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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La NBB ou la Nuit Blanche à Bruxelles

4 Octobre 2007, 10:46am

Publié par Elisabeth Poulain

Commençons par Bruxelles. Je vous en parle souvent. C'est normal, je l'aime beaucoup et les Belges aussi. Ils ont bien besoin qu'on leur dise qu'on les aime, surtout en ce moment. Mais chut, c'est un autre problème. Continuons par la nuit qu'aiment bien les noctambules. C'est malin ça et facile. Non, non: celui qui marche la nuit, c'est la traduction littérale de noctambule. Et c'est bien ce que nous avons fait dans la nuit blanche quand tout est noir. Alors voila, le noir avant le blanc. Oui parce que le noir modifie tout, l'espace, les perceptions, les couleurs, les sons, les relations avec les autres. C'est en plus la couleur qui accompagne naturellement le blanc puisque tous deux sont des non-couleurs, qui sont la somme de toutes les couleurs et qui se situent aux deux bouts de la chaîne chromatique. Allez on y va.  

Le blanc. Pour fêter dignement cet évènement qui a drainé quelques 100 000 personnes dans les rues de Bruxelles, nous avons choisi le White Hotel, avenue Louise, qui est blanc au dehors, au dedans, sauf les moquettes qui sont noires. Ca vaut mieux. C’est un immeuble de 9 étages avec 40 chambres dont certaines sont très grandes. La notre faisait 48m2. Elles sont toutes désignées par un créateur différent dont le nom est indiqué sur la porte.  A l'intérieur idem, le nom du créateur des meubles ou du tapis et ses coordonnées sont affichés sur le mur de façon à pouvoir le contacter. Pourquoi le design aime-t-il le blanc? parce que le blanc gomme les lignes et les volumes et agrandit l'espace. Le White Hotel est une belle façon de promouvoir l’école belge de design qui est très active. Sur la table tulipe de type Knoll de la chambre sont posés des ouvrages de design dont l’un par exemple recense toutes les boutiques de design à Bruxelles et alentour. 
 
Enchantées par cette volonté d'insérer la création et la différence au coeur de notre vie et de nos nuits, nous avons dîné, à la façon yuppie-branchée des quadras, au Natural Caffé proche en remontant vers la Place Flagey. On quitte l'univers du plastique blanc pour un bain d’acier et de miroir contemporain : comptoir adossé à la vitrine pour regarder  les passants, petites tables le long du mur intérieur, grande table haute commune pour lire la presse au brunch du dimanche matin et derrière une vitrine avec des plats préparés, froids en salade ou à réchauffer au micro. Question cuisine, nous nous sommes lancées. Avec la salade Pise, qui est à conseiller à ceux qui ont des intestins en béton : poulet, coriandre, citron, tomate, courgette crue en lamelle fine, jets de soja, carotte, citron vert, sauce de soja, huile d’arachide. Avec ça, je vous recommande de prendre une Botanic Water aux qualités apaisantes, 100% naturel, de marque Carpe Diem. Avec 9 « herbes », il nous fallait bien ça pour aller à la rencontre de la nuit bruxelloise : lavande, pétales de rose, tilleul pour la détente, thym, zestes d’orange pour la stimulation du métabolisme, ensuite mélisse, fleur de la passion, menthe et houblon pour la paix intérieure. Si je calcule bien : 7 + 9 = 16 légumes et fruits. Goût spécial mais quand on aime, on se lance. Un seul vin dans la vitrine en 25cl, un Côte de Saint Monts rouge.  
Le blanc, ça tombe bien la nuit quand tout est noir et que nombre de rues ne sont plus éclairées du tout. Sympa quand c’est une rue de bureaux et vous savez bien que Bruxelles construit beaucoup pour le business. Ca interpelle quand vous voyez une rue perpendiculaire face à l’avenue Louise à Ixelles en face de vous. Noire et noire, avec seulement quelques fenêtres éclairées. L’avenue Louise a heureusement des réverbères, le mot sent bon son XIXè siècle, en position basse, avec éclairage mini, pour cause de « développement durable ». Ceci dit, vous êtes à pied parce que vous n’avez pas mis le ticket de bus dans le bon sens et que vous vous dites finement : allons à pied au moins jusqu’au métro. Oui mais il faudrait un peu plus penser en stratège. Parce que des kilomètres, on en a fait peut être un peu plus que ce que nous avions prévu. Check up avant de partir. Les pieds, ça va. Bonnes chaussures de marche confortables. Les pulls, OK. Un imper, pour le cas où. L’appareil photo aussi, le pied pour le cas où on ferait une vidéo. Oui, c’est bon. Nous voilà parties vers 20 heures 30 à l’attaque de Bruxelles Centre. 
 
