaît une belle percée en Allemagne, en Autriche et en Alsace. C’est une belle réussite au plan technique : chaque bouchon est dotée d’une bague plastique qui assure l’étanchéité entre les deux parois de verre.  

 

Le jeu                                                         

La bouteille peut n’avoir enfin ni bouchon ni capsule à vis et pourtant contenir du vin. Elle a en ce cas un bouchon de porcelaine fixé à une bouteille de type limonade.

 

916. Son nom, Fildefer avec un x sur le ‘e’ parce qu’il y a une faute évidemment volontaire. C’est un Muscadet Sèvre et Maine sur lie de Sauvion.

 

Pour suivre le chemin

. Lire le plaidoyer de Florent Baumard en faveur du bouchage à vis sur http://www.baumard.fr/

Il explique avec beaucoup de passion et de persuasion  que le choix du bouchon à vis n’est certainement pas un compromis, mais l’assurance de la qualité. Au regard de l’attente des amateurs de vin et des distributeurs, il n’est plus possible à un vigneron de décevoir et de jouer sa renommée ainsi au jeu du hasard du goût de bouchon. Le bouchon à vis est aussi plus respectueux du développement durable.

. Philippe Gilbert a présenté ce vin en bouteille bourguignonne et bouchon de verre au Salon des Vins de Loire 2008. C’est un test qu’il a fait pour une série de 3 500 bouteilles. Dans une interview à Ouest-France, le vigneron, qui a converti son domaine à la biodynamie, explique que l’utilisation du bouchon de verre modifie la nature même de la bouteille qui « devient une carafe. On la débouche comme un flacon de parfum. C’est un autre charme plus féminin ». 

www.domainephilippegilbert.fr

. Prochain billet sur les partenaires de la bouteille.

. Photos EP

Voir les commentaires

Harmonie poétique au féminin autour de vins d'Anjou, Brissac, Aubance

21 Novembre 2009, 17:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une jolie initiative menée pour la seconde année par l’Office de Tourisme de Brissac-Loire Aubance avec l’Université catholique de l’Ouest à Angers et bien sûr les étudiants de l’Institut des Arts, Lettres et Histoire. En fait cette aventure n’a tenté que des jeunes femmes poètes. Encadrées par Laura Naudeix, professeur de lettres pour la poésie, les neuf volontaires ont célébré, en trois poèmes, trois vins d’un vigneron volontaire contacté par Gérard Cogan, œnologue et responsable du Club oenophile hébergé par l’Office de Tourisme  de Brissac. 

 

Le meilleur accord poème-vin

Il a été sélectionné  par un jury réuni à l’Hôtel des Vins de la Godeline à Angers. Parmi les vignerons participants, les vins nominés et les poètes,

. Christophe Daviau, Domaine du Bablut, Brissac, Quincé, avec un Anjou Blanc 2007 ‘Petit Princé’  et un poème de Marion Andreotta,   

. Mathilde Giraudet, Domaine du Bois Mozé à Coutures, pour un Anjou-Villages 2004, Cuvée Jean-Joseph, avec ‘Or noir’, un poème de Pauline Angebault,

. Les frères Lebreton, Victor et Vincent, Domaine de Montgilet, à Juigné sur Loire, avec  ‘l’Aube’, un poème de Emilie Demonet,

. Daniel Macault, Domaine des Deux Moulins à Juigné sur Loire, pour un Anjou-Villages Brissac 2006, avec un poème de Pauline Baudet,

. Christian Papin du Domaine de Haute Perche, Saint Mélaine sur Aubance, avec un Anjou-Villages Brissac 2005, avec un poème de Maylis Nelou…

 

L’Or noir, Pauline Angebault

 

Danse dans ton écrin de verre

Fait s’envoler ta robe rubis

Valse sous mes yeux attendris

Un pas de deux avec mes papilles

 

De tes rondeurs naissent monts et merveilles

Tu tournes, t ’empourpres et m’enflammes

Et je garde longtemps sur la langue

Les échos de tes talons après la danse’

 

Brissac

Brissa

Briss

Bris

Bri

Br

B

 

Anjou-Village Brissac 2004

Cuvée Jean-Joseph

 

Pour suivre le chemin                                      

. Retrouvez les vins d’Anjou et de Brissac sur www.ot-brissac-loire-aubance.fr

. Mathilde Giraudet, Domaine du Bois Mozé, 49320 Coutures, 02 41 57 91 28. Cette jeune femme, Maître du Chai du domaine, a une maîtrise de biochimie de l’Université de Poitiers et un DESS d’œnologie de Reims. Elle est présente dans Les 75 Dames de la Vigne et du Vin que j’ai rencontrées pour ma recherche sur la filière vins de Loire au féminin, parue sous le titre « Le Vin aussi est affaire de femmes ». 

. Couverture et dessins France Poulain pour « Le Vin aussi est affaire de femmes »

. Présentation calligramme du poème et photos EP

Voir les commentaires

Pub Photo > Vuitton, la chaussure à talon et les Bambaras

19 Novembre 2009, 11:03am

Publié par Elisabeth Poulain

Bon, je sais bien que j’exagère. Quand Vuitton vend des chaussures ou plutôt des souliers, il vend les deux. Si non, ce serait horrible, avec une telle hauteur de talon. Imaginez des unijambistes marcher avec une chaussure de 9cm de haut, si ce n’est plus.

