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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Devinette: savez-vous ce qu'est un mini-jardin de rue? (1)

25 Octobre 2007, 15:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Surtout ne dites pas que c’est un petit jardin. Peuh, ce serait d’un facile, indigne de vous d’ailleurs. Ne dites pas non plus que c’est un jardin parce que là, je crie, je hurle, je trépigne…J’arrête sinon, je ne peux plus écrire. Et ça, ça m’embêterait bien. Je ferais comment pour communiquer avec vous ? Hein ! Procédons par étape.  


Le repérage
1.
Pour repérer les endroits à mini-jardins, je vais vous donner des indices. Le mini-jardin de rue s’épanouit à l’air libre, comme un jardin. Il est fait d’un sol de terre, plutôt mauvaise, voire très mauvaise, avec souvent des pierres, quasiment toujours aussi de l’asphalte qui est bien une pierre calcaire enrobée de bitume ; vous savez ce liquide que les agents départementaux des routes (ex-DDE en bleu et orange) épandent sur la chaussée. La terre donc, avec l’air au dessus, et des plantes, comme dans un jardin. Au départ d’ailleurs, le mini-jardin se signale à votre vue par la présence de mauvaises herbes détectables à l’œil nu, oui vraiment, pas besoin de prendre sa loupe comme dans la Hulotte, quoi vous ne connaissez pas ? Je vous donnerai l’adresse tout à l’heure. La présence donc de « mauvaises » herbes ; je mets mauvaises entre guillemets parce que la désignation de mauvaise est vraiment relative. La seule que j’arrache toujours s’appelle l’ambroisie (elle est grande, 50-70cm, allure d’un fuseau étoilée, pousse sur les remblais et au bord des routes…, son pouvoir de colonisation est telle qu’elle a conquis la France sud en quelques années. Même appétit de conquête que les algues vertes de la Méditerranée qui étouffent tout. C’est pour vous dire).
Ier indice d’importance : l’endroit à mini-jardin se détecte facilement par la présence d’herbes.
 
2. Mais contrairement à un jardin, l’endroit à mj n’est pas clos. Ce n’est ni un parc sans grille, ni une propriété privée. Vous n’êtes pas à la campagne. Je le répète : vous n’êtes pas à la campagne. Là je vous aide vraiment beaucoup. Donc, admirez la puissance du raisonnement, vous pouvez le voir quand vous marchez de-ci de-là, en faisant vos courses ou en vous baladant en ville.
Top, 2è indice: le mini-jardin est urbain.
 
3. On en arrive à la question cruciale. Où peut-on voir des mauvaises herbes en ville ? Dans deux sortes d’endroits, parfois dans les parterres entretenus avec beaucoup de soin et compétence par les jardiniers municipaux et par terre, sur le trottoir, au ras des maisons par exemple. Le Ier cas de figure ne vous concerne pas, sauf si votre amour de la netteté vous oblige à enlever ce qui fait désordre. Mais ce n’est pas à recommander, sauf rarissime exception. Il y en a « « dés qui » seraient capables de se tromper et d’arracher des bonnes herbes, comprenez des plantes plantées exprès pour la beauté de leurs fleurs, de leurs feuilles ou pour leur forme ou… Restent donc les trottoirs et autres surfaces non plantées.
Top, indice n° 3: le mini-jardin aime le bitume des trottoirs ou les endroits oubliés par le bitume. Ils devienne si rares qu’il faut en prendre soin. Comme les mares à la campagne.
 
4. A partir de là, il faut que vous éduquiez votre oeil à repérer les petits endroits où il reste un petit peu de terre, signalée par les herbes dont je viens de vous parler. Mon expérience montre que plus on s’éloigne du centre des villes et plus il y en a. Votre œil une fois formaté à ce repérage va en découvrir, comme disent les enfants, plein-beaucoup.
            Top 4 : ça y est, vous y êtes. Vous l’avez devant vous, « votre » mini-jardin.
 
Entendons-nous bien, d’abord il n’existe pas encore parce que vous ne l’avez pas fait et ensuite parce qu’il n’est pas à vous. Ce n’est pas un souci. Vous pouvez bien remplacer une herbe quelconque, sans grâce disons, par un petit plant de myosotis en en plantant suffisamment pour que 1, on puisse les voir, 2, il en reste suffisamment au cas où ces fameux « dés qui » se tromperaient entre une plante plantée et une plante sauvage arracheraient vos myosotis et 3 ça se ressème tout seul. A l’endroit où il faut. Arrêtez de vous désoler que le mini-jardin ne soit pas à vous; j’ai une solution de rechange. Attendez d’arriver à la fin.  
 
