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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Vite, des nouvelles des mini-jardins de rue et des pissenlits (2)

17 Mars 2008, 10:16am

Publié par Elisabeth Poulain

 
Oui, c’est le moment. Le printemps est là, puis s’en va et revient. La preuve, je vois des fleurs de pissenlits partout et même dans les mini-jardins. En forêt, je veux bien mais dans les mini-jardins, je vous le dis tout net. C’est non et non. Le pissenlit, c’est comme le lapin, je n’en veux pas dans le jardin. Leur autre point commun me fascine par contre. Je veux parler de leur extra-ordinaire pouvoir de reproduction. Alors quand j’ai vu l’autre jour, 2 pissenlits qui fleurissaient dans le mini-jardin, je les ai enlevés et jetés aussi sec. Pas mangés, non parce que le lieu est passant, pas tellement de voitures mais de chiens.
 
Les jardins explosent. La nature se la joue, plein printemps. Certaines floraisons sont déjà terminées, le jasmin nudiflorum par exemple, d’autres sont en cours, kerria et forsithias, d’autres s’annoncent comme les iris plantés plein sud devant un mur d’ardoise. Les camélias sont finis. Par contre un des azalées japonica de couleur rose saumoné fait la joie des promeneurs et la mienne évidemment. Les myosotis, ça dépend des endroits. A l’abri, ils sont en pleine floraison.
 
Quant aux mini-jardins, ils vont bien. Les boutures de kerria ont fleuri. Les petits genêts pas encore. Les pâquerettes donnent le blanc, les myosotis et les iris les bleus, un pied de pervenche le violet doux et les gaultherias le rose de leur hampe. A lire cette description, vous pouvez croire qu’il y en a beaucoup. Mais non, il n’y a que quelques plantes à fleurs, juste un peu pour suggérer qu’il s’agit d’un jardin et pas d’une création spontanée de la nature. Comme ça d’un coup de baguette magique et hop, voilà un jardin. Un promeneur anonyme a apporté des pierres nuitamment. Je les ai déjà intégrées au mini-jardin. Un ou autre a du être saisi d’un élan amoureux pour un pied de jasmin qui avait fleuri mais il ou elle a eu la délicatesse d’attendre que la floraison se soit terminée. En clair, le pied (le seul que j’avais planté) a disparu ! Zut et moi qui avais pris la précaution de le raccourcir pour qu’on ne le voit pas de trop. Loupé. Loupé aussi le camouflage que je refaisais chaque semaine pour cacher ce tout petit cèdre bleu de 8 cm (mesuré par moi, yes) qui poussait dans 1 cm de terre entre le mur d’ardoise et le trottoir bitumé (ah, ce maudit bitume mais en l’occurrence, il n’est pas coupable). Le petit cèdre (un rejeton de nos cèdres à mes voisines et moi mais que je n’ai pas planté) a été dérobé. J’espère au moins qu’il a été repiqué quelque part et que son nouveau jardinier en prendra bien soin et le protégera des prédateurs de tout poil. Oh, c’est juste comme ça, pour dire en passant.
 
Alors les pissenlits ? Rien ne vaut une bonne cure de pissenlit à la fin de l’hiver. Il faut que je vous dise que j’ai un amour très sélectif pour les pissenlits. Je ne les aime que dans mon assiette, comme le lapin d’ailleurs. Est-ce que le lapin mange du pissenlit ? Certainement à moins qu’il ne trouve ça trop amer. Le lapin de nos régions est parfois un peu difficile. Il est trop gâté. Le pissenlit ? Gâté ? Non, je ne crois pas, du moins par moi quand j’en rencontre un dans mon jardin ou dans le mini-jardin d’ailleurs. Je les déteste parce qu’ils ont une racine qui grossit d’autant plus que vous la coupez et que si vous ne la coupez pas, ses graines ont une capacité terrible à se replanter partout où elles ne doivent pas. Elles me cassent les pieds. Donc, je les guette et hop, j’essaie de les arracher quand le plant est encore petit.
 