Non, là il s’agit d’une pub qui date de l’an 2000. Elle est tellement incroyablement forte que je ne me résous pas à la jeter. Il faut pourtant savoir se défaire de ses petits trésors.   En matière de pub-chaussure, il y a trois sortes d’annonceurs, ceux qui montrent les deux parties de la paire, ceux comme Vuitton qui n’en  montrent qu’une, ici le pied gauche et ceux qui ne montrent pas de chaussure du tout, rien ou autre chose.

 

L’équilibre photo-mots

La photo est une création maison. Aucun nom n’est indiqué en tous petits caractères sur le coté. Le titre au-dessus est d’une grande simplicité :

                                Louis Vuitton. Souliers pour homme et femme.


En dessous, les adresses des magasins de la marque sont indiqués à la suite du nom de la ville dans lesquelles ils sont implantés, avec cette indication d’importance : « Les souliers Louis Vuitton ne sont en vente que dans ces magasins. Pour de plus ample information, veuillez appelez le .. .. .. .. ..
http://www.vuitton.com » .      Le prénom et le nom sont rappelés en côté droit. C’est la signature forte d’une typographie qui va l’essentiel sans fioriture, ni ajout superfétatoire pour laisser la photo dominer à 99%.

 
Les composantes de la photo

Dans la moitié basse, un pied de femme avec cette fameuse chaussure, la jambe qui monte vers le haut, en partie gauche. Une tomate rouge éventrée cruellement par le talon qui ne fait que s’y enfoncer légèrement. Tout le poids du corps semble reposer sur le bord extrême de la chaussure. Pour souligner la ligne, une lumière venant de la gauche à hauteur de sol marque l’ombre de la chaussure, prolongée par celle de la tomate sanglante qui en pleure des pépins de souffrance.   En fait, il est impossible de tenir sur la pointe du pied sans faire plisser le cuir de la chaussure du fait que vos orteils sont cassés à 90° pour trouver l’appui. Il y a donc tout un montage  qui permet cette position de la jambe et du pied dans un plan sans perspective ni cassure.  

La composition

La tomate joue le rôle essentiel du point focal dans cette composition à 3 + 1. Il y a

. la jambe qui donne l’axe verticale légèrement oblique de gauche à droite ; elle démarre au milieu de Louis tout en haut, 

. la chaussure qui donne une horizontale remontante vers la droite

. et la tomate qui est le point de rencontre entre les deux.

 

= Grâce à cette composition, l’accent est mis sur le talon, l’élément sexué par excellence. On le savait déjà avant Bunuel. Si vous regardez bien le bord interne du talon, il se place juste au dessus  de Louis Vuitton. Laissez alors filer votre regard vers le haut, il bute en haut sur « homme » celui  des souliers pour homme et femme.

 

== Toute la composition s’inscrit entre Louis en haut gauche de la page, Louis Vuitton écrit en gros en bas droite et homme  écrit au dessus à droite. Le message est clair, Louis Vuitton est un créateur, un homme qui conçoit des souliers de rêve pour des femmes qui veulent plaire aux hommes. Et tout cela est dit légèrement sans qu’il soit nécessaire de prononcer des mots, autre que Louis Vuitton. Souliers pour homme et pour femme.  

 

La couleur

Elle est le 4ème élément de cette simplicité si construite. J’ai déjà parlé du noir, du rouge acidulée. Il manque les deux autres, la couleur chair doré sans excès sur un fond vert crème adouci d’une pointe d’ocre. En fait la photo est aussi construite sur ce vert si spécial. 

 

Une interrogation

Elle porte sur le choix de cette chaussure qui semble si lourde sur l’avant du pied avec des remontants en métal doré qui saillent sur l’avant du pied comme des marqueurs du V en relief qui finalise le soulier et qu’on arrive à deviner sur la photo. Le V, vous savez de qui. Je n’ai peut être pas besoin d’en rajouter.

 

Et les Bambaras dans cette histoire?

Simple, il suffit pour trouver le lien de raisonner en terme de symbolique, avec entre autres le Dictionnaire des Symboles de Jean Chevaler et d’Alain Gheerbrant (Robert Laffont/Jupiter).

. La jambe est un signe social extrêmement positif chez les Bambaras : elle est au plan ésotérique « une pourvoyeuse de mariage ».

. Le jus de la tomate est assimilée à du sang, les femmes sont fécondées par des tomates et rendent hommage aux dieux en leur offrant ce fruit.

. Le vert est la couleur de l’épanouissement de la vie.

. Quant à la chaussure en symbolique Bambarras, je dois vous avouer à la vérité historique que je n’ai rien trouvé pour l’instant surtout pour des souliers à talon. Je ne désespère pas d’y arriver, mais quand même je pense que ça va être dur-dur. 

    

Pour retrouver le chemin

. Pub parue dans Le Monde du samedi 4 mars 2000. Au verso, parmi les titres ou pubs, Sénégal, second tour difficile pour la président Abou Diouf ; le Nigéria secoué par une vague de violences interconfessionnelles ; Ernest-Antoine Seillère, président du MEDEF interviewé sur RTL & LCI… Mais rien sur les Bambaras du Mali notamment.  

Pour suivre le chemin

. Il est maintenant aussi possible d’acheter ses souliers sur le site www.vuitton.com qui vous indique le n° d’appel. 

Voir les commentaires

Pub Tendance > Ces microbes si charmants

17 Novembre 2009, 09:22am

Publié par Elisabeth Poulain

Ils sont si mignons qu’on les croquerait comme ce que fait la pub pour les enfants depuis plus de 60 ans maintenant aux Etats-Unis.

