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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Dire les 1001 plaisirs de manger selon Florence > Anjou > Bourgogne

14 Octobre 2008, 15:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

J’aime me surprendre et connaître de nouvelles saveurs. Depuis quelque temps maintenant, je découvre le monde des épices. C’est complètement nouveau pour moi. Dans la famille, nous trouvons que c’est une belle façon de découvrir un pays. Une autre façon de voyager. Depuis plusieurs étés par exemple, nous échangeons notre maison contre une autre dans un pays à l’étranger. Cela fait plusieurs fois que nous allons ainsi au Canada, que nous aimons beaucoup. Ceux avec lesquels nous échangeons sont devenus des amis et nous essayons de passer ensemble quelques jours ensemble avant l’échange. La dernière fois, Marie-Hélène, la dame canadienne,  m’a dit : surtout ne vous obligez pas à faire la cuisine le soir pour nous. Cela fait beaucoup de dérangement pour vous et nous ne voulons pas vous donner du travail en plus. Je lui ai répondu que c’est notre façon habituelle de dîner, avec deux assiettes de plus seulement.

 

Je suis une mère de famille au foyer. Je prends le temps de faire les courses et de réfléchir à ce que je vais préparer. La première chose à savoir est que j’aime manger et faire la cuisine. Dans la famille, mon mari aime bien cuisiner aussi, au Nouvel An ou à Noël par exemple.  Je fais toujours les courses, en vacances par exemple, c'est avec lui en décidant ensemble du menu.   


Il faut toujours prévoir. J’ai toujours une idée de ce que je vais acheter. En même temps, j’aime bien trouver du nouveau, par exemple récemment de la sauce aux huîtres que j’ai utilisée avec un rôti de bœuf cuit au wok.  Nous n’étions que trois pour ce déjeuner là, Christian, mon mari, et notre fille qui est la plus jeune de nos enfants. Le menu aurait été presque le même si nos deux fils avaient été là. Presque le même menu, parce que j’aurai pris en compte le fait qu’un de nos fils est plus traditionnel que nous quatre. Il aime ce qu’il connaît. Il est très ‘français’ dans ses choix: le pain, le saucisson, le beefsteack, le filet mignon, le fromage. Comme nous, il apprécie les légumes mais repousse sur le côté de l’assiette les petits raisins que je mets un peu partout. 
 


En ce moment, je suis très ‘sucré-salé’. C’est amusant parce que je n’aime pas le sucre. Enfant, je n’en mangeais pas. Je trouve pourtant que c’est intéressant dans la cuisine asiatique par exemple ou le tajine aux mirabelles. Christian et moi sommes bourguignons. Il ne faut pas s’étonner qu’un des plats d’ancrage de la famille soit le bœuf bourguignon. J’en fais une grande potée et j’en surgèle ensuite uneAMBD-expo-Lille-dessins-bol.jpg partie, pour en avoir toujours de prêt quand on a du monde.
 


Nous sommes très ‘fruit’. C’est avec un fruit de saison qui finit le déjeuner qui commence directement par le plat principal. Par exemple, un tajine aux mirabelles accompagné de légumes ou de riz. Je prépare un dessert quand nous avons des invités : tarte aux pommes, crème brûlée, choux à la crème…C’est par période. Je fais aussi des crumbles aux pommes à emporter par nos amis en guise de cadeau. 
 

Le soir, nous mangeons de façon très variée. Le dîner est un repas déstructuré axé sur la salade, avec, en accompagnement selon les soirs, omelette,  restes du midi, tomates farcies, foie, jambon, avec du fromage, un yaourt et un dessert pour ceux qui le veulent. Dans le frigo, il y a beaucoup de yaourts, de fromages et de fruits.
 
 

Entre les repas, je prends parfois un thé roiboos, sans sucre. Je n’aime pas l’eau nature par goût.  Par contre, j’ai besoin de mon café expresso avec un carré de chocolat noir à la fin du déjeuner. Cela fait partie de mes rites. C’est comme le petit déjeuner ; par différence avec les autres repas, chacun a sa propre formule. Pour moi, c’est un thé sans sucre, des flocons d’avoine et un yaourt en mélange. Pour Christian, la même chose mais avec du miel dans son yaourt. L’aîné de nos fils prend 2 tartines briochées, un chocolat  et  un jus d’orange, le second un chocolat et du pain sec sans rien, notre fille du jus d’orange et deux pains au chocolat. Pour elle, ça peut changer. Comme pour moi, avant les flocons d’avoine, je prenais des tartines. 


Nous sommes toujours surpris, quand nous sommes en Allemagne, par le petit déjeuner que nous prenons là-bas. Une de mes belles sœurs française est mariée à un Allemand. Bien sûr, cela dépend où l'on est. Que ce soit à Cologne ou à Stuttgart, le petit déjeuner est un vrai repas, qui se prend ensemble en famille, avec une belle nappe, une belle vaisselle et une abondance de plats parmi lesquels choisir.  Au menu, du pâté de foie (leverwurst), du raisin, du jambon cru avec du melon, des pains variés, de la confiture... Ce petit déjeuner se déroule comme un vrai rituel qui met l’accent sur  l’important d’être ensemble avant de partir chacun de son côté pour la journée. 