Vers 21h, un peu de monde dans la rue. Nous savions où nous voulions allées au 3, rue du Pont Neuf. Nous étions invitées à assister à une « performance » théâtrale fondée sur les 7 péchés capitaux. Nous voulions voir la Colère et l’Envie jouée par Claire qui avait invité ses ami-e-s au spectacle créé par Patricia Barakat et Hélène Gulizzi. Beaucoup de monde dans cet ancien magasin transformé en petit théâtre pour un soir avec des chaises à l’intérieur pour les frileux et la possibilité de voir le jeu aussi de la rue. Télé Bruxelles est venue filmé Hélène qui jouait l’Orgueil et interviewé Patricia sur le travail qu’elle effectue avec son groupe Blast. Un travail qui part du corps, avec un espace défini par des objets, avec peu de mots puisque c’est le corps qui parle. C’était ma Ière expérience de théâtre dans un petit espace qui renforce et modifie à la fois aussi bien la relation individuelle à l’acteur que la réaction du groupe. C’est là qu’on voit bien combien le jeu de l’acteur ne peut se comprendre sans un spectateur. C’est le secret de la communication : l’émetteur-acteur envoie un message à destination d’un spectateur-récepteur qui lui-même émet en retour un message de réponse qui interfère avec le message initial de l’émetteur. Avec Claire par exemple, lors de son jeu sur la Colère, les spectateurs ne savaient pas quelle devait être leur réaction lorsqu'elle est entrée dans leur espace. Devaient-ils intervenir et modifier ce faisant le jeu de l’acteur ? Il y a eu tous les cas de figure. Pour sa seconde prestation vers minuit sur l’Envie, Claire a provoqué par son jeu un énorme silence à la fin de sa prestation, un silence qui a été ressenti comme un quasi coup de poing par le groupe.  Elle avait cassé le lien avec les spectateurs en se recroquevillant dans le coin le plus éloigné. Un tout petit espace.       
Entre la Colère et l’Envie, nous sommes allées écouter-voir près de là un concert de musique classique, joué par un quatuor à cordes, dirigée par un chef roumain qui parlait un anglais chantant. Par la grâce de l’informatique, de la sonorisation et d’un gros travail de préparation d’une tour de 40 étages et plus, la musique s’est traduite immédiatement en lumière qui semblait venir de l’immeuble lui même. Cela a été un grand moment. Nous avons fait de très belles photos dans la nuit. Avec le noir en écrin à ces explosions de couleur, chaudes, froides, intimistes, enveloppantes...qui nous reliaient tête levée à nos voisins du sol dans la nuit noire.   
Et puis, il y a eu la rentrée en bus avec un billet gratuit. Que des jeunes dans le bus dont le chauffeur se la jouait Rambo au volant. C’était d’un drôle. Imaginez un double bus, roulant très très vite sur des pavés posés en creux et bosses, prenant des tournants hallucinants, nous faisant décoller de notre siège et retomber comme on pouvait. Du coup, on a loupé l’arrêt et on s’est retrouvé en terra incognita. Seule solution après avoir interrogé un jeune passant charmant, reprendre un autre bus pour revenir sur notre circuit. Chose faite 20mn plus tard, nouveau conducteur de bus, qui nous explique exactement ce que nous devons faire. Et voilà comment nous avons fini à pied la nuit blanche vers 2h du mat. Olé. Vive les pieds. C’est là qu’on s’est dit qu’on aurait pu louer un vélo à l’hôtel.  
Et le vin ? Rien sur le vin. Si pour le vin, il y avait même un circuit spécial organisé et animé par les Vins du Sud. Mais là, ça aurait vraiment de trop. Ca n’a pas été le cas de tout le monde. Certains l’ont bien faite cette nuit blanche. On les a retrouvé le lendemain matin au brunch à la terrasse de l’Irlandais place Flagey, près du lac d’Ixelles au soleil. Magnifique. Ca vous dirait un p’tit dèj irlandais avec saucisse grillée, beans à mettre sur les toasts …. ?. Quoi, vous calez, petite nature, va.    
 

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