 

Phase 1 : le crocodile terrifiant mignon

Le concept est simple. Il suffit de parler aux enfants la langue des enfants avec des dessins marrants, aux traits ronds, aux formes simplifiées et aux couleurs vives pour qu’ils comprennent. C’est Mickey qui a ouvert la route en 1935 sur les paquets de biscuits Post Toasties. Et depuis, ce graphisme a gagné son universalité sur un grand nombre de produits sucrés dans le monde.

 

Phase 2 : l’avènement de la peluche-microbe

Là, il s’agit de sensibiliser les adultes au monde du microbe. La mode a commencé comme bien souvent aux Etats-Unis, avec un concept étonnant : créer des peluches mignonnes et toutes douces reproduisant les formes et les couleurs des microbes, mais des vrais. Ca secoue un brin. Le concept se veut du double ou triple degré. Il s’agit de vous montrer combien ces bactéries sont si mignonnes que vous les oubliez et pourtant elles sont là, au cœur du foyer. Elles vous guettent, embusquées à attendre. Ce sont elles pourtant qui tuent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Imaginez, vous allez offrir ça à votre enfant qui va le nicher prés de son cou. Ca fait fureur aux Etats-Unis et vous en trouvez sur le net. Magnifique.

 

Phase 3 : un nouveau concept pour passer des MST aux IST

Exit la peluche américaine. Voici la bonne idée d’une agence française : faire du drôle pour viser les jeunes et moins jeunes qui lisent Le Monde (25.06.09…) pour les sensibiliser aux IST. IST, c’est quand même plus drôle que de parler d’Infection Sexuellement Transmissible. Avant on parlait de MST, avec un M pour maladies. L’INPES et Mc Cann  son agence de com, ont voulu parler autrement de ces maladies, avec un concept mobilisateur :

. communiquer sur ce que n’est pas une IST, c’est le côté ‘double degré’ qu’on adore faire jouer à la pub en France,

. jouer sur le sigle IST, dans des catégories aux dénominations drolatiques et hautement improbables,

. en demandant à 40 artistes-graphistes de faire des créations à leur choix,

. en exposant le résultat d’ensemble sur un site dédié www.info-ist.fr

. en organisant une campagne d’affichage dans les rues sur les panneaux d’abri-bus pour les trois affiches choisies, complétée par une insertion publicitaire dans la presse nationale.    

 

Les catégories d’IST

Ce sont par exemple l’Inimitable Sumo en Tutu, l’Insecte Super Teigneux ou l’Idylle de la Scie et du Thon. Voilà pour les trois catégories gagnantes. Mais on avait aussi l’Iguane Siamois Tyrannique qui a remporté un vrai succès auprès des artistes avec 10 créations, l’Insecte Super Trapu ex æquo, l’Iris qui Sème le Trouble (7 visuels)…et quelques-autres pourtant intéressantes comme l’Ibis Soufflant sur le Trampoline.

 

L’appréciation

Cette fois-ci le message est clair, à l’exception du double degré de l’ancrage sur l’idée que ces dessins ne sont pas des IST. Il m’a fallu quelque temps pour le découvrir quand même. Les dessins ont quasiment tous quelque chose de différent, à part certains qui sont trop ‘gentils’ comme dans l’Igloo Suspendu à un Arbre. Ca tient peut être aussi la catégorie.

 

Ceux que j’ai appréciés, à part les deux finalistes Marc Gon (Super-teigneux et Sumo) et Syclo (Scie et Thon), ont pour auteur, dans l’ordre de la présentation :

 

Jo Lynn Alcorn (Ibis Souffrant sur le Trampoline), Antoine Corbineau (Iceberg Survolant la Tamise), Joachim Roncin (Idylle de la Scie et du Thon), Syclo (déjà nominé la Scie et le Thon) cette fois-ci pour l’Insecte Super Trapu et Rémy Malingrey avec L’Inspecteur en Skate si Théâtral.     

 

A mon avis, c’est une réussite visuelle. Quant à l’efficacité, j’en doute mais ceci est une autre question, une question qui fâche. Un autre objectif que la prévention était peut-être aussi d’associer l’intelligentsia culturelle à l’image de l’INPES qui n’a pas toujours connu de franches réussites quant à sa com. Rappelez-vous de sa pub sur le vin : une fin de repas avec du vin, la table non débarrassée recouverte de cendre de la mort, avec un sablier dont le sable est écoulé pour ceux qui n’auraient pas compris que le vin tue!   

 

Pour suivre le chemin 

. A découvrir sur le site de l’INPES, les 40 réalisations sur les différents thèmes sur www.info-ist.fr

. Voir le site du graphiste Marc Gon qui a signé deux des trois affiches –Sumo et Super-Teigneux – sur son site :    http://www.marcatapage.net/MATP.html

. Avec quelques infos sur l’agence McCann             

http://www.strategies.fr/actualites/agences/115404W/mccann-s-offre-un-co

Voir les commentaires

WBW51 > Les Habits des Vins d’Expression > Un design en 3 D

16 Novembre 2009, 09:02am

Publié par Elisabeth Poulain

La bouteille est aussi et surtout une structure fonctionnelle au design intégré. Cette dimension est au cœur du dessin de la bouteille. La forme et les attributs de la bouteille sont directement issus de ses fonctions et du style.

 

Le style

Ce que le souffle du verrier arrivait à faire avec un moule façonné à la main, c’est maintenant la technologie très pointue qui le conçoit sous la direction de bureaux d’études. La technologie n’a pas pour autant chassé l’art ni le rattachement à l’histoire. Bien des innovations actuelles sont issues de formes retrouvées dans un passé parfois très lointain dans le monde entier ou s’inspirent de formes utilisées dans d’autres univers comme celui des parfums ou de l’alimentaire.