Quand je regarde mon évolution en matière de lien avec la cuisine et la nourriture, je m’aperçois que j’éprouve un vrai plaisir à découvrir et à apprendre pour découvrir. Je suis très organisée. J’ai trois cahiers de recettes : 1 pour les desserts, avec des fiches manuscrites mises sous plastique, 1 pour les tajines et 1 pour les plats. C’est ma belle-mère qui a commencé à me donner des recettes. Ma fille cuisine à son tour. En Allemagne à Stuttgart, en stage scolaire, elle a préparé un repas, avec un poulet à la crème et aux champignons de Paris pour la famille qui l’a hébergée pendant ces deux mois. Je complète mes sources par des livres de cuisine que j’achète ou qu’on m’offre en cadeau. J’essaie les recettes qui me tentent et je les annote pour des utilisations futures. C’est vraiment un de mes plaisirs de découverte, la surprise associée à la saveur et à l’attente. 
 

Pour suivre le chemin
. Florence est le nom de la jeune femme que j’ai interviewée à la table qui marque la séparation entre le coin cuisine et le séjour, l’Anjou désigne sa région de résidence et la Bourgogne, sa région d’origine.

. Son rôti de bœuf à la sauce aux huîtres
Il suffit de découper le rumsteack en fines lamelles, recoupées s’il le faut en baguettes, avec un peu d’huile et de les faire revenir dans le wok. On y ajoute très vite un peu de sauce aux huîtres achetée chez l’épicier asiatique, avec un petit peu de maïzena, de l’ail, du gingembre, des champignons et un peu de sucre. C’est prêt en quelques minutes. L’accompagnement choisi par Florence ce jour là : des haricots verts plats coupés en morceaux.   


. Sa recette de tajine aux mirabelles
Il vous faire dorer 6 cuisses de poulet dans 2 cuillérées d’huile de sésame, saupoudrez ensuite avec une cuillérée à soupe de ras-el-hanout. Vous  ajoutez deux  oignons coupés finement, un bouillon Kub dissous dans une demi-tasse d’eau, avec du sel et du poivre. Après une heure de cuisson à feu doux, vous ajoutez les mirabelles, le miel et les graines de sésame. Et on laisse le feu doux encore 20 minutes. Précision de Florence : on trouve des mirabelles plus facilement en boîte que fraîches. Mais à cœur vaillant, rien d’impossible.    


. Le thé vénitien
de Florence
C’est un mélange de thé noir fumé de Chine et de Ceylan, de la vanille, des fruits rouges et des pétales de fleurs de tournesol et de malvacées (marsh mallow)  bien connues au Canada et aux Etats-Unis. Les enfants en dévorent sous forme de boules de guimauve colorées aux couleurs pastel.

. Sa recette canadienne préférée : le pudding du chômeur
Dans 150 gr (1 1/3 tasse) de farine, Florence ajoute 190 ml de sucre (3/4 de tasse), 15 gr de poudre à pâte avec un peu de sel. Elle creuse un puits au milieu et y dépose la margarine amollie (1/4 de tasse ou 65ml), l’œuf et le lait (3/4 de tasse ou 190ml) en mélangeant bien. Ensuite la boule est posée dans un plat sans l’étendre. La ‘sauce’ qui accompagne la pâte se fait avec 2 tasses (400 gr) d’eau, 1 tasse ½ de cassonade (ou 1 tasse de sirop d’érable + ¼ de cassonade + ¾ d’eau), 2 cuillérées de beurre (30 gr) ou de margarine et 1 cuillérée (5 ml) de vanille. Il suffit de faire fondre le mélange dans un chaudron, surtout sans faire bouillir et verser sur la pâte. 45 mn de cuisson au four sont ensuite nécessaires. Thermostat à 350° Fahrenheit. A manger à la fin d’un repas relativement léger –ça dépend des appétits- avec du lait ou de la crème. Florence précise qu’elle ajoute le sirop d’érable parce que cela lui rappelle les bons moments passés avec leurs amis canadiens. Elle fait découvrir ce pudding du chômeur à leurs copains de France.


. Son livre d’épices préféré : Epices, aromates et condiments, Marie-Pierre Arvy, François  Gallouin, Belin, 2003 
 


. Photos EP : le wok de Florence dont elle se sert pour ses tajines, une série de bols d'Anne-Marie Donnaint-Bonave et une des deux très belles gravures anciennes de Fernand Chalandre qui ornent un des murs de la grande pièce.
Sa signature est un F inséré dans le C.  

   

 

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Gallouin 29/11/2008 19:31

Bonjour Elisabeth Poulain et merci pour ce choix de livre sur les épices. Avec ma collègue de Tours nous avons sorti un "légumes d'hier et d'aujourd'hui" chez Belin qui a eu 4 prix. Je rédige actuellement une suite "Des fruits pour tous".
Avec un CAP de cuisine et quelques approches scientifiques je suis également passionné par le comportement alimentaire humain.
Peut être à bientôt. Bien cordialement.