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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Tendances hédonistes d'été 2008

4 Septembre 2008, 15:42pm

Publié par Elisabeth Poulain

Cette année ne ressemble pas du tout  à l’année dernière. Bizarre quand même. En 2008, on commence à se dire que nous sommes vraiment entrés dans un autre monde qui bouge à une vitesse hallucinante. La preuve, il vous suffit de vous poser dans un fauteuil pour sentir les vibrations du monde. Pour ça, fermez les yeux ; concentrez-vous, écoutez bien, ça y est. Vous sentez les ailes de papillon qui battent en Asie. Vous n’avez plus besoin de prendre la voiture. Seulement de sortir à l’air  pour sentir la vitesse. Prenez donc votre vélo et commencez à pédaler. C’est fait : vous êtes en vacances. Vous avez saisi la nuance : vous n’avez pas besoin de partir pour être !   

La couleur est le rouge, un rouge spécial forcément, puisque c’est le rouge estampillé Chine, revêtu du sceau officiel du Parti. Impossible de continuer à dire que c’est le rose  quand même. Nous avons eu moins que par le passé d’articles ou émissions obligatoires en été sur  la mer indispensable, la montagne régénérative, la campagne reposante et pas chère, si tendre au coeur de tel auteur ou acteur.   

Le produit est le billet d’avion pour aller en Chine. Maintenant, c’est un peu passé, mais ça fait toujours son effet quand même. Evidemment si vous n’avez pas réussi à vous libérer pour partir, il y a ce bon vieux vélo qui vous attend si patiemment dans votre garage. Il est sympa et ne se plaint jamais. Parfois, il a un petit coup de faiblesse. Et demande que vous lui regonfliez les pneus, au moins un seul. Un de mes prochains objectifs par exemple est de ré-apprendre à poser une rustine ! Ouah, quel effort, me dis-je à moi-même. La dernière fois, je devais avoir dans les 12-13 ans, avant d’avoir un Solex, qui a fait mon bonheur pendant tant d’années. Si vous êtes deux, le chic du chic et du cher, c’est le tandem, façon écolo pour l’économie d’énergie (= un pédale, l’autre se repose) en récupérant une vieillerie ou à acheter en se ruinant.  

Le chiffre, c’est le 8 bien sûr. Il y a eu des tas de mariages le 08.08.2008 en Chine. Ce jour là, vous aviez trois fois plus de chance de réussir votre vie conjugale. C’est mignon et si vous voulez en profitez, ça va être dur  de retrouver une telle opportunité !

La boisson, vous séchez ? Le Coca-Cola bien sûr. Coca ou Pepsi ? Pas facile de répondre. Pepsi light vient de me causer un choc culturel. J’ai acheté une boite rose, oui vous lisez bien, R.O.S.E. Diable, les valeurs se perdent. C’est évidemment une façon de parler aux femmes. La nana de Pepsi est bleue, la couleur de la pureté ; elle est entourée de sept papillons roses, bleus, argent ou blancs, avec plein de cœurs roses et bleus et des fleurs. Pas mal mais vraiment mièvre. C’est trop cible « Femme » et comme tel c’est réducteur. Quitte à parler aux femmes et aux autres, je préfère la bouteille métal rouge de Coca plus ancienne qui utilise un très joli concept. De la bouteille s’échappe des symboles de Noël (cœur + cadeau + étoiles…) en une joyeuse farandole. Evidemment Noël en été, ça se discute. Pas grave, l’essentiel est de se rappelez que Coca a une bouteille rouge et que la marque est un des grands sponsors de quoi ? Des JO bien sûr.  La Chine est le marché phare de l’entreprise. Donc c’est Coca.  

Quand même, à ne parler que de Coca ou de Pepsi, me vient une soif d’autre chose. Je vais faiblir et vous proposer un autre choix : un Saumur rosé brut 1999,  Domaine de la Tour Grise du Puy Notre Dame de Françoise et Philippe Gourdon en biodynamie ou un P’Tit Blanc du Domaine des Sablonnettes, un vin authentique et nature de Christine et Joël Ménard de Rablay sur Layon.      

La fleur, celle du lin qui a un bleu-parme tendre d’une délicatesse émouvante surtout quand vous l’admirez en plein champ sur des hectares. L’idéal serait de pouvoir se percher dans un grand chêne pour s’y noyer les mirettes, sans craindre que la branche cède. A voir en allant en Normandie et en Picardie.  

L’habitat, vous avez le choix, selon que vous êtes français chic ou anglais confortable. N’essayez même pas de commencer à brouiller cette segmentation en faisant des  croisements du genre, français confortable ou  anglais chic. Pourtant ce serait intéressant et plus proche d’une certaine réalité. La seule Bentley que j’ai vue dans un camping de la vallée de la Dordogne, bourré d’Anglais d’ailleurs (en plus de ceux qui ont des résidences secondaires), appartenait à des citoyens de sa Gracieuse Majesté, qui me fait l’honneur de porter le même prénom que moi. Je sais, c’est facile.
Donc, pour les Français chics, le must de l’été, c’est soit la cabane dans les branches, soit la yourte mongole estampillée Unesco (la Mongolie en vend une dizaine par an, c’est tout). Par contre, pour l’Anglais confortable, c’est un mobil-home de luxe, avec vue sur mer et air conditionné, plantes méditerranéennes et cyprès sur la Côte atlantique. On y vit toutes fenêtres fermées à cause de la clim bien sûr.  Mauvaise langue comme je suis, je me suis demandée s’il y avait aussi une cheminée d’angle avec fausse flamme électrique. Peut être pas,  car le camping est fermé l’hiver. Si non, ça existe en version luxe évidemment.  