 

La création par ordinateur a également pour avantage de travailler les perspectives de façon à troubler l’œil qui est dans l’incapacité de se fier à ce qu’il voit. Cet axe de développement est directement inspiré de l’univers du parfum. L’œil voit ce qu’il souhaite voir. C’est particulièrement vrai pour les petits contenants avec par exemple des fluttes à 25cl aussi hautes que des 50cl,, sans qu’il soit possible de dire que l’une contient deux fois plus de vin que l’autre. Le trouble de la vision est vrai aussi pour le jeu de lignes et d’équilibres qui constitue nos univers graphiques. Et le vin en fait partie.

 

Une remarque sur la forme anthropologique de la bouteille. Elle n’a pas seulement pour but de faciliter la préhension par la bouteille mais de témoigner d’un lien direct entre une forme et son géniteur-créateur, le vigneron et par extension l’amateur de vin.  

 

La bouteille sur l’étiquette

Malgré son importance, la bouteille est peu représentée sur l’étiquette, à quelques exceptions.

 

914. L’Anjou Villages Vieilles Vignes en fût de chêne du Château de la Viaudière, Vignobles Gélineau, présente sur son étiquette trois bouteilles de front, qui elles-mêmes intègrent d’autres bouteilles comme  des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Une jolie façon de montrer la poly-fonctionnalité de la bouteille.

.

- On trouve aussi de belles réussites comme celle de Marcel Sautejeau, pour ce Sèvre et Maine sur lie ‘Pen Duick’ avec une étiquette en forme de coque du navire placée dans le sens vertical pour accentuer la forme élancée de la bouteille-flûte de couleur feuilles mortes. La bouteille a d’ailleurs gagné un grand prix de design.

 

La protection et les couleurs

La bouteille a pour rôle de permettre l’élevage, le transport, la vente, la garde et le stockage du vin. Son rôle premier est de protéger le vin tout au long de la chaîne qui va de la parcelle au verre rempli de vin. Cette protection commence par la composition du verre contre la nocivité des rayons UV du soleil ou des néons. Plus la couleur du verre est foncée, plus grande est la protection. Les couleurs se déclinent dans la gamme des tons de la nature, vert, feuilles mortes, presque noir ou clair…

- Il est même des bouteilles bicolores en provenance d’une verrerie d’Allemagne: Bella Verte, un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie de Dominique Richard du Domaine de la Cognardière, Le Pallet utilise une bordelaise verte claire dans le bas et transparente dans le haut pour laisser s’apprécier la couleur du vin.

- Il est possible d’associer bleu clair, forme bordelaise et vin blanc: c’est le pari réussi de Marcel Sautejeau pour Light House, un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, avec une capsule à vis noire du ton du corps supérieur portant le nom de la cuvée de l’étiquette blanche-bleue-noire.

 

La couleur transparente du verre est une indication que le vin est à boire rapidement. Grâce au verre translucide, le vin peut mieux laisser admirer la couleur de sa robe. Les roses et les jaunes se déclinent avec bonheur. Ils se goûtent avec les yeux, en anticipant le plaisir et tout cela grâce à la couleur du vin mise en lumière par la transparence du verre.

 

Le versement

La bouteille a aussi pour objet de faciliter l’écoulement du vin. Certes, il existe maintenant un disque flexible de petite taille qu’on insère dans le goulot en le pliant pour empêcher la naissance des gouttes. La bouteille doit aussi assurer cette fonction grâce à sa bague de finition du bord de la bouteille, avec pour objectif de faciliter le versement en limitant les coulures. La bague a pris de l’importance avec la vogue des vins rosés. Souvent, elle n’est plus cachée par une capsule opaque et laisse admirer sa rondeur (Couly-Dutheil), sa forme saillante vers l’extérieur (Vinification Pierre Chainier), son arête abrupte de vin du Nouveau Monde, dite bague américaine.

 

Curieusement très rares sont les bouteilles qui portent des étiquettes qui montrent la bouteille se pencher pour remplir un verre. C’est pourtant la fonction première par l’importance et ultime au stade de son existence vinicole de la bouteille.

 

915. Seul un peintre Jean-Jacques Martin a choisi ce thème en y ajoutant une dimension nouvelle : le retour à la nature grâce à une bouteille aux allures d'une carafe remplie d'un vin rouge devenant bleu au fur et à mesure de son versement pour le Bourgueil, la Fontaine aux Fougères, cuvée Pensée des Champs, de Sandrine Deschamps du Domaine du Chêne Arrault.

 

Pour suivre le chemin

. Prochain billet sur le bouchon

Voir les commentaires

Angers vu par Courrier International et Cost dessinateur

14 Novembre 2009, 11:27am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le Courrier International, comme les autres magazines, nous fait régulièrement l’honneur de nous offrir un supplément régional pour dynamiser ses ventes. Cette fois-ci, celui-ci était dédié au Val de Loire vu par la presse étrangère. Un titre un tantinet ambitieux au vu des articles consacrés à :

. « Tours, presque méditerranéenne » pour Der Spiegel,

. « Angers, Blois, Orléans : incomparables » pour The Independant de Londres,

. « A l’hôpital, du côté de Tours » pour le New York Times,

. « Mon jardin anglais » avec le  Daily Telegraph pour un couple d’Anglais artistes et fervents adeptes du jardinage à Valanjou près d’Angers,

. « Une amazone parmi les hommes » sur Laurence Sautet du Cadre noir à Saumur, dans un portrait du Temps de Lausanne »,

. et enfin « Villandry, espagnol ou français ? » pour ABC de Madrid.