Par contre aussi, je les traque cette fois-ci pour mon bien au moment de l’arrivée du printemps. C’est bien le seul moment où je fais, ce que je ne m’autorise jamais : faire dorer du lard fumé alsacien et le verser encore brûlant sur de la salade de pissenlit au cidre. Ah, je me pâme. Le lard fumé alsacien appartenant à mes souvenirs d’enfance, il n’est plus question d’en trouver, comme celui que ma mère se faisait envoyer par une lointaine cousine de mon père, la Cousine Finala (à prononcer Finele) en provenance de Schlierbach, près de Mulhouse dans le Haut-Rhin. Uniquement l’hiver, vous pensez bien parce que le paquet arrivait par la poste. Imaginez un lard d’une hauteur de 4/5 cm, blanc de blanc, avec une toute fine partie de chair attachée à la couenne et qu’on mangeait juste rissolé en très fines lamelles avec cette salade ou même cru posée sur du pain au levain. Magique. Il fallait bien sûr trouver les dents de lion avant. Dents de lion, c’est quand même mieux que ‘pisse au lit’ quand même. Je peux faire mieux. Si je vous dis, dens leonis, c’est encore plus sélect parce que c’est en latin. Pour être tout à fait raffiné, je vous conseille aussi d’être très exigeant dans la cueillette et de ne choisir que les plus petits plants, avec des feuilles très découpées. En clair, évitez les gros qui ressemblent à des choux plats, façon de parler.   
 
C’est une plante qui est bonne pour le foie et pour tout l’appareil digestif d’une façon générale. Vous pouvez en boire en tisane aussi, feuilles et racines mélangées, 3 tasses/jour avant les repas. Et mangez-la en salade, en gardant les boutons évidemment.
 
Mais ce n’est pas le tout, il faut que j’y aille maintenant. Où ? A la cueillette des dents de lion bien sûr. Le plus dur n’est pas d’en trouver mais d’en trouver dans un endroit un peu éloigné quand même des rejets de nos chères voitures et des retours à la nature de nos chers toutous. Le petit conseil avant de partir. Sur place, enlevez le maximum de terre et de vieilles feuilles ; si vous ne mangez pas les boutons, laissez les aussi. Ils s’ouvriront et graineront. De retour à la maison, lavez, lavez et relavez votre cueillette. Quand vous estimerez que vous en avez fait assez et que votre salade est prête à être versée dans un saladier, plongez à nouveau la salade dans l’eau additionnée de quelques gouttes d’eau de javel (ou de vinaigre ou d’un purifiant d’eau), puis une autre fois pour enlever l’odeur. Vous laissez à l’air quelques minutes et alors seulement, vous pourrez manger avec délice une très bonne salade de pissenlits.
 
Pour la sauce, à vous de choisir entre vinaigre de vin et vinaigre de cidre. Moi, je suis abonnée au cidre. Je prends de l’huile de noix. J’ajoute un peu de moutarde. Je ne mets ni sel (le lard suffit) ni poivre en plus. Le goût un peu amer et parfois poivré est déjà assez fort comme ça. Si vous voulez être au top en matière de raffinement mettez quelques croûtons grillés, avec des cerneaux de noix et le lard fumé surtout pas noirci. J’en salive d’avance. A essayer avec un Alsace, bien sûr.


Pour suivre: 
Admirer ce magnifique plant de Taraxacum Officinale, de la famille des Asréracées, en aquarelle de Germaine Debraux grandeur nature, tiré de l'ouvrage "Etonnantes Plantes sauvages" co-écrit avec Monique Astié, toutes deux professeurs honoraires, la Ière de Botanique générale de l'Université de Nantes et la 2 de Biologie végétale   de l'Université d'Angers. Un magnifique ouvrage avec des planches grandeur nature. 

Admirer moi aussi, c'est la Ière fois que j'arrive à insérer une photo. Elle a la t^te penchée. Oui et alors§    

Voir sur ce blog, le Ier billet sur les mini-jardins sous le titre: Devinette: savez-vous ce qu'est un mini-jardin de rue? (1)

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