Les chaussures, baskets ou nus-pieds ? Le choix est facile, les premiers pour les hommes, les seconds pour les femmes. Les premiers l’emportent nettement à l’aune de la créativité des publicités. Il faut admirer celle de Onitsuka Tiger, Made in Japan. Sur une double page, vous voyez combien c’est beau une ville en forme de chaussure la nuit.  

Vous pouvez aussi être hyper-tendance en portant des chaussures en plastique, non pas celles que vous aviez enfants pour aller dans les rochers chercher des bigorneaux, pas des crabes, faut pas rêver quand même.  Des Melissa qui viennent du  Brésil, un chic fou. J’ai essayé, c’est spécial, surtout pour les pieds habitués à la douceur du cuir.  

Le bijou, ça va être dur moi qui n’en porte pas. Je vous propose des lunettes de soleil en guise de serre-tête. Pour être dans le coup, vous avez trois solutions, acheter très cher une marque (compter en centaines d’EUR), acheter vintage (une  forme qui date, du genre hublot américain) ou acheter 1er prix, en grande surface mais chut, ne pas le dire surtout. Le tout est d’en avoir une collection.  Il y a un très beau choix à Bruxelles sur la grande place de Marolles. Evidemment, une fois la monture de vos rêves dénichée, il faudra trouver des verres adaptées au format. Mais bon, on ne peut pas tout avoir d’un coup. Il faut bien que votre créativité s’exprime.  

L’animal, pour Hermés, c’est indubitablement l’éléphant pour vendre des carrés de la marque, Indian Dust en twill de soie, Orange Hermés et Rose Indien. Vive l’éléphant donc surtout quand il a les yeux peints. C’est du body painting taille éléphant. Ca jette et ça me permettra de vous parler de trois romans à lire absolument, qui se passent en République indienne.  

Le parfum de l’été, toujours chez Hermés, Un jardin après la mousson, dans le très joli flacon bleu-vert de la maison, parce que chacune sait, qu’un foulard qui se porte autour du cou, près du nez, porte une odeur, celle du parfum, de votre parfum bien sûr. Donc, c’est ce parfum végétal, floral, épicé à porter aussi bien par les hommes. Il faut bien penser à eux aussi quand même.  

Les livres de l’été,  je vais déroger à la règle. Au lieu de vous en citer un voir deux, je vais vous faire un vrai cadeau, 3 romans sur l’Inde de 3 auteurs différents et 3 romans sur la Suède d’un seul auteur.  


L’Inde
d’abord :
. Un garçon convenable de Vikram Seth, Grasset, ou la capacité d’un auteur à dresser vastes panoramas et destins individuels dans un kaléidoscope étonnant de vie,
. Shantaram, de Gregory David Roberts, Flammarion, une immersion interculturelle et humaine d’un Australien en cavale qui se fond dans l’univers  des bidonvilles, 

. L’équilibre du monde de Rohington Mistry, Albin Michel, la vie quotidienne des Indiens pauvres, qui, tels Sisyphe,  se relèvent à chaque coup un peu plus faibles et se relèvent pour continuer à vivre. 
. La Suède enfin : c’est forcément la trilogie de Millenium de Stieg Larsson, Actes Sud, un magnifique opus,  noir de noir, que vous devez absolument lire, pour la Suède certainement et pour connaître l’âme humaine à tout coup, dans les relations entre presse, pouvoir et sexe.  


Pour suivre le chemin
Pour ceux qui auraient zappé 2007, un petit rappel du patchwork 2007 s’impose :
. la couleur : le rose . le produit : le lait solaire . le chiffre : le 5 (fruits et légumes)
. la boisson : le Chinon rosé (un exemple réussi de buzz marketing) . la fleur de l’été : le coquelicot . l’habitat : l’Airstream, la caravane mythique américaine . les chaussures : les tongs . l’émission de radio : Jean-Pierre Coffe et sa série sur les légumes . le bijou : la montre Cape Code de Cartier . l’animal : l’escargot.   

. Saumur brut rosé de saignée, en vente au Château Tour Grise, www.latourgrise.com et philippeg.ourdon@latourgrise.com  et sur www.vins-etonnants.com   10 EUR

. Le P’Tit Blanc, Domaine des Sablonnettes, www.sablonnettes.com, domainedessablonnettes@wanadoo.com   7,50 EUR

. L’étiquette du P’Tit Blanc est une aquarelle de Denis Huneau, www.huneau.com    

. Publicité Baskets Onitsuka Tiger, Made in Japan, à voir dans Shoes up, Urban Footwear Culture juin-juillet-août 2008, www.shoes-up.com et www.onitsukatiger.fr

. Chaussures Melissa en PVC recyclé, à voir sur www.melissa.com.br, à acheter sur www.doukyo.com

. Hermès, foulard et parfum, sont cités dans Luxembourg féminin, été 2008, n° 7
. Photos EP, broderie d'été et fraîcheur du carrelage

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