 

Vous avez bien compris que j’ai acheté le journal pour connaître plus spécialement l’image d’Angers telle qu’elle ressort de la vision de nos amis anglais. Well, well, comment puis-je dire, Michel Webb, le journaliste de The Independant, n’a pas du faire beaucoup de recherches sur son sujet qui porte sur Orléans, Blois et Angers, contrairement au titre. D’Orléans, on perçoit chez lui un certain agacement à voir la place qu’il consacre dans les deux paragraphes à la Pucelle, cette femme mythique. Pour Blois, il est un peu plus prolixe pour le château et la vieille ville dans les quatre paragraphes qu’il consacre à cette ville qui ‘accueille volontiers le visiteur’.  Un bon point pour elle. Arrivent les trois paragraphes sur Angers.

 

Angers

Elle est ‘charmante et animée’, avec sa cathédrale et son château fortifié contre les assaillants, avec des jardins à l’anglaise dans ses douves. ‘L’ancien berceau de la dynastie royale des Plantagenêts’ est ‘réputée pour ses vins et ses vergers, ainsi que pour ses activités commerciales et industrielles. Parmi celles-ci et seule citée, Cointreau, une des liqueurs les plus anciennes (150) et les plus célèbres au monde’. Pour finir, Mick Webb, parle pour finir de ce qui fait la réelle renommée d’Angers, la Tapisserie de l’Apocalypse au Château la rivière Maine. C’est dans ce dernier   paragraphe que l’on sent un peu d’émotion chez le journaliste, pour dire, pour la première tapisserie, la puissance de la vision dramatique des évènements qui précédent le Jugement dernier et la joie de vivre confrontée aux horreurs de la guerre nucléaire pour la seconde. Ces deux oeuvres sont qualifiées  des véritables trésors d’Angers, sous-entendu par rapport à la cathédrale et au château.       

 

Impression

On comprend que si Angers a l’air sympa, elle le doit toujours à ses vieilles pierres, une cathédrale et un château défensif pour se protéger contre les ennemis. Les vins et les vergers pourtant cités ne sont pas spécialement présents dans la ville. D'ailleurs le journaliste ne donne même pas un nom de vin ou de vigneron. Quelques pieds de vigne ont bien été plantés dans une reproduction d’un jardin médiéval par les Monuments historiques à l’intérieur du château mais ça ne suffit pas pour faire d’Angers une ville vigneronne, comme Saumur par exemple. C’est la raison pour laquelle The Independant s’est déplacé à Faye d’Anjou (20km d’Angers) pour entendre Olivier Lecomte défendre la conception française du rosé. Mais cet encadré est placé dans un autre article.  Quant aux vergers, ils sont plus situés au nord d’Angers en dehors de la ville. La grande époque  est révolue où l’exportation de pommes en Grande-Bretagne constituait l’essentiel de l’export (cas de Pomanjou par exemple dans les années 90) par suite de la concurrence des pommes d’Europe centrale. Il est vrai qu'il y a eu cet été une exposition de l'INRA montrant ses innovations végétales mais elle n'est pas citée. Quant à Cointreau, elle fait dorénavant partie d’un grand groupe et son lien avec les Angevins s’est quelque peu distendu. En résumé, la description qu’il fait d’Angers est bien superficielle et quelque peu datée.

 

La bonne surprise pour Angers

Elle vient des dessins de Cost, qui travaille depuis quelques années pour le magazine. Pour Angers, on voit bien que le dessinateur a voulu sortir des sentiers battus. Le supplément s’ouvre sur un de ses dessins de la rive droite face au château. C’est La Doutre qui ainsi est mise à l’honneur avec ses péniches arrimées au quai qui lui donnent un air de Seine. Quant à la cathédrale, on la retrouve en arrière plan à droite du château mais d’un château inversé. C’est lui maintenant qui s’ouvre sur le quartier ancien de La Doutre et qui ‘annexe’ la rivière Maine en son sein.

Le dessinateur reprend ainsi à sa façon la volonté des habitants de La Doutre d’être aussi considérés comme appartenant pleinement au Centre, à l’instar de ce qui se passe pour le château et la cathédrale. Le Grenier Saint-Jean dans ce quartier ancien qui abrite l’oeuvre maîtresse de Jean Lurçat forme le troisième point de ce cœur historique élargi Outre-Maine d’Angers . Les deux dessins de Cost en réalité n'en font qu'un, le premier dessin présentée en couverture intérieure pour le supplément est extrait de la composition audacieuse du chateau capturant la rivière à son profit pour s'ouvrir.                               

 

Pour suivre le chemin

. Courrier International, n° 991, du 29.10 au 04.11.2009, supplément Val de Loire vu par la presse étrangère
. Le château d’Angers s’est placé en 3ème position dans les 25 monuments les plus visités en France –hors Paris – lors des Journées du Patrimoine, avec 8 800 personnes, 12 400 pour l’abbaye du Mont Saint-Michel et 11 500 pour la Cité Menier –le chocolat- à Noisiel. A voir sur

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/bilan-des-journees-europeennes-du-patrimoine-12-millions-de-visiteurs-dans-15-772-monum

. Olivier Lecomte est le président des vins rosés d’Anjou; avec Claire Lecomte et François David, il est vigneron et propriétaire du château de Passavant sur Layon fondé par Foulque Nerra et du vignoble attenant      http://www.passavant.net/
. Sur Foulque Nerra, lisez http://fr.wikipedia.org/wiki/Foulque_III_d'Anjou

Pour sa douceur de vivre, on repassera ! Par contre pour  la violence et l’énergie, il est phénoménal. Je le crédite d’un bon point parce que c’est lui qui a fait creuser le Lac Saint-Nicolas à Angers afin de permettre aux moines de  l’Abbaye Saint-Nicolas de posséder un vivier de poissons d’eau douce. L’Abbaye possède en outre la dernière (vraie) parcelle de vigne d’Angers qui demeure depuis X siècles. Elle témoigne de la richesse de ce patrimoine viti-vinicole qui s’étendait jusqu’à Savennières, la célébrissime appellation.   

