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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Enquête alimentaire, Que mangez-vous, que buvez-vous, Liza Marlund (Suède)?

26 Juin 2008, 16:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

Liza est une journaliste suédoise reconvertie en auteur de roman noir, qui font grand bruit en Suède. Comme elle est traduite en français depuis plusieurs années, on sait ainsi ce que mange et boit l’héroïne qu’elle a créée, Annita Bengtzon, qui travaille dans un grand journal de la capitale, La Presse du Soir. C’est le 3ème ouvrage de l’auteur que nous voyons maintenant, La Fondation Paradis, qui mieux que beaucoup d’enquêtes sociologiques, nous montre une Suède bien éloignée de l’image construite et projetée.

 

L’histoire commence le 28 octobre pour se terminer le 7 décembre. La durée est courte, le rythme rapide et l’ambiance noire de noir. Carrément désespérée, comme la course que va mener Annita pour sauver sa peau quand elle commence son enquête sur le meurtre de 2 hommes. Sa Ière rencontre avec quelque chose qui se boit, est le café de la machine du même nom dont la seule qualité est de réchauffer , certainement pas son corps transi, mais au moins sa main, qu’elle accompagne ensuite d’un verre d’eau cherchée aux toilettes. On retrouve le café un peu plus loin, mais cette fois-ci, sorti d’une cafetière électrique. C’est l’autre héros du livre Thomas Samuelson en pleine crise existentielle d’un quadra qui se demande ce qu’il fait de sa vie.

 

Le 3ème héros, le tueur yougoslave, lui aussi vient de boire un café, pour ne pas reprendre un autre verre d’alcool dans un café. Il est furieux. Il a failli se faire avoir et cherche sa vengeance, clairement à tuer. Le café est le Ier lien entre les 3, autour desquels se construit l’intrigue violente, désespérée et extrêmement bien documentée sur la ou les mafia-s d’Europe de l’Est. Le café, trop chaud, lui brûle la gorge. Le café cout en filigrane pendant tout le récit.  

 

Annita vit dans des conditions qu’elle trouve satisfaisantes parce qu’elles lui ressemblent :  pauvres, en abandon croissant, glissant dans un trou . L’appartement n’a pas le confort minimum, la peinture s’écaille, un carreau est cassé, il faut descendre l’escalier, traverser la cour et remonter pour se laver. Les toilettes sont un demi-étage plus bas. Annita est comme ça. Quand il n’y a rien à manger chez elle, elle ne mange pas.

 

Un soir elle reçoit une amie, Anne, la seule qui lui témoigne de la gentillesse. Elles se font un grand festin de tagliatelles, avec du beurre, du fromage et du soja. Elle a tout à coup tellement faim en mangeant qu’elle boit un grand verre de Coca. Le café ensuite, accompagné d’un gros sachet de bonbons qu’elle va quasiment manger seule, enfournant les bonbons les uns après les autres. Quand elle commence son enquête solitaire, et sans en dire un mot à quiconque, la première fois qu’elle mange, elle se trouve à la cantine du personnel du journal, Les Sept Rats, pour prendre un gratin de pomme de terre, avec une feuille de salade . Le matin, elle descend l’escalier en mangeant un craque pain avec une tranchette de fromage allégé. 

 

Elle marche beaucoup la nuit, va sur les docks, s’expose à tous les dangers, se cachant de la police et du tueur ; elle parle à un pauvre perdu mouillé de froid sur un banc. Il s’est enfui de l’hôpital. Elle l’aide à traverser la rue. Elle même  est en congé maladie. On comprend qu’elle a une dépression ; elle coule. Sa grand mère, Sofia Katarina,  en maison de santé la confond souvent avec sa sœur. C’est la seule personne qu’elle aime si profondément qu’elle tremble de peur à l’idée qu’un jour, une nuit la vieille dame ne sera plus là, perdue dans le monde dont on ne revient pas. Elle reçoit un soir un appel de l’hôpital, la vieille dame vient de mourir. 

