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Le Blog d'Elisabeth Poulain

9 Ville durable, le Plateau Capucins-Mayenne, Angers-Avrillé (49)

24 Novembre 2008, 20:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

Comme le développement durable (DD ou SD pour Sustainable Development) est partout et nous concerne tous, il est normal de se poser à un moment donné la question de l’urbanisation. C’est là peut être aussi que le sens des mots joue à plein.

 

Comment une ville pourrait n’être pas durable ? Parmi les éléments que trouvent les archéologues en premier dans le monde entier, ce sont les traces de vie laissées par les habitants sur leurs lieux de sédentarisation. Un champ, une forêt disparaît, pas un tumulus ni un abri en pierre.

 

Dans cette mesure comment peut-on décliner la ville et la durabilité ? Quelques faits tout d’abord.

Concevoir et/ou injecter de la durabilité dans la ville ou un quartier d’une ville est un processus complexe à mettre en place. Aucun quartier nouveau de ville fondé sur le DD ne peut être ni totalement durable, ni statiquement durable. Il le sera plus sur certains points par rapport à une construction qui ne l’est pas et qui s’inscrit dans une dynamique de territoire plus que sur des techniques. En ce sens, le lien entre la ville et le développement durable est le mouvement.  

Les nouveaux équilibres

L’urbanisation du monde est une réalité qui ne peut plus être contestée. La majorité des habitants de la planète habite déjà dans les villes. 76% des Français sont des urbains. Pour limiter le mitage du territoire, l’objectif est maintenant de densifier le nombre d’habitants au km2 grâce à la limitation des surfaces des logements, l’élévation du nombre des étages, l’optimisation de la fonctionnalité des surfaces disponibles en terme de mixité et celle de la gestion des flux nécessaires.

 

A ces fins, la ville durable met en place de nouveaux équilibres quantitatifs et qualitatifs, basés sur un projet architectural innovant, la recherche de limitation des besoins énergétiques de fonctionnement et des rejets, des transports en commun et une urbanité solidaire à vivre au service des habitants. Ce qui se traduit concrètement par moins de coûts pour faire fonctionner l’ensemble, moins de sorties (déchets et rejets) et plus de bénéfices pour les habitants et de la ville. Le gain se traduit concrètement en terme de qualité de l’habitat, de mixité sociale et de solidarité.

 

Les liens sont renforcés par 

. le transport collectif (pour limiter l’usage de la voiture, l’emprise sur le sol et aussi la pollution et rencontrer l’autre - celui qui n’est pas soi -) et faciliter les déplacements et la mobilité

. les espaces verts qui sont conçus comme des éléments structurants de l’ensemble, de véritables poumons de respiration et des lieux de vie et d’action, pas seulement de la décoration pour faire joli.

Une ville durable s’inscrit résolument dans le présent  d’autant plus fortement qu’elle est issue d’un projet collectif dont la mise en oeuvre répond à des besoins d’aujourd’hui, tout en sachant accueillir le changement qui va modifier au fil du temps le projet initial.

 

Tendre vers la  durabilité d’un quartier est un objectif complexe à atteindre grâce à  :

. un projet concerté et adapté localement, en vue d’une recherche qualitative de vie  = notion de développement à visée humaine, 

. un territoire qui répond à des problématiques générales environnementales actuelles et localisées en fonction de son histoire, des besoins et contraintes particulières…,

. en symbiose active avec tous les acteurs de la ville, à commencer par le citoyen et ses diverses représentations que sont les associations, la commune, le département, la région, l’Etat, l’UE… = idée de gouvernance, de transversalité et de solidarité,

. qui s’inscrit dans notre temps et le temps de demain  en fonction des besoins des générations futures.

 

Quel sens peut-on donner à ce lien entre la ville et le développement durable ? L’exemple du Plateau Capucins-Mayenne, 49

Une opération d’envergure portant sur la création d’un double quartier nouveau situé en périphérie proche du centre, se met en place actuellement conjointement entre Angers et Avrillé, chacune ayant conçu son propre projet en synergie complémentaire. Ces deux plateaux couvrent 10 000 logements, une ligne de tramway complètement nouvelle en axe est/ouest, 6 stations qui desservent la zone, un parc végétal Terra Botanica situé au nord du projet, qui donne le ton à ces deux quartiers bordés au nord par la Mayenne (l’affluent de la Maine) qui forme la face est de l’ensemble. En face, côté nord, l’Ile Saint Aubin, 600ha classée en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique et  inscrite en périmètre Natura 2000. 25 mètres d’altitudes séparent les deux entités. La station de maintenance du tramway est placée à l’est entre l’éco-quartier et la Maine, la rivière qui traverse Angers avant de rejoindre la Loire au sud d’Angers. 

 

Le 30.10.2008 s’est tenue à la Maison de l’Architecture, des Territoires et du Paysage, actuellement le seul bâtiment classé qui va demeurer sur le site, une conférence réunissant quelques’unes des personnalités qui ont mené ce projet. La conférence a été conçue et animée par Hedwige de Penfentenyo, directeur-fondateur de Fimbacte, organisateur de l’exposition Les villes en mouvement, vers une ville durable.    