. Cointreau à voir sur

fr.cointreau.be/.../cointreau-angers.htm  
. Photo EP, le Château d'Angers vu de la Doutre avec la Maine au premier plan.        

 

 

Voir les commentaires

Pourquoi le vin n'est pas assez cher > Le grand trouble du vin

11 Novembre 2009, 17:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

De la pure provoc, pas vraiment

Oh je sais bien que mon titre peut être perçu comme de la pure provocation. Pourtant, il dit exactement ce que je pense et ce que je crois savoir du monde du vin. Quand on voit que le prix moyen du vin  acheté en France avoisine peu ou prou 3 E, on se dit soit que c’est de trop pour ce que c’est, soit que ce n’est pas assez, toujours pour ce que vous avez vraiment dans le verre. Quant au prix ‘juste’ vanté par les syndicats, je ne sais vraiment pas ce que ça veut dire. Parce qu’il y a plusieurs façons de calculer son prix de vente.

 

La méthode ‘prix de revient’, la plus classique

Celle, qui serait ‘juste’ dans l’esprit de nombreux vignerons de petit domaine, consiste à additionner toutes les dépenses et de diviser par le nombre de bouteilles et grosso modo le tout donne le prix de vente quand le vigneron y ajoute sa marge bénéficiaire. C’est la méthode descendante de calcul par les éléments constitutifs du prix de revient. Sauf que ce n’est pas vraiment possible,  sauf si on est en situation de monopole et sauf si les clients sont sur liste d’attente en attendant de pouvoir acheter la dive bouteille. Ca existe mais c’est rare.

 

Le prix du marché

C’est la méthode remontante qui part du prix payé par le client et intègre la concurrence. A partir d’études de prix, il est assez facile de déterminer quel est le prix ‘acceptable’ pour le consommateur selon les trois circonstances de consommation du vin, quotidiennement, copains et fête. En matière de vin, le suivi du marché vous indique les fourchettes selon le type de vin, le lieu de vente, l’époque de l’année, l’occasion de boire... Vous savez par exemple qu’il n’est pas possible de dépasser tel montant pour tel vin, les fameux 3E pour du vin courant acheté en grande surface, maintenant en BIB qui a provoqué une baisse sensible du prix de vente du vin et une hausse de la qualité de ce vin. C’est ce que j’ai pu constater en Loire. 

 

La double contrainte

Vous allez cette fois-ci soustraire vos dépenses incompressibles et devoir tailler dans vos dépenses  pour arriver au total à ne pas dépasser, avec ce constat véritablement désagréable : vous êtes trop cher pour le marché. Si vos prix sont dans le marché, c’est que vous ne savez pas calculer vos prix. C’est ce que vous disent d’ailleurs vos voisins, collègues, concurrents et amis. Une ‘aimable’ pression pour que vous ne soyez pas un concurrent trop virulent. Que faire alors pour rentrer dans ce marché, ce qui est quasiment toujours le cas ?

 

La vente directe, une ‘solution’ faussement géniale

Elle a consisté à persuader les vignerons, sans aucun mal d’ailleurs, de vendre au chai, en offrant le service de la vente assuré par la femme du vigneron, directement du producteur au consommateur. L’appel a été plus qu’entendu. L’oeno-tourisme s’est greffé dessus et il n’est plus de vignobles en France qui ne présente pas cette double mutation.

 

Les effets sur le prix de vente

Ils ont très sensiblement augmentés en vente directe sous l’effet de plusieurs facteurs. A partir du moment ou vous vendez directement, vous  comprenez que c’est un métier qui prend du temps, qui nécessite du personnel, un local, des heures d’ouverture … et surtout une gamme élargie. Tous les vignerons, sous l’influence de leur œnologue, ont intégré la base de l’offre marketing orienté produit, à savoir la fameuse trilogie : vin de tous les jours, vins de copains, vins de prestige pour pouvoir retenir le client. Pour justifier les prix plus élevés des vins de prestige, tous ou quasiment tous se sont lancés dans le boisé. Les rangées de fûts étant la preuve qualitative du vin à l’ancienne. L’alignement du prix de la gamme s’est fait cette fois-ci sur les prix des vins les plus hauts de gamme, en intégrant dans le prix de vente, la marge du distributeur, sans aucune recherche pour savoir s’il y a une réelle justification qualitative. En schématisant, l’alignement s’est fait sur le prix le plus élevé du vigneron le plus qualitatif du coin, qui, lui, prend bien garde à conserver un réseau solide de distribution pour assurer la part la plus importante de son chiffre d’affaires et sa visibilité au plan national et à l’étranger.

