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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les couleurs de saison, patchwork d'hiver

12 Décembre 2007, 12:48pm

Publié par Elisabeth Poulain

   
Je sais, j’ai loupé l’automne. J’ai un retard fou ou amusant selon la façon de voir. Je ne vous ai même pas encore parlé de certains vins découverts cet été, alors vous pensez l’automne. Pfutt, zut et flutte, on s’en fuche ! Monsieur le correcteur d’orthographe n’est pas d’accord mais c’est qui qui commande ici, quand même !
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Donc l’hiver, c’est la saison du repli sur soi qui se traduit par un retour près du feu, au cœur de la maison, tous unis comme « dans le bon vieux temps » contre la nuit noir qui sévit au dehors. C’est toujours ce qui m’étonne quand on parle de l’hiver, ces images imposées qui défilent à l’esprit, qui se transmettaient au sein des familles et maintenant surtout par les catalogues. Ne nous égarons pas. Aujourd’hui je vise le retour auprès du feu, c’est à dire le cœur du foyer. Il n’y a pas de hasard si feu = foyer = home = sweet home = ce qui va se traduire par une série de produits qui tous vont avoir un point commun, vous rassurer sur les traditions « immuables
 
La couleur qui donne chaud. C’est le rouge parce qu’il éclate de vie et qu’il est le symbole de la chaleur et du feu qui embrasse. Inutile de vous préciser que c’est la couleur la plus chaude que l’on puisse imaginer. Votre sapin de Noël est rouge (Habitat), vos escarpins vernis rouges (Casadei 406; si vous divisez par 2, le prix à la chaussure passera mieux), vos sous-vêtements, vos chaussettes aussi. Quand elles sont rouges, elles réchauffent mieux vos pieds surtout si votre bouillotte est rouge aussi. A mon avis, un peu de laine ne devrait pas nuire non plus. Vous pouvez même acheter des verres rouges en verre chez Carrefour ou chez Cristal d’Arc (55E Mascarades Folies Rubis les 4). Bien sûr c’est pour le fun, à utiliser uniquement avec de l’eau minérale en bouteille rouge comme Badoit il y a quelques années.  
 
Le légume pour survivre l’hiver. Facile à trouver, c’est évidemment le chou. Moi je préfère le rouge avec beaucoup de pommes d’oignon, du carvi, un peu de vin rouge et une pointe de vinaigre. Le rouge a plus de goût à mon avis. C’est une alsacienne qui vous le dit. Il a tellement de qualités, ce chou qu’il me faudrait plusieurs pages pour les citer. Pour ne pas prendre le risque de frôler l’overdose, je ne vous en parlerai qu’un tout petit peu ou même pas du tout (pour ne pas peser sur votre estomac plus qu’il ne faut en ces temps où manger consiste à jouer sur le toujours plus en ajoutant et rajoutant les saveurs aux saveurs, comme au temps où le cuisinier personnel de Talleyrand s’appelait Antonin Carême, la Ière star européenne de l’art culinaire français. Ouf, fin de la phrase.) Du chou, il en existe aussi en ampoule à acheter chez le pharmacien. Eh oui. Ca, c’est pour les flemmards de l’épluche légumes.  
 
Pendant que je vous écris, j’entends un invité de Jean Pierre Coffe qui parle de « la faillite de la France » mais dans le domaine de la truffe, pas les subprimes. J’ai eu peur. Peut-on faire du choux à la truffe ou mieux de la truffe au chou? Non pour le second, le Ier cas certainement, ça doit même être recommandé. Il n’y a en France que deux façons d’utiliser des matières premières peu chères, les annoblir avec des trucs très chers ou jouer la carte de l’exotique étranger pour surprendre nos papilles. Pour rentrer dans la seconde catégorie, essayez donc avec des airelles, du gingembre et un peu de raifort. Ca devrait flasher en bouche, avec du gibier.
 
L’animal de l’hiver. Alors là, ça se complique. J’ai le choix entre 3 candidats.  
  1. Le renne parce qu’il est rouge. Oui, pas de discussion, il est bien rouge sur le catalogue de Castorama, c’est un coussin qui ne coûte que 16,90, 17 euros donc pour 45 cm de large et 45 cm de haut. 
  2. 2. La cigogne. Vous allez encore dire que l’Alsace me poursuit. C’est tout à fait faux. Seulement j’ai sous les yeux la dernière pub pour les vins d’Alsace. Notre sympathique cigogne « Grand Blanc » pousse l’élégance jusqu’à porter un bonnet de Père Noël du même rouge que son long bec. Dire que le Comité des Vins d’Alsace voulait changer de pub. Les pauvres commençaient à se lasser de ce grand fou qui en réalité déserte les nids alsaciens. Ils ont eu raison de continuer ; leur pub devrait avoir le prix de la plus grande longévité.
  3. Et le 3ème, j’hésite encore plus parce que c’est…Là impossible de trouver, j’en suis sûre, parce que je le trouve idiot et que jamais je ne porterai un pull en poil d’angora. Vous avez trouvé, c’est le lapin avec ses grandes oreilles. On le trouve en rouge, jaune, vert ou bleu chez Sony pour vous inciter à acheter un téléviseur LCD BRAVIA ou en statuette en céramique dorée pour décorer votre intérieur cosy chez Paul Smith (51 E). Evidemment dans la photo composée à la manière d’une nature morte sur fond noir, c’est lui le maître de cérémonie à coté d’un Dom Ruinart 1998 (141 E), d’une coupe flûtissante Véga (c’est pas moi c’est Baccarat qui le dit dans Le Monde 19.10.2007) à 106 E et de deux pailles de Christophe 95 E. Les 2 et en argent. Ca ferait quand même moins pingre d’acheter un autre verre. Les pailles, euh… c’est une idée de chez Piper Heidsieck au début du siècle, il y a longtemps. Moi j’aime bien le lapin Duracell, toujours là, façon nounours.       
 La viande de saison. Je sèche. J’ai l’impression que ce sont toujours les mêmes qu’on nous présente. En tout cas, ni renne, ni grand volatile ni lapin, ni ours au menu. Leclerc, vous connaissez, celui qui a des grands centres, le passionné de BD, me propose du canard au miel et aux amandes, du chapon, de l’autruche, du veau, de la caille et de la biche mitonnée aux baies de cassis. A comparer avec Champion qui présente un pavé de biche façon rossini, sauce au foie gras de canard, pommes de terre à la truffe (la voilà), civet de chevreuil sauce grand veneur, une cuisse de canard sauce morilles ou une émincée de filet d’oie en civet.
Vous, ça ne vous parle peut être pas mais il y a des étudiants étrangers qui envoient ces catalogues à leurs parents pour leur montrer concrètement ce qu’est la cuisine française à la fois variée et abordable (15-17 E/k). Pour moi, ce serait du chevreuil. C’est mon coté Grand Siècle, Louis XIV était un grand chasseur.  
 