 

Quelques aspects des interventions

Jean-Louis Gascoin (Vice-Pr d’Angers Loire Métropole à l’aménagement et au DD, maire de la Menbrolle-sur-Longuenée) : ce projet s’inscrit dans un territoire très propice, celui de la métropole qui réunit 31 communes. Une réflexion lourde a été menée pour intégrer l’ensemble des politiques, schéma de cohérence territoriale (SCOT), plan local de l’habitat (PLU), plan de déplacement urbain (PDU), en application de l’Agenda 21 adoptée en 2006. Les lignes directrices sont : (1) faire émerger la métropole, (2) la création d’emplois et de richesses, (3) s’adapter aux nouveaux besoins de logement, (4) répondre aux besoins de déplacement et d’équipements. Le choix a été fait d’un territoire multi-polaire entre centre et périphérie et d’un équilibre du territoire en vue de permettre à chaque commune de s’épanouir.

 

Jean-Luc Rautureau (Adjoint Urbanisme/Logement au Maire d’Angers) : Angers est lancée dans le DD depuis 10 ans. Le mode durable de développement se traduit par  une économie viable, une écologie raisonnée et une socialisation équitable. Les 3 piliers du DD sont marqués l’agréabilité du développement, la vivabilité des espaces et la prise en compte des déplacements.

 

Michel Ballarini (Dr de la Sodemel/Plateau des Capucins) : 250 ha en global en agglomération dans un site remarquable face à l’Ile Saint-Aubin, qui nécessite une qualité paysagère et urbaine, l’importance du tramway pour structurer l’ensemble en liaison sud-est vers le nord-ouest. 4 objectifs à ce DD : (1) viser la diversité sociale et l’appropriation de l’espace par les habitants pour favoriser la mixité sociale, (2) implanter un réseau de chaleur par bio-masse, (3) privilégier une intégration paysagère des bâtiments, (4) développer le transport en commun pour les déplacements.

 

Roland Korenbaum (Architecte du Plateau Mayenne) :  nouveau quartier d’envergure qui s’inscrit dans un temps long, structuré horizontalement par le tramway et transversalement par des lanières végétales qui sont des coulées vertes qui mènent à Terra Botanica, tout en isolant des îlots ouverts qui caractérisent les espaces construits sur la perméabilité entre l’espace publique ouvert et l’espace privé construit. Beaucoup de végétaux équilibrent l’ensemble, en surface aussi bien que sur les parois. Enfin un maillage de liaisons douces parachève l’ensemble pour optimiser la promenade et le vélo.

 

Hedwige de Penfentenyo (Dr-Fondateur de Fimbacte, organisatrice et animatrice de la conférence) : le DD se présente sous 3 aspects :

. la construction urbaine a 3 priorités - créer du travail, loger ses habitants et assurer leurs déplacements – avec 3 exemples, Dunkerque/une ville à vivre, Thiais Village/centre commercial en  ville, Valence/ville lumière, ville communicante ;

. le bâtiment durable avec la démarche HQE, les centre commerciaux de pleine ville, la maison en terre, en cuivre, en béton…

. les projets innovants à Issy les Moulineaux (92), le Green Office à Meudon (92), le Centre Hospitalier sud francilien, la médiathèque de Betton (35) et …bientôt  Angers/Avrillé (49).

Pour suivre le chemin

9 parce que c'est le 9è billet sur le développement durable.  

Le plateau Capucins-Mayenne

. voir le projet sur www.ecoquartiers.developpement durable.gouv.fr/article.php3 ?id_article=115

. l’organisme d’accueil de la conférence  www.matp-angers.eu

 

Nantes

. La ville, membre à part entière de Eurocities (échange d’expériences et développement d’une solidarité et d’une gouvernance entre villes européennes), vient de prendre la direction du forum

www.eurocities.org/content/members/flash 

. Magali Vergnet-Covo, Ville durable : mode d’emploi, Territorial éditions, 120 pages, 60,80 EUR. Cet auteur a fait une intervention à l’Hôtel de Région des Pays de la Loire  le 18  octobre 2008, sous le titre « Développement durable, une autre logique pour les territoires » assortie d’exemples du Grand Lyon/Vallée de la Chimie, Paris/La vélorution de l’espace et Lille/Du social au durable.  

Sur la ville durable

. Retrouver  les fondamentaux sur la Charte d’Aalborg qui a posé le concept le 27.05.1994 sur le site www.ecologie.gouv.fr/IMG/agenda21/textes/aalborg.htm  

La Charte commence par ces mots « Nous, villes européennes, signataires de la présente charte….avons pris conscience que les niveaux de consommation des ressources par les pays industrialisés ne peuvent satisfaire l’ensemble de la population actuelle, et encore moins les générations futures, sans détruire le capital naturel… »

. Comment définir une ville durable, de Cyria Emelianoff, à lire sur www.ecologie.gouv.fr/IGM/agenda21/intro/emelia.htm

. Ville durable, intensité et densité, Les Cahiers de l’Oise n° 106, avril 2008-11-24

www.oise.equipement.gouv.fr/articles.

 

Photos: Wikipedia pour l’Ile Saint-Aubin (le plateau se situe dans le quart gauche en bas de la carte)  et EP lors de la conférence sur le Plateau Capucins-Mayenne.  

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