 

C’est au client de payer le transport et l’absence de concurrence

Il y a un énorme oubli dans ce circuit court, c’est qu’il faut que le client se déplace. C’est à lui d’assurer et de payer le prix du transport et d’une distribution inversée. En rentrant à la maison le soir, le client calcule le prix à la bouteille. C’est plus cher, même rapporté au carton de six bouteilles qui est la norme usuelle. Le lien qui s’établit entre la femme du vigneron et le client conduit ce dernier à acheter plus chez un seul vigneron, sans trop de possibilité de faire un choix véritablement sélectif. Difficile en effet de faire une dégustation des vins, sans acheter, en allant chez 3 à 4 vignerons dans la même après-midi, avec une mise en concurrence à chaque fois et l’achat d’un vin en final en retournant chez celui que vous préférez. Et cela pour chaque vin à chaque fois. On en vient très vite à regretter le caviste.  

 

La conséquence pour les professionnels du vin

C’est l’affaiblissement et le dépérissement à terme des réseaux de distribution des vins en France et la diminution déjà constatée de la présence à l’étranger. Dans ce cas là en effet, non seulement il faut payer un importateur-distributeur mais il faut aussi au vigneron se déplacer pour faire des dégustations aux clients étrangers pour animer le réseau de vente. Quelques faits pour rappeler cette perte de voilure : la GD (grande distri) a en quelques années baisser d’un tiers son fonds de rayon permanent passant de 900 et quelques unités à 600 vins maintenant. Les cavistes indépendants se font plus rares et offrent moins de vin. Parler de crise montre la volonté d’occulter la situation : quand on se replie chez soi, il ne faut pas s’étonner de voir les concurrents prendre la place libérée par les vins français. Une autre conséquence est la montée en force de la distribution par Internet et la possibilité d’acheter à la bouteille, en faisant là une vraie mise en concurrence.

 

La méconnaissance de la composition du prix du vin par le consommateur

C’est aussi un des effets de la situation actuelle. A trop vouloir jouer le lien humain de sympathie entre client et vigneron, on en oublie parfois le vin. On en oublie aussi du côté du client ce que représente la bouteille de vin achetée. Ce n’est pas seulement un liquide qui se boit avant, pendant ou après le repas, pas seulement le travail d’un vigneron -homme ou femme- et de son équipe, mais aussi celui d’une chaîne de qualité qui part d’une parcelle et qui va jusqu’au verre à boire avec du vin dedans. L’importance de la qualité est fondamentale, aussi bien en terme de sélection des vins, que de respect des conditions de stockage et de transport tout au long de l’acheminement et de la facilité de choix. Dans notre société, avoir le choix est un droit qui se paie cette fois-ci, son juste prix. La vente par Internet est là pour  répondre à ce besoin.

 

Le rappel du contenu du prix par Claude Gilois

Claude Gilois est le fondateur-pdg-sélectionneur de ‘Vins du Monde’ (VDM), implanté à Couëron en Loire-Atlantique. Dans un billet du 28.10.2009, il explique pourquoi les vins de sa Société ne sont pas trop chers, contrairement à ce que pensent certains. Il liste 14 raisons :

01.   l’entrée des vins dans la stricte légalité dans l’UE ;

02.   le stockage dans des entrepôts souterrains et/ou climatisés ;

03.   la sélection dans les meilleurs domaines à l’étranger ;

04.   la vente à la bouteille si le client le demande ;

05.   la rémunération des agents à 15% sur la marge de la société ;

06.   l’importance du stock à 1,5mE pour répondre à la demande ;

07.   la création d’évènements par VDM pour promouvoir ses vins de qualité ;

08.   la prospection en continue des meilleurs domaines ;

09.   le fait que l’équipe de VDM a goûté tous les vins, visité tous les domaines et s’est renforcé avec l’arrivée de Nicolas Poussier ;

10.   le budget d’échantillons pour faire connaître la sélection de ses vins dans un marché français immature s’élève à 40 000E/an ;

11.   le catalogue de VDM, qui est un outil de valorisation de ses vins irremplaçables et le site VDM  élu meilleur site du Grand Ouest 2008 ;

12.   l’objectif de la société VDM, dirigée par des passionnés de vins, de faire connaître des vins passionnants à des clients passionnés sans perdre d’argent ;

13.   des coûts de prospection d’autant plus élevés que la marché français est peu ouvert aux vins étrangers ;

14.   la quasi-totalité des importations de vins en direct, sans intermédiaire supplémentaire.

 

==  L’ensemble de ces raisons explique le coût des vins et la possibilité pour les particuliers d’avoir accès à l’ensemble de l’offre réservée généralement aux professionnels.

 

On ne peut demander la qualité et ne pas la payer

C’est ce que je dis moi pour conclure.

Pour suivre le chemin

. Retrouver le billet du PDG de VDM sur son blog

http://voyagesvinsdumonde.20minutes-blog.fr/archive/2009/10/26/les-vins-de-la-soci…               

. Faites connaissance avec les 713 vins actuellement en cave sur le site de la société qui  fait le pari de faire aimer les vins étrangers de qualité à des amoureux des vins de qualité en sachant dépasser les frontières. Pour moi, c’est une des facettes de la culture du vin. On ne peut vanter nos vins si on ne sait accueillir et apprécier ceux des autres.  

http://www.vinsdumonde.com/fr/#/accueil. Photos du catalogue VDM.   

  

  

Voir les commentaires

WBW50 > Les Habits des Vins d'Expression > La mise à l'honneur de la bouteille

10 Novembre 2009, 10:18am

Publié par Elisabeth Poulain

 

La bouteille pleine, la  bouteille vide

La bouteille connaît son apogée quand elle est pleine. C’est la raison pour laquelle les bouteilles sont toujours photographiées fermées, avant ouverture. Elles sont une promesse. Après, il reste une émotion, parfois si marquante que les vignerons gardent pour eux ces bouteilles vidées qui continuent à leur parler. Parmi celles que l’on garde :

 


909/910/911. les quatre Boas dessinés par Madlen Hersstrom pour Coquecigrue du nom de trois actionnaires dont l’un est Jean-François Mériau : Boa le Rouge est un Touraine Gamay à étiquette circulaire ivoire et rouge pour une bouteille lourde.