 

La seule cuisine, qui se fait, se déroule chez Thomas et sa femme. C’est lui qui fait frire un poisson dans le wok à l’huile de maïs, parce qu’il supporte de plus hautes températures dit sa femme Eleonor. Elle parle aussi des avantages de la cuisinière au gaz qui n’est évidemment pas celle qu’ils ont. Thomas aime bien la leur. Il ajoute du blanc de poulet finement haché et verse du fumet de poisson, avec de la sauce chili, des graines de coriandre et du basilic frais . Il ajoute du soja liquide pendant que le riz finit de cuire. Ce sera un des deux repas de tout le récit. Elle met la table et sert un Chardonnay australien corsé, le top du top, la seule indication du livre sur la provenance du vin. 

 

Quand Anne revient chez  Annita, elle achète en passant deux portions de poulet aux noix de cajou chez le Thai, dans des barquette alu placées dans un plastique. Elle prend aussi  du vin, un Chardonnay, parce que le docteur a dit à Annita d’en boire : le vin rouge, ça me donne des boutons plein la figure. Pas le blanc visiblement.

 

Des jours et des nuits se passent sans manger, au moins dans le récit. Quelque temps après, Annita poursuivie par le tueur, toujours dans la nuit, le froid, loin de la ville,  et sans voiture, s’arrête dans un fast-food à Jacobsberg pour manger un hamburger. Elle a le goût de la restauration rapide. Pourtant ça lui donne des renvois acides sans remettre en cause son penchant pour les fast-foods.

 

Puis vient la rencontre entre Annita et Thomas. Elle le reçoit chez elle et prépare le repas : je suis la championne des pâtes à la sauce en boîte. Elle ne l’avait jamais fait pour Anne. Cette fois-ci , elle a des tagliatelles et la sauce est italienne, servies avec une serviette de Pâques en papier jaune. Thomas entre dans la course-poursuite, s’arrête dans un café pour prendre une bière.

La vie conjugale de Thomas se dégrade au fur et à mesure que lui prend conscience de l’inintérêt de sa vie professionnelle et de sa vie tout court. Il sait qu’il doit changer et partir. Il ne partage plus rien avec sa femme. Elle veut toujours plus, plus d’argent, plus de pouvoir, et lui cherche du sens à sa vie. La cassure se passe le soir ou Eleonor a préparé, elle cette fois-ci, un vrai festin. La table à manger est d’une belle nappe, avec des verres en cristal, de la fine porcelaine anglaise et des couverts en argent. Les invités sont les directeurs de l’entreprise qui viennent de promouvoir Eléonor à un poste de direction. Elle rayonne de bonheur. Et lui à ce moment décroche. Il y a les plats à apporter, du vin…. Il n’en peut plus et n’a même pas le force de faire le café. Il quitte la table et les convives. Sa vie change.

 

Annita aussi Pour la Ière fois, c’est le 7 décembre, le dernier jour du livre, elle a faim chez elle, le réfrigérateur est plein, elle prépare son petit déjeuner . Elle boit un grand verre de jus de fruit sorti du réfrigérateur, casse des œufs dans la poêle et coupe du bacon. Elle fait même griller du pain, qu’elle mange avec du fromage à l’ail et les oeufs au bacon. Elle boit son café du matin. Peu de temps après dans la journée, elle s’achète une pizza. La Ière fois qu’il avait été question de pizza, c’est Thomas qui l’avait mangée et elle, ça lui était restée sur l’estomac. Pas cette fois-ci pour Annita. Elle est sauvée et Thomas aussi.

 

Quant au tueur…

 

Pour suivre le chemin

, La Fondation Paradis, Liza Marklund, Le Masque

. Europe à la carte, Un voyage culinaire, André Dominé, Joachil Römer, Michel Ditter pour les textes et aussi l’édition et Günter Beer pour les photos.

. La cuisine suédoise se mange aussi chez Ikéa ; on y trouve les délicieuses boulettes de viande, les Köttbullar.

. La recette des Köttbullar :

Vous faites fondre les oignons coupés fin (1 cuillérée à soupe par personne) dans la poêle avec un peu de corps gras. Pendant ce temps, vous mélangez 125 gr de boeuf haché», un de purée de pomme de terre  avec  un peu de chapelure, de crème, de persil avec un œuf. Vous en faites des boulettes rondes que vous faites rissoler. 

 

 

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