Aménager le mini-jardin de rue
Souvent il vous faut apporter un peu de terre avant de planter. Le mieux est de faire toutes les opérations en même temps : arrachage des (vrais) mauvaises herbes, plantage avec de la terre que vous apportez avec vous, en laissant sur place les herbes d’origine qui peuvent être chouettes, type sedum par exemple. Vous pouvez en profiter aussi pour commencer un petit paillis pour faire du compost et pour garder un côté un peu sauvage à vos opérations. Il est en effet prudent de travailler de façon un peu subtile. Le résultat ne doit être ni trop beau, ni trop léché pour avoir quelque chance de durer, face aux passants de tout style. Ne pas craindre non plus les chiens que l’on promène et pour cela mettre en avant des plantes résistantes, en plaçant les plus fragiles au fond. Eviter les plantes à fleur qui ne poussent que dans les jardins en recherchant ce qui est le plus proche de la plante « naturelle ». Le plus grand ennemi du mini-jardin s’appelle le sécateur à fleurs à couper, pour « faire un bouquet », comme on vous le dit avec innocence.   
 
Entretenir le mini-jardin
Un mini-jardin réussi réunit plusieurs conditions :
-        d’abord il existe au point que personne ne se souvient de ce qu’il y avait avant ;
-        il garde son aspect naturel en s’intégrant totalement au paysage ; pour cela, il faut un vrai travail d’entretien, de surveillance et d’observation; vous allez pouvoir faire avancer la science en voyant les plantes qui tiennent le coup et les autres ;
-        il fait le lien entre le dedans et le dehors, entre le jardin de la maison et le trottoir ; déjà vous êtes obligé de par la loi à balayer devant votre porte, pourquoi ne pas aller à mettre quelques plantes, vous sortirez et rentrerez avec plus de plaisir ;
-        vous contribuerez à attirer nos amies les abeilles si vous mettez des petites fleurs ;
-        vous pourrez demander à vos voisines et voisins toutes les plantes qui se multiplient dans leur jardin. Avec les vôtres, vous aurez amplement de quoi satisfaire votre passion du jardinage et d’un arrosage restreint;
-        à votre tour vous pourrez donner des boutures et des plants aux passants qui le demandent ;
-        et c’est ainsi que le mini-jardin devient l’affaire de tous dans le quartier.   
 
Voir ce qui se fait ailleurs
Avoir l’œil mini-jardin crée des obligations. Quand vous êtes à Bruxelles par exemple ou à Amsterdam, vous repérez très vite les endroits à jardinier. Pour cause de développement durable (et de restrictions budgétaires), les rues des quartiers résidentiels ne sont pas autant entretenues que les nôtres. Je généralise mais il y a vraiment une autre façon de penser l’argent public.  
Il reste une solution quand on n’a ni jardin, ni balcon : s’occuper des carrés protégés autour des arbres qui scandent à espace régulier les place de stationnement. C’est ainsi que certains habitants plantent ces carrés, en faisant preuve de beaucoup d’originalité. C’est soit chacun « son » carré devant la porte de l’immeuble, soit ceux du coté pair ou impair, en jouant l’uniformité des composants ou la différence, en plaçant des petites bordures… Certains replantent par exemple des graminées, avec des volubilis qui s’accrochent au tronc. C’est charmant et on rêverait d’en garder la trace. Aux Etats Unis, une tradition vent que les voisins se réunissent le samedi matin pour nettoyer et aménager les abords des propriétés et pas question d'envoyer un salarié pour vous remplacer. Cela fait partie de vos devoirs face à la communauté.    
Et quand vous ne voyiez aucune possibilité d'aménagement d'un mini-jardin, que reste-t-il à faire ? Simple, mettez des pots de fleur devant chez vous sur le trottoir, sur votre balcon et glissez quelques graines de roses trémières dans la fissure d’1 centimètre de bitume devant chez vous. Comme à l’Ile de Ré. Ca pousse et c’est magique. 
 
Pistes pour poursuivre le chemin
- La Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers, avec des dessins d’une finesse incomparable de son fondateur et unique rédacteur, crée en 1972, par Pierre Déom, un jeune instituteur des Ardennes ; le journal à parution irrégulière compte 160 000 abonnés dans les 5 continents. L’abonnement pour 6 n°s est de 18,50E.   www.lahulotte.fr          
- Suggestions de plantes: des sedums, des plantains, des achillées, tous les couvre-sols qui résistent sans arrosage, les genêts qui vous font la grâce de rester petits quand ils n'ont pas d'eau, les paquerettes, primevères, violettes, soucis, les thyms...  
. Photos EP à Angers

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