Le cadeau pour homme. Evidemment pour le porter, il faut réunir un certain nombre de conditions mais on peut toujours rêver et, si vous n’y arrivez pas, répétez après moi comme un mantra « nobody is perfect », allez, on recommence. No… C’est un grand pull en laine noir, marqué sur la poitrine BIG sur la Ière ligne, BLACK sur la 2ème et PULL en dessous (Rykiel Homme). Bull aurait été d'un drôle. BIG BLACK BULL. Pour ça, il vaut mieux être très grand, style asperge, à compléter au-dessus avec un gros bonnet noir of course pour cacher vos folles boucles dedans et surtout, surtout en dessous un jean noir, très noir, ultra collant. Si non, s’abstenir. Je sais que c’est violent mais c’est comme ça. Il faut souffrir pour être beau.  
 
Le livre à feuilleter. Collé face à la cheminée, en vous tournant régulièrement comme une volaille le fait sur la broche pour être dorée à point, vous pourrez rêver en tournant les pages du dernier livre de François Morel Les Objets de la Vigne et du Vin (De Borée). A la fin, vous trouvez une très belle affiche de 1942 de René Rabo, publié par Havas pour le compte du Secrétariat à la production industrielle française qui offrait un litre de vin pour 200 grammes, de cuivre. Le vin comme monnaie officielle d’échange, on rêve. Il faudrait calculer à combien s’élèverait le coût de la bouteille maintenant*. Le fond de l’affiche est vert comme les 2 feuilles de vigne qui sont disposées en diagonale haut-gauche et bas droit avec au-dessus une grappe de raisin rouge qui éclate sur le vert et se fond dans la bouteille bordelaise inclinée en diagonale inversée, transparente et noire. Au cœur de la bouteille, son petit cœur jaune qui bat en forme de petit pois en cuivre de 200 gr !  
 
Le vin à goûter. Vous l’avez deviné, il est forcément rouge et noir. Sur la table, près de la cheminée, une bouteille de Petra Alba, un Anjou Villages Brissac de Christophe Daviau du Domaine de Bablut, un vignoble familial depuis 1546. C’est un cabernet franc à la couleur rouge profond, aux notes de petits fruits rouges …certains parlent de violette d’iris. La bouteille est noire avec une étiquette grise et un haut de bouchon rouge. Une merveille. Petra Alba, pour Pierre Blanche en latin of course.  
 
Le jardin d’hiver. Il manque un jardin à mon histoire. J’aurais bien aimé vous parler du Jardin de Brécy dans le Calvados. Représentant l’archétype du jardin classique à la Mansart, il date du XVIIè. Je l’ai découvert sur une photo l’hiver sous la neige, sous un ciel de plomb revêtu de teintes blanches, grises et noires. Petra Alba dans le jardin. Il faudrait pouvoir le voir sous la neige. Difficile à programmer surtout quand le château est fermé de la Toussaint à Pâques. Jacques de Lacretelle qui en fut propriétaire, en parlait en ces termes « Des atours de princesse italienne jetés sur les épaules d’une petite paysanne normande .»   
 
Pour pour suivre le chemin 
* La bouteille coûterait 1,25 E, le cuivre n'ayant jamais été aussi cher qu'aujourd'hui. Il faudrait évidemment retrouver les équivalences de 1942.
www.vinsalsace.com     
Domaine de Bablut, Vignobles Daviau, 49320 Brissac Quincé, 02 41 91 22 59 Brécy, 14480 Saint Gabriel-Brécy, 02 31 80 11 48    


Ajoûts d'après courses
- des vitelottes violettes noires à faire en purée. Rien n'est dit sur ce type de légumes. Je vous dirai ce que ça donne, une fois cuit et goûté. 

- Marlboro qui sort une édition spéciale Fête de l'An , évidement noir très noir, avec une pointe de blanc pour Edition Nouvel An et une étincelle de rouge . Un packaging superbe.  

Plus après Noël
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