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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Message urgent: Le Lapin de Pâques est fin prêt à garnir les nids de Pâques

22 Mars 2008, 20:19pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC03454sdfhj-.jpgC’est la grande nouvelle de ce samedi de Pâques. Heureusement parce que sinon il ferait le désespoir d’une armée de petits enfants et même de plus grands qui tout d’un coup ne revendiquent plus leur ‘grand’ âge, du genre « mais Moman, je suis grand-e, arrête de me le dire, de faire mon lit, de ranger ma chambre… ». Ce gigantesque lapin est un vrai tout bon. Le seul que j’aime bien vraiment parce qu’il est gentil avec les enfants qui font leur nid et pas les autres. Donc il est juste, ce qui me semble au moins aussi important que la gentillesse qui parfois est un vilain défaut surtout avec les enfants. Les adultes eux sont grands par définition. Ce n’est pas pareil. Ils sont censés être sages et donc justes. C’est parti, ma poule, comme disait une dame du Champenois. Une expression que j’attribue à cette région qui a l’honneur d’être la voisine de l’Alsace. Je sais que certains vont s’étonner mais peu importe. Il faut continuer dans l’enthousiasme de rigueur un samedi pascal. 

Donc pour une Fête de Pâques réussie, il faut plusieurs ingrédients de premier choix évidemment. Pas la peine de mégoter. C’est du sérieux. Ca laisse des traces pour la vie.

J’en suis la preuve.
1 Il vous faut d’abord un jardin. Un balcon, ce n’est pas pareil évidemment. Un pot de plante verte ? Euh, non, bien que ? Enfin il faut du vert. Sinon le lapin ne vient pas. Ca, c’est vrai. Dommage que vous ne puissiez entendre l’accent alsacien quand je m’entends dire ces trois mots avec l’accent. Vous accentuez longuement sur le Caaaa, et ensuite du coup vous raccourcissez le c’est en pinçant le c qui devient presque ze et vrai reste vrai. Moi qui ai très peu d’oreille (vous avez bien compris que j’en ai deux comme tout le monde quand même), je sais reconnaître l’accent alsacien partout où je vais en France.

2 Ensuite il vous faut convaincre chaque enfant de faire chacun son nid. Une jolie idée quand on y pense. Même tout petit, le petit d’homme (au sens latin, les 2 ensemble F + H of course) apprend qu’il doit se construire lui-même et pour lui son endroit de douceur et de beauté. Il n’est en aucune façon possible de le faire pour lui, ni de pour lui de sous-traiter l’opération hautement symbolique ni, horreur parmi les horreurs, d’en acheter un tout fait. Ca ne vaut pas. J’adore cette locution que j’entends aussi sous la forme ‘ça ne le fait pas’.

Le nid nécessite une assiette, de la belle mousse à poser dessus pour la cacher et quelques  petites fleurettes des bois à chercher soi-même (paquettes, violettes, primevères par exemple) est surtout pas achetées. Tout dépend de votre région bien sûr. Moi, j’étais à Pornichet à Pâques. Nous allions mes frères et moi chercher des petites fleurs des dunes, comme des fleurs de pissenlits, des fleurs de liseron si elles étaient écloses, des feuilles, des morceaux d’écorces ou même une année des algues. C’était déjà mon petit coté ‘nature globale’. L’imagination dans le nid. Nous avions aussi une règle à observer impérativement : demander l’autorisation de cueillir les quelques fleurs du jardin. Une règle bien sûr édictée après que l’un d’entre nous si ce n’est les trois, mes frères et moi, ayons tout coupé avec cette excuse que ‘c’était tellement joli’. 

3 Le nid une fois fait doit être caché par l’enfant lui-même dans un lieu tenu secret par lui. Si non, la sanction est immédiate. Le Lapin de Pâques ne viendra pas. Je répète : Le Lapin de Pâques ne vient pas si les nids ne sont pas faits. En clair, cela veut dire que si l’enfant déroge à la règle, il n’aura pas d’oeufs de  Pâques dans son nid. Evidemment puisqu’il n’y a pas de nid. Et s’il est pas bo’ ?  Là, ça réfléchit dur du coté parental, eh bien le lapin sera moins généreux tout comme il le sera si le nid est mal caché. Message compris.

4 L’opération secrète est évidemment le plus souvent faite le samedi, aujourd’hui donc par les enfants. Le Lapin de Pâques passe ensuite pendant la nuit en sachant parfaitement où sont les nids.

5 Il y dépose les œufs en chocolat + des petits œufs bleus, blancs et roses que nous n’aimions pas de trop. L’important, c’était le chocolat et encore le chocolat que nous aimions d’autant plus qu’on en mangeait rarement, un peu à Noël  et surtout à Pâques. C’était le seul moment de l’année où nous pouvions réellement manger ces douceurs magiques de l’enfance.

C’était le moment aussi où nous mangions beaucoup d’oeufs. Le vendredi saint, il n’était pas question de manger du poisson, le déjeuner était invariable, une omelette à l’oseille pour goûter l’amertume. Le soir, le dîner était très léger.  Samedi, normal et dimanche, le lapin était passé. Pas les cloches. On ne voyait vraiment pourquoi et comment des cloches auraient volé et apporté des œufs. Avec le lapin, ce genre d’interrogation ne se posait pas. Pour les vrais œufs, nous les enfants, nous nous contentions de les colorer en rouge, en vert et en jaune  lors de la cuisson. 

 

Ce n’est que plus tard que  j’ai découvert les œufs de Pâques décorés de mon amie d’enfance Gisela Hecking qui vit dans un charmant village au-dessus du Lac de Constance, avec son mari artiste comme elle. J’en ai gardé trois qui sont de véritables merveilles depuis toutes ces années. Je les ai délicatement nettoyés pour la photo. Attention fragile.

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