 

Le lien entre le verre et la main

Le lien est profond, intime entre cet objet de matière froide et inerte comme le verre et notre main qui est à notre développement et à notre épanouissement aussi indispensable que notre cerveau et notre corps. Pour preuve, la facilité qui consiste à parler de la bouteille comme nous parlons de nous, avec les mots du corps. En allant du haut vers le bas, il y a un col qui a tendance à s’allonger ; des épaules qui lie le cou au corps et qui peuvent être plus ou moins marquées (bordelaise), arrondies (bourguignonne) ou fluides (alsacienne). Le corps ensuite tubulaire ou arrondi avec un bedon de bien vivant ou gommé. La description se termine par le cul de la bouteille qui donne l’assise de cette verticalité. Une nette distinction existe entre les fonds plats, légèrement incurvés vers le dedans ou fortement au point de pouvoir y placer le pouce. Ces derniers sont une marque de qualité parce que ce sont ceux que l’on tient le mieux en main.

 
La bouteille, le corps du vin

Quoi qu’il en soit, associer la beauté de la bouteille au corps dénudé est une idée vieille comme le monde :

 



912. Dans la même position allongée, nue, une naïade tient, elle, une coupe pleine de vin de couleur rouge sur fond jaune avec des cheveux verts, pour un Sauvignon des Vignobles Gélineau.        

 

913. Chaque année, Jean-Jacques Papiau du Domaine de Pont Perrault sélectionne deux dessins d’auteurs de bandes dessinées. Pour son Anjou-Villages 2003, c’est un bel Apollon traité de façon fort classique une bouteille dans la main gauche et un verre dans la droite.



 

Un contenant normalisé

Il est très difficile d’apprécier visuellement la contenance de la bouteille. La solution la moins trompeuse est de lire la contenance indiquée en relief sous la bouteille. Les bouteilles les plus courantes sont les 75cl. Il n’y a plus guère de bouteille d’un litre, si ce n’est pour les cafetiers vendant au verre.

- Paul Buisse a conservé, dans sa belle collection de bouteilles, une bouteille sérigraphiée datant des années 1920 conçue par son père pour le marché suisse.

- Actuellement, le Domaine Gouron de Cravant les Coteaux utilise une bouteille d’un litre sérigraphiée et consignée pour le réseau CHR.

 

Les petites bouteilles                    

C’est dans le domaine des bouteilles qui sortent de la norme des 75 cl et de sa petite sœur des 37,5cl que l’on va trouver le plus d’innovation : 50cl, 20cl ou 10cl. Trois styles peuvent être distingués : reproduire en petit le modèle de la 75cl, innover en cherchant à se rapprocher de la hauteur de la 75 ou sortir des cadres habituels. La situation est très diversifiée en Loire selon le profil du professionnel du vin, négociant ou vigneron. Les négociants, le plus souvent, traitent des volumes importants qui les obligent à être très réactifs. Mais leur choix n’est pas illimité. La 37,5cl,  l’ancêtre des petits contenants, est conçue sur le modèle d’une 75 bourguignonne réduite de moitié et n’a jamais connu un franc succès. La 50cl se place dans un cadre visuel proche de la 75 mais sans la copier. Elle connaît un développement intéressant pour les vins à prix élevés du fait par exemple de tries successives. En matière de style, on retrouve les segmentations établies : formes droites pour les vins contemporains et les rosés, formes arrondies pour les AOC et flûtes ou flaconnages atypiques pour des liquoreux.

. En flûte verre transparent 50cl, le Château d’Eternes de Saix présente un Coteaux de Saumur, Clos des Abbesses.

. Le Domaine du Parc a choisi une Véronique 37,5cl pour un Gros-Plant sur lie 2004.  

 

- En 50cl, Arnaud Couly-Dutheil de Chinon a choisi une flutte pour un liquoreux vendu en vin de table sous le nom d’Interdit.

- Sous ce volume, le Château de la Mulonnière, un des Domaines Saget, présente ses Quarts de Chaume en bouteilles à haut col qui offrent la particularité d’être quasiment aussi hautes que la 75cl en Coteaux du Layon Beaulieu du Château.

- Le Domaine Saget réserve, pour un Pouilly sur Loire (37,5cl), une forme douce bourguignonne sérigraphiée avec la signature au S de Saget en jaune sur fond feuilles mortes, avec les mentions réglementaires en forme de verre à pied à l’arrière.

 

Les très petits formats

Ils ne sont guère utilisés en Loire, à quelques exceptions.

- Lacheteau décline par exemple un Cabernet d’Anjou en 25cl, sous fermeture à vis, avec une étiquette dissymétrique ornée d’une grue qui donne l’arrondi de l’étiquette rectangulaire sur les trois autres côtés.

- Frédéric Brochet vend un VDQS Haut-Poitou Marigny Neuf en verre operculé à pied de 10 cl, marqué au nom de son domaine Ampelidae.

 

Pour suivre le chemin

. Force est de constater que la tendance 2009 n’est pas au développement des formats inhabituels ou à des recherches vraiment innovantes, du fait de la baisse de la consommation et des tensions financières de notre époque.  

. Le prochain billet portera sur la fonctionnalité du design de la bouteille. 

Voir les commentaires

1 2 > >>