Partager l'article ! Stratégies différenciées de ramassage des feuilles mortes: Vous avez évidemment compris qu’il s’agit de donner quelques aperçus sur les ...
Vous avez évidemment compris qu’il s’agit de donner quelques aperçus sur les différentes stratégies mises en place, sans concertation, entre des voisins concernant les feuilles mortes. Je suis sûre déjà aussi que la fin de cette phrase d’introduction vous titille. J’aurais pu dire par exemple que ces stratégies concernent directement le ramassage des feuilles tombées au sol, comme dans mon titre. Cela n’aurait été que partiellement adapté, parce qu’on n’est pas obligé de ramasser les feuilles. On peut en faire des petits tas, bien ronds et les plus coniques possible, pour éviter une trop grande emprise au vent. On peut les caler dans un coin, en attendant…, en attendant qu’un magicien par exemple les enlève, que le vent les emporte autre part que devant chez soi. Ou en attendant que le voisin comprenne ce message même pas subliminal et les enlève, lui.
Ce sont quelques-unes de ces réactions que je vais vous raconter. Au départ, il se pose d’abord une question de frontière. J’en vois
déjà deux au moins:
. entre chez vous et l’extérieur, c’est la distinction entre le dedans/dehors, très important, entre le
domaine privé-intime et le dehors-public,
. entre voisins en ce qui concerne les abords des jardins, à l’extérieur sur le
domaine public.
Face à ces questions très quotidiennes de voisinage, différentes stratégies s’appliquent de façon non concertée dans
presque 100% des cas. Le seul cas que je connaisse de concertation vise le stationnement des voitures. Rien ne concerne l’approche des maisons par
l’extérieur.
Ier cas de figure
C’est l’exemple
le plus courant avec deux voisins, ayant une clôture en ligne, le mur de l’un se poursuivant en continu par le mur de l’autre. Face à cette frontière horizontale, la frontière perpendiculaire se
fera à la liaison entre le mur intérieur de séparation entre les deux propriétés avec le mur extérieur. Ca se complique si le mur intérieur est en oblique. La frontière extérieure
est-elle toujours perpendiculaire ou poursuit-elle l’oblique ? Réponse : ça dépend.
II cas de figure
Dans une allée étroite qui concerne trois voisins et qui se termine par un portail d’entrée au
fond,
. qui est concerné par les FM ? Réponse : les 3 ;
. qui balaie ? Réponse : c’est extrêmement subtil. Le voisin ayant son muret face à l’Ouest (O), balaie jusqu’à son poste extérieur de
gaz et d’électricité, mais pas plus loin. Le voisin possédant le portail (P) qui lui permet d’accéder en voiture à son garage, balaie toute l’allée. Que fait alors le voisin possédant le muret
face à l’Est (E)? Que balaie-t-il, puisque tout semble balayé ?
Arrive alors une autre donnée. D’où viennent ces feuilles ? Question importante s’il en est. Il m’étonne d’ailleurs que
vous n’ayez pas posé la question avant. Les feuilles des bouleaux très légères sont facilement dispersées par le vent, qui tournicote avec plaisir
dans cette ‘ruelle’. Réponse, elles viennent de E, justement le voisin qui ne balaie pas.
Comment la difficulté, qui pourrait nuire aux bonnes relations de voisinage entre O, P et E, est-elle résolue ? La
problématique FM est en outre plus sensible pour les voisins O et P qui n’ont pas planté d’arbres à feuilles, justement pour ne pas avoir de problèmes de ramassage de feuilles, alors que pour E,
les FM font partie intégrante du cycle de la nature et ne causent pas de souci particulier.
En d’autres termes, comment font O et P pour dire à E que les feuilles mortes se ramassent (effectivement et pas seulement dans la chanson) à la (petite) pelle ? la réponse est vraiment une jolie démarche, qui se fait en fluidité et sans calage particulier.
La solution
O fait un petit tas de feuilles près de son compteur. P ne touche pas au tas de O, balaie tout, en faisant de longues lignes de feuilles le long des deux murets qui se font faceIl utilise la
technique en manuel du soufflage en machine. Il repousse les feuilles dans la petite végétation plantée extérieurement le long de l’allée. Et E, face à ces signes parfaitement
compréhensibles, enlève le petit tas conique près de chez O
et va
rechercher les feuilles cachées dans les plantes. Cette fois-ci les feuilles quittent pour de bon l’allée et vont enrichir un des tas de compost qu’affectionne E dans son jardin. Tout le monde est content. Chacun a travaillé à sa façon et pour l’abord de sa maison et pour ses voisins.
. La question de la réglementation oblige chacun à balayer devant chez soi en phase avec les services municipaux. Dans le cas que je vous décris, l’allée n’est pas un endroit qu’affectionne particulièrement la grosse machine aspirante. On en revient donc à la situation que je vous ai décrite.
. Aux Etats-Unis, dans certains endroits, le samedi matin est consacrée aux travaux que chacun doit faire pour la
communauté. Pas question de se défiler ou d’envoyer son jardinier à sa place. C’est aussi le cas dans la démarche d’ O + P + E mise en application avec beaucoup de subtilité et de souplesse,
puisque chacun travaille ou pas quand il le veut et comme il le veut.
. Photos EP, feuilles de fusain en train de tomber et petits tas en attente d